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Original subtitles

Sous-titrage ST' 501

Sous-titrage Société Radio-Canada

Oh, life could be a dream. If I could take you up in paradise up above. If you would tell me I'm the only one that you love. Life could be a dream, sweetheart.

Sh-boom, sh-boom. Yalalalalalalala, sh-boom, sh-boom.

Yalalalalalalala, sh-boom.

Every time I look at you, something is on my mind.

If you do what I want...

ArrĂŞte. J'ai rien fait. Tu arrĂŞtes maintenant.

Attention, mon andouille.

Je vais te téléporter, espèce de cruche.

On ne lit pas Ă  table, gros pignouf.

Mais qu'est-ce que c'est que ce vocabulaire ?

Vous arrêtez immédiatement.

Si votre père vous entend, c'est le ceinturon à coup sûr.

Le ceinturon ? Pour qui ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

Ah non, pas ceinturon, chérie. Saint Turion.

C'est Lucien qui récite son latin.

Oh, bravo, fiston.

Continue comme ça et tu seras le premier Dupuis à décrocher le bachot.

À quoi ça sert, le latin ?

Ce serait pas mieux d'apprendre l'anglais ?

Fadaise. La France et ses colonies comptent 105 millions d'habitants.

Les langues étrangères ne servent à rien quand on parle français.

On est pas des Américains. Ou pire, des Angliches.

Termine ton assiette.

C'est pas en picorant comme un moineau que tu trouveras un mari.

Alors, une cinquième république...

N'importe quoi.

Michel !

Attends ! C'est quoi ?

Laisse-moi te regarder.

Et alors ? Je passe pour qui, moi, si tu sors comme ça ?

Merci, ma petite femme.

Alors, mon mimi, ta vieille carriole fait encore des siennes ?

Hé, regarde. Ça y est ?

Juste le temps pour la reprise du championnat.

Avec l'image, c'est mieux, non ?

Vous êtes évidemment les bienvenus.

Ah oui, on pourra, papa ?

Mais bien sûr que vous pourrez !

On va les écraser, les Parisiens !

Merci, Jacques.

T'as compris ? Viens chez nous, ce soir.

Avec plaisir.

Ouais. Vous allez bien, fils ?

Oui, papa.

Qu'est-ce que c'est que cette petite tĂŞte ?

C'est quand même pas le bagne, chérie.

J'aime pas la couture.

Enfin, c'est très bien, la couture.

Regarde, moi, ça m'a bien servi pour repriser les chaussettes de ton père.

Oui.

Enfin, j'ai pas envie de... on ne recommence pas avec cette histoire de sténodactylo.

Pourquoi pas chirurgien pendant que tu y es ? Une femme est au foyer, pas au bureau.

Ah, Michel ! Quoi ?

Tu veux ĂŞtre en retard ?

Il vous faudrait une femme, une femme,

pour transformer votre vie.

Avec une petite femme, chez vous,

tout deviendrait plus joli.

Je sais qu'il y a des top-modèles qui viennent pour faire du plat.

C'est une épouse qu'il vous faudrait pour balayer tout ça.

Et donc, une femme, une seule,

mais qui remplit sans fin votre maison de joie.

Toute ma clientèle fiche le camp à cause de ce nouveau supermarché.

C'est une mode qui passera, croyez-moi.

Et puis, on est lĂ  pour vous aider.

On mettra une petite terrine de côté.

Oui, oui, oui, oui, c'est astucieux.

Mais personne ne la mettra jamais, votre ceinture de sauvetage.

De sécurité. Ceinture de sécurité.

On va l'appeler comme vous voudrez, mais enfin,

ni les conducteurs, ni les constructeurs n'en voudront.

Ă€ moins qu'il y ait une loi.

Refusé.

Merci ma petite Cécile.

Vous m'apporterez un café ? - Oui.

Dupuis. Monsieur le directeur.

Dupuis, Dupuis, Dupuis.

Vos derniers chiffres laissent vraiment à désirer.

Nous sommes d'accord.

Faut davantage anticiper, mon vieux.

Faut se projeter. Se projeter dans le futur.

C'est entendu, Monsieur Lantier.

Oui, faute de quoi.

Votre futur, ça risque bien

d'ĂŞtre...

la porte.

Non, mon cher monsieur.

Je ne vois vraiment pas pourquoi les gens monteraient eux-mĂŞmes leurs meubles.

Chez vous, peut-ĂŞtre.

Mais pas ici, en France.

Et croyez-moi...

Et puis, Ikea...

Ça ne veut rien dire.

Refusé.

Et comment vont les affaires, mon mimi ?

Bien, bien, bien. Et toi ?

Impeccable. Mes carnets de livraisons sont pleins Ă  craquer.

Tout le monde veut de l'amiante.

Mais j'ai une nouvelle idée révolutionnaire.

Les tétines au radium.

Au radium ?

C'est des tétines luminescentes pour que les mouflets puissent les retrouver tout seuls la nuit.

Sans enquiquiner leur mère, qui a mieux à faire.

Non, en vrai...

Il faut croire que les Américains nous ont envahis.

Pâte à mâcher, le jukebox...

Et maintenant, ce...

Cerceau.

Hula hoop.

Non, mais regarde-moi ce déhanchement, c'est indécent.

Digne de cette catin de Brigitte Bardot.

Une gauchiste, si tu veux mon avis.

Moi, je l'aime bien.

D'ailleurs, Jeanne est en train de se confectionner un pantalon Vichy à l'école.

Un pantalon ?

Veux-tu ? Pousse-ça immédiatement, elle va plutôt mettre la table.

Evelyne, Géraldine, Blandine, Catherine.

Allez, lady Micheline.

Et pourquoi tous ces prénoms en "ine", Yvonne...

Amen.

Bon, il commence Ă  faire faim.

Jeanne, c'est Ă  nous.

Tournedos de cheval, tu m'en diras des nouvelles, Jeanne.

Oui.

Ah ! Ouh lĂ  lĂ ...

Ah, mais c'est dégoûtant !

Mais qu'est-ce... mais enfin, Hélène !

Viens lĂ ... Enfin, on est Ă  table.

Mais enfin, elle est malade.

Elle est malade, oui, mais on mange.

Jeanne, qu'est-ce qui t'arrive ?

Ça va mieux ?

T'as mal quelque part ?

Oui ?

Euh, c'est de l'eau de vie pour... pour Jeanne.

Michel dit que ça va la requinquer.

Ah, merci, pose cela.

Et euh... et ça va ?

Ça va, ça va.

Je te remercie, André. Tu peux redescendre.

Merci, André.

C'est pas un dégourdi, celui-là.

Mais t'as mal oĂą exactement ?

Oh... mon mimi, maman...

Imbécile ! Couillon !

Enceinte ! Mais comment peut-elle ĂŞtre enceinte ?

Non mais quel gaufre ! Quel gland !

Une fille mère dans notre famille, la honte !

Crie pas, Michel.

Quoi, t'as peur que les voisins nous entendent ?

Ben ils ont pas fini de m'entendre les voisins, crois-moi !

Parce qu'on serait responsables ?

Mes filles Ă  moi ne sont pas des aguicheuses au moins.

Bon, je vais faire comme si j'avais pas entendu, Yvonne.

Mais t'as vu ton fils ?

Laisse-moi te dire que c'est pas non plus Gérard Philipe.

Mais qu'est-ce qui t'est passé par la tête ?

Donc si ça avait été par la tête, on en serait pas là, hein ?

Ça va, j'allais le dire, Michel.

Non mais avec André, on se connaît depuis toujours.

Et petit bonjour papa, il y a la maman, et de fil en aiguille...

Quoi ? Quel fils ? Quelle aiguille ?

Je doute qu'on t'apprenne ça à l'école de couture.

Non mais t'as quoi dans la caboche toi ?

Tu pouvais pas attendre ?

Je t'avais prévu une fille de joie pour ta majorité !

Nom d'une pipe !

Pardon, pardon maman, pardon.

Pardon papa, je vous en supplie.

J'ai pas fait exprès, ça a duré qu'une seconde.

Tu gâches ta vie, tu gâches notre vie !

Tu as pensé à ta pauvre mère en couchant avec cette aguicheuse ?

Non, j'ai pas pensé à toi en couchant, non.

Tu arrĂŞtes avec "aguicheuse" ?

Ah oui, pardon.

Traînée.

Tiens !

Oui, vas-y maman, vas-y !

Ferme ta gueule, putain !

Michel, qu'est-ce que tu fais ?

Fais pas l'imbécile !

Je vais tuer quelqu'un.

Il n'y a qu'une solution.

Une seule.

Elle te va bien.

Les souvenirs.

Moi-mĂŞme, je l'avais eue de mamie, tu sais.

Tu me l'as déjà dit ?

Oui, comme plein d'autres choses que t'as pas voulu écouter.

Mais je veux pas me marier.

S'il te plaît, maman. S'il te plaît.

Mais on a pas le choix, chérie.

Qu'est-ce que les gens vont penser ?

Mais je m'en fiche des gens.

Et ton père à son travail ?

Non, c'est pas possible.

Je déteste papa.

Tu sais pas ce que tu dis.

Rentre ton ventre.

J'aurais bien aimé, moi,

que mon père soit là pour me...

me mener Ă  l'autel.

Il est mort juste avant.

Tu t'y feras, André.

C'est un brave gosse.

Je l'aime pas.

Je me suis bien faite à ton père.

Regarde, aujourd'hui, on est heureux.

Comment tu sais que tu l'aimes si t'as jamais connu d'autres hommes ?

Parce que je les vois, les autres.

Et je vois ton père.

Il est pas méchant.

Il boit pas plus de 5 verres par jour.

C'est un travailleur.

Il aime sa famille.

Il protège sa femme.

J'ai de la chance, crois-moi.

Le monde change, maman.

Et moi, je serai jamais une boniche comme toi.

Non. T'exagères un peu.

Je suis pas la boniche de ton père.

Hélène !

On a soif !

On dansera au mariage, chérie ?

C'est pas sûr que je sois d'humeur.

Bon, il va bosser, toi.

Non, mais enfin, arrĂŞte !

Tu vas en faire une gonzesse !

T'essaies de pleurnicher !

T'es un bonhomme ou t'es pas un bonhomme ?

Allez, viens.

Regarde, aujourd'hui, on les protège trop.

Moi, si je pleurais, mon père sortait la chaîne de vélo.

Ça forge le caractère, ça.

T'as raison, j'aurais dĂ» y penser pour le benĂŞt, moi.

Chut, chut, chut, s'il vous plaît.

Bah, je peux pas faire taire les graviers, ma bonne dame.

Non, mais c'est pour une surprise.

Bah, je fais de mon mieux.

D'accord.

Doucement, doucement.

VoilĂ .

Mais ben, baissez-vous ! LĂ , baissez-vous !

Mais qu'est-ce que tu fais comme cachotteries ?

Maman !

Rien ! Rien !

Vraiment, nous ne nous attendions pas nous-mĂŞmes.

Le gros lot.

Non, mais tu te rends compte ?

Un lave-linge moderne.

Je sais pas quoi en faire.

Il lavera du linge, ma foi.

Ah, ça vaut quand même six mois de salaire, cette machine.

J'ai peur que Michel soit pas d'accord pour que je la garde.

Ton père, c'était autre chose.

Il s'était saigné aux quatre veines pour m'offrir un gramophone.

Et on dansait, tous les deux.

Et on dansait.

Il aurait tellement aimé voir sa petite fille se marier.

Le Spoutnik, les téléviseurs, les lave-linge.

On en fait des progrès, mais on en fait toujours du cancer.

Oh non !

8-0, mais la honte, la honte !

Qu'est-ce que c'est que ça ?

C'est... c'est... c'est une machine Ă  laver.

Je l'ai gagnée.

C'est formidable.

Ah oui ?

On va pouvoir la vendre.

Tu sais ce que ça vaut une machine comme ça ?

On va pouvoir acheter quelque chose d'utile.

Mais c'est utile ?

Non, mais quelque chose qui fasse plaisir Ă  toute la famille.

Un poste de télévision, tiens.

Ah, c'est hors de question. Je la garde.

Je te l'interdis.

Je l'offrirai Ă  Jeanne.

On va la récompenser en plus.

T'as envie qu'elle dévergonde le reste du voisinage avec son temps libre ?

Bravo pour ton sens de l'éducation.

Ah, ça y est, on y vient.

VoilĂ , c'est de ma faute.

J'aimerais bien t'y voir.

Toi, si tu devais gérer toute une famille, une maison, un foyer...

Minute papillon !

Qui rapporte de quoi sustenter toute la famille ?

Eh oh, ça va !

Tu pars pas Ă  la chasse Ă  l'ours tous les matins non plus !

Tu sais ce que c'est que de trimer toute sa vie pour un patron ?

Ah oui, tout Ă  fait.

Je vois très bien.

Je travaille pour toi, pour ainsi dire.

Bon, ça suffit.

Qu'est-ce qui date de Napoléon ?

Un canton, elle épouse-toi.

Non !

C'est ma machine !

Je l'ai gagnée dans ma lessive !

Payée avec mon argent !

Non !

Donne ça !

Donne ça !

Donne ça !

Ah, arrĂŞte ! ArrĂŞte !

Tu vas m'en prier !

Ça va chérie ?

Elle vient de se coucher, elle est tard.

Je travaille, moi, demain.

Ferme !

J'ai besoin d'un café ! Bien fort !

Oui, chef !

Hélène !

Michel !

J'ai des cafés !

Il y a cette machine qui s'est allumée !

Un café, avec plaisir.

Oh, mais... Qu'est-ce que c'est que ça ?

Attention, hein ! Ça va chauffer !

Avec plaisir.

Appelle la police !

Appelle police.

Bien sûr, avec plaisir.

Police nationale, bonjour.

Je vais chercher les enfants !

Y'a le fusil !

AllĂ´ ?

Allez !

Est-ce que vous comprenez ?

Il y a quelqu'un ?

Attention, chérie !

Les enfants ont disparu !

Le lit de Jeanne n'est pas défait !

Y'a des Noirs et des Chinois partout chez Lucien !

Et y'a une fille brune sous la douche !

Mais on a pas de douche !

Une fille brune ! Viens !

Merci de dégager l'attentable !

Mais putain, mais vous ĂŞtes oufs !

Oh mon chien !

Tu vas à l'école en pyjama ?

Monsieur !

Allez, Ă  plus !

Monsieur ! Attention !

Monsieur, ça va ?

Scott ! Ça va ?

Vous avez appelé ?

Et toute la cuisine, c'est allumette partout !

Des robots du futur ?

Mais oui !

Et la moquette sur le palier a disparu !

Oui ! Venez !

Regardez !

Cette douche qui sort de nulle part !

Vous voulez porter plainte pour construction clandestine de douche ?

Elle se fiche de nous votre cocotte ou elle est sous vapeur ?

Lui, il est stagiaire.

Donc si vous avez une quelconque remarque Ă  faire, vous vous adressez Ă  moi.

Et à la place de cocotte, je préfère brigadier.

Et notre fille a disparu aussi.

Oui.

Date de naissance de votre fille ?

28 novembre 1939.

1939 ?

Oui, elle a 19 ans.

Écoutez, je comprends pas bien votre arithmétique, mais si votre fille a 19 ans, elle est majeure, donc elle fait ce qu'elle veut.

La majorité est à 21 ans, non ?

Non. Plus depuis 1974.

Mais on est en quelle année ?

2025.

2025 ?

On a fait un voyage dans le temps.

2025.

Oh lĂ  lĂ .

Eh oui.

Moi, je bois jamais d'alcool.

Et moi, jamais avant 11 heures.

Question de principe.

Il va falloir envisager une H.O.

Une quoi ?

Hospitalisation d'office.

Appelle la préfecture.

Coucou !

Je passe en coup de vent, je me change et je prends mes cours.

Oh, ma fille !

On a cru que les martiens t'avaient enlevée.

Oh, les Russes !

Mademoiselle, vos parents ont l'air quelque peu déboussolés, quand même.

Pa !

Quoi ?

Molo avec les antidépresseurs.

C'est pas des bonbons.

Mon amour.

C'est insensé.

C'est nous, c'est pas nous.

C'est pas nous, Hélène.

Nous, on s'habille correctement.

Regarde ces déguisements.

J'ai l'air d'un guignolo.

Et moi, d'un bonhomme.

On est nous dans le futur.

Et nos enfants sont jeunes.

Et nous, on est pas vieux.

C'est bizarre.

On est qui ?

On est qui ? Dis-moi.

Ils sont qui ?

On est oĂą ? On est quand ? C'est pourquoi ?

On fait quoi et comment ?

Réponds-moi, Michel.

Mais je sais pas.

Mais calme-toi. Jeanne est à côté.

Qu'est-ce qui nous arrive ?

J'ai l'impression de devenir folle.

Pas fort.

Tu vas te faire interner.

Ah mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu.

Non, non, non, ne fais pas d'hystérie. Je t'en prie.

Il faut jouer le jeu, tu m'entends ?

Oui, oui, oui.

Fais mine de rien.

Le temps d'éclaircir tout ça.

Tout est normal.

Oui.

Rien ne doit nous surprendre.

Oui, c'est pas gagné.

Le maître mot, l'air de rien.

Et si l'un de nous perd pied, l'autre le rappelle Ă  l'ordre.

Oui.

Avec, je sais pas moi, par exemple, un coup de coude...

Oui, ou euh...

Un mot secret ou un code entre nous, c'est peut-ĂŞtre mieux.

Oh, c'est pas mal.

Tu vois, quand tu veux...

Code rouge.

Ouais, c'est pas facile Ă  placer.

Quelque chose de plus anodin.

Quelle heure est-il ?

Ben, 8h40.

Mais non ! C'est ça le code entre nous, c'est "quelle heure est-il ?".

Oh, c'est bon, ça !

Quelle heure est-il ?

Hein ?

Ben, il est... il est 8h41.

Vous ĂŞtes... trop bizarres, ce matin.

Ah oui, genre... Grace Kelly, quoi.

Bon, vous avez pas oublié que ce soir, on finalise la logistique du mariage ?

Le mariage ? Le... le tien ?

Ben oui.

Ah !

Tu es contente ?

De...

De... de... de... de te marier ?

Ben oui ! Moi aussi !

Trop... bizarre.

Bon, ben j'y go !

Moi, je pensais plutôt Blanquette, mais... c'est comme tu préfères.

Mais t'es pas en retard pour aller au boulot, toi aussi ?

Euh, non, un petit problème de voiture, mais...

Ben, je te dépose alors.

Moi ?

Euh... oĂą ? Ben, au boulot.

Attendez !

Et moi ? Je travaille pas ?

Oh, ça va. Fais pas ton vexé.

On sait que c'est du travail de tenir une maison.

Le ménage, la bouffe, tout ça, non ? Il y en a de quoi faire, ça, c'est sûr.

Ah, c'est sûr. Quoi ? Quelle heure est-il, Michel ?

Bon, c'est l'heure de prendre ses cachets, je crois.

Tu montes, maman ?

Bon sang, il doit bien y avoir des clopes dans cette maison.

Tiens, bonne idée.

Une cigarette, une seule, c'est trop demandé.

Fumer nuit à la santé.

Un paquet...

Un paquet de Caporal, je vous prie.

De quoi ?

De Caporal.

Je connais pas.

Des cigarettes, fortes. Très fortes.

12,50.

Ben, mettez ça sur mon compte, l'ami. Je passerai régler dans la semaine.

Bien sûr. Et à ce moment-là, vous en profiterez aussi pour vous taper ma femme.

Quoi ?

Bonjour.

Bonjour.

Ah, monsieur Lantier.

Ah, bonjour.

Latte macchiato, demi-sucre, pas trop chaud.

Bonne dégustation.

Ah, ben c'est gentil.

Tu tombes bien ?

Tu peux filer un coup de main, ça va ?

Ah, je te jure, le upcycling vintage sur Insta, ça cartonne.

Ah ouais, ouais, ouais, c'est sûr.

HĂ© !

Elle change pas, Yvonne.

Un peu, quand mĂŞme.

Laisse-le lĂ , je le rentrerai plus tard.

T'as pas une clope ?

Chut, chut, chut, chut, chut.

Depuis quand tu fumes, toi ?

Et puis alors, il est mort.

C'est con.

Je sais pas, je vais les chercher sans planquer.

Ça va, mon mimi ?

T'as pas l'air dans ton assiette ?

C'est le mariage qui te stresse ?

Ouais, sûrement.

D'ailleurs, Jeanne passe ce soir pour finaliser des détails.

Vous venez avec André ?

Ouais, ouais, avec plaisir, oui.

C'est horrible.

C'est une petite télé ? T'es à la télé ?

C'est un téléphone du futur.

Enfin, du présent.

Prends-le dans ta main, Michel.

LĂ , je vois que les poils de ton nez...

Redresse-le, Michel.

Comme ça ?

ArrĂŞte de hurler.

Oui, comme ça.

C'est Lantier qui m'a montré comment ça marchait.

Il a dĂ» me prendre pour une folle.

Quoi Lantier ? Mon patron ?

Oui, enfin non.

C'est ton patron.

C'est moi la patronne.

Comment ça ?

Je sais pas.

Je m'en fiche.

C'est épouvantable ici.

Je veux rentrer.

Je veux mes enfants.

Je veux ma famille.

Je veux ma maison.

Je veux mon époque.

Ah oui, moi aussi.

Moi aussi, moi aussi.

J'ai du mal Ă  y croire.

Le 21ème siècle.

C'est la folie.

Oui, le 21ème siècle.

Justement, c'est le progrès.

C'est le futur.

C'est la science.

Ils ont dĂ» inventer une machine Ă  remonter dans le temps.

Tu crois ?

Peut-ĂŞtre.

Je sais pas.

J'en sais rien.

Cherche, Michel.

Trouve.

Bon.

Faut que je te laisse.

J'ai un Zoom.

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Comment tu veux que je sache ?

Quel gars ? Hélène !

Pas cher, je trouve.

Elle est marrante, elle.

Téléportation.

1958.

C'est quoi cette tĂŞte chelou qu'elle a aujourd'hui ?

Elle doit encore tramer un truc pour nous faire chier, j'en suis sûre.

Ou alors...

Elle s'est faite sauter hier soir, ça lui est pas arrivé depuis 1986.

Bon allez, faut y aller lĂ .

Sinon elle est capable de nous péter une durite, c'est clair.

Oui, entrez.

Le siège a encore appelé, madame.

Nos chiffres sont pas bons.

On est sur la sellette.

Ah, la sellette.

Ah, c'est mauvais la sellette, ça.

Qu'en pensez-vous, monsieur Lantier ?

Mon avis, vous voulez dire ?

Alors, c'est qu'un tout petit avis, hein.

Mais euh...

On est overbookés.

Les deadlines sont super short et toute la team est en burnout.

Short, short, certes, super short.

Sans aucun doute, on verra.

Euh...

Le burn-out.

Faisons comme ça, alors.

Je vous apportais tous les dossiers clients du trimestre.

Oh, merci.

Tenez.

Oh, fallait pas...

Tenez, pose-moi la question.

Bah vas-y, tu m'as trompée.

Je vous ai vu dans la piscine en fait.

Je vous ai vu en train de vous emballer après.

Comment ça ?

Oh là là, journée. Dis-moi que t'as trouvé comment rentrer.

Non, pas encore. J'enquête. J'essaie de saisir l'époque, je m'informe.

Et ?

Apparemment, on a marché sur la lune. Gérard Philipe est mort.

Et Jessica a trompé Kevin avec Stacy dans un bain à bulles.

Et c'est tout ?

Bah oui, c'est tout. Je sais pas, je suis tombé là-dessus.

Ça m'a hypnotisé. Ça a été plus fort que moi. C'est démoniaque.

Non mais éteins-moi ça. J'ai passé la journée devant des écrans.

Il y en a partout, il y en a pour tout.

C'est que la vérité, c'est que moi, ma relation avec Kevin,

je l'aime pas parce qu'elle est physique, sensuelle.

Et évidemment, je veux pas que ça prenne trop d'ampleur.

Comment ça s'est passé ?

Un enfer. Tout le monde me déteste.

Déjà ?

Non mais pas moi. L'autre moi. L'autre Hélène, là. Elle, là.

Enfin, j'en sais plus. Il faut remonter.

Bah ça va pas te remonter. Ils font de la bière sans alcool,

ces cons de futuristes. C'est ça le progrès ?

Et pourquoi pas des clopes sans tabac ?

Ah, bonjour, chérie. Ça a été l'école ?

Tu réponds à ta mère, veux-tu ?

Euh, ouais.

Non, on ne dit pas ouais, on dit oui.

Qu'est-ce que c'est que cette éducation ? Qui t'a élevé ?

Ben...

Paris.

Tiens-toi droit. On va avoir du boulot avec toi au régiment.

Quelle heure est-il, Michel ?

Bon, va faire tes devoirs, chérie. Papa et moi, on doit discuter.

Ben, j'allais faire un Fortnite.

Ah oui, c'est bien. Va faire ton anglais. C'est très utile.

Ben oui, on va réviser avec lui.

L'anglais ? L'histoire.

Bon, alors...

Ben, y'a Louis XIV...

Non, non, mais les Louis, on s'en fiche.

Commence par le 20ème siècle.

1958, tiens, par exemple.

Hein ? Mais pourquoi ?

Oscar !

Ok, ok, vas-y, détente, les gars.

Alors, 1958...

Oui.

Création de la 5ème République ?

Quoi ?

Quelle heure est-il ?

Hein ?

Pavés qui volent rive gauche...

10 mai 68, c'est la nuit des barricades.

Les Russes.

Margaret Thatcher, première femme à la tête du Royaume-Uni.

Ah !

L'assemblée entérine l'abolition de la peine de mort.

Les équipes de secours sont dépêchées à Tchernobyl.

Ben oui, ben oui.

La sonde Voyager survole Jupiter et puis Saturne.

Euh, Louise, premier bébé éprouvette.

Légalisation de la pilule contraceptive.

Cinquième semaine de congés payés.

Oui !

Novembre 89, la chute du mur.

Le mur ? Quel mur ?

Les Bleus battent le Brésil 3-0 et remportent la Coupe du Monde.

Oh !

Ah, oui !

Instauration du mariage pour tous.

Pour tous ?

Ben, comment ça pour tous ?

17h50, Hélène.

17h50.

Eh ben, mon neveu...

Bon, c'est bon lĂ , parce que lĂ ...

Ah, bravo mon chéri, c'est bien, vraiment.

Attends, il y a juste une petite question qui me vient comme ça.

Quand est-ce qu'a été inventée la machine à voyager dans le temps ?

Oui.

Oui, et la téléportation.

MDR.

Bon papa, on mange quoi ce soir ?

Euh, papa, tu fais quoi, lĂ  ?

Ben, on va pas le manger cru, ton poisson. Cuit.

Pas un oiseau.

Pas de papillons ni d'écureuils.

Pas même ces satanées tombes.

Ah oui, c'est vrai ?

Ouais.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Sais pas.

Oh lĂ  lĂ  !

On a des tĂŞtes...

Jésus.

Tiens, mon mimi !

Smoothie maison.

Concombre, pomme, curcuma.

On m'en dira des nouvelles.

André n'est pas avec vous ?

Si, si, il arrive, il fait pipi.

André ! Viens !

Quelle heure est-il ?

Quelle heure est-il ?

Si, si, si.

Vi.

Oh, petit coquin ! Petit coquin, va !

Ah, il a du caractère, hein !

Tiens, Lucien, tu veux bien aller faire une petite partie de foot avec André, s'il te plaît ?

Oh !

Vous voulez faire un peu jeune pour se marier ?

Ah oui.

Alors, on trinque sans nous !

On est désolés.

On est grave à la bourre, mais Safia a terminé une opération à cœur ouvert.

Elle a pas vraiment le sens des priorités.

Oh, tu sais que c'est toi ma priorité, mon amour.

Oh, la grosse faux-cul !

Au futur jeune marié !

Mariage pour tous.

Je vais chercher du vin.

Oui.

Pour tous.

Et pour toutes.

Merci.

Alors, racontez-moi, comment vous vous êtes rencontrées les filles ?

Bah, ça a été le coup de foudre, hein, moi.

J'étais en première année, et notre professeur d'anatomie nous a amenés à l'hosto.

Première année de ?

Bah, de médecine, papa.

Ah ! Ah oui.

Safia terminait son internat, et on était en observation d'une opé qu'elle assistait.

Elle était sur le point d'enlever la pince hémostatique de l'aorte.

Elle a levé le regard.

Et bim.

La cardiologue bourreau des coeurs.

Ă€ l'amour.

Ă€ l'amour.

Pour ĂŞtre honnĂŞte, je comprends pas bien pourquoi vous vous mariez.

Non, moi non plus.

Ah bon ?

Je veux dire, vous vous aimez, c'est l'essentiel, non ?

Bah, c'est vrai.

Vous vivez ensemble, vous couchez ensemble.

Ça vous suffit pas ?

Le mariage, c'est un vieux modèle patriarcal.

Jacques et moi, on n'est pas mariés, on s'en porte pas plus mal.

Et puis, pardon, mais regarde tes parents ce que ça a donné.

Bah, nous, on trouve ça joli, l'idée du mariage.

Et puis le côté old school, on aime bien.

Vintage.

En vérité, c'est aussi pour me faciliter la tâche.

Oui, ça va accélérer sa demande de nationalité.

Euh, c'est-Ă -dire ?

Bah, Safia est algérienne, maman.

Ah oui, bien sûr.

L'Algérie n'est plus française ?

Non ! T'es con, toi !

Euh, bon, maman, t'as checké avec le wedding planner ?

Il a rajouté du Red Bull.

Ah, et pense à forwarder le point GPS de la salle des fêtes aux invités, s'il te plaît.

Ah oui, oui, oui, oui.

Ah, et Bonnie et Milou peuvent venir.

Ah, tu peux les rajouter.

Oh, très bien.

Je... je... je ferai ma blanquette.

Les portions s'adaptent facilement.

Tu cuisines, Hélène ?

Depuis quand ?

Oh, de...

Franchement, maman, c'est pas pour te vexer, mais peut-être qu'on pourra tester tes expériences une prochaine fois.

Et puis on paie un wedding planner pour n'avoir rien Ă  faire, non ?

Ouh lĂ , mollo.

Papa.

Bon, on va se coucher, bébé.

Où ça ?

Bah, dans ma chambre.

Ah non !

Non, non, non !

Hors de question !

Non !

Non, non !

Non, non !

Y a des principes Ă  respecter, hein !

Deux, trois traditions, pas fiche au rebut comme ça, sans le chancelier !

Non, non, non, pense, quoi !

Non !

Non, non !

Tu sais quoi, mon amour ?

Ton père a raison.

Faisons ça à l'ancienne.

Genre, on se voit pas jusqu'au mariage et ce sera super romantique, tu vois.

VoilĂ .

Et puis nos retrouvailles devant le maire seront d'autant plus belles.

Et notre nuit de noces d'autant plus chaude.

C'est pas mal.

Pourquoi ? Pourquoi ? Qu'est-ce qu'on a fait pour mériter ça ?

Bon, un coup de main, ça serait trop demandé ?

Je peux pas, là. Je peux rien. J'ai eu une mauvaise mère. Qu'est-ce que j'ai bien pu faire de mal ?

Non, c'est pas toi la responsable, c'est l'autre !

On va tout faire pour que ce mariage ait pas lieu, hein ?

Michel aussi, lĂ . Si je le tenais, je lui ficherais mon poing dans sa gueule, lĂ , dans ma gueule, dans...

Le lave-vaisselle en panne ?

Ah, en fait, papa, j'ai mis du rouge à lèvres sur le col de ma robe de mariée.

Comme t'es le roi de la tâche, je te l'ai laissé dans la buanderie, OK ?

Allez, Ă  demain.

Le roi de la tâche ?

Faut trouver comment rentrer, Hélène, hein ?

Ou je sens que ça va tourner au vinaigre.

Rabelais évoquait déjà l'existence d'autres mondes, sous ou dans le nôtre.

Un concept mystique, précurseur des théories d'Einstein, développant l'idée d'univers parallèles.

T'as entendu ? Si c'est parallèle, ça existe toujours. Donc on peut y retourner.

Qu'est-ce que tu fais, lĂ  ?

Ça va pas se passer comme ça.

Qu'est-tu fais avec ses ciseaux, lĂ  ?

Qu'est-ce que tu fais avec ses ciseaux, lĂ  ?

Il faut qu'on annule ce mariage.

Oh, mais qu'ils fassent leur truc de dégénérés du futur. Je m'en tamponne le coquillard.

On va tenter de rentrer chez nous.

Oui.

Il y a un vrai mariage qui nous attend, lĂ -bas.

Wedding. Planner.

Organisateur de mariage.

VoilĂ .

LĂ , j'ai le nom.

Ça y est, j'ai trouvé la page.

Clic !

Bon, si tu m'aidais plutĂ´t Ă  trouver comment rentrer.

Oui, oui, oui.

Voyage dans le temps et univers parallèles.

Qu'est-ce que tu préfères ? Interstellar, Les Visiteurs, Retour vers le futur, Le Monde de Narnia.

Tout ça dans un machin écran ?

Incroyable invention.

C'est le génie français, ça.

Bon, et lĂ , je claque.

Non, tu cliques.

Je veux mes infos.

Il me manque.

Je voudrais ĂŞtre dans mes bras.

Je te promets qu'on sera à nouveau réunis tous les quatre.

Non, mais non, mais c'est OK !

C'est OK, regardez !

OK !

Regardez !

Regardez, elle brille déjà !

On se voit !

Regarde !

Mais bien sûr !

Mais oui !

Mais bien sûr !

Hélène, réveille-toi ! Réveille-toi !

On est rentré chez nous ?

Non, mais ça y est, dépêche-toi, j'ai compris !

Moins fort !

J'ai compris !

La machine à voyager dans le temps n'est pas forcément une machine,

mais une potion, une voiture, un passage,

comme l'armoire dans Le Monde de Narnia !

Allez !

Allez, allez !

Allez !

Bonjour, les enfants !

Au revoir, les enfants !

Mais quel nigaud !

Mais, mais, mais, viens, viens, viens !

Retour vers le futur, la voiture !

Jacquouille, la potion !

Narnia, l'armoire !

Ă€ l'aller comme au retour !

Je comprends rien !

On est arrivé comment, ici ?

Euh... Je sais pas, un peu...

Un peu perdu... Un peu sidéré...

Le cheveu ébouriffé !

Non, par le lave-linge, bon sang !

Oui !

On est arrivé comme ça !

Et on repart comme ça !

VoilĂ , il faut juste le trouver !

Recréer les conditions !

Se prendre un coup de jus !

Et on repart ?

Oui !

T'es un génie !

Bon, faut trouver cette foutue machine !

Bah lĂ  ! Quoi ? LĂ  !

Mais non, c'est un poste de télévision, ça !

Mais non !

Essorage, rinçage, coton, synthétique !

Cinq...

Quatre...

Attends, attends, attends !

Les chaussons !

Allez ! Enlève !

Oh non, mais non !

Mais non !

ArrĂŞte !

Encochonnerie de trucs modernes !

Zéro risque de nom de dieu de bonsoir !

ArrĂŞte-toi, Michel !

Tu vas la casser !

Tu vas être obligé de faire toute la lessive à la main !

Quoi ?

On est piégés ici, tu me parles de lessive ?

Ne me parle pas sur ce ton !

On n'a pas atterri en 1912 !

Ah, c'est bien ma veine !

Eh, sérieux !

Vous ĂŞtes relous !

J'ai plein de copains qui ont des parents qui divorcent comme vous

et ils se hurlent pas dessus toute la journée !

Des parents qui quoi ?

Quelle heure est-il ?

8h39, ça va, chill, j'y vais !

D'ailleurs maman, il y a le voisin d'en face qui râle !

T'as encore garé ta voiture devant son garage !

Allez !

T'as entendu ?

Je crois que j'ai le permis de conduire !

Ils divorcent !

Décidément, ces gens du futur n'ont pas de valeurs !

Aucun sens de l'effort !

Oui, enfin, faut dire que ce Michel m'a pas l'air très vaillant !

Ah, parce que ça serait une meuf...

Enfin, de sa faute !

Et ton Hélène, on en parle ?

J'ai l'impression que le bip, c'est la ceinture, Michel !

Concentre-toi sur la route, plutĂ´t !

Accélère un peu là !

Embraye ! Passe la seconde !

Mais je sais conduire !

Pédale de gauche !

Mais non, pas du milieu, celle de gauche !

Calme, il y en a que deux !

Quoi ?

Oui !

S'il te plaît, tu peux mettre ta ceinture ?

Ça me rend chèvre ce bruit !

Non, c'est pas une bagnole qui va me dire ce que j'ai Ă  faire !

Dis-toi d'ailleurs !

C'est pas parce que ton autre là aurait le permis que ça te donne tous les droits !

C'est lĂ  ?

Oui, je sais, c'est mon bureau !

Bon bah laisse-moi le volant parce que le créneau, tu vas pas y arriver !

Allez !

Ah lĂ  !

Mais qu'est-ce que...

Mais c'est facile, en fait !

Bonjour, bonjour !

Comment allez-vous, madame Dupuis ?

Vous ĂŞtes venue en voiture !

Hein ?

Oui...

C'est pratique.

Ah oui !

Merci !

Oh mais qu'est-ce que c'est que cette petite mine ?

Alors que vous ĂŞtes si jolie !

Tiens, regardez !

Un petit peu de rose à joues, ça vous ferait du bien !

Hop ! Hop !

Levez bien la tĂŞte !

Et vous voyez ?

Le siège me demande de traiter le dossier ASAP !

Mais on n'a aucun client qui s'appelle Asap !

Ah oui... non...

ASAP ?

Oui ?

As soon as possible !

Oh, c'est joli cette musique !

C'est La Traviata ?

AllĂ´ ! Ah oui !

Regarde ce que je me suis acheté.

Je croyais que tu travaillais.

J'ai obligé maman à poser une demi-journée de RTT.

Pour qu'elle soit pas en tailleur boring pour mon mariage.

Une journée de quoi ?

De RTT !

Tu devrais aller voir un ORL, t'arrêtes pas de nous faire répéter.

C'est ça d'épouser un homme plus âgé.

Ça va, je te charrie !

Ma garçon !

Elle est adorable en fait.

Regarde ce que j'ai.

J'ai une carte bleue.

Je la mets dans une fente et y'a de l'argent qui sort.

Elle est pas bleue.

Tu te rends compte ?

Je peux m'acheter tout ce que je veux toute seule.

J'ai un petit compte en banque rien qu'Ă  moi.

Et bien garni.

Parce que...

Parce que...

Parce que je suis la patronne.

T'as pensé à me rapporter des clopes ?

Non, je t'ai pris des patchs.

Tiens.

Oh là là, je suis vannée.

Tu me servirais pas un petit verre ?

Tu pourrais retirer tes chaussures s'il te plaît.

Oh lĂ  lĂ , sympa l'ambiance.

C'est moi qui fais bouillir la marmite et quand je rentre, c'est la soupe Ă  la grimace.

Et moi ? Je me tourne les pouces ?

Le ménage ? La cuisine ? Les devoirs ?

Oui, mon quotidien depuis 20 ans en somme.

Et je le faisais avec le sourire et impeccablement apprêtée.

Oh là là, ça va, prends un peu sur toi.

T'es un bonhomme ou t'es pas un bonhomme ?

Ah non, pas un bonhomme, non.

Mais qu'est-ce qui se passe ma chérie ?

Mais elle est foutue.

C'est comme si quelqu'un l'avait découpée, la jupe, avec des ciseaux.

Et le mariage est dans quatre jours.

Oh mon Dieu, mais c'est pas possible.

Oui, qui ferait ça ?

Ne me dis pas que tu l'as mise au sèche-linge.

Moi ?

Oui, qui d'autre ?

T'es sérieux papa ?

Non mais quel maladroit tu fais.

Mais bon, tu voulais que je dise quoi ?

La vérité.

J'allais pas lui dire que j'avais découpé sa robe.

T'as vu dans quel état elle est ?

Et alors, on la connaît pas.

J'ai l'impression que si en fait.

Chérie ?

Il vaut mieux que tu dormes sur le canapé.

Pour donner le change.

On est en instance de divorce.

Et attention Michel, touche pas aux aiguilles.

Y a du radium, c'est hyper dangereux.

Y a des gens qui t'achètent vraiment toutes ces vieilleries ?

C'est le charme de l'ancien.

Faut dire que c'était quand même autre chose dans le temps.

Quand ça était cassé, on réparait.

Aujourd'hui avec l'obsolescence programmée, quand c'est cassé, on jette.

Pareil pour les couples apparemment.

Super. Voyons la réception maintenant.

Comment vous faites pour ĂŞtre aussi unis avec Yvonne ?

Le scotch.

Hein ?

Passe-moi le scotch, s'il te plaît.

T'sais, avec Yvonne, on a nos petits problèmes aussi.

Mais on tient le coup.

Vous avez raison.

Le couple, c'est des valeurs et de la rigueur.

Et de l'amour aussi peut-ĂŞtre.

Puis faut savoir fermer les yeux.

Sur quoi ?

Les petits écarts.

Yvonne accepte ça ?

C'est tacite et réciproque.

Réciproque ?

Tu veux dire qu'Yvonne...

Je devine.

Avec qui ?

Non, ça je veux pas le savoir.

Mais une fois je l'ai surprise au téléphone, elle l'appelait Chouchou.

Chouchou ?

Ouais.

C'est peut-être ça qui m'a fait le plus de mal.

Cette tendresse.

Bon après moi je couchais avec une cliente.

Une fan de Formica.

Et bon ça va peut-être te paraître étrange mais ça m'a remotivé.

Moi le fait de savoir que je pouvais peut-ĂŞtre la perdre.

J'ai arrêté les conneries.

J'ai perdu 10 kilos et puis je l'ai re-séduite.

À quoi ça tient parfois ?

Un chouchou.

Connexion au condensateur.

Qu'est-ce que c'est ça ?

Bah c'est du foot.

Mais c'est des bonnes femmes.

Et c'est tant mieux.

On va finir par plus rien avoir.

Ouh lĂ , on en est loin.

On sera toujours moins bien payées que vous.

Toujours flippées de rentrer toute seule le soir.

Sans parler des pays oĂą on nous caillasse.

Un petit calva Michel ?

Ah oui.

Là dans ma petite planque derrière le tableau.

On a un petit bonhomme.

Ah ouais, c'est du bon.

Je peux te le prendre ?

Quoi le lave-linge ?

Ouais.

Bah pour le coup... Si tu veux.

Les bobos veulent du vintage mais les essorages manuels, ça ils ont la flemme.

Par contre je vais juste un peu le bidouiller parce que sinon tu vas te prendre un coup de jus.

Oh c'est parfait.

Je vais faire une jardinière.

Oui, bonjour madame.

Pas de sarcasmes hein.

Ok, j'ai pas été très présente pour les préparatifs mais...

Et j'ai ma vie moi aussi hein.

Et puis on m'appelle Ă  la rescousse.

Et voilĂ .

On dirait tante Nicolas.

Maman.

Très drôle.

Tiens, ça sent un peu la naphtaline.

Tu devras sûrement faire des retouches.

Mon petit dos, moi j'avais un de ces culs hein.

Franchement.

Ah bah...

Qu'est-ce que t'as fait ? T'en as mis du temps.

T'es pas garée trop loin j'espère.

Bah si t'es pas content, tu rentres Ă  pied.

Oh...

Le vin de naissance de Jeanne.

Ah oui, c'est l'occasion pour le mariage.

Très bien.

Tu dis pas bonjour à ton père ?

Hélène, j'ai trouvé !

Hélène, ça va ?

Monsieur, madame...

Oh mais toi aussi, tu t'y mets maintenant.

Marguerite ?

Bah... Papa !

Henri !

Vous n'ĂŞtes pas mort ?

T'inquiète, sarcasme anti-boomer.

Mais ton cancer de la prostate !

Mais pourquoi tu me ressors ça ?

Mes examens sont nickel depuis 10 ans.

J'ai mauvaise mine ?

Non !

Mais t'es vivant !

Oh bah t'es vivant !

Vous semblez très agité Michel, vous n'auriez pas abusé de vos petites pilules par là ?

Non, non, non, moi ça va même très bien.

La machine.

Ah !

Le lave-linge !

Ah !

Bah va faire une lessive Michel si tu veux.

Moi je peux pas t'aider, je suis avec mes parents.

Tu veux un café mon petit papounet ?

Oui je veux bien.

Tu nous prépares ça Michel ?

Moi aussi je veux bien un petit café.

Merci Michel.

Oui chef.

Un café pour Frankenstein et un pour le mort-vivant.

On se revoit vite papou chéri ?

On ira manger une glace tous les deux comme dans le temps ?

Bah oui, on déjeune ensemble vendredi si tu veux.

Papa, quand tu veux.

Il faut que je démarre ma chérie.

Je t'aime mon petit papou.

Mais c'est quoi cette rechute d'Ĺ’dipe ?

J'ai mis nos pauvres.

Bisous papa.

Adieu plutĂ´t.

Regarde ce qu'il a dégoté ton bonhomme.

Regarde.

Non, je peux pas rentrer maintenant Michel.

Pardon ?

Mon père est vivant.

Je veux en profiter.

Non, non, pas tout foutre en l'air pour ton faux père.

Mais il est pas faux.

Il est vrai, il est lĂ .

Il est en chair et en os, tu l'as vu ?

Enfin, réfléchis, il est bien trop jeune pour être ton père.

Je suis assez vieux pour ĂŞtre son fils.

C'est ridicule.

Oh non, laisse-moi en profiter.

S'il te plaît, s'il te plaît, s'il te plaît.

Ok, ça va, ça va.

Mais je te préviens, tu déjeunes avec lui après terminé.

On repart.

Oh, merci, merci.

Le nom d'un chien, je deviens une chiffe molle, moi ici.

Ah, en fait, il n'y a plus rien dans le frigo si tu veux bien faire des courses.

J'ai une semaine de guedin qui m'attend au boulot.

Je te laisserai ma carte.

Et quand vous dites 300 000, on est d'accord que c'est en nouveaux francs ?

Enfin, je veux dire, en... en euros.

En... en bitcoins.

Ah oui, bien sûr, bien sûr.

Et voilĂ .

Jaune d'œuf et huile de coude.

Et le tour est joué, mon petit Lantier.

C'est Madame Cécile du siège.

Je vous laisse.

Faut petit cul, lui.

Alors ?

C'est ça vos nouvelles méthodes ?

Vous jouez Ă  la maman ?

Anyway, je ne vais pas passer par quatre chemins pour tout vous dire.

Le siège était à deux doigts de remplacer votre agence par un algorithme.

Vos chiffres sont repartis Ă  la hausse.

Votre nouvelle approche Ă  la happiness manager a l'air de fonctionner.

Alors rien n'est fait, mais...

On pense Ă  vous pour un poste dans une succursale plus ambitieuse.

So who knows ?

Thank you.

Tu te rends compte ?

J'ai sauvé des emplois et je vais sûrement avoir une promotion.

Ah ouais, ouais, bien, bien.

Tu n'es pas content pour moi ?

Si, si, très content.

Moi j'ai bientôt le droit à un lot de couteaux japonais avec mes points fidélité.

Pas très content aussi.

Ah super !

Bon moi j'y go j'ai du taf.

Ouais.

Aujourd'hui, c'est la foire aux cochons dans le supermarché.

Des chips nice.

Mettez du soleil dans votre caddie.

Oh les mâts !

Salut Yvonne !

Qu'est-ce que tu fais lĂ  ?

Bah mes courses.

Ouais.

Ça va ?

T'as l'air tout perdu ?

Euh, non, non.

Enfin si, Jeanne m'a demandé des tampons, j'hésite.

C'est bien, tu retrouves ton sens de l'humour Chouchou.

Chouchou ? Non.

Mes chips c'est mes chips.

Ma femme c'est ma femme.

La femme d'un autre c'est la femme d'un autre.

Et puis quoi encore ?

On partage tout, tout le temps, Ă  tout bout de champ ?

C'est le communisme ?

Qu'est-ce qui t'arrive mon Chouchou ?

Arrête de m'appeler comme ça, c'est ridicule.

On se donne des petits noms quand on s'aime.

Alors je sais plus ce que je t'ai promis, mais...

ArrĂŞte de te monter le bourrichon.

Je ne suis pas fait de ce bois-lĂ .

Je ne suis pas amoureux de toi, Yvonne.

Mais moi non plus, Michel.

Je...

De toute façon, je pensais que...

On a couché deux, trois fois ensemble, ok ?

C'était bien, mais pas non plus...

Un problème, madame ?

Dans 50 mètres, tournez à droite.

Quoi, quoi, quoi, Christian ? Quoi ?

Tournez Ă  droite maintenant.

Oui, attends, deux secondes, deux secondes, deux secondes.

Continuez tout droit.

Bah, je ne vais pas me foutre sur le trottoir !

Au rond-point, prenez la deuxième sortie.

C'est toi, hein, c'est toi !

AllĂ´ ?

Ça, pour donner des ordres, vous êtes les championnes.

AllĂ´ ?

Alors, pour les corvées, il n'y a plus personne.

Michel, c'est toi ?

Non, je vais sauter en marche, grognasse.

J'en ai par dessus les bretelles.

VoilĂ , vous me jacassez toutes dans les oreilles Ă  gauche, Ă  droite.

Fais ci, fais ça !

Et après, c'est quoi, après ?

Vous fumez la pipe et je porte des bigoudis ?

Oulala, j'appelle Hélène.

Oh, Marguerite !

Bonjour, monsieur, police nationale.

Oui, bonjour, monsieur l'agent. J'ai ma ceinture, pourtant.

Bah, bravo !

Vous jetez votre mégot sur la chaussée.

Vous me dites pas que c'est interdit, ça aussi ?

Oui, papiers du véhicule, permis de conduire.

C'est qui cette lopette sans boulot ?

Sans couilles, sans principes !

Et sans permis, mon Dieu, sans permis !

Qu'est-ce que c'est que cette surprise Martine ? Laissez-moi faire mon vide-dressing, c'est trop sympa, non ?

Viens, on va trinquer Ă  ma promotion.

Je m'en fous de ta promotion.

Oh, quelle rabat-joie !

Allez, on part maintenant, vite, tout de suite !

Oh non ! Je m'intéresse pas, j'ai pas revu papa.

Ah ben arrête avec ça !

Ton père est mort !

N'importe quoi !

Faut arrêter de regarder en arrière, faut aller de l'avant, Michel !

Les temps changent ! Enfin, regarde-moi !

Je me suis jamais sentie aussi bien !

Je me sens forte, je me sens gaie, je me sens libre !

Ronde comme une queue de pelle.

T'es en pleine crise d'ado, Hélène, c'est pathétique.

Je te reconnais pas. Je reconnais pas ma femme.

Ça tombe bien, on va divorcer !

Attention, Hélène.

Je joue pas assez ou je repars, tout seul.

Sans toi.

Et tu vas rater le mariage de ta fille ?

Je m'en tamponne le coquillard de ce mariage !

Cette Jeanne-lĂ , c'est pas ma fille !

C'est rien.

C'est rien pour nous.

Pauvre con...

1958. Me revoilĂ .

Coucou.

On est oĂą ?

On est quand ?

On est en 2036. Vous avez fait un long coma.

Hein ?

Non, je déconne.

Safia, bonjour.

Bonjour, Michel. Comment ça va ?

Tu nous as fait peur, tu sais.

T'as fait un bref arrĂŞt cardiaque, mais tout va bien.

C'est Jeanne qui t'a réanimé sur place.

Oh, Jeanne.

Bon sang, quel idiot !

Elle est fâchée, Michel.

Et... Pour tout te dire, elle préférerait que tu viennes pas au mariage.

Tu sais... C'est difficile aussi pour mes parents, ce mariage.

Les gens sont façonnés par leur passé...

À leur milieu... À leur époque.

On n'appuie pas sur un bouton pour les changer.

Ni pour se changer soi-mĂŞme, d'ailleurs.

Il faut laisser du temps au temps.

T'as un bon cœur.

Tu vas pouvoir rentrer.

Pardon, ne vous levez pas. Je suis en retard.

Non, t'inquiète. Je sais que t'es débordée. Le boulot, le mariage...

Michel... Il va mieux ?

Toujours aux S.I.

Mais quelle idée de faire une ischémie en pleine nuit.

Ça me fait tellement bien de te voir.

Si tu savais.

Tous les jours.

Tout le temps.

N'exagère pas quand même.

Dis-moi, Ă  propos du mariage, le plan de table, c'est bien toi qui t'en occupes ?

Bah oui.

Que je me retrouve pas à côté de la vieille peau.

Quelle vieille peau ?

Ah oui, oui, excuse-moi.

T'aimes pas que je parle comme ça de ta mère ?

Ah bah non, en effet.

Bah oui, mais 30 ans qu'on est séparés, elle me casse toujours les bonbons.

Bah oui, j'essaie d'ĂŞtre sympa quand mĂŞme.

T'as bien vu l'autre jour ?

Elle peut pas prendre le volant après ses injections.

Alors je l'emmène, je la ramène.

Surtout le trajet, c'est gna gna par-ci,

et pète-moi les couilles par-là.

Bon.

J'espère que vous serez plus intelligents que ça, Michel et toi.

Coucou !

Bonjour mademoiselle, je prendrai une... une vodka.

T'es bĂŞte.

Je suis allée me refaire une beauté.

VoilĂ .

T'en avais pas besoin ma princesse.

T'es toujours belle.

Me dis pas que tu te tapes une pétasse de 18 ans.

Qu'est-ce qui te prend lĂ  ?

Ton buffet est dingue.

Merci.

Je prendrai une... une vodka. Double.

Hein ?

Qu'est-ce qui t'arrive, ma chérie ?

Hélène déraille.

Elle insulte sa soeur, je...

Bonjour.

Bonjour.

Qu'est-ce que je vous sers ?

Euh... une camomille ?

Une vodka... triple.

Une vodka... triple.

Ma chérie, qu'est-ce qui se passe ?

Je vais partir.

En t'électrocutant avec la cafetière ?

Non, chez Jacques.

T'as vu ton père ?

Ouais.

Ça s'est bien passé ?

Il a divorcé de maman depuis des lustres.

Il s'est mis avec une bonne femme qui a pratiquement mon âge.

Et ils ont une fille de 18 ans qui est maquillée comme un camion volé.

Et voilĂ .

Eh ben...

Je te fais un petit café.

Un café avec plaisir.

Écoute...

C'est déroutant, je vais pas te dire le contraire.

Tu sais, les temps changent.

Ouais, c'est ça.

Quand il s'agit de moi, tu prends les choses avec philosophie, tu te fiches de moi ?

Enfin non, je te reviens.

Arrête avec "ma chérie" !

Je suis plus ta chérie !

Il faut te le dire en quelle langue ?

Choix de langue.

Allemand. Deutsch.

Anglais.

Mandarin.

La ferme !

C'est madame Cécile Du siège.

Il n'y a plus d'horaires de bureau dans cette époque.

AllĂ´ ? Oui.

Je vais passer quelques nuits ici.

Tu vas voir.

On est très bien.

Merci Jacques, c'est parfait.

Puis tu restes aussi longtemps que nécessaire.

D'accord ?

J'ai bien peur d'être là pour l'éternité.

Non.

Juste quelques nuits.

Le temps de trouver du boulot.

Tu sais ce qui te ferait du bien ?

C'est de faire un peu de yoga avec Yvonne.

Ah non.

Tu veux que je lui demande de venir te faire un petit massage ?

Non.

Oui, je...

Je boucle mes dossiers.

Je les envoie au siège et je vous mets en copie.

Bon allez maintenant, allez vous coucher.

Vous avez un mariage qui vous attend demain.

Vous avez raison.

Ça me ferait plaisir que vous passiez boire une coupette avec nous d'ailleurs.

Ah bah avec joie.

C'est à la salle des fêtes, c'est ça ?

Quoi ? Où ça ? Quoi ? Quoi ?

Le wedding... Mais je comprends rien, qu'est-ce qu'il se passe ?

Oh merde, calme-toi, calme-toi. Raconte !

Tu te souviens, le soir oĂą on a appris que Jeanne et Safia se mariaient ?

Bah oui, un peu, oui.

Je voulais saboter le mariage.

Oui, alors t'allais couper la robe.

Mais pas que !

J'avais trouvé le mail du wedding planner sur le site...

Et il a tout annulé !

Quoi ?

Il a tout annulé !

Le traiteur, le DJ, la salle des fêtes, la pièce montée...

Annulé...

Clic...

Et y'a plus rien !

Si...

Et ton bonhomme ?

On va y aller.

Hein ?

Ce que t'as fait cette nuit, c'est... c'est mortel.

Mortel ?

C'est... c'est... c'est bien ?

Ouais, c'est super.

Tu m'attends dans la voiture, j'arrive.

T'as pu dormir un peu ?

Non, pas vraiment, non.

Je pensais Ă  avant, Ă  tout ce qu'on a mal fait.

À ce bébé qu'on verra jamais.

Bon ben voilà, ça y est, notre fille se marie.

Et Jeanne et Lucien, les autres, ceux de 58.

Est-ce que tu crois qu'ils vont bien ?

Et notre Jeanne, est-ce qu'elle est en train de se préparer à se marier, elle aussi ?

Je suis pas sûre qu'elle soit heureuse avec André.

Je sais pas, ne pense pas à ça.

Ça sert à rien.

On est ici, on est maintenant.

Et on va aimer nos enfants d'aujourd'hui le mieux possible.

Sans regarder en arrière.

Bonne cérémonie.

Merci.

Mes chers amis, c'est avec joie et émotion que je m'apprête à unir ces deux jeunes femmes...

Attendez.

Non.

Non, excusez-moi.

Écoutez-moi s'il vous plaît.

S'il vous plaît, écoutez-moi.

Je suis un con.

Ces derniers temps, j'ai pu donner l'impression d'être né il y a 100 ans.

Non, mais c'est vrai que je suis d'une autre époque.

Enfin, c'est pas une excuse. Un vieux con reste un con.

J'ai eu l'impression d'être complètement dépassé.

Je me suis posé des questions que je ne m'étais jamais posées.

Et si je ne peux pas remonter dans le temps pour effacer mes conneries,

je peux.

Je veux.

Ă€ l'avenir, ĂŞtre Ă  la hauteur de mes femmes.

Enfin, je dis "mes" femmes, pas qu'elles m'appartiennent.

En tout cas, vous toutes, vous tous,

vous me rappelez que ce qu'on porte dans le cœur

importe beaucoup plus que de savoir qui porte le pantalon.

Et qu'il faut savoir l'ouvrir.

Le cœur.

Excuse-moi, je suis...

Je vous demande pardon.

Je vous aime.

Et je voulais te dire Ă  toi, ma Jeanne,

que je suis fier d'être ton père.

Et tellement heureux d'accueillir Safia dans notre famille.

Profiter de chaque instant ensemble.

Chaque année.

Chaque siècle.

Ça va être un petit peu difficile de reprendre après, monsieur, mais...

La ville que je représente est très honorée de vous avoir comme concitoyennes l'une et l'autre.

Voilà, du coup, avec ton père, on s'est dit que...

Ça serait peut-être plus intime, plus champêtre, de faire ça comme ça ici.

C'est vrai que c'est joli.

Ă€ l'ancienne, comme on aime.

- Et le repas ? - Génial.

Et donc, mon ami, je ne te savais pas aussi bricoleur.

T'as regardé un tuto ?

Et du coup, avec le budget du wedding,

vous pourriez vous payer un petit voyage de noces.

À la santé des mariées !

- Et comment ? - À Palma !

Ah oui, bien sûr.

Ă€ Palma.

Quelle heure est-il ?

Et maintenant ?

♫ Je te promets le sel au baiser de ma bouche ♫ ♫ Je te promets le miel à ma main qui te touche ♫

♫ Je te promets le ciel au-dessus de ta couche ♫ ♫ Des fleurs et des dentelles pour que tes nuits soient douces ♫

♫ Je te promets la clé des secrets de mon âme ♫ ♫ Je te promets la vie de mes rires à mes larmes ♫

♫ Je te promets le feu à la place des armes ♫ ♫ Et jamais des adieux... Rien que des au revoir ♫

J'ai l'impression qu'on n'a pas dansé ensemble à notre mariage.

Oui. Et je voudrais que ça dure toute la vie.

On danse ?

Non.

♫ Je te promets une histoire différente des autres ♫ ♫ J'ai tant besoin d'y croire encore ♫

T'es sûr que t'es prêt à passer le restant de tes jours avec une femme d'aujourd'hui ?

Oui.

♫ Je te promets des jours tout bleus comme tes veines ♫ ♫ Je te promets des nuits rouges comme tes rêves ♫

♫ Des heures incandescentes et des minutes blanches ♫ ♫ Des secondes insouciantes au rythme de tes hanches ♫

♫ Je te promets mes bras pour porter tes angoisses ♫ ♫ Je te promets mes mains pour que tu les embrasses ♫

♫ Je te promets des yeux si tu ne peux plus voir ♫ ♫ Je te promets d'être heureux si tu n'as plus d'espoir ♫

♫ J'y crois comme à la terre, j'y crois comme au soleil ♫ ♫ J'y crois comme un enfant, comme on peut croire au ciel ♫

♫ J'y crois comme à ta peau, à tes bras qui me serrent ♫ ♫ Je te promets une histoire différente des autres ♫

♫ Si tu m'aides à y croire encore ♫

Ça va chérie ?

Il n'y a plus personne.

Michel... Ils sont tous partis.

Michel !

On est revenus en 58 !

Hein ?

Le mariage n'a pas eu lieu !

Les enfants...

Oh, Lucien !

Oh, mon bonhomme ! Oh, mon bonhomme !

On est quel jour, chérie ? Quel jour on est ?

Le match contre Paris, c'était quand ?

C'est lĂ , ce soir, on a perdu 8-0.

Oui ! On est maintenant, le mĂŞme jour, le mĂŞme moment. Viens !

Jeanne, chérie ! Jeanne ? Jeanne !

Bon sang, mais quel con !

Vite, arrive ! Il faut la trouver.

Et lui dire qu'on annule le mariage.

On accélère, la troisième. Attends, non, attends.

Lâche la pédale, doucement. Là. Voilà.

Appuie sur celle du milieu. LĂ . Et voilĂ .

Et maintenant, celle de droite, Ă  fond. VoilĂ .

Ah, merde. Ah, oui. Pourquoi c'est maman qui conduit ?

T'es où, chérie ? T'es où ?

Comment on a pu te faire ça, ma fille ? Mais comment ?

Faire quoi ?

Ă€ vouloir te forcer Ă  te marier.

Je vais en trop... LĂ , lĂ , lĂ  !

Juste là, là. Où ça ? Là, là. À gauche, là.

Ah, mais je... Jeanne ! Jeanne !

Le poète a toujours raison. Qui voit plus haut que l'horizon.

Ça va ? Je ne dérange pas trop ? Oh, commence à faire soif, pitié !

Mais qui c'est la plus jolie petite fille au monde ?

Ah, tiens. T'as vérifié la température ? Ouais.

Face à notre génération. Je déclare avec Aragon. La femme est l'avenir de l'homme.

C'est Jacques. Ton histoire, là, de tétine au radium... Je suis pas sûr que ce soit une bonne idée.

En revanche, il y a une petite boîte de mobilier suédois à monter soi-même.

Je suis sûr qu'elle a de l'avenir.

Quand j'aurai fini le régiment, tu me la confieras un peu ?

Pourquoi un peu ? Si jamais tu décroches la quille...

il va falloir qu'on s'organise.

Chouette.

Est-ce que toi aussi, parfois, tu te demandes comment vont nos enfants ? Les autres ? Ceux du futur ?

Oui. La famille a dĂ» s'agrandir aussi. De s'aimer, s'engueuler, rire, pleurer.

Comme ça s'est toujours passé de mémoire d'homme.

Ou de femme.

Ou de femme.

Le poète a toujours raison Qui voit plus haut que l'horizon Et le futur est son royaume.

Face à notre génération Je déclare avec Aragon.

La femme est l'avenir de l'homme.

Il faudra réapprendre à vivre. Ensemble écrire un nouveau livre.

Redécouvrir tous les possibles. Chaque chose enfin partagée.

Tout dans le couple va changer. D'une manière irréversible.

Le poète a toujours raison. Qui voit plus haut que l'horizon. Et le futur est son royaume.

Face à notre génération. Je déclare avec Aragon.

La femme est l'avenir de l'homme.

La femme est l'avenir de l'homme.

La femme est l'avenir de l'homme.

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