Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Salut !
Bonjour, commandant. Bonjour, madame. C'est un militaire, un capitaine qui a
été abattu ici.
On sait trop comment. Peu de témoins.
Pas d'une grande fiabilité selon toute apparence.
Il semblerait tout de même que quelques personnes aient vu une voiture bleue s
'éloigner à grande vitesse. Mais rien sur le chauffeur ni sur la plaque.
Je n'ai pas à vous dire que le meurtre d'un militaire va faire des vagues.
Le procureur a insisté pour que vous soyez chargé de l'enquête.
Et les rapports avec l'armée, on gère ça comment ? Vous conservez des rapports
pour toi tout en délimitant les compétences de chacun.
Le militaire a été abattu à l'extérieur de sa caserne. Vous enquêtez comme s'il
s'agissait d'un civil, d'accord ? C'est entendu.
Trois orifices d'entrée.
Côté gauche de la poitrine. L'épaule est fracturée. Le poumon est perforé.
Hémorragie conséquente par les voies respiratoires. Une balle en plein cœur.
Mort instantanée.
Docteur Reynard, vous savez, on a eu un appel à 17h30.
On est arrivé sur place à 17h47, mais il n'y avait plus rien à faire.
Très bien. Ils appellent Keller, Mathieu Keller, du 9e régiment du génie installé
à Versailles.
Marie a une très jolie femme.
Qu'est-ce qu'il est venu foutre là avec une grosse associée belle ? J'imagine qu
'il n'y a qu'un mec pour comprendre, non ? Et voilà, ça c'est José Malignac, une
copine de Sonia.
C'est comme ça qu'on s'est connus.
Allez, dis-leur ce que t'as vu.
Lui, on le voyait de temps en temps.
Il venait voir une fille, toujours la même.
Laquelle ? Daphné.
Daphné comment ? Daphné, c'est tout ce que je sais. C'est une occasionnelle,
elle passe, elle vient.
Qu'avez-vous vu exactement, madame ?
Pas grand chose.
Faut dire qu'au moment des coups de feu, j'étais avec un client dans sa voiture.
Oui, passons, nous nous imaginons sans peine.
Enfin, quand j'ai relevé la tête, j'ai vu Diego et Daphné qui étaient près de
la caravane.
Vous avez l'air paniqués.
Ah, et puis aussi une voiture qui est passée à toute vitesse là-bas, derrière
le tas de bois.
La voiture bleue ? Ouais, bleue. Mais le conducteur avait la tête tournée.
C'était peut-être un client, un mec marié.
Et puis vous savez, après les coups de feu, tout le monde s'est tiré dans la
panique alors. Diego, c'est qui ? Bah, c'est le mec de Daphné.
Connu des services.
Mettons le coup. Enfin, quand je dis son mac, c'est pas tout à fait ça. Elle est
drôlement indépendante, Daphne. Je suis venu récupérer le corps. C'est
impossible, mon colonel.
Petit jeune homme, je n'ai aucune autorisation à vous demander.
Je regrette, mon colonel, mais l'autopsie doit d'abord se faire à l
'institut médico-légal. Oui, en effet, le docteur... Pardon ? Lénard, Élise
Lénard. Oui, le docteur Lénard a entièrement raison, monsieur.
Le corps doit être transporté à l'IML, c'est la procédure. Mais qui êtes-vous,
mademoiselle, pour me parler sur ce temps ?
En général, monsieur, sur une scène de crime, c'est moi qui pose les questions.
Donc vous, vous êtes qui ? Colonel Rondard, du 9e bataillon du Géné.
Commandant Valland, de la brigade criminelle. Et voici mes collègues.
Eh bien, commandant, le capitaine Keller, faisant partie de mon unité, je
suis venu récupérer le corps.
Ça ne va pas être possible, colonel. Le capitaine Keller ayant été tué hors d'un
établissement militaire, son assassinat relève donc des autorités civiles.
Il me semble, commandant, que la gendarmerie est tout aussi capable que
vous de mener une enquête criminelle, non ? Nous ne mettons pas en cause les
compétences de la gendarmerie nationale, colonel.
Non, mais nous devrions consulter, voyez-vous, nos hiérarchies respectives.
Néanmoins, rien ne s'oppose à ce que vous examinez.
La scène du crime.
Sans rien toucher, évidemment.
Évidemment.
Tu peux faire quelque chose pour Brahim ? Il a un boulot, tu sais, il est expert
en informatique. Ah, d'accord.
Alors, le pognon que tu lui refiles, c'est pour s'acheter des ordinateurs, c
'est ça ? Bon, écoute, j'ai un pote au quart de séjour. Je vais voir ce que je
peux faire, je vais l'appeler.
Donne-en, donne-en.
Qu'est-ce que tu veux ? Je veux la nouvelle de Sonia.
Tu sais, on m'a dit qu'elle avait repris. Oui, je sais, elle a repris le
boulot. Mais je veux juste savoir où, tu comprends ? Le reste, c'est pas tes
oignons. Allez, dégage.
Au revoir, Polo.
C'est pour retrouver Sonia que tu remplis la lacune ? Le jeune Louis à mon
âge, tu vois autre chose ?
Bon,
étant donné le lieu de l'assassinat, j'ai orienté mes investigations sur les
organes sexuels du défunt, où il n'y a pas eu de relation antémortem, ni
passif, ni actif. La nuit, c'est...
Ne pas dilaté ni congestionné, pas de liquide séminal dans l'urètre ni sous le
prétnus. Il n'y a pas eu d'éjaculation.
Aucune trace de salive.
Je reconnais le grand professionnel, toujours les bonnes questions. Non, non,
non, il n'y a pas eu non plus de fellation.
Il n'y a rien d'autre ? Si.
À midi, il a eu un bœuf en sauce, le tout arrosé de Bordeaux. Bon millésime,
j'espère pour lui.
Au revoir.
Un foie comme celui-ci n'a jamais connu de mauvaise bouteille.
Ennui n'est pas là ? Non, il est viré de chez lui.
Son propriétaire récupère l'appartement et alors il en cherche un.
Bien. J'ai récupéré les états de service de Keller, alors des médailles en veux
-tu en voilà, cité plusieurs fois pour son courage, blessé en Bosnie, enfin
bref, un vrai héros. Le dernier type qu'on imaginerait crever dans une
vieille caravane en compagnie d'une Daphné. D'autant que d'après mes
informations, Daphné Guzman serait un travelo d'origine brésilienne. Il, enfin
ou elle, je sais pas comment on dit, aurait débarqué dans le coin il y a pas
si longtemps. Et c'est à ce moment-là que le militaire est apparu.
Il ne venait que pour elle, sinon il repartait. Un travesti brésilien et un
militaire, configuration crapuleuse.
C'est inhabituel, voyez-vous, mais néanmoins pas inintéressant.
On sait où elle loge ? Non, pudème pour Diego, on n'a pas d'adresse fixe. Il a
changé trois fois en huit mois, toujours de meublé à meublé, mais on continue, on
cherche. Alors, Diego, qui s'appelle en réalité Simon Dorval. Alors, tomber
en... 97 pour Raquette, trois âles en santé, recherchée aujourd'hui comme
Proxo. Mais sa vraie passion, c'est la blanche.
Alors on a un triangle à trois têtes, un militaire, un Proxo, une prostituée. Le
militaire est assassiné, la prostituée et le Proxo disparu. Donc il nous faut
trouver Daphné et Diego.
Pour Daphné, nous devrions aller à l'ambassade du Brésil. Il nous reste à
établir la matérialité de sa citoyenneté.
Fred, vous vous en chargez ?
Polo, on va aller voir la veuve Keller.
Ah, le marchand, j'aimerais que vous vous occupiez personnellement du colonel
Rondard et de l'usée de toute votre diplomatie. Je suis sûre que vous allez
faire ça très très bien. Oui, mais voyez-vous, les diplomates et les
militaires n'ont jamais fait de très bons ménages.
Napoléon et Talleyrand, par exemple.
Monsieur ? Ah ouais, je sais, la police.
Manquez pas d'air de venir maintenant.
Vous savez d'où revient ma fille ? De la morgue.
Elle revient de la morgue.
Je suis désolée, monsieur... Je suis Léon Avagnan, le père d'Isabelle.
Qu'est-ce que vous venez foutre ? Pourquoi vous recherchez pas l'assassin
de mon gendre ? C'est ça le plus urgent, non ? Laisse, papa.
Ça va aller.
Bonjour. Je suis Isabelle Keller.
Entrez.
Dites-moi, ça paye l'armée, hein ? J'avais su.
Qu'est-ce que vous voulez savoir ? J'ai déjà répondu à mille questions.
Qui vous a posé des questions ? Les gendarmes.
Ils sont venus ce matin.
Avec le colonel Rondard.
Oui, c'est moi.
J'ai pensé que le colonel Rondard étant supérieur de mon gendre... C'est nous
qui sommes chargés de l'enquête.
Alors si vous posez encore des questions, vous nous prévenez. D'accord
? Excusez-moi.
C'est trop horrible.
Mathieu assassiné et en plus là-bas dans cet endroit sordide.
Je sais que c'est difficile mais nous allons devoir vous poser quelques
questions.
D'abord, est-ce que Mathieu était coutumier de... d
'endroits comme cela, des endroits de prostitution ? Non.
Bien sûr que non. Mais attends Isabelle, qu'est-ce que t'en sais ? Hein ?
T'étais toujours avec lui ? En vérité, t'en sais rien. Ça suffit, papa.
Je veux dire, avec la famille qu'il a.
Vous avez vu sa mère ? Vous allez pas être déçus.
Une famille de militaires, c'est tout dire.
Papa, tu nous laisses, s'il te plaît.
Bon, d'accord.
Excuse-moi.
Tu m'appelles si t'as besoin.
Madame, quelles étaient les fonctions de votre mari au sein de l'armée ?
Après la Bosnie, il s'est retrouvé en caserne.
Il m'a compté des trombones.
C'était pas son truc. Dix fois, il a voulu repartir, mais les places sont
chères.
Bon, les primes, vous comprenez.
Oui.
C'est con, ça, hein ? Il n'y a pas assez de guerre.
Il est tombé dans un piège, je suis sûre que c'est ça.
Étendu par qui ? Qui pouvait avoir intérêt à le faire disparaître, et
surtout dans ces circonstances ? Je sais pas.
Je sais pas.
Je suis enceinte de deux mois.
On va vous laisser.
On va vous laisser.
Merci.
Madame. Merci.
Au revoir.
Je regrette, colonel, que vous n'ayez pas jugé utile de nous prévenir de votre
visite à Mme Keller. C'est un grave écart dans la procédure.
Vous ne me croyez quand même pas, commandant.
C'est bien votre garde, n'est-ce pas ?
Je vais vous demander l'autorisation à chaque fois que je prendrai une
initiative. Non seulement je le crois, mais j'en suis persuadé, colonel. Pour
la brigade criminelle à laquelle j'ai l'honneur d'appartenir, voyez-vous, le
capitaine Keller est tout d'abord victime d'un meurtre que nous devons
résoudre. Une autre considération ne saurait nous distraire.
Quelles étaient les attributions du capitaine Keller, monsieur ? Colonel,
je...
Le capitaine me secondait dans mes attributions de service général.
Maintenant, c'est entretien des matériels.
Nous sommes un régiment du génie militaire.
Ça existe ? Quoi ? Le génie dans l'armée, ça existe ?
Bien, quel était l'emploi du temps du capitaine Keller le jour du meurtre ? Il
travaillait dans le bureau d'à côté.
Il a reçu un coup de fil vers les 17h.
Oui, on sait depuis une cabine, toute proche de la baraque où il a été
assassiné. On a vérifié.
Il est parti très vite, sans dire où il allait.
Bien, naturellement, j'imagine qu'il est hors de question de jeter un coup d'œil
dans son bureau.
Naturellement.
Mais je vous rassure, la gendarmerie l'a déjà fait, elle n'a rien trouvé.
Rien, en tout cas, qui se rattache à notre affaire.
Oh, j'aurais préféré le constater par moi-même. Comme j'aurais préféré, moi,
récupérer le corps.
La femme du capitaine Keller pense qu'il a pu tomber dans un piège.
Un piège ? Quel piège ? Je ne comprends pas.
Voyez-vous, ces escapades en forêt, la fréquentation d'une prostituée, des gens
mal intentionnés, hostiles à l'armée, auraient très bien pu imaginer le
surprendre en flagrant délit.
Pour quelle raison ? C'est à nous de le découvrir.
En Bosnie aussi, la léopute ? Vous parlez d'un officier français, monsieur.
Votre question n'appelle que le mépris.
Je ne vous retiens pas.
D'après l'ambassade, Daphné Guzman est brésilienne.
Mais française d'origine.
Française ? Ouais, française.
Attention, c'est pas un travelo, c'est un transsexuel. Donc un mec qui s'est
vraiment transformé en femme. Oui, ça va, ça va Fred, merci, je sais ce que c
'est. Et alors, d'après les services du consulat, Daphné... Ah.
Daphné s'appelle bien Guzman, mais Daphné Guzman, c'est son identité de
femme mariée.
Daphné Guzman, de mieux en mieux.
Mariage blanc, pour acquérir la nationalité brésilienne, c'est curieux.
En général, c'est dans l'autre sens que ça se passe.
Peut-être que c'est, enfin... Plutôt, cette Guzman voulait disparaître parce
qu'elle avait des trucs à cacher.
Change de sexe et puis de nom.
De son côté, le colonel Rondard, voyez-vous, ne nous a guère éclairé sur
le mystère qu'elle est.
Il a été égal à lui-même. À côté de lui, un pitbull peut être qualifié d'aimable.
Et puis, il faut reconnaître que le capitaine Scandella, voyez-vous, ne nous
a guère facilité la tâche. Oh, il ne facilite la tâche à personne.
Bon, secouez le consulat brésilien et continuez sur Daphné, c'est la priorité.
Jean-Louis, je peux te parler ?
Attends, qu'est-ce qu'il y a ? Je vous ai vu dans la voiture avec mon père. C
'est lui qui conduisait. Tu peux m'expliquer ? OK.
Ton père est dans l'immobilier et moi, je suis viré de mon appart.
Tu voulais qu'il me file un coup de main. C'est plus compliqué.
Si, avec mon père, c'est toujours compliqué.
D'accord, j'ai fait une connerie. J'aurais dû t'en parler, mais je
pense... Bon.
J'ai eu les mecs de la 11e DPJ. Ils avaient logé Diego chez un copain à lui
à la Bastille.
Ils n'ont rien trouvé.
Pas d'arme, que d'un...
Par contre, on va pouvoir le coincer chez Omar, c'est un petit troquet en
banlieue. C'est là qu'il va chercher sa cam' tous les 2-3 jours.
Ok, tu t'y colles avec Polo. Fred, vous venez avec moi, on retourne voir Mme
Keller.
On va l'interroger sur Daphné.
Allô ?
Un briquet.
Oui,
je vais venir le chercher.
D'accord.
Merci beaucoup.
Au revoir.
C'était le médecin du SAMU.
Il dit qu'ils ont trouvé un briquet dans l'ambulance. Il pense qu'il est tombé de
la poche de Keller pendant le transport.
Oui. Il est plutôt mignon, cet Ulysse.
Oui.
Si, si. Et puis, quelqu'un du corps médical, ça rassure.
Un flic aussi, ça rassure.
Regardez. Vous et... Non, mais ceci dit, ce qu'on est là, il ne rassure pas du
tout.
J'attends une entreprise de déménagement.
Ils vont m'établir un devis.
Vous partez ? Oui, je ne veux pas rester dans cet appartement, j'ai trop de
souvenirs.
Mathieu adorait la navigation.
On avait un rêve idiot.
Aller à Tahiti en bateau.
C'est moi qui l'ai mis au glénant à 11 ans pour lui apprendre la voile.
Commandant, je vous présente ma belle-mère, Mme Françoise Geller.
Elle est venue m'aider à ranger un peu tout ça.
Madame, je sais comment j'ai élevé mes enfants.
Cette histoire avec une prostituée est absurde.
Je n'en doute pas, Mme Geller, mais alors qu'allait faire votre fils dans un
lieu de prostitution ? Est-ce qu'il aurait pu aller pour des motifs
professionnels envoyés par l'armée, par exemple ? Des raisons que vous ignorez ?
Vous voulez dire espion ? C'est ridicule.
Vous a-t-il fait des confidences ? Je sais pas, se sentait-il menacé ? Un
règlement de compte ? Est-ce que le nom de Daphné Guzman vous dit quelque chose
? Daphné Guzman ? Non, j'ai beau chercher, j'ai beau réfléchir, je ne
comprends pas. Je ne comprends toujours pas ce qu'il est allé faire là-bas, au
milieu de cette...
Merci à vous.
Je pensais que ça pourrait être une histoire de con.
Parce que, d'après les témoins, la Daphné, elle est magnifique, hein ? Bah,
c'est vrai, elle, elle est pas belle ? Si, bon, parfois, elle est méconde, ses
fantasmes.
Comment on dort ? Je ne voulais pas vous parler devant ma belle-fille.
Vous savez, c'est pas pour rien qu'on appelle l'armée la grande muette. Les
militaires ne parlent pas.
Et leurs femmes, oui ? Mon mari est officier. Je connais bien le milieu
militaire. J'ai entendu certaines rumeurs.
Les militaires en savent plus long qu'ils ne le disent sur la mort de
Mathieu. Mais qui exactement ? Le colonel Rondard, par exemple ? Venez
demain à la caserne.
Il y aura une cérémonie pour honorer la mémoire de Mathieu.
Ça pourra peut-être vous être utile.
C'est entendu.
Ouais, allô ? Ok.
Ils ont logé Digo.
C'est bien, c'est fait.
Je peux pas rejoindre son père, il y a qu'à faire.
Non, non, c'est vrai qu'il faut, c'est OK.
Le gymnase de la pépé, c'est pas fait pour les chiens.
Il y a une note là-dessus, il n'y a pas très longtemps.
Je suis exempté d'une hernie.
Ah oui, c'est ça, cérébrale, c'est sûr.
Tu es piquée de merde ! Tu es piquée de merde ! Pas de ça.
Remets-lui sa menotte.
Merde, il t'a pas loupé, hein ?
Faut montrer ça à un médecin, viens.
C'est pas moi, c'est clair, non ? Seulement, on a plusieurs témoins qui t
'ont vu dans les parages de la baraque tout de suite après les coups de feu.
Racontez-nous votre histoire, monsieur Dorval, alias Diego.
McKellar était directement allé à la baraque, là, comme d'habitude, et il
attendait Daphné, qui était occupée ailleurs. Et là, il y a eu trois coups
de feu.
Bang, bang, bang.
Alors je me dis, merde, je cours vers la baraque, je vois un type se tailler,
puis à l'intérieur, il y avait ce militaire allongé, là. Alors pas besoin
de me faire un dessin, hein.
Je me suis dit, Diego, casse-toi de là vite fait, sinon ça va te tomber dessus.
Et puis voilà, ça a pas loupé, quoi. C'est ce qu'on appelle une prémonition,
cet homme qui s'est enfui, je pourrais vous le décrire.
Non, que dalle.
Tout ce que je sais, c'est qu'il pète en bagnole, puisque je l'ai entendu
démarrer juste après.
La voiture bleue.
Voyez-vous nous dire où s'est trouvée Daphné au moment des faits ? Je vous l
'ai dit, ça, elle était sur un autre client.
La déposition d'une prostituée vient pourtant démentir vos propos.
Elle affirme avoir vu Daphné en votre compagnie à l'heure du crime.
Vous savez, la parole d'une pute, hein ? Concep Delmac, tu crois que ça vaut
mieux ?
Monsieur Diego, votre parole ne vaut certainement pas grand-chose, mais votre
silence risque de vous rapporter gros, voyez-vous, tant que votre tentative d
'homicide sur un officier de police judiciaire viendra compléter le tableau.
Quoi ? Mais j'ai fait que me défendre, moi, j'ai jamais voulu le tuer, l'autre,
là-haut ! Le repentir peut aider pendant un procès.
C'est pour moi qu'il faut que tu parles vite, tu comprends ? Avant que le
capitaine Scandella ne meure de ses blessures ! C'est pas vrai, il va pas
claquer, merde, pas pour qu'il soit plus repoigné, il peut pas claquer, non ?
J'ai du bol.
Un millimètre près et... négociez le tendance, connard.
Plus de main droite.
Mention d'invalidité.
Réformé d'office.
Un débat ? Que pensez-vous de cette
théorie ? Vous avez voulu faire chanter le capitaine Keller en lui menaçant de
dévoiler sa liaison avec un transsexuel à sa femme.
Réponds ! N'importe quoi. Vraiment.
Il a refusé le temps à monter. Vous avez tiré...
Ouais, c'est ça. Et avec quelle arme ? T'inquiète pas, on va leur sortir.
Vous gazouillez un peu l'oiseau, là ?
Diego
! Vous pourriez peut-être nous dire où nous pouvons trouver cette fameuse
Daphné ? J'en sais rien, moi. J'ai jamais su où elle créchait.
En tout cas, vous la trouverez jamais dans un hôtel à putes, hein. Daphné, c
'est une bourge. Une vraie.
Et avec le capitaine Keller, quels étaient leurs... Rapport ? Alors là,
mystère. J'ai l'impression qu'ils faisaient se parler d'ailleurs avec une
beauté pareille.
Je n'ai jamais bien compris, mais enfin bon.
Pensez-vous que le capitaine Keller aurait pu... Nourrir quelques
sentiments, voire de l'amour pour cette... Créature.
Ouais, franchement, moi-même des fois...
Pourquoi Diego prétend-il que Daphné n'était pas avec lui ?
Ou bien elle a une responsabilité dans le meurtre et il tente de la couvrir, ou
bien elle est le seul témoin et il l'a peut-être déjà supprimée, voyez-vous.
Oui, mais vous y croyez, vous, à cette histoire de chantage, le marchand ? C
'est une hypothèse.
Il en existe une autre. Diego a souligné le fait qu'on pouvait très bien tomber
amoureux de Daphné. On ne peut pas exclure la possibilité que cet officier
ait été séduit.
Qui peut savoir ? Tout homme peut basculer une seconde dans la confusion
des sentiments.
Le capitaine Keller aurait manifesté le désir d'arracher Daphné à son milieu
sordide. Diego l'aurait appris, serait devenu fou à l'idée de perdre à la fois
Daphné et son gagne-pain. Tout est en place pour l'affrontement.
Oui, sauf qu'il y a ce que Mme Keller a dit ce matin.
La veuve ? Non, la mère du capitaine Keller.
Oh,
maîtresse-femme, c'est le moins que je peux dire. Elle a tout fait pour nous
orienter du côté de l'armée.
Pour quoi faire ? Eh bien, c'est ça le problème.
C'est qu'elle n'a rien dit de plus et qu'elle ne dira rien d'autre.
L'armée, on peut la contourner.
Ah oui ? Et comment ? La DGSE.
J'ai un contact au renseignement militaire. Un mec que j'ai connu pendant
un stage inter-service.
Ben ok.
D'accord.
T'as vu mon père ? Georges ?
Ben non, pourquoi ? Si tu l'as revu, tu peux me le dire.
Bon d'accord, je l'ai vu. Il m'a fait visiter un appart dans ses puits.
Il démerde bien comme agent immobilier. Comme agent immobilier, il est parfait.
C'est comme père que c'est pas ça.
Vous avez vu la cérémonie ? Une grande photo de mon fils posée sur un traiteau.
Trois fleurs.
Votre fils, chère madame, n'est pas mort en service commandé à la différence de
son père.
Je reconnais bien là vos méthodes, colonel.
Vous ne pourrez pas éternellement vous défiler devant ces policiers.
Toute la vérité sera faite sur la mort de Mathieu.
Et si vous nous cachez quelque chose, vous devrez vous en expliquer.
Madame, vu les circonstances, c'est votre fils qui aurait eu à s'expliquer.
Je vous rappelle que le capitaine Keller est mort bien loin de cette caserne.
Oh pute, il est mort, votre fils.
Oh pute ! Ça vous suffit pas pour vous faire un dessin ? Et ma fille, qu'est-ce
que vous croyez que ça lui fait ? Regardez les choses en face.
Votre fils, il baisait avec les traveleaux. C'est pas en accusant les
autres que ça va changer quoi que ce soit.
Madame Keller, pourquoi vous en prendre de façon aussi virulente ?
Le colonel Rondard.
Parce qu'il a sali son grade.
Un officier est là pour couvrir ses hommes, mais non pour se réfugier
derrière eux.
Rondard est un lâche.
Mathieu le savait.
Il me l'avait dit.
Sa mort aurait un lien avec ce qui s'est passé dans la caserne ? Je ne sais pas.
En tout cas, Mathieu n'est pas mort à cause d'une prostituée.
Vous savez, je n'avais plus que lui.
Père d'ossé de fils, c'est déjà être à demi-morte.
Vous aviez deux enfants ? Mathieu et Pierre-Marie.
Tous les deux partis.
Et leur père aussi.
Arrête, Douillette.
Attends, non.
Non, t'as trouvé ton appart ? Non, pas encore, je cherche.
Non, parce que j'avais pensé aux choses.
Parce que tu pourrais venir chez moi, je suis tout seul, alors tu pourrais, je
sais pas moi, faire des courses, un peu de ménage, et moi je fais la cuisine.
Euh, ta cuisine.
Bah oui, ma cuisine.
Mon ragoût, tu l'aimes pas.
Hein ? Mon ragoût, tu l'aimes pas, c'est nouveau ça.
Si, j'aime bien. D'accord.
Dis-moi Jean-Louis,
Tu fais gaffe avec le type de la DGSE.
Moindre problème, il te lâche moins.
Ouais, je connais, t'inquiète.
Je crois que Paul a raison.
Tu pourrais t'installer chez lui.
Tu prendrais un joli tablier, tu passerais l'aspirateur, et puis... Il te
ferait son ragoût.
Remarque, hein.
Depuis le temps que je suis seul...
On se voit demain à 15h. D'accord.
Au revoir.
Docteur ? Je croyais que vous étiez au SAMU, moi.
On est tous un peu polyvalents. On manque d'effectifs.
D'accord.
Il est où le briquet ? Le briquet ? Le briquet du capitaine Keller.
C'est pour ça que je suis là, non ? D'accord.
Donc en fait, il n'y a jamais eu de briquet ? Non.
Je voulais juste vous revoir.
C'est d'elle, non ? Bah, du point de vue policier, oui.
Mais du point de vue personne, pas du tout, parce que moi aussi, je vais être
très, très envie de me revoir.
Bien. Très bien.
Tout ça m'a l'air stabilisé.
Tenez. Vous êtes en bonne voie.
Oui, en très bonne voie.
Camille, il faut encore du temps avant que je vous en perde. Mais je vous en
prie, je vous en prie.
Soyez patiente.
Oh, prenez tout votre temps, professeur Laquenne.
On a tué toute ma famille, je n'ai plus de travail.
En ce moment, j'ai du temps à perdre, vous n'avez pas idée.
Je vous sens un peu en retrait, professeur.
S'il y a un problème, vous pouvez m'en parler.
Disons que je suis moyennement optimiste.
C'est une opération délicate et je ne la pratiquerai que lorsque je serai sûr d
'avoir tous les atouts en main. Je conçois fort bien que vous pratiquiez la
litote avec vos patients.
Mais avec moi, moi, seriez-vous être plus précis, plus clair ?
C'est encore trop tôt pour vous répondre. Mais le moral compte
énormément dans ce genre d'affaires. Et le cynisme que Camille pratique envers
elle-même devrait l'aider à tenir bon. L'humour est l'apanage du grand
dépressif. C'est bien connu, non ?
Enfin,
Camille, il n'a pas vraiment refusé le torrention.
Non, il a tout simplement repoussé.
Je dirais en outre que c'est plutôt rassurant. Il attend la meilleure
opportunité.
S'il vous plaît, Michel, que les caines me racontent des craques, c'est normal,
mais vous, vous qui êtes si attaché à la vérité.
Allez, ne vous torturez plus.
Offrez-moi plutôt un cappuccino au café du coin.
J'ai souvenir qu'ils y sont divins.
Après tout, il me reste encore le goût et l'odorat.
Comme il vous plaira.
On prendra passage un peu étroit.
Sur les buies.
Sonia a repris le tapin, il y a un mois environ.
Et je l'ai su par Brahim et les soleil maréchaux.
Et puis de temps en temps sur l'autoroute nord, là, vers Poissy.
Les routiers, ils ont du pognon, hein.
Ton Brahim, il peut aller voir mon pote. Je me suis occupé de sa carte.
On va aller prolonger ça.
Oh, merci, Polo ! T'es super comme flic.
Si c'était tous comme ça... Oh, écoute... Sonia, faut que tu l'oublies.
Ça sera que du malheur.
Tu sais, on est toutes pareilles, hein.
On commence et puis...
Sonia, elle n'arrêtera jamais.
Si, elle va arrêter, si.
Je te promets, elle va arrêter.
Daphné. Oh, pas de merde, alors, elle est revenue.
Commandant ! Commandant, on a retrouvé l'arme.
Une arme ? Ben oui, l'arme qui a servi pour Keller.
Un four dans le 18ème.
Et il y a deux empreintes qui correspondent à celles de Diego.
Ah. Eh ouais.
Il va avoir des choses à nous dire.
Comme ça.
Merci.
Vous la gardez.
Ça, c'est Daphné.
Vous l'avez fouillée ? Euh... Oui, juste un peu.
La fouille à corps est obligatoire.
Euh... Ouais, ben moi, si vous voulez, je peux le faire.
Bon, ça va, j'y vais.
Merci.
Ça vous plaît ? Je suis désolée, c'est la loi.
Vous pouvez vous rhabiller.
Vous l'emmenez dans mon bureau ? Nous ne savons pas beaucoup de choses sur vous,
Daphné.
Sauf votre nom de femme mariée, puisque vous l'êtes.
Daphné Guzman.
Eh oui, j'ai un mari.
Ça vous embête, mais c'est comme ça.
Vous êtes d'origine française et si un jour vous êtes allée à Sao Paulo, c'est
uniquement pour changer de sexe. C'est exact ? Qu'est-ce que ça change ? Pour l
'instant, pas grand-chose.
Mais des vérifications sont en cours au Brésil et nous finirons bien par savoir
qui vous êtes exactement.
Moi, ce qui m'intéresse, c'est le meurtre du capitaine Keller.
Vous sembliez bien vous connaître, tous les deux.
Il est venu vous voir à plusieurs reprises, à en croire les dires de votre
souteneur.
J'ai pas de Mac.
Je m'en fous.
Quel air c'était qui pour vous ? Vous aviez pas de relation de client à
prostituée. Mais je suis pas une prostituée.
J'ai jamais été une prostituée.
Pas au sens où vous l'entendez. Pourquoi vous êtes revenue sur ce terrain vague ?
Vous saviez qu'on allait vous surprendre.
J'avais besoin d'argent, d'accord ? Je comprends rien à ce que vous me dites
là.
Je sais même pas pourquoi vous m'avez ramassée. Ah ! Vous savez pas pourquoi ?
Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? J'ai rien vu.
Je ne sais pas ce qui est arrivé.
Vous me posez des questions, là.
Pourquoi vous n'allez pas en voir d'autres ? Qui ? Je ne sais pas.
Pourquoi pas le colonel ? Le colonel ? Le colonel Ronda, vous voulez dire ?
Vous connaissez le colonel. C'est un client à vous ? Il
se croit où, celui-là ? Au zoo ?
C'est elle, Daphné.
Physique et intéressant.
Vous voulez dire que vous comprenez quel air, c'est ça ? Diego vient de
donner une nouvelle version.
S'il y a ses empreintes sur l'arme du crime, c'est qu'il l'a ramassée dans la
caravane, mais après que Daphné en soit sortie.
Donc il l'accuse.
Il laisse entendre qu'elle est impliquée dans le meurtre.
Bien, de quoi dispose-t-on exactement ? Dans un fourgue, on a retrouvé l'arme
qui a tué le capitaine Keller.
Sur cette arme, les empreintes de Diego, le labo est formel. Diego n'y pas avoir
eu l'arme en main, il l'aurait ramassée alors que Daphné était en fuite. Il
aurait, paraît-il, été mu par deux motivations.
La première, protéger Daphné, son gagne-pain. La seconde, se protéger lui
-même en éloignant. La preuve du forfait, mais notre homme...
Voyez-vous, est âpre au gain et n'a pas pu s'empêcher de faire un peu d'argent
auprès d'un recéneur.
Bref, il accuse Daphné d'avoir tué Keller.
Et entre-temps, il a vu son avocat et rien de tel pour stimuler l'imagination.
Alors maintenant, qui a réellement tué Keller ? Le souteneur, le transsexuel,
le mystérieux conducteur de la voiture bleue ? Peut-on abandonner la piste des
militaires ? Non, surtout pas.
Tout à l'heure, Daphné a laissé entendre qu'elle connaissait un colonel. Alors,
est-ce le colonel Rondard ? Probablement.
En tous les cas, elle dira rien d'autre.
Mais je suis persuadée qu'il existe un rapport entre Daphné et les militaires,
un autre de savoir lequel.
Si elle avait décidé de se faire tout le régiment.
Oui, à propos de régiment, ce serait bien qu'on soit tous ensemble pour
résoudre cette affaire. Alors, si tu pouvais dire à ton copain Polo de venir
avec nous avant que je le mette à pied.
Fallait pas me rechercher, Polo.
Pourquoi, Sonia ? Donne-moi une seule raison, une !
Salut, Sonia ! Tu te casses, connard ! Tu te casses ! Je
suis
une pute, Polo.
Avant de me rencontrer, peut-être, mais plus maintenant.
Je t'avais prévenu, ma vie, c'est le trottoir. C'est ce que j'ai toujours
connu.
Mais Sonia, moi, je sais que tu m'aimes, je le sais.
Non.
Non, je t'aime pas, je t'aime plus.
Mais pourquoi tu mens ? T'es pas bien, tous les deux ? Tu te rappelles ? Mais t
'es bouchée ou quoi ? Écoute, ta retraite à la campagne, les petits
oiseaux, les fleurs, moi, j'en ai rien à foutre. Ma vie, c'est le bitume.
Maintenant, sois gentille, va-t'en, s'il te plaît, parce que tu m'empêches de
travailler.
C'est génial d'avoir ça, t'as pas eu trop de mal ? D'accord.
Ok, merci, ciao.
Le type de la DGSE, c'est lui ? Ouais.
Je peux te dire que notre colonel Rondard, c'est un gros naze, hein.
Il est dans le collimateur de la sécurité militaire depuis longtemps, et
il a même été impliqué dans une histoire de trafic.
Tu sais qui l'a balancé ? Ah, me dis pas.
Quel air.
Ouais. Capitaine Keller.
C'est pas beau, ça ? Alors, c'est qui le meilleur ? Pas Scandella ? T'as pas
droit à une petite bise ? Non, parce qu'il y a déjà quelqu'un qui avait des
doutes sur le colonel Rondin, c'est... François Scandella.
Bravo, Capitaine Scandella, bravo.
Bon travail, remarquable même.
Donc le colonel Rondard a déjà eu affaire à la justice.
Enfin, il était dans une salle à faire en Bosnie en 91.
Trafic d'approvisionnement apparemment. Oui, et il y a quelques mois, Keller
alerte ses supérieurs sur des disparitions de matériel dans l'unité.
Alors évidemment, il ne cite pas Rondard.
Mais ça nous donnerait enfin un mobile pour cet assassinat.
Non pas une histoire de jalousie, mais une histoire crapuleuse.
Rondard a repris ses trafics.
Keller le sait.
Rondard le fait supprimer.
Voilà, il le vise à l'endroit le plus vulnérable, dans la caravane, là où le
capitaine Keller vit ses amours secrètes avec Daphné.
Séduisant, hein ? Très séduisant. Oui, mais vous pensez que Daphné a été
manipulée pour piéger le capitaine ? C'est une thèse alléchante.
Bon, en tout cas, il faut convoquer Rondard dès demain.
Merci, Michel.
Dites-moi, le marchand.
Je vous ai vu avec Camille à l'hôpital.
Je savais pas que vous occupiez d'elle.
Mais vous inquiétez pas, je dirai rien.
Alors voilà, je ne m'occupe pas de cette personne et vous n'avez rien vu. Si par
malheur il vous prenait la fantaisie d'en parler autour de vous, je vous
assure que je vous rendrai la vie impossible ici dans ce service et dans n
'importe quel autre service.
C'est clair ? Est-ce que c'est clair ? Pardon ? Oui, oui, oui, c'est clair.
Vous pouvez disposer, je vous en prie. Allons-y.
Daphné, vous pouvez continuer comme ça. Vous ne connaissez rien.
Vous ne connaissez personne.
Le capitaine Keller est un inconnu pour vous.
Mais ça ne vous mènera nulle part.
Ah, si, tout de même.
Elle a mis en examen par un juge pour, sinon, un homicide.
Au minimum, complicité d'homicide sur la personne du capitaine Keller.
Parce que maintenant, c'est moi qui les tue.
Mais voyez-vous, vous êtes fortement suspectée, madame Guzman.
Mais vous avez probablement été manipulée.
Et vous étiez engagé pour séduire le capitaine Keller.
C'est quoi ce délire ? Vous êtes fous.
Rondard, tu le voyais pourquoi, mon petit chat ? Pour lui faire reluire ses
médailles ? Mais non, je n'ai eu aucun rapport avec le... Je ne connais pas de
colonel Rondard. Vous mentez.
Pourquoi ? Vous protégez qui ? Vous ne comprenez pas.
Vous ne comprenez rien.
Vous êtes très loin.
Très loin de quoi, bordel ?
Entrez ! Daphné.
Vous avez raison, Daphné.
Nous étions très loin de la réalité.
Excusez-moi.
Veuillez me suivre, s'il vous plaît.
Ça fait une heure que nous attendons. Vous avez trouvé l'assassin de mon fils.
Je pense que c'est la seule raison pour laquelle vous nous convoquez d'une
manière aussi cavalière.
Il ne s'agit pas de ça, madame Keller.
Nous avons appréhendé le... enfin, la personne avec laquelle votre fils avait
rendez-vous sur ce terrain vague. C'est pas possible.
C'était vrai ? Nous avons reçu ce fax de la police brésilienne et nous
connaissons maintenant son identité.
Certes, il se fréquentait, mais pas dans le sens où nous l'entendions.
Excusez-moi, commandant, mais je ne comprends rien du tout. Et vous, madame
Keller, ça vous dit quelque chose ? Madame Keller, je vais vous demander de
nous suivre pour une identification.
Je dois subir ça ? Je le crains, oui.
Vous aussi, madame.
Isabelle est obligée de venir avec moi ? Son mari a été assassiné, nous lui
devons la vérité.
Et... C'était un homme avant ? Je la trouve très
belle.
Mais qui est-ce ? Mme Keller.
D'ailleurs, la femme.
Ces traits, ce visage, ça ne vous rappelle rien ? Vous la connaissez ?
Elle la connaît même très bien.
La police brésilienne nous a faxé la carte d'identité que Daphné Guzman leur
a donnée le jour de son mariage blanc.
Quel nom lisez-vous ? Quelle heure ?
Pierre-Marie.
Pierre-Marie ? Votre fils ? Mais je croyais qu'il était... Non.
Il n'est pas mort.
Il est devenu sable.
Je me suis toujours sentie une femme.
Je suis une femme.
Mais comment le dire à un père militaire qui rêvait que d'une chose, voir ses
deux fils entrer dans l'armée ? Et pourquoi vous n'en avez pas parlé à
votre mère ?
Maman. Vous l'avez vu ? Je devais franchir le pas.
J'ai commencé à aller le soir sur les boulevards.
Dès que j'ai eu assez d'argent pour l'opération, je suis partie au Brésil.
J'ai fait un mariage blanc pour la nationalité.
Changement de nom, changement de sexe.
Enfin, j'étais une autre.
Et pourquoi être revenue ? Rien entre deux mondes, nous ne sommes jamais
satisfaits.
J'ai appelé Mathieu.
Ils ont toujours été très proches.
Il voulait que j'arrête.
Il n'en pouvait plus de cette famille déchirée.
De voir son frère devenu une pute.
Il me donnait de l'argent pour que j'arrête les passes.
Que s'est-il passé le jour où il a été tué ? Ce jour-là, il avait
décidé de m'emmener voir maman.
Pour créer un choc.
pour la forcer à me voir comme j'étais réelle.
Au dernier moment, je me suis dégonflée.
Alors il est venu.
Il aurait pas dû.
Diego était avec vous ? C'est pas lui qui a tiré.
J'étais arrivée la première.
J'ai vu s'enfuir l'homme qui a tué Mathieu.
Et cet homme, vous le connaissez ? C'est Léon Vagnon.
Le beau-père de Mathieu.
Ce salaud.
Depuis quelques temps, Mathieu était tendu.
Il était en affaire avec son beau-père et ça se passait pas très bien.
Quel genre d'affaire ? Je sais pas, mais ça avait l'air d'être une sale histoire.
Mathieu était malheureux.
Il était... pris entre son supérieur et... et son
beau-père, entre Rondard et Rovagnon.
Il ne savait plus qui parler, comment s'en sortir.
Il n'avait que moi.
Et après le meurtre, pourquoi ne pas être venu nous voir ? J'ai eu peur, tout
simplement.
Peur.
Mon frère était mort et je n'avais plus personne.
J'aurais voulu repartir au Brésil, mais il y avait toujours ce problème d
'argent.
Alors comment faire ? En gagner, sinon tapiner.
Qu'est-ce que vous allez faire de moi maintenant ?
Nous allons prendre votre déposition et si nous n'avons rien à vous reprocher,
vous serez libre.
Libre de quoi ? De retourner au tapin ?
Bon, on
perquisitionne chez Robagnan, on vérifie son emploi du temps et bien sûr s'il a
un véhicule bleu.
Et puis on voit ce qu'il magouille avec le colonel Rondard.
Daphné a très certainement dit la vérité.
Avagnan n'a jamais cessé de nous orienter vers les hypothèses les plus
crapuleuses, à savoir les mœurs cebouteuses du capitaine Keller.
Oui, enfin, ce qu'il ne savait pas, c'est que la prostituée Daphné était le
propre frère de l'homme qui l'avait abattue.
Monsieur le colonel, commencez à s'impatienter.
Mais nous aussi, nous sommes impatients de vous entendre, mon colonel, je vous
en prie.
Allons-y.
Je vous en prie, asseyez-vous.
Dans l'armée, monsieur, quand on décide de remplacer quelque chose, c'est
toujours en milliers d'unités. Nous ne savons pas faire petit.
Tout le monde ne s'en plaint pas.
Quelles étaient les responsabilités du capitaine Keller ? Keller avait la
charge du remplacement de nos matériels. Une lourde charge.
Trop lourde, peut-être.
Connaissez-vous Léon O'Vagnon ? O'Vagnon ? Un ferrailleur, je crois. Nous
traitons parfois avec lui. Je vous en prie, vous le connaissez très bien.
C'était en affaire ?
C'est possible, et alors ? Et qu'en est-il de cette affaire en Bosnie en 91
? Vous avez été blanchi, finalement.
Tout ça, c'est de l'histoire ancienne. Tout a été classé.
Et puis, comment êtes-vous au courant ? Peu importe, colonel.
Ça reste hasardeux de notre part d'imaginer que vous n'aviez aucun
intérêt à voir le capitaine Keller dévoiler, dénoncer de nouveaux trafics.
Au point de le supprimer ou de le faire supprimer.
Ça n'a aucun sens, commandant.
Keller était le premier à trafiquer, je vous l'ai dit.
Oui, c'est pour ça qu'il vous a dénoncé auprès de ses supérieurs.
C'est curieux, non, pour un trafiquant ? Léon Ravagnan vient d'être interpellé.
Il sera là d'ici quelques minutes.
Nous avons donc organisé une petite confrontation.
Je souhaite sincèrement que vous en sortiez blanchi, car, voyez-vous, lui n
'hésitera pas à vous faire porter.
Toutes les responsabilités.
Une cigarette ? Oui, bien sûr.
Merci.
C'est lui qui a tué Keller.
Il l'a suivi au terrain vague et il l'a supprimé.
Je n'ai été prévenu qu'après.
Jamais je n'aurais laissé faire une chose pareille. Pourquoi cet assassinat
? Je ne sais pas.
Un engrenage.
Le capitaine Keller avait participé à certaines opérations.
Il refugiait d'aller plus loin. Il avait peur.
O'Bagnan s'était engagé auprès de partenaires étrangers, des Allemands, je
crois. Il avait déjà soutiré une forte somme d'argent à titre d'avance.
La discussion a mal tourné. Après tout, c'est enchaîné.
Je ne savais plus comment en sortir.
C'était pourtant bien simple en vous souvenant de votre honneur d'officier.
Quelque chose que vous avez perdu il y a fort longtemps.
Foiré de militaire ! Tu ne pouvais pas la fermer ! Je ne vous ai jamais demandé
d'abattre le capitaine.
Mais c'est toi qui voulais le faire taire, ce connard de calère ! Fumier !
Isabelle ! Isabelle !
Merci.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.