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Original subtitles

Katharine Teresa Gun,

vous �tes poursuivie

pour violation de la section 1,

sous-section 1

de la loi sur le secret d'�tat de 1989.

Vous avez sciemment et intentionnellement

divulgu� des informations top-secret

en violation de ladite loi.

Que plaidez-vous ?

Coupable ou non coupable ?

Les voisins vont entendre.

On se met en travers.

C'est mieux ?

Comment convaincrez-vous les Britanniques ?

C'est d�licat d'entrer en guerre quand 73 % des gens sont contre.

On demande aux gens s'ils soutiennent la guerre,

mais on n'est pas en guerre, aujourd'hui.

Je suis s�r que si l'ONU adopte la 2e r�solution,

en cas d'avis n�gatif des inspecteurs contre Saddam,

l'opinion changera.

Votre correspondant disait que la guerre �tait in�vitable.

La guerre n'est pas in�vitable, �a d�pend de Saddam.

S'il coop�re avec les inspecteurs,

s'il leur dit quelles armes il a et coop�re pleinement avec eux,

ce sera r�gl�, mais il ne le fait pas.

Quel sale menteur !

Tous pareils.

C'est pas vrai, les inspecteurs de l'ONU ne mentent pas.

Le terrorisme international est une vraie menace.

- Du caf� ? - Non, merci.

On nous a dit, on nous a expliqu�

que ces inspecteurs recherchaient des preuves

d'armes de destruction massive : chimiques,

biologiques et atomiques.

Nous savons

qu'il a ces substances.

C'est faux, on sait pas !

Toujours le m�me mensonge.

T'es s�re qu'il ment ? Saddam est cingl�.

Parce qu'il est Premier ministre, il d�forme les faits.

Que savez-vous sur lui ?

Qu'il a ces armes et qu'il repr�sente une menace.

Au caf� � 16 h !

- Je passe pas te chercher ? - Je prendrai le bus.

- Je t'aime. - Moi aussi.

Salut, Katharine.

T'as dit � Mark de m'appeler ?

- Il l'a fait ? - Oui.

Il t'a invit�e � d�ner ?

Il a une maison dans le Devon.

Il veut m'emmener surfer, avec son chien.

- Mauvais plan ? - Non, son chien est super.

- Et vous, votre derni�re balade ? - Il y a un mois.

De la marche dans le Yorkshire.

On pourrait partir tous ensemble.

Ce serait g�nial. Avec le chien ?

Je meurs de faim.

Je suis l� depuis 5 h, j'ai �cout� un type de l'ambassade russe

soudoyer un dissident nord-cor�en qui a t�l�charg� des trucs pornos.

C'�tait super excitant.

T'es d�go�tant !

C'est mon boulot.

Le MI-6 croyait le Cor�en des n�tres. Perdu !

GCHQ : 1,

MI-6 : 0.

Katharine, votre rapport sur P�kin pour le minist�re.

Ils n�gocient la semaine prochaine.

Transcrire

D�bat sur l'Irak / Votes � l'ONU

De : Frank Koza, responsable des cibles r�gionales

Agence nationale de s�curit� Top-secret

"Comme vous devez d�j� le savoir..."

Andy.

T'as re�u le mail de la NSA ?

Les Amerloques nous demandent d'espionner des d�l�gu�s de l'ONU ?

Ils veulent : "le plus d'infos possible

"pour permettre aux strat�ges am�ricains

"de garantir les objectifs des �tats-Unis."

Ils veulent truquer le vote.

"Cette op�ration s'intensifiera la semaine prochaine,

"apr�s le discours du secr�taire d'�tat � l'ONU."

Powell va demander la guerre.

Ils vont faire chanter les r�calcitrants pour l'obtenir.

Putain !

Excusez-moi, une question.

Ce m�mo de la NSA a �t� approuv� ?

Oui, approuv� et diffus�.

Les USA comptent sur nous pour obtenir la guerre ?

Pour la semaine prochaine ?

C'est une op�ration anglo-am�ricaine.

Ikuzo.

D'accord, je comprends.

Y a pas � discuter.

�a a �t�, Mme Archer ?

Oui, c'�tait tr�s bon.

� demain, alors.

�a va ?

Oui, j'ai eu une longue journ�e.

Donne-moi 10 minutes.

Tu veux manger un truc ?

Tu travailles ce week-end ? On pourrait pas partir ?

D�sol�, mon c�ur.

Le week-end d'apr�s, plut�t.

Une question pour le pr�sident.

Que repr�sente pour vous une deuxi�me r�solution ?

�a vaut la peine, selon vous,

de d�penser autant de temps et d'�nergie pour la faire voter ?

Comme je viens de le dire,

c'est une question de semaines, pas de mois.

Toute tentative pour faire tra�ner la proc�dure

sera combattue par les �tats-Unis.

- Tu changes de cha�ne ? - Non, c'est important.

Le secr�taire d'�tat Colin Powell d�montrera

le danger que repr�sente un Saddam Hussein arm�.

Il parlera aussi des liens avec Al-Qa�da.

Y a aucun lien prouv� entre Saddam et Al-Qa�da.

Des liens qui sont un danger...

Je vais �teindre.

Je veux �couter ce qu'ils disent.

C'est vrai, Saddam est un dictateur, mais pas un fanatique religieux.

S'il armait Al-Qa�da, �a se retournerait contre lui.

C'est n'importe quoi !

�a sert � rien de t'en prendre � la t�l�.

Ils t'entendent pas.

- O� tu vas ? - Bouquiner.

Ma vision du monde a chang� depuis le 11-Septembre.

Le monde n'est plus le m�me et mon principal devoir

est de prot�ger les Am�ricains d'autres attaques.

Je m'y engage.

Merci beaucoup.

- Je t'aime. - Moi aussi.

Oublie pas le commissariat.

Tu vas faire quoi ?

Je sais pas. Bouquiner.

Je serai l� vers 19 h.

M. Gun. Vous venez signer ?

- Quand aurez-vous vos papiers ? - Aucune id�e.

�a peut prendre des mois. L'Immigration est un myst�re.

Je sais.

Salut, Jasmine. C'est Kath.

Tu es l�, aujourd'hui ?

J'aimerais passer te voir.

Viens l� !

�a vise qui ?

Le Conseil de s�curit� de l'ONU.

Les membres non permanents qui h�sitent � voter la guerre.

C'est pas vrai !

Tu devrais peut-�tre d�missionner.

Para�t que si on reste au GCHQ plus de cinq ans,

on ne le quitte plus.

Il me reste deux ans, alors.

Tu as donc encore une conscience.

Tu es toujours anti-guerre ?

�a pose un probl�me au GCHQ ?

Mais non.

File ton portable.

J'ai d�j� retir� la batterie.

Je t'ai appel�e d'une cabine.

D�sol�e.

Je t'�coute.

Je me suis dit...

si je te transmets le m�mo,

tu pourras le montrer � un journaliste

ou � un pacifiste.

Si la presse dit que c'est rien, au moins, j'aurai bonne conscience.

Bonne conscience ?

On violerait la loi sur le secret d'�tat.

C'est de la trahison.

Je ne cherche pas � renverser le gouvernement.

Je me dis

que si un journaliste le voyait,

il poserait des questions sur cette demande des Am�ricains.

Kath, ils envoient Mi-Yung � Londres apprendre le farsi.

Le farsi ? F�licitations. �a te fera combien de langues ?

Huit.

C'est une super espionne !

Andy, mon rapport sur Pyongyang !

Encore une heure.

On se d�p�che.

Tu pars quand ?

Dans deux semaines. Tu viendras ?

Enregistrer

Enregistrement en cours...

C'est le rapport pour le minist�re ?

Un brouillon.

Finissez-le, la D�fense a besoin d'aide,

je vous y envoie cet apr�s-midi.

Entendu.

J'ai l� des faits et des conclusions fond�s

sur des renseignements solides.

La question

n'est pas combien de temps

nous voulons donner aux inspecteurs,

mais combien de temps encore nous allons tol�rer

la non-coop�ration de l'Irak

avant que ce Conseil de s�curit�,

avant que l'ONU dise : "�a suffit !"

"�a suffit !"

Nous avons des descriptions fiables

d'usines d'armes biologiques sur roues et sur rails.

Les camions et les trains sont d�plac�s

pour que les inspecteurs ne les voient pas.

Bien que la production mobile irakienne

ait commenc� d�s les ann�es 90,

les inspecteurs onusiens n'avaient que de vagues indices

d'un tel programme.

Cela a �t� confirm� plus tard,

en 2000, par un t�moin oculaire.

Un ing�nieur chimiste irakien

� la t�te d'une de ces usines...

Je vais regarder le match.

�a t'emb�te ?

Non, vas-y.

Du Nord,

du Sud, de l'Est et de l'Ouest,

qu'ils soient de gauche, de droite,

radicaux ou non engag�s, ils sont venus.

Peu importe ce qu'on pense des sondages d'opinion,

une chose est s�re, aujourd'hui :

cette guerre voulue par la Grande-Bretagne

est historiquement impopulaire.

Tous les groupes r�unis...

Salut, Martin. Enfin du vrai reportage !

C'est �norme.

Pour la police, 500 000, pour les organisateurs, 2 millions.

Disons 1 million, alors.

�a bouge dans tous les pays.

La plus grande manif de tous les temps.

Roger, je t'ai soumis mon papier 7 fois.

Et 7 fois, je t'ai dit que je le publierai pas.

Ed, ce journal est pro-guerre.

Nos sources aussi, Kamal.

Donnez une chance � ma source.

C'est normal.

Elle dit quoi ?

Que les Renseignements sont manipul�s

pour soutenir l'invasion voulue par Bush fils

depuis que Saddam a tent� de tuer son p�re en 93.

Ta source est � la retraite.

Ma source est un ex-CIA !

Il parle � plein d'agents

et il me raconte tout, on a le nom et la source.

Nom de Dieu !

Si t'encourages la guerre, t'as qu'� aller te battre au front !

- C'est un coup bas, Ed. - Vraiment ?

On fait du journalisme, pas des RP pour Tony Blair !

�a suffit !

C'est bon !

Retourne aux States.

Interroge une source qui soit pas � la retraite

et je dirai peut-�tre oui.

Beau travail, mais �taye tes infos...

Allez vous faire foutre.

Et moins de mots !

Si j'en demande 500, m'en envoie pas 3 000 !

Ce journal doit se sortir les doigts du cul

et arr�ter de prendre les communiqu�s de Blair

pour argent comptant !

- Bravo ! - C'est vrai !

Nom de Dieu !

Brighty !

Et ma comparaison Saddam-Milosevic ?

Il me faut 400 mots.

Pour �a, 400 mots ne suffiront pas.

Si ! "On est intervenus dans les Balkans,

"on interviendra en Irak."

C'est plus coton : sunnites, chiites...

L�che-nous avec Sonny et Cher. Tu vas chanter I Got You Babe ?

Ponds-moi 400 mots que le lecteur moyen comprendra :

Milosevic, m�chant, Saddam, idem.

�cris ce putain de papier et te prends pas la t�te !

�a m'aide beaucoup.

�cris-le comme tu le sens et on coupera s'il faut, d'accord ?

Merci, Peter.

"Sonny et Cher"...

Martin Bright.

J'ai quelque chose que tu dois voir.

C'est du lourd.

Du tr�s lourd.

Yvonne ?

Ravie de te voir.

Dans un parking souterrain.

�a fait un peu Gorge profonde, non ?

Y a pas de micros, ici.

D'accord.

Tu vas pas en revenir.

- �a vient de qui ? - Je peux rien dire.

C'est sign� de personne,

�a peut �tre un faux.

Voil� qui l'a �crit.

Frank Koza.

C'est qui, ce type ?

NSA.

Je le vois bien,

le sigle NSA est �crit dessus au stylo.

L'en-t�te a �t� supprim� pour prot�ger le destinataire

qui travaille au GCHQ.

- Tu l'as eu quand ? - Il y a 2 semaines.

Je l'ai d'abord fil� au Mirror. D�sol�e.

Ils en ont rien fait ?

- Pour eux, c'est un faux. - Tu m'�tonnes.

Ta source est de la NSA ?

Non, une tr�s bonne connaissance du destinataire.

L'ami d'un ami.

Une bonne connaissance qui lui fait confiance.

C'est authentique.

�cris l'article, alors.

Arr�te, Martin.

Je suis une anti-guerre. �cris l'article pour l'Observer.

Fais les v�rifications qu'il faut.

Service de presse de la NSA, j'�coute.

Je suis Martin Bright de l'Observer � Londres.

J'aimerais interviewer M. Frank Koza.

Son service, je vous prie.

M. Bright ?

Martin Bright, c'est �a.

� qui voulez-vous parler ?

� M. Frank Koza.

Responsable des cibles r�gionales.

D�sol�e,

je ne peux pas confirmer s'il travaille ici.

Pourriez-vous m'en dire plus sur votre article ?

Non, je dois en parler directement avec M. Koza.

Dans ce cas, je ne peux pas vous aider.

Quand vous aurez plus d'informations, rappelez-nous.

Le service de presse de la NSA ?

J'ai voulu v�rifier l�-bas pour commencer.

Tu leur as rien dit.

Non, Peter, je voulais parler � Frank Koza.

Si le m�mo est vrai, l'avoir sur toi est un d�lit.

J'y tiens, c'est un scoop.

OK, mais si tu d�connes, tu couleras et le journal avec.

Il faut qu'un expert des Renseignements nous donne son avis.

Tu pourrais le soumettre � ton contact du MI-6.

J'ai pas de contact au MI-6.

Je voulais dire ta pote du tennis.

D'accord.

J'en parlerai � l'amiral Wilkinson.

Fais gaffe.

Avant qu'on se prenne un avis de censure,

j'aimerais �tre s�r que ce Frank Koza existe.

Il est authentique ?

Disons que la terminologie utilis�e, "TOPI" par exemple,

est courante chez les pros de la s�curit�.

�a veut dire quoi ?

"Cible du plus haut int�r�t".

Et �a,

"renforcement QRC",

qui veut dire "intensification des op�rations de surveillance".

Et l�, ils demandent

"des informations pr�cieuses provenant de vos lignes de produits".

Les "lignes de produits" sont les sources de renseignements.

�a peut venir d'un connaisseur du jargon

qui ne travaille pas forc�ment � la NSA.

Un connaisseur qui n'a fait aucune erreur.

Vous savez qui est ce Koza ?

Si on veut avoir la confirmation qu'il existe...

D�sol�, je ne peux pas vous aider.

Si on veut savoir...

Mes sources ne me feraient plus confiance.

On comprend.

On comprend.

Quoi ?

Ed, c'est Martin.

Putain, je viens d'atterrir � Washington !

D�sol�. Peter et moi, on veut te parler.

T'as mis le haut-parleur ?

C'est bon.

Peter, dis � Roger

de publier ce que j'envoie.

Ce journal peut pas soutenir la guerre.

On doit montrer que c'est une escroquerie.

Une grosse escroquerie de merde !

Justement, on a besoin de ton aide.

On a quelque chose qui peut corroborer ce que tu dis.

Blair mise tout sur l'Irak

Sondages moroses pour Blair

Pardon.

On va d�jeuner ?

D�jeuner ? Que oui !

Non, �a ira.

�a va ?

Regarde �a : "Moins d'une personne sur dix

"pense qu'on peut attaquer l'Irak sans une r�solution de l'ONU."

D'o� le m�mo qu'on a re�u.

- Ils veulent forcer les choses. - �a sert � rien.

La terre enti�re est contre.

Vite, on va manger.

La NSA, en quoi puis-je vous aider ?

Bonjour, je rappelle Frank Koza.

Il para�t que c'est urgent.

� qui voulez-vous parler ?

M. Frank Koza.

Je n'ai personne de ce nom sur ma liste.

C'est �trange, il m'a appel�.

D�sol�, mais il me faudrait un num�ro de poste.

Vous connaissez le num�ro de poste ?

Puis-je faire autre chose pour vous ?

- Bonne journ�e, monsieur. - � vous aussi.

Va te faire foutre.

J'ai lu le rapport des inspecteurs du d�sarmement.

F�licitations.

Peu de d�put�s peuvent en dire autant.

C'est d�primant.

C'est vrai.

Ils ont rep�r� des armes chimiques d'avant 98, mais ils disent

n'avoir aucune preuve d'armes chimiques actuelles.

Exact.

Colin Powell a parl� de preuves de labos mobiles.

Des preuves sans doute fond�es

sur les mauvaises infos d'un dissident irakien.

C'est vrai ?

Ce dissident n'est pas une cr�ation du MI-6.

Il est la cr�ation de qui ?

�coute, Peter, je ne t'ai rien dit,

mais certains dans nos services craignent

que les Renseignements soient manipul�s pour que ce pays entre en guerre.

Dis � tes journalistes d'arr�ter de l�cher les bottes � Blair

et de commencer � faire leur boulot.

Et si j'avais une preuve

que la NSA a demand� au GCHQ

d'aider � espionner les d�l�gu�s de l'ONU ?

� quelle fin ?

Pour les obliger � voter la guerre.

Je suis pas au GCHQ.

T'es au MI-6, c'est pareil.

D'o� tu tiens �a ?

Une r�solution de l'ONU pour la guerre couvrirait tout le monde, non ?

Plus besoin d'inventer des preuves d'armes chimiques

ou de faire croire � tous

que notre pays va �tre attaqu� par l'Irak.

Et plus aucun risque d'�tre accus� de crimes de guerre.

Tu me demandes quoi ?

Je te demande

de me confirmer que la NSA a ordonn� au GCHQ

de les aider � espionner des d�l�gu�s de l'ONU.

Impossible de te r�pondre.

Je violerais la loi sur le secret d'�tat.

Tu as le droit de le nier.

Je ne peux ni le confirmer ni le nier.

On joue.

On change de c�t�, idiot.

� toi de servir.

Le chef de la CIA a dit � Bush

que �a saute aux yeux que Saddam a des armes chimiques ?

Que �a saute aux yeux ?

- Et c'est pas vrai ? - Non.

�a signifie que Saddam n'a vraiment

aucune arme chimique ?

Ou il en a peut-�tre pas ?

�a signifie que les infos re�ues sont pas bonnes

ou qu'elles sont falsifi�es.

Tenet sait �a ?

J'en suis persuad�.

J'ai boss� 24 ans � la CIA, je sais qu'ils sont furax, l�-bas.

Pourquoi ?

Parce que la plupart croient pas que �a saute aux yeux.

Personne veut entendre �a.

M�me pas la presse.

- D�sol�, Mel. - T'en fais pas.

Je l'ai mauvaise, c'est tout.

Je voulais te parler

parce que je crois que je tiens quelque chose

qui confirme ce que tu dis depuis des mois.

Je dois parler � un certain Frank Koza.

Il est � la NSA.

Responsable des cibles r�gionales.

Tu le connais ?

D�sol�, Ed,

je ne peux pas donner ce genre d'information.

Qu'est-ce que tu fais l� ?

D�sol�e, je voulais pas appeler.

T'es arriv�e quand ? On doit pas se voir.

Je sais, je...

J'ai regard� les infos et j'ai toujours rien vu.

Je l'ai donn� � mon contact et elle a beaucoup de mal

� prouver aux journaux que c'est pas un faux.

C'est pas grave.

Les sondages disent que le pays est contre la guerre, de toute fa�on.

Et je me dis que j'ai peut-�tre agi

pr�cipitamment, par impulsion.

Me dis pas que c'est un faux.

Bien s�r que non.

Rentre chez toi !

Ne parle de �a � personne, jamais.

D�sol�e.

C'est plus de notre ressort.

D�sol�e.

Il est possible que ce document soit un faux.

Mais la terminologie est authentique.

C'est fascinant.

Ce document est en votre possession ?

Ce serait une atteinte � la loi sur le secret d'�tat.

Vu ce que renferme ce document...

- Que vous n'avez pas. - Non.

Mais que vous voulez publier.

Si vous n'imposez pas une censure.

Ce que je ferai

si je consid�re que cette publication est un danger

pour les Britanniques ou leur arm�e.

- Je comprends. - Parfait.

Continuez.

Vous diriez que c'est un vrai

ou une contrefa�on ?

Quel est votre avis ?

Que �a a pu �tre cr�� de toutes pi�ces par les pacifistes.

Ou par des agents �trangers pour nuire aux �tats-Unis.

- Quels agents ? - Les Russes.

Les Fran�ais sont anti-guerre, mais ils ne feraient pas �a.

Vous en faites un peu trop, Martin.

Vous pensez � quoi ?

� vous de me le dire.

Que c'est peut-�tre un vrai m�mo.

Je crois que toute information recueillie au nom du public

doit �tre rendue publique.

La question, c'est "quand".

Dans ce cas pr�cis, le temps presse, amiral.

Powell s'est prononc� pour la guerre.

Je vois.

J'ai aussi toujours eu la conviction

qu'une censure, lorsqu'elle est n�cessaire,

ne doit concerner que des questions de s�curit�.

Pas le fait qu'un article puisse nuire au gouvernement.

Merci, amiral.

Ed, c'est Edie � Londres.

J'ai un message �trange pour toi d'un type rest� anonyme.

Il a dit que tu devais demander le poste 6727.

C'est obscur pour moi, peut-�tre pas pour toi.

6727.

Bonne chance. Salut.

La NSA, en quoi puis-je vous aider ?

Le poste 6727, s'il vous pla�t.

6727 ?

C'est bien �a.

Ne quittez pas.

Le bureau de Frank Koza.

Pourrais-je parler � M. Frank Koza ?

Votre nom ?

Peu importe, passez-le-moi.

Oui, monsieur.

M. Frank Koza ?

Oui, vous �tes ?

Je m'appelle Ed Vulliamy, je travaille pour l'Observer � Londres.

Je voulais vous parler d'un m�mo que vous avez envoy� au GCHQ.

M. Koza ?

- Tu crois que c'est vrai ? - Oui, on me l'a pass�.

Frank Koza ?

Tu as pu lui parler ?

On n'a pas vraiment eu de conversation.

Tu lui as parl�, oui ou non ?

Oui, mais il a raccroch� en entendant "Observer".

Mais tu es s�r qu'il existe, pas vrai ?

Oui, bordel !

Je lui ai demand� "M. Koza ?"

et il a dit "oui".

Tr�s bien. Merci.

Fais pas tout foirer, Roger.

- Va te faire foutre. - Y a pas de quoi.

Les carnets d'Hitler !

�a sent le faux comme les carnets d'Hitler.

Ceux qui les ont publi�s ont coul� !

C'est pour �a qu'on effectue des v�rifications, Kamal.

Qui t'a fil� �a ?

Une amie.

Elle bosse au GCHQ ?

Qui, alors ?

Yvonne Ridley.

Tu d�connes !

La femme tomb�e d'un �ne en Afghanistan � un barrage taliban.

Un appareil photo cach� sous sa burqa,

convertie � l'islam une fois rel�ch�e.

C'est quelqu'un de bien !

C'est une anti-guerre, elle a d� �crire �a elle-m�me.

Martin, tu es conscient des risques juridiques ?

On l'a d�j� fait

et toi et Roger avez failli finir en prison.

Cette fois-l�, on disait que le MI-6 voulait assassiner Kadhafi.

Ce document accuse personne de vouloir faire un truc pareil.

�a dit simplement que le gouvernement US,

avec l'aide de la Grande-Bretagne,

veut forcer les choses

et obliger des d�l�gu�s de l'ONU � voter la guerre en Irak.

C'est un sacr� bon sujet.

On sait que Koza existe.

Beaver a confirm� la terminologie

et l'amiral dit que les deux gouvernements vont tiquer,

mais qu'il y a aucun risque

pour les Britanniques ni pour leur arm�e.

�a pourrait emp�cher une guerre et sauver des vies.

L'avis du MI-6 ?

Ils n'ont pas confirm�, mais ils n'ont pas ni�.

Jan, et sur le plan juridique ?

On �chappe � la censure, mais les RG peuvent nous asticoter.

Juridiquement,

on a un document top-secret en notre possession.

�coute, Roger,

oublie pas qu'on re�oit des infos directement du cabinet de Blair.

Tu fais chier.

Il a raison, un tel scoop bousillerait cette relation.

Depuis quand nos relations politiques

comptent plus que nos enqu�tes ?

On a pris position : on est pour la guerre !

C'est vrai.

Mais Peter a raison,

c'est un putain de sacr� bon sujet !

Merci, Roger.

C'est parti.

Attends, je vais avec toi.

Je vais acheter du lait. Recouche-toi, je t'apporte un caf�.

Coups tordus des Am�ricains pour voter la guerre

Qu'est-ce qu'il y a, mon c�ur ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Bravo, Martin.

C'est super.

Le voici !

Beau travail, Martin !

Brighty !

F�licitations !

C'est g�nial !

Tu m'�cris quoi, maintenant ?

On est dans toute la presse europ�enne

et CNN, NBC et la Fox veulent une interview de toi

pour leurs �ditions du matin.

Rien de Downing St. ?

Ils nous ont appel�s, ils paniquent.

Ligne 2.

Merci.

On ne sait pas qui l'a divulgu�.

Pourquoi t'as fait �a ?

J'esp�rais une enqu�te, pas qu'ils publient le m�mo.

Pourquoi tu m'as rien dit ?

D�sol�e, je...

Je craignais que tu me dissuades de le faire.

- C'est pas vrai ! - Pardon.

Ton nom figure pas ?

- Je l'ai donn� � personne. - Tant mieux.

C'est une bonne chose.

C'est gentil.

Tr�s bien, merci.

Kamal, appelle ton pote Tony pour lui demander son avis.

C'est pas dr�le.

NBC vient d'annuler ton interview.

Quoi ?

NBC ne veut plus interviewer Martin.

Ils ont dit pourquoi ?

Ils s'excusent, ils n'ont plus de cr�neau pour toi.

Un journaliste de Santiago.

Non, on ignore quelles infos ils ont sur le Chili...

Peter !

La Fox annule.

Pourquoi ?

Oui, le Mexique aussi est furieux.

Un producteur de CNN.

Je vois.

Pas de probl�me.

Je peux savoir pourquoi ?

Bien s�r que je confirme.

Le Drudge Report ?

D'accord.

Qu'est-ce qui se passe, bordel ?

Diffamation d'un journal anglais : les USA espionnent l'ONU ?

Un employ� am�ricain de la NSA

�crirait-il � l'anglaise "favourable" et "recognise" ?

C'est un faux.

On a publi� un faux m�mo de cette conne d'Yvonne Ridley !

Bande d'abrutis !

L�, regardez.

Les Am�ricains ont raison.

"Favourable" : F-A-V-O-U-R !

Un con anglais a essay� de falsifier un m�mo am�ricain de la NSA

et vous �tes tomb�s dans le panneau !

Attends.

Martin, o� est l'original ?

O� est le document original ?

C'est � l'am�ricaine.

L'original est bien �crit � l'am�ricaine.

C'est ce que j'ai transmis.

"Favorable"

et non pas "favourable".

Et "recognize" avec un "z", pas un "s".

Qui l'a modifi� ?

Qui l'a modifi�, putain ?

Parlez ! Qui a fait �a ?

Nicole, explique-toi.

J'ai pass� le correcteur.

Le correcteur ?

Bon Dieu !

Je le fais toujours, je suis d�sol�e.

Chiale pas, Nicole.

Surtout, chiale pas.

On sait que c'est pas un faux.

On s'explique en ligne et on pr�vient les t�l�s.

Arr�te, Martin.

Fais pas chier, c'est une simple erreur.

Sois pas si na�f.

La presse am�ricaine va dire quoi maintenant ?

Que l'Observer revient � la charge avec son m�mo falsifi�.

Ou que les employ�s de ce journal sont

compl�tement d�biles !

T'en fais pas.

Tu veux une tasse de th� ?

Quelqu'un, dans ce b�timent, a trahi

son gouvernement et sa patrie.

Ce n'est s�rement personne de ce service,

mais d�s aujourd'hui,

la S�curit� int�rieure

va proc�der � des interrogatoires avec chacun d'entre vous.

Si vous savez quelque chose ou soup�onnez quelqu'un,

il est de votre devoir de parler.

Autrement,

s'il s'av�re que vous avez cach� des informations,

vous serez poursuivis pour atteinte

� la loi sur le secret d'�tat.

Ce con a carr�ment un dossier sur moi !

Il t'a demand� quoi ?

Entrez, Katharine.

John, de la S�curit� int�rieure. Je vous en prie.

"Traductrice du mandarin.

"Au GCHQ depuis deux ans."

Et avant �a ?

J'ai enseign� l'anglais au Japon.

Hiroshima, c'est �a ?

Int�ressant.

Vous avez visit� le M�morial de la paix ?

Des victimes de la bombe atomique.

Oui.

Il faut voir �a, c'est tr�s �mouvant.

�a oblige � penser aux cons�quences de la guerre.

N'est-ce pas ?

- Oui. - Vous �tes anti-guerre ?

Parfois, la guerre est n�cessaire.

Je vois que vous avez grandi � Ta�wan.

Vous y avez v�cu longtemps ?

D�s l'�ge de 3 ans.

Je suis rentr�e pour le bac.

Presque toute votre enfance.

Une �ducation religieuse.

Pas particuli�rement.

Vous �tiez dans une �cole chr�tienne � Ta�wan.

On vous a inculqu� le sens du bien et du mal.

Je le tiens de mes parents.

Vous avez r�v�l� le mail de Koza ?

Vous l'avez lu ?

Oui, on me l'a envoy�, je l'ai lu.

Qu'en avez-vous pens� ?

Il ne m'a pas d�rang�e.

Non ?

Qui a pu le r�v�ler ?

Je n'en ai aucune id�e.

Merci, Mme Gun.

C'est tout, pour le moment.

Mange.

S'il te pla�t.

Ils interrogent tout le monde.

Un par un.

T'as rien dit ?

Mange un peu.

Tout va bien se passer.

Mange.

Bonjour, Fiona. C'est Katharine.

D�sol�e, je ne vais pas pouvoir venir, aujourd'hui.

Je crois que j'ai une gastro.

Merci.

Merci beaucoup.

Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?

De me reposer.

C'est bien.

- Elle �tait gentille. - Super.

Essaie de dormir.

Il faut que j'y aille.

Parlons de cet article de l'Observer au sujet d'un m�mo

�manant soi-disant d'un cadre de la NSA.

Il �voque

une surveillance renforc�e

de membres du Conseil de s�curit� de l'ONU.

Qu'en dites-vous ?

Eu �gard � un principe de longue date,

le gouvernement ne peut s'exprimer

sur des questions concernant les services de s�curit�.

Tu m'�tonnes.

Putain.

Si vous �tes un diplomate camerounais

ou un diplomate fran�ais de l'ONU,

vous allez supposer que les �tats-Unis vous espionnent.

Pour une question de principe, nous ne pouvons pas r�pondre � �a.

Que ce soit vrai ou faux, je ne suis pas en mesure de le dire.

Tu as mang� ?

J'ai apport� de la soupe

et une salade de haricots.

Je vais dire que c'est moi.

Les Am�ricains n'admettent pas que le m�mo est vrai, je dois avouer.

Autrement, ils continueront � dire que c'est un faux.

Mon c�ur,

tu as fait ce que tu as pu. Laisse tomber.

Tu veux que je mente �ternellement ?

Dis rien, ils ont aucune preuve.

Ils interrogent tout le monde, y compris mes amis,

ils veulent qu'on moucharde.

�a va se tasser.

Et ensuite ?

Le doute planera sur tout le monde � cause de moi.

Tu finiras en prison !

Je prouverai que c'est vrai. Ce que nous demande la NSA est ill�gal.

- Tout le monde s'en fout. - Pas moi !

Si je me tais, on entrera en guerre

� coups de chantage et de mensonges.

�a me sera insupportable.

�coute-moi, s'il te pla�t.

Je bosse au caf� parce que j'avais besoin d'un job,

mais c'est qu'un job.

Pareil pour toi, tu te souviens ?

T'avais r�pondu � l'annonce sans savoir ce qu'�tait ce boulot.

C'est qu'un job.

Tu peux en trouver un autre.

Tu dois faire profil bas quelque temps jusqu'� ce que �a se calme.

Tu d�missionneras et tu trouveras autre chose.

�a va mieux ?

Oui, mais j'ai des crampes.

T'es au r�gime ?

Quoi ?

Pas de viennoiserie ?

Ils sont avec qui ?

Nuri.

C'est la deuxi�me fois.

Il a eu droit au d�tecteur de mensonges.

Mi-Yung !

Je l'ai fait.

C'est moi.

Laissez-nous.

Votre sac.

Les bagues.

Le collier.

La montre.

La ceinture.

Je n'ai pas de ceinture.

Emmenez-la, cellule 7.

J'ai trouv� les passeports et deux livres �trangers.

Vous �tes qui ?

O� est ma femme ?

Je veux la voir. Elle est o� ?

Ils vont me rel�cher, j'ai pas �t� mise en examen.

Pas de contact, s'il vous pla�t.

Ils te gardent o� ?

En bas.

�a va, je t'assure.

Je t'ai apport� �a.

Il va faire froid, cette nuit.

Extinction des feux !

Katharine Gun ?

Scotland Yard.

Vous avez un avocat ?

Il y a une avocate de permanence, elle vous assistera.

Votre sup�rieure fait l'�loge de votre int�grit�.

Elle dit que cette infraction est une exception regrettable.

C'est vrai ?

Si j'ai divulgu� autre chose ? Non.

Vous en avez l'intention ?

J'�tais fi�re de travailler au GCHQ.

Jusqu'� maintenant.

Oui, jusqu'� maintenant.

Quelles �taient vos fonctions ?

Je ne peux pas �tre pr�cise.

Dans les grandes lignes.

Je traduisais des messages vocaux

et transmettais toute info digne d'int�r�t � mes clients.

Vos clients ?

Les Affaires �trang�res, la D�fense.

Vous travaillez donc pour le gouvernement.

Pas vraiment.

Les gouvernements changent, je travaille pour les Britanniques.

Je recueille des infos pour que le gouvernement prot�ge

les Britanniques.

Je ne le fais pas

pour que le gouvernement mente aux Britanniques.

Sauf votre respect, Mme Gun,

vous �tes une espionne.

Vous �piez des t�l�phones et des ordinateurs

et vous faites un rapport � vos clients.

Vous �coutez

des conversations priv�es.

Et vous rechignez � espionner des membres de l'ONU ?

Inspecteur,

�a ne m'ennuie pas

de devoir recueillir des informations

qui peuvent emp�cher une attaque terroriste.

Ce qui m'ennuie,

c'est de recueillir des renseignements

devant servir � truquer un vote � l'ONU

et � tromper le monde pour qu'il entre en guerre.

- Qui vous a pouss�e � le faire ? - Personne.

Vous avez donn� le m�mo � quelqu'un.

� un journaliste ?

Quelqu'un du mouvement anti-guerre ?

Votre mari ?

- Vous n'avez pas � r�pondre. - Si.

Mon mari n'a rien � voir l�-dedans.

Lui aussi a �t� bri�vement d�tenu ici.

Sur le point d'�tre expuls�.

C'est exact.

Puis vous l'avez �pous�.

Il a redemand� l'asile politique.

Il signe ici r�guli�rement.

Il est musulman.

Pardon ?

C'est un Turc kurde

souhaitant rester en Grande-Bretagne.

�tant donn� ce que Saddam Hussein a fait aux Kurdes,

c'est-�-dire en tuer plus de 180 000 � l'arme chimique,

je peux vous assurer

que mon mari n'a pas la moindre sympathie

pour le r�gime irakien.

Alors pourquoi d�voiler un m�mo qui d�nonce Saddam Hussein ?

Une attaque de l'Irak

ne vise pas seulement Saddam Hussein,

elle vise un pays de plus de 30 millions d'habitants.

Je ne supporte pas l'id�e de la souffrance que �a causerait.

Je ne vois pas qui pourrait supporter �a.

Inspecteur, elle va �tre mise en examen ?

�a d�pend de l'attorney g�n�ral.

Lord Goldsmith a besoin de temps avant de prendre sa d�cision.

Vous allez �tre remise en libert� sous caution.

Vous devrez revenir au commissariat dans environ trois mois.

D'ici l�,

votre �ventuelle mise en examen aura �t� d�cid�e.

Mon amour !

- �a va ? - Oui, viens.

Je suis d�sol�e,

je m'occupe surtout d'ivrognes et de toxicomanes.

En cas de poursuites, il vous faudra un avocat plus chevronn�.

- D'accord. - Vous connaissez Liberty ?

Ils s'occupent de droits de l'homme, d'affaires politiques,

souvent gratuitement.

Je voulais vous en informer.

Bonne chance.

La patience de George W. Bush vis-�-vis de l'ONU est � bout.

L'ONU n'a pas r�ussi � recueillir les neuf voix

au Conseil de s�curit�

n�cessaires � l'obtention d'une majorit� morale.

Cela repr�sente un �chec

de la diplomatie am�ricaine.

Voici l'homme

qui conseille Tony Blair sur la l�galit� de la guerre.

L'attorney g�n�ral Lord Goldsmith aurait dit au Premier ministre

qu'une invasion �tait l�gale sans une deuxi�me r�solution.

Question d'interpr�tation...

M�me sans les voix, ils vont entrer en guerre ?

... r�pond que les anciennes r�solutions ne comptent pas

et que la guerre est ill�gale sans une nouvelle r�solution

ou une nouvelle menace.

Les troupes sont en place et les inspecteurs s'en vont.

La guerre est-elle imminente ?

Surplace, nous avons �valu� les preuves...

Tu veux entrer ?

Je pars pour Londres.

Je trouve g�nial ce que tu as fait.

Tu es sinc�re ?

On est nombreux � le penser.

C'est vrai ?

Tu vas �tre poursuivie ?

Je ne sais pas.

Kath, je suis vraiment d�sol�e.

Tu n'as rien fait de mal.

Je n'ai rien fait de bien non plus.

Je dois y aller.

Chers concitoyens,

� cette heure,

les �tats-Unis et la coalition

ont engag� des op�rations militaires

pour d�sarmer l'Irak, lib�rer son peuple

et d�fendre le monde face � un grave danger.

Nous entrons en guerre � contrec�ur,

mais notre objectif est clair.

Les Am�ricains et leurs amis et alli�s ne vivront pas

� la merci d'un r�gime criminel

qui menace la paix avec des armes de destruction massive.

Affrontons-le maintenant...

On aurait d� publier le m�mo avant.

- On a fait de notre mieux. - On a foir� !

... pour �viter de l'affronter plus tard avec des pompiers,

des policiers et des m�decins

dans les rues de nos villes.

Le conflit a commenc�

et la seule fa�on de limiter sa dur�e

est de frapper fort.

On est na�fs, putain !

Ce ne sera pas une campagne de demi-mesures

et nous n'accepterons aucune autre issue que la victoire.

Il faut que j'y aille.

Tu viendras au caf� ?

Pour travailler avec moi ?

Je t'appelle plus tard.

Si on t�l�phone,

ils �couteront.

Qu'ils �coutent.

On n'a rien � cacher.

Tu devrais contacter les avocats.

Aujourd'hui.

S'il te pla�t.

Katharine Gun. J'ai appel� ce matin.

Allez-y, montez.

James.

Enchant�.

- Merci de me recevoir. - Je vous en prie.

D�sol� pour la d�co. Nos clients comptent plus.

Shami Chakrabarti, notre directrice.

Et voici Ben Emmerson.

Vous n'avez subtilis� que ce seul m�mo ?

Personne ne vous a sugg�r� de le faire ?

Vous n'avez pas rencontr� Martin Bright ?

Martin m'a appel� et a dit ne pas vous conna�tre,

mais que sans doute

vous auriez besoin de notre aide.

C'est tr�s gentil de sa part.

Il pr�tend

avoir re�u le m�mo d'une connaissance sans dire qui.

Souhaitez-vous nous dire

� qui vous l'avez remis ?

Si �a ne vous ennuie pas,

je pr�f�re ne pas le dire.

J'ai promis de ne pas le dire.

� votre rencontre, Yasar avait d�j� demand� l'asile ?

�a lui a �t� refus�.

Sous pr�texte qu'il ne craindrait rien en rentrant dans son pays.

Et vous l'avez �pous�.

Il vous a pay�e ?

Pas du tout.

Pardonnez ces questions, mais votre mari est musulman

et l'accusation va rechercher un mobile.

Mon mobile

�tait d'emp�cher une guerre et sauver des vies.

J'ai �chou�.

Je n'ai fait que compromettre l'avenir de mon mari.

Et le v�tre.

En d�voilant un m�mo pour emp�cher une guerre,

vous avez choisi la loyaut� � votre pays

plut�t qu'� votre gouvernement, votre couple ou vous-m�me.

Vous n'aviez rien � gagner et tout � perdre.

C'est tout � votre honneur.

Il essaie de vous faire un compliment.

Je vois.

Notre travail consiste en partie

� anticiper ce que l'accusation vous r�serve.

Certains de nos clients cherchent � attirer l'attention

pour pimenter leur vie.

Pas moi.

Je ne crois pas, en effet.

D�sol�e.

Vous n'avez pas � �tre d�sol�e.

On est l� pour vous aider.

On exclut la contrainte.

Elle dit bien que personne n'a fait pression sur elle.

L'int�r�t du public ?

Le public doit savoir quand son gouvernement ment.

On �voquera les Malouines,

quand Thatcher a menti sur le croiseur argentin coul�.

Le Belgrano.

- Qui avait lanc� l'alerte ? - Clive Ponting.

Acquitt�, non ?

Oui et Thatcher a fait amender la loi sur le secret d'�tat

pour pouvoir mentir en paix.

Depuis 89,

l'int�r�t du public est ce que le gouvernement dit qu'il est.

On n'a rien.

Il faut que je r�fl�chisse.

Je dois y aller, j'ai promis � Anne un week-end au vert.

Si besoin, on plaidera coupable

et on demandera la peine minimale.

Elle est jeune et a des principes,

un juge peut penser qu'elle a bien agi.

Ou la crucifier comme tra�tresse.

- T'es s�re, il te suivait ? - Il me fixait.

- Les hommes regardent. - C'�tait pas �a.

C'�tait quoi, alors ?

Yasar, j'ai peur, d'accord ?

J'ai peur.

J'ai toujours �t� r�glo, ici.

- Je sais. - Pourquoi t'as fait �a ?

Ces cons ont leur guerre. Saddam a gicl� et tu sais quoi ?

Tant mieux !

Dans cette guerre, la chute de Saddam n'est que le d�but.

- Tu connais la guerre ? - Je bosse au GCHQ.

Tu fais qu'�couter des conversations !

T'as jamais vu la guerre, tu l'as jamais sentie,

jamais approch�e.

Je comprends

pourquoi t'es furieux, c'est ma faute, je suis d�sol�e.

Sinc�rement d�sol�e.

Mais je regarde Blair

avec son sourire suffisant et ses discours st�riles

qui nous disent pas

ce que c'est que d'�tre un enfant en Irak

en ce moment.

Je ne regrette pas du tout

d'avoir essay� de l'arr�ter.

Je regrette seulement d'avoir �chou�.

Merci

de votre accueil.

Vous venez nous dire quoi ?

Il y a du nouveau.

On me met en examen ?

J'en sais rien.

Pourquoi vous �tes l� ?

Vous avez vu un avocat, aujourd'hui.

Vous m'avez suivie ?

J'ai �t� suivie.

Apr�s ce que vous avez fait,

le GCHQ se fait du souci.

J'ai le droit de consulter un avocat.

Malheureusement, ce n'est pas aussi simple que �a.

En signant votre contrat d'embauche au GCHQ,

vous vous �tes soumise � la loi sur le secret d'�tat

pour toute la vie.

Je sais ce que j'ai sign�, inspecteur.

Alors vous vous souvenez de ceci,

section 1-1 :

"Quiconque contrevient � la loi s'il

"ou si elle

"divulgue toute information

"relative � la s�curit� ou aux renseignements."

Cela signifie que vous ne pouvez rien dire

� personne en dehors du GCHQ

concernant le mail que vous avez fait fuiter.

Je ne peux pas parler � un avocat ?

Bien s�r que si,

� condition de ne pas �voquer votre travail au GCHQ,

ni le contenu du m�mo en question,

ni de dire comment vous l'avez re�u

ou qui l'a r�dig�.

Toutes ces informations sont top-secret.

Les r�v�ler � quiconque en dehors du GCHQ,

y compris un avocat,

serait une nouvelle atteinte � la loi sur le secret d'�tat.

Cela entra�nerait de nouvelles poursuites

et une peine de prison encore plus longue.

On voulait vous en informer.

Si je ne peux pas m'adresser � un avocat,

� qui dois-je m'adresser ?

� vos sup�rieurs au GCHQ.

C'est quoi, ces conneries ?

Yasar, s'il te pla�t.

On doit �couter ces messieurs.

Ils ne font que leur travail.

En clair,

si vous voulez dire quoi que ce soit � un avocat,

� la presse ou � n'importe qui d'autre,

vous devez d'abord en parler

au GCHQ.

Inspecteur,

je n'ai divulgu� qu'un seul m�mo.

J'avais de bonnes raisons

et je rendrai ces raisons publiques

si je suis poursuivie.

Je ne reparlerai � mes avocats

que si je suis poursuivie.

Dites �a au GCHQ.

- Tu fumes le poisson ? - Exactement.

J'ai fait tremper les copeaux, j'ai du charbon de bois.

C'est une nouvelle m�thode.

Ken ?

En week-end ?

Oui, que ce soir.

Moi aussi. �a faisait longtemps.

Tu veux un verre ?

Non, merci.

Sally pr�pare le d�ner.

Bonsoir, Anne.

D�sol� de vous d�ranger.

Pas du tout. Et ce nouveau poste ?

Disons que c'est enrichissant.

� ce propos,

j'aimerais avoir l'avis de Ben

au sujet de quelqu'un qu'on est cens�s poursuivre,

ce sera rapide.

�a ne t'emb�te pas ?

Comment sais-tu que je l'ai vue ?

Les Renseignements suivent �a de tr�s pr�s.

Ce n'est pas que national, les Am�ricains sont furieux.

Comme c'est dommage.

Arr�te, Ben, c'est pas dr�le !

Ce qu'elle a fait est un acte d�lib�r� de trahison.

Ken, on n'est plus coll�gues, on n'est pas du m�me c�t�, l�.

Elle veut se retrouver sous les projecteurs.

Mais elle a pr�t� all�geance aux services de renseignement

et quand on fait �a, on doit ex�cuter tous les ordres.

Un ordre peut te faire commettre un crime de guerre.

Qui est-elle pour saper les objectifs strat�giques

d'un Premier ministre d�mocratiquement �lu ?

Elle n'a pas vendu des secrets � Moscou.

Elle a d�voil� une man�uvre

destin�e � obtenir une r�solution de l'ONU

qui devait l�gitimer cette situation d�sastreuse.

Elle aurait mieux fait de se taire.

Ou de se plaindre � ses sup�rieurs.

Je d�teste ces gens qui, du haut de leur petit poste,

croient pouvoir tout comprendre !

Tu ne d�noncerais jamais un sup�rieur qui enfreint la loi ?

C'est normal que je lui en veuille.

On est en guerre.

Je vais nommer le meilleur procureur

pour an�antir cette fille.

Ce sera facile, elle a d�j� avou�.

Je comprends que tu veuilles faire d'elle un exemple,

mais tu ne devrais pas �tre ici.

Arr�te, on est amis.

Je vais �tre tr�s clair :

si tu la mets en examen, je me donnerai � fond pour la d�fendre.

Rentrons et oublions cette conversation.

Tu ne travailles pas aujourd'hui ?

Je dois aller signer au commissariat.

On pourra aller marcher.

Je voudrais voir la mer.

R�ponds pas.

Bonjour, nous sommes absents. Laissez un message.

Katharine, c'est James Welch de Liberty.

J'aimerais vous parler.

Vous pourriez me rappeler ?

J'ai une mauvaise nouvelle.

Vous savez que le GCHQ m'interdit de vous parler.

Heureusement, on a fait lever votre devoir de r�serve.

On ne vous demandera rien sur vos autres fonctions au GCHQ.

Ce qui va se passer maintenant d�pend de l'accusation.

Votre affaire est entre les mains du minist�re public.

Ils vous mettent en examen.

Voyons-nous la semaine prochaine.

Ce n'est pas agr�able comme nouvelle, mais on vous aidera.

- Merci beaucoup, James. - � bient�t.

"La lanceuse d'alerte poursuivie.

"Tra�tresse ou espionne ?

"L'espionne s'explique.

"L'espionne vend la m�che.

"Qui est Katharine Gun ?

"Fuitage contre la guerre."

Elle est partout.

Ton point de vue ?

Regarde.

"Katharine Gun poursuivie pour avoir d�nonc� la ruse am�ricaine.

"Pour ses fans c�l�bres, c'est Bush et Blair qu'on devrait juger."

"Fans c�l�bres" ?

�a fait tablo�d.

Faut que �a plaise � tous.

Je cite Daniel Ellsberg, le type des Pentagon Papers.

Je sais qui est Ellsberg.

Bien s�r. Excuse-moi.

Pour Ellsberg, c'est...

"La r�v�lation la plus courageuse jamais vue.

"Personne avant elle n'avait pris autant de risques

"juste avant un conflit imminent qu'elle voulait �viter."

C'est classe.

Je me d�p�che.

Vous attendez le grand monsieur ? Le brun ?

Il criait que sa femme �tait dehors. Ils l'ont arr�t�.

Ils l'ont arr�t�.

Il est o� ?

Qui �tes-vous ?

La femme de Yasar Gun. Il est o� ?

Je suis d�sol�e, madame, il va �tre expuls�.

Quoi ?

C'est une erreur, je veux voir mon mari tout de suite.

Ce n'est pas possible.

Vous ne pouvez pas entrer !

S'il vous pla�t, laissez-moi le voir.

Il a rien sur lui, m�me pas d'argent.

Je suis d�sol�,

ils l'ont d�j� emmen�.

Ils refusent de dire o�.

Je ne sais pas quoi faire, James.

D�sol�, je suis � La Haye.

- Qui est votre d�put� ? - Je ne sais pas.

- Nigel Jones ? - C'est �a.

Vous avez votre acte de mariage ?

Oui, quelque part.

Trouvez-le, j'appelle le d�put�.

Ils sont mari�s, Beverly, j'ai leur acte de mariage.

Sa demande d'asile politique a �t� refus�e.

Oui, par erreur :

il remplit tous les crit�res demand�s par vos services.

Votre �lectrice est accus�e de haute trahison.

Vous pensez qu'on doit aider son mari ?

Expulser son mari

tandis qu'elle est poursuivie, c'est de l'intimidation.

Tr�s bien, je vais regarder son dossier.

Surtout, qu'on le fasse pas partir ce soir.

C'est tout ce que je peux faire pour le moment.

Je suivrai le dossier d�s demain matin.

Il est au centre de d�tention d'Hardmondsworth,

zone d'expulsion de l'a�roport d'Heathrow,

pr�s de la sortie de l'autoroute.

Attendez devant l'entr�e.

Il va �tre rel�ch� ?

On a l'accord du minist�re, mais rien de sign�.

Il est possible

qu'il soit d�j� dans un avion.

Je v�rifie, foncez l�-bas.

Descends.

Suis-nous, magne-toi.

C'est une erreur, monsieur.

C'est une erreur.

S'il vous pla�t.

Laissez-moi appeler ma femme !

Au suivant !

James, je ne sais pas si je suis au bon endroit.

Oui, mais il est 4 h, il n'y a personne � qui demander.

Attendez...

Je suis vraiment d�sol�e.

T'en fais pas.

- �a va ? - Oui, et toi ?

S'ils nous refont �a, je le rendrai public.

- Mauvaise id�e. - Pourquoi ?

Les gens sont inconstants, ils vous ha�ront.

Vos vies seront critiqu�es, votre couple, pass� au crible.

D'ailleurs,

Yasar devrait rester en dehors de tout �a.

Vous ne devriez pas assister au proc�s.

- Je comprends. - Pas question.

Les jur�s pr�f�reront une Anglaise sans un mari immigr�.

C'est ridicule, on est mari�s,

on n'a pas � avoir honte.

La honte est sur eux, pas sur vous.

Ne risquez pas votre libert� pour le prouver.

Il faut d�cider de ce que vous plaidez.

Non coupable.

Mais vous avez avou�.

Oui, que j'ai r�v�l� un m�mo pour sauver des vies.

On utilisera cet argument pour demander la peine minimale.

Plaider coupable �vite les jur�s.

Vous serez sortie de prison avant six mois.

Si la guerre tourne mal, le juge sera peut-�tre compatissant.

Mais j'aurais un casier judiciaire.

C'est exact.

Qu'on verrait le restant de ma vie

� chaque entretien d'embauche, chaque d�marche bancaire.

D�sol�e, mais ce serait une fa�on d'admettre

que personne aux Renseignements ne peut dire au pays

quand le gouvernement ment.

Pas quand les mensonges sont prot�g�s par la loi sur le secret d'�tat.

C'est une mascarade.

Si je dois plaider coupable

parce que cette loi interdit de se d�fendre,

alors ce proc�s est une plaisanterie.

Je suis d�sol�e, Katharine,

mais tout ce qu'on peut faire, c'est plaider l'indulgence.

Depuis Thatcher,

il n'y a aucune d�fense quand on viole cette loi.

Si, peut-�tre.

Katharine l'a dit elle-m�me : elle a voulu sauver des vies.

En violant la loi.

Dans certaines circonstances, on peut violer la loi.

En cas de n�cessit� absolue.

"N�cessit�", voil� !

- Ben, tu r�ves. - Vraiment ?

Quand y a-t-il n�cessit� ?

En cas de menace pour sa vie ou celle d'autrui.

Et l'absence d'autres moyens.

Justement, l'invasion est une menace pour des milliers de vies.

Elle ne peut pas stopper une guerre

autoris�e par l'attorney g�n�ral.

Sauf si la guerre est ill�gale.

Quoi ?

Maintenant, c'est la guerre qu'on va juger ?

Je crois que Katharine Gun a voulu stopper une guerre ill�gale.

Elle a fait

ce qu'il fallait pour tenter de sauver des vies dans les deux camps.

L'attorney g�n�ral Goldsmith a affirm� que l'invasion �tait l�gale.

Seulement trois jours avant l'invasion.

Quelle �tait sa position au moment de la divulgation du m�mo ?

On ne sait pas.

On va creuser parce que Blair semblait y tenir, � cette 2e r�solution.

Je suppose.

Quand Goldsmith a enfin dit que la guerre �tait l�gale,

sa conseill�re juridique adjointe a d�missionn�.

Elizabeth Wilmshurst, c'est exact.

- Sans dire pourquoi. - Elle ne pouvait pas.

� cause de la loi sur le secret d'�tat.

Il faut que je la rencontre.

Elle ne dira rien en public.

On doit seulement savoir

si Goldsmith a chang� d'avis sur la l�galit� de la guerre.

D�sol�, mais ils ont deux fa�ons de justifier la guerre.

- On n'en a abord� qu'une. - L'autre ?

La l�gitime d�fense.

Quelqu'un croit vraiment que ce pays allait �tre attaqu�

par l'Irak ?

C'est pour �a qu'ils ont demand� � Powell

de parler des armes chimiques.

Si l'Irak a des armes chimiques, c'est une menace pour ce pays.

La guerre devient l�gale sans une r�solution de l'ONU.

Qui croit encore que l'Irak a des armes de destruction massive ?

Ils cherchent toujours.

Si on choisit cette voie, prions qu'ils n'en trouvent pas.

Il me faut le num�ro d'Elizabeth Wilmshurst.

Vous me mettez dans une position d�licate.

D�sol�.

Merci de me recevoir.

Elle a �t� courageuse.

Elle a �t� na�ve, bien s�r, mais...

t�m�raire.

Vous-m�me avez �t� t�m�raire en d�missionnant.

Pas au point de parler en public.

Si je l'avais fait, �a aurait provoqu� un scandale

et d�clench� un d�bat.

Je peux vous demander comment vous avez d�missionn� ?

J'ai �crit une lettre.

Dans cette lettre,

avez-vous donn� une raison � votre d�mission ?

J'ai r�it�r� ma position sur la l�galit� de la guerre.

� savoir ?

Qu'il �tait ill�gal d'utiliser la force

sans une nouvelle r�solution du Conseil de s�curit�.

Goldsmith �tait d'accord avec vous, au d�but ?

Absolument.

Il a dit � Blair qu'en cas de frappes,

on pourrait reprocher au gouvernement d'agir de fa�on ill�gale.

Cet avis a-t-il �t� �crit ?

Oui, de fa�on d�taill�e.

�tait-ce sa position au moment o� Katharine Gun

a fait publier le m�mo de Koza, le 3 f�vrier ?

Puis il est all� � Washington.

Tiens donc.

Qui y a-t-il rencontr� ?

Je n'ai pas eu cette information.

Mais apr�s ce voyage, son opinion a chang�.

En quelques paragraphes, il a indiqu�

que l'autorisation de l'ONU pour la guerre du Golfe de 1991

pouvait �tre r�activ�e

pour l�gitimer une nouvelle guerre contre l'Irak.

Il a dit � Blair ce qu'il voulait entendre.

Disons qu'on l'a persuad� de soutenir un point de vue tr�s marginal.

Tr�s marginal.

Martin, c'est Ben.

J'ai accept� l'affaire Gun.

Oui, on m'a dit.

Je peux la rencontrer ?

Non, on �vite les m�dias.

Mais je veux la voir avant le premier journaleux venu.

J'ai �crit le papier,

je suis de son c�t�.

Essayez de savoir pourquoi l'attorney g�n�ral

est all� � Washington juste avant la guerre.

Attendez. Goldsmith est all� � Washington ?

V�rifiez qui il y a rencontr�.

Je m'en charge.

Comment va Peter ?

Il est en Irak.

Je sais, je lis ses articles.

S'il entend quoi que ce soit,

le moindre indice que Saddam avait des armes chimiques,

appelez-moi.

Bien s�r. Je peux savoir pourquoi ?

Disons que si ces armes existent,

d�fendre Katharine sera un peu plus compliqu�.

Je vous tiens au courant.

Il y a ici une foule d'inspecteurs des arm�es am�ricaine et anglaise,

de la CIA, du FBI...

Et toujours rien ?

Non, tu parles, rien de rien !

Ils ont trouv� une cache d'obus de gaz sarin

de la guerre Iran-Irak, mais tous vides.

L�, je suis dans une usine de verre

et on n'a trouv� que du sable de silice

et de la soude.

Il s'est pass� des trucs � Washington.

Tu devrais contacter Ed.

On pourrait �crire un article � trois.

- Peter ? C'�tait quoi ? - Tout va bien.

On fait sauter des bombes conventionnelles

pour �viter que les m�mes tombent dessus

dans les ruines.

� bient�t. Fais gaffe !

Entendu, vieux. Salut.

- Le 11 f�vrier. - Quoi donc ?

Goldsmith � Washington rencontre les avocats

de Bush, Powell, Rumsfeld et Rice.

C'est pas le plus beau.

Le plus beau, c'est le BPS :

le Bureau des plans sp�ciaux.

Comme Bush obtenait pas les infos qu'il voulait,

Rumsfeld a court-circuit� la CIA

et cr�� sa propre agence de renseignement.

Ils filaient des infos

non v�rifi�es � Bush et Powell qui nous ont pouss�s � la guerre.

Je comprends, mais d'abord on doit aider une femme

� �viter la prison.

Tu as dit

que Goldsmith avait vu les avocats de Bush.

C'�tait qui ?

John Ashcroft, Alberto Gonzalez, William Taft,

Jim Haynes et John Bellinger,

les avocats de Bush, Powell, Rumsfeld

et Rice.

Ils ont fait monter la temp�rature.

On ressent presque de la piti� pour Goldsmith.

Ce con

a c�d� en laissant tomber son pays !

�a ferait un bon titre.

C'est clair !

Publie-le,

on le signera � deux.

Quel cingl�.

Goldsmith �tait sous pression avant d'aller � Washington.

Notre arm�e refusait d'agir

sans sa confirmation que la guerre �tait l�gale.

De peur d'un proc�s.

Merci, Martin. C'est parfait.

Attendez, vous avez une d�fense ?

On y travaille.

- Vous me direz. - Vous le verrez au tribunal.

- Allez ! - Au revoir.

Pers�v�rant.

C'est vrai, mais votre histoire doit �tre pr�serv�e des m�dias.

On va demander la divulgation

de l'avis juridique donn� par Goldsmith

juste avant l'invasion.

S�r qu'ils refuseront.

On citera Elizabeth Wilmshurst

ou Goldsmith lui-m�me, et Blair aussi.

Ben, si on ne peut pas prouver

que Goldsmith a chang� d'avis,

comment plaider la volont� de stopper une guerre ill�gale ?

Il se passera quoi ?

Je serai jug�e coupable.

Tr�s certainement, oui.

Voulez-vous prendre ce risque

et demander la divulgation des documents du gouvernement ?

Ou plaider coupable en esp�rant la peine minimale ?

Je consid�re

qu'on nous a menti et pouss�s � une guerre ill�gale.

Demandons ces documents.

Tr�s bien.

Vous �tes pr�te ?

Ne faites aucune d�claration.

Allons-y.

- Tout va bien ? - Oui.

Ben est d�j� dans la salle.

Il veut que je vous pr�sente Martin Bright.

Il couvre le proc�s.

Katharine. C'est un honneur.

Je serai dans la tribune de presse. �a vous va ?

Vous avez pris un vrai risque.

Vous, surtout. Vous avez fait une chose extraordinaire.

Ce que vous avez r�v�l� est extraordinaire.

Nos institutions nous ont d��us :

le gouvernement, la s�curit�, la presse.

Ils nous ont tous laiss�s tomber.

M�me mon journal soutenait la guerre avant ce m�mo.

Merci d'�tre l�.

Merci � vous.

C'est important, ce que vous avez fait. �a compte.

Il faut entrer, Martin.

Pardon, James.

Soyez forte.

Katharine, vous devez entrer par l�.

- Je peux prendre un moment ? - Bien s�r.

Il faudra laisser votre sac.

Vous me donnez un instant ?

Je vais entrer.

Je t'aime.

Moi aussi, je t'aime.

Je te rappelle d�s que je peux.

J'aimerais �tre � tes c�t�s.

Je suis vraiment d�sol�e.

Tu n'as pas � �tre d�sol�e.

Je suis fier de toi.

Vraiment.

Madame.

D�sol�e.

Je peux prendre votre sac.

On se voit dans la salle.

Votre �charpe et votre manteau.

Levez les bras.

Elle est l�.

Entendu.

Le juge est pr�t.

Vous pouvez monter.

�tes-vous Katharine Teresa Gun ?

Excusez-moi,

pourriez-vous parler plus fort ?

Oui, c'est moi.

Katharine Teresa Gun,

vous �tes poursuivie

pour violation de la section 1, sous-section 1

de la loi sur le secret d'�tat de 1989.

Entre le 30 janvier et le 2 mars 2003,

vous avez sciemment et intentionnellement

divulgu� des informations top-secret

en violation de ladite loi.

Que plaidez-vous ?

Coupable ou non coupable ?

Mme Gun ?

Non coupable.

� vous, M. Ellison.

Merci, M. le juge.

Au vu des derniers d�veloppements,

l'accusation ne souhaite pas requ�rir contre l'accus�e

pour ce chef de poursuite.

Je vous demande pardon ?

L'accusation renonce aux poursuites.

Aujourd'hui ?

Non, M. le juge.

Pardonnez-moi,

demandez-vous un renvoi, M. Ellison ?

Non, M. le juge.

Vous voulez dire que vous ne souhaitez plus poursuivre

du tout ?

C'est exact.

Mais l'accus�e a avou�.

En effet.

N�anmoins, vous ne souhaitez pas continuer ?

Non, M. le juge.

Pardonnez-moi, mais je trouve �a inou�.

Pourriez-vous vous expliquer ?

L'accus�e a pr�sent� une d�fense insolite.

L'argument de n�cessit�.

- Oui. - Et alors ?

Nous ne disposons d'aucun �l�ment a contrario.

Pourquoi ? Elle a avou� !

Parce que, M. le juge,

le document que nous avons demand� montrerait

que ce pays est entr� en guerre ill�galement

et pourrait valoir au gouvernement

d'�tre accus� de crimes de guerre.

C'est absurde !

Vraiment ?

Remettez-nous alors le document que nous avons demand�.

Le parquet n'est pas oblig�, c'est m�me interdit,

de poursuivre s'il ne voit pas de perspective r�aliste

de condamnation.

Ce serait gaspiller l'argent du contribuable.

J'appr�cie

que les accusations contre Mme Gun soient retir�es

et que le parquet se pr�occupe de l'argent du contribuable,

mais apr�s des mois d'incertitude

et de grande d�tresse,

Mme Gun a le droit de savoir

pourquoi le gouvernement renonce � poursuivre.

Qui plus est, le public a le droit de savoir.

Bravo !

M. Ellison.

Je le r�p�te,

il n'existe pas de perspective r�aliste de condamnation.

Je ne peux rien dire de plus.

Que ce soit bien clair,

vous abandonnez

toutes les poursuites

contre Katharine Teresa Gun ?

Oui, M. le juge.

Mme Gun...

vous �tes libre.

Le minist�re public a abandonn� les poursuites envers...

� 29 ans, Katharine Gun risquait gros apr�s avoir...

Le gouvernement appr�hendait, � l'approche des �lections,

un proc�s centr� sur la l�galit� de la guerre...

� la une : Katharine Gun est libre !

Dans une volte-face inattendue...

Est-ce l'attorney g�n�ral qui a fait stopper le proc�s ?

Est-ce le GCHQ ? Ou encore le Premier ministre ?

Aucune r�ponse. Il faut croire qu'il y a non-lieu.

Le referiez-vous ?

Je n'ai aucun regret et je le referais, oui.

�a mord ?

Pas encore.

Je ne tenais pas � la mettre en examen.

J'y ai �t� forc� � cause de la d�cision de l'attorney g�n�ral.

Pourquoi l'avoir maintenue dans un �tat de d�tresse

pendant un an avant de la poursuivre ?

Les Renseignements voulaient faire d'elle un exemple.

Si on avait renonc� aux poursuites plus t�t,

quel message on aurait envoy� ?

S'il te pla�t, Ken,

va p�cher ailleurs.

Inspir� du livre The Spy Who Tried to Stop a War de Marcia et Thomas Mitchell

Sous-titres : Pascal Strippoli

Sous-titrage : HIVENTY

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