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Bienvenue à la semaine des affaires, commandant.
Voilà la promotion du jour.
C'est propriétaire de la concession ? Oui, Yves Crozet, 38 ans, tué par balle
après la fermeture.
Aucun signe en apparence de vol ou d'extraction. Tenez, on a trouvé les
clés sur lui.
Ah, le client mécontent. L'occasion fait le larron. Bien, je vous laisse, j'ai un
autre homicide dans le dixième.
Laurent, j'ai rendu les gens nerveux.
Un petit coin de parapluie ? Un coin de paradis.
C'est quoi ce truc blanc, là ?
Dutul, capitaine Scandella, je vous accorde dans la circonstance un crêpe
noir, UTT, plus approprié.
Bien.
1, 2, 3, 4, 5 douilles de 9 mm réparties assez régulièrement sur une distance
comprise entre 6 mètres et 3 mètres du corps.
S'il vous plaît, photo.
Vraisemblablement, le tueur a tiré tout en s'avançant vers sa victime.
Donc, Roset est sorti de son bureau, s'est dirigé vers sa voiture et au
moment où il rangeait ses affaires dans le coffre, le meurtrier est arrivé par
derrière et lui a tiré 5 balles dans le dos.
Et il n'a rien vu venir ? À l'heure de la fermeture, la nuit était déjà tombée
et les lieux plongés dans l'obscurité. Si on ajoute l'orage qui s'est abattu en
même temps, rien d'étonnant à ce que la victime n'ait pas réagi.
Le type a un associé, Michel Fabre. Je l'ai eu au téléphone, il arrive.
Le type là-bas qui a averti les pompiers, il a crevé un peu plus loin,
vers 19h20.
Il n'avait pas de roue de secours, alors par hasard, il est tombé à la
concession. Et ici, il a vu la victime dans le coffre. Au début, il a pensé à
un malaise.
C'est le docteur Fabre, l'associé.
Bailly ? Euh, oui.
Pour le reste, sous blanc, terrain vague, vue en gare.
Comme par magie, depuis qu'on est arrivés, il n'y a plus aucune fille qui
tapine sur le boulevard.
Ne fais pas, les mags les ont vite ramassés. L'associé s'est fait tirer
dessus.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
A priori, le vol n'est pas le mobile, il s'agirait plutôt d'un règlement de
compte. Vous avez prévenu Barbara ? Barbara ? Oui.
C'est sa fiancée, elle va se marier demain.
Je pense que Barbara est en train d'enterrer sa vie de jeune fille, je ne
sais même pas où. Elle est sur messagerie.
A votre avis, qui pouvait en vouloir à votre associé ?
Mon vouloir arrive, je ne peux pas vous dire.
Ce soir, il était seul ici ? Ben oui, les deux employés partent à 19h.
Quant à moi, j'avais rendez-vous chez l'assureur.
C'est Zoujou Crozet qui faisait la fermeture ? Non, plutôt moi.
Un seul coup fatal, mon petit Michel.
Plein cœur.
Nos balles n'ont touché aucun organe vital.
C'est la tendance en ce moment. J'appelle ça le syndrome foire du trône.
On vide son chargeur et puis on regarde après si on a touché le gros lot.
Oui, allô ? Oui, Camille.
Non, je suis désolé, je ne peux pas vous parler.
Avec plaisir, oui.
Alors, à demain soir. Au revoir.
Rendez-vous du soir, espoir.
Décidément, la discrétion ne figure pas au nombre restreint de vos vertus.
L'aveugle a encore l'âge d'être joyeuse. La délicatesse, vous êtes tout aussi
étrangère.
On peut y aller ? Vous êtes sûr ?
On devait se retrouver à la mairie cet après-midi.
Faut que j'appelle tout le monde.
Faut que je les préviens.
Est-ce que récemment vous avez trouvé votre fiancé nerveux ou préoccupé ? Non.
Tout allait bien.
Il était fou de joie qu'on se marie. Il parlait que de ça.
Pour notre lune de miel, on devait aller au Kenya le mois prochain.
Est-il des soucis des préoccupations d'ordre professionnel ?
Je sais pas.
Mardi soir, il a annulé notre rendez-vous au restaurant et... Il m'a
dit qu'il avait un problème avec son associé.
Quel genre de problème ? Je vais vous raccompagner chez vous.
Scand ? C'est Bay.
Il faut retourner voir Fabre.
C'est vous qui me l'avez vendu, cette caisse ! Alors vous démerdez ! J'accorde
pas ce titre pour un nouvel emballage ! Arrêtez de gueuler, s'il vous plaît.
Il y a trois fois que je vous dis que je ne pouvais rien faire avant jeudi.
Non, s'il vous plaît !
Excusez
-moi, je suis un peu tendu en ce moment.
Bon, alors je peux peut-être vous prêter une voiture jusqu'à jeudi, ça vous
arrangerait ? Oui.
Oui, avec madame.
Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? Nous aussi, on a un petit problème d
'embrayage.
Je vois pas de quoi elle veut parler, Barbara.
Y a pas de problème.
La réunion de mardi a toujours été prévue, Yves le savait. Je veux dire qu
'il avait la tête ailleurs.
On venait de discuter des affaires courantes.
À propos, votre assureur a bien confirmé votre présence hier en fin d'après-midi,
mais d'après lui, vous êtes parti vers 18h45.
Oui. Je veux savoir ce que vous avez fait après.
Je suis rentré à la maison chercher ma femme.
Vous aviez rendez-vous avec notre conseillère conjugale.
Elle pourra vous confirmer, si vous voulez.
Mylène ! Mylène, ces messieurs veulent savoir où nous étions hier soir.
Hier soir ? Oui.
J'étais avec mon mari au centre Jean Perret.
On avait une séance à 19h30 avec Madame Villiers.
C'est notre... Oui, conseillère conjugale, on sait.
Vous êtes employé ici ? On a la crime, hein ? Pas l'inspection du travail.
Je donne juste un coup de main pour la comptabilité. Deux, trois matinées par
semaine.
Ça se
passait bien d'être creusé avec votre mari ?
Vous avez d'autres questions ? Pas pour l'instant, non.
Vous savez, les enquêtes, c'est comme les occasions.
Faut en vérifier.
Au revoir.
Au revoir, monsieur.
Quoi ? Oui ?
Vous vouliez me voir, monsieur le divisionnaire ? Oui.
Entrez, Hélène.
Comment allez-vous ? Très bien.
C'est la première fois que vous m'appelez par mon prénom.
Il y a un problème ? Aucun, aucun.
Entre commissaires, ça se fait.
Votre candidature pour devenir commissaire a été retenue.
On vous attend le mois prochain à Saint-Cyr-aux-Monts-d'Or pour votre
formation.
Félicitations, vous allez nous manquer.
Ne me dites pas que vous ne vous y attendiez pas.
C'est que... Enfin, j'avais renouvelé ma candidature, mais... J'avais oublié.
Je me trompe ou ça n'a pas l'air de vous enchanter ? Si mes souvenirs sont bons,
vous y teniez, cette promotion ? Bien sûr, mais... Ça veut dire... Quitter
Paris pendant deux ans, changer de vie, lâcher le groupe.
Je ne sais pas, je crois qu'il faut que je réfléchisse.
Moi aussi, je suis passé par là.
J'étais loin de ma femme, de mes enfants.
Ce n'était pas toujours évident, mais je lui envoie la chandelle.
Croyez-moi, Hélène, une opportunité pareille, ça ne se refuse pas.
Bon, je résume. La victime Yves Creuset était fils unique, parent décédé.
Pas de casier, pas de vice connu à part le golf et Barbara Pierret. D'ailleurs,
il l'a rencontrée au country club où elle était hôtesse d'accueil.
Au golf, il est handicap... Comme ça qu'on dit ? Handicap 5.
Il paraît que c'est bien.
Il ne saurait en dire autant de ses compétences en tant que chef d
'entreprise. Il a tout d'abord travaillé en dilettante dans la concession de son
père, avant d'en hériter à la mort de celui-ci en 2000. Un an plus tard, il
était au bord du dépôt de Bilan.
C'est Favre qui lui a sauvé la mise ?
Oui, depuis son arrivée, l'entreprise est sortie du rouge malgré la morosité
du marché.
D'après les employés, c'est Fabre qui fait tourner la boutique.
Qu'est-ce qu'on a sur lui ? Avant de s'associer à Crozet, il vivait en
Alsace, 15 ans avant des bagnoles, marié sans enfant, apparemment il fait
travailler sa femme au black. Mais ça, ce n'est pas un crime.
Enfin, à mon avis, elle n'a pas eu le choix.
Elle obéit, elle file doux, épouse parfaite.
Alors, voyez, la fiancée ? J'ai laissé avec sa demoiselle d'honneur et deux
témestats.
J'ai récupéré le code d'accès du portable de Crozet. Il y avait un
message de son avocat.
Qu'est-ce qu'il vous voulait ?
Creuset l'avait contacté mercredi pour qu'il lui prépare un projet de rachat
des parts de Fabre dans la concession. Il voulait plus entendre parler de lui.
L'avocat sait pas ce qu'il a mis une fois aux poudres.
C'est bien que tu aies notre gueule, Fabre.
Aucun souci entre Yves et moi ? Tu parles ? C'est quand même curieux
que Creuset ait voulu se débarrasser du type qui a sauvé sa boîte.
Il faudrait creuser dans cette direction.
En tout cas, Fabre, vous n'êtes pas le seul dans le collimateur de Creuset. Le
mécano Victor Ramos s'est fait virer du jour au lendemain.
Mercredi, Creuset a dit à ses employés qu'il faisait plus partie du personnel.
Point barre.
Mercredi, c'est-à-dire le lendemain du jour de la fameuse réunion entre les
deux associés, il serait étonnant qu'il n'y ait aucun rapport entre ces
événements. Bon, Polo, Bailly, trouvez-moi ce Victor Amos.
Nous... Nous, on va vérifier la limite fabre.
Ça va, toi ? T'as l'air ailleurs depuis tout à l'heure.
Non, non, tout va bien. C'est juste l'enquête.
Ouh ! Je vous ai pas entendu entrer.
Bonjour.
C'est votre premier rendez-vous ? Oui.
Commandant Vallon, capitaine Scandella, brigade criminelle.
Là, autant pour moi. Je croyais que vous étiez ensemble. Enfin, je veux dire,
ensemble. Tous les deux.
Je vous en prie.
Nous voudrions savoir si monsieur et madame Fabre sont effectivement venus à
leur rendez-vous hier soir.
À 19h30.
Oui, il y a bien leur nom, mais je peux pas vous dire, parce que moi je termine
à 18h, je sais pas s'ils sont nus.
On va peut-être lui demander directement.
Oui,
madame Lillier ? C'est la brigade criminelle. Je rêve, elle nous a pris
pour un vieux couple en crise. D'accord.
Vous pouvez y aller, c'est juste en face.
Merci.
Pardon ? Vous étiez bien là pour la séance ?
Monsieur Fabre a eu deux minutes de retard. Je crois qu'il a eu un problème
pour se garer.
Donc, ils sont pas venus ensemble ? En arrivant, Mylène Fabre m'a dit que son
mari n'allait pas tarder.
Mais je ne sais pas du tout s'ils l'avaient déposé en bas ou s'ils étaient
arrivés chacun de leur côté.
Excusez-moi.
Avez-vous remarqué quelque chose d'inhabituel dans le comportement de
Michel Fabre ? Il était d'humeur désagréable, mais enfin, sa décharge, il
faut dire qu'avec l'orage, il était rampé comme une souple.
Je vois que vous filmez les séances.
Ce serait possible de voir celle des Favres hier soir ? Je ne les ai pas
filmées. Ça n'est pas systématique de mon travail.
Et même si c'était le cas, je suis tenue aux secrets professionnels et cela
recouvre toutes les informations qui me sont confiées.
Je vous rappelle que nous enquêtons sur le meurtre de l'associé de Michel Favre.
Alors si vous avez des éléments susceptibles de nous intéresser, il faut
nous les communiquer.
Je ne vois pas en quoi sa vie privée pourrait vous concerner.
On ne vous demande pas des secrets d'Alcove, juste de nous parler de Michel
Favre. Il vient bien à vos séances.
Les Fabres me consultent pour un problème personnel.
La seule chose que je peux vous dire, c'est qu'il n'a jamais été question de l
'activité professionnelle de Michel Fabre ni de celle de son associé.
Maintenant, excusez-moi, j'ai un autre rendez-vous.
Hé Francis, on manque le son, connard ! 22.
Non, 36.
Comment ça, M. Crozet a été tué ? C'est une blague.
Eh oui, M. Amos, une très mauvaise blague même.
Mais mon petit doigt m'a dit qu'il t'avait viré.
Hé là, j'ai rien à me reprocher.
Commence par nous dire pourquoi il t'a foutu dehors.
C'était pour des conneries.
Sans indemnité, c'est rarement pour des conneries.
C'est pas moi qui l'ai tué.
Hier au soir, je tapais le carton avec des potes, vous pouvez leur demander.
On le fera.
Moi alors, Creuset, il en avait marre de tes vocalises ou bien il y a eu autre
chose ? T'es pas toujours à l'heure, ça l'énerve.
Cette toiture, elle est à toi.
Sinon, on peut t'aider à retrouver le complot.
Un petit coup de fil.
Attendez.
Creuset, il m'a viré parce que je bossais sur des caisses qui n'étaient
pas pour le garage.
Des caisses volées, quoi.
Je sais pas d'où elles venaient et où elles allaient.
C'est Fabre qui s'en occupait.
Il récupérait à la casse des numéros de moteur et des papiers.
Et après, moi, je maquillais des bagnoles, c'est tout.
Et qu'est-ce qui s'est passé l'autre soir ? M.
Crozet nous a surpris au garage.
Il venait jamais s'y tarer. Il était furax.
Il m'a viré.
Puis avec Fabrice, on a laissé s'expliquer dans le bureau.
Moi, j'ai plié les gaules.
Je suis rentré à la maison.
Eh ouais, pitié.
Tu appelles la maman.
Ça va, les amours ? On n'a pas le temps. File-moi les clés. Excuse-moi, j'étais
au fond de mon sac.
T'énerve pas, c'est pas très grave.
J'avais promis aux enfants qu'on irait à Thoiry.
Et là, ça va se finir aux eaux de Vincennes.
Merci.
Donc, il est tard. J'aimerais bien pouvoir faire mon avocat.
T'as vu, elle s'est fait belle pour les animaux.
Oui, bien passé ce matin.
Qu'est-ce que t'as dans ta pochette, dis-moi ? Toute la petite famille est là
?
Tu nous présentes ? Etienne, mon mari, Jules et Léa. Bonjour.
C'est Jean-Louis Scandella, tu sais de mon groupe ? Ah ouais, ouais.
Bon, à ce soir.
Alors,
la famille du bonheur, il y a de l'eau dans le gaz ? Si tu veux, je connais une
très bonne conseillère conjugale. Ouais, tu te reconvertis dans la plomberie ?
Non, c'est Fabre, il bricole. On a trouvé ça dans sa cave.
60 000 euros en liquide.
Vous auriez gagné ça au poker ? Poker menteur.
Ça rapporte le trafic de bagnoles, hein ? Vous avez tout de même pas gobé les
conneries d'Amos.
J'ai rien à voir dans ces magouilles, moi.
Arrêtez-moi d'en douter.
M. Amos n'est qu'un simple exécutant mécanicien qui arrondit ses fins de
mois, alors que vous, M.
Fabre, vous êtes d'une toute autre envergure.
N'avez-vous pas été inquiété il y a trois ans dans une affaire similaire ?
Excusation calomnieuse.
Recette de voiture volée.
Et j'ai été blanchi.
Je croyais rendre service à un ami en lui prêtant deux boxes de parking.
Belle affaire.
Vous savez ce qu'on dit, hein ? Pas de fumée sans pneu.
Alors vous venez à Paris pour vous refaire une petite virginité.
Il faut dire que Crozet, c'était le pigeon idéal.
Il était plus souvent sur les greens qu'au garage.
Alors vous remettez la boîte à flots et puis les trafics reprennent.
J'avais aucune idée de ce que l'autre magouillait derrière notre dos.
Je l'ai embauché, c'est tout.
Il parlait avec Yves, après ça s'est arrangé.
Ah oui ? Alors dans ce cas, explique-moi pourquoi, dès le lendemain, votre
associé a-t-il contacté son avocat afin de lui demander conseil sur la façon la
plus adéquate de racheter vos parts dans la concession ? Oui, il nous a dit aussi
que Crozet avait décidé de vous virer.
Le plus rapidement possible et pour un minimum de blé. C'était ça où il vous
dénonçait, pas vrai ? On n'a jamais parlé de ça, Yves. Alors vous prenez les
devants, vous éliminez Crozet.
Votre associé est mort en n'ayant ni parents proches, ni veuve pour hériter.
Vous pouvez récupérer la fin.
Je ne l'ai pas tué, merde ! Je ne suis pas repassé au garage.
Comment il faut que je vous le dise ? Oui, on sait.
Vous êtes passé prendre votre femme pour aller chez votre conseillère conjugale.
Oui. Le seul problème, c'est qu'une voisine a vu votre femme sortir de chez
vous et prendre sa voiture vers 18h15.
Si l'on ajoute à cela votre absence à la séance, il est aisé d'imaginer qu'après
votre rendez-vous avec l'assureur, vous êtes retourné à la concession.
Non, non, non.
On n'a pas réussi à se joindre avec Mylène.
C'est déjà parti et je suis retourné à la maison.
Oui, mais c'est bête parce que vous, personne ne vous a vu.
Bon, assez de conneries.
On va attendre que vous ayez quelque chose d'intelligent. On a trouvé ce 9 mm
dans une benne sur le boulevard. Il y a 5 balles qui ont été tirées.
On a compté ça au labo ?
Il commence à s'envisager.
C'est pas Yves qu'on voulait tuer.
C'est moi.
Je n'avais jamais rencontré un suspect de meurtre affirmant qu'il aurait dû
être la victime.
Yves et moi, on est de la même corpulence.
Dans le noir, on peut confondre.
C'est comme nos voitures, on se ressemble.
C'est moi qui devrais être mort, je vous dis.
Oui.
Mais dites-moi, qui aurait pu en vouloir à un honnête commerçant comme vous ?
Ok.
Je fais du business avec l'Europe de l'Est.
Voilà. Nous y voilà.
Je suis passé par un intermédiaire polonais qui me taxait un maximum.
Mais depuis quelques semaines, j'ai pris mes distances parce qu'il est
complètement barjot, Polak.
Il a buté un de ses associés qui avait essayé de le doubler.
Et comment s'appelle ce mystérieux intermédiaire ? Radzinski.
Jacek Radzinski.
Il travaille dans une boîte d'apports-exports dans le 18e.
Je peux vous donner son numéro de portable, si vous voulez.
Au fond de la cour à gauche.
Merci. Bon, alors, Zange, c'est quoi cette histoire d'appart ?
C'est un peu juste ici pour deux, non ? Est-ce que vous diriez de doubler votre
surface sans déménager ? L'appartement au-dessus va être mis en vente et pour l
'instant, je suis seul à le savoir.
Ça nous fera un duplex ? C'est formidable.
On signe où ? Je vois pas l'intérêt.
C'est vrai, c'est assez grand ici.
Je vous n'aime pas imaginer le prix.
Je vais l'avoir pour 200 000.
Je vous ferai cadeau des frais d'agence, bien sûr.
Hélène, pour le quartier, c'est raisonnable. On parle plus en franc, t
'es au courant ? On va tout de suite.
Merci. Au revoir.
Oui, Baggy.
Venez, venez-moi.
Ah. Ça, ce serait une bonne place pour l'escalier. En collier maçon, comme ça,
on gagne de la place. Et puis, dans le deuxième salon, c'est un billard.
Ouh, donnez-moi voir tous les squares.
Très bien.
Bon, le porteur de Radinsky ne répond pas.
Il n'a pas d'adresse connue.
La boîte d'import et de sport est fermée.
Polo et Bailly essayent de trouver le gérant.
Fabre, ça commence par un F, comme foireux.
Bon, alors, qu'est-ce que t'en penses ? Pour l'instant, on laisse une garde à
vue.
Hélène, je te parle pas de ça, je te parle des idées de ton père.
Ce serait bien, un peu plus de surface, non ? Faut voir.
Faut voir, elle dit.
C'est tout vu, c'est parfait.
Bon, allez, on va fêter ça, aller chercher ton père.
C'était juste une proposition.
J'aimerais bien des propositions que je puisse refuser.
Tout va bien, Ellen.
Tiens, allez.
Merci. George, à nous.
Allez.
Comme à nous.
Monsieur Radjinski ne travaille pas pour moi. Il loupe Petit Buran, là dans la
cour. Et il fait quoi dans le petit bureau ? Il a une société de commerce,
je crois.
Mais vous savez, pour moi, ce qui est important, c'est qu'il paie son loyer.
Vous voulez bien nous ouvrir, s'il vous plaît ? Monsieur Radzinski est un homme
parfaitement correct.
Grégoire Zestambulé ! Ouais, votre Radzinski, là...
Il est parti, ça vous dira au revoir.
Je ne comprends pas.
J'ai vu Yacine Radzinski vendredi dernier, il ne m'a rien dit.
Et vous savez où il habite, monsieur ? Parfaitement correct.
Ah, ça non.
Et chez Radzinski, vous avez trouvé quelque chose ? Juste une boîte aux
lettres, vide.
Bien, d'après la BRB.
Radzinski ferait bien partie d'un réseau de trafiquants de voitures dont la
plaque tournante se trouverait en ex-RDA.
Ok, le polac fait dans la bagnole volée.
Mais moi, le numéro de victime de fabre, j'en jette pas, voilà.
Un autre élément corrobore néanmoins les dires de fabre, toujours.
Selon la BRB, l'un des partenaires de Radzinski a été retrouvé mort, noyé près
du pont de Tolbiac dans des circonstances non élucidées.
Ça, plus l'arme balancée sans une empreinte dans une benne à ordures.
Ça ressemble effectivement à un règlement de compte.
Radzinski se serait trempé de cible.
Peut-être qu'il a engagé quelqu'un pour faire le sale boulot.
Attendez, si Polak se faisait doubler par Fabre, je vois pas pourquoi il
aurait attendu deux mois pour le buter.
Par contre, Fabre, lui, il savait que Creuset voulait le virer, alors il y
avait urgence. Bon ben enfin, sois pas stupide.
Pourquoi Fabre irait tuer son associé juste devant le garage ?
Quoi qu'il en soit, Liliane Favre a menti pour couvrir son mari. Je crois qu
'il serait bon de la réinterroger pendant que celui-ci est encore garde à
vue. Vous avez raison, Michel, mais on ne lâche pas la piste Radzinski.
Voyons où en est l'avis de recherche et faites accélérer le mouvement.
Je peux savoir pourquoi tu m'as allumé comme ça ? Ton avis ? C'était mon père
tout à l'heure au téléphone.
Il paraît qu'on est d'accord pour acheter l'appartement du dessus ? J'ai
pris une option, c'est tout.
Tant bien.
Bouge-moi Hélène.
A vous que ce serait super à duplex.
C'est pas la question.
Tu prends des initiatives sans m'en parler.
C'est quoi le problème ? Le fric ? Les travaux ?
Il y a autre chose ? Non, il n'y a rien.
Qu'est-ce que tu vas chercher ? On n'est pas obligé de prendre une décision, là,
maintenant.
Un mec, c'est toi à plein temps.
Ça fout les jetons, c'est ça ? On n'est pas en crise, là ? Ou
alors, si on est en crise, on prend un petit rendez-vous chez Villiers.
Non ?
Vous vous trompez, Michel est innocent, il n'a rien à voir dans toute cette
affaire.
Si c'est le cas, c'est pas en montant sur son emploi du temps que vous allez
lui rendre service.
Il est bien passé me chercher, c'était prévu comme ça.
Mais je faisais des courses, j'ai pas vu le temps passer, et j'ai pas réussi à le
joindre.
C'est de ma faute. Je comprends pas.
Vous travaillez au garage et vous êtes pas au courant des activités illégales
de votre mari ? Non.
Enfin, vous êtes comptable.
Vous vous êtes jamais posé la question de savoir d'où venait tout ce fric en
liquide qu'on a trouvé ici ?
Dans notre couple, c'est Michel qui s'occupe de l'argent.
Excusez-moi, je vais ouvrir.
Une ordonnance pour des antalgiques forts, des calmants, de l'arnica.
Elle est datée de mercredi.
Tu penses quoi ?
Épouse craintive, antalgique, conseillère conjugale.
Son mari lui tape dessus.
Ça expliquerait pourquoi elle se tait.
Madame Fabre, si vous savez quelque chose sur ce meurtre, il faut nous le
dire. Votre mari est en garde à vue.
Vous n'avez rien à craindre de lui.
Qu'est-ce que vous insinuez ? J'ai pas peur de mon mari.
Pourquoi on vous a prescrit ce médicament ? Vous faites des idées, je
suis tombée dans l'escalier.
Ah non.
Fabre m'était déjà pas très sympathique avant, mais alors maintenant, il est
encore bon.
La version de M.
Fabre n'a pas changé d'un iota depuis le début, malheureusement. Jusqu'à présent,
aucun élément nouveau n'est venu corroborer ses affirmations. Dernière
nouvelle, Radzinski était en Pologne. Il a pris l'avion hier à midi. Les
autorités locales ont été averties.
Ça risque de prendre du temps.
Je suis sûr que Fabre savait que son polac rentrait au pays.
C'est pour ça qu'il le charge.
Pour se disculper.
Je crois aussi que Radzinski a quelque chose à se reprocher.
Je n'y crois pas, moi.
T'as vu Mylène Fabre ? A priori, son mari la cogne.
Tu vois le genre de mec ? Violent et qui aime pas être contrarié.
Il a dû régler son compte à Crozet.
D'après la balistique, l'arme qui a tué Crozet ferait partie d'un lot qui a été
volé il y a quelques mois chez un armurier à Nation.
C'est à nous.
Je viens de la salle.
Le braqueur s'appelle Eric Sorlin. Il a été pris quelques jours plus tard avec
la moitié de l'arsenal.
L'arme qui nous intéresse faisait partie des armes manquantes.
La ville a trouvé l'acquéreur.
Eric Sorlin n'a pas encore été jugé, ça m'étonnerait qu'il parle.
Mais dans le rapport d'enquête, il parle aussi de sa sœur Nina.
Apparemment, elle vivait avec lui au moment des faits. Elle serait sans doute
sa complice.
Peut-être nous donnons-t-on l'identité de l'acquéreur.
Allons-y.
Tu le reconnais pas ? C'est un des calibres que ton père a piqué dans l
'armurerie de nation.
Dis-moi, depuis qu'il est en taule, c'est toi qui es chargé de les écouler ?
Pourquoi vous me faites chier ? Vous avez rien trouvé chez moi.
Parce que tu les as plaqués ailleurs.
Dis-donc, Yacek Radzinski, ça te dit quelque chose ? Un Polak un peu louche
et l'autre, Michel Fabre, vendeur de bagnole, dit rien non plus ? Bon,
réfléchis bien ma grande, parce que nous on va chercher et on va finir par
trouver une connexion.
Bonne chance.
Je les ai jamais vus ces blaireaux, d'accord ? Arrêtez votre délire
maintenant. Mais bien sûr.
Ton frère a jamais braqué d'armurerie, il est en taule par erreur, t'as jamais
été sa complice et nous on est l'armée du salut, c'est ça ? Il cherche quoi
votre type dans son coffre ? Notre type, comme tu dis, il a été buté par un
flingue que ton frère a piqué.
Alors il y a deux possibilités.
Ou tu l'as refilé au tueur ou c'est toi qui l'as buté.
Ah je suis tueur à guise, bon. Super.
T'étais où vendredi soir ? Allô ? Oui Sonia.
Oui.
Bon, il t'a posé une question.
T'étais où vendredi soir ? Allez.
Dans une boîte à Aubervilliers.
Je suis DJ, de 18h à l'aube.
Ça y est, c'est bon, je peux me casser ? Non, il y a l'adresse de la boîte.
Allez, vite, vite, vite.
Lève-toi, lève-toi.
On va la trouver, ta boîte. Ah, ça va, ça va, ça va, ça va.
Fais-moi ça au frais, en attendant.
Monsieur, je sais, mais calme-toi.
Non, je sais que c'est un coup dur, mais...
Tu vois, ça va te... Mais non, ça va passer. Tout n'est pas foutu.
Écoute, alors je vais... Sonia ! Ça me brille le téléphone.
Qu'est-ce qui se passe ? C'est la merde.
Le juge d'instruction, il a requalifié l'affaire de Sonia.
Alors elle va passer aux assises pour homicide volontaire.
C'est pas vrai.
Cet enfoiré de Mac meurt d'une crise cardiaque à l'hosto et on met tout sur
le dos de Sonia ? Ce connard d'avocat qui a tout balancé comme ça au parloir.
Tu crois qu'il m'aurait dit ça avant, ce nain non rien ? Là, il pleurait au
téléphone.
Je suis désolé, mon pauvre.
Vraiment.
Moi, Camille, j'ai passé une excellente soirée.
Vraiment. Si vous saviez que j'appréciais le chant, le chant
grégorien.
Qu'est-ce que vous croyez ? J'ai mes indics, moi aussi.
Alors, nous sommes au bord de l'escalier qui comporte un, deux, trois, quatre,
cinq marches.
Bientôt, vous n'aurez plus besoin de mon bras.
J'ai tellement hâte d'être à l'opération, si vous saviez.
J'ai l'impression d'avoir tout oublié.
Les couleurs, les formes, les visages.
Même le vôtre.
Mais dans quelques jours, tout va redevenir comme avant.
Oui, comme avant.
Je vous sens inquiet, Michel.
Tout se passera bien.
J'en suis sûre.
Liby, Nina, ça en l'intient.
Elle était bien à ses platines le soir du meurtre.
Aucun doute là-dessus.
De toute façon, il est plus probable qu'elle ait fongé l'arme directement au
mafrier.
Et... Du nouveau, M. Radinsky ? Toujours rien. La police polonaise est sur le
coup. Par contre, j'ai quelque chose qui devrait vous intéresser.
L'autre soir, sur le boulevard près de la concession, j'ai repéré une caméra
qui flashe les voitures au feu. Je viens de recevoir les clichés.
Comment vous dites-vous septembre 19h09 ? C'est la voiture des Fabres. Regardez
qui est au volant.
Mylène Fabre.
On dirait qu'entre ses courses et son rendez-vous chez la conseillère
conjugale, elle a eu le temps de passer au garage.
J'ai eu l'interne qui s'est occupée de Mylène Fabre mercredi aux urgences. Elle
est venue pour des échymoses et une violente douleur à l'oreille gauche.
Elle a perdu une partie de son audition.
Elle ne s'est pas fait ça en tombant dans l'escalier.
Non, on avait raison. Romarie la tabasse.
L'interne l'avait déjà vue il y a trois mois avec une épaule déboîtée et un
coquin. Alors, à mon avis, ça fait un bout de temps que ça dure.
Je comprends pas comment elle peut rester avec ce mec, ça me dépasse, moi.
Et lorsqu'on jugea le capitaine Scandella engendre un conditionnement
dont les victimes ont toutes les peines du monde à se dégager.
Vous allez pouvoir lui en parler pendant sa garde à vue, le marchand.
Mesdames, femmes.
Elle a dit à Nathan qu'en rentrant mardi soir, son mari s'était énervé.
Il paraît qu'il avait des problèmes au boulot, évidemment.
Après son engueulade avec Rosé, il a dû passer ses nerfs sur elle.
T'as pas le soubib, elle est à bout de merde.
Après mes courses, je n'avais plus le temps de rentrer à la maison.
Je suis passée par le garage, je pensais que Michel y était.
On sera allés ensemble au centre. Vous vous rendez compte que c'est la
troisième version que vous nous donnez ? Cette fois-ci, c'est la bonne.
Vous avez vu qui au garage ?
Il n'y avait plus qui.
Il fermait l'atelier, on a parlé de son mariage et puis je suis partie.
Et votre mari, bien sûr, vous a demandé de ne rien dire à la police.
Non, il ne sait même pas que... Dois-je comprendre que votre mari n'était pas au
courant de votre petit crochet par le garage ? Pourquoi ne lui avoir rien dit
? C'est qu'il ne voulait pas d'ennuis. Il m'a demandé de dire que j'étais
à la maison quand il est passé.
Alors, je ne vais pas parler du garage. De toute façon, ça n'a pas d'importance.
Michel n'est pour rien dans tout ça.
À moi, bien sûr que vous ne préfériez vous taire.
Est-ce que vous avez lu quelque chose que vous n'auriez pas pu voir ? Excusez
-moi, je n'ai pas bien compris.
Je vous demandais simplement si vous aviez vu votre mari tuer Yves Crozet.
Mais qu'est-ce que vous racontez ? Il n'était pas là ? Madame Fabre, nous
savons que vous êtes victime des violences de votre mari.
L'interne qui vous a soigné aux urgences nous a dit pour votre tympan déchiré.
Non, pas maintenant, s'il vous plaît.
Je vous répète, Michel n'était pas au garage.
Je ne l'ai vu qu'à la séance chez Mme Villiers.
Soit.
Il pourrait y avoir une autre possibilité.
Votre mari, Mme Fabre, développe une théorie très intéressante. Il affirme
que c'est lui.
Si elle était visée hors, vous avez d'excellentes raisons de lui en vouloir.
Nous savons aussi par l'interne que vous avez déposé une plainte pour violence
conjugale il y a quelques mois et que vous l'avez retirée contre la promesse
que votre mari suive une thérapie. Mais rien n'a changé.
Vous ne comprenez pas.
Et rien ne changera.
N'ayant pas la force de le quitter, le courage de le dénoncer, il ne vous reste
plus qu'une seule alternative.
Vous savez que c'est lui qui ferme la concession ? Vous pensiez le surprendre,
c'est ça ? Mais dans l'obscurité, la confusion, l'orage, vous avez tiré sur
Crozet en pensant tirer sur votre mari.
Je n'ai tiré sur personne.
J'aime Michel.
Jamais je ne voudrais sa mort.
J'aime.
J'aime.
Laisse-moi.
En fait, Radzinski vous en a tout.
Les polices polonaises, elles sont sympas, mais il ne faut pas être pressé.
Oui ? Oh, merde ! Oui, monsieur, on cherche un certain Radzinski Jacek.
Oui, je patiente, oui.
OK. Ça a l'air de bouger.
Moi, j'ai du mal à croire qu'après huit ans de mariage, Mylène Fabre puisse
tomber de cive. Moi, ils tiennent même dans le brouillard, je le reconnais.
La peur, c'est comme l'amour, c'est enveugle.
Attendez, cette fille n'est pas une céréale killeuse. Si elle avait tué,
elle aurait avoué.
Vous sous-estimez la peur de cette femme, une peur avec laquelle elle vit
quotidiennement depuis des années. Alors imaginez... qu'elle trouve enfin la
force de se débarrasser de son bourreau et que dans la panique, elle se trompe.
Découvrant que son tensionnaire, le responsable de son enfer, est toujours
vivant, elle le craint. Bien plus que la justice.
Et préfère se taire.
Bon, d'accord, elle a peur.
Moi, je crois plutôt qu'elle a vu son bonhomme tirer ce creuset.
Un truc est sûr, c'est qu'après la concession, Mylène Farbre est allée à sa
séance. Quand elle a vu arriver son bonhomme, elle a dû avoir une réaction.
Bon, on retourne voir la conseillère conjugale.
En espérant qu'elle ne se cache pas derrière le secret professionnel.
Oui, je suis toujours là.
Ah, d'accord.
Merci quand même. Au revoir, monsieur.
Bon, les enfants, on n'est pas prêts d'interroger le Polac.
Au revoir, Mylène.
Et dites donc, c'est quoi ces histoires avec ma femme, là ? Je viens de voir mon
avocat, il faut la relâcher, hein, les petits dossottes ? Oui, mais vous vous
occupez de Radzansky ? On l'a retrouvé.
Ah. Vous l'avez interrogé, qu'est-ce qu'il vous a dit ? Rien, il est mort.
Il a eu un accident de voiture hier matin près de l'aéroport de Varsovie.
Le taxi dans lequel il était a dérapé sur une plaque de verglas et a pigné
contre un arbre.
Là, c'est qui rend désormais impossible la confirmation de vos dires.
Il vous laisse en tête de liste des suspects.
Ah, des mecs comme Rasinski sont des hommes de main, hein ? Alors faites
votre boulot, trouvez-les.
Foutez la paix à ma femme.
Notre vie privée ne vous regarde pas.
Notre boulot, comme vous dites, consiste justement à étudier toutes les
hypothèses. Ah ouais, et Mylène, elle aurait voulu me tuer.
Sont toutes de cet acabit mes hypothèses, mais bravo.
Je suis désolé, on n'a rien à se reprocher, Mylène et moi, on s'aime.
Forcément... Vous ne savez pas ce que ça veut dire.
Parce que vous, vous savez, vous frappez votre épouse depuis des années et vous
prétendez l'aimer.
Quel genre d'homme êtes-vous, dites-moi, pour lever la main sur une femme ? Vous
l'avez menacée pour qu'elle se taise, c'est ça ? Je suis faux.
C'est cette conne de Villiers qui vous a dit ça.
J'ai rien à voir avec la mort de Yves.
Rien.
Peut-être dites-vous la vérité.
Peut-être étiez-vous visé.
Mais voyez-vous, si votre femme en effet tenait l'arme, je ne regrette qu'une
seule chose.
C'est qu'elle se soit trompée.
Ça va mieux, je vous assure.
Il m'a promis de faire un effort.
Moi aussi.
Je vais être plus attentive.
On a raison, je ne suis pas toujours facile à vivre.
J'ai enregistré ça vendredi soir, juste avant l'arrivée de Michel Fabre.
Vous avez l'impression que ce sont les paroles d'une femme qui vient de tuer
son mari.
Est-ce qu'il est possible de récupérer la cassette ?
Vous devez comprendre quelque chose.
Depuis des années, Mylène Fabre est sous l'emprise de cet homme.
Elle a perdu toute confiance en elle.
Elle pense même qu'elle est responsable de sa violence.
Vous savez, les sentiments d'échec et de culpabilité que ressentent ces femmes
les empêchent souvent d'imaginer une issue à leur souffrance.
C'est pas vraiment ce que nous a dit le médecin qui a soigné Mylène Fabre ? L
'interne ? Celui qui lui a mis de l'arnica et de pansements ? Mais il se
trompe.
Moi j'étais là, j'ai parlé avec elle.
Comment ça ? Vous étiez avec elle à l'hôpital ? Mais oui, elle m'a appelée,
je suis allée la chercher.
Et c'est arrivé souvent qu'elle fasse appel à vous ? Non.
Mais mes clients savent que je suis là pour eux, même en dehors des séances.
Vous savez, les femmes battues peuvent se sentir très isolées sans personne
vers qui se tourner.
Donc d'après vous, c'est impossible qu'elle ait voulu tuer son mari.
Si elle a été témoin...
Elle dira rien.
Se libérer d'une telle emprise prend énormément de temps. Et nous n'en sommes
qu'au début du travail.
Mais si, comme vous le pensez, elle a vu quelque chose, je peux peut-être vous
aider.
Mylène a confiance en moi, elle parlera.
Merci de nous avoir reçus.
Dites-moi, vous vous impliquez toujours autant avec vos clients ? Je ne fais que
mon métier.
Vas-y.
On t'envoie la sortie.
Au revoir, mademoiselle. Au revoir, monsieur Da.
Vous avez l'impression ou elle prend très à cœur la situation de Méliane
Favre ? Oui, elle a été tellement convaincante dans sa défense que ça m
'intrigue.
Je vais vérifier quelque chose.
Les deux rendez-vous avant les femmes, le vendredi, ont été annulés.
À croire qu'elle est occupée ailleurs.
Garage, par exemple ? C'est bien
Sophie Villiers qui a annulé ses rendez-vous.
Elle se sentait grippée.
Ben voyons.
Il y a 19h30, elle était guérie.
Elle a récupéré vite, hein.
On revient des services sociaux.
Avant d'être conseillère conjugale, Villiers était assistante sociale.
Et dans son secteur, il y avait la cité où habitaient les Sorlin.
Avoir vos mines quasiment satisfaites, je suppose qu'elle a été chargée de leur
dossier. Oui, quand ils étaient ados, Éric et Nina Sorlin étaient des fugueurs
récidivistes. Et Villiers s'était battu pour qu'ils ne soient pas séparés de
leur famille.
Les Sorlin lui étaient donc redevables d'un petit service, en l'occurrence, une
arme.
Donc, il faut avoir des raisons.
C'est bien lui qui était visé. Oui, mais non pas par un trafiquant qui l'aurait
floué, non, par une conseillère conjugale ayant adopté une méthode
thérapeutique radicale pour un mari cogneur.
C'est pas la psy qui a réagi, c'est la femme.
En fouillant un peu dans le passé de Sophie Villiers, on a découvert que son
père avait tué sa mère quand elle était adolescente. Lui aussi, il était
violent.
Bon, Sophie Villiers a proposé ses services.
Pour aider Mylène Fabre à se confier, on va accepter son aide. Et si j'ai raison,
c'est elle qui parlera.
Oui.
Merci de votre collaboration, madame Elie.
C'est normal.
Si je peux aider Mylène Fabre.
Comment voulez-vous qu'on procède ? Dans un premier temps, l'important, voyez
-vous, c'est qu'il se sente en confiance.
Votre présence me semble essentielle pour ça.
Pourquoi vous le protégez, Mylène Fabre ? Qu'est-ce que vous lui devez ? Cet
homme vous bat.
Vous va-t-il s'arrêter ? Non, ce sont des accidents, il ne veut pas.
C'est quand il est fatigué ou énervé.
Je ne fais pas toujours ce qu'il faut.
Parce que c'est votre faute, c'est ça ? Mais combien de temps vous allez rester
aveugle ? Dites-lui ! Mylène, cette histoire est peut-être l'occasion de
vous détacher de votre mari.
En aidant la police, vous vous aiderez.
Mais je ne leur cache rien.
Je n'ai rien vu.
Vous voyez que c'est de l'amour ce que vous éprouvez ? Vous n'êtes pas aussi
naïve. C'est de la peur.
pas besoin d'être aussi agressive.
Voilà, le vilier commence à être déstabilisé.
C'est parti.
La peur réduit à néant votre volonté, votre jugement.
Votre mari est un homme violent et manipulateur.
En vous demandant de vous taire, il vous rend complice d'un meurtre. Alors
réagissez.
Arrêtez de vous acharner sur elle, c'est intolérable.
Ça marche, ça marche.
Mylène Fabre n'est qu'une victime. Elle n'a rien fait, rien vu, vous m'entendez
rien du tout.
Comment pouvez-vous être aussi affirmative ?
Parce que je la connais.
C'est ma patiente.
Ce n'est pas plutôt la culpabilité qui vous rend aussi acharnée à la défendre.
Nous savons que vous avez annulé tous les rendez-vous précédant votre séance
avec les Fabres.
Ceci, afin de vous rendre près de Nina Sorlin,
pour récupérer l'arme qui a servi à tuer Yves Crozet.
Sophie, qu'est-ce qui se passe ? Je n'en rends
plus.
Madame Fabre, quand votre mari est arrivé en retard à la séance,
Comment a réagi Sophie Villiers ? Je ne sais plus.
Elle était un peu tendue.
Je me souviens, cette sortie, à ce moment-là, que Michel m'a demandé
pourquoi je n'étais pas à la maison.
Comme vous avez vu, monsieur Fabre, entrer dans votre bureau, vous avez eu l
'impression d'avoir un fantôme, n'est-ce pas ? Est-ce que vous pensiez l'avoir
abattu au garage ?
Je voulais le tuer avant qu'il ne vous tue.
Vous devez me croire, Mylène. Votre mari est un monstre.
J'avais confiance en vous.
J'espérais que grâce à vous, je pourrais m'en sortir.
C'est ça, votre solution ? Tu es Michel.
Vous en ayez agi ainsi parce qu'adolescente, vous n'avez pu sauver
votre mère.
Mon père aussi était violent.
Il frappait maman.
J'avais 14 ans quand il l'a tué.
Il l'a battu à mort.
Il a commencé à hurler comme chaque soir.
Maman.
était en train de repasser.
Elle lui a demandé juste cinq minutes.
Il lui a arraché le fer des mains et
je suis allée me cacher.
J'ai attendu.
Quand je vous ai vu à l'hôpital,
vous aviez le même regard que
ma mère.
Ce soir-là.
Le même regard.
Nous allons libérer votre mari.
Nous ne pouvons pas faire autrement, mais rien ne vous empêche de porter
plainte. Quoi faire ? De toute façon, il n'y a pas d'issue pour moi.
Lui, personne ne l'arrête et tout va recommencer.
Je ne crois pas à la fatalité.
Il faut lui faire confiance. Elle trouvera peut-être en elle des forces de
s'en sortir.
J'aimerais beaucoup en être aussi sûre que vous.
Savez-vous combien de femmes meurent chaque année sous les coups de leur
conjoint ? 400.
Soit plus d'une par jour.
Ça risque pas de t'arriver, ça.
Bien sûr, papa, c'est une promotion que j'ai demandé, mais ça veut dire deux ans
loin de Paris.
Non, j'en ai pas encore parlé à Jean-Louis.
Mais si j'accepte, j'ai peur qu'entre nous, ça remette tout en question.
C'est pas aussi simple que ça, papa.
Oui, je l'aime.
Papa ? Papa, je... Je sais pas quoi faire.
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