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Zulu
Merci Ă tous.
Excusez-moi, s'il vous plaĂźt.
Gardez votre calme, nous sommes des soldats américains, nous amis, pas la
guerre. Gendarme Pérez, à vos ordres.
Welcome.
Sous-titrage ST'
501
C'était le feu ! On se rend !
Captain? Yes, sir? Let's get him going. All right.
Colonel Pease, you mentioned taking prisoners.
Are you under special orders?
France and the United States have been allies for a long time.
And it's President Roosevelt's will...
Sous-titrage ST'
501
Merci, monsieur.
AllĂŽ ? AllĂŽ, Angie ? Ah, enfin ! Ici le colonel de Vigny, de Tadjira.
Mais j'en sais foutre rien.
Et c'est pour ça que je vous appelle.
Comment démerdez-vous ? AllÎ ? Démerdez-vous.
Quel bordel.
Vous avez entendu, capitaine ? Démerdez-vous.
Monsieur le maire, il était environ 7h37 lorsque des individus habillés en
militaire ont intercepté l'autocar effectuant la liaison réguliÚre Algebone
-Constantine, à bord duquel je me trouvais, avec un prévenu indigÚne.
Là , des soldats de nationalité indéterminée. Non, vous ne voyez pas que
ce sont des Américains ? Vous le faites exprÚs, non ? Franchement, Perez, vous
le faites exprĂšs ou quoi ? Tout ce que je vous demande, c'est de savoir combien
ils sont, oĂč ils vont, ce qu'ils veulent. C'est clair, ça, non ?
Oui, monsieur le maire, oui. Mais moi, tout ce que j'ai vu Ă 7h37, c'est des
individus qui... Merci, Perez, asseyez-vous.
Non, Daim, cherche plutĂŽt dans les casiers du haut, lĂ . Je crois que je l
'ai rangé par là .
Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Vous ĂȘtes aussi des Ă©lus, non ? Bonnel,
qu'est-ce que vous en pensez, vous ? Monsieur le maire, a priori.
Bonnel, il pense que les Américains, c'est mieux que les Allemands ou les
Italiens. La grĂȘle aussi, c'est mieux que le phylloxĂ©ra. Oh, Casco, c'est pas
le moment, on est déjà dans la merde.
Je vous rappelle Ă tous que le gouvernement de la France est Ă Vichy et
que les ordres viennent de lui et de lui seul.
Je l'ai, monsieur le maire.
Monsieur ? N'ayez pas peur ! Les Amis ! Les Américains ! Nous ! Nous venons de
descendre de bateau ! A oĂč ? Les AmĂ©ricains ? Les AmĂ©ricains !
Il les a pris pour des Allemands.
Les Allemands ? Nous autres en Algérie, les
Allemands, on les a vus qu'au cinéma jusqu'à présent.
Touche du bois, va ! Allez, le négro, un petit coup.
Qu'est-ce que c'est cette voix ? Jamais je m'habitue Ă cette voix.
Ah ben, ça commence bien.
Oh,
ça peut plus s'il m'écrase, lui.
Gabi !
Je passe sa vie Ă dormir sur la gamine ! Alors ?
Qu'est-ce qu'il y a ? Comment qu'est-ce qu'il y a ? T'as rien entendu ? Les
américains ils sont arrivés, il y a au moins 10 000 chars dans la rue.
Et toi t'as rien entendu ? ArrĂȘte tes conneries, va, j'ai sommeil lĂ .
Ăa c'est pas la marine amĂ©ricaine, c'est un banc de sardines ça.
Oh putain ! Attends, attends, je descends, attends.
Descends, dans une heure tu dors encore, ouais.
HĂ© ! Flash Gordon.
Eh, doucement, je vais pas vite ! Oh ! Quoi ? Qu'est-ce que c'est que ça ? Eh,
coulo, c'est un temps, frĂšre, le canon ! Un temps ? Hey, you ! Come on ! Qu'est
-ce qu'il veut ? Je sais, moi.
Come over here ! Nous ? Yes, you, come on ! Eh ben voilà ! On a gagné.
Attention, je pose le vélo là , on le touche pas. Quoi, moi, sur le tank ? Et
pourquoi on monte ? On monte.
On monte.
Where the fuck are we ?
We're lost.
We want to go to the barracks.
French army.
Pas dans la caserne des tirailleurs.
Ah non, non, pas ici. Arabes quartier. Oui, ici, Casbah.
Eh oui. You stay with us and you show us the place, OK?
Quoi? Qu'est-ce qu'il dit?
Ah oui, il veut qu'on l'emmĂšne Ă la caserne. Alors, viens. Oui. Alors, you,
complĂštement tournez. C'est pas lĂ .
Retournez lĂ -bas. Johnny, let's go back.
And you, you stay with us, OK?
Nous, restez, nous. LĂ ?
Oui.
quand mĂȘme par ce pape, contre les AmĂ©ricains, non ? Et alors ? A Merzel
-Kébir, les Français ne se sont pas battus contre les Anglais ?
Ils sont à la caserne, les Américains.
Devini, il est devenu fou, il veut leur résister.
Viens, on a besoin de toi.
Léon, j'ai l'écharpe.
Regarde. Je peux pas monter lĂ -dedans.
Mais personne, il va te voir, enfin, c'est la guerre.
Monte.
OĂč en est la situation, Capitaine ? Je l'ignore, mon colonel. Eh bien, montez
voir ! Ă mon ordre.
Qu'est-ce que c'est, un animal ?
Mais mon devoir Ă moi en tant que pĂšre, c'est de vous empĂȘcher de verser le
sang.
Et en tant qu'ami, je vous le dis franchement, ne faites pas le con.
Bon, colonel, c'est fini. Tout le monde s'est rallié.
Alger, Ă Oran, Ă Casa, partout.
Il reste plus que vous.
Il n'y a plus que moi.
Le dernier.
On se gratte.
Je m'incline.
Capitaine, rompez les rangs.
Tireur, déposez.
Raoul de Vigny, baron de Crickville.
M. Labrousse, une mĂšre de cette vie.
Rabinovitch, celui-là , c'en est un, c'est sûr. Comment tu sais ? Mais purée,
Rabinovitch ! Il y a Rabin lĂ -dedans ! Allez, viens.
So, what's the matter?
Nous, juifs comme toi, ok?
Juifs. Oh, Jewish?
Oui, oui.
Et lui, pas aimer les juifs.
T'as compris ? T'as compris ? T'as compris ? T'as compris ? T'as compris ?
Au revoir.
Au
revoir.
On va prendre des petites amandes, ça va nous rapprécier un promis. Donne-nous un
kilo et demi.
Deux kilos, deux kilos.
Non,
je ne suis pas grand.
Si, tu es gros.
du Tadjira, mademoiselle.
Les piquets amĂ©ricains sont lĂ . Et ce soir en plus, une purĂ©e de fĂȘtes.
Sur la brouche, c'est le grand costaud, lĂ . Regardez, sur le parvis.
Allez, bon séjour, mademoiselle.
Qu'est-ce que tu dis ? Je ne t'ai pas cru l'autre jour.
Est-ce que tu as tort ? Non.
Je ne t'ai jamais menti.
Monsieur Labrouche ? Ah non, monsieur Labrouche, ce n'est pas moi, c'est lui.
Remarquez, je regrette.
Bonjour monsieur, je suis Sylvette Landry.
Sylvette ? Oh, mais c'est ma femme qui va ĂȘtre contente.
Léon, c'est Sylvette.
C'est trÚs compliqué.
Elle vient s'occuper des enfants et c'est la fille de l'ancienne nourrice d
'Armande. Armande ! Sylvette est arrivée. Viens voir, viens vite.
Alors vous arrivez de la métropole, là .
C'est pas vrai.
Sylvette ! Que tu as grandi.
C'est incroyable, mon Dieu.
Je n'aurais jamais reconnu.
Je suis bien contente que tu sois lĂ , tu sais.
Viens, il va ĂȘtre fatiguĂ©, on va monter Ă la ferme. Oui, allons-y. Pierre-Marie,
tu prends la valise.
Mais vous savez, on s'est fait du souci. Ăa fait huit jours que votre chambre est
prĂȘte. On a Ă©tĂ© bloquĂ©s Ă Marseille Ă cause des Allemands qui passaient en
zone sud.
Tu vas nous raconter tout ça.
J'ai eu de la peine pour ta mĂšre, tu sais.
Ă bientĂŽt, Ătienne.
Allez, on va en lire.
Venez nous voir, mademoiselle. J'ai un café avec Victor Hugo.
Tu as besoin de faire le joli cĆur, toi.
Quel joli cĆur ? Je suis poli, je suis civilisĂ©.
Ăa va, les amis ? Alors, LĂ©on, tu es allĂ© Ă la messe ? Oui, oui.
Bon, allez-y.
Allez, vite, vite, vite ! Si aujourd'hui, on ne fait pas 10 000
promes avec tous les Américains, c'est que vraiment, on est des bourricots.
Bon, ça va, voilà , bouche toute à l'eau ! Bonjour, M. Alcalde. Bon dimanche,
hein.
Oui ? Bon, Odette. Oui ? Tu me marres.
Une limonade, un martini et deux mores, que de l'eau gratuite.
J'arrive, je viens, je viens, je viens tout de suite.
Mais ça, ça ne peut pas ĂȘtre partout, hein, j'arrive.
Oui.
C'est bon, hein ? C'est quoi ? Ăa
va,
Bonnet ? Il y a longtemps que Bonnet n'a pas fumé une blonde.
Il y a trĂšs longtemps.
Merci.
Le paquet.
Putain, le paquet entier, lui, donne.
C'est rien.
C'est beaucoup.
Oh, thank you.
Oui.
Gabi, un dérivé italien. Sur ma vie.
On n'est pas les deux.
Oui, mais je suis d'abord amĂ©ricain. Et moi, je suis procĂšs, ça n'empĂȘche pas.
Et moi, je suis la Fatma et je fais le beignet.
Je suis fatiguée.
Ăa suffit, je monte.
Maman ! Ah non, reste un peu avec nous.
Non, je vais me laver les cheveux qui sont pleins d'huile. Regarde.
Sois gracieuse, maman, sois gracieuse. C'est bien d'avoir un ami américain.
Allez.
Merci pour votre gentillesse et votre hospitality.
Laissez-moi Ă maison.
Installez notre quartier général sur votre propriété.
C'est une bonne place.
TrÚs, trÚs stratégique.
Vous avez l'Ćil, colonel.
Mais colonel, vous ĂȘtes ici chez vous.
Et nous sommes fiers de vous accueillir, vous et vos officiers.
N'est-ce pas, Ătienne ? On avait peut-ĂȘtre me trouvĂ© obtus, mon colonel,
mais il y a une chose que je ne comprends pas, c'est pourquoi vous ĂȘtes
venu débarquer ici, en Algérie.
Mais tu as raison, Ătienne.
Le Bosch n'a jamais mis les pieds ici.
Oui, justement.
Algérie, c'est le ventre mou de l'Europe.
Les Allemands sont occupés en moussi, right?
Alors, comme dit Churchill, pourquoi se jeter dans la gueule du crocodile?
Quand on peut lui mordre, nous disons, in the balls.
Je voulais dire les couilles. Oh, pardon.
Mange, ma chérie, mange.
Ne te gĂȘne pas.
Pierre-Marie, occupe-toi d'elle. Sers-la.
Oui, un peu de temps.
Elle vient de France, colonel.
C'est pas facile, lĂ -bas.
Raphaël, ne touche pas au gùteau.
Armande, regarde ton fils.
RaphaĂ«l, arrĂȘte, s'il te plaĂźt.
Et retourne Ă ta place.
Il est si mort. Laissez-moi l'occuper.
Excusez-moi.
C'est de ta faute aussi, Ătienne. Tu les gĂąches trop.
Tu exagĂšres.
Allez, viens, RaphaĂ«l, viens. Il n'en fait qu'Ă sa tĂȘte, regarde. Il n'Ă©coute
personne.
J'espÚre que Sylvette sera trÚs sévÚre avec eux.
Vous avez des enfants, colonel ? VoilĂ .
Ils sont grands, maintenant.
Comment tu t'appelles ?
Sylvette. Tu vas t'occuper de nous ? Oui.
C'est donc joli.
Venez, je vais vous présenter le colonel Hendry.
Bonsoir.
On n'ira pas, j'aime pas les Américains.
J'aurais fortuné que tu y aies peint.
Jamais j'aurais cru.
Et alors, ma soeur, c'est un coup ou quoi ? Ăa ne te va jamais, elle n'a pas
dit du mal Ă toi.
Vous avez mis le drapeau sur la tĂȘte.
C'est une bonne idée, hein ? Mounette, tu me sépares les dollars et les francs.
Quelle fĂȘte magnifique, ma soeur. C'est formidable.
Bon,
ferme-toi.
Ăa va ? Mais ne mange pas du pain, pourquoi ?
Mais tu es fou ou quoi? Il mange la galette comme nous.
La galette?
Galette? Ouais, my friend.
C'est quelque chose.
Oh lĂ lĂ .
Hey miss, you dance with me?
Vas-y, va.
J'ai donné mon ùge, j'ai assez les peaux, ils m'ont fait un coquillant
encore. Qu'est-ce que t'as?
Putain, les yeux qu'elle a.
T'as vu qui elle regarde, lĂ ? T'as vu ? Non, qui ? Moi, Coulot, elle est comme
une folle, lĂ .
Elle me mange.
Tu fais du paludisme, là , tu délires comme si t'avais 42 fiÚvres.
Quoi, quoi ? Elle me regarde pas, lĂ ? Mais non, elle te regarde pas. Elle
regarde devant elle, tout simplement. Toi, t'es sur la trajectoire de son
regard. T'es comme un arbre en banc, toi.
Ouais.
Et lĂ , tu sais ce que j'ai sur ma trajectoire, lĂ ? Ta femme qui danse
avec un soldat américain.
Et s'il lui met un coup de trajectoire, tu l'auras pas volé.
Merci,
merci.
Et maintenant, mesdames et messieurs, nous aimerions jouer pour vous Moonlight
Serenade de Mr.
Glenn Miller.
Merci.
TrĂšs joli.
C'est au moins deux ans qu'on n'a pas d'enfant. Oui, c'est vrai.
Vous avez adoté la laitine.
C'est de la mémoire, si tu veux.
Viens, Raphaël.
Reste avec moi.
Hop.
Donnez-le-moi, il est un peu lourd.
Merci.
Ăa fait longtemps qu'il ne parle plus, votre grand-pĂšre ? Depuis sa chute de
cheval, il y a cinq ans.
Moi, ça m'est égal, il me dit tout avec les yeux.
Allez, viens, on va au manette.
Hop. Allons-y, mademoiselle Sylvain, ça va ? RaphaĂ«l, va voir tĂȘte Ă Simone,
elle va te donner des beignets.
Excusez-moi.
M. Honoré, vous ne parlez pas, je vous avais oublié.
Norbert, mon fils, apporte la glace Ă la ficelle pour M.
Honoré. Omar, dis ça, je le vous aurai.
Belle fĂȘte, hein ? C'est-Ă -dire, elle s'est rĂ©veillĂ©e comme la belle au bois
dormant.
Encore un Louis d'or, M.
Honoré. Je ne peux pas, M.
Labrou, je suis gĂȘnĂ©.
Mais pourquoi vous faites toujours des cadeaux Ă moi ? Allez, reprenez, va, je
suis gĂȘnĂ©, lĂ .
Please,
lady.
Et qu'est-ce qu'il me veut, celui-là ? Eh bien, vous avez tant dansé, tiens.
Je m'en préserve.
Jamais je pourrai dire.
Ăcoute, je te demande poliment. Tu ne peux pas lui refuser.
Un,
deux, trois, quatre.
Ah, Omar, quatre limonades, trois sélectos, ça vient ou pas ? Je suis tout
seul, moi. Tout seul.
T'as pas sommeil, Raphaël ? T'es gentil.
Monseigneur, je vous en prie, je vais... Avancez, mademoiselle.
Comment ? Vous dansez avec moi ? Oui, oui.
Gardez les enfants, Pierre-Marie.
Oh,
les jambes ! Maman, les jambes, regarde ! Quelle chance de l'avoir Ă la ferme.
Regarde, la culotte, tu l'as ratée.
Elle me rappelle la petite Narbonie.
Narboni, je ne me souviens pas.
Mais si, tu sais bien.
Celle qui avait les dents de devant un petit peu. Ah, la fille de l'éfficier.
VoilĂ . Si je me rappelle.
Suzy Narboni. Je l'avais oubliée.
Moi aussi, je l'ai niquée.
Dans les vestiaires du stade à cÎté des douches.
Je te jure. On avait battu le racine de MalabĂšs 3-0.
3-0 ? Alors ? Pas de 1-0, je n'avais pas le droit.
Ah, bonjour, Sylvette.
Bonjour. Déjà levé ? Belle journée, hein ? Quand il fait beau, comme aujourd'hui,
les Arabes disent que Dieu a rangé sa maison.
C'est joli, non ? Bonjour, monsieur Laboche.
Ah, colonel. Bien dormi ? Oui.
On vous a préparé Orban, là , le petit gris. Faites attention parce qu'il est
un petit peu sur l'Ćil, hein ? C'est le cheval de mon pĂšre.
Alors, bon.
Il a l'air trĂšs gentil.
Oui. Ah, il n'est pas mauvais beau, gros.
Allez, en route, on va faire le tour du domaine. Ok, je viens.
Pierre-Marie.
On va pousser jusqu'Ă CrĂšcheville. C'est pas loin de l'endroit oĂč vous avez
débarqué, vous allez voir.
Easy, easy, easy, Victor.
Tiens-le, Pierre-Marie.
Baisse les mains.
Allez.
J'espĂšre qu'il aura.
Pépé, fais un oiseau dans le ciel comme il est beau.
Solange, Raphaël, vous venez ? Allez les enfants, venez finir votre
chocolat.
Tu as bien fait de venir ici.
Je suis sûre que tu vas te plaire.
Et puis, tu sais, tu trouveras peut-ĂȘtre un mari.
L'épice de Cologne, c'est pas ça qui manque dans la région.
Comme ça, tu resteras auprÚs de moi, tu veux bien ? Pierre-Marie, va voir, il y
a un agneau qui s'échappe, là .
Allez ! C
'est
un bon cavalier, hein ? Mais c'est un garçon un peu... timide, non ?
Fermé.
Comme vous dites, contraire de sa mĂšre.
Elle est morte quand il avait 8 ans et depuis, Ă double tour.
Oh, merci.
Par l'arabe.
Tu veux que j'y fasse ? Ătre associĂ©, ça ne veut pas dire qu'il y en a un qui
travaille et l'autre qui dort.
Putain ! Ne te fatigue pas, va.
BientĂŽt, ni toi ni moi, on a besoin de travailler. T'as entendu la radio ?
Giraud, il les rappelle tous sur les drapeaux.
Ă cause des Allemands en Tunisie. Je m'en fous, moi, je suis la famille.
Quelle malheur, cette guerre.
Camille, mon fils, quel ùge ça te fait, maintenant ? 33.
Pourquoi ? Quel dommage, tu ne sois pas encore marié.
Regarde la petite Ben Soussan.
Tu as vu le cul qu'elle a ? Qu'est-ce que ça veut faire ?
Ils finissent tous par grossir. Un peu en avance, c'est tout.
Je t'en prie, mon fils, marie-toi.
Regarde, mĂȘme Messaoud, il est fiancĂ©.
DĂ©pĂȘche-toi, Messaoud.
La glace, elle va fondre. Eh oui, mon fils, elle va fondre.
Allez.
C'est eux qui te disent.
Au revoir, papa.
Bonjour, M. Castelli.
Bonjour, Gubi.
Ăa va, ton pĂšre ? Ăa va, il est libre. Et la glace, elle va fondre.
Bonjour, M.
Castelli. Ăa,
c'est vrai, Mme Castelli. Il n'arrĂȘte pas de vous regarder.
Il a choisi le bon numéro, hein ? Il est beau.
Il n'y a rien Ă dire.
La 48-49. VoilĂ .
va rejoindre sous les huiles des Algérois les cachots humides de la
forteresse Barberou.
Mais dans un sursaut désespéré, les forces de l'Axe ont bombardé le fort et
l'agglomération d'Alger.
Heureusement, la DCA veillait.
C'est un cadeau de Walter, ça.
Tu sais quoi ? Je crois que je suis le mauvais.
Oui, mais avant que tu t'attentes une fois avec elle, t'as pas la classe.
Ou lĂ , ton pantalon.
Vous avez pas une cigarette ? Vous fumez ? Bien sûr qu'elle fume, évidemment qu
'elle fume.
Les femmes, elles fument maintenant, ça rend un peu babard.
Hein ? C'est pour ?
Vrageux combattants français infligent une série de revers aux troupes
allemandes d'Afrique, aujourd'hui sur la défensive, mais qui occupent toujours,
hélas, le sol de la mer Patrick.
Vous savez, mademoiselle, moi, c'est quelqu'un qui me fait beaucoup rire,
mademoiselle. Et pourquoi ? Ă cause des dents. Ăa me fait rire. Ăa commence. Eh
bien, ça commence.
Bonsoir, mademoiselle.
Hein ? Quoi ? Ăa commence.
AĂŻe ! C'est bon.
Moi, je mets un peu moins d'ail.
Mais chaque Italien a sa recette pour les spaghettis.
Aïe, aïe, aïe. Qu'est-ce qui m'énerve ? Je bosse à pleurer.
AĂŻe, aĂŻe, aĂŻe.
Allez, Benjamin, prends-le un peu. Prends-le, prends-le. J'aime pas les
bébés. Ils sont toujours mouillés.
Mets-le dans la poussette, alors.
On va se régaler.
Allez, allez, allez. Ils ont l'air morts.
Léon, encore le rap ? Tout le morceau que je t'ai dit encore, je l'ai rappé.
Elle en a tout.
Léon, Léon, allez.
Sers un peu, regarde.
Fermez, Léon.
Qui dirige cette ville?
Il veut dire le maire.
Le maire, c'est Ătienne.
Ătienne Labrouge, c'est mon ami. Non, non, non.
L'homme qui contrĂŽle la ville.
Tu sais, qui s'occupe de tout.
Le boss.
Il n'y a pas de boss Ă Sadira. Chacun, c'est son patron, hein?
Doucement, Benjamin, tu m'as étouffé.
Elles sont délicieuses. Vraiment, very good.
Le boss qui pense Walter, il a peut-ĂȘtre un ici. Qui?
Lui. Lui.
Lui ? Moi ? Comment moi ? Oui, toi.
Tu sais tout. Les gens, ils te parlent au café, ils te demandent conseil, tu
leur rends des services, oui ou non ? Il a raison.
Je n'avais pas pensé à ça, moi.
C'est vrai, hein ? MĂȘme des fois, tu nous fais un peu peur quand tu cries.
Bon, qu'est-ce que vous racontez ? Je n'ai jamais fait peur Ă personne, moi.
N'empĂȘche que les gens, ils te respectent. Ăa, c'est vrai. Ils me
respectent, les gens.
Mais ceux qui ne me respectent pas, je leur casse la tĂȘte.
Comme sa mĂšre, ce gosse-lĂ , on allait lui donner un sucre avec de l'anisette.
Il m'a aimé un pourri des spaghettis. D'accord.
L'anisette ? Oui.
C'est comme sa mĂšre, la cuivre en sel.
C'est trop chiant, ce gosse-lĂ . Tu peux pas croire, il est trop chiant.
Hey, Bill, come over here.
Ce Coca-Cola, la biciclette, nous avons tous.
Et demain, deux autres cargos. Comment, Léon ? Deux autres cargos pleins comme
cela ? VoilĂ , hein ? Ouais, maman.
Regarde.
Tout ça, c'est à nous.
C'est la caserne d'Alibaba, lĂ .
Je t'avais dit, Léon. Tout.
Cigarettes, whisky, conserve, couverture, tout pour la PX.
Magasin militaire pour les GI.
Et moi, je suis le responsable. Le chef.
Tout ce qui entre, tout ce qui sort, je mets dans le tampon.
Alors, maintenant, Léon, toi et moi, yes or no?
Attends, attends, il faut que je réfléchisse.
C'est grave, le marché noir.
C'est grave de détourner des marchandises.
Ăcoute, dans la guerre, il y a les hommes qui meurent et les hommes qui
deviennent riches.
Moi, je veux devenir riche. Et toi?
Et moi, moi, je ne veux pas mourir.
Tu vois bien.
Dis-moi, ton nom.
Il s'appellerait pas le Capone, par hasard.
Vous
savez
que ça devient dangereux de se promener en ville, hein ? Avant-hier, les soldats
américains, ils ont suivi Josiane Illouzi.
Et alors ? C'est tout ? Eh ben lĂ , il part, tiens !
C'est le rat qui m'a venu.
C'est quelque chose, hein ? Chaque fois que j'ai le dos tourné, il faut qu'il
mange n'importe quoi.
Comme son pĂšre.
Norbert, une fois quand il avait dix ans, il a avalé son rond de serviette.
Mon Dieu, qu'est-ce que vous avez fait ? Rien du tout, on a attendu qu'il aille
au cabinet.
Ăa va l'ourler maintenant ? Je sais pas.
Eh bien, venez voir.
C'est pas un peu trop court, non ? C'est la mode américaine, dites.
Et puis vous avez des jolis jambes, il faut les montrer.
ArrĂȘtez !
Votre fils, il va ĂȘtre jaloux, peut-ĂȘtre.
Norbert, laissez-le qu'il soit. Ăa lui fera des souvenirs.
Mieux d'avoir une femme jolie qu'un oursin, non ? Qui c'est ? C'est rien, c
'est un Américain.
Paris, viens. Hello.
Hi. Hi.
I got this parcel for Mr. Castelli.
It's in size and sheer mountain.
Castelli, c'est mon mari. Allez, yes, venez, venez ici poser ça là .
Qu'est-ce que c'est que cette malle encore ?
Celui-là , depuis qu'il me fréquente, ce Walter.
Eh bien, l'orodette, aidez-moi au lieu de rester plantée là .
Oh, il y a des disques.
Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que c'est que ça ? Serge Franklin.
Good music.
Put it on.
Oh, pick-up. Pick-up, yes, yes, venez.
Pick-up.
Et en avant le cornebif.
Et du whisky, évidemment.
Je ne sais plus oĂč les mettre.
Comme il est beau.
Mais comme il est...
Du beurre de cacahuĂšte.
Allez, allez, allez. Direct Ă la poubelle.
Mais qu'est-ce que c'est que ce tissu affreux ? Quelle horreur.
Non,
non, non. C'est pas assez.
Je t'avais dit.
Dans le village.
Et c'est tout, c'est tout, ramĂšne ! LĂ , lĂ ! Comment c'est
tout, c'est ta part ? Tu rigoles ou quoi ? On fait tous les douars, tous les
villages. Tu avais promis de ne plus me donner des francs. Les francs, c'est
merde, je veux pas. Mais comment tu veux qu'ils trouvent des dollars dans les
montagnes, oh ? Demain, de l'or, des bijoux, des colliers.
Ils ont beaucoup, les érables.
OK, Léon ? Allez, allez, au travail, oh !
On va ? On va. Bon, je vois les risques, on va.
Bon, mais Saoud, arrĂȘte-toi, ça suffit maintenant. Tu nous casses la tĂȘte, hein
? C'est toi, mais Saoud, arrĂȘte
! ArrĂȘte.
Bouli et bouli ! AĂŻe, mon ami ! La bĂȘte, c'est ce qu'il dit ! AĂŻe et bouli ! Tu
as encore grossi, dis-donc ! Il faut mettre un pantalon plus grand, hein !
Les dieux me donnent beaucoup ! Et toi, tu donnes rien aux autres ! Allez,
régale-toi ! Ouvre, ouvre ! Qu'est-ce que tu m'as porté aujourd'hui ? Voilà !
Du sucre, de l'huile, de la farine, des couvertures kaki pour faire des
pantalons inusables. Chaud, bien sûr ! Des splendides pyjamas ! Allez, montre
-lui, va ! PremiÚre qualité américaine, directement du bateau d'Ouart. Tu veux,
tu prends ! Regarde !
C'est pas du cochon, c'est du boeuf. C'est écrit bif.
Ils ont ajouté cornette, ça veut dire corne. T'as déjà vu un cochon avec des
cornes, toi ? Alors, c'est tout.
La femme est là , couchée ? Oui, monsieur.
Qu'est-ce que c'est ? Un garçon.
C'est bien.
M. Labrouche, il est content quand vous faites des garçons.
Tout ça, aprÚs, il travaille à la firme.
Donne-lui trois francs. Et demande un peu de lait à l'étable.
Merci, monsieur.
Suivant.
M. Labrouche, il voulait te parler.
Allez !
Donne-lui sa semaine quand mĂȘme.
Il ne faut pas s'endormir.
Il va falloir y aller.
Compris ? Ce n'est pas assez, ça.
On ne peut pas manger avec ça.
La femme et les enfants, ils ont faim.
Mme A, tu prends ou tu t'en vas ? Tu me cherches ?
Baisse les yeux.
Tu baisses les yeux, oui.
Tu vas baisser les yeux, oui, enfoiré.
Ah bon ?
Je
me dis ! Qu'est-ce que t'as, toi ? Restez, je m'en occupe. Ne faites pas
boire.
Il s'est attendu encore ? Suivant !
Dis-moi, suivant.
Bonjour, Pépé.
Allez, viens.
Dis bonsoir Ă ton pĂšre.
Bonne nuit, mon chéri.
Bonne nuit, Solange.
Viens, maintenant.
Non, papa.
Allez. Et voilĂ .
Applaudissements.
Vous allez bien écouter ce que j'ai à vous dire et le répéter à tous ceux qui
ne sont pas lĂ .
Cette nuit, il s'est passé quelque chose de grave.
De trĂšs grave.
Mokhtar, il a voulu faire le malin.
Il m'a volé de la farine, des moutons, deux fusils de chasse.
Joseph
va
vous donner un peu d'huile, de la farine.
Allez, au travail.
Merci, monsieur Etienne. Tu es gentil comme ton pĂšre.
Allez. Au travail. Au travail. Allez, pissa.
Pissa.
Alors, qu'est-ce qu'on a fait?
Bonjour, les enfants.
Vous en avez fait des choses.
Regarde le fleur que j'ai cueillie pour maman. C'est joli, ma soeur.
Il y a un petit agneau qui est né cette nuit.
Vous voulez aller le voir ? Climane, montre-leur, lĂ -bas.
Et n'y touchez pas.
Vas-y, rappelle.
Ăa vous rĂ©ussit, vous, la promenade ?
Titouti, elle est encore lĂ , Mlle Landry ? Elle est avec ma sĆur, elle prend sa
robe. Monsieur le maire, je suis bien content de vous voir.
Qu'est-ce qui se passe ? Eh bien, si vous pouviez m'avoir quelques tickets de
rationnement en plus.
Pourquoi ? Messieurs, c'est Ă cause des sondages de notre maison.
Ils ont mis la DCA sur notre terrasse. Alors, il faut les nourrir.
Surtout celui-lĂ .
Il n'arrĂȘte pas de manger. Tous les jours, il nous fait un plat de chez
nous.
Bon, je vais voir ce que je peux faire.
Ah, merci, monsieur le maire.
Fortuné !
Tu as encore vu du mal de Charlie derriĂšre mon dos. Tu vas lui mettre les
yeux. Mais c'est mauvais, je n'ai rien dit.
Ah bon ?
Vous en voulez encore
? Il y en a, il y en a.
VoilĂ ,
j'arrive.
Excusez-moi.
Je vous emmĂšne ? Oui, merci.
VoilĂ le fond de mer.
Ah, c'est pas Algiers ou Oran, mais on a de jolies plages quand mĂȘme, lĂ -bas,
derriĂšre la digue.
Ăa, c'est le plus vieux boulevard de Tachira.
Regardez ces palmes.
Tout au bout, je vais faire mettre la statue de Janda.
C'est notre sainte patronne.
Vous voyez, c'est tout petit, Tachira. On en a vite fait le tour.
Vous savez qu'on parle beaucoup de vous, ici.
Ah bon ? Comment vous vous sentez ?
Vous ne parlez jamais, hein ?
Ăa,
c'est la plaine d'Elborch.
La terre des Labrouches depuis quatre générations.
C'est beau, hein, Sylvain ? Chaque fois que je passe par ici et que je regarde
ce paysage, je suis fier.
Ici, c'est l'Agonais. Vous voyez passer, bien. J'y étais souvent avec Pierre
-Marie. Il y a des poissons énormes.
VoilĂ .
Le lac Noir.
Vous ĂȘtes pressĂ© de rentrer ? Vous voulez pas qu'on se promĂšne un peu ?
Pourquoi pas ?
Vous savez qu'il est amoureux de vous, mon fils.
On s'entend bien, c'est tout.
C'est mon coin préféré.
Il y a une lumiĂšre ici.
MĂȘme si on me crevait les yeux, je crois que je la garderai toujours.
LĂ , derriĂšre les paupiĂšres.
Tout va
bien
? Mettez le chapeau.
Léon ! Léon, je peux prendre maintenant, si tu veux.
Tout de suite, alors, hein ? Oui, allez bien. J'arrive.
On m'a ! Deux sélectos, deux morels, une anisette et une biÚre.
Bonne année, Teddy. Léon, la politique, c'est important.
La politique.
Regarde Arlan.
Il y a un Vichy collaboré aujourd'hui à Gilles. Il embrasse les Américains sur
la bouche.
Il y en a d'autres qui les embrassent, les Américains.
Et ils n'ont pas besoin de faire de la politique pour ça.
C'est pour moi qu'il dit ça, Carrasco.
T'es toujours aussi con.
Tu vois le famille depuis qu'ils sont lĂ ? Qui ? Tu n'as pas plus de clients Ă la
droguerie ? Non.
Tu vois ? Ăvidemment, une droguerie.
Et puis, de toute maniĂšre, Carrasco, je t'aime pas.
Depuis l'école communale et le cours élémentaire.
Et puis, un jour, j'ai dit, je vais te mettre un taquet et je vais te casser
toutes les dents.
VoilĂ .
Ah, Sylvette.
Vous aimez bien les chevaux, hein ? J'ai vu tout de suite. Vous avez une façon de
les regarder ? Cela, c'est incroyable. Si ce n'est pas moi qui la bouchonne, le
lendemain, elle me fait la gueule, toute la journée.
Regardez-la, lĂ .
Ah, elle ne vous connaĂźt pas, lĂ . C'est la curieuse des oreilles, hein ? Ah,
doucement, ma belle.
Ă la prochaine, n'ayez pas peur.
Vous voulez ? Essayez-la.
Oh, mais plus fort ! Ah là là ! Pas un bébé, ça ! Allez ! Là ! Là !
VoilĂ ! Ah ! Viens !
Alors Léon, tu as acheté la voiture comme la reine d'Angleterre ? Léon,
attention au volant ! Il n'a rien, il n'a rien le volant !
Alors Simone, comme une femme de colonne maintenant ! Allez, roulez !
Je
croyais
qu'elle marchait comme une fusée, cette voiture.
MĂȘme les Ăąnes, ils nous doublent.
Simone, tu dis encore un mot sur la voiture.
Rien qu'un mot.
Je me suis des mains sur ta figure.
Ah, c'est rien, papa, c'est le Delco.
Le Delco, j'en étais sûr.
Je me demande pourquoi on est obligés d'y aller.
Parce qu'aujourd'hui, c'est l'anniversaire de M.
Honoré qu'on est invités.
Il nous invite toujours. L'année prochaine encore, tu vas me demander
pourquoi ? Toi, il t'invite.
Parce que le vieux, il t'a connu tout petit à cause de ta mÚre, qu'elle était
leur bonne.
Leur bonne ? Non, mais qu'est-ce que tu racontes ? Ma mÚre, c'était leur
cuisiniĂšre. Et n'empĂȘche qu'on Ă©tait Ă©levĂ©s ensemble avec Ătienne.
Lui au salon et toi à l'écurie.
On peut y aller pas, c'est rĂ©parĂ©. Vous ĂȘtes en panne, monsieur ? Non, non, non.
On se repose un peu Ă l'ombre.
Vous allez chĂȘner la brouche ? That's right.
On arrive, on arrive.
On ne nous a jamais parlé de sa parenté avec le chou-merger. Oui, je me
souviens. Quand, honnĂȘtement, nous trouvons l'affaire, sa mĂšre Ă©tait partie
en premiĂšre dose avec un colon.
Ne t'en fais pas.
Pendant le déjeuner, je t'ai vu, tu étais ailleurs.
Non, non.
Bien, rien.
Si tu veux me parler, tu parles. Tu sais que... Pépé,
Pépé, est-ce que je peux aller jouer avec les oiseaux ? Tu as peur de m
'appeler Pépé ? Allez, oui, vas-y. Et attention que les oiseaux, ils ne te
mangent pas.
Est-ce que je peux rentrer avec vous ? Oui, oui, je
suis tout par lĂ .
C'est la petite, là , hein ? Dis-moi, Raphaël, comment elle s'appelle, la
biche ? Celle-lĂ ,
dĂšs que je l'ai vue arriver avec son petit chapeau, le panneau d'Angers s'est
allumĂ© dans ma tĂȘte.
Tout de suite, je me suis dit, elle n'est pas comme les autres.
Tu es amoureux ? Ben oui.
Je ne sais plus oĂč j'en suis.
Tiens, j'ai 50 ans, mais je me sens plus jeune que mon fils.
C'est pour dire.
Tiens, c'est tout, gamine.
Tu crois que je ne le sais pas.
Ăa arrivera Ă quelqu'un d'autre, je trouvais ça... Merci.
Oh !
Le roi ! Le roi, le roi !
Comment tu te trouves ? Bien, bien, trĂšs bien.
J'ai acheté le cash comme tu m'as dit.
Tout a bien travaillé.
Alors, je veux te présenter Bill, le grand chef de la police militaire.
Bill, je veux te présenter Leon. Leon Bill, Bill Leon.
Ok. Je parlais avec Bill et il a dit d'accord.
C'est vrai, Bill ? Oui, c'est vrai.
Il faut lui donner 10%. Ce n'est pas possible, 10%. Ecoute, Leon.
Bill, c'est la police militaire.
Quand il ne veut pas voir, il ne voit pas. Mais quand il veut voir, jette.
Il voit trĂšs bien.
Avec 10%, il est aveugle. Dis-lui 5% rien qui déborde. Il voit 5%, OK?
Five.
No way, asshole.
Bon, puisqu'on ne peut pas discuter, tu vois, il y a deux sorties.
Ils pourront mĂȘme venir par la mer ou par la gare.
Néant!
Les dollars, ils vont tomber du ciel.
Six mille soldats américains qui sont, oui, six mille ! Avec Tadjira, c'est une
mine d'or. Il peut presser comme un citron.
Beaucoup, beaucoup de dollars, capiche ? Léon, we're gonna make a fucking fortune
!
Putain, les cuisses qu'elle a ! Et donne les allumettes, donne.
T'es toujours amoureux, toi, hein ? Je suis une Française, attaque directe,
coulo au cÎté, au lieu d'y tourner autour, comme ça.
Mais je suis timide, moi, comment il faut que je te dise ça ? Oh, t'es
timide. C'est en zone que t'es timide, hein ? On attaque le radiateur, hein ?
Attaque plus bas ! Plus bas ! Et toi
aussi, plus bas !
Bonjour, mademoiselle Sylvie. La bibliothĂšque ? VoilĂ .
Rien ?
Eh
bien voilĂ , mes copains.
Je suis sûr que vous saurez trÚs bien animer le patriotisme de nos populations
indigĂšnes. La France a besoin de soldats.
Messieurs, je sais oĂč se trouve mon devoir.
Vous passez voir votre fils ? Il fait du trĂšs beau travail.
Merci, monsieur le maire.
Vous n'aimez pas beaucoup
ces intellectuels bougnots. Alors, mon colonel, les Rahals sont nos alliés et
nos amis, ils nous aideront.
Excusez-moi.
Allez, au camion, au camion, lĂ . Allez, on dĂ©pĂȘche. Allez, allez, allez.
Vous voyez ? OĂč est ce volontaire ? Comment qu'Ă faire ? Volontaire.
On montre les paquets et aprÚs on perçoit le factage. Attention, on casse
le dos.
Attention Ă la couverture.
Alors, c'est les paquets, lĂ . Vous avez tous, lĂ ? Ah non, c'est les paquets,
lĂ .
Ăa, c'est la meilleure de l'annĂ©e. Celui-lĂ , il est français.
Il a le carte d'identité. Pourquoi tu ne le dis pas, bourricot ? Parce qu'on ne
me l'a pas demandé, sergent.
VoilĂ mon livret militaire.
Lieutenant de réserve ? Excusez-moi, mon lieutenant, mais avec tous ces types qui
refusent de partir en ce moment... Oui, oui, je sais. Les bougnoules, si on ne
va pas les chercher, ils ne se dérangent pas.
On fait notre boulot et ce n'est pas facile, croyez-moi, en ce moment.
Bon, ne mettez pas de pieds.
Sous-titrage
Société
Radio-Canada
When I was a little bitty baby My mama would have got me
In them old cotton fields
back home It was down in Louisiana
Just about a mile from Texarkana In them old
cotton fields back home
... ... ... ...
Ăa y est, j'en ai un. Bloque le moulinet.
Comment ça bloque ? Bloque-le, malheureuse. Tu vas me laisser partir.
Le frein.
Mets le frein. Oh, mon Dieu.
LĂ .
Oui, bon.
C'est bien fait d'amener des rouges.
Allez, ramĂšne tout.
Tu veux un ticket de whisky ? Oui.
50-50 de corn and beef ? Oui.
Alors, oĂč est la semoule ? Bon.
Oh ! Elle est là , la semoule ? Mais non, mais ça ode le piano.
Pas tout seul.
Oui, si fort, si peu.
Allez, les enfants, allez.
Qu'est-ce que c'est ? Mais ça ode.
Ăa ode.
Come on, girls!
Come on!
Youhou! Oh!
Hi! Hello!
Oh! Hey!
Non, non, ça, ça, non, ça, ça, ça va pas. Ăa, on peut pas. C'est pas
possible. C'est une petite ville, ici, Tadjirao.
Pas de problĂšme, lĂ . Pas de problĂšme.
Bon, on a jamais dit qu'on faisait travailler les petits gens, quoi. Merci,
si tu comprends.
Hey!
Putain! Qu'est-ce qu'il y en a ? La brune en bleu, lĂ , c'est pour le pic.
Viens, viens, viens.
Rassure-toi, elles sont juste dansées avec les G.I.
Taxi girl, comme ça.
Oh, get it, boys.
Oh, trÚs hygiénique.
Hygiénique, hygiénique.
Adjira, vous l'enlĂąche.
Tiens donc, Benjamin, tiens donc.
En cinq minutes, Léo.
Heureusement qu'il y avait le métrage.
Et d'oĂč elles sortent, ces filles ? Mais je te l'ai dĂ©jĂ dit, il les a fait venir
d'Alger.
C'est des orphelines, des pépites de la nation.
En tout cas que je ne te vois pas tourner autour d'elles parce que je te
fais le scandale.
ArrĂȘte, dĂ©pĂȘche-toi, Benjamin.
J'ai pas que ça à faire, moi. Dis-le. Dis, en essayant, je sais pas quand on t
'amĂšne la voiture au garage.
Elle te plaßt ? Léon ! Je te mets la martingale derriÚre,
comme Gary Grant. Comme Gary Grant ? Mets la martingale.
Attention, hein.
Bonnel, il a l'Ćil, hein.
La martingale, c'est bon. Bonnel, de quoi je me mĂȘle ?
Tu sais qu'il va tout surveiller. Donne-lui un pot de spécial, hein.
Comme de la banane Ă cuisines.
Ouais,
force au pli. That's fun.
Dites-moi, vous pouvez, quand c'est fini, vous payer un dollar, hein. C'est
le meilleur.
TrĂšs bien.
Allez,
les taxi-girls.
Hey, what's up?
Sweetheart To be with you is paradise
And when I look into your eyes
It's just like heaven
Sweetheart
No words could ever say it right
It's swell to be with you tonight And hold you
near
C'était pas une bonne idée ? Une bonne idée ? Je l'aime ! C'est Las Vegas ! Las
Vegas !
J'admettais que mon mari allait voir les putes Ă Alger.
Mais jamais je n'aurais pensé qu'il les culbuterait chez moi.
Sous mon toit.
J'avais confiance.
Confiance.
Cet amour que tu apprendras peut-ĂȘtre un jour.
Avec les amis.
En attendant, tu t'en vas.
Et vite.
Tiens, moi c'est bien.
Regarde ! Regarde ! Bonne nouvelle, mademoiselle !
Vous faites ça pour la route toute seule demain matin, hein ? Allez, donnez,
donnez-moi, donnez-moi ça.
A ouf ! A ouf
!
Ce n'est pas notre chemin.
Vous voulez rentrer en mĂ©tropole. Vous ĂȘtes pas bien ici.
Le soleil, la mer, les amis, ça ne manque pas.
Et puis du travail, vous pouvez en trouver.
Ah non, du travail.
Vous pouvez en trouver, non ? Mais bien sûr qu'elle peut en trouver, du travail.
Jolie comme elle est.
Je crois qu'Ă ta place, je lui proposerai.
Tu vois.
Propose-lui.
Tiens, si tu veux que je te le dise.
Ăcoute, papa, c'est pour louer Jeddah, le forage.
Tu ne vas pas passer des heures et des heures Ă relire.
Tu as qu'Ă signer lĂ et lĂ .
Ah, elle est cassée, cette plume.
Tu n'en as pas une autre ?
Tu fouilles dans les affaires, maintenant ?
Excuse
-moi.
De toute façon, ça va pas ĂȘtre important.
Ah,
midi moins tard, déjà . Putain, j'ai mal dormi.
Bonjour, maman.
J'écris à Rémi que tu t'appliques avec la langue, là .
Si c'est pas moi qui écris à ton fils, qui c'est qui va le faire ? Et monsieur,
là , il s'est installé ici, il bouge plus ou quoi ? Un petit café bien noir,
mademoiselle. Avec des tartines.
Alors, Benjamin, Walter, il t'a livré la machine à coudre ? Oui, Léon, c'est un
dernier modĂšle.
Alors ? Elle est pas jolie ?
Elle vous plaĂźt pas avec son petit tablier blanc ? Hein ? Bande de chacals
que vous ĂȘtes ! Que j'en vois un seulement qui tourne autour d'elle !
Rien qu'un ! Just one ! Mademoiselle ? Qu'elle vient
parler, Léo ? Rémi ? Fait toujours son droit à Alger.
Le droit, le rond, le carré, va savoir.
Dis-lui que je me suis fait un ami américain, mémé. Et que tu passes toutes
tes nuits dans ton hangar, je lui dis aussi.
Et que celui-lĂ , il passe sa vie Ă te regarder, tu lui mets aussi, hein ?
Tchac ! Eh, moi, au salon.
Vous avez le temps, lĂ , en ce moment.
Bonheur ! Tu as encore dit du mal de moi derriĂšre mon dos.
Moi, Léo, c'est pas vrai.
Sur la vie de ma mĂšre, que mon Dieu me trĂȘve les deux yeux. Qui c'est qui t'a
dit ça ? Bonheur, il lui nique toutes les dents. Qui c'est qui t'a dit ça ?
Personne.
Je voulais savoir si tu m'aimais. Il m'aime, il m'aime, bonhomme.
Un café, s'il vous plaßt.
Avoir du sucre.
Sylvette, j'ai besoin de toi.
Je t'aime d'un coup.
Je t'en prie.
Je t'en prie.
Mais non, Ătienne, tu sais bien que c'est fini.
De toute façon, je serai partie.
Ta femme a eu raison.
Je me fous de ma femme, Sylvette.
Tu ne vois pas comment je suis.
Tu ne vas pas.
J'ai envie de toi.
J'ai envie de ta peau.
Je ne pense qu'Ă toi.
ArrĂȘte.
ArrĂȘte, je te dis.
Tu vas venir avec moi.
On va foutre le camp tous les deux.
Mais qu'est-ce qui se passe ici ? Mais qu'est-ce que c'est ? Mais c'est la boxe
ou quoi ? Qu'est-ce qu'elle a la tĂȘte lĂ ? Enfin tiens, qu'est-ce que c'est ce
scandale ? C'est pas bien ça ! C'est pas bien ! Elle t'a rendu fou !
Bon allez, laissez-nous tout les aller.
Allez, viens.
Tu crois que je t'avais pas vu quand tu tournais autour du café ? Je t'ai vu.
J'ai rien dit, mais j'ai compris.
Je t'avais prĂ©venu, Ătienne.
Seulement, qui c'est qui résiste à notre ùge quand une jeune, elle passe ? Tu es
vieux, Ătienne. Elle veut plus, elle veut plus.
Tu comprends pas, hein ? J'aime pas te le dire, mais c'est vrai.
C'est vrai.
Non, mais regarde-toi.
Qu'est-ce que tu espĂšres avec Sylvette ? Tu crois que tu vas la sauter dans ta
cave, entre deux caisses de caquina ? Rembourse-toi.
Dis donc, Ătienne, tes grands airs et ton pognon, j'en ai rien Ă foutre, moi.
Rien ! Pour donner des leçons aux autres, tu es le roi, toi.
Seulement cette petite, vous l'avez renvoyée comme une malpropre au beau
milieu de la nuit.
Alors dis-toi bien que maintenant, elle fait partie de ma famille.
De ma famille.
Elle est comme ma fille.
Et la fille de Léon Castelli, personne n'y lÚve la main dessus.
Ăa, tu as compris ? Pauvre type.
Tu as toujours été bon qu'à ça.
à venir grappiller mes restes dÚs que j'avais le dos tourné.
Maintenant, tu vas sortir de mon café, vite.
Et tu vas vite monter dans ta voiture.
C'est clair.
On n'a plus rien Ă faire ensemble.
On n'a jamais rien eu Ă faire ensemble.
Ăa brĂ»le et t'as rien vu.
Qu'est-ce que t'as fait ça ? Ah ! T'as parlé, oui ?
T'as parlé, oui ?
Qu'est-ce qui s'est passé ? Je n'en sais rien, il ne veut rien dire.
Vous avez vu tous ces moutons égorgés ?
Bogtar qui s'est sauvé dans la montagne ?
T'en parles quoi ? L'enculé !
Vous avez prévenu.
Allez, ramenez ça à la bergerie.
Allez, allez, fils.
On a essayé de discuter, mais il a tout de suite sorti le fusil.
De toute façon, c'est un fouteur de merde.
Légitime défense, monsieur le maire.
On le mettra au rapport, hein ? TrÚs bien, Pérez.
Merci.
La liberté, monsieur la broche.
Contre ça, vous ne pouvez rien.
Let's go, Luke.
Vous serez bientĂŽt parti, colonel.
Et quand vous aurez quitté notre pays, on se retrouvera avec les Arabes comme
avant. Comme toujours.
Allez, on travaille. Yalla ! Yalla ! Ferme-moi !
Donc, coûterai-moi du Mokhtar.
a préparé un petit spectacle, un petit show, rien de prétentieux, mais...
Telle blouson.
Les galons. Et tout l'uniforme.
Hey, you settlement, you sold your boy, lucky guy.
What a lovely night for six and five, it's all right. Welcome in.
Dans ta Jeep.
Moi, je suis cool, je suis une Lucky's Freak.
Comme un Hollywood.
Si t'étais Fred Astaire, on serait ginger. Alors, vous notez tout,
monsieur. On danserait 20 000 heures.
Swing baby.
In the mood, in the mood.
Hey, you say no man, you say no man. Il y a encore des jeux, lĂ -bas.
Carrasco, il est dans la salle avec MaĂźtre Rall.
Je veux le faire en France 4, des jeux.
Qu'est-ce que je te dis ? Pour des autorisations, on les a pas.
Mes autorisations, je me les mets lĂ . Tiens, Walter, il est tout dehors.
Il n'est surtout pas le vieux de Blasiat.
C'est une pétition.
Tu ne sais pas lire ? Carrasco a déposé une plainte à la préfecture de police.
Si tu ne fermes pas ton hangar, tu seras obligé d'envoyer la force publique.
Fermer le hangar ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Je suis sûr que c
'est toi.
C'est toi qui as tout malégancé.
Tu n'as jamais pu faire les choses par devant, alors tu agis comme un sournois.
Tu ne supportes pas que les gens t'échappent.
Pour Sylvette non plus, tu n'as pas supporté.
La rage qu'elle soit partie ! Mais tu bavardes !
Léo, je suis le maire ici.
Demain, si je veux, il n'y a plus de marché noir, plus de Castelli, plus
rien.
Etienne, je te préviens, si tu touches un cheveu de mon regard, c'est la guerre
entre nous.
Chez les labos, on est cocu de pĂšre en fils.
Bravo, Sylvette.
C'est toi qui as écrit ça ?
Le pilote, il est fort, lĂ . T'as vu les loopings ? C'est un T6.
C'est un T6. Il me casse les oreilles. Il a gagné par un looping chez sa mÚre.
Putain ! Encore combien, ZabĂ© ? T'es pas restĂ© assez longtemps. Ăa fait mĂȘme pas
trois minutes.
Remets la tĂȘte, M. Oudre. Remets la tĂȘte.
RĂ©mi ! RĂ©mi ! Norbert ! ArrĂȘte de faire le bĂȘte, il est lĂ ton frĂšre
!
Mais
alors toi, tu t'engages, tu dis Ă personne. Mais putain, le frĂšre... Tu
vois la tĂȘte de maman, dĂ©jĂ qu'elle avait peur quand on faisait du flĂ©cique.
Oui, les pilotes, je te dis. C'est lui qui était dans le ciel tout à l'heure.
Alors, allez, viens manger.
Alors, tu te bats en Tunisie contre les Allemands dans le ciel, comme ça ? Ben
oui, dans la chasse.
Aujourd'hui, je n'avais pas de mission et puis d'un seul coup, j'ai eu envie de
vous revoir.
Je me suis posé sur le terrain.
Rémi,
tu crois qu'il me prendrait, moi, les Américains, comme mécanicien ? Oh,
putain ! Alors là , tu montes dans un avion qui l'a réparé, lui.
Au revoir, Rémi.
C'est bĂȘte ?
Je suis avec toi.
Allez ! Attendez.
Vous ne voulez pas mettre ça dans le buffet ? Ils ont tellement d'argent.
Ils mettent la main dans la poche pour s'en faire le peine. Il y a un billet de
100 dollars qui tombe au cou ou par terre.
Tu crois qu'ils s'en aperçoivent ? MĂȘme pas qu'ils s'en aperçoivent. C'est pas
vrai ?
Mais les Américains, ils vont pas tarder à partir.
En Tunisie, c'est presque fini.
Eh bien, tant qu'ils sont lĂ , je profite avec ce hangar. Moi, je m'en fous des
dollars. C'est pour que les Castellini soient plus jamais pauvres que je fais
tout ça.
Comment tu veux devenir riche dans ce pays si t'y es pas collant ? Les
Américains, ils donnent.
Je crois.
Et que un, ils essayent de m'empĂȘcher. Pas deux, un.
OĂč est-ce qu'elle est ? OĂč est-ce qu'elle est ?
C'est Carrasco, c'est sûr.
Alors si c'est Carrasco, c'est chrétien, il les a laissés faire, c'est signé.
C'est lui.
C'est pas grave, l'Algérie c'est fini pour nous.
On va tout partir, c'est fini.
Vite les enfants, vite, vite.
Je vais maintenant vous communiquer les dispositions testamentaires de M.
Labrouche Honoré, mon client.
Auparavant, je voudrais vous donner lecture d'une lettre manuscrite en date
du 25 mars 1940.
Voici.
Moi, Honoré Labrouf, Saint de corps et d'esprit, déclare.
Toute ma vie j'ai porté un lourd secret dont je voudrais aujourd'hui me libérer,
avant que Dieu ne me rappelle Ă lui.
L'événement que je vais évoquer devant vous remonte à bien des années.
Coupable je l'ai été.
Dans un autre pays, et en d'autres temps, je réagis différemment.
Mais il y avait le domaine, mes responsabilités, le nom des labrouches.
Qu'est-ce que tu fais dans le noir ? Je sais pourquoi
le vieux labrouche me donnait toujours des piĂšces d'or.
Faut savoir.
Il était fou le pauvre, non ? Non, il n'était pas fou.
Vous avez été élevés ensemble.
Alors qu'ils soient ton demi-frÚre, qu'est-ce que ça change ? Regarde un peu
ce que papa écrivait sur son fameux livre.
Il écrivait le temps.
Le temps ? Comment le temps ? Ăcoute.
Mardi, 2 septembre 1922, beau temps.
Légétirus matino.
Vent d'Ouest.
Dominant.
Jeudi 7 août 1937, il avait gardé l'appareil.
Tant couvert et pluvieux.
Peu de s'apparition du son.
Du soleil, l'aprĂšs-midi.
Les marques dans le coin.
L'essence de Raphaël.
Et ça, qu'est-ce que c'est ? Photo.
C'est elle, la maman de Léon.
C'est vrai, vous vous ressemblez.
Je l'aimais, ce vieux, tu sais.
Quelquefois, il avait des petits gestes.
Quand tu étais petit à la ferme, je te l'ai jamais dit, il me prenait contre
lui, il me regardait.
Il me regardait dans les yeux, longtemps, longtemps.
J'en avais la chair de poule.
Il aurait peut-ĂȘtre pu le dire avant, quand mĂȘme, que tu Ă©tais son fils.
Non, non.
Non, il a eu raison.
Tu imagines pas le scandale.
Et puis, maintenant qu'il est mort, les gens n'osent plus parler.
Bon, allez.
Tu peux prendre le nom de la Brouche, si tu veux.
Tu as droit.
Non, Castelli, je suis. Castelli, je reste, Etienne.
Je ne vais rien changer. Je suis trÚs bien comme ça.
Nos enfants, ils partent Ă la guerre, alors, nos histoires.
Et puis, quand ils seront loin, nous, les vieux, ici, la Brouche, Castelli, c
'est pareil. On se fera du mauvais sang.
Pierre-Marie a reçu sa feuille de route.
Ben,
moi, les deux y portent.
Article 212.
Les épouses doivent vécuer une mortidilité que pour assistance.
Article 213. Le mari, chef de la famille, a le choix de la résidence du
ménage. La femme est obligée d'habiter avec son mari.
Celui-ci est tenu de la recevoir.
M. Rémi Castelli, acceptez-vous de prendre pour femme et légitime épouse
Mlle Sylvette Landry, s'il vous plaĂźt ? Oui.
Mlle Sylvette Landry, acceptez-vous de prendre pour mari et légitime époux M.
Rémi Castelli, s'il vous plaßt ?
Oui.
Au nom de la loi, je vous déclare unis par les liens du mariage.
Sous-titrage
MFP.
Merci.
Ok, vous ĂȘtes prĂȘts ?
Bye, Charlie.
Black German.
Alors, ça y est, Walter, vous partez. Tu as le fusil et tout.
That's right, my friend.
Je bois la Chianti et je mange les spaghettis. OĂč vous allez?
Je ne peux pas dire.
Sucré militaire. Oui!
Ăa va manquer que tu ne sois plus lĂ .
On a bien rigolé, hein?
Jamais j'oublie Tadgera.
Léon. D'aprÚs la guerre, viens avec moi dans New Jersey.
On travaille ensemble, on devient les rois.
Walter et Léon.
Ok, Léon et Walter.
Peut-ĂȘtre.
Yeah, peut-ĂȘtre.
I gotta go.
Bye, Léon. Thanks for everything.
Fais attention Ă toi, ok? Fais attention Ă Walter.
Take care.
I will. Don't worry.
Tu me connais.
Sous-titrage Société Radio-Canada
Merci Ă tous.
Au revoir.
Oh, allez-y, allez-y.
Oh,
mais tiens, ça va ? Mounette, Mounette, ça va s'arrĂȘter ? En tout cas, tu ne me
fais pas une... Pourquoi j'avais un garçon ? Je t'ai dit, c'est toi qui
arrive.
Tu vas me manquer sur moi.
Je sais, papa.
Cette guerre ne concerne pas les Arabes, tu me l'as toujours dit.
Ils parlent comme les fous qui veulent mettre des princes dehors.
Tu rĂȘves, mon fils.
Tu rĂȘves.
Ok,
patron. Et quand tu attends le camion, tu te caches, tu ne reviens pas.
Tu mets le casque.
Allez, mon fils.
Allez.
Que Dieu t'accompagne, mon fils.
Allez, allez. T'inquiĂšte pas, je suis avec mes Saoud.
Sylvette.
Au revoir.
Au revoir.
Au revoir, papa.
Et surtout, couvre-toi bien le soir, mon fils.
Tu ne vas pas attraper le froid.
T'inquiĂšte pas, t'inquiĂšte pas.
DÚs qu'il est né le troisiÚme, tu envoies un télégramme, hein ? Que je
puisse rentrer vite, hein ? Norbert, Norbert, tu sais, un garçon, je l
'appelle William, tu es d'accord ? Au revoir, papa.
Au revoir.
Je vous les garde toutes les deux.
Je ne cherche pas Ă nous amener du midi, hein.
Oui.
Et la vigne, il y en a combien de mÚtres carrés en tout ? Cléon, ça se calcule en
hectares, ça.
Je sais pas, moi.
On en a une bonne centaine.
Tu t'intéresses à l'agriculture, maintenant, toi ? Ben, il faut bien.
Bon, c'est toi qui gĂšres le domaine, mais papa, il m'a quand mĂȘme laissĂ© la
moitié de tout, hein. Tu vas pas te mettre à dire papa à ton ùge. C'est
ridicule.
Comment tu veux que je l'appelle, tonton ? Bon, si ça peut te faire plaisir.
Non, sans vouloir t'énerver, Etienne, tu as pensé déjà à changer de culture ?
Par exemple, lĂ , au lieu des vignes, tu mettrais, je sais pas moi, du coton.
Ou Ă la place des oliviers, tu mettrais, je sais pas, du... Des bananiers ? Ou
mieux encore, mieux, tu arraches tout et tu plantes des arbres Ă caoutchouc.
Ah oui, tu construis une usine à la place de ton café, comme ça moi je te
fournis le caoutchouc, toi tu pollues les pneus et on se partage les
bénéfices. Mais tu es génial, Etienne, tu es génial ! C'est génial, c'est une
plus grande idée encore que mon hangar. Alors on plante les arbres derriÚre le
vilain... On peut venir la route, lĂ -bas, lĂ -bas, tu vois, juste derriĂšre
Ouedfoda, derriĂšre la colline.
Moi, j'achĂšte le terrain, et toi, tu me donnes les autorisations, comme tu es le
maire. Un peu avec Jacob, on fait une société d'exploitation.
Et qui c'est qui se remplit les poches ? Hein, qui c'est ? C'est Ătienne Lavrou,
chez Léon Castelli.
Allez, dis-moi, c'est pas bien ça ? C'est pas bien ça, Ătienne ? C'est la
belle-fille !
Ce
jour-lĂ , le Sirocco soufflait sur la plaine d'Ouedgeda.
De l'autre cÎté de la Méditerranée, le débarquement en Italie venait de
commencer.
En 1945, tous les enfants d'Algérie ne sont pas rentrés de cette guerre.
A Tadjira, LĂ©on et Ătienne ont continuĂ© Ă vivre comme ils avaient vĂ©cu.
Ils avaient aimé cette terre chacun à sa façon, sans jamais réaliser que d'autres
pouvaient aussi aimer ce pays jusqu'au sacrifice de leur vie.
En 1962, les familles Labrouche et Castelli se sont installées
définitivement en France.
LĂ©on et Ătienne n'ont pas connu cet exil.
Ils sont morts tous deux pendant l'été 1957, sur cette terre algérienne qu'ils
croyaient ĂȘtre la leur.
Aujourd'hui, nul ne vient fleurir leur tombe.
Dans votre élément.
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