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Original subtitles

CE RÉCIT EST FICTIF.

AUCUNE PERSONNE OU ÉVÉNEMENT RÉELS NE SONT DÉPEINTS.

Dans le système pénal américain,

le ministère public est représenté

par deux groupes distincts mais d'égale importance :

la police, qui enquête sur les crimes,

et le procureur, qui poursuit les criminels.

Voici leurs histoires.

Vous rentrez tôt, Mme Kiley. Vous avez fait bon voyage ?

Ça a été mon plus beau cadeau d'anniversaire de mariage.

Le vol n'a pas été trop long ?

Le retour est toujours trop long, Michael.

- Faites monter les valises. - Au fait, votre fille...

May n'est pas encore sortie, si ? Il est trop tôt.

- Non, je ne l'ai pas vue, ce matin. - Bien.

Qu'est-ce c'est que ce cirque ?

May ?

Qui êtes-vous ?

- May ? - Mon Dieu.

Allez, debout.

Sortez d'ici tout de suite.

May ?

Andy ?

Monsieur Kiley, j'allais juste...

Commence par t'habiller.

- Andy, qu'est-ce qui se passe, ici ? - May a invité quelques amis.

Mon Dieu !

Lenore ?

Lenore !

Oh non.

Mon Dieu.

- Au début, on n'était que quelques amis. - Quelle heure était-il ?

- Vers 20h30. - Vous êtes en classe avec May ?

Oui, avant d'aller à la fac de Williams. Je suis en vacances.

Vous étiez là avec une fille ?

Une fille de Dalton. Je l'ai rencontrée ici et on a dormi là.

Vous avez parlé à May, pendant la fête ?

May était dans sa chambre avec quelqu'un. Je ne sais pas qui.

- Ils se sont disputés. - Vous avez entendu un coup de feu ?

Je ne suis pas resté derrière sa porte

et la musique était à fond.

Attendez ici. Comment vont les parents ?

La mère a appelé son médecin et le père a appelé son avocat.

J'ai un jeune qui a entendu une dispute dans la chambre de May.

- Et toi ? - Rien.

Ils disent que sa fête était mortelle.

Littéralement.

NEW YORK, POLICE JUDICIAIRE

Ce qui s'est passé hier soir,

ça ne lui ressemble pas.

Avant cette année,

elle n'allait jamais à des fêtes.

On se faisait du souci pour elle.

Les jeunes ont besoin d'une vie sociale

et May était plutôt...

solitaire.

Jusqu'à l'année dernière.

Ensuite,

elle a semblé s'épanouir.

Avant que vous ne partiez en Angleterre...

Il n'a jamais été question d'une fête.

Se droguait-elle ?

Si vous avez trouvé de la drogue, elle n'est ni à elle, ni à ses amis.

Du moins, pas à ses amis proches.

- Vous en êtes sûrs ? - Oui.

- Elle avait un petit ami ? - May et sa bande,

ils ne sortent plus ensemble comme on le faisait à notre époque.

Vous pouvez nous donner des noms ?

Il y a Chris Landauer.

Elle est dans sa classe.

Et...

Julia Buckley.

Elle a un an de moins.

Vers 20 h ou 20h30,

des amis, des amis d'amis et des inconnus ont commencé à débarquer.

Le portier appelle l'appartement : "Ce sont vos invités ?"

May veut être populaire, alors elle répond par l'affirmative.

Jusqu'au moment où elle ne maîtrise plus rien.

Un jeune l'a entendue se disputer avec un garçon, vers 23 h.

Une fille, Melinda Suarez, a entendu un coup de feu, 30 minutes plus tard.

- Mais elle a cru que ça venait de la rue. - Et l'arme du crime ?

Un calibre 22 non déclaré. Le labo bosse sur les empreintes.

- Des résidus de poudre ? - Le labo est dessus.

Coup de feu à 23h30. Les parents l'ont trouvée à quelle heure ?

- À 6 h. - Ça fait six heures et demie.

Personne n'est entré et n'a vu le corps ?

La porte était fermée. C'est plausible.

À l'arrivée des parents, il y avait des corps partout.

Endormis, drogués, éméchés...

Et les polaroïds ?

C'est illégal de les poster sur Internet

mais il n'y a aucune photo de May.

- Ni journal intime, ni répertoire ? - On cherche.

D'après les gens à qui on a parlé,

May était timide mais tout le monde l'aimait bien.

Elle était drôle, pas extravagante et un peu naïve.

- Si elle était sortie un peu plus... - Elle serait peut-être morte dehors.

Le labo a relevé trois jeux d'empreintes, sur l'arme.

Celles de May, celles d'un inconnu et celles de Maxwell Paris, 23 ans,

qui vient de passer six mois à Rikers pour trafic de drogue.

Comment vous avez atterri à cette fête ?

Quelqu'un organise une petite soirée et vous êtes forcément invité ?

Vous avez apporté les cotillons ?

- Vous m'arrêtez ? - Pourquoi ?

- Vous êtes resté combien de temps ? - Deux heures.

- À qui avez-vous parlé ? - À May ?

- Qui ? - La maîtresse de maison.

On a trouvé cette arme.

Il y a vos empreintes. Vous nous expliquez ?

- Pourquoi sont-elles sur cette arme ? - Je l'avais juste apportée.

Un jeune l'a trouvée dans ma poche et a commencé à la montrer aux autres.

J'ai essayé de la récupérer mais il y avait une blondinette...

Elle vous le confirmera.

- J'étais avec elle, du début à la fin. - Elle a un nom ?

Tout le monde a un nom. Cindy, je crois. Ou Mary.

Bon, vous reconnaissez cette blondinette ?

Oui, c'est elle.

Si ma mère apprend que j'étais avec ce garçon...

Parlez-nous de l'arme.

C'était une arme.

- Vos amis portent souvent des armes ? - Non.

J'ignorais qu'il en avait une. Un mec l'a sorti de la poche de son jean.

Et Max n'a rien fait pour l'arrêter ?

Son jean était à l'autre bout de la pièce.

Je vois.

Vous êtes restée avec lui ?

Il ne s'est pas absenté ? Même pour prendre une bière ?

Non. Je l'ai rencontré dans l'ascenseur.

Je ne savais même pas qu'il allait à la fête.

On n'était pas invités, tous les deux.

Je ne sais pas trop, il ne m'a pas quittée de la nuit.

Il devait avoir peur que je le laisse en plan.

Il ne voulait pas rater une belle occasion.

Écoutez, je sais ce que vous pensez.

Mais si vous voyiez les ringards avec qui je sors d'habitude, au lycée.

Et ce Max, il est passionnant ?

Authentique. Je veux dire, il fait vraiment des trucs.

Comme de la prison.

Écoutez, je suis vraiment désolée de ce qui est arrivé à la copine de Billy

mais Max a passé toute la nuit avec moi.

Qui est Billy ?

Billy Fields. C'est lui qui m'a parlé de la fête.

Il était avec May.

Où peut-on le trouver ?

Je ne sais pas.

Au journal Greenwich, sur la 12e rue.

Depuis que c'est arrivé,

on dirait un cauchemar.

Vous pouvez nous raconter ce qui s'est passé ?

Je voulais en parler à quelqu'un.

- Mon ami Louis a dit... - Louis ?

Louis Morse. Il a dit que je devrais le signaler.

- J'avais peur. - Ne vous inquiétez pas.

C'est normal d'avoir peur, face à ce genre de choses.

Je ne savais pas quoi faire.

Je veux dire...

Ce n'était qu'une fête, une fête normale.

May l'a organisée quand elle a su que ses parents s'absenteraient.

- Que s'est-il passé ? - Je suis arrivé en retard.

J'ai à peine eu le temps d'enlever mon manteau

que Louis m'a poussé dans la chambre de May.

Il avait une arme.

J'ignore d'où elle sortait.

On la regardait, quand May est entrée.

Elle était hystérique.

Elle nous a dit qu'elle avait reçu une lettre...

et qu'elle avait le sida.

Elle pleurait. Elle disait que ce n'était pas juste.

J'étais en panique. Je n'arrêtais pas de lui demander si elle en était sûre.

Elle me répondait que oui.

J'ai pensé que moi aussi, je l'avais.

Elle m'a dit de poser l'arme.

Elle l'a ramassée et le coup est parti tout seul.

Je ne comprenais pas ce qui s'était passé.

J'ai cru que je l'avais tuée.

J'avais peur. Avec Louis, on a filé en douce.

Mon Dieu.

Je m'en veux tellement.

Il attend son avocat, en salle d'interrogatoire.

Elle lui dit qu'elle a le sida, il panique et la tue accidentellement.

- Vous croyez à son histoire ? - Il est effondré.

Mais son ami, Louis Morse, corrobore sa version.

Donc, il y a eu lutte.

Peut-être qu'il a voulu la tuer par peur et qu'elle a essayé de l'arrêter ?

Le légiste va vérifier si elle était séropositive

et si la blessure confirme la version du garçon.

Coffrez Max pour possession d'arme à feu,

inculpez Billy d'homicide volontaire et parlez aux parents de May.

Voyez ce qu'ils savent sur Billy.

Séropositive ? Comment ça ? De quoi ils parlent ?

- On veut juste confirmer... - Ma fille est morte.

Et vous me dites qu'elle...

- Qui vous a dit ça ? - Monsieur Kiley...

Cette personne ment.

Ma fille n'était pas sexuellement active.

Elle a appris à se servir d'un diaphragme, il y a un peu plus d'un an.

Quoi ?

May s'est épanouie tard.

- Elle voulait que je la conseille. - Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ?

Parce qu'elle avait peur que tu réagisses comme tu le fais là.

- Avec qui couchait-elle ? - Je ne lui ai pas demandé.

Que cherche votre coéquipier ?

Il n'en a que pour une minute.

May a-t-elle parlé de se faire dépister ?

Que savez-vous de son ami, Billy Fields ?

Nous l'avons rencontré plusieurs fois.

Il avait l'air d'être un gentil garçon.

J'ignorais que c'était son petit ami.

J'ai trouvé ça dans un de ses livres scolaires.

"May, il faut qu'on parle. C'est très important. Lana."

Qui est Lana ?

Il y a une Lana Madison, à la chorale.

Mais elles n'étaient pas vraiment amies.

ACADÉMIE PACKARD LUNDI 16 DÉCEMBRE

May, Grace Leonard, une fille de Spence, et moi,

on est toutes sorties avec le même garçon.

Moi, ça fait environ un an et demi.

Grace, c'était il y a un an. May, il y a neuf ou dix mois.

- Il a plaqué Grace pour elle. - Qui est ce garçon ?

- Je ne connais que son surnom : Twist. - Savez-vous où on peut le trouver ?

Je ne sais pas. Je ne l'ai pas vu depuis un moment.

- Il va au lycée avec vous ? - Non, il est plus âgé.

De quelques années.

- Savez-vous où il habite ? - Non, il traîne un peu partout.

Alors, où avez-vous...

Chez mes parents.

Ils étaient absents.

Parlez-nous du petit ami actuel de May.

Billy ? C'est un gars timide. C'est plus le genre de May.

Pas comme Twist.

- Je vois mal Billy tuer quelqu'un. - Vous avez une dent contre Twist ?

Eh bien, deux semaines...

Non, trois semaines après qu'on a rompu,

je l'ai croisé à une fête.

Il m'a dit qu'il avait le sida et que je l'avais sûrement, moi aussi.

Ça le faisait rire.

Je pensais qu'il plaisantait,

qu'il disait ça pour se venger, parce que je l'avais plaqué.

Mais il y a deux semaines, j'ai fait un dépistage de MST

et j'ai découvert que Twist disait la vérité.

Je suis désolé.

C'est quoi, déjà, le dicton ?

"Si tu veux éviter les barreaux, tiens-toi à carreau" ?

Voilà comment je me sens, comme si j'étais une sorte de criminelle.

Vous êtes suivie ?

Oui, j'ai un bon médecin. Du moins, c'est ce que disent mes parents.

Ils peuvent enfin se targuer d'avoir été compréhensifs.

Grace saurait-elle où on peut trouver Twist ?

J'ai essayé de la contacter, pour le lui dire,

mais elle le savait déjà.

Elle est morte.

Du sida.

Une pneumonie, le mois dernier.

Twist est une ordure.

Il s'est même vanté de vouloir infecter un maximum de filles,

de vouloir nous faire plonger avec lui.

Le légiste a confirmé que May était séropositive

et l'angle de tir correspond à l'histoire du gamin.

On a sa déposition.

- Le témoin corrobore les faits ? - Oui.

Il a tout vu. J'ai parlé à l'avocat de Billy.

Que savons-nous de ce garçon ?

Tout le monde dit qu'il est gentil et bon élève.

L'affaire se présente bien.

On dirait que ça s'est passé comme il l'a dit.

Il a paniqué et le coup est parti. Je suis prête à passer un accord.

Bien, affaire classée pour Billy. Si seulement tout était aussi simple.

- Et pour l'autre mec, Twist ? - Quoi ?

Il tue des femmes en les infectant délibérément.

Il s'en est vanté.

Il a dit qu'il infecterait le plus de filles possible.

Ne devrait-on pas plutôt contacter le département de la santé ?

Lieutenant, il est dangereux.

Je ne sais pas.

C'est au moins une tentative d'assassinat.

On va l'obliger à plaider l'homicide volontaire ?

Ce sera compliqué.

Je suis de l'avis de Curtis.

On a un gentil garçon qui a tué accidentellement sa copine

et un mauvais garçon qui infecte sciemment des femmes.

Arrêtez-le. On verra plus tard comment le garder.

Commencez par la clinique où la fille a été dépistée.

CLINIQUE POUR FEMMES DE MANHATTAN JEUDI 19 DÉCEMBRE

On a la liste des partenaires

de chaque personne qui s'avère séropositive.

On les contacte pour qu'ils se fassent dépister,

ils nous donnent la liste de leurs partenaires, et ainsi de suite.

Lana Madison s'est fait dépister ici. Voici la lettre que vous lui avez envoyée.

On espérait que vous auriez retrouvé le garçon qui l'a infectée.

C'est confidentiel.

On a quelqu'un dans la nature qui infecte délibérément des femmes.

Bon, ce que je peux vous dire, c'est qu'au cours des trois derniers mois,

une demi-douzaine de filles séropositives ont donné

des contacts qui se recoupent.

Un homme ?

Testé séropositif, il y a un an et demi.

Il nous faut son nom.

Les règles ne prévoient aucune exception.

Au moment où on parle, il est peut-être en train d'infecter quelqu'un.

Si vous investissiez autant de ressources dans l'éducation sexuelle...

On travaille à la police, pas à l'école.

Et je travaille dans une clinique

qui ne divulgue aucune information confidentielle.

Excusez-moi.

On n'a pas pu obtenir le nom de ce mec.

On ne peut pas le retrouver. Il continue à répandre la maladie.

Les juges n'aiment pas ce genre d'affaires.

Ça soulève un problème constitutionnel : le droit à la vie privée.

Que faites-vous du droit à la vie ?

Le secret médical est strictement encadré, dans cette ville.

Alors, quoi ?

On arrête et on le laisse semer la mort

auprès de gamines qui ne cherchent qu'à s'amuser ?

D'accord, je dépose une requête.

Je crois qu'on est tous d'accord pour dire qu'il s'agit d'un crime.

J'espère.

BUREAU DE LA JUGE BARBARA KAPLAN MARDI 7 JANVIER

Dans l'affaire Rodriguez, le prévenu a dû faire un dépistage du VIH.

L'État ne demande pas à un suspect de se faire dépister

mais nous demande de divulguer les résultats à une tierce partie.

Au regard de la vie privée, c'est pareil.

Dansl'affaire Rodriguez ,

le prévenu était accusé d'agression sexuelle.

La victime a demandé le dépistage de son agresseur

pour sa tranquillité d'esprit.

La situation est complètement différente.

Si nous n'arrêtons pas cet homme, il infectera d'autres femmes.

Pour l'en empêcher, il nous faut son nom.

Il y a autre chose à prendre en compte.

Le secret médical est ce qui encourage certaines personnes à se faire dépister

et les personnes malades à se faire soigner.

Si le procureur outrepasse le secret médical,

les personnes séropositives fuiront les services de santé comme la peste.

Mlle Ross, si j'ordonne la révélation de ces informations,

la communauté séropositive ne va-t-elle pas penser

que le secret médical n'existe plus ?

L'État en a besoin pour une raison précise.

On ne demande pas d'ouvrir chaque dossier, seulement une dérogation pour un individu.

Ça commence toujours comme ça.

Si ça vaut pour un, pourquoi pas pour deux, dix ou 100 ?

L'affaire Rodriguez ne peut pas vraiment servir de jurisprudence.

Dans cette affaire, le suspect avait déjà été arrêté.

Dans le cas présent, vous voulez lever le secret médical pour l'arrêter.

C'est sans précédent.

- Y a-t-il eu un crime ? - C'est ce qu'on cherche à déterminer.

D'où l'importance de lui parler.

Au vu de la gravité des conséquences et de l'urgence de la situation,

je penche davantage pour la protection de la santé

et de la vie des personnes risquant d'être contaminées,

plutôt que pour un droit qui n'est pas une question de vie ou de mort.

Vous pouvez accéder aux dossiers.

On cherche un jeune du nom de Twist.

Il vit dans cet immeuble mais on n'a pas le numéro de l'appart.

Stark.

Il s'appelle Kenny Stark. Il habitait bien ici.

- Une vraie plaie. - Quel appartement ?

Je ne l'ai pas vu depuis... On est quel mois ?

Il a déménagé ? On doit le retrouver très vite.

Vous connaissez le Village Blues, à deux rues d'ici ?

Vous trouverez facilement. Il travaillait en cuisine.

Merci.

VILLAGE BLUES VENDREDI 10 JANVIER

Oui, il faisait la plonge, quand il avait besoin d'argent.

Je ne l'ai pas vu depuis un bail.

Un vrai Roméo.

Toujours une fille différente au bras.

Jeunes, en plus.

Vous voyez le genre.

Il séduit les filles en jouant les artistes maudits.

Elles sont tellement bêtes.

Elles le voient se shooter et veulent s'occuper de lui.

- Il se drogue beaucoup ? - Ce n'est pas vraiment son truc.

Il fait ça pour se convaincre qu'il n'est pas de la classe moyenne

et pour convaincre les filles qu'il est une âme tourmentée.

- Vous savez où il vit ? - Par-ci, par-là.

Chez les filles assez bêtes pour l'héberger.

Comme la fille de l'autre soir.

Elle collait des affiches pour retrouver son chat.

- Lequel, le siamois ? - Le Manx.

Merci.

- Vous avez retrouvé mon chat ? - On cherche Kenny Stark.

Twist.

Pourquoi ? Il a des problèmes ?

Vous l'hébergez ?

- Qu'est-ce qu'il a fait ? - Il est là ?

- Il vient juste de partir. - Où est-il allé ?

Il joue dans un groupe. Ils ont un bientôt un concert important.

Peut-être même qu'un chasseur de talent viendra les voir

et qu'ils vont décrocher un contrat avec un label.

- Vous devriez les écouter. - On peut aller à leur répétition.

Vous n'avez pas de souci à vous faire.

Au 413 de la 3e rue, au-dessus de la laverie.

Vous êtes sa petite amie ?

Oui.

Est-ce que Kenny vous a dit qu'il était malade ?

Comment ça ?

Restez ici. Nous reviendrons vous parler.

On cherche Twist.

N'ayez pas peur. J'ai un problème aux yeux.

Je ne vois rien, à part Twist. Je ne vous vois même pas.

Où est-il ?

Non, bébé.

Je ne mets pas de capotes. C'est mieux sans.

- Police. - Quoi ?

- Debout, on y va. - Pourquoi ?

- Debout. - Kenny Stark,

je vous arrête pour le meurtre de Grace Leonard

et la tentative de meurtre sur Lana Madison.

- Twist ? - Vous avez le droit de garder le silence.

Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous.

Affaire numéro 27341, l'État contre Kenneth Stark,

un homicide volontaire non prémédité et quatre tentatives.

- M. Stark, que plaidez-vous ? - Non coupable, M. le juge.

- Nous demandons la détention provisoire. - M. Stark ne s'enfuira pas.

Il représente une menace. Monsieur Stark est séropositif et...

Vous voulez mettre tous les séropositifs dans des camps ?

Non, seulement ceux qui contaminent délibérément les autres.

Depuis le début de l'épidémie de sida,

l'option de la quarantaine a été rejetée systématiquement.

"La possibilité conférée par la loi d'isoler une personne

"dépend de la maladie contagieuse dont souffre cette dernière."

- Smith contre Emery. - 1896.

La loi la plus récente en la matière date de 1947.

Mlle Ross vit dans le passé.

M. Margini suggère-t-il d'ignorer la jurisprudence ?

Mlle Ross suggère-t-elle d'ignorer les droits constitutionnels fondamentaux ?

Monsieur Stark n'a aucun droit de mettre les autres en danger.

Très bien, calmez-vous.

Le prévenu sera placé en détention.

- Ce n'est pas un peu précipité ? - C'est un tueur en série en liberté.

On ne peut pas être prudent et y aller en douceur.

Il ne s'agit pas d'un tueur en série.

Quel est ton seuil ? Deux, trois, six victimes ?

Stark peut infecter et tuer des dizaines, voire des centaines de personnes.

Ce qu'il a fait est clairement un crime.

Dans un monde parfait.

Mais dans celui-ci, en vertu des lois que nous avons...

Juste avant son arrestation,

la police l'a entendu dire à une fille : "C'est mieux sans."

- Sans quoi ? - Il ne voulait pas mettre de préservatif.

Mon Dieu.

Il a dit à une autre qu'il voulait infecter le plus de femmes possible.

C'est un crime, Adam.

Mais est-ce un crime qu'on veut instruire ?

Beaucoup de gens vont voir ça comme le signal

de l'ouverture de la chasse aux malades du sida.

C'est une considération politique.

Politique et peut-être constitutionnelle.

Des personnes meurent.

On a les moyens de l'empêcher. Utilisons-les.

Personne n'a consenti à être infecté.

Le département de la santé s'occupe de ces choses-là.

Ça relève de sa responsabilité.

Oui, il trace les contacts mais il ne peut pas les arrêter.

Le département de la santé n'est pas la police du sexe.

En plus, ces gamins ne le signalent pas.

- Et tu penses que cette affaire... - Pourrait sauver des vies ?

- Oui. - On ne va pas partir en croisade.

Je ne pars pas en croisade.

On ne peut pas sauver tout le monde d'une balle dans la rue,

tout comme on ne peut pas sauver tout le monde du sida.

On est là pour poursuivre toute personne responsable de la mort d'une autre.

On risque de faire le jeu des pires préjugés.

Ça va faire la une de tous les journaux et je m'en passerais bien.

Trouvez un accord. Faites ce que vous avez à faire.

Anne Paulsen, cabinet Kagan, Romero & Schoenholtz.

- Je défends désormais Monsieur Stark. - Où est monsieur Margini ?

Il est retourné défendre les prostituées.

- Ça fait rire votre client ? - Pas autant que vos accusations.

- Pourquoi prenez-vous cette affaire ? - Elle joue au golf avec ma mère

qui est sa voisine, à Ardsley.

- Sans parler des honoraires. - Kenny.

- Je ne l'ai pas vue, lors de l'audience. - Elle se fait soudain du souci ?

On ne se voit plus trop, récemment.

Monsieur Stark ne voit plus sa famille, depuis deux ans.

Sa série de meurtres l'occupait à plein temps ?

Bon.

Vous me dites ce qui s'est passé ?

Je peux vous garantir

que ses parents feront tout leur possible pour l'aider.

On propose l'homicide involontaire coupable,

trois à neuf ans, en échange du nom de ses partenaires.

Pour inventer de nouvelles accusations bidon ?

Pour pouvoir prévenir ses victimes.

Ses victimes ? Vous savez que ça ne tient pas la route.

Son irresponsabilité est triste et immorale

mais ce n'est pas un crime.

Je vais demander le non-lieu.

BUREAU DU JUGE ALVIN HOYT JEUDI 16 JANVIER

Monsieur McCoy cherche à criminaliser les relations sexuelles.

Non, je cherche à imposer des sanctions criminelles à un meurtrier.

Quelle que soit son irresponsabilité, monsieur Stark n'est pas un meurtrier.

L'arme qu'il a choisie est inhabituelle

mais elle est tout aussi mortelle qu'une arme dans les mains d'un voleur.

L'intention doit être prouvée, quand un voleur presse la détente.

Monsieur Stark a dit à une de ses victimes qu'il voulait les faire plonger avec lui.

Si vous l'autorisez à poursuivre les personnes séropositives...

Il a sciemment infecté d'autres personnes d'une maladie mortelle.

- Sans avertissement, sans protection. - Ça suffit.

Cette affaire est recevable, M. McCoy, si vous pouvez prouver l'intention.

Je vous autorise à poursuivre

mais n'oublions pas que c'est un sujet sensible.

Vous n'entamerez pas une chasse aux sorcières.

En persistant avec cette affaire, vous crucifiez toute une communauté.

Nous ne crucifions pas une communauté, nous poursuivons un homme.

Qui a le sida.

Aux yeux de la presse et de l'opinion publique...

- Personne ne parle d'homosexualité. - Vous pensez que ça fera une différence ?

Les gens associent automatiquement le sida à l'homosexualité.

La presse à scandale va utiliser cette affaire

pour attaquer tous les séropositifs, ce qui...

- Ce qui inclue... - Oui.

Vous devez penser aux conséquences que tout ça aura.

Donc, on ne doit pas poursuivre un meurtrier

si c'est un chrétien fondamentaliste, parce que les gens pourraient penser

qu'il représente tous les chrétiens fondamentalistes.

C'est bien ça ?

Les tribunaux ne vivent pas dans une tour d'ivoire.

Chaque décision juridique est politique.

Je ne décide pas des affaires que je poursuis

en me basant sur la peur de ce que la presse pourrait en dire.

Je vous ai toujours soutenu, Adam.

Je me suis décarcassé pour vous, à chacune de vos réélections,

et je ne vous ai jamais rien demandé en retour.

Si vous ne faites pas marche arrière,

je vous enterrerai.

Commencez à creuser.

Le juge Al Hoyt s'est prononcé en votre faveur ?

- Depuis quand il a du cran ? - Il a peut-être une petite-fille.

Il est ce qu'on appelle un célibataire endurci.

Vous avez donc votre crime.

Vous pensez que Paulsen accepterait une offre ?

On a réessayé et elle a refusé.

Établissez l'intention.

Peut-être qu'ainsi, son client ouvrira les yeux.

Établissez l'intention.

Cette affaire est politiquement risquée, pour lui.

Ce n'est qu'un bruit de fond. Essaie de l'ignorer.

Commençons par les victimes.

- Lana Madison ? - On a sa déposition.

- La fille du loft ? - On a son accord.

Et la petite amie de Stark, Leslie Crowell ?

Je vais lui parler.

Selon vous, il aurait infecté ces filles ?

Twist n'est pas comme ça.

Je le connais, contrairement à vous.

- Je sais ce qu'il a fait. - Vous savez juste ce qu'elles ont dit.

Que savez-vous d'elles ?

L'une est morte du sida et l'autre est séropositive.

Je n'ai pas le sida.

- Vous avez subi un dépistage. - Tout est normal.

Dans quelle clinique ?

Leslie, c'est important. Faites-vous dépister, je vous en prie.

- En quoi ça vous regarde ? - Je viendrai avec vous.

Parfois, c'est plus facile, quand on est accompagné.

Je suis allée voir Twist en prison.

Ma mère m'a mise à la porte, après la mort de mon père.

Quand j'ai rencontré Twist, il m'a dit

qu'il avait cherché toute sa vie quelqu'un comme moi.

Ma mère et mon père ne m'ont jamais dit qu'ils m'aimaient.

Depuis quand le connaissez-vous ?

Deux mois.

Comment savez-vous qu'elles n'ont pas été infectées par un autre,

ou par une seringue, et qu'elles accusent Twist ?

C'est comme cette fille, à Central Park, qui lui criait dessus.

À propos de quoi ?

Quand elle l'a vu avec moi, elle est devenue folle.

Elle a dit qu'elle se vengerait et qu'elle lui ferait payer.

Pourquoi ?

- Parce qu'elle était jalouse. - Peut-être qu'il l'a infectée.

Elle n'a rien dit à ce sujet.

Elle a juste dit qu'elle lui ferait payer.

Et elle a réussi son coup, non ?

Vous connaissez son nom ?

Elle a les cheveux châtain clair et elle mesure environ 1m65.

Depuis quand êtes-vous malade ?

C'est juste un rhume, rien de grave. Je n'ai besoin de la pitié de personne.

J'ai déjà assez de problèmes, avec mes parents.

Vous êtes sûre que Stark vous a transmis le VIH ?

- Vous pouvez le prouver ? - Oui.

Avec des détails, des partenaires, des dates ?

- Ça risque d'être gênant. - Parlez-moi de votre rencontre au parc.

- Qui vous a dit ça ? - Vous aviez une raison de le cacher ?

- Non, c'est juste que... - Pourquoi ne pas prévenir la police ?

Parce qu'on aurait cru que je l'accusais de m'avoir infectée pour me venger.

Et c'est le cas ?

Twist m'a transmis cette maladie

et ça l'a fait rire.

Oui, je veux me venger.

Je ne pourrai jamais me marier ou avoir des enfants.

À quoi bon continuer le lycée ou aller à l'université ?

Même si on n'appelle pas Lana à la barre, Paulsen le fera.

Merci. Ensuite, elle appellera Leslie à la barre.

Pourquoi a-t-elle menacé Stark ?

Pourquoi a-t-elle caché cette rencontre dans le parc ?

Qui d'autre aurait pu l'infecter ?

Même moi, j'ai un doute raisonnable.

Tu doutes de ce qu'elle dit ?

Je doute qu'un jury la croie, même si elle dit la vérité.

Si on n'appelle pas Lana à la barre, le jury n'entendra pas la menace de Stark.

- On perd la moitié de notre dossier. - Et on pourrait perdre l'autre moitié.

Une requête en irrecevabilité pour le diagnostic de Stark.

Sans preuve qu'il était au courant, impossible de prouver son intention.

COUR SUPRÊME MERCREDI 22 JANVIER

La loi est claire.

Le secret médical est sacré.

La juge Kaplan a déjà accepté que les résultats soient dévoilés.

Je me moque de l'avis de la juge. Continuez, mademoiselle Paulsen.

D'une part,

le secret médical est protégé par l'article 3504 du Code pénal.

D'autre part, le département de la santé de la ville établit clairement

que l'identité des séropositifs doit rester anonyme.

Ce dossier est le seul document dont nous pouvions disposer

pour déterminer l'intention criminelle.

La cour doit faire fi du fait qu'il s'agit d'un rapport médical.

En quoi est-ce différent de toutes autres informations médicales ?

L'État contre Thomas, l'État contre Fonseca,

l'État contre Gearhardt... Dans chacune de ces affaires,

la cour a statué que le droit de l'État à savoir si un accusé avait le sida

- l'emportait son droit à la vie privée. - Ce dernier est un droit constitutionnel.

Dans ces affaires, le crime n'a jamais été en doute.

Dans la nôtre, vous bafouez les principes sur lesquels notre pays a été fondé.

Si vous ouvrez cette porte, jusqu'où ira-t-on ?

Même le Collectif homosexuel de santé est revenu sur ses positions

et se prononce en faveur du signalement de la séropositivité

au département de la santé.

Je me moque de ce que déclare ce collectif.

La question constitutionnelle ne doit pas être balayée comme si de rien n'était.

Le secret médical n'aurait jamais dû être enfreint.

Par conséquent, le rapport sur l'état de santé de M. Stark est irrecevable.

Monsieur le juge, je demande le non-lieu.

Sans preuve d'intention, les charges ne peuvent être retenues.

On a la déposition de Lana Madison concernant les menaces de M. Stark.

Ouï-dire. Cette jeune fille aurait pu être infectée

par n'importe lequel de ses partenaires.

Nous avons l'historique complet de ses relations sexuelles.

Elle a très bien pu oublier un partenaire,

en protéger un ou mentir.

C'est exact, Mlle Paulsen. J'accepte votre requête de non-lieu

mais je vais différer l'ordonnance,

pour laisser le temps à monsieur McCoy de faire rapidement appel.

Vous avez 48 heures pour trouver quelque chose.

McCoy, vous êtes un type bien, alors j'ai été gentille.

Laissez tomber ou je vais vous démolir dans la presse.

Vous pensez qu'Adam Schiff appréciera ?

- Une vraie partie de plaisir, hein ? - Génial.

On a 48 heures

pour prouver que Stark sait depuis un an qu'il a le sida

et pour prouver à nouveau l'intention.

- On repart à zéro. - Laisse tomber.

Laisse les 48 heures expirer et mets ça sur le dos du juge.

C'est l'idée de vouloir protéger les gens

des conséquences du sexe sans attache qui te choque ?

Oh, je vois. Je suis vieux jeu, c'est ça ?

- Non, Adam, je dis juste... - Je ne pense qu'à la politique

et j'ai peur que cette affaire me fasse perdre les élections.

Si on avait une chance, je te dirais de foncer,

peu importe les conséquences.

Mais on a dépassé ce stade. Limite la casse.

Je veux d'abord parler à ses parents. Ensuite, on verra.

C'est ça, on verra.

DOMICILE DE M. ET MME STARK JEUDI 23 JANVIER

On est allés voir Kenneth en prison.

Il ne veut toujours pas nous parler.

Mon fils ne fait plus vraiment partie de la famille,

depuis ses 16 ans.

Avant la prison, à quand remontait votre dernier échange ?

Au printemps dernier. Quand était-il venu ?

En avril. Le cornouiller était en fleur.

Il est passé sans prévenir.

Au printemps, quand il a appris qu'il avait le sida.

Vous a-t-il parlé de son état de santé ?

Il est venu vous voir car il était malade, n'est-ce pas ?

M. et Mme Stark, je suis sûr que vous comprenez

qu'il ne s'agit pas uniquement du bien-être de votre fils.

Mais vos questions concernent mon fils.

Votre fils a sciemment infecté d'autres personnes.

Nous ignorons combien.

Nous savons bien de quoi vous l'accusez.

Il faut l'arrêter.

Il ne doit pas être relâché.

Ça fait des années qu'on essaie de le faire changer.

S'il est venu vous voir, s'il vous a parlé de son état...

Vous vous en serviriez pour l'enfermer.

Nous lui avons fait une offre.

Ne devriez-vous pas plutôt en parler à mon avocate,

l'avocate de mon fils ?

On est prêts à réduire le chef d'accusation.

Au lieu de risquer la prison à perpétuité,

il ne purgera que trois à neuf ans.

Notre fils sera peut-être mort, dans trois ans.

Même si Kenny était venu nous voir quand il était malade,

pensez-vous qu'on vous aiderait à le mettre en prison ?

Mon fils a eu des problèmes.

Je le sais. Et il va mourir.

Comme beaucoup d'autres enfants, si vous ne nous aidez pas.

Vous n'en savez rien.

Vous serez tout aussi responsables de leur mort que lui.

Je vais devoir survivre à la mort de mon fils.

Je n'y arriverai pas, s'il meurt en me haïssant.

Il mourra avec nous, à la maison.

Pas en prison.

J'ai appelé l'assurance des Stark.

Mi-avril, au moment où il est allé chez ses parents,

Mme Stark a contacté la compagnie

pour savoir si son fils était toujours couvert.

Il y a une note dans le dossier.

Donc, il a bien dit à ses parents qu'il était malade.

La mutuelle a dit à madame Stark qu'elle pouvait assurer son fils,

si elle payait une prime et s'il passait un examen médical.

Que Kenny n'a pas passé,

parce qu'il aurait révélé qu'il était séropositif.

- Les parents le savent depuis un an. - Mais ils refusent de coopérer.

Parce qu'ils veulent le protéger.

Au point de payer eux-mêmes pour le soigner ?

J'ai vérifié leurs comptes bancaires et leurs transactions.

Il ont fait des retraits importants, en espèces, à intervalles réguliers.

Ses parents lui donnaient de l'argent pour l'aider.

On n'en sait rien.

Mais Stark et son avocate ne savent pas qu'on l'ignore.

Soit on se couche, soit on bluffe.

On a parlé à vos parents.

On sait qu'ils ont contacté leur mutuelle pour que vous soyez assuré.

C'est confidentiel. Vous ne pourrez pas le dire au jury.

Ils retirent régulièrement de l'argent.

Vous ne pouvez pas prouver que c'est pour lui.

On sait que vous avez utilisé l'argent pour vous faire soigner.

L'avantage de l'argent liquide, c'est qu'il est intraçable.

Dois-je inculper ses parents d'entrave à la justice ?

Et moi, de quoi allez-vous m'inculper ? De complicité par assistance ?

Vous rêvez, McCoy. Ça ne tiendra pas, devant la cour d'appel.

Je retenterai l'année prochaine et la suivante.

Il viendra au procès sur un brancard.

On verra ce que le jury en pensera.

L'entretien est terminé.

On a jusqu'à la fin de la journée pour faire appel.

Je vais aller déjeuner, d'abord. On est vendredi.

On gagnera peut-être du temps en étant en retard.

BUREAU DU JUGE BARRY ABRAMS VENDREDI 24 JANVIER

Monsieur McCoy, mademoiselle Ross.

Je sais pourquoi vous êtes ici.

- Laissez tomber. - Relâcher Stark,

ça revient à relâcher un terroriste en lui donnant des explosifs.

Je comprends votre inquiétude.

Mais pour faire appel, il faut cinq juges.

On est vendredi et il est 16 h.

C'est urgent.

Comment voulez-vous que je trouve quatre confrères

pour siéger à une heure pareille ?

Le sursis du juge Hoyt expire aujourd'hui.

Demain matin, Stark sera libéré.

Vous voulez que je prolonge le sursis jusqu'à lundi ?

À moins que vous ne trouviez des confrères pour mon appel.

Profitez de votre week-end.

Vous aurez un lundi difficile.

On a deux jours de plus. Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ?

On prouve que Stark savait qu'il avait le sida.

Allons voir sa petite amie.

Peut-être qu'il lui a parlé de son état.

Il ne ferait de mal à personne. Je le sais.

Je ne le sais pas, moi.

À mes yeux, il ne semble pas se soucier de qui que ce soit.

Pas même de vous.

Ce n'est pas vrai.

Il m'a dit de me protéger.

Que vous a-t-il dit ?

Il a dit que ce n'était pas pour éviter une grossesse

mais parce qu'il était malade.

Vous a-t-il dit qu'il était séropositif ?

Il m'a dit qu'il était malade et qu'il ne voulait pas que je le sois.

Il savait qu'il devait mettre un préservatif

mais je n'ai pas voulu.

S'il était malade, quelle que soit la maladie,

c'était comme si on était mariés.

"Jusqu'à ce que la mort nous sépare."

Il savait qu'il avait le sida. On peut prouver l'intention.

Pas pour la fille décédée.

Mais pour celle qu'il s'apprêtait à infecter quand il a été arrêté.

Tentative de meurtre.

En se basant sur ce que la police a entendu ?

Nouvelles preuves, nouvelles charges.

- Les juges vont avoir la migraine. - Au moins, ça se soigne.

Pauvre Leslie.

Elle pensait l'aider en nous disant combien Stark était prévenant.

Sa seule bonne action va le perdre.

COUR D'APPEL LUNDI 27 JANVIER

Le ministère public abandonne le principal chef d'accusation,

l'homicide volontaire ?

Oui, nous poursuivons l'accusé pour tentative d'homicide volontaire.

Très bien.

C'est une affaire compliquée.

Je vais vous résumer les circonstances.

Nous sommes au courant des faits.

Ne s'agit-il pas de savoir si vous pouvez établir

l'intention criminelle de l'accusé, au regard de la loi ?

Oui, madame la juge, et nous pensons pouvoir le faire.

Comment ?

M. Stark a dit à sa petite amie actuelle qu'il était malade

et qu'il devait utiliser un préservatif pour la protéger.

Vous en déduisez une intention criminelle ?

Après cette déclaration,

il a été arrêté alors qu'il était sur le point

d'avoir une relation sexuelle avec une autre personne.

Et vous savez à quoi il pensait ?

La police l'a entendu dire à sa partenaire qu'il n'utilisait pas de préservatifs.

Quels étaient ses termes exacts ?

"Non, bébé. Je ne mets pas de capotes. C'est mieux sans."

L'intention criminelle peut être déduite de l'acte lui-même,

comme dans l'affaire Stokes,

et il revient au jury d'effectuer cette déduction.

Si l'accusé est relâché, durant le reste de sa vie,

une vie qui peut être tragiquement courte ou indéfiniment longue,

combien d'autres femmes va-t-il infecter ?

Vingt ? 50 ? 100 ?

Oui, c'est une affaire délicate.

Oui, elle met la cour au défi de pondérer deux droits :

le droit à la vie privée

et le droit d'une personne, lors d'un rapport intime,

à se sentir en sécurité. C'est le droit à la vie.

Je ne prétends pas juger

si les jeunes femmes qui ont eu une relation intime avec monsieur Stark

auraient dû l'éviter.

Je n'accuse pas les victimes.

Mais ayant décidé, quelle qu'en soit la raison,

d'initier une relation intime avec monsieur Stark,

ces femmes méritent d'avoir la protection qu'elles auraient eue

si M. Stark avait apporté avec lui un couteau, un rasoir ou une arme à feu.

Monsieur Stark a apporté avec lui quelque chose de tout aussi dangereux.

Si la loi ne peut protéger ces femmes, ce serait un échec.

C'est un échec que je ne suis pas prêt à concéder.

Tout ce que je veux, c'est présenter l'affaire à un jury.

Comme l'a dit monsieur McCoy, il s'agit d'une affaire délicate.

Délicate, tout d'abord,

parce qu'elle affectera l'état d'esprit et l'attitude des individus.

Nous pouvons prédire certaines conséquences.

D'autres, non.

Certains pourraient utiliser nos paroles pour soutenir les plus ignobles préjugés.

D'autres pourraient utiliser nos paroles pour excuser la conduite la plus obscène.

Elle est délicate, ensuite,

parce que les questions qui se posent sont d'une sévérité extrême,

puisqu'elles touchent aux principes constitutionnels

qui ont forgé notre pays.

Mais cette difficulté ne nous dispense pas de statuer.

C'est justement parce que cette affaire est délicate,

que nous devons nous prononcer avec prudence,

afin de ne pas suivre ou guider la société.

Bien que l'affaire soit complexe, notre tâche est simple.

Nous devons appliquer la loi, de manière équitable et raisonnable.

En soupesant les droits de l'individu face à l'intérêt commun,

nous avons été obligés de statuer de façon à protéger l'intérêt du plus grand nombre

face aux intérêts de quelques-uns.

Le ministère public a gain de cause. L'ordonnance de non-lieu est annulée.

Félicitations, vous avez réussi.

Je me sentirai mieux

quand votre client sera hors d'état de nuire.

Ça ne devrait plus être très long.

Monsieur Stark a été admis à l'hôpital, hier soir, avec 39,4 de fièvre.

Pneumocystose.

Quelle est votre offre ?

La même qu'avant. De trois à neuf ans.

On fera en sorte qu'il puisse aller à Bedford.

Ils ont de bonnes installations médicales.

Très bien, j'accepte.

J'ai parlé aux parents de Stark. Kenny ne va pas bien.

Il lui reste une ou deux semaines à vivre.

Et Lana Madison ?

Jusqu'ici, ça va. Et Leslie n'a pas été infectée.

- Tu suis ça de près. - Oui.

J'y tiens.

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