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Original subtitles

Le Kansas, o� le d�sert s'�tend sans fin, aust�re et aride,

depuis la nuit des temps.

Bravant s�cheresses, temp�tes de sable, cyclones

et �t�s sans pluie,

de braves pionniers font de maigres r�coltes

en r�vant aux jours d'abondance, de paix et de prosp�rit�.

Une menace nouvelle

p�se sur les cultures, les foyers et leur existence m�me :

les �leveurs sans piti�

et leurs b�tes au sabot destructeur.

R�sistant timidement,

arm�s de leurs seules fourches,

les fermiers sont d�munis

face aux armes flamboyante des �leveurs.

Partout la destruction se propage,

sans cesse encourag�e

par le cri de guerre des cow-boys : "Les b�tes avant tout !"

Lib�ral, au Kansas. Ici le d�sert fait place � la ville.

Billy !

Salut, Billy !

Bonjour, M. le maire. Comment va l'�picerie ?

Plut�t mal. La ville fait peur.

J'ai entendu parler d'une rixe dans la trou�e, hier.

Les �leveurs ont fait du grabuge.

Nos fermiers ne r�colteront rien cette ann�e.

Bient�t, ils viendront saccager la ville

si personne ne fait rien. Vous �tes le maire de Liberal.

Combien de temps va-t-on supporter �a ?

Il nous faut un nouveau marshal.

Quelqu'un qui se moque de vivre longtemps. Une id�e ?

Oui, mais il est t�t pour en parler.

Hier, ils ont d�vast� le grand domaine Bowen.

Grand ? Vous appelez �a un grand domaine ?

L� d'o� je viens, j'ai un cousin, Brandy Head Jones.

- Tu ne vas pas recommencer ! - Si fait !

La ferme du vieux Brandy Head �tait si vaste

que ses employ�s, tout juste mari�s,

ont all�s traire les vaches qui paissaient au bout du domaine.

� leur retour, ils avaient un enfant d'un an.

Je vais les faire taire.

Attends un peu, Billy, et calme-toi.

D�gagez, les gars.

Content de te revoir, Larkin.

- Moi aussi. - Viens boire un verre.

Je dois d'abord parler � Maury.

Entrez, c'est la maison qui r�gale.

Voil� le d�compte des b�tes. On les a charg�es cette nuit.

Il en manque deux, qu'on a mang�es en route.

Vous avez eu du mal, dans la trou�e ?

Un cavalier crott� s'est amus� avec une cha�ne.

Qui �tait-ce ?

Je le reconna�trai. Ce jour-l�...

Va voir le docteur Evans.

� ton retour, on parlera.

Du nouveau ?

�a devrait te plaire.

Vous allez bien, Hannah ?

Aidez-moi, M. le maire.

Je la tiens. Faites-la asseoir.

Voil�, par ici.

Laissez-la respirer.

Ces chevaux !

C'est une odeur saine, Hannah.

En tant que citoyenne de Liberal,

j'exige que la situation change.

On doit y r�fl�chir, Hannah.

Vous devez agir, aussi.

Nos forces vives passent plus de temps au bar qu'au comptoir.

Voyez vous-m�me !

Pour s�r, ils commencent t�t, aujourd'hui.

Qu'est-ce que ce sera ce soir ! Et ces filles, Ruby Stone en t�te !

Il nous faut un marshal aguerri, c'est urgent !

On ne trouvera jamais un as comme le vieux Sam Pritchard !

Je suis content que vous parliez de lui.

Sa fille, Susan, m'a donn� un mot pour Allan Harper.

Je l'avais oubli�...

Va donc le lui donner !

H�liotrope !

Vous vous r�veillez seulement ?

J'ai travaill� tard, cette nuit.

- C'est votre repas ? - Je ne veux rien de plus.

Vous avez besoin de plus. Des soucis ?

Une autre rixe entre �leveurs et fermiers, et je ferme.

�a va si mal que �a ?

Six familles sont encore parties hier.

Et vous leur rendez leur argent, comme toujours !

Oui, mais je r�cup�re leurs terres.

Au fait, Allan,

j'ai quelque chose pour vous. - Quoi donc ?

- Un billet d'eau. - Un quoi ?

C'est ce qu'a dit Susan Pritchard.

Ou un billet d'or, peut-�tre...

Un billet doux ! L'amour � la fran�aise...

Les Fran�ais parlent d'amour ?

Il est tout chiffonn�, c'est illisible.

Vous voulez savoir ce que �a dit ?

Tu l'as lu !

On partage tout, vous et moi.

Je ne pensais pas partager mon amie.

Alors vous devez vous marier.

Elle veut se promener avec vous. J'ai sell� Red.

Et tu ne dis rien ! Je dois m'habiller.

Non, pas celle-l�.

- Et voil�. - Elle est trop riche.

Elle vous l'a offerte, et vous ne l'avez jamais port�e.

Les couleurs plaisent aux femmes �blouies.

- Que sais-tu des femmes ? - Moi ?

Des femmes, j'en ai eu, d'Arkansaw � Zanzibar.

Quoi qu'elles en disent, je suis un vrai lapin.

N'oubliez pas que vous avez un rival.

Logan Maury ?

Lui-m�me. Et ce lourdaud s'y conna�t en femmes.

Il est doux comme une oreille de souris.

Et Dodge City ?

Aucune nouvelle. �a va venir.

Tu t'adresses � un ponte.

Vous �tes-vous jamais dit que c'est en aidant les faibles

que Bat Masterson a grandi ?

Il aurait d� recevoir ta lettre !

Je l'ai pourtant �crite, et envoy�e moi-m�me.

"Prioritaire", "Urgent", "Personnel"...

�a m'a co�t� 3 dollars. Les Indiens ont d� attaquer le convoi.

Ou alors la bande de Quantrill...

Ou un ouragan, ou encore les sauterelles !

Les sauterelles !

Je vous ai d�j� racont� le jour o� elles ont fondu

sur la ferme de Brandy Head Jones ?

Pas maintenant, j'ai rendez-vous.

Elles �taient grosses comme des mules, ces sauterelles.

Elles attaquaient les chevaux, les b�tes.

Elles ont d�vor� le quai, la pompe, les wagons...

Elles ont presque tout mang� !

Apr�s, �a a �t� les barbel�s. Vous ne le croirez jamais, mais...

Billy ?

Ferai-je l'affaire, en attendant ?

Bonjour, Logan.

Mes yeux n'ont jamais rien vu d'aussi beau.

N'est-il pas t�t pour les beaux discours ?

Mais je vous aime.

Et moi, j'aime Allan Harper.

Joli trio, non ?

Vous aimez Allan, je vous aime.

Allan est un bon gar�on, je suis triste pour lui.

- J'aimerais l'aider. - Triste ?

Il g�che sa vie, par ici.

Quel avenir ce pays peut-il lui offrir ?

Les champs ne donnent rien, il investit en vain.

�a ne vous arriverait pas ?

Je ne pense pas. Je sais ce que je veux, Susan.

Vous me rendez ambitieux.

Puisque vous parlez de vent et de cyclones,

l� o� on est n�, Brandy Head Jones et moi,

un jour, le vent soufflait si fort

que les plumes des poules se sont retrouv�es sur les canards,

et les plumes des canards, sur les poules. C'�tait joli,

tous ces canards qui caquetaient,

et ces poules qui cancanaient...

Regarde qui lui parle !

Bonjour, Allan.

- Bonjour, Susan. - Le voil�, Mlle Susan.

Merci, Billy.

- Bonjour, Logan. - Bonjour, Allan.

Je suis en retard. Nous choisissions ma cravate.

Billy a gagn�, la preuve !

Je vous comprends. Elle est un peu voyante !

Voyante ? Je l'ai choisie moi-m�me, pour son anniversaire.

Le voil�, Allan.

Propre comme un sous neuf et pr�t � galoper !

- Au revoir. - Au revoir, Billy.

Joli petit couple, non ?

Tu sais, Susan, ce ne sera pas toujours ainsi.

Un jour, sur cette d�sol�e,

les champs de bl� dor� s'�tendront � perte de vue.

Le soleil brillera sur l'�tat le plus prosp�re du pays.

Mon p�re avait le m�me r�ve, et ma m�re le partageait.

Elle est rest�e l� � combattre le soleil et l'anarchie,

jusqu'� ce qu'elle meure.

Puis mon p�re est mort pour avoir fait respecter la loi.

Ce pays a chang�, Susan.

En grandissant, il a connu la douleur.

C'est in�vitable, mais tout change.

Allan, emm�ne-moi loin d'ici.

Emm�ne-moi � l'Est, chez nous.

Non, Susan. C'est ici, chez nous.

Reste avec moi, aide-moi � me battre.

Je m'en vais, Allan.

Avec ou sans toi.

Tu sembles cat�gorique.

Je le suis, Allan.

J'ai une question � te poser.

Logan Maury a-t-il un lien avec ta d�cision ?

Il m'a demand� de l'�pouser et de vivre � Chicago.

Je comprends.

Non, tu ne comprends pas.

Tu es un homme parmi les hommes, tu es sourd au v�u d'une femme.

Le Kansas !

Les femmes y portent le fardeau de la vie

en s'escrimant sur la pierre.

Elles travaillent et attendent une chose

qui n'arrivera jamais.

Silence !

Silence !

Au nom de la direction de l'Oriental,

j'ai le plaisir de vous pr�senter notre vedette,

Mlle Ruby Stone !

Sortez-le d'ici.

- Maury veut te voir, Ruby. - O� est-il ?

Dans mon bureau.

- Bonjour, ch�ri. - Bonjour, Ruby.

Tu ne bouges pas ? Tu vas m'embrasser,

ou tu es trop occup� ? - Jamais pour �a.

Merci. Je te trouve bien avare, ce matin.

J'ai l'esprit tr�s occup�.

- �a passe avant moi ? - Je veux m'agrandir.

Je vois d�j� mes troupeaux, marqu�s de mon fer,

mes 25 000 hectares de p�turages,

2000 b�tes vendues chaque ann�e � Chicago...

Tu t'en sors d�j� bien. L'ambition peut �tre dangereuse.

Je gagne un dollar de commission par b�te livr�e.

La fortune viendra de la viande.

80 $ par t�te au lieu d'un.

Qui te louera les p�turages ?

- Les fermiers... - Je ne louerai pas, je poss�derai.

Quant aux fermiers, je sais comment m'en occuper, l�galement.

Ferais-tu allusion � Allan Harper ?

Il contr�le toutes les terres.

Il faut bien se battre, chacun pour soi.

Tu as aussi des vues sur son amie, Susan Pritchard, non, ch�ri ?

- Tu es folle. - Tu joues avec le feu, Logan.

La souris mangera le chat.

Puisque tu sembles y tenir, parlons de toi.

Que penses-tu d'Allan Harper ?

C'est pour �a que tu me convoques ?

J'ai entendu des choses que je n'appr�cie gu�re.

Tu n'es pas jaloux, ch�ri ?

Je te pr�viens, voil� tout.

Si tu as termin�, je retourne travailler.

Monsieur Harper !

Vous partez, vous aussi ?

Je ne supporte plus le Kansas. Rien ne pousse, ici.

On n'en peut plus. Je vous rends les terres, profitez-en bien.

J'aurais aim� ne jamais venir.

J'aimerais vous donner plus.

Bonne chance.

Merci, monsieur.

Tu es la carne qui m'a frapp� avec une cha�ne !

Descends de l� !

Si un de ses amis veut poursuivre, qu'il le dise maintenant.

Je m'appelle Allan Harper, je vous remercie.

Enchant�, Harper. Jolie bagarre !

Cher ami, vous endossez une lourde responsabilit�.

- Qui �tes-vous ? - Je dirige l'Oriental.

On r�gle nos probl�mes nous-m�mes.

Vous vous y prenez mal. Sans moi, vous auriez d� pendre un assassin.

On dirait un homme de paix.

Tout citoyen doit l'�tre quand la paix est menac�e.

Ce pays est libre.

Ce mot n'est pas parvenu jusqu'au Kansas.

Vous avez beaucoup � apprendre.

Sachez d'abord qu'on ne pend aucun cow-boy � Liberal.

La loi oblige � pendre les criminels dans le chef-lieu du comt�.

Disons les choses autrement :

seuls les condamn�s sont pendus. Apprenez � conna�tre notre ville.

Je me suis renseign� en chemin,

mais j'appr�cie vos conseils. Je serai bon �l�ve.

Commencez par vous pr�senter.

Je ne l'ai pas fait ? Pardonnez-moi.

William B. Masterson, marshal des �tats-Unis.

Bat Masterson ?

Oui, je cherche mon vieil ami, Billy Burns.

M. Masterson, je me fais la voix de la ville :

heureux de vous accueillir.

Si je peux vous aider, dites-le moi.

En attendant, venez donc nous voir.

Merci.

Allan !

Laissez-moi passer !

- �a va, fiston ? - Oui, Billy.

Billy, vieux coyote !

Bat !

�a alors, vieux crapaud cornu.

Je suis heureux de te voir.

Tu as mis du temps ! J'ai cru que Dodge City �tait en Chine

et que tu venais � la nage.

J'ai �t� ralenti, la mar�e �tait contre moi.

Quand je disais qu'il ferait tout pour moi !

Vous m'avez demand� si je pensais � un nouveau marshal.

M. le maire, c'est �a, pour moi, un marshal.

Vous �tes le bienvenu � Liberal, M. Masterson.

Votre honneur, mon premier sentiment

est que cette ville a besoin d'ordre.

- J'accepte la mission. - Parfait !

Nous en avons besoin.

Mon premier acte sera d'enfermer ces brigands.

Allons-y, M. le maire.

On s'occupe de lui. Bat et Allan, emmenez l'autre.

L�ve-toi, sale bouse fangeuse.

Allons-y, viens.

Tu dormiras quand tu seras au mitard.

Vous ne serez pas seuls longtemps, l�-dedans.

Quand Bat Masterson en aura termin�,

cette prison sera plus envahie qu'un chien par les puces.

M. le maire, �a me rappelle...

Arr�te un peu, Billy. Tais-toi, tu parles trop !

Tout le pays sait que vous avez d�barrass� Dodge City de sa vermine.

J'esp�re que vous en ferez autant � Liberal.

Je peux allonger mon mandat. Cette ville semble int�ressante.

Int�ressante ?

Si les meurtriers et les voleurs de b�tail t'int�ressent,

tu vas te plaire, ici.

Je dois avoir les mains libres.

Je serai heureux de m'en assurer.

Au fait, combien d'adjoints voulez-vous ?

Un seul.

- Ne me regarde pas. - Je te choisis.

S�rement pas ! Je ne suis pas volontaire !

Tu travailleras peu.

Je ne travaillerai pas longtemps, surtout !

Je suis trop jeune ! Tu entends ? Ma voix mue tout juste !

J'ai seulement besoin de soutien.

Tu te soutiendras toi-m�me !

C'est d�cid�, tu es mon adjoint.

Non, je ne suis rien du tout !

Du calme. �a fait de toi un homme important.

- C'est vrai ? - Bien s�r.

Il para�t que vos fermiers peinent � obtenir de bonnes r�coltes ?

J'ai plant� 20 hectares de ma�s,

de l'orge, de l'avoine et du bl�, et rien ne vient.

Une bonne pluie aiderait ?

Peut-�tre, mais nos champs ont besoin de plus que �a.

La pluie ne tombera pas, cet �t�.

Cultivez un champ sans pluie

et ils vous feront gouverneur du Kansas.

Un poste de gouverneur pour une r�colte sans pluie !

- Sans pluie ? - �a s'est d�j� vu.

Certains ont essay� par ici, sans succ�s.

Un fermier du comt�, McKeon, parle d'un syst�me secret

qui r�volutionnera l'agriculture d'ici � Pikes Peak.

�a a fonctionn� ?

Le temps d'une r�colte, mais un troupeau a tout d�truit.

Il a �t� gravement bless�

en prot�geant son champ. - Allez le voir.

Il ne veut rien savoir.

Essayez encore.

Si son syst�me marche, on tient la solution.

� tous les coups.

Vous miseriez sur les fermiers ?

Ma chemise, mes 50 000 $ et tout ce que je trouverai.

J'aime ceux qui jouent gros.

Moi aussi. En tant qu'adjoint, je t'accompagne. Je vais aller seller Red.

C'est �trange : certains hommes ont des projets,

mais le sort en d�cide autrement. Tenez, moi, par exemple :

je ne veux pas �tre un homme de loi, et pourtant j'en suis un.

- Qu'aimeriez-vous faire ? - Vous allez rire, vous aussi.

Je ne rirai pas.

Je veux �crire, devenir journaliste.

�crire est un acte naturel, pour moi.

Mais on m'en emp�che.

- Qui ? - Les r�dacteurs, les �diteurs.

Ils admirent l'homme qui a dompt� Dodge City.

Mais quand je parle d'�criture, ils se figent d'un coup.

Vous savez ce qu'ils disent ?

"Offrez-nous une bonne histoire,

"et on d�roule le tapis rouge."

Vous l'aurez, votre tapis.

Nous sommes coinc�s dans le coin le plus coriace du Kansas.

Vous voulez cultiver, je veux �crire.

Je finirai s�rement � Boot Hill,

et vous, vous rentrerez chez vous.

- Vous vous trompez peut-�tre. - Je le souhaite.

Tu as bien compris, Sandy ?

Oui, j'ai compris.

Un fermier du coin sait comment nous causer du tort.

- Je dois le dire � Maury. - C'est �a. Vas-y !

Il s'appelle comment, le fermier ?

McKeon !

Oui, McKeon, c'est �a.

Entrez.

Entrez !

- Salut, Tim. - Bonsoir, M. Harper.

On m'a racont�. Tu te sens bien ?

�a va. Ce n'est pas un �leveur born� qui me fera partir.

- Je suis coriace. - Il te faut un docteur.

Je ne donnerai pas un cent � un docteur !

- Vieux radin. - La ferme, palefrenier !

Palefrenier ? Et toi, vieux...

Billy, tu as notre rem�de ?

Palefrenier !

Il y a beaucoup de d�g�ts ?

La r�colte est fichue.

Ce que ces bestiaux n'ont pas pi�tin�, ils l'ont mang�.

Tu ne vas pas partir ?

Partir ? Je commence tout juste ! Je sais quelque chose.

J'y arriverai, l'ann�e prochaine, avec mes barbel�s.

J'y consacre tout ce que je poss�de.

Que sais-tu, Tim ?

Laissez tomber, c'est mon secret. Je vais faire pousser du bl�.

Il n'y a pas de bl�, ici. Essaie donc le ma�s.

En plus, le ma�s est plus utile que le bl�.

- Qu'est-ce que tu y connais ? - Qui, moi ?

- Toi ! - Brandy Head Jones connaissait...

- Va faire boire mon cheval. - Avec �a ?

Red n'a rien bu depuis notre d�part.

Oublie-le, il ne le pense pas.

Je le sais bien.

Il para�t que les fermiers d�talent comme des lapins ?

Oui, ils en ont assez.

Eden Bowen est parti ?

Oui, pour l'Est.

Le fou ! Pourquoi ne s'est-il pas accroch� ?

Il est comme tous ces soi-disant fermiers !

Ils veulent gratter le sol, planter quelques graines

et regarder pousser la fortune.

�a ne marchera pas comme �a, dans le Kansas.

Comment faire, Tim ?

Je ne dis rien pour l'instant.

Dites, M. Harper.

Vous avez l'hypoth�que sur la ferme de Bowen ?

Faites-moi une remise, je prends le tout.

J'ai l'argent avec moi.

Confie-le � la banque.

Les banques, on les attaque. Des terres, c'est du concret.

Il vous faut de l'argent ?

Oui, mais on en reparlera.

Avec tout cet argent, il te faut une protection.

Je ne m'ach�terai pas de revolver !

Pour le m�me prix, je pourrais m'acheter une charrue.

Si �a vous rassure, je peux vous emprunter le v�tre.

Entendu. � une condition.

Place ton argent � la banque d�s que possible.

March� conclu.

Je t'envoie le docteur Evans.

Je ne le paierai pas !

J'ajouterai ses frais au montant de l'hypoth�que.

Qu'est-ce que tu veux, te noyer ?

Rentrez en ville, vous deux ! Laissez-moi seul !

Tout le Kansas veut ma peau !

Sauf pour la balade, c'est un coup pour rien. Vous n'avez rien appris.

J'ai appris qu'il savait quelque chose.

S'il ach�te toutes ces terres, c'est qu'il est s�r de lui.

- Je connais McKeon. - Moi aussi.

Il va tout garder pour lui, comme toujours.

Le chacal n'a m�me pas pay� son whisky.

Ajoutez-le � l'hypoth�que, lui aussi.

Faites vos jeux.

La voil� qui tourne, les gars, faites vos jeux.

Je voulais vous saluer, M. Masterson. Ruby Stone.

Je le sais. Bonsoir, Mlle Ruby.

- Heureusement, vous �tes encore l�. - Je ne pars pas.

Vraiment ? C'est in�dit, � Liberal.

Les agents restent rarement, ici.

Pour me d�marquer, je resterai un peu.

Pardonnez mon intrusion, Logan Maury veut vous voir.

Logan Maury ? Je suis l�.

C'est priv�. Il vous attend dans mon bureau.

Je me demande ce qui fait fuir les agents.

� plus tard, Mlle.

Faites vos jeux, c'est parti.

Voici M. Masterson. Vous ne vous connaissez pas.

Enchant�, M. Masterson.

Faites comme chez vous. Au besoin, appelez-moi.

Asseyez-vous, M. Masterson.

Oubliez le "monsieur".

Pas de formalit�s, pour une petite palabre amicale.

- Vous voulez un verre ? - Non, merci.

Vous vouliez me parler ? � quel sujet ?

Nous avons un probl�me. Comme souvent dans la r�gion,

deux groupes s'opposent : les fermiers et les �leveurs.

Je suis dans l'�levage, j'approvisionne les march�s.

La viande est essentielle.

- Le pain aussi. - J'allais y venir, Masterson.

C'est une terre d'�levage. Les fermiers n'obtiennent rien.

Ils le savent et s'en vont.

Voil� qui arrange vos affaires.

Que vous dites ! D'autres arrivent.

Avec leurs barbel�s, ils me coupent l'acc�s au terrain.

Ils sont chez eux.

C'est l� que vous intervenez.

Avec vous � nos c�t�s, nous n'aurons plus d'inqui�tudes.

Voici ma proposition, Masterson.

Marchez avec moi et vous serez riche dans un an.

Jetez cet insigne et vivez comme un roi.

Je ne marcherais pas avec vous m�me si le pr�sident le demandait.

Nous ne sommes pas sur la m�me voie.

Je pr�f�re la mienne.

Que ce tireur sorte les mains en l'air.

Montre-toi, Sandy.

L�chez cette arme.

Sandy, vous �tes en mauvaise compagnie.

Suivez mon conseil, quittez la ville.

Je fais quoi, Maury ?

tu l'as entendu.

- M. Masterson... - Silence !

Ne tentez pas le sort, Maury.

Vous auriez pu sortir � sa place.

Tu ne chantonnes plus, maintenant ?

� demain, Billy.

Vous devriez vous reposer.

Tu vas me dire que je n'ai rien � faire ici,

mais je dois te parler.

Qu'y a-t-il de si important ?

Je dois te parler de Logan Maury.

Tu ne m'apprendras rien que je ne sache sur lui.

Il y a autre chose, que tu tentes de cacher sous les mots.

De quoi s'agit-il ?

De Susan Pritchard. Elle est en danger.

- Quel danger ? - Logan Maury.

C'est son probl�me, � elle de le r�soudre.

Pas face � lui. J'aurais d� m'en douter.

Si tu l'aimes, tu dois lui parler.

Tu ne t'inqui�tes pas pour nous, mais pour toi et Logan.

C'est vrai. Si je pensais � elle, je serais all�e la voir.

Je d�fends ce qui m'appartient.

Il est � moi, je ne l'abandonnerai pas.

Ressaisis-toi, ch�rie.

Je suis d�sol�e.

Combien de fois ai-je entendu �a ?

Je le r�p�te depuis que je parle.

Pourquoi ne pas rentrer chez toi ?

- Tu me le demandes depuis le d�but. - Je le demande encore.

Tu es gentil, Allan, tu l'as toujours �t� avec moi,

mais je ne rentrerai pas.

Je suis navr�, Ruby.

Moi aussi, pour bien des raisons.

Allan.

C'est dangereux de rester expos�.

Je n'y avais pas pens�. Tu es l� depuis longtemps ?

Assez pour avoir vu l'oiseau repartir chez lui.

Tu confonds tout.

Navr� pour ce que je me suis dit.

Qu'as-tu appris chez McKeon ?

Trop haut.

Dommage.

Demain, les �leveurs vont avoir une grosse surprise.

AVIS � LA POPULATION � partir du 30 juin au matin,

aucune arme � feu ne sera tol�r�e dans Liberal.

BAT MASTERSON Marshal des �tats-Unis

Voyons ce que signifie "Liberal".

Masterson, on veut vous parler.

J'arrive dans un instant. Tiens, ton cheval, et ton arme.

Si je te revois � Liberal, je soulage le Kansas en te pendant.

Vous ne me reverrez pas. J'ai mieux � faire que tra�ner ici.

Et Slim, vous le laissez sortir ?

Il est accus� de tentative de meurtre.

Le jury statuera sur sa lib�ration.

Allez, file !

D�gagez !

Les gars, je constate que vous croyez ce que vous lisez.

J'appr�cie que vous respectiez la loi

au point de venir me confier vos armes.

Gr�ce � votre coop�ration, Liberal va devenir

un havre de paix pour ses citoyens.

Bien, sortez tous vos armes. Billy, fais passer le sac.

Vous les r�cup�rerez en partant.

Allez, mon gars. Mets-la dedans.

Dans le sac. L'adjoint Burns te le demande.

�a t'apprendra � respecter la loi.

Merci. C'est bien, comme �a.

Vos contributions sont les bienvenues.

Tu avais raison, Bat.

Le calme va enfin revenir dans cette ville.

Une derni�re chose : ramassez le panneau

et remettez-le � sa place.

On va pouvoir esp�rer des changements, par ici.

Allan disait qu'on aurait un nouveau marshal,

il avait raison.

Je l'esp�re � moiti� aussi bon que votre p�re.

- Salut, Ed. Entre. - Salut.

Que puis-je faire pour toi ?

Allan.

- Bonjour, Susan. - Je voudrais te parler.

Excuse-moi, John.

Allan, j'aimerais que tu me pardonnes.

Je veux parler d'hier.

J'esp�rais avoir l'occasion de m'excuser.

Tu ne veux plus partir ?

Je voulais te parler d'hier soir.

Pourquoi n'es-tu pas venu ?

J'�tais occup�, hier soir.

Ne le sois pas ce soir. C'est mon anniversaire.

Je donne une f�te, tu as int�r�t � venir.

J'aimerais savoir qui pourrait m'en emp�cher.

Je t'attendrai. Je dois passer prendre Hannah Weeks.

Elle fait de la couture pour moi. Je dois y aller.

De nouveaux v�tements pour voyager ?

Ou de nouveaux v�tements pour faire la f�te...

Tu passes devant la maison du docteur.

Demande-lui d'aller voir Tim McKeon.

Avec plaisir.

� ce soir.

- Bonjour, Susan. - Bonjour, Hannah.

Vos robes sont pr�tes.

Splendide ! Je vous emm�ne chez moi.

M. Maury sera-t-il pr�sent, ce soir ?

Je le suppose.

Il est si beau, et riche ! Une femme pourrait plus mal tomber.

Mon c�ur se r�jouit � la pens�e d'un autre homme.

- Aimera-t-il ma robe ? - M. Maury ?

Non, Allan Harper.

Je d�teste les potins, mais je dois vous dire une chose.

J'ai travaill� tard, cette nuit. En regardant par ma fen�tre...

- Vous n'�tes pas heureuse, Susan. - Bien s�r que si.

On dit souvent qu'un esprit confus

trouve le r�confort aupr�s d'un ami compr�hensif.

C'est ce que vous �tes, Logan ?

- J'aimerais �tre plus, Susan. - Arr�tez, je vous prie.

La vie a mieux � nous offrir que Liberal.

J'ai trop v�cu ici pour imaginer comment d'autres vivent.

Un mot de vous et je vous emm�ne le d�couvrir.

C'est ici que sont vos affaires.

Tout sera pris en charge.

Que r�pondez-vous ?

Vous le saurez avant de partir.

Je suis ravie que vous soyez venu. Nous sommes si seuls !

Toute la ville semble � la f�te.

C'est ainsi que les gens s'amusent.

Je me fonds mal dans cette foule costum�e.

� une exception pr�s, vous �tes le seul � y parvenir.

Vous parlez d'Allan ou de Maury ?

Je parle d'Allan.

C'est un gentil gar�on. J'aimerais pouvoir l'aider.

Je l'aimerais aussi, il en a besoin.

Il vous int�resse aussi ? Je croyais que Maury...

Ce n'est pas si simple, M. Masterson.

Les parents d'Allan m'ont adopt�e � ma naissance.

Pourquoi tu me pousses vers le bar ? Je ne bois pas !

M. Burns, comment allez-vous tenir toute la nuit ?

Je suis un gros mangeur.

Je t'ai d�j� parl� de Brandy Head Jones ?

Il �tait le plus grand cuistot qui ait vu le jour.

Il mettait des haricots sauteurs dans sa p�te � cr�pes

pour qu'elles se retournent toutes seules.

Pour une reine de la soir�e, tu parais bien morne.

Tu as chang�, depuis ce matin.

Beaucoup de choses ont chang�.

Rien de grave, j'esp�re.

Je pars pour l'Est demain.

Demain ?

Nous aurions pu en discuter, non ?

Inutile d'en discuter � nouveau, ma d�cision est prise.

- Je sais tout, pour cette nuit. - Cette nuit ?

Hannah Weeks a veill� tard, n'est-ce pas ?

Heureusement pour moi, oui.

Connaissant cette comm�re, je comprends ton ressentiment.

Je peux t'expliquer d'un mot.

�a n'a pas d'importance, Allan.

Pour moi, si.

Mais si c'est ce que tu penses...

Merci, Mlle Ruby, tr�s agr�able. Je vais nous chercher � boire.

Tu marches du mauvais c�t� de la rue, Ruby.

Maury n'appr�cierait pas.

Pourquoi ne veille-t-il pas sur moi ?

Je suis l� pour �a.

Qui crois-tu tromper ?

Je t'ai vue cette nuit. D'autres aussi.

C'�tait bien toi.

Je n'�tais pas s�r, dans l'obscurit�.

Ne t'inqui�te pas.

Je t'aime bien.

Je n'ai encore rien dit � Maury, mais je pourrais le faire.

Tu vendrais ta propre s�ur.

Va le lui dire, je dirai que tu mens.

On verra qui il croit.

Joli nouveau chapeau, M. Carmody.

Moins seyant que celui d'hier soir.

Vous savez, celui que j'ai trou�.

Vous faites toujours mouche, M. Masterson.

Cela fait partie de mon travail.

Bonne nuit.

Quand vas-tu arr�ter de parler

et de les bousculer, et te mettre � tirer ?

Tu crois avoir dompt� des durs, � Dodge City ?

Je parie que tu ne connais pas Dry Gulch Curly.

Le vieux Brandy Head Jones

�tait aussi un marshal des �tats-Unis.

Il pendait tout le monde, dans le coin.

Ce Dry Gulch Curly dont je te parle

�tait si coriace que quand Brandy Jones l'a pendu,

son doigt a continu� � presser sa g�chette deux heures durant.

C'�tait quelqu'un, ce Brandy Jones.

Pour s�r, c'�tait quelqu'un.

Il mentait comme il respirait.

Qu'as-tu dit ?

Qu'il respirait encore.

Oh, �a, pour s�r.

Du vent. C'est vous, le marshal ?

Qu'y a-t-il ? Que vous a-t-on fait, ou qu'avez-vous fait ?

Je suis le Dr Evans.

- Que puis-je pour vous ? - Un meurtre, avec cette arme.

- La victime ? - Tim McKeon.

Allan Harper m'a demand� d'aller le voir.

Je l'ai trouv� mort. Tout �tait saccag�.

Et l'argent, dans son lit ?

Le lit �tait en pi�ces, mais pas d'argent.

Montre-moi cette arme, Bat.

Elle est � Allan.

Bonjour.

Pourquoi cet air grave ?

Je le suis. Les choses vont mal pour toi.

Je suis un peu perturb�,

je m'en remettrai.

On ne parle pas de la m�me chose.

C'est ton arme ?

Oui.

Je l'ai pr�t�e � McKeon.

Elle l'a tu� cet apr�s-midi.

Qui est le coupable ?

Toute la ville va t'accuser.

Qu'en penses-tu ?

Je suis ton ami, Allan, sois-en s�r.

Mais je repr�sente la loi. Je dois t'interroger.

Ta parole me suffira.

Merci, Bat.

�tais-tu dans son coin, aujourd'hui ?

Oui. Cet apr�s-midi, j'ai inspect� ses parcelles.

Tu l'as vu, tu lui as parl� ?

Non.

Quelqu'un t'a vu vers chez lui ?

Je l'ignore. Je ne me cachais pas.

Pourquoi l'aurais-je tu� ?

Vivant, il incarnait mon avenir, et la prosp�rit� du Kansas.

Calme-toi, Allan.

Si c'�tait toi, tu n'aurais pas fait l'erreur d'oublier ton arme.

�coute bien : je sais que tu ne l'as pas tu�.

Si j'en doutais, tu serais enferm�, m�me si tu �tais mon fr�re.

Mais aucun jury ne...

Il n'y aura pas de jury. Le coupable y veillera.

Tu entends ?

Ils ont d�j� commenc�.

Taisez-vous un peu ! Vous ne savez pas tout !

Le reste vient. Continuez, docteur.

Billy pr�pare Red. Il va te l'amener.

- Tu me dis de fuir ? - Je t'envoie chercher Larkin.

Lance Larkin ?

Il nous a entendu parler du secret de McKeon.

- C'est le motif du crime. - Mais pourquoi Larkin ?

Je jurerais qu'il travaille encore pour Logan Maury.

Adjoint Burns, � vos ordres.

Si tu avais tu� un homme, o� partirais-tu ?

- Au nord, vers Platte. - L�ve la main droite.

Jure de respecter la Constitution et les lois du Kansas.

Je le jure.

- Dis-leur qui l'a tu�. - Je l'ignore.

Et l'arme que tu as trouv�e ?

- �a ne fait pas de lui un assassin. - � qui est-elle ?

- � Allan Harper. - Allan Harper !

Il venait le d�rober ! Un meurtre de sang froid !

Allons-nous rester l� � ne rien faire ?

Allan n'est pas un tueur. Il n'a rien fait, vous le savez.

�coutez-moi. Laissons la loi s'en charger.

Masterson y verra clair. Ceux qui le connaissent le savent.

Assez de discours, il faut agir. Allons-y !

Allez, Allan, d�p�chez-vous.

Et prenez bien soin de mon insigne.

Quant � Susan, je lui expliquerai.

Ce sera inutile. Elle part demain matin.

�a va chauffer, ici.

Ouvre-nous, Harper.

Harper !

Pas un geste ! Carmody,

tu n'ignores pas que selon la loi, on appelle �a une effraction,

ainsi qu'une violation de la propri�t� priv�e.

C'est un acte condamnable,

je l'ai lu dans un livre, page 34.

Maintenant, sortez tous

ou vous allez �clabousser les murs.

Que voulez-vous ?

�coutez, Bat. Ces citoyens m'ont fait leur porte-parole.

�coutez-moi bien.

Deux types de personnes peuvent m'appeler Bat.

Mes amis et ceux que j'aime.

Vous n'�tes ni l'un ni l'autre.

Qu'avez-vous � me dire ?

Tr�s bien, M. Masterson.

Je parle en leur nom � tous.

Ils ne veulent aucun tour de passe-passe juridique,

ils veulent l'assassin de Tim.

J'entends bien l'emprisonner et le pr�senter l�galement

devant un juge, et un jury qui osera faire sont travail.

O� est Harper ?

En ce moment m�me, il se dirige vers Platte.

Il n'y arrivera jamais. On le pendra au premier arbre venu.

En selle.

Un instant, messieurs.

J'abattrai tout homme qui le poursuivra.

Harper n'est pas un tueur, mais mon adjoint,

asserment� et au service de l'�tat.

Je l'ai envoy� trouver l'assassin.

Retournez � vos affaires.

Si je revoie une telle sc�ne d'hyst�rie,

je vous enferme tous pour �meute.

Maintenant, sortez tous d'ici.

Au fait, Carmody,

un jour, vous m'obligerez � vous abattre.

L�che ton arme, Larkin.

Allan Harper, c'est vous ?

Jamais je n'ai �t� aussi heureuse de voir quelqu'un.

Fais l'idiot et je te tue.

- Ce gredin nous a menac�s. - Tais-toi, p'pa.

Que faites-vous dans cette r�gion ?

Bat Masterson m'envoie l'arr�ter. Il est accus� de vol et de meurtre.

- Vous avez ferm� votre bureau ? - Tais-toi, p'pa.

Vous semblez �puis�, jeune homme.

P'pa va s'occuper de ce filou.

N'h�sitez pas � l'abattre s'il fait l'imb�cile.

Je serai fier de le tuer, s'il remue un sourcil.

Venez, je vais vous servir un verre de lait frais.

Avec plaisir, Mme Ferguson.

Asseyez-vous.

Qu'est-ce que c'est ?

C'est du bl� ! Vous n'en avez jamais vu ?

Mais ici, par cette chaleur !

L'�t� au Kansas... 40 degr�s � l'ombre !

Comment faites-vous ?

Mon fils �tudie l'agriculture dans le Minnesota.

- Les graines sont de Washington. - Quel type ?

Calmez-vous, je vais vous montrer.

On les utilise dans les r�gions froides.

Un gar�on intelligent, notre Clem.

Il s'est dit que si ces graines ne gelaient pas au Nord,

elles ne br�leraient pas ici.

Nous les avons plant�es en profondeur, comme il l'a dit.

Bien s�r, nous avons aussi pri�.

Du bl� d'hiver !

Mme Ferguson, savez-vous combien c'est important pour l'�tat ?

- Important ? - Bien s�r !

Vous pourriez m�me �tre �lue gouverneur du Kansas.

Tu entends �a, p'pa ? Je pourrais �tre gouverneur !

Qui est l� ? Que voulez-vous ?

Bon sang ! J'ai �t� de garde toute la nuit � la prison et...

C'est vous, Mlle Susan ?

Des nouvelles d'Allan, Billy ? Est-il revenu ?

Bont� divine ! Je vous l'ai dit,

quand il arrivera, la ville le saura.

M. Masterson en sait-il plus ?

Ce que je peux vous conseiller,

c'est de promener votre joli minois

jusqu'� la prison pour le lui demander.

Je ne veux pas le d�ranger.

Vous ne risquez que la prison. Allez-y, tr�sor.

M. Masterson ?

- Des nouvelles ? - Non, mais il ne tardera plus.

Il nous ram�nera le fuyard.

- S'il lui arrive... - Rien n'arrivera, Ruby.

Le danger vient de l'Oriental. Maury parie qu'il ne reviendra pas.

Carmody parle de le pendre.

S'il faut pendre quelqu'un ici, je m'en chargerai.

Entrez, Mlle Susan.

- Connaissez-vous Mlle Stone ? - Je ne fr�quente pas les saloons.

C'est vrai, vous pr�f�rez recevoir leurs g�rants chez vous.

Un instant.

L'observateur innocent que je suis va tenter sa chance.

Nul ne pense plus � Allan Harper que moi.

Votre pr�occupation � son sujet me ravit donc.

Je ne me soucie que de la justice, et de la paix � Liberal.

Vous mentez.

Vous aimez Allan, mais vous laissez Maury vous en d�tourner.

Voil� ce qui vous blesse ! Logan Maury !

Oui, je suis bless�e, comme l'est Allan,

et quiconque perd l'objet de ses espoirs et de sa foi.

Mais vous conna�trez �a. Quand le vernis s'effacera

et que sa verve se tarira, vous verrez le mensonge,

et vous regretterez les v�tres.

- Pardonnez-moi, M. Masterson. - Dites-le � Mlle Stone.

Pardonnez-moi, Ruby.

Oublions cela.

Je savais qu'on l'aurait.

Un geste et ton cheval cavalera seul � travers la ville.

Son retour te fait perdre tes paris.

Allez, reculez, vous autres !

Je ne le r�p�terai pas, reculez tous !

Et voil�, Bat, on le tient.

Bravo, Allan. Je demanderai votre promotion.

Tu m'as demand� l'assassin, le voici.

Enfermez-le, adjoint Burns.

Pointez-le avec �a, M. le maire.

Allez, descends de l�. L'adjoint Burns l'exige.

Larkin, tu vas moisir trente jours pour ton crime.

Ensuite, on te pendra.

Voici la preuve, Bat. Et les t�moins ne manquent pas.

Bon travail. Et dans ce sac ? D'autres preuves ?

Non.

C'est la meilleure prise de mon p�riple.

Rappelez-vous ce que j'ai dit sur les rassemblements.

Vous deviez partir aujourd'hui.

Comment aurais-je pu ?

Mon d�part comptait moins que vous savoir en vie.

Cette fois, tu y restes.

Quand Masterson envoie ses adjoints chercher un homme,

ils le trouvent.

Vous pouvez me rendre mon insigne.

Vous n'en avez plus besoin. Tu sais, Bat...

Tais-toi, Billy, tu parles trop !

M. le maire, vous lui donnez des id�es !

- Je vais te dire... - �a suffit, les gars !

Vas-y, Allan, continue.

Les choses sont parfois �tranges.

McKeon a disparu avec son secret.

Pourtant, sa mort a r�v�l� ce qu'il cachait.

C'est un peu confus. Je m'explique :

tu m'as envoy� trouver l'assassin,

qui m'a men� � ce que nous cherchons tous :

comment cultiver le bl� au Kansas.

Voici la r�ponse.

Les gars, regardez ce qui se passe dehors !

Tu avais raison, Maury.

Il semble que les fermiers partent.

Plus de fermes, plus de cl�tures.

En quoi en profiterons-nous ? Leurs terres reviennent � Harper.

Il peut les vendre au premier pigeon venu.

Harper ne vendra plus de terres, mais il l'ignore encore.

Attendez, Jason !

Que se passe-t-il ?

Comme vous le voyez, M. Harper, nous partons.

- Billy, apporte-moi le sac. - Venez, M. le maire.

Vous resterez, apr�s avoir vu �a.

Vous nous avez montr� le Kansas, nous l'avons assez vu.

Attendez, monsieur. C'est tr�s important.

Allons, faites place.

Reculez.

Le voici, Allan.

Vous savez ce que c'est, les gars ? Du bl� !

Aussi fort, aussi sain que partout ailleurs.

Cultiv� dans le comt� de Meade, malgr� la chaleur et la s�cheresse.

Je connais le secret, il est � vous.

La prosp�rit� s'annonce, apr�s ces ann�es de patience et de labeur.

Le Kansas sera le grenier du monde !

J'ai l'argent qui permettra ce nouveau d�part.

- Allez, rentrez chez vous. - Il est trop tard.

Nous n'avons plus nos maisons.

Les hypoth�ques des fermiers ont �t� reprises.

- Par qui ? - Logan Maury.

Du calme, jeune homme.

Taisez-vous ! Je ressens la m�me chose que vous.

Quand la derni�re caravane est partie,

c'est le sang de la ville qui s'�chappait.

Nos foyers, nos affaires, notre existence sont menac�s.

On �tait l� d'abord, on est chez nous.

Crier et tirer, on en a le droit, nous aussi.

Silence !

Un instant !

Mes amis, les hommes de Maury sont ivres de boisson.

Vous �tes ivres de col�re. C'est pire, plus dangereux.

Quand la rue s'approprie la loi, le crime se multiplie.

Ces id�es folles transforment en brigands

les honn�tes citoyens que vous �tes.

Vous m'obligeriez � retourner mes armes contre vous

pour prot�ger Maury et ses hommes.

Maury a vol� mes voisins. Vos lois n'y peuvent-elles rien ?

Il a achet� leurs terres dans son plein droit.

Tous les criminels font des erreurs. Quand il glissera,

je vous promets qu'il ne vous ennuiera plus.

Braves gens, je veux que vous coop�riez avec la loi

et que vous rentriez chez vous calmement.

Adjoint Burns, � vous.

Vous avez entendu ? Pas de rassemblements ill�gaux.

Moi, j'appelle �a une �meute. Article 248, page 94.

Rentrez chez vous. Vous aussi, Hannah. Allez !

On avance ! Et mettez-y du c�ur !

Bonjour, Ruby. Allez !

M. Masterson.

Ce droit dont dispose Maury est-il l�gal ?

Oui, apr�s l'enregistrement des terres.

Qu'y a-t-il, Ruby ? Maury s'en inqui�te ?

Ce qui l'inqui�te, c'est le proc�s de Larkin.

C'est bien l�gitime. Larkin va �tre jug�,

puis il sera pendu. - C'est ce qui l'inqui�te.

Il craint que Larkin parle et l'invite sur le gibet.

C'est exactement ce que j'esp�re.

Liberal d�pend de vous, aujourd'hui.

Bat Masterson veut que chacun lise ce message.

C'est votre premi�re �dition sp�ciale, Charlie !

Elle n'a qu'une page mais c'est de la dynamite.

Allez-y et n'en perdez aucune en route.

Tenez. Masterson veut que chacun en ait une.

Tenez.

Voil� pour vous, monsieur.

Luke, tu sais lire. Qu'est-ce que �a dit ?

"Avis aux citoyens : la loi s'est install�e � Liberal."

Le patron doit voir �a. Carmody !

Regarde �a !

Quel est tout ce bruit ?

�coute �a : "La loi s'est install�e � Liberal.

"Premier acte : le jugement de Lance Larkin pour meurtre.

"Le juge Willis Adams pr�sidera."

Le juge "La Corde" de Dodge City !

"Des procureurs de Topeka repr�senteront l'�tat,

"m�neront une enqu�te approfondie

"et exigeront la pendaison de tout complice du meurtrier de McKeon."

C'est nous, patron. Si Larkin se met � table...

Et s'il ne pouvait plus parler ?

Soustrayons-le � la loi.

Que chacun r�cup�re son arme et s'en aille.

Vous avez vos armes. Quittez la ville au plus vite.

Je ne conseille pas, j'avertis.

Si je menais la danse, je ne vous confierais pas un jouet.

La danse n'est pas termin�e, vieux.

File ou tu l'entendras, le vieux.

Quittez la ville, maintenant. Allez !

Larkin, tu crois que Maury va nous abandonner ?

Du calme, Slim. Ce n'est pas dans son int�r�t.

J'esp�re que c'est termin�.

Oh, non. Avant qu'on s'en rende compte,

cette ville sera plus chaude qu'un soir de 4 juillet.

Je crains que tu dises vrai.

- Ne peut-on emp�cher cela ? - Mieux vaut s'y pr�parer.

Je ne bouge pas et j'attends les ordres.

Les voici, adjoint Burns.

Arr�te, Jason !

J'ai du nouveau. C'est officiel, rassemble-les.

- Je veux tous les voir. - Les gars, rassemblez-vous !

On a quelque chose � vous dire.

Salut, maire.

Le silence est tel qu'on entend tes cheveux pousser !

Salut, Dave. Quand es-tu revenu ?

Hier soir. Que se passe-t-il ?

- Le marshal a sonn� le d�part. - Des probl�mes en vue ?

Il a enferm� le pire tueur de Maury.

Ses hommes vont r�agir.

Bat s'attend � ce qu'ils viennent le chercher.

D�fendre la prison lui donne le droit de leur tirer dessus.

�a sent mauvais. Ils vont r�pliquer. Ce sont des assassins.

D'autres ont voulu diriger Dodge City, mais Masterson �tait l�.

Un enterrement collectif � Boot Hill a r�tabli l'ordre.

J'ai vu Billy Burns � cheval. O� va-t-il ?

Maury a litt�ralement expuls� les fermiers du pays.

Bat compte sur leur col�re, il l'a envoy� les rappeler.

- Un vrai Paul Revere barbu ! - Oui.

Va chercher ton arme et attends les premiers tirs dans la tour.

� ce moment-l�, tire sur tout ce qui bouge.

- Vous �tes tous d'accord ? - Oui !

Je parle pour eux. On est content que tu nous aies rattrap�s.

On va s'installer ici et attendre ton signal.

Quand on le verra, on accourra.

Parfait, Jason. Laissez-moi passer, les gars.

�coutez tous.

Vous le savez, ils ont enferm� Larkin pour meurtre.

Il est aussi innocent que vous.

Masterson et ses fermiers vont l'envoyer � la potence.

- Allez-vous accepter �a ? - Non !

- On va le tirer de l�. - C'est bien.

Je savais que vous diriez �a.

�coutez bien : si, pendant l'op�ration,

une balle perdue devait croiser la route de Masterson,

par accident,

il se pourrait qu'une grosse r�compense attende le maladroit.

Ce sera tout. Tu sais quoi faire, Wilson.

- Emm�ne-les d�s qu'il fera nuit. - Entendu.

Tu n'esp�res pas emp�cher mes amis de me tirer de l�, si ?

Tu sortirais les pieds devant,

une balle entre les yeux et non dans le dos comme McKeon.

Vous devez avoir besoin d'aide.

Ils �taient � mon p�re.

- Ils nous seront utiles, Allan. - Et comment !

Maintenant, rentre chez toi. �a va tirer, par ici.

Si �a doit tirer, ma place est ici.

Je suis meilleure tireuse que toi.

Je reconnais bien la fille de Sam Pritchard.

Venez, Susan.

Quelque chose ne tourne pas rond. La grand-rue est vide.

- Aucune couverture pour les gars. - Je sais. Ils sont pr�ts ?

- Ils arrivent � la nuit tomb�e. - Parfait.

Allez, les gars, on y va.

Les amis, c'est l'heure.

Le signal ! Allons-y !

Ouvrez, je suis l'adjoint Burns.

Vous ignorez que je suis des v�tres ?

Poussez-vous, Allan, j'ai besoin de place.

- J'aimerais que le vieux Brandy... - Tais-toi, Billy, tu parles trop.

Billy, emm�ne Susan et les autres � l'arri�re.

- On n'ira pas... - C'est un ordre.

Vous avez entendu ? Allez-y !

- Je croyais t'avoir... - On ne va nulle part sans toi.

Je me demande ce que font les fermiers.

Que ferons-nous s'ils ne viennent pas ?

Les voil� !

Qu'est-ce que tu fais ici ?

Je t'ai demand� ce que tu fais ici.

Tu m'as dit qu'ici, c'�tait chacun pour soi.

- �a vaut pour les femmes. - Que dis-tu ?

Je vais te le dire.

Quand tu m'as d�laiss�e, j'�tais si triste que j'ai voulu mourir.

Maintenant, je m'en moque. Je n'�prouve que du m�pris pour toi.

J'ignorais que ce serait aussi facile.

- Parfait, tu l'as dit. - Ce n'est pas tout.

Tes r�ves de grands troupeaux,

de milliers d'hectares et de trains s'�vanouissent.

Les fermiers que tu as expuls�s reviennent.

Ils vont t'enterrer sur la grand-rue.

Je me moque d'eux. Leurs terres et celles d'Harper m'appartiennent.

Leurs terres t'appartiennent ?

Les actes que tu as sign�s ne valent rien.

Ils seront bient�t valides.

Ils ne le seront jamais,

parce que je les ai br�l�s.

Voici ce qui en reste.

Ne bouge pas, Maury.

- Ne tirez pas ! - Cessez le tir, les gars.

Va chercher le docteur.

Non, ne me laisse pas, Allan.

Susan, je vous ai d�test�e

car je vous accusais de m'avoir vol� mon bien.

Je vous demande pardon.

Je comprends, Ruby.

Je veux que vous sachiez la v�rit�.

Allan et moi avons �t� �lev�s ensemble

dans une petite ville de l'Est.

Je me suis enfuie de la maison.

- Ruby... - �coute-moi.

Les fermiers vont r�cup�rer leurs maisons.

Dis � ta m�re que je suis d�sol�e.

Tuer une femme !

En tant que maire de Liberal, je parle au nom de mes concitoyens :

je vous souhaite une heureuse lune de miel.

Revenez-nous vite, M. et Mme Harper.

Pourquoi aller travailler � New York ?

Tu n'as pas l'�me d'un journaliste, ou je-ne-sais-quoi.

Je dois essayer, ou je ne conna�trais pas le bonheur.

Ta place est � l'Ouest, on a besoin de toi, ici.

Tu prends la rel�ve, marshal. Ta ville grandira, un jour.

Un jour ? Elle est d�j� grande !

Ils accourent comme des mouches attir�es par le miel.

En voiture !

Au revoir, l'ancien. Prends �a, j'y tiens.

Prends-en grand soin.

Adieu, Bat. On ne vous oubliera pas.

Merci, M. le maire.

Au revoir !

Aucune arme � feu

n'est tol�r�e en ville. Donnez-la-moi.

Brandy Head Jones !

Je viens te voir, cousin Willy.

Ne m'appelle pas cousin Willy. Je repr�sente la loi, ici.

Mon premier acte sera de t'enfermer

pour violation de l'article 265, page 34.

Descends de l�, et vite !

Adaptation : Stanislas Raguenet

d�sincrustation : unheimlich

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