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Original subtitles

Sous-titres de Simon Mizrahi

Sous-titrage vid�o : C.M.C.

Ah, bravo ! Vous �tes ponctuel.

Essuyez-vous bien les pieds.

Ponctuel ! Ca fait vraiment plaisir.

Marchez sur la pointe des pieds, pour ne pas salir.

Vous prendrez un peu de caf� ?

Grands dieux, vous �tes si jeune ! Quel est votre nom ?

Bertazzi Giovanni.

Presque un enfant !

Je ne sais pas si un gar�on si jeune...

On vous a dit ce qu'il faut faire ?

Le commandant m'a expliqu�.

Je vous donne un caf� froid.

Ou plut�t un petit vermouth, une orangeade ?

Non le caf�, �a va. Je peux fumer ?

Je vous en prie ! Fausto aussi, toujours la cigarette aux l�vres.

Pleins de vices, vous les hommes !

Mais vous m'avez l'air d'un brave gar�on.

Vous �tes �tudiant ?

Je suis sa tante. En fait, presque sa m�re.

Voil� sept ans que je m'occupe de lui.

Depuis l'accident, aux grandes manoeuvres...

en jouant avec une bombe.

Je dis jouant, parce que les manoeuvres, aujourd'hui...

Le commandant m'a dit.

Un homme comme lui...

assez riche, hein, oui, riche !

Fort comme un lion...

vif comme un poisson.

Et seul au monde.

Je viens juste de cirer. Ne glissez pas !

ll n'est pas m�chant, non.

Mais il ne faut ni le contredire ni discuter avec lui.

Et ne jamais l'appeler capitaine.

Toujours et seulement : monsieur.

Vous avez compris ?

On peut, Fausto ?

Soldat Bertazzi, Service Sant�, � vos ordres !

Assieds-toi l� !

Le nom, je m'en fous. Ton pr�nom ?

- Giovanni. - Bon, je t'appellerai Ciccio.

Comme les deux autres.

Je les ai toujours appel�s Ciccio.

Si �a ne te pla�t pas, dis-le, �a ne changera rien.

Non, non, Ciccio est un beau nom !

Alors, Ciccio ?

A vos ordres !

Non, avec moi, oublie que tu es militaire.

Oui, monsieur.

Tu sais marcher ?

- Oui, je marche ! - Tu en es s�r ?

Je pense !

Ah, magnifique ! Nous avons un Ciccio qui pense !

Un Ciccio penseur !

D�sormais, il est interdit de penser.

Comme il vous plaira.

Et pendant sept jours, seulement nous tol�rer.

Sept jours : cinq plus deux.

Et marcher, au trot. Vu ?

Vu !

Demain, d�part � 7 heures. G�nes - Rome - Naples. Tu connais ?

Pas Naples. Je ne savais pas

qu'on s'arr�tait � G�nes et � Rome.

Pourquoi, qui a dit qu'on s'arr�tait ?

Seulement si �a me chante.

Voici le Baron.

Six ans, castr�, il me hait.

ll essaie de me faire tr�bucher mais �a ne lui r�ussit jamais.

Sale castr�, assassin. Je l'insulte et il me hait.

Debout !

Allons, l�ve-toi !

Mais tu es petit, mal�diction ! A peine un nain !

Jambes courtes !

Bon, essayons. Viens.

Par ici, prends-moi le bras, l�ger.

Sans serrer, une pression suffit. Marche !

J'ai dit marche ! Acc�l�re, attention � la console.

O� tu te crois, � des fun�railles ?

A gauche !

Demi-tour, avance !

Quoi, tu as peur d'ab�mer le sol ?

Tu dois planter le talon dans la cire !

Y laisser ton empreinte !

Et foutons-nous de cette vieille folle maniaque !

Pas sur la main de bois, plus haut !

Synchronise tes pas !

Ca suffit.

Et ne laisse pas errer ton cerveau. On pense assis, d'accord ?

Whisky.

A vrai dire, je bois peu... pas du tout.

Avec moi, tu boiras !

Je t'engraisserai au whisky !

Quand tu en auras assez, vide le reste...

m�me dans ta poche, mais sans que je le sache !

Quoi, tu joues au plus fin ?

Pas avec moi, mon gars, jamais avec moi.

Maintenant, tu vas... ah, Baron, tu es l� !

Tu vas boire et me rendre le verre vide.

Compris ?

Un whisky de douze ans, tu plaisantes !

Ca br�le ?

Petit, tu ne sais pas marcher, mais tu ne pues pas.

Tu bois ou non ?

Ton pr�d�cesseur sentait

l'�curie et le minestrone r�chauff�.

Tu peux t'en aller. Demain

� sept heures ici.

Et sois � l'heure !

Lav� et repass� ! Vu ?

Qu'en penses-tu, Baron ?

Un peu couillon, mais plut�t brave gosse.

Vous n'avez pas eu peur, j'esp�re ? Vous verrez !

ll a l'air m�chant, mais c'est un brave homme. ll est bon.

Sale castr�, assassin !

Quel �t� ! Si seulement il pleuvait !

La chaleur te g�ne ?

Pas beaucoup.

Ton p�re est paysan, je parie.

ll est employ�.

- Alors, ton grand-p�re. - ll tenait une boutique.

Alors, ton bisa i eul. Discute pas !

Dis-moi, paysan...

Ma tante t'a dit de ne pas me contredire...

ou c'est toi qui penses qu'il est juste...

d'avoir de la peine pour moi ?

Je ne te fais pas piti� ?

Ben, je ne sais pas, je ne crois pas.

Tu vois que tu es mou !

Tu as les cheveux noirs ?

Pas vraiment noirs, ch�tains.

Tu vois les miens ? Un vrai corbeau !

Ca pla�t aux femmes, pour elles �a fait jules.

Dis, j'ai pas de cheveux blancs ?

Non, pas un seul !

Tu as senti ?

Odeur de femelle !

Dis-moi : grandes, petites ?

Jeunes s�rement ! Odeur d'aisselle jeune !

Ciccio, parle, bon sang, d�cris !

J'ai mal vu, mais elles �taient deux !

O� as-tu les yeux ?

Tu aimes les femmes ou non ?

Tu ne sais pas dire si un sein est en poire ou en pomme

si un cul est bas ou non ?

Tu crois que je souffre de ne pas voir le soleil...

ou la coupole de Saint-Pierre ?

Le sexe, les cuisses, deux belles fesses : voil� la seule religion...

la seule id�e politique, la vraie patrie de l'homme !

La chatte !

Bois un coup.

Viens ici !

Cinq plus deux. Sept jours avec ce fou !

Je ne tiendrai pas le coup ! Et Naples...

Pourquoi Naples ? ll ne pouvait pas s'arr�ter � G�nes ?

On arrive.

A G�nes, tu enl�veras l'uniforme.

Tu as un costume civil ?

Je t'en paierai un.

Je ne veux pas avoir l'air d'�tre � la charge de la patrie.

Tu n'es pas ici pour �tre porteur.

ll y en a, � la gare. lls sont l� pour �a.

On na�t porteur.

On na�t porteur ou po�te.

J'ai pas l'air d'un marchand de glaces ?

Tu t'admires ? Vaniteux avec �a ! Marche !

- Attention, la colonne ! - Je l'ai vue !

ll y a un bus qui passe.

G�nes, ville civile. ll s'arr�tera.

Merci, camarade chauffeur.

En somme, tu ne dis rien, tu ne ris pas.

Pire qu'un chien-loup.

Alors, tu parles ?

Si je parle, je gaffe. Je veux bien essayer.

Voyons ce qui sortira de ce cerveau.

Aujourd'hui, il fait beau. Non ?

Beau ? Pourquoi beau ?

Je ne sais pas... � cause du soleil.

Qui a dit que le soleil est beau ?

La pluie est belle ! C'est du bruit, de la musique.

Je vois avec les oreilles, tu ne comprends pas ?

- Vous m'avez dit de parler... - Oui, mais pas du soleil !

Dis-moi comment sont les filles.

Quelles filles ?

Je les sens et tu ne les vois pas ?

Ciccio, tu es avec moi pour regarder et d�crire.

ll y a des filles, mais elles sont plut�t...

Je ne dois pas me fiancer !

Dis-moi comment sont les putains, par ici.

ll y a une petite en rouge.

Non, les grandes aux hanches larges.

Je les aime grandes.

- En voil� une. - Hanches ?

Moyennes, seul le nez est gros.

Grande, un gros nez, et les pieds ?

Hein, les pieds ?

Enormes !

C'est un travesti.

Alors, la suite !

Avocat, je n'accepte pas les traites.

Un sacr� derri�re...

mais elle est occup�e.

Allons plus loin.

Arr�te-toi si tu en vois une grande.

Sale odeur de p�dale !

- J'ai vu votre type. - Grande ?

Oui, les hanches larges.

Bien en chair ! Les jambes ?

- Tr�s belles. - Les cheveux noirs ?

Noirs ?

Bien noirs ?

- Noirs ou pas ? - Noirs, noirs !

Regarde-la bien...

et rep�re bien l'endroit.

- Demain on revient. - On ne part pas ce soir ?

Et l'ob�issance alors ?

On a d� te l'enseigner cette connerie...

Respectueuse et totale.

Voil� ! Demain...

La marche !

Faut me le dire avant, imb�cile, pas apr�s !

Grande, noire, de belles fesses, on va se marrer !

C'est rouge.

Excusez-moi, o� est cette rue, je ne sais pas lire.

Tout droit par l�, puis la seconde � droite.

Attention la marche.

Voil� ! Et ne m'envoie pas sous cette Fiat 600 !

C'est une 600 ou une 500 ?

- 500. - Oui, mais maquill�e !

Allons dormir.

O� �tais-tu ?

Je voyais ''Demande pardon � Dieu, pas � moi'' � la T.V.

Sottises � l'am�ricaine !

Western Spaghetti ! Je peux te le raconter.

Le gringo s'enfuit, poursuite � cheval...

elle et lui partent vers le nord. Am�ricanades !

Odeur de camomille !

Ah, on a livr� nos anciens v�tements.

Tu entends le sifflet du train ?

C'est expr�s que j'ai choisi cet h�tel.

Le bruit du train tient compagnie, la nuit.

Comment est la chambre, les murs ?

Du papier � fleurs.

Et les tableaux ? Sc�nes de chasse, ruines romaines...

Un monsieur en haut de forme...

avec des li�vres morts.

Sc�nes de chasse, j'avais raison.

Tu peux aller te coucher.

Je t'appellerai, si j'ai besoin de toi.

Oui, monsieur.

Oui, monsieur ! Comme tu le dis bien.

Tu es n� pour �tre larbin ! Va-t'en fillette !

Allez, fous le camp !

Et ne ronfle pas !

Petit con !

Pour un ''oui, monsieur'', il se met en col�re.

Si je lui disais ''va te faire foutre''...

Putain de merde !

Tu as les journaux de Turin ?

Apporte-les.

Les voici, monsieur.

Besoin d'autre chose ?

Comment je vais les lire ?

Ah oui, c'est vrai.

Tu es �tudiant, tu sais lire, non ?

Bien s�r. Que dois-je lire ?

Ni sports ni faits divers.

Alors, la politique.

Ne dis pas de conneries. Je suis d�coiff� ?

Je n'ai rien � voir avec la politique.

On me la garantit la fin du monde ? Alors ?

Les petites annonces sont les plus dr�les.

Lis les matrimoniales...

en derni�re page.

Vas-y, attaque !

''Grande, 39 ans, du nord, sportive...

d�sire employ� de banque m�ridional, aimant les enfants, catholique.''

Carr�ment tous les d�fauts !

''C�libataire, bonne �ducation, �pouserait demoiselle...

30-40 ans, sympa et frigide.''

Je te disais bien qu'elles sont marrantes.

Y'en avait une :

''56 ans, laide, �pouserait monsieur s�rieux...

capable appr�cier virginit�.''

Et une autre : ''Vends cr�ne avec m�choire inf�rieure.

T�l�phoner heure des repas.''

Ca suffit.

Va dormir, je dois d�monter mon bras.

Si je pouvais d�monter ma t�te...

Je peux vous aider ?

Ne sois pas ridicule !

Je n'ai pas besoin d'aide !

Va te pieuter !

Et ne te d�bine pas.

Si tu sors...

je te fous aux arr�ts !

Bien, monsieur.

R�veil � 8 heures !

Bonne nuit, monsieur.

Et ne te masturbe pas.

Te taille pas de pipes !

lmpossible de dormir avec ces trains.

Un si beau r�ve... j'�tais � la caserne...

Une photo... il ne peut pas la voir...

Elle est jolie ! C'est peut-�tre sa fille ?

Mais pourquoi un revolver ?

Un aveugle avec un revolver ?

Excusez-moi !

Ce n'est rien, ma belle.

Tu ne m'as pas fait mal.

Monsieur est servi.

Le chapeau.

Je ne lui ai fait qu'une main.

ll paie demi-tarif ?

Tais-toi !

- Comment est la fille ? - Petite et maigre : 40 kgs.

Salope ! Elle m'a bless� un doigt.

J'aurais d� lui donner la main de bois.

- C'est combien ? - 7.500.

Garde le reste, petit.

Et vous, apprenez � manier vos pincettes !

Regardez devant vous, bon sang !

Odeur de pipi de chat !

C'est ici, je crois.

Nous l'avons vue ici, c'est s�r.

Tu l'as vue, pour �tre pr�cis.

Oui ! Mais elle n'est pas l�.

Eh bien, tu te trompes.

C'est cette rue, mais il y avait une boulangerie.

Mais non, je suis certain !

Tu crois que tes yeux te permettent de mieux voir ?

Vous aviez raison : voici la boulangerie.

C'est ici que vous... que je l'ai vue.

Elle n'y est pas.

Elle arrivera. Accompagne-moi au caf� et reviens.

Si on en cherchait une autre ?

Je veux celle d'hier. Je m'attache,

je suis sentimental.

Qu'est-ce que je lui dis ?

Rien, laisse-la parler.

Elle voudra 1 0.000 lires, donne-lui en 1 5.

Pour qu'elle ne demande pas comment c'est arriv�.

Quand elles trouvent plus malheureux qu'elles...

elles deviennent maternelles.

Et je suis d�j� fils de pute.

Tr�s juste.

Comment ?

Je voulais dire...

Alors, tu te d�p�ches ?

Et dis-lui la v�rit� !

Une glace au whisky et un journal.

O� la trouver maintenant ?

Si je la choisis petite, il s'en apercevra.

Je comprends le gros cul, mais les cheveux noirs ?

Et longs, par-dessus le march�.

Et si je lui amenais le gar�on ? Quelle rigolade !

J'aime encore mieux le p�d� !

Ca oui, ils sont longs, mais elle est blonde !

Que fais-tu ?

- Je cherche une fille. - Tu l'as trouv�e.

Je m'appelle Marilyn.

Quoi, t'as pas de sous ?

Non, ce n'est pas �a.

Je veux une fille qui ait les cheveux noirs

et les hanches larges.

Et quelle taille de soutien-gorge ?

J'aimerais bien aller avec toi...

mais un ami m'a charg� d'une mission.

ll aime les femmes grandes...

avec des cheveux noirs et un gros cul.

Alors, il te faut Mirka.

ll y a un petit romain qui te demande.

Tu me cherchais ?

Peut-�tre.

- Oui ou non ? - Tes cheveux sont noirs ?

- Oui, pourquoi ? - Longs aussi ?

Tu veux baiser ou me faire des tresses ?

Non, non, je viens de la part d'un autre.

Pourquoi il ne vient pas lui-m�me ?

ll ne peut pas vous voir. ll est aveugle.

Ah, je comprends ! Le pauvre !

C'est exactement ce qu'il ne faut pas dire.

Pas de compassion, sinon gare...

C'est pas un d�prav�, j'esp�re ?

Comme ce bossu qui m'a couverte de bleus !

Non, il est distingu�.

Le bossu aussi l'�tait !

O� habitez-vous ?

lci, � l'angle, via Santa Brigida.

Au num�ro 9.

Nous serons chez vous dans cinq minutes.

Mes respects, professeur.

Bon travail, Mirka.

Un autre whisky ?

Non, garde le reste.

Tout va bien.

Elle s'appelle Mirka.

Bravo ! Tu veux une glace ?

Volontiers.

C'est celle d'hier, hein ?

S�r. Elle �tait pr�s de la boulangerie.

Alors, allons-y.

Et la glace ?

J'en veux plus, trop de cr�me.

A l'assaut ! Allons divertir le petit.

Quel petit ? Ah !

Tu deviens intelligent, tu vois ?

Je ne vois rien ! C'est le noir complet.

Parfait ! Heureusement, j'ai mon radar.

Appuie-toi sur moi, je te guide.

Le tournant... attention la marche.

Ah, je vois clair.

Moi pas encore.

Nous y sommes.

- Je sonne ? - Attends.

Vas-y, sonne !

Entrez... je passe devant.

C'est fatiguant, plus de cent marches.

1 52 !

Ne regardez pas le d�sordre.

Je m'appelle Mirka.

Moi Antonio. On peut commencer ?

Viens tenir compagnie � ce charmant gar�on !

Excusez si je touche. Je crois que �a va.

Ton parfum est un peu fort.

Tu n'aimes pas ? Patchouli, parfum des hippies.

Pourquoi, tu es hippy ?

Ferme les persiennes, et n'allume pas.

Mais, s'il y a un peu de lumi�re, pour toi...

c'est la m�me chose, non ?

Certaines fois, je n'aime pas �tre regard� en face.

Excusez-moi, mademoiselle !

Je vais faire un bon caf�.

Un vrai monsieur !

Encore c�libataire ? Quelle pension il doit avoir !

ll m'a bien pay�e, tu sais.

- Tu veux en profiter ? - Non merci, madame.

Sans fa�ons !

Merci, c'est comme si j'avais accept�.

Prenez place.

Pourquoi avoir dit vous appeler Antonio ?

Tu crois qu'elle s'appelle Mirka ?

Si elle s'appelle Mirka, je m'appelle Antonio. Marche !

Gredin, frippon, fieff� menteur !

Ce n'�tait pas celle d'hier !

Hier, elle �tait chez sa m�re.

Je l'ai confondue.

Ce n'est pas vrai, et tu le sais.

Avance !

Viens par l�.

Ca a march�, sinon je te brisais les jambes.

Toi, parfois tu t'oublies, hein ?

Moi aussi, quand j'�tais gosse.

On a pass� Pise ?

Pas encore.

Nous sommes � Pise.

Je sais, je ne suis pas sourd !

On s'arr�te longtemps � Rome ?

On verra. J'ai un cousin qui est pr�tre.

Tu es impatient, hein ? Des petites putes t'attendent ?

Aucune petite pute.

Alors ta petite amie ! Quel est son nom ?

- Diana. - Elle est brune ?

Oui... mais les cheveux courts.

Courts ! Parce que j'aime les cheveux longs ?

Peur que je te la souffle ?

Quelqu'un passait ?

Non, personne.

Pourquoi, hier, tu n'as pas voulu...

te taper la Mirka ?

Tout �tait pay�.

Peur des maladies ? Ou tu veux rester vierge pour Diana ?

De quoi tu te m�les ? Tu es tr�s indiscret !

Quoi, tu fouilles dans mon intimit� ?

Je vais te jeter par la fen�tre !

Dis la v�rit�, tu penses :

Qu'il s'occupe de ses oignons !

Moi ? Que j'en perde la vue !

On a de la visite.

Homme ou femme ?

Ah, l'agr�able odeur de jasmin : c'est une femme !

J'ai vu une place vide, mais si je d�range...

Pensez-vous ! Faites pas de mani�res !

Alors, on s'envoie un coup ?

Vous dites ?

Cul sec ! Vous ne buvez pas ?

Profitez-en ! Les r�serves sont dans la valise.

Munitions de bouche.

Vraiment excellent !

Monsieur croit pouvoir se payer ma t�te, hein Ciccio ?

Quoi, Pisan, tu triches ?

Bougez pas !

Vous partez ?

Refusez la conversation � une pauvre �pave ?

Mais, je comprends tr�s bien votre condition.

Ma condition ? Quelle condition ?

J'ai une condition, Ciccio ?

Je ne vous connais pas...

et je le regrette. Si vous permettez...

Je ne permets rien.

Je voulais me pr�senter.

Je pr�f�re ignorer votre nom inutile.

Restez anonyme, �a vaut mieux.

Je veux te faire une confidence.

Je suis so�l ! Compris ?

Mais c'est bien, c'est tr�s bien !

De temps en temps, �a d�foule.

- Je dis toujours... - Non, rien, tu ne dis rien !

Tu te tais !

Et tu te tires parce que tu m'es antipathique !

Avec ton jasmin qui pue !

Ne bouge pas, toi !

Je suis un grand b�tard.

Un unique et immense b�tard.

Je devrais me la couper.

Ne dis pas que je ne t'amuse pas !

ll voulait se moquer de moi !

Personne ne peut m'avoir... pas m�me toi.

C'est clair, Ciccio

Comment ?

A G�nes, la nuit, tu as fouill� dans ma valise.

Je ne l'ai pas fait expr�s, elle �tait ouverte.

Tu l'as fait en cachette, comme une boniche.

Un coup de pied au cul, la prochaine fois !

Maintenant, laisse-moi dormir jusqu'� Rome.

Pas un mot du revolver.

Et il sait que je l'ai vu, bien s�r !

Vivement Rome ! Je n'en peux plus.

Et le commandant qui parlait de bonne planque...

Tu as vu le revolver ?

Tu sais pourquoi je l'ai ?

A Naples, je dois tuer

quelqu'un.

Tu as eu peur, hein ?

Ca suffit, ma soeur, versez.

C'est quoi, �a ?

Tiens, mange la cerise.

Et crache le cure-dent.

Voil� votre cousin, je crois.

ll arrive les bras �cart�s comme une soubrette ?

Alors, c'est lui.

O� es-tu ?

Quel plaisir de te revoir.

Petit, tu as deux heures de libert�.

Va au cin�ma, si tu veux. File !

Alors, toujours en forme, hein ?

Ah, ce nez !

Et toi, toujours aussi beau et �l�gant.

- Tu portes encore l'habit ? - Oui, sauf en voyage.

Et le petit oiseau, comment va-t-il ?

Tu le soulages de temps en temps ?

Fausto, arr�te, voyons !

Ne fais pas l'ing�nu ! Sinon, que ferais-tu parmi ces nonnes ?

Je t'en prie, Fausto !

Laisse-les tranquilles, les pauvres.

Hommes et femmes !

Vous n'�tes pas diff�rents des autres.

C'est si beau, ici.

Un spectacle toujours aussi merveilleux.

Le soir, on voit Rome illumin�e !

Excuse-moi, Fausto !

T'excuser ? Pourquoi ?

Ne pas voir Rome ? Je ne l'ai jamais aim�e.

C'est la capitale de la Turquie, pour moi. Cit�-pi�ge, perfide.

Viens plut�t � Naples, avec moi.

Ton assistance spirituelle contre un plat de clovisses.

Ah, si je pouvais ! Mais j'ai tant � faire ici !

Raconte pas d'histoires !

Je me sens tellement inutile.

J'aimerais �tre un simple cur� de campagne...

au contact des vraies mis�res humaines.

Un tas de conneries ! Trente secondes pour r�pondre :

L'enfer, le diable... existent ?

Non, non, r�ponds ! Le Diable existe ?

Oui, le Diable existe. Parce que le mal existe.

Non, je parle de l'au-del�.

Arr�te, Fausto.

Ne parlons pas de �a.

Dis-moi plut�t...

pourquoi tu es � Rome.

Pour te voir.

J'ai besoin de ta b�n�diction.

Ne plaisante pas.

Je ne plaisante pas.

Tu es d�j� pardonn�, Fausto.

C'est pour cela que je t'envie.

Je t'ai toujours envi�, tu sais.

Tu diras que je blasph�me, mais je pense...

que tu as de la chance.

Car ta souffrance t'accompagne toujours.

Elle te stimule, te lib�re, te rach�te.

Tu es sauv� et je t'envie.

Qu'est-ce que je dis ?

Continue...

J'y ai souvent pens�, ces ann�es.

ll me semble que ta croix pourrait �tre...

ta raison de vivre, ton salut.

J'envie les fous, les malades,

les enfants innocents.

Eux seuls savent voir mieux que moi.

C'est une chance d'�tre aveugle ?

Peut-�tre, mais pas pour tes raisons.

C'est une chance, car les aveugles...

ne voient pas les choses, ils les imaginent.

Mais moi, je n'imagine rien, je ne me rappelle rien.

Si je pouvais voir le monde, l�...

je ne verrais gu�re...

que des pierres, le d�sert.

Pas d'arbres ou d'animaux, que des pierres.

Car moi aussi, je suis une pierre.

Et alors, cette b�n�diction ? Courage !

Un signe de croix, deux sottises en latin...

et me voil� vaccin� contre le p�ch�.

Voleurs !

Laisse, c'est moi qui verse.

Qu'allons-nous faire � Naples ?

Je dois participer au Festival de la chanson napolitaine.

Pose pas de questions, sois touriste !

- Excusez-moi. - Pas de quoi, mon fils.

Tu l'as vu ?

Que fait-il ?

ll vend des billets de loterie.

Maintenant, il s'assied.

Ach�te-lui tout et renvoie-le ! Vite !

D�p�che-toi !

Que de malheurs dans sa vie, ce pauvre homme !

Sa femme lui donne des coups de b�ton.

Et il encaisse sans r�agir ?

ll r�agit en buvant : neuf litres tous les soirs.

Un jour, on la trouvera �trangl�e.

Qui, sa femme ?

Oui ! Nous sommes m�chants... nous, les aveugles !

Voici les billets.

Nous avons fait notre B.A. quotidienne !

Et cette fille, elle arrive ?

J'en sais rien.

Toutes les m�mes ! Une heure devant la glace.

ll est parti, l'aveugle ?

ll est parti ?

ll s'en va. ll salue.

ll donne de ces coups de chapeau !

ll n'a jamais vu autant d'argent de sa vie !

Je n'ai jamais autant ri !

Je suis ravie de n'�tre pas all�e � la mer.

Monsieur Fausto est formidable !

Alors �coute celle-ci. Le nain �pouse la g�ante.

Ses amis lui demandent :

''Au lit, �a marche ?'' et il r�pond :

''Je suis trop loin pour lui parler !''

- Ce n'est pas dr�le. - Tu n'as rien compris !

Si, mais ce n'est pas dr�le !

Bon, ne vous disputez pas.

Dis-moi o� vous vous �tes connus.

A Viterbo, notre ville natale.

J'�tais au cin�ma avec maman.

Ce beau Casanova me caresse le genou.

Je change de place avec ma m�re.

ll recommence et elle lui jette son sac au visage !

C'est ainsi que je l'ai rencontr�.

Mon p�re a �t� transf�r� et me voici � Rome.

- Quel est ton m�tier ? - Baby-sitter.

lnt�ressant ! S'il n'y avait pas les enfants !

C'est bien vrai !

Voil� mon oncle ! Merci, ne vous d�rangez pas.

Alors je pourrais �tre ton p�re. Donne-moi un baiser.

Non, un peu mieux que �a !

Ouf ! Salut Gianni, euh Ciccio, t�l�phone-moi.

Je t'accompagne.

Tr�s cordiale !

Merci pour les billets.

Pourvu que je gagne !

Si je gagne, on partage !

Sympathique ! ld�es claires, bon sens...

Une fille pure.

Et putain !

Comment ?

Allons, r�veille-toi ! Tu ne vois pas clair ?

Dix-huit ans, charmante, son p�re est...?

Mar�chal.

Et elle se balade avec un sac de 400 000 lires.

Je l'ai touch� : en crocodile !

Et un parfum fran�ais : 40 000 le flacon.

Baby-sitter ? Une excuse

pour faire la pute jusqu'� trois heures ! Ote ton casque...

la guerre...

Quoi, tu esquives ? La guerre est finie !

Je t'�trangle !

C'est son oncle comme je suis son grand-p�re !

Tu te cachais ?

Tiens. Du calme.

Garde le reste.

Faites mettre un �criteau :

''lci mangea tr�s mal le Capitaine Longuevue.''

Donne-moi la canne ! O� est la canne ?

Par ici !

On va faire la sieste � l'h�tel.

- Je n'ai pas sommeil. - Tu dormiras !

Vous avez sonn� ?

Ah, je m'excuse ! Vous avez vu Ciccio ?

L'ordonnance qui m'accompagne.

Jamais l� quand il le faut.

Besoin de quelque chose ?

Evidemment !

ll sait que je suis handicap�.

C'est embarrassant.

Pour les petites n�cessit�s quotidiennes...

je suis � la merci des autres.

Avec une ltalienne, je n'oserais pas...

mais vous avez une Eglise si moderne.

Par ici, je vous prie.

Excusez-moi, je passe devant.

Je suis mortifi�, moi aussi.

Me faire ouvrir la braguette, comme un gosse...

Par ailleurs...

Allez-y ma soeur, un peu de patience.

D'o� �tes-vous ?

Ah ! Quelle belle voix jeune, quel �ge avez-vous ?

Vingt-deux.

Ah bon, alors...

Merci infiniment.

All� !!!

Quelle voix ! S�rement le p�re.

J'ai d� le r�veiller.

Et Diana ? En train de baiser avec son oncle !

Je l'ai prise pour Diana ! Le m�me rire.

Elle aussi avec son oncle.

Pour nous, les jeunes, la vie devient dure !

Dommage tu vois pas : toutes les filles topless !

On a attendu que je sois aveugle pour autoriser ces choses.

Assieds-toi.

Tu pas oublier mon steak ?

Non, moi pas oubli�.

R�clamer steak pour mademoiselle !

Tu as t�l�phon� � Diana ?

Et pourquoi ?

Je me fous de Diana !

Ce n'est plus ton amie ?

Je me suis amus� avec elle, c'est tout.

Comme au cin�ma, quand tu l'as caress�e !

Petit nain de malheur !

Allons, fais-la danser, vas-y !

Non, il vaut mieux pas.

Eh non ! Moi tr�s, tr�s faim.

Oui, toi faim filet, moi faim de toi, gros t�tons !

Si on sortait faire un tour ?

Rome by night. Et puis, crac !

Non, non possible ! Moi ici jusqu'� fermeture.

Alors nous attendre.

Et apr�s... faire des choses. O.K. ?

Avec petit pampino ?

Bien s�r, avec petit pampino !

Oh, steak, regarde ! J'aime !

Mange steak ! C'est bon ?

Ca pas boeuf, �a veau,

mais bon. Go�te, pampino.

Tu triste, pas parle...

Toi pas plaire moi ?

Toi casser couilles.

Ciccio ! On ne r�pond pas comme �a � demoiselle !

Je ne suis pas Ciccio et je dis ce qu'il me pla�t !

Oh, pas t'�nerver, toi gentil pampino, moi t'embrasser.

Oui, toi embrasser !

Toi t'excuser, hein ?

Excusez-moi, monsieur.

Je pourrais t'enfermer pour mutinerie.

Mais je te pardonne.

Ah, vous fait la paix, nous f�ter, non ?

Une autre bouteille de champagne !

Toi boire, et �tre content.

ll n'a pas arr�t� de me regarder.

Bois, petit pampino !

ll continue ! Et �a le fait rire !

Encore go�ter veau ?

Quel culot !

Connard, tu vas arr�ter

de regarder ?

C'est � moi que vous parlez ?

Oui, oui, � toi !

Et qu'est-ce que je regarde ?

Fais pas l'innocent ! Tu regardes madame.

Effectivement, je regardais madame, car je crois...

l'avoir vue il y a quelques ann�es...

dans un lieu de plaisir appel� bordel. C'est possible ?

Tu veux la bagarre !

Je l'ai eu, hein ?

Bravo Cassius Clay !

O� a-t-il atterri ?

Le champion !

Laisse t�ter muscles !

Ce n'est rien, attends de t�ter l'autre !

Ciccio, tu ne ris pas ?

Tu as vu le coup de poing que je lui ai balanc� ?

Souviens-toi : qui attaque gagne � coup s�r !

Je m'en souviendrai !

On va lui jouer un bon tour, � la Viking !

On se taille en douce. Elle est sortie ?

Pas encore.

1 00 000 lires pour un steak...

le champagne et ses nichons � peloter !

La voil�, elle sort.

Que fait-elle ? Elle nous cherche, hein ?

Elle regarde de tous les c�t�s.

- Elle est folle de rage, non ? - Et comment !

Tr�s bien ! Maintenant, on peut filer.

Arr�te-toi si tu vois un bar ouvert, j'ai soif.

Ciccio, tu es mon ami ?

Bien s�r.

L'amiti�, c'est tr�s s�rieux, tu sais.

Tu sais ce qu'est un ami ?

Quelqu'un qui te conna�t � fond et t'aime, cependant.

M�dite cette v�rit�.

Que fais-tu ? Mais... tu es ivre !

Un ivrogne qui guide un aveugle ! Quel couple !

Accroche-toi, je prends le volant.

Tu as les tickets de consigne au moins ?

Alors, courons ! A nous le premier train pour Naples !

Les fruits de mer sont interdits � cause du chol�ra...

mais si vous voulez manger des moules...

je connais un endroit qui en sert au march� noir.

C'est cher, mais qu'est-ce qu'on se met !

Eh, r�veille-toi ! Tu dors ? Regarde !

Ce monument, c'est bien le ch�teau Angevin ?

Comment faites-vous ?

A l'angle, on fait le meilleur caf� torr�fi� de Naples.

Et tu dors au lieu d'admirer cette belle ville !

Excellence, c'est un embouteillage monstre.

Allez-y � pied, c'est � deux pas.

Vous bloquez les fun�railles du d�put� !

Tu as pris les valises ?

O� es-tu ? Ce sont des fun�railles ?

Fais les cornes !

Odeur de femmes !

Ne l�che pas les valises ! lci, c'est Constantinople.

J'ai gard� ce Lacrima Cristi pour les grandes occasions.

Bravo, Vincenzo, apporte !

Rapha�l !

Deux verres !

Les voici, lieutenant.

Laissez, je verse.

Compliments ou insultes � maman pour le repas ?

Compliments !

Je donnerais 7 aux spaghetti,

8 1 /2 aux fruits de mer et 1 0 au vin.

Vous avez tout vid�, bravo !

Fausto, devine quel vin c'�tait ?

Je dirais : Lane Perso, 1 2 degr�s, 1 970 !

7 1 !

Sara, dis � maman

que je veux solder mon compte.

Pourquoi ? Ce n'est pas la fin du mois !

T'occupe pas, fais ce que je dis.

C'est toi qui bois le caf� ?

Non, je go�te s'il est bon.

C'est celui de mon lieutenant !

Tu me donnes du feu ?

Qui sont toutes ces filles, des parentes ?

Non, des amies d'enfance.

La m�re de Sara a un restaurant

et le lieutenant se fait livrer.

Dis, laquelle tu te ferais ?

Celle-l� me pla�t.

Je te crois, c'est la mieux !

T'as vu quelle allure !

- Elle s'appelle ? - Sara. Mais c'est foutu d'avance !

Viens, je te montre ta piaule.

Toi aussi, t'es romain ?

Ca s'entend pas ?

T'as vu la maison de mon aveugle ?

Pourquoi tu as dit que c'�tait foutu d'avance ?

Parce qu'elle aime ton aveugle.

ll le sait ?

Oui, mais il s'en fout.

ll ne sait pas qu'elle est belle.

T'as vu ses yeux ? Et ses lolos !

C'est la chambre de la bonne.

Je ne sais pas pourquoi il l'a renvoy�e.

Elle me pla�t. Je la prends.

Comment est ton lieutenant ?

Un peu con, mais brave.

Tu sais comment je le salue ?

ll croit que je claque les talons et il me dit repos !

Bas les pattes !

Je m'ennuie, j'ai envie de jouer !

Je connais

un tr�s beau jeu !

Colin-maillard.

Que fais-tu, Fausto ?... Fou !

Lieutenant, je peux y aller ?

Demain matin, � l'heure, avec mon yogourt.

Aux fraises ?

Ne salue pas, je n'y tiens pas.

Tu t'ennuies ?

Je ne m'amuse pas beaucoup.

Aucune de ces filles ne te pla�t ? lnes, Michelina,

ma soeur Candida ?

Tu me plais.

Beau succ�s !

Veux-tu m'aider ?

Allez, on va au cin�ma ?

Voir un film interdit !

On a tout rang�.

Ne gaffez pas en disant ''On se voit demain''.

Remerciez maman.

Alors, le moment est arriv� !

Fausto, qu'as-tu d�cid� ?

Quand ?

Tais-toi !

Ces petites garces ne sont pas parties.

Elles sont l� � nous �couter.

Allez-vous-en !

Raconte-moi le voyage. O� vous �tes-vous arr�t�s ?

G�nes et Rome.

Et les femmes ?

Tu n'es pas oblig� de mentir, �a m'est �gal.

ll a eu une aventure ?

Les idiotes ! Elles devraient lui sauter au cou !

Puisque tu le dis.

ll t'a dit pourquoi il est venu � Naples ?

Et moi ? ll ne t'a jamais parl� de moi ?

Non, mais...

Mais ?

Je ne sais pas si je dois...

Dis-moi !

ll a ta photo dans sa valise.

ll ne doit pas savoir que je te l'ai dit !

Jure !

Regarde ce qu'il est beau ! Quel grand homme !

ll est unique au monde.

C'est aussi un dr�le d'emmerdeur.

Tu ne viens pas ?

D�p�che-toi !

On va au cin�ma.

Le film va commencer !

Allez-y, je vous rejoins.

C'est toi, mademoiselle ?

Oui, Fausto. Laisse-moi te parler.

Pas question. Tais-toi.

Compris ?

Non, je parlerai.

O� �tais-tu fourr� ?

Assieds-toi l�. Et ne bouge plus !

Je t'avais dit de ne pas bouger !

Dis-moi au moins pourquoi tu es � Naples.

Pour lui montrer la plus au nord des villes africaines.

Ne plaisante pas. Je sais que Vincenzo t'a t�l�phon�...

mais je ne pensais pas que tu viendrais. Pourquoi ?

ll y a une raison...

puisque tu veux tout savoir.

Je ne suis pas venu pour rien.

Et maintenant, rentre chez toi.

Sois sage, laisse-moi seul avec Ciccio.

On a un tas de choses � se dire.

Quelle belle robe, Sara !

Quelle belle couleur, surtout.

Le couleur qui te va le mieux.

Toi aussi, Ciccio.

Toujours dans mes pattes !

Va admirer le paysage !

Cesse de pleurer au piano !

Tu ne connais rien de plus gai ?

J'ai le courage... mais j'ai tr�s peur.

Peur de quoi ?

Que peut-il nous arriver de pire ?

Quoi, tu renonces ?

Non, je suis d'accord, Fausto.

Sara voulait savoir pourquoi je suis venu.

Elle a des soup�ons ?

Je ne crois pas.

Sois plus gentil avec elle, elle t'aime.

Les autres aussi, mais elle, est amoureuse.

Tu devrais lui parler.

Elles sont encore vierges, d'apr�s toi ?

Capitaine, tu es devenu fou ?

Ce sont des gamines.

Ce sont des femmes.

Pour toi, le temps ne passe jamais.

Leur parler ? Tu veux rire.

Je sais, moi, ce qu'il leur faut.

Tu n'as aucun respect pour personne.

Mieux vaut aller dormir.

Bonne nuit, ma tante !

Une vieille tante, voil� ce que tu es.

Aucun respect... aucun respect.

Je commandais la caserne d'Orbassano.

Vous qui �tes Pi�montais, capitaine, vous en aurez entendu parler.

Une caserne mod�le !

C'�tait en 1 940.

Eh bien, je vous assure qu'une morue comme la n�tre...

personne n'en a jamais mang� depuis !

Le cuisinier �tait de Livourne.

La guerre a son aspect d�plaisant, je l'admets...

mais aussi son c�t� agr�able.

Mes soldats m'adoraient.

Savez-vous pourquoi ?

Parce que je les faisais chanter.

Et pas des chansons de guerre !

''J'ai achet� une poup�e rose''.

Vous vous en souvenez...

la poup�e rose ?

''Petite comme toi''.

Colonel, il est bient�t quatre heures.

Votre partie de cartes.

Vous avez raison, le devoir m'appelle.

Je vole !

Tu vois, notre malheur n'est pas si grand.

C'est m�me une chance.

Plut�t aveugles que cr�tins comme ce colonel.

Un cr�tin pyramidal.

Trop cr�tin pour �tre colonel !

Vous voyez �a...

une compagnie d'alpins chantant

''La poup�e rose'' !

Le colonel �tait l�, il a tout entendu !

ll est parti sans souffler mot...

Retraite strat�gique.

Je parie que tu l'as fait expr�s.

Si j'avais su, c'est pas seulement de cr�tin que je l'aurais trait� !

Monsieur Fausto, votre double whisky.

Et pour vous, la liqueur aux noix.

Le poisson vous a plu ?

Et sans ar�tes !

J'ai cuisin� avec mes lunettes.

Je ne les mets jamais ! Pour vous, j'ai fait une exception.

ll veut donner une f�te, ce soir.

ll a command� du champagne.

Mais pour qui, cette f�te ?

ll ne m'a rien dit...

pourtant je suis son ami.

Ami ? Ne r�ve pas, il n'en a jamais eu.

Et toi ?

Moi ?

Personne ne comprend mon amour pour lui.

Sauf mon p�re, s'il �tait vivant.

Tu vois, mon amour...

n'est pas un b�guin de coll�gienne.

J'ai simplement d�cid�. J'ai choisi.

Tu as choisi, mais s'il ne veut pas ?

ll devra c�der, t�t ou tard.

Sans moi, il n'a pas de raison de vivre.

Comme moi sans lui.

Que peuvent-ils se dire ?

Je me le demande ! lls n'ont pas arr�t� de parler.

ll faut que j'y aille, sinon...

Non, parlons encore un peu.

Je peux te poser une question ?

Pourquoi un aveugle, et plus si jeune...

alors qu'il y a tant de beaux gar�ons ?

Je les connais : stupides, vaniteux, arrogants.

Merci. Moi aussi ?

Ne sois pas vex�. Tu oses te comparer � lui ?

Je vais t'apprendre un jeu.

Ferme les yeux...

et essaie de reconna�tre avec les mains...

les meubles, les objets...

Tu l'as fait ?

Moi ? Qui t'a dit �a ?

J'ai compris.

- Tu n'as rien compris. - Quand l'as-tu connu ?

ll y a sept ans. J'�tais une gamine.

ll venait souvent...

voir mon p�re.

lls avaient la m�me passion des chevaux.

ll nous avait invit�s � un concours hippique.

Je ne le connaissais pas encore...

et j'y �tais all�e...

pour voir Nicolino...

un camarade d'�cole dont je croyais �tre amoureuse.

Fausto devait nous raccompagner en voiture.

Je m'�tais mise devant expr�s.

Papa m'a demand� de changer...

je sentis ma gorge se serrer.

Ne sachant comment cacher mes larmes...

je pris la fuite et rentrai � pied.

Je le revis un an plus tard.

ll avait d�j� eu l'accident, mais je l'ignorais.

Viens te baigner avec nous !

Excuse-moi, je ne t'ai pas demand� ton nom.

Giovanni.

Au revoir et merci.

Mon lieutenant, je peux aller me baigner ?

Oui, va te laver !

Ciccio, viens te baigner toi aussi !

Tu veux te baigner ?

Je n'ai pas de maillot.

Trouve-toi un cale�on.

Accompagne-moi, je veux faire un petit somme.

- Tu viens, Vincenzo ? - Vas-y.

Voici le num�ro cinq.

Nous sommes nues ! N'entrez pas !

Elles sont nues !

Tu as entendu, malheureux ?

Toi qui as l'infortune de voir, il t'est interdit d'entrer.

Salut, mes poup�es !

O� �tes-vous, mes brebis ? Le grand m�chant loup va vous manger !

A qui appartient...

ce beau petit cul et ces nichons ?

Et ces petits t�tons ?

Laissez-vous toucher, mes petites putes !

Pourquoi fuyez-vous ?

Je sens... un parfum... de femme.

Qui es-tu ?

Qui es-tu, petite brebis ?

Ciccio ! Toi qui vois, viens ici.

Ne rate pas le spectacle.

Je te hais.

On t'appelle, tu n'entends pas ? Va-t'en !

O� �tes-vous ? Par ici, la tourte !

Soufflons les bougies !

Bois, Vincenzo ! Qui sait ce que demain nous r�serve ?

Que fait-elle ?

Que veux-tu qu'elle fasse ? Elle danse.

Elle danse, presque nue.

Voyons si je devine.

Si mes mains voient juste, ces seins...

ce petit cul... c'est ln�s.

Laisse-moi toucher...

Oui, c'est ln�s ! J'ai devin� !

Et moi, qui je suis ? Devine.

Tu es... Candida !

Et celle-ci... ah, mais c'est...

C'est Sara !

Pourquoi t'es-tu coup� les cheveux ? Va-t'en, Sara !

Donnez-moi � boire.

Vincenzo, tu bois ?

Je ne veux pas voir de visages tristes !

Remplissez vos verres !

Fausto, lis-nous les lignes de la main.

J'ai envie de le gifler.

ll fait expr�s de m'ignorer...

pour me faire renoncer : il ne me conna�t pas !

Si tu le rendais jaloux ?

Comment ?

En flirtant avec moi.

Ca te plairait, hein ?

Mont de V�nus developp�, tendance � l'amour sexuel...

Tu pr�f�res le matelas au clair de lune. Et tu as raison.

Ce n'est pas vrai, je suis romantique.

Pourquoi a-t-il dit : ''Qui sait ce que demain nous r�serve'' ?

ll va partir, peut-�tre.

S'il d�cide de partir � l'improviste...

quoiqu'il d�cide en mon absence, tu promets de m'avertir ?

Je te le promets.

J'aurai des enfants ?

Non, mais prends la pilule, je ne veux pas...

�tre responsable.

Ton travail te procurera des satisfactions.

Les hommes te donneront de l'argent.

Bref, caissi�re ou putain ! Choisis.

Pourquoi, ce soir, je ne l'aime pas ?

ll se rend odieux !

Si tu changes d'id�e, je suis l�.

Tu les entends, ces trois idiotes ?

Comme elles piaillent !

Et moi,

tu ne me lis pas la main ?

C'est mon tour.

Bien s�r, Sara.

Vas-y, Fausto, lis.

Alors, cette main, que dit-elle ?

Je rentre � la caserne, le colonel m'attend !

Mon lieutenant.

Mon capitaine, � vos ordres !

Enl�ve tes grosses pattes !

Un jour, tu le regretteras ! ''Je t'ai toujours aim�e... ''

C'est toi ?

Tu ne dors pas ?

Fausto, deux mots seulement.

Bon, allons-y. Mais pas de complainte sentimentale.

Je voulais te dire que cet hiver je viendrai �tudier � Turin.

Maman est d'accord.

Pas moi.

Tu ne peux pas me l'interdire.

Non, bien s�r.

Mais c'est une erreur.

Laisse-moi me tromper.

Que veux-tu de moi ?

Ma vie ne te semble pas assez compliqu�e ?

Je veux �tre pr�s de toi.

Pourquoi ?

- Simplement pr�s de toi. - Pour quoi faire ?

Pour aider l'infirme ?

Me soutenir, par ton sacrifice ?

Je me suffis � moi-m�me !

Je n'ai besoin de personne.

O� est la canne ? Qui l'a prise ?

Si tu n'as besoin de personne...

prends-la tout seul !

Que se passe-t-il, Fausto ?

Rien, bois, bois.

ll est plus de trois heures ! Maman va nous battre !

Quel ph�nom�ne, ce Fausto !

Ce que j'ai pu rire !

Tu viens avec nous ?

L'ordre de vous raccompagner.

Tu n'as pas peur, seul avec trois filles ?

Le danger, c'est mon m�tier.

Je m'assois un moment, j'ai trop bu.

Ce qu'ils ont picol� !

Et Vincenzino...

compl�tement ivre !

Quel est ton nom de famille ?

Bertazzi.

Ecoute, Bertazzi. Qui choisirais-tu, parmi nous ?

Pour une fois ou pour toujours ?

Quel effront� !

- Pour qui nous prends-tu ? - Tu disais pour toujours ?

Tu te fous de moi ?

Tu connais des histoires cochonnes ?

Je ne crois pas.

Celle de la greffe, tu la connais ?

Alors, �coute.

Taisez-vous ! Michelina !

Ca ne va pas ?

Si, �a va.

La lumi�re s'est �teinte.

Pourquoi a-t-il �teint ?

Viens vite !

ll respire encore !

Tu es bless� ?

Viens m'aider � le transporter !

Et lui ?

Les autres s'en occuperont.

Viens, Fausto.

Dans l'�tat o� il est, un somnif�re !

ll pourrait y passer !

O� l'emmenons-nous ?

A la maison de campagne de ma m�re, qui est inoccup�e.

Mais pourquoi prendre la fuite ?

Je ne veux pas qu'on l'accuse !

D�fais-lui sa cravate, qu'il respire.

Pourquoi deux coups de feu ? Tu as compris �a ?

Et pourquoi lui, rien ?

ll �tait ivre. Ou il a eu peur.

Peur non !

Pourquoi non ? Au dernier moment, peut-�tre...

Non, il ne peut pas avoir eu peur !

C'est ici.

ll faut acheter quelque chose. ll y a une boutique en bas.

Prends du caf�, des cigarettes, des brioches.

Je devrais �tre parti, ma permission s'arr�te.

Je finirai en prison.

Caserne ou prison, ce n'est pas pareil ?

Tu as de l'argent ?

Et l'effet du somnif�re ?

Ca passera, il y est habitu�.

Que fais-tu, il n'est pas mort.

J'en sais rien, c'�tait un geste.

Qui est l� ? O� suis-je ?

Ne parlez pas.

Et Fausto ? O� est le capitaine ?

Du calme, reposez-vous.

Ces fleurs � la madone.

Comment va-t-il, ma soeur ?

Tr�s bien, comme un charme.

Commissaire, il nous enterrera tous.

Ces grands invalides ont la peau dure.

Que faites-vous l� ?

Je suis journaliste, je fais mon travail.

Pour nous, c'est du sensationnel.

Ecrivez qu'un grad�...

ayant perdu l'usage de la vue...

a voulu nettoyer...

son pistolet d'ordonnance...

et s'est accidentellement bless�.

Pourquoi un aveugle nettoierait-il un pistolet ?

Ca le regarde.

Madame Natalina, quand vous serez libre...

venez demain ou apr�s-demain avec votre fille Sara...

et ce capitaine. On bavardera entre amis...

et on signera le proc�s-verbal.

- Mon colonel. - Repos !

- Pourquoi tout en noir ? - ll n'est pas mort ?

Ah, ce que je suis content.

Vous �tes content ou vous n'�tes pas content ?

ll me repousse.

- ll m'a chass�e. - ll va bien.

Que diront les journaux ?

Tu penses aux journaux !

Ca n'arrive pas tous les jours

un aveugle qui...

Je t'interdis de prononcer ce mot !

Je ne lui ai rien demand�.

M�me pas de l'�pouser.

Etre avec lui, pr�s de lui, rien d'autre.

Un mot de lui suffirait.

ll a appel� !

Va voir, il a peut-�tre besoin de toi.

Vous allez mieux ?

Allume-moi une cigarette.

Personne, nous sommes seuls.

Va � la cuisine me chercher de la glace...

� sucer.

ll n'y en a pas ici.

Pourquoi, o� sommes-nous ?

Quelle heure est-il ?

Onze heures.

O� est Sara ?

Je vais l'appeler.

Chasse-la, je ne la veux pas ici !

Je ne suis pas un lion.

Je croyais... je me suis tromp�.

J'ai eu peur.

Je reviens.

J'ai eu peur.

Ne parle pas, ne pense � rien.

Je suis un l�che.

Nous avons tous peur.

Repose-toi.

Le commissaire a class� l'affaire.

Nous sommes � Naples, ici !

Je t'ai apport� l'uniforme. Je n'ai pas retrouv� le b�ret.

- Comment va-t-il ? - Mieux.

Elle est avec lui.

Toute la nuit, elle et toi... rien ?

Ce que tu es con !

Quel mal y a-t-il ? Un homme est un homme.

- Et Sara est du tonnerre ! - C'est une brave fille.

Ca ne t'emp�chait pas d'essayer, non ?

Va m'attendre plus loin.

D�p�che-toi.

''Je t'ai toujours aim�e. ''

Fais-moi confiance, j'aurais essay� !

''Et toi, tu m'as aim� !''

Pauvre Vincenzino, je lui ai jou� un sale tour.

Je t'en fais cadeau.

ll n'est pas mort et j'ai l'air vivant.

Aide-moi.

M�me mon briquet ne fonctionne plus.

Ah, l'uniforme ! Tu te d�bines, hein ?

Alors...

Tu pars ?

Je t�l�phone � Turin ou au cousin de Rome ?

Surtout pas !

Va ! Les vacances sont finies.

Le voyage n'a pas �t� inutile.

Tu as vu tant de choses !

Tu as vu un homme, de pr�s.

Tu sais qui je suis ?

Le onze de pique.

Ca n'existe pas !

Justement. Une carte inexistante.

Bonne pour aucun jeu.

Salut, vieux.

Je vous donne la canne ?

Que fais-tu l�, va-t'en !

Toi et Sara, allez-vous-en !

Et vous ?

T'occupe pas. Partez.

Fous le camp !

Toi et l'autre ! Emm�ne-la !

Tu sais marcher, Sara ?

ll est difficile, tu sais, d'accompagner un aveugle.

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