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Original subtitles

J'ai jamais rêvé d'être un héros.

Mais que ma vie ait un sens, qu'elle serve à quelque chose.

Que mes cours éveillent une vocation, ça oui, j'avoue que j'en ai rêvé.

Mais jamais j'aurais imaginé que mon vœu s'exaucerait à ce point.

Que mon nom entrerait dans les livres d'histoire.

Les vacances fermées.

Merci, la fois aussi, monsieur Patti.

Vous en avez bien besoin.

J'aurais préféré rester ce prof d'histoire géo-anonyme.

et sans histoire.

Mais bon, dans la vie, on ne maîtrise pas tout.

Ni son destin, ni son époque.

T'as pris Doudou ?

Je sais pas.

T'as mis Doudou dans ton sac ou pas?

Je sais pas.

Quand même, tu pourrais te rappeler.

Sinon, tu vas faire une crise chez maman.

Je peux en avoir deux quand même.

Non, je l'aime trop.

Fais semblant de ne pas l'avoir.

J'y arrive pas.

Mais si, mais regarde.

Coucou maman.

Salut Ezra!

Merci.

Allez, bisous.

Ça va?

Ouais, ça va.

Dis-moi.

J'ai mon dernier client à 17h ce soir.

Ça ne te dérange pas de les récupérer à l'école?

Oui, non, pas de souci.

Ok, super.

Merci.

Bonne journée.

Ciao.

Bonjour, termine.

Bonjour, monsieur Paty.

Bonne journée.

Merci, vous aussi.

Bonjour.

Bonjour monsieur.

Bonjour.

Salut Omar, ça va?

Ça va.

Comment ça se passe la troisième?

En vrai, elle est nulle la prof cette année par rapport à vous.

Tout flatteur vit au dépend de celui qui l'écoute.

Tu sais de qui c'est ça?

Mignot.

Perdu, la fontaine.

Oui, entrez, entrez, on se dépêche.

On s'installe.

Alors, au dernier cours, on a fini par deux droits fondamentaux.

Sans ouvrir vos cahiers, c'était lesquels?

Pascal?

La liberté d'expression.

Oui, liberté d'expression, liberté de la presse.

Aujourd'hui, on va faire une étude de cas.

Ça veut dire qu'on va se demander concrète ment comment elles s'expriment dans la

vie, ces libertés.

On va s'appuyer sur un exemple que vous connaissez tous puisqu'on en a parlé la

semaine dernière, qui est l'exemple de Charlie Hebdo.

On va se poser ensemble une question, on va réfléchir à un dilemme.

Un dilemme, c'est un choix complexe entre deux possibilités.

Et notre choix complexe aujourd'hui, c'est celui de Charlie Hebdo, c'est est-ce

qu'on publie les caricatures de Mahomet, d onc on est Charlie, ou est-ce qu'on ne les

publie pas?

Donc on n'est pas Charlie.

On va réfléchir ensemble.

Donc vous ouvrez vos cahiers, vous sortez vos règles, et on fait un tableau à deux

colonnes.

Je vais vous montrer les caricatures qui sont à l'origine de la polémique qui a

provoqué l'attentat.

D'accord?

C'est des caricatures, par nature, elles sont provocatrices.

Elles peuvent vous heurter selon vos sensibilités.

Donc exceptionnellement, vous avez le droit de ne pas les regarder.

Vous pouvez fermer les yeux pendant que je les montre, vous pouvez détourner le

regard, et si vous préférez, vous pouvez sortir brièvement dans le couloir avec

Colombe.

Levez la main si vous préférez sortir de la classe.

Colomb, vous voulez bien sortir avec les deux minutes?

Merci.

On a pour deux minutes et on vient vous rechercher.

Donc la première.

Elle est à l'origine d'un procès contre Charlie Hebdo.

Celle-là, vous la connaissez peut-être.

Il y en a qui la connaissent?

Elle est très connue parce qu'elle a été publiée juste quelques jours après les

attentats contre Charlie par les survivants de l'attaque.

D'accord?

Qui avaient perdu leurs amis dans les attentats.

C'est bon, on a fini.

Donnez aussi des arguments contre.

L'important, c'est pas de connaître votre opinion, c'est de recenser tous les

arguments pour et contre pour pouvoir ensuite se forger une opinion.

Alma.

Moi, ce qui me dérange dans ce journal, c'est qu'ils respectent pas les musulmans.

D'accord, ils respectent pas les musulmans.

Et en quoi est-ce qu'ils les respectent pas?

Est-ce que t'as un exemple?

Par exemple, l'islam interdit de dessiner le prophète Mohamed.

Pourtant, ils le font.

C'est un blasphème.

Blasphème.

D'accord.

Je note.

Est-ce qu'il y a d'autres arguments pour ou contre?

Pascal?

Il y a une histoire de laïcité, je crois.

Oui, qu'est-ce que c'est la laïcité ?

C'est lorsque la religion et l'État, ça ne se mélange pas.

Exactement.

Rappelez-vous, la loi de 1905, c'est la lo i de séparation des Églises et de l'État.

Ça veut dire que depuis 1905 en France, il y a une liberté de conscience, donc

chacun a le droit de croire ou pas, de pra tiquer la religion qu'il veut, mais aucune

religion ne peut imposer ses dogmes aux autres.

Ça veut dire qu'on a le droit de penser qu'il est interdit de représenter le

prophète,

Mais on n'a pas le droit de l'imposer aux autres.

Donc la notion de blasphème, elle n'a aucu n fondement juridique dans la République.

Oui, mais monsieur, dessiner le prophète tout nu, ça se fait pas.

Y a pas de respect.

Oui, et t'as le droit d'être heurté.

C'est même ce qu'ils cherchent, donc ils respectent.

Mais rappelez-vous de ce qu'on a dit sur la liberté d'expression.

La liberté d'expression, c'est aussi parfo is le droit de se moquer, le droit d'être

insolent, pour faire réfléchir.

Et Charlie Hebdo, ils sont un peu spécialisés là-dedans.

Ils se moquent de tout le monde, pas seulement des musulmans, dont on parle

aujourd'hui, mais aussi de toutes les autres religions, donc des juifs, des

chrétiens.

Ils se moquent aussi des politiques, des chasseurs, des supporters de foot.

Tout le monde en prend pour son grade.

Ok, merci beaucoup.

Monsieur?

Oui?

Pas de blague aujourd'hui?

Bon, allez, une blague pour Drissou.

Drissou, est-ce que tu as déjà entendu une tomate chanter?

Non.

Moi, j'ai déjà entendu une carotte râpée.

Et c'était quoi les dessins?

On sait pas, on les a pas vus.

Mais à ce qu'il y ait, c'était des dessins du prophète Touniou.

Ouais, apparemment, on voyait tout.

Les couilles, la teub, tout.

Et après, il a dit qu'on avait quand même le droit de les dessiner, même si les

musulmans, ils étaient contre.

C'était à liberté d'expression.

C'était relou à la fin.

Ça t'étonne, toi?

La France, c'est un pays de racistes, c'est connu.

Oui, c'est vrai, ça.

Chaque fois que je vais au supermarché pour acheter des bonbons, des choses comme

ça, le vigile me regarde comme si j'étais un voleur.

Et ça, tu la pètes à où, ça?

Donne ma casquette, là.

Tu fais quoi, là?

Donne ma casquette.

Dis, arrête.

Arrête, arrête.

Ça suffit, vous arrêtez tout de suite.

Allez, à qui cette casquette?

C'est à moi.

Tu la ramasses et tu lui rends.

Ouais, pourquoi moi?

Tu crois que je t'ai pas vu là, j'étais par terre?

Moi, je suis élève, je fais une bonne niche.

Tu la ramasses tout de suite ou c'est deux heures de colle, Bachira?

Et tu me donnes ton portable.

Allez, dépêche-toi.

Il est allumé ?

Mais tu sais bien que c'est interdit.

Non mais c'est pas possible, Bachira, là j 'ai que des plaintes sur toi en ce moment.

Continue comme ça, c'est l'exclusion.

Moi je vais convoquer ta mère pour lui expliquer tout ça.

Non mais, mon téléphone!

Tu le récupéras au bureau des surveillants après les cours.

Elle a un faux sourire en ce moment.

Je suis pas allée à la cour.

Alors, demain...

On va étudier un exemple d'attaque contre la liberté de la presse ici en France très

connue.

Si je vous montre ce slogan, ça en a été le symbole.

C'est Charlie Hebdo?

Exactement, Charlie Hebdo, ça vous dit quelque chose?

4 millions de personnes dans la rue, d'accord?

C'est la plus grande manifestation de notre histoire.

Plus que toutes les manifestations de rue, oui.

Bonjour.

Bonjour.

J'étais à l'infirmerie, mais on m'a renvoyée en cours.

À cette heure-ci?

D'accord.

Rentrons.

C'est la plus grande manifestation de rue de toute notre histoire.

Donc on retient la liberté de la presse fragile.

Donc revoyez vos cours parce qu'on va avoi r besoin de notions étudiées aujourd'hui

pour comprendre l'exemple de Charlie Hebdo.

D'accord, Bachira?

Bachira?

T'arrives deux minutes avant la fin du cours, tu peux le faire en silence?

Oui.

Revoyez le cours d'aujourd'hui et demain j e vais vous montrer très rapidement les...

Non, Bachira.

Non.

Là, tu fais une entrée à marquer, t'écoutes rien.

Soit tu déranges tout le monde, tu discutes avec les autres.

Qu'est-ce qu'on fait?

Je te renvoie en permanence?

Attendez, on me vient de l'infirmerie pour me renvoyer en cours et vous voulez me

renvoyer en perle?

Faudrait vous mettre d'accord.

Allez.

Euh...

Bon, plus que deux minutes, on reste concentrés.

Donc demain...

Oh, pardon.

Décidément, nous, aujourd'hui, on n'est pas faits pour s'entendre.

Demain, je vais vous montrer brièvement les caricatures qui sont l'origine de la

polémique.

Vous ne serez pas obligés de les regarder, d'accord?

Vous pourrez fermer les yeux, détourner le regard.

Merci, à demain.

Écoutez, c'est servi.

Ah, génial.

Ça va?

Ça a été?

Ouais.

I'll put it.

Bonjour.

Bonjour.

Il y a un problème?

Qu'est-ce qui s'est passé avec cette classe?

Il paraît que vous avez fait sortir les élèves musulmans.

Qui vous a raconté ça ?

La maman d'Alma.

Non, enfin, ça s'est pas du tout passé comme ça.

Non, j'ai...

Quand j'ai montré les caricatures de Charlie Hebdo, j'ai proposé aux élèves qui

pourraient être heurtés de sortir brièvement avec Colombe.

Mais je veux dire, je l'ai proposé évidemm ent à tous les élèves, sans distinction de

religion.

Le problème, c'est que ça n'a pas du tout été compris comme ça par les élèves.

Et Alma en particulier.

Elle n'a pas compris pourquoi elle avait à faire ce choix de sortir ou pas.

En fait, elle aurait préféré regarder les caricatures avec tout le monde sans se

poser de questions.

Puis sa maman m'a dit qu'ils étaient déjà plusieurs parents à s'en être parlé.

Ben, c'est un malentendu, il faut le clarifier.

On est d'accord.

Vous devriez appeler la maman d'Alma tout de suite pour lui expliquer.

Vous vous sentez de faire ça?

Oui, bien sûr, oui.

Bien, alors je vous envoie son numéro, vous me tenez au courant.

D'accord.

Qu'est-ce qu'on a aujourd'hui?

Rien de spécial à part Vachira, encore absente, sans motif comme d'habitude.

On en est où avec elle?

Toujours pareil, elle est souvent absente ou en retard.

Elle a 12 heures de col depuis la rentrée, qu'elle n'a toujours pas faite parce que

sa mère refuse.

Alors elle, c'est une vraie furie.

Elle défend tout le temps sa fille.

On avertit, on avertit, mais ça lui glisse dessus.

Et ça me chagrine qu'elle ait pu l'interpréter comme ça.

Je voulais justement protéger les élèves musulmans qui auraient pu être heurtés par

les caricatures.

Et là, ça a tourné à ce malentendu.

Mais je vais en reparler avec toute la classe et avec Alma en particulier.

Je suis contente de vous entendre parler comme ça, M.

Paty.

Je me disais, vous, faire ça, c'est pas possible.

Non, vraiment, c'est pas mon genre.

En tout cas, merci beaucoup de m'avoir appelé.

Pour moi, l'incident est clos.

Je vais appeler les autres parents et je vais tout leur expliquer.

Et surtout, dites à Alma que je ne lui en veux pas du tout.

Bien au contraire, c'est très important de clarifier les malentendus.

Merci.

Merci beaucoup, M.

Patti.

Merci, Hervé.

Bonne journée.

Au revoir.

Allô?

Oui, bonjour, Mme Saïdi.

C'est Mme Sassi, principale adjointe au collège.

Je vous dérange pas?

Euh, non, je vous écoute.

Je vous appelle pour vous signaler l'absence de Bachira ce matin.

Ah oui, j'allais vous appeler.

Elle ne se sent pas bien, elle a mal au ventre.

Et là, on va aller voir le docteur.

D'accord, c'est noté.

Mais on voudrait aussi vous rencontrer rapidement avec la principale.

On aimerait vous parler de la situation tr ès préoccupante de Bachira au point qu'on

envisage une exclusion de deux jours si elle ne change pas d'attitude.

Ah bon?

Je ne savais pas.

Oui, voilà, c'est pour ça qu'on voulait en parler avec vous avant de prendre une

décision.

Est-ce que demain matin, 9h, ça pourrait vous aller?

Oui, d'accord, à demain.

C'est parfait.

Merci, à demain, au revoir.

Au revoir.

Bachira ?

Elles veulent te virer deux jours?

Qu'est-ce qui se passe?

Faut que tu me racontes, là.

C'est au collège.

J'en ai marre, c'est vraiment tous des racistes.

Ils sont tout le temps contre moi.

Il y a même un prof de la fin de cours sur Charlie Hebdo.

Il a demandé aux musulmans de sortir de la classe.

Qu'est-ce que tu racontes?

T'es sérieuse?

Bah ouais, grave.

On était tous choqués.

J'aimerais aller.

Même que le prof, il a connu ma chaise.

Quoi?

Maman, j'ai pas envie de retourner tellement il m'a fait peur.

Allô, bonjour.

Oui, bonjour, c'est Madame Saïdi, la maman de Bachira.

Ah oui, les principales vous attendent justement.

Non, c'est pas la peine qu'elles m'attendent parce que je viendrai pas.

Ah bon?

Ben, alors attendez, je vais vous les passer, comme ça vous pourrez caler

directement un autre rendez-vous avec elle.

Non, non, laissez tomber, hein.

Moi, ma fille, elle m'a tout raconté, je viens pas.

J'accepte pas les rendez-vous dans un collège de racistes.

Y'a Clem.

Allô?

Je viens d'avoir Madame Saïdi.

Elle viendra pas.

Je voulais vous la passer, mais elle a dit que c'était un collège de racistes et

elle a raccroché.

Bien sûr, c'est le collège.

Il te vire deux jours?

Allez, c'est bon, là, ça suffit.

Salam.

Salam.

Qu'est-ce qui se passe, Binti?

Elle va te raconter.

Viene la mafia.

Il y a un prof au collège, il a fait un cours sur la religion et...

Il a dit qu'il voulait nous montrer les caricatures de Charlie Hebdo.

Et il a demandé s'il y avait des élèves musulmans dans la classe.

On était gênés, nous, les musulmans.

Mais il a insisté et il nous a demandé de lever la main.

Alors j'ai dit, pourquoi on devrait lever la main, nous, les musulmans, et pas les

autres?

Et là, il m'a répondu, parce que je vais vous montrer les caricatures de Mahomet.

On était super mal.

Et même que Marouane, il a dit...

Pourquoi on devrait sortir?

Pourquoi on devrait sortir, nous, monsieur?

Comme les autres.

Alors, je me suis énervée.

Il n'y a personne qui va sortir.

On va rester.

On est comme tout le monde, nous.

Et tout d'un coup, il a montré une image du prophète.

Par contre, non!

Par contre, ça, monsieur, ça, je ne suis pas d'accord avec ça!

Alors, je me suis révoltée et j'ai dit, vo us n'avez pas le droit de nous montrer ça.

Une image du prophète.

Une image du prophète.

Et il est tout nu!

Tout nu en plus.

Alors, le prof, il m'a dit...

Je vous avais prévenu.

Allez hop, vous sortez du balai.

Il a même tapé du pied sur ma chaise.

Allez, allez, hop, dehors.

Il m'a dégagé.

Alors, je suis sortie.

Et même qu'après, il paraît, il a dit...

Vous voyez, c'est ça le problème.

Il y a les musulmans gentils, mais il y a les autres.

Je suis hyper mal depuis.

J'ai peur de retourner au collège et de le revoir.

J'ai peur qu'il nous montre encore ces images.

C'est vrai, ça se fait pas de traiter les musulmans comme ça.

Comme si on était différents.

Ça vous concerne tous et toutes.

Le professeur d'histoire de ma fille en quatrième, il a demandé à tous les élèves

musulmans de la classe de lever la main.

Et ensuite, il leur a demandé de sortir ca r il allait diffuser une image qui allait

les choquer.

Il y en a qui sont sortis, les autres ils sont restés, dans ma fille.

Ensuite, il a diffusé l'image de notre che r et bien-aimé prophète, sallallahu alayhi

wa sallam, tout nu.

C'est une honte.

Si vous n'êtes pas d'accord avec ça, il faut écrire un courrier pour essayer de

renvoyer ce malade.

Et je vais vous donner l'adresse.

Collège Bois d'Aulne, Conflans-Saint-Honorin.

Monsieur Paty, professeur d'histoire-géographie.

Faites minimum un courrier au collège.

Ou bien inspection académique.

ministre de l'éducation, président de la République, mais faites quelque chose.

Vous aimez votre prophète, vous avez l'adr esse et vous avez le nom pour dire stop à

tout ça.

Allô?

Assalamu alaikum, mon frère.

C'est Tara Amra, du collectif Sihi Yassin pour la Palestine.

Tu te souviens?

Wa alaikum salam wa rahmatullahi wa barakatuh.

Bien sûr, je m'en souviens.

Comment ça va?

Rahmatullah.

Dis-moi, je viens de voir tes messages.

C'est très grave ce qui arrive dans ton collège.

Il faut absolument faire quelque chose, Inch'Allah.

Mais quoi?

T'inquiète pas, Cheikh F.

Je représente les imams de France et j'int erviens souvent dans ce genre de problème

dans les écoles.

Il faut frapper fort et vite, sinon ils te respectent pas.

Déjà, moi, je te conseille d'aller voir le principal.

Je peux t'accompagner si tu veux.

Merci beaucoup, ça serait vraiment apprécié.

On se retrouve demain à 9h devant le collège.

Inch'Allah, Inch'Allah, Assalamu alaikum.

Wa alaikum salam.

Madame, je viens d'apprendre avec indignation les agissements de M.

Paty, qui a diffusé une image représentant le prophète nu.

Face au climat actuel de la France, où l'islamophobie s'est clairement installée,

pourquoi cherchez-vous à diviser encore plus dès le plus jeune âge ?

C'est juste honteux.

L'école n'est pas un journal satirique.

Je vous demande que votre établissement prenne la paix et l'entente entre tous les

élèves.

Veuillez faire le nécessaire pour que M.

Paty donne une bonne éducation à nos enfants et ne sème pas la discorde.

Nous sommes venus parler du cours d'instruction civique de M.

Paty, qui, selon certains de vos parents, vous aurait froissé.

Est-ce que quelqu'un veut prendre la parole, exprimer quelque chose?

Bon, alors je vais passer la parole à M.

Paty qui souhaite s'excuser.

Et si vous avez envie d'intervenir, vous n'hésitez pas.

Non, moi je ne souhaite pas m'excuser, je veux juste clarifier le malentendu qu'il y

a eu.

C'est-à-dire que ce cours, déjà, il fait partie du programme.

Donc tous les professeurs de 4e sont censés le faire.

Et les caricatures que j'ai choisies, je les ai prises sur un site qu'on appelle

Canopée, qui est un site de l'éducation nationale, et elles font partie.

du matériel pédagogique officiel.

Je voudrais insister sur le fait que c'est justement par respect pour les musulmans

qui désapprouvent qu'on représente le prophète que j'ai pris cette précaution de

vous proposer à tous ceux qui le souhaiten t de regarder ailleurs ou de sortir

rapidement.

Non, non, messieurs, vous ne pouvez pas rentrer comme ça, là.

C'est pourquoi?

On vient voir le directeur.

Et c'est pourquoi ?

Je suis le papa de Bashir Asadi.

Vous avez rendez-vous?

Non, mais on vient pour un motif très grave.

Je veux bien vous croire, mais la principale est en réunion.

Et moi, je ne peux pas vous laisser rentrer sans rendez-vous.

Mais madame, moi, je viens de très loin.

Donc, il nous faut un rendez-vous tout de suite.

Alors, ce que je peux vous proposer, c'est d'appeler tout de suite le collège.

Monsieur, vous appelez le collège tout de suite.

Moi, je vous passe directement la secrétai re de la principale et vous voyez avec

elle si elle peut vous accorder un rendez-vous ce matin.

Madame.

Dites à la principale que je suis M.

Tahar Amra, le représentant des imams de France, et qu'on ne partira pas d'ici tant

qu'elle ne nous aura pas reçus.

L'abject a encore eu lieu.

Nous assistons cette semaine à l'appel d'u n voyou enseignant à haïr les musulmans.

Nous sommes en train d'attendre dans le fond.

Salam alaykoum tout le monde.

J'imagine que vous avez tous reçu le message disant que ma fille s'est faite

discriminer dans sa classe.

Le prof a abusé d'eux.

Je ne sais même pas comment le dire.

Des professeurs d'histoire géographique qu i se permettent de dire n'importe quoi aux

enfants.

De leur montrer des hommes tout nus.

C'est un scandale.

Asseyez-vous, je vous en prie.

Bonjour, madame la principale.

Les caricatures de Charlie Hebdo sont une offense faite au sacré.

C'est inadmissible et contraire à la scien ce islamique qu'une image du prophète nu

soit imposée à des élèves de 13 ans.

Ils ont été agressés dans leur intégrité psychologique.

Ce professeur, M.

Pathé, c'est un voyou qui utilise la liber té d'expression pour offenser le prophète.

Et c'est très grave qu'il ait exclu Bachir à deux jours juste parce qu'elle n'était

pas d'accord avec ça.

Alors attendez, attendez, je vous arrête là.

Votre fille n'a pas du tout été exclue par M.

Paty?

mais par la direction du collège, c'est-à- dire moi-même et la principale adjointe,

pour des questions de discipline.

Elle est insolente, souvent en retard, souvent absente, sans justification.

Elle a des dizaines de croix sur son carnet de correspondance.

Tenez, je vous laisse regarder vous-même.

Voyez, tout ce qui est en rouge, là.

Monsieur Paty n'a strictement rien à voir avec son exclusion.

Ne cherchez pas à noyer le poisson, madame la principale.

J'ai enseigné 14 ans comme maître auxiliaire.

Il faut immédiatement prendre des mesures contre ce professeur raciste et

islamophobe.

C'est lui qui doit être exclu et pas la petite.

Monsieur Saidi, il y a deux choses bien distinctes.

Le comportement de Bachira.

Et je vous invite à revenir avec votre épouse pour qu'on puisse en parler

tranquillement.

Et puis, il y a cette histoire de caricature.

Et à ce sujet, je vous propose de venir à la réunion d'information que nous

organisons avec M.

Paty, spécialement pour les parents, vendredi à 17h.

Je ne viendrai pas.

Je refuse de parler à ce voyou.

Je reviendrai quand il sera viré, c'est tout.

Écoutez, vous avez enseigné, donc vous sav ez parfaitement que j'ai pas le pouvoir de

virer un prof.

Donc jusqu'à nouvel ordre, M.

Paty continuera ses cours.

Et si vous, vous n'êtes pas d'accord avec ça...

Vous êtes libre de saisir l'inspection d'académie.

C'est exactement ce que je vais faire.

Et moi, je vais alerter la presse.

Je connais très bien le correspondant d'Al Jazeera.

Et dès demain, j'organise un rassemblement des musulmans du quartier devant votre

collège.

Et vous savez, on ne sent pas la seule famille musulmane à être en colère.

On se parle beaucoup entre nous en ce moment.

Et c'est scandaleux de faire attendre une heure dans le froid le représentant des

imams de France.

Si on avait été des juifs, jamais vous nous auriez traités comme ça.

Ça va, madame ?

Vous voulez bien me donner la procédure en cas de menace contre l'établissement?

Oui, bien sûr.

Alors, il faut prévenir le Dazen.

Oui.

Le CTEVS de la DSDEN.

Oui.

La CTS au rectorat.

Oui.

L'IA IPREVS.

Oui.

Et le DIRCAP de l'ARAC.

DIRCAP, ouais.

Et le référent laïcité.

Oui, l'oral aussi, oui.

Merci, Colette.

C'est bon.

Maintenant, il faut aller porter plainte à la police.

Ah bon, tant que ça?

Tu te doutes bien qu'ils vont pas virer un prof comme ça.

Alors il faut continuer à leur mettre la pression.

D'accord.

Et puis aussi, il faut aller voir les parents.

Essayer d'avoir d'autres témoignages d'élèves.

Faire d'autres vidéos.

Enfin, faire le buzz, quoi.

Sinon, tu te doutes bien que les flics, ils vont rien faire.

Donc, suite à votre signalement, je viens de faire le point avec les renseignements

territoriaux.

Oui.

L'homme qui accompagnait le père de la pet ite Bachira, c'est bien dénommé Tar Amara.

Mais je ne sais pas ce qu'il vous a raconté, mais ce n'est pas du tout le

représentant des imams de France.

Ah bon?

En revanche, il est défavorablement connu des services pour ses liens avec la

mouvance islamiste.

Il est fiché S.

Il est aussi au FSPRT.

C'est le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à

caractère terroriste.

En fait, les services considèrent qu'il est susceptible de passer à l'acte.

Par précaution, moi je vais faire remonter ces informations à la cellule

antiterroriste de la DGSI.

Est-ce que vous, de votre côté, vous avez bien pensé à alerter le SDF?

Le quoi?

Le SDS, le CMDA, le service de défense et de sécurité.

Non, là, pas encore.

Bon, alors dans ce cas, laissez, je vais le faire moi-même.

Alors vous, ce que vous pouvez faire, c'est contacter votre référent police au

commissariat.

Il faut leur demander de se mettre en contact avec la mairie et le renseignement

territorial pour mettre en place une surveillance du collège demain, en cas de

manifestation.

Euh...

D'accord.

Il se passe quoi ?

Je te présente Hajj Amara.

C'est un imam, il connaît beaucoup de journalistes.

Il voudrait faire une vidéo pour expliquer un peu ton histoire.

C'est grave ce qui t'est arrivé.

Et c'est important que tu témoignes de l'injustice que tu as subie.

Je ne veux pas qu'on me voit partout sur les réseaux.

T'inquiète pas, c'est ton père qui va te filmer.

Et on verra pas ton visage.

L'important, c'est que tu nous racontes bien ton histoire.

Alors j'ai refusé de sortir.

Du coup, il a montré la photo du prophète Mahomet.

Tout nu.

On était tous choqués.

Et tu t'es sentie très humiliée.

Voilà, c'est ça.

Emilie, comment?

Passez, passez, parle, parle, exprime-toi.

Pourquoi ils nous montrent ça à nous, sur notre religion?

Le but, c'est quoi?

De nous rabaisser?

C'est ce que tu as ressenti dans ton cœur.

Et je comprends pas de quoi Bachira est choqué.

Parce que quand j'ai fait le cours lundi au 4ème 5, certains sont sortis dans le

couloir, mais le lendemain, mardi, en 4ème 4, Bachira est en 4ème 4.

Ils sont pas sortis.

Et en plus, Bachira, elle était absente.

Malika, tu peux vérifier si Bachira était là mardi, s'il te plaît?

Mardi?

Attends, je regarde.

Ça y dit.

Non, elle était absente pour raison médicale.

Maintenant, c'est le jour où j'ai appelé sa mère pour signaler son absence.

Tu veux bien quand même vérifier avec les élèves de sa classe?

Ah ben, ils sortent.

Je vais les voir, là.

Elle commence vraiment à me gonfler, celle-là.

Salam alaykoum khawate.

Je voulais vous faire cette vidéo pour vou s dire à quel point ma fille a été choquée

par les comportements de son prof.

C'est un voyou.

En fait, il a demandé aux élèves musulmans de lever le doigt et ensuite il leur a

demandé de sortir.

Ma fille, elle a refusé.

Pourquoi elle sortirait?

T'es vraiment sûr qu'il faut faire toutes ces vidéos ?

Et porter plainte?

C'est dégueulasse ce qu'ils ont fait ma fille.

Tu connais ton père.

Tu crois vraiment que je vais m'arrêter là?

Allez, viens.

Il doit arrêter d'éduquer les enfants.

Il doit aller s'éduquer lui-même.

Ce message, Krauté, ce message nous concerne tous.

Je pense à ma fille, mais je pense à vos enfants aussi.

Faut qu'on soit tous ensemble pour dire stop à ces conneries.

Assalamu alaikum, mon frère.

Alors, dis-moi, t'en es où?

On sort du commissariat, là.

On a déposé plainte.

Ah, très bien.

Sinon, j'ai vu ta vidéo, elle est parfaite.

Mais dis-moi, je me disais, tu devais pas aussi récupérer des vidéos d'autres

élèves?

Est-ce que ta fille, elle l'a fait, ça ?

Parce que c'est très important, Royas.

On va s'en occuper ce week-end, Inch'Allah.

Et sinon, j'avais une idée à partager avec vous, le hajj.

Vous me dites ce que vous en pensez.

Je voulais peut-être aller à la réunion des parents d'élèves, faire semblant de

faire la paix.

Comme ça, je récupère tous les contacts des parents, voir qui a vécu la même chose

que nous.

Très bien, c'est une très bonne idée, ça, Roya.

On fait comme ça.

Salam alaykoum, khawti.

Je voulais vous faire cette vidéo pour vous dire en face comment ma fille a été

choquée du comportement de son prof.

Je veux même pas utiliser ce mot.

C'est un voyou.

Il s'est permis de demander aux élèves mus ulmans de changer le comportement de son

fils.

Il leur a demandé de sortir de classe.

Wesh!

T'es ma, t'es ma...

Y'a le don, bah chérin.

Ah, mais c'est très bien, monsieur Pachi.

Monsieur Patti, prof d'histoire, montre, prophète, tout.

Elle a été grave likée.

Pourquoi cette haine?

Et pourquoi ce professeur d'histoire se pe rmet de parler comme ça à des élèves de 13

ans?

Ma fille, elle a refusé de sortir de class e, alors il l'a renvoyée en mettant un

autre motif.

Ce voyou doit quitter l'éducation nationale.

Il doit arrêter d'éduquer les enfants.

Il doit les éduquer lui-même.

Ce message, ce message nous concerne tous.

Je pense à ma fille, mais je pense à vos enfants aussi.

Alors, il faut qu'on soit tous ensemble pour dire stop à ces conneries, d'accord?

Chouf Kader, je t'appelle par rapport à ta vidéo.

Ah, ça me touche beaucoup.

Merci pour ton soutien, j'en ai besoin.

Chouf, je suis désolée, je t'appelais parce que Marouane, il m'a dit que...

Tu sais, ce que tu racontes dans ta vidéo, ça s'est pas passé comme ça, Chouf.

Comment ça?

Qu'est-ce que tu veux dire?

Chouf, Bachira, elle n'était pas présente le jour où M.

Patia, il a montré les caricatures.

Ça s'est pas passé comme tu dis.

Les enfants, ils sont pas sortis de la classe.

Ça s'est passé normal, masra welu.

C'est dans une autre classe que les enfants, ils sont sortis.

Et tu sais, M.

Paty, il s'est même excusé.

Je pense que juste vous vous êtes pas compris avec Bachir, c'est tout.

T'es en train de me dire quoi?

T'es en train de me dire que ma fille, c'est une menteuse, c'est ça?

Chouf, Kader, à un âge, j'y étais pas.

Je te passe Marouane et il va te raconter, lui, ce qu'il sait par rapport à tout ça.

Je veux pas parler avec Marouane, c'est toi qui devrais.

C'est dans sa tête que ça va pas bien.

C'est lui le menteur.

Tout ça pour failloter avec les profs, c'est ça?

Allez, c'est bon, t'es que ça.

Ah, allez, on est en enquête.

Allô?

Kader?

Oui, bonsoir, M.

Paty, c'est Victoire Lagnon.

Je vous appelle pour vous dire qu'on a vér ifié et qu'effectivement, Bachira n'était

pas la mardi.

Ça a été bien confirmé par ses camarades de classe.

Je voulais aussi vous dire que je viens de voir une vidéo de son père sur Internet.

Je vous envoie le lien là.

Et bon, il donne sa version des faits.

sa fille le racontait n'importe quoi.

Donc je vais la convoquer et tirer ça au clair.

Voilà, écoutez, on se parle demain.

Bonne soirée.

Je ne veux même pas utiliser ce mot prof.

C'est un voyou.

Il s'est permis de demander aux élèves mus ulmans de lever le doigt et après il leur

a demandé de sortir de classe.

Ma fille, elle a refusé.

Pourquoi elle sortirait?

Alors il l'a renvoyé en mettant un autre motif.

Ce voyou doit quitter l'éducation nationale.

Il doit aller s'éduquer lui-même.

Alors, il faut qu'on soit tous ensemble pour dire stop à ces conneries, d'accord ?

Partagez, chavete, partagez cette vidéo, Allah te donne le meilleur.

Partagez, partagez,

Et il faut faire une lettre à l'inspection d'académie.

Oui, oui, comme ça on clarifie la position de notre équipe et on se désolidarise de

Samuel.

Il a fait une présentation catastrophique des caricatures et il a montré ça à des

élèves de 13 ans.

C'est trop.

Il a merdé.

Moi, ce qui m'insupporte, c'est qu'ils se défendent en disant que tous les profs

d'histoire géo présentent ce genre de caricature.

Bon, ben, c'est faux.

Moi, par exemple, je le fais pas.

Non, non, mais il a pas dit ça.

Il a juste dit qu'elles étaient à la disposition de tous les profs sur Canopée.

Oui, oui, mais insidieusement, il nous mêle à son histoire.

Et moi, j'ai rien à voir avec ça.

Pardon, moi, je suis pas du tout d'accord avec mes collègues.

Il a proposé aux élèves qui pourraient être choqués de sortir de la classe.

Alors bon, peut-être qu'il n'aurait pas dû, on ne serait pas là à en parler.

Elle est peut-être là, sa seule erreur.

Et puis franchement, enfoncer la tête sous l'eau d'un collègue qui a des ennuis, qui

fait juste son métier, c'est pas trop mon style.

Mais c'est pas le nôtre non plus.

Oui, oui, bien sûr.

En tout cas, moi, je ne vois pas du tout l'intérêt de cette lettre au rectorat,

alors que le référent laïcité vient cet après-midi pour gérer la crise.

Alors oui, Samuel a commis une maladresse, mais il a agi avec bienveillance, par

souci de protéger ses élèves.

Maintenant, il a eu une semaine éprouvante et je pense que ce serait bon de faire un

bloc autour de lui.

Bonjour.

Bonjour Samuel.

Pardon, je vous dérange?

Non, pas du tout.

Mais d'ailleurs, je tombe bien parce qu'on voulait te parler.

En fait, voilà, on n'est pas d'accord avec ce que t'as fait.

Enfin, vous n'êtes pas d'accord.

Voilà, si tu préfères, ouais.

Nous, on n'est pas d'accord avec ce que t'as fait.

Voilà, alors il faut vraiment que tu parles avec tes élèves.

Parce que là, il y a une rumeur qui monte et finalement, elle va nous nuire à tous.

C'est déjà fait.

Ah bon?

Oui, et on rencontre les parents ce soir.

Mais justement, je voulais vous demander, j'aurais bien aimé parler aux collègues

pour qu'ils sachent ce qui s'est vraiment passé.

Oui, ça me paraît nécessaire.

Alors, je vais organiser une réunion avec tous les profs.

Par ailleurs, il s'avère que la petite Bac hira a menti à ses parents, donc il faut

déjà que je tire ça au clair, et puis on reparlera de tout ça à cette réunion.

OK?

Merci.

Allez, bonne journée.

Bonne journée.

Oui.

J'ai vu la vidéo de votre papa sur Internet.

Alors, si j'ai bien compris ce qu'il dit, quand M.

Paty a proposé aux élèves de sortir de la classe, vous vous êtes rebellés, c'est ça?

Ouais, c'est ça.

Et pourquoi?

Ben parce qu'il n'y a pas de raison qu'on nous sorte parce qu'on est musulmans.

Et après, quand il a montré les caricatures, il s'est passé quoi?

On était tous choqués.

Logique.

On trouvait pas ça normal de se moquer de nous comme ça.

Et ensuite ?

Et après, il m'a virée.

Parce que j'ai trop énervé.

Et c'était quand ce cours?

Lundi.

Vous êtes sûre?

Oui.

Parce que lundi, votre classe a étudié la liberté d'expression.

Monsieur Patine a montré les caricatures à votre classe que le lendemain, le mardi.

Ok, que ce soit lundi ou mardi, ça change quoi ?

Ça change que mardi, vous n'étiez pas présente.

Et que donc votre histoire, elle ne tient pas debout?

Il ment, c'était lundi.

Et d'après vous, pourquoi il mentirait là-dessus?

Parce qu'il sait qu'il a fait une connerie , donc il cherche à embrouiller tout le

monde.

Pardon de vous déranger, j'ai un appel pour vous.

Oui, allô ?

Oui, bonjour madame, je suis le major Vandel au commissariat de Conflans.

Oui, bonjour, je vous écoute.

Voilà, je vous appelle pour vous dire qu'u ne plainte a été déposée hier par monsieur

Saidi et sa fille concernant un de vos professeurs, monsieur Samuel Paty.

Ah bon?

Oui, et je voudrais vous entendre avec lui.

Oui, mais alors, attendez, parce qu'en fait, c'est du nouveau, là.

Je suis en train de parler avec la petite Bachira.

Et elle a menti, c'est évident.

Écoutez, vous viendrez me raconter tout ça.

Est-ce que mercredi 17h, ça vous irait?

Oui, oui.

On sera là.

Alors, point important.

Maintenant, c'est entre les mains de la justice.

Donc, je vais vous demander de ne plus communiquer avec la famille sur cette

affaire.

D'accord.

C'est bien compris?

Oui, oui.

Parfait.

Bon, écoutez, à mercredi alors.

Au revoir, madame.

À mercredi.

Je ne remets pas du tout en cause le fait que vous ayez montré les caricatures.

Mais le fait d'avoir fait sortir des élève s, même avec les meilleures intentions du

monde, c'était une erreur.

C'est justement en voulant épargner une communauté que vous l'avez froissée.

Oui, mais je n'ai visé aucune communauté.

Enfin, j'avais préparé le cours, j'ai vraiment fait très attention de ne citer

aucune religion.

Oui, peut-être, mais ils se sont sentis implicitement désignés.

C'est là qu'est votre erreur.

Et tous les élèves doivent avoir accès au même contenu.

Il ne fallait pas les faire sortir.

Oui, mais je ne voulais pas qu'ils se sentent obligés de les regarder.

Non, mais personne ne met en doute votre bonne foi, monsieur Paty.

Ça, ça va de soi.

Enfin, maintenant, il faut sortir honorablement de cette crise.

Mon idée, c'est de bien refaire passer le message aux parents que vous reconnaissez

votre erreur.

Tout en maintenant fermement le principe q ue vous n'avez pas à vous justifier de vos

choix pédagogiques.

Et que ce cours sur la liberté d'expressio n qui est au programme n'est évidemment

pas remis en cause.

Est-ce que ça vous va ?

Oui.

Bon, très bien.

C'est le message que nous allons faire passer ce soir aux parents.

Et maintenant que l'affaire s'est judiciar isée avec la plainte de la famille Saïdi,

Je vais vous demander de vous mettre en retrait de cette histoire.

Non, non, je suis désolé, monsieur, mais je ne vais pas pouvoir vous laisser.

Comment ça?

Ce sont les ordres.

Comme vous avez porté plainte contre M.

Paty...

Mais il s'agit de ma fille, je suis obligé d'assister à la réunion.

J'entends bien, mais je suis désolé, vous ne pouvez pas rentrer, monsieur.

Les consignes sont très claires.

Mais vous m'avez dit hier que je pouvais assister à la réunion.

Ah non, certainement pas.

Moi, je ne vous ai jamais dit ça, hein, monsieur.

Non, c'est moi qui vous ai dit ça.

Mais depuis, vous avez porté plainte, M.

Saïdi, et je n'ai plus l'autorisation de vous parler.

Mais vous essayez de m'intimider parce que j'ai porté plainte contre ce professeur

raciste.

C'est ça, c'est une honte.

Je ne vais pas me laisser faire.

Monsieur Fossoir.

Je vais le dire à tout le monde.

Mes frères, mes sœurs, c'est une injustice.

Ma fille, elle dénonce un scandale et on ne me laisse même pas venir à la réunion.

C'est ça la démocratie.

Vous pouvez venir, s'il vous plaît.

C'est la liberté d'expression, ça.

C'est du racisme d'État, oui.

Ça va pas?

C'est ça.

Ça va pas l'air, t'es tout pâle.

Tu rentres chez toi?

Tu veux que je te ramène?

Ouais, je veux bien.

Ça t'ennuie pas?

Pas du tout.

Vas-y doucement.

Merci.

Putain, mais c'est chaud, là, ce qui se passe en ce moment.

Et toi, ça va?

T'as pas trop peur?

Je ne sais pas, oui, enfin.

Franchement, tu ne devrais pas venir à pied.

Tu dois revenir en voiture.

Quand ça colle, dis-moi, on peut du temps.

Moi, je te ramène après les cours, je vais te prendre chez toi.

Non, mais je vais pas faire chier tout le monde avec cette histoire.

Mais non, mais tu me fais pas chier du tout.

Franchement, c'est normal, c'est la moindre des choses.

Ce qu'on raconte, les rumeurs, ce qu'il y a sur cette vidéo, eh bien nous, on sait

que c'est pas vrai.

C'est des mensonges.

Et on n'est pas d'accord avec ça.

Et je tenais à vous dire qu'avec mon mari et mes enfants,

On est complètement derrière vous.

Voilà.

Dommage, M.

Paty n'est pas là.

On voulait le lui dire de vive voix.

Oui, je sais bien, mais je ne sais pas où il est passé.

Il devrait être là.

Moi, c'est pareil.

J'ai longuement parlé avec M.

Paty.

Il a été très gentil, très poli, comme d'habitude.

Et je suis venue exprès le soutenir et le remercier.

Il répond pas, je sais pas où il est.

Il est injoignable.

Je veux dire au revoir.

Merci, madame.

C'est moi qui vous remercie de votre soutien.

Merci beaucoup.

Merci beaucoup.

Excusez-moi.

Merci beaucoup.

Allô?

Oui, bonsoir, vous avez essayé de me joindre?

Mais Samuel, vous êtes où?

On vous attendait.

Où ça?

Enfin, à la réunion des parents.

Non, le référent laïcité m'a dit de me mettre en retrait.

Alors je ne suis pas resté.

Mais il parlait en général, pas de cette réunion.

Ah mince, je suis vraiment désolé, j'avais pas compris.

Je me suis fait du souci pour vous, moi, a vec la semaine horrible qu'on a passée, je

me suis imaginé le pire.

Je crois qu'on a tous besoin de décompresser là.

Allez, bon week-end, Samuel.

Mais mon week-end, non, c'est moi.

Vraiment, je suis désolé pour la réunion.

Non, c'est pas grave.

Au revoir.

C'est mon avion.

T'attends pas.

Mais c'est mon avion.

Ok, je te laisse.

Il a dirigé une librairie islamiste.

Fonder le collectif Cheikh Yassine.

Il y a même un site internet où ils recrutaient des jeunes pour les envoyer au

djihad.

C'est un pur salave ton foyer même là.

Faut pas prendre ces types-là à la légère, Samuel.

C'est en laissant faire des types pareils que dans les années 90, l'Algérie s'est

retrouvée à feu et à sang.

Ils s'en sont d'abord pris à ceux qui pensaient pas comme eux.

Les journalistes, les intellectuels, les artistes.

Et après, c'est des villages entiers qui décimaient.

Faut faire attention avec ces mecs-là.

Mais non, tu crois qu'il y a vraiment un risque ?

Peut-être que ton collègue, il a raison.

Faut plus que t'ailles au collège à pied.

Si t'as besoin, je t'accompagne en voiture.

Okay?

Votre fille est scolarisée en classe de quatrième.

Jusqu'à là, tout va bien.

Et c'est avec son prof d'histoire que, visiblement, il y a eu un problème.

Racontez-nous ce qui s'est passé, M.

Saidi.

Il a montré à la classe une photo qu'il avait sur sa clé USB.

C'était un homme tout nu.

Au début, je ne voulais pas y croire.

Mais malheureusement, c'est vrai.

Il leur a montré, il leur a dit, ça c'est le prophète des musulmans.

C'est inadmissible.

Donc vous êtes ici pour dénoncer le comportement provocateur et gratuit de ce

professeur.

Vous êtes en quelque sorte un lanceur d'alerte.

Je sais pas, moi je fais juste mon devoir.

On peut pas tolérer ça.

Moi, je me bats pour la justice dans mon pays, pour pas que ça se renouvelle.

Salam.

Maracus, salam alaikum.

Je ne comprends pas pourquoi tu vas interviewer Sakina sur cette histoire.

Parce que Bachir, elle n'était même pas là au cours.

Non, mais je veux juste avoir son avis sur ce qui s'est passé dans cette classe.

Comment elle a vécu tout ça.

Attends, c'est nos enfants.

C'est à nous de les protéger quand même.

Et puis tu devrais dire à Kadar que c'est sur le fait qu'il ait fait sortir certains

élèves.

qu'il devrait attaquer ce prof.

Pas sur les caricatures.

Il devrait même pas en parler parce que ça, c'est complètement légal.

Je vais lui dire.

Mais bon, tu sais comment, il est cadère là-dessus, il lâchera pas.

T'inquiète pas, ça va aller.

Tu fais ma fille.

Lundi, on a parlé de Charlie Hebdo, des attentats.

Il nous a montré une caricature.

Et après, il a dit que le lendemain, il nous en trouverait d'autres.

Et toi aussi, t'es sortie de la classe?

Non, non, il n'y a personne qui est sorti finalement.

Alors on pouvait se cacher les yeux, mais on ne l'a pas fait.

Du coup, on a tous été choqués en voyant la photo.

Pourquoi ils nous montrent ça à nous, sur notre religion?

Ils nous respectent pas.

Les enfants musulmans sont choqués.

agressés, humiliés par leurs camarades.

Et ça ne pose aucun problème.

Je demande la suspension immédiate de ce voyer.

Parce que ce n'est pas un professeur.

Un professeur, c'est autre chose.

Ça, c'est pas d'harceler un prof comme ça sur les réseaux sociaux.

Harceler.

Tout de suite, les grands mots.

J'agis sur le plan politique.

Je dénonce l'islamophobie en France.

Oui, mais mettre son nom comme ça sur Internet, c'est hyper dangereux.

C'est Kader qui l'a fait.

Et puis de toute façon, il faut bien que la peur, elle change un peu de camp.

Si on veut que tous ces comportements racistes s'arrêtent.

De toute façon, t'as jamais eu de conscience politique.

Tu comprends rien.

T'as toujours été du côté des mécréants.

Allez, dégage, là.

Allez, va.

Ce n'est pas un professeur.

Un professeur, c'est autre chose.

Nous assistons aujourd'hui en France au développement d'une machine qui s'emballe.

Et si on accepte ça, on arrivera peut-être à ce qui s'est passé en Yougoslavie.

Allô?

Allô, monsieur Saidi?

Oui ?

Oui, bonjour, c'est Nora de Maghreb FM.

Je vous dérange pas?

Non, pas du tout.

D'ailleurs, je voulais vous dire merci.

Depuis l'interview, je reçois plein de messages de soutien.

Eh bien, justement, c'est pour ça que je vous appelle.

Parce qu'après l'émission, j'ai reçu beauc oup d'appels de famille qui m'ont dit que

votre fille était absente ce jour-là.

Et qu'elle n'a pas pu assister à ce cours du professeur.

Ben, c'est du gros n'importe quoi, les gens.

Je sais même pas, je comprends pas ce qu'ils disent.

Le problème, c'est que l'information, elle est recoupée par le collège.

Ils m'ont dit qu'elle avait été exclue pour un autre motif.

Alors, moi, je pense, monsieur Saidi, que vous devriez être un peu plus prudent et

creuser cette histoire avec votre fille.

Mais le collège aussi raconte n'importe quoi.

C'est pour camoufler l'histoire de ce prof qui a déconné.

Si vous voulez pas voir la triste réalité de ce pays en face, ce n'est pas mon

problème.

Moi, je sais ce que j'ai à faire.

Au revoir, madame.

Ça va, ma fille?

Je voulais pas tout ça, papa.

Je voulais pas que ça aille aussi loin.

Je voudrais que ça s'arrête.

C'est la vérité, non ?

Alors, ne t'inquiète pas.

Maintenant, c'est une histoire en cradule, d'accord?

Laisse-moi faire.

Merci, ma fille.

Allô ?

Assalamu alaikum wa rahmatullah wa barakatuh.

Je t'ai apporté mon soutien, frère.

Wa alaikum salam wa rahmatullah wa barakatuh.

Merci pour ton soutien qui donne la force.

Je viens de voir qu'apparemment, il y a eu exactement la même histoire dans un autre

collège en 2015.

Je pense à ma fille et je pense à vos enfants aussi.

Excuse-moi de te déranger, mais je suis vraiment inquiète.

Qu'est-ce qui se passe?

Je viens de revoir la vidéo de Kader Saïdi.

Les vues n'arrêtent pas d'augmenter, il y en a presque 5000.

On peut pas faire quelque chose?

C'est de la merde ces réseaux sociaux.

Elle va nous mettre dedans cette vidéo, je viens de la revoir.

Elle est mensongère, elle est tendancieuse.

Elle donne clairement le nom du collège et de M.

Paty.

Elle se propage partout, il faut la faire supprimer.

Merci de m'avoir prévenu.

Je vais voir ce que je peux faire, je vous rappelle.

Oui, allô ?

Monsieur Paty?

Oui?

C'est le directeur académique adjoint, là, pareil, je vous dérange pas?

Ah, non, bonjour.

Je vous appelle parce que la vidéo de la famille Saïdi est de plus en plus relayée

sur les réseaux sociaux.

Je pense qu'à ce stade, ce serait bien que vous sollicitiez la protection

fonctionnelle des agents publics.

Pour ça, il faudrait que vous rédigiez un rapport pour voir si vous pouvez en

bénéficier.

D'accord, mais c'est pas bizarre que ce soit moi qui le demande?

Oui, je suis désolé, c'est la procédure.

On peut pas faire la demande à votre place.

Ah, et important, quand vous irez au commi ssariat, il faudrait que vous déposiez

plainte pour diffamation contre la famille Saidi.

D'accord.

Mais pas d'inquiétude, hein.

Juste qu'on prend les choses au sérieux, comme vous l'entendez.

Je continue à suivre la situation avec mad ame la chef d'établissement, mais voilà.

Je tenais à vous appeler personnellement.

Je vous remercie beaucoup.

Bon allez, bon courage.

Merci.

Au revoir.

Au revoir, monsieur Petit.

Et ça ne pose aucun problème.

Je demande la suspension immédiate de ce voyou.

Parce que ce n'est pas un professeur.

Un professeur, c'est autre chose.

Nous assistons aujourd'hui en France au développement d'une machine qui s'emballe.

Et si on accepte ça, on arrivera peut-être à ce qui s'est passé en Yougoslavie.

C'était des gens qui vivaient très bien ensemble, qui se mariaient entre eux.

Et à la fin, ils en sont arrivés à s'entretuer, comme à Sébranetsa.

Et ces dragons, c'était encore mieux que les chevaux.

Parce que comme ça, il crachait du feu sur les autres dragons.

Pendant que les chevaliers se battaient.

Attends.

Et alors du coup, les chevaux, ils les ont transformés en épées vivantes.

Et du coup, on voyait les épées vivantes se balader dans la rue.

C'était terrifiant.

Allez, allez, on va être en retard.

Ça va?

Ouais, salut le collège de fachos.

Si vous faites pas quelque chose rapidemen t pour votre putain de patrie, on va s'en

occuper nous-mêmes.

Et votre collège aussi.

On est de Montpellier.

C'est pas la porte à côté, mais on sait comment faire pour en foutre plein la

gueule.

Allez, ciao les connards.

Bonjour, Laurence Mercier, journaliste pour le Nouvel Obs.

Je voudrais interviewer la principale à propos du professeur qui aurait eu des

comportements islamophobes.

Si vous voulez bien me rappeler...

Merci.

That was so good.

L'erreur de Samuel a cassé le lien de conf iance que j'avais avec les familles et les

enfants.

J'ai vraiment beaucoup de mal à assumer cette situation dans laquelle j'ai été

plongée malgré moi.

Vu le contexte, tu nous mets tous en danger.

Je le vis très mal et je pense que je ne suis pas la seule ici.

Je suis totalement d'accord avec Isabelle.

Je n'ai pas du tout envie de cautionner ce genre de comportement.

On n'est pas des élèves à la porte sous prétexte qu'ils pratiquent une religion.

C'est un acte discriminant et intolérant q ui bafoue les principes même de la liberté

d'expression et de la laïcité.

Qui en plus donne des arguments aux islamistes.

C'est vrai que vous ne semblez pas maîtris er les règles de laïcité et de neutralité.

Mais dès la rentrée, nous...

dont viendront sur votre cours avec l'équipe Valeurs de la République.

Est-ce que je peux quand même dire quelque chose?

Parce que là, visiblement, ça tourne à mon procès.

Donc est-ce que je peux quand même me défendre?

Non mais bien sûr, Samuel.

D'abord, je voudrais rappeler qu'on n'est pas au tribunal.

On discute, on essaie de sortir de cette situation.

Je voulais juste rappeler, il y avait deux choses distinctes.

C'est-à-dire que déjà...

Le cours sur la liberté d'expression, il est au programme.

Et les caricatures de Charlie, elles sont sur Canopée.

Contrairement à ce qui a été dit ici, jusque-là, j'ai commis aucune erreur.

Ensuite, oui, j'ai commis une maladresse en proposant à tous les élèves qu'ils

souhaitaient de sortir brièvement.

J'en ai parlé avec la maman qui m'a appelé et qui s'est plainte.

Je me suis excusé et tout de suite, cela a été clos.

Ensuite, il y a Bachira et la famille Saïdi, et ça n'a rien à voir.

Elle a raconté n'importe quoi à ses parents puisqu'elle n'était pas au cours.

Tout comme toi, tu n'étais pas présent et tu racontes n'importe quoi sur ce qui s'y

est passé et tu me donnes des leçons de laïcité.

Si, attends, écoute, je suis désolé, je sais que même...

Non, laisse-moi juste finir.

Le vrai problème, il me semble, c'est qu'u ne de ces vidéos mensongères a été faite

par un individu fiché S et vu les commenta ires qu'elle suscite, je pense que je suis

menacé par les islamistes locaux et je pense que le collège l'est aussi.

Alors, on est censé faire quoi, nous?

On continue à enseigner?

Là, on devrait exercer notre droit de retrait.

Surtout pas, ça ne ferait qu'aggraver les choses.

Et pour les journalistes, on fait quoi?

Parce qu'on est harcelés, là.

Je l'ai là.

Surtout pas un mot.

Il faut les renvoyer vers le service communication de l'académie.

C'est eux qui gèreront.

Excusez-moi, mais tous les jours, je reçoi s des coups de fil de menaces à la loge,

moi.

Ils disent que c'est un collège de mécréants.

Que si le prof n'est pas viré, ils vont venir ici pour nous piétiner.

Qu'est-ce que je dois faire, moi, par exem ple, si des individus veulent s'introduire

dans le collège?

S'ils ont un couteau, je fais quoi ?

Allons, calmez-vous.

Ils vont évidemment pas s'en prendre à un collège.

Alors, pardon, mais je crois qu'on oublie Mohamed Merah à l'école juive de Toulouse.

J'ai pas envie de prendre des petits calas.

Bon, il n'y a aucune raison de paniquer.

Occupez-vous de vos cours et nous, on s'occupe de la sécurité.

On multipliera les patrouilles de police jusqu'aux vacances.

Et à partir de demain matin, on va accélér er la procédure d'accueil des élèves.

Ils entreront plus rapidement et on fermera la grille à clé.

Vous en pensez quoi d'histoire avec M.

Pachi?

Oui, on va en parler.

Je t'enquille le calme.

Yeah.

Donc à propos des événements récents, à savoir l'exclusion d'élèves d'une classe

parce qu'ils étaient musulmans,

Je tiens à dire que je me désolidarise totalement de ce qu'a fait mon collègue.

Un cours doit être pour tous les élèves.

Donc ce qu'il a fait est impardonnable.

Et jamais je n'aurais utilisé ces images.

Je me désolidarise et je demande pardon à tous les élèves musulmans présents ici.

Et je leur demande de transmettre ce pardo n à tous les élèves musulmans du collège.

S'il vous plaît, on se concentre un peu.

Monsieur.

On se concentre, merci.

On est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, 1945.

L'Europe vient de se déchirer.

Messieurs, s'il vous plaît.

Oui.

En fait, je voulais savoir ce qui s'était passé avec la classe de quatrième.

Non, ça, ça te regarde pas, donc j'en parle pas.

C'est un peu facile comme réponse, monsieur.

Non, c'est pas facile, au contraire.

Mais tout a été vu avec la classe concernée.

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de plus?

C'est grave ce qu'elle dit, Bachira.

Oui, c'est très grave, ça s'appelle de la diffamation.

C'est très grave.

Rappelez-vous, on en avait parlé, non?

La diffamation.

Quand on a des libertés, on a des droits, mais aussi des devoirs.

Bon, on revient au cours.

Vous ouvrez vos livres à la page 127.

Tu manges mon cœur.

Voilà, enfin.

Allez, presque droit, presque droit.

C'est un voyou.

Il s'est permis de demander aux élèves mus ulmans de lever le doigt et après il leur

a demandé de sortir de classe avec un homme tout nu.

Et il leur a dit que c'était le prophète des musulmans.

Je vais vous montrer une image, vous allez peut-être être choqués.

Et pourquoi ce professeur d'histoire choqu é, agressé, humilié devant leur camarade,

et ça ne pose aucun problème.

Je demande à ce qu'il soit immédiatement de surprise.

Il doit aller s'éduquer lui-même.

Parce que ce n'est pas un professeur, un professeur, c'est un autre chose.

Avec un tout petit, il leur a dit que c'était le prophète des musulmans.

C'est un message qui nous est passé à l'ensemble, qui se marie entre eux.

J'ai jamais demandé à Bachira de quitter la salle de classe.

Et j'ai jamais demandé non plus son exclusion du collège.

Bonjour, Jean-Jean Vandal, c'est mieux le matin.

Bonjour.

Elle a été exclue, mais par la direction, donc pas par moi, pour des motifs qui

n'ont rien à voir avec mon cours.

Et puis aussi, on reçoit beaucoup d'appels téléphoniques de personnes...

très virulente qui menace de s'en prendre physiquement à M.

Paty et au collège.

Et donc, on s'inquiète.

Qu'est-ce qui va se passer maintenant?

Bon, déjà, vu ce que vous me dites, moi, je vais réentendre la famille Saidi.

Et après, je vais faire remonter le dossier pour avis du parquet.

Je vais vous demander de relire et de signer.

Je ne comprends pas.

Là, l'intitulé de l'infraction, c'est diff usion de l'image d'un mineur présentant un

caractère pornographique.

Ah oui, c'est vrai, c'est un peu bizarre.

Je ne sais pas moi qui ai recueilli la plainte.

J'imagine qu'ils ont mis ça parce que vous avez montré des caricatures de Mahomet.

Écoutez, vous ne vous inquiétez pas, ça c'est juste des mots.

À la fin, c'est le procureur qui va tout requalifier.

C'est la première fois en 20 ans de carriè re que je témoigne contre un élève et un

parent.

Je suis désolé de vous avoir mis dans cette situation.

Et le droit de retrait, vous y avez pensé?

Enfin, ce serait comme reculer.

Enfin, c'est admettre que j'ai eu tort.

En tout cas, ça accréditerait leurs mensonges.

Non, je ne peux pas.

Allez, on va tenir bon jusqu'à vendredi.

Les vacances feront du bien à tout le monde.

Vous voulez que je vous dépose ?

Ça vous ennuie pas ?

J'ai refait mon petit tour des autorités m usulmanes du département, là, et ils m'ont

rassuré.

Tahar Amara est fiché S parce qu'il était connu dans les années 90.

Mais aujourd'hui, il n'a plus aucune influence auprès de la communauté.

D'ailleurs, les associations musulmanes m'ont parlé de son message.

Côté association de parents d'élèves, c'est la même chose.

Ils ne sont pas tombés dans le panneau, le feu est complètement éteint.

Et puis j'ai refait un point aussi avec la DGSI, et là encore, ils tiennent le même

discours rassurant.

Donc je pense que la tension devrait compl ètement retomber pendant les vacances.

Mais en attendant, vous pourriez pas envoyer plus de patrouilles?

Alors c'est pas moi qui gère ça, il faut voir ça avec votre référent police.

Non, mais je sais bien, mais je lui parle tous les jours et j'ai pas l'impression

que ça change grand-chose.

D'accord, mais écoutez, je vais faire le point avec lui et je vous rappelle, ok?

Oui, je vais bien, merci beaucoup.

Et sinon, pour vous, ça se passe comment aujourd'hui au collège ?

Je sais pas, c'est bizarre.

Tout est si calme, là.

Eh ben, tant mieux, non?

Allez, courage.

Plus que quelques heures à tenir.

Excusez-moi, je dois vous laisser.

Je vous en prie.

Merci, au revoir.

Au revoir.

Salut.

Désolé, il était sur la table de nuit, je l'ai pas vu.

T'inquiète, c'était...

Léo?

Léo?

A demain.

A demain.

Ça va, toi?

Ouais, ouais, je suis en retard.

Désolé, tu me vois bien ?

Mortel.

Dernier jour.

Tiens le coup.

Ça va faire du bien à tout le monde ces vacances.

Bonjour, madame.

Allez, encore un peu de courage, c'est ce soir les vacances.

Et à votre avis, qui est-ce qui ne va pas du tout être d'accord avec cette

séparation des pouvoirs ?

Les rois.

Exactement, ouais, les monarques.

C'est ça qui va mener à la révolution, on verra ça à la rentrée.

Bonnes vacances à tous, profitez.

Pas une petite blague aujourd'hui, monsieur, pour les vacances?

Avec quoi est-ce qu'on ramasse les papayes?

Avec des foufourches.

Bonne vacances, monsieur.

Bonne vacances.

Reposez-vous bien, profitez bien.

Au revoir, monsieur.

Bonne vacances.

Bonne vacances, monsieur Pascal.

Bonne vacances, Pascal.

Salut.

Tu connais M.

Paty?

Non.

Les gars, je cherche M.

Paty.

Si vous me montrez, je vous donne un billet.

Salam, salam,

Tu connais M.

Paty?

Ouais, pourquoi?

Si tu m'amènes, je te donne un billet.

300 euros.

Arrête de mentir.

150 euros maintenant, 150 euros après.

Tu le veux quoi, Pachi?

Je veux le filmer, l'afficher.

Faire payer pour ce qu'il a fait aux musulmans.

Je vais venger le prophète.

150 maintenant, 150 après.

C'est quoi ça?

Oui, je suis sur ça.

Moi, moi,

C'est le mec là-bas, il a dit, il me repasse 150 si je demande pas de chine.

Vous voulez m'aider?

Vas-y, vas-y,

Vas-y, on voit un peu d'argent.

Moi, je suis chaud.

Ah oui, chaud, chaud,

Fais ça.

Partage, déjà, partage.

Attendez, attendez, carrément, je crois, il sera 17h.

Oh, bonne information.

Fais voir un petit.

Passe, passe,

Passe à rouge.

Donne ça à eux, donne ça à eux.

Au revoir, au revoir.

Eh, le gars qui t'a donné de l'argent, il veut quoi, Pachi?

Ben, le filmer pour qu'il s'excuse de ce qu'il a fait aux musulmans, l'histoire de

Bachira, là.

Vous abusez, les gars.

Eh, Bachira, elle a menti.

Elle abuse, les gars.

Eh, attendez, attendez,

Quand les musulmans sont sortis, elle était même pas là.

Les gars, elle est même pas dans la classe.

C'est une grosse mytho.

Ça doit voler juste faire son intéressant.

Déjà, ça sait pas se faire sortir les musulmans, déjà.

Eh, il n'y a pas de respect, hein.

C'est un racisme, Pachi.

Eh, mais, viens en échange de blouson.

Mais pourquoi?

Comme ça, les caméras du collège, ils ne reconnaissent pas.

Vas-y, mais tu me la rends vite.

Vous faites ça ici, vous m'avez rendu des chouettes.

Bah, garde-le-moi, j'arrive tout de suite.

Ça casquette, ça casquette.

Vas-y.

Qu'est-ce qui se passe ?

C'est Madou et Jik Bashira, la menthe sur le sort de Pachi.

Quoi, la fille qui s'est virée?

Il dit qu'elle n'était pas en cours.

Alors, elle a moché ou pas?

Je ne sais pas, moi, je ne suis pas dans sa classe.

Tu crois que tu pourrais me redéposer ce soir?

Désolé, mais ce soir, j'ai soutien scolaire.

C'est pas grave.

Bonne vacances.

Ouais, toi aussi, bonnes vacances.

À plus.

Excusez-moi, monsieur, j'ai oublié mon écharpe.

Merci beaucoup, monsieur.

Dans les vacances?

Merci, toi aussi.

Repose-toi bien.

Merci, vous aussi.

Tous les musulmans, il nous a demandé de sortir.

Donc je me suis rebellée, parce qu'il n'avait pas le droit de faire ça.

Puis après, il a montré les caricatures avec Mahomet.

Tout nu, tout nu.

Alors, il m'a virée de la classe et du collège.

Mais la vérité, je m'en fous.

J'ai même pas envie d'y retourner tellement je suis vénère.

Bah, vas-y, vas-y, qu'arrive.

Je t'appelle, je vais te voir.

Vas-y, devant ta quête normale.

Tu le connais, lui, là-bas?

Négatif, jamais vu.

Je n'ai jamais vu mon fils.

I love it down.

Une vacances fermées.

Merci.

À vous aussi, monsieur Paty, vous en avez bien besoin.

A bientôt.

¡A la vuelta!

Qu'est-ce qui se passe là ?

Qu'est-ce qui me suit là?

Attention, tout le monde...

Il est en train de le tuer!

Mais qu'est-ce qui est horrible!

Là, là,

Monsieur!

Monsieur!

Il a une arme!

Entre, entre,

Viens, viens,

PM 78, conflans pour TN 130.

TN 130, j'écoute.

En matière, carrefour des clématites, individus armés, barbus, bêtement sombres.

Ils prennent la vérité.

C'est moi qui rigole, tenez.

Là, c'est des vrais trucs, les gars.

Prenez les meilleurs bonbons.

Vas-y, je prends des bonbons.

Ça va?

Échange d'OV.

Police !

On te déma!

Les gars, t'as entendu?

Qu'est-ce qui se passe ?

C'est...

T'es Samuel.

On va prendre ça.

Il y a des policiers, allez-leur ouvrir.

On va se mettre bien, venez, venez,

Vas-y, vas-y,

Vas-y, envoie les bonbons, vas-y, vas-y.

Regarde, regarde,

Regarde, regarde.

Tu vois ce qu'il y a?

Tu vois ce qu'il y a?

Oui, c'est un mec qui connaît.

Calmez les gars.

J'ai exécuté un de tes chiens de l'enfer qui a osé rabaisser moi.

C'est quoi cette photo-là?

C'est la tête à patis, ça?

C'est un BG qui lui a coupé la tête.

Il a mis sa tête sur les réseaux.

Allô ?

Madame Lagnon?

Oui?

Major Vandel, c'est moi qui vous ai reçu au commissariat.

Qu'est-ce qui se passe?

C'est M.

Paty, c'est ça?

Écoutez, je suis pas sûr, je sais pas.

Je l'ai eu deux heures devant moi et là, je suis même pas sûr de le reconnaître.

Est-ce que je peux vous demander de m'envoyer une photo, s'il vous plaît?

Pour l'identifier.

C'était une photo.

C'était une photo.

C'est un défenseur, c'est plus un défenseur.

I'll brush it up.

What else could be wrong with me?

Au début, j'écris ma son histoire.

Après, au fur et à mesure, je parlais avec lui.

Il ne me parlait que de religion, de Dieu.

Il fallait que je fasse mes prières.

Après, moi, ça me saoulait.

Je lui disais que, vas-y, moi, je n'étais pas comme ça.

Et puis ça coûte de tout cet argent.

Mais pour eux, ils n'ont jamais donné de l'argent, monsieur.

Je n'ai plus trop d'euros en argent de poche.

Pardon, je suis désolé.

Monsieur Petit, je ne sais pas ce qu'il aurait pensé de moi.

En plus, c'est très bien que je l'aimais.

Donc, si je résume ce que tu dis, toute ta classe ment, la principale ment,

l'administration ment, et il n'y a que toi qui dis la vérité.

Exactement.

Ils disent tous que les caricatures, elles ont été montrées le mardi 6 et que

t'étais pas à ce cours.

Alors comment tu veux que je te croie, toi ?

Mais vous croyez ce que vous voulez.

Moi, j'y étais, et pas vous.

Oui, effectivement, mais tes camarades, eux, ils y étaient.

Et ils disent tous que t'étais pas là.

Et vous croyez que c'est ce que disent quelques camarades qui va m'attendre?

Mais c'est pas quelques camarades, Bachira, c'est tout le monde.

Pourquoi ils sont tous contre toi alors?

Bah j'en sais rien moi, demandez-leur!

C'est quand même pas à moi de faire l'enquête!

Chira, t'es plus au collège, là.

C'était à la police antiterroriste et M.

Paty a été décapité.

Tu comprends ce que ça veut dire?

Tu sais quoi?

Moi, j'ai l'impression que t'oses pas dire la vérité parce que t'as menti à tes

parents.

Parce que ton père, il a été arrêté à cause de toi.

Est-ce que t'as peur de les décevoir?

Est-ce que je me trompe?

Bonjour.

Bonjour.

Merci.

Merci.

J'aimerais faire une déclaration très importante au sujet de l'assassinat de M.

Paty.

Je l'oublierai jamais.

Ni sa famille.

Je suis là pour témoigner parce que...

Parce que je sens la responsabilité de mon père dans sa mort.

C'est un radicalisé.

Il est contre la liberté d'expression.

Pour les fatwas.

Comme celle de Salman Rushdie.

Il dit qu'il mérite la mort.

J'ai eu des disputes très violentes avec lui parce que je voulais rester à l'école.

Je me laissais pas endoctriner.

Alors comme je résistais,

Il me traitait de mécréante.

Il m'appelait la juive.

Il m'obligeait à porter le voile.

J'ai cessé toute relation avec mon père le jour de l'assassinat de M.

Paty.

C'est sa mort qui m'a donné la force de prendre cette décision.

Pour exprimer mon désaccord complet avec ses idées et mon refus de l'intégrisme.

On ne peut pas commettre des crimes au nom d'une religion.

D'ailleurs, il y a un verset coranique qui dit que...

Tuer une âme, c'est tuer toute l'humanité.

Okay.

Suite aux interrogations de la famille sur les circonstances de la mort de Samuel

Paty, j'ai fait ma petite enquête sur ce qui s'est passé au niveau de la police.

Ok, je vous écoute.

Au niveau renseignement territorial, ils ont bien repéré la dangerosité de

Tahramara.

Mais ils sont focalisés sur le risque de manifestation et pas sur la menace

terroriste.

Ils n'ont même pas repéré les messages haineux dans les commentaires des vidéos.

Sinon, ils ont envisagé de surveiller les lignes de Saïd et d'Amara.

Mais il pouvait pas, ça rentrait pas dans le cadre de l'intitulé de la plainte des

Saïdi.

D'ailleurs, cet intitulé farfelu a provoqué la confusion.

Il a fallu que ça passe par trois magistra ts avant que la justice s'en saisisse.

Pour ce qui est des patrouilles de police, aucune disposition particulière n'a été

prise.

À part la première semaine, quand il craignait des manifestations.

La deuxième semaine, on a bien promis des patrouilles supplémentaires à la

principale, mais juste après, il y a eu une réunion où il a été établi que la

situation s'était apaisée.

Donc il ne s'est rien passé.

Par ailleurs, la principale avait égalemen t demandé une surveillance accrue de la

police municipale.

Mais le maire a refusé.

Bonne soirée.

Arguant que c'était pas à la ville, mais à l'éducation nationale d'assurer la

sécurité de ses professeurs.

Résultat, une policière municipale avait bien repéré Anzoroff à la sortie du

collège.

Tu l'as déjà vu, lui?

Mais comme aucune information sur ce qui se passe à l'intérieur lui était remontée,

elle n'a rien fait.

Mais le pire vient de la surveillance de la djihadosphère.

À 18 ans seulement, Abdullah Kanzorov avait déjà été signalé 5 fois sur Pharos.

Pour des postes à caractère islamiste, ant isémite, homophobe, et des diffusions de

vidéos de décapitation.

Mais comme ils menaçaient personne précisément, ils ne l'ont pas remonté.

C'est comme ça, c'est la procédure.

Il y en a plein, des excités, de plus en plus jeunes.

On est submergé.

C'est facile de dire après coup ce qui aurait dû être fait.

Personne ne pouvait imaginer ou anticiper une telle horreur.

Mais tous les fonctionnaires que j'ai inte rrogés comprennent les interrogations de

la famille.

Et le sentiment qu'elle ressent de...

d'un immense abandon.

Je ne m'en étais pas rendue compte avant, mais M.

Paty était mon prof préféré.

Parce qu'il avait beau être strict et fair e pas mal de contrôles, il était toujours

bienveillant et passionné.

On voyait bien qu'enseigner, c'était pas juste un travail pour lui.

C'était bien plus important.

On s'ennuie jamais.

Je sais qu'il ne nous entend pas.

Mais j'aimerais quand même lui dire merci.

Merci de m'avoir renseigné l'histoire géo, comme personne ne l'avait fait avant.

Merci pour vos blagues à la fin des cours.

Même si elles n'étaient pas toujours très drôles.

Elle nous remontait le moral.

Merci d'avoir été dans nos vies.

Vous n'êtes plus là, mais vous le serez toujours dans nos cœurs et dans nos

consciences.

Vous nous disiez souvent que vous auriez aimé que votre vie ait un sens.

Eh bien, votre rêve est exaucé.

Votre nom sera dorénavant associé aux valeurs de la République, la laïcité, la

tolérance et la liberté.

Merci.

Merci pour tout, M.

Patty.

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