All language subtitles for La.Crim.S04E10

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Original subtitles

Oh putain, Jean-Louis, regarde, du rigon.

Trois étoiles au guide Michelin.

Un moche de la gastronomie.

T'énerves pas parce qu'à mille balles, la côtelette.

Fais gaffe, Polo.

Entre le psy, les putes et le resto, tu vas finir sur la paille.

Monsieur, je substitue.

Apparemment, c'est un cambriolage qui a mal tourné. Romane Poitvin, une attachée

de presse, rentrait de vacances avec son fils.

Elle a surpris un type qui a goulé chez elle.

Paniqué, le type a attiré et tué le fils et épargné la mère.

Oui, parmi eux, ça devient grand mot.

Le meurtrier lui a mis un coussin sur le visage pour amortir le bruit du flingue.

Je suis un moum pour du fric.

Merde. Oui, merde.

Il y a des circonstances où la rhétorique n'a plus cours.

Pauvre femme.

Elle a passé la nuit ici, attachée au radiateur.

Qui l'a découverte ? Pierre Durigon, le restaurateur. Il habite l'appartement d

'à côté.

Ce matin, en s'attendant chez lui, il a vu la porte ouverte, il est entré.

Vous voulez dire qu'elle a passé la nuit devant le cadavre de son fils ? Si après

ça, elle n'est pas folle.

Monsieur Durigon, est-ce que vous connaissez bien Madame Poitvin ? Oui,

bien, c'est bien.

Romane et moi, enfin, Madame Poitvin et moi, avons eu, il y a deux ans, une

liaison qui a duré quelques temps.

Romane est attaché de presse dans une maison d'édition et l'organise des

déjeuners entre auteurs et journalistes dans mon restaurant.

C'est comme ça qu'on s'est rencontrés.

Est-ce que vous savez si Madame Poitvin se sentait menacée ? Est-ce qu'elle

avait des ennemis ? Non, non, pas Ă  ma connaissance.

Vous savez, je crois que ce crime sordide est...

lié à la vague de cambriolages.

Quel cambriolage, monsieur ? Non, monsieur le dirigeant a raison.

Tu sais qu'il y a une équipe qui a servi dans le coin. C'est Julien de la BRB qui

m'a mis au jeu.

Madame Poitvin, vous nous dites qu'un homme en combinaison de moto vous

attendait dans votre salon avec une arme.

Ça veut dire qu'il était déjà là ? Oui, il était là.

Bien. Donc vous rentrez avec vos clés, de l'entrée, vous longez le couloir,

vous arrivez dans le salon.

Est-ce que vous pensez que vous pourriez le reconnaître ? Non.

Il y avait que la lumière du couloir et puis il avait un bas sur le visage.

Donc une fois dans la pièce, il vous lance les menottes pour que vous vous

attachiez, c'est ça ? Oui.

Au radiateur, oui.

Il vous a parlé ? Non.

Il faisait des grands gestes pour que Damien se taise parce qu'il criait.

Damien avait très peur.

Oui.

Il avait très peur.

Alors l'homme a mis un sparadrap sur ma bouche et puis il a pris un coussin.

Madame Poitvin, vous voulez qu'on arrĂŞte ?

M. Durigon nous a dit que vous étiez partie en vacances chez votre mère dans

le midi avec Damien.

Si vous êtes rentrée en train, est-ce que vous savez si quelqu'un d'autre

connaissait la date et l'heure de votre retour ? Damien ne devait pas rentrer

avec moi.

Il devait rester chez ma mère pendant huit jours.

Mais il était très nerveux ces derniers temps.

On va vous laisser vous reposer.

Merci.

La famille, des amis, chez qui elle est en attendant. Roman, si tu le souhaites,

tu peux venir chez moi pour quelques temps. Merci, Pierre.

J'ai mon compagnon qui vit dans un hôtel pas très loin, je vais le rejoindre.

Berger ? Oui ? Vous pouvez raccompagner Madame Poitvin ? Bien sûr.

Renseignement pris, il s'avère que l'enfant était atteint d'une maladie

rare, le syndrome d'Asperger, une forme d'autisme.

Ah, un autiste.

Ça expliquerait la terreur du gosse et le fait que la mère n'ait pas pu le

calmer. C'est pas possible ce cambriolage. Les fenĂŞtres sont intactes

et la porte blindée est nickel.

Le mec avait les clés.

Oui, ou un double.

Faut voir du côté de l'entourage privé et professionnel, à commencer par l

'école.

Un autiste, c'est une preuve facile.

rouler les clés de ce malheureux gosse pour... Sachez que les élèves ici, comme

le personnel, sont triés sur le volet.

Mais j'en doute pas, monsieur le directeur. Simplement, nous devons

envisager toutes les hypothèses. Vous me comprenez, j'espère ? Oui. Eh bien, vous

pouvez écarter celle-ci.

Madame Poitvin est une mère si exemplaire. Quand je pense à tous les

sacrifices qu'elle a dû faire pour élever Damien... Et le père ? Le père

les a abandonnés.

Damien et sa mère, quand il a compris que l'enfant ne serait jamais normal.

Mme Poitvin assumait seule son fils financièrement et psychologiquement.

Une femme forte et volontaire.

On a beau être fort, mais avec un enfant autiste, ça ne doit pas être facile tous

les jours. C'est vrai. D'autant qu'Ă  l'inverse des autistes profonds qui

vivent en institution, il n'existe pas vraiment de structure adaptée pour les

enfants atteints du syndrome d'Asperger.

Et pourquoi ça ? Le syndrome d'Asperger est une forme d'autisme dit de haut

niveau.

Alors que l'autiste profond vit...

dans son propre monde.

Celui atteint d'Asperger vit dans le nĂ´tre, mais avec des perturbations

sociales, de compréhension, et de communication.

Vous dites que Damien avait l'air normal, mais il était dingue. C'est un

peu schématique.

Et étant donné la difficulté de l'aveu même des spécialistes de comprendre la

pathologie de ces malades, je dirais que c'est un peu ça.

Monsieur le directeur, est-ce que vous avez d'autres cas semblables dans votre

école ? Non.

Damien était le seul.

Madame Poitrin avait beaucoup insisté pour qu'on le garde.

Il voulait le confronter au monde normal.

On lui épargnait toute contrarieté. Et puis, certains jours, il entrait dans

des crises de nervosité terribles.

C'est très dur.

Vous pensez qu'il aurait pu guérir ? Non.

On se demandait souvent comment Mme Poitvin pouvait supporter ça.

Dis donc, Cisco, c'est ta femme qui te met dans cet état ? Putain, moi, Sonia,

elle me met sur les rotules.

Sonia, c'est pas cette fille assez sympathique, quoiqu'un peu pute, quand

même, dont on m'a parlé. Est-ce qu'on est là ?

Ben écoute, je payais au début, mais plus maintenant.

Mais c'est pire, mon polo.

Au moins quand tu payes tes clients.

Et quand tu payes plus, c'est un truc Ă  tomber gilot, Ă  se faire virer de la

crime, oui.

Ben, que je m'en branle. Moi, dans deux ans, je pars Ă  la retraite. Mais toi, t

'as ton avenir devant toi. Faut pas que tu fasses le con.

Attends, je comprends pas, lĂ .

Écoute, on est rentrés très tard ces nuits avec Sonia. Puis on est passés

devant le dragon rouge. Tu faisais pas la fermeture ? Je dépanne.

Je dépanne un copain qui est gérant. Voilà. Je sais que je risque l'IGS, mais

c'est provisoire. Mario s'en sort pas financièrement. Je fais comment, de

toute façon ?

Bon, je fais ma gueule, mais tu nous invites avec Sonia, d'accord ? Alors ça,

tu vois, c'est vraiment un truc de julot.

Ça, c'est vraiment un truc de julot.

Boulot et Sisko n'ont rien trouvé du côté de l'école, mais il faut quand même

continuer Ă  chercher dans l'entourage de la mer.

Bon, le cambrioleur n'a pratiquement rien emporté. Une montre, une bague,

deux vases chinois sans valeur, un bracelet, de l'argenterie.

Mais ici, il est surtout pris comme un âne.

Pour vous faire croire Ă  un rĂ´deur, il aurait pu au moins fracturer la porte d

'entrée, même de façon artificielle.

C'est peut-ĂŞtre ce que le mec a voulu faire avant de se barrer.

La mère débarque, il panique.

Ouais, moi je suis d'accord avec toi.

Alors, on sait...

que le type n'a pas parlé, sans doute pour éviter qu'elle reconnaisse sa voix,

ce qui voudrait dire qu'elle le connaissait, donc.

En tous les cas, ce qui est clair, c'est que lui ne l'attendait pas ce soir-lĂ .

En ce qui me concerne, voyez-vous, lieutenant Berger, tout ça ne me paraît

pas aussi clair que ça. Oui, expliquez-moi pourquoi quelqu'un,

profitant de toute évidence de l'absence de sa propriétaire, aurait décidé de

combrier son appartement le soir mĂŞme de son retour, alors qu'il avait toute une

semaine pour le faire. Non, moi, je pense qu'il est possible que notre homme

attendait sa victime.

Ça colle pas le marchand. Ou alors le mec s'est carrément gouré de jour. Il

croyait qu'elle rentrait le lendemain et il tombe sur elle et sa foire.

Ouais. Ah, au fait, j'ai vu le compagnon de Romane, dénommé Miguel Sanchez.

Très beau mec, la classe, pas du tout la tête d'un tueur. Ah ben voilà, j'ai un

témoin à sa gueule.

Dis-donc, quand tu seras commissaire, j'aimerais pas bosser pour toi, moi. Je

te remercie, Jean-Louis, mais je crois que j'arriverai Ă  me passer de toi.

Alors, en l'absence de Romane, il venait arroser les fleurs, ce qui voudrait dire

qu'il a un double des clés.

Je l'ai quand même reconvoqué par sécurité.

Ok, ben voyez-le avec Jean-Louis.

Ah, il faut aussi convoquer Durigon, le chef.

C'est lui qui a rendu son appartement Ă  Romane et comme tout l'immeuble lui

appartenait et qu'ils n'ont pas changé les serrures, il se pourrait qu'il ait

encore un double des clés.

Je vois mal une sommité de l'art culinaire qui n'est pas dans le besoin,

si j'en crois sa notoriété, et les prix pratiqués dans son établissement.

dépouiller une voisine pour quelques objets sans aucune importance.

N'oubliez pas que le mobile du crime, ce n'est peut-ĂŞtre pas l'argent.

Ils ont eu une aventure.

Et puis, on ne sait pas ce que peut provoquer une folle passion, n'est-ce

pas, Michel ? Pardon ? Bon, en tous les cas, Michel, vous avez raison sur un

point. Je ne vois pas ce qu'il aurait fait dans l'appartement de Roman avec un

revolver s'il pensait ĂŞtre seul.

Le flingue, c'est peut-ĂŞtre... La trouille des flics ? Et les menottes ?

Les menottes ?

Pourquoi, s'il n'avait pas l'intention de s'en servir, il les a-t-il emmenés

sur les lieux d'un cambriolage ? C'est peut-ĂŞtre un mec qui a un folle des

pratiques SM.

Il a toujours son petit matos avec lui.

On doit avoir ce genre de barjot dans le fichier central.

Ah, il nous manquait juste l'avis de la spécialiste.

Jean-Louis, je t'en prie, dès que t'as deux minutes, viens le chercher.

Monsieur Sanchez est arrivé, qu'est-ce que je fais ? Merci.

C'est affreux, le lieutenant. Il faut trouver les savoirs qui ont fait ça.

On s'y emploie, monsieur Sanchez.

On s'y emploie.

Depuis combien de temps connaissez-vous madame Poitvin ? Depuis six mois, Ă  peu

près. Et quelles sont vos relations ? Je veux dire, vous vous entendez bien ?

Très bien. Nous sommes très amoureux l'un de l'autre.

Vous dites que vous habitiez chez madame Poitvin. Qu'est-ce que vous foutez Ă  l

'hôtel depuis quinze jours ? C'est que il y a quelques temps, on s'est séparés

avec Romane, Ă  cause du petit.

Vous nous expliquez ça ?

Eh bien, pour Damien, c'était un grand changement que je vivais avec sa maman.

C'est Romane qui voulait, mais Damien n'aimait pas beaucoup.

Il était nerveux, il avait des troubles compulsifs, obsessionnels, a dit le

docteur. Pour Romane, c'était impossible, alors on a décidé de se

séparer. Vous vous séparez, mais elle vous laisse quand même un double des

clés pour aller arroser ses plantes, c'est ça ? En fait, Romane voulait qu'on

se revoie tous les deux, sans Damien.

Parce qu'on s'aime encore, on voulait faire les points.

Elle devait rentrer hier soir et puis... Ah donc vous connaissiez l'heure et le

jour de son retour ? Oui, bien sûr.

Qu'est-ce que vous faites dans la vie, monsieur Sanchez ? Je suis dans l'import

-export. Je suis négociant spirituel du travail entre la France et l'Espagne.

Pourquoi ? Oh, c'est juste une question de routine.

D'ailleurs, que faisiez-vous hier vers 23h ? J'étais à l'hôtel dans ma chambre.

J'attendais que Romane m'appelle en rentrant.

Bon, avant que vous partiez, je vais appeler un collègue de l'IGI pour

prendre vos empreintes.

Question de routine, ça vous ennuie pas ? Non, mais attendez, il faut que je

vous dise.

J'ai déjà eu quelques petits soucis avec la justice à cause d'une histoire,

enfin, une affaire d'escroquerie.

Bon, on va peut-être pas se quitter comme ça. Monsieur Sanchez, vous en

dites ? Bien.

Du verre d'eau ? Bon.

Franck Berger est avec Sanchez, je suis passé aux archives.

Le CV de l'espagouin, c'est gratiné.

Deux ans ferme pour escroquerie.

LĂ , il est en cheville avec du rayon pour lui vendre du pinard.

Son truc Ă  lui, c'est de prendre la commande et de jamais livrer la

marchandise.

Je peux savoir pourquoi tu te marres ? C'est toi qui me ferais.

On dirait un lapin pris dans des phares.

Bonjour, Louis.

C'est pas parce qu'on a couché une fois ensemble qu'on va faire tout un plat.

C'est pas ça. C'est parce que l'autre soir, quand je t'ai dit que j'avais un

truc à faire... T'avais un truc à faire ? Où est le problème ? Je voulais pas.

Je voulais pas que tu croies que j'avais un autre encart, voilĂ , c'est tout. Ok,

relaxe. On est pas mariés, que je sache.

Bon, puisque tu veux tout savoir, je suis allé me bourrer la gueule tout

seul, voilĂ .

Coucher avec ma meilleure amie, ça m'a fait bizarre. Moi aussi, ça m'a fait

bizarre.

Surtout que ça a plutôt été une bonne surprise, non ? Attends, je commence à

comprendre pourquoi ta femme m'a mis aussi longtemps Ă  te quitter.

Oh, merde.

Madame Poitvin, vous devriez vous reposer avant de venir témoigner.

Comment voulez-vous que je me repose ? Je veux qu'on retrouve le monstre qui a

tué Damien.

Vous pouvez amener Madame Poitvin chez le marchand.

Merci.

Je ne sais pas si son chef s'est impliqué dans l'affaire, mais en tous

les cas, ils ont l'air de s'aimer tous les deux.

Oh.

Oui ? Le dossier.

Merci.

Ce n'est pas possible.

Il n'est pas un escroc.

Je suis désolée, madame Coitval, mais étant donné le profil de votre amant et

son casier chargé, nous ne pouvons éloigner la piste de son implication

dans cette affaire. C'est impossible.

Même si Miguel est ce que vous dites, notre histoire n'a rien à voir avec ça.

Miguel m'aime, je le sais.

Et il aimait Damien.

Il l'aurait jamais. Il est vrai, madame, qu'Ă  la lecture de votre proposition, j

'imagine mal un escroc de cette envergure prendre de tels risques pour

vous déposséder des biens que vous avez mentionnés à ce propos.

Savez-vous si votre agresseur avait un sac avec lui ?

Un sac ? Comment ça, un sac ? Oui, un sac de voyage, par exemple, pour

emporter son butin.

Je sais pas.

Peut-être qu'il l'avait laissé dans l'entrée.

Peut-être qu'il avait tout préparé. Et ni vous, ni votre fils ne vous en êtes

aperçus.

Je me souviens plus.

Bon, réfléchissez-y. On en parlera un peu plus tard.

Madame Poitvin arrivait de la gare de Lyon avec son fils. C'est vraiment Ă 

deux pas d'ici.

Il devait être quelque chose comme à peu près, je ne sais pas, 23 heures, quelque

chose comme ça.

Je venais d'aller chercher la limousine du prince Omar.

Il vient dîner ici tous les soirs.

Bonsoir madame.

Et après, vous n'avez vu personne ressortir de l'immeuble ? Non, non.

Comme je vous le disais, moi j'étais tranquille. Tous les clients dînaient.

Entre nous, monsieur... Merci monsieur.

Entre nous, monsieur Dirig, on me l'interdit, mais...

J'ai fumé une cigarette, pas de la porte. Si quelqu'un était ressorti, je l

'aurais vu obligatoirement.

Et est-ce que vous pensez que le cambrioleur aurait pu ressortir d'un

autre côté ? Ah non.

Non, madame.

Non, ben non, parce que... Merci, madame.

Il y a bien une cour intérieure dans l'immeuble.

Mais elle donne sur une issue de secours du restaurant.

Mais pour l'ouvrir, il faut une clé.

Et à part le personnel... Donc ça veut dire que seul... Quelqu'un du restaurant

aurait pu passer par lĂ .

Merci.

Hier soir, j'ai passé mon temps en cuisine, bien sûr, comme d'habitude.

J'ai dĂ» m'absenter vers 23h.

Pour un petit moment, en fait, c'était pour aller aux toilettes.

Il faut dire que le midi, j'avais abusé d'un pur mal 30 ans d'âge que mon foie a

eu du mal Ă  supporter.

Il me l'a fait sentir toute la soirée.

Ne m'en parlez pas.

Moi, je connais ça, les crises hépatiques avec le beau gelé.

Dites-moi un propos énorme, votre mousse. Elle est magnifique.

Ça va pas, Polo ? Petit problème d'hypoglycémie, peut-être ? Dis-moi, je

parlais avec M.

Durigon de sa relation avec Mme Poitvin. Je vois, oui.

Donc vous me disiez que c'était assez orageux, tout ça, non ? Oh, je suis d'un

naturel jaloux et assez possessif.

Mais depuis notre séparation avec Romane, les choses allaient plutôt bien.

En fait, je la voyais beaucoup avec son nouvel ami, Miguel Sanchez, avec qui je

suis en affaires, en fait.

Il devait venir dîner ce soir, mais avec ce qui s'est passé... Bon, moi je vais

interroger votre personnel, hein.

Bolo, tu me rejoindras après ? Après le dessert.

C'est magnifique, monsieur.

Magnifique. Profitez-en, allez-y. Merci.

Permettez ? Allez-y, allez-y.

Je peux bien vous le dire, maintenant je vais rendre mon tablier.

Fumier.

Soi-disant que je bosse pas bien.

Du rigon, c'est une pourriture.

Rien que ça ? Ouais.

C'est un tyran et un vicelard. Il se prend pour le plus grand chef de la

terre et il considère son personnel comme de la merde.

C'est comme dans le privé.

Il en crevait que Mme Poitvin les larguait.

Mais il la faisait tellement chier.

Je croyais qu'elle le faisait cocu.

Dites-moi comment vous savez tout ça, vous ? Bon, c'est pas compliqué.

Ă€ la fin du rigon, on s'engueulait avec elle devant tout le monde.

Le jour où elle s'est barrée, on venait de prendre notre service.

Il a voulu la retenir.

Elle l'a giflée en plein milieu du resto.

Tout le monde le sait, ça.

Seulement une place ici, ça vaut de l'or.

Alors ils ne vous diront rien.

C'est vrai, ça ?

Oui,

patron, ça serait bien d'envoyer les gitardards ici, quoi.

Non, parce que personne n'est sorti de l'immeuble. Ça veut dire que c'est ou c

'est un voisin ou c'est un mec qui s'est planqué là-dedans.

Et si ça se trouve, l'arme est encore planquée ici aussi.

D'accord.

Bon, je vous dis Ă  demain.

Non, non, Polo, vous rejoins tout de suite, mais moi, j'ai un truc très

important Ă  faire.

C'est pour ton boulot ? Oui, oui.

Bon courage.

Tu m'attends deux minutes, j'ai un petit truc à régler. C'est bon.

Allez, allez.

Salut Mathieu.

Je savais pas que tu traînais ici.

Moi non plus, lieutenant.

Alors comme ça, après avoir foutu ma mère sur la paille, vous croyez que c

'est en trimant dans une boîte de nuit que vous allez l'aider à remonter la

pente ? T'as une meilleure solution, Mathieu ? Acceptez la proposition de mon

père.

200 000 dollars et vous divorcer de maman.

Pour un flic de base, c'est plutĂ´t pas mal.

Salut mademoiselle.

D'ailleurs, j'étais étonné que vous refusiez.

Il faut croire que ta mère vaut plus que ça, à mes yeux.

Bon, en tout cas, vous, une fois qu'on saura oĂą vous passez vos heures sup',

croyez-moi, vous voudrez plus grand-chose.

Écoute-moi bien, mon grand.

Écoute-moi bien.

Hé, t'as pas compris encore que j'aimais ta mère ? Hein ? T'es un petit con, toi,

hein ? T'es un petit con.

Qu'est-ce que tu crois que je suis responsable, moi, du divorce de tes

parents, que je suis responsable de la faillite de ta mère ? Hein ?

Tu vois, je suis peut-ĂŞtre un flic de base de merde, comme tu dis.

Mais toi, tout bardé de diplôme que t'étais, resté un petit con de fils à

papa pourri qui comprend rien à la vie. Vos considérations merdiques sur la vie,

lieutenant, pouvez-vous les foutre lĂ  oĂą je pense ? Oui, oui, je me les fous.

Hein ? Poussez les bonnes questions.

Est-ce que ton père, là, c'est peut-être ton modèle absolu ? Mais chez nous, dans

mon métier de flic de base de merde, un mec qui vend une nana pour du fric, ça s

'appelle un proxo.

Mais comment vous osez parler de mon père comme ça ? Tais-toi, putain, tais

-toi.

Réfléchis bien, réfléchis.

Si tu me balances, tu me fous dans la merde, d'accord ? Mais ta mère, tu l'as

détruit. C'est ça que tu veux ? C'est ça que tu veux, Mathieu ?

Oui.

Fais comme tu veux.

Moselle ?

Il se coûtera un peu merde, à l'air de zombie, là.

Bon, patron, qu'est-ce qu'on fait, lĂ  ? On est lĂ  parce que Sisko a vu juste.

Bravo, lieutenant.

Les gars de Ligy ont découvert l'arme du crime, un calibre 22, dans la poubelle

du restaurant, dans la cour de l'immeuble. Ce qui est franchement

débile, c'est l'hypothèse de le marchand.

Qu'il dit que Roman a buté son gosse.

Quoi ? Oui, oui, j'ai bien conscience de la monstruosité de cette idée.

Néanmoins...

Réfléchissons un peu. Personne n'a quitté l'immeuble après le meurtre. Or,

le tueur a agi dans la précipitation. Logiquement, il aurait dû s'enfuir. Et

puis, 23 heures, c'est, il me semble, une heure prématurée pour commettre un

cambriolage. Attendez, attendez.

Vous voulez dire que Romane a tué son fils et ensuite, elle a monté toute

cette imagination ? Et pourquoi pas ?

Nous savons qu'elle vit un calvaire avec Damien. Elle est obligée de quitter l

'homme qu'elle aime. Elle n'en peut plus. Ce genre de faits divers,

déplorables, sordides, lamentables, gonflent chaque jour l'actualité.

Non, pardon, je ne suis pas d'accord. Si on cherche du côté de lui-même, ce

serait bien de se pencher vers Durigon.

Durigon qui, d'après le cuistot du resto, a un passif assez étonnant avec

Romane. Et si c'était elle qu'il voulait tuer, pas le gosse ? C'était peut-être l

'intention du tueur ?

Il attendait Romane, il tombe sur le gosse, il panique.

Il change ses plans.

Bon, alors maintenant, on cherche quoi, alors ? Le butin. Le butin, capitaine.

Si Romane est réellement coupable, elle l'a vraisemblablement caché, ici,

quelque part.

La moisse à rapprocher, s'il vous plaît. En tant qu'employée de Mme Poitvin et

témoin désignée par elle-même, vous devrez suivre nos investigations et

constater nos éventuelles découvertes. D'accord ? On va commencer par le

premier étage. Merci.

Bon, on a retourné tout l'appart, on n'a rien trouvé.

Alors le marchand, je sais que vous méprisez le petit personnel, mais Mme

Boissard doit encore récurer tous les escaliers. Si on pouvait la libérer...

Eh merde, mes pompes ! C'est quoi cette flotte, d'ailleurs ? Le frigo décongèle

? Il est en panne ? Ah, euh... Là, c'est débranché, là.

Et on dirait qu'on a bougé, ce frigo.

Regarde.

Attendez, la dernière fois que j'ai interrogé Durigon, la porte était

ouverte, c'est moi qui l'ai fermée.

Bingo ! Bien, dame Boissard, vous pouvez vous approcher.

Nous allons notifier ensemble cette découverte.

Ne serait-ce pas là la quasi-totalité des objets prétendument dérobés, en tout

cas déclarés comme tels, par Madame Poitevin ? Ça m'en a tout l'air.

Madame Poitevin, nous comprenons votre souffrance, votre douleur.

Nous pouvons...

Supposez et pensez même que cet acte est un geste désespéré.

Il n'y a plus de solution.

Il vous fallait en finir.

Mais vous ĂŞtes malade.

Comment j'aurais pu tuer mon fils ? Romane, ma mère a

élevé quatre enfants.

Elle nous aime tous les quatre, mais si l'un d'entre nous était né comme ça,

elle serait devenue folle.

On n'est pas lĂ  pour vous juger, Romane.

Personne n'a le droit de vous juger, c'est...

Ce que vous viviez, ce que vivait Damien était très douloureux. Sa vie était un

enfer et vous ne pouviez plus le voir souffrir.

Mais oui, c'était insupportable parfois.

Mais c'était un enfant incroyable.

Je ne l'ai pas tué, je n'aurais jamais pu lui faire du mal.

Damien était mon fils.

Vous comprenez ? Mon fils.

Comment expliquez-vous la présence de vos affaires ?

derrière le réfrigérateur.

Mais je sais pas, quelqu'un les a mis lĂ , quelqu'un qui me veut du mal, c'est

pas moi.

Madame Poitvin, vous avez tué Damien.

Saccagez votre appartement, cachez les objets, puis vous ĂŞtes descendu, jetez l

'arme dans une poubelle après l'avoir soigneusement nettoyée. Ensuite, vous

êtes remonté.

Et sans l'aide de personne, vous avez posé le sparadrap sur votre bouche avant

de vous enchaîner au radiateur.

Non, non, j'ai pas fait ça.

Comment j'aurais pu passer la nuit devant le cadavre de Damien ? Vous étiez

obligé d'agir ainsi pour justifier le temps écoulé entre le meurtre et la mise

en place du soi-disant cambriolage.

Vous ĂŞtes un monstre.

Non, Romane, moi je... Je crois que vous n'avez pas fait ça.

C'est pas vous qui teniez l'arme, quelqu'un vous a aidé.

C'est ça ? Quelqu'un a tiré et tout organisé pour vous.

L'homme que vous aimiez, Sanchez, c'est ça ? Il faut nous le dire si c'est lui,

Roman.

Il faut nous le dire.

Oui.

Michel, ça suffit.

Délicieux, Capitaine Morand.

Je dirais même très goûteux.

Bon, arrĂŞtez de becquer le marchand, je vous balance la cocotte dans la gueule,

moi, maintenant.

Les nourritures, Capitaine Scandella, m'aident à réfléchir.

Néanmoins, la résistance de cette femme m'étonne au plus haut point.

Logiquement, elle aurait dĂ» craquer.

Tenez bon, le marchand, elle va craquer. Peut-ĂŞtre mĂŞme en se tirant une balle

dans la tĂŞte.

Bon, alors Sanchez n'est plus dans la course. Il était bien à l'hôtel.

Le garçon d'étage lui a servi son repas et la réceptionniste, qui en est

absolument raide, dingue, amoureuse, confirme lui avoir envoyé des fax toute

la soirée pour le boulot.

Sanchez n'est plus dans la course, ni la mère du gosse.

Ligie n'a relevé aucune empreinte, ni sur le sac, ni sur les objets qui

étaient à l'intérieur. Ça veut dire que si Romane est coupable, elle aura

donc... Oui, s'il te plaît. Elle aura donc castigué son vase, ses bijoux et l

'argenterie avant de les mettre à l'intérieur.

Cherche l'erreur. OK, on a quelqu'un qui a tout effacé pour pas qu'on monte jusqu

'à lui et qui a tout planqué derrière le frigo.

Pour qu'on accuse Romane.

Ă€ votre avis, quelqu'un de l'immeuble ? Durigon, par exemple.

Il a été le premier à rentrer dans l'appart, il aurait très bien pu mettre

le sac derrière le frigo.

Ok, on revérifie son alibi.

Et ceux des habitants de l'immeuble et ceux du resto.

Michel, il faut qu'on revoie Romane.

Cette histoire a rapidement viré au drame.

Durigon était maladivement jaloux, c'était devenu intenable.

Quand nous nous sommes séparés, il m'a harcelée pendant près d'un an.

Et pourquoi vous n'avez pas cherché à déménager ? À cause de Damien.

Il y avait toutes ces habitudes dans le quartier à l'école.

Je ne pouvais pas tout chambouler comme ça.

C'est Durigon qui vous a présenté Sanchez ? Je l'ai croisé un jour au

restaurant et puis on a sympathisé.

Et comment Durigon a-t-il pris la chose ?

Très mal, au début.

Puis un jour, il m'a dit que je finirais par me lasser.

Il pouvait bien encore attendre, il était sûr que je reviendrais.

C'est typé faux, je vous dis, c'est un malade.

Madame, je vous prie de bien vouloir pardonner nos méthodes policières.

Les miennes.

Elles sont parfois un peu brutales, c'est vrai.

Cela étant dit, je...

J'ose espérer que le châtiment du coupable sera à la hauteur de cet

ignoble crime.

Aucun châtiment ne me rendra jamais, mon fils.

J'ai un nouveau témoignage, patron. C'est un apprenti cuistot.

Le mec, il dit que le soir du meurtre, Durigon était en cuisine.

Il préparait une spécialité maison. C'est une côte de veau de lait de

Corrèze, au gingembre et citron vert, agrémentée de sa purée. Bon, pour l

'heure, on s'en fout de sa purée.

Mais pas du tout, parce que sa purée, Durigon, c'était le seul qui préparait

ça. Personne d'autre.

Et ce soir-lĂ , il est sorti, il a dit qu'il avait envie de vomir. Alors c'est

le petit qui a continué. C'était 23h, juste avant l'arrivée de Romane et de

son fils.

Bon, intéressant.

Et toi, Jean-Louis ?

Tiens, c'est un anti-vomitif.

C'est la caissière qui me l'a filé.

Elle l'a acheté parce que Durigon se sentait pas bien.

Toute la journée, elle a fait chier le personnel avec sa crise de foie.

Et alors ? Et alors, elle est pleine. Elle est pas touchée.

Bon, et il est oĂą, Durigon ? Ici, sous ce qu'on le chauffe.

D'accord.

Qu'est-ce que c'est, ça ? Ça, c'est des mains courantes pour agressions

conjugales récupérées dans le commissariat de ton quartier.

Une dizaine en cinq ans ! C'est pas que des petits plats, toi, avec tes

casseroles, dis-moi.

Tu as mis un petit coup Ă  ta femme en mĂŞme temps.

Qu'est-ce que je vois ? Par exemple, trauma crânien avec la fonte du camp.

Et ici, un genou explosé à coups de pied.

Et là, une fracture ouverte, radius cubitus, pour l'avoir balancée dans l

'escalier. Et non content encore d'avoir laissé ta femme en kit.

Après le divorce, tu as voulu lui passer dessus avec ta propre voiture.

Non, c'est faux, ça. Il y a eu un non-lieu pour ça.

Vous ne croyez pas vous en tirer comme ça, quand même ? Monsieur de Régon, avez

-vous mis en scène ce cambriolage après avoir orchestré la mort de Romane ?

Parce que c'est bien Romane que vous vouliez tuer, n'est-ce pas ? Et non pas

Damien. Je n'ai tué personne. Je n'ai tué personne, moi ! Vous vouliez

récupérer Romane, mais quand vous vous êtes rendu compte qu'elle aimait encore

Sanchez, vous avez décidé de la tuer.

Damien ne devait pas ĂŞtre lĂ  ce soir-lĂ .

Vous aviez prévu de l'attacher, la menotter, d'aller terminer votre service

et puis de revenir.

Là, vous auriez passé une dernière nuit d'amour, l'aimer une dernière fois, et

puis vous l'auriez tué.

C'est faux, c'est complètement faux.

À l'heure du meurtre, vous étiez aux chiottes.

Sauf que les chiottes donnent sur l'issue de secours du resto, ce qui vous

emmène dans la cour de l'immeuble.

Vous voyez oĂą je veux en venir ?

Antécédent violent.

Antécédent violent ! Plus crise de foi et pas crise de foi ! Plus un alibi de

merde. Plus une haine non dissimulée pour la mère de la victime. Moi, je vois

la présomption d'innocence battre de l'aile.

Monsieur Durigon, le fait que vous ayez changé d'avis jouera en votre faveur.

Vous n'aviez pas prévu la présence de l'enfant.

Vous n'aviez donc pas prévu de le tuer.

C'est ridicule, tout ça, c'est ridicule.

Je me suis absenté quelques minutes.

Et vous avez vu l'appartement de Roman comme moi ? Mais enfin, commandant,

comment j'aurais pu tout saccager en si peu de temps, hein ? Tu nous prends pour

des cons, hein ? Dis-le, tu nous prends pour des cons.

Moi, je vais te dire comment ça s'est passé.

Le cambriolage, tu l'as fait dans la journée, tout seul, tranquille ! Pénard

! Puis t'as ramené les objets chez toi, pour faire la blague.

Et le soir, t'as tourné là-bas, t'as menotté la mère, et t'as buté le fils

avant de retourner au resto.

Dis-le que je l'ai fait comme ça pourriture.

Après la panique, vous avez réfléchi.

Vous vous ĂŞtes dit que vous ne pouviez pas tuer Romane Ă  deux heures d

'intervalle de Damien, que ça paraîtrait louche.

Vous vous êtes dit qu'à cause de la clé, on allait remonter jusqu'à vous.

Alors vous avez commencé à maquiller vos méfaits.

Les affaires du vol, vous les avez déposées le lendemain matin, derrière le

frigo.

Le frigo dont vous avez ouvert la porte pour nous faire croire à la culpabilité

de Romane.

Oui.

Ah.

D'accord, Michel. J'arrive.

J'exige de voir mon client sur le champ.

De plus, cette audition ne devra aucunement figurer dans la procédure.

Personne ne m'ayant informé de sa présence dans vos locaux. Et nous avons

tenté de vous joindre.

Maître, sans y parvenir, nous vous avons laissé un message sur votre répondeur,

dès l'annonce de la garde-vue de M.

Durigon, comme la loi nous y oblige.

Maître Calderon, votre réputation vous précède, maître, en apprenant que nous

avions affaire Ă  vous.

Nous avons mis un point d'honneur à respecter la procédure et nous avons lu

tous ses droits Ă  votre client.

Vos flatteries m'indiffèrent, commandant.

Quant au respect de la procédure, laissez-moi en être seul juge.

Maintenant, est-ce que je pourrais m'entretenir avec M. Durigon ? Bien.

Calmez, Cisco.

Qu'est-ce qui vous a pris de malmener Durigon ? Je vous rappelle que Calderon

est un as de la procédure beaucoup plus attaché au droit des suspects qu'à celui

des victimes.

Alors méfiance ! Mais bordel, commandant, on sait que c'est lui ! Une

minute de plus, il a voué ! La ferme ! Si on veut coincer du rigon, il faut le

faire dans les règles, ok ? Bon, bon, bon, on attend que le gros port termine

sur la US et on fait une perquise chez du rigon.

Si on retrouve la combinaison de moto, le bas et les clés, on le tient.

Ah, ah non, j'ai mal.

Ah, j'ai mal.

C'est le cœur, je crois. Allez.

Putain, Durigon. Non, non, j'ai trop mal. Attendez, attendez. Putain, secouez

-vous cinq minutes après la percise ovale, Hosto.

Non, je veux voir un médecin, j'ai trop mal.

Durigon.

Ça va ? Non, ça va pas.

VoilĂ .

Durigon, tu peux crever tranquille. Nous, on a ce qu'il nous faut.

Allez.

J'ai trop mal.

VoilĂ  l'hĂ´pital.

AĂŻe, j'ai mal ! Oui, oui, c'est bon. Allez, Thurigo, on y va. C'est la

combinaison ? Allez, on y va, on y va. Je veux voir mon médecin ! Appelez-moi

le médecin ! Madame Poitvin, s'il vous plaît, venez ici.

Venez ici.

Restez lĂ . Madame Poitvin, il faut rentrer chez vous. Il faut rentrer chez

vous maintenant. On ne lâchera pas.

Rentrez chez vous.

Faites-moi confiance.

Faites-moi confiance.

Monsieur, s'il vous plaît.

C'est un simple malaise vagal, rien de grave.

Je m'en doutais un peu.

Ce qui est beaucoup plus grave, en revanche, c'est la façon dont mon client

m'a relaté le déroulement de la perquisition qui a eu lieu à son

domicile. Monsieur Durigon aurait dĂ» ĂŞtre dans son appartement quand votre

lieutenant a pris la combinaison, et non sur le palier.

Violation du domicile en l'absence du témoin principal.

Je crains fort que cette regrettable erreur ne porte un nom.

Un vice de forme, ça s'appelle.

Un bon, gros vice de forme.

Mais bon Dieu, Cisco, comment vous avez pu tomber dans le panneau ? Vous ĂŞtes

lessivé, je vous reconnais plus. Vous avez encore des problèmes dans votre vie

privée ou quoi ? Moi, j'ai déposé la combinaison à l'IGI.

Il paraît qu'il y avait des traces de sang dessus.

À quoi bon ? Le procureur va suivre Maître Calderon.

Tout élément récupéré chez le restaurateur n'aura bientôt plus aucune

valeur. Merde !

Si j'avais pas récupéré cette combinaison, Durigon aurait pu appeler,

je sais pas moi, un proche ou même son son enfoiré de baveux pour aller faire

disparaître les preuves. Merde ! Je me faisais bien que c'est Calderon qui a

conseillé à Durigon de pas rentrer dans son appartement. Il a fait ça pour nous

baiser. Mais finalement, je le sais.

Mais maintenant, c'est nous qui sommes baisés parce qu'on se retrouve sans

charge contre lui.

8h30, ça va ? C'est juste pour

ça que tu voulais nous voir ?

Pour nous dire que maintenant que tu vas divorcer, t'étais heureux.

Écoutez, j'adore ce genre de petite réunion familiale, mais enfin, si c'est

pour écouter ce genre de conneries, merci bien. Attends, Manu, assieds-toi.

C'est peut-être la dernière fois qu'on se voit, alors. Assieds-toi. Conno, tu

vas pas faire de bĂŞtises ? Non, Mimi, non, pas du tout.

Je disais ça à Manu simplement parce que je sais très bien qu'il m'aime pas.

T'aurais toujours voulu un autre père, mais c'est pas possible.

Alors toi et moi, maintenant, on va arrêter la comédie.

Toi, tu vas vivre ta vie, puis moi, je vais vivre la mienne.

Puis qui sait, peut-ĂŞtre qu'un jour, on aura envie de se retrouver.

T'as vu, tu comptes l'affaire avec la fille que j'ai croisée sur le trottoir l

'autre jour avec toi ? Quelle fille ? Non, c'est que Manu m'a vue dans un bar

avec Sonia, ma nouvelle copine.

Puis Sonia, disons, elle a un fichier clientèle assez important.

Fichier clientèle... Papa sort avec une pute ! Voilà ! Ben oui, Sonia fait le

plus vieux métier du monde et puis elle sort avec le plus vieux con de la

brigade criminelle.

Mais qu'est-ce que tu veux ? Je suis heureux comme ça ? Je voulais te dire...

J'y croyais plus, mais maintenant, je suis vraiment heureux. Et puis, toi

aussi, tu peux pas ĂŞtre Ă  nouveau heureuse.

Mais ça va pas être facile, hein ? Vu que tu as bousillé ces plus belles

années. Manu, arrête.

Fais vraiment un petit con, Manu.

Tu sais, quand t'auras aimé pendant 30 ans un de tes petits minets comme moi j

'aimais ta mère, là, tu pourras parler. Mais pour le moment... Ton discours

homophobe, tu vois ? Tu te le fous dans le cul.

La ferme, Manu !

L'eau.

Moi aussi j'espère que tu vas être heureux. Oui, mais toi aussi tu seras

heureuse.

Moi je t'aime, je t'aime, je t'aimerai toujours.

Mon amour.

Toujours, toujours, toujours.

Bon.

Le marchand a pris le relais avec du rigon.

Et vu comme Calderon l'a briefé...

Je m'attendais Ă  qui parle.

T'es crevée toi.

Oh oui.

J'ai envie Ă  me coucher.

T'inquiète Jean-Louis, j'ai pas dit avec toi.

J'ai rien dit.

Écoute Jean-Louis, on est adulte, de quoi t'as peur ? C'est plutôt un bon

coup. T'as eu l'air de dire que j'étais pas mal non plus.

Alors si tu veux qu'on se voit, on se voit. Si tu veux pas qu'on se voit, on

se voit pas.

Je peux pas te dire mieux.

C'est con, évidemment, j'ai envie de te voir.

Non.

Alors, affaire classée, non.

Oups. Alors, premièrement, les clés de Durigon sont bien celles de chez Romane.

Deuxièmement, le sang sur la combinaison correspond à celui de Damien.

Bon, on n'a plus qu'à attendre la décision du procureur.

Bon, allez-vous coucher, Berger. Vous avez un concours à réviser.

Oui, avant de réviser, il faudrait déjà que j'apprenne.

Bref.

Je vois oĂą en est le marchand.

Oui, c'est un fait, oui.

D'accord.

Très bien, monsieur.

Au revoir.

Le procureur annule la perquisition.

Ni les clés, ni la combinaison, ni le sang ne seront retenus comme preuve à

charge.

On fait comme si tout ça n'avait pas existé et Durigon est libre.

Polo m'a dit pour ton job de nuit.

Moi qui pensais sortir Mario du trou, je suis en train de l'enfoncer avec moi.

C'est bien, hein ? Si j'avais pas été aussi naze, j'aurais jamais fait une

telle connerie.

Allez, écoute.

Oh, putain. Ah, chier ! Oui, Cisco ? Quoi ?

Non, non, non, non, non, non, bougez pas, j'arrive.

C'est la caissière du resto, il y a Roman qui veut tuer Durigon.

Appelle Valon ! Appelle Valon !

Romane, ne fais pas ça.

Romane, ne fais pas ça.

Calme-toi, Romane.

Non, ne fais pas ça.

Je faisais les comptes avec monsieur quand Mme Poitvin est entrée et elle...

Romane.

Romane, ne tirez pas.

Romane, Romane, regardez, je suis avec vous.

Je suis lĂ , Romane.

Ne faites pas ça. Si vous tuez du rigaud, il n'y aura pas de procès. Il n

'y aura pas de procès, je veux qu'il crève. Non, ne dites pas ça.

On va trouver quelque chose et il va payer. Il va payer très cher, je vous le

jure. Mais baissez votre...

Ça va aller.

Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller.

Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller.

Ça va aller. Ça va aller.

Ça va aller. Ça va aller.

Ça va aller.

Ça va aller.

Ça va aller.

Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller.

Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller.

Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller.

Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller.

Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller.

Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller.

Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller. Ça va aller.

Ça va aller. Ça va aller.

Mathieu m'a raconté votre discussion devant le club.

Il ne dira rien ni à son père ni à tes supérieurs.

C'est bien.

Je tenais Ă  vous dire au revoir.

J'ai trouvé un job en Australie.

Loin.

Très loin de mon père.

En tout cas, j'ai bien compris la leçon.

J'espère que vous vous en sortirez avec maman.

Bien.

Excusez-moi Mario.

La seconde perquisition a finalement porté ses fruits.

Durigon a eu beau récurer sa demeure de fond en comble, quelque chose lui a

échappé. Quelque chose de pas plus épais qu'une plume.

On y va.

Un vieil adage de droit me revient en mémoire et je crois qu'il s'adapte

parfaitement à la situation présente.

La parole est libre.

La plume est serve.

Je vous avoue que j'ai parfois du mal, moi aussi, Ă  suivre les raisonnements

tortueux de notre procédurier.

Mais cette fois-ci, Michel, je vous suis 5 sur 5.

En effet, reconnaissez du rigon que j'ai bien fait de récupérer chez vous cette

combinaison, n'est-ce pas ?

Parce qu'en la retirant du porte-manteau, quelque chose en est

tombé et est allé se nicher derrière un meuble.

N'est-ce pas, Michel ? Parfaitement, lieutenant Siskowski.

Sous un magnifique secrétaire d'huitième à la marqueterie d'époque.

Mais ce qui est moins d'époque, Durigon, c'est cette plume d'oie.

Cette plume ensanglantée.

Une plume du coussin qui vous a servi Ă  tuer Damien.

En effet, monsieur Durigon, voyez-vous, cette plume...

Taché.

La couverte du sang du jeune Damien.

Et bien l'actualité.

Dites-moi, comment allez-vous expliquer sa présence à votre domicile, au juré ?

C'est simple, ce n'est pas moi. Je n'ai rien fait. Vous n'avez rien contre moi.

Maître Calderon va vous démontrer ça point par point, d'accord ? Maître

Calderon ne mettra rien au clair. Il va vous conseiller juste de plaider

coupable.

Et vous gagnerez cinq ou six ans de prison.

Cette fois-ci, je suis sûr que je ne me trompe pas.

Je ne dirai rien, je ne dirai rien.

Maître Calderon m'a prévenu, vous n'avez pas le droit de me forcer à parler.

Vous avez tout Ă  fait le droit de garder le silence.

Allez, mais imaginez ce que le juré va penser de ces silences.

Imaginez qu'il pense que vous soyez venu pour tuer l'enfant.

Ah,

c'est pas possible, j'ai rien fait moi.

Le lieutenant Siskowski n'a pas tort, voyez-vous.

La partie civile se fera fort de démontrer que vous êtes venu chez Madame

Poitvin. dans le but unique, dans la seule intention, de tuer son fils, tuer

un enfant pour se venger d'un amour contrarié.

Imaginez la sentence que vous encourrez, perpétuité.

Ils ne peuvent pas dire ça.

Jamais de la vie, ils ne pourront pas dire ça, c'est pas vrai.

Monsieur Durigon, vous ĂŞtes un homme intelligent.

Cette plume si légère et tellement lourde pour l'accusation devrait vous

faire apprécier le poids des choses.

Non ?

Les aveux circonstanciers devraient, si j'ose dire, faire pencher la balance de

l'autre côté.

Si vous souhaitez quelques régimes de faveur en prison, reconnaissez la

vérité.

Et reconnaissez vite.

Parce que moi je sais le sort que l'on réserve aux tueurs d'enfants là-bas. Et

je vous jure, je vous jure, je le souhaite Ă  personne.

MĂŞme pas Ă  vous.

Monsieur Durigon, vous aimiez Romane comme un fou.

Vous l'aimiez, elle vous refusait son amour. C'est elle que vous vouliez

toucher. Damien n'était pas visé.

Je l'aimais bien, son frère.

C'est elle que je voulais.

C'est elle que je voulais.

Romane ! Je l'aime ! Je l'aime !

C'est pas parce que tu es miraculé qu'on va se taper de l'eau bénite. Qu'est-ce

que tu penses de cette petite boutonche en ton honneur ? Merci.

Il va se passer quoi pour Romane maintenant ? Voix de fait, avec arme sur

un agent de la force publique, c'est la correctionnelle, mais vu les

circonstances, elle devrait s'en sortir avec 80 avec sursis.

Elle devrait sortir libre du tribunal.

Ouais, enfin, ça lui rendra pas son fils.

C'est bien de moraux.

Une prénommée Sonia vous attend dehors, sur le trottoir. Sur le trottoir ? Ah

oui, je l'ai vue en arrivant, elle est charmante.

Ouais, bon, allez, Ă  de mer, lĂ . Vous allez beaucoup, Colo. Il fait quoi, dans

la vie ? Euh... relations publiques, comme ça. Allez, ciao.

Ah, ouais ! Oh lĂ  lĂ  ! Bravo, Colo ! Lucas !

Alors, qu'est-ce qui se passe ? On trinque ? À quoi ? À l'amour ! Et à

Cisco quand mĂŞme ! Survivant ! Le marchand ! Le marchand ! Et

Ă  Cisco ! Approchez-vous, le marchand ! Approchez-vous, n'ayez pas peur !

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