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Papa ? Ça va ? Elle est où maintenant ? Elle fait le nid ?
Elle t'a préparé des trucs à manger.
J'ai mĂŞme pas faim.
Je dois y aller lĂ .
Tu rentres pas ? Non.
A tout Ă l'heure.
Tu veux voir ta soeur ? Euh... Non.
Non, non, non. Pas aujourd'hui.
Si tu la vois, dis-lui quand mĂŞme de venir nous voir.
OK.
Bonjour, 4 jours. Ça va ? Ça va, merci.
Vous ĂŞtes encore lĂ , vous ? Ouais, ouais, tu connais.
On ne veut pas ce que je te dis. Non t'inquiète ça va. Non vraiment. Non non
ça sera fait.
Salut.
Ça va ? Ouais ça va ouais.
Elle est pas lĂ hein.
Non je sais.
J'allais sortir, j'ai rendez-vous avec mon nouveau patron.
Je bois un verre d'eau vite fait.
T'as trouvé un nouveau boulot ? Ouais.
Un transport de marchandises.
Je vais faire la liaison entre ici et Francfort.
C'est bien. T'es content ? C'est vrai, ouais.
Pourquoi t'es lĂ ? Tu la touches encore une fois, t'es mort.
Pardon ? De quoi tu parles, lĂ ? Tu la touches encore une fois, t'es mort.
C'est clair ?
Comment ça va toi ? Tu t'es bien ? On ne devait pas manger chez mes parents ? Ah
non, moi je sors avec les filles ce soir.
Ah ouais ? Tu peux dîner avec les enfants si tu veux. Ok.
Allez, on enlève les chaussures, on se dépêche.
C'est quoi ? C'est la cave.
Ça va ? Je t'enlève.
Thomas, tu restes dîner avec nous ?
Euh, je sais pas, oui, je pense.
Salut.
Salut. Ça va ? Salut Marie.
Ça va ? Oui.
Je te laisse lĂ . Allez, couche si tu veux.
Tiens ma puce.
Bonjour ! Carole !
Carole ! Carole !
Tu
sais
que tout le monde est au courant que tu traînes avec tes...
T'es avec des gars ? Je me demande à ta mère.
Ils disent quoi au magasin ? La fille, elle traîne avec des gars, dis-lui.
Lucas.
On est marrés.
Je me barre.
Tu sens trop bon. C'était beau, là ? Ouais.
Merci beaucoup.
Il a dit quoi ton père ? Que de la merde.
Ça va ? Ça va Cathy.
On va avoir toute la mĂŞme gueule quand on part ici.
Regarde, regarde.
Qu'est-ce que tu fais lĂ toi ? Bah je vais faire votre... Toi aussi qu'est-ce
que tu fais lĂ ? Vas-y envoie le... Mais non mais laisse-moi au moins finir la
partie ! Mais non mais pour soi ! Regarde je vais te la réviser.
Vous avez quel âge pour rester ici vous ?
On joue juste. Après, c'est moi qui vais se faire engueuler par papa.
Mais c'est pas mon problème. Allez, vas-y, rentre. Bon, vas-y, écoute, ta
soeur, elle a... Dépêche-toi.
Allez, bisous. Tu dis plus bonjour, toi.
Tu fais ta star.
Je t'avais mĂŞme pas vue.
Ça va, Gilbert ? Et toi ? Ouais, ça va.
Alors ? C'est Ă qui, la Porsche, dehors ? C'est aux aristos, lĂ .
Ils se gardent devant comme ça, normal ? On se garde au quartier.
Ça va ? Ça va, toi ? Moi, ça va.
Est-ce que tu veux une cigarette, pour moi ?
S'il te plaît.
J'en peux plus de toi, tiens.
C'est bien bloqué, là ? Ça va ? Bof.
Franchement, bof.
T'es derrière de moi ? Très fort, s'il te plaît. C'est quoi ces ragots, là ? On
s'en fiche un peu, non ? Sa mère, c'est impossible qu'elle s'en fiche. Faut pas
descendre par terre, c'est ma mère qui nettoie.
Ta mère, elle travaille là ? Bien sûr qu'elle travaille là .
Je sais pas si elle travaille là , moi, sa mère.
Moi, je te dis qu'elle travaille lĂ .
Laurence, t'as un briquet ?
Je suis près de ta caisse.
Pourquoi ? Pour vous faire des tours, je sais pas.
Alors, tout ce qui t'intéresse, c'est la voiture.
Toi, tu t'en fous ou non ? Je sais pas.
J'ai à être congé, j'ai à être goulé.
Vas-y, ben roule.
Prends, vas-y.
Merci Ă tous.
Ça va ? Ça va et toi ? Ça va ? Ça va et toi ? Et
vous dites pas bonjour Ă ma soeur ? Salut.
Salut.
Salut.
Vous voulez boire un truc
? Non, ça va, merci.
Bon, sûr ? C'est quand tu passes à voir les parents ?
Mais s'ils veulent me voir, ils savent oĂą je suis.
Je suis pas le bout du monde.
C'est très bien, c'est le bout du monde pour eux, c'est très bien.
ArrĂŞte.
Il va rien faire du tout, je suis sûr d'aller visiter Hélène.
Toute la nuit, elle va jamais me croire.
Il va rien faire du tout, je te dis.
Attends, tiens.
Pour le babysitting.
Merci.
ça va ? ça va
Tout le monde Ă terre.
Personne ne bouge, tout le monde Ă terre.
Putain.
Vraiment.
Personne ne bouge, tout le monde Ă terre.
C'est un hold-up.
Personne ne bouge, tout le monde va taire, c'est un hold-up.
C'est un hold-up, personne ne bouge.
Tout lĂ .
Baisse la tĂŞte, baisse la tĂŞte, baisse la tĂŞte lĂ .
Bonjour,
c'est un hold-up, personne ne bouge.
Ah, bah c'est lĂ .
Ouais, sérieux.
Ouvre le coffre.
Ouvre le coffre, je te dis.
T'as dit quoi, là ? T'as dit quoi, là ? Ouvre ton putain de coffre et ça va bien
se passer.
Ouvre ton coffre.
Bah vas-y, ouvre ton coffre.
Mais qu'est-ce qu'il me fait, lĂ ? Ouvre ton coffre !
Je t'attendais avant de partir.
Pourquoi t'as pas appelé ? Parce que je voulais pas te réveiller.
Ça te dure toute la nuit maintenant ? Elle m'a donné 100 balles.
Le sort d'oĂą sont fric ta copine ? Je sais pas, je te demande pas.
La meuf elle se déborde toute la nuit et elle te file 100 balles pour garder ses
gamins.
Demande pas.
Elle se donne des grands airs Hélène mais en loose day elle fait la pute.
Bonsoir.
J'arrive.
Fatihah ! J'arrive maman.
Téléphone ! Maman.
Je t'ai déjà dit arrête de m'appeler Fatihah. Pourquoi je comprends pas ? Il
est quelle heure ? Il est 4 heures.
C'est pas en dormant toute la journée que tu vas trouver du travail.
C'est pas moi qui m'appelle Fatihah non plus.
Eh, c'est qui, c'est qui ? C'est Carole.
Ouais.
T'es sérieuse, là ? Ouais, je te jure, je t'ai oublié.
Ah, t'abuses ! Je me suis endormie, je te jure. T'étais où ? Je me suis
endormie, je suis désolée.
Vraiment, j'ai dormi.
T'es dans l'abus, lĂ , toi.
Tu peux me déposer, s'il te plaît ? Où ça ? Chez Carole.
Sinon, j'y vais, je te la ramène dans une heure. Mais tu casses la poule. Vas
-y, mets-moi les clés, alors.
Je savais pas qu'ils habitaient lĂ .
Là c'est à droite, juste à côté.
Ils font quoi ces parents ? Ils ont la papeterie en ville, sur la place.
Ça rapporte le papier, on va se mettre en vente nous aussi.
On devrait y penser oui.
Alors, ça va ou quoi ? Ouais ça va.
Tes parents ils vont Ă une piscine mais ils n'ont pas de valise toi.
Ça va ?
Faites
chier.
Franchement c'est juste le temps de trouver une solution.
Ouais mais si je quitte le quartier pour continuer Ă gĂ©rer vos galères ça sert Ă
quoi ? C'est bon j'ai compris. Ouais d'accord.
Putain de... Ah mais Carole !
Carole ! Vas-y, reviens, regarde et parle pour rien.
Ouais, viens.
Je prends le canap'. Je vais Ă la toilette vite fait.
Tiens.
C'est pour Carole et toi.
Ok ? Bisous, j'y vais.
Bisous, Gauthier.
Oublie pas le rendez-vous à la banque. Ça marche ? Ouais, n'oublie pas. Ok.
Bisous, ciao.
C'est quoi ça ? C'est quoi ça ? C'est quoi ? Qu'est-ce que tu as fait ? Arrête
! Mais qu'est-ce qu'il y a lĂ -dedans ? Qu'est-ce qu'il y a lĂ -dedans ? C'est
pas possible ! Mais qu'est-ce qui se passe dans cette tĂŞte ? ArrĂŞte ! ArrĂŞte
! Arrête ! Lâche-moi ! Lâche-moi ! Je vais la tuer ! Arrête-toi, maman !
Calme-toi ! Calme-toi ! Calme-toi !
T'as trouvé ça où ? Dans mon lit.
Qu'est-ce que ça fait, ça, dans ton lit ? Rien.
Si tu replonges, tu prends moins 15 ans.
Tu le sais.
Bonjour. Bonjour.
C'est mes enfants, mais... Elle est maintenant dans le couloir.
Alors, dites-moi, installez-vous. Merci.
J'ai reçu un courrier.
Et je voulais avoir un peu plus d'informations.
D'accord.
Pardon, c'est mon fils Ben qui a dessiné dessus.
Il y a eu une erreur de calcul.
Vous avez perçu trop d'allocations pendant plusieurs années.
C'est pour vous permettre de rembourser votre dette. Ça je l'ai lu déjà .
Donc je passe de 3000 francs Ă 31 francs par mois.
Oui.
C'est pour vous permettre de rembourser votre dette.
Oui. Comment je fais pour vivre avec 31 francs par mois ?
Je vis dans une maison avec ma mère. Mon père s'est barré, on doit rembourser.
J'ai trois enfants.
Je peux pas bosser plus, quoi.
Je comprends.
Mais en percevant trop d'allocations, vous avez contracté une dette près de la
CAF. Ouais.
Du coup, les 31 francs, c'est pour ça.
Pour vous permettre de rembourser votre dette.
Mais donc en fait, c'est vous qui faites une erreur et c'est moi qui paye ? Oui.
Vous avez touché un trop perçu ? Vous devez rembourser. Oui.
Mais ça vous l'avez déjà dit et j'ai l'impression que vous répétez tout ce
que vous dites comme un robot un peu. Mais en fait moi lĂ , je fais comment
pour vivre avec 31 francs par mois ? Vous voyez ce que je veux dire ?
Comment je fais pour acheter les habits des enfants, les courses ? J'ai la
petite qui part en classe verte bientĂ´t. Comment je vais lui payer son...
Je ne peux rien faire.
Il n'y a rien que je peux faire.
Je peux vous donner un dossier pour l'assistante sociale.
Mais moi, c'est tout ce que je peux faire pour vous.
C'est bon maman, va te coucher.
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Bonne nuit les filles. Bonne nuit Marie.
Bonne nuit.
Pourquoi tu le dis pas à ta mère ? C'est bon, je vais pas plus la stresser, déjà .
Tu l'as dit Ă Thomas ? Non.
Tu connais, il va chercher un travail, arrêter ses études.
Faut au moins qu'il y en ait un des deux qui s'en sorte.
On est des chiens, en vrai.
Ouais.
Je comprends pas, en fait.
Les gars, ils te disent, c'est notre faute, c'est notre erreur, et en fait,
ils te laissent crever la bouche ouverte, lĂ ?
Oui, c'est ça.
Mais ça a pas de sens, ça. Non.
Putain.
C'est quoi la solution ? J'ai même pensé à faire la pute, mais franchement, j'ai
pas le courage.
Pourtant, moi, je te vois bien faire la pute.
Je savais que t'allais dire ça. Je sais pas pourquoi.
C'est con.
Non, on braque le crédit agricole.
Qu'est-ce que tu racontes là ? Non, sérieusement.
J'ai bien étudié le truc.
On arrive juste avant midi, juste avant que ça ferme.
Les flics, ils sont en train de prendre l'apéro. Les commerçants, ils viennent
juste de déposer leur caisse.
Simple.
Déguisant le mec.
Cagoule.
J'ai un 12 Ă canoncier, deux cols 45.
En deux minutes, c'est pris.
Deux meufs dans la banque, deux voitures pour disparaître, une devant, une dans
la nature.
On parle de quoi, lĂ ? Mais on n'existe
pour personne.
Ni pour les condamner, ni... On est des meufs.
Depuis quand des meufs, ça braque ? Qui va se dire qu'on braque ? Et on fait
comment pour rentrer ? On fait comment pour rentrer ?
Mais on rentre nulle part, nous, en fait.
Vous avez pas compris, lĂ , on rentre nulle part, nous.
Tu peux garder les enfants, au moins.
Quoi ? Tu peux pas garder les enfants.
Faut le faire pendant les vacances, Laurence. On va faire ça pendant les
vacances.
Bah, Laurence !
De toute façon, je te suis.
Putain.
Qu'est-ce que tu fais ?
Tu pars en classe verte.
C'est vrai ? Ouais ! Je peux te parler
?
Je
fais quoi semaine pro ? Je sais pas, je suis lĂ . Et toi ? J'ai besoin de toi.
Pourquoi ? Faut que je tire une voiture.
Ok, ça va, c'est bon.
Par contre, je monte sur le coup avec vous.
Tu peux pas, lĂ .
T'as plus confiance ou quoi ? Non, ça n'a rien à voir. J'ai toujours eu
confiance en toi.
Ben alors ? Non, c'est juste là , c'est compliqué.
Moi, je tire aucune caisse, je suis pas sur le coup.
J'ai besoin d'argent, lĂ .
Tu peux pas, c'est compliqué, on n'est que des meufs.
Il n'y a que des quoi ? Il n'y a que des meufs ? Oui, il n'y a que des meufs.
Vous braquez Marionneau ou c'est comment ?
Non, on n'aurait pas de mari de nous, on n'aurait qu'une banque.
Ah ouais ? Ouais.
Ouais, mais pour de vrai, lĂ .
Ok.
Je vais toujours en ĂŞtre ? D'accord, vas-y, semaine prochaine.
Tiens-moi au courant.
Ok.
Ça va ? Viens.
Viens chez tata.
Tu veux un bisou ? J'en veux un.
Fais plus la gueule.
Et alors ? Tu te dis quoi ? C'est bon.
C'est bon, je vais les garder.
Eh, tu m'as gardé les enfants ! Viens chez maman, viens chez maman, toi. Bah
voilĂ , c'est bien quand tu te motives.
Tata, elle est folle, Tata, elle est folle. Non, moi je suis folle de toi,
maman. Moi je suis folle de toi, maman.
Allez, viens rentrer à la maison, là , on va goûter.
Ouais. Allez.
Eh, tape-lĂ .
Tape-lĂ , mon pote.
Tape-lĂ , mon pote.
Je vais te faire la plus belle tour.
Oui.
Je sais quoi, moi, mon cheval.
13.
Ah non.
Tu pars dans 15 minutes.
C'est bon ?
Vas-y.
T'es pas... T'es vraiment pas mal, moi.
T'as ta puce. Attention, c'est le somme de...
Il y a trop de monde lĂ , j'ai l'impression qu'il y a trop de voitures,
on va rester bloqué. Fais demi-tour, fais demi-tour.
Il y a trop de voitures ! Fais demi-tour, j'ai dit lĂ , fais demi-tour !
Putain ! Cours lui !
Florence ? Oui ? J'y vais.
Je trouve pas les clés de la voiture.
Quoi ? Je trouve pas les clés de la voiture.
T'es un mignon.
Je sais pas, elles étaient là , j'ai trouvé.
Oh, putain.
C'est pas grave, on va trouver.
Allez.
On va chercher les clés. Les enfants, vous avez joué avec les clés ? Non, mais
ça fait quoi ça ? On cherche les clés de maman.
Tu bouges pas.
Tu restes lĂ .
Allez, je me dépêche, je me dépêche.
Dépêche-toi ! Tourne ta tête.
VoilĂ , voilĂ .
Retourne-toi, toi.
Tu fais quoi, là ? Putain, je trouvais pas les clés, pardon ! Putain ! Pardon !
Conne !
Ça va ? Ouais, toi ? Oui,
et vous aussi ? Ça a été ta journée ? Oui,
fatigante.
Maman ? Tu peux garder les enfants ce soir, s'il te plaît ?
Merci. Merci Marie.
Merci.
Regarde, regarde, regarde.
Ça,
c'est pour moi.
J'insulte, je donne ça aussi.
Benoît, une chine au billet. À la richesse ! Chine ! Chine !
Ça sent trop bon.
Ça sent le bonheur.
On va voyager.
On va partir loin.
Bon, dans tous les cas, ça y est.
On y est.
Calme-toi Malika, ça va pas ou quoi ? Je savais pas que t'étais là . Ne me prends
pas pour une conne.
À cause de tes conneries de merde, on va finir en prison ! Tout ça parce que tu
penses qu'à tes gueules ! Tais-toi là , tais-toi ! Tais-toi, je vais péter un
câble ! Moi, je pense qu'à ma gueule, moi ! Tout ça, c'est pour qui, tout ça ?
Qui s'est barré ? Qui m'a laissé toute seule prendre les coupures de qui ? C
'est moi ? Donc ferme bien ta gueule quand tu parles, lĂ ! Tu vas oĂą, lĂ ? Je
vais pisser, ça se voit pas, je vais où ? Je vais aux toilettes ! Ça, c'est des
toilettes, non ? Et toi, lĂ , si tu te barres, tu peux pas rester lĂ .
Oui, je vais trouver de quoi me loger.
Mais je te jure qu'on savait pas que t'étais... Non mais ferme ta gueule, j
'ai pas besoin de t'entendre.
Viens, c'est quoi ça ? C'est ta part. Quelle part ? Bah t'étais pas là .
Vas-y, je rigole, tiens, prends, c'est pour ton terrain.
Vas-y, prends !
Un
braquage en pleine journée a eu lieu hier à Lille sur la Sorgue. Deux
braqueurs ont attaqué le Crédit Agricole pour repartir en quelques minutes
seulement avec un butin estimé à 116 000 francs. Des témoins décrivent deux
malfaiteurs très nerveux, probablement des adolescents ou de très jeunes
hommes, en jugés par leur voix et leur faiblesse d'ambiance.
Une voiture a été trouvée sur un chemin de campagne. La gendarmerie pense qu'il
s'agit de celle des malfrats et oriente ses recherches vers la communauté des
gens du voyage installée depuis peu à la sortie de Cavaillon. La météo
maintenant.
C'est quoi ? Je prends des jouets.
Mais pourquoi ? Pourquoi tu prends des jouets autant comme ça ? Parce que c'est
important d'avoir des jouets.
Allez-y, choisissez ce que vous voulez. Aujourd'hui, on prend ce qu'on veut.
Vraiment, vraiment, vraiment, vraiment.
Allez, remplissez-moi ce qu'elle dit.
Tout, tout, tout, tout, tout, tout.
Allez, allez, allez, allez.
Encore, encore, encore, encore.
Ah, ça c'est bien, j'adore ça.
Encore, encore, encore, je veux que ça déborde.
Oh lĂ lĂ , lĂ , lĂ , lĂ , lĂ .
C'est quoi ça ? On prend de la pâte, on peut dire allez, allez.
Vas-y.
Elle te plaît pas ? Ben si si, elle est magnifique.
Tu l'as volée ? Ben non, j'ai gagné dix mille balles au tac au tac.
T'as gagné dix mille balles au tac au tac ? Ouais.
Et depuis quand tu joues au tac au tac toi ? Ben depuis que je gagne au tac au
tac.
Ce soir vous allez oĂą ?
Comme d'hab au Galaxy.
Demain j'ai pas cours, je peux t'accompagner si tu veux.
Non.
Non ? Non.
Pourquoi non ? Parce que t'es beaucoup trop sexy pour sortir.
Ah bon ? Je suis trop sexy moi ? Après
ça crée des émeutes, les filles se battent.
Je t'attends là . Ça marche.
A toute.
Et Mathéo ! Ça vous rattrapez ! Doucement, arrête d'aller vite,
c'est pas la course.
Ça, c'est à toi, là ? Ouais, de là à là , c'est à moi et ma sœur.
Je peux rien, moi.
Déjà ? J'ai trois gosses et... J'ai une plus petite part parce qu'à la dernière
fois je suis pas rentrée là , faut que je rentre.
C'est trop dangereux, tu peux pas rentrer, t'es maman.
C'est les miens, c'est moi qui décide.
Attends, je vais prendre une cigarette.
Décolle, tu me fais... Oh, pardon ! Pardon.
Vous êtes sérieuse ? Quoi ? Mais vous voulez tout crever ou quoi ? Je
comprends pas. Bah, c'est... Qui a bien cru sa vie d'abord ici ?
Personne. Tu retrouvais ta vie d'avant, toi ? Non, j'ai pas envie.
On va boire du champagne, moi.
J'en veux bien aussi.
Oui.
Merci.
Il est bon, ce champagne ? Il est dé, ce soir.
On va m'inquiéter après ça.
Bah j'ai appelé toute seule.
De toute façon c'est mort, il n'y aura pas Malika une deuxième fois.
Et alors si il n'y a pas Malika ? On va rentrer parce qu'on va rentrer en meuf.
Je crois que la super idée c'était d'y aller déguisée en mec.
La super idée c'était de rentrer.
Et en meuf on rentre.
On rentre partout.
Gilbert ? Non Gilbert.
Il était pas calme.
Non ? Non franchement il m'a fait peur. C'est ouf.
Non Gilbert, j'ai juste lui demandé la caisse.
Il faut juste que, Laurence, tu nous attendes quelque part avec la voiture d
'Hélène.
Laurence ? Quoi ? Oui ou non ? Oui.
Oui ! Ok.
Bon, qu'est-ce que t'as avec moi ? C'est pas vrai ! On se ressort ? Oui !
Pile ! Oh
non
! C'est chier ! On va nous attendre dehors ! Qu
'est-ce que t'as ? Allez ! Un
peu d'argent, ça fait pas du mal !
Tu pars dans 5 minutes.
C'est toi qui as conduit ? C'est moi.
Regarde, juste un truc.
Si jamais tu calmes, tu branches ce câble-là sur celui de la batterie qui
est lĂ .
Tu restes jamais avec le contact.
Et si ça fait des étincelles ou quoi, tu t'intéresses et moi, c'est tout fait
exprès.
Rends-toi.
Calme-toi.
Blue.
Les mains en l'air, c'est un braquage ! Personne ne bouge ! Personne ne bouge !
À terre ! À terre ! Contre le mur ! Contre le mur ! Toi, là ! Viens là !
Qu'est-ce qu'il y a, toi ? Qu'est-ce qu'il y a ? C'est pas un spectacle ? Qu
'est-ce que tu fais, toi ? Continue ! J'ai plus rien, je voulais tout donner.
Continue ! Ici ! Viens lĂ , je te dis, viens lĂ ! J'ai plus rien, je voulais
tout donner. Remplis, je te dis, remplis ! Remplis ! Ici ! J'ai plus rien, je
voulais tout donner. Ouvre les tiroirs ! Allez, allez, allez !
Là ! Là ! Là ! Il n'y a plus rien, je vous ai tout donné ! Ferme ta gueule toi
! On y va ! Viens !
L'autre, vas-y ! Allez ! Dépêche-toi ! Marchons à tête, je te dis,
marchons Ă tĂŞte ! Ensemble ! Baisse les yeux, toi !
Ça
c
'est fini ? Je ne veux plus ici.
T'as cru que j'étais trop en appart ?
ArrĂŞte.
ArrĂŞte tes conneries.
Je t'en supplie.
Tu sais comment ça va se finir.
Je repongerai jamais.
Merci.
Merci monsieur.
T'as pas pris une salade toi ? Bah si.
C'est une salade ça ? C'est quoi ça ? Pourquoi il y en a de toutes les
couleurs ? Je comprends pas. C'est des tomates.
Qu'est-ce que je fais moi ? Je dois couper ça ? Ça se coupe avec ta
cuillère, ta fourchette.
Et ton couteau.
Normal hein.
Allez, à trois ? Allez. Je fais comme ça. Allez-y.
Allez, vas-y, on goûte. Ah non, ça se casse putain. Un, deux, trois.
Voilà . C'est un découvert. Oh là là .
Mais tu sais pas, avale, avale.
Ça, ça me sent.
Arrêtez de faire ça de tête, là . Mais non, mais il y a du... C'est bon, hein.
Faut ĂŞtre poli, hein. Non, c'est bon, c'est bon. Je trouve que j'ai des amis
sur la boulangerie, lĂ . J'en ai marre, c'est trop crevant.
Quoi ? Non,
mais tu peux pas faire ça, les gens vont se poser des questions.
Les gens se posent déjà des questions, hein. Bah, je présente plus, non ?
Toujours un truc qui va pas, toi.
Quoi ? Y a un truc Ă me dire ? Mais je viens de le faire.
Pour profiter, là , sérieusement, les filles, vous jouez à quoi ?
Allez, mangez, je sais pas.
Hein ? Très bien, t'arrêtes de travailler à la boulangerie.
Et après, on fait quoi ? Non, franchement, sérieusement, tu quittes la
boulangerie, après c'est quoi ton plan, c'est quoi ton projet ? Et toi, c'est
quoi tes projets, toi ? Hein ? Par te faire tapeter par ton mec toute la
journée ? Oh ! C'est bon, calmez-vous.
Mets du feu, s'il te plaît.
Qu'est-ce qu'il fait lĂ , lui ? Quoi ? Bah, il a rien Ă faire ici.
Bah, nous non plus, on a rien Ă faire ici.
Non mais lui, il a vraiment rien Ă faire ici en fait. Bah quoi, c'est un gars du
quartier. C'est comme nous, ça dérange pas.
Monsieur, la distance est pour la famille lĂ -bas.
Oui. C'est moi qui ai vu la règle.
J'ai payé la table de mon père.
Quoi ? Mais tu vas pas faire ça ? N'importe quoi. Il va arrêter de m
'ignorer lĂ .
Tu fais pas ça.
C'est bon, merci.
Il arrive, les meufs, il arrive.
Quoi ? Qui ?
Oh putain.
Il arrive, il arrive.
Bonjour Ă vous.
Bonjour Ă vous. Bonjour papa.
Les enfants vont bien ? Ça va, merci.
Quel argent tu nous as invité là ? J'ai gagné au tac au tac.
Ah bon ? Calme-le pour toi les enfants.
C'est mieux. Bonne continuation Ă vous.
Au revoir.
On s'en fout, on s'en fout.
Je suis
désolée
pour tout Ă l'heure.
Ça va.
C'est bon ? C'est bon, c'est des tomates.
Ah non, c'est des carottes.
Kachi ? Ça va ? Ça va et vous ? Ça va.
Vous avez bien mangé ? Ouais.
Du moins, Kachi, on a un truc Ă te demander, mais on n'ose pas. Vas-y, dis
-le toi.
Les banques.
Les banques.
Ouais, les banques, quoi.
Ça te parle pas ? Les Amazones ? Quoi ? Bah quoi ? Tu sais quoi ? J'ai pas
compris. Bon, t'as vu, on est des mecs de chez toi. Nous, on veut juste manger.
C'est pour ça qu'on vient te demander si c'est vous.
Si c'est nous ?
C'est ce qui est nous.
Les banques ? Vous m'avez rendu folle, qu'est-ce que vous racontez ? Qui vous a
dit ça ? En être.
En ĂŞtre ? Mais allez faire des banques, pourquoi vous venez me voir moi ? Je
comprends pas, lĂ , qu'est-ce qu'il y a ? C'est pas toi.
Non, c'est pas moi. Qui vous a dit ça ? Au quartier.
Quoi, au quartier ? Mais ça parle.
Vous écoutez les gens ? Ah, Nassim, toi, t'écoutes les gens au quartier ? Non,
non, c'est juste qu'on vient de demander.
Ah, d'accord, je croyais.
Écoutez pas les gens, Cartier. Écoutez pas les bêtises des gens.
En tout cas, elle est belle, ta moto.
Tu fais un tour ? Tu cherches, tu cherches.
Non, mais ce que je retiens, ce qui est drĂ´le, c'est que vous voulez ĂŞtre des
Amazones. Ça va, commence pas à aller voir tout le monde. T'as juste posé la
question. Je vais vous ramener des déguisements, tout ça.
Bon, vas-y. Allez, Kachi, ça va.
Ciao, Kachi. A plus tard, les gars.
Il n'y a plus d'essence, mais il est con, quoi, lui ! Putain ! Il n'y a plus
d'essence, là . Donne les clés de la R5, s'il te plaît.
Non.
Quoi ? Non, vous prenez pas la voiture d'Hélène. On fait pas ça.
Laurence, donne les clés. Vous prenez pas la R5.
Donne. Donne les clés.
Tiens. Déplace celle-là .
Allez, les enfants ! Allez ! Putain ! Pouge ! Pouge ! Pouge ! Pouge !
Pouge
pas ! Je te jure, je vais tirer ! Je vais tirer ! Je vais tirer ! Fais pas le
coup ! Je vais pas tirer. Je vais tirer ! Qu'est-ce qu'elle fait ? Qu'est-ce qu
'elle fait ? Je vais tirer ! DĂ©barque ! DĂ©barque ! Connard ! Pourquoi il est lĂ
? Je sais pas. Pourquoi il est là ? Débarque, débarque, débarque ! Roule !
Mais qu'est-ce qu'il... Mais qu'est-ce qu'il fout là ? Oh ! Dégage, toi !
Dégage ! Vas-y là ! Tu vas pas ou quoi ? Qui est là putain ? J'ai envie de lui
mettre une balle Ă ce connard ! Comment ça une balle ? Tu vas mettre une balle Ă
personne là ! Ton arme elle est même pas chargée ! Quoi ? Mais qui ? Y'a que mon
arme qui est chargée ! Quoi ? Ce truc c'est des trucs à l'arme ! Tu te fous d
'une autre gueule ! Tu sais tirer sur les gens toi ? Parce qu'il y a que toi
qui s'appuie sur le gâchette peut-être ? Mais putain mais ferme-toi ! Tais-toi !
Tais-toi ! Tu t'en prises pour des connes ! Je l'ai tiré sur les gens ?
Ouais ! Mais t'es con ou quoi ? Mais je l'ai jamais tiré ! Putain ! Putain de la
merde ! C'est une blague !
Tu nous as pris pour des connes ! Déshabille-toi, dépêche-toi !
Hélène ? Oui ?
Ça va ? Oui, je suis un peu crue à ça.
Mais tu veux que j'aille toute seule ? Non, non, je t'accompagne.
T'es sûre ? Ouais.
Qu'est-ce qui se passe ? Je sais pas.
Tu fais quoi ? On dirait que c'est bloqué là -bas.
J'ai le tour, j'ai pas envie d'attendre des heures.
Mais ils ont bloqué ici aussi ?
Coupez le moteur, s'il vous plaît, mademoiselle.
C'est votre véhicule ? Oui.
Et vous venez d'où ? J'étais à Auchan avec ma mère, on faisait les courses.
Ă€ Auchan.
Et avant ? Avant quoi ? Avant, vous étiez où ? Ce matin, par exemple ? Ce
matin, elle était avec moi. Je travaille en ville, au Terminus. Et quand il y a
trop de ménages, elle vient m'aider, ma fille.
On peut savoir ce qui se passe ?
On va vous demander de nous accompagner Ă la gendarmerie.
Ă€ la gendarmerie, mais... Non, non, mais moi, je ne peux pas ramener la voiture,
je n'ai pas le permis.
On va faire un crochet par chez vous.
J'aime que ça.
Merci.
C'est bon ? Je vais vous arranger après. Le reste, c'est dans le cellulaire.
Merci.
Qu'est-ce que tu fais, moi ? Ça va vous passer, on jette un oeil ? Allez-y.
Vous avez des enfants ? Oui.
Vous nous suivez ? Oui.
Il y a eu un braquage ce matin au Crédit Agricole de Cavaillon. On pense que t'en
faisais partie.
C'est une blague ? On a un agent qui a vu trois braqueuses s'enfuir Ă bord d
'une Renault 5 grise. Il a noté la plaque d'immatriculation et on est tombé
sur toi.
Hélène Trinidad.
Comment tu l'expliques ça ? C'est une erreur.
C'est une erreur ? Sauf que la plaque d'immatriculation correspond bien Ă une
Renault 5 grise.
Je comprends mais...
Je sais pas, c'est une erreur.
Tu connais le gang des homagones ? Bah oui, tout le monde les connaît.
Et ça te plaît d'en faire partie ? Pardon ?
C'est toi qui as foncé sur un agent de la circulation qui était en train de
faire traverser des gamins de l'école ? Mais je vous ai dit, j'étais au bar avec
ma mère, je travaillais avec elle au terminus.
J'ai trois enfants, vous croyez que je vais m'amuser Ă foncer dans les gosses
au passage piéton quand ils vont à l'école ?
Tu bossais avec ta mère au terminus, on m'avait déjà dit ça.
Ça fait longtemps que tu le connais Johnny ? Depuis toujours.
Ok. Donc d'un côté j'ai un témoin oculaire qui a noté ta plaque d
'immatriculation, et de l'autre j'ai Johnny, le patron de ta mère, que tu
connais depuis toujours, qui te fournit un alibi en béton. Ah mais c'est pas un
alibi, c'est la vérité.
Ouais. Et vous avez pas un peu l'impression de vous foutre de ma gueule
avec ta mère ? Vous racontez que j'étais avec elle au terminus, et parce que j
'étais avec elle au terminus, qu'est-ce que...
Mais tu sais, moi, si j'étais toi, je m'épargnerais deux jours de garde à vue.
Tu vas pas gagner.
Alors ? Elle a rien lâché.
Je vais partir encore sur ma cousine, je crois.
Et je viens avec toi.
Faut qu'on se sépare, là .
Hein ? Faut qu'on nous voit ensemble.
Pour un moment, au moins.
Ça va ? Ça va et toi ? Ça va, ma soeur ? Tu m'as trop moquée.
Je ne sais pas comment j'ai fait pour me faire balader comme ça.
Les mecs, il a dit que dans la semaine, il allait me payer.
Après l'autre semaine, pareil.
Après l'autre semaine, pas de nouvelles.
Et là , j'apprends quoi ? Qu'il avait failli, ça veut dire qu'il ne va jamais
me payer.
J'ai mis toute la récolte dans ces produits de merde.
Toutes. Je vais tout donner Ă ce clochard.
Ça va aller, je m'en occupe. Mais non, non, ça va pas aller, non.
Non, non, nous, on n'a plus rien. Lui, il a encore tout.
Il a encore sa voiture, il a encore sa baraque, il a encore ses montres de mer.
ArrĂŞte de me choper.
Je m'en occupe.
Ça y est.
Ah, ça y est.
Maman, Zazoua, t'es contente de nous voir.
Ça y est, tu commences les réflexions, hein, direct.
Ça va, merci.
Et toi ? Comment il va, Karine ? Ça va, il va bien.
Il vous embrasse.
Il vous passe le célèbre.
Pourquoi vous venez pas en Corse ? Vous venez nous voir ? Pourquoi il n'a pas
pris l'avion avec toi ? Non, lui, il pouvait pas. Il y a trop de travail au
resto, lĂ .
Mais il voulait venir, en plus.
Quand tu veux.
Toi, je sais que c'est le mokorot. Il y en a ? Oui, il est lĂ . Tu l'as fait, toi
? Eh oui.
Hier soir, j'en ai fait une partie.
ArrĂŞte de me rassurer.
ArrĂŞte de me rassurer.
ArrĂŞte de me rassurer. ArrĂŞte de me rassurer. ArrĂŞte de me rassurer. ArrĂŞte
de me rassurer.
ArrĂŞte de me rassurer.
ArrĂŞte de me rassurer.
ArrĂŞte de
me rassurer.
ArrĂŞte de me
rassurer.
Bah t'as encore grandi dis donc.
Ça va ? Oui et toi ? Ça va pas.
Pourquoi t'as pas dit à Ophi que t'es rentrée toi ? J'ai pas eu le temps.
Il est pas lĂ Karim ? Il est pas avec toi ? Non non il a pas pu venir. Tiens
vas-y vas-y.
T'as acheté une nouvelle caisse ? Ouais.
Tu peux m'accompagner quelque part ce soir ? Ouais.
Franchement ça faisait des mois que je me faisais chier.
J'étais au taf.
Je me suis dit mais...
On a vécu des trucs de fous, nous.
On a fait la une des journaux.
Tu peux pas rester en bas comme ça toute ta vie.
Et je savais que quand Jocelyne elle allait partir, tout le monde allait
vouloir son poste.
Tu sais ce que j'ai fait ? Quoi ? Je suis allée voir Ménard.
Ouais. Je l'ai coincée, je lui ai dit « Eh, je suis une amazone, moi. J'ai fait
7 braquages, si tu me donnes pas le poste, t'es mort.
» T'as bien fait, t'as raison.
Non mais ça va, ça fait 5 ans que je suis là , les filles elles m'aiment bien,
elles me connaissent.
Fallait me donner ma chance.
C'est tellement mieux d'ĂŞtre gouvernante, tu travailles moins, t'es
mieux payée... Et là ...
T
'es sûre de ce que tu veux faire
là ? Quoi, je bouge pas pour ma sœur, moi ?
Bonsoir. Bonsoir.
Excusez-moi, vous auriez des cigarettes, s'il vous plaît, monsieur ? Oui, je fais
pas tabac, les cigarettes, c'est le plus clair.
Eh ben, je vais vous prendre une bière à emporter et un paquet de ce que vous
avez, s'il vous plaît.
J'ai plus que les camels, ça vous va ? Oui, très bien, merci.
Vous ĂŞtes en vacances, lĂ ? Non, pas du tout, j'avais ta nuit sur la sorgue.
La famille, ici, hein ? T'as combien ?
13 euros.
C
'est
bon t'as trouvé ce que tu voulais ? Putain la baraque.
Le mec il fait pas que de la lavande.
Ah ouais.
Vas-y, démarre.
Salut.
Ça va ? Oui, ça va.
Et toi ? Ouais.
Tes parents, ça va ? Oui, ça va.
Ils vont bien, ils t'embrassent.
Et ta soeur ? Ça va.
Santé. Santé.
A
demain
matin.
J'ai pas envie d'ĂŞtre en vie.
Je m'attends.
Je t'attends lĂ , je bouge pas.
Embrasse ta cousine pour moi.
Je t'aime.
Vous avez déjà fait la 222 ? Non ? Il faut la faire.
Ok. Merci.
Laurent, on se retrouve qu'à dès.
Veuillez nous suivre, s'il vous plaît.
T'es pas obligé de vivre tout ça.
Ça peut s'arrêter en 5 minutes, il suffit que tu nous dises le nom du gars
qui était dans la maison pendant que toi tu faisais le gay dehors.
J'y étais pas.
Non mais arrĂŞte, c'est fatiguant.
On le sait en plus, ça sert à rien.
Bah oui, il a raison, on le sait.
On sait que t'étais dans ce bar à faire le gay pour un gars.
C'est qui le gars que tu protèges ? Je protège aucun gars.
Tu sais, si tu t'entêtes, ça va être de pire en pire. Pour toi, pour ton fils.
On va finir par te le retirer si tu continues.
Vous avez pas le droit de faire ça.
Nous, non.
Mais le juge, oui.
Et sa décision, elle dépend de ce qu'on va lui dire.
Ce qu'on va lui dire, ça dépend beaucoup de toi.
C'est la vie que tu veux pour ton fils, qui grandit sans foyer ? C'est ça que tu
veux pour ton enfant, Laurence ? Qu'il se prenne des baffes ? Qu'il se fasse
violer avant de ses 13 ans par son éducateur ? Comme toi ?
C'est ce que tu veux pour lui ? Donne-nous un nom.
Vous n'avez pas le droit de faire ça.
Tiens, on gagne du temps.
Mais je veux voir mon fils.
Tu vas le voir. Si tu parles, ça ira plus vite.
Je veux voir mon fils.
On t'écoute d'abord.
Merci.
Bonsoir.
Cathy ? Il y a quelqu'un pour toi au téléphone.
C'est qui ? On sait rien.
AllĂ´ ?
Cachy, c'est Laurence.
Je viens de sortir de la gendarmerie. Ils m'ont gardée 48 heures. Ils savent
que c'est nous. Quoi ? Quoi que c'est nous ? Que c'est nous quoi ? La baraque
Ă Fontaine.
Il y a un gars qui a bavé dans le bar en face. Il y avait la voiture.
Il a dit que c'était nous.
Je ne comprends pas, Laurence.
Ils ont dit qu'ils vont prendre mon fils.
Ils ne vont jamais me lâcher. Il faut leur dire la vérité.
Y'a personne qui va prendre ton fils, t'as compris ? Personne.
Faut que tu leur dises la vérité, Cassie.
Pense Ă Christopher.
Hein, il faut que... Tu vas leur dire pourquoi t'as fait ça, ils vont
comprendre, c'est sûr. Arrête tes conneries, Laurence.
Arrête ça.
Regarde, tu fais comme Hélène l'année dernière.
Ils avaient tout, ils avaient l'immatriculation, l'R5, tout. Elle a
rien dit, elle a rien lâché.
Donc fais comme elle.
Tu fais comme elle, tu t'es...
Laurence, t'es toujours lĂ ? Je suis dans la machine, dans la cabine en face
de l'église. J'ai plus de pièces, je te rappelle.
Il n'y avait plus que des machines Ă cartes.
C'est trop vide.
Putain, Laurence, pourquoi t'as fait ça ?
Putain,
t'es une amazone.
Il est quel ordre ? Je suis recherché par la police.
Qu'est-ce que tu racontes lĂ ? Pour de vrai, s'il m'attrape, je rends moins 15
ans.
Qu'est-ce que t'as fait ? Tu veux le Grand des Amazones ?
Si il m'attrape, c'est mort.
Il s'est avouté, là ? Je sais pas. Ils m'ont appelée à la boîte.
Fais tes affaires.
On se bat.
Comment ça va ? C'était pas trop chiant ? Non, c'est vrai, c'était cool.
C'est juste, j'ai trouvé ça un peu long quand les autres sont passés avec leur
flûte. Mais toi, ça va. Je suis bien aimée.
Très bien.
T'as vu, il y a papa.
Ouais, j'ai vu.
Vas-y, viens, on se casse.
Ça va ? Ça va, toi ?
Tati. Franck.
Je vous ai installé là , ça vous va ? Absolument.
C'est parfait.
Bon. Merci. Je vais m'en coucher.
Lève les mains ! Lève les mains ! Bouge tes mains ! Bouge pas, bouge pas. Je
bouge pas, je bouge pas.
Maman ! Mes enfants, ça va ? Ça va mes amours, ça va ? Bouge pas ! Je bouge
pas, je bouge pas.
Regardez ce que j'ai trouvé sous votre baignoire.
C'est pour moi.
Ok, d'accord.
Je suis en train de vous dire que c'est pas Ă moi.
Ça m'appartient pas ce qu'il y a là ! C'est pas moi ! Et pourquoi vous faites
ça ? C'est pas moi, c'est Jérôme !
Jérôme,
vous me faites mal ! C'est toi.
Putain !
Ta mère va s'occuper d'aller chercher les enfants.
Ok.
Tu sais, personne m'a jamais enfumé comme toi.
Bonjour mademoiselle.
Bonjour.
Hélène Trinidad, 25 ans, soupçonnée de 7 braquages commis dans la région de
Vaucluse.
Pendant la guerre d'Avue, elle a reconnu les faits.
Vous n'avez pas trouvé un moyen de lui donner un pantalon de rechange ? Lui
acheter des serviettes hygiéniques ? C'est encore le Moyen-Âge, elle est sur
sorgue ? C'est-à -dire qu'il n'y a que des hommes ? Ce n'était pas une vraie
question.
Merci. Attendez, retirez-le des menottes avant de partir, s'il vous plaît.
Merci. Donc, comme vos collègues Laurence Roucadet,
Carole Coudron et Malika Benhamar, vous aussi vous faites partie du gang des
Amazones ? Oui, madame.
Qu'est-ce qui vous est passé par la tête ?
À quel moment des jeunes femmes de votre âge se disent que braquer des banques,
ça va être une solution, là , plutôt qu'un problème ? Alors, jamais plus quoi
faire.
Oui, je sais. On m'a raconté.
Vous n'aviez pas d'autre choix.
Vous vous êtes dit, tiens, on va faire des attaques à Marmée.
C'est un métier comme un autre.
Non, mais c'est mieux que de voler des gens ou de dealer de la drogue.
Mais dans quel monde vous vivez ? Les faits qui vous
sont reprochés sont très graves, mademoiselle.
Vous savez, c'est pas la correctionnelle, c'est les assises.
On part pour un mandat de dépôt d'un an aussi, là .
C'est quoi ? C'est quoi ? Je vous mets en prison jusqu'à votre procès.
Et mes enfants ? S'il fallait y penser avant.
Quel gâchis, franchement.
Est-ce que quelqu'un peut vous apporter un pantalon ? Ma mère.
Vous pouvez demander au gendarme de téléphoner à sa mère qu'elle lui apporte
un sac de vĂŞtements propres.
Et les filles, elles sont avec moi ? Non, non, je
vous ai mises dans des prisons différentes.
Bonjour, ça va ? Bien passé ? C'est bon ?
Bonjour, ça va ? Bonjour madame.
Bonjour, vous me présentez le mandat de dépôt ? Merci.
Nom, prénom, date et lieu de naissance ? Elen Trinidad, 25 juillet 1964,
Avignon.
Vous avez des tatouages, des signes distinctifs ?
Est-ce que vous avez une personne à prévenir en cas de nécessité ? Vous
passez sous la toise avant la fouille ?
1 sur 71.
Déshabillez-vous.
Levez vos bras.
Les deux.
Baissez-les.
Ouvrez la bouche.
Tournez-vous.
Relevez vos cheveux.
Penchez-vous.
Toussez.
C'est bon pour moi. Tenez.
Ce sac, je le conserve au niveau du vestiaire.
Tout ceci, vous le reprenez en cellule.
Salut. Bonjour.
Bonsoir.
Ils ont retrouvé Cathy ? Non.
On ne l'a toujours pas retrouvée.
On t'a trouvé un avocat ? Bon, j'espère.
Il s'appelle Maître Gontard.
Merci maman.
Tu continues de rester silencieuse, tu dis rien.
Je ferai jamais ça Cathy.
Je parlerai jamais.
Non.
Tu dois appeler des non-coupables.
Ces filles, tu les connais pas.
Ton père m'a compte partout que t'as rien fait, ça le rend complètement fou
tout ça.
Faut que tu plaides non-coupable, tu m'entends ? Tu peux pas nous faire ça.
Qu'est-ce qu'ils vont penser les gens ?
Tu peux penser à ton frère, à ce qu'il est en train de vivre au lycée.
Avec tout ce qu'on raconte sur toi.
Tu te mets Ă notre place un peu ? Ok, je vais
le faire.
Tu peux pas rester non-tempieux.
Faut que tu sortes, lĂ .
Si tu sors pas, elles vont finir par te prendre pour une balance et tu vas te
faire planter.
Et il faut que tu bosses aussi.
Si tu fais la gamelle ou le ménage, tu pourras prendre une douche tous les
jours.
Ça fait combien de temps que tu t'es pas lavé ? Et tu chlingues, là .
Ici, y a que des putes toxiques ou des meufs qui ont noyé leur mou.
Toi, t'es une Amazon.
Alors tu lèves ton cul et tu vas te le laver.
Réunis d'elle ? Fais-le voir.
Je vois.
Attention.
Bonjour Hélène. Bonjour.
Maître Kenwood.
Comment ça va ? Ça va.
Et comment on te traite ici, ça va ? La personne est pénitentiaire, ça va ? Tes
côtés tenus ? Ça va.
Alors, c'est moi ton avocat, c'est moi qui vais suivre ce dossier. Vous savez,
moi j'ai pas d'argent, j'ai pas de quoi vous payer avec ma mère, on n'a rien. Je
sais. Ta mère m'a raconté, c'est pas grave, on est là pour...
pour défendre quelque chose qui me tient très à cœur, qui est la place des gens
comme toi dans une société qui les oublie.
Et c'est pourquoi je t'ai apporté ce livre.
Donc, est-ce que tu connais Jean Pinatel ? C'est lui qui a écrit ce livre qui s
'appelle « La société criminogène ». J'aimerais que tu le lises.
C'est un livre qui raconte que...
que toi et tes copines, vous avez grandi dans un milieu qui est criminogène. Et c
'est ça qu'on va mettre dans la tête des jurés. On va raconter que ton milieu
familial, ton milieu social, c'est lui qui est coupable de tout.
En gros, toi, t'es pas une braqueuse. T'es une mère courage qui fait tout pour
nourrir ses enfants.
Voilà . C'est ça qu'on va plaider.
J'ai besoin, pour ça, que tu me racontes qui tu es.
Je voudrais tout savoir de toi et ta famille.
Et j'ai trois enfants, une grande et deux petits, deux petits garçons.
Je vis avec ma mère et mon père nous a abandonnés quand j'avais 7 ans.
Est-ce qu'il est venu te voir ici ? Non, non, non, il n'existe plus Ă ses yeux.
Lui, il a refait sa vie, il a deux petites filles.
Carrément. Donc il t'a abandonné définitivement à l'âge de 7 ans ? Oui. C
'est très bien ça.
Très bien. Très bien pour nous, pour ta défense.
Et le père de tes enfants ?
Le père de la grande, il s'est tiré pareil quand elle est née.
Donc, on ne l'a plus jamais revue depuis sa naissance.
Ça, c'est du pain béni.
J'aurais voulu inventer que je n'aurais pas trouvé mieux.
Je suis content de te faire sourire.
Tu en as d'autres ?
Non, mais le troupeur, celui de la CAF, évidemment, je passe de 3000 francs par
mois à 31 francs, je reçois le courrier, je peux y rendez-vous avec eux, mais ils
n'avaient pas d'autre solution, donc... On en est venus lĂ , cette histoire de
braquage avec Cathy, les filles, voilĂ , bon, c'est pas... Mais c'est la
société criminogène, quoi.
Exactement, tu as tout compris. VoilĂ .
Je vais chercher la voiture. Tu m'attends lĂ ?
Je parle pas aux flics.
Est-ce que vous parlez à la juge d'instruction ? Parce que ma sœur, elle
a rien à voir dans tout ça.
Elle a jamais rien volé de sa vie.
Oui, oui.
Et vous ? Vous savez.
Non, pas tout.
J'ai pas arrêté de penser à vous, vos copines. Ça me contrarie.
Non, c'est pas vrai, ça me met en colère.
Comment on en arrive lĂ ? Et comment on passe de Fatia Benhamar Ă
Cathy ?
Répondez-moi s'il vous plaît.
Cathy s'est arrivée en primaire.
Pour quelle raison ? J'avais un maître qui appelait tous les enfants par leur
prénom sauf Mohamed et moi.
Il nous appelait par nos noms de famille.
Donc je me suis dit que Fatia c'était peut-être trop compliqué à dire.
Et après la primaire, vous étiez allée au collège à Lys-François, c'est ça ?
Ouais.
Mon père, il a fait un accident de travail et j'ai arrêté pour travailler,
pour les aider.
Pourquoi vous avez arrêté de travailler ? J'ai pas arrêté, ils m'ont virée.
Et après pour aller au travail il fallait que je fasse du stop, sauf que
le stop ça marchait pas tous les jours donc à force d'être en retard ils m'ont
viré.
Après j'ai fait de l'intérim, des petits ménages.
Mais c'était trop la galère, j'en avais marre.
Et j'avais plus d'idées.
Quand t'as plus d'idées au quartier, bah on t'en donne.
Et je voulais pas faire de maison, je voulais pas vendre de drogue.
Quand on m'a dit les stations-service, j'ai dit ouais, ok.
Donc j'ai braqué des stations-service.
Et après ils m'ont attrapée, ils m'ont mis au bommette chez Emilia.
Et ensuite ? Ensuite on avait pas le choix.
Hélène elle s'est retrouvée en galère avec ses enfants à devoir de l'argent qu
'elle devait mĂŞme pas.
Et personne pour nous aider.
Donc on a pris l'argent où il était ? Dans une banque ? Une banque ?
Six banques, sept braquages.
On a fait deux fois comme on.
Vous n'aviez pas le choix de braquer sept fois ? C'était quoi le projet ?
Vous croyez en projet ?
Je vous ai mis au beau-mètre.
C'est bien, je serai pas dépaysée comme ça.
Allez-y.
Tu viens de voir dans 15 jours. Faut que je règle des trucs ici et je prends un
appartement à Marseille pour être près de toi.
Je t'aime.
Toi aussi.
Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de Karim. Je ne suis pas là pour le
moment. Merci de me laisser un message.
Oui, c'est moi.
Je t'ai appelé cent fois. Je ne comprends même pas pourquoi tu ne
réponds pas. Je n'ai rien fait.
J'accède, toi tu ne réponds pas.
S'il te plaît, reste à côté de ton téléphone. Reste chez toi.
Comme ça, je te rappelle.
Je t'aime.
T'as mis du temps Ă venir me voir.
Je voulais t'écrire mais je me suis dit que c'était mieux de te dire les choses
en face.
T'es qu'une sale égoïste, t'as toujours pensé qu'à ta gueule.
T'as gâché ma vie et celle des enfants, tu te rends compte de ça ? C'est la
dernière fois que je te parle.
Toi et tes copines lĂ , vous ĂŞtes des chats noirs, vous portez la poisse.
S'il avait pas rencontré Cathy, il serait jamais mort, le gars.
Pourquoi tu parles ? T'as pas dit ta mère ? Non.
Karim, le mec de Cathy, il est mort.
Il s'est tué en bagnole avec son frère en Corse.
Comment tu peux me dire ça comme ça ?
Ma chérie, tout va très bien.
Ta soeur, elle est déjà là . Ça va.
Vous avez des nouvelles de Karim ? Un pas ?
Alors,
tiens.
Faut mettre ça autour du cou.
Tiens, je te donne ça.
Et je repartis.
Si tu n'avais pas demandé de venir m'aider, on n'en serait pas là . Vous n
'avez pas le droit de communiquer, je suis désolé. Tu prends ce numéro, tu le
mets autour du cou, puis tu vas derrière et tu l'as.
La juge va t'acquérir.
Donc dépêchons-nous là , s'il vous plaît, mademoiselle.
Vous pouvez aller vous mettre sur la ligne lĂ , qui est au sol.
Juste en face des numéros qui correspondent bien aux vôtres.
Bien.
Je vais faire entrer les témoins là dans la gendarmerie et ils seront...
derrière la vitre, là , qui est juste devant vous.
Donc, je vais vous demander de regarder bien droit devant vous, rien manifester,
et puis, évidemment, de ne pas du tout communiquer entre vous.
Bien.
Carole.
Carole, réponds-moi.
Laurence, t'as une nouvelle de Karim.
Demandez à Hélène. Hélène, t'as des nouvelles de Karim. Vous n'avez pas le
droit de vous parler, les témoins sont là .
Regardez la vitre.
Il est mort. S'il vous plaît.
Quoi ? Je vous ai demandé de pas vous parler. T'as dit quoi, là ? T'as dit
quoi, Hélène ? Qu'est-ce qu'il y a ? Karim, il est mort.
Quoi ? Il s'est tué en Corse avec son frère en voiture.
Mademoiselle Benhamar, s'il vous plaît.
S'il vous plaît, regardez droit devant vous.
S'il vous plaît, Mademoiselle Benhamar, s'il vous plaît.
Les témoins, s'il vous plaît, les témoins sont là . Tenez-vous droite.
S'il vous plaît.
Cathy.
Monsieur Benhamar, Madame Benhamar.
Les gars.
C'est ma vraie... C'est ma vraie...
Faites quelque chose pour ma fille, s'il vous plaît.
Sinon elle va mourir dans prison, c'est obligé.
Merci. Merci, merci beaucoup.
On va noter que votre avocat ne s'est pas présenté.
Vous êtes sûre de votre convocation, M. Chaumont ? Oui, mais je peux vérifier si
vous voulez.
Je me suis trompée, Mme le juge.
M. Bontemps n'est pas Ă convoquer ce matin, il est convoquĂ© cet après-midi Ă
15h.
Vous savez ce qui va se passer ?
Maître Contard va appeler le parquet général et puis il va expliquer au
substitut du procureur que sa cliente a été convoquée en l'absence de son avocat
et que par conséquent il s'agit d'une détention arbitraire.
Et ensuite il va aller devant la cour de Nîmes bien sûr et puis il va le faire
appel de cette détention.
Je suis désolée madame la juge.
Est-ce que vous pouvez raccompagner mademoiselle Coudron à la maison d'Arène
Montpellier s'il vous plaît ?
Ça va ? J'étais avec mon avocat, il paraît que Carole sort pour visite de
procédure. Et ça voudrait dire que nous aussi on sort en attendant la date du
procès.
Tu crois que c'est possible ? Ouais, ça arrive.
Ça veut dire que je vais voir mes enfants ?
Benamar,
libération.
Tu prends pas tes affaires ? Alors
comme
ça, vous sortez déjà avec tes copines ? C'est juste des procédures.
Tiens, c'est cette pécule qui est restée sur ton compte.
T'en as reçu de partout, des mandatoires.
Faut braquer des banques si tu veux ĂŞtre populaire aujourd'hui ? Signe ici.
Tout le monde sait que tu es une amazone sauf toi apparemment.
Je ne veux plus te voir.
Je remets donc le billet de sortie.
Il faut bien le garder, c'est important.
Allez au revoir.
Allez au revoir, bon
courage. Au revoir.
Elles ont fait courir les gendarmes pendant plus de deux ans et donné
quelques insomnies Ă tous les banquiers du Vaucluse. Leur surnom, le gang des
Amazones. Cinq jeunes femmes sans l'ombre d'un seul homme. Mais pour la
défense, l'histoire des Amazones se plaît d'ailleurs dans la chronique d'une
délinquance annoncée.
Et à la barre, impeccablement habillées, les Amazones, qui n'ont pas tout avoué,
ne ressemblent plus vraiment Ă leur histoire.
Elles sont en liberté depuis plus de 4 ans, certaines travaillent, d'autres
sont mères de famille, mais conformément à la loi, elles ont toutes dû quitter
leur domicile hier soir à 18h pour se constituer prisonnières. C'est en prison
que les Amazones vont dormir pendant toute la durée du procès.
Alors, notre cour d'assises de Carpentras a été désignée afin de
procéder à l'examen de l'affaire dite du gang des Amazones, auteur de sept
braquages dans la région de Vaucluse entre 1989 et 1990.
Alors, ma première question sera très simple, mesdemoiselles, reconnaissez
-vous les faits ?
je ne reconnais pas les faits.
Oui.
Oui.
Oui.
Non.
Donc, mademoiselle Coudron, vous n'ĂŞtes pour rien dans ces braquages.
Non.
Et est-ce que vous connaissez les jeunes femmes qui sont assises à vos côtés ? On
s'est déjà croisées, c'est tout.
Merci.
Et vous, Madame Malika Benhamar, vous allez me dire que vous n'avez rien Ă
voir avec votre sœur ? Je n'ai jamais braqué de banque. Non, je ne vous
entends pas, mademoiselle. Je vous disais que je n'étais jamais... Enfin, j
'avais jamais braqué de banque.
Je vous remercie.
Monsieur l'avocat général, vous souhaitez intervenir ? Merci, monsieur
le président.
Mesdames et messieurs les jurés, on va essayer de vous convaincre que ces
jeunes femmes sont inoffensives. On va vous dessiner des portraits de mère
courage.
Et ne vous laissez pas séduire par l'idée de faiblesse que leurs avocats
vont essayer de leur donner.
Non, elles n'ont pas agi uniquement dans l'intérêt de leurs enfants, ni par
solidarité. Non, elles ne sont pas des robins des bois aux féminins. Il n'y a
rien de pittoresque, ou d'émouvant, ou d'héroïque dans ce qu'elles ont fait.
Les vraies héroïnes, ce sont celles du quotidien. C'est vous, c'est vous, c'est
vous aussi, madame.
Celles-ci ne sont pas des héroïnes.
Ce sont des jeunes femmes vénales et dangereuses, prêtes à tout pour
satisfaire leur plaisir.
Quitte Ă semer sept fois la terreur.
par la présentation d'armes et un comportement d'une extrême violence.
Ce sont des faits de grand banditisme.
Que ce soit des hommes ou des femmes, cela m'importe peu.
Ce sont avant tout des bandits, d'une grande dangerosité pour notre société.
Il suffira d'écouter le témoignage des victimes pour s'en convaincre.
Je vous remercie, Monsieur le Président.
Faites entrer le témoin, s'il vous plaît.
Madame Duhal, je vous écoute.
Quand je les ai vu rentrer pour la première fois, j'ai vraiment eu très
peur. J'avais clairement peur de me prendre une balle.
Et quand elles sont rentrées la deuxième fois, je me suis dit que si elles
étaient capables de faire ça, de revenir une deuxième fois, c'est qu'elles
étaient capables du pire.
J'ai compris ce jour-là ce que c'était que la terreur.
Cette terreur, elle ne vous quitte plus jamais.
C'est employé au crédit agricole de l'île Srasorg.
Et actuellement, vous faites quoi ? Je ne travaille pas, je suis au chĂ´mage.
Vous ĂŞtes toujours sous traitement ? Oui.
Vous étiez très menaçante, très sûre d'elle.
Et j'ai senti une arme dans mon dos, et quelqu'un qui me hurlait dessus, qui
allait me tuer.
Vous avez dû être terrorisé.
Je pensais à ma femme, à mon petit garçon, et je me suis mis à pleurer.
Ça vous fait quoi d'entendre ça ?
Tenez par exemple, vous, mademoiselle Fathia Benhamar, ça vous fait quoi d
'entendre ce que... Vous ne répondez pas ? Je ne
sais pas quoi vous répondre.
Je regrette.
L'audience est suspendue. Elle reprendra demain matin à 9h30 précise.
9h pour l'administration pénitentiaire. Je vous remercie.
L'audience reprend, vous pouvez vous asseoir.
Et donc lĂ , comme vous pouvez le voir, il ne fait aucun doute que c'est bien
Manika Ben Ammar qui ouvre la porte à sa sœur.
J'avoue que je ne comprends pas très bien son obstination à prétendre le
contraire. Et il s'agit bien de Fatiha Ben Ammar qui entre en premier dans la
banque avec son fusil à canon scié.
Suivi selon la déclaration des accusés de mademoiselle Carole Coudron.
Rien ne vous permet de dire que c'est ma cliente.
Elles sont méconnaissables.
Ce n'est pas moi qui le dis, ce n'est pas non plus les images, ce sont ses
amis. Rien ne vous permet de dire que ce sont ses amis.
Comme rien ne vous permet de dire l'inverse.
J'ai jamais eu de fusil Ă canoncier.
On l'a tous vu sur les vidéos de surveillance.
Tous les témoins en parlent. Et comme par hasard, c'est la seule arme qu'on a
jamais retrouvée.
Comment vous vous en êtes débarrassé ? C'était du plastique, je l'ai jeté à la
poubelle.
Tous ceux à qui vous avez collé votre fusil sur le front confirment que l'arme
était lourde et froide comme du métal.
Vous en pensez quoi ?
Que c'est bien imité.
Vous vous moquez de nous ? Non.
On avait deux pistolets Ă larmes et un pistolet de farce Ă attrape.
C'était des fous.
J'aime pas les armes. J'aime pas, ça me fait peur.
Justement, pourquoi vous ne vous êtes pas arrêtée à la première ? Vos
problèmes d'allocation familiale étaient réglés, non ? Oui, c'est... On n'y
arrivait pas.
Je ne sais pas, on n'y arrivait pas.
Avant chaque braquage, on disait c'est le dernier.
Et puis après, on recommençait. C'est un cercle vicieux, l'escalade.
Cathy, ce n'est pas le leader de la bande ou le cerveau ou je ne sais pas
quoi.
En fait, pour nous, c'est comme une grande sœur.
Ça veut dire que si on a un problème, on sait qu'on peut l'appeler.
Moi, c'est un peu comme ma mère.
Je sais pas si je serai vivante aujourd'hui sans Cathy et sans les
filles.
On se connaît à peine, vous, Zézie.
On s'est croisées quelques fois.
Pour braquer des banques.
Pourquoi je braquerais les banques ?
Moi, tout ce qui m'importait, c'était le violon.
Et le pipeau aussi.
Je comprends pas ton abruti d'avocat, là . C'est quoi, ça ? Arrête de nier.
Tu vois bien, on a tout avoué. Là , tu vas prendre plus cher qu'à nous toutes.
C'est con.
Au cas où, réponds quand je te parle.
Tu protèges qui ? Tu protèges qui ?
Ton connard de père qui t'a humilié toute ta vie.
Ta mère qui t'a laissé te marcher dessus comme une merde, c'est ça ? Arrête.
Qui te protège, toi ? Moi ? Vas-y, s'il te plaît.
Pourquoi t'es retournée chez eux ? T'inquiète pas pour moi.
Elles sont coupables de sept attaques à main armée.
Sept, c'est un record.
Et elles ont avoué.
Pour celles qui ne l'ont pas fait, les preuves sont accablantes.
Donc il n'y a pas de discussion lĂ -dessus. La seule question est celle
de la sanction.
Ce que le ministère public va demander comme réparation au nom du peuple. Alors
bien sûr la défense va nous faire un portrait des accusés dignes de Victor
Hugo.
C'est vrai qu'elles ne sont pas nées avec une cuillère en argent dans la
bouche.
Mais cette prétendue idée de relation de cause à effet est un fantasme.
Il y a près de 4 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté, ça
n'en fait pas fort heureusement, 4 millions de délinquants.
On la voit bien venir, la stratégie de la défense, on va nous inventer une
sorte de réalité alternative où les accusés deviennent des victimes, c'est
le monde Ă l'envers.
Et on va nous dire qu'elle n'avait pas le choix.
C'est une fable.
Et on va essayer de nous faire sortir les mouchoirs. Ça, c'est une honte.
Cette histoire est beaucoup plus simple que tout ce que les avocats de la
défense vont inventer. C'est juste l'histoire de malfrats sans morale qui
prennent par les armes ce qu'elles n'ont pas réussi à s'offrir par leur travail.
C'est d'une banalité confondante. Alors je vous le redis, au nom des victimes
qui en font encore des cauchemars, au nom du respect que l'on doit Ă tous les
gens modestes, qui font le choix de l'honnêteté, quelles que soient leurs
difficultés.
Et au nom de la loi, tout simplement, qui est un fondement de notre démocratie
et de notre sécurité, je demande un jugement d'une sévérité exemplaire.
C'est pourquoi pour Laurence Roucadet, Carole Coudron, Hélène Trinidad et
Malika Benhamar, je réclame 10 ans de réclusion criminelle.
Et pour Fathia Benhamar, qui, je le rappelle, est une récidiviste qui a fait
ses classes en braquant des stations-service, le ministère public
demande 15 ans.
La parole est à la défense.
C'est une bande de copines.
Ils comptaient en commun d'avoir vécu quasiment toute leur vie dans le même
quartier. Ces procès, c'est d'abord le procès des quartiers défavorisés.
C'est ce qu'ils ont fait.
On peut appeler cela une forme de suicide social collectif.
Alors, monsieur l'avocat général nous a traîné une couronne d'épines en
réclamant 15 ans pour Fatia Benhamar.
15 ans.
Combien de fois va-t-on faire payer Ă Fathia Benhamar le fait d'ĂŞtre Fathia
Benhamar ? Parce que de deux choses l'une.
Ou on juge ma cliente sur les faits qui lui sont reprochés aujourd'hui, ou on
juge l'ensemble de sa vie.
Et puisque M. l'avocat général a cru bon de rappeler que ma cliente avait été
emprisonnée pour des faits de braquage sur des stations-service quand elle
était mineure, eh bien restons sur cette note générale et parlons de la vie de
Fathia Benhamar.
Plus précisément, parlons des choix qui lui ont été proposés.
Les allocations d'Hélène Trinidad sont passées de 3000 francs par mois à 31
francs par mois.
Voilà . C'est une décision brutale et inhumaine.
Alors, normalement, qu'est-ce qu'on fait dans une telle situation ? On va
demander de l'aide à ses proches, en général à ses parents.
Seulement, voilĂ .
La mère d'Hélène Trinidad, elle fait des ménages.
Et le père d'Hélène... Est-ce que le père d'Hélène est dans la salle ?
Monsieur, si vous ĂŞtes lĂ , veuillez bien vous manifester en levant la main, s'il
vous plaît.
Il n'est pas lĂ .
Et si cet homme est absent au procès de sa fille, c'est tout simplement parce qu
'il a abandonné sa fille quand elle avait l'âge de 7 ans.
tout comme il a abandonné les traites de la maison à rembourser, tout comme il a
abandonné toutes ses responsabilités financières et affectives.
Et puis, des années plus tard, c'est le père de son aîné, sa fille, Émilie,
qui a abandonné l'imprunidade.
Et encore des années plus tard, c'est l'État qui l'abandonne.
Il faut combattre absolument l'idée selon laquelle, seul, l'emprisonnement
pourrait apaiser les troubles Ă l'ordre social.
Et j'en veux pour preuve les quatre années qui viennent de s'écouler. Qu'ont
fait Malika et Fatiha Ben Ammar pendant ces quatre années ? Elles se sont
attachées à reconstruire humblement leur vie sociale et professionnelle, comme
ouvrières dans l'exploitation agricole de la Travelle. Et ce qu'elles ont
reconstruit patiemment, on vous demande aujourd'hui de le détruire.
Et ce, sans aucun bénéfice, ni pour la société, ni pour elle-même.
Enfin, j'aimerais que vous n'oubliez pas que cet argent, elles vont devoir le
rembourser.
Elles vont payer toute leur vie.
Et rien ne vous oblige Ă les condamner deux fois.
Rien.
La justice ne peut pas avoir le goût du venin.
Je reste confiant que nous n'aurons pas Ă rougir de votre verdict.
Monsieur l'avocat général vous les a livrés.
Moi, je vous les confie.
J'ordonne que le dossier de procédure soit remis à monsieur le greffier.
VoilĂ . L'audience est suspendue.
Ça va être long.
C'est mieux si ça ne s'éternise pas trop.
Ils vont me prononcer le verdict.
A la question, est-ce que Fathia Benhamar, Malika Benhamar, Hélène
Trinidad, Laurence Roucadet et Carole Coudron ont participé à l'attaque armée
du crédit agricole de l'île sur la Sorgue ? La réponse est oui, à la
majorité de 8 voix au moins.
A l'attaque armée du crédit lyonnais de Saint-Saturnin-les-Avignons, la réponse
est oui, à la majorité de 8 voix au moins.
A la double attaque à main armée du Crédit Agricole de Caumont, la réponse
est oui à la majorité de 8 voix au moins.
A l'attaque Ă main armĂ©e du CrĂ©dit Lyonnais du Pontet, la rĂ©ponse est oui Ă
la majorité de 8 voix au moins.
A l'attaque à main armée du Crédit Agricole d'Entrègues, la réponse est oui
à la majorité de 8 voix au moins.
En conséquence, la Cour condamne Fatia Benhamar à 5 ans d'emprisonnement, dont
4 avec sursis.
Ça veut dire quoi ? Les peines sont couvertes par la détention provisoire.
Hélène Trimidad a 4 ans d'emprisonnement avec sursis.
Malika Benhamar a 4 ans d'emprisonnement avec sursis.
Laurence Roucadet a 4 ans d'emprisonnement avec sursis.
Silence, s'il vous plaît. S'il vous plaît, silence.
La cour condamne Carole Coudron Ă 5 ans d'emprisonnement, dont 3 avec sursis.
Vous avez 5 jours francs pour vous pourvoir en cassation. Passez ce délai,
vous n'y seriez plus autorisé.
L'audience est levée.
Carole. Carole.
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