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Je crois que j'ai toujours été douée pour les mots.
Dans mon métier, c'est aussi important de savoir décrire ce que je fais que de
faire ce que je fais.
Quand savoir dire quoi, quelle parole choisir.
Il y a des hommes qui détestent certains mots, qui ne supportent pas certains
gestes, alors que d'autres leur sont indispensables.
C'est mon travail que de savoir où placer mes mains.
Mes lèvres, ma langue, ma jambe, et même mes pensées.
Où je dois appuyer ? Combien de temps ? Et quand m'arrêter ?
Je peux devenir votre premier baiser ?
Ou la page arrachée à un playboy que vous avez trouvé quand vous aviez onze
ans ? Suis-je votre secrétaire ?
Suis-je votre fille ? Ou peut-être cette prof de maths que vous détestiez en
cinquième ? Ce que je sais, c'est que si je suis habile, je peux donner une vie,
une respiration et un souffle à vos rêves.
Et puis je peux totalement... disparaître.
Docteur Stewart ?
Votre dernière patiente est là.
Je viens. Merci Julie.
Vous avez été réglée à quel âge ? J'avais 14 ans.
Qu'est-ce que vous faites comme métier ? Je suis danseuse.
Ah oui ? Quel genre ? Danseuse classique.
Vous utilisez une contraception ? Non.
Vous avez envie d'un bébé ? Non, pas du tout non.
Vous ne prenez aucune précaution ?
J'ai jamais eu d'orgasme.
Au cours des rapports ? Bon, ça va. Merci.
J'ai presque pas de rapport sexuel.
J'ai jamais trouvé ça très intéressant.
Vous savez, un orgasme, c'est simplement une série de contractions musculaires.
C'est tout. On le provoque en manipulant le clitoris. Ça n'a rien de mystérieux.
Et ça n'a rien non plus de magique.
Je vais vous donner de quoi vous documenter. Merci.
Rhabillez-vous. Oui.
Et là, nous sommes à la scène 2, où Le Borrello fait la liste des conquêtes de
Don Juan.
Pays après pays, âge après âge, femme après femme.
Est-elle gentille ou cruelle ? Une paysanne ou une princesse ? Seule ou
mariée ? Comme il le dit, ça n'a guère d'importance pourvu qu'elle porte le
jupon.
Si on regarde le titre de cet air qui s'appelle... Vous.
Madame Mina, il catalogue est questo. Et quelles sont les paroles ? Monsieur.
En Italie, 640. En Allemagne, 231.
En Espagne, 1003.
1003.
Amante que Don Giovanni a eu rien qu'en terre espagnole.
Un homme vraiment très occupé.
Oui ? On est plusieurs à vouloir vous inviter à dîner. Vous viendriez ?
Merci, ça me touche et je suis terriblement flatté, mais... Il se
trouve que c'est mon anniversaire ce soir et... J'ai un vol qui me ramène
chez moi dans une heure et demie.
Bonjour,
vous allez bien ? Vous avez un verre ? Ok.
Les cadeaux vont dans mon bureau.
Je sais que je t'étranglerais si tu me faisais un coup pareil.
Tu es vraiment très courageuse.
J'ai changé de robe au moins 20 fois. Comment je suis ? Tu es magnifique.
Quand est-ce qu'il va arriver ? Son vol a atterri il y a 40 minutes. Alors, d'un
instant à l'autre.
Tiens, voilà.
Merci.
Alors ? Mickaël, ton père sera là dans 5 minutes. Viens un peu
avec nous.
Où est passé le petit garçon qui venait s'accrocher à mes jambes ? Sa copine
doit déjà être entre les siennes. Non, c'est horrible d'aller dire ça à une
mère. Il a l'air d'aller beaucoup mieux. Oui, c'est vrai.
Trina, voilà Catherine.
Votre hôtesse et ma consoeur.
Bonsoir, ravi de vous connaître. Vous avez une maison incroyable. Merci.
C'est sûrement lui. Silence tout le monde !
Allô ? Catherine ? Oui, chérie.
Où tu es ? Je vais avoir un peu de retard.
Ah bon ? J'ai eu l'aéroport, ils ont dit que l'avion avait atterri.
J'ai manqué le départ de cinq minutes.
Et comme de toute façon, tu ne pouvais pas venir me chercher... Bon, et quand
est-ce que tu penses être à la maison ? Le prochain vol est dans deux heures.
Je crois que tu dormiras avant que je sois rentré.
Écoute, je suis désolé.
Eh bien, demain matin, alors.
On dirait que la surprise est pour nous.
Il n'a pas eu son avion.
On n'a qu'à louer un charter et aller le surprendre là-bas.
Je dois avouer que ça ne faisait pas partie du programme, mais ce n'est pas
une raison pour ne pas s'amuser. D'accord ?
Michael, il faut que ton ami s'en aille, il est tard.
Je suis désolé.
J'aurais mieux fait de te le dire.
Oui, t'aurais dit.
Mais ça aurait pu être une surprise.
Je sais, mon âge.
Je crois que je préfère oublier mes anniversaires. Je trouve ça tellement...
Embarrassant.
Les cadeaux sont dans mon bureau.
Le mien, c'est la bouteille de scotch.
Je rentrerai encore tard ce soir. Il y a cette galère de comité d'attribution des
bourses. Mais là, t'as un peu de temps. Je m'arrêterai prendre un café en route.
Bonjour. Mikaël, ma mère est trop gloire, elle me fait un petit culasse.
Enfin Mikaël, est-ce que tu te fiches de moi ? Je viens juste d'arriver.
Tu mens.
Je ferais mieux d'y aller.
Écoute, papa est au courant.
Tu l'as dit à ton père ? Elle reste chez moi toute la nuit et personne ne m'en
parle ? Anna, elle s'appelle Anna.
Vous vous protégez ? On a des capotes.
Je veux pas de ça tous les soirs.
C'est compris ?
A tout à l'heure. A tout à l'heure. Bonsoir, chérie. Au revoir.
Par ici.
Bonsoir.
Bonsoir. Tu t'es attaché les cheveux ? Oui, David l'a pas remarqué.
Bonsoir. Oh, il préfère quand tu les lâches. Qu'est-ce que tu en sais ? Comme
tous les hommes, il les imagine enroulés autour de son... Ça va, ça suffit,
Franck.
Je vous en prie.
Pardon, chérie.
Bonsoir.
Salut, David.
Salut, Franck.
Alors ?
Bonsoir, mesdames. Bonsoir, monsieur.
Qu'est-ce que vous aimeriez boire ? Quel vin est-ce que vous aimez, Delia ? Moi ?
Je trouve le Mébac très bien.
C'est un vin intense, fruité, qui a du corps.
Ah.
Bon, eh bien, c'est ça que je vais prendre, alors.
Excellent choix.
Et madame ? La même chose.
Où sont les lavabos ? Franck ? Oh, là, derrière.
Ça ne va pas ? Si, si, ça va, merci.
Je peux vous aider ? Y a pas
de papier.
Je vous en passe.
Tenez.
Les hommes sont des salauds.
Merci. Je vous en prie.
Vous avez perdu ça.
Ce n'est pas à moi.
Prenez-le quand même.
Pourquoi ? Parce que j'en ai envie.
Excusez-moi, mon mari m'attend.
Oui, tout de suite.
On joue à repérer les putes.
C'est amusant.
Oui, c'est un très bel hôtel et il y a des tas de messieurs en déplacement
professionnel. C'est excitant.
Et elles se mélangent aux gens normaux. Parce qu'elles ne sont pas normales ? Je
ne sais pas vraiment à quel point.
T'as déjà payé une fille ? Moi ? Quelle question.
Ce n'est pas une habitude.
J'aime payer. Oh, épargne-moi ça. Quand tu as envie d'un petit dépoussiérage
sans répercussion sentimentale, et que tu veux éviter les scènes, alors tu
payes.
Non ?
Tu trouvais la serveuse sexy ? Laquelle ? Celle avec qui tu as flirté.
Je t'en prie, je voulais seulement être gentil.
Les gens sont si souvent désagréables avec le personnel.
Oui, alors tu es super gentil pour compenser un peu.
Tu as couru pour avoir ton avion ? Quoi ? Tu m'as dit que tu l'avais raté d'une
petite minute, alors tu as dû courir.
Non, j'ai dit de quelques minutes.
Est-ce que tu as intentionnellement raté l'avion à New York ? Quelle différence
ça peut bien faire de savoir si je l'ai manqué intentionnellement ou pas ? Eh
bien parce que tu as dit que c'était involontaire et c'était ton
anniversaire. Mon anniversaire surprise.
C'était ni involontaire ni volontaire, c'était comme ça.
T'as été boire un verre ? Non.
Qu'est-ce que je vous sers ?
Un chardonnay, s'il vous plaît. Tout de suite.
Vous m'offrez un verre ? Vous voulez quoi ?
Qu'est-ce que vous buvez ? Voilà.
Un autre chardonnay pour elle.
Très bien.
Je rencontre rarement des femmes.
Des couples, oui, mais... Des femmes seules, jamais.
Voilà. Merci.
Mon mari vous apprécierait.
Vous choisissez les femmes pour lui ? Non.
Il ne peut pas se déplacer ? Non.
Pourquoi ?
Quel est votre nom ? Chloé.
Je pense que mon mari me trompe.
Enfin, je crois.
Je veux savoir ce qu'il en est.
Et comment il réagira si vous... Si vous lui faites du charme.
Presque tous mes clients sont mariés.
Ce n'est pas lui le client.
De quoi il a l'air ? Il est grand, bien
bâti.
Il a les cheveux châtains.
C'est un très bel homme.
David déjeune généralement au café Diplomatico.
Et il lit presque toujours le journal en mangeant.
Et s'il me demande ce que je fais dans la vie, qu'est-ce que je lui dis ? Dites
que vous êtes étudiante, que vous voulez devenir interprète.
Vous parlez de langues étrangères ? Un peu de japonais.
Parfait.
Excusez-moi.
Pardon, je peux vous prendre le sucre ? Bien sûr.
Merci.
Vous me reconnaissez pas ? Je n'étais pas sûre.
Je l'ai vu.
Il lisait le journal, comme vous me l'aviez dit, et j'ai demandé de me
donner le sucre.
Il faisait semblant d'être très absorbé.
Et ensuite, il s'est levé, il est venu vers moi.
Il a demandé si j'étais étudiante et j'ai dit que oui, que je faisais des
études de langue, que j'apprenais le japonais.
Alors il m'a demandé de lui dire quelque chose en japonais, ça m'a intimidée
et... J'ai juste dit konnichiwa.
Et ensuite il m'a demandé mon nom et j'ai dit Chloé.
Ok.
Très bien.
Il s'est rien passé.
À part qu'il s'est approché et vous a parlé.
Une jolie fille, dans un café.
Il n'a pas flirté, il était... gentil.
Il est mignon.
J'essaie de trouver quelque chose à aimer chez tout le monde.
Même une toute petite chose.
Ça peut être un sourire, simplement.
Il y a toujours quelque chose.
Forcément.
J'essaie de me montrer généreuse.
Je fais des trucs dont j'ai pas envie du tout.
Je... J'essaie de pas être trop critique.
Et il m'arrive des choses improbables.
Comme quoi ? Vous.
Moi.
Oui.
Des personnes comme vous qui débarquent dans ma vie.
J'ai mis l'argent dans l'enveloppe.
Je veux recommencer une dernière fois juste pour voir ce qu'il fait.
Et après on arrête, d'accord ? D'accord.
Écoute, Mickaël, c'est pas comme si on était fiancés, ok ? Et puis d'autres
garçons, ça n'a rien à voir avec toi.
Ok.
Je voudrais qu'on se voit, c'est... trop bizarre.
Bah tu me vois là, non ? Oui, mais je voulais dire face à face, ça c'est... c
'est de la merde.
Oui, je sais, mais on est face à face, alors on n'a qu'à... On ne casse pas
avec les gens comme ça sans raison.
C'est sûr qu'il y a quelqu'un d'autre.
C'est juste que...
On va voir nos examens, Mickaël, et moi, je veux pas me sentir coincée.
Par toi ou par qui que ce soit.
Fais chier, maman ! Tu étais avec qui ?
Les élèves ? Mais c'est bon, on a fini.
Notre petit garçon s'est fait plaquer.
Comment tu le sais ? Je sais pas ce qui me perturbe le plus, qu'il couche avec
elle ou que ça s'arrête.
T'en as parlé avec lui ? Il ne me parle pas.
Catherine, ça finira par s'arranger.
Je sais plus quoi faire avec lui, j'y arrive plus.
T'inquiète pas pour lui.
Il fait une psychothérapie, il va certainement aller. Est-ce que tu savais
que sa petite amie dormait chez nous ? Je t
'en prie, tu te rappelles comment c'était ? Hé, qu'est-ce que tu dirais de
goûter ce whisky ? Non, j'ai mal à la tête.
Prends une aspirine. Ça y est.
Prends-en deux.
Merci pour le scotch.
Et merci pour ce foutu anniversaire surprise.
Ton sourire m'enchante.
Qu'est-ce que tu racontes ? Quand est-ce qu'on
a arrêté de venir se chercher à l'aéroport ? J'en sais rien.
Et de s'attendre l'un l'autre à la sortie.
Je sais pas, j'arrive pas à me rappeler depuis quand on le fait plus.
Toutes ces mesures de sécurité.
Je suis sérieux.
J'en sais rien.
On est tellement pris.
Quoi ? J'ai au moins une trentaine de dissertations à lire et à corriger pour
demain. Tu devrais te mettre au travail. Et toi, ça va aller ? Oui, bien sûr.
J'ai rencontré Anna et j'avais jamais été aussi amoureux de ma vie. Elle m'a
complètement... Toi, papa, est-ce que c'était comme ça avec maman ? Est-ce que
c'était comme ça au début ? Tu te souviens, je te demandais toujours de me
raconter comment vous étiez connus.
C'était la plus belle femme que t'avais jamais vue.
Et elle était tout ce que toi, t'étais pas.
Ils sont formidables.
Je suis désolée, je sais pas, je sais vraiment pas ce qui m'a pris. Je passais
par une phase d'insécurité, c'est probablement la crise de la quarantaine,
rien de plus. Alors on oublie tout ça et on laisse tomber.
Mais on s'est vu.
On arrête. On s'est vu aujourd'hui à midi.
Vous vous êtes vu où ça ? Je suis retournée au café et je me suis
approchée de lui comme vous me l'aviez dit et on est allé déjeuner.
Vous avez déjeuné ensemble ? Oui, on a fait un pique-nique, enfin...
On a pris quelques sandwiches, et ensuite, je l'ai interrogé sur ses
cours, et il a commencé à me parler de musique.
Et il... Il me regardait fixement.
Et ensuite ? Il a demandé s'il pouvait m'embrasser.
Je vous ai pas dit de le faire.
Mais ensuite, il a dit qu'il m'embrasserait pas parce qu'il était
marié.
Vous voyez, au début, il a hésité. Au début.
Et ensuite, il m'a demandé de l'emmener quelque part où il pourrait m
'embrasser sans qu'on nous voie. Et je lui ai dit qu'on pouvait aller au jardin
à l'âne.
Vous savez, en bas de l'avenue, là où il y a ces grandes serres.
Vous préférez que j'arrête ? Non.
On a traversé une espèce de grand couloir rempli de plantes exotiques.
Il n'y avait personne.
J'adore ce jardin.
Il y fait chaud, ça sent fort et tellement bon.
On dirait qu'on est dans un autre pays.
Et au fond, il y a une pièce où il range les outils et le reste.
Personne n'y va jamais.
C'est comme un endroit secret.
Il a approché sa bouche de mes lèvres et on est resté comme ça pendant longtemps.
Je sentais son excitation à travers son pantalon.
Je vous avais demandé d'approcher mon mari pour voir comment il allait réagir
et me faire votre rapport après.
Je ne comprends pas ce que vous voulez.
Je n'aurais pas dû vous mêler à tout ça. J'ai fait une bêtise.
Désolée, j'ai essayé de me dégager, j'espère que votre parcheur n'a rien.
Excusez-moi.
Et vous trimballez ça dans votre voiture ? On sait jamais, ça peut servir.
Pas la peine de le couper.
Attendez.
Je vais l'enlever.
Appuyez.
Ça va arrêter le saignement.
Je vais voir une cicatrice. Non, je pense pas.
On se cachait au cœur de cette forêt de plantes exotiques, d
'arbres, de fleurs.
Et on pouvait entendre des voix au loin, mais on était presque sûrs que personne
ne nous voyait.
J'ai glissé ma main dans son pantalon et je l'ai touchée.
Et ensuite, j'ai bougé la main doucement.
Et j'ai continué à bouger la main lentement dans son pantalon.
Et là, il m'a dit, je jouerai pas, je peux pas, faut que je parte.
Mais j'ai laissé ma main.
Et j'ai mordu sa langue.
Et là, il a joué dans ma main.
Et après ?
Il devait aller travailler, alors il est parti.
Je ne voudrais pas me montrer grossière, mais...
Il faut vraiment que vous soyez propre et saine.
Non, non, j'ai fait les tests. Tous les tests, je veux dire, la syphilis et le
reste. Je peux voir les résultats. D'accord, oui.
Mademoiselle ? Je suis venue voir Catherine.
Vous avez rendez-vous ? Le docteur est avec une patiente.
J'ai pas de rendez-vous, je suis une de ses amies.
D'accord, elle devrait avoir bientôt fini.
Vous voulez vous asseoir ? Merci.
Bonjour Michael.
Votre mère est avec une patiente. Je suis juste passé prendre mon smoking. Il
est dans son bureau.
C'est le grand récital ce soir.
Ouais.
Je vais photocopier ma musique.
T'es le fils du docteur Stewart ? Ma mère est votre gynécologue ?
Tu lui ressembles.
Moi ? Non, je crois pas du tout.
Si, t'as le même regard. Tes yeux n'ont pas leur couleur, ni leur
forme, mais... le regard.
Et aussi la bouche.
Je m'appelle Chloé Sweeney. Ah.
Michael Stewart.
Enchantée.
T'es musicien ? Non, c'est... Enfin, ça fait partie de ce qu'on attend de moi.
De travailler la musique.
J'aurais bien aimé qu'on me donne des leçons.
J'adore la musique.
Classique ? Raised by Swans.
T'as jamais entendu parler de ce groupe ? Euh, non.
Ça te plairait ? Je suis sûre que ça te plairait.
J'ai fini avec mes rendez-vous, là ? Manny Motors a appelé, la voiture est
prête. Alicia vous attend pour déjeuner.
Et votre fils est au fond, il fait des photocopies.
Bonjour, docteur.
Voilà tous les résultats.
D'accord, merci de me les avoir apportés.
Je peux vous voir ? Non, je regrette. Demandez un rendez-vous.
Il faut... Oui, mais vite.
C'est... C'est mon fils.
Vous vous êtes parlé tous les deux ?
Je suis venue à propos de cet après-midi.
C'est aujourd'hui.
Aujourd'hui ? Oui, après le déjeuner.
Ok ?
T
'as mon smoking ? Merci.
Je suis si contente.
Pourquoi ? Pour ce soir, parce que je vais t'entendre jouer.
Je t'ai mis un mot pour de bonheur dans ta veste.
Ok.
Merci, maman.
Comme tu dis.
Elle dit qu'elle n'endort plus, qu'elle passe ses nuits à essayer d'imaginer qu
'elle ne verrait ses enfants qu'un week-end sur deux, que c'est tout de
suite ses forces.
Alors elle reste avec lui. Mais pour l'instant, ça ressemble à de la survie.
Elle pourrait l'emmener chez un conseiller conjugal. Je ne veux pas en
entendre parler.
Je l'ai vue avant-hier.
Elle était dans un état lamentable, la pauvre.
Qu'est-ce qu'on peut faire pour elle ? Je ne sais pas trop. L'entourer, l
'encourager.
Qui c'était ? Une patiente.
Qu'est-ce qui ne va pas, Catherine ? Ça va.
Écoute, je peux comprendre.
S'il commence à rater ses avions et qu'il passe plus de temps à
travailler... Tout va très bien avec David, on en a parlé tous les deux. Il a
vraiment manqué son avion, c'est tout. C'est pas l'homme le plus organisé qui
soit. Non, en fait, c'est de toi que je parlais.
Tu as un amant ? Moi ? Non, non, Seigneur, non, non.
Tu as l'air d'une fille qui a une liaison.
Ce que j'ai, c'est qu'il y a une de mes patientes enceinte qui panique chaque
fois qu'elle reçoit un coup de pied ou qu'elle a une crampe, parce que ça la
terrifie de devenir mère.
Alors j'ai décidé de lui tenir la main.
Et là, il faut vraiment que je la rappelle.
On avait fini d'ailleurs.
Merci pour le déjeuner.
Au revoir.
Chloé ?
Non, non, non, pas là.
Sur le fauteuil.
Bon.
Allez-y.
On s'est retrouvés au parc et cette fois...
Il n'avait pas à porter de sandwich.
On est venu dans cette chambre.
Il a mis les nouvelles.
Il fait semblant de s'y intéresser. Je me suis assise à côté de lui.
Et puis, il s'est tourné vers moi.
Il m'a embrassé.
Et il a murmuré, on baise.
On a essayé.
Mais il n'arrivait pas à bander.
Il était affreusement gêné.
Mais je lui ai dit que ce n'était pas grave.
Que ça me plaisait de penser qu'on pouvait attendre un peu plus longtemps.
À ce moment-là, il était habillé. Moi, j'étais complètement nue.
Ça vous excite un peu ?
Il voulait garder ses vêtements.
Il était assis là, sur la banquette.
Il m'a dit de venir entre ses jambes.
Je l'ai pris dans ma bouche.
Il est devenu dur.
Ça va pas ?
Je crois que j'ai attrapé un rhume.
Vous vous soignez ? Non.
C'est rien, je prends du zinc.
Il a jouit dans votre bouche ? Non.
Je l'ai attiré vers moi, je lui ai mis une capote.
Je l'ai enfourché.
Et il a joui presque immédiatement, après m'avoir pénétrée.
J'ai écrasé mes seins sur son visage.
Vous voulez recompter ? Non, ça va.
Vous croyez que le zinc, c'est vraiment efficace ? Oui, si on prend un temps, ça
marche, ouais.
C'est quoi le parfum que vous portez ? C'est une crème.
Tenez.
On faisait toujours tout ensemble.
On pouvait pas se séparer.
Même pendant une heure.
Quand on avait un rendez-vous, on s'attendait mutuellement et on adorait
ces moments d'attente juste pour le plaisir de se retrouver.
De se toucher.
J'adorais ses mains.
Il les posait partout sur moi.
C'était comme ça avant.
J'étais plus jeune.
Est-ce que tu as déjà vécu ça ?
Oui.
Vous l'aimez toujours ? Je ne sais pas.
Une dernière chose.
Il a dit que c'était la première fois qu'il faisait ça. Tu parles, oui.
Seigneur, je ne sais pas si je me sens soulagée ou si j'ai envie de me pendre.
Vous m'excusez une seconde. Bien sûr.
Félicitations. Pourquoi ? Ton merveilleux fils.
C'est tout toi.
Non, c'est toi, et tu le sais.
C'est quoi ça ? Tu portes du parfum ?
C'est une crème.
J'aime bien.
Monsieur Stewart ? Madeleine.
Comment ça va ? Bien. Vous avez écouté le concert ? Oui, c'était très bon.
Oh il te touche !
Arrêtez-vous ici.
C'est là que t'habites ? Dans quelle maison ? Là-bas, derrière.
Reconduisez-la chez elle, merci.
Ne revois plus mon mari, s'il te plaît.
Attends, j'ai... J'ai quelque chose pour toi.
Je veux... Je veux que ce soit toi qui le porte.
Je t'ai dit qu'il était à toi.
Non, non, non, c'est... C'était le peigne de ma mère.
Et je veux qu'il soit à toi.
Tu l'avais fait tomber exprès ?
J'avais envie
de te parler.
Il faut que j'y aille.
Tu voudrais me revoir ? Je... Je ne sais pas.
On travaille dans le même quartier et on se croisera dans la rue, je pense.
On se reverra dans la rue ? C'est pas ce que je voulais dire.
C'était maladroit.
Excuse-moi, je suis vraiment épuisée.
Qui est-ce ?
Est-ce que
tu es amoureuse ? Mais si je l'étais, qu'est-ce que ça pourrait bien changer ?
Ça changerait beaucoup de choses.
Et toi, tu es amoureux ? Tu passes ta nuit dehors et c'est moi qui ai subi un
interrogatoire. Ah oui, c'est vrai, j'oubliais.
Tu es bien plus discret avec les femmes, tu rentres jamais trop tard parce que c
'est le jour que tu te les tapes. J'aime les femmes, j'apprécie leur beauté et
leur intelligence, mais c'est pas pour ça que je me les tape ! Qu'est-ce que tu
crois que ça me fait quand j'entre dans ton bureau et que je te vois sur ta
messagerie avec une étudiante ? Je me rends disponible pour mes étudiants et
je gagne leur confiance.
Et c'est ça, mon travail. Oh non, tu veux pas l'admettre ? Admettre quoi ? Tu
te rends compte que tu flirtes avec chacune des foutues bonnes femmes que tu
rencontres ? Qu'est-ce qui me dit que tu vas pas les baiser toutes ? J'ai pas de
liaison ! Attends ! Ramon, dans ta chambre.
Ah ouais, c'est toi qui me dis d'aller dans ma chambre ? Mickaël, laisse-nous
tranquille, s'il te plaît. Je fais ce que je veux, j'ai pas à t'obéir.
Mickaël. Ça suffit.
Vivement que je foute le camp de cette baraque !
J'ai été retenue à l'hôpital.
Ça va ? Ça va ? Oui.
Il y a eu un appel urgent de Mme Béatrice. Elle est inquiète pour son
traitement hormonal.
Mme Carmichael a fait une nouvelle candidose.
Ok.
Et il y a eu tous ces appels pour vous.
Et vous avez aussi un animal urgent.
Une petite seconde.
Le docteur va vous recevoir d'ici quelques minutes.
Chloé, t'es où ? Dans la salle d'attente.
Tu m'as pas vue en arrivant ?
Sans
le... À quoi tu joues ? Désolée.
Non.
C'est moi qui le suis.
Pourquoi ? Tu es étonnante.
Tu es tellement belle.
On a partagé quelque chose, mais je ne veux pas que ça aille plus loin.
J'ai aimé ça.
Cette nuit.
Moi aussi, je ne dirais pas le contraire.
Et je n'ai pas envie que ça se termine.
Et je suis sûre que toi, tu ne le veux pas non plus.
Combien ? Ce n'est pas une question d'argent.
Tu as toujours accepté que je te paye, alors depuis quand c'est pas une
question d'argent ?
Ok.
Ça devrait faire l'affaire.
C'était pas du travail.
C'était tellement vrai entre nous et toi, tu le sais.
Tu oublies, hier soir, je t'ai caressée. Comment je vais te faire comprendre que
cette petite transaction, car c'était une transaction et rien d'autre, s
'achève là ? Et que tout ce qui te reste à faire, c'est partir.
Merci à vous.
Pas ici ! Pas ici ! Passe ! Passe ! Passe ! Tu vois ?
Deux minutes.
Franche-pied. Pas vrai ! Merde.
Salut. Allez, on recommence la gage, les gars.
Salut.
J'ai apporté le CD dont on avait parlé, Raised by Swans.
Merci.
Quoi ?
J'ai... J'ai téléchargé leurs albums.
Mais comme ça, t'as la pochette.
Et une couverture.
Et le CD que tu garderas toute ta vie.
Là, dans tes mains.
Je déteste Internet.
Rien n'y est privé.
Rien n'est vrai alors que là, je peux vraiment te voir.
Sur le banc des pénalités.
T'as un blog ? Non.
Si... Oui.
Mais je sais, je l'ai vu.
C'est comme ça que j'ai su qu'il y avait ce match.
Y a de bonnes photos ? Pourtant, je suis pas photogénique.
Si tu l'es.
Et j'adore la photo de ta mère.
J'ai pas mis ma mère sur mon blog.
À l'arrière-plan de la photo, tu reçois un prix.
Oui, mais elle est... elle est floue.
Oui, je sais.
Rien ne m'échappe.
Un de ces jours.
Mickaël !
Mickaël
!
Maman ? Oh, seigneur ! Où t'as eu cette musique ? Je l'ai achetée. Tu as parlé à
cette fille ? Quelle fille ? Celle de mon cabinet.
De quoi tu me parles ? Elle est ici ? Où est-ce qu'elle est ? Mais qu'est-ce qui
te prend ? T'es complètement malade !
Je
sais plus. Je sais plus.
Je sais plus.
Maman ? Je sais plus. Excuse-moi, chérie.
Je sais pas.
Je t'avais dit de ne pas appeler mon mari.
Je n'ai pas appelé ton mari. C'est lui qui m'a appelée.
Je... Je n'ai pas... Je ne me le serai jamais permis.
Et quand il a appelé, c'était... Ce n'était pas une histoire de sexe.
C'était plutôt une histoire de sentiments.
Il était vulnérable.
Il dit que quand il te touche...
Il a comme l'impression de me tromper.
Ça paraît fou, non ? Tu m'écoutes ? Catherine
? Retrouve-moi dans une heure.
Au café Diplomatico.
Qu'est-ce qu'il y a ? Tu veux boire quelque chose ? Je suis en plein dans
les oraux. Ce ne sera pas très long.
Un café, s'il vous plaît.
Un cognac pour moi.
Et une ici pour ma femme.
Qu'est-ce qu'il y a ? Je veux qu'on se donne une chance de regarder les choses
en face.
Je voudrais qu'on se dise la vérité.
Est-ce qu'il y a quelque chose dont tu veux me parler ? Moi ? Oui, toi.
Vas-y.
À propos de New York ? Si tu veux.
J'ai menti.
J'aime pas les anniversaires et j'avais pas envie de célébrer une année de plus
vers la retraite, alors je suis resté.
J'ai pris un verre.
Trois verres.
T'as bu un verre avec Miranda ? Si.
T'as regardé mes messages ? Qu'est-ce que tu as fait avec elle ? Et tu m
'espionnes maintenant ? J'avais passé des mois à tout préparer. J'ai appelé
secrètement tous tes amis, les simples et les autres.
J'ai dépensé des milliers de dollars en gâteaux, en traiteurs et en fleurs et j
'ai été la superwoman des maîtresses de maison. Et toi, tu te sautais une ado,
je suis vraiment trop conne. Je l'ai pas sauté, j'ai flirté avec elle. Tu vas me
faire vomir.
Personne. C'était personne.
C'est fini.
C'est tout.
Oui.
Non, attends une minute.
Tu me demandes de venir pour qu'on mette carte sur table.
Et c'est moi le seul à avouer quelque chose.
Je peux pas t'expliquer. Tout ça a été tellement inattendu et tellement rapide.
Et c'est fini, maintenant.
Et tu crois que ça me fait plaisir, peut-être ? Tu crois que je dois me
réjouir parce que tu t'es tapé ton petit caprice, ta crise de la quarantaine ? C
'était pas un caprice.
Enfin, Catherine.
Le nombre de fois où j'aurais pu te tromper, et j'ai toujours résisté, je ne
l'ai jamais fait. Non, mais t'aurais bien voulu. Je suis un être humain.
Est-ce que tu oserais me dire que tu n'as jamais été tentée ? Je n'en ai
jamais, jamais eu envie. Je n'y ai jamais pensé. Je suis sûr que tu mens.
C'est un putain de mensonge.
J'étais en plein travail.
Tu me demandes de venir pour qu'on soit francs l'un avec l'autre, et tu ne me
dis rien.
Excusez-moi.
Je vais te dire.
Elle a dit qu'elle s'appelait Chloé.
Quoi ? Une fille.
Une fille à qui j'ai demandé de te séduire. Je voulais voir ta réaction
parce que je croyais que t'avais une aventure. Mais je ne t'ai pas... Non, je
sais, je sais, je sais. Catherine, je... Je sais, mais elle m'a dit qu'elle avait
couché avec toi. Oh, c'est ridicule. Elle a pris mon argent et elle a menti à
propos de vous deux.
Et je... J'allais la retrouver pour qu'elle me raconte. J'avais droit à tous
les détails.
Comme quoi ?
Tes histoires.
Elle a dit que ça a commencé par un pique-nique au parc.
Au jardin à l'âne, dans la serre exotique.
Qu'elle t'avait embrassée et qu'elle avait senti que tu étais excitée.
C'était... C'était troublant, tu sais.
Mais... J'ai eu l'impression de me rapprocher de toi.
Tu deviens de plus en plus beau.
Chaque cheveu gris, chaque ride, tout ce qui se transforme chez toi te rend
encore plus désirable. Et j'ai l'impression que si tu me soufflais
dessus, je me volatiliserais.
Je disparaîtrais.
Je me sens si invisible et si vieille.
J'ai couché avec elle.
On faisait l'amour trois fois par jour, toi et moi.
Et puis une fois par jour, et ensuite... Une fois par semaine, et Mickaël est
venu au monde, et nous, on est devenus des parents.
Et de très bons amis, et je ne savais pas comment ne plus être ton amie,
redevenir ton amante.
Mais toi, tu ne me touchais plus.
Parce que je ne me supportais plus.
Je ne savais plus qui j'étais.
Je crois que j'ai 19 ans, je me vois dans le miroir, et c'est moi.
Cette personne qui ne sait plus comment te séduire.
Tu me fais visiter la maison ?
J
'ai pas envie de te laisser, mais je suis en retard et mes étudiants vont me
tuer. Je t'attendrai à la maison, David. Je bougerai pas.
Je suis désolée.
J'aurais dû te faire confiance.
Entre vite.
Et tes parents, où est leur chambre ? En haut, au deuxième étage.
C'est ce que tu fais.
Regarde-moi ! Regarde-moi !
Mickaël ? Merde ! Merde ! Allez, bouge !
Mickaël ! Sors de là ! Viens, dépêche-toi ! Mickaël ! Quoi ? Tu
t'imagines que t'as qu'à me payer pour me faire disparaître ? Juste comme ça ?
Me mettre de l'argent dans la main et je m'en irai ? T'entendras plus parler de
moi ? Mickaël ! Mickaël, je veux pas que t'entendes ça ! Allez, va-t'en ! Va-t'en
! Va-t'en ! S'il te plaît ! Demande !
T'approche pas de mon fils.
Il n'est pas à toi. Ton mari n'est pas à toi. Je ne suis pas à toi.
On n'est pas sur cette terre pour faire ce que tu dis. Chaque fois que tu nous
paies, chaque fois que tu nous veux, et chaque fois que tu veux te débarrasser
de nous. Je sais que j'ai fait ça, je t'ai mêlé à mon histoire de couple, mais
je ne veux plus que tu t'approches de ma famille.
Je t'ai sentie en lui, dans ses yeux.
C'est toute petite chose qu'il fait.
Je commençais à me dire que ce serait bien, qu'il serait parfait pour moi si
jamais je sortais avec lui. Mon mari va arriver dans quelques minutes.
Oui, ça va bien avec David. Alors ça y est, ça marche bien pour vous. J'ai bien
joué mon rôle.
Habille-toi, je te ramène chez toi et on pourra discuter. Allez.
Vraiment désolée, je n'ai pas été honnête.
Non, c'est faux.
Qu'est-ce qu'il faut ? Tu n'es pas désolée.
T'as eu des secrets avec moi. On s'est créés un monde toutes les deux. Et tu m
'as jamais dit non. Et t'as tout fait pour que je tombe amoureuse de toi. Je n
'ai pas fait exprès. Oui, j'ai eu des sentiments, mais c'était toujours pour
mon mari. Je l'aurais jamais récupéré. Tout ça sert à ça. Je vais te ramener
chez toi. Mais tu te rends pas compte de ce que j'ai fait pour toi ? Comment tu
peux me traiter comme ça ? Je ne suis rien pour toi.
Je t'ai blessée, je t'en prie. Je t'en prie, je te ramène chez toi.
Chloé.
Arrête.
Dis, Belle, n'oublie jamais ça.
Tellement belle.
Dis-moi ce que tu veux.
Je veux que tu m'embrasses.
Allez, salut !
Sous-titrage MFP.
Merci à tous.
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