All language subtitles for La.Crim.S06E06

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Original subtitles

Commandant.

Alors, Francis Bayard était le patron d'une fabrique de cosmétiques haut de

gamme. Voilà. C'était aussi le propriétaire de l'Espace Beauté, un

salon de beauté réputé, dont l'ascenseur donne précisément dans ce parking.

La porte d'accès se trouve là-bas.

La femme là s'appelle Gwendolyn Colbert, une esthéticienne du salon, mais surtout

la belle-mère de Bayard. C'est elle qui a découvert son genre ce matin en

arrivant en voiture par le parking.

Et la plus jeune, je suppose que c'est sa fille.

C'est ça.

L'épouse de la victime, Lorraine Bayard, est la directrice de l'espace beauté.

Commandant, je crains fort que derrière la façade de cette institution dédiée à

la beauté et à la flatterie ne se cache une sordide affaire d'adultère ou de

prostitution.

La chemise n'a pas été perforée et si les deux balles sont bien à l'origine du

dessin de notre victime, celles-ci ont été tirées, semble-t-il, à bout touchant

alors que le corps était dénudé.

On l'aura rhabillé après le crime.

Je vous laisse le soin de dire ça à sa femme.

Maya ?

Nous sommes dans un quartier résidentiel à vos côtés pour son calme, ses écoles.

Bailly, Polo.

Vous me rejoindrez au rez-de-chaussée et après vous allez vérifier s'il n'y a pas

de prostitution occasionnelle dans le quartier.

Mais le mec avait peut-être une maîtresse, un amant. C'est pas parce qu

'il se retrouvait à poil juste avant de mourir que c'est forcément une pute qui

a fait le coup, bordel.

Ça va, le commandant a pas dit ça, c'est juste une possibilité, allez.

Madame, j'ai fait comprendre que vous étiez chargée de l'enquête.

Je vous préviens tout de suite qu'il vous faudra ménager ma fille, Lorraine.

Si une jeune femme fragile est au-dessus de tout soupçon, c'est pas de sa faute

si son mari l'a trompée.

Madame Colbert, vous êtes sûre de ce que vous avancez ? Expliquez-moi, si ce n

'est pas une affaire de fesses, pourquoi mon gendre a fini comme ça dans ce

parking ? Des raisons de tuer, madame, il y en a des milliers.

C'est pour ça qu'on est là, pour trouver.

En tout cas, montrez-vous discrète.

Je ne voudrais pas que toute cette boue rejaillisse sur ma fille et sur moi.

Vous ĂŞtes une femme.

Vous comprenez sûrement ce que je veux dire.

Je ne peux pas saquer les belles douches.

En contre, je m'étais bien fait à l'idée d'un beau père.

Tant pis, puisque tu me quittes pour aller bosser à Lyon, ton père restera un

copain. C'est bien.

Tu crois vraiment que c'est le moment ? C'est ça, t'as raison.

Parlons boulot, ça vaut mieux.

Donc je suis arrivée ce matin en taxi, le temps après ma mère.

Je ne conduis pas. En général, c'est mon mari qui m'emmène quand il n'était pas

en voyage.

Votre mari, vous l'avez vu quand pour la dernière fois ? Il y a deux jours, il

était à Nice pour un congrès sur les cosmétiques.

Il m'a téléphoné hier soir vers 18h de l'aéroport.

Il s'est passé me prendre à la fermeture du salon vers 19h30, après avoir

récupéré sa voiture.

Elle était au garage, en révision.

Et en ne voyant pas arriver, vous avez fait quoi ? J'ai appelé le garage à 20h.

J'ai eu le chef de l'atelier qui m'a confirmé son passage.

Francis s'est bien passé récupérer sa voiture à 19h.

Et après, il est parti.

Moi, j'ai fermé le salon.

Je suis rentrée en taxi.

J'ai téléphoné à tous nos amis.

Enfin, Ă  tous ceux qui le connaissaient.

J'ai mĂŞme fait les hĂ´pitaux et les commissariats.

Et pourquoi vous n'êtes pas passée ?

Au parking, pour voir s'il était là.

Parce que quand mon mari passait me prendre Ă  la fin me tuer, il se garait

toujours en double cil devant l'institut.

C'est que lorsqu'il se faisait masser qu'il allait se garer au parking.

Et qui avait l'habitude de le masser ? Moi, bien sûr.

Je suis masseuse, kinésithérapeute.

Dites-moi, madame Bayard, votre mère a eu l'air de sous-entendre que votre mari

n'était pas...

Elle n'était pas très fidèle.

La mère n'a jamais eu grande confiance dans les hommes. Et mon mari ne faisait

pas exception.

Je peux vous assurer que Francis et moi, nous étions très heureux.

Tout allait bien, nous étions très heureux.

Quelle vache, la mère !

Moi, je ne sais pas ce que les mecs lui ont fait ou pas fait, justement.

Qu'est-ce qu'elle est agressive.

Elle dit que des raisons pour tuer un mari, c'est facile d'en trouver.

Par contre, elle défend sa fille, bec et on. Elle dit qu'elle sera incapable de

faire du mal Ă  une mouche. D'ailleurs, tout le personnel adore la fille. Par

contre, avec la mère, personne n'a osé balancer. Mais j'ai quand même compris

que si elle était encore là, c'est plus parce que Bayard ne voulait pas la

séparer de sa fille qu'il adore que pour ses compétences.

Bon, Poulot, vous continuez le voisinage. Vous, Mailly, vous comparez

un topo sur le victime. Moi, je vais avec Jean-Louis au garage de Bayard, le

dernier endroit oĂą il a mis les pieds. C'est-Ă -dire que Jean-Louis est parti Ă 

l'IML avec le marchand. Il avait un truc Ă  faire.

C'est pour lui, il m'a rien dit.

Enfin, jusqu'Ă  preuve du contraire, je suis encore la chef de ce groupe. Merde

!

Je suis désolé, je ne peux pas trop vous renseigner.

Monsieur Bayard est passé vers 19h, un peu avant la fermeture.

Oui, c'est ça, il ne restait plus que moi.

Je suis chef d'atelier, je suis toujours le dernier Ă  partir.

On a causé bagnole.

Dites-moi, monsieur Servais, monsieur Bayard vous semblait détendu dans son

état normal ? Ben oui.

Vous savez, on a discuté pendant 2-3 minutes, il n'a pas pris racine. Je

crois qu'il devait aller retrouver sa femme.

Et sa femme, justement, quand elle vous a appelé une heure après, c'était pour

dire quoi ? Pas grand-chose.

Elle l'attendait, je crois.

Moi, je vais répéter ce que je viens de vous dire, que son mari était resté dix

minutes, qu'il avait récupéré sa voiture et qu'il était parti.

Le rectum de votre client ayant goûté aux jouettes de mon thermomètre

électronique à sonde, je suis d'ores et déjà en mesure de vous annoncer le

moment de sa mort, disons hier entre 20, 20h, 21h.

Il y a d'autres choses que j'ai du mal à déterminer.

Bien obligé d'en passer par votre savoir, nous sommes malheureusement

toutouis, docteur Salinas, allons-y.

Voilà, le corps ayant été retrouvé sur le côté, il est étrange que...

Le thorax recède si peu de lividité cadavérique.

Le corps est peut-être resté quelques temps sur le ventre avant d'être déplacé

et posé sur le côté. Pensez-vous que le crime a eu lieu ailleurs et le corps

déplacé, post-mortem ? Tout à fait, mon petit Michel.

Tu feras un bon assistant.

Imaginons la voiture du type.

Le mec est en train de se faire polir le chinois par une fille.

Il lui demande de lui faire une horreur. La fille a peur.

Elle le tue.

Elle rabille le gros dégueulasse, l'embarque dans sa voiture vers un

parking et le jette pour faire croire au meurtre d'un rĂ´deur.

Quelques liquides séminales viendraient-ils corroborer votre

hypothèse ? Que nenni.

Par contre, il y a une énigme pour notre futur chef de groupe.

L'intérieur de la chemise de votre client était plein de taches de gras.

J'ai envoyé les fringues au labo pour analyse.

Le futur chef de groupe, comme tu dis, va tenter d'élucider ce mystère.

On y va ? Je commence Ă  sentir le point de suture ici.

Francis Bayard, 40 ans, homme d'affaires brillant, il a monté avec son salon une

ligne de cosmétiques haut de gamme.

Il rencontre sa femme, Lorraine, il y a trois ans.

Elle était kinée dans un petit institut de quartier où bossait aussi sa mère.

Là, il embarque la mère et la fille et il les installe à l'espace beauté.

Beau et riche, tout semblait baigner pour le couple, excepté un avortement

thérapeutique il y a huit mois pour Lorraine. C'était le drame du mari.

Ă€ vrai dire, il n'y a que la belle Doche qui pensait qu'il y a de l'eau dans le

gaz.

En fait, les filles de l'institut pensent que c'est une mère ultra

possessive et qu'elle étouffe Lorraine depuis des années.

C'est pour ça que la vieille ne supportait plus son genre.

Il lui avait piqué sa fille.

Un tel niveau de haine, ça fait un beau mobile.

Seulement, ça colle pas avec la victime torse nue juste avant le meurtre.

Je vois mal Bayard couché avec sa belle-mère.

Maintenant, Jean-Louis, convoque-la si tu veux.

Si t'as rien de mieux à faire... C'est déjà fait, elle vient cet après-midi.

Et toi, avec le garagiste, ça a donné quoi ? Rien.

Comme t'aurais pu le constater si t'étais venue avec moi.

Personnellement, voyez-vous, je ne m'explique pas.

Le laps de temps entre le départ du garage de Bayard et son arrivée au

parking. S'il a eu une aventure avec une fille de passage, une prostituée,

pourquoi dans ce parking situé à proximité d'un institut au risque de se

faire prendre ? Non, il aurait pu aller ailleurs.

Moi j'ai une autre piste.

Une ancienne esthéticienne avec un passé d'arnaqueuse. Et jolie en plus.

Jolie, viens.

La fille s'appelle Mathilde Lebrun. Elle avait la réputation de faire des

massages un peu olé-olé aux mecs dans les salons où elle bossait. Ensuite,

elle les faisait chanter en menaçant de tout balancer aux épouses.

Lorraine l'a engagée, elle est restée un petit moment, mais après, elle est

partie. Alors peut-être qu'elle a gardé un contact chaleureux avec Bayard.

Le chantage qui aurait mal tourné, pourquoi pas ? Une escroqueuse

ravissante, douée pour les massages, ça s'interroge. Je propose un petit rendez

-vous. Madame Amouska, un décor plus propice aux confidences que le 36.

Allez.

Bayard était un type très beau, très séduisant. Et très riche. Ce qui ne

gâchait rien.

Et comme à l'époque j'étais dans une situation financière très inconfortable,

j'avais proposé à Bayard... moyenne en finances, de l'initier aux joies du

massage asiatique.

Et bien sûr, Bayard, il avait envie de voir du pays.

Non.

Faut croire qu'il aimait pas voyager.

Ou alors c'est qu'il était pédé.

Oui.

Venez, on va s'asseoir lĂ . Asseyez-vous lĂ .

Et pourquoi vous avez quitté l'espace beauté ? Parce qu'on vous avait viré d

'accord. Et là, c'est vous qui avez démissionné, non ? Moi, je crois que

Bayard était tout sauf pédé. Je crois même qu'il avait pris du goût au voyage.

Et je crois qu'il vous a donné du pognon pour partir, afin que sa femme ne soit

pas au courant de votre relation.

Mais je crois aussi que vous ĂŞtes revenu Ă  la charge, afin de lui soutirer encore

plus de pognon.

Mais lĂ , Bayard en a eu marre qu'on le prenne pour un pigeon.

Mademoiselle Lebrun,

où étiez-vous hier soir entre 19 et 21 heures ? À un spectacle de Chip & Dels.

Si vous voulez, j'ai le numéro des deux avec qui j'ai passé la nuit.

Mademoiselle Lebrun, oui ou non, Bayard vous a-t-il donné de l'argent ?

Pour partir, oui.

Parce qu'il a compris pourquoi sa belle-mère m'avait fait engager.

C'est la mère de Lorraine qui avait insisté pour que j'entre à l'espace

beauté. Elle l'a fait pour que je séduise Bayard.

Elle voulait prouver à sa fille que Bayard était un salaud.

Comme tous les mecs.

Attendez, je comprends pas.

Si Bayard n'avait rien à se reprocher, pourquoi il vous a pas viré, tout

simplement ? Parce qu'il voulait pas que sa femme apprenne cette histoire.

Lorraine a une passion pour sa mère.

Elle est tout pour elle.

À l'époque, elle était enceinte et Bayard voulait l'aménager.

Alors un soir, il est venu chez moi et il m'a proposé du fric pour que je

parte. Merde, alors le seul danger qui menaçait le couple, c'était la belle

douche.

Mais Bayard était fou de sa femme.

Je vous le dis.

MĂŞme moi, j'ai rien pu faire.

Vous permettez que j'aille me faire une beauté ? Je vous en prie.

J'avais oublié tous les bons côtés qu'avait ce métier de flic.

Bien sûr.

Bon, alors on s'en va.

Ça te dirait de...

Ranger tes couverts et te remplir sous mes ordres ? C'est bien que... On en

parle souvent avec Marion en ce moment et puis... Elle dit qu'elle en a assez

de m'avoir dans ses pattes ici, alors... Si tu veux toujours de moi... Attention,

hein.

Sûr.

Monsieur, s'il vous plaît.

J'arrive, monsieur.

T'as pas idée.

Le collègue nous a informé du but non avoué de l'engagement de Mathilde Lebrun

à l'espace beauté.

Vous ne trouvez pas monstrueux ce que vous avez fait ? Ce que j'ai fait, je l

'ai fait pour ma fille.

Parce que les hommes depuis ma grand-mère maternelle nous ont tout

abandonné. Mon mari, le père de Lorraine, pareil, partit un jour sans

laisser d'adresse.

Je voulais prouver Ă  ma fille que son mari ne valait pas mieux.

Je l'ai suivie un soir, j'ai cette brûlure de Mathilde.

Je suis avec elle.

Que cette traînée ose vous dire le contraire ?

Il semblerait que ce pauvre monsieur Bayard avait saisi la perversité, la

perfidie de vos projets et qu'il avait décidé de se séparer de mademoiselle

Lebrun sans faire de vagues et surtout sans parler à son épouse de la clôté

malsaine de sa propre mère.

Enfin, comment osez-vous ? J'ai toujours tout fait pour ma fille.

C'est moi qui l'ai élevée quand son père est parti.

C'est moi qui étais là pour la consoler quand ses petits amis l'ont plaquée. J

'ai toujours été là pour elle.

Et vous préférez croire une pute plutôt que moi ? Est-ce que vous

avez dit à votre fille que vous pensiez que son mari l'a trompée avec Mathilde

Lebrun ? Oui, j'ai... Il a bien fallu.

Je lui ai dit que j'avais suivi Bayard.

Elle ne m'a pas crue.

La fille est si naïve, si crédule.

Quand j'ai vu qu'on allait se fâcher, je n'ai pas assisté.

Madame Colbert, vu la haine viscérale que vous entretenez pour la jante

masculine et plus particulièrement pour feu votre gendre, pourriez-vous nous

communiquer, s'il vous plaît, votre emploi du temps, votre alibi pour la

journée et la soirée d'hier ? Je suis rentrée chez

moi à 18h30 après ma dernière cliente.

Et j'ai invité trois amis à venir faire un bridge.

Les amis femmes, je suppose ? Oui.

Depuis le départ de mon mari, plus aucun homme n'a jamais mis les pieds chez moi.

Les hommes, je dirais une croix dessus.

Depuis 30 ans.

J'ai l'adresse d'un agent immobilier Ă  Lyon.

D'après mon mari, il a des plans pour des appartements pas trop chers.

Merci. Bon, je vous ai vérifié la nuit de la jolie Mathilde.

Les six pommes d'elle en gardent encore un souvenir très ému.

Faut dire que... t'as de quoi, hein ? Bien, le

laboratoire a rendu son verdict sur les tâches de la chamuse de Bayard.

Là, en fait, gras, c'est un subtil mélange de crème régénérante et d'huiles

essentielles qui composent ces tâches.

Ça veut dire quoi ?

Est-ce que Bayard est allé se faire masser à l'espace beauté par sa femme

juste avant de mourir ? Écoutez, ça éclaircirait bien des mystères.

Bayard aurait été tué alors qu'il était allongé sur la table de massage, nu.

Il aurait été rhabillé ensuite, puis transporté jusqu'au labyrinthe du

parking où était garé sa voiture.

Enfin, ça résout bien des mystères, mais pas tous.

Mathilde Lebrun nous a affirmé que Bayard adorait sa femme. Elle n'avait

aucune raison de nous mentir.

Elle est inculpée de rien, alors... Le mobile de Lorraine, c'est quoi ? Je ne

sais pas, Jean-Louis.

J'ai plutĂ´t tendance Ă  croire le marchand.

Parce qu'un étudiant l'est remonté d'appel, je me suis aperçu d'un truc

assez bizarre.

Lorraine a bien essayé de joindre son mari sur son portable le soir du crime.

Mais rien qu'une fois... Si elle n'a pas insisté, c'est qu'elle savait qu'il

était mort.

Très bien. On parquise demain à l'aube l'espace beauté et on interroge Lorraine

Baillard.

Bonne nuit Ă  tous.

Vous ĂŞtes content, Michelle ? Camille sort demain de l'hĂ´pital ? Oui.

C'est un grand jour pour elle.

Et pour vous aussi, non ? Ah.

Écoutez, demain, on fera la paire qui s'envoie.

Je vous jure de ne pas souiller la scène de crime et de vous rendre une procédure

nickel.

Merci, commandant.

En bas, voilĂ , il n'y a plus que nous deux.

J'aurais voulu t'éviter un tête-à-tête, mais à croire que le sort s'acharne à

vouloir nous réconcilier.

Le sort n'a rien Ă  voir lĂ -dedans.

C'est toi, Hélène, qui a décidé de quitter la crime.

C'est toi qui as décidé de me faire passer chef de groupe. C'est toi et

toujours toi qui décides de tout.

Alors pour une fois, j'aimerais prendre une décision.

Dîner en tête-à-tête avec ma fille.

La seule femme qui m'a jamais laissé tomber.

La pièce a été récurie du sol au plafond, mais une petite tache de sang a

échappé au nettoyeur.

Alors, vous pouvez parler avant le résultat des analyses.

C'est dans votre intérêt si vous souhaitez obtenir les circonstances

atteignantes aux assises.

Je n'ai pas tué mon mari.

Ce n'est pas moi.

On a trouvé ça dans votre sac à main, du calibre 22.

Kiné, c'est devenu un métier aussi dangereux ?

Ça

nous flique, vous allez me le payer ! Ma fille n'a rien fait ! Ça suffit, Mme

Colbert, taisez-vous ! Ne me touchez pas ! Je vais prévenir mon avocat, vous

allez entendre parler de moi.

C'est ça, oui.

Mais parle, Lorraine, parle !

Dis-leur que tu n'as rien fait, dis-leur ! Mais pourquoi tu ne parles pas ?

Lorraine, réagis ! Vous embarquez Lorraine au 36, j'appelle le marchand

pour le prévenir.

Allez, c'est parti ! Le

Michel ? On emmène Lorraine Bayard au 36.

Oui,

j'arrive tout de suite.

Non, non, non, écoute, écoute, écoute, tu lui dis rien !

S'il vous plaît, vous n'êtes pas dans un bar ici.

Mais que fait la police ?

Avant,

elle n'avait pas d'yeux, elle n'avait que des bleus.

Maintenant, elle y voit beaucoup mieux.

Elle ne voit que des gueux.

Au revoir, madame Faro.

Et alors ? Vous, vous avez l'air d'aller bien.

Michel, ne vous formalisez pas. Ce ne sont que des artistes. Très jolis en

rouge.

Je suis désolé. J'ai des obligations.

Je ne pourrais pas vous accompagner jusqu'Ă  chez vous avec vos amis.

Artistes.

Michel.

Mais j'ai besoin de vous, moi.

Depuis que j'ai perdu ma famille et pendant toute ma convalescence, je n'ai

eu qu'un ami.

Vous. Oui.

Je vous rappelle, je vous rappelle, mon gamin.

Je ne vais pas tuer.

Il y a quelque chose que je ne m'explique pas, voyez-vous.

La balistique a clairement établi que l'arme qui a servi à tuer votre mari n

'est pas celle qui est en notre possession.

Alors, que faisait cette arme dans votre sac ? Est

-ce pour vous défendre de quelqu'un ? De votre mari ? Ou de son assassin ?

Est-ce l'assassin de votre mari qui vous terrifie ?

Lorraine, ici, vous ne craignez rien. On est là pour vous protéger.

Alors dites-nous ce qui s'est passé l'autre soir.

Écoutez, Lorraine.

Plus vite vous parlerez, plus vite vous serez en sécurité.

De toute façon, avec ou sans vous, on finira par savoir. On va fouiller votre

vie, éplucher votre emploi du temps et comprendre ce qui s'est réellement passé

l'autre soir.

Par exemple, Madame Bayard...

Pardonnez-moi cette intrusion indélicate dans votre intimité, mais quel était le

but exact de ce rendez-vous soudain et urgent chez votre gynécologue le jour du

crime ? Comme se relever d'appel et la confirmation

auprès de ce praticien l'atteste.

Bien.

En attendant d'éplucher tout ça, je vous mets en garde à vue.

S'il vous plaît.

Effectivement, elle m'a appelé en urgence ce jour-là.

Elle avait peur de tomber enceinte.

Madame Bayard était très angoissée depuis son avortement thérapeutique.

C'était quoi la cause de cet avortement ? Le cœur et le système nerveux central

du fœtus s'étaient endommagés.

Madame Bayard était bouleversée.

« Allez Louise, je vous paie.

» Elle a très mal vécu, mais j'ai dû ordonner cette opération.

Après ça, vous ne pensez pas que le couple aurait pu se détériorer ? Non, au

contraire. Ça a renforcé leur amour.

J'avais passé un stérilet, Madame Bayard, nécessaire pendant quelques

temps après l'avortement. Je l'ai retiré il y a un mois.

Le couple voulait un autre enfant.

Attendez, vous dites qu'elle voulait un autre enfant.

Pourquoi elle avait peur de tomber enceinte ? J'avoue que je n'ai pas bien

compris non plus de quoi elle avait peur.

Elle semblait avoir changé d'avis, voulant différer l'arrivée du bébé.

Elle a tellement assisté pour que j'y fasse cet examen que... Finalement, je l

'ai fait.

Bon, et sans rentrer dans les détails, ça a donné quoi, cet examen ? Pas grand

-chose. Mme Bayard n'était pas en période d'ovulation.

Je ne craignais rien.

Personnellement, docteur, les problèmes gynécologiques me posent moins de soucis

qu'à mon collègue. Alors, si vous pouviez être un tout petit peu moins

avare de détails... L'examen de Mme Bayard a révélé la présence de...

et ses centaines de traces de sperme.

Ça m'a paru étrange.

Je savais que son mari était à Nice.

Tant qu'on est dans le détail, vous pourriez nous dire s'il y a eu viol, non

? Non, sous la contrainte, même verbale, une femme peut très bien s'ouvrir à son

agresseur sans qu'on puisse après qualifier le viol.

Merci.

Il s'est rendu compte que c'était des jumelles. Ça commence, c'est un peu

long, jeune homme. Ça vient, monsieur, ça vient. Je tente de discuter, vous

pourriez mĂŞme me servir. Oui, voilĂ , attendez, je vais vous servir. Non, je

vais vous servir, regardez.

Ça vient, voilà, et offert par la maison.

Bon,

moi, je dis que Lorraine cache bien son jeu, mais qu'elle a un amant.

Elle voulait buter Bayard pour hériter du pactole. Rien ne m'étonne de la part

d'une gonzesse.

Moi, ça m'étonne.

Si Lorraine avait un amant, elle n'aurait pas enlevé son stérilet un mois

avant. Elle prenait le risque, justement, que son mari la mette

enceinte.

Revisageons l'hypothèse suivante. Lorraine Bayard aurait été violée, ou du

moins forcée par un homme qui la terrorise.

Aurait-il également trucidé Oxy le mari ? Concernant le calibre 22 retrouvé dans

son sac, il appartient Ă  un ami de Lorraine qui tient un stand de tir.

Elle lui aurait emprunté soi-disant à titre dissuasif après lui avoir raconté

que l'espace beauté aurait été braqué en plein jour.

Sauf que j'ai vérifié, il n'y a jamais eu de braquage.

Elle se sentait menacée. Mais par qui ?

Les empreintes relevées sur le 22 sont celles de Lorraine et celles de son

mari.

Alors, est-ce qu'ils auraient tenté de riposter juste avant que le tueur

descende ailleurs ? C'est possible.

En tout cas, ils n'ont pas eu de peau parce que le chargeur est élevé.

Si Lorraine se sentait menacée, pourquoi c'est le mari que le tueur a buté ? C

'est vrai, en plus, si elle assistait au meurtre, elle peut très bien nous

balancer l'assassin.

Pourquoi le mec n'a pas encore descendu ? Je ne comprends pas.

En fait, Capitaine Scandella, il faut que notre homme soit extrêmement sûr de

lui ou complètement fou pour en laisser Lorraine élivante.

En tout cas, il est persuadé que son ascendant sur elle est tel qu'il a le

pouvoir de la maintenir dans le silence.

Attendons-nous à tomber sur un homme très dangereux.

En tout cas, vu son état d'anxiété, on l'a mise sous sédatif.

Elle est toujours terrorisée à l'idée de parler. Elle demande sans arrêt des

nouvelles de sa mère.

On croit qu'elle pense que le tueur peut aussi s'en prendre Ă  elle.

En tout cas, la belle Doche, il faut la revoir. Parce qu'elle a téléphoné en

disant qu'elle avait des révélations à nous faire.

Francisco, une belle Doche est interrogée.

Ça te dirait, porter des rouillères avant de rempiler ? Mais là, on va avoir

besoin de toi, hein.

Puisque madame le commissaire s'en va.

Jean-Louis, va te faire foutre.

Bon, attends, c'est bon.

Va te faire foutre ! Si t'as envie de me faire la gueule avant mon départ, ça te

regarde. Si t'as pas envie de grandir, hein, et de prendre des responsabilités,

ça te regarde aussi.

Maintenant, si c'est une technique pour m'aider Ă  foutre le camp, tu peux te

dire qu'elle est réussie.

Au moins, je peux partir sans regret, en laissant derrière moi un mec dont je me

demande encore comment je peux l'aimer.

Madame Colbert revient dans une minute.

J'étais tellement sûre que c'était une affaire d'adultère que je n'ai même pas

pensé à cette pourriture que connaît ma fille.

Je suppose que le mot pourriture doit désigner un homme ? Évidemment.

Le pire de tous, Un tueur de femmes.

Une ordure qui a déjà fait 15 ans de prison, mais qu'on aurait dû faire

griller sur la chaise électrique.

Et c'est qui ce type, Jack le Ventreur ? Je vous en prie.

C'est une cliente de l'Institut, une juge d'application des peines qu'il a

présentée à ma fille.

Elle voulait le réinsérer, lui chercher du travail.

Alors Lorraine, la pauvre chérie, avait terriblement envie d'être utile. Elle

était très déprimée après son avortement.

Alors, aider cet homme, ça lui donnait un but.

Et votre fille, qu'est-ce qu'elle faisait pour lui ? Ben, tout.

Elle a trouvé un appartement pour le travail.

Enfin, tout.

Elle ne voulait pas m'écouter.

Je lui disais que c'était de la folie.

Telle engeance.

Attendez, vous pensez quoi ? Que cet homme est tombé amoureux d'elle et qu'il

a tué votre gendre ? Et pourquoi pas ?

Je sais que ma fille est innocente. Pour une seconde, je vous ai déjà dit.

Vous pouvez nous dire le nom de cet homme et oĂą on peut le trouver ? Il est

chef d'atelier.

Enfin, dans un garage.

Il s'appelle Guy Servais.

Servais, c'est le garagiste interrogé par Valland. C'est le dernier à avoir vu

Bayard vivant.

Il nous faut du renfort pour une interpellation.

Maléclair. C'est parfait.

Bon.

Au revoir, M. Maléclair.

N'oubliez pas la révision des 10 000.

Merci. Au revoir.

Si le serveur veut se tirer par le fond, baillez le panneau.

Fais gaffe de ne pas te montrer.

J'ai 20 ans de boutique. Tu donneras mes conseils quand je serai barré.

Oui. Merci, Maléclair.

Allez, on vous suit, ça va être.

Ousty, on se passe le balcon.

VoilĂ , on va y. La porte au fond, vite.

Ça va ? Ça va.

Madame le juge, pourquoi ça avait appris 15 ans ? À 25 ans, jeune braqueur, il a

tué sa fiancée de plusieurs coups de marteau.

Elle n'en pouvait plus de sa vie de délinquant, elle avait préféré le

quitter pour un autre homme.

Vous avez fait un beau cadeau à Lorraine en lui présentant cet enfoiré.

Mais je l'avais prévenu.

Je lui avais dit que trop s'investir pouvait se retourner contre elle.

Ou contre son mari.

En revérifiant les appels de Lorraine, le marchand a constaté que plusieurs

appels avaient été émis depuis le bar jouxtant le garage, entre 21h et 22h à

chaque fois.

Servais est un des piliers du bar.

Une franche coïncidence, non ? Polo, Bailly, Scandella, depuis l'année

Servais.

Je vais te dire, Servais, pourquoi t'as buté Bayard.

Est-ce que t'as compris que jamais tu pourrais lui piquer sa femme ? Est-ce

que tu la voulais pour toi tout seul ? Parce qu'elle a violé une fois, c'était

pas suffisant.

J'ai pas violé Madame Payard. Qui vous a dit cette saloperie ? Son gynéco nous a

mis sur la piste.

On remarque que le reine, elle avait qu'Ă  bien se tenir.

C'est vrai, ça ? Force de t'exciter, un beau gaillard comme toi.

Tu diras au jury qu'elle t'a poussé à bout ?

Je ne lui ai fait aucun mal, Mme Bayard.

C'est une femme formidable.

Elle m'a aidé à m'en sortir.

J'ai beaucoup d'affection pour elle.

Lorraine, tout ce qui est arrivé n'est pas de votre faute.

Maintenant, vous avez voulu aider cet homme de bonne foi, sincèrement.

Mais il servait, tout comme un patient avec son psychanalyste a fait en quelque

sorte un transfert.

Après l'enfer de l'univers carcéral, il est tombé amoureux de vous.

Toutes vos attentions, votre obligeance lui ont fait croire que, pour lui, vous

étiez devenu une femme accessible. C'est là où tout a dérapé.

Vous vous ĂŞtes muni d'une arme parce que vous aviez peur.

Puis vous avez tenté de lui parler, de faire comprendre qu'entre vous, c'est

impossible.

Seulement, il n'a pas voulu entendre.

Il vous a violé.

Mais vous vous sentiez quand mĂŞme coupable.

Alors vous avez voulu en parler Ă  votre mari.

Et puis vous avez attendu. Et quand vous l'avez fait, c'était trop tard. Trop

tard parce que vous avez fait une erreur. Après avoir massé votre mari,

vous avez téléphoné à Servais au garage et vous lui avez annoncé votre décision,

votre intention de tout dire à votre époux. Ce que vous avez fait

immédiatement après avoir raccroché.

Seulement...

Servais est devenu fou.

Vous l'aviez trahi.

Il allait retourner en prison.

Alors il a débarqué à l'espace beauté.

Vous aviez une arme, mais le chargeur était vide.

Votre mari ne pouvait se défendre et Servais l'a tué.

Lorraine, est-ce bien ainsi que ça s'est passé ?

Bien, puisque vous ne voulez pas parler, nous allons vous confronter Ă  cervelle.

Non ! Nul doute que la présence de ce monstre à vos côtés vous

fera réagir.

Non.

Et si vous ne craignez rien ?

Il y a des enfers vrais comme une ruche, nous près de 400 policiers qui comptent

sans aucune fourfanterie parmi les meilleurs d'Europe.

Servais ne peut plus rien contre vous maintenant qu'il est entre nos murs.

Il va falloir parler, Lorraine, si vous voulez qu'il y reste.

C'est pour l'exprimer, ton infection ? Tu l'appelais vers 22h du bar à côté de

ton garage ? Et il y a 15 ans, ton ex ?

C'est aussi par affection que tu l'as massacrée à coups de marteau ? Je parie

!

Lorraine,

j'ai confiance en vous.

Après tout ce que vous avez fait pour moi... Ta gueule, Servais ! Vous savez,

vous, que je ne suis pas coupable.

Ce n'est pas lui.

Il n'a rien fait.

Vous ne direz rien contre moi.

Très bien, Lorraine.

Si vous ne me parlez pas, je... Je vais vous expliquer ce qui va se passer.

Lorraine, si on ne retrouve pas l'arme du crime, et sans plus de preuves de

votre culpabilité, on va vous relâcher.

Et par voie de conséquence, Servais aussi.

Vous croyant dans sa folie amoureuse de lui, il reviendra vous violer jusqu'Ă  ce

qu'il vous tue.

Et votre mère aussi, bien sûr.

Je viens vous aider.

Il ne faut pas que vous preniez ma déposition.

Je veux qu'il soit arrêté.

Mais je veux pas qu'il sache que c'est moi qui ai parlé.

Parce qu'il nous a juré avec ma mère qu'il nous tuerait si je parlais.

Enfin, Lorraine, si vous parlez, Servet ne sortira plus jamais de prison.

Il a dit que si c'était pas lui, il enverrait des copains de cellules.

Et il a dit qu'il viendrait violer maman.

Ă€ plusieurs.

Contre.

VoilĂ  ce qu'on va faire.

Nous allons vous poser des questions et vous rucherez la tĂŞte pour dire oui ou

non. Vous ĂŞtes d'accord ?

Lorraine,

est-ce que Servais vous a violée le jour du crime ?

Est-ce que c'est lui aussi qui a tué votre mari ?

Tout s'est déroulé très exactement comme le commandant Vallon et moi-même l'avons

imaginé.

Lorraine, ce sont tous les potes de Servais qui sont

sortis de Tony.

Comme on n'a pas retrouvé d'armes chez lui, on pense que l'un d'eux aurait pu

bien procurer une.

Par hasard, auriez-vous déjà rencontré un de ces types en compagnie de Servais

?

Lui

? Max Petrini.

Un petit voyou.

Il est spécialisé dans le trafic d'armes.

Ça, vous le connaissez, lui ?

Ok.

La perquise chez Petrini demain.

Elle vient de s'endormir.

Deux heures du mat'. Si elle s'angoisse comme ça tous les soirs...

Je préférais qu'elle accouche avant terme.

T'as raison.

Je suis un vrai connard.

Je me rends compte que... J'ai jamais aimé quelqu'un aussi fort.

Alors, même si ça me rend malade... Ben... Je suis OK pour lui.

OK pour te remplacer Ă  la tĂŞte du groupe.

Me serait-ce que pour faire chier un petit peu le marchand.

Et puis... Ok pour t'aimer encore très longtemps.

Aussi longtemps que tu le voudras.

Enfin... Si j'ai pas déjà tout gâché à cause de mes conneries.

VoilĂ .

C'est tout ce que je voulais te dire.

C'est dommage que tu dormes aussi bien.

un beau réflexe ce matin.

Tu m'as sauvé la vie.

La vie, c'est aussi la mienne maintenant.

Ça, c'est l'arme qui a servi à tuer M.

Francis Bayard, avec vos empreintes encore fraîches dessus.

Et ça, c'est la déposition de M. Petrini, votre ancien compagnon de

cellule, à qui vous aviez emprunté cette arme.

J'ai vu ça parce qu'elle m'aimait.

Lorraine, elle m'aimait, elle voulait divorcer de son connard de mari et m

'épouser, moi.

Janos, elle était prévue pour quand ? Écoutez, Bayard c'était un tard et il

était fou de jalousie. Elle voulait le quitter mais il aurait jamais laissé

partir. Il aurait préféré les buter toutes les deux, elle et sa mère.

C'est pour ça qu'elle avait emprunté un flingue. Et le soir du crime, vous

seriez donc accouru pour sauver Lorraine de son mari qui la menaçait de mort ?

Ouais, elle voulait le quitter.

Elle lui a dit après le massage.

Elle m'a appelé parce que... Il était devenu complètement fou.

Il avait trouvé le flingue dans son sac à main.

Alors tu t'es pointé avec le tien, c'est ça ? C'est lui que tu avais emprunté à

ton pote, au cas de garbuge ? C'est bien, tu faisais gaffe.

C'est la vérité, putain. J'ai crevé Bayard parce qu'il m'a menacé avec le

flingue de Lorraine.

S'il y avait eu un chargeur, c'est lui qui m'aurait crevé.

Et le viol, Servais ? Vous avez une explication pour le viol ?

Je l'aime et elle m'aime. C'est avec moi qu'elle veut des gosses.

Elle me l'a dit.

Et il fallait juste d'abord qu'elle divorce.

Tout cela va de soi, la visite de Lorraine à son gynécologue.

Faites-vous conscience, monsieur Servais, qu'en nous comptant cette fable

navrante, vous auriez autrefois signé votre arrêt de mort.

Tout ce que j'ai fait, j'ai fait pour Lorraine.

Parce qu'elle m'aime.

C'est moi qu'elle aime.

Qu'elle ose dire le contraire.

Qu'elle ose dire le contraire.

J'avoue que cet accent des sincérités m'a quelque peu troublé.

Cerveil est un animal instinctif. Sa féroce accorde mal avec des réponses qu

'il aurait prémédité.

Vous croyez qu'il dit la vérité ? Que Lorraine aurait tout manigancé ? Et s'il

a dit la vérité, comment le prouver maintenant ?

Comme

la maternité, c'est un truc qui me travaille...

J'ai retrouvé ce magazine chez moi.

On y explique ce qui peut provoquer des malformations sur un fœtus comme sur

celui de Lorraine Bayard.

Et alors, en quoi ça fait d'elle une coupable ? Le fœtus de Lorraine avait le

cœur et le système nerveux endommagé. Le fait d'ingurgiter massivement de la

vitamine C et D pouvait provoquer ça.

Et en cherchant l'arme du crime chez Lorraine, Ligie a retrouvé, planquée

dans une armoire, un paquet avec des boîtes de vitamine C et D.

J'ai donc appelé le gynéco de Lorraine qui m'a dit qu'il lui avait formellement

interdit de prendre ces vitamines.

Alors pourquoi est-ce qu'elle continuait de s'en autoprescrire à outrance ? Et ça

datait de la période où elle était enceinte.

Ce qui tendra Ă  prouver que Lorraine voulait perdre son enfant.

Elle aurait décidé d'avorter au moment du départ de l'arnaqueuse Mathilde

Lebrun. Les dates coïncident. C'est-à-dire au moment où la mère de

Lorraine aurait dit Ă  sa fille que Bayard la trompait avec Mathilde.

Lorraine aurait donc bien cru sa mère.

Cette vieille peau a réussi à la convaincre que son mari était le dernier

des salauds.

Lorraine veut se venger.

Elle avorte en refusant de faire un enfant Ă  Bayard.

Elle rencontre Servet par la jappe. Elle lui fait croire qu'elle l'aime et que

son mari est un monstre.

Jusqu'au meurtre.

Lorraine Bayard aura joué admirablement sa partition, voyez-vous.

Eh oui.

Elle nous a laissé croire que Servet la manipulait. Or c'était l'inverse. Et ce,

depuis le début.

Elle nous a orientés sur sa piste. Ça m'étonnerait bien que sa mère ne

tarderait pas Ă  nous parler de lui.

Pareil pour le gynéco. Il savait très bien que le mari de Lorraine était à

Nice. Elle voulait donc lui faire croire qu'elle avait été violée. Nous aussi, on

est tombés dans le panneau. Elle a vidé exprès le chargeur du calibre 22 pour

que Servais puisse buter son mari.

Et puis Servais ne peut rien dire, vu son CV.

Tout l'accuse. Qui va croire à une histoire de légitime défense ? Alors il

ment.

Et dès qu'il se sent coincé, il nous sort son histoire d'amour. En refusant

de déposer, Lorraine n'a pas trahi Servais. Bien au contraire, il peut donc

toujours croire Ă  son amour.

En ne parlant pas, elle n'a fait que l'enfoncer davantage dans son trou et il

nous y a tous précipité, voyez-vous.

Brillant.

Oui.

Ce qui est moins brillant, c'est qu'on a déféré Cervé au parquet et qu'avec ce

crime, il va en prendre pour perpète. Et c'est certainement pas une histoire de

vieille boîte de vitamine C ou D qui va faire plier un jouet d'assises.

Il faut prouver que Lorraine faisait croire à Cervé qu'elle l'aimait. Et pour

ça, il faut que Cervé et Lorraine se rencontrent.

Comme légalement, on ne peut pas faire sortir de taux le Servet, c'est Lorraine

qui va rentrer.

Il faudrait réussir à convaincre le juge d'instruction chargé de l'affaire.

Si j'ai bien compris,

vous souhaitez que Lorraine Bayard et Servet se rencontrent au parloir pour

enregistrer ce qu'ils se diront. C'est ça, monsieur le juge.

Mais...

Pour que le piège fonctionne, il faut que Servais écrive une lettre à

Lorraine. Une lettre qui lui explique qu'il est devenu fou et que c'est pour

ça qu'il a tué son mari.

Une lettre qu'il accuse lui, mais oĂą il implore son pardon.

Il demandera à voir Lorraine une dernière fois avant d'en prendre pour un

piège.

On pense qu'Ă  la lecture de cette lettre,

Lorraine sera obligée d'aller voir une dernière fois Servais parce qu'il s

'accuse de tout exprès et qu'il la laisse vivre sa vie libre.

Si elle ne vient pas, c'est qu'elle l'aura trahi et abandonné. Ça, c'est une

première en matière de procénure.

Et sous commission rogatoire, on peut effectivement enregistrer un parloir.

Je vais faire écrire cette lettre à Cervé.

Et lui expliquer votre plan.

Il faudra qu'il joue le jeu avec nous.

Vous avez fait beaucoup pour moi.

Je voulais vous demander votre avis.

Est-ce que je dois y aller ?

Ses aveux servaient à maintenir qu'il avait tué votre mari en état de légitime

défense, alors même si personne ne le croit, à le savoir devant un jury d

'assises ou avec un bon avocat, comment les choses peuvent tourner.

Alors que si vous vouliez servir une dernière fois, il finira par avouer son

crime au juge, comme il l'a fait dans sa lettre.

Tout ce qu'on veut, c'est la mĂŞme chose que vous, qui l'empruntent pour 20 ans.

Fils de vous, moi j'irai.

N'y va pas ma chérie.

Cet homme mérite la mort.

Non mais c'est vrai, cet homme mérite la mort.

Bon d'accord, je... J'y vais.

Parle pas trop fort, il faut pas que les gardiens nous entendent.

Je suis content que tu sois lĂ .

MĂŞme avec les remises de peine, je vais en reprendre pour 20 ans, mais... C'est

pas grave.

L'important, c'est que... Toi, tu risques plus rien.

J'ai crevé ton mari.

Tu es libre, c'est tout ce qui compte.

Tu es la reine.

Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait pour toi.

Moi, c'est si tu ne m'aimais plus que je crèverais.

Tu m'aimes, Lorraine.

Hein ? Dis-moi que tu m'aimes, Lorraine.

Bien sûr que je t'aime.

C'est atroce pour moi de te savoir ici.

J'ai rien pu dire.

Maman serait morte, tu sais bien.

Jamais je cesserai d'autant plus.

C'est la commission rogatoire qui nous a permis d'enregistrer votre conversation.

Je vous arrête pour meurtre avec préméditation sur la personne de votre

mari, Francis Bayard.

Ă€ tout Ă  l'heure.

Quoi ?

Ma petite fille.

Ma petite fille.

Lili, c'est lĂ .

Ma chérie.

Tout va bien, maman.

Francis est mort.

Il pourra plus jamais nous faire de mal.

Plus aucun homme pourra plus jamais nous faire de mal.

C'est bien ça que tu voulais, hein ? Un moment.

où votre haine a poussé Lorraine.

Vous l'avez conditionnée pendant toutes ces années, conditionnée à haïr les

hommes.

Mais rassurez-vous, là où elle va passer ses vingt prochaines années, à Frennes,

il n'y a que des femmes.

Bon, alors qu'est-ce que je fais ? Le bracelet ou la montre ? La montre, c'est

mieux, non ? Une montre.

Il faut bien marquer les heures qui passent et le temps qui vous pèse.

Manière indélicate de signifier votre réprobation à l'objet de votre désir.

Le marchand, l'objet de mon désir m'attend dans une demi-heure en bas de

chez elle pour que je l'accompagne Ă  la gare.

Alors si on pouvait se décider, ça m'arrangerait, d'accord ? Pourquoi pas

un collier ? Regarde, il est beau celui-lĂ .

Ah oui, il est beau. Et puis le plat aussi, il est beau.

Allez, passez.

Oh et merde, vous me faites chier.

Qu'est-ce qu'il y a ?

C'est pas possible, t'as 8 jours d'avance. C'est ça, c'est ça, c'est ça,

c'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça,

c'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça,

c'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça, c

'est

ça,

Ça fait dix fois que vous essayez.

Vous êtes sûr qu'ils méritent encore qu'on l'attende ?

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