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Original subtitles

Bonjour, messieurs.

Dis-moi, il nous fait quoi, la gravure de mode ? Bon, vas-y, on vous rejoint.

Bonjour, commandant.

Bonjour, le marchand.

Allons, si tu passes là-bas.

Oui, ça va.

Je n'ai plus de bâtiment.

Bon, mais je n'ai plus de portable.

Allez, trois minutes, je n'ai plus de portable.

Pas de traces d'éraflure sur les chaussures, le corps n'a pas été tenu

sur le sol.

La victime est allongée sur le ventre, le bras droit replié, sous le corps, la

main gauche à hauteur de la tête, fracture du majeur et de l'index.

Recto verso.

La victime est âgée d'environ 80 ans.

Trois orifices provoqués par des projectiles d'armes à feu.

Pas de papier, un étui de P08 à la ceinture vide.

Et alors, c'est là qu'on a découvert le corps.

Mais on sait qui, oui.

Moi et Georges.

Georges Bouvier, le président de l'association des anciens du rail.

Merci.

Lieutenant, pas trop débordé ? Non, non, un petit problème de portable. C'est

bon, c'est réglé, je n'ai plus.

Je vous appelle pour vous demander de faire le webinage.

Ben, tu peux pas le lâcher un petit peu, là ? J'ai dit qu'il y avait le Peugeot,

ça ?

Trois

projectiles dans la région du tronc brachycéphalique gauche, mort

instantanée. Ne me dites surtout pas qu'il s'agit d'un calibre bien de chez

nous. J'ai bien peur que si, mon grand.

Tu peux toujours envoyer ça à la balistique, mais vu l'état, ça m

'étonnerait qu'ils puissent en tirer quelque chose. Bien, en ce qui concerne

l'heure du décès, est-ce que...

Vos remarquables compétences vont pouvoir nous éclairer.

J'aime quand tu me parles comme ça.

Oui, quand j'ai commencé à examiner le corps, la rigidité cadavérique n'était

pas encore établie.

En compte tenu du temps, entre la découverte du cadavre et le début de l

'autopsie et la mort, il y a une dizaine d'heures.

11 heures maxi.

Bien, il est 9h30, donc on peut le ramener à hier au soir entre

22h30 et 23h30. Autre chose, commandant.

L'index et le majeur fracturés, comme si on avait essayé de lui arracher quelque

chose qui tenait fermement dans la main, juste après l'avoir abattu.

Rien d'autre ? Si.

Ça ne m'étonnerait pas que le type soit un vieux salopard.

C'est quand même pas une tâche de naissance, ça.

L'assassin a utilisé du 22.

Sans doute qu'il sait qu'on ne peut pas identifier l'arme à partir des balles.

Un contrat exécuté par un faux ? Pourquoi pas ? À part le tatouage, on a

quoi sur la victime ? Il y a un cuir qui le portait à la ceinture qui correspond

à celui d'un Luger P08.

C'est d'ordonnance de l'armée allemande. Un vieux nazi ou un ancien collabo ?

Non, n'allons pas si vite. Il y a une grande différence entre la croix gammée

et cette swastika.

Contrairement... Un emblème nazi, dont les branches sont à angle droit.

Celles-ci sont courbes. J'ai contacté le professeur Jacques Bouvier, un éminent

spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, qui va venir nous éclairer sur

la signification et l'origine de cette croix. Attendez, Bouvier comme Georges

Bouvier qui a découvert le corps, c'est ça ? Oui, tout à fait, Jacques Bouvier

est le fils de Georges Bouvier, grand résistant, membre influent du réseau Fer

Alsace pendant l'occupation, et président d'une association d'anciens

combattants du rail.

Un ex-collabo qui se fait buter en plein fief résistant.

Si c'est pas une piste.

C'est peut-être pas la peine de remonter si loin. C'est-à-dire ? C'est-à-dire qu

'on n'a rien trouvé sur le corps. Pas de papier, pas de portefeuille, pas d

'argent, rien.

Alors je me suis dit que peut-être le mec s'est tout simplement fait

dépouiller. Il se fait braquer par une petite frappe, sous la menace d'un 22.

Il s'est fait aller très pendu comme un 22.

Et puis ça tourne mal et bon. Tu vois vraiment un braqueur à la petite semaine

buter un mec de 70 berges pour lui tirer son larfeuil, toi ? Attends, Jean-Louis,

on a le pire.

Les deux doigts fracturés semblent indiquer qu'on lui a arraché violemment

quelque chose qu'il tenait fermement en main.

Une valise, une mallette. Les gars de la gare de l'Est m'ont parlé d'un SDF, un

mec du genre plutôt nerveux, qui rôde toujours dans les parages.

Comme il n'en est pas à ses premières embrouilles, ça serait peut-être bien qu

'on aille voir de ce côté-là. Pourquoi pas ? Bon, Berger et moi, on s'occupe

des anciens du rail.

Un vrai billet de retour pour l'enfance, n'est-ce pas ? Les trois frères ont

saccagé mon enfance avec ça.

Alors, m'en voulez pas si je reste sur le quai ? En revanche, mon collègue, il

prendrait bien l'abonnement.

Hélène Gouvier, trésorière de l'association. Mon mari, Jean.

Par ici.

Polo ? Viens.

Connaissez-vous notre musée du rail ? Je suis sûr que ça vous plairait.

Que puis-je pour vous, lieutenant ? Je voudrais revenir sur la découverte du

corps.

Vous pouvez nous réexpliquer comment ça s'est passé ? Eh bien, Emile et moi,

Emile Merceron, un de vos collègues l'a interrogé, il me semble.

Oui, monsieur Bouvier, nous avons sa déposition.

Donc, Emile et moi, nous rendions au bureau de l'association et nous avons

aperçu un corps allongé par terre.

Nous avons pensé que ça devait être une personne prise de malaise.

Nous nous sommes rapprochés... Mais ce corps, il était dans la même position

que lorsque nous sommes arrivés sur les lieux.

Oui, allongé sur le ventre.

Comme je vous l'ai dit ce matin, Émile s'est penché sur cet homme et s'est

rendu compte qu'il était mort.

Alors je me suis précipité au bureau, donc j'ai appelé la police.

Cet homme, vous n'aviez jamais vu son visage avant ? Émile était penché sur

lui.

Il n'y a pas eu le temps de voir son visage.

Est-ce que ça, ça vous dit quelque chose ? Non.

Je n'ai jamais vu cet homme.

Et vous, madame ? Non.

Désolée.

Merci.

Excusez-nous de vous avoir dérangé. Vous n'excusez pas.

Vous faites votre travail.

Et surtout, n'hésitez pas à me rappeler pour le musée.

Je me ferai un plaisir de vous commenter la visite.

Bon, et tu ne veux pas me décrocher, là ? Petite baisse d'enculé ! Allez,

décroche-moi !

Premièrement, ta gueule. Deuxièmement, tu te calmes. Et troisièmement, tu

réponds à nos questions, d'accord ? Va te faire foutre ! Moi, je vous dis ! Je

vous dis tout ! Tiens, regarde. Oh, un joli trousseau, hein, Wilfried ? Il

manque plus que le 22 avec lequel t'as buté le vieux.

Attendez, les gars, le quoi vous parlez, là ? Le monsieur te demande où t'as

foutu le flingue qui t'a servi à buter le vieux dans les souterrains ! Vous

êtes cons, les gars ! Pourquoi je vous dis que j'ai pas de flingue ? J'aime pas

ça, ça me fait peur, ça me fait peur ! Ah, ça pue, regarde ! Tiens ! Oh ! C'est

quoi, ça ? C'est quoi ?

Je sens que tu vas dire une connerie, là. Pense aux empreintes, Winfried.

Pense aux empreintes ! Putain, et ça, c'est quoi ? Oh !

Et ça ? C'est le caté dans l'ordre, ça ? D'accord, le gars s'est tombé dessus par

hasard. Il était 3-4 heures du matin.

Mais le gars, il était de sa mort ! Bon, bon, et après ? Après, ben voilà... Je

me suis dit, je peux peut-être y jeter un coup d'œil et puis le flingue...

Je me suis dit que je pouvais peut-être me faire un petit peu de blé avec, c'est

tout. Et le pognon ? Le pognon, il était dans une espèce de mallette en

aluminium.

Il était complètement accroché à sa mallette. J'ai tiré un peu de son...

Bon, ta gueule, elle est où cette mallette ? J'ai jeté dans le canal au

quai de Valmy.

Putain ! Bon, ok, d'accord, c'est pas toi qui l'as buté.

Alors tu vas pouvoir nous dire ce que tu faisais hier entre 22h et minuit.

Oui, ben ça, j'étais avec mon pote Louis au fals fat.

Aïe, aïe, aïe, aïe. Quoi, aïe, aïe, aïe ? Au falta, ton pote Louis ! Tu sais

comment ça s'appelle ? Ça porte un nom, ça ! Comment ça, un nom ? Ça s'appelle

un alibi à la con ! Évidemment.

Ben oui, mais ça, vous pouvez demander à Jacques, le patron, il est au courant.

C'est un Auvergnat de pure souche, il est né au salaire, il va quand même pas

raconter des conneries.

Non, il va pas faire un alibi à la con ! Aïe ! C'est caché, monsieur

Bouvier. C'est un cru jamaïcain.

Un équilibre remarquable. S'il vous plaît, oui.

Vous avez raison, ce n'est pas le Zastika nazi, c'est le Zastika de Thulé.

L'emblème d'une société secrète, la Thulé-Gesellschaft, fondée par un acteur

allemand. Il n'y avait personne qui y avait adhéré. Il avait réussi à s

'implanter dans toute l'Europe. La Thulé-Gesellschaft.

Un membre du gouvernement Laval en faisait partie. Je me trompe ? C'est

exact. À délibération, il a d'ailleurs donné la liste des membres français pour

sauver sa tête.

Un de mes étudiants a fait un mémoire sur le sujet. Si vous voulez, je vous

communiquerai tout de suite.

Si les Français sortent de chance pour que le nom de votre ami figure.

Je vous suis très reconnaissant de l'aide que vous nous apportez,

professeur.

Ah bon ? M'oserais-je vous demander une ultime...

Je vous écoute.

Voyez, vous me le dédicacez.

Ça vous a plu ?

Oui, oui, j'ai lu les premières pages, mais je brûle de connaître la suite.

Je suis allé te dire qu'il caracolait en tête des ventes. C'est pour un premier

roman, j'avoue que je ne suis pas plus content.

Voilà.

Merci.

Merci infiniment.

Un petit détail encore.

Oui ? L'homme dont vous avez examiné le tatouage...

a été assassiné dans un souterrain de la gare de l'Est. Il a été découvert par...

votre père.

Mon père ? J'espère que ça ne l'a pas trop secoué.

Non, non, pas le moins du monde.

D'après mes hommes, il est vrai que votre père a connu des situations

autrement plus périlleuses pendant la guerre.

Oh, la guerre... Justement, c'est si loin tout ça.

François, tout à l'heure, au téléphone, tu voulais qu'on parle du divorce. C'est

là que... Si je te l'ai dit ça, c'est parce que je savais que tu refuseras de

venir si jamais on parlait d'autre chose.

Ce que je veux, c'est qu'on parle de couple.

On parle de nous.

Mais on ne va pas parler du couple.

Il n'y a plus de couple.

Deux, c'est chinois.

Il faut quand même que tu l'admettes.

Oui, évidemment.

Depuis que madame a eu sa promotion, qu'elle est devenue chef de groupe, elle

ne va pas se faire embarrasser d'un minable prof de français.

Merde, François ! Frère de ta rengaine.

Ce n'est pas ma faute, si tu n'as jamais réussi à écrire ton premier roman.

Alors je ne sais pas, moi.

C'est peut-être le moment, bouge tes fesses et arrête ton culpabilisme.

Tu n'as pas d'enfant, c'est aussi de ma faute.

J'ai toujours été claire là-dessus.

Si je n'avais pas passé ma jeunesse à courir de foyer en foyer, j'aurais peut

-être une image plus idyllique de la maternité, mais là... Oh, toi aussi,

arrête ta rengaine.

Tu n'as jamais eu d'enfant parce que tu ne m'as jamais aimé.

C'est ça la vérité. Seulement moi, j'étais toujours là, même quand ça n

'allait pas.

Alors maintenant, je peux crever, hein.

En fait, tes menaces, ça ne compte plus avec moi.

Ok, alors essaye de comprendre.

Il est spy, lui.

Je vais prendre la glace.

Vous deviez laisser tomber le vétiver. Sans vous, c'est pas terrible.

Notre Louis Lestrade est en train de vandaliser la cage en hurlant comme un

veau.

Vous lui avez rien filé à bouffer ? Si, Cisco lui a fait des pâtes au beurre, il

a même pas touché.

Moi, j'ai respecté l'article 13 et j'ai notifié tout ça en 4 exemplaires.

Comme si on avait que ça à foutre.

Parfait, capitaine.

L'RG a presque fini de compter.

On approche du million.

Oui. Oui, Polo.

Sans vouloir vous déranger, j'ai du nouveau sur l'identité de notre corps.

Si vous voulez que je vous mette un parfum. Oui, très bien, lieutenant, car

cette histoire, pour le moment, ne sent pas très bon.

Oh, joli.

Joli.

Alors, il s'agit de Christian Loserias.

Non, Christian Leserias. C'est un nom, justement, qui figure sur le passeport

bolivien qu'on a retrouvé dans la planque de Wilfrid. Et vous avez prévenu

l'ambassade ? Go.

Ce bolivien n'existe pas d'après le secrétariat du consul.

Bon, c'était Polo.

Le patron du Falstaff confirme l'alibi de l'autre, il s'appelle Wilfried.

Ah, excellent.

On termine la journée en revenant à la case départ.

Je pense, lieutenant, que vous pouvez élargir votre suspect.

Je vais chier.

Tu ne vas pas nous faire un caca nerveux pour une petite plaisanterie ?

Plaisanterie ? Tu rigoles ou quoi ? Elle m'emmerde toute la journée, tu n'as pas

remarqué.

C'est sûr que ce n'est pas vraiment le moment pour... Je m'en fous, je m'en

fous, vraiment. Je ne veux pas ton entraînement, je sais que c'est ta

copine, mais je te préviens, la moindre remarque maintenant, la prochaine

réflexion, la plus intime, c'est que tu rentres dans l'arbre.

C'est clair.

Moi, je veux bien qu'elle prenne ses marques. Je ne veux pas me laisser

traiter comme ça par cette merdeuse. Faites une merdeuse.

Qu'est-ce qu'il y a ? Je ne dis rien.

Je peux vous demander un petit service, M.

Soski.

Auriez-vous la gentillesse d'aller me faire un petit café serré ? Sauf bien

sûr que...

Il faut juger cette demande tout à fait déplacée.

Absolument. En fait, c'est que tu ne m'en rends pas.

Merci, je ne m'en rends pas.

Ah, je te le fais, c'est là-bas.

Salut.

Une brique, pile poil.

On fait quoi maintenant ? 50-50.

Bon, je vais quand même appeler le cabinet du substitut pour les télé.

On en va long ?

D'accord, Jean-Marc. Je la préviens.

Jean-Marc, évite que ça remonte aux oreilles d'Andréoni.

Il ne peut pas me saquer.

Il serait un plaisir de me foutre dans la merde.

Ok.

Vous avez le numéro de la permanence ? Qu'est-ce qu'il y a ? C'était le

commissariat du 19ème.

Votre mère a eu un problème. Non, non, mais rien de grave.

C'est juste un léger problème d'ébriété sur la voie publique.

Allez-y, je vais m'en occuper.

Le boulot ? C'est bon, c'est bon. Allez-y.

Cette mère a besoin de vous. Excusez-moi, je... Je vous ai entendue,

là.

Andréoni, c'est qui ? Andréoni, c'est mon ancien patron, le commissaire du

19e. C'est Péveri qui a toujours voulu entrer à la crime.

Si vous le croisez, ne vous dites pas que vous êtes avec moi.

Sinon, demain, tout le monde sera au courant pour votre maman.

Je vais régler ça.

Je vous remercie. Bon, allez, foutez le camp, bergers, hein ! Que je puisse

taper dans la caisse. Je vous remercie.

Alors, elle est amoureuse, je sais pas.

Elle rigole.

C'est sûr que c'est ça, moi.

Peut-être qu'elle s'est mariée, elle peut plus rien faire, elle est bloquée,

elle est verte de race.

J'en mêle, moi, cette femme.

J'ai pas grandi pour savoir ce que j'allais faire.

C'est vrai que le vestiaire se veut pas terrible.

En fait, Valois a dû sentir... sentir que tu n'avais pas tout à fait la tête à

la tête.

Désolé, j'ai pas toujours la tête à la tête.

Bon, pour te changer les idées, je t'emmène faire un petit poker.

Je vais mettre une robe.

Ça te va ? Ça me va moyen.

Je sais pas vraiment... à quoi te penser, mais c'est pas grave.

Fais-moi plaisir, pour une fois.

Pour une fois.

Dis pas pour une fois, Mario, c'est pas possible.

Y'a pas deux soirs de suite qui se passent sans qu'on se sente qu'à 3h du

mat' pour se taper le carton avec les lascars, là, non, dis pas ça.

Y'a rien à bouffer, ici.

Moi, je suis naze, je suis crevé, voilà.

Sans comprendre ça, j'ai eu une journée de merde, pas ce soir, non.

Mais moi aussi, j'ai eu une journée de merde, figure-toi.

Et j'ai besoin de me détendre en faisant un petit poker.

Et même si ça t'emballe pas, tu vas le faire pour moi.

Les concessions, c'est pas toujours dans le même sens.

Tu vois ce que je veux dire.

Pardon, je voulais vous proposer de prendre un café avec moi, mais je vois

que vous travaillez.

Avec plaisir. Je prendrai un café avec vous avec plaisir.

Un plaisir d'autant plus intense que je viens de résoudre l'énigme.

Christian Leserias.

Ah. Oui.

Le professeur Jacques Bouvier est un homme de parole. En arrivant ce matin, j

'ai découvert, dans la boîte aux lettres électronique de mon ordinateur, la liste

des membres de la société secrète, la Thulegesellschaft.

Et le nom de Christian Leserias se figure ? J'ai réfléchi et je me suis

fait la remarque qu'un nom d'emprunt est souvent issu d'un véritable nom.

J'ai donc réexaminé la liste à la lumière de ce principe et voici ce que j

'ai découvert.

Ah, vous avez isolé tous les Christians, c'est ça ? Exact.

Mais regardez bien les noms de famille.

Non, je ne vois pas.

Le cinquième, Christian Zell.

Zell, Z-E-H-L.

Les Eryates.

L-E-H-Z.

C'est un anagramme. Christian Zell est le véritable nom de Christian Leserias.

Ah, bravo.

Christian Zell était un membre éminent de la Gestapo parisienne, plus

particulièrement affecté au chemin de fer.

Et ses bureaux se trouvaient... Garde-les.

Zell avait une bête noire, bicéphale.

Le réseau fer Alsace, dirigé par le commandant Jérôme et Georges Bouvier, le

17 juillet 1944, le dernier convoi d'œuvres d'art pillé par les nazis, part

pour l'Allemagne. Il est composé de 148 œuvres de Cézanne, Braque et Picasso,

notamment... Pas fou, le marchand, hein ? Oui, bien sûr, bien sûr. Je doute fort

que les yeux du capitaine Scandella ne se portent jamais sur l'un de ses chefs

-d'œuvre.

Ceci dit, le convoi n'arrivera jamais à destination du réseau fer Alsace, qui

est activement employé, fin du premier acte. Ok, la suite.

En signe de représailles, les Allemands arrêtent un certain nombre de civils.

Voyez lesquels figurent des résistants, dont le commandant Jérôme et Georges

Bouguet. Tous parviendront à s'échapper, sauf Jérôme, qui sera torturé et exécuté

par Zell en personne.

La libération de ses proches collaborateurs ne sera pas arrêtée et

jugée condamnée à 15 ans de prison. Zell, lui, a disparu. Il sera néanmoins

jugé et condamné à mort par contumace. Fin.

Du deuxième acte.

Pardon. Je suis désolée, je suis très en retard. Oui, surtout que vous venez de

manquer les deux premiers actes d'une histoire édifiante et qui vous

concernent aussi.

Tout bien si bien faite, ayant toujours un troisième et dernier acte. Nous

attendons vos suggestions.

J'en étais sûr.

Je le sais depuis le début, moi.

C'est une vengeance d'anciens résistants, voilà.

Oui, enfin, ça explique pas la valise pleine de billets.

Mais pourquoi un mec condamné à mort prendrait le risque de se faire gauler

en sortant de son trou ?

Imaginons que Zell ait besoin d'argent.

Il a des dossiers compromettants, je ne sais pas quoi, sur un ou plusieurs

résistants de fer Alsace.

Il monte un chantage, il goupille ça, ça merde, il se fait buter.

L'assassin essaie de récupérer l'argent, mais Zell tient la mallette fermement,

il se casse, il laisse l'argent sur place.

Quel manque de sang-froid pour quelqu'un qui a vécu des situations autrement plus

périlleuses. Ok, imaginons ça, vous pensez à qui à Bouvier ? Pourquoi pas ?

Bouvier un traître ? Vous déconnez ou quoi ?

Ce mec a plus de médailles que tout le polyburo de Bershnev. Oui, sauf qu'il

est notamment pris au sujet de la photo.

Même 50 ans après, il ne peut pas ne pas avoir reconnu d'aller sur la photo.

Bon, je meurs de soif.

On ne connaît pas les ressources de Bouvier, mais s'il a pris une brique en

liquide pour son compte en banque, ça devrait laisser des traces.

Dans ces cas-là, on vérifie les comptes de Bouvier, de sa femme et de tous les

anciens de Ferraljas encore en vie.

Un problème, Capitaine Moreau ? Oui,

c'est dégueulasse.

Parce que même si c'est Bouvier qui a fait le coup.

On n'a pas le droit de planter comme ça, non.

Uniquement parce qu'il a débarrassé la planète d'une ordure comme Zelle, vous

voyez. Parce que ces gars-là, en 45, on les décorait pour moins que ça.

Voilà. En 45, mais on est en 2002.

Si Bouguia a tué Zelle, il faut qu'il en réponde devant les tribunaux, non ? Et

puis vous en faites pas, Polo, hein ? Les jurés, ils sont comme nous, ils ont

de la mémoire.

On est d'accord.

C'est ma tournée.

On en va à votre mère ? Ils ont failli l'enfermer dans la cage.

Heureusement que je suis arrivée à temps, je crois qu'elle ne l'aurait pas

supportée. Moi non plus, en fait.

Aujourd'hui, ça a l'air un peu mieux.

On n'a qu'une mère, Berger.

Pour les enfants.

Effectivement, il y a une ressemblance.

Cela dit, je ne suis pas très physionomiste.

Et puis, ça fait 50 ans que je n'ai pas vu Christian Vell.

Où alliez-vous quand vous avez trouvé le corps ? Je vous l'ai déjà dit.

Émile et moi, nous nous rendions à l'atelier du journal de l'association.

Pour le bouclage.

Monsieur Bouvier, c'est bien Christian Vell qui a assassiné le commandant

Jérôme.

Oui, c'est bien lui.

Monsieur Bouvier, possédez-vous une arme de calibre 22 ? Oui, je m'en sers au

club de tir une fois par semaine.

J'ai toujours été un excellent tireur, vous savez. Monsieur Bouvier, où étiez

-vous le soir du meurtre, entre 22h et minuit ? Georges et moi avons passé

toute la soirée ensemble.

Et sachez que je me tiens à votre disposition, si vous jugez nécessaire de

me convoquer dans vos locaux pour signer ma déposition.

C'est quoi, un ravioli ? Oui, des conserves en promo.

Ah non, ras-le-cul, des conserves.

C'est trois fois en quinze jours que Nathalie veut faire les courses.

Trois fois, tu racontes ? Je pense qu'elle est dans le crâne en ce moment,

mais je te le dis.

Elle est peut-être amoureuse, hein ? Amoureuse ? T'as peut-être raison, hein

? Moi, je l'ai pas pensé plus tôt, toi.

Tu sais, si t'avais trois gosses et trente-cinq mariages dans le dos, peut

-être que...

Ça va,

les filles ? Ça va, ouais.

On a des trucs à se dire.

Je passe une jupe et je reviens.

Tu

sais

que tous les soirs, je vais manger à la même cafette et puis... Et puis

maintenant, les filles, elles m'enflottent le café. Tous les soirs,

elles m'enflottent le café.

Tous les soirs comme ça, quand on a le physique.

Non, je veux dire, je leur fais pitié.

Pitié, ils m'en font.

Pourquoi tu dis ça ? Pourquoi je dis ça, pote ? C'est évident.

Mireille va pas revenir et puis je vais finir tout seul.

Comme un vieux con. Comme le vieux con que j'ai toujours été.

Voilà. Ça va être ma vie, mon pote.

Bon, je tiens Zelle à bien une sœur, Marguerite Zelle.

Mais pour le moment, j'arrive pas à la joindre.

Vous allez chez elle, vous la ramenez et vous l'interrogez.

Tout ce qui a à voir avec Zelle, c'est priorité absolue.

Et ces anciens sbires de la Gestapo, vous en êtes où ?

Ah bah nous non plus on n'arrive pas à les joindre mais pour deux raisons assez

valables en fait.

L'un est au cimetière du Père Lachaise et l'autre au cimetière communal de

Colombes. Oui, un mort en 59 et l'autre en 73.

Tous les deux assassinés par un arme à feu.

Affaire jamais hallucinée.

Ce qui aurait tendance à... Non, non, non, là j'essaie d'arrêter.

Ça aurait tendance à accréditer la thèse de la vengeance. En fait deux autres

mecs se sont livrés à des séances de torture sur le commandant Jérôme. Ils

étaient dans un abri de la gare, un PC souterrain.

Aménagé par les Allemands en 1941.

Et c'est là aussi que Zell et sa bande avaient les bureaux.

Et c'est encore là que Jérôme a été exécuté.

Peut-être pas fait faire un petit tour, non ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Il

y a peut-être des vestiges qui peuvent nous rappeler.

Pourquoi pas ? Et le stand de tir ? Ah, mais regardez le meilleur pour la fin.

Madame Bouvier nous a menti.

Georges Bouvier est bien allé au stand de tir le soir du meurtre aux alentours

de 20h30. Et ensuite, il est allé à la gare.

Un des flics de l'équipe de nuit m'a confirmé l'avoir vu arriver au moment où

il prenait son service.

Oui, allons dans Valon.

Ok, j'arrive.

Madame, avant toute chose, je tiens à vous faire part de mon indignation.

Nous considérons, mon client et moi, cette convocation comme une véritable

atteinte à l'honneur du grand résistant qu'a été M. Boubier. Et je vous précise

tout de suite.

que si vous comptez le placer en garde à vue, il s'agirait de... Il s'agit pour l

'instant d'écouter M. Bouvier sur certains points concernant son emploi du

temps. J'entends bien, madame, mais laissez-moi vous dire ceci.

La dernière fois que mon client a franchi les portes d'un local policier,

c'était en 1943, dans une succursale française de la Gestapo.

Et quand il en est sorti, miraculeusement vivant, ce fut pour

passer six mois cloué sur un lit de douleur. J'espère que vous mesurerez la

cruauté de vos actes. en le convoquant aujourd'hui comme un vulgaire assassin.

Oui, c'est entendu.

Donnez-moi une seconde.

Oui, François.

Non, je ne t'ai dit pas avant dimanche.

C'est vraiment chier.

C'est vrai. C'est moi qui me suis tapé tous les alimis de Bouvier.

C'est à moi d'interroger.

C'est à moi, cher Colette, que tu parles avec un ton presque amical.

Qu'est-ce qu'il y a ? Il y a, je ne sais pas, depuis que tu crois que je vais te

piquer ta place, tu me tiens une gueule, j'ai tes pieds de long, alors forcément,

je m'étonne.

C'est juste que le silicone ballon, je suis sur les nerfs, c'est tout.

C'est le caractère. Toi, tu dois être difficile à vivre.

Tu ne peux pas te la voir.

Ça vous ennuie de prendre l'interrogatoire de Bouvier ? Non, d

'accord.

Berger, prenez Polo pour aller à la gare.

Oui, François, oui. Oui, je t'écoute.

Vous venez ? Non, mais c'est pas vrai, tu me fais chier !

Je vous le répète,

j'ai été le premier surpris par les déclarations de ma femme.

Oui, elle a menti.

Mais c'était bêtement pour me protéger.

Elle s'est imaginée que j'avais tué elle.

Je l'ai vite compris.

Et il n'est rien dit pour ne pas nous attirer des enduits.

Vous reconnaissez donc vous être rendu au stand de tir.

Oui. Vous aviez votre 22 longs rifles, monsieur Bouvier ? Non, je n'ai utilisé

que mon 45 Gold Cup.

Le personnel du stand pourrait vous confirmer.

En effet, j'ai déjà fait.

Par contre, peut-être avez-vous pu laisser votre 22 longs rifles dans le

coffre de votre voiture ? Le policier de la brigade du rail vous a formellement

identifié à la gare aux alentours de 22 heures, soit une demi-heure avant l

'heure présumée du crime, confirmez-vous.

Ce témoignage, M. Bouvier ? Je vous l'ai déjà dit.

Nous étions en période de bouclage et nous avions accumulé les retards.

Je sais ce que c'est que de tuer un homme.

Je sais aussi laisser loin d'indices possibles.

C'est d'ailleurs pour ça que je suis encore en vie.

Pensez-vous sérieusement que si j'avais tué Zell, j'aurais fait l'art à deux pas

du bureau de l'association ? Oui.

Et très précisément pour que nous pensions exactement de cette façon-là,

M. Bouvier.

Vous étiez sur le lieu du crime, à la date et à l'heure du crime. L'arme que

vous possédez est l'arme du crime.

Et vous nous avez menti à plusieurs reprises au sujet du crime. Je ne savais

pas que ça fait beaucoup maintenant.

M. Bouvier, vous êtes en garde à vue.

Je vais vous faire assister d'un avocat.

Vous n'êtes pas obligé de répondre à toutes nos questions et tout ce que vous

direz peut être retenu contre vous.

C'est le retour dans le futur ici, hein ? Les stapos,

résistance... Putain, on dirait qu'on a tout entassé là il y a 50 ans et que...

personne n'a plus jamais refoutu les pieds.

Merci, viens voir.

Je vous en prie, madame Bouffier.

Dans quelques instants, vous allez pouvoir retrouver votre fils.

Voici ce que le commandant Moreau et le lieutenant Berger ont découvert.

Jérôme, ton sacrifice restera à jamais gravé dans mon cœur.

Hélène.

J'en crois cette plaque, madame.

Il semblerait que vous ayez mouru pour le commandant Jérôme.

Des sentiments plus qu'amicaux.

C'est exact.

Je l'ai aimé.

C'est vrai.

Avez-vous récemment revu Christian Zell sans en parler à votre mari ? Bien sûr

que non. Pourquoi voulez-vous... Monsieur Christian Zell vous faisait

chanter, n'est-ce pas ? Eh oui.

Il semblait détenir des preuves concernant l'assassinat de deux de ses

proches collaborateurs, anciens gestapistes, par votre mari.

Il avait fixé le prix de son silence à un million de francs.

Qu'est-ce que vous racontez ? Vous êtes fou ! Moi, j'essaie de comprendre.

Pas de crime sans mobile.

Or, il se trouve que vous aviez deux excellentes raisons d'éliminer ce

sinistre personnage.

Il était directement responsable de la mort de votre amour de jeunesse, le

commandant Géraud.

Ensuite, il semblait détenir des preuves susceptibles d'envoyer votre mari en

prison.

Alors... Vous avez emprunté le pistolet 22 long-rifle de votre époux et vous

avez éliminé Christian Zell au moment de la remise de la rançon d'une pierre de

coup.

Vous êtes en train de m'accuser de meurtre ! Alors, ce que je n'arrive pas

à m'expliquer, c'est comment vous avez réussi à réunir la somme de cette rançon

qui... Madame Bouvier ! Madame Bouvier !

C'est juste une crise de tachycardie amplifiée par le stress.

Quand même, l'hospitalitaire est un vieux, mais elle devrait récupérer ça.

Je suis accompagné de ma mère à l'hôpital, mais je peux vous assurer que

vous allez très rapidement entendre parler de moi.

Merde ! Bon, ne te marre pas, parce que c'est le dernier truc bouffable qu'il y

a dans le frigo, alors.

Bah écoute papa, c'est bon, on reparlera de faire les courses quand toi t'auras

rejet ton bordel. Mon bordel ? C'est ta mère que tu te plains de pas pouvoir

bouger un poil de cul alors... De toute façon, t'as pas à m'énerver parce que...

C'est exactement ce qui t'arrive.

M'arrive quoi ? T'as rencontré quelqu'un.

Voilà ce qui t'arrive.

Alors toi tu dirais que c'est vrai.

Qu'est-ce que tu dirais toi ? Bah... Je sais pas.

Je te demanderais comment il s'appelle ? Je te répondrais que tu connais pas.

Ah bon ? C'est quelqu'un avec qui tu bosses ?

Ouais, c'est super bien.

Et en plus, il est italien.

Ouais.

C'est quoi, ton nom ? Parietti.

Antoine Parietti.

Parietti, tu veux dire... Le lieutenant Parietti ? C'est quoi, le problème ? Le

problème, c'est que Parietti, j'ai connu quand j'étais en DPJ.

Donc, grosso modo, il a à peu près mon âge.

Si mes souvenirs sont bons, à l'époque, il était marié avec un gosse. Il est

divorcé, maintenant.

Ça va, alors, y a plus de problème.

Ma fille hérite d'un mec à 15 ans de plus qu'elle, divorcé avec un homme à

charge. C'est bien. Bien. Mais ça change quoi, qu'il ait ton âge ? Ça change que

moi, je suis ton père, bordel de merde ! J'en ai marre, moi, de... un père comme

toi.

C'est pas un avocat de merde qui me dit ce que je dois faire, d'accord ? Alors

si ma femme veut divorcer, elle prend son téléphone, elle m'appelle, elle m'en

annonce elle-même.

T'as compris, trou de cul ? Connard !

Oui, oui, moi ça va bien, merci.

Ah,

voilà les relevés de compte des membres de Fer Alsace.

Quoi ? Rien.

Normal.

T'as fait à chanter quelqu'un, je choisirais pas un traité de l'aide.

Un traité de l'aide, peut-être pas, mais un historien à succès qui publie son

premier roman et qui est en record de toutes les ventes.

Gouvier, Jacques.

Ballon.

Ok, j'arrive.

C'est Berger.

Elle a retrouvé la sœur de Zelle. Ah, en fait, c'est ce que je voulais vous dire.

J'ai un peu de mal avec le vétiver, mais je trouve que vous faites du bon boulot.

Madame Zelle.

Connaissez-vous la raison pour laquelle votre frère est revenu en France ? Les

sous.

Christian revenait pour les sous.

Et vous avez une idée de la façon dont il comptait s'en procurer ? Grâce à son

livre.

Quelqu'un était intéressé par son livre.

Plein de révélations, plein de sous.

Vous voulez dire qu'il était prêt à se faire prendre pour rencontrer un éditeur

? Je sais ce que je dis.

Mon frère ne m'a jamais menti.

À les entendre tous, c'est le diable, mais ce n'est pas vrai.

Évidemment que ce n'est pas vrai, moi je le sais.

Et quel genre de révélation votre frère s'apprêtait à faire publier ? La

vérité.

La vraie.

Pas celle des autres, celle des vainqueurs. Non, non, non.

Pas celle des livres.

La vérité vraie.

Celle qui dit comment les choses se sont passées.

La vérité de la cave.

La vérité de la cave ? Qu'est-ce que vous entendez par là, mademoiselle ?

La vérité dans les valises.

Dans les dossiers.

La vérité sur les bandes magnétiques.

Toute cette vérité entassée depuis 50 ans dans la cave.

Ils ont tué Christian à cause de ça.

À cause de toute cette vérité dans la cave.

Et de quelle cave est-ce que vous parlez ? Votre cave ? La

cave de votre maison ? Oui.

La cave de ma maison.

Je suis la gardienne de la cave.

Est-ce que le nom de Georges Pouvier, ça vous dit quelque chose

? Le héros ? Le héros qui perd tout

à cause de la vérité sur la bande ? Vous voulez dire que vous avez des bandes

magnétiques concernant Georges Pouvier ? Le héros sur la bande.

Et la vérité qui est moche.

Vraiment dégueulasse.

La vérité de Bouvier est dégueulasse.

C'est le piège de Christian.

Et le piège se referme après tout ce temps avec la vérité dans la

cave.

Merci.

Laurent Berger, votre avis ?

Vu l'interrogatoire, de deux choses l'une. Cette femme est folle alliée et

on passe vraiment pour des crétins.

Ou alors elle dit vrai et c'est Bouvier qui est dans la merde.

On n'a pas vraiment le choix.

La garde à vue de Bouvier fait du bruit et on nous donne juste à midi pour

trouver quelque chose.

Après, on est obligés de le relâcher.

Ah, Jean-Louis, tu prends Polo, tu files chez la sœur de Zelle et tu me fouilles

la maison de la cave au grenier avec mention spéciale pour la cave.

On cherche des documents, des dossiers et des bandes magnétiques pour Fernand

Bouvier.

Bon, nous on fait quoi ? On tente le coup de la bande de Zell sur Louis ? Pas

tout, mais si elle existe, ça va peut-être le faire traquer.

Oui.

Je ne savais même pas que Zell avait une sœur.

Madame Zell affirme avoir en sa possession des documents ayant appartenu

à son frère. Des documents compromettants, particulièrement en ce

qui vous concerne.

Ils nous ont pourchassés.

torturés, massacrés.

Et voilà maintenant qu'ils en ressentissent et qu'ils essaient de nous

salir aux yeux de nos propres enfants.

Si ces prétendus documents existaient, pourquoi Zell aurait-il attendu tout ce

temps sans les utiliser ? Ce ne sont pourtant pas les amateurs de calomnie

qui manquent.

Connaissez-vous la date de l'invention du magnétophone, M.

Bouvier ? Non, moi non plus.

Néanmoins,

Le magnétophone est l'invention de deux firmes allemandes.

Sa présentation officielle a eu lieu en 1935 à Berlin. Dans les années 40,

Christian Zell devait déjà disposer d'un modèle amélioré par rapport au premier

prototype.

Qu'y a-t-il sur l'enregistrement effectué par Christian Zell et que nos

hommes sont en train de récupérer chez sa soeur ? Qu'y a-t-il de si moche ?

Qu'y a-t-il de si dégueulasse ?

Vous avez égradé, commandant.

Je vais vous faire des avis complets sur le meurtre de Zell.

Mais non, je voudrais que vous me promettiez quelque chose.

Quoi ? Je souhaite que les archives de Zell ne sortent jamais de la cave de sa

soeur. Je voudrais avoir votre parole, qu'elles ne réapparîtront jamais.

Ce genre de décision entrepasse largement mes compétences, monsieur

Bouvier.

Réfléchissez, commandant.

C'est à prendre, where is he ?

Nous

y sommes.

Presque. A votre avis, il y a quoi sur ces bandes ? Quelque chose d'assez

ignoble pour que vous vouliez passer aussi promptement. Il n'est jamais bon

de déterrer le passé, n'est-ce pas ? Si j'avais un passé, c'est peut-être vrai.

J'avais raison.

Ce sont les comptes bancaires du fils Bouvier.

Il a retiré, il y a trois jours, un million de cash sur ce compte.

Donc, si c'est l'argent du fils, il est forcément au courant du chantage subi

par son père.

On les comprend.

Ça fera peut-être craquer Georges Bouvier.

Ballon ? Ok, venez au plus vite.

C'était Jean-Louis et Polo. Ils ont trouvé un magnéto et ils ont écouté les

bandes. C'est explosif.

Il ne vous suffit pas d'avoir mis le père en garde à vue. Il vous faut aussi

le fils.

Calme-toi, maman. Tout va rentrer dans l'ordre. On arrive la fin prochaine.

La mère a tenu à m'accompagner. Elle estime que cette histoire ne concerne

tout les trois. Elle souhaiterait d'ailleurs assister à la confrontation.

Je voudrais assister à cette mascarade ridicule. Madame, je pense que... Vous

comptez employer la force pour m'empêcher d'entrer dans cette salle ?

Commandant, si on cache quelque chose, de toute façon, je finirai par savoir.

Que vous sommes de me laisser passer.

Je vous en prie, madame, accompagnez-la, s'il vous plaît.

Est-ce que vous pouvez faire d'autres ? Rien.

Rien d'autre.

Asseyez-vous, madame.

C'est moi qui ai insisté pour être l'agent.

Ne soyez pas.

Bien.

Au début de cette enquête, la personnalité de Christian Zell nous a

conduit à penser que nous étions confrontés à un acte de vengeance de la

part d'une de ses victimes.

D'autant que deux de ses anciens collaborateurs, Gestapis, ont été

assassinés quelques temps auparavant. Mais... La vérité est tout autre.

Ce ne sera pas la peine d'écouter ça.

C'est moi qui suis elle.

Il y avait des ennuis d'argent sur ces affaires en Bolivie périclitées.

Alors il m'a contacté pour me parler de la bande.

Sachant que j'avais de l'argent, il avait décidé de me faire chanter.

J'ai accepté de le rencontrer.

Bien, vous avez donc emprunté l'arme appartenant à votre père.

Mais si votre intention était de tuer elle, pourquoi avoir apporté l'argent ?

Je ne voulais pas le tuer.

J'ai pris cette arme avec moi parce qu'il me faisait peur.

Je lui ai donné l'argent.

Il a compté.

Et quand je lui ai demandé la bande, il m'a dit qu'il ne l'avait pas sur lui.

Sa condamnation à mort lui faisait craindre que je le dénonce. Il a

prétendu qu'il me la ferait parvenir quand il sera en lieu sûr.

J'ai compris que ça ne finirait jamais.

Alors j'ai tiré.

Et pourquoi avoir laissé la mallette ? Après avoir tiré, j'ai cru entendre du

bruit, quelqu'un qui arrivait. J'ai paniqué, je me suis enfui.

J'ai nettoyé l'arme et je l'ai rapportée chez mon père.

Tout ça n'a servi à rien.

Enfin, Jacques, pourquoi tu l'as tué ? Georges, qu'est-ce qu'il y a sur cette

bande ? Comment vous embêtez que ça en marche ?

18 juillet 1944,

23h35, dossier 2057.

Alors, Bouvier, vous vous êtes enfin décidé ? Juste un nom, Bouvier, j'ai

parmi les otages.

C'est elle, dans ma cellule.

Le jeune a la chemise blanche.

C'est Jérôme.

Arrêtez ! Georges.

Pourquoi tu as fait ça, Georges ? Parce que je l'aimais ? Tu

as trahi Jérôme parce que je l'aimais. Non ! C'est elle qui

aurait fait tuer tout le monde.

Toi et l'aide de tous les autres.

Il y avait des enfants avec nous. Tu te rappelles ? Zell voulait un nom.

Un seul.

Il avait déjà torturé et tué dix otages.

Zell savait qui j'étais.

Mais il voulait le chef.

Alors, pour tous nous épargner, oui, j'ai donné Jérôme.

S'il vous plaît.

On fera le pays plus tard.

Vous savez parfaitement ce qu'il fait.

Un couple qui va dans l'éclat, une carrière brisée, un mythe qui s

'effondre.

Du coup, là, c'est le carton plein.

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