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Dieu soit loué !
Un fils, enfin !
Vous avez une belle petite fille, Monseigneur.
Mais votre épouse, ma maitresse bien-aimée...
Elle nous a quittés
pour un monde meilleur.
Sacrifier sa vie pour ne laisser qu'une autre fille ?
Cet enfant est Oscar Francois de Jarjayes,
et sera commandant des Gardes Royaux.
Vous ferez venir ici votre petit-fils, nourrice.
Parmi la dentelle et le silence, mon fils aura besoin d'un compagnon.
André !
Oscar!
Quelle honte, se battre en ce jour historique !
Oscar risque dattraper froid. Léve-toi et écoute !
La famille royale a annoncé les fiangailles du Dauphin
et de la princesse Marie-Antoinette d'Autriche.
On dit qu'elle a I'éclat d'un rayon de soleil !
Onze ans, et belle comme un joyau !
C'est le début d'une époque nouvelle,
d'un age d'or !
L'alliance des Habsbourg et des Bourbons. La Paix !
Un jour, quand elle sera reine,
je la protégerai sur ma vie.
Tu la protégeras, Oscar.. Moi je te protégerai.
Oscar, quelle honte !
Tu crois que la princesse joue a de telles sottises ?
Elle aton age, et elle est déja fiancée.
Oscar, attends-moi.
Les années passaient, insouciantes.
Marie-Antoinette était devenue reine de France.
La nourrice avait vieilli
Oscar et André avaient grandi.
Ton pére a d'importantes nouvelles atannoncer.
I n'est plus 'heure de jouer.
Tu es nommé ala garde de la Reine, Oscar.
Ta formation et ma confiance en toi sont récompensées... mon fils.
Je mériterai votre confiance.
André, tu ne pourras pas ['accompagner.
Mais je t'ai obtenu un emploi aux écuries royales.
Eh bien, qu'en dis-tu ?
Rien, Monseigneur.
Souviens-toi de ton rang et remercie le Général.
Merci, Monseigneur.
Je révais de travailler aux écuries.
Es-tu sarcastique, mon garcon ?
Ce jour marque une date dans vos deux vies.
Désormais, vous assumerez des responsabilités chacun a sa place.
Pas un encouragement ? Pas un sourire ?
Félicitations, Oscar. Ta vie a vraiment un sens, maintenant.
De hautes vagues agitaient la mer
Le navire voguart toutes voiles dehors
Le capitaine s'écria “Virez de bord !*
Mais sa voix se perd...
Le vent gémit, la mer répond
"En nul port tu ne peux tamarrer
*De toi je satrai m'emparer
“Tentrainer dans 'abime profond...”
Ces mots semblent me menacer.
Je n'aime pas ces mots-la.
Et vous, monsieur Léonard ?
Je mefforce de trouver fa rime,
mais mon esprit est absent
je n'ai pas le temps.
Mademoiselle Bertin !
Je commengais a m'ennuyer.
"Battement d'un coeur troublé."
Magnifique !
"Premiére fleur du printemps...
"au baiser de givre."
Avous couper le souffle !
"Chant silencieux du crépuscule.”
Ma cheére sceur, mon amie, qu'y a-t-il ?
Pardonnez-moi, madame,
mon coeur se serre de tant de beauté qui ne sera jamais & moi...
Ma chére Gabrielle,
ne sais-tu point encore que tu peux avoir tout ce que tu désires
et davantage...
Vous étes trop bonne, ma bien-aimée.
Vous avez I'air gelé, Oscar.
Inutile de rester au garde-a-vous.
Vous étes libre de fondre.
Je regardais ce jeune homme a cheval, votre Majesté.
I tient les yeux fixés sur cette fenétre.
Cest lui !
Le Comte Fersen !
Et il regarde droit vers vous !
Dois-je alerter les gardes ?
Certainement pas !
Je frissonne a I'idée qu'on le chasse.
Vous pouvez disposer.
Je prends toutes les robes,
sauf "Chant silencieux du crépuscule”.
Qu'elle soit
ajustée pour la Comtesse de Polignac.
Que pensez-vous de notre beau visiteur suédois, Oscar ?
C'est certainement un bien bel homme.
Curieux que vous disiez cela, Oscar.
Pourquoi curieux ?
Aprés tout, Oscar est une femme.
Quelle merveille !
C'est si moderne...
si mystérieux... si élégant.
Saviez-vous que plusieurs dames de la Cour vous imitent ?
La mode est aux habits d'homme !
Heureux de voir que vous protégiez mon épouse, jeune homme.
♪ en faisais autant en massurant que sa serrure est en bon état.
Pourquoi Dieu vous a-t-il donné le destin d'un roi
et le coeur d'un serrurier ?
Les serrures m'intéressent, mais je n'ai pas le coeur d'un serrurier.
♪ ai plutdt celui d'un chasseur.
Pourquoi ce jeune homme regarde-t-l par ici avec tant d'insistance ?
Je ne sais pas.
Il sintéresse peut-étre a I'architecture.
Pauvre Roi de France, a 'heure de I'amour
Il manque dardeur
Ce qu'il a ne peut servir
Qu'a faire pipi. pipi
Pauvre Roi de France, il ne sait pas danser
If se prend les pieds...
Vous entendez cette chanson ? Eh bien, moi..
Jai tout ce qu'il me faut !
Je vous jure qu'il ne me manque rien !
Et fai du pain pour payer !
Je vais vous emplir le ventre de plus d'une fagon !
Jeanne !
Pourquoi essaies-tu de te cacher ?
La robe de Mile Faucher !
Elle me va mieux qu'a cette trainée !
Ce n'est pas vrai ?
Quel mal y a-t-l avouloir une jolie robe ?
Enléve-la.
Elle n'est méme pas séche... et je suis trop fatiguée pour discuter.
Fatiguée ?
Je vais te dire qui est fatiguée !
Moi, je suis fatiguée !
Fatiguée de frotter jusqu'a ce que mes mains saignent.
Fatiguée de toute cette injustice !
Je veux des tas de choses !
Et je ne sais pas pourquoi je ne peux pas les avoir !
Enléve cette robe !
Ayez pitié d'une orpheline de la maison de Valois.
La maison de Valois ? Impossible...
Impossible mais vrai. Mon pére est mort quand j'étais petite...
Impossible...
mais pourquoi le dirais-tu si ce n'était vrai ?
Cette robe est tout ce qui me reste... Elle appartenait a mere.
Ol est ta mére a présent ?
Elle est morte. Morte de faim...
Douce enfant, n'en dis pas plus...
La Reine de France, elle aime 'amour
Tout le monde le sait
Elle bat des cils, elle soupire
Son désir grandit de jour en jour...
Elle était la, telle un tableau de Lebrun,
ses grands yeux pleins de larmes, mourant de faim...
Mon Dieu, ou est la justice ! Une descente des Valois,
- affamée ! - Stupéfiant !
Par simple décence, je I'ai prise avec moi.
Je fais son éducation pour I'adopter comme niéce.
Elle sera noble alors.
Et jose dire
que vous feriez ensemble un couple merveilleux.
Nul n'ignore que vous étes venu prendre femme,
et elle fera bientét un excellent parti.
Merci. Vous m'avez sauvé la vie.
Etes-vous de service ou invité ?
Invité.
Jouez donc aux cartes, mon ami !
Voyez toutes ces belles dames sans partenaire
qui ne savent que faire.
Je ne joue pas pour la méme raison que vous.
Je n'en ai pas envie.
Vous avezvu ?
Si je rentrais en Suede
dire & mon pére que les femmes shabillent en hommes
a la Cour de France,
il me traiterait de fou et de menteur,
ou bien il me croirait
et miinterdirait de jamais y revenir.
Quel est ce fat qui te barrait la route,
que ta-t-il dit ?
Ita importunée ?
Dis-moi, jirai lui donner une legon.
Tu ne parles pas ?
As-tu décidé de ne plus parler aux domestiques ?
Je ne supporte pas que tu m'ignores.
Ayez pitié,
d'une pauvre orpheline qui descend de la maison de Valois.
Je vous en supplie...
Qu'est-ce que tu veux ?
Vous semblez bon,
et peut-étre serez-vous indulgent envers une jeune fille innocente. .
Je coucherai avec vous pour payer le loyer.
Méme si jétais un homme, ce que je ne suis pas...
j& ne paierais jamais pour faire 'amour.
Combien ?
André ! Comment oses-tu ?
Enfin tu retrouves la voix !
Il est temps que je laisse mes jeux d'enfant
pour goiter au doux vin de I'4ge d'homme.
Mais je n'ai pas de vin... Pas méme une crolte de pain.
Ma mére se meurt de faim.
Faim ? Personne n'a faim & Paris.
Le peuple de Paris est affamé.
Et cette proposition ?
Mere !
Trop tard, André !
Tu golteras a ce doux vin un autre jour.
Tu ne m'as jamais dit que le peuple a faim,
Tu n'as pas regardé 7 Tu n'asrienvu ?
Nous sommes passes ICi mille fois.
La faim ne se cache pas, elle est partout...
Je me sens ridicule.
Moi aussi, de n'avoir pas suivi cette jolie fille.
Retourne la trouver.
Je rentrerai seule.
Non, continue ! Ne tarréte pas !
Plus vite, imbécile ! Je ne peux pas me permettre un scandale.
Mére... Ne tremble pas comme ca.
Je te réchaufferai, je te soignerai...
Jaurai cette dame,
je la ferai payer, je le jure.
Ne la déplacez pas. Je vais chercher un médecin.
Il nous faut un médecin, et vous nous bloquez.
Dégage la rue, mon gars,
je suis en retard et je compte bien passer.
Vous ne comprenez pas. Quelqu'un est & la mort...
Qu'est-ce que ¢a peut vous faire ?
Cette canaille
se reproduit comme les lapins et tombe comme les mouches.
Rien a voir avec vous et moi.
Moins il en reste, mieux on se porte.
Elle est morte !
♪ exige réparation.
Jereléve le défi avec plaisir monsieur.
Que choisissez-vous ?
Le pistolet.
Votre témoin ?
Mon frére et compagnon.
Le lieu ?
Chantilly.
Al'aurore.
Jattends notre rencontre avec impatience.
Moi de méme.
Oscar avait grandi insouciante et heureuse.
Elle imaginait ainsi le monde entier.
Jusqu'a ce soir-a,
elle ignorait que le peuple de France
était au bord du désesporr.
L'honneur!
Quel qu'en soit le sens, ca ne vaut pas ta vie.
Et il ne sait méme pas ton nom !
Risquer ta vie pour I'honneur d'un nom qu'il ne connait pas !
Mais moi, je le connais !
Tu ne peux pas y aller !
Je ne te laisserai pas !
Je tattacherai, s'il le faut !
Mais je ne te laisserai pas y aller !
Oscar, je suis au courant. Qu'as-tu & me dire ?
Rien, Monseigneur. Que puis-je dire ?
C'est fait.
Bien qu'il soit discutable de défendre une pauvresse a la mort,
ton zéle & défendre I'honneur des Jarjayes me remplit de fierté.
Mon pére me les a offerts pour mon premier duel.
Les crosses sont taillées en os de panthére.
Et si je meurs ?
Tu ne mourras pas.
Je taitrop bien éduqué.
Alors c'est réglé.
Reste avec moi ce soir, comme autrefois...
Tout était si simple,
tout est devenu si compliqué !
On ne peut pas remonter dans le temps.
Nous avons grandi.
S'il te plait... Reste...
Je remercie le ciel que ce ne soit pas toi.
Comment m'as-tu retrouvée ?
Que veux-u ? Tu vas tout gacher !
Je suis devenue la niéce de Mme de Boulainvilliers,
je suis fiancée, je vais hériter,
je vais devenir comtesse !
Que peux-tu bien faire ici ?
Je tai cherchée partout...
Je dois te dire, tu dois savoir..
Mere...
veut que je revienne m'user les mains sur le linge sale de ses clients ?
Elle est inquiéte ? Elle a faim ?
Elle est morte.
Eh bien !
Nicolas ! Je viens de trouver cette pauvresse
qui semble folle.
Elle a dii entrer par la fenétre pour nous voler !
Tu as effrayé ma fiancée, hein !
Tu I'as fait pleurer !
Reviens seulement, nous te ferons pendre par les orteils !
Le Cardinal de Rohan ! Vous vous étes souvenu !
Comment aurais-je oublié ?
Comment va votre chére tante ?
Malheureusement, elle ne peut quitter le it.
Je m'inquiéte & son sujet.
Nous nous connaissons depuis si peu de temps...
pourtant, confusément,
je suis sure que nos destine sont liés.
Tu as faim, petite ? Tu es fatiguée ?
Veux-tu partager un cochon de lait avec moi ?
Et tétendre ensuite sur un it de plumes ?
Je ne mords pas, ou du moins, rarement...
Jaime les plaisirs simples et la tendresse...
Nous sommes tous les mémes, n'est-ce pas ? La tendresse...
Serrés dans I'obscurité, les coeurs a [unisson...
Rosalie !
Une minute ! Ou emmenez-vous cette fille ?
Nulle part, jeune homme.
Je lui demandais mon chemin
quand j'eus soudain envie de lui baiser la main.
Sivous n'étiez en nombre,
j'aurais le plaisir de vous crever ['ceil.
Qu'est-ce que vous dites ?
Jai dit adieu, jeune homme !
Et tu sais te débrouiller !
Jlessayais.
Il me promettait un vrailit de plumes.
Je n'ai pas de it de plumes, Rosalie,
malis jai une paillasse ol tu peux te reposer.
Au numéro 19, en bas de la rue.
Va m'y attendre.
Méme dans ce trou arats, il ya d'autres fagons de rester en vie.
Je te trouverai du travail.
André, mon ami,
explique-moi cette énigme :
maintenant que j'ai appris amarcher,
a parler et & me battre comme un homme,
et méme a penser que je pense en homme,
pourquoi ne puis-je tuer comme un homme ?
Parce que tu n'es pas un homme.
Que dis-tu ?
Tu m'as entendu.
Répéte !
Parce que tu n'es pas un homme.
Je vous reconnais.
Qui, I'accident...
Merci d'avoir offert votre aide.
Ca n'a pas servi a grand-chose.
Je vous reconnais aussi,
Maximilien de Robespierre.
Je me rappelle votre discours, au couronnement.
Votre passion,
mon emotion...
Comment était-ce, déja...
Je vous en prie, non !
Je commence & avoir honte de ce discours.
Comme nous tous,
♪ étais plein d'espoir pour le nouveau régne...
plein d'optimisme...
Eta présent ?
Aprésent, je ressens
des craintes pour le couple royal et pour la France entiére.
Comment osez-vous critiquer la Couronne ?
Vous, surtout !
Quelques critiques a voix haute aideraient peut-étre
la Couronne & se redresser.
Si nous sommes assez nombreux a protester,
les blessures de notre pays pourront guérir.
I est trop tard !
On ne soigne pas la gangréne. Il faut trancher !
I faut amputer la Famille Royale !
Taisez-vous !
C'est de la trahison ! Un blasphéme !
Ce qui est bien avec les soldats de bois,
c'est qu'ils sont taillés avec des ceilleres !
Quelle folle soirée !
On s'est battus, c'est tout.
Rien de grave.
C'est tout de méme étrange.
Laissez-moi vous aider.
Quia gagné ?
Nous ?
Vous vous demandez ce que je fais ici,
et je peux seulement répondre
que le monde est petit.
Tu devrais avoir honte.
Tu empestes la vinasse.
Que dirait ton pére ?
Comment va votre téte ?
Désorientée.
Vous devriez vous développer les muscles.
Vous n'auriez pas été battu sivous étiez moins fréle.
Jevous en prie, partez.
Vous ai-je offensé ?
Oscar est épuisée, Monseigneur.
Elle a besoin de repos, elle a eu une dure journée.
Elle ?
Oscar est une femme ?
N'importe quel idiot verrait quOscar est une femme.
Excusez-moi, Madame.
Etant étranger, je 'ignorais.
Et pardonnez-moi, Lady Oscar.
Je commengais & minquiéter a mon sujet,
car chaque fois que je vous regardais,
mon esprit me disait :
"Ce soldat est bien trop joli pour étre un homme",
Je savais que ce jour viendrait.
♪ aurais dd supplier ton pére de changer d'avis,
malis j'étais trop intimidée.
Pardonneras-tu & ta nounou
d'avoir gardé le silence ?
♪ aimerais étre seule.
Mais les secrets sont faits pour étre dits.
Et rien de ce qui est donné n'est gratuit.
Tandis que Marie-Antoinette vivait sa passion,
les yeux du pays étaient braqués sur elle.
Je suis bouleversée.
Un homme affreux m'a forcée a regarder cette horreur.
Ce n'est pas pour d'honnétes gens !
Ma pauvre Reine ! Survivra-t-elle & ces calomnies ?
Excusez ma surprise,
♪ ignorais tout de votre amitié avec Marie-Antoinette.
Je n'en fais pas état.
Peut-étre savez-vous pourquoi...
alors que je reste son admirateur trés dévous,
elle ne m'a jamais adressé la parole a la Cour.
Je suis mortifié de ne pouvoir la servir,
Eminence, vous exagérez sirement.
LaReine ne m'a jamais mal parlé de vous.
Oserais-je vous prier de lui parler en ma faveur ?
Mon Cher Cardinal de Rohan,
ce serait mon plus cher désir de resserrer les liens entre deux amis.
Mais pour parler franc,
jai dii cesser mes visites au Palais par soucis d'argent.
L'héritage de ma tante s'épuise,
et la vie est coliteuse a Versailles.
Jai des fonds illimités !
L'argent ne compte pas pour moi.
Je ne puis accepter un prét...
Un prét ! Jamais de la vie !
Un don, en remerciement pour une faveur.
Impossible.
Ecoutez la raison de ma requéte.
Grace a Marie-Antoinette,
je pourrais devenir Premier Ministre.
Avec ce pouvor,
je saurais débarrasser la ville de ses mauvaises langues
et protéger notre Reine bien-aimée de ces infamies.
Dans ce cas,
je rendrais service au pays.
Laisse-moi voir !
Ce dessin te plait, Oscar ?
Fersen est-il venu aujourd'hui ?
II'y a dix minutes. Pourquoi ?
♪ ai mes raisons.
Donne-les-moi et je te dis ou il est allé.
Je ne te dois pas d'explication. ♪ ai mes raisons.
Je peux les lire sur ton visage.
Je dis cela pour téviter de souffrir.
Ou est-il allé ?
Dans le parc.
Ils ne nous ont guere flattés.
Ne soyez pas scandalisée.
Jen aivu par douzaines.
Etrange, n'est-ce pas,
qu'un simple amour entre deux étres
puisse attirer le méme mépris que la haine et la guerre.
Alors c'est vrai.
Pas pour longtemps.
Je ne veux plus compromettre son avenir.
Je pars pour I'Amérique avec le Marquis de La Fayette.
Mais il y a une révolution la-bas !
Le pays est a feu et a sang !
Vous pourriez mourir !
Cela allégerait mon fardeau.
Voulez-vous me rendre un service, Oscar ?
Remettez cet adieu a la Reine,
je n'en ai pas la force.
C'est superbe.
Tout a fait comme je le voyais !
Tout y est !
Les fermettes a toit de chaume, les meules, les colombiers...
Méme les tas de fumier !
Ils ne sentiront pas ?
Bien siir que non, Votre Majesté.
Je veux que rien ne sente ni ne salisse les mains
et je voudrais que les paysans ne soient pas vieux.
Les laitiéres auront les joues roses,
et les bergers de larges épaules.
Jaimerais me promener dans les sentiers,
cueillir des mares en ne pensant a rien.
Le hameau m'apparaitra comme un spectacle de marionnettes.
Un tableau vivant ol de vraies personnes feront de vraies choses.
Hubert Robert peindra lui-méme les fissures dans les murs.
Je choisirai chague paysan.
Tout ce que vous avez congu, nous le créerons pour vous.
Bient6t nous baratterons le beurre dans une vraie grange !
Qu'est-ce quivous inquiéte, Oscar ?
♪ essaie de vous parler en privé depuis trois jours,
malis je n'en ai pas eu I'occasion.
Pourquoi n'avoir rien dit ?
Le protocole n'est pas en vigueur ici.
Vous pouvez madresser la parole la premiére.
Je souhaite repenser a la riviere.
Je ne suis pas slre quelle ait assez de sens
sielle serpente au hasard.
Vous pouvez vous retirer.
Vous allez me reprocher
de passer trop de temps ici
et de manquer aux devoirs de la Cour ?
Non, ce n'est pas a moi de vous faire reproche.
Je suis Ia pour vous servir et vous protéger.
Vous allez me regarder avec ces yeux graves
et m'annoncer que ma liaison est connue de tous.
Vous me direz qu'une bonne reine devrait attendre
que sa jeunesse se passe,
attendre que le Roi satisfasse les passions de sa femme.
Je n'aurais jamais cette hardiesse.
Mais c'est ce que vous pensez.
Je le lis sur votre visage.
Pour ma défense, je dirai seulement
que le Roi va subir une petite opération
pour se préparer au devoir conjugal.
♪ accomplirai alors le mien
en donnant un héritier au trone.
Mais je n'en serai pas pour autant comblée.
Je ne le serai pas parce que je ne 'aime pas.
Vous qui étes femme, Oscar,
vous devez savoir, en votre for intérieur,
que notre but supréme dans la vie
est d'aimer et d'étre aimées.
Me reproche-t-on de vouloir
et de prendre ce que chaque femme ale droit d'avoir ?
Je vous apporte ce baiser du Comte Fersen.
Ce sont ses adieux.
Pourquoi me faire souffrir, Oscar ?
II'est parti pour Amérique.
Jaurais tout fait pour vous épargner cette douleur.
Je I'interdis !
Je I'interdis absolument !
Mais passe fa douleur et passent les saisons.
Le Roi pouvait enfin donner un héritier.
Fersen au loin
menait la guerre sanguinaire
et Marie-Antoinette aussi
livrait bataille.
C'est un héritier ?
Mes amis, nous avons une nouvelle princesse.
Mon brave, vous ne recevrez
que le quart de la somme que I'on paie pour un héritier.
Hélas, Sire, je m'en souvenais.
Retirez-vous.
Le spectacle est terminé. ll est temps de rentrer.
Marie-Antoinette répéta le douloureux exercice
quelques années plus tard
devant un nombreux parterre.
L'Amérique gagnait
la guerre d'Indépendance,
et elle aussi parvint
a donner a la France ['héritier attend...
[ m'aime bien.
[I a recommencé !
Il m'a regardé et a souri.
Un jour vous en voudrez un aussi, Oscar.
Vous verrez !
Moi, Votre Majesté ? Jamais !
Pourquoi pas ? Vous avez tout ce qu'il faut,
a une exception pres.
Aquoi fais-je donc allusion ?
Aun homme, bien s(r.
Une de ces merveilleuses créatures aux mains poilues.
Avez-vous jamais aimé un homme ?
♪ ai un ami que jaime comme un frére.
Et une fois, un homme
m'a fait ressentir trouble et confusion.
Si ¢'avait été 'amour, vous I'auriez su.
Dés que jai vu mon véritable amour,
je laisu.
Le croyez-vous mort ?
Je ne sais pas.
Qui, maman ? Qui est mort ?
Joublie toujours que tu sais parler.
Qui est mort ? Dites-moi.
Quelqu'un qui aurait dd revenir depuis longtemps.
Je vous apporte deux trésors, ma chére.
L'un est une féte pour les yeux, [autre un régal pour I'ouie.
Par quoi commencez-vous ?
Je regarde toujours avant d'écouter.
Monsieur Boehmer,
si ce coffret contient le collier don't vous me parliez,
Otez-le de mavue !
Dans ma grande faiblesse,
la tentation serait trop forte.
C'est ce que J'espére, Majesté !
Rien qu'un coup d'ceil, ma chérie.
Son éclat vous rendra votre force.
Une réelle splendeur !
Dire que cette catin de du Barry
[aurait mis a son cou si le destin n'avait frappé.
Les dieux savaient qu'il siérait mieux
avotre joli cou, Majesté,
et pour un million six cent mille livres,
c'est une affaire.
Mais vaut-il mon royaume ?
Le Roi me renverrait en Autriche si je lui présentais la facture.
Nous pourrions envisager des conditions.
Non, je ne céde pas.
La maternité a fait Iimpossible, je suis devenue économe.
Néanmoins, je vous remercie et vous salue.
Le deuxiéme...
et véridique trésor... Une nouvelle merveilleuse.
Le Comte Fersen est de retour.
Quand les dames de la Cour la verront
elles en voudront toutes une...
d'une nuance différente...
Enlevez les aigrettes, ajoutez des plumes de paon.
Les nobles se ruinent pour que leurs dames soient a la mode.
Bientét ils auront faim, comme nous.
Et nous serons responsables de leur chute !
Ca me plairait bien. Je les hais, tous !
Je ne hais que la chienne qui a tué ma mere.
Un jour, jiirai la trouver a Versailles.
Toi, a Versailles ?
Allons donc ! "Madame Rosalie" !
Agiter la langue ne fait pas travailler les doigts !
Porte cette robe au manoir de Jarjayes.
Toutes les dames ont commandé une robe pour le bal de la Cour!
Dieu sait pourquoi !
Dieu n'est peut-étre pas le seul.
Parce que I'amant de la Reine est revenu...
Les ragots prennent du temps, et le temps c'est de I'argent.
Vite, ma fille... Cette robe est pour ce soir.
C'est si rare de vous voir ici !
Figurez-vous que j'ai un peu forci.
[ Me faut une retouche pour ce soir.
C'est la robe de la Reine ?
Aprés la retouche, enlevez les plumes de paon
et remplacez-les par des aigrettes comme celles-ci.
D'une autre nuance, bien s,
Une livraison de chez Mme Bertin.
Es-tu siire de I'adresse ?
Les sceurs Jarjayes sont mariées et ont déménagé.
Le nom est marqué.
Entre, je vais demander.
Je taidéjavue
malis je ne sais plus ol
Je vous connais aussi, Monsieur.
Je ne suis pas un Monsieur.
As-tu jamais laissé des chevaux aux écuries royales ?
Non, malheureusement.
Je veux voir Versailles avant qu'il disparaisse.
Versailles va disparaitre ?
L'aristocratie.
Mon ami dit qu'elle n'en a plus pour longtemps.
C'est vrai, Bernard le sait.
Il lit Rousseau et Voltaire
et fréquente le Palais Royal.
I devrait m'accompagner a Versailles.
Il verrait qu'ils se portent fort bien.
Sl vous plait, emmenez-moi.
Jetiens avoirga !
Je suis de service.
Personne ne le saura ! Je me cacherai dans votre voiture !
Bien, je temmene.
Mme Bertin fait dire que la robe est en retard parce que...
['amant de la Reine est revenu.
Que dis-tu ?
Que 'amant de la Reine est revenu.
Cestdonca!
Dieu merci ! Je m'inquiétais.
Elle met ¢a pour Fersen ?
Ca devait arriver, André.
Je ne veux pas la perdre.
Tu n'as pas honte ?
Il ne s'agit pas de la perdre. Sois heureux qu'Oscar se découvre enfin.
Crois-tu que je ne sais pas ce que tu ressens ?
Ta nounou n'a pas encore oublié lamour.
C'est une armure ! Je ne respire plus !
Pas besoin de respirer.
Comment pourrai-je courir ?
Tu ne dois pas courir.
Tu dois marcher lentement et sourire aimablement.
Tues belle.
Votre présence est comme une brise qui me rafraichit.
Vous ne dites rien !
Une belle femme devrait étre silencieuse.
Une rose répond-t-elle quand on lui parle ?
Elle ne fait que tourner son visage vers le soleil
et permet au passant de boire sa beauté.
Et un flocon de neige...
un flocon de neige tombe en silence,
s'arréte sur un doigt
et offre un instant de pure perfection
avant de poursuivre son chemin.
Permettez-moi de me présenter.
Je suis le Comte Fersen, de Suéde.
Ne me reconnaissez-vous pas ?
Si javais dgjavu votre si doux visage
je n'aurais pu oublier votre nom.
Je suis madame de Jarjayes.
Une cousine du garde de la Reine ?
Qui, une cousine.
La ressemblance est étonnante :
les mémes doux yeux, le méme charmant sourire.
Personne ne I'a jamais remarqué.
Personne n'a jamais regardé Oscar de prés.
Moi si, et malgré son uniforme
je la trouve tres belle.
Je vois que ce jeune homme est revenu.
Celui avec qui vous dansiez.
Jai tellement dansé.
Celui qui s'intéresse a I'architecture.
Ce jeune homme-la !
Jevoisquila une nouvelle partenaire.
Ah, si Oscar était ici.
Je 'ai quittée dans des circonstances pénibles.
Et il me plairait de lui dire que je vais bien mieux.
Elle serait ravie de I'entendre.
Oscar m'a avoué son affection pour vous.
Une affection payée de retour.
Jai un aveu a vous faire.
Promettez de ne pas le répéter a Oscar.
Je ne trahis jamais les confidences.
♪ ai beaucoup pensé a Oscar pendant mon absence.
Et en vérité...
Vous disiez ?
Jallais dire une chose curieuse, méme & mes yeux.
Que je tomberais sans doute amoureux d'Oscar
si je n'étais pas engage ailleurs.
Pauvre Oscar.
Elle n'a aucun espoir avec vous.
♪ en ai peut-étre trop dit.
Ne craignez rien. Je serai muette.
Oscar et moi ne sommes pas intimes a ce point.
C'est toi qui as tué ma mére !
Cest toi!
Tu m'as fait peur.
Tu as perdu la téte ?
Je taime, Oscar.
Tu n'as pas le droit.
Tu te trompes.
Jai le droit.
Je tai toujours aimée, et jaile droit de continuer.
Je ne me plains pas de ne pas étre aimé.
Je te plains de ne pouvoir me le rendre.
Tu as osé parce que Fersen en aimait une autre.
Nous ferons comme si de rien n'était.
Comme ces fantoches du hameau de la Reine.
Je serai le gargon d'écurie invisible
et toi le vaillant soldat de plomb.
Je veux que tout reste comme avant,
Comme c'est triste pour nous deux, Oscar.
Je ne te toucherai plus jamais.
Je le promets.
André tint sa promesse.
Et Oscar rangea sa robe.
La vie allait son train. Le temps s'enfuyait.
De sombres nuages s'amassaient.
Je pourrais a jamais contempler la beauté.
Je voudrais empécher lautomne de devenir hiver.
Je voudrais ne jamais vieillir.
Voila le Roi avec le ministre des Finances.
Je ferai comme s'ils n'étaient pas la.
Madame, je dois vous parler
en téte-a-téte.
Revenez dans un instant, petites.
Ce ne sera pas long.
Vous allez me gronder pour avoir mis le volcan en chantier.
Je ne savais pas que vous construisiez un volcan.
Sera-t-il en activité ?
Et si oui, sera-t-il aussi explosif
que la note récente de douze cent cinquante
millions de livres
que vous avez retirées du Trésor ?
Impossible !
C'est écrit noir sur blanc.
Pire que cela, nos sujets I'ont u !
Depuis quand le peuple lit-il mes comptes ?
Depuis que je publie le budget.
Vous n'aviez pas le droit !
Jaitous les droits !
Nous allons au désastre !
La dette de IEtat a atteint des proportions si monstrueuses
que I'argent n'a plus de valeur.
Augmentez les impéts !
Le peuple a été saigné d'impéts.
[lest en colére.
Pas autant que moi.
♪ ai encouru votre colére
et risqué mon poste
pour vous faire voir que vous devez diminuer vos dépenses.
Ne me dites pas "vous devez".
Parlez donc.
Que répondez-vous a cefte abominable impertinence ?
Et dans mon état !
♪ aimerais vous voir revenir a Versailles.
La noblesse vous reproche le temps Que VOUS passez ici.
Et.. je me sens trés seul sans vous.
Je ne voulais pas vous énerver.
Sortez.
II'vous faut d'abord comprendre
que je ne suis pas ici pour vous torturer.
Je suis ici pour vous sauver la vie.
Jaidit: Sortez !
C'est ma faute ?
IIs vous reprochent de trop dépenser pour moi.
Ma bien-aimée, je vous quitterai si vous le voulez.
Mais que ferais-je sans vous ?
Dieu sait que je suis privée de tout le reste !
Cher cceur,
je périrai d'ennui.
Vous ? Jamais !
Vous vivrez bientdt le bonheur de votre délivrance.
Et ensuite,
vous trouverez mille fagons de vous divertir.
Le théétre, par exemple.
Vous avez toujours voulu &tre actrice.
Quelle idée magnifique !
Aquoi bon un volcan ?
Nous construirons un théatre !
I ne meest pas encore possible de vous accorder audience...
En dépit de mes somptueux cadeaus,
de notre correspondance secrete,
ma reine bien-aimée continue de m'ignorer cruellement.
♪ y perds mon latin.
Comme vous connaissez mal le besoin désespéré de mon amie
d'étre siire de ses alliances.
Mais comment I'assurer de mon dévouement ?
II reste une derniére épreuve.
La Reine désire acheter un coliteux collier & linsu du Roi.
Et, pour prouver sa confiance,
elle vous a choisi comme intermédiaire.
Je suis trés touché.
Pour dissimuler une telle dépense,
elle vous demande de payer une avance au bijoutier.
Elle se chargera des versements suivants.
En récompense,
elle propose une rencontre secréte
afin de vous remercier personnellement.
Ses désirs sont des ordres.
Elle vous demande de mapporter le collier.
Je le luidonnerai et organiserai la rencontre.
Avec grand plaisir.
C'est mon plaisir d'assister mes amis dans leurs plaisirs.
Cette chatoyante merveille va étre a moi !
Comment arranger la rencontre ?
Jai entendu parler dune dame de la nuit qui fait fortune
grace a sa ressemblance frappante avec
"mon amie Toinette",
Par une nuit noire,
dans un jardin obscur, le visage dissimulé...
Tu m'as bien entendue.
Nous avons imité I'écriture de la Reine,
nous imiterons aussi la Reine.
"Figurez-vous
"la plus jolie petite mignonne,
"douce, tendre, accorte et fraiche, agagant 'appétit,
"pied furtif,
"bras dodus, bouche rosée, et des mains !
"Des pieds ! Des dents ! Des yeux "
Oscar, rassurez-moi et dites-moi
que je ressemble a I'espiégle Rosine.
Gardez votre franc-parler.
Suis-je trop &gée ?
Pour moi oui, mére.
Bien slir mon chéri. Tu es si jeune.
Soyez d'une franchise brutale,
et dites-moi que je ne vais pas me ridiculiser !
C'est possible, Votre Majesté.
Et avec une franchise brutale,
je vous dirai qu'il est trés dangereux
de présenter "le Barbier de Séville" a ceux qu'l critique.
Le Roi a interdit cette piece et si vous passez outre,
vous le narguez.
Tout le monde aime s'amuser.
M. de Beaumarchais est un génie, il fait fureur & Paris.
Je vous ai demandé une opinion honnéte.
Je vous interdis désormais d'exprimer une opinion non sincere !
Je demande a étre muté aux Gardes Frangais.
Parce que je vous réprimande ?
Ce n'est pas une décision soudaine.
Je ressens le besoin d'étre utile autre part.
Ne me protégez-vous pas ?
Ou pourriez-vous étre plus utile ?
♪ ai chéri les moments ol je vous ai servie,
mais je m'interroge sur mon but dans la vie.
Je sais le but de ma vie.
Cependant,
si vous tenez a courir
mener un régiment de gueux malodorants,
qu'il en soit ainsi.
Je vous transfére aux Gardes du général de Bouillé.
Ne vous inquiétez pas. Je vous protégerai.
C'est trés gentil a toi
mais je n'ai nul besoin de cette protection.
Je suis la Reine.
Parce que vous étes reine,
en savez-vous plus que les autres ?
Dieu a décidé que mon destin était de régner.
[ M'a naturellement préparée a cette tache.
Alors dites-moi... Est-il vrai que les bons meurent jeunes ?
Bien slr que non.
Moi qui suis d'une bonté supréme,
je vieillis et deviens plus sage chaque jour.
Le bijoutier Boehmer dit que c'est important.
Il se félicite
que vous ayez acheté certain collier coliteux
et espére que vous n'avez pas oublié votre accord.
Cet imbécile ignore que je suis une actrice ?
Qu'est-ce la ? Et ceci ?
Qu'on ne m'ennuie plus avec ces vétilles.
Dites-moi la vérité.
Suis-je assez simple et ordinaire pour jouer Rosine ?
Ou est votre épée, soldat ?
Je traversais une riviére,
mon cheval a glissé, mon épée est tombée,
elle a été avalée par un gros poisson.
Atrapez ce poisson pour I'inspection demain
ou je devrai vous adresser un blame.
Je ne sais pas si je reconnatrai le coupable.
Je n'ai pas bien vu son visage.
Etvotre épée ?
Je ne sais pas, Madame. Je veux dire Monsieur.
♪ ai jeté un coup d'ceil... elle avait disparu.
Garde-a-vous !
Téte haute, et bombez la poitrine !
Je vous montrerai ma poitrine
si vous me montrez la vétre.
Rompez les rangs !
Consignés jusqu'a ce que vous ayez changé d'attitude !
Jaidit: Rompez !
Vous faisiez belle figure dans les gardes de la Reine.
Mon opinion de soldat est que vous auriez dii y rester.
Merci de votre confiance.
Mes hommes ont caché leurs épées pour me tourmenter.
QOu les ont-ils vendues pour nourrir leurs families ?
Je ne tai pas beaucoup vu.
Tu pars toujours quand j'arrive.
Nous ne mangeons plus ensemble, nous ne parlons plus.
Tu me manques.
Qu'y a-t-il donc ?
Nous sommes ici...
Nous respirons le méme air, seuls tous deux... et nous nous manquons.
Qu'es-tu ?
Une aristocrate ? Meilleure que moi ?
Pas meilleure, mais différente.
Séparée par les lois Que j'ai acceptées.
Séparée ! Différente !
Ne vois-tu pas que nous sommes égaux ?
Cest un trés joli mot, André,
mais pas la réalité.
Ce pourrait &tre la réalité !
L'égalité existe en Amérique.
On peut aimer qui on veut en Amérique.
Personne ne vous en empéche !
Des milliers d'hommes I'ont payé de leurs vies !
Je donnerais volontiers ma vie pour 'égalité en France.
Mais tu n'aurais rien. Tu serais mort.
Jaurais tout.
Ma mort donnerait un sens & ma vie.
Et que ferais-je sans toi ?
Tu ferais ce que tu dois.
Tu trouverais ton propre réve.
Ton pére tattend dans son étude.
Vous me reconnaissez ?
Que voulez-vous ?
Vous.
La plaisanterie n'est pas dréle.
Cen'en est pas une. Mais humour y est.
♪ ai convaincu votre pére qu'il serait sage
de reconsidérer votre avenir
et d'accéder & ma demande en mariage.
Oscar ! ll n'y a pas de quoi rire.
Le comte de Girodet est immensément riche.
Vous étes excitante quand vous riez.
L'étes-vous autant quand vous pleurez ?
Ma fille a appris a ne pas pleurer.
Unique !
Ne discutez pas ma décision.
Cest un grand orgueil pour moi de voir
le nom de Jarjayes
uni au puissant nom de Girodet.
Vous serez comtesse.
Et vous serez plus riche que vous ne I'avez révé.
Vous étes un mystére que je désire éclaircir.
Jannoncerai nos fiangailles lors d'un bal en mon manoir.
Je ne vous demande qu'un costume seyant mieux a votre féminité.
Une robe aussi belle que la demiere...
une robe blanche.
Vous devez étre André.
Je n'ai pas lintention de briser
[amitié qui vous lie a ma future épouse.
Aprés tout,
vous étes presque aussi joli qu'elle.
Je suis prét a vous offrir une charge
de valet de la Comtesse apres le mariage.
Je ne sais si ce serait sage.
Je suis maladroit avec le bon vin.
Je pourrais tirer de ma manche un poignard
et vous le planter dans le cceur.
Je serais dans mon droit.
Mais je préfére des plaisirs plus raffinés.
Je vous regarderai souffrir lentement.
Tu acceptes les fiangailles ?
Je n'ai pas le choix.
Nous avons tous le choix.
Je ne suis plus domestique.
Je veux te dire que je m'en vais.
Comment pourriez-vous croire Que je vous recevrais ?
Vous écrire ?
Vous demander de sottes faveurs ?
Ma mére vous méprisait, moi aussi !
Je comprends a présent que toutes les leftres
et documents étaient des faux.
Jeanne de La Motte m'a trompé.
QO est cette femme ?
Je ne sais pas.
Avez-vous le collier ?
Il est entre ses mains.
Faites quelque chose ! Arrétez-le !
Je dois apposer les scellés sur votre maison.
Mon nom est ['un des plus renommés de France.
Mhumilier ainsi
souléverait le clergé et I'aristocratie,
nous en paierions tous le prix.
Il n'a pas tort.
Dans cette atmosphere troublée,
un tel scandale menacerait le régime tout entier.
Qu'on le mette en cause !
Je n'ai rien a cacher !
Je suis Reine, je suis innocente, et on ne salira pas mon nom !
Que désirez-vous donc ?
Que cet homme soit jugé devant le Parlement !
Que cette femme soit traquée comme une béte !
Et qu'elle soit chatiée !
Etilen fut ainsi.
La coupable ne fut pas la seule punie.
Le Cardinal fut acquitté
et Marie-Antoinette vouée a une haine ouverte.
L'orage approchatt,
la brise devenait un vent cinglant.
Pauvre fille... Torturée, trainée a la Salpétriere,
victime de la cupidité de la Reine.
Qu de sa luxure.
La Valois a avoué étre I'amante de la Reine.
Qu trouvait-elle la force, apres ses nuits avec Fersen ?
Mais oU est donc Oscar ?
Les couturiéres de la Bertin travaillent jour et nuit a sa robe
et elle est coiffée par Léonard lui-méme.
Dommage. C'était un si bel homme.
Bientdt je vous appellerai pere,
et vous me direz fils.
Imitez Oscar, quia la courtoisie de me dire Monsieur.
Quand I'héritier sera né, nous vous dirons grand-papa.
De simples salutations suffiront.
Excusez-moi de vous avoir laissé partir seul,
mais je choisissais le costume
le plus seyant a ma féminité.
Mon choix vous plait-il ?
Bien mieux que vous ne le croiriez.
Nous verrons s'il vous plaira encore a la fin du jour.
Puis-je vous dire combien vous me fascinez.
Je vous ai vu dés votre entrée,
malis je n'aurais jamais révé étre remarqué par vous.
Comment ne pas vous remarquer ? Ces yeux... ces levres...
Vous en parlez comme d'une friandise...
D'un mets délicat, d'une fraise succulente.
Lors de votre prochaine transaction,
examinez mieux la marchandise.
Pour ne pas étre obligé de la rendre.
Je ne rends pas ce que j'ai payé cher.
Je scrute...
je touche...
je sens...
je décortique pour comprendre la fabrication.
Aimez-vous ce faucon empaillé ?
Le marquis de Sade ?
Lefeu et la glace ?
Aimez-vous les bains parfumés,
dormir avec de la soie sur les yeux ?
Quelle tache délicieuse m'attend
de vous enseigner les arts amoureux,
les cartes secretes des chaudes rencontres.
Approchez.
Vous me répugnez !
C'est un début. Pas grand-chose, mais un début.
Je vous aime.
♪ aile droit d'aimer qui je veux.
Je ne vous épouserai pas.
♪ épouserais plutdt votre chien.
Ne serait-ce pas amusant ?
Notre reine imprudente et son époux peureux
ne nous ont pas été donnés par Dieu.
Si Dieu est amour, ll ne saurait étre si cruel.
Les jours de la soumission sont passés.
Il est temps de prendre en main notre destin !
Il faut exiger la convocation des Etats Généraux !
Exigeons
que notre représentation soit doublée.
Et que le pouvoir du Tiers-Etat
soit égal a celui du Clergé et de ['Aristocratie !
André, ol étais-tu ?
Chez des amis, Bernard et Rosalie.
Et toi, d'ol viens-tu ?
♪ ai rompu mes fiangailles.
Tu apprends. Tu as déja fait le premier pas.
Auras-tu le courage de rompre avec ton passé ?
Veux-tu venir avec moi, Oscar ?
Pas maintenant. Je ne peux pas.
Oscar se houcha les yeux et fes oreilles
et continua de faire son devorr.
Les vents redoublaient de force,
une poignée d'hommes devenait foule.
Les Etats Généraux inaugurent une ére nouvelle !
Le Roi double la représentation du Tiers-Etat !
Je suis heureux d'étre en vie aujourd'hui.
Les émeutes qu'on craignait seront peut-étre évitées.
Peut-étre.
Je ne savais pas qu'ils étaient tant,
et qu'ils pouvaient crier si fort.
Ils sont comme un océan déchainé qui emporte ma mere.
Jai essayé de lui faire comprendre,
mais elle n'écoute pas.
Jai voulu lui dire que la vie, c'est le changement.
Pauvre mere,
elle ne me croit pas.
Je meurs, tu sais.
Et méme cela, ce n'est que changer.
La France change,
et je change, moi aussi.
Le petit prince mourut
et Marie-Antoinette paya lenterrement avec son argenterie.
Le glas sonna pendant quarante heures.
Mais le peuple avait trouvé sa voix
et personne nécoutait.
Aux Etats Générauy,
la polémique faisait rage.
Comprenant que le pouvoir du peuple croissait,
cent membres du Clergé et de ['Aristocratie sunirent a lui.
Craignant le pouvoir montant du Tiers-Etat
la Cour fit fermer
les portes de I'Assemblée.
Il était trop tard.
La tempéte était devenue ouragan.
Si on nous refuse I'Assemblée,
nous irons ailleurs, mes amis !
Nous sommes la véritable Assemblée Nationale !
Nous allons écrire notre propre constitution.
Dégagez les rues !
Dispersez la foule !
Tirez sur la foule !
Capitaine de Jarjayes, c'est un ordre !
Je refuse !
Soldats ! Votre capitaine trahit !
Tirez sur elle !
Nous refusons !
Vous étes tous aux arréts !
Capitaine de Jarjayes, vous le paierez de votre vie !
Un ami m'a dit un jour
gque nous naissons avec le droit de choisir.
Jai eu la softise de ne pas le croire.
Merci de ne pas avoir tiré sur moi.
Je n'aurais pas voulu mourir sans savoir ce que j'ai appris.
♪ ai pris le risque de revenir pour vous faire comprendre !
Cet ordre contredisait toute mon éducation !
Votre devoir n'est pas de contester un ordre !
Comment tirer sur ceux que je dois protéger ?
Je vous épargne si vous jurez de nous laisser fuir.
Mon nom est déshonoré, mon garcon.
Tu ferais mieux de me tuer.
Tues blessé...
Je ne rentrerai jamais chez moi.
♪ ai tant attendu ces larmes.
Mais il n'est plus temps.
L'heure est a la joie.
Mes enfants bien-aimés...
Vous étes libres...
Vous étes libres d'écouter VOS CoeUrs.
Ne vous inquiétez pas pour moi.
La joie de vous voir réunis me comble pour toujours.
Jen'y peux plus rien.
Demain je dénoncerai ces deux traitres en fuite.
L'armée aura peut-étre du mal & les trouver.
Le peuple de Paris n'est plus fait que de traitres.
Alors le peuple do it étre exterminé.
Il faut maintenir 'ordre pour que le monde reste le méme.
Sois courageuse.
C'est le moment d'étre courageuse.
L'armée a tiré sur le peuple.
Des troupes arrivent de toute 'Europe.
Les canons de la Bastille pointent [Hétel de Ville et le Palais-Royal.
Demain matin,
les citoyens s'armeront
et prendront la Bastille avant qu'il soit tard.
Je ne veux pas te quitter,
mais je dois aller avec eux.
Je vais avec toi.
Je ne supporterais pas de te perdre.
Mais il faut courir ce risque.
C'est tout ce qui compte, disais-tu.
Je taime, André.
En dépit de fa tempéte qui faisait rage,
le matin du 14 juillet fut radieux.
Le Roi se préparait a partir pour la chasse
et priait le Seigneur que le gibier abonde.
La Reine s'éveillait dans les bras de son amant
et écoutatt le grondement lointain.
Elle pensait que c'était le vent d'été.
Fuyons avant qu'il soit trop tard.
Je n'ai pas peur.
Je ne leur ai fait aucun tort.
Je suis leur Reine.
De hautes vagues agitaient la mer
Le navire voguart toutes voiles dehors
Le capitaine s'écria : “Virez de bord !*
Mais sa voix se perd...
Le vent gémit, la mer répond
"En nul port tu ne peux tamarrer.
*De toi je satrai m'emparer
“Tentrainer dans 'abime profond...”
Je méefforce de trouver la rime
Mais mon esprit est absent
Je n'ai pas fe temps...
La Bastille est prise !
Avez-vous vu André ?
Nous avons pris la Bastille !
Traduction: BE. - PC.
Sous-titrage TVS - TITRA
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