All language subtitles for La.Crim.S05E11

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Original subtitles

C'est ce qu'il vient de dire ? Ouais.

C'est quoi le topo ? Salut les gars ! C'est quoi le topo ? C'est un chauffeur

routier, il s'est fait dessouder chez lui.

Sa femme qui l'a retrouvé allongé dans le quai des Laurentins.

C'est ça la culminée là ?

Comme le cavalerie, ça va toujours à l'amour.

Maman, tu veux que je la déballe ? Ça va, calme-toi.

Il faudrait finoler le numéro, c'est pas au point.

Vous rentrez du travail et vous découvrez le corps de votre mari dans la

cuisine.

Il y a une cause probable du décès.

Transfixion de cœur, poumons à l'aide d'un instrument piquant et tranchant,

probablement un couteau de cuisine usagé au vu des lèvres de la plaie quelque peu

déchiquetées.

Oui, chaque détail a son importance.

Tant que vous y êtes, le marchand, je ne sais pas, montre-nous ce qu'il a bouffé

Ă  midi, par exemple.

Au filet et saignant, accompagné de haricots verts extra fins, suivi de

fromage au lait cru et d'une pĂŞche.

C'est plus des détails, c'est de la divination, ça.

Ok, autant pour moi. J'ai encore du chemin Ă  faire.

Il était quelle heure ? 5h.

17h, donc.

Vous avez vérifié l'heure sur votre montre ? Est-ce que vous êtes sûre de l

'heure ? Parce qu'il était peut-être, je sais pas moi, 17h30 ? Oui, c'est ça.

17h, 17h30.

Madame Blanchard, est-ce que votre mari se sentait menacé ?

Oui, je sais pas trop. Hier Ă  midi, j'ai pris

une cuite, et aujourd'hui, je rive Ă  la bourre.

Depuis que Sonia est en taule, J'accumule les comptes, d'ailleurs.

Est-ce que vous connaissiez des ennemis ? Au lieu de me retirer les mots de la

bouche, Poulot allait les retirer aux gens du voisinage.

Et parmi moi, vos excuses, elles sont certainement valables, mais

incompatibles avec vos fonctions à la clé.

Quelqu'un qui aurait pu lui en vouloir ? C'est vous qui avez voulu remplir

Poulot, hein ? Pas moi.

Madame Borchard, il n'y a aucune trace d'effraction.

Ça veut dire que votre mari a certainement ouvert à son agresseur.

Il avait rendez-vous avec quelqu'un ? Je sais pas.

De toute façon, quand on est ici, on laisse toujours la porte de la cuisine

ouverte sur le jardin.

Vous voulez dire qu'un étranger aurait pu rentrer par la porte de la cuisine en

venant du jardin ? Oui, c'est ça. C'est sûrement un étranger qui a fait ça.

Pourquoi ? Ce serait quelqu'un de chez nous.

Mais personne n'a dit ça, madame.

Dites-moi, les transports routiers, Maxime, c'est une entreprise familiale,

n'est-ce pas ? Oui.

dans laquelle votre mari était chauffeur et même comptable.

Et ça lui arrivait souvent de venir seul déjeuner comme ça à midi chez vous ? D

'habitude, je rentre déjeuner avec lui.

Mais aujourd'hui, il n'est pas rentré.

Madame Ranchard, votre mari vient d'être assassiné. Vous comprenez qu'il nous

faut votre entière coopération.

Alors je voudrais savoir ce que vous faisiez à l'heure du déjeuner.

Je suis allée faire des courses en ville. Après, je suis retournée

travailler.

Mais vous ne vous êtes pas demandé ce que faisait votre mari ? Ben oui. Vous

attendez 17h, 17h30 pour rentrer chez vous ? Il n'était pas censé retourner

travailler après le déjeuner ? Non.

Est-ce que mon frère venait le laisser passer ?

Pardon ? Oui, depuis la mort de mon père, c'est mon frère Yves qui dirige l

'entreprise.

Il ne s'entendait pas avec mon mari et il nous licencie.

Un frère qui ne s'entend pas avec le mari de sa soeur et qui vient de le

virer.

C'est pas Dallas chez vous, mais ça rapproche, non ? Ah, mon chat, avant de

suspecter un quelconque étranger, si on se penchait un peu sur votre gentille

petite famille...

Non, c'est le mari de ma frangine, mais il picolait.

Il aurait pu tuer quelqu'un sur la route, je sais pas, il... Pérez, il est

clair qu'aujourd'hui, votre beau-frère, Jean-Marie Blanchard, n'inquiètera plus

personne. Vous savez, monsieur, c'est mon père qui a créé cette entreprise.

Il en a bavé pour la garder.

On est mĂŞme morts.

Oui, votre soeur nous a dit un accident de la route.

Ouais, il y a six mois, dans son baillu.

L'outil, c'est un dur métier, vous savez.

Tant plus que maintenant, avec les gros transporteurs, les petits se font

bouffer.

Sa boîte à mon père, c'était toute sa vie.

Je n'allais pas laisser Jean-Marie tout foutre en l'air Ă  cause qu'il picolait,

moi. Effectivement, vous ne l'avez pas laissé faire.

Avec beaucoup de mal, nous avons fini par apprendre par votre sœur qu'une

altercation avait eu lieu suite Ă  ce licenciement.

Jean-Marie, c'était une grande gueule.

C'est sûr, ça ne l'a pas fait plaisir.

Monsieur Pérez, il n'est pas très loquace.

C'est-Ă -dire qu'on ne s'occupe pas, nous, des affaires des autres.

Alors on n'aime pas quand on vient s'occuper des nĂ´tres.

Nous sommes en regret de nous y mettre au cœur de votre famille, M. Pérez.

Je veux vous rappeler que celle-ci vient de perdre l'un de ses membres de manière

criminelle et que nous sommes ici sur ordre du procureur de la République pour

éclaircir cette affaire.

Donc, commençons par le commencement.

Jean-Marie Blanchard a été assassinée aujourd'hui.

Où étiez-vous aujourd'hui, monsieur Perez ?

Moi, j'étais sur la route,

avec mon bahut. Je suis parti hier Ă  Rotterdam, j'ai dormi lĂ -bas, puis je

suis revenu avec le chargement.

Je suis arrivé à la boîte, je sais pas, il devait être 17h30.

Mon char du bahut, il vous dira la mĂŞme chose que moi, et rien d'autre.

Putain, les briefs à minuit, ça me saoula.

Marc, passer la nuit à me casser le dos dans ton canapé-lit avec Nathalie

enceinte qui gesticule à côté, je me demande si je suis pas mieux ici.

Moi où je serais bien, c'est à côté de Sonia. C'est à cause de ta petite pute

chérie qui est arrivée à la bourre ? Ouais.

J'avais un car avec un avocat. Il m'a fait paroter deux plombes.

Maître de Germont.

De Germont, l'instar du barreau ? Tant pour l'heure.

Est-ce que tu te rends compte qu'avant mĂŞme d'avoir lu ton dossier, il va te

coûter une fortune, cet enfoiré ? Écoute, je veux ce qu'il y a de mieux

pour Sonia.

Et surtout, je veux qu'elle sorte de toi.

Et puis, pour le fric, je vais me débrouiller.

La blessure de notre victime recevait d'infimes lambeaux de viande de bœuf,

vraisemblablement issus des restes de fonfilets retrouvés dans son estomac.

L'examen complet du bol alimentaire a confirmé ce que je supputais, à savoir

que... Jean-Marie Blanchard était à table lorsqu'il a été agressé. Juste

avant son faux filet, il avait englouti une énorme tranche de museau

vinaigrette. Donc,

l'hypothèse d'un crime non prémédité, pour le moins accompli dans l'urgence,

la précipitation peut être sérieusement retenue.

L'assassin aura utilisé le couteau de table de la victime pour accomplir son

forfait, puis il l'aura emporté avec lui puisque l'IGI ne l'a pas retrouvé.

Pensez Ă  un crime de rĂ´deur.

Ah ouais, mais alors commis par un abruti. J'ai quand même retrouvé la

veste de la victime sur un dossier de chaise avec tous ses papiers, sa carte

bleue et une trentaine d'euros.

Le voisinage, Polo, ça donne quoi ? Il y a un truc bizarre. J'ai interrogé le

patron du café voisin de Pavillon.

Et ce matin, justement,

Blanchard est passé. Il préparait tranquillement son quinteau au bar quand

le patron a vu arriver l'autre beau-frère, Maxime, le plus jeune des

frères Perez.

Maxime, comme le nom de l'entreprise.

Donc, le patron du RAD a vu Maxime remettre une enveloppe Ă  Blanchard.

LĂ , il n'a pas vu ce qu'il y avait dedans, mais quand il a lu ce truc, il

paraît que Blanchard était tout à fait content, comme s'il avait touché son

quintet dans l'ordre.

Et en échange, Blanchard a donné à Maxime un paquet cadeau.

Et lui aussi, il avait l'air très très content.

Attends, c'est quoi cette famille de barges ? La soeur fermée comme une

huître, le frère qui supporte pas son mari et l'autre qui envoie des billets

doux en échange d'un cadeau ? Justement.

Concentrons-nous sur la famille.

Corinne Blanchard a un alibi plutôt flou, à vérifier son histoire de lèche

-vitrine. C'est étrange la manière qu'elle a de vivre sa douleur, étrange

aussi la façon qu'elle a de protéger son frère.

Son mari vient quand mĂŞme de se faire buter, lĂ .

Quelqu'un, autre chose ? Moi.

Je me suis chargée des relevés d'appels des Blanchards. Il y a quelqu'un qui a

téléphoné de chez les Blanchards vers 11h ce matin.

Ă€ une compagnie d'assurance. Alors lĂ , je me suis dit, peut-ĂŞtre une histoire d

'assurance vie, d'héritage. C'est vrai, juste avant le mort. Pourquoi pas ?

Michel, vous verrez l'assureur en question.

Boulot, Jean-Louis.

Demain, vous voyez Maxime Pérez et vous l'interrogez.

Ok, on lève le camp. Merci tout le monde.

Tu vas dormir ? Oui, si tu veux que je fasse, j'arrive.

Ça va pas ? C'est quand l'opération de ton père ? Je sais pas.

Demain, je fais les derniers examens.

Pour la greffe, il faut encore attendre.

C'est ça qui peine.

Attendre.

Et toi ? Chez Polo, c'est pas trop dur de dormir avec Nat ? Tu rigoles.

Je dors comme un bébé.

Enfin...

Olo ?

Nat

?

Nat ?

Tu dors pas ? Si.

Qu'est-ce qu'il y a ? Tu t'angoisses avec ton petit bébé ?

C'est Antoine qui te manque ?

Je me salue parfois.

Je sais que je l'aime plus, mais... Toute seule, c'est dur.

T'inquiète pas.

Laisse faire le temps.

Tu vas le trouver ton prince charmant.

T'es belle.

Et un tout petit peu intelligente.

T'es drĂ´le.

T'es... Enceinte.

Bah oui.

Oui, enceinte, oui.

Tu vas nous faire un très beau bébé.

Je suis sûr, oui.

Imagine un beau petit scandale avec la tête de son grand-père.

Non, pitié, papa.

T'es mort déjà assez mal comme ça dans la vie.

Ça va aller.

Vous savez que pour payer l'avocat, je suis obligé de vendre ma voiture.

C'est un peu cabossé, mais le moteur est encore nickel.

Sois gentil, vends aussi le canepéli du salon.

Mais alors, Ă  ton pire ami.

Oh ! Qu'est-ce que tu fous, lĂ  ? Elles vont monter toutes seules les palettes

ou quoi ? On va pas y passer la nuit, lĂ , mangue-toi.

Capitaine Scandella et Capitaine Moreau, criminels.

Mange-toi, je te dis ! Qu'est-ce que vous me voulez ? J'ai pas envie de

répondre à vos questions.

On aimerait parler à votre jeune frère, Maxime.

Maxime ? Qu'est-ce qu'il a à voir avec l'amour de mon beau-frère ? C'est moi

qui n'ai pas envie de vous répondre.

C'est pas grave.

Mais allez-y, mon loup, avec Maxime.

Je veux dire, c'est un gosse très nerveux.

C'est pas quelqu'un comme vous et moi, quoi.

Je lui ai appelé ma mère !

Vous êtes bien Maxime Pérez ? Bonjour, je suis Martine Pérez, la mère de

Maxime. Je sais si vous pouvez éviter de parler de ça devant Maxime.

Pourquoi vous voulez l'interroger ? Madame Pérez, on vous a rapporté que

votre fils Maxime a vu Jean-Marie Blanchard le matin du... Enfin, hier

matin, dans le bar à côté.

On voudrait savoir ce qu'ils se sont dit.

Maxime, tu as vu Jean-Marie hier au café ? Chérie, si tu as vu Jean-Marie, tu

peux me dire de quoi vous avez parlé ?

Il était castor.

Castor, c'est son chien.

Maxime,

il paraît que tu as donné un papier, une lettre à Jean-Marie.

Et lui t'a donné un cadeau.

C'est vrai ? Non, mais c'est ridicule, c'est quoi cette histoire de lettre ? D

'ailleurs, Jean-Marie ne faisait de cadeau Ă  personne.

Tu n'as pas donné de lettre à Jean-Marie, hein, Maxime ? Non, maman.

Et bien sûr, lui ne t'a pas fait de cadeau.

Il ne t'en faisait jamais.

Madame Pérez, mon collègue a posé une question à votre fils.

Il ne vous a pas demandé de lui souffler les réponses.

Madame, j'aimerais savoir où vous étiez hier à l'heure du déjeuner.

Avec mon fils Maxime.

D'ailleurs, j'ai passé la journée à la maison. Étant gérante de l'entreprise, j

'organise mon temps comme je veux.

Madame, c'est l'heure du déjeuner que je veux savoir.

Eh bien, j'étais à la maison avec Maxime. Nous avons déjeuné comme tous

les jours, de midi Ă  14h.

Il a un problème de nervosité suite à une maladie infantile. Il aime la

routine, ça le calme.

J'imagine que Maxime dira la mĂŞme chose que vous.

Écoutez, je n'ai pas tué mon gendre.

MĂŞme si c'est un secret pour personne, je ne l'aimais pas.

Il fréquentait les bars, il jouait aux courses, il était devenu violent.

Et c'est ma fille qui en faisait les frais. Votre gendre battait votre fille

? Elle ne me l'a jamais dit, trop fière pour ça.

Mais à cause de son diabète, il était devenu impuissant.

C'est ça qui l'avait rendu méchant.

Merci.

Ça va aller ? Oui, ça va.

Tu vois, un décor de rêve.

C'est bĂŞte.

Il aura fallu attendre 65 ans et une leucémie pour découvrir les joies de l

'hĂ´pital.

Bon. Moi, j'ai plus qu'à voir le cardio pour l'anesthésie.

Et puis, ce sera bon pour moi.

Viens.

Si je me souviens bien, ta mère aussi était solide comme un roc.

C'est drôle, hein ? On n'a jamais parlé de maman.

On n'a jamais parlé de grand-chose, tous les deux.

À l'époque, je ne m'intéressais qu'au jazz et à cracher dans mon sax.

Pourquoi tu étais musicien ? Je jouais de temps en temps dans un club en

amateur.

Tu écouteras ça.

J'ai bricolé ce morceau en pensant à toi.

Tu me diras si c'est de la merde.

Je vais t'offrir avant.

Écoute, papa, le chirurgien est le meilleur de la place.

La grève va fonctionner, tu vas guérir, d'accord ? Ouais.

Un jour, j'ai déjà rejeté ma fille.

Ce serait con qu'aujourd'hui, j'en rejette aussi sa moelle.

Madame Blanchard, pourriez-vous enlever votre foulard, s'il vous plaît

?

Il y a

longtemps que votre mari vous battait.

À quel moment il vous a fait ça ? Le matin.

Le matin de sa mort.

On s'était disputé.

À cause de vos problèmes conjugaux ? Non.

Ă€ cause de ma famille.

D'ailleurs, c'était toujours à cause d'eux.

Jean-Marie, Aïssel et Pérez.

Parce qu'ils l'ont toujours considéré comme un étranger.

Mais comment ça, toujours ? Dès le début de votre mariage, il y avait déjà un

problème ? On ne savait pas ce que c'était de vivre dans une famille comme

la mienne.

Traumatisée à cause de mon frère anormal.

Maxime.

Il fallait toujours s'en occuper, le protéger.

Quand j'ai dit à ma mère que j'allais me marier... Elle pensait que ça pourrait

perturber Maxime ? Que vous auriez moins de temps à nous consacrer, c'est ça ?

Maxime... Maxime, il y en avait pour lui et moi, alors j'avais le droit de vivre

aussi ! Mais vous savez, je l'aime, Maxime.

Je sais qu'il passe des bruits tout seul.

Je le traque, vite ! S'il vous plaît, quelqu'un ! La médecin, vite ! Mme

Blanchard.

Vite, vite ! T'es

sûre que le café... C'est pas moi qui suis malade, c'est mon père.

Dis-moi...

On m'a dit que Mme Blanchard avait eu un malaise. Oui, elle est en infirmerie

avec un toubib.

C'est pas de ma faute, je tape pas les femmes.

Je sais, t'as tous les défauts, mais pas celui-là.

J'ai eu une information capitale, commandant.

J'ai entendu un certain monsieur collage en assurance. C'est vu que notre victime

a tenté de joindre le matin même de sa mort. Étant absent, M. Blanchard a pris

un rendez-vous d'urgence dans l'après-midi.

Rendez-vous auquel, bien sûr, il n'a pas pu se rendre.

M. Blanchard a donné le motif de son appel ? Non.

Bon, Michel, elle est oĂą, la faux capitale ?

Monsieur Colin semble être l'homme providentiel pour les Pérez.

Voyez-vous le père ? Jean Pérez a souscrit une très grosse assurance sur

la vie, peu de temps avant sa mort.

Les Pérez ont donc touché une indemnité considérable après l'accident du camion,

somme qui leur a permis de reflouer les caisses de l'entreprise qui était au

bord de la faillite.

Vous voulez dire que Jean-Marie Blanchard aurait pu soupçonner une

escroquerie à l'assurance ? Selon l'audition de son épouse, il semblerait

que M. Blanchard haïssait les Pérez.

Aurait-il voulu se venger d'eux ?

C'est une piste Ă  creuser, Michel, effectivement.

J'ai une rapide course Ă  faire.

Je m'y attelle ensuite.

Pendant combien de temps ? J'en ai dessus.

J'ai le rapport sur le mouchard du camion du frère, Yves Pérez.

Alors, depuis Rotterdam, il a quasiment conduit non-stop. Il était à la bourre

sur son horaire.

Mais il s'est arrêté pendant trois heures à une centaine de kilomètres de

Paris, Ă  Beauvais.

Alors, je me suis posé la question.

Pourquoi s'arrêter autant de temps quand on est si près du but ? Vous avez bien

fait, Paulo. D'autant que Pérez s'est bien gardé de nous parler de cet arrêt.

Il faudrait le revoir lĂ -dessus.

Là où j'ai mal fait, c'est que j'ai complètement oublié de lui dire de se

tenir à nos dispositions. On ne le verra pas avant demain. Il a déjà repris la

route. Je n'ai l'air, Paulo !

Bon, moi aussi, Hélène. J'aurais pu le dire à Pérez.

OK, c'est pas grave, Polo.

Essayez de vous renseigner sur cet arrĂŞt d'ici demain, d'accord ? Bon, je viens

de parler avec la patronne d'une boutique de freins qui m'a dit qu'elle

avait passé une demi-heure hier avec Corinne Blanchard, qui n'arrivait pas à

se décider sur un modèle.

Ce qui fait qu'Ă  midi et demi, Ă  l'heure oĂą son mari se faisait buter, elles

étaient ensemble à parler chiffon. Ce qui fait de la Blanchard une parfaite

innocence. Ah, d'accord.

Merci.

Innocente, innocente.

Elle nous cache encore des choses.

D'après le médecin qui l'a auscultée, son malaise aurait peut-être une raison

naturelle. Elle est enceinte.

Enceinte ? De trois mois.

Étant donné l'impuissance de votre mari, pouvez-vous nous donner cette fois une

explication convaincante ? Si vous nous dites que c'est l'œuvre du Saint-Esprit

ou une connerie dans le genre, je vous préviens, j'en recueille une classe. En

cloque ou pas, je vous colle au trou.

Si vous ne nous dites pas qui est votre amant, Nous, on va chercher, on va poser

des questions.

Et quand on trouvera, non seulement on sera au courant, mais tout le voisinage

par la mĂŞme occasion.

Alors, c'est Ă  vous de voir.

Mon amant, c'est Franck.

Le salarié de mon frère.

Il travaille sur le quai.

Et ce Franck, il savait que votre mari vous avait frappé le matin du meurtre ?

On s'est vus avant mes courses.

Il a regardé mon cou.

Mais il m'a juré qu'il toucherait pas à Jean-Marie.

C'est un gentil Franck, c'est pas lui.

Vous comprendrez quand mĂŞme que je le convoque, non ? Jean-Louis ?

Franchement, c'est Scandella qui voulait nous voir.

Vous savez, c'est pour Polo.

C'est... C'est original comme cadeau. Vous ne trouvez pas ? C'est pour un ami.

Franchement, un réveil, c'est déjà super chiant quand ça sonne. Alors quand ça

parle... En plus, je ne vois pas très bien à quoi ça sert.

Je ne sais pas, Ă  moins qu'on soit aveugles.

Enfin, pour moi, mon jeu de mon frère à réveil, je le largue.

Parce qu'on s'y revient le lendemain avec des fleurs. Mais bon, je suis une

fille aussi.

Bon, c'est OK.

Chacun quand ça peut s'attire lire.

J'ai pas envie de Polo vendre ce bijou de famille pour assurer la défense de

Sonia.

D'accord ? Merci pour lui.

Tu vois cette fiche de police, Francky ?

Elle dit que tu as été condamné deux fois pour escroquerie.

Tu faisais du gigolo et tu piquais du fric à des pauvres femmes sans défense.

C'est de l'histoire ancienne tout ça.

T'as raison Francky, revenons plutôt au présent.

Alors comme ça, après avoir vu ta maîtresse, Mme Blanchard, tu n'es pas

retourné au boulot pour déjeuner comme d'habitude.

Tu t'es baladé parce que tu voulais te détendre, c'est ça ? Je vous comprends

M. Castelli.

Vous étiez faux furieux, vous pensiez à Blanchard qui t'a passé sa femme, sa

femme qui est enceinte de vous.

Il était bien un petit crochet par chez lui pour lui casser la gueule, non ? Et

puis pour éviter que naisse un petit bâtard, il fallait bien se débarrasser

du père Blanchard.

C'est sûrement sa femme qui t'a demandé de le faire.

Tu sais, ça se plaide, la manipulation.

Vous êtes dégueulasses.

J'aime Corinne.

Je l'aime, mais on n'aurait jamais fait un truc comme ça.

De toute façon, maintenant, je ne dirai plus rien.

Vous n'avez pas le droit de me forcer Ă  parler.

Ce n'est pas moi.

L'acte procédurier est en ma charge officielle. Qui veut vous dire le

contraire, Franck ? Certes, vous pouvez garder le silence, mais nous... Nous ?

Nous, nous pouvons jaser tout un loisir.

Nous pouvons par exemple ressortir votre dossier et le présenter à Madame

Blanchard. Je doute fort que votre amour résiste à votre passé.

Bien sûr, nous pouvons lui expliquer que ça n'a rien à voir avec votre affaire.

Mais... Une fois rentrée chez elle, que pensera-t-elle ? Avec votre petit dans

son ventre, ça croyez-vous capable de le garder ? Putain, mais...

J'aime Corinne et mon bébé, vous pouvez pas me faire un truc comme ça.

Tu sais, nous... On est pas trop pour ces méthodes dégueulasses.

Alors si tu sais ou si t'as fait quelque chose, bah... Mais j'ai rien fait, moi !

Putain !

J'aimais pas Jean-Marie, mais ce type-lĂ , personne pouvait le saquer.

J'avais qu'à aller leur demander au Pérez.

Ils avaient une bonne raison, eux, de le liquider.

Laquelle ? Le suicide.

Le suicide du père Pérez. Il s'est jamais endormi dans son baillus. Il s

'est jeté lui-même contre un arbre. Il a fait ça pour la boîte, pour que ses

enfants touchent le pognon de l'assurance.

MĂŞme Jean-Marie, il le savait.

Pouvez-vous étayer ces allégations ?

Le père Perez, il leur a laissé une lettre.

Une lettre d'adieu, une lettre oĂą il raconte tout.

La mère Perez la garde planquée sous son matelas.

C'est Corinne qui l'a mis.

Cette lettre n'existe pas.

Mon père ne s'est pas suicidé, il s'est endormi au volant.

Corinne, je t'aime, j'ai envie de vivre avec toi et notre bébé.

Mais je t'en supplie, dis-leur la vérité.

C'est faux.

Il a tout inventé.

Il n'a jamais eu de lettre.

T'es complètement folle, écoute, ils vont m'accuser de meurtre.

Arrête de protéger ta famille, tu vas pas encore te sacrifier pour eux.

Je vous le répète, cette lettre n'a jamais existé.

Mais ça va !

Madame Pérez, attendez ! Alexis ! Allez-y !

Jean

-Louis,

arrĂŞte-lĂ  ! C'est

là ! Madame Pérez, ouvrez !

Ouvrez cette porte, Mme Pérez.

J'y vais, d'accord.

Ça va, Mme Pérez.

Vous l'avez affolé, il a failli se trouver mal.

Ça sent le brûlé.

Vous avez brûlé quelque chose ? Mme Pérez, vous avez brûlé quelque chose

? Non, rien du tout.

Hein, Maxime ?

Oui, donc, maître, s'il vous plaît, je me disais, pour le premier règlement,

est-ce que ça serait possible d'attendre une console quinzaine de jours ? Ah,

excusez-moi.

Bon, écoutez, je vais voir comment je peux m'arranger.

D'accord.

Merci.

Mes respects, maître. Au revoir, maître.

Merci.

Bon, ben, c'est clair que la périsse nous prend pour des cons.

Elle a brûlé la lettre de son mari, celle que Maxime a filée à Blanchard le

jour de sa mort.

C'est l'assassin qui l'a récupéré pour que Blanchard ne s'en serve pas contre

cette famille de barges.

MĂŞme le marchand, avec toute sa science, il n'en tirera rien.

Ben, nous, Maxime, c'est pareil.

Ça fait deux heures qu'on cuisine, il dit rien.

Sa mère l'a bien briefé.

Mais je crois que je fais le squat un peu, celui-lĂ .

Oui, Polo ? Doucement, hein.

Regarde, Maxime, ce qu'on a recouvert chez toi.

Un puzzle tout neuf avec encore le papier cadeau.

C'est Jean-Marie qui t'a offert ce puzzle ? C'est maman.

Et nous, Maxime, on croit que c'est Jean-Marie qui te l'avait promis si tu

lui donnais la lettre qui se trouvait sous le matelas de ta maman.

Maxime, tu sais, c'est pas ta faute. Tu savais pas, toi, ce qu'il y avait dans

la lettre.

Dans la lettre de ton père.

Parce que c'était bien la lettre de ton père, n'est-ce pas ? Je veux voir maman.

Dis-moi, Maxime, t'en as pas assez de te foutre de notre gueule ? Alors, tu lui

as donné cette lettre ? Il n'y a pas de lettre.

Et nous, bordel de merde, on te dit qu'il y a une lettre ! Va crier ! Va

crier ! Va crier ! Va crier !

On n'a pas besoin de vous, merci.

Je vais chercher ta mère.

Levez-les, s'il vous plaît.

Vous vous sortez, Polo.

Quand le prince est arrivé.

La famille Perez me fait penser Ă  un gigantesque trou noir.

Cette entité astrophysique d'une telle densité qu'elle absorbe la lumière, la

vérité. Faites pas chier le marchand. Le trou, c'est celui dans lequel on va

foutre l'enfoiré qui a buté Blanchard.

Moi, je miserais bien sur la merde.

Martine, elle a les couilles pour le faire.

Non ! Martine Perez a reçu chez elle un coup de fil d'un client vers midi et

demi. Un chieur qui lui a tenu la grappe pendant plus ou moins une demi-heure.

En revanche, Polo m'a convaincue de miser des billes sur le fils aîné, Yves.

Parce que son arrêt à Beauvais vers 11h pour décharger 4 caisses, on a vérifié,

ça lui a pris un quart d'heure. Et puis, il a reçu de sa mère un très long coup

de téléphone donné de chez elle à cette heure-là. C'est quoi votre hypothèse ?

Polo ? Bon, le coup de fil de la mère au fiston, c'était pour lui dire ton frère

Maxime a fait une connerie. Il a refilé la lettre de ton père à Jean-Marie. Il

faut absolument la récupérer.

Alors, j'ai étudié les horaires de la SNCF du trajet Beauvais-Paris. Eh bien,

ça colle. En trois heures, Pérez a eu le temps de partir de Beauvais, venir à

Paris, dessouder Jean-Marie à l'heure du déjeuner et repartir en train à

Beauvais, récupérer son bahut et revenir.

Pas mal, Polo.

Alors, OK.

Dès qu'il revient, vous me mettez en garde à vue.

On peut libérer Franck. On a fait une partie chez lui et on n'a pas trouvé de

couteau.

Jean-Louis ?

Bonne

soirée, le marchand.

Dis donc, en attendant de trouver un logement, tu sais que Nat peut venir

loger chez moi ? On peut en avoir un peu marre, non, d'ĂŞtre entre deux ours mal

léchés ? Ours mal léchés ? Pas toujours dit ça, hein ? Ah, c'est vrai que je

deviens aigrie en vieillissant.

T'es plutôt bien conservée pour une vieille aigrie.

Mais c'est quoi ces compliments ? Tu veux qu'en plus de loger Nathalie, je t

'invite à dîner, c'est ça ? Chiche.

Ah d'accord.

C'est vous, Michel ? Oui, c'est moi.

Vous arrivez au bon moment.

D'ailleurs, vous arrivez toujours quand il faut.

Oui, je sais.

Oui, je sais.

Je sais.

Évidemment, elle dort.

Ce polo, il ronfle comme une truie.

Je suis obligé de siffler pour le réveiller.

C'est insupportable.

Je vais vous laisser toutes les deux.

N'oubliez pas de la couvrir, qu'elle n'attrape pas froid. Oui.

D'accord pour un dernier verre, puisque tu insistes.

Je me resserre.

Tiens. Alors,

bébé de Nat ? Je crois que le père n'est même pas encore au courant.

C'est dommage.

Mais lui bien.

C'est aussi important qu'une mère.

Regarde si elle ne t'avait pas. T'entends ? Un peu plus chiant et rabat

-joie.

Je vais.

C'est bien la musique, lĂ .

C'est de qui, ça ? Quelqu'un l'a composée pour moi.

J'ai bien t'aimé, ce mec-là.

Bon, je sais pas, mais... Maintenant, oui, je crois qu'il m'aime.

Ah ! Mon père peut pas avoir que des défauts, mais il a aussi des talents

cachés.

Bon.

Je ne te dis pas de rester.

Si.

Si tu veux.

Non. Je dis... Je ne te dis pas de rester.

Ah oui.

Évidemment, tu ne me dis pas de rester.

Je suis con aussi.

Bonne nuit.

Monsieur Perez, il est 7h48 et vous ĂŞtes en garde Ă  vue.

Vous pouvez garder le silence et appeler un avocat.

Dans l'heure, il vous en sera comme hier d'office.

Vous pourrez voir un médecin dès votre arrivée au quai des Orfèvres.

Allons-y, Monsieur Perez.

Allons-y.

Allez.

C'est moi.

C'est moi.

J'ai tué Jean-Marie.

J'ai tué Jean-Marie.

Avec le couteau.

C

'est

toi, ma fille.

Maxime n'a jamais guéri d'une psychose infantile qui s'est déclarée quand il

avait 4 ans.

C'est cette psychose qui est responsable de son retard intellectuel et affectif.

Attention, Maxime est tout Ă  fait sain d'esprit. Il est mĂŞme plutĂ´t

intelligent.

Simplement, l'hyper-émotivité liée à sa maladie le rend physiquement et

psychiquement incapable.

De vivre, disons, normalement.

Heureusement qu'il a sa famille.

Maxime, pourquoi tu es allé chez Jean-Marie ? Il avait tapé ma sœur. Elle

avait mal.

Je voulais lui dire que c'était pas bien, qu'il était méchant.

Comment tu savais que Jean-Marie tapait ta sœur ? Franck et ma sœur, ils en

parlaient. Je les ai entendus.

Maxime, tu peux nous raconter comment ça s'est passé chez Jean-Marie, exactement

? Jean-Marie, il avait bu.

Il a crié très fort.

Je lui ai dit de pas crier. J'aime pas quand on crie.

Il fallait qu'il arrête, alors je l'ai planté.

Et avec quoi tu l'as planté ? Avec le couteau sur la table. Je l'ai planté.

Et le couteau, tu en as fait quoi après ? Jeter.

OĂą ? Jeter.

Maxime, où est-ce que tu as jeté le couteau après ? Jeter. Je sais pas. Je

sais pas.

Maxime, si tu savais que Jean-Marie était méchant avec ta sœur, pourquoi tu

ne lui as pas dit ? PlutĂ´t le matin, par exemple, tu sais ? Tu allais le

rejoindre dans le bar ou lui remettre la lettre ? Il n'y a pas de lettre.

Il n'y a pas de lettre.

Docteur, croyez-vous Maxime capable d'actes de violence ? En connaissant

depuis longtemps... En tant que femme, j'aurais bien envie de dire non.

Maintenant, en tant que psychiatre, mon jugement se doit d'ĂŞtre plus

circonspect.

Écoutez, nous sommes sur le point d'imputer un homicide à Maxime Pérez.

Seriez-vous mieux formulé une réponse plus précise ?

Non.

Maxime a trouvé son équilibre entre l'amour des siens et sa passion des

camions. C'est un garçon heureux et gentil.

Simplement, cette hyper-émotivité lui rend insupportable les cris, les

agressions verbales.

Si bien que si quelqu'un venait Ă  le brutaliser, il sait comment il

réagirait.

Michel, je crois que nous avons de neuf.

Monsieur est contrôleur à la SNCF. Il a assuré la liaison Beauvais-Paris dans le

train que notre suspect est censé avoir pris.

Il prétend avoir une mémoire infaillible.

Avant d'entrer à la SNCF, j'étais physionomiste.

Un visage, je le vois une fois, il reste gravé là.

Un type dont j'aurais vérifié le billet il y a deux jours.

Pensez.

Faites entrer.

Il me met au sac, je suis sûr.

Il me met au sac, il était dans mon train.

Monsieur Perez, pourquoi ne pas avoir mentionné cet arrêt de trois longues

heures Ă  Beauvais ?

C'est pas vrai ça, maintenant que mon frère a avoué, pourquoi vous m'emmerdez

? Tout simplement parce que le contrĂ´leur du train dans lequel vous

vous trouviez avant-hier pour vendre à Paris vous a formellement identifié,

sans l'ombre du moindre doute.

C'est pas moi le type sigouré, hein ? Bon, admettons que t'aies un sosie.

Mais je peux savoir ce que t'as branlé pendant trois heures à Beauvais ? Je me

suis arrêté sur une aire de parking.

Mon moteur avait dératé, c'est le filtre à gasoil, encrassé. A mon avis, ce qui

est encrassé, Perret, c'est ton cerveau.

Le contrôleur va affirmer t'avoir vu et les jurés vont te démolir.

Surtout quand on leur dira que toi et ta famille de pourris, vous voulez faire

porter le chapeau Ă  Maxime.

Tu nous prends pour des cons. Vous avez voulu préserver votre entreprise et vous

débarrasser d'un homme qui voulait la détruire. Voilà ce que vous avez fait.

Jean-Marie, c'était une pourriture.

Je regrette que Maxime ait fait ça, mais franchement, je ne regrette pas qu'il

est mort.

Monsieur Perez, hier soir vers minuit, vous avez appelé sur votre portable un

avocat de vos amis.

L'ayant moi-même contacté tout à l'heure, cet ami s'est réfugié derrière

le secret professionnel pour éviter de trop m'en dire.

Quel était l'objet de cet appel, M. Pérez ? J'avais un contentieux

commercial avec un client. Et vous le réglez en appelant un avocat du droit

pénal à minuit de surcroît ? Ben ouais, c'est un polyvalent. Moi je crois plutôt

que vous l'appeliez pour savoir ce qu'il adviendrait de Maxime, s'il portait Ă 

votre crime.

M. Pérez, vous êtes en garde à vue.

Allez.

Garde Ă  vue.

Faire sa espèce d'ensoirie. Monsieur ? Oui, ton frère handicapé en taux de la

caplasse. Monsieur ?

Messieurs, éveille-toi ! Allez, viens Jean-Louis, on a plus besoin de prendre

l'air, allez.

Messieurs, messieurs ! Est-ce que tu peux m'expliquer, Hélène, pourquoi on

nous a retiré le droit de tabasser des enfoirés comme Pérez ? Pour éviter les

erreurs judiciaires, figure-toi.

Comme celles qu'on aurait pu faire si on n'avait pas notre contrĂ´leur de la SNCF

sous la main. N'empĂŞche que Polo et Fred sont partis faire une petite enquĂŞte de

moralité sur le gus.

Et si c'est bon, vous n'êtes pas cher de la peau de Pérez, vous pensez. On y m'a

des malices. Ah non, ça va, c'est quoi ça encore ? Un dicton grec ? C'est du

latin. Des mots choisis le moindre. Apparemment, la famille Perez a choisi l

'article 122.1 du code pénal qui dit « N'est pas pénalement responsable la

personne qui, au moment des faits, est atteinte de troubles psychiques ou

neuropsychiques ayant altéré son discernement ou le contrôle de ses

actes. » Enfin, vous croyez vraiment que Maxime ne craindrait rien si on l

'accusait de ce crime ? Maxime risquerait tout au plus de séjourner

quelques temps dans un institut psychiatrique sous contrĂ´le judiciaire,

puis il réintégrerait son foyer sans jamais passer par la casse-prison.

Si l'expert est un con !

et que le juge se fout des handicapés.

Est-ce que Maxime risque pas quand mĂŞme de terminer chez les dingues ? Tout est

possible. C'est tout le monde.

Oui, votre écart-ment est tout à fait légitime, comment vous le pensez-y ? Qu

'adviendra-t-il de la société de transport si Pérez est accusé de meurtre

? Ce sera la faillite, obligation de rembourser l'assurance, le propre sur

toute la famille, la mère ne pourra plus assurer un avenir sur Maxime qui pour le

coup finira dans une institution quelconque.

Quand tout ça a été mûrement réfléchi, l'instinct de survie de ces gens m

'impressionne.

On est dans la merde, patron.

Le contrôleur de la SNCF s'est retracté.

Sa femme a la trouille, elle veut pas être menée en procès, et on n'a plus

grand-chose Ă  dire.

Merde !

C'est le mot, commandant.

Si personne n'a vu Pérez dans le train, qu'est-ce qu'il nous reste ? Le

témoignage de Franck pour l'histoire de la lettre ? Poussé par sa famille, il ne

se rétracte pas. Quant au oui-dire du garçon de café, tout ça ne pèsera pas

bien lourd contre Yves Pérez.

Il nous reste la mère, Martine Pérez.

Je trouve ça dingue qu'elle soit prête à faire payer son fils handicapé pour l

'autre. Bon, allez, Anne, c'est nos dernières cartes. Allez.

Madame Pérez.

Avant que vous me confirmiez ou démentiez vos déclarations, je veux que

vous sachiez une chose.

Je sais que vous ĂŞtes dans une position difficile.

Arrêtez. Ne me faites pas votre numéro. Vous n'avez même pas idée de l'état dans

lequel je suis.

Je ne vous demande pas de peser le pour ou le contre.

Ou de choisir la meilleure solution, il n'y en a probablement pas.

Je vous demande la vérité.

Vous pensez que si vous accusez Maxime, vous porterez ce mensonge toute votre

vie sur votre conscience ? Et lui, ce pauvre gosse, il va payer pour un crime

dégueulasse qu'il n'a pas commis.

Pensez Ă  Maxime.

Pensez Ă  lui. Mais je ne pense qu'Ă  lui.

Qu'est-ce que vous croyez ? Je ne pense qu'Ă  lui.

Madame Pérez, le jour du meurtre de votre gendre, votre fils Maxime

déjeunait-il avec vous ? Répondez, Madame Pérez.

À 12h30, Maxime était-il en votre compagnie ?

Non.

Maxime n'était pas avec moi.

J'ai menti.

J'ai menti pour le sauver.

Vous croyez sauver Maxime en l'envoyant chez les dingues ou en taule ? Non, mon

petit n'ira pas en prison.

C'est la faute de Jean-Marie ! Cet ivrogne ! Il le tapait, il tapait aussi

Maxime, alors ça, ça je le dirai au jury ! J'espère que Maxime ne comprendra

jamais que sa famille de barges l'a abandonné. Sa mère la première ! C'est

faux, salaud ! Imaginez que Maxime comprenne que vous, sa propre mère, vous

l'avez trahi ! Mais vous ne comprenez pas !

Ce que je fais, je le fais pour lui.

Mon mari, mon fils, ma fille.

Nous avons toujours, toujours vécu pour lui, pour Maxime. Et Maxime le sait. Il

comprend ça. Oui, il comprend qu'en avouant ses crimes, il sauve sa famille.

Il comprend le sacrifice qu'il fait pour vous tous, c'est ça ? Personne ne me

prendra Maxime.

Personne ne me le prendra jamais. Ni vous, ni les juges.

Personne !

Notre procédurier, M. Perez, est totalement opposé à ce genre de

rencontres informelles.

C'est pourtant lui, dégoûté par la tournure que prend cette affaire, qui me

l'a conseillée.

M. Perez, ce qui va se dire dans ce bureau ne sera mentionné dans aucun

procès verbal.

Ce n'est d'aucune manière une manœuvre illégale d'intimidation de notre part.

En aucun cas, nous ne pourrions en faire état devant un tribunal. Nous voulions

simplement que vous sachiez.

Que je sache quoi ? Que demain, on va rendre le dossier.

Parce que demain...

Le juge d'instruction de permanence et le juge Ménard.

Un mec qu'on a choisi exprès parce qu'on ne peut pas le saquer.

Un mec parano qui pense que les flics font mal leur boulot.

Un mec qui voit partout l'erreur judiciaire. Un type qui, quand il

comprendra que Maxime n'a rien fait, ne devrait plus te lâcher.

Toi et ta famille.

Parce que nous, on n'a pas de preuves.

Pas l'arme du crime, pas de lettres, pas de témoins.

On sait juste que le contrĂ´leur t'a vu dans le train.

On sait juste que t'as buté Jean-Marie.

Et on sait juste que c'est toi l'enculé.

Je n'aurais pas formulé ma pensée ainsi, monsieur Perez, mais elle avance tout à

fait dans le sens du capitaine Scandella.

Nous bouclons donc notre enquĂŞte sur les aveux de Maxime. Pour nous, c'est

terminé.

Mais pour vous, le calvaire ne fait que commencer.

VoilĂ  ce que nous voulions que vous sachiez, monsieur Perez.

Vous avez fini lĂ  ? Je peux y aller ? Vous ĂŞtes libre.

Pour l'instant.

Merci Ă  tous.

Merci.

C'est bien remarqué, dans les yeux de Maxime, la fierté.

On a senti qu'il a sauvé sa famille à l'égal de son père.

Et voilà, mon Polo, pour ce moment préféré.

Oh lĂ  lĂ , merci, c'est ce qu'on met.

Des pas de cafété, tu sais. Aussi, il y a de quoi. On a même un beau cadeau à te

faire.

Ouais. Tiens.

Un chèque, de la part de nous tous.

Pour que tu puisses payer de Germont, l'enculé qui te sert d'avocat.

Ah non, non, je peux pas, je peux pas, lĂ . Je t'avais dit, en voyant comme il

est, qu'il allait nous faire chier. C'est pas seulement pour vous, Polo, c

'est aussi pour Sonia, qu'on la sorte de lĂ . Bah ouais, parce que, tu vois, une

fois Sonia sortie, peut-ĂŞtre que tu seras de meilleure humeur. Sacha.

T'inquiète pas, de toute façon, c'est le marchand qui a mis la plus grosse part.

Pas vrai, le marchand ? Pardon ? Bon, de l'argent qui dormait stupidement sur un

compte.

Voyez-vous, qui l'oeuvre pour la justice capitaine, ça me fera plaisir.

J'ai pas quoi dire.

Faut que tu trouves maintenant, parce qu'après ça, tu pourras plus.

Allez, bon.

A la vĂ´tre.

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