All language subtitles for Nickelodeon.1976.720p.BluRay.x264.AAC-[YTS.MX]

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (SoranĂź)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil) Download
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Au tout début du cinéma, les gros producteurs

ne toléraient aucune concurrence venant des petits producteurs.

CES grands pontes se réunirent et formÚrent un monopole

pour tenter d'arrĂȘter les petits.

ET c'est pourquoi la premiÚre guerre du cinéma

en fut une vraie...

Silence, s'il vous plaĂźt.

Le tribunal des affaires matrimoniales tient toujours séance.

Michael Robert Gilhooley, demandeur, contre Edna Mae Gilhooley, défenderesse.

À vous, Harrigan.

C'est Ă  nous.

- Laissez-moi parler. - Oui.

Silence. Taisez-vous.

Michael Robert Gilhooley veut obtenir le divorce

et demande réparation à Mme Gilhooley, sa femme depuis cinq ans.

- Allez-y, Harrigan. - Merci, M. le Juge.

La Cour sera heureuse d'apprendre que mon distingué confrÚre,

M. Morgan m'a informé que sa cliente, Mme Gilhooley,

a enfin accepté de comparaßtre.

Elle attend dans la salle d'attente.

- Demandez-lui donc d'entrer. - Mais certainement.

Afin de ne pas faire perdre son temps Ă  la Cour,

j'aimerais appeler Edna Mae Gilhooley,

qui a puni de façon cruelle et inhumaine mon client,

et je dévoilerai les faits sordides.

Cruelle et inhumaine ?

- Des objections, Morgan ? - Aucune, M. le Juge.

Faites entrer Mme Gilhooley.

Mme Gilhooley.

Edna Mae Gilhooley, jurez-vous de dire toute la vérité,

rien que la vérité ?

Je le jure.

Allez-y, Harrigan.

Merci, M. le Juge.

- Mme Gilhooley. - Oui, monsieur ?

M. le Juge.

Je n'en ai pas encore discuté avec mon client,

mais je vais lui recommander de retirer sa plainte

et de s'en remettre au bon vouloir de la Cour.

Ceci me paraĂźt sage, quoique peu lucratif.

- Merci, M. le Juge. - HĂ© !

Votre chapeau.

L'huissier tentera d'aider M. Harrigan dans sa fuite.

- Merci, M. le Juge. - Il y a non-lieu.

- Salut, Léo. Que fais-tu ? - Je mets en pratique mon droit.

HĂ©, sale vermine !

- Hé ! Je vous aurai. - Je suis désolé.

EspĂšce de...

On vous aura au tribunal, Cobb.

Revenez et vous verrez de quel bois je me chauffe.

Tribunal, vous dites ? Sachez que je...

- VoilĂ . VoilĂ . - Pardon. Pardon.

Pardon.

Au moins, ils n'ont pas pris la caméra.

Comment ? Je veux savoir.

- Un espion ! - Un espion !

- Emparez-vous de cet homme. - Emparez-vous de lui !

Non. Je ne faisais que...

- Vous vous trompez. - Sale espion du monopole.

Vous n'empĂȘcherez pas H.H. Cobb de faire du cinĂ©ma.

Vous avez vu ce que j'ai fait Ă  vos voyous ?

Je suis avocat. J'ai une carte.

- OĂč sont mes scĂ©naristes ? - Les scĂ©naristes !

- Dites-lui que je suis un dur Ă  cuire ! - Vous vous trompez.

- M. Cobb ? - Dites-le-lui.

- Quoi ? - Que c'est un dur Ă  cuire.

- Je peux vous expliquer. - J'entends un tram. Steve.

- Steve ! - H.H. Cobb avale des clous.

- Et crache le feu. - Silence !

Vous n'ĂȘtes pas du monopole.

- Non. - Vous avez l'air trop gentil.

Je suis avocat.

Nous entrons dans la brousse.

- Mes bandes molletiĂšres. - Les bandes !

L. Taylor Harrigan, avocat.

Allez, vite. Je m'endors.

- Ma carte. - Tenez.

On ne peut pas faire sans la scĂšne en prison.

Si. Comment perd-elle ses dents ?

Elle doit les perdre ?

- Il faut que je le sache. - Elle les perd ?

Bien sûr, cela s'impose.

Sinon, l'histoire n'a plus de mordant.

Les dents, le mordant. C'est bon. Notez.

- Bien. - Vous voulez faire du cinéma ?

Moi ? Non. Je suis avocat. J'ai remarqué

votre petite altercation.

Je me suis dit : "Cet homme a besoin d'un avocat."

- Ah oui ? - Absolument.

Mais vous parliez d'images ?

D'images ? De cinéma.

D'images qui dĂ©filent, Muldoon. Êtes-vous allĂ© Ă  un nickelodeon ?

- Harrigan. - À un nickelodeon.

Ah, oui. Et ce monopole ?

C'est un monstre, Horace.

Les grands producteurs de cinéma se sont ligués contre les petits.

Ah, oui.

Ils affirment détenir un brevet sur toutes les caméras.

La vérité, c'est qu'ils refusent qu'on fasse des films indépendants.

- Le tram attend. - "On" ?

- Les indépendants, Clancy. Suivez. - Harrigan.

- Quoi ? - Harrigan.

H-A deux R-I-G-A-N. Comme dans la chanson.

Quelle chanson ?

Celle de George M. Cohan. Le grand succĂšs.

On n'a pas besoin de chanteurs, O'Halloran, c'est la guerre.

- On n'a pas besoin de chanteurs. - On le suit.

- Tiens-moi ça, petit. - HĂ©, oĂč allez-vous ?

Et si la vieille s'évanouissait et mourrait en voyant son neveu ?

- Non, pas son neveu. - M. Cobb...

- Quoi, alors ? - Il me semble...

- C'est à moi de répondre ? - ... qu'un trust a été créé.

- Oui, un trust. - Concernant ces brevets.

- Pourquoi pas un Indien ? - Non.

- Tu viens de parler d'Indiens. - Oui !

Je suis prĂȘt Ă  avancer

que ce monopole est une conspiration contre la libre concurrence.

J'ai eu trois avocats qui ont tenu le mĂȘme discours.

Mais j'aime votre façon d'annoncer la couleur.

Attendez ! Je crois que le sauvage a une idée.

- Il redevient tout bleu. - Pardon ?

Allez, Waldo, crache le morceau.

Il est...

- Oui. Notez, vite ! - Je note.

... sur un rebord de fenĂȘtre, au 20e Ă©tage, en...

Allez, Waldo, c'est formidable.

... pyjama et...

Continue, Waldo. Ne te retiens pas.

Il a... un crabe vivant... dans son pantalon !

Et voilĂ .

Pourquoi les scénaristes comme lui sont si rares ?

- Je l'ignore. - Que fait-il sur le rebord ?

- Quelle importance ? - Et qui est-ce ?

- On s'en fiche ! - Oui. Qui est-ce ?

Une bonne tragédie ! Rires et drame, une combinaison gagnante.

Merci, Waldo. Repose-toi.

- Je n'aime pas ce crabe. - Il n'aime pas le crabe.

- Eh bien... - Ce crabe, c'est du génie.

Mais comment est-il arrivé là ?

- Et qui est-ce ? - Oui, qui est-ce ?

À vous de me le dire.

Voyons, bon sang. Vous me gĂȘnez.

Ça pourrait ĂȘtre un garde forestier.

Qu'avez-vous dit ?

- Rien. - Si. Vous avez dit garde forestier.

- Pardon. - C'est ça !

- Vraiment ? - Quel est son lien avec la fille ?

Ce serait son cousin.

- Sa cousine ? - Son cousin.

- C'est encore mieux. - Ça revient au mĂȘme.

Silence. Cet homme est inspiré.

Continuez, McDougall. Vous décapez.

- Ils sont amoureux. - Bien sûr.

- Amoureux fous. - Fous.

Ça me plaüt ! Continuez. Alors, que fait-il ?

Ce qu'il fait ? Il... Il l'enlĂšve.

Et la vieille ne le supporte pas !

C'est un garde forestier. D'oĂč le crabe sorti du fleuve.

Oublions ce crabe. Et aprĂšs ?

- Et aprĂšs ? - Terminus !

On descend, Mullins. Écrivez tout ça, trouvez une fin,

- et vous toucherez 10 $. - 10 $ ?

Entendu, 15 $. Allez, au boulot. Tenez-nous en haleine, et écrivez bien !

Allez. Qu'attendez-vous ? Vous travaillez pour Kinegraph.

Prévoyez sept ou huit scÚnes. Deux pour le début,

trois pour le milieu, deux pour la fin. Trois, si c'est fabuleux.

- Trois si c'est... 15 $, en liquide ? - Sans faute !

Terminus, tout le monde descend !

- M. Cobb, oĂč... - DĂ©posez-le au bureau.

Mais... Oh. Oh, mince.

- Pardon. - Ce n'est rien.

Pardon.

Deux pour le début, trois pour le milieu... Pardon.

- Dites, ça va ? - Trois, si c'est...

- Quoi ? - Fabuleux.

- Bonjour. - Bonjour.

- Vous ĂȘtes tombĂ©e. - Je suis myope comme une taupe.

- Pourquoi ne vous ai-je pas aidée ? - Vous vous parliez.

En voiture.

- Habitez-vous ici, Ă  Chicago ? - Plus maintenant. Je pars Ă  New York.

Quand ?

- Maintenant. - Hein ? Attendez !

- Comment vous appelez-vous ? - Kathleen Cooke. Et vous ?

- Léo Harrigan. H-A deux R-I... - Comme dans la chanson.

Oui.

MAINTENANT, le hasard a voulu que, quelques jours plus tard, Ă  New York...

Pardon. Pardon.

- Pardon. - Désolée.

- Je vous demande... - Non, c'est...

... pardon.

... ma faute.

Vous ĂȘtes avec les Chautauqua ? Je les cherche.

Non, madame. J'arrive en train de Sopchoppy.

- C'est en Chine ? - Non. En Floride.

Mais tout le monde s'y trompe. Vous permettez ?

Comme c'est gentil.

Qui est cet Indien que vous cherchez ?

- Un Indien ? - Chickawa ?

- Chautauqua. - Oui.

C'est une troupe de danse. On part en train ce soir.

Dommage. Laissez-moi vous aider.

C'est trĂšs gentil. J'espĂšre que je ne vous retarde pas.

Pas du tout.

Je ne trouvais pas mes lunettes. Ce sont mes débuts dans le spectacle.

Vous faites un numéro avec des chevaux ?

- Pourquoi ? - Votre habit.

Oh, non. Au contraire, je déteste les chevaux.

- Mais vous ĂȘtes dans le spectacle ? - Oui.

Je m'occupais des combats d'alligators Ă  Sopchoppy.

- Vous vous battiez contre des alligators ? - Oh, non ! Pas moi.

Je les présentais aux Indiens et je fichais le camp.

Je suis monté dans le nord pour faire fortune dans l'habillement.

Cooke ! Kathleen Cooke ! Vous ĂȘtes en retard !

Ils sont lĂ . Merci, M...

Tom Greenway, mais on m'appelle Buck Ă  Sopchoppy.

- Buck, que voulez-vous ? - Au revoir, M. Greenway.

Au revoir, Mlle Cooke. Attendez.

Je cherche un type qui vit ici,

un certain M. Hoot de Longpré.

- Il n'est pas ici. - C'est pas l'hĂŽtel Rialto ?

Si, mais M. de Longpré est parti la semaine derniÚre pour le rodéo.

C'est qu'à une gare, un type m'a donné 20 $

pour que j'apporte cette selle à M. Hoot de Longpré à l'hÎtel Rialto.

Qu'est-ce que je vais en faire ?

- M. Greenway, bonne chance. Crotte. - Elle veut dire "Merde".

- C'est quoi, ces histoires de merde ? - C'est tout sauf un artiste.

- Le cow-boy, tu travailles ? - Quoi ?

- Tu travailles, cow-boy ? - M. Hoot de Longpré ?

Non, je suis avec la Clansman Company, qui se produit au New Amsterdam.

- Tu sais monter Ă  cheval ? - Pourquoi ?

On fait un spectacle, et notre cavalier,

bourré, s'est cassé la jambe. Tu sais monter ou pas ?

- C'est payé combien ? - 10 $.

Dix dollars ? D'avance ?

- D'accord. J'espĂšre que tu montes bien. - Y a pas meilleur cavalier.

- Qu'allez-vous faire ? - Trouver le monstre qui a commis ce crime.

- Mais il n'a laissé aucune trace. - Nous verrons.

Une loupe ayant un certain pouvoir révÚlera dans la rétine de ces yeux morts

l'image du tueur, gravée dans le feu !

- Vous voulez dire... - Oui ! Les images restent dans le cerveau

comme les mots écrits à l'encre invisible sur du papier !

Les lettres gravées...

- M. Dinsdale, Louie a trouvé un cavalier. - Ne criez pas.

Quoi ? Parlez plus fort.

- Un cavalier. - OĂč ça ? Emmenez-le.

- Il arrive. - Ça va aller ?

- Le voilĂ . - Enfin.

- Préparez le cheval. - Le cheval.

- Et vite. - Vite.

- Bonjour, les amis. - Vous ĂȘtes du cirque ?

Vous ĂȘtes dĂ©jĂ  montĂ© sur scĂšne ?

Mettez-moi en selle et voyez.

Dans 50 secondes.

- 50 secondes. - C'est mon costume ?

Vous toucherez pas plus si vous vous blessez.

Si vous vous tuez, on s'occupe pas de l'enterrement.

- En selle ! - Que d'encouragements !

- Monte, vite. - Bien. C'est parti. Salut, toi.

- Cyclone. - Cyclone ?

- De l'autre cÎté ! - Ah oui ?

- C'est un cheval gaucher ? - OĂč l'avez-vous trouvĂ© ?

Vite, aidez-le.

- Y a pas meilleur cavalier. - Je fais quoi ?

- Restez sur le tapis roulant. - Attendez.

- Le cheval sait quoi faire. - Attendez. Quel tapis roulant ?

- Sur la scĂšne. - Comment j'y vois avec ce machin ?

- La croix. - La croix.

- La croix ? - Par les trous, crétin.

- Attendez. - Fais la bouger.

- Attendez ! - Le cheval !

Comment je descends de ce truc ?

ArrĂȘte, cheval. Blizzard, arrĂȘte. Ouragan. Pluie.

Tiens.

Bonjour. Un type m'a donné cette carte hier soir.

Quelqu'un a écrit derriÚre

que je pouvais venir ici gagner de l'argent

si je demandais un petit pain en couronne allemand.

On va derriĂšre manger un petit pain.

Entrez. Entrez.

Entrez.

Vous ĂȘtes ici quoi ? Votre nom pourquoi ?

Buck Greenway. Un type m'a donné cette carte.

- Que faites-vous ici ? - Du pain.

Je vais m'en aller. Sans rancune.

- Pas un geste ! - Bougez pas !

Vous montez Ă  cheval pour nous. 10 $.

10 $ ?

Attendez, que je comprenne.

Vous voulez que je livre votre pain Ă  cheval pour 10 $ ?

- Non, à cheval sur écran. - Des crans ?

- Oui. - Des crans aux cheveux ?

- Aux cheveux ? - Des crans aux cheveux.

Non, non. Le grand écran.

Pan ! Pan !

Vous pas comprendre anglais ?

- Vous voulez que je monte Ă  cheval ? - Oui.

Y a pas meilleur cavalier que moi.

Non, j'ai peur de rien. Je tire aussi trĂšs bien.

Vous ĂȘtes tous allemands, hein ?

Pourquoi vous portez costume stupide ?

Ça, c'est ma tenue de soirĂ©e.

J'ai mon costume de travail par ici. Je vous montre.

Oui.

C'est pas ma valise.

Dégagez. Cassez tout. Allez-y.

Mlle Cooke.

- Allons-y. - Trouvez ces foutues caméras !

Détruisez ces bacs.

Taillez-moi tout ça en piÚces. Détruisez ces bacs.

- Bande de salauds du monopole ! - Dégagez !

Je prends ces vĂȘtements.

Un instant ! Cette selle n'est pas Ă  moi.

Mettez tout en piÚces. Détruisez ces bacs.

- Le placard. - Je crois que j'ai trouvé.

Il a tué une boßte. Je sors.

- C'était quoi ? - Bien joué.

VoilĂ  une bonne chose de faite. Allons-nous-en.

Mike, aide cet homme.

Allez, on se rĂ©veille. Vous ĂȘtes gĂ©nial.

- Partons avant que ça dégénÚre. - C'est la police ?

On est du monopole.

- C'est votre selle ? - C'est votre valise ?

- C'est votre chapeau ? - Oui. Non. Oui.

Ce sont mes vĂȘtements.

Venez, on pourrait vous trouver une place dans notre organisation.

- Vous aimez voyager ? Vous savez tirer ? - Y a pas meilleur tireur.

PENDANT CE TEMPS-LÀ, à Chicago...

ArrĂȘte, c'est horrible. Ma mĂšre ferait mieux que ça.

- J'en ai une autre. - Alors, montre.

Vous l'avez trop regardé.

Tu parles. Qu'en dis-tu, Harrigan ?

- Quoi ? Je ne regardais pas. - Tu vois ? C'est nul.

VoilĂ  ce que tu vas faire, Herbert.

Mets la premiÚre séquence à la place de la deuxiÚme,

et mets la troisiĂšme Ă  la place de la premiĂšre.

Ça n'aura plus aucune logique.

Non, mais ça fera rire. Et faire rire, ça rend riche.

On l'intitulera La Coupe révélatrice. TrÚs bon titre.

- LumiĂšre ! Allez. - Comme vous voudrez.

Bouder, c'est pour les gamins. Ça suffit, les caprices.

Et attention Ă  ce que tu dis sur ma mĂšre ! Bon, je veux du drame douloureux,

une histoire qui fasse sangloter, qui remue.

Je voulais du bƓuf fumĂ©, pas des spaghettis !

Albert, H.H.

- H.H. Ça va, patron ? - Magne. J'Ă©cris un scĂ©nario.

Donne Ă  manger Ă  Waldo et apporte-moi une limonade.

- Comment t'as su ? - Un télégramme.

- Un télégramme ? De qui ? - Chauncey Wheelock.

- Wheelock. - Oui, le réalisateur, Wheelock.

J'aurais pas dĂ» envoyer ce fils de pute irlandais lĂ -bas.

- Ne le prends pas mal. - Je fais quoi ?

Je cogite lĂ -dessus et je te rappelle.

Il devient tout bleu.

Pas maintenant, Waldo, je peux pas faire deux choses Ă  la fois.

- Je m'étouffe. - Pas maintenant !

J'ai envoyé ces idiots en Californie pour qu'ils filment

des scĂšnes de notre patrimoine historique dans un cadre naturel,

pour qu'ils soient loin de ces voyous du monopole

que je dois supporter tous les jours. Et que se passe-t-il ?

- Hein ? - Quoi ?

Je suis en train de te le raconter. Du calme.

Il se passe qu'en trois semaines,

on n'a rien reçu de Californie, pas une seule image.

- J'ai pris une décision. - Vous détestez l'histoire.

- Toi ! - Vous me détestez.

Que dirais-tu de gagner 30 $ par semaine, tous frais payés ?

- 30 $ ? - Bon, 35. Mais pas un sou de plus !

M. Cobb, c'est un peu...

J'aurais dû me méfier d'un type qui se fait appeler Chauncey Wheelock.

Il se dit dramaturge et réalisateur, le nouveau Griffith.

Griffith, oui, comme Max Griffith, le boucher du coin.

- Qui est Griffith ? - Quoi ?

- Je me demandais... - Qui est Griffith ?

Tu veux dire que tu ignores qui est David Wark Griffith ?

- D.W. Griffith ? - Son nom me dit quelque chose.

Quelque chose ?

C'est le plus grand réalisateur du monde. Sacré lui !

D.W. Griffith est la meilleure chose qui soit advenue au cinéma

depuis l'invention de la caméra.

- Et ce Wheelock ? - Le pire qui soit !

Je l'ai envoyé en Californie profiter de l'exposition,

diriger ma maison sur la cĂŽte ouest.

Et je reçois un télégramme disant : "Scénarios perdus. Envoyez-en d'autres."

Perdus oĂč ? Dans les toilettes ?

- Harrigan, debout ! - À vos ordres.

Harrigan, tu iras en Californie en train.

- Moi ? - Prends cinq de tes meilleures histoires.

- En as-tu cinq ? - Cinq ?

- Peut-ĂȘtre que je... - Prends-en dix !

Emporte-les là-bas, et si tu as des soupçons,

si c'est pas catholique, prends les commandes,

mais fais tourner la caméra. Souviens-toi, c'est la guerre.

Qu'ils en bavent !

- Je ferai de mon mieux. - Que Dieu t'accompagne.

Dernier appel pour le dĂźner.

Que se passe-t-il ?

On arrive Ă  Kansas City, M. Harrigan, et c'est le dernier appel pour le dĂźner.

- Merci. - Je vous en prie.

Dernier appel pour le dĂźner.

Bon, voyons voir.

Allons-y. Si on l'attend, on va rester coincées.

- Allez, Kathy, on y va. - J'arrive, j'arrive.

Dieu du ciel !

- Ça alors ! - Mlle Cooke !

- M. Mulligan. - Harrigan.

Dieu merci, ils sont lĂ . J'arrive, M. Duncan.

- Au revoir, je dois y aller. - Non, attendez.

- Impossible. OĂč allez-vous ? - En Californie.

- Nous aussi. - Vraiment ? Quand ?

Je ne sais pas trop. Tout est confus.

Ils parlaient de tournée éclair, et ce n'était pas une blague.

Y a-t-il un endroit oĂč je peux vous Ă©crire, Kathleen ?

- Vous vous rappelez mon nom ? - Permettez.

Et je vous ai appelé Mulligan. Je me trompe tout le temps.

- Appelez-moi comme vous voudrez. - Alors, au revoir, Mulligan.

Venez, Mlle Cooke.

Bas les pattes.

- Mais... Quoi ? - En voiture.

Venez, le train va partir.

- Au revoir. - À bientît.

- Je l'espĂšre. - Moi aussi.

- Bonne chance. - "Crotte", vous voulez dire.

Quoi ?

LE soir suivant, Ă  bord d'un autre train vers l'ouest...

Kansas City, prochain arrĂȘt.

"Le pistolet du Virginien dépassa, et il posa ses mains sur la table.

"Il dit Ă  un certain Trampas : "Quand tu m'insultes, souris."

"Et il regarda Trampas du bout de la table."

Dans la premiĂšre voiture ! Mettez vos chapeaux.

Faites-nous connaĂźtre !

Dans la premiĂšre voiture, Mlle Cooke !

Mlle Cooke ! Je vous tiens.

- M. Greenway. - Bonjour.

- J'ai trébuché. - J'en suis heureux.

La premiĂšre voiture, les filles. Allez, Mlle Cooke.

- J'arrive, M. Duncan. - Bas les pattes.

Attendez. J'ai votre valise, M. Greenway.

Et moi la vĂŽtre, Mlle Cooke.

C'est sans doute ma faute.

Je suis myope comme une taupe.

Il y avait plein de gens autour quand je l'ai ouverte.

- C'Ă©tait trĂšs gĂȘnant. - J'imagine.

- Vous n'allez pas me tirer dessus. - Non. C'est un boulot que j'ai trouvé.

OĂč vous tirez ?

Non. Je fais respecter la loi, si on veut.

- J'espérais bien tomber sur vous. - Moi aussi.

Oh, mince. C'est bon.

- Pardon. - Ce n'est rien.

GrĂące Ă  vous, je vais enfin pouvoir me changer.

Je n'en pouvais plus. Oups.

- Ce ne sont pas vos vĂȘtements ? - Non.

- Alors, Ă  qui sont-ils ? - MystĂšre.

- Quelqu'un se retrouve sans. - Oui. Moi.

Mulligan.

- Je m'appelle Greenway. - Oui, je sais.

- Mlle Cooke ! - M. Duncan.

Puis-je vous inviter Ă  dĂźner ?

- J'adorerais. Sauf que nous... - Mlle Cooke, dans votre compartiment.

Oui, M. Duncan.

Laissez mes filles tranquilles.

- Ça va, mademoiselle ? - Oui.

- Vous ĂȘtes dans un cirque ? - Non.

- OĂč sommes-nous ? - Je viens de l'annoncer.

Cucamonga.

- Pile Ă  l'heure. - Quoi ?

On devait me réveiller. Pourquoi ne l'a-t-on pas fait ?

L'erreur est humaine.

DĂ©pĂȘchez-vous. Le train est Ă  l'heure.

Ce ne sont pas mes affaires.

Cucamonga. Je ne suis pas prĂȘt. Si j'avais ma valise. Je devrais...

Va-t'en.

ArrĂȘte.

- Vous avez vu ce chien ? - Quel chien ?

- Regardez ça. - Quoi ?

- Votre veston est déchiré. - Merci.

Je vous en prie. Au revoir. En voiture.

Bonjour, petite. Enchanté.

L. Taylor Harrigan, de Chicago, je cherche un certain Chauncey Wheelock.

Vous avez vu un petit chien affreux dans le coin ?

Oui, il se trouve qu'il m'a mordu.

- Bien. Par oĂč est-il parti ? - Par lĂ .

- Votre veston est déchiré. - Je sais. Pourrais-tu...

- 12, 13, 14, 15, 16. - 12, 13, 14, 15, 16.

... trois, quatre, cinq,

six, sept, huit.

Bonjour.

Bien le bonjour.

- Votre veston est déchiré. - Je suis tombé du train.

C'est bien ce qui m'est arrivé.

Je me demandais, sauriez-vous

oĂč est un certain Chauncey Wheelock ?

C'est un réalisateur de cinéma.

Il est censĂ© ĂȘtre par ici. Il faut que je le trouve.

Pourquoi ?

- Quelqu'un a-t-il parlé ? - J'ai demandé pourquoi.

Bonjour. L. Taylor Harrigan, de Chicago.

Seriez-vous M. Wheelock, par hasard ?

- Tenez-le. - Attendez, arrĂȘtez !

ArrĂȘtez ! ArrĂȘtez !

Il rigole.

Ça alors ! Jamais !

- Vous m'avez agressĂ©. - Vous ĂȘtes un charlatan ?

- Ce ne sont pas mes affaires. - Comment ça ?

Enfin, si.

- L. Taylor Harrigan ? - Oui.

C'est bon, les gars. Il y a une carte de Corny Cobb.

Quel interrogatoire !

Désolé, mais on se méfie du monopole.

- Vous croyiez que... - Moi, c'est Frank Frank.

- Quoi ? - Frank Frank.

Vous avez pas l'air dangereux, mais on doit se méfier.

Je comprends.

Voici les techniciens. Jimmy, John, Dobie, Jack.

Et M. Reginald Kingsley.

- Ravi. - C'est l'acteur.

Et Sally, on est chez lui.

- Et Wheelock ? - Cette ordure.

Il est parti prendre une cuite, on est sans nouvelle depuis des semaines.

Quatre semaines. Et on n'a pas touché un sou.

Il a emporté la derniÚre paie.

- Le fils de pute. - C'est horrible.

- Vous ĂȘtes abandonnĂ©s ici. - Et c'est pas vraiment Paris.

Ouais.

Bien sĂ»r. Mieux vaut que j'envoie un tĂ©lĂ©gramme. OĂč puis-je aller ?

- OĂč vous voudrez. - Non, d'oĂč puis-je en envoyer un ?

De la gare ferroviaire, M. Harrigan.

Oh, merci beaucoup. Appelez-moi Léo.

Margaret Reeves. Tout le monde m'appelle Marty.

Enchanté, Marty.

- Ravi de vous rencontrer, Léo. - Pareillement, Frank Frank.

Eh bien...

- Je crois que c'est Ă  vous. - Oui. Merci.

Messieurs, le télégramme.

J'aimerais télégraphier Chicago. C'est une urgence.

Dans ce cas, essayez la cabine publique.

Voyez si ça marche. Personne n'a appelé aussi loin que Chicago.

Le téléphone. Bonne idée. Ce sera plus rapide.

AllĂŽ, le central. J'aimerais appeler Chicago, dans l'Illinois.

Kinegraph. K-I-N-E graph.

Oui, et c'est un appel en P.C.V.

- Oui. - Votre nom ?

Harrigan. H-A deux R-I...

- Comme la chanson. - Exact.

De George M. Cohan, oui.

- Ça sonne. - Merde alors !

- Kinegraph. - Mabel ?

Léo Harrigan. Puis-je parler à M. Cobb ?

Elle a l'argent.

Elle essaie de me le passer. Il a trois réunions.

- Bon. - C'est toi, Harrigan ?

- M. Cobb ? C'est lui. - OĂč es-tu ?

- M. Cobb, je suis Ă  Cucamonga. - Wheelock est lĂ  ?

Non. Il est parti se soûler.

- Il a disparu. - Disparu ?

- Il hurle. - Sale poivrot d'Irlandais...

Il est parti avec l'argent.

- L'argent ! - Il hurle encore.

Je vais le faire décapiter.

Je suggĂšre que vous envoyiez de l'argent Ă  ces braves gens,

pour qu'ils soient payés et...

Et ensuite, vous devriez dissoudre le groupe.

- Non. - Dissoudre le groupe ?

Plus de boulot.

Oui. Vous envoyez l'argent sur-le-champ.

Et vous voulez mes histoires. Oui, elles sont prĂȘtes.

Que je fasse quoi ?

- Non, je doute que... - C'est un ordre !

Vraiment. Je sais, mais ce n'est pas... Non.

Je ne l'entends plus. AllĂŽ, M. Cobb...

AllĂŽ, allĂŽ, allĂŽ...

Il veut que je réalise le film.

Bonjour, Sally. Bonjour.

Bonjour, petite. Tu as retrouvé ton chien.

- ArrĂȘte, LĂ©o. - Pardon ?

Je parlais pas à vous, mais à Léo.

Le chien s'appelle Léo. Bonjour à tous.

- Bonjour. - Bonjour.

Quelle belle matinée !

- C'est qui ? - Le réalisateur.

Ah oui ?

- Frank Frank. - Monsieur.

- Je peux vous parler ? - Oui, monsieur.

On revient.

Qu'y a-t-il ?

Frank, pour ĂȘtre franc, je ne sais pas comment faire.

- Quoi ? - Réaliser un film.

- Ah non ? - Non.

Mince !

Ne dites pas ça. Je suis extrĂȘmement nerveux.

DĂ©solĂ©. Vous portez toujours des vĂȘtements trop grands ?

Ce ne sont pas les miens.

- À qui sont-ils ? - Je n'en sais rien.

Vous ne savez pas comment réaliser...

Ni Ă  qui sont ces vĂȘtements, c'est exact. Autre chose ?

HĂ©.

- Vous n'avez pas vu Cobb réaliser ? - Non, j'écrivais. Comme c'est humiliant !

Du calme. C'est trĂšs simple. Vous y arriverez sans mal.

- Vous croyez ? - N'importe qui peut le faire.

Vous voyez, lĂ -bas ?

- Marty et Kingsley ? - Oui.

- Qui se maquillent ? - Oui.

- Ce sont les acteurs. - Merci beaucoup.

Bon, et là, la boßte sur le trépied ?

- Oui. - Et John qui la recouvre ?

- Oui. - C'est la caméra.

Pour commencer, vous me dites oĂč la mettre.

OĂč la mettre ?

Je suis le cameraman.

- Ah oui ? - Absolument.

- Eh bien, bonjour. - Bonjour.

- Léo. - Frank.

- Non, Léo. - Oui, je sais.

Continuez.

Ensuite, vous dites aux acteurs ce qu'ils doivent faire.

Vous me dites de filmer, et quand vous en avez assez,

- vous me dites de couper. - De couper.

Et vous recommencez pour la scĂšne suivante. C'est tout.

- C'est tout ? - Oui.

- C'est tout ce que D.W. Griffith fait ? - Oui, plus ou moins.

On m'a dit que Griffith ne dit pas "coupez", mais "cessez".

- Griffith dit "cessez". Je peux le dire aussi. - Alors vous pouvez réaliser un film. Allez.

TrĂšs bien. Allons-y.

Bonjour Ă  tous.

Bonjour.

- Bonjour. - Bonjour.

Bonjour.

Bien...

- Dobie, exact ? - Oui, monsieur.

- Oh, pas de "monsieur". - On dit toujours "monsieur" au réalisateur.

Vraiment ? Désolé.

L'histoire qu'on tourne aujourd'hui s'appelle La Vengeance de Luc. Vous serez Luc.

Pardon, M. Harrigan,

Reginald Kingsley, de la scÚne théùtrale de New York.

C'est Ă  moi que reviennent les premiers rĂŽles. Je serai Luc.

- Bien sûr. - Que m'arrive-t-il ?

Dans la premiÚre scÚne, le cheval de Luc le désarçonne, et il meurt.

Luc meurt dans la premiĂšre scĂšne ?

- C'est exact. - Alors ça ne sera pas moi.

- Peut-ĂȘtre pourrait-il ĂȘtre juste blessĂ©. - Je ne tombe pas de cheval.

Je vois. Eh bien...

Quelqu'un sait comment nous pourrions tuer Luc ?

- Une balle. - Mais ça doit ĂȘtre un accident.

Il pourrait se tirer dessus.

On perdrait la portée dramatique recherchée.

Une morsure de serpent Ă  sonnette.

- Tu as parlé, petite ? - Une morsure de serpent à sonnette.

Un serpent à sonnette. TrÚs bonne idée.

Sauf que nous n'en avons pas.

- Quelqu'un d'autre a-t-il... - Moi, si.

- Un serpent Ă  sonnette ? - Oui.

- En jouet ? - Un vrai. Il s'appelle Robert.

Robert, le serpent Ă  sonnette ?

- Oui. Ça vous coĂ»tera 5 $. - 5 $ ? Pour la journĂ©e ?

Pour deux heures.

- TrĂšs bien, petite. - Alice.

TrĂšs bien, Alice, on peut le voir, ou faut-il payer ?

Non, c'est gratuit.

Elle a un serpent Ă  sonnette.

- Oui. Incroyable. - Merde alors.

- Le voilĂ . - Tu as fait vite, petite.

- Alice. - Alice. Voyons voir.

Il m'a mordu.

On peut mourir d'une morsure de...

- Je pourrais mourir. - Sapristi, il s'est fait mordre !

Petite, ton serpent a mordu ce jeune homme.

Ne vous en faites pas. Il n'a plus de poche Ă  venin.

Il est inoffensif. Ils font cette blague à tous les réalisateurs.

- C'est drĂŽle. - Oui.

- On l'a ! - Buvez, vite.

- Qu'est-ce donc ? - Un remĂšde indien ancestral.

- Chipawau. - Mais...

Avalez-le d'un trait, qu'il arrive au cƓur avant le poison.

Comme ça, il dĂ©sinfectera le cƓur et coupera la route au poison.

- Vite. - Dieu du ciel.

- Frank Frank ! - Monsieur, monsieur !

La caméra sur Ronald.

- Robert. - Robert.

- C'est fait. - Kingsley ?

M. Harrigan.

- Mettez-vous à cÎté de lui. - Je ne joue pas avec des reptiles.

- Que faites-vous, alors ? - Je donne dans le sentiment.

Alors tant pis.

- Filmez Roger. - Robert.

- Robert. - Tout est prĂȘt.

- Frank, tournez la manivelle. - Ça tourne.

On va faire du cinéma. On va faire du cinéma, j'ai dit.

Il y aura du drame, des sanglots.

Il y aura de la comédie, du pathos.

Il y aura du suspense, de l'amour !

Et si un salaud du monopole...

J'ai dit que si un salaud du monopole...

- OĂč est-il ? - Sur le toit.

Il est lĂ , ce fils de pute.

- Sur le toit. - Donnez-moi une arme.

Tuez-le !

Qui est-ce ? Ne le tuez pas.

- La caméra n'a rien ? - C'était moins une.

Ne le tuez pas !

Ces salauds des brevets.

Des brevets ? Ne le tuez pas. Laissez-le-moi.

Ces salauds des brevets m'avaient pas dit qu'ils riposteraient !

Bravo, monsieur. Venez, les gars.

- On est avec toi, Dobie. - Reste lĂ , Marty.

- Que je reste lĂ  ? - OĂč est LĂ©o ?

- Je suis lĂ . - Pas vous.

Ne le laissez pas s'échapper.

Attendez-moi !

Du calme, le cheval.

Ne tirez pas, attention au cheval !

- Plus la peine de lui courir aprĂšs. - Non, c'est Ouragan.

- Il est... - Foutu.

- Merde alors. - OhĂ© ! OĂč est tout le monde ?

- ArrĂȘtez ce... - Voyez-vous ça.

ArrĂȘte. S'il te plaĂźt.

Descendez de ce cheval immédiatement.

Je souhaite vous parler.

Attention !

Il a essayé de me tuer.

Du balai, les poulettes !

- Pas si vite. - Il va avoir besoin d'aide.

- Bon Dieu. - Venez.

Venez. Il va y avoir de la bagarre.

- Je le tiens. - Je veux pas me battre.

On le tient !

- Bouge plus. - Il résiste !

Vous ĂȘtes formidable.

J'aime pas me battre contre les femmes et les enfants !

- ArrĂȘtez de gigoter. - Vous m'avez frappĂ©.

Vous avez tiré sur ma caméra, espÚce de salaud du monopole.

Je déteste les ivrognes sentimentaux.

Vous ne me laissez pas le choix.

Tenez-moi ça.

Debout. Debout, sale rat.

Vous avez beaucoup d'aide, monsieur.

Que personne ne m'aide ! Quoi qu'il arrive !

C'est pas une bonne idée, Léo.

Si. J'ai été sacré champion de boxe de ma classe à l'Université de Chicago.

La bagarre, ça me connaßt. Debout, sale lùche.

Si c'est ce que vous voulez !

Posez-moi ! On ne suit pas les rĂšgles du marquis de Queensbury.

Je savais que c'était pas une bonne idée.

- Allez. - Je ne veux pas me battre.

- Allez, sale lĂąche. Levez les poings. - Non.

Je vous préviens, j'élÚve des alligators.

- Quoi ? - Des alligators...

Je vous avais prévenu...

- Ça alors, sacrĂ©... - Boxeur.

- Merde alors. - Harrigan se débrouille bien.

C'est pas encore fini.

Vous m'avez donné un coup de pied !

- Pas de coups de pied. - Non !

Quel coup bas ! Vous avez vu ?

- Si, on peut ! - On ne mord pas.

- J'Ă©tais pas prĂȘt. - Et maintenant ?

Oui.

Suit-on les rĂšgles du marquis de Queensbury ?

Oui.

Ce ne sont pas les rĂšgles...

Bravo, Léo ! Frappez-le !

Pas de coups de pied.

Pause. Attendez !

Allez, l'étranger !

- Vous permettez ? - Oui, allez-y.

- Vous n'avez pas confiance ? - Non.

Les rĂšgles du marquis. Allez.

Vous auriez de l'eau ? Je suis mort de soif.

ArrĂȘte ! LĂąche-moi !

Bravo, patron. Léo, lùche-le.

Léo, il est de notre cÎté.

- Vous abandonnez, j'imagine. - Certainement pas.

- Debout. Approchez, sale lùche. - Vous m'énervez.

Hé, il danse comme Léo.

Allez, l'étranger.

Aidez-moi Ă  me relever.

Ne les laissez pas s'échapper !

Vous abando...

- Non. - Non.

- Vous avez soif ? - TrĂšs.

Bien.

On dirait qu'il n'y a plus que mon établissement.

Suivez-moi, les amis. C'est ma tournée.

Merde alors.

J'ai jamais vu une bagarre comme ça.

Tenez, patron. Bravo, vraiment.

Je crois bien que vous portez mon pantalon.

Ça alors, c'est le mien !

- Celui-ci ? - Oui.

- Vous portez ça ? - Classe, hein ?

Comment... Attendez. Avez-vous rencontré une fille ?

- Myope comme une taupe ? - Qui vous dit "Crotte".

- Qui tombe beaucoup. - Kathleen.

Cooke.

- Mon Dieu. - Ça alors.

- Je vous félicite, vieux. - Léo.

Vous avez une sacrée gauche pour un gars du Nord.

- Vous aussi. - Merci.

- Et vous savez quoi ? - Quoi ?

Vous me plaisez bien.

Vous ĂȘtes de la jaquette ?

Non. Vous avez pensé à faire du cinéma ?

J'essaie d'en sortir.

- D'Ă©chapper au monopole. - Ça vaut pas le coup.

- Vous ĂȘtes un sacrĂ© cavalier. - Y a pas meilleur que moi.

Si on buvait un coup ? Voyons si on peut s'entendre.

D'accord, si vous arrivez Ă  me relever.

Dites-moi quand vous avez rencontré ma belle.

Votre belle ? Quand l'avez-vous rencontrée ?

Au printemps, Ă  New York.

Alors je l'ai vue le premier, Ă  Chicago.

Bien avant qu'elle ne pense Ă  aller Ă  New York.

- Vraiment ? - C'est indéniable.

- Nous voguions sur le lac ÉriĂ©. - Je l'ai emmenĂ©e voir mes alligators.

On dirait qu'on a un nouveau premier rĂŽle.

- Oui. - Quel nigaud.

AINSI, un été plus tard, non loin de Cucamonga...

Un instant !

Mlle Cooke, plus de légÚreté ! Quelle empotée...

- J'essaie. - Je trouve qu'elle danse bien.

- Quoi ? - Pas toi, Jim ?

- Oui, trĂšs bien. - Qui diable ĂȘtes-vous ?

On a appelé pour votre ballon, l'équipe de cinéma.

- Duncan ? - Oui.

Les filles, prenez une pause. Le ballon vous coûtera 50 $ par jour.

- Je vous en donne 30. - J'ai dit 50.

- Alors 25. - J'ai dit 50.

- Alors 20. - Tu viens de dire 25 !

- Marché conclu. - Quoi ?

- C'est votre fille ? - Dieu merci, non !

Je m'appelle Alice. Et vous ?

- Kathleen. - J'aime bien ce nom.

- Et moi le tien. - Je le déteste.

Pourquoi ? C'est joli.

Non, on ne peut pas le raccourcir.

Ou ça fait "Al", c'est débile. On peut m'appeler qu'Alice.

HĂ©, petite !

- Ce chien est vicelard. - Tenez, votre argent.

- Ce clébard est à toi ? - Viens, Léo.

Ravi, monsieur.

Une Alice devrait vivre dans un palais. Avec mon prénom, ça ne marche pas.

Il n'y a que 25 dollars.

- Comme prévu. Salut, Kathleen. - Au revoir, princesse.

- Princesse ? Pourquoi ? - Qui vit dans les palais, Ă  ton avis ?

Ah, oui.

Pas si vite, jeune fille.

Je m'en fiche, je refuse de faire ça.

Je t'ai déjà menti ?

- Oui, plusieurs fois. - C'est faux.

La Revanche de Luc, Serpents Ă  sonnette et Baril de poudre...

J'essaie de rendre confortables des situations inconfortables.

- ArrĂȘte ton char. - C'est le rĂŽle d'un rĂ©alisateur.

J'aime pas ĂȘtre en l'air.

Mais tu l'es, sur un cheval !

Bien vu. J'irai pas plus haut qu'un cheval.

Bien. Ça fait quoi, trois ou quatre mùtres ?

- Deux, maximum. - Un poney.

Cheval, poney, je monterai pas plus haut.

Tu veux que tout le monde croie que tu as peur ?

J'ai peur. Un cheval, ça touche terre. J'ai pas encore envie de monter au ciel.

- Bon. Dobie. - Pas plus haut que deux mĂštres.

- ArrĂȘte-le Ă  deux mĂštres de hauteur. - Je monte pas plus haut.

- Deux mĂštres ! - Marty !

- Oui, Léo. - Oh. Tu arrives en courant quand je crie.

- Oui, Léo. - Vas-y.

- Monte dans ce machin. - Oui.

- Vous avez vu ça ? - Tenez-le bien.

- Ne perdons pas notre premier rĂŽle. - Je te tiens, ne t'en fais pas.

Tout est prĂȘt, Alice ?

- Princesse. - Quoi ?

- Princesse. - Alice devrait vivre dans un palais.

- Vous ĂȘtes tous devenus fous ? - Pas assez pour monter lĂ -dedans.

- Quoi ? - Tu parles d'une équipe !

Bon, fais-le monter Ă  10 mĂštres.

Non ! Mlle Cooke ! Veuillez reprendre depuis le début.

Écoutez bien, je peux changer le titre

à Trois Demoiselles en un clin d'Ɠil.

Faites donc, vieille crotte de bique.

Comment m'avez-vous appelé ?

Vieille crotte de bique ! Vieux rabougri.

Salue de la main. Et souris, l'air victorieux.

Le monde est Ă  nous. Sois naturel.

Deux mĂštres, pas plus.

De nouveaux horizons ! L'arrogance de la jeunesse.

- Harrigan, je vais te tuer. - C'est bien. Souris.

Je vais t'étrangler.

- Attention. - Quoi ?

- À l'aide ! - Mon Dieu, c'est elle.

- Bon sang. - Que s'est-il passĂ© ? OĂč suis-je ?

Attrape-la, Jack.

- Kathleen ! - Tu la connais aussi ?

- Mlle Cooke ! - Tout le monde la connaĂźt.

- Je fais quoi ? Je coupe ? - Tu plaisantes ? Filme.

- Ils dérivent ! - Alice, le camion.

Tous dans le camion ! Apporte la caméra. Allons-y.

Dans le camion ? Je n'ai jamais fait ça.

N'ayez crainte. Bougez pas. Je vais vous aider.

Je vais vous aider.

N'ayez pas peur. Attrapez la corde.

- Attrapez-la. - OĂč est-elle ?

PrĂšs de votre tĂȘte. ArrĂȘtez de vous tortiller.

- Ça n'aide pas. - Je la vois.

- Je l'ai. - Accrochez-vous.

Accrochez-vous, mademoiselle.

Cooke, vous ĂȘtes virĂ©e, bon sang !

- Le camion, imbéciles. C'est notre ballon. - Vite !

Fonce, Alice. Suis-les.

On va louper le sauvetage.

Accrochez-vous. Tenez bon. On y est presque. Je vous tiens.

Prenez mes mains.

- Mes mains. - J'essaie.

- Je vous tiens. - Ah.

On y est presque. Allez, venez.

Bon.

M. Greenway, vous avez une moustache.

- Mlle Cooke. - J'ai trébuché.

- Levez-vous ! On ne vous voit pas. - Harrigan, je vais te pulvériser.

- Harrigan ? Léo Harrigan ? - Je vais vomir.

Faites comme quand la nacelle a failli se retourner, c'était bien.

Je vais t'étrangler !

Ne regarde pas la caméra, demeuré ! Sois naturel.

- Si j'avais mon fusil. Bon sang ! - Ne regardez pas en bas.

Je ne vois rien, alors je n'ai pas peur.

- Vous ĂȘtes aussi folle que lui. - Ne regardez pas en bas.

- Non ? - C'est ça. Ne regardez pas.

- Je ne regarde pas. - EnlĂšve tes mains du visage.

- Joue la scĂšne. - Que fait-il ?

- Il fait un film. - Comme au cinéma ?

C'est formidable. Je n'en ai jamais vu.

Et il est possible que vous n'en voyiez jamais.

De l'assurance ! Tu es un explorateur.

- Voyons, Alice ! - J'y peux rien. Y a pas de route.

- Mais fais attention. C'est comment, Frank ? - Bien, entre les bosses.

Ils vont vers la voie ferrée.

- Et alors ? Suis-les. - Un train arrive.

Quoi ?

J'essaie de passer avant lui ?

- Oui. - Accrochez-vous.

- Ou peut-ĂȘtre pas. - Je peux y arriver.

Non, Alice.

- Je peux ! - Non !

- Si ! - Alice, non !

Je vous salue Marie, pleine de grĂące.

Dommage qu'ils l'aient pas percuté.

- Vous entendez un sifflement ? - De quel genre ?

- Comme de l'air qui fuit. - TrĂšs drĂŽle.

Fonce, Alice. Suis-les.

Mon Dieu, vous avez raison.

Vous avez vu ça ?

- Incroyable ! - Ça tourne toujours.

Continue. Alice, arrĂȘte-toi sur la voie.

Quel plan ! Embrasse-la, bon sang !

- Il dit que je suis censé vous embrasser. - Oui.

AprÚs tout, c'est le réalisateur.

Parfait.

Continue encore un peu, Frank.

Fermeture à l'iris. Et cessez. Coupez. Terminé.

Allez, on remballe. Allez les chercher. Faites revenir le train.

Mon Dieu, comment allons-nous les récupérer ?

Ça m'a l'air d'ĂȘtre sacrĂ©ment bon, LĂ©o.

- Merci, Sally. - Prends une biĂšre.

Bon ? C'était super.

MĂȘme M. Griffith ne fait pas des trucs comme ça.

Pas par accident, en tout cas.

Et si on applaudissait le cameraman ?

Que vient faire mon rĂŽle dans l'histoire ?

Kingsley, vous ne reconnaĂźtrez jamais un bon film.

Reggie a raison. C'est ce qui m'embĂȘte.

Que va-t-on faire de tout ça ?

Quelle est l'intrigue ? Que fait cette fille dans cet accoutrement ?

- Et qui est-elle ? - MystĂšre.

- C'est... - Kathleen, c'est ça ?

- Kathleen Cooke. - Oui, mais qui est-elle dans l'histoire ?

- Je vois. - Je n'y avais pas pensé.

- C'est un... - ProblĂšme.

- Merde alors. - Oui.

Ils sont follement amoureux,

mais ils sont de deux clans ennemis depuis toujours.

On leur a interdit de se revoir.

Alors le garçon décide de s'envoler dans son ballon

et d'explorer les grandes régions inconnues de l'Afrique et d'oublier son seul amour.

Mais au dernier moment, elle défie son pÚre

et s'enfuit pour le rejoindre.

Elle trébuche et se retrouve dans le ballon, qui se pose sur un train

qui les emmĂšne en Afrique oĂč ils vĂ©curent heureux.

Ça pourrait s'appeler Le Ballon de RomĂ©o.

C'est fantastique.

Alice, tu viens de régler...

Je jouerai le pĂšre. Ne remettez plus les pieds ici, jeune homme.

Un instant.

Et tout ce qu'on a déjà tourné avec Buck et Marty ?

Elle pourrait jouer sa sƓur. Elle change juste de titre.

- Ça me plaüt. - Oui.

Tu veux bien jouer la sƓur ?

Je ne peux pas incarner son frĂšre.

Et pour l'argent...

Ça fera 15 $.

Quinze dollars ? Tu as tout piqué à William Shakespeare.

Et aprĂšs ? Tu voles tout au Saturday Evening Post,

et on te paie bien.

- Ça va mieux ? - À un petit souci prùs, oui.

Ils reviendront.

- Ça ne fait que deux jours. - Un jour, une nuit et un jour.

HĂ©, regardez.

Le train a livré The Gazette, et on nous voit.

- Y a une photo. - Regardez.

Vous et moi, on dirait. Pour de vrai.

Pour de vrai.

- Je ne me vois nulle part. - Moi non plus.

Ces salauds du monopole vont savoir que Buck a menti.

- Sur notre présence ici ? - Oui.

- Ils ne lisent pas The Gazette, si ? - Léo a raison. Filons d'ici.

- Merde alors. - Oui.

Eh bien...

- OĂč allons-nous aller ? - MystĂšre.

- La ferme aux autruches. - Je croyais que tu avais parlé d'autruches.

C'est bien ce que j'ai dit. J'en ai une Ă  La Mesa.

Il n'y a plus que cinq autruches et tante Lula.

Vous me verseriez un loyer.

Jamais vu de cheval aussi haut, Harrigan.

- Tu me dois deux billets de train. - Qu'as-tu fait Ă  ta moustache ?

Ne change pas de sujet.

Disons qu'il était un peu plus haut que je le pensais.

Bonjour, Mlle Cooke, ça faisait longtemps.

- M. Mulligan. - Harrigan.

Une idée du coup de sabot qu'un tel cheval peut donner ?

J'imagine que je vais vite le découvrir.

- C'était comment ? - Super. Content de te revoir.

Super, à part le moustachu pétrifié.

C'est ce qu'on m'a dit.

Bonjour. Marty.

Enfin, tu as été couvert par la nouvelle actrice principale.

J'espĂšre que vous voudrez bien le devenir, Mlle Cooke.

M. Harrigan, il se trouve que je suis libre en ce moment.

- Lui, c'est John. - Bonjour.

- Jack. - Salut, Buck, ça va ?

- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? - Alice, raconte-leur la fin.

Princesse.

- Le Ballon de Roméo. - Ah, oui.

Ça finit bien. Ils se marient.

Ils se marient ? Super idée. Un mariage tribal africain.

C'est ce que j'allais dire.

- On va convoler. - Je viens de le dire.

Non, c'est moi.

Tu parles du film. LĂ , c'est pour de vrai.

On le fera dĂšs que j'aurai trouvĂ© un prĂȘtre.

Pas vrai, Kathy ?

On dirait que demain, je vais perdre un tas de bons clients,

alors pour l'heure, c'est ma tournée.

Venez.

Attention. Attention.

Je te ramĂšnerai Ă  la maison, Kathleen

Je traverserai l'ocĂ©an et ses tempĂȘtes

À toi, Buck.

LĂ  oĂč ton cƓur a toujours Ă©tĂ©

LĂ  oĂč tu es devenue mienne

Tout le monde !

Tu as perdu ton teint de rose

Viens, Léo.

Je l'ai vu te quitter jour aprĂšs jour

Je veux bien, Jack. Ça va ?

La gaieté a quitté le timbre de ta voix

Tes chers yeux sont gorgés de larmes

Plus haut.

Je te ramĂšnerai, Kathleen

LĂ  oĂč ton cƓur ne souffre jamais

Oh, merci.

- Tu m'as coupĂ© l'herbe sous le pied. - Fallait ĂȘtre plus rapide.

Je te ramĂšnerai chez toi

Jurez-vous de l'aimer, de la chérir

dans la santé et la pauvreté jusqu'à ce que la mort vous sépare ?

- Bien sûr. - Dites "Oui".

Oui, aussi.

Et vous, trĂšs chĂšre, promettez-vous de l'aimer...

Oh, non. Coupez.

- Coupez. Cessez. - On cesse.

Alice, dis Ă  Matilda de sortir du plan.

- C'est Randolph. - Alors dis-le-lui.

Il est censĂ© ĂȘtre dans le plan suivant.

- Tante Lula. - Il n'a qu'Ă  le dire Ă  Randolph lui-mĂȘme.

- C'est lui, le grand réalisateur. - Merci de votre aide.

- Je recharge. - Rapproche-la un peu.

Je me rapproche.

Randolph, va mettre la tĂȘte dans le sable.

- Du balai. - On se marie ou pas ?

Pas encore.

J'ai perdu le fil il y a cinq heures.

Non, pas encore.

- Pas encore ? - Non.

Je peux avoir de l'eau ? Il fait chaud en Afrique.

Et des grands canards ?

- Le... - VoilĂ .

Dobie, tu ne peux pas l'attraper par le cou et la retenir ?

C'est que les autruches se rebiffent.

Elles sont féroces. Tu as vu leurs pattes ?

Et méchantes.

- Merde alors. - C'est qu'un oiseau.

- M. Harrigan. - Un instant, mon pĂšre.

Faites de votre mieux, les amis.

Qu'y a-t-il, Logan ?

Quand leur direz-vous que je suis un acteur, et pas un prĂȘtre ?

- Ils veulent que je les bénisse. - Alors, bénissez-les.

Gardez le secret. Je leur dirai bientĂŽt.

Tu veux bien demander Ă  Alice d'ĂȘtre notre demoiselle d'honneur ?

Il en faut une, mais elle refuse de se maquiller en noir.

C'est compréhensible. Ils ont l'air ridicule.

Pourquoi tu dis ça ?

Je n'y peux rien. Cobb refuse d'envoyer plus d'argent pour des figurants.

Il a dit : "Brûle des bouchons et noircis les techniciens."

M. Harrigan, pourrait-on inclure quelques répliques d'Othello ?

Ce fut mon plus grand triomphe sur la scÚne théùtrale.

"Qu'elle soit damnée, l'infùme traßtresse !"

- Entendu, Reginald. - Bien.

- En place. - Oui.

Qu'on en finisse.

Le mariage n'en finit pas, ça me prive de ma lune de miel.

J'ai le cƓur brisĂ©.

- Mlle Cooke. - Kathleen.

Connaissez-vous la loi de Mulligan ?

- Je ne crois pas. - VoilĂ  ce qu'elle dit.

Il n'est jamais trop tard.

- Mulligan. - Ma flamme est loin d'ĂȘtre Ă©teinte.

Salut, beauté.

Shakespeare. Un Français, pas vrai ?

Pourquoi tu boudes ?

Tu m'entends ?

- Non. - Quoi ?

- Je boude pas. - Si.

Crache le morceau.

Tu devais m'apprendre Ă  monter Ă  cheval.

- Je le ferai. - Menteur.

Si. DÚs qu'on sera entourés de créatures à quatre pattes.

Tu monteras peut-ĂȘtre mieux que moi.

- C'est pas difficile. - Non.

Pourquoi tu dis ça ?

Tu vas te marier.

Je suis fou d'elle.

- Tu la connais depuis une semaine. - Une seconde suffit.

La premiĂšre fois que je l'ai vue, mes dents transpiraient presque.

Et puis, je suis pas si bon cavalier que ça.

- Je croyais que t'étais le meilleur. - Je suis le meilleur menteur.

- Bon, si tu m'apprends vraiment... - C'est sûr.

- On pourra le faire que tous les deux ? - Je garderai les chevaux ?

- D'accord. - Ça marche.

- Il nous faut une demoiselle d'honneur. - J'y vais.

Salut, trésor.

- Toutes mes félicitations. - Merci.

C'est bon ?

Non, mais ça ne gĂȘne pas le prĂȘtre.

Ce mariage traĂźne en longueur.

Tu sais quel jour on est ?

C'est vendredi, non ?

Il n'y a pas un mets que les catholiques ne mangent pas ce jour-lĂ  ?

Il mange de la viande ?

Oui. Comme un acteur affamé.

- N'est-ce pas, mon pĂšre ? - Quoi ? Pardon ?

- C'est louche, tout ça. - Tu trouves ?

- Tout le monde en place. - DrĂŽlement louche.

PÚre Logan. Les mariés.

Mon pĂšre, je dois me confesser.

- Vous m'écouteriez ? - Plus tard, mon fils.

Vous confessez, mon pĂšre ?

Bien sûr, mon fils. Je vous bénis.

Silence. Buck, il ne manque plus que le baiser.

Ça tourne. Mon pùre, pas vous.

Vite, allons-y. Qu'est-ce qu'on attend ?

Coupez. Elle est censĂ©e ĂȘtre ta femme, pas ta sƓur.

Tous ces gens autour...

Prends-la dans tes bras. AmĂšne-la vers toi.

- Merci. C'était pas la peine. - Allez, ça tourne. Soyez naturels.

C'est parfait. On continue encore un peu.

Fondu au noir et coupez.

- La luminosité est parfaite pour le final. - Tous au camion !

On y va. Vite. Le soleil décline.

Merci beaucoup, mon pĂšre. Un mariage fabuleux.

On se parle plus tard.

- Est-on vraiment mariés ? - Ne t'en fais pas, Kathy.

- Et maintenant ? - Un instant. Tante Lula !

Tenez-vous prĂȘte.

- Vite. Je dois cuisiner ! - Silence !

- Montez. - Montez.

Dansez avec vos lances, bougez les bras.

Allez. Et vous partez devant le coucher de soleil.

Jimmy, une petite musique romantique et rapide.

Et ça tourne.

- Ça va comme ça ? - Trop noir, et enlùve tes lunettes.

Je devais avoir le visage noir.

Peu importe. Embrasse la mariée. Sois naturelle. Vite.

- Je suis censée t'embrasser. - Vas-y.

- Bonne chance ! - Kathleen, lance le bouquet !

- D'accord ! - Buck, démarre !

JEUNES MARIÉS

TrĂšs joli. Bien. Fermeture Ă  l'iris. Et coupez.

Super. C'est bon. Revenez.

On va trouver un vrai pasteur, sale fils de pute.

Pardon, chĂ©rie. À lundi.

- Frank, laisse-moi t'aider. - Hein ? Il faut que je développe ça.

- Ça va ? - Oui.

La veille de NOËL 1913 est l'occasion d'une premiùre visite

dans une ville appelée Los Angeles...

Entrez ! Ça ne coĂ»te rien.

- Cinq cents. - Un nickelodeon !

Et si ça ne vous plaßt pas,

c'est pas grave, ça ne dure que 15 minutes.

INTERDIT AUX CHIENS ET AUX ARTISTES

- On se sent bien accueillis ! - Sauf les deux Léo.

Le monde du cinéma vient s'installer ici.

On essaie de s'en prendre Ă  vous.

Qui veut se sentir respectable ?

Harrigan, on a trouvé un cinéma.

- Moi. - Ça ne risque pas.

- OĂč ça ? - Au bout de la rue.

- Ça alors. - J'aime mon mari.

Messieurs.

Si vous vous moquez, je vais rendre mon costume.

Pas moi.

Je me sens gai. J'ai l'impression d'appartenir au vieux continent.

Oui. H.H. Cobb vient jusqu'Ă  Los Angeles,

soyons sur notre 31.

- HĂ©, vieux... - Frank ?

Pardon.

Mon second Noël loin de chez moi.

Chicago te manque ?

- Les tramways ? - Il y en a ici aussi.

Prenons une photo de Noël.

- Oui. - Il n'y a pas de neige.

J'oublie comment c'est.

Ça fond. Allez, allons au cinĂ©ma.

On va ĂȘtre en retard Ă  la fĂȘte de Cobb.

- Il ne verra rien. - Joyeux Noël.

- Entrez. Qui a l'argent ? - Qui ? Oui, 30 cents.

Dégagez. C'est cinq cents. Que je ne vous vois plus !

- C'est vrai. - ArrĂȘte un peu, vieux.

Qu'est-ce que ça pue ici !

- Regardez, c'est Cobb. - Quoi ?

H.H. COBB présente "LA GRANDE PAGAILLE"

Oui, c'est drĂŽle. Pourquoi passe-t-il ici ?

- Regardez, c'est... - Moi.

- C'est Robert. - Oui.

Pauvre Tuttle. Totalement désarçonné.

On n'a jamais tourné un film intitulé La Grande Pagaille, si ?

Non, c'est des images de...

- Serpents Ă  sonnette et Baril de poudre. - Oui.

- Le Ballon de Roméo. - Oui.

J'ai l'air courageux, non ? Regarde-toi, chérie.

Le voyage ouvre vraiment l'esprit.

- J'ai jamais réalisé ça. - Mais on a tourné ces images.

Les intertitres ne sont pas les bons.

- Silence. - Regardez.

C'est Matilda.

- Non, c'est Randolph. - Non, c'est Randolph.

- C'est pas... - La Fierté du Pacha.

- Des images de Grottes et Massues. - Oui.

- C'est moi. - C'est nous.

Oui. C'est bien moi.

- Ça n'a aucun sens. - Oh que si. "Ça rend riche."

Et maintenant ?

C'est n'importe quoi.

Ce salaud de Cobb a remonté nos films.

La fille de ses rĂȘves.

- Je me souviens de celui-là. - La Culpabilité du bandit armé.

Le rĂȘve de Tuttle se rĂ©alise.

- OĂč vas-tu, LĂ©o ? - LĂ©o ?

- Tu étais merveilleux, Buck. - N'est-ce pas ?

- Alice ? - Le film que vous venez de passer,

oĂč est-il ?

Ne me frappez pas, ma mĂšre est mourante.

J'en sais rien. On ne passe que des films du monopole.

Ce petit est venu vendre sous le manteau des trucs indépendants.

Vous passez toujours les mĂȘmes !

Fermez-la tous les deux et donnez-moi mon film.

- Votre film ? - Il l'a réalisé.

- Elle l'a écrit. - Et moi, je joue dedans.

Si vous ne me le donnez pas, méfiez-vous...

Attention !

Il est mĂȘme pas chargĂ©.

- Ne me frappe pas, j'ai une mĂšre mourante. - Je l'ai !

- Harrigan ! - Allons-y !

Je vous rejoins au camion. Vite.

C'est dedans que ça se passe.

Que faites-vous dehors ? Entrez.

- Ils doivent amasser les petites piÚces. - C'est sûr.

Buck, je crois qu'on nous suit.

Non, ils doivent aller dans le mĂȘme sens que nous.

- Non, ils nous suivent. - Filons.

Harrigan !

Vous avez décidé d'emmener toute la ville ?

C'est toi qui as volé le film.

- Que voulez-vous ? - C'est notre film.

On doit le montrer au patron. Le montage est erroné.

On vous le rendra plus tard.

- Que se passe-t-il ? - Vous faites du cinéma, non ?

- Quoi ? - Vous ĂȘtes pas des artistes ?

Si. Je le crains. Peut-on se faire arrĂȘter pour ça ?

- Comment vous appelez-vous ? - Moi ? Buck Greenway.

- Ne leur dis pas ton nom. - Pourquoi ? J'ai rien volé, moi.

Et vous, mademoiselle ?

- Moi ? - Non, l'autre.

Moi ? Kathleen Cooke. Et vous ?

- Moi ? - Venez, filons.

Je vous ai vue dans Le Ballon de Roméo.

- C'est vrai ? - Oui.

On vous adore à l'écran, M. Greenman.

- Oui. - Vraiment ?

- Merci. C'est Greenway. Buck. - Je réalise leurs films. Léo Harrigan.

- Je ne vous ai jamais vu. - Vous avez joué dans plusieurs films ?

Non, je ne joue pas dedans, je les fais.

- Il se contente de les faire. - Pardon ?

- T'as bien entendu. - On peut avoir un souvenir, Buck ?

- Un souvenir ? - Pour que nos amis nous croient.

Ça serait avec joie, mais c'est pas nos vĂȘtements.

- On les a louĂ©s. - Un nƓud pap, c'est rien.

- Je l'ai, Beth. - Filons.

- J'ai son col, Morgan. - Que faites-vous ?

Mon chapeau !

Allez, Léo, mords.

Kathy, Kathy !

- Votre nom ? - D.W. Griffith. Notez bien.

- Kathy. - D.W...

- Ils sont fous ! - LĂ©o, arrĂȘte.

Revenez ici, M. Griffith.

- Ils sont fanatiques ! - Sans blague !

Des fans de cinéma. Un incident de la sorte s'est déjà produit.

- Partons vite d'ici. - Alice ! Fonce.

C'est terminé. Ils sont attendus.

Allez, partez ! ArrĂȘtez.

D'espace, j'ai dit.

Nous avons besoin de plus d'espace.

Quand tout a commencé, on nous donnait un mois.

Mais le ketchup a pris.

- On dit la mayonnaise. - C'est pareil.

- De l'espace ! - Il y a six ans,

il y avait 4 000 nickelodeons dans ce pays,

aujourd'hui, il y en a trois fois plus.

Ils se multiplient plus vite que les lapins.

Et que requiĂšrent ces lieux de divertissement Ă  cinq cents ?

- Des lapins. Des produits. - Des produits !

- Bien dit, M. Cobb. - Et comment !

OĂč en est-on de cette histoire dans le dĂ©sert ?

Allez, je m'endors.

L'Irlandais ! L'homme de la situation.

Steve, leurs manteaux. Servez-leur Ă  boire.

- Votre manteau ? - Non, merci, il y a des courants d'air.

- Monsieur ? - Je préfÚre le garder.

Harrigan, fais travailler tes méninges.

Deux types privés de nourriture, d'eau et de chevaux dans le désert.

- Que leur arrive-t-il ? - Ils meurent.

- Dans une comédie. - M. Cobb, je...

- C'est Chicago, H.H. - Je prends l'appel ici.

- M. Cobb, asseyez-vous. - Je ne suis pas fatigué.

Vous le serez bientĂŽt.

- Vous avez bu ou quoi ? - Laissez-moi parler.

Et pour une fois, vous allez écouter ce qu'on vous dit.

Cela fait deux ans que j'erre dans les grands espaces du sud-ouest

de ce pays et que je fais des films religieusement pour vous.

Je le fais avec mes partenaires ici, qu'il vente, qu'il pleuve,

- dans la canicule ou le froid glacial. - Glacial.

- Nous sommes-nous déjà plaints ? - Parfois.

- Jamais. - Jamais.

- Jamais. - Jour aprĂšs jour,

tournant avec zĂšle la manivelle, filmant chaque semaine autant que...

- Entre 900 et 1 200 m de pellicule. - De grand divertissement,

qu'on vous envoie

- à Chicago. - À Chicago.

En toute confiance.

- En toute confiance. - Oui. Et aujourd'hui... Non, merci.

Aujourd'hui, on passe devant un nickelodeon,

on décide d'y passer une heure de plaisir innocent,

et que voit-on, M. Cobb ? Quel affront nos yeux doivent-ils subir ?

L'un de mes films, bon sang.

Pas un, mais dix de nos films, bon sang.

Dix de nos meilleurs drames remontés par vous.

MassacrĂ©s pour n'en faire qu'un dĂ©sastre oĂč tout est dĂ©formĂ©, tronquĂ©, mĂ©langĂ©,

et donc incompréhensible.

Et en voici la preuve.

La Grande Pagaille !

- Le public riait-il ? - LĂ  n'est pas la question.

- Il riait. - Nous sommes connus.

Trente-cinq dollars la semaine, c'est de l'exploitation.

- On veut plus d'argent. - On veut une garantie par écrit statuant

que vous ne pouvez pas réduire en charpie nos films.

Un contrat qui stipule que vous les montriez sans les retoucher.

- Et plus d'argent. - VoilĂ . J'ai tout dit.

Et nous aimerions toucher plus.

Les enfants, c'est la veille de Noël. Paix sur la terre et aux hommes qui l'aiment.

Vous ĂȘtes tous virĂ©s. Ne le prenez pas mal. Buvez un verre.

- On est tous virés ? - Mabel, paie-les.

- Steve. - Monsieur ?

Envoie un télégramme à la maison mÚre

et fais remplacer nos amis qui nous quittent.

Clyde, parle-moi de ces hectares que tu veux vendre Ă  Hollybush.

Hollywood.

On a toujours la ferme. Les autruches pourraient revenir Ă  la mode.

- Bravo, Harrigan. - On est virés, bon sang.

- Au feu, Léo ! - Si on veut.

- Mon Dieu. - Mon film !

Éteins-le !

Mon Dieu.

Marty, tiens ça.

Il va falloir partir. Y a le feu.

Prenez les meubles et la nourriture.

On se retrouve dans le hall d'entrée, et appelez les pompiers.

- Ça va ? - Viens, sortons.

HĂ© !

Exercice d'évacuation ! Tout le monde dehors.

- Princesse, tu vois Kathy ? - Elle est avec Léo.

- Vous ! - Oh, salut.

- Vous avez toujours notre arme ! - Laissez-le.

Et notre argent.

Mais c'est Greenway !

Vous étiez fantastique dans La Grande Pagaille.

Vraiment ?

Ne vous en faites pas. Cet hĂŽtel est en acier.

Musique.

Marty, je peux... Pardon. Marty.

Harrigan, au revoir.

- Ça n'a pas toujours Ă©tĂ© trĂšs marrant. - Quoi ?

Elle est amÚre, Léo. Je ne trouve pas les bons mots.

Ce n'est pas nouveau.

Il a fallu cet incendie pour que j'ouvre les yeux.

On se retrouve tous sans emploi.

Franklin, tu prĂ©fĂšres travailler avec lui qu'ĂȘtre avec moi,

quel que soit le moment.

Attends un peu, c'est...

Envoie mes affaires chez Kinegraph Ă  Chicago, tu veux bien ?

- D'accord. - Tu retournes chez Cobb ?

Et comment ! Il reconnaĂźt le talent, lui.

Au revoir, trésor.

- Garde ta flamme. - Oui.

Adieu, Alice. Au revoir, Buck.

- Marty, oĂč vas-tu ? - Parlons affaires, Greenway.

Nous sommes les films Atlantic et on débarque sur la cÎte Pacifique.

- Discutons. - H.H. Cobb.

Oui, ce foutu indépendant de Chicago.

Je n'aime pas cette musique. Assez.

- C'est compris ? - Harrigan, approchez.

Vous toucherez 50 $ par semaine si vous commencez lundi.

Qu'en dites-vous ?

- Cinquante ? - Non. Tu as raison, Léo.

- À qui est cette petite ? - On est des indĂ©pendants.

Cobb est dingue. Allez, plus fort. Noyez-les.

250 $ la semaine, c'est trop. Vous ĂȘtes trop gĂ©nĂ©reux.

Un instant, il n'a pas dit 250 $, mais 50 $.

- Vous avez dit combien ? - Cinquante.

- Et vous ? - Cinquante.

- Cinquante, 50 et 50. 150, c'est bien. - Quoi ?

Vous voulez 150 $ la semaine pour quitter Cobb ?

- Nous y réfléchirons. - Non.

- Quoi ? - Elle a dit oui Ă  150 $ ?

- 150 $ ? - Oui.

- Oui, marché conclu. - Parker.

Léo, serrons-nous la main.

- HĂ©. - Merde ! Wally !

Attaque !

Il me mord le bras, Mike. HĂ©, attendez !

Une contre-attaque semble s'imposer, messieurs.

- Les neutres sur le cÎté. - Les neutres ?

À la loyale.

Vous avez vu ? Apportez-moi mon livre.

Je monte mes propres films, monsieur.

À ces prix-là, j'espùre bien.

Je veux faire des films plus longs, quatre bobines.

Comme vous voudrez.

Partons, vieux, avant qu'il change d'avis.

Bonne année !

150 $ par semaine.

OĂč est leur studio, Ă  Fort Knox ?

- Quelqu'un a l'adresse ? - Hollywood.

QUELQUES mois plus tard, au studio des films Atlantic...

C'est trĂšs bien. N'oublie pas qu'il fait trĂšs froid.

Tex, tu m'entends ? Tu comprends ce que je dis ?

Ne me regarde pas, ça ruinerait la scÚne. Aidez-les, donnez-leur de la neige.

Frank, parle au corniaud qui photographie Kathleen.

Il la fait ressembler à un éléphant.

Je peux pas ! Je suis prisonnier ici.

Tu devrais vraiment te raser.

Laissez mon cameraman tranquille !

Que ces galets tombent comme la pluie et crachez ce chewing-gum !

Princesse.

Tu as vu les scÚnes écrites pour Kathleen ?

C'est du délire.

Ne t'en fais pas pour Kathy. Tu devrais voir Buck.

Ils l'ont accoutré comme une poule.

Silence, Forsyte. Laissez-la tranquille, Harrigan.

On la paie pour écrire. Et faites taire ce chien.

- Il se calmera quand je serai parti. - Harrigan. Ça va mieux à Buck.

Allez, trésor, regarde en haut !

Bravo, encore. Tu es terrifiée. Penche-toi un peu plus.

Penche-toi. Et crie.

- Coupez. - Ça va.

Non, ça ne va pas. Tu joues mal.

Elle ne peut pas faire toutes ses cascades !

- Tomber de diligence... - Elle n'est pas censée tomber.

- Que se passe-t-il ici ? - Il se moque d'elle.

Que se passe-t-il ici ?

- Ça va, trĂ©sor ? - Oui.

- Je la tiens. - Je la tiens.

Sortez vous de là ! Je m'occupe de les diriger. Dégagez !

- Greenway, hors de mon plateau ! - Du calme, vous voulez ?

- On se parle plus tard, Kathy. - On se parle plus tard, chérie.

Non, occupe-toi de tes oignons et laisse ma femme tranquille.

Tu ferais mieux de t'occuper de toi. Regarde-toi ! Tu es ridicule.

Je le sais. J'ai l'air d'un débile.

Greenway, on vous attend !

Personne ne peut jouer dans cet accoutrement.

Moi, au moins, j'ai la moustache rapide.

Maintenant, délicatement.

- Enfin ! - Bon, ça tourne.

On y va.

Non, non, non, non.

Harold, si tu l'embrasses,

prends-la dans tes bras, embrasse-la sur la bouche.

Mais cette jeune fille joue ma fille.

- Il faudrait que je me mette à les lire. - Ça serait utile.

Ils les jettent devant ma porte comme le journal.

Comment voulez-vous que je me prépare ?

On déjeune encore en buvant, Harrigan ?

Ça explique peut-ĂȘtre votre retard.

Laissez-moi travailler avec mon équipe, et on sera dans les temps.

Atlantic veut des produits, pas des excuses. Et vite.

Quant à votre scénario Le Petit Métis, c'est nul.

On veut du divertissement, les Indiens, on s'en fiche.

C'est si long qu'il m'a presque fallu une heure pour le lire.

Combien de pages par jour dois-je tourner, M. Blacker ?

- Cinq. Minimum. Vous le savez. - Oui. Vous permettez ?

- Merci beaucoup. Cinq, c'est ça ? - Cinq.

Un, deux, trois, quatre, cinq.

Et voilĂ . Nous revoilĂ  dans les temps.

Vous exagérez. Je suis à bout de patience.

Six mois que vous vous rebellez.

Vous et vos foutus amis.

Vous n'ĂȘtes qu'un fauteur de trouble. Un maudit voyou d'Irlandais !

Je ne voudrais pas vous contredire.

- Sûrement pas. - Hé, Harrigan.

Ne me balance pas tes problĂšmes dessus.

C'est terminĂ©. Vous ĂȘtes virĂ©. Dehors !

Prenez votre chĂšque et partez, ou je vous fais arrĂȘter.

C'est compris ? C'est une propriété privée !

PROPRIÉTÉ PRIVÉE - DÉFENSE D'ENTRER

STUDIO LES FILMS ATLANTIC HOLLYWOOD - CALIFORNIE

Allons-y.

Viens.

On y est.

Pourquoi es-tu si nerveuse ?

C'est pour quoi ?

Je, je, je...

On vient chercher les affaires de Mme Greenway.

- Elle les a oubliées cet aprÚs-midi. - Qui a dit quoi ?

Que voulez-vous ?

- Ma, ma, ma... - Sa malle.

Mets tes lunettes. Il vaudrait mieux que tu y voies.

Bonne idée.

- J'ai oubliĂ© ma malle quand... - OĂč ça ?

- Avec les costumes, voyons ! - Surveille la petite maligne.

J'ai oublié ma malle quand...

- Pourquoi tremblez-vous ? - J'ai chaud.

- Il fait 10 degrés. - J'ai froid.

- Vous avez l'air d'hésiter. - J'ai chaud et froid.

Allons-y. Par lĂ .

- Ça marchera pas. - Si.

Mais que personne ne laisse d'empreintes. J'ai lu ça dans une histoire.

- Hein ? - Des empreintes.

Des empreintes ?

Des petits dépÎts de gras au bout des doigts.

Je sais pas toi, Buck, mais mes doigts sont pas graisseux.

Mais si, tout le monde. Et la police s'en sert.

Attention.

Retenez-le.

- Bien joué, Greenway. - Je suis pas un voleur, c'est pour ça.

On joue aux cartes ?

OĂč tu vas ? On y est.

- Ça dit dĂ©partement photo. - Viens, Buck.

La porte est lĂ .

DÉPARTEMENT PHOTO

- C'est fermé à clé. - Frank va arranger ça.

Je m'en charge.

Tu veux prendre une de ces caméras ?

Balance une couverture dessus,

un indépendant doit se fournir.

- On est des indépendants. - Oui.

- Vite, tu entends ? - Buck, une allumette !

- Oui, rends-toi utile un peu. - J'aurais dĂ» rester chez moi.

- Il faut combien de pellicule ? - Assez pour un film de quatre bobines.

- Le Petit Métis ? - Tu sais quoi, Léo ?

- Un film de quatre bobines ? - Vous ĂȘtes fous.

- Ou cinq. - Ça fait plus d'une heure.

Les films seront bientĂŽt plus longs.

Personne ne reste assis au cinéma plus d'une heure.

Sarah Bernhardt, une. D.W. Griffith en est Ă  deux.

- Allons-y. - Pas avec de la pellicule volée.

On dirait qu'il va pleuvoir.

- Je peux pas dire, j'y vois rien. - Je crois.

Maintenant !

- Ça va ? - Je crois que oui.

Gin.

- Comment je me débrouille ? - Mieux que moi. Je hais les chevaux.

Pourquoi on n'est pas venus en camion ?

Parce qu'on n'aurait pas pu franchir ce col.

"Gardez-vous, seigneur, de la jalousie.

"C'est un monstre aux yeux verdùtres qui prépare l'aliment dont il se nourrit."

C'est dans Othello.

- Ôtez l'eau ? - Othello, de William Shakespeare.

Ah oui, je connais.

C'est bien, criez et tirez.

Rejoins-le, Kathy. Rattrape-le. Bien.

Kathy ! Bon sang, ça va ?

- Kathy ! - On coupe ?

Non. Continue Ă  tourner.

Oui, sauve-la. Continuez. Dis-leur de continuer.

- Je saute ? - Saute.

- Ça va ? - Oui.

- C'était comment ? - Tu plaisantes ?

- Tu plaisantes ? - Vas-y, vieux ! Tire-leur dessus.

Elmer, dis-leur de tomber.

Coupez. Parfait.

- Oh. - Kathy, ça va ?

- C'était parfait. - Oui, trÚs bien.

C'était pour de vrai.

Demain, on tourne la partie sur les Indiens.

- Adieu la moustache. - Sa moustache.

- Oui, je sais. - Trésor.

- Tu pourrais refaire cette chute ? - C'est le cheval qui a trébuché.

Elmer, dis-leur qu'on a coupé !

Quatre bobines, Kathy, presque une heure.

Je vais raconter une histoire qui nous fera devenir célÚbres.

Le Petit Métis de L. Taylor Harrigan. Une histoire à laquelle je tiens,

parce que les Indiens, on peut les comparer aux Irlandais.

Volés, pillés, à mourir de faim privés de leur patrie.

Une véritable honte.

Et c'est ce qui fait une grande tragédie.

Les cow-boys et les Indiens.

Hé, Léo !

Le soleil se couche par ici.

On est prĂȘts.

Elmer, amĂšne les cow-boys... Euh, les Indiens, par ici.

- Non. Montagne du Diable. - Je les veux dans le plan.

Quoi, Alice ? Ils veulent plus d'argent ?

J'en sais rien.

Elmer, il faut juste qu'ils marchent dans le plan.

Non. Montagne du Diable.

- Bon sang. - Le soleil décline.

Harrigan !

Comme ça, ça va ?

- C'est parfait. - Parfait ?

J'ai l'air d'une fille.

- Je ressemble Ă  Theda Bara. - On y va. Princesse.

- Oui. - Elmer, que les Indiens restent droits.

Le miroir et la poudre.

Viens, Frank, rapprochons-nous d'Hiawatha.

On dirait que les Indiens ont peur de cette foutue montagne.

- Hein ? Comment ça ? - Sans doute une superstition.

Ils doivent penser qu'elle porte malheur.

Kathy est au sommet.

Tu n'as qu'Ă  monter pour la secourir.

La secourir ?

- Et moi, alors ? - Fais semblant.

Tu es bien payé pour ça, non ?

Non, vu que le crime ne paie pas.

- J'aurais dĂ» m'en douter. - La ferme. Et qu'on y croie.

Arrivé à ce buisson,

Elmer fera sauter une charge d'explosifs.

- Une petite charge ? - Que ça ait l'air de l'impact d'une balle.

Elle est enterrée prÚs de ce buisson.

Pas question.

Bon, super. On n'aura pas de cow-boys dans le champ.

On n'aura pas de balles. Rien du tout.

- Allez, on rentre. - ArrĂȘte ton cinĂ©ma.

- Tu es un piĂštre acteur. OĂč je m'arrĂȘte ? - La dynamite te le fera savoir.

Elmer ne te laissera pas trop t'approcher.

- Je suis prĂȘte. - Kathy, va t'habiller.

- C'est mon costume. - OĂč est le reste ?

- On y va. On va manquer de luminosité. - Allez. On tourne.

C'est parti. Soyez naturels. Ça tourne.

Bien, c'est bien. Oui.

Fais comme si c'était dur.

- Ça l'est vraiment. - Maintenant, Elmer.

Tiens-toi prĂȘt.

C'est bien. Oui. Et...

Maintenant.

Non. Coupez.

Ça ne va pas. Tu as anticipĂ©. Tu as tressautĂ©.

Non.

- Buck, ça va ? - Il a tressauté.

Normal, face Ă  une explosion. C'est signe d'intelligence.

Ça m'a sauvĂ© la vie un paquet de fois depuis qu'on se connaĂźt.

Le temps qu'Elmer replace une charge, y aura plus assez de lumiĂšre.

- C'est déjà trop tard. - C'est pas ma faute.

Qui a dit que ça l'était ?

Je te jure, un de ces jours, je vais te tuer.

Ne me scalpe pas, pitié.

C'est pas drĂŽle.

- Si. - Non, c'est pas drĂŽle.

Buck, il plaisantait.

Tu crois toujours qu'il plaisante.

J'en ai assez de payer les pots cassés, de me ridiculiser

et de risquer ma peau sans ĂȘtre payĂ©.

Voyons, vieux.

- Ça va pas ? - ArrĂȘte, avec tes "vieux".

J'en ai assez de cette chimĂšre.

De me cacher comme un vulgaire voleur, Ă  faire ce foutu grand film.

Qui ça intéresse ? C'est juste un western de plus.

- Attention. - C'est fini.

Fais gaffe ! J'ai consacré deux ans à ce projet.

Toi, fais gaffe.

On pourrait travailler pour un vrai studio en étant payés

et traités convenablement. Je suis plus un gamin.

Tu penses pas ce que tu dis. Ça serait terrible.

Non, ça serait mieux.

Et si tu comptes toujours le défendre,

peut-ĂȘtre que tu serais plus heureuse avec lui et ses Ă©lucubrations.

ArrĂȘte tes bĂȘtises et arrĂȘte de crier.

- On t'entend trĂšs bien. - Peut-ĂȘtre,

mais tu vois pas qu'il te court aprÚs depuis le début.

Si tu veux toujours le défendre, va avec lui, je te le laisse.

Buck !

Je n'ai pas besoin de ta permission.

Je te la donne quand mĂȘme. Avec joie.

Je m'en vais.

Reviens ici. OĂč vas-tu ? Tu ne peux pas partir comme ça.

Montagne du Diable.

- Tu as une mine affreuse. - Merci.

Tu ne remarques rien ?

- Quoi ? - Elle a disparu.

- Ah, oui. - Frank l'a trouvé.

J'allais prendre un bain.

- Bien, je monte la garde. - Quoi ?

J'ai besoin d'un verre.

Et Le Petit Métis ?

- Il est cuit. - Pauvre Mulligan.

Je me rappelle la premiÚre fois que tu m'as appelé comme ça.

Pas de sentimentalisme. OĂč est-il ?

Je te ramĂšnerai Ă  la maison...

J'ai été subjugué par ta beauté.

- Léo. - Dans le tramway.

Ma valise prise dans tes pieds.

- Tu t'en rappelles ? - Ta culotte bouffante au vent.

Il est Ă  l'Alexandria. Bois ton vin.

- Je suis ennuyeuse quand j'ai bu. - TrĂšs ennuyeuse.

Mon bain.

- Il ne manquait plus que ça. - Mince.

- C'est bon. - Ça va, c'est bon.

C'est bon.

- Kathy. - Léo.

- Kathy. - Voyons, Léo.

C'est parfait. Ni trop chaud ni trop froid.

Tends-moi la main.

- Tu as entendu quelque chose ? - Un petit crac.

- Quoi ? - J'ai entendu du bruit.

- C'est pas LĂ©o ? - Peut-ĂȘtre.

Rien.

Léo dit que le monopole sent les indépendants à 10 km à la ronde.

- Cinq. - Cinq ?

J'ai entendu que c'était à 5 km à la ronde.

Léo. Viens ici, Léo. Léo.

À quoi penses-tu ?

Je me demandais ce que penserait Buck s'il rentrait maintenant.

Pourquoi ? Il ne s'est rien passé.

Je suis chez lui, dans sa robe de chambre, sur son lit, avec sa femme.

Aucun jury ne le condamnerait s'il me tuait.

Léo.

- Ce n'est pas que je ne t'aime pas. - Ah oui ?

Mais je ne peux pas.

Et si j'avais été dans ce ballon à la place de Buck ?

Oui ?

Serait-il ici, et moi, dans un hĂŽtel ?

- Difficile Ă  dire. - Oui, mais je le tuerais.

- Tu entends ça ? - Elle va juste passer.

- Les voisins. - C'est moi, les voisins.

- Kathy chérie ! - C'est pas vrai.

- Tu es en haut ? - Sors par la fenĂȘtre, vite !

- Je rĂȘve. Mes vĂȘtements. - Mon Dieu.

- Chérie. - Je vous salue Marie, pleine de grùce.

- Tu es lĂ -haut ? - Sois naturelle.

Oui, oui, oui.

J'arrive, Buck. Un instant.

Chérie.

J'ai bien réfléchi.

J'avais peur que tu changes les serrures.

J'arrive, Tom.

Je sais que j'ai eu tort.

- C'était quoi ? - Sûrement un vieux matou.

Reste ici, Kathy.

- Ça doit ĂȘtre les salauds du monopole. - Buck, attends.

- Ne tire pas, c'est moi. Tu es revenu. - Tu l'as vu ?

C'est lĂ  qu'il a dĂ» tomber.

Tu vois la trace ? Elle va derriĂšre le garage. Il est fait.

Qu'y a-t-il, Frank ?

- Ne bouge pas, Alice. - Buck, te revoilĂ .

Allez, sortez.

N'essayez pas de fuir.

J'ai un fusil pointé dans votre direction.

Ce ne sont pas mes vĂȘtements.

Je vois.

- Frank, suis-le. - Prends ma voiture.

- Il va se blesser. - Les clés sont dessus.

Alice !

Alice !

- Mon Dieu ! - Alice !

- Alice, Dieu du ciel ! - Je n'ai rien.

- Tu es sûre ? - Oui.

Et ils ont pris la caméra. Ils ont tout pris.

- Tu fais un sacré garde, Frank. - Et toi, un sacré ami, Léo.

- Il ne s'est rien passé. - Qu'est-ce que tu racontes ?

- Ne joue pas les saints, Frank. - C'est ça.

Frank, attends.

Je suis désolée.

- C'est ici. - Bien.

- Qu'est-ce que c'est ? - Un télégramme pour M. Greenway.

- Un télégramme ? - Un colis, plutÎt.

Tu vois ? Il y a Ă©crit : "À livrer Ă  22 h."

C'est peut-ĂȘtre une erreur.

C'en était une.

- Je ne veux pas en entendre parler. - Il n'y a rien Ă  en dire.

Ils m'ont donné la suite nuptiale.

J'adorerais la voir.

Entre.

- Tu comptes te noyer dans l'alcool ? - Peut-ĂȘtre.

- Va t'excuser. - Pourquoi ? Ils ne m'écouteraient pas.

Tu commençais à devenir doué.

Je suis particuliÚrement doué sans caméra, sans pellicule et sans acteurs.

- Et moi ? - J'abandonne. Quoi, toi ?

Les gens aiment voir des petites filles. Regarde Mary Pickford.

- Elle a 20 ans. - Tu vois ? Et je suis encore plus jeune.

- Pas mal. Tu pourrais jouer, toi aussi. - Merci beaucoup.

J'ai des économies. Et Frank pourrait nous aider.

J'en doute.

- Quoi ? - J'en doute.

Alors, peut-ĂȘtre Dobie et les autres. Ils accepteraient.

Et on peut vendre la ferme aux autruches.

- Tante Lula ne nous le pardonnerait pas. - On lui laissera Randolph.

Nous sommes un an plus tard. Malgré la guerre des "brevets",

le cinéma connaßt un succÚs énorme,

laissant une place au soleil Ă  tout le monde.

NOUS sommes le 8 février 1915...

LA PLUS GRANDE PRODUCTION DE D.W. GRIFFITH - "THE CLANSMAN"

- Nous y voilĂ . Souris. - C'est ce que je fais.

Les Greenway.

LĂ©o, arrĂȘte d'aboyer aprĂšs LĂ©o tout le temps.

Ce n'est rien. C'est l'excitation.

- M. Harrigan. - Salut, Léo. Alice.

Surveillez le chien.

- Vous ĂȘtes jolie. - Oui, elle l'est. Viens.

J'espĂšre que c'est meilleur que la piĂšce.

- Il va changer le titre pour New York. - Ce sera quoi ?

Naissance d'une Nation.

Seuls quelques mÚtres séparent les tranchées ennemies.

La paix de la guerre.

Le retour

FIN

Griffith ! Griffith !

Griffith ! Griffith !

Griffith ! Griffith !

Griffith !

Griffith ! Griffith ! Griffith ! Griffith !

Tiens-moi ça.

Chérie, garde mon chapeau.

- Ça va ? - Que se passe-t-il ?

Harrigan. Greenbush.

OĂč ĂȘtes-vous quand j'ai besoin de vous ?

- Comment ? - Je suis inspiré, mais je sÚche.

- Pardon. - Je veux une histoire de guerre. Énorme.

Comme la guerre de Sécession, j'imagine.

La guerre en Europe, l'Irlandais. Suis un peu.

- Quelle guerre en Europe ? - Quelle guerre en Europe ?

- Marty ! - Quoi ? Ah, oui.

Voici mon épouse, Mme H.H. Cobb. Tout le monde l'appelle Marty.

- M. Cobb... - Quoi ?

Bonjour, les amis.

- Marty. - Salut, Marty.

- Marty. - Salut, trésor.

Buck. Bonjour, Frank.

Bonjour, Marty.

OĂč en Ă©tais-je, Bertha ?

- Venez, les garçons. - M. Cobb...

- Si vous ne... - Vous avez vu ça, ce soir ?

Ça va changer le mĂ©tier.

Le monopole est balayé.

Le plus grand film de tous les temps vient d'ĂȘtre montrĂ©,

et il a été fait par un indépendant. C'est magique.

Un mystĂšre. Rien n'arrĂȘtera cette branche-lĂ .

L'époque des nickelodeons est révolue. Une nouvelle est née.

L'époque des grands palais.

De grands films. De grands cinémas. Six bobines. Huit bobines.

Regardez le film de ce soir, quinze bobines.

- Douze. - Vous voyez ?

Je ne veux pas aller aussi loin. Griffith est un génie, mais il est un peu fou.

- Un peu fou ? - Un peu fou. Bien dit.

Combien de temps dure le film avec les Indiens que tu imposais Ă  tous ?

- Le Petit Métis ? - Quatre ou cinq bobines. Pourquoi ?

Va jusqu'Ă  sept !

Que faites-vous encore là ? C'est le début d'un nouveau monde.

- M. Cobb, vous ne... - Réfléchis.

Le public va au cinĂ©ma en masse. Beaucoup ne parle mĂȘme pas notre langue.

Peu importe, car le cinéma est une langue

que tout le monde peut comprendre. C'est de la musique pour les yeux.

Et si tu es bon, trĂšs bon, peut-ĂȘtre que ce que tu feras,

c'est leur offrir des petits moments

gravés dans leur mémoire.

Mlle Forsyte, votre voiture.

Elle est Ă  la petite ? La fin est proche.

Petite, si tu veux doubler ton salaire, lĂšve la main.

M. Cobb, vous essayez de nous acheter.

On ne peut acheter que lorsque la confiance rĂšgne.

Montez, avant qu'on arrĂȘte votre mari pour coups et blessures.

- Quoi ? - Du vent, du balai,

- préparez un scénario. - Ne l'écoute pas, chérie.

Qu'attendez-vous ? La chance frappe rarement deux fois.

- Dieu du ciel. - Harrigan, je veux un film.

Un long. Quel que soit ton salaire, je le double.

C'est bon pour vous tous. Appelle-moi demain.

OĂč je vais ?

D'accord, par lĂ .

Préparer un scénario ?

PlutĂŽt tout abandonner que de travailler avec toi.

- Moi aussi. - Tant mieux.

Nous voilĂ  enfin d'accord sur un truc.

Autant tout laisser tomber.

Le meilleur film à faire a déjà été fait.

Tu risques pas d'en faire un meilleur.

J'en ai marre de ce boulot.

Se lever à l'aube, bosser toute la journée, la nuit, six jours sur sept.

Être clouĂ© au lit le septiĂšme.

- Pas de famille. - Pas de maison, rien.

Et les réalisateurs d'aujourd'hui n'y connaissent rien de rien.

J'ai entendu dire que tu en étais un,

alors ça ne me surprend pas.

Je t'ai vu jouer. Je me tairais, Ă  ta place.

Oui, c'est plus drĂŽle du tout.

Regardez.

Venez placer la caméra ici.

Ils tournent un film.

Le Petit Métis ? J'ai plus rien d'un petit gamin.

Tu pourrais raser ta moustache.

Sa moustache ?

- Je gagnerais 10 ans. - Comme nous tous.

Musique.

Je vais me sentir mal.

J'ai une idée formidable pour la fin.

Léo, n'oublie pas ce qu'a dit Cobb, il veut sept bobines.

La fin, c'est mon idĂ©e. Et je sais oĂč on va tourner !

- Ça tourne. - Je te fais confiance.

Action !

Adaptation : Florence Suberbielle

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.