Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
...
Brouhaha
- Allez, on se lève, les gars !
Allez, debout, debout !
On doit être partis dans 10 minutes.
Allez, on se bouge.
Allez, on se bouge. Salut, chef.
S'il te plaît, c'est l'heure de partir.
Allez, on se bouge un petit peu.
Allez, on s'active, les gars !
Je sais, c'est pas facile.
Il tape.
Ronronnement du sèche-main
Vacarme de la rue
...
Le métro approche.
...
- Hé, mon portefeuille !
Arrêtez-vous !
Revenez là !
Ho !
Stop !
Mais stop !
S'il vous plaît, arrêtez-vous !
Elle halète.
Merci.
- Pas de quoi.
- Excusez-moi, il y a un problème ?
- On a essayé de vous voler ?
- Oui, et c'est ce monsieur qui a récupéré mon portefeuille.
- Vérifiez qu'il vous manque rien. - J'ai déjà vérifié.
- Vous faites quoi dans la vie ? - Je travaille pas pour le moment.
- Laisse tomber, on y va.
- Au revoir.
- Je suis désolée.
Il souffle.
Non, attends.
(- Merci.)
- Merci.
Le métro approche.
Claquements secs
- L'autre jour, je l'ai revue.
Musique mélancolique
Claquements secs
Tintements métalliques
Claquements secs
Anna.
Je lui ai donné ce nom car elle ressemble à ma mère.
Tout aussi belle,
tout aussi magnétique.
Elle murmure.
Je l'appelle Anna car elle ressemble à ma mère.
Tout aussi...
belle, tout aussi...
magnétique.
Musique mélancolique
Rayonnante.
On ouvre la porte d'entrée.
Tintements de grelots
...
Vibrations métalliques
La ressemblance de cette femme
avec ma mère est peut-être un hasard.
Couinements métalliques
Mais qu'elle travaille dans l'appartement où je suis née
de l'autre côté de la rue
n'est pas qu'une simple coïncidence.
N'est pas qu'une simple coïncidence...
- Parfait.
- C'est bon ?
- Ouais.
Elle souffle.
- Tu m'aides ?
Il souffle.
Elle imite le tonnerre.
- Plus vrai que nature !
- N'est-ce pas ?
- Comment tu vas rentrer ?
- Comment ça ?
- Ben, avec ce qui tombe dehors.
- J'adore, c'est beau.
- On va chez moi ?
- On va y aller.
- Non, ce soir, je prends du temps pour moi.
- On est prêts ?
- C'est parti.
Bruits de pas
- Je te raccompagne.
- Pourquoi ?
- Il est tard.
- Et alors ?
- Ben... Ça craint, là.
- Je suis assez grande pour me débrouiller toute seule.
- Pourquoi tu m'envoies balader, en ce moment ?
- Parce que j'en ai marre.
- De quoi ?
- Tu crois toujours qu'il va m'arriver un truc.
- OK, comme tu veux.
- Bon.
Ah...
À plus.
Bris de verre
- Oh putain !
Cri de douleur
Musique douce au piano
Claquements secs
Soupir de soulagement
Une porte claque.
- Ah, c'est toi ?
- J'ai frappé.
- T'as oublié un truc ?
- Tout va bien.
À part que je suis gelée.
Tu comptes rester ?
- Si tu préfères, je pars.
- Sinon, moi, je peux partir.
...
- Écoute, je comprends pas, je pensais que tu m'attendais.
- Rentre chez toi.
Ta femme t'attend.
Il soupire.
- Et la caméra ?
Pourquoi la détourner ?
- Je savais que tu m'espionnais.
- Et que ça me ferait venir.
C'est dur de te voir la journée
et le soir, de...
De t'oublier.
- Tu veux que je fasse quoi ?
- Que tu me croies.
- Que je croie quoi ?
- Que je t'aime.
- Pierre...
Écoute...
- Non, c'est la vérité.
- T'es un homme fort.
- Je suis un homme fort ?
Donc je peux pas aimer ?
On peut aimer
sa femme, son enfant...
La porte claque.
(Pierre !)
Tu sais comment on augmente le chauffage ici ?
Claquements secs
Tu vois que t'es fort.
Si t'étais faible, tu me laisserais pas si facilement.
- T'aimes bien jouer avec les autres, hein ?
Me faire culpabiliser.
C'est ça que t'aimes ?
- Ce que j'aimerais, c'est être réchauffée un peu.
- C'est déjà au maximum.
- Je suis gelée.
...
(Et Christophe ?)
- Et Christophe...
(- Ça regarde que toi et moi.)
(Hein ?) - Mmh.
On ouvre la porte d'entrée.
- Désolée, je pensais que vous étiez déjà partis.
- Je peux repasser.
- Non, allez-y, pas de souci.
Gros fracas
Ça va ?
La femme souffle.
- Ça va. C'est encore mon dos...
Ça va aller.
Sifflement étouffé
Sonnette
- J'étais inquiète. T'as mis du temps. - Pas du tout.
- J'ai sonné dix fois.
- Je dormais,
je suis venue tout de suite.
Toux
J'ai pas fermé l'œil, à cause de la pluie et de l'orage.
- Quelle pluie ?
- Il a pas plu, cette nuit ? - Ben, non.
C'est du sang ?
- Je me suis coupée.
- Fais voir.
Toux
- C'est rien.
- Comment ça, c'est rien ?
Tu fais encore bouillir tes plats préparés ?
- Je veux pas mourir à cause des ondes.
- Fais-toi à manger ! - J'ai pas le temps.
- Mourir d'un cancer des poumons, tu t'en fous ?
- Exactement.
Toux
- Quoi ?
- T'as changé.
- Quelle perspicacité !
- C'est quoi, ça ? - Je voulais un bébé.
- Qui est le père ? - Je sais pas.
- Bravo ! - C'est un don de sperme !
Quoi ?
- Non, rien. - C'est mon choix.
- Pas celui de ce petit gars.
- Figure-toi que c'est une petite fille.
C'est quoi, ça ?
- C'est quoi, quoi ?
- C'était dans ce foutoir, là-bas.
- T'étais censée emballer, pas déballer.
- Oh, ça va !
Tu viens tous les 6 mois
et tu ne fais que râler.
- Moi aussi, je suis contente de te voir.
J'ai trouvé quelqu'un
pour t'aider.
- Pas besoin. Je veux pas d'inconnu chez moi.
- Il te dérangera pas.
- Qui ça ?
- Un garçon calme.
Tu vas jamais t'en sortir seule, en 15 jours.
- C'est suspect, un garçon calme.
- Les calmes sont suspects,
les bavards superficiels,
les jeunes voleurs, les vieux curieux...
- Arrête !
J'ai la tête en vrac !
Fais ce que tu veux, mais lâche-moi la grappe !
Elle tousse.
Elle râle.
- Pardon.
On peut quand même discuter ?
- Des kleenex aussi ? - Oui.
Il renifle.
- Vous réglez comment ?
...
Quelqu'un fait du bruit.
- Dis donc, toi.
Tu empestes, tu t'approches pas de ma chambre.
OK ?
La porte claque.
Il renifle.
Alors...
On toque à la porte.
Musique mélancolique
Quelqu'un essaie d'entrer.
Cri de douleur
- Salut. - Salut.
- T'en as mis, du temps.
- Ouais, je dormais.
- Il s'est passé quoi ?
- Je me suis coupée.
- Ben ouais...
Tu fais encore tes bains-marie de mémé ?
- Je veux pas
me tuer avec des ondes.
- Tu préfères mourir d'une explosion de verre ?
- C'est toujours mieux qu'un cancer.
- C'est toi qui vois.
- Merci.
- Attends, donne.
Elle gémit.
T'as dormi là, alors ?
- La ligne de RER était coupée.
- T'es partie à vélo.
- J'ai changé d'avis en cours de route.
- Pourquoi ? - "Pourquoi ?"
Parce que.
...
- Y a une odeur, non ? Ça pue.
- Ouais.
À chaque grosse pluie, le lendemain,
il y a une odeur d'égout.
- J'aurais plutôt dit une odeur de rat mort.
- Pierre va acheter du désodorisant.
- T'as pas eu trop froid,
toute seule ?
- Comment ça ?
- Ben... Il fait froid ici, la nuit.
- Oui, j'ai compris. Mais pourquoi "toute seule" ?
- Rien, je sais pas.
T'étais avec quelqu'un ?
Elle soupire.
- Aie le courage
de poser directement la question.
- Est-ce que tu as eu froid ? C'est tout.
On toque.
La porte s'ouvre.
- Salut.
Salut, Christophe.
- Salut.
Musique mélancolique
Le grille-pain saute.
Bruits de pas
Clapotis de l'eau
Bruits de pas
Cri strident au loin
- On recommence.
- Ah bon, pourquoi ?
- Y a un bruit.
- Toujours le même bruit.
- J'entends rien.
- Moi, j'entends.
- C'est quoi ?
- Je sais pas, on dirait comme un...
Un cri de femme.
Petit rire
Cri strident au loin
- Ouais.
- Sûrement les voisins.
- Dirige le micro vers les murs.
...
Grésillements
Claquements secs
Il tape.
Petit couinement
- Viens voir.
Tu vois l'appartement au 5e étage avec la lumière allumée ?
Celui avec des pots de fleurs sur le balcon.
Vas-y et frappe pour voir si on répond.
- Je rentre comment dans l'immeuble ? - C'est ouvert.
- Et je dis quoi ?
- Rien. Vois juste si quelqu'un répond.
Il halète.
Sonnette
Sonnette
- Dans l'immeuble en face, quelqu'un vivait seul
et doit être mort depuis plusieurs jours.
*- Vous êtes certaine ?
- Je ne sais pas, mais sa lumière est allumée
et il n'ouvre pas la porte.
*- Quel est votre lien avec cette personne ?
- C'est juste un voisin.
Quelqu'un enfonce la serrure.
...
Vacarme de la rue
Elle soupire.
Franck a fini par crever.
Ce soir, la porte de Franck a été défoncée.
- À l'aide !
- Et son cadavre nauséabond, sorti des toilettes.
- À l'aide !
- Quand il était jeune, le parfum de cet homme enivrait ma mère
dès qu'il venait sur son balcon.
- À l'aide !
- Soi-disant pour arroser ses plantes,
mais surtout pour épier notre appartement par la fenêtre.
Aujourd'hui, des années plus tard,
je vois un homme qui me rappelle mon père
quand il a découvert que sa femme le trompait avec Franck.
La porte-fenêtre s'ouvre.
Sifflement du vent
Papa ?
- Ton frère et toi, allez chez maman en face, ce soir.
- Pourquoi ?
- J'ai besoin d'être seul.
- Pourquoi ?
Il tire un rideau.
Pendant longtemps, mon père s'est enfermé dans cette chambre la nuit
avec le télescope qu'il m'avait offert pour mon 9e anniversaire
et observait sa femme avec celui qui avait détruit notre famille.
Des années plus tard,
j'ai compris que contrairement à ce qu'il prétendait,
mon père n'avait pas acheté cet appartement
pour être proche de mon frère et de moi,
mais pour observer ma mère.
Pendant longtemps, mon père...
s'est enfermé dans cette chambre la nuit
avec le télescope qu'il m'avait offert pour mon 9e anniversaire
et observait sa femme avec celui qui avait détruit notre famille.
Des années plus tard,
j'ai compris que contrairement à ce qu'il prétendait,
mon père n'avait pas acheté cet appartement
pour être proche de mon frère et de moi,
mais pour observer ma mère.
Long soupir
Musique mélancolique
La porte-fenêtre s'ouvre.
Cri strident
Des années après le suicide de mon père en ce soir d'automne,
le cri de ma mère continue de résonner dans ces lieux.
Ma vie a alors consisté à attendre de connaître
le destin de l'homme qui avait détruit notre petite famille.
Et voilà que des années plus tard, dans ce même appartement,
une femme est apparue...
- Un café ?
- Tu t'emmerdes ?
D'accord...
- Tu as lu Les Fiançailles de M. Hire, de Simenon ?
- C'est l'histoire d'un voyeur
qui s'isole chez lui pour espionner sa voisine d'en face.
- Ça fait plaisir !
- Quoi donc ?
- C'est vache de dire à un auteur :
"T'as lu tel autre truc ?" Autant lui dire
"C'est de la merde."
- Recommence pas.
- C'est moi que tu critiques ou mon bouquin ?
- Le voyeur
qui s'isole chez lui...
- Laisse tomber.
Bois ton café et lis la suite.
Tu fais un caca nerveux ?
- Dis-moi que t'aimes pas, mais me prends pas de haut.
- Tu veux que je te passe de la pommade ?
- Non. Au lieu de me lancer des piques, dis la vérité.
- C'est ce que j'ai fait la dernière fois.
- Euh... J'ai changé beaucoup de choses !
- Jusque-là, c'est presque pareil.
- Ce "presque",
ça m'a coûté un mois de travail !
- Ça reste
- Je m'en fous !
C'est la réalité
que j'écris !
- Ton père s'est vraiment tué ?
- Il aurait dû, plutôt que d'en baver toute sa vie.
- OK, passe-le-moi, je vais le lire chez moi.
- Non, pas la peine de te fatiguer.
- Sylvie, les gens ne se comportent plus comme ça.
- Ils se comportent comment ?
- De façon plus rationnelle que ce que tu écris.
- Les gens sont toujours des merdes.
Mais ils ont appris un baratin rationnel
pour justifier les merdes qu'ils sont.
- Mais non !
- Si, je connais les gens.
- Comment tu les connais ?
T'étais pas sortie depuis combien de temps
avant que je te force à venir ici ?
Quand as-tu parlé à l'une de ces merdes en dernier ?
- À l'instant.
Petit rire
Elle rit.
- Ah là là...
- Je la supporte plus.
Elle est insupportable.
Je vois pas pourquoi je reste ici.
Sylvie râle.
Elle marmonne.
- Au revoir.
- Pourquoi je reste avec elle ?
Elle est débile !
Insupportable !
Vacarme de la rue
Klaxon
Vacarme de la rue
- Son mec va découvrir que le patron couche avec elle ?
- Quoi ?
- Dans votre histoire.
J'aimerais lire la suite.
- Un autre, s'il vous plaît.
Pourquoi tu me suis ?
- Votre nièce veut que je veille sur vous.
- J'ai l'air d'en avoir besoin ?
- Non.
- Ben alors ?
Elle tousse.
- Mon sac est chez vous.
Je vous attends dehors.
- Un autre, s'il vous plaît.
- Ça va pas, la tête ?
Éteignez-moi ça, enfin !
- Y a pas de cendrier.
- Comment tu t'appelles, déjà ?
- Adam.
Elle gémit.
- Tiens.
- Je vous le rends demain.
- J'en veux plus.
Gémissements de plaisir
Musique mélancolique
Sanglots étouffés
...
- On y va ?
(Ça va ?) - Mmh.
Petits gémissements
Reste.
(- Quoi ?)
- Tu peux rester ? J'ai besoin d'aide.
Je te paierai.
Va dans la chambre. Je t'appellerai si besoin.
...
Musique mélancolique
- Tu prends quoi ?
- Rien.
- Pourquoi tu m'as fait venir ici, alors ?
C'est quoi ?
- Écoute.
...
- Mmh.
Tu veux que je te dise quoi ?
- Je sais pas.
- Y a plus rien à se dire.
- C'est tout ?
- Tu voudrais entendre quoi ?
- Tu me fais ça ?
- Arrête.
C'est ce que t'attendais. Et depuis longtemps.
Je t'ai donné ce que tu voulais.
...
Musique mélancolique
La porte claque.
- Je peux monter ? - Je vais chez moi.
- J'ai des sons à enregistrer dans ton coin.
Arrête-moi là.
- Là ?
- Ouais.
Il serre le frein à main.
Tu vas rien me dire ?
- De quoi tu parles ?
- J'attendais que tu en parles de toi-même.
- Tu veux dire quoi ?
- Arrête de faire semblant.
Anna a dû te dire, je suis au courant de tout.
Pourquoi ?
- Euh...
On en parlera une autre fois.
- Y aura pas d'autre fois.
C'est maintenant.
Dis-moi pourquoi.
- Comment ?
- Tu t'attends à ce que je revienne bosser ?
Pierre soupire.
- C'est plus compliqué qu'il y paraît.
On en discutera.
- Non,
je veux juste savoir pourquoi.
Dis-moi.
- C'est arrivé...
petit à petit.
Je me suis attaché à elle.
- Et elle ?
- Elle aussi.
C'est bon ?
Je suis en retard.
Ma femme va s'inquiéter.
- Je crois qu'elle va plus s'inquiéter.
- Si.
- Je lui ai envoyé vos sons.
- Quels sons ?
- Vos sons.
De l'autre nuit.
- T'as pas fait ça ?
- Désolé.
...
(- Je te jure !)
Bon, tu fous quoi ?
Gémissements
Cris d'effort
La voiture démarre.
Cris d'effort
La voiture s'arrête.
Musique mélancolique
...
Vacarme de la rue
Toux
- Viens voir.
On regarde si ça marche.
- Et ça ?
- Il te plaît ?
- Je sais pas.
- Bonjour. - Bonjour.
- Prends-le, alors.
Les bouteilles
et les verres, tu les emballes. - OK.
L'enfant crie.
- Mamie, je peux avoir ça ?
- Touche pas à ça.
- Il peut le prendre.
- T'es sûre ?
- J'en ai plus besoin.
- Bravo ! Tu as fini ton livre ?
- Ben... Oui.
- Et tu m'as remerciée ?
- Ouais. Au début, même.
- Je pourrai en avoir un exemplaire ?
- Je l'ai jeté.
- Je m'en suis débarrassée.
- Mais pourquoi ?
- Tu sais comment on procrée aujourd'hui ?
- Non, comment ?
- Les gens font plus l'amour.
Les filles
s'inscrivent sur un site,
commandent un peu de sperme, et crac.
Ma nièce va devenir mère comme ça.
- Quel rapport avec ton livre ?
- Oh... Mes histoires ne collent plus
à l'époque.
- Pourquoi tu continues d'écrire, alors ?
- Tu connais la différence entre les humains
et les animaux ?
- Les humains savent qu'ils vont mourir un jour.
Les animaux, non.
- Et donc ? Je comprends pas.
- Laisse tomber.
Cri d'effort
Ne soulève pas ça,
avec ton dos ! Adam !
- Oui ?
- Pas du tout.
- Ah, si.
- Non, le gars dans le studio a mal au dos.
Tu m'as demandé pour ton roman.
- Ah !
Il se tape la fille
toutes les nuits, ce porc !
- T'es jalouse ou quoi ?
Vacarme de la rue
Brouhaha
- Bonjour. - Bonjour.
Vacarme de la rue
Sylvie tousse.
Petits couinements
Sylvie tousse.
- Hé, viens voir.
Arrache le papier peint des toilettes et jette-le.
Programme télévisé
...
Brouhaha
- Excusez-moi, je suis assise là.
- Désolé, j'avais pas vu votre sac.
- Je vais me mettre là.
- Sûre ? - Oui, pas de problème.
- Vous venez souvent ici ?
- Parfois. C'est l'endroit le moins cher du quartier.
- C'est vrai.
Adam.
Enchanté.
- Nita.
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Vous avez un très joli prénom.
- Merci.
- Ça vient d'où ?
- De Roumanie, je crois.
- Je peux utiliser votre prénom ?
- Pardon ?
Il rit.
- Pour ce que j'écris.
- Vous écrivez quoi ?
- Un roman.
- Waouh.
Vous avez déjà publié ? - Non.
Pour l'instant, j'écris.
Bip de notification
Au fait, vous connaissez la différence
entre les humains et les animaux ?
- La différence entre les humains et les animaux ?
- Je sais pas... Y en a plein.
- Ouais, mais la plus importante.
- La parole.
- Les humains savent qu'ils vont mourir, les animaux, non.
Bip de notification
- J'y avais jamais pensé.
- Écrire permet d'oublier
qu'on va mourir.
- J'aurais plutôt pensé qu'écrire, ça permettait de...
De pas oublier.
- Vous écrivez aussi ?
- J'ai une sorte de journal, mais c'est pour moi-même.
J'écris pas vraiment.
- Et vous aimez lire ?
- Mmh.
De la poésie, surtout.
- Pardon de vous déranger
pendant votre déjeuner.
- De quoi parle votre roman ?
Il souffle.
- Ça parle...
d'une fille.
- Nita.
- Nita.
Et aussi, un petit peu de la vie...
De l'histoire de ma mère,
son point de vue.
Ça a l'air intéressant.
- Non...
Franchement, j'aurais bien aimé, mais je suis débordée,
je finis tard tous les soirs.
- Ah oui, OK. Je vois.
Lisez le début et si vous aimez pas, vous jetez.
Elle rit.
- J'ai à peine le temps de manger. - Je comprends.
- Désolée. - Pas de problème.
Bip de notification
Vous connaissez Georges Simenon ?
- Pardon ? - Vous avez lu Simenon ?
- Euh... Non.
- Non ? - Non.
- Vous devriez. Surtout M. Hire.
- D'accord, merci.
Merci.
Brouhaha
...
On fait couler de l'eau.
...
- Adam !
- J'arrive !
- Va voir si tu trouves un pansement.
Sinon, va à la pharmacie.
- Et du produit ? - Pour quoi faire ?
- C'est infecté.
- Non ! Tu crois ?
Elle tousse.
C'est quoi, ça ?
- De la moisissure. J'ai trouvé que ça.
- Pour quoi faire ?
- Sur une plaie, ça résorbe l'infection.
- Comment tu sais ça ? - Je sais.
- T'as fait de la prison ?
Oui ?
Y a qu'en prison qu'on apprend ça.
Je devrais avoir peur ?
- J'ai fait de mal à personne.
- Pourquoi la prison, alors ?
- Vol.
- Hein ? - Vol.
- Va me chercher mes lunettes.
...
Quoi ?
- Rien.
Ça te va bien.
- Dis-moi...
Voler, c'est pas faire du mal ?
- Je volais pas les gens, juste les magasins.
Je jette tout ça ?
- Non, quelqu'un va venir les chercher.
- Et je peux en prendre un ?
- Prends ce que tu veux.
- Juste la poésie.
- Tu aimes la poésie ?
- Un gars en prison
lisait des poèmes.
J'aimais bien.
Merci.
- Tiens, lis ça aussi.
- C'est toi.
- C'était moi.
Vacarme de la rue
- Salut.
Aboiements
Alors, t'as lu ?
- Depuis quand tu m'observes ?
- On peut en parler ?
- Continue à l'appeler Anna.
- C'est tout ?
- Je peux le récupérer ?
- L'autre jour, tu m'as dit que je pouvais le jeter.
- Si ça te plaisait pas.
- Attends, je vais le chercher.
- Te dérange pas, je peux monter.
Merci.
Désolé, c'était pour écrire mon roman.
- T'as une belle imagination.
Mais j'ai rien à voir avec ton histoire.
Ni avec la fille que t'as inventée.
Bips
J'arrive.
...
Allô ?
T'es où ?
OK. T'as pas vu le manuscrit que j'avais laissé sur la table ?
Ah, d'accord.
Non, pas de souci.
Ouais, OK.
Oui, à tout de suite.
Bon, mon collègue l'a pris.
Je te l'apporte au restaurant ? - Ce midi ?
- Demain.
- À demain midi, alors.
La porte d'entrée s'ouvre.
La porte se ferme.
- Coucou.
- Salut.
- Ça va mieux ?
- Un peu. J'ai pris un cacheton pour dormir.
- Vois un médecin. - J'ai rendez-vous cet après-midi.
- T'as petit-déjeuné ?
- Non.
- Ça va.
On peut commencer.
- OK.
Scratchs
Attends.
Boulot, boulot, boulot...
Faut que tu t'occupes de ta santé.
Soupir de soulagement
Ah.
Tu l'as lu ? - Ouais, en diagonale.
- Et alors ?
- C'est bizarre. Un peu flippant, même.
- Flippant !
C'est juste une histoire.
Pourquoi tu l'as pris ?
Petit rire
C'est quoi ?
- Quelqu'un a mis ça sur mon parebrise. - Qui ça ?
- Tu vois pas l'écriture ?
- Ouais.
- Pourquoi il m'écrit un truc pareil ? - Ben...
De loin, il s'est...
imaginé que j'étais avec Théo et que je le trompais avec toi.
Petit rire
Tu fais quoi ?
- Mon amour...
Laisse tomber, je t'assure.
Un type s'est fait un délire en nous voyant de loin.
C'est tout. Hein ?
- "T'as pas honte de te taper la copine de ton pote, connard ?"
C'est pas un peu flippant ? - Bof...
Le type que j'ai rencontré a rien de flippant.
Son histoire parle de sa mère.
Musique orientale
- Je vous mets de la sauce ?
- Euh, je sais pas.
Mettez à côté.
- C'est fait.
Vacarme de la rue
- J'ai pris à manger.
Toux
C'est mon préféré.
- Tu l'as déjà lu ?
- Deux fois.
Comment tu écris ces histoires ?
- Pourquoi ?
- Comment tu les inventes ?
- Pourquoi tu veux savoir ?
- J'aimerais bien écrire, moi aussi.
- Écrire quoi ?
- Des histoires.
- Ah oui ?
Quelle drôle d'idée !
- J'ai une bonne imagination.
- Tiens, tiens.
Comment tu sais ça ?
- Les prisonniers ont de l'imagination.
- Mmh.
Message RATP
Vacarme du train
- Pardon.
On ouvre la porte d'entrée.
On referme la porte.
Il souffle.
- Aujourd'hui, ça fait 3 ans que je travaille ici.
J'aurais jamais cru en faire mon métier.
Y a pile 3 ans, j'ai fait mon premier bruitage.
Avant,
je n'imaginais même pas qu'on recréait le bruit des pas dans les films.
Quand on a commencé, Nico m'a dit d'être attentive
aux nuances de chaque démarche.
C'était fou.
Je me suis rendu compte que je faisais pas attention à ça.
J'avais pas réalisé que les gens marchaient de façon si différente.
Depuis que j'ai commencé à observer leurs pieds,
les gens me sont plus sympathiques.
Quand ils passent à côté de moi sur le trottoir,
j'ai l'impression de les comprendre,
de sentir ce qu'ils ressentent.
Les pas de chaque personne racontent toute une histoire.
Musique douce
Salut.
Léger brouhaha
- Je peux m'asseoir ?
Je voudrais te parler.
- De quoi ?
Il se racle la gorge.
- Je voudrais parler de toi.
- J'ai rien de spécial.
Ma vie a rien de spécial qui puisse t'être utile.
C'est une vie normale, banale. Comme tous les gens.
Ta mère est vraiment née dans le studio ?
- Oui.
- Pourquoi t'as cru que j'étais avec Théo ?
- C'est qui, Théo ?
- Mon collègue. Celui que tu appelles...
Christophe.
- Je sais pas, c'est...
l'impression que ça donne.
- C'est son frère.
- C'est juste une histoire.
- Alors pourquoi laisser ce truc à Nicolas ?
Dans ce studio, on fait que bosser.
Y a pas de caméras, personne trompe personne.
Théo est pas amoureux de moi.
Mon mec a pas de famille.
Personne veut tuer personne. Parfois, je dors là-bas
parce que je suis crevée, mais seule.
Tu vois, c'est une vie...
banale, répétitive.
- Je peux modifier tout ça.
- Pourquoi ?
- Ben, pour que ce soit plus réel.
- Ça n'aurait plus aucun intérêt.
Je te dis tout ça pour que tu saches que les choses
que tu crois sur nous sont pas vraies.
- Tiens, c'est pour toi.
- Je peux te demander quelque chose ?
Arrête de m'espionner.
Tu me promets ?
- Adam ?
Adam ?
Petit cri de surprise
Oh...
...
Petit cri de surprise
...
- On se voit tout à l'heure.
Essaie de te reposer.
*- Oui, ça marche.
Allez, bisous. *- À tout à l'heure. Bisous.
Elle lui envoie un baiser.
Fin de communication
- Ça a l'air d'aller un peu mieux, non ?
- Ouais, en tout cas,
le moral est bon.
- T'as pas vu mon carnet ?
- Ton carnet ? Non.
- Je peux manger un truc ou tu veux continuer ?
- Non,
bien sûr, mange.
Tranquille.
- Tu veux de la salade ?
- Non, merci, c'est gentil.
Après ce projet, je vais dormir pendant 3 semaines !
- Tu rêves ! Tu connais ton frère,
on va devoir enchaîner.
Waouh.
C'est dingue, cette pluie.
- Je vais prendre le RER.
Elle rit.
- Quoi ?
- Ça me fait penser à l'histoire du gars.
- C'est-à-dire ?
- C'est exactement ce qui arrive.
Il pleut, elle veut prendre le vélo. Y a plus de RER.
Du coup, elle dort ici et son collègue la rejoint.
- Du coup, son collègue, c'est Nico ou c'est moi ?
- C'est Nico.
Parce que toi, t'es mon mec.
Elle rit.
Ils rient tous les deux.
- Ouais.
- C'est un délire...
Petit rire
Pourquoi il a cru qu'on était ensemble ?
- Vu de loin, ça donnerait cette impression.
- Ouais.
Petit rire
Elle soupire.
- Bon, allez, on y retourne ?
...
Vacarme de la rue
Il se passe quoi ?
- Une minute. Désolé !
- Ça va ?
Il soupire.
- Ça recommence ?
Attends.
- Regarde là-bas !
Gémissements de douleur
- Oublie les antalgiques, reste allongé
chez toi, pendant un mois.
- Je te ramène ? - Je vais prendre un cachet d'abord.
- Non,
mais il y a plus rien.
- Je vais aller t'en acheter.
- Putain... - D'accord ?
Là.
Voilà, assieds-toi. - Doucement.
- Oui, je suis là.
Voilà.
Il gémit.
Attends. - Attends, attends.
- Qu'est-ce que tu fous ?
- Pourquoi tu prends pas un jour off ?
- Avec tout ce boulot ? - On s'en fout.
- J'y vais.
- Merci, chérie.
- Ça vous fera 6,90 euros, monsieur.
Merci.
- Votre ticket.
- Merci. - Au revoir, bonne journée.
Bonjour, monsieur.
- Voilà. Merci, au revoir.
Vacarme de la rue
- Pourquoi tu me suis ?
- Je te suis pas.
- Tu fais quoi là, alors ?
- J'ai acheté des pansements pour ma mère.
- J'ai discuté avec toi pour être gentille.
Mais là,
ça me dérange vraiment.
- J'aime bien quand on se parle.
- Tu mélanges tout. Je suis pas ton personnage.
D'accord ?
- Assieds-toi.
- Non, merci.
- Alors va jeter
ces saloperies de souris.
- Je peux les garder quelques jours ?
- Pourquoi ?
- J'ai tué leur mère.
- Assieds-toi.
Tu l'as rencontrée ?
- Qui ?
- La fille d'en face.
- Non.
- Alors pourquoi t'as son carnet ?
- Je lui ai volé.
- Quoi ?
- Dans le RER.
- Pourquoi t'as fait ça ?
- Je voulais la connaître.
- T'es fou.
T'es complètement dingue.
Pourquoi t'as gardé mes manuscrits ?
- J'avais envie de les lire.
- Le store de droite, le moteur était en panne.
À gauche, c'est le capteur de la commande
qui marchait plus.
Nicolas soupire.
- Vous avez bientôt fini ? - Oui, c'est presque terminé.
- Je vais foutre tout le planning en l'air à cause de ce malade.
- On va garder les stores baissés
tout le temps ?
- Sinon, c'est les flics.
- Mais non !
Ça se reproduira plus.
- T'as déjà dit ça.
- C'est pas de ma faute.
Mon amour,
il est 16 h. T'avais pas ton IRM ?
(- Ah merde.)
Je fais quoi avec ce projet ? C'est pour demain matin !
- On s'en occupe.
T'aurais même pas dû venir avec ton dos.
Allez, grouille.
- Théo.
- Ouais ?
- Tu crois que tu peux finir pour ce soir ?
- On va rester avec Nita
jusqu'à ce qu'on ait fini.
- Tiens.
Et après l'IRM, tu rentres te reposer, d'accord ?
- What !
Il rit.
- Quoi ?
- Ça devient chaud, là ! C'est très cool.
Nita rit.
L'ascenseur s'arrête.
...
Bourdonnement d'une mouche
Petit gémissement
- C'est bon ? - Oui, oui.
- Merci encore.
- De rien, au revoir. - Au revoir.
Allez.
- Allez, Nita.
- Y a quelqu'un ?
Y a quelqu'un ?
Grand fracas
Il gémit.
Y a quelqu'un ?
Cris d'effort
- Maria... C'est mon dos.
Vous m'aidez à me relever
s'il vous plaît ?
Appuyez-vous sur moi.
Cris d'effort
Asseyez-vous là.
- Attendez.
- Voilà.
Attendez, je vais appeler à l'aide.
- Non, c'est pas la peine ! Je vous en prie.
- Vous êtes sûr ?
Je suis désolé.
- Non, il y a pas de problème.
Je passais aérer et j'ai vu la lumière. Je me suis demandé qui était là.
- Je voulais voir l'immeuble en face.
Y a un type qui nous espionne.
- C'est qui ?
- Je sais pas, un jeune type.
Il a écrit une histoire sur nous et l'a passée à Nita.
- Je connais les gens dans cet immeuble depuis longtemps,
mais un jeune écrivain, ça non.
Gémissements
Et il y a un problème ?
- Non, j'étais juste curieux. Je voulais savoir qui c'était.
- Attendez, je vous aide à vous lever. - Merci.
- Voilà. - Merci.
- J'appelle vos collègues ? - Surtout pas. Vous allez les inquiéter.
Merci, Maria. - Je vous laisse.
- Et désolé.
*- Allô ?
- Oui, Sylvie, tu peux parler ? * - Oui.
- Oui, le...
*- Oui, pourquoi ?
- Il a fait un truc très bizarre.
- Pourquoi t'as fait ça ?
- Quoi ?
- Tu lui as donné mon roman !
Pourquoi ?
- Pour savoir ce qu'elle en penserait.
- Ah oui ? Et alors ?
- Elle a beaucoup aimé.
- "T'as écrit une histoire intéressante."
- Toi ou moi ?
- Tu l'avais jeté.
- Comment elle l'a lu ?
- Je l'ai récupéré et recopié.
- Et tu lui as dit que tu l'avais écrit ?
C'est ça ?
- Excuse-moi.
- T'es un escroc.
Prends tes affaires et pars.
...
- Vois ça avec celle qui t'a amené.
Et laisse les clés.
- Madame, je prends les livres dans cette pièce aussi ?
- Oui.
Pluie battante
Battements d'ailes
- On en refait une ?
- Non, c'était bien.
- Il en reste combien ?
- Beaucoup.
Elle souffle.
- On peut reprendre demain matin ?
- Non, faut qu'on termine ce soir.
- Je meurs de faim !
- Commande-toi un truc.
- Euh...
Ouais, mais toi ?
- Moi, ça va.
- Allez, on fait une pause.
On prend l'air et on recommence.
- OK, vas-y.
- Allez.
Elle gémit.
On frappe à la porte.
- Bonsoir. - Bonsoir.
- Comment ça va ?
- Et votre petit-fils, ça va ?
Il est rentré à l'école, non ? Qu'est-ce qu'il est mignon !
- Merci.
Au fait, vous avez retrouvé le type ?
- Qui ça ?
- Le gars d'en face, l'écrivain.
- Comment vous êtes au courant ?
- C'est votre collègue.
Il cherchait à le retrouver.
- Il exagère toujours. C'est rien d'important.
- Nita ?
- Oui ?
- Vous êtes comme ma fille, alors...
je dois vous dire quelque chose.
- Oui ?
Y a un problème ?
- Tout à l'heure, votre collègue était dans l'appartement d'à côté.
Je me demande s'il vous épiait pas.
Grondement de l'orage
- Si ça se trouve, il y est vraiment allé pour...
essayer de trouver la fenêtre du mec d'en face.
- Je sais pas.
- Pourquoi il nous espionnerait ? Enfin...
- Je sais pas.
Il croit qu'il y a quelque chose entre nous.
- Pourquoi il croirait ça ?
- Tu le connais mieux que moi.
- C'est-à-dire ?
- Il est méfiant.
Il soupçonne tout le monde.
- Même moi ?
- Ou moi.
- Non, j'y crois pas.
Pluie battante
Programme télévisé
Bips
Il ouvre la porte.
On ferme la porte.
...
Clapotis de l'eau
OK.
Elle souffle.
Il souffle.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Pourquoi tu me regardes comme ça ?
- Je me demande
ce que Nico est allé imaginer sur nous...
Il croit qu'on couche ensemble
dès qu'il a le dos tourné ?
Petit rire
Elle soupire.
- Monsieur !
On ferme dans 5 minutes.
Pas rapides dans l'herbe sèche
Bruits sourds
Elle soupire.
- Ça va pas ?
Ça va aller.
Hein ? Ça va aller.
Il souffle.
Après, ça peut se comprendre...
Son inquiétude.
- Inquiétude ? Pourquoi ?
- Je vais pas te faire un dessin,
mais t'es très attirante...
T'es....
- Arrête ! Franchement, s'il te plaît.
- Je te jure, c'est une raison suffisante pour un mec.
Pour être soupçonneux.
- T'es son frère !
- Ouais, je suis son frère.
Mais beaucoup plus jeune.
- N'importe quoi.
- C'est pas ça qu'il a écrit dans son roman ?
Ça vient pas de nulle part.
- Allez.
On a pas fini la scène. - Attends !
Assieds-toi, on a le temps.
Juste, je sais pas...
Il soupire.
Laisse-moi te regarder.
(- Qu'est-ce que tu fais ?)
Théo, non.
Théo, non.
Arrête, s'il te plaît.
S'il te plaît, arrête. S'il te plaît !
Arrête !
Mais arrête !
Cris d'effort
Halètements
- Attends...
Excuse-moi,
je suis désolé. Je sais pas ce qui m'a pris...
Excuse-moi, Nita.
- T'approche pas de moi !
- Me parle pas.
- OK.
Nita... - T'approche pas de moi !
- Je sais pas ce qui m'a pris.
Je suis tellement désolé...
- T'approche pas de moi !
- Je suis désolé.
- T'approche pas !
- Nita...
Putain !
Halètements
Elle sanglote.
Putain...
Oh putain...
Nita ?
S'il te plaît, écoute-moi.
Je sais.
Je sais pas ce qui m'a pris, je suis désolé.
J'ai pété un plomb. J'ai tellement honte...
J'ai tellement honte.
Oh putain, j'y crois pas ! Oh putain...
Nita, s'il te plaît.
Je voudrais juste qu'on puisse parler.
Une minute. On discute. - Non.
- On peut s'assoir pour parler, s'il te plaît ?
Nita.
Je t'accompagne à la station. Comme ça, on peut...
Attends, s'il te plaît ! Hé !
C'était juste un accident. Je sais pas ce qui s'est passé.
Je voudrais juste qu'on puisse s'asseoir
et discuter deux minutes.
- Laisse-moi sortir ou j'appelle la police.
Elle claque la porte.
Grondement de l'orage
Message RATP
Sifflet d'un train
...
- Je t'ai suivie pour te donner quelque chose que j'ai écrit.
- Hé oh !
Tu veux quoi ?
- Il veut rien. Laisse-le tranquille, pars.
Va-t'en ! - Tu cherches quoi ?
- Je lui donne quelque chose.
- Pour quoi faire ?
- Pour savoir ce qu'elle en pense.
Théo déchire le papier.
- Pourquoi tu fais ça ?
- T'as écrit ce roman de merde ?
Tu sais ce que j'en pense ?
- S'il te plaît. - Demande-moi.
Tu veux savoir ce que j'en pense ?
- Non ! - Laisse-moi, s'il te plaît !
- Non !
- Lâche-moi !
- Mais arrête !
Arrête !
Arrête !
Oh putain !
Fais voir.
Ça va ?
Halètements
Tu dégages. Tu pars.
- C'est bon. - Tu pars.
Ça suffit ! Non !
- Connard !
- Arrête !
Tu te calmes !
Non ! - Connard !
Viens là !
Reviens, fils de pute !
Arrête-toi. Arrête-toi, je te dis !
Arrête-toi !
Vas-y, j'appelle les flics.
T'es un connard !
- Peut-on devenir écrivain quand on a jamais écrit une ligne ?
Quand on a aucun autre talent que celui d'imaginer,
de mentir,
parfois de faire des petits vols ?
Quand on sait même pas quand, ni où,
ni depuis le ventre de quelle mère
on a été projeté dans le chaos du monde ?
Sonnette
On ouvre la porte.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il sanglote.
On ferme la porte.
- Théo...
- Salut.
- T'es pas rentré
chez toi hier soir ?
- Non, j'ai bossé tard.
- T'as fini ?
- Presque, ouais.
- Qu'est-ce que t'as, là ?
- Hein ?
- Il t'est arrivé quoi ? - Rien.
- Laisse-moi regarder.
- Ça va.
Je me suis battu.
- Avec qui ?
- Avec le connard d'en face !
- L'écrivain ? - Oui.
Il s'est pointé dans le RER.
Il commençait à emmerder Nita.
- T'as appelé les flics ?
- Non, il s'est barré.
- C'est pas possible,
on peut pas continuer comme ça !
- C'est un malade.
Mais après hier, il va pas revenir.
Tu sais laquelle c'est,
sa fenêtre ?
- Non.
- Et Nita, elle sait ?
- Je sais pas.
Bips
- Ah...
- Ça va ? - Oui.
- J'ai essayé de te joindre,
mais tu répondais pas.
- Euh... J'ai pas entendu.
- T'es sûre que ça va ?
- Oui.
- Il était pas dans le coin ce matin ? - Qui ?
- Ben, le type qui t'a embêtée. - Ah, non.
Nicolas soupire.
- Tu sais lequel c'est, son appartement ?
- Non.
Tu vas où ?
- Je reviens.
Petits bruits
- Salut.
- T'es là.
- Je...
Je me suis endormi ici.
- Au moins, t'as pu dormir.
T'as oublié ta promesse ?
Tu te rappelles ?
Tu devais plus venir travailler.
- Nita, j'ai demandé pardon, j'ai dit...
On va pas foutre notre vie en l'air pour une connerie de quelques secondes.
Moi, j'ai besoin de ce taf.
On peut trouver le moyen de passer à autre chose, non ?
- Non.
Moi, je peux pas.
- C'est pas juste un frère pour moi.
C'est toute ma vie.
Roucoulements de pigeons
La porte cochère se referme.
- Bonjour, madame.
Pardon de vous déranger. Je travaille en face
et je cherche un homme qui habite par ici,
d'une vingtaine d'années.
- Je le connais pas.
Mais je crois qu'il écrit des trucs.
- Celui que votre collègue a frappé hier soir ?
- Vous le connaissez ?
- Vous lui voulez quoi ?
- Juste lui parler.
- De quoi ?
- Je voudrais le prévenir
que la prochaine fois, c'est les flics.
- OK.
- Vous êtes sûre qu'il va s'arrêter ?
- Oui.
J'en suis sûre.
- Merci.
Vous avez lu son roman ?
- Oui.
- Vous savez ce qu'il a pu voir pour écrire ça sur nous ?
- Rien de particulier.
- Pourquoi ces conneries ?
- Qu'est-ce qui vous gêne ?
- Ça n'a rien à voir avec nous.
- Alors pourquoi vous êtes si énervé ?
Comment un canard peut entrer dans une bouteille ?
- Pardon ?
- Un canard...
Comment ça entre dans une bouteille ?
- De quoi vous parlez ?
- De l'imagination.
Le canard est vrai, la bouteille est vraie.
Pas le canard dans la bouteille.
C'est juste de l'imagination.
Pas de quoi s'énerver.
- Alors ? - C'est réglé.
Sa mère m'a promis qu'on le verrait plus.
Où est Nita ?
- Elle est là.
- Quelle heure il est ? On est super à la bourre.
Il approche.
Il t'embêtera plus.
On y va ?
(- OK.)
- Sa mère m'a dit
que tout était imaginaire.
Hein ? Tout va bien. Allez.
Allez, on s'y met.
Elle souffle.
- Tu devais partir dans une semaine. Je t'ai trouvé un appart,
j'ai signé le bail.
- Tu annules.
- Mais qu'est-ce qui se passe ?
Explique-moi. Deux secondes !
Explique-moi !
Sylvie râle.
- Baisse d'un ton.
Il dort. - Comment ça, il dort ?
Qu'est-ce qu'il fait là ?
Et il dort ?
Assieds-toi, bordel !
Elle râle.
On devait vendre
et chacune prenait sa part. - Oui,
mais j'ai changé d'avis.
- Et pourquoi ?
- Je veux rester.
- La moitié m'appartient.
- Alors vends-la.
- Mais qui va acheter la moitié d'un bien ?
Mais non !
Non ! Tu dois partir !
- Tu ne décides pas pour ma vie.
- Tiens ta parole !
- Me parle pas comme ça chez moi.
- Chez toi ? - Oui, je suis chez moi.
Je vis ici depuis toujours. Et tu ne me parles pas comme ça.
- Bon, écoute...
La petite doit naître dans 5 mois.
Je comptais sur cet argent.
J'en ai besoin.
- Je suis désolée.
- Tu veux un procès ? Je vais t'attaquer, si tu veux.
- Je ne peux pas partir !
Elle claque la porte.
- Je peux partir.
- Non, tu pars nulle part.
Bruissements du vent
- C'est bon.
- C'est fini ?
- Pour le moment, oui.
Où tu vas ? - Je me sens pas bien.
Je vais prendre l'air.
- Je t'accompagne ?
- Non, je reviens.
- Qu'est-ce qu'elle a ?
- Je sais pas...
Ça doit être à cause de ce type.
Vacarme de la rue
Qu'est-ce qui se passe ?
- Prépare la suivante, je reviens.
Nicolas ouvre la porte.
Il la referme.
- Je me sens pas bien.
J'ai besoin de faire un break.
- Avec tout le boulot qu'on a ?
- Je sais bien. Je...
Je veux pas travailler.
- Comment ça ?
- Je suis épuisée.
- OK, rentre te reposer et on se reparlera demain.
- Non, trouve quelqu'un pour me remplacer.
- N'y pense même pas ! Avec le retard qu'on a...
Qui te remplacera au pied levé ?
Attends ! Assieds-toi, s'il te plaît.
Assieds-toi.
Qu'est-ce qui va pas ?
Hier, t'étais bien.
C'est à cause de ce bouquin de merde ?
- Non, pas du tout.
- Alors quoi ?
- C'est lui. Il a changé.
- Lui, qui ?
Théo ?
- Je veux pas en parler.
- Et pourquoi ?
- Parce que c'est ton frère.
- Alors pourquoi tu m'as fait venir ? - Pour te dire
que je voulais arrêter de travailler.
- Il s'est passé quelque chose entre vous ?
- Il s'est excusé au moins cent fois.
- Excusé de quoi ?
- D'avoir essayé de...
me forcer.
Il souffle.
- Il a fait quoi exactement ?
- Il a essayé.
- Comment ?
Nicolas soupire.
Oh putain...
Oh putain...
Bon, on y va.
- Je veux plus le voir.
- Faut que je lui parle.
- Pour lui dire quoi ?
- Pour lui dire...
Je sais pas ce que je vais lui dire.
Oh putain...
Il manquait que cette merde au milieu de ce putain de projet !
- Bonjour.
- Merci.
- C'est la première fois ?
- Oui.
- Jamais un...
Je sais pas,
un mot, un geste déplacé ?
- Non, jamais.
- T'es sûre ?
- Ça change quoi ? - Pour moi, ça change.
Est-ce qu'il l'a fait d'un coup ou il l'avait prévu ?
- J'avais rien remarqué. Mais toi, apparemment,
t'avais des raisons de douter. - De qui ?
De lui ?
- Ou de moi.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- T'étais dans l'appartement d'à côté, hier.
- Je dois prendre une décision.
Si je le dégage, que deviendra le projet ?
La boîte ?
On va tout mettre sur pause.
- Tu veux que je travaille, comme si de rien n'était ?
- Non, mais...
Je vais m'en débarrasser.
Quand j'aurai trouvé un remplaçant.
Pour le moment, on va finir le projet avec lui.
T'attends quoi de moi ?
- J'attends rien.
- C'est pas une décision simple. C'est mon frère.
Mets-toi à ma place, s'il te plaît.
- Tu sais...
Je te comprends plus.
J'ai plus l'intention d'essayer.
- Je vais essayer de trouver un moyen
pour m'en débarrasser.
Nita...
Vacarme de la rue
*- Je crois que c'est le nouveau protocole qui fait ça.
Le docteur nous l'avait dit ? J'ai oublié.
- Ouais, ils ont dit que ça pouvait arriver.
De toute façon...
Là, faut que tu te reposes, et puis...
*- Quoi ? T'es pas tout seul ?
- Y a Nico qui vient d'arriver.
*- Ah. Tu l'embrasses de ma part.
- Ouais, ça marche.
Je vais venir vite, OK ?
*- Je vais aller m'allonger.
- Ah ben, Charline te passe le bonjour.
- Salut.
*- Ça va mieux, ton dos ?
- Ouais... Et toi ?
*- Pas terrible.
Il lui envoie un baiser.
À bientôt.
- Donc... Ouais, écoute, je...
Quelle heure il est ? Je vais faire au plus vite.
Nico ?
Faudra que je parte plus tôt pour aller à l'hôpital.
- Ouais.
- OK.
*- Merci, chéri.
Vacarme de la rue
Elle passe l'aspirateur.
Sonnette
- Bonjour.
Je viens pour mon carnet.
- Quel carnet ?
Il a tout avoué là.
- Je lui dirai de vous le rapporter.
- Je travaille plus là-bas.
- Entrez.
...
Tu veux pas lui donner toi-même ?
- Non.
...
- Tenez.
Quelque chose ne va pas ?
(- Non.)
Tout est parfaitement...
normal.
Vous lui avez dit que j'étais là ?
- Oui.
- C'est très beau, ce qu'il a écrit.
La porte se ferme.
...
- C'est bien, pour un début.
La porte grince.
- À demain ?
- T'es en voiture ?
- Hein ?
- Tu es en voiture ?
- Euh...
Oui.
- Attends-moi en bas, je vais faire un bout avec toi.
- OK.
La porte se ferme.
...
Vacarme de la rue
- Excusez-moi ?
Vous auriez un stylo ?
- Euh...
- Merci.
Musique douce
Sous-titrage TITRAFILM
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.