All language subtitles for Les nouvelles aventures de Vidocq saison 02 épisode 01

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Original subtitles

Avril 1815.

Napoléon, quittant l'île d'Elbe avec 900 soldats, a reconquis la France et s'est

réinstallé aux Tuileries. Le drapeau tricolore a remplacé le drapeau blanc.

L'armée s'est ralliée à l'empereur. La France vit des semaines d'enthousiasme.

Le roi Louis XVIII, suivi de ses fidèles, se réfugie à Gans, en Belgique.

Mais beaucoup de fonctionnaires disparaissent. Les uns filent sur Gans

avec la caisse, d'autres se cachent ici ou là pour attendre la suite des

événements. On pille des maisons et profitons du désordre. Des inconnus

lancent sur le marché de faux billets de banque. On en trouve partout. On ne sait

pas d'où ils viennent.

Alors ? Sur 23 billets, j'en trouve 18 faux.

On va aller refiler la fermeture quand on l'éteint.

Une bonne nouvelle.

Les faux billets. Oui, bien. On vient d'arrêter un de ceux qui les

fabriquaient. Qui sait ? Il paraît qu'il fait partie de la bande à Vidocq.

Non. Prénom.

Moscow, Joseph.

Profession ? Alchimiste.

Silence ! Silence ! Je suis sur le point de trouver la formule, monsieur le

président. Tous les Français, vous êtes millionnaires ! Vous devriez m'en

remercier au lieu de me faire perdre mon temps.

Je vous prie de parler sur un autre ton au tribunal.

N'oubliez pas que vous jouez votre tête.

D'ailleurs, il ne s'agit pas de cette marotte que vous avez de fabriquer de l

'or, mais de bien autre chose.

On vous accuse d'avoir aidé à la fabrication de faux billets.

Quand on est à la veille de faire de l'or du vrai, on ne s'amuse pas à

fabriquer de faux billets.

Taisez-vous ! Mascour, je vous prie de bien garder en mémoire que la France est

en guerre, que l'empereur va devoir mener ses troupes contre une puissante

coalition, que le pays a avant tout besoin de finances saines.

et que fabriquer de la fausse monnaie en ces circonstances est un crime contre la

nation française.

Il n'y a pas de maître.

Le premier témoin.

Premier témoin.

Nom, prénom.

Défaussez, Louis.

Profession.

Ah, c'est-à-dire que... Oui, c'est ça.

Vous avez fait six ans de bagne. Oui.

C'est même la seule profession sérieuse que vous ayez exercée avant de rentrer

au service de la sûreté. Ah oui, c'est-à-dire que... Vous connaissez l

'accusé ? Ah oui.

Ah mais je vous jure, M. le Président, que l'alchimiste est innocent.

On ne vous demande pas votre avis. Ah mais moi je vous le donne, il est

innocent, M. le Président.

Envoie l'assez ! Envoie l'assez ! Retournez-vous à soi.

Retournez à votre banc. Non mais il est innocent.

Au suivant ! Il est innocent.

Au suivant ! Le témoin...

Nom, profession ? Marquis de Modène.

Le tribunal s'étonnera de voir un homme de ma qualité dans un milieu aussi

pittoresque.

Vous aimez surtout jouer aux cartes.

Vous y gagnez votre vie et le titre que vous portez vous est contesté. Je n'ai

jamais été condamné, monsieur le président.

Tâchez de continuer. Jurez de dire la vérité, toute la vérité. Rien que la

vérité et levez la main droite et dites je le jure.

Je le jure. Je vous jure également que Moscou n'a jamais fabriqué de faux

billets de banque. Il nous l'aurait dit, il ne peut rien nous cacher.

La vérité, c'est qu'on est en pétard avec la police officielle. Moi, la

France, c'est qu'ils nous ont viré des boulots en convaincu de récidivisme.

Témoins défaussés, je vous prie de regagner votre place.

Il leur fallait une victime, alors ils ont pris ma nounoune. On ne va pas se

faire avoir comme des gamins, non ? Silence ! Ces insinuations sont

intolérables. Taisez-vous, ou je vous fais expulser.

Je tiens à rappeler qu'on a trouvé une maquette de billet de banque dans le

laboratoire de M. Mosco.

C'est ce que l'on a peut-être apporté par hasard, ou obligé en partant. Tout

le monde peut se tromper. Que se fait-il de ça ?

Je demande des sanctions ! Taisez-vous ! Taisez-vous, asseyez-vous !

Taisez-vous et asseyez-vous tous ! Taisez-vous

!

Témoin

suivant.

Profession ? Flambard, Charles Auguste, inspecteur de police première classe au

service de la sûreté comme adjoint de M. Vidocq, actuellement en mission dans le

Nord. En fait, je suis surtout chargé de... De surveiller les agents de ce

service dont le recrutement est discutable.

Plus que discutable. Des repris de justice, des interdits de séjour... M...

M... L'accuser de se trouver dans sous vos ordres.

Aviez-vous des reproches à lui faire ?

A lui comme aux autres.

Ces messieurs n'ont aucun sens de la hiérarchie. Par exemple, quand j'arrive

le matin, tout le monde devrait se lever. On reste assis.

Vous pouvez rire tous les deux.

Je vous préviens que je vous serai à l'œil. Moi, je ne connais que le premier

de la liste. Et votre tour viendra.

Mais il est innocent.

Je vous conseille de le prendre un peu moins haut.

Messieurs de la bande à vidoc. La bande à vidoc.

Monsieur le président est composé d'anciens bagnards devenus d'honnêtes

gens. et qui valent sûrement mieux que beaucoup d'honnêtes gens.

Et j'en vois dans cette salle qui sont de futurs bagnards.

Garde, faites sortir l'individu qui se permet d'interpeller le tribunal.

Garde, vous n'avez pas entendu ? Et d'abord, qui est cet individu ? Vous

devriez le savoir, monsieur le président.

Je suis François Vidocq, chef de la sûreté.

Par bonheur, je arrive à temps.

Vous allez proclamer, vous aussi, l'innocence de l'accusé.

Je l'utilisais comme expert dans les affaires de faux.

Vous le preniez au sérieux ? Au début, on se moquait de lui, oui, mais

il avait l'air si convaincu qu'on a fini par le croire.

Moi, tu crois ? Vous, on ne vous demande rien.

Un mot, M. le Président.

Un homme seul ne peut pas inonder Paris de faux billets.

Il ne peut s'agir que d'une bande organisée. M. Vidocq, nous vous

remercions. M. le Procureur, vous avez la parole.

Eh bien, messieurs, je ne demanderai aucun supplément d'enquête.

Nous tenons enfin celui qui est sans doute le chef de cette bande de

faussaires. Et notre devoir est de faire un exemple.

Messieurs, cet homme est innocent.

La preuve, c'est qu'il a convaincu tous ceux qui l'ont approché.

Pour prendre un exemple, prenons monsieur le directeur de la prison

centrale. Il va s'acheter un fourneau d'alchimistes.

Pour prendre un autre exemple, moi-même, messieurs, moi-même, si je... je demande

que les débats soient ajournés.

Avez-vous quelque chose à ajouter pour votre défense ? C'est pas à vous de me

juger, monsieur le président, mais à l'Académie des sciences.

Vous êtes parfaitement compétent.

Moscow, la réponse du tribunal... et oui.

Gréfier, lisez l'article du code.

Tout condamné à mort aura la tête tranchée.

Étant donné l'état d'exception proclamé sur tout le territoire de l'Empire

français, l'arrêt du tribunal est sans appel.

Il est donc exécutoire dès demain à la première heure. La séance est levée.

Écoutez, soyez gentils, laissez-moi entrer.

Sonnette, c'est l'heure, ce ne pourra avancer voir que demain.

Demain, il sera trop tard.

On n'entre pas dans le bureau du ministre de la police comme dans un

moulin. Je suis en conférence avec le nouveau gouverneur de la Banque de

France. Ce que je viens de vous dire concerne précisément la Banque de

France.

Restez. Ainsi vous vous plaignez, monsieur le gouverneur.

Oui, de recevoir des ordres que je ne peux pas exécuter.

Monsieur Ouvrard nous propose de lancer un emprunt.

Oui, mais comment ? Mon prédécesseur a rejoint le roi en Belgique avec tous les

chefs de service.

Personne ici n'est au courant.

Nous ne trouvons même plus les livres de comptes. Et ce n'est pas tout.

La confiance s'en va.

Les faux billets inondent Paris.

Oui, on vient d'arrêter un des faussaires, de le juger et de le

condamner. Il appartient à ma brigade.

M. Fouché en tirera sûrement les conclusions qui s'imposent. Quant à moi,

je préfère garder mes distances, M. le ministre.

Je sais ce que vous allez me demander, la grâce de Moscou.

Je la refuse.

Oh, un petit sursis d'exécution. Impossible.

Pour amener la confiance, il faut frapper.

J'ai envie d'être qu'on soit tombé sur un de vos hommes, mais on a trouvé que

lui.

Si l'emprunt n'est pas couvert, l'emprunt n'a plus qu'à retourner à l

'île d'Elbe, c'est tout.

Monsieur le ministre, dois-je considérer le fait que vous ayez contresigné la

note m'éjectant de mon bureau comme une marque de défiance personnelle ? On vous

a relogé ? Très mal. Oui, mais je ne fais pas ce que je veux.

Au revoir, Widoc.

Monsieur le ministre.

Quoi encore ? Je voulais simplement vous parler du directeur de la gendarmerie,

le général Savary.

Qu'est-ce qu'il me veut, Savary ? Bien, bien.

Il vient de faire arrêter un émissaire à la frontière qui emportait des lettres

en Belgique.

Et alors ?

Il veut montrer ses lettres à l'empereur pour lui prouver qu'un de ses ministres

correspond secrètement avec Louis XVIII.

Comment savez-vous ça ? J'ai des amis bien placés dans la maison militaire de

Savary. Ils me coûtent assez cher.

Écoutez, Idox, ces lettres-là, il me les faut à n'importe quel prix, vous

entendez ? Quant à votre agent, on retardera un peu l'exécution.

Seulement attention.

Si vous voulez le faire évader, il faudra réussir votre coup, parce que si

vous êtes pris, je n'essaierai pas de vous tirer d'affaire.

Alors, nous disons un sursis de...

Trois jours, pas un de plus.

Quant aux lettres...

Il y en a cinq.

Monsieur le ministre.

Trois jours.

C'est sous les toits.

Oui, mais c'est plus grand.

Cinq étages à monter.

Ça te fera de l'exercice.

Dis tout de suite que t'es content.

Dans nos meubles, on venait s'apparaître des bourgeois.

J'ai l'impression de partir à zéro. Tu vas être servi.

Moscou, il va y passer demain matin. Et tout ce que vous trouvez à faire, c'est

de vous occuper dans votre petit confort.

Il est en plein travail.

Il aime pas qu'on dérange.

Vous savez, M. Vidocq, s'il trouve ce qu'il cherche, on va tous être heureux.

Même M.

le directeur.

Aussi, c'est pas la peine de nous le recommander, il est dorloté, chouchouté,

c'est l'enfant gâté de la maison.

On lui fait des petits plats.

Malheureusement, il y touche à peine.

Il y a que son invention qui compte.

Quel dommage que nous ne l'ayons pas, la tanor.

Le fourneau des alchimistes.

Ça nous manque. Et forcément, on n'avait pas prévu.

Tu permets, François, une minute.

Bon, je vous laisse.

Oui, laissez-nous, mon ami.

Ah bah dis donc.

En tout cas, je t'en ai apporté un autre.

Tiens, là, voilà.

Ça sert à quoi ? Ça sert à scier les barres au Moscou.

T'as déjà oublié ? C'est vrai, j'y pensais plus.

Cette cellule est au deuxième étage. C'est bien beau pour s'évader.

On aurait dû le mettre en rez-de-chaussée.

Tu pourras découper ta couverture en lanière et t'en faire un cordage.

La longueur n'y sera pas. T'inquiète pas, j'ai pensé à tout.

A peu près.

Je connais bien cette prison, je m'en suis évadé deux fois.

Tu te lances, tu te balances dans le vide et t'attrapes le mur d'en face.

Non, j'ai le vertige.

Enfin, Mosco, tu sais que tu vas y passer, oui ou non ? Je crois que j'ai

enfin trouvé la formule.

Mosco, je t'ai pris de croire que ça va faire un fameux ramdam.

Le gardien portera la nouvelle au directeur, le directeur au ministre et

le ministre à l'empereur.

Alors il me fait appeler, il me propose.

Le château des décorations.

Je refuse tout.

Elle est là, dans ma tête, la frottume.

Mais mon beau vieux, il ne te reste plus qu'un jour à vivre.

Un jour ? C'est plus qu'il ne m'en faut.

Mais évade-toi d'abord et tu reprendras ton travail après.

Et mes calculs, hein ? Mes calculs.

Je ne peux tout de même pas emporter les murs avec moi.

Non, je reste.

Oh, si tu savais comme c'est merveilleux d'être sur le point de la trouver, la

formule.

Parce qu'en cherchant, je trouvais toujours autre chose. De nouveaux

appareils pour naviguer au fond de l'eau, pour voler dans les airs. Enfin,

des choses sans intérêt, des bêtises sans aucun avenir.

Tandis que maintenant, je brûle.

Ça y est, je brûle, tu comprends, je brûle.

Mais moi, ce qu'on veut pas rire... Il s'agit de ta...

Elle a bien autre chose à penser, ma tête.

Elle est pleine d'or.

Bon, parce qu'on refuse de s'évader, alors on le fera évader malgré lui.

Et on s'y mettra tous.

Je me demande comment.

Flambard, il est toujours derrière nous.

Flambard ? Justement, le patron est en train de lui dire de vous, Flambard.

Non, non, non, non.

Non et non !

Après 15 ans de service, je ne prêterai pas la main à une évasion. Enfin,

écoutez, Flambard, vous n'avez pas besoin de savoir qu'il s'agit d'une

évasion. Vous n'avez qu'à obéir à mes ordres, puis c'est tout.

Non, je n'exécuterai pas vos ordres.

Mais dites-donc, Flambard, vous oubliez que c'est moi votre chef direct.

C'est exact.

Mais j'ai dans certains cas le droit de référer M. Henry, directeur de la police

parisienne.

je serai obligé à mon tour de faire un rapport sur vous.

Un rapport sur moi ? Je serai obligé de lui dévoiler les mystères de votre

vie privée.

Vous avez une liaison coupable, Flambard.

Moi ? Et... Avec une femme mariée.

Ce n'est pas contraire au règlement.

Non. Mais c'est la première fois en 15 ans de service.

Ça se remarquera.

J'aurai du mal à passer principal.

Bon.

J'exécuterai.

Mais... Vous êtes durs, M. Vidocq.

Vous êtes durs.

Je veux mon secours.

Laissez-moi tranquille, Bernichon. Vous voyez bien que je cherche.

C'est une mauvaise nouvelle pour nous tous.

Oui. On vous change de prison.

Tous mes calculs sont ici, sur les murs.

C'est pas question de m'en aller. Je refuse.

Ils vous demanderont pas votre avis.

Triste mission.

Mais pourquoi répétez-vous tout le temps, triste mission ? Parce que... Et

puis, fichez-moi la paix ! On ne parle pas dans une voiture cellulaire, c'est

le règlement !

J'ai besoin de vous. Un oncle vient de partir.

Triste mission.

Vas-y, vas-y, M. Mosco.

C'est gentil d'être revenu, M. Mosco, à votre place. Il y en a qui auraient

profité de l'occasion.

Enlevez-moi ça, vite ! Vous n'êtes même pas renoncé à deux doigts de la

réussite.

Passez-moi la grève, Ornisson !

Je me démissionne.

Je n'ai pas envie de jouer, moi.

À quelle heure, l'exécution ? À 6 heures demain matin.

C'est pas au jour d'aujourd'hui.

C'est un têtu, Moscou.

Il n'est pas encore mort.

On a une petite visite à rendre avant.

À qui ? Monsieur Samson.

Un monsieur de Paris ? Tu es fou.

Tu veux aller voir le bourreau ? Pourquoi ? Ça vous gêne ? Je ne vais

pas.

Après ce qu'il a failli me faire, je ne vais pas.

Non, moi non plus.

Oh, taisez-vous, il n'y a pas de solution.

Moscou sera peut-être au rendez-vous demain matin.

Et le bourreau, lui, n'y sera pas.

Et alors ? Vous avez envie de voir un copain éternué dans le 5 ?

Je vais aller lui parler pour détourner la tension.

Pendant ce temps-là, vous opérerez.

Je lui tiens la jambe à peu près un quart d'heure.

J'ai la trouille.

Préjugé déplorable.

À tout à l'heure.

Y a quelqu'un ? Y a quelqu'un ?

Qu'est-ce que c'est ? Je vais yeux pour M. Didot.

C'est bon, je descends.

François.

Quoi ? T'es sûr que tu veux le voir ? Mais ça porte la cerise. Enfin, c'est

bien connu.

On commence par leur serrer la main et après on se retrouve la tête dans la

lunette. Enfin, c'est bien connu, François.

Hey !

Flambard.

Qu'est-ce que vous faites là, vous autres ? Est-ce que vous tombez bien ?

M. Vidocq est parti vous chercher pour vous demander un service.

Lequel ? Faire le guet de ce côté-là, pendant que je le ferai de ce côté-ci.

Le guet, moi, et pour quoi faire ? M. Vidocq vous expliquera. Non, non, non,

pas d'histoire. De quoi s'agit-il ? D'un très haut fonctionnaire.

Bon, alors je suis des vôtres. Et où faut-il faire le guet ? De rue plus

loin. À gauche d'abord et puis à droite.

Et une fois laissé passer personne, comptez sur moi.

Je vous en prie.

Ah oui, excusez le désordre.

Vous avancez. Une petite fête.

Ma fille est partie en voyage de noces.

Elle a

épousé un confrère, monsieur de Saint-Brieuc.

Pardon.

Moi, j'allais me coucher.

Oui, c'est d'ailleurs pour ça que je vais me laver de bonheur. C'est pour ça

que je suis venu cette nuit, d'ailleurs.

On aime guère être vus en tranchant le bourreau.

Si vous êtes éditeur, j'aimerais éditer vos mémoires.

Ce sera difficile.

Nous sommes illettrés de père au fils, c'est une tradition.

Mon père disait, pour couper la tête des autres, il ne faut pas avoir trop de

choses dans la sienne.

Et il disait aussi qu'un bourreau qui sait écrire, ça gâte la main.

Mais pour signer l'acte, après ? Quoi ?

Nous

pourrions publier vos mémoires après avoir noté vos souvenirs ?

Ah, les souvenirs.

C'est pas ça qui manque.

J'en aurais même de trop.

Tenez, par exemple, le jour de Louis XVI, j'ai accompagné mon père. Et plus

tard aussi, le jour de Marie-Antoinette.

C'est de braves gens.

Ménage très uni.

Oh, la salope ! Mais ne colle donc pas comme ça ! Vous

avez entendu ? Non.

Si, écoutez.

Non, c'est des rats.

Ce ne sont pas des rats.

Je sais ce que c'est, moi.

Ils reviennent.

Qui ça ? Tous.

Ils reviennent tous.

Écoutez-vous, c'est bien leur droit, après tout.

Chloé XVI, Marie-Athénette, M.

Camille Desmoulins, M.

Fabreux des Glantines,

Mme Rolland.

Sa Majesté serait plutôt taciturne. Mais elle, Mme Rolland, elle cause.

Elle cause bien.

Mais comme elle cause... Oh, merde ! Ta gueule !

Oh, pire ! C'est assez danton, je le reconnais, quel gueulard.

La tête dans les lunettes et gueuler encore.

Celle qui s'est toujours polie avec moi, c'est Robespierre.

Jamais un beau plus haut que l'autre.

Ça y est, ils sont partis.

Qu'est-ce qu'on disait déjà ?

L'idée qu'a eue François de choisir un théâtre pour cacher un engin comme ça.

Tous les théâtres qui sont fermés.

Et même si quelqu'un s'aventurait ici, quelle importance ? Dans un théâtre,

tout a l'air vrai.

Moi, la vue d'une guillotine, ça me coupe le sifflet. Faut que j'équilibre.

Oh, tu es fier de toi. Tout va bien m'avoir.

Dire que j'ai failli me marier avec cette salope.

Je veux voir l'effet que ça fait d'épouser là-bas tout le monde.

Alors, quelle impression ? C'est un drôle de voyage de

noces.

Mais à quoi tu penses là-dedans ?

Aux copains, à tous ceux qui y sont passés.

Tu voudrais bien l'avoir, l'alchimiste, hein ? Eh ben, tu l'auras pas ! Tu l

'auras pas ! Tu l'auras pas ! Tu l'auras pas ! Elle n'aura pas ! Elle n'aura pas

! Elle n'aura pas de raison ! Elle n'aura pas ! Qu'est-ce que c'est ? Hé !

Non ! Cantez-moi de là ! Cantez-moi de là ! Attends-lui ! Mais dépêchez-vous de

lui ! Mais qu'est-ce que vous faites là ? Cantez-moi de là ! C'est pas... Alors,

on cousine ?

Excuse-nous, François.

Oui, bon ben, tu t'excuseras plus tard.

Il vaut mieux vous dire qu'on a du pain sur la planche.

Moscou est pas sorti d'affaire. Ils vont faire venir une guillotine d'Orléans ou

d'ailleurs.

Ça nous donne bien 4-5 jours, mais... C'est peu pour remettre la main sur les

vrais faussaires.

Ben, vous inquiétez pas, j'ai un plan.

Je vous

interdis

de me suivre.

Il n'y aurait aucun flic dans la salle. Vous faites ces mots.

En tout cas, méfiez-vous. La pègre s'agite.

qu'on a volé la guillotine.

Non. On ne respecte plus rien.

Toi, t'es passé de l'autre côté, t'es plus notre copain. On peut le redevenir

à l'occasion.

Tu rigoles, non ? Monsieur, c'est des illusions.

Justement, l'occasion se présente. Alors, écoutez-moi.

Quel est votre métier, au juste ? Attaquer les bourgeois au coin de la

rue, percer des coffres forts.

Quel est mon métier à moi ? Vous arrêtez de vous mettre au trou. On se fait la

guerre. D'accord.

Seulement, entre hommes, on pourrait se comprendre, non ? Oh, tu parles !

Seulement, voilà, les affaires sont difficiles en ce moment. Et pourquoi ?

Parce qu'à chaque fois que vous griffez un portefeuille, qu'est-ce que vous

trouvez ? Deux fois sur trois, des faux billets.

Quand vous percez vos coffres forts, qu'est-ce que vous retrouvez ? Encore

des faux billets.

Vous êtes refait.

Voilà la vérité. Vous êtes refait.

Eh bien, si vous voulez savoir mon sentiment, je trouve injuste qu'un homme

qui ne pique que des faux billets se fasse arrêter.

Vous risquez votre peau et vous avez le droit de la risquer pour quelque chose.

Bien parlé, Bidocq.

Tu lâches la police, tu reviens avec nous. Écoutez-moi, mon Dieu, je n'ai pas

fini.

Nous non plus, dans la police, on n'aime pas les faussaires.

Alors, j'ai pensé qu'on pourrait peut-être s'arranger et faire un petit

bout de route ensemble.

Vous avez tous une banque derrière vous, il n'y a que des chefs ici.

Ça fait des milliers de gens qui peuvent nous aider et nous, les aider aussi.

Il s'agirait de faire quoi ? Ce que vous faites d'habitude, sans limitation.

Mais à chaque fois que vous tombez sur des faux billets, exigez des

explications. On arrivera bien à savoir d'où ils viennent.

En échange, je vous promets que je n'arrête personne pendant trois jours.

Ceux qui sont d'accord, lèvent la main.

Unanimité, rendez-vous dans trois jours.

Tu piges ? Je comprends pas.

C'est pourtant simple.

Un filon superbe.

Écoute, pendant trois jours, je vous ai bien promis d'arrêter personne ? Oui.

En échange, je vais en chercher vos billets.

Sans moi ?

Comment on se sent, toi ? Sans moi.

Moi, je cherche les vrais billets.

Et où est-ce qu'on peut être sûr que les billets sont vrais quand on les pique,

hein ? Dans ma langue.

Mais à la source ! Abrutis ! Mais là, on les fabrique à la banque ! À la banque

de France ! On a trois jours pour boiter un fourgon, et pour une fois tranquille.

Tu comprends maintenant ? J'ai compris.

Je marche.

C'est peut-être pas très régulier aussi, tout ça.

Et videoc.

Tu crois qu'il est régulier, Vidocq ? C'est un cogne, voilà tout.

Copain, Vidocq est un cogne.

Et eux, c'est des caves.

Merde ! Dis donc, bourgeois, il est faux, ton billet ! Tu

vas le cracher, oui ? Tu vas le cracher ? Qui c'est qui l'a repilé ?

N'aie pas peur, la petite dame, on vient pas pour piquer ton

fric. On vérifie qu'il est honnête.

Alors, et toi ? Moi, je me meurs.

Je suis très intéressé.

C'est tout ? Non, c'est pas tout.

Je vous ai tous doublés, vous entendez ? Doublés ! Qu'est-ce qui veut dire ?

Pendant que vous serviez de l'arbin, monsieur Vidocq, moi, j'ai braqué la

banque de France.

Tranquille. Moi, les billets, je les pique en masse.

Salope. Et là, doucement, compagnon, c'est pas fini.

Vous savez pas le plus beau ? J'ai été eu.

Et en beauté, les jolis petits billets de la Banque de France.

Eh bien, ils sont faux, vous m'entendez ? Faux ! Tous faux ! Rendus par ma

cramière, refusés par mon boulanger.

Faux !

Ha ha ha !

Excusez-moi, mais c'est trop drôle. Si le faussaire, c'était vous, monsieur le

gouverneur de la Banque de France.

Un faussaire tout à fait innocent, d'ailleurs. C'est même le seul reproche

qu'on puisse vous adresser. Vous faisiez de la fausse monnaie sans le savoir.

Alors vous ne vous êtes aperçu de rien, vous, monsieur le chef du service de la

vérification. Vous servez à quoi, alors ? Je ne suis pas encore au courant,

monsieur le gouverneur.

Mon prédécesseur, comme le vôtre, ayant choisi de suivre le roi en Belgique.

Oui, ça va, ça va.

Alors, Mitterrand.

Ce sont évidemment les partisans du roi qui ont fait le coup.

Ils se sont procurés une fausse planche à billets qu'ils ont introduite à la

Banque de France, à la place de la vraie qu'ils ont emportée.

Maintenant, il ne reste plus qu'à la retrouver.

Vous allez avoir du travail, Doc.

Merci, monsieur.

Alors, cette planche à billets.

Vous allez la chercher ? Avec deux endroits possibles. À Gans, c'est-à-dire

la cour de Louis XVIII, ou bien en Vendée, là où les chouans se sont

soulevés contre l'empereur.

Seulement à Gans, comme vous le savez, on est à court d'argent, alors que les

chouans disposent de sommes considérables.

Ils achètent des fusils, même des consciences. Alors, croyez-moi, si on

veut la retrouver, c'est là-bas qu'il faut aller, selon moi.

Alors vous partez immédiatement pour la Vendée.

Moi, j'ai vu l'empereur, il faut absolument que l'emprunt soit couvert d

'ici 15 jours, et en bon argent.

Attendez, Vidocq.

J'ai quelqu'un sous la main qui peut vous aider.

Et qui partira avec vous. Il est parfaitement introduit dans le camp

royaliste.

Il vous attendra à 5 heures, dans un fiacre, sous les arcades de l'Odéon.

Demandez au cocher si René est là.

René ?

Mais François, n'êtes-vous pas ravi de me voir ? Moi, je suis si heureuse,

François.

Écoutez-moi bien, Roxane.

La dernière fois que je vous ai vue, vous m'avez fait jeter à l'oie avec une

pierre autour du cou.

Précédemment, et grâce à vos bons soins, j'ai failli périr, brûler, poignarder,

fusiller, écraser sous une meule.

Vous m'avez fait condamner trois fois à mort, deux fois à perpétuité. A chaque

fois que je réussis à vous passer les manottes, à chaque fois que vous

réussissez à me filer entre les doigts. Et vous voudriez que ce cauchemar

continue. Et par ordre de mes supérieurs hiérarchiques en plus.

Dites-moi que ce n'est pas vrai.

Dites-moi que je rêve.

Tu ne rêves pas.

Mais pourquoi à la fin ? Pourquoi ? Parce que je t'aime, François.

L'embrassons rival, mais c'est pour l'étouffer.

Ce que tu veux, on ne se refait pas.

D'ailleurs, toi aussi, tu m'aimes.

Ces menottes, quel plaisir tu as à me les passer au poignet.

Pas si bien.

Jolis ongles, bien longs, bien coupants.

Mais tout ça, c'est fini.

Les menottes, terminées maintenant, si on travaille ensemble.

Le feu, la noyade, le poignard, on n'en parlera jamais plus.

C'est bien vrai, tout ça. Mais puisque je te le dis.

Bon, alors, on travaille ensemble ? Nous partons pour la Bretagne. J'ai tout

arrangé. Et grâce au nom que je porte, les Chouans vont nous laisser entrer

dans leur camp.

Vous êtes mon mari ? Saint-Gélie ? Lui-même.

Dans le camp des princes, personne n'osera vous contredire.

D'autant que Saint-Gélie n'a jamais existé.

Vous savez tellement de choses, François.

Alors, en route ? Non, non, une seconde. Oui ? Quel est votre intérêt dans cette

affaire ?

Vous avez fait un rapport sur moi à Fouché en rentrant de Toulon, n'est-ce

pas ? Tiens.

Mais je ne vous reproche rien.

J'ai passé un marché avec votre ministre.

Je lui ai offert mes services et il a brûlé le rapport.

Voilà. En somme, il vous tient.

C'est une façon de poser le problème.

Firmé à la maison.

Vous n'y voyez pas d'inconvénients, j'espère ?

Tu es parfait, seulement tu tiens ton bréviaire à l'envers.

Je n'ai pas appris à lire. Je t'ai fait une marque là en haut.

Alors tu marmonnes n'importe quoi.

N'oublie pas que nous sommes deux pères jésuites qui

estant pour une oeuvre.

Laquelle ? Celle des prisonniers repentis, ça me paraît tout indiqué.

Et François ? On le retrouve à l'auberge du pirate tout à l'heure, seulement il

ne sera pas seul.

Alors on ne se connaît pas.

Le patron, ce soir, il s'ennuiera pas.

Dites-moi, ma fille, on chasse encore à cette heure-ci ? Oui, mon père,

vous êtes en Pays Chouan ? On chasse les perdris bleus.

Les perdris bleus, c'est les soldats de Bonaparte.

Vous reconnaissez la signature du Duc de Bourbon ?

Laissez passer la baronne de Saint-Gély.

La baronne seulement.

On vous appellera.

Mme, nous vous remercions d'une si belle prise.

Avancez, Vidocq.

Nous irons vite.

On ne juge pas un homme comme vous. On le fusille.

Mais nous sommes chrétiens, nous.

Et nous vous accordons toute la nuit pour remettre votre âme à Dieu.

Avez-vous quelque chose à nous dire ? Non, rien.

Et en plus, elle vient se payer ma tête. Fous-moi le gant !

Alors François, tranquille, je vais te parler.

Mais d'abord, c'est pas joli de crier comme ça.

Le feu, la noyade, le poignard, on n'en parlera plus jamais.

J'ai fait des reproches au tribunal, je lui ai dit qu'on ne fusille pas un

policier, on le supprime tout simplement.

Alors on va te mener au large et te jeter à l'eau.

J'ai bien voulu me charger de l'opération.

Je ne donne pas de toi.

Est-ce que tu es bête, François ? Je vais t'enlever, puis t'épouser.

Oui, pourquoi pas.

D'ailleurs, je fais une bonne affaire, tu seras l'homme le plus riche du monde.

Moi ?

La planche à billets de la Banque de France est ici.

C'est moi qui l'ai fait enlever.

Mais elle n'est pas en sûreté, alors ils m'ont chargée de la transporter dans l

'île de Jersey.

J'ai un bateau à moi, amarré dans une crique pas loin d'ici.

Et alors ? Tu souris, on se comprend déjà.

On va aller tous les deux au Portugal et on imprimera des millions de francs pour

notre plaisir personnel.

Qu'est-ce que tu penses de ce tour-là ? Évidemment, si tu refuses... Alors ?

J'exécute les ordres et je te jette à l'eau.

Mais c'est conformément aux ordres, je ne suis pour rien.

D'ailleurs, pourquoi refuserais-tu ? Je me le demande.

Je viendrai te chercher demain matin à l'aube et je t'enfermerai dans le coffre

de ma voiture avec la planche à billets. Au moins, je serai déligoté.

Non, pas encore.

Je n'ai pas tellement confiance en toi.

J'attendrais qu'on soit au large. Au revoir.

Mon ami, je ne veux pas mourir sans avoir vu un prêtre.

Mais vous êtes donc pas tous des mécréants, vous autres ? Mais hier t

'étais élevé chez les jésuites. Je désire un de ces messieurs comme

confesseur. Un père jésuite ? Mais c'est qu'on n'a pas ça sous la main ce soir.

Il y en a deux à l'auberge du pirate qui quêtent pour une œuvre.

Ah ben, je vais le dire au chef.

Vous tombez bien, les voilà.

Comment ? Vous êtes venus tous les deux, mes pères ? On n'est pas trop de deux

pour écouter la confession d'un pêcheur fin de vie, là.

Je m'occuperai moi des péchés mortels et moi des péchés béniels.

J'ai reçu des ordres.

Je dois rester à portée de voix pendant la confession.

C'est parfait.

En quelle langue parlez-vous, mes pères ?

En latin. C'est la langue de l'Église, mon fils.

Bonjour. Mais...

Tu

ne m'avais laissé le choix qu'entre deux solutions et va j'en ai trouvé une

troisième. La planche à billets retourne à la Banque de France.

Louis, à Paris !

Madame, c'était votre première mission et vous l'avez réussie.

Mais grâce à M.

Vidocq.

Oui, grâce à vous deux, le pays vient d'être sauvé de la faillite.

Et la Banque de France sauvée du ridicule, n'est-ce pas, M. le gouverneur

? Oui, oui, oui, l'emprunt sera couvert avec de vrais billets.

M. Vidocq, pour la France, merci.

Monsieur le gouverneur vous parle.

Mais je vous ai demandé la grâce de Moscou.

Je vous ai déjà dit non, pas aujourd'hui. Impossible.

Enfin, tout au moins un sursis d'exécution.

Impossible aussi. Je me suis disputé avec l'empereur. Je ne peux rien vous

accorder avant trois jours.

La guillotine est déjà dressée.

Ah, vous m'agacez.

Débrouillez-vous.

Entrez ! Vous m'avez fait demander, monsieur le directeur. Oui, vous allez

me faire arrêter tout de suite, ce coup de marteau, Bornichon.

Ce n'est pas humain.

Ce conne ne doit pas pouvoir dormir, voyons.

Allez, allez.

Ah, attendez.

Est-ce que mon prédécesseur se mettait en noir pour les exécutions capitales ?

Les derniers temps, il s'habillait n'importe comment.

C'est qu'il n'espérait plus l'avancement.

Je suis le directeur.

Et voici.

Déjà ? Ils sont diablement en avance.

Ou alors ma pendule ne marche pas.

Courage, mon fils. Dieu est juste.

Il vous permettra d'achever au paradis ce que vous n'avez pas pu terminer sur

la terre. Bon, alors, dépêchons, dépêchons.

C'est moi au moins le serré, là.

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