All language subtitles for les-barbouzes-1964

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Original subtitles

...

Dans la nuit du 13 au 14 septembre 1964, le monde vivait en paix. Mais qui, au

cours de cette nuit, appuya le premier sur la cachette ? Qui recassa le vase de

soissons ? Bref, qui donna le premier coup de pied au cul ?

Il est dingue celui-là !

Allô

?

Pardonnez-moi, Excellence, je vous rejoins tout de suite.

Son Excellence appelle à vos voyages.

Son Excellence a dormi.

Comme un bébé.

Son

Excellence

Ménarchois ne sera pas réveillé.

Tu es sûr de ne pas être trompé de voiture ? Compartiment 14 et 15, voiture

8. Il n'y a pas d'erreur possible.

Je ne me pensais du tout.

Mais non, pas du tout.

Tout ce que je peux vous dire, c'est que son Excellence n'occupe plus son

compartiment. Vous pouvez demander à mon collègue Péduc.

Et en plus, j'ai trois médiums sur les bras, moi !

Duc Boineau s'est fait descendre et son Excellence Ben Archa a disparu, mon

colonel.

Félicitations.

Non mais avouez que vous êtes doué.

On le suit pas à pas depuis des années. Nous savons qu'il doit livrer des

roquettes à la rébellion sud-azérique et qu'il doit inonder les Caraïbes de

mortier lourd.

Et c'est le moment que vous choisissez pour le perdre.

Ça va sûrement être très apprécié.

C'est confirmé. Son Excellence Ben Archa a disparu.

Félicitations.

Merci.

La disparition de Benarcha, mania de l'armement, venait d'éclater comme une

bombe. Les services secrets des puissances intéressées lancèrent

ensemble à sa recherche leurs agents les plus perspicaces et les plus dynamiques,

fascinants de synthèse, du cerveau et du muscle.

Parmi eux, nous citerons... C'est pas possible !

Mais j'ai Louis de Villeneuve et je pars dans une heure !

Oui, mon colonel.

Au revoir, mon colonel. Voici donc Francis Lagnot, dit Petit Marquis, dit

Cherubin, dit Talon Rouge, dit Falbala, dit Belle Manière.

Il est également connu dans certains milieux sous le sobriquet de Récuyenne,

dit Bazooka, dit Lapraline, dit Belle Châtaigne.

C'est curieux comme les gens sont méchants.

Citoyen de Genève, représentant des banques et dépositaire de la pensée

neutraliste, voici Eusebio Caffarelli, dit le chanoine, entomologiste et esprit

distingué. Son mysticisme, à la fois très hostile au rationalisme de saint

Thomas et à l'orthodoxie mécanique de la scolastique, le pousse parfois à des

actions brutales que sa conscience répond.

Mais le meilleur des hommes ne saurait être parfait.

Compatriotes de Goethe et de Wagner, voici Hans Müller, dit le bon docteur.

Philologue, musicien et humaniste, chercheur assoiffé de vérité, auteur d

'un ouvrage aujourd'hui introuvable, les points sensibles ou la thérapeutique

contre le mensonge.

Hans Müller ! Hans Müller !

Apôtre de la coexistence, Boris Vassiliev, sujet très doué, surnommé dès

son plus jeune âge Trinitro Toluel.

Pianiste virtuose.

Pyrotechnicien confirmé.

Boris est classé par ses supérieurs dans la catégorie des esthètes turbulents.

Mais Benarcha demeurait un trouvard.

Un événement imprévu donnant enfin l'avantage aux Français.

Comme les indicateurs n'existent pas, et ils ne sont pas reconnus par la sécurité

sociale, c'est grâce à son instinct bimodère que le SR français apprit que

son excellence Ben Archa venait de réserver une suite dans un grand hôtel d

'Istanbul.

Vous m'avez bien rempli.

Simple reprise de contact avec un ami très cher.

Mission de courtoisie, alors pas de zèle, du tact.

Vous me connaissez, non ? Oui, justement.

Si la pluie continue, les fraisiers seront en retard.

Mais les grenouilles seront en avant.

Son Excellence est attendue à Mamantalo.

A quel nom, monsieur ? Monsieur Bollemans.

Nous vous avons réservé une chambre silencieuse au 7e.

Le 7e... Plus

calme. Habituellement, nous le réservons à nos meilleurs clients.

Voulez-vous montrer ma chambre ? Mais quand vous voudrez.

Monsieur Benacha est-il arrivé ?

Le Chinois vient de tomber de la terrasse. Il est mort.

Un client part, un autre arrive.

Il arrive parfois que devant un péril commun, l'Occident parvient à s'unir.

Ah non, monsieur.

Monsieur Benarcha n'est pas encore arrivé.

Non, non, non, non, non.

À la même heure, M.

Benarcha mourait à Paris, suivant la recette du regretté président Félix

Faure.

Madame

Pauline,

Madame Pauline, il ne bouge plus, il ne dit plus rien.

Mesdemoiselles.

Qu'est-ce qui se passe ? Accident de parcours.

Je peux, à la rugueur, prendre un message, oui.

Le petit chat est mort.

C'est tout ? Comment vous écrivez ça ?

S-H-A-H ? Au nom de Dieu !

Le petit chat est mort.

Oh, un salaud ! Son Excellence Ben Archa, grand ami de la France, est mort

il y a une heure dans les bras de son admirable épouse, dans l'ancien château

des Hohenzollern, près de Munich.

Une mort aussi édifiante que le fut sa vie.

Et à part ça ? Quoi, à part ça ? Maintenant que vous m'avez donné la

version pour France Dimanche à la presse du Caire, vous pourriez peut-être pas

donner la vraie, non ? Ah, mais la voici.

Assez contrariante.

Mme Pauline n'est pas la femme de Benarcha et son buit de la rue de

Chazelle n'a rien à voir avec le château fort du défunt.

Et alors ? Comment alors ? Alors vous ramenez son excellence sur ses terres,

vous l'installez sur son lit d'apparat, vous assurez la veuve de notre addiction

et vous rentrez chez vous.

C'est ça.

Et si je me fais piquer à la frontière avec son excellence ? Mon cher, si vous

vouliez être couvert, il fallait vous engager dans la gendarmerie.

Vous n'avez pas connu les soirées du temps de son Excellence ? Vous croyez

bien que je regrette ? Ce n'était pas du tout ce que vous pensez.

Pauline, il faut quand même voir les choses en face.

La chambre des glaces, le boudoir chinois, les fillettes au salon, dans ma

jeunesse, ça s'appelait... Bien sûr, si vous jouez sur les mots.

Alors, fais lire ce qu'on veut aux mots.

Pour M.

Benarcha, ma maison, c'était plutôt un décor.

Une façon de croire qu'on n'a pas vieillit, qu'on reste fixé dans une

époque. Il pensait pas tellement galipette, mais plutôt tradition.

Ma parole, mais c'est le beau Rudolf.

Le fidèle cornec, la perle des gens de maison.

Vous me connaissez.

Tu vois ? C'est ça, la gloire ? Mauvaise journée, hein ? Je t'en se brouille.

J'ai beaucoup de peine.

Ah non, je parle pas du point de vue affectif, mais du point de vue pénal.

Je pense à tes 10 ans de travail, par contumus.

Et je croyais que son Excellence... Son Excellence avait le bras long, oui. Son

Excellence avait obtenu une amnésie courtoise des fichiers, mais son

Excellence est cané.

Et ça change quoi ? Tout.

Au passé ou à l'avenir ? Au présent.

Il va falloir que tu sois très compréhensif, mon petit Rudolphe. Je

dirais même coopératif.

Je demande que ça, M. Lagnon.

Goûte d'abord, tu veux.

Votre confiance me bouleverse.

Je pense à Marcel Loranet, ton vieux pote, avec qui t'avais tranquille un

jour.

La situation n'était pas la même.

Elle consisterait à quoi, ma coopération ? Le retour des cendres.

Je m'en doutais un peu.

Comme ça, j'aurais l'impression de servir une dernière fois, monsieur.

Jusqu'ici, j'ai toujours travaillé dans le privé.

Et vous savez, j'aurais rien contre une administration, une grande

administration. Vous connaissez mes références.

Elles sont aux archives.

Et je dirais même qu'elles rencontrent.

Bon.

Qu'est-ce qu'on prévoit pour l'emballage ?

Dans

deux ans, au revoir, monsieur, dame.

Je serai à l'échelon 7.

Les mômes sont élevés. J'ai ma cabane en Dordogne.

La retraite, faut la prendre jeune.

Faut surtout la prendre vivante.

C'est pas dans les moyens de tout le monde.

Tiens, arrête-toi là-bas, on va casser une petite graine.

Il faudrait peut-être mieux que je trouve une place à Londres.

Colonel. Ça va ? Oui.

Après la frontière, vous devenez Ludovic Bénard, le cousin Ludo, en qui son

Excellence avait mis toute son affection.

Non, la veuve ne pourra pas ne pas vous accueillir.

De toute façon, j'ai l'intention de gripper tout de suite après les

condoléances.

Justement pas.

Il y a une ovation.

Ah bon ? Votre mission, en un vrai, commencera après les obsèques.

À mon plus vite regret, je crois qu'il faut que je vous mette un peu dans le

cou.

Oh, vous êtes trop bon ! Tout le monde sait que Belarcha vendait des armes.

Et ce que tout le monde ne sait pas, c'est qu'il en achetait.

Depuis dix ans, il ne faisait même que ça.

Le vieux singe avait compris que les saloperies bactériologiques et

thermonucléaires pourraient bien raser la planète.

Et par la même occasion, sa fidèle clientèle.

Plus de vivants, plus de clients.

Alors, il employait son immense fortune à l'achat des brevets dangereux.

Les A, les H, en fait, toutes les bombes de l'alphabet.

Inutile de vous dire que si cet héritage tombe entre des mains non éclairées, c

'est l'apocalypse en édition populaire.

Le siècle numéro 20 pourrait bien être le dernier de la série si madame votre

cousine se met à déconner.

Ah bon, ma cousine ? Oui, la dame de son excellence, la dégâterie universelle.

Elle s'appelle Anna Rante, née en toilette du bois.

Monsieur Deschênes ? Une question, oui. Qu'est-ce que vous avez ? Aujourd'hui,

nous avons le plat de côte ou les paupiètes ou le civet de lapin.

Vous allez me mettre des paupiètes à l'ouverture et un plat de côte.

Non, non, attendez.

Mettez-moi d'abord un civet.

Laissez au moins une petite bouquette avec.

Vous prendrez bien une petite essai.

Vous avez une tortelette ? Oui.

Tout de suite après le fromage, il vaut très bien volontiers.

Puis après, une petite bricole, ce que vous avez.

Une crème renversée ou une petite glace.

Allez, mon petit, allez.

Où en étions-nous ? À ma hante, ma cousine la commande honnête. Exact.

Il s'agit de connaître ses intentions concernant la collection de Bordelais.

Elle peut vendre à qui elle veut.

Personnellement, nous pensons lui faire des offres.

On en discute en ce moment.

Je sais qui vous savez.

Pendant le temps de discussion, aucun concurrent ne doit aborder vos

engendris. Aucun ! Sinon ? Sinon, vous sautez.

Pour pressionner un bête.

Si j'ai bien compris, ce coup-là, si je saute...

Ou soit 600 millions à sauter avec moi.

Vous êtes vraiment la brute.

Excusez-moi, mon colonel, mais... Vous savez, une brute, ça rit d'un rien.

Un missile qui passe, un champignon qui monte dans le ciel, le temps de l'encore

qui passe au-dessus de Biancourt.

Je me marre de tout, j'ai des goûts simples.

C'est fini, oui ? Oui, oui, mon colonel, mais oui.

Qu'est-ce que t'as ? T'es tout dispersé.

On est sur la bouffe, l'autre on sait pas où.

Sur le motif.

Débatte, toi.

Je suis à deux ans de la retraite, moi.

Tu vois pas qu'on nous le fauche ? Bon,

allons-y.

Dans ce monde violent, âpre et sanguinaire, un rayon de lumière troue

parfois les ténèbres.

Ainsi, tel celui de l'ange de Reims, le doux visage d'Amarante Benarcha,

veuve inconsolable de son excellence.

C'est drôle que tu aies gardé tout ça.

Tout peut resserver, il ne faut jamais rien jeter.

La preuve, c'est par Istanbul que tu le portais, dans les mystères de Paris.

À Beyrouth, on craque l'alphactère.

Oui, entrez.

Si madame le permet, je m'associe au chagrin de madame.

Fidèle Rudolphe, merci.

Son Excellence repose dans la chapelle ardente.

Je n'ai pas trouvé de drapeau libanais.

J'ai fait ambre de noir.

Oui, c'est sobre, classique, de bon goût.

Par ailleurs, j'ai installé le cousin de madame dans la chambre Charles X.

Il attend madame dans la bibliothèque.

Je descends tout de suite.

Viens, madame.

Dis donc, je l'ai vu tout à l'heure en bas.

Drôle de genre, le petit cousin.

Quel genre ? Je ne peux pas vraiment dire qu'il ait l'air d'un voyou, mais...

Paul a pas l'air non plus d'un croque-mort.

Constantin m'avait un peu habituée aux gens bizarres.

Amarante.

Ne fais pas attention, Rosaline. C'est le choc, la commotion.

Cette nouvelle atroce.

Je suis le cousin Ludovic.

Le petit Ludo, comme il me plaît.

Mais croyez bien, cousine, que je suis navré d'arriver dans cette maison d

'angle. d'aussi pénibles circonstances.

Pauvre Constantin.

Vous connaître me réconforte un peu.

C'est le sort des familles désunies de se rencontrer uniquement aux

enterrements.

Merci de tous les soins que vous avez pris.

Sissi, Rudolf m'a fait part de votre abnégation.

Un fils n'aurait pas fait plus.

Il est mort, pour ainsi dire, dans vos bras.

Pour ainsi dire, oui.

Ces dernières pensées ont été pour vous, et en s'éteignant, il n'a prononcé qu'un

nom.

Le vôtre.

Monsieur l'abbé Cafarelli.

J'étais en oraison lorsque j'apprends l'affreuse nouvelle.

Je bondis, je vole.

J'accours pour vous soutenir, madame, dans la douloureuse épreuve que Dieu

vous envoie.

J'étais le confesseur, enfin mieux encore, le confident de votre admirable

époux. Comment mais ? Le cher cousin s'était converti ? Depuis quand ? J'ai

eu l'immense joie de ramener cette âme au Seigneur.

Mais d'où vient, monsieur, votre surprise ? Vous étiez un ami ? Intime,

peut-être ? Eh non, monsieur, un parent.

Ludovic est le cousin germain de Constantin.

Tiens, mon cher Constantin ne m'avait jamais parlé de ce cousinage.

Un oubli, sans doute.

Oserais-je vous demander, madame l'autorisation de lui rendre mes

derniers devoirs ? Nous y allions, justement.

Ce cher Constantin avait toujours souhaité finir ses jours ici, parmi ses

collections, ses vieux domestiques, ses animaux familiers.

Auprès de ce cher cousin français qu'il a tant aimé.

Je vous demande pardon.

Docteur Müller, psychanalyste de l'Université de Frankfurt.

Quelle atroce, madame.

Depuis des années, son Excellence était mon patient et mon ami.

Je l'avais amené à la sérénité totale, presque à l'hindouisme.

Hélas, madame.

Merci, docteur.

Si vous voulez bien, mes frères, prions.

Ça ne va peut-être pas être inutile.

Chère, mon cœur saigne. Boris est complètement détruit, abîmé de sanglots.

Laisse-moi te regarder.

Tu es splendide, mon occidental.

Boris, lui, hurle de douleur. Toi, tu souffres en dedans.

Je crois, monsieur, que la douleur vous égare.

C'est madame qui souffre en dedans.

Le désespoir, la folie ! Un mouchka, petite sœur, dans mes bras ! J'ai couru,

épouvanté, transsibérien ! Je pousse dans l'avion des cris terribles !

Qui êtes-vous ? Boris, voyons ! Le

presque frère ! Ce pauvre cher Constantin a têté le lait de ma mère à

Odessa !

Je nous vois encore, nos jeux, nos chants.

L

'odeur

du goudron sur les pieds d'Odessa, le vent du large dans les cheveux de ce

pauvre cher Constantin. Mais je croyais qu'il était né à Téhéran.

Et alors ? On chante aussi bien à Téhéran qu'à Odessa, non ? Oui, mais le

vent du large souffle un peu moins fort. C'est à 200 bandes de la mer.

Notion bourgeoise des distances.

Petite épouse de mon frère, Maurice va te donner le baiser de paix.

Qu'est-ce que c'est que ça ? Les valises de ces messieurs.

Les messieurs n'en restent pas. Si, ces messieurs donneront ton château jusqu

'aux obsèques.

Et moi, je te dis de me faire virer ça tout de suite.

Petit A, depuis la mort de mon regretté maître, je reçois mes ordres uniquement

de madame.

Petit B, je vous prierai de ne plus me tutoyer.

L'Allemagne fédérale n'accorde que très rarement l'extradition.

Et M. Muller vous conseille de ne pas recommencer tous les trois mois le coup

de l'enlèvement en camionnette.

Vous voyez ce que je veux dire ? Absolument pas, non.

Vous auriez cependant tort d'être blessant.

M. Rossiliat, lui, est extrêmement courtois, et l'abbé Cafarelli a de

charmantes manières.

Alors, en supposant que je me reprenne de sympathie pour les collègues de

monsieur, monsieur pourrait connaître un séjour difficile.

Tu bouffes à tous les râteliers, hein ? Je m'en prolonge.

Ah, souffrance, moment pénible ! Mais qu'il est réconfortant de voir le

courage de celle qui a perdu l'être cher.

C'est ça.

Mais moi, je peux vous dire que si le moujique continue à délirer, la monde va

nous prendre pour des loups.

Et c'est pas la peine que je profite d'angoisse pour venir renverser la

baraque. La coexistence ne peut en effet se concevoir contre gens du même monde.

Elle peut également ne pas se concevoir du tout.

Vous ne reprenez pas un peu de compote, mon père ? Cher Constantin Doré, la

compote.

Dire qu'il est là-haut, qu'il nous voit.

Mais de nous voir précisément dans sa maison.

Réunis autour de sa table, partageant le pain et le vin, son cœur doit éclater de

joie.

Qu'avez-vous, cher ami ? Des compagnes, des petits frères, je... Non !

Vous devriez essayer de vous dominer.

Voulez-vous que le docteur Muller vous donne un tranquillisant ? Merci.

Inutile.

Messieurs, je vous demande la permission de me retirer.

Je me sens un peu lasse.

Je monte avec moi. Je vous en prie, monsieur.

Amarante, je... Ça m'a fait très plaisir

de vous connaître.

Moi aussi, Ludovic.

Merci, monsieur, d'avoir bien voulu me tenir compagnie.

Sans vous, je me sentirais tellement seule dans cette grande maison, si

pleine de souvenirs et si vide en même temps.

Vous êtes admirable.

Un courage, une dignité, une allure, un chic.

Bonsoir, messieurs.

J'avoue ressentir une certaine fatigue.

Eh bien, messieurs, bonsoir.

Bonne nuit, chers amis. Et dormez bien.

On dort toujours très bien à la campagne.

Merci à tous.

Je crois qu'il serait temps, messieurs, de tenir le langage du bon sens.

Il faut bien admettre, en effet, que cette nuit, quelques petits excès ont

été commis.

Des tours de riz, enfantillage, des entrées. Des entrées qui, sans être

méchantes, ont quand même failli tuer quatre personnes, il faut bien le

reconnaître. J'ai été personnellement victime d'une ignoble tentative d

'assassinat. Il conviendrait de l'oublier pour un temps, cher Muller.

Je n'attaque pas le principe, mais le procédé. Les parents ont croqué les

raisins verts et les dents des enfants ont été agacées.

La violence engendre la violence.

Et qui sème le vent, récolte la tempête, etc.

Et tout ça pour en mire à quoi ? À ceci.

La maison est confortable, la table excellente, notre hôtesse délicieuse.

Pourquoi ne pas tempérer provisoirement ?

certains réflexes.

Pourquoi ne pas poursuivre cette idée de trêve, évoquée un peu sommairement hier

soir, qui rendrait ce séjour harmonieux ? Et le jour venu, qui avertira Boris qu

'elle ait rompu la trêve ? Le monsieur l'avait lui-même, en me filant une

grenade dans la tronche. Ou en glissant un scorpion dans mon lit.

N'exagérons pas, on en réchappe. Pas toujours.

Léonide Bochacov à Lima, et Vili Chmurta à Barcelona, ils sont restés.

M'accuserait-t-on ? Qu'est-ce que vous allez chercher là ? Dans certaines de

nos écoles, le coup du scorpion désigné aux futurs agents sous le nom du coup du

chanoine.

Et le coup du dynamidage du Boeing ? Avec 114 activistes belouchistanais à

bord, est-ce qu'il porte un an ? J'ai jamais entendu parler de ça.

Et la liquidation du réseau que Nix marque ? 40 personnes dans du mazout en

flamme, c'est rien.

Il faut le faire.

Vous ne me répondrez que sur ces 40 personnes.

Je ne vous répondrai rien du tout.

Je ne vous parlerai plus.

Bonjour, messieurs.

Quelle journée magnifique.

Les voeux du soleil sur la rosée du parc ce matin étaient un ravissement.

Un vrai ciselet.

J'espère que le bruit ne vous a pas trop dérangé.

Quel bruit ! Cette nuit, un volet mal fermé, sans doute. Merci.

Je n'ai rien entendu.

Moi, j'ai été réveillé par le chant des oiseaux.

Le maçon est là, pour le mur de la salle de bain.

Ah oui, en effet, il est tombé.

Commodore Aubrien.

L'Europe vous propose

combien ?

J

'achète tous les brevets en bloc et je fais 20 % de plus.

Quel brevet ?

Je vous expliquerai.

Un peu de tenue, monsieur.

Vous êtes dans la maison d'un mort.

Oh, pardon.

Je paie cash et en dollars.

Quel goujet.

Il est odieux.

J'ai dit cash et en dollars.

Ça ferait combien ? Qu'est-ce que

l'argent, Anoushka ?

Vous ne craignez pas d'avoir été un peu vif ? Je suis toujours un peu vif quand

l'honneur d'une dame est en jeu.

Cette réponse vous honore, docteur.

Mais vous, monsieur l'abbé, un homme d'église... Oubliez-vous la façon dont

le Seigneur a chassé les marchands du temple.

Ah bon ? Parfait.

Rudolphe, pendant que le maçon est là, soyez gentil, dites-lui de prévenir le

vitrier. C'est fait, madame.

Petite souris n'a pas terminé le chocolat.

Boris non plus. Pourquoi ? J'espère que cet intrus ne vous a pas coupé l

'appétit.

Vous ne trouvez pas que depuis hier, il se passe quand même des choses bizarres

? Écoutez, je me connais en bizarre et je peux dire que tout est normal.

Jusqu'à présent.

Mes hommages, madame. J'offre 25% de plus en dollars.

Ludovic ! Ludovic ! Ludovic !

Ah,

vous êtes discret ! Je dis, vous êtes discret !

La prochaine fois, je vais voir qui est l'autre pompier.

La veuve détient tous les brandets.

Nous le savons, les pourparlers diplomatiques ont échoué.

Impossible de former un consortium d'achat à l'échelle atlantique. Tout le

monde veut tout.

Francis, il nous faut absolument ces progrès.

Absolument, vous entendez ? Aubrien attaque Andelard. Je peux proposer

combien ? Bien du tout.

C'est généreux, la France.

Nous n'avons pas de crédit, mais nous avons le charme.

Les ordres sont les suivants. On courtit, on séduit, on enlève et en cas

d'urgence, on épouse.

Oh, bravo ! Vous vous souvenez de ma bouffine blanquette il y a quelques

jours ? Oh, une merveille ! Et grâce à qui ? Grâce à votre charmante femme.

Et alors, nagouette ?

Des petits problèmes, commandant.

Ne vous donnez pas la peine, j'ai déjà décodé le mien. Je peux transmettre les

ordres. On séduit, on enlève, on épouse.

On séduit, on enlève, on épouse.

Ne moule pas.

Reste ainsi.

Tes lèvres sourient comme celles de la Vierge de Cazan.

T'impatientes pas, papa.

Qui peut me dire si

ce...

Pour la plus belle, des roses.

Il ne fallait pas, docteur. Ces roses sont une folie. Le jardin en regord.

Oh, pas les mêmes, petite fée. Celles-ci sont en bénélite compressée, inaltérable

à l'eau de mer, anti-magnétique, fluorescente et ininflammable.

Qu'est-ce que c'est que ce bruit ? C'est assommant.

Sans doute les ouvriers qui réparent les dégâts du cousin Ludovic.

Que faites-vous là, cousin ? Je vous expliquerai.

Tiens, mon petit acheteur qui revient.

Quels que soient les coûts, je paie 40 % de plus. PA blanc, dollars, rayon noir.

Ah, bonjour !

40 % de plus.

Remember.

Hey, calme!

Ah! À présent, Boris va chasser les miasmes.

Musique avant toute chose.

Boris va jouer pour la grâce, pour la beauté.

Pour l'appétit, j'ai rien de cocasse.

Très chère madame, puis-je me permettre de solliciter impérieusement un

entretien privé ? Je veux bien moi, mais qu'est-ce que vous avez en ce moment ?

Vous êtes tous d'un merveilleux !

Allô ? Allô ?

Mon cœur saigne. Je vais mourir. Comme Berthel.

Sors de là.

Qu'est-ce que tu fais, là ? Je circule.

Tu peux pas le faire normalement. Ce passage date de Frédéric II. Il figure

sur les plans.

Oh ! Devinez ce que je viens de trouver dans un placard à balais.

Une femme de ménage.

C'est logique. À partir du moment où le valet de chambre est dans le piano, oui.

Oui, madame.

Habituellement, à cette heure-ci, madame rêve. Parmi les roses trémières, les

œillets de poète et les fils au lendemain. Pourquoi ? Monsieur espère

jouer les Outsiders.

Qu'est-ce que tu veux dire ? Le Cosaquel Teuton vient d'essuyer des échecs.

Mais moi, sur la distance, je vois le cheval américain comme une maison.

Mais évidemment, monsieur veut créer la surprise.

Vous rêvez assez, cousin ? Amarante, faut que je vous parle.

J'espère que vous serez plus amusant que les autres.

Je n'ai pas du tout l'intention d'être amusant.

La vérité n'est jamais amusante à dire. Sans ça, tout le monde la dirait.

Et vous avez l'intention de me la dire ? Oui.

Voilà. Je ne m'appelle pas Ludovic et je ne suis pas votre cousin.

Ça n'a pas l'air de vous étonner.

Vous savez, quand un monsieur inconnu ramène chez vous votre mari mort,

dynamite la salle de bain et jette les visiteurs par la fenêtre, on prend l

'habitude de ne plus s'étonner de grand-chose.

Évidemment.

Mais croyez-moi, Amarante, je suis victime des apparences. Bon, admettons

que vous n'êtes pas mon cousin.

Je ne pense pas non plus que vous soyez, à proprement parler, un gangster.

Amarrante.

Alors, vous êtes quoi ? Barbouze.

Pardon ? Agent secret.

Enfin, secret jusqu'à maintenant.

Vous voulez dire un espion.

Un contre-espion.

Et les autres aussi ? Ah non. Non, non. Les autres, eux, les trois voyous, sont

des espions.

et s'emparer des brevets que vous avez les biens.

Et qu'est-ce que c'est que ces brevets ? Je vous expliquerai.

Ils valent combien, chef ? Vous savez, tout est relatif.

Vous avez tous l'air intéressés.

Vassiliev me le dit en musique, il me l'a l'air avec des fleurs.

Oui, je sais, je vais mourir comme Berthet.

Vous avez entendu ? Eh non, pas tout.

J'avais branché un micro dans une armure et il y a un des trois voyous qui me l'a

débranché.

Pourquoi est-ce qu'on parlait de tout ça ? Ah oui.

Voilà.

Amarante, vous êtes française.

Vous aimez votre pays.

Ben oui, comme ça.

J'en étais sûr.

Mais vous détenez des secrets atomiques capitaux.

Oui.

Ne me dites pas que vous accepteriez de les vendre à une puissance étrangère.

Pourquoi ? Le dollar n'est pas une monnaie forte ? Je préfère ne pas

comprendre. Vous avez tort parce que moi je comprends très bien.

C'est comment, amarrante ? Vous, une femme d'argent ? Vous me faites beaucoup

de peine.

Quand je pense que je vous ai ouvert mon cœur... Mon cher Ludovic, il est plus

facile d'ouvrir son cœur que ça tient, Léa. Alors là, permettez-moi de vous

dire que vous êtes vulgaire. Ah non, écoutez, Ludovic, maintenant je vais

vous dire.

Bien sûr, je suis châtelaine, mais il n'y a pas toujours eu le château. Avant,

il y a eu les hôtels et pas toujours les palaces. Et avant les chevaux de course,

il y a eu les punaises.

À 16 ans, je vendais des cigarettes, rue Fontaine.

Et pas au tabac.

À l'ange rouge, en barésie.

J'ai fait un peu de tout dans ma vie.

Et de bonheur.

J'ai même fait du théâtre. Enfin, si on peut appeler ça comme ça, on part pour

jouer fèdre et puis on se retrouve à faire la danse du ventre sur le

Bosphore.

Et encore, j'étais trop maigre.

Vous voulez d'autres détails ? Eh bien, figurez-vous que je ne veux plus que ça

recommence.

Au fait, comment vous appelez-vous ? Francis.

Francis quoi ?

Francis Lagnon.

Vous voyez, je vous dis tout.

Remarquez, j'ai peu de tort.

20 ans de service, la mystique du douer, plus de 50 missions, la guerre, la

résistance, et un jour, l'officier rencontre une très jeune femme, belle,

troublante.

Ah, ma honte.

Je suis en train de trahir.

Écoutez, Francis, si vous arrêtiez une seconde, je ne demande pas beaucoup, une

seconde d'être héroïque.

Nos rapports pourraient être tellement plus simples.

Nous pourrions sympathiser sans nous enrouler de tricolores, sans remettre en

cause les accords de Yalta et sans que la France perde Saint-Pierre et

Miquelon.

Alors là, permettez-moi de vous dire que j'admire votre légèreté. Ah, si, si,

je... Oh, et puis tant pis, c'est vous qui avez raison.

Qu'on envoie le champagne, les violons, qu'on appelle les tziganes, et qu

'importe si je suis dégradé devant le fond des troupes, au moins j'aurais

vécu. Francie.

Quoi ?

Vous ne trouvez pas que vous poussez un peu ? Si.

D'ailleurs, là-dedans, je savais bien que je ne serais pas bon.

Mais avouez quand même que je ne fais pas un métier facile.

Merci.

Merci.

– Sous-titrage FR 2021

On commence quand même à se sentir chez soi.

Il faut deux heures de bon galop pour faire le tour du domaine.

En faisant sceller pour 10 heures, nous pourrons être de retour pour le

déjeuner. Sois tranquille, chérie. Je n'ai pas monté depuis l'année dernière à

Saint-Germain.

Moi, j'ai pas monté depuis 25 ans, à Nancy, au 7e dragon.

Moi, je peux faire 300 km d'une traite.

Sans selle et sans étrier.

Un jour, je vais enlever la femme d'un boyard hongrois.

Tu vois pas que nous dérangeons ? Au fond, si Francis est d'accord, le mieux

serait de prendre un repas froid au bord de l'étang.

Qu'est-ce que tu cherches ? Mes cigarettes.

Je les ai oubliées dans la bibliothèque.

Bougez pas, j'y vais. Merci, Francis.

Au revoir.

C'est parti !

Je te disais qu'il était délicieux.

Tu

restes

là, quoi !

Bon, et puisque personne ne prend des serres, moi je monte.

J'offre un million de dollars...

J'espère que cette histoire chinoise ne vous mettra pas dans une position

délicate en haut lieu, cher Francis.

C'était des Japonais. Pardon, les miens étaient des Chinois. Chinois

impérialistes de Formose.

Là-dedans, j'ai entendu bouger.

J'offre deux millions de dollars.

Bon.

Deux millions, remember.

Vous êtes vraiment merveilleux. Je suis en danger et vous accourez.

Les autres n'ont même pas bougé.

Oui, c'est ça que je préfère.

Moi aussi, Francis.

Vous voyez un peu ça d'ici ? C'est goujard dans votre chambre.

Oui, c'est vrai.

Vous, c'est pas pareil.

C'est pas pareil, c'est pas pareil.

Vous avez l'air soucieux.

Il y a de quoi, oui.

Il faut dire que ça fait jamais plaisir.

Qu'est-ce que je vous ai fait ? Vous, rien, mais c'est tous ces autres, là.

Le ricain, les Chinois, toutes ces fatalités.

Vous allez finir par me prendre pour un brutal.

Mais si, mais si.

Pourquoi dites-vous ça ? Parce que je connais la vie, Amarante. On juge

facilement les gens sur les apparences.

Voilà.

Tenez. Si je vous disais déjà qu'à 13 ans, je me suis fait virer du lycée Jean

-Saint-Denis pour un malheureux coup de main dans la gueule, je défendais un

petit écarté.

Merci.

J'ai peut-être jamais pris de coups de poing dans la gueule.

Si, sûrement même.

Mais pas Jean-Sensei.

Francis, qui êtes-vous, juste ? Un fumier et une ordure.

Un cafard abject ! Un sycophante glaireux ! Si

tu savais, est-ce que ça me gêne de te mentir tout le temps comme ça ? Beau,

beau, beau.

Bon, ben, t'as raison, j'ai jamais été à Jean-Sensei.

Toi, par contre, dis donc, tout à l'heure, tu me parlais de l'ange rouge.

Tu sais où je les ai faites, mes humanités ? Au Coliseum. J'ai connu.

On y allait le dimanche après-midi avec Lucienne.

A cette époque, je m'appelais Antoinette et Rosaline s'appelait Lucienne.

C'était le début du tcha-tcha.

Le tcha-tcha.

Moi, je te plains.

Pourquoi ? Parce que t'es né trop tard.

Qu'est-ce que t'as connu ? Des contorsionnistes ? Des voltigeurs ?

Tu n'as jamais connu du récol ? Nous, on ne donnait pas dans le Tropical, mais on

faisait tout ça dans le Suez, Saint-Louis, ce boulot, ce tango

chinois. Oui, emballage et hôtel tout confort.

Eh bien, figure-toi, nous, ce n'était pas le genre.

On y allait pour danser.

Et même des fois, plutôt que de se faire accompagner, on rentrait à Pince jusqu'à

la Contrescarpe.

Où ça, tu as dit ? À la Contrescarpe.

Tu sais où je suis né, moi ? Oui, Mouffetard.

Je faisais des pâtés au Luxembourg, au parc Montsouris. Ils vont quand même pas

remonter au biberon, non ? Dis, maintenant qu'on ne se demande plus, tu

veux bien que je te pose une question ? Ben oui.

Est-ce que tu es marié ? Bien sûr que non, voyons, allons.

Dans mon métier, mon petit lapin, c'est pas possible.

Quand c'est pas le bateau, c'est l'avion, toujours les valises.

Un jour à Borneo, un jour à Shanghai, un baiser de Russie, un banco à Bangkok,

une mission par-ci. Une fille par-là.

Dis donc pas de bêtises, voyons.

Je vous dis qu'il nous aura tout fait ! Tout, tout, tout ! Il a trouvé le mégot

!

Tu sais à quoi je pense ? Oui, à la défense nationale et à mon petit

héritage thermonucléaire.

Ben oui.

Oublie un peu tout ça, chéri.

Laisse-toi aller.

Je peux pas.

Mais si, tu vas voir.

Je lance pour... Pourquoi vous transpirez ainsi ? Parce que je pense.

Je m'interroge.

Osera-t-il descendre ? Qui ? Sardin Napal ? Je le vois plutôt hébété, vautré

sur sa litière, ensuqué par le stupre.

Une phrase surface qu'avec le coucher du soleil, façon oiseau de nuit.

Je ne comprends pas, la petite colonne. Pourtant, j'étais là.

Écoute-moi, Rudolphe, et les croissants ? Pour avoir des croissants, il faut

aller au village.

Et j'ai plus personne.

Les domestiques ? Tous ? Les pauvres gens.

Bonjour, monsieur.

Tiens, notre vulnérable bon frère. Dans le simple appareil d'une beauté qu'on

vient d'arracher au sommeil.

Rassurez-nous vite, mon cher Francis.

J'espère que notre charmante hôtesse n'a pas été trop perturbée par les

événements de cette nuit. Je me permets cette question parce que je pense que

vous l'avez vue après nous.

Que dit-elle de tout ça ? Elle dit qu'elle t'est volaille.

Oui, figurez-vous que Mme Bénarcha en a assez de vos singeries.

Et puis, elle vous trouve un peu trop bruyant pour les voisins et très, très

mal élevée.

Et à partir de maintenant, on veut du style et de la tenue.

Traduction ? Vous avez une demi-heure pour faire vos valises et pour prendre

congé.

Voilà.

Messieurs.

Qu'est-ce qu'on fait ? On le dit tout de suite ou on boit café d'abord ? On

réfléchit. J'ai la tête vide.

Moi, la trahison, ça m'a démoli.

Une question de formation.

Moi, ça m'inspire.

Amis, chers amis, merci encore de toutes vos attentions.

Vous m'avez consacré un temps que je sais précieux.

Vos nombreuses occupations, monsieur le professeur... M.

Vassiliev vient d'avoir une attaque.

Il bave. C'est horrible.

Où est-il ? Dans un champ.

Fipe, montez-moi ma crousse.

Le malheureux !

La rage, le péri-péri.

Les analyses nous le diront.

Il est très bas.

Et bien, il n'y a qu'à le mettre en clinique. Je vais appeler une ambulance.

Surtout pas. Le malheureux est intransportable.

Et s'il est contagieux ? Soyez sans crainte.

Je le veillerai seul.

J'ai soigné les lébreux.

Redoutez-vous une issue fatale, cher professeur ? Possible.

Alors dans ce cas, ma mission est ici.

Je reste.

Quel dévouement, messieurs ! Quelle leçon !

C'est admirable.

Bravo, mon cher, bravo.

Vous avez été d'Ostoyevskiens, un vrai épileptique.

Oui, mais... l'étude du savon est infecte. Mais saisissant.

Et maintenant, le monstre.

Comment on les supprime ? Je suggère un truc de bonne femme, genre tisane. Vous

savez, la mauvaise santé par les plantes.

C'est un peu triste, non. J'aimerais mieux quelque chose de plus enlevé, de

plus allègre, quelque chose dans le genre de ça.

Qu'est-ce que c'est ? Ça, un dérivé lent de la nitroglycérine.

Sexy goutte dans le potage et le patient explose.

de l'intérieur.

Ecoutez Boris, mon vieux, cessez de jouer avec vos petits produits, sinon un

jour vous nous ferez péter la gueule. Oh, si vous préférez le bricolage.

La feuille nous attrape, lui aussi.

Je crois que nous allons entrer dans une phase extrêmement active.

Tu lui as fait mis une pompe.

Non, il y a des imitateurs, des faussaires, des copieurs immondes.

N'inquiète pas.

Et s'ils nous suivent ? Ça m'étonnerait.

Le plat, s'il vous plaît.

Ce que je voudrais que tu comprennes, c'est ton devoir.

Le gouvernement français m'a mentellement gêné. Tu peux quand même

pas lui demander... Je lui demande de m'oublier un point, c'est tout.

Je suis partie avec toi en étant en vacances.

Essayons un peu de ne plus penser qu'à nous deux.

Faisons comme si je n'avais rien à vendre, comme si on s'était connus au

rue Mouffetard.

On a bien le droit de rêver un peu, non ? Tu ne rêves jamais, toi ? Si.

De Jeanne d'Arc.

Merci,

et bonne route.

Ça y est, tout est en ordre. J'ai les billets.

Ah, tiens.

Avoue tout de même que je suis la reine des pommes.

Eh non, mais non.

Bon, alors écoute, voilà l'emploi du temps.

Dans 10 minutes, on est à l'aéroport. Dans une demi-heure, décollage. Dans 3

heures, on est à Lisbonne.

Demain matin, à 10 heures, tu fonces à ta banque et tu retires les papiers du

coffre. À 11h40, décollage.

14h, hors-lit.

15h, matignon.

Mes respects, monsieur le ministre.

Et on se débarrasse des favions. Tu vois, les capucines.

À l'œil ? Oui, là.

Enfin, écoute, c'est quand même curieux chez toi, cette mystique de la monnaie.

Enfin quoi !

Admettons que je fasse un don. Je suis folle, bon.

Mais il n'y a peut-être pas une telle urgence.

Mais si.

Tant que tu possèdes ces brevets, c'est le rive garanti.

Tu en as déjà eu un petit aperçu, non ? Imagine-toi que ça pourrait recommencer.

Les micros sous le lit, les tueurs dans le placard, la dynamite dans la soupe.

Mais si je suis avec toi.

Mais c'est pareil.

Tiens, si je flinguais comme ça, les trois clowns que tu connais, histoire d

'aérer. Et bien, le lendemain, il y en aurait trois autres en piste.

Allez, viens.

D'ailleurs, t'as qu'à lire les journaux.

S'il y a un métier où l'arrêt est assuré, c'est bien le nôtre.

Mais ne regarde pas tout le temps l'heure.

Je t'ai dit, c'est pour la banque.

Dans une demi-heure, elle ouvre.

On la passerait où, cette lune de miel ? Je dis, je sais pas.

Et si on allait taquiner la truite en Auvergne ? T'aimes la pêche ? J'ai

jamais essayé.

Ah si ! Une fois, le requin en caraïbe.

Ah bon ? Bon, ben alors... Je peux peut-être te proposer les cosses et le

coq de bruyère.

À moins que t'aies déjà chassé.

Juste une fois.

Le lion, au Kenya.

Oui.

Tu vas pas me faire une crise seulement parce que j'ai trempé un fil dans l'eau

et parce que j'ai bu un lion.

Je te fais pas de crise.

L'autre nuit, quand tu me parlais de ta vie avant moi, t'entends, on leur a dit

la rue des martyrs.

Grosse tasse, que tu t'ennuyais pas. C'est tout.

Bonjour madame, bonjour monsieur.

Le bagage de madame vient d'arriver.

Qu'est-ce que c'est que ça ? J'avais rien emporté, chérie. Juste un vieux

tailleur et une brosse à dents.

Et on peut savoir d'où ça vient ? D'hors ? Non, je te demande pas de chez qui, je

te demande d'où. Du château ? Au nom de Dieu.

Je vais essayer de nous dégoter de place dans le train du

soir, parce que j'aime mieux les gardes que les aérodromes.

Tu veux te dépêcher ! Faut que je me lave la tête ! Je vais pas aller chez le

ministre avec les cheveux gras !

J'ai vu sa femme dans Barry Mott, toujours tirée à quatre épingles.

De la part de Cherubin.

Cherubin.

Je te répète que je veux des wagons-lit.

Si c'était pas les vacances, j'aurais pas besoin de toi.

Et j'aime autant te dire que... Dis, je te rappelle dans cinq minutes.

Commodore ! Hello, Francis.

Félicitations, vous êtes le premier.

Je ne te dérange pas. Mais pas du tout, voyons.

Tu sais, j'ai beaucoup pensé à toi depuis l'autre nuit. Et je suis arrivé,

je crois, à une décision logique.

Tu offres 4 millions de dollars.

Oh non, je vais te foutre par la fenêtre !

à mon père.

Je n'ai pas l

'espoir.

Bon, alors, Venise t'aime pas.

Capri, je connais.

La Turquie, t'as de mauvais souvenirs.

Et le Brésil, moi, je suis tricard.

Tu vas voir, si ça continue, le voyage de l'Est, on va le faire à Barbizon.

Pourquoi pas au Bahama ? Tiens,

j'ai pris ça à tout hasard, à l'hôtel.

C'est incomparable, séjour en chanteur, éternel été.

Vacances de milliardaires.

Ce moment-là, on n'est pas en milliardaire.

Oui, mais on pourrait l'être.

Écoute, t'avais juré de ne plus parler de ça.

À partir de maintenant, tu es une héroïne.

Tu as pris conscience.

L'argent, tu le méprises.

Tant que t'es paré pour le restant de tes jours.

Entrez.

Messieurs, dames, à quelle heure doit un jour réveiller ?

Une heure avant l'arrivée ? C'est trop tôt ! Une heure avant l'arrivée.

Vous m'avez bien dit une heure avant l'arrivée ? C'est ça.

De quoi parlez-vous ? De soleil et de milliardaires.

Du bas à masse.

Si ça se trouve, on va s'ennuyer. Tous les gens riches sont là.

Qu'est-ce que t'en sais ? T'en as jamais vu.

15. J'ai pas besoin d'en avoir vu 15.

J'ai dit 15 parce que j'ai vu passer un barbu.

C'est vous ? Montez.

Et je lui dirai, monsieur le ministre, maintenant, c'est à la France de faire

un geste.

À la prochaine promotion, t'auras la région Bonheur, c'est affiché.

Pour les bouffons de la Rosette, sur un tailleur habillé, le ruban, ça fait pour

vous.

30. Quoi ? Excuse-moi, un autre barbu.

Allez, montez.

Oh, pardon.

Pardon, je m'excuse.

Un autre barbu, c'est peut-être un con.

Qu'est-ce qui t'arrive ? Un barbu, c'est un barbu.

Trois barbus, c'est des barbouzes.

Mais pleure pas, je suis vivant.

Et moi, je suis morte.

Morte de honte.

O'Brien m'a menacée, il a pris la serviette et...

Chef

! On pourrait signaler en

direction du wagon-restaurant. L'agent Fiduc est en embuscade.

Allez-vous, monsieur, le restaurant est fermé.

Gardez ça, je reviens tout de suite.

Excusez-moi, pardon.

Allô, ici Fiduc, il vient vers vous.

Ne vous inquiétez pas pour les documents.

C'est moi ! Salaud !

Retournez ! Vous, restez là.

C'est n'importe qui vous demande l'heure, du feu ou le chemin de la mer.

On flingue. Voilà.

C'est ça.

Chéri, j'y comprends rien. Regarde ce que je viens de trouver dans mon sac.

Washington City Bank. 4 millions de dollars.

Pourquoi tu n'es pas fâchée ? Antoinette, tu es complètement amorale.

Non, mais... Mais ce n'est pas pour moi que je l'ai fait, mais pour nous.

Tu ne voulais pas qu'on aille au Bahamas parce que tu ne voulais pas toucher à

mon argent.

Tu es tellement délicate, tellement vieille France.

Avec de l'argent étranger, ce n'est pas pareil.

On va pouvoir taper dedans.

Tu ne te vois pas sur une chaise longue devant la mer des Antilles ?

Fais telle qu'un peu de soleil... On reviendra tout penser.

Tu diras à ta femme que tu reviens du Congo.

Ma femme ? Qu'est-ce que ça veut dire, ça, ma femme ? Ton épouse, ta

conjointe.

Cherche un peu dans tes souvenirs. Un monsieur avec une écharpe, deux témoins,

deux alliances.

Ça te rappelle rien ? Mais tu dis n'importe quoi. Non, non, non, tiens !

Regarde ce que vous... Rien ne m'a donné, en même temps que le chèque.

C'est pas croyable.

Les insinuations, les calomnies passent encore, mais maintenant, les photos

-montages... C'est ça qui finira par me faire quitter ce métier. C'est vraiment

trop malsain.

Qu'est-ce que t'as ? T'as rien entendu ? Tu crains rien.

Ici, t'es dans un vrai bunker.

J'ai deux gars devant la porte et ces deux élèves à moi.

Les vrais tigres, ils se feraient tuer sur place, comme à la main.

Et ta sœur ?

Elle habite toujours Pékin ?

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