Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
...
-Henri !
Henri !
Henri, tu es là ?
Henri !
Martin, vous avez vu Henri ? - Non.
Henri...
...
[Coups de marteau.]
...
-Tiens, passe-moi
une cruci 6 par 2.
- "6 par 2" ? - Humm...
-Tu es venu très tôt.
Je suis pas du matin.
-Moi, les travaux j'aime bien les démarrer dès potron-minet.
-Je m'y ferai jamais.
-On forme une bonne équipe.
Avant, si je te demandais
une cruci en 6 par 2, ça t'agaçait. - Pas du tout.
Ca m'agaçait parce que tu me demandais : "Passe-moi le truc."
Je savais pas ce que c'était et ça t'énervait.
- C'est plus simple maintenant. - J'ai jamais été compliquée.
-Le plus compliqué est de trouver
la bonne position.
-En fait, Paul, je crois que tout ça est une question de méthode.
-Et il faut prendre du recul.
Quoi ? Tu vas où ?
-Je prends du recul. Et ton étagère n'est pas droite.
Elle penche à droite.
Il fallait mettre la bulle dessus. - Le niveau ?
- Oui. Regarde. - Attends.
-Tu sais quoi, Paul ?
Vraiment, merci du fond du coeur
pour ce que tu fais pour moi,
mais je finirai seule.
-Attends... je ne veux pas entendre ça.
Tu es superbe,
belle comme le jour.
-Pas du tout.
Un portable vibre.
- Un homicide. Je t'accompagne. - Non !
Va au bureau rattraper ton retard. - Ou j'installe des étagères.
-Je t'ai dit que j'allais finir seule.
Je vais m'en sortir seule.
- T'es sûre ? - Oui.
Claque la porte.
...
-Bonjour, commandant -Bonjour, Erwan. Je vous écoute.
-Henri Monin, 43 ans. Il a repris ce restau avec sa femme,
Agathe Monin. Elle l'a retrouvé.
Il était dans cette barque qui sert de buffet de fruits de mer.
Il a dû passer la nuit ici.
-L'entaille est large et profonde.
En plein dans la jugulaire.
-Tenez, il y avait ça au fond de la barque.
Et on a trouvé ça dans sa poche.
- Des immatriculations ? - Possible, mais pas de bateaux.
Les bateaux, c'est 2 lettres et 6 caractères ensuite.
-Merci, Erwan.
Ca va être compliqué pour les empreintes,
entre le citron
et l'iode.
Finissez les constatations, je vais m'occuper d'Agathe Monin.
-A plus tard.
-On est arrivés ici avec plein de projets. C'est horrible.
-Vous arriviez d'où ?
-On a vécu 20 ans en Bretagne. Henri avait étudié à Montpellier,
et mon grand-père avait une paillote ici.
C'est là qu'on voulait fonder une famille.
-Vous avez fermé le restaurant vers quelle heure, hier soir ?
-Je sais plus. Je suis partie vers 22h30.
J'étais épuisée. C'était une soirée calme.
Mon mari a fait la fermeture.
-Commandant, on a trouvé ça. Ca a dû tomber sous la barque.
-Ca appartenait à votre mari ?
-"A l'envol de la plus belle Aphrodite".
C'était son écriture ?
-Ca lui ressemble tellement.
-Que se passe-t-il ?
Agathe fond en larmes.
...
-Quelle idée géniale !
Paul !
- Hein ? - Viens voir.
-Henri Monin a inventé l'huître GPS.
Une fausse huître
avec un GPS dedans. En cas de vol, les ostréiculteurs tracent
le butin. - Pas bête. "Elu médaille d'or
"du Salon de la Sécurité Connectée de Paris."
Ca a porté ses fruits.
-Il a revendu sa boîte 1 million d'euros.
- "1 million" ? - Belle opération.
-Tu m'étonnes !
Moi aussi, j'ai des idées. J'ai fait des trucs.
Je devrais les breveter. - Quoi ?
-Les chaussons éclairants pour se repérer la nuit.
-C'est génial. Je vais offrir ça à ma belle-mère.
-Super cadeau. Je peux mettre
des cligno sur les côtés, pour se repérer.
-Et des feux rouges,
au mur, pour les familles nombreuses.
-Avec un klaxon.
Un petit pouet pouet pour prévenir.
-Oui, commandant.
Non, ça va.
-Très bien.
On se tient au courant.
Excusez-moi.
M. Duverne, donc vous m'expliquiez
que vous étiez le fournisseur d'huîtres de M. et Mme Monin ?
C'est bien ça ?
-Henri était plus qu'un client, c'était un ami.
Henri et Agathe.
Je les ai présentés à tout le monde, sur l'étang.
-C'est-à-dire ?
-L'étang, c'est une petite communauté.
-Et dans cette communauté,
avait-il des ennemis ?
-Non.
-On m'a parlé de son invention.
L'huître antivol, vous pensez que ça a pu réveiller des jalousies ?
-Non.
Grâce à ça, ici...
C'était surtout le Messie.
-Bien. Nous avons retrouvé cette note
dans son... dans ses poches. Voilà.
Des lettres, des chiffres. Est-ce que ça vous dit quelque chose ?
-Non.
-Vous êtes sûre ?
-Oui, Inès. C'est encore moi.
Enième message.
J'aime bien le son, la voix de ta messagerie,
mais j'aimerais t'avoir en direct. Merci de me rappeler.
Je ne te cache pas que je suis inquiet.
J'espère que tout va bien. Je t'embrasse.
-"Mon amour, mon trésor,
"ma chérie"... - Ca va pas ?
-Un truc me chiffonne.
Je vérifie les échanges entre Henri
et sa femme, il lui donne des surnoms, sauf Aphrodite.
-Ah...
Y aurait une autre femme ? - Hop !
-Excuse-moi.
-Comme disait Guitry :
"Le mariage est comme le restau. A peine servis, on regarde
"l'assiette du voisin." - Moi, je la regarde jamais.
-Regarde le texto qu'il a envoyé hier, à 12h07.
-"Désolé de t'avoir plantée, Gabrielle. C'était une amie.
"Dis rien à Agathe. Je t'expliquerai."
Des cachotteries à l'épouse avant le meurtre. Qui est Gabrielle ?
-Gabrielle Duverne.
Je te donne l'adresse
si t'as fini tes PV. - Merci.
...
-Votre mari,
il vous appelait souvent Aphrodite ?
-Quel est le rapport avec votre enquête ?
-J'enquête et la vie de votre mari m'intéresse,
Agathe.
-C'était un surnom très intime
qu'il me donnait dans des moments très privés. Ca vous va ?
-Et...
Le bijou, la perle, là,
vous pensez que c'était un cadeau pour une occasion particulière ?
Un anniversaire, une réconciliation
après une dispute avec une maîtresse, par exemple ?
-Non.
On essayait d'avoir un enfant.
On était dans le processus d'une GPA
aux Etats-Unis.
Là, "l'envol",
c'est sûrement ça, les Etats-Unis.
Je ne vois rien d'autre.
-Alors dans ce cas,
comment expliquez-vous qu'Henri ait envoyé ce sms hier,
vers 12h30 ?
Cette "vieille amie", vous pensez à quelqu'un ?
-Non.
Depuis qu'Henri avait fait parler de lui,
beaucoup de monde réapparaissait.
Gabrielle Duverne est la femme de l'ostréiculteur ?
-Vous en avez parlé à Agathe ?
-Non. J'ai rien dit à Agathe.
J'attendais les explications d'Henri.
-Henri, dans son texto, écrit qu'il vous a plantée. Pourquoi ?
-Je livrais "Le Ponton" quand cette femme a débarqué.
- Vous la connaissez ? - Non.
Mais Henri l'a appelée Eve. Enfin, je crois.
Elle était blonde, dans les 40 ans, je dirais.
-Il avait l'air content de la voir ?
-Non. Ils avaient plutôt l'air de se prendre la tête.
A moment donné, il l'a entraînée par le bras et ils ont disparu.
-Une maîtresse, c'est possible ?
-Je ne pense pas.
Je ne vois pas Henri tromper Agathe.
-D'accord. Merci.
- Bonjour, Léa. - J'ai fait le plus vite possible.
-Je vous en prie.
Pour l'heure de la mort, je dirais hier soir entre 23h et minuit.
2 couteaux.
Le moulage de la plaie correspond.
- Et ? - Et...
- Ben, c'est tout ? - Non. C'est pas tout.
-Ah...
-Dans le bol alimentaire, là...
Il y avait 2 douzaines d'huîtres.
-Ce qui fait 24 huîtres. Ca, c'est de l'info ! Je dois dire...
-Vous êtes plutôt dessert ? Vous avez raison. Le dessert,
c'est la clé.
-La clé d'un dîner réussi, d'un week-end amoureux ? Soyez clair.
-Non, Léa, le dessert, c'est une clé.
Elle était dans son estomac, et aucune contracture au cou.
-Donc vous me dites que M. Monin a avalé une clé
de son plein gré ?
-Exactement.
-Cette clé, elle ouvre quoi ?
Une garçonnière ? - D'après Mme Duverne,
c'était pas le genre de la victime. Rien ne prouve que cette Eve était
une maîtresse. - Tu es naïf.
On a un bijou, un mot doux, un sms. Que te faut-il de plus ?
-Il parle d'une "vieille amie".
Pour une fois qu'on a la clé du mystère.
Je peux chercher à quelle serrure elle correspond.
-Non ! Parce que la priorité, là, c'est Aphrodite.
Célestin essaie d'identifier
cette Eve qui pourrait être Aphrodite.
-Non, c'est bon,
je vais le faire. - Non !
Soit tu vas avec Célestin, soit tu fais
tes PV. - Ils sont tous faits.
J'ai pas traîné.
Célestin n'a pas besoin de moi. Oh, Alice !
-Paul, rends-moi cette clé !
Il verrouille la porte.
Mon Dieu, c'est pas possible.
-Dans les e-mails d'Henri,
on a une Eve Biron. Elle lui a envoyé ça.
-Une lettre d'avocat.
Monin,
elle l'attaquait pour vol. - Il lui a piqué son idée de GPS.
Elle avait fait ce mémoire.
-Qu'attendait-elle de Monin ?
-La moitié de ce qu'il avait gagné. Elle en avait besoin. Divorce,
chômage, surendettement. - Avec ce procès, elle se sortait
du pétrin pour toujours.
-Monin a caché l'existence de cette Eve à sa femme,
mais elle n'était pas sa maîtresse. - Il ne voulait pas qu'Agathe
découvre que cette idée d'huître antivol, il l'avait usurpée.
-D'accord.
Super, on continue.
Bravo.
-Merci.
-On s'était pas vus depuis l'IUT.
On s'est croisés il y a 3 semaines,
il m'a parlé de son restaurant, et hier, je suis passée le saluer.
-C'est votre projet de fin d'études, à l'IUT.
Vous me lisez le titre ?
-"Solution pour l'ostréiculture : technique de l'huître antivol."
-Alors, est-ce qu'on continue comme ça ou on reprend depuis le début ?
-Je suis tombée sur cet article qui parlait du restaurant d'Henri.
On l'interrogeait
sur son invention.
J'ai été choquée.
- Vous n'étiez pas au courant ? - Non.
J'ai vécu des années à l'étranger. - Vous avez contacté Henri Monin
pour demander des droits sur le brevet ?
-Oui.
Il a refusé et a dit
que j'aurais dû exploiter l'idée en 1er.
-D'où la mise en demeure
par un avocat.
-Je reviens du cabinet d'avocats.
Eve Biron les a pas engagés. La lettre est un faux. C'est pas tout.
Monin les a appelés
pour vérifier.
- Bravo, Célestin. - Merci.
J'ai juste recoupé les infos.
J'appelle le capitaine.
-Très bien. Merci, lieutenant.
Donc...
Henri Monin avait découvert que le dossier était bidon.
Regardez-moi, Mme Biron.
Trouvez-vous que j'ai
la tête d'une imbécile ?
-Je suis allée lui dire que j'allais tout balancer à la presse.
Il a compris qu'il avait été trop loin.
Il m'a dit qu'il n'avait pas l'argent pour m'indemniser.
Il m'a proposé de m'associer
à son nouveau projet. - Lequel ?
-Je sais pas. On devait se voir hier, à minuit, pour me le montrer.
-Donc hier soir, à l'heure du meurtre,
vous étiez seule avec lui au "Ponton".
-C'était pas au "Ponton", mais sur une route, à 30mn
du restaurant. - "Sur une route", à la campagne ?
Avec l'homme que vous faites chanter ?
Vous avez du culot.
-De toute façon, il n'est pas venu.
Alors je suis rentrée chez moi.
-Donc on est sur le principe de la serrure cachée. Ca, j'aime.
Allez, montre-toi.
Ah ben, voilà. C'est facile.
Merde.
Ah non, ça va pas.
Allez, Henri, dis-moi où c'est.
...
Oui... super.
Ah ah...
Yes !
-D'accord. Merci.
-Capitaine !
Je vous en reparle.
Alors ? - Jusque après minuit,
le portable d'Eve Biron bornait à 30mn du "Ponton".
Et elle a cherché à joindre plusieurs fois Monin.
-Donc elle n'a pas pu le tuer. Qu'a-t-on comme autre piste ?
-Monin avait un nouveau projet. C'est léger, mais on n'a que ça.
-Mettez le paquet dessus.
Dites-moi, où Monin lui a-t-il donné rendez-vous exactement ?
-Dans une zone perdue, au bord de l'étang de Thau.
-Envoyez Erwan là-bas et vérifiez les comptes bancaires
de la victime. - Bien sûr, colonel.
...
Choc métallique. - Oh !
Qu'est-ce que vous faites là ? - J'ai trouvé Aphrodite.
-Comment vous avez fait ? C'est Eve ?
Pourquoi cette barre ?
-Trop de questions. Regarde et admire.
- OK. "Le Mas d'Aphrodite". - Voilà.
OK.
-Euh...
-Si, si.
Oh la vache.
- Ca va ? - Oui.
- C'est un labo. - On dirait.
-Monin voulait indemniser Biron en l'associant à une nouvelle affaire.
Visiblement d'ostréiculture, car il lui a donné rendez-vous ici.
-Bingo !
Des perles ?
-Monin les cultivait sur l'étang ?
-C'est la tablette de Monin.
C'est l'application
des huîtres antivol. - OK
Celles-là sont dans l'eau, -Mais celles-ci nagent sur l'étang.
-Vu la vitesse, c'est pas avec leurs nageoires.
- T'es sérieux, là ? - Quoi ?
Tenez.
-Ah, cool. Merci.
-Capitaine, le pêcheur est prêt à partir.
- Qui ? - Le pêcheur, là.
On y va ?
...
-Gendarmerie, arrêtez tout.
C'est une sacrée invention, cet antivol.
C'est ingénieux. - Carrément, oui.
-Dépouiller un ami post-mortem,
c'est pas joli.
-On est chez moi, ici. Ce sont mes huîtres !
-Ah bon ?
Alors, Aphrodite, c'est vous alors. - Et Henri. On s'était lancé
dans la production de perles de culture.
Dans l'Antiquité, on appelait ça "les larmes d'Aphrodite".
D'où ce surnom.
-D'accord. On va continuer la conversation au labo. On vous suit.
-C'est avec ça que tout a commencé.
-"Une touriste croque une perle dans une huître".
-Une perle naturelle dans une huître d'ici.
Ca l'a fasciné. Henri s'est mis en tête d'en cultiver.
-Donc,
vous avez apporté les tables d'élevage. Monin a apporté quoi ?
-Du matériel, son expérience des affaires
et beaucoup de temps.
- "Du matériel" ?
Et ça, là, le rayon X, c'était pour quoi faire ?
-Pour observer le greffon à travers la coquille.
-Et les casiers, à les classer ?
C'est marrant.
Les codes sont les mêmes que ceux trouvés sur Henri Monin.
Donc vous saviez ce que c'était. Vous avez menti
pour qu'on n'arrive pas ici ? - Non.
C'était pour protéger Agathe.
Elle savait pas.
Savoir que son mari lui cachait ça l'aurait accablée.
-On va aller à la gendarmerie.
Par là.
-Je saisis pas pourquoi vos maris vous auraient caché
l'existence du Mas d'Aphrodite. Je ne comprends pas.
-On a plein de travail. Laurent savait que je désapprouverais.
-Et moi, je... je n'aurais pas approuvé une nouvelle aventure.
-Mme Duverne, vous pourriez nous laisser seules 5mn ?
Euh...
Agathe, le compte épargne avec les virements réguliers
pour les Etats-Unis, c'était un compte dédié à la GPA ?
-Oui.
-Vous étiez d'accord pour qu'Henri retire 12 000E de ce compte ?
Mais non, forcément, vous n'étiez pas au courant,
puisque vous avez demandé à votre banquier
si c'était pas une erreur.
C'était pour quoi faire, cet argent ?
-Il m'a dit que c'était pour une surprise.
-A 12 000E ?
Ca vous a suffi comme explication ?
-Non, pas vraiment.
Mais il était comme ça,
toujours plein d'imprévus, de rêves.
J'avais pas peur pour cet argent.
Henri, je l'aimais, j'avais confiance en lui.
Je sais qu'il voulait cet enfant plus que tout.
-Bon...
C'est pas Agathe Monin. - Pourquoi ? Elle te l'a dit ?
-Non, mais c'était un couple solide,
ils voulaient avoir un enfant grâce à une GPA.
-Les 12 000E ?
-C'était pas grand-chose pour eux,
et elle dit qu'il allait lui faire une surprise.
- "Une surprise" ? A 12 000E, c'est une belle surprise.
Bon, donc...
Pas de mobile ni d'alibi.
On se concentre sur le fait qu'Henri Monin a avalé une clé
et pourquoi il a retiré 12 000E. - C'est ça.
C'est quoi, ça ? - Célestin l'a tiré
de la tablette de Monin.
C'est un contrat avec un joaillier. - Pour une commande de 300 perles !
Regarde.
-Quoi ? Ca a été signé par Henri Monin,
le bijoutier, mais il n'y a pas la signature
de Laurent Duverne.
-La victime voulait la jouer solo.
-Bon... Monsieur Duverne,
pourquoi n'avoir pas signé ce contrat ?
Vous vouliez doubler votre ami ? - Mais quel contrat ?
J'étais pas retourné au mas depuis un mois.
-Pourquoi y être allé aujourd'hui ?
-Pour relancer l'exploitation d'huîtres de consommation.
Les naissains,
c'est maintenant. - Mais comment Henri a-t-il obtenu
ce contrat si vous aviez arrêté la perliculture ?
-Je ne sais pas.
-En annexe de ce contrat, il y a un index de perles
qui correspond à la liste qu'on a trouvée sur Monin.
-Je n'avais jamais vu cette liste.
"RA 10 VA".
R : ronde. A : qualité premium.
10 : 10 millimètres. VA : vert azur.
Elles sont superbes, ces perles. Ca n'a rien à voir avec les nôtres.
Nos perles étaient minables.
Donc j'avais arrêté.
-Bon, il y a encore du boulot.
Pour les couleurs, c'est plutôt pas mal.
-Ca avance bien. Papa m'a dit qu'il t'avait beaucoup aidée.
-Il est incroyable. Il ne m'a pas "beaucoup aidée".
Il m'a un peu aidée. - Donc il en a rajouté ?
-Oui, comme d'habitude.
-Il a une petite mine.
C'est peut-être lié au départ d'Inès.
-C'est possible.
C'est dur, les relations à distance au début.
Rappelle-toi, toi.
Quand Julien était pas là,
tu étais triste. - C'est vrai. A la tienne.
Et toi,
c'est quoi tous ces changements ?
-Tu vas me dire que j'ai passé l'âge ?
-Non. C'est une super idée. Le yoga, c'était pas vraiment toi.
Alors que ça, c'est toi.
- Et toi, comment tu vas ? - Eh bien...
J'ai quitté Jules.
-Mais non ?
-Ben, non.
- Je t'aime. - Moi aussi.
-Vous avez des talents cachés ?
-Vraiment cachés, alors.
Après les cadavres, les plantes, les perles, et demain, c'est quoi ?
- Ma mère, c'est la Castafiore. - Elle chante ?
-Elle ne s'intéresse qu'à ses bijoux.
Quand une perle n'est plus en contact avec la peau, elle meurt.
-Oui, je sais. Je ne suis pas sûre
que Marchal le sache. Les bijoux, c'est pas son truc,
pas à notre mariage.
- T'aimes pas les bijoux. - Quand on connaît les femmes...
- Sinon je t'en aurais acheté. - C'est facile à dire après.
-Il a fini, là !
- Oui. - On s'y remet.
-Le lustre est pauvre, la nacre est friable.
Ca te parle ? - Donc Duverne
ne nous a pas menti.
-Donc Monin aurait jamais pu honorer son contrat
avec le joaillier. - Et voilà ! A plus tard.
- Merci, hein. - Avec plaisir.
-Oui.
Son portable sonne.
Ah... Inès !
Hé hé !
*-Salut, Paul. - Comment ça va ?
C'est marrant, je pensais à toi, car hier, j'ai regardé la télé,
et j'ai vu un documentaire sur les orpailleurs. Tu sais où c'était ?
En Guyane. C'est drôle.
*-C'est fou. Tu t'éclates, le soir, chez toi.
-Oui. Ca coupe un peu. Tu dis quoi ?
*-Rien, c'est pas important. J'ai besoin d'un service urgent.
-Ca va ? Dis-moi, c'est quoi ?
*-Euh... As-tu le numéro de ta pote aux RH,
*car j'ai une question sur mon contrat de mission.
-OK. Rien de...
Oui. Je vais te le donner.
*-Faut que je raccroche. Envoie-moi le numéro.
-OK. Je comprends. On se rappelle plus tard, alors ?
*-Oui. Je te tiens au jus. Je te fais signe.
*Je t'embrasse. - Oui.
(Super)...
-Tourne-toi un peu.
Lève les yeux.
Super. Vas-y,
souris, redresse la tête.
Magnifique. Regarde vers moi.
Encore, lève le menton.
Voilà, voilà. Fais-en encore avec cette parure.
Magnifique.
-Monsieur Constant Barn ?
-Vous êtes ?
-Colonel Soler, capitaine Mauriac. Gendarmerie nationale.
Désolé de vous déranger.
Nous voudrions discuter au sujet
d'Henri Monin.
-OK.
-Ah... Paul.
Paul ! Tu peux venir, s'il te plaît ?
Ca va pas ?
T'as pas réussi à joindre Inès ? - Si, je l'ai eue, là.
- Elle va pas bien ? - Si.
-Tu as l'air enchanté.
- Qu'est-ce que... - Rien, c'est super.
-Oui.
Léa parle en créole.
Ca veut dire :
"Tiens bon, Paul", en créole guyanais.
J'ai une copine... quand je bossais à Lyon.
Elle m'a appris des expressions.
Ca s'appelle des dolos. Bref...
On sait pourquoi Monin avait retiré 12 000E.
Il a acheté 40 perles de Tahiti à un négociant cannois.
-Pour appâter Barn ?
-Oui. Il n'a pas dû apprécier qu'on lui vende des perles de Tahiti
pour celles de Thau. - Eh oui.
- Bon mobile, non ? - Oui. On avance.
-Paul... Léa répète sa phrase en créole.
-Je connaissais peu Henri. Il voulait me parler de son projet.
Je suis allé voir. Et ses perles françaises étaient prometteuses.
On allait faire un carton.
-On peut voir ces perles ?
-Il vous en avait promis 300.
Il pouvait pas les fournir.
-Alors vous êtes allé le voir, avant-hier soir.
-Henri ne me rappelait pas, alors je suis allé le voir.
Ce type avait le don pour vous embarquer dans ses rêves.
-Et pour arnaquer et vous faire signer un contrat pour racheter
300 perles d'aucune valeur.
C'est... - De l'escroquerie.
Il y avait de quoi s'énerver.
Que s'est-il passé ?
-Je voulais voir sa première récolte.
Henri a verrouillé l'armoire.
Quand j'ai voulu prendre la clé, ce malade l'a gobée.
Je pouvais pas imaginer qu'il allait en crever.
-D'après le légiste, Monin a avalé la clé à 18h, bien avant sa mort.
-J'aurais dû m'en douter.
Il mentait à tout le monde. Quand il est venu pour signer le contrat,
peu après, sa femme est entrée.
Elle était au courant de rien. Ce type mentait même à sa femme.
-Merci, M. Barn.
-Merci.
Agathe...
En fait, vous n'aviez aucune confiance en votre mari ?
-Si.
J'avais confiance en lui.
C'est juste cette histoire
de surprise avec les 12 000E, j'y ai pas cru.
Je l'ai suivi, j'ai découvert son projet.
-Donc vous l'avez confronté.
-Non.
-Pourquoi non ?
-Henri, il est...
Il était comme ça, toujours...
Tellement enthousiaste, tellement plein de vie,
tellement...
Il m'aurait embarquée.
Je n'aurais pas eu de réponse.
J'ai trouvé plus efficace qu'une discussion.
-C'est-à-dire ?
-Quand je suis arrivée au Mas d'Aphrodite,
il y avait des coquilles vides dans un bac.
-Des coquilles vides sur l'étang, où est le problème ?
-Mon grand-père était ostréiculteur.
J'ai tout de suite vu que certaines huîtres venaient du Pacifique.
La forme,
la couleur...
-Et alors ?
-C'est interdit.
J'ai passé un appel anonyme
à la Direction Départementale des Territoires et de la Mer.
-Pourquoi ne pas l'avoir dit depuis le départ ?
-J'ai peur qu'Henri soit mort à cause de ce que j'ai fait.
-En perdant l'autorisation,
Laurent Duverne allait tout perdre. - Et il risquait gros.
Il n'aurait pas accepté la mise à l'eau d'huîtres interdites.
-C'est sûr. Petit-fils d'ostréiculteur,
amoureux de l'étang, ça colle pas.
-Donc Henri aurait agi seul.
-Duverne avait jeté l'éponge. Donc Monin pouvait agir à sa guise.
-Il était prêt à réaliser son rêve.
-1 : escroquer un joaillier naïf
afin de remotiver un pote pour l'exploitation.
-2 : réintroduire sans scrupules
des huîtres importées et interdites pour qu'elles fassent des miracles.
-Si Duverne a reçu le rapport de la DDTM,
il a un mobile de meurtre.
-Qu'est-ce qui se passe encore ?
-Sur l'étang, vous remontiez des huîtres de Tahiti,
pour dissimuler les vraies raisons du meurtre.
-Je ne dirai plus rien.
-Laissez-le.
-Gabrielle, appelle l'avocat. Y en a marre !
-Il n'a rien fait.
Laissez-le.
-Vous avez quelque chose à dire ?
Oui, Sabine ?
-J'ai l'avis de réception de la lettre envoyée par la DDTM.
C'est Gabrielle Duverne qui l'a signée.
OK.
Je t'en prie.
-Vous aviez parlé à votre mari du contrôle ?
Il a réagi comment ?
-Ca l'a perturbé.
Mais il a continué de défendre son ami.
Laurent était tellement
aveuglé par Henri.
-Mais aveuglé au point de faire n'importe quoi ?
-Henri a exigé d'être client exclusif.
Alors... on a perdu les autres,
ceux qu'on connaissait depuis... 20 ans.
Ils étaient devenus nos amis.
On vivait
avec pas grand-chose, mais... on faisait partie
d'une vraie communauté.
Celle de l'étang.
Des gens bien. - Oui.
Qui vous pardonnent pas
quand vous leur tournez le dos ?
Alors votre mari a ouvert les yeux, il est allé sur le ponton
et il s'est expliqué avec Henri.
-Non.
Au lieu de faire profil bas,
Henri m'a sorti un écrin.
Le cadeau avec lequel il allait annoncer la nouvelle
"super contrat"
à Laurent.
-Il n'admettait pas qu'en perdant l'autorisation d'exploiter,
il n'y aurait plus ni perles, ni Aphrodite.
-Il a dit qu'il suffirait de faire appel.
Puis il a essayé de me baratiner.
Et le pire...
c'est qu'il croyait à tout ce qu'il racontait.
C'était un vrai mythomane.
A cause d'Henri...
Toutes ses lubies...
Cet égoïste...
-Vous alliez tout perdre.
-Avec Henri dans nos vies...
Le cauchemar ne se serait jamais arrêté.
Je ne me suis pas vue agir.
...
-Ca peut être joli, ça.
Non !
Et merde, ces étagères !
Pourquoi ?
Oh, putain !
Paul, Paul, Paul...
J'en peux plus de ces travaux !
Tu vas être content quand je vais t'appeler.
"Je t'avais prévenue."
"T'as besoin de moi." Ben, non.
France.tv access
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.