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Original subtitles

Cessez le feu ! Excellent tir, mon colonel. Il semble que tous les coups

aient porté au cœur.

Nous allons en juger.

Les résultats, messieurs ! Oui.

Plus vite, le colonel n'aime pas attendre.

Les résultats, mon colonel.

Je ne m'étais pas trompé, mon colonel. Les cinq coups sont au but.

Pour un premier essai, ce n'est pas mal, mais je devrais pouvoir mieux grouper

mes tirs.

Dégage !

C'est toi qui chaînes, mais c'est moi qui me ferais engueuler.

Pas commode, ton colonel.

Service, service.

Une vraie peau de vache.

Comment s'appelle-t-il ? Comte Henri de Thierval, un ancien émigré.

Ça me dit quelque chose.

C'est pas rue Fréroux qu'il habite ? Non, rue des Feuillantines, 23.

Tout le monde peut se tromper.

Qu'est-ce que c'est ? Une visite, M.

Comte.

À cette heure-ci, qui est-ce ? Un homme qui rapporte à M.

Comte la tabatière que M. Comte a perdue. C'est bon, donnez-lui de l'huile

et remerciez-le.

J'ai voulu le faire, M.

Comte, mais il a refusé l'argent.

Il désire mettre lui-même le pied à M.

Comte. Mais il désire surtout une plus forte récompense. C'est bon, faites l

'entrée.

Je suis votre obligé, monsieur. Cette tabatière est sans valeur, mais l

'honnêteté n'a pas de prix.

Comment puis-je vous remercier ? Ma foi, en me serrant la main ? Ah,

bien entendu.

Vous vouliez passer.

Vous êtes un homme fort distrait, monsieur le comte. Vous perdez beaucoup

de choses à la fois. Comment ? Votre bourse.

Votre montre.

Et surtout, la mémoire.

Que voulez-vous dire ? Voyons Blanchet, regarde-moi, regarde-moi bien.

T'en es trop monsieur, vous oubliez à qui vous parlez. Continue camarade, ta

grimace est parfaite. Prenez garde ! Très bien, tout autre que moi s'y

laisserait prendre, mais pas moi, Darius.

C'est plaisant Blanchet.

Sortez ! Ah non, tu vas trop loin, je suis venu en amie.

Non mais qu'est-ce que tu fais, t'es fou ? C'est de te mettre un livre à une

château de dehors.

Blanchet, une dernière fois ! J'ai mis d'or !

Tu ne le regretteras pas.

Qu'est-ce que tu veux ? Me ranger.

Quoi ? Il y a un temps pour tout. À mon âge, il faut que je me fasse une

situation. Si tu penses rentrer à la sûreté, tu te trompes, on est au

complet. Personne n'est éternel, je peux toujours postuler.

Ici, il faut des références.

Dix ans de travaux forcés, dont cinq à la double chaîne. Parmi vous, qui dit

mieux ?

Pourquoi tu veux voir Vidocq ?

Darius !

François. Alors, toujours honnête ? Faut bien, depuis que t'es dans la police, je

prends plus de risques, moi. Vous voyez, flambard, je suis celui qui ramène au

troupeau les brebis égarées. Sachez, monsieur Vidocq, que le rôle d'un

policier, c'est de châtier le vice, pas d'encourager la vertu.

Et voilà, Darius, depuis que t'es plus une fripouille, je peux plus rien pour

toi. Écoute, c'est sérieux.

Bah écoute, deux minutes, j'ai rendez-vous avec le préfet dans mon

bureau. Il y a une urgence ? Personnel ? Non.

Alors, vois flambard. Pour les questions de service, beaucoup plus qualifié que

moi.

J'ai connu un homme au bagne.

Une crapule.

Blanchet, qui s'appelait.

Il était condamné au bagne à vie.

Et alors ? Je l'ai vu ce matin, il roule carrosse au bourg Saint-Germain.

Vraiment ? Je peux même vous dire qu'il commande un des plus glorieux régiments

de l'armée.

Impossible.

D'abord, on ne s'évade pas du bagne.

Ensuite, on entre au service de l'État.

qu'en fournissant les preuves de son honorabilité.

Exception. Aucune.

Et Vidocq ? Comment oses-tu ? Il est bien le chef de la sûreté ? Dehors ! Si

tu lui ajoutes un mot de plus, je te fais boucler.

Oui, Darius ? Je l'ai planqué à la

porte il y a cinq minutes.

Pourquoi ? Propos injurieux pour l'administration.

Qu'est-ce qu'il voulait ? Nous lancer sur une fausse piste en dénonçant un

évadé imaginaire.

Un évadé du bagne ? Il paraît.

Ça tient pas de bouffe, Lambard.

T'as réusité pas le genre à dénoncer quelqu'un.

Soyez gentil, rattrapez-le-moi. Moi ? Oui, vous, et immédiatement.

Allez.

Oh !

Vous

posez le là.

Comment est-ce arrivé ? J'ai tout vu, monsieur Vidocq. Voilà, quand Darius est

sorti, le cocher d'un fiacre a lancé sa voiture délibérément sur le trottoir.

Il a été écrasé.

Vous n'avez pas eu l'idée de cavaler après le cocher ? On a voulu d'abord

porter secours, monsieur Vidocq. Après, il avait disparu.

Qu'est-ce qu'il avait dans les poches ? Un peu d'argent, puis ça.

Blanchet, 23 rue des Feuillantines.

Rien de suspect ? Tout semblait normal.

Le colonel ? Grande allure, un monsieur.

Il est domestique ? Il est bien stylé.

Ils ne font pas semblant.

Quelle est la meilleure méthode, Flambard, pour savoir si le verre est

dans la pomme ? Je ne sais pas.

Ouvrir la pomme !

C'est pas la consigne.

Je vois absolument que ça ressemble à un vrai cambriolage.

Je me calme à l'argenterie, ça me rappellera ma jeunesse.

Moi, c'est les sous qui m'intéressent.

Non, on est là pour des papiers, rien que pour des papiers. C'est dommage.

Racc de notoriété, certificat de naissance, état civil, tout ce qui peut

nous renseigner sur le colonel, c'est clair ?

Il doit bien avoir un coffre.

Dans le mur, comme d'habitude.

Alors ? Rien.

C'est plus de l'amour, c

'est de la rage.

On est dans la vie ! Je ne dors jamais que dans la vie. Vous n'avez pas de

chance, monsieur.

Ça, vous l'avez dit, monsieur.

On est victime de la fatalité.

C'est la faim qui nous pousse.

Vous expliquerez tout ça au juge d'instruction.

Nous avons des femmes et des enfants à nourrir, monsieur.

Vous n'allez pas nous faire jeter en prison.

Pourquoi ? Ça fera toujours deux canards et deux mois en liberté.

Vous comptez mal.

Nous sommes trois.

Bien joué.

La manœuvre de couverture a été parfaitement exécutée. Vous êtes d

'anciens soldats, sans doute.

Campagne d'Espagne, mon collègue. Une guerre dure.

Et on ne fait pas de prisonniers.

Je vous avais tout d'abord pris pour des amateurs, mais je vois que vous êtes des

gens de métier.

Qu'est-ce que ça change ? Bah tout.

Votre collègue, on ne va pas se bouffer le nez.

Ma position sociale me donne une couverture de premier ordre. Je vois qu

'il serait stupide de ne pas en profiter.

Vous êtes chef de la bande ? Non, disons plutôt un pressario.

Un homme qui est reçu dans le monde a de multiples facilités. Ça me permet d

'indiquer les coûts de...

fournir les plans, mais parfois même l'empreinte des clés.

Quel pourcentage tu prends sur les affaires ? 50%. Faut foutre.

Oui, et un bon conseil, on ne me tutoie pas.

Excusez, mon prince.

Je me charge de l'écoulement de la marchandise.

D'ailleurs, je me méfie de l'indiscrétion des receleurs.

J'exige l'exclusivité.

Secrets professionnels, mon cher.

Je distribue le travail, je coordonne les activités.

Si vous voulez profiter de ces facilités, je vais bien me charger de

vos intérêts.

Le soi-disant colonel de Thierval est bien blanché, M. le Préfet. Et si j

'avais hésité la place de M. Vidocq, je n'aurais pas perdu une seule minute. Je

l'aurais bouclé tout de suite. Comme ça, sans preuve.

Vidocq a raison, Flambard.

Étant donné la position sociale du colonel de Thierval, il faut prendre des

gants. Pour arrêter un bagnard évadé, M. le Préfet, je suis prêt à tout, même à

me salir les mains. Vous peut-être, Flambard, mais pas moi.

La cour ne comprendrait pas.

Regardez cette liste.

C'est la liste des principaux cambriolages commis ces 18 derniers

mois. Oh, bien sûr, nous avons arrêté quelques comparses. Aucun d'eux n'a été

capable de nous dire qui les dirigeait.

De plus,

nous n'avons pu retrouver aucun des objets volés. La police n'a pas dit son

dernier mot. Il y a des jours où la police, par barre, elle le ferait mieux

que de se taire. Non, messieurs, messieurs, je vous en prie.

Continuez, Vidocq.

En règle générale, monsieur le préfet, un homme d'art ou un bijou volé fait sa

réapparition sur le marché environ six mois après sa disparition.

Par contre, quand on ne peut retrouver les objets volés, nous n'avons plus de

pistes, donc plus de police possible. Et alors ? Dans le cas de Blanchet, le

grand danger n'est pas l'organisation des cambriolages, mais plutôt la façon

mystérieuse dont les objets volés sont vendus.

Voilà le secret qu'il nous faut percer. Mais il se taira, voyons, c'est pas le

genre d'homme à parler.

Et si le seul fil qui nous relie à la bande serait alors coupé.

Alors, que proposez-vous ?

Jouez le jeu.

Quel jeu ? Pour effectuer un décambriolage indiqué par Blanchet et

suivre la marchandise à la trace.

M. Vidocq, vous plaisantez ? Non, Flambard.

Je raisonne, moi.

Mon plan est guidé par la logique.

C'est bien votre avis, M. le Préfet ? Tout de même, le règlement

administratif... La réputation du service, tout s'y oppose.

Et puis, par l'enfant, il est le passé, M. Vidocq.

Ah oui.

Évidemment, si j'étais un fonctionnaire sans reproche, un agent au-dessus de

tout soupçon.

Ça changerait l'aspect des choses.

En fait, un homme comme Flambard... Ce sera agréé tout de suite. Mais je me

flague en effet d'avoir toute la confiance de mes chefs.

Ah ben voilà, c'est lui qui fera le cambriolage.

Quoi ? Ben oui, moi je ne l'assisterai qu'en qualité de conseiller technique.

Qu'est-ce que vous en pensez, monsieur le préfet ? Ah, comme ça, j'ai plus rien

à dire. Mais moi si, monsieur le préfet ! Je refuse, et s'il le faut, je

démissionne ! Ne lui envoyez pas, monsieur le préfet.

La peur, ça ne se raisonne pas. Mais je n'ai pas peur ! Mais non ! Je ne

comprends pas. Tout à l'heure, vous revendiquiez le droit de vous sévir les

mains. Eh bien, je vous l'accorde. Que voulez-vous de plus ? Peut-être qu'une

petite prime ? Monsieur Vito.

Oui, Flambard ? Savez-vous comment on appelle un homme capable de faire plus

que son devoir ? De se prêter à tous les sacrifices de la façon la plus

désintéressée ? Un saint ? Non, monsieur Vidocq.

Un fonctionnaire.

Et je vais vous le prouver.

La rue est déserte maintenant, Flambard. Allons-y.

Attendez encore un petit peu.

Allons. Minuit.

J'aurais vécu une journée de plus en honnête homme.

Oh, pas d'enfantillage, Flambard, s'il vous plaît.

La patrouille ! Vous

m'avez menti, il n'y a pas de patrouille. L'essentiel, c'est que vous

soyez là.

Suivez-moi.

Qu'est

-ce

qu'il y a ? J'ai le vertige.

Fermez les yeux et sautez.

Je ne peux pas.

Flambard, je vous rappelle que vous êtes en service commandé. Si vous ne sautez

pas, votre refus d'obéissance ira dans votre dossier. Non, pas ça, pas ça ! C

'est une tâche qui vous suivra jusqu'à la fin de votre carrière. Allez !

Flambard,

maintenant il va falloir traverser le parc à découvert pour gagner l'autre

mur.

Vous avez du souffle ? Pas trop.

Plus on va vite, moins on a de chance de se faire voir.

Allez, Flambard.

Chien ! Ici, ils vous sentent. La seule façon de leur échapper, c'est d'être

contre le vent.

Allez vite !

Par ici, monsieur Vidocq. Par ici.

Bravo, Flambard.

Encore quelques expéditions comme ça et vous ferez un cambrioleur fort

convenable. Attention.

Vous n'avez rien vu de suspect ? Tout est tranquille. Parfait, sautez.

C'est la fin, monsieur Vidocq.

Le déshonneur, la famille.

Peut-être pire, Flambard.

Quoi donc ? La mise à la retraite sans médaille, sans pension, sans certificat.

Je n'ai pas le cœur à rire, monsieur Vidocq.

La présence est terrible.

Pardon.

Je ne savais pas, moi.

Juste un retour des choses, Flambard.

Vous avez passé votre vie à y envoyer des gens. Des voleurs, monsieur Vidocq.

Des fonceurs, des assassins. Tandis que moi, je suis innocent.

Innocent. Ça reste à prouver.

Maintenant, Flambard, croyez-moi.

Quand on est pris la main dans le sac, vaut mieux plaider coupable. C'est

facilement 5 ans au lieu de 20.

Le jury est plus indulgent. Jamais. J'étais en service commandé.

Je suis innocent.

Je suis innocent.

Toi, tu vas fermer ta gueule ou c'est le trou.

Sans pain, sans eau, le noir, huit jours.

Vous, au parloir.

Allez, moi.

Vous restez là.

Mais je suis l'inspecteur Flambard.

Possible. Moi, j'ai 40 ans de service.

Et depuis 89, j'en ai bouclé de toutes sortes. Des princes, des ducs, des

généraux. Mais moi, c'est pas la même chose.

Je suis fonctionnaire.

Je suis fonctionnaire.

Je suis fonctionnaire.

Vous êtes fonctionnaire ? Oui.

Oh, mais évidemment, ça change tout. N'est-ce pas ? Ils sont beaucoup plus

durs avec les fonctionnaires.

Vous êtes assermenté ? Oui.

Circonstance aggravante.

Le dernier que j'ai eu, c'était un contrôleur d'enregistrement qui avait

tripoté dans sa caisse.

Comme il était assermenté, ça n'a pas fait un pli. C'est-à-dire ? Il est au

bagne de Toulon avec le maximum.

Bonsoir, M. Vidocq.

Bonsoir, monsieur.

M. Vidocq, on vous prête la réputation d'avoir la tête la mieux organisée de

France.

On raconte volontiers que tous les visages du grand monde et de l'autre,

toutes les identités sont classées dans les replis de votre cerveau.

Mais vous aurez beau chercher dans vos archives, vous n'y trouverez nulle part

trace de ma fille jeune amie.

Est-ce que je me trompe ?

Le plus simple est donc que nous fassions les présentations.

Xavier André Maurice Emmanuel Desarcy, marquis d'Hermantel, premier secrétaire

d'ambassade détaché à l'administration centrale du ministère des Affaires

étrangères à Paris.

François Vidocq, prison de la force.

C'était inutile de le préciser.

C'est moi qui vous ai fait maître ici.

Merci.

Je tiens à vous rassurer dès maintenant.

Il ne tient qu'à vous de retrouver la liberté.

Ah bon ? Et comment ça ? C'est très simple.

Les fonctions que l'on me fait exercer au Quai d'Orsay sont tout à fait

fictives.

Elles sont en quelque sorte une... Couverture.

Ce n'est pas le mot qui me viendrait naturellement, mais la réflexion... C

'est la chose.

Oui. Je n'ai de compte à rendre qu'au cabinet du ministre du Roi.

J'ai la direction d'un service.

Lequel ? Le service du silence, mon cher.

Vous devez savoir que l'un des soucis de Sa Majesté le Roi est de regagner le

cœur de tous les Français.

Différents bruits, différents scandales touchant à la cour et la noblesse

seraient pour les bonapartistes un excellent moyen d'empêcher les hésitants

de se rallier au régime actuel.

Eh bien, le service qu'on m'a confié a pour tâche essentielle de faire taire

les bruits, d'étouffer les scandales qui peuvent éclater, d'aider à oublier.

Je comprends.

Alors, vous devez comprendre qu'il faut oublier le colonel de Thierval, n'est-ce

pas ? C'est l'évidence.

Monsieur de Thierval est de vieille noblesse.

C'est un homme qui s'est grandement dévoué à la cause de l'immigration.

Lorsqu'il était en Angleterre, il s'est lancé dans le commerce et a réalisé des

affaires fructueuses.

Cela lui a permis de faire des avances importantes à des personnes qui touchent

le trône de près.

Et qu'il a eu l'astuce de ne pas réclamer.

Je préférais le bon goût d'oublier, c'est plus élégant. Tout en gardant, je

pense, les reconnaissances de dette.

Voilà justement le genre de réflexion qu'il faut faire taire, mon cher.

En somme, si je comprends bien, le colonel de Thierval est le genre d'homme

qu'on n'arrête pas.

Une fois pour toutes, il est innocent.

Respectable et respecté.

C'est cela.

Si vous en tombez d'accord, je vous libère.

Sinon... Sinon ? Un chef de la sûreté jeté en prison pour vol

et un ancien bagnard de surcroît.

Quel odieux scandale.

C'est bon.

Ce soir, je défierai le dossier Terval.

Je savais pouvoir me fier à votre subtilité.

Ça me laissera le temps de m'occuper d'une autre affaire.

Non, la recherche d'un bagnard évadé.

Euh... Quand serai-je libre ? Vous êtes libre.

Il va de soi que nous sortons de cette prison, chacun de notre côté.

Au revoir, monsieur Vidocq.

Puis-je vous demander de bien vouloir faire libérer mon adjoint, M. Flambard ?

En prison, il est s'étiole.

Vous pouvez compter sur moi.

Voilà, l'eau numéro 17, une ménagère, 52 pièces en teuc.

On dit en métal argenté. En métal ou en teuc, c'est le même prix, ça vaut pas un

clou.

En métal... Une pendule en état de marche.

Une pendule en état de marche.

Elle va pas si vite.

Une pendule dans l'état où elle se trouve.

Qu'est-ce que c'est que ce débarras ? C'est un butin, monsieur Flambard.

Un butin ? Tiens, bien sûr.

Il y a surtout des rossignols.

C'est tout ce que l'administration des domaines a voulu nous confier.

C'est sans doute encore l'une des merveilleuses idées de monsieur Vidocq.

Tout juste, Flambard.

Et puis, je veux bien connaître vos intentions.

Poursuivre ce que nous avons entrepris par d'autres moyens.

Oui, car après l'échec de notre première expédition, M. Danglet nous a interdit

les cambriolages.

Tout de même, le bon sens l'a emporté.

Mais rassurez-vous, Flambard, ça ne change rien à nos plans.

Non, non.

Quand nous aurons remis cette marchandise aux recéleurs, on verra bien

ce qu'ils en feront.

Il peut faire soif, là-dedans.

La marchandise est là, mon colonel.

Port payé, livré à domicile. Enfin, c'est de la folie, chez moi, en plein

jour. Vous voulez me compromettre ? Vous m'avez pas donné d'instructions

particulières, mon colonel. J'ai cru bien faire. Bon, alors, entreposez tout

ça chez vous. Je le ferai prendre plus tard. Impossible, mon colonel. J'habite

Faubourg-Saint-Antoine, un quartier bourré d'indicateurs. C'est trop risqué,

croyez-moi.

Bon, elle a fait livrer les marchandises à cette adresse dans une heure.

L'armée s'est ouverte, elle est rentrée directement.

Mais filez d'ici, mon Dieu, filez !

Oh,

la vache ! Tu m'as fait traverser tout Paris, hein ? C'est bien le moment de te

tordre le pied. C'est pire qu'Aubagne.

C'est encore une prison, ça.

Ça marche pas mal, les affaires, là-dedans.

Ce qui vient ici ne nous intéresse pas.

Venez par là.

la description de ce qu'il y a dans chaque ballon.

Vous, je vous avais dit que je ne m'intéressais qu'aux objets de prévu.

Tout ça est sans aucune valeur.

On pense qu'on trouve.

On trouve ce qu'on cherche.

Je vous avais donné des adresses précises, des consulats, des ministères,

des ambassades.

C'est pas dans ces maisons-là qu'on trouve tellement d'argenterie. Il n'y a

que du papier. Le papier aussi, ça se vend.

Au poids ? À la pièce.

Et ça s'appelle des documents.

Vous êtes imbéciles, ma parole.

Un principe satisfaire la clientèle.

Il y a un marchandise vous plaît pas, on la remporte.

C'est vraiment dommage. Quand on a votre technique, on ne fait pas dans les

dredons et la petite cuillère.

Les rapports secrets, les notes confidentielles, les rapports

diplomatiques.

Un maximum de rapports pour un minimum de poids.

Un rêve.

Bon, alors, à bientôt.

Ouais, ouais.

Bon, l'acrobate a bien travaillé.

Ça fournit d'excellents renseignements.

Venez.

Il ne fait aucun doute que la marchandise volée à Paris est expédiée à

Londres où elle est revendue.

Et évidemment, cela explique pourquoi nous n'en trouvions jamais la trace ici.

Voilà.

D'ailleurs, il y a tout à parier que l'affaire marche dans les deux sens et

que la marchandise retrouvée à Paris provient de cambriolages faits à

Londres.

Alors, importation, exportation, coup double et aucun risque.

Chapeau.

Alors, on boucle ? Pas question.

On n'a pas affaire à des cambriolets, on a affaire à des espions. Que voulez-vous

dire ? Vous venez vous-même de démontrer qu'il s'agit d'une double organisation

de cambriolage.

Prétexte, monsieur le préfet.

Prenez la liste des cambriolages attribuées à Blanchet.

Deux fois sur trois, les victimes sont des hommes politiques importants, des

diplomates ou des militaires de haut rang.

Et des gens russes qui ont été entièrement dévalisés ? Mais c'est ça l

'astuce, monsieur le préfet.

On veut faire croire que les cambrioleurs ont emporté des documents

par mégarde, alors qu'en fait, ils sont venus pour ça.

Raison supplémentaire pour arrêter ces gens-là. Donnez-moi un mandat, M. le

Préfet, et je me fais fort de boucler tout le réseau.

Flambard, est-ce que vous savez que vous êtes plus bête que nature ? M. le

Préfet.

On n'arrête pas un réseau, on s'in... On s'in... On s'inquiète.

On s'infiltre.

Qu'en pensez-vous, M. le Préfet ? La foire.

L'affaire est délicate.

Nous sommes là sur un terrain qui n'est pas tout à fait le nôtre.

Un espion ? Ah, un bagnard évadé, monsieur le préfet, cela ne regarde que

nous.

Flambard a raison.

Officiellement, nous recherchons Blanchet, un poissé tout. Dans ce cas,

messieurs, nous pouvons classer le dossier.

Pourquoi ? Pendant que vous poursuiviez votre enquête, j'ai fait procéder à des

recherches au bagne de Toulon.

Le résultat m'est parvenu ce matin.

Blanchet n'est pas le comte de Thierval.

Le directeur du bagne est formel.

Blanchet est toujours au bagne.

Il ne s'est jamais évadé.

Qu'est-ce que vous faites, là, Flambard ? Le compte de ce que ce voyage coûte à

mon administration.

Parce que pour aller retourner un revenu, il faut 10 jours.

Réplignez-vous, ça vous change. Ah ben oui, 18 découchés à 3 francs et 40

indemnités de repas à 1,80.

Qu'est-ce que c'est que l'importance ? L'idée que nous dépensons inutilement l

'argent du contribuable, ça me ronge.

Flambard, la vérité n'a pas de prix.

Mais la vérité, nous la savons. Le directeur du BAN connaît Blanchet depuis

10 ans. Il ne peut pas se tromper. Sûrement pas. Et il ne peut pas nous

tromper non plus. Encore moins.

Mais que va-t-on faire au BAN de tout le monde alors ? Vous pouvez me le dire ?

Essayez de comprendre, Flambard.

Darius est bien mort parce qu'il pensait que Thierval était Blanchet. Oui.

Thierval a toujours vécu comme s'il était Blanchet. Oui. Donc pour moi, il

est Blanchet. Je ne sors pas de là. Mais... Je ne sors pas de là ! Mais on

choisit un vraisemblable !

mais c'est ainsi.

Je suis désolé de vous recevoir dans une annexe du greffe, mais je ne peux pas

décemment vous conduire jusqu'à mon bureau.

Votre dernière visite en 1815 a fait trop de bruit. Mes pensionnaires étaient

devenus d'une arrogance.

Pensez donc, vous figurez toujours sur mes registres comme forçats en rupture

de banc.

Enfin, votre prédécesseur était quand même plus compréhensif. Pardi.

a coûté sa place.

Donc, pas d'interrogatoire sans témoin, pas de circulation à l'intérieur du

bagne.

J'ai des ordres, M. Vidocq. Je n'irai pas plus loin. Enfin, j'ai tout de même

un mandat du ministre de la Justice, non ? Ça me donne des droits. Celui de voir

Blanchet, rien de plus.

D'ailleurs, soyez satisfaits, le voici.

découvrez-vous !

Blanchet, Eugène, matricule 5718.

Des passionnaires comme vous, on n'en voit plus au bagne, M. Midoc. Remarquez,

on ne peut pas dire. Vous nous avez donné du fil à retordre.

Un jour dedans, un jour dehors, ça ne facilitait pas les appels. Mais tout de

même, ça donnait de la vie.

Maintenant, c'est la routine, le train-train. On vous regrette, M. Midoc.

Il vous reste quand même des têtes intéressantes.

Pas une, je vous dis.

Enfin, Blanchet, c'est quand même un cas.

Pauvre type.

Il est complètement fadard.

Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Il a eu un accident.

Vous pouvez s'y dire.

Là,

on n'y est pour rien.

C'est la faute aux Anglais.

Aux Anglais.

Il faut vous dire que quand l'Empereur est parti pour l'île d'Elbe... Il

voulait dire l'usurpateur. J'avais compris.

Je voulais dire l'Empereur testonard. Et personne ne m'en empêchera. Tu vas te

faire remarquer.

Où j'allais te dire ? Aux Anglais.

Ah oui, il y a une commission d'anglais qui est venue pour respecter les bagnes

et libérer tous les agents anglais qu'il y avait.

Combien il y en avait ? Un seul, un certain Buding, condamné à vie.

Vous avez dit Buding ? C'était haut, on avait mis la chaîne à réfléchir.

Bon, et alors ? Eh bien, vous connaissez l'histoire.

Quand l'Empereur a débarqué, pendant cinq jours, tout a recommencé.

Mais quand les Anglais, après Waterloo, sont revenus, je vous demande un peu,

devinez qui dirigeait la commission, cette fois-ci.

Buding.

Voilà. Et alors, Buding, il a amené Blaichet avec d'autres, pour un

interrogatoire, qu'il a dit.

Et quand ils nous l'ont ramené, deux jours après, ce pauvre Blaichet, il

était tombé complètement fou. Oui, ça arrive, ça, quand on tape sur la tête.

Pas vrai, Bancarère ? Il faut pas ! Nous, on se prive pas, pourtant, de

taper. Il faut ce qu'il faut.

Mais pas sur la tête, jamais !

Comment ça a été devenu fou ? La folie des grandeurs.

Il se prenait pour un côte. Tu te rappelles ? Il voulait parler au

directeur, il voulait en appeler au roi. Et chaque fois, bim, un coup de tric sur

la tête.

Pas sur la tête, hein ? Bref, ça vient passer.

La fièvre a dû tomber, sans doute. Maintenant, il répond même à l'appel de

son nom. Il est doux comme un mouton. Il est guéri, quoi.

C'est ça.

Fada, mais guéri.

On brûle, Flambard, on brûle. Ah oui, mais à quel prix, M. Vidocq ? J'ai réglé

une note de 17 francs de vin au cabaret. Mais comment la justifier auprès de l

'agent comptable ? Oh, quelle messe que vous faites.

Non, M. Vidocq, non, je suis responsable, financièrement responsable.

Eh bien, réjouissez-vous, on va vous confier de grandes responsabilités.

Comment ça ? Le voyage continue, Flambard. Toute notre équipe part pour l

'Angleterre. Et vous verrez que là-bas, il y a des choses beaucoup plus

onéreuses que le vin, Flambard. Par exemple ? Le whisky.

Oui, le whisky, Flambard.

Des colis pour vous, en provenance de France.

Pourquoi vous livrez à domicile ? C'est le problème, mon ami.

Le capitaine a dit comme ça, que si on veut garder sa clientèle, il faut faire

mieux que la concurrence.

Enfin, si... Si vous préférez que je les ramène...

Vous parlez français ? Oui.

Pourquoi ? Je voudrais vous demander un petit conseil.

Qui êtes-vous ? Un homme en proie au doute et qui ne se décidera qu'après

vous avoir parlé.

Je vous en prie.

Avant 1789, mon père était l'intendant du marquis de Voiron.

En 93, son maître a réussi à prendre la fuite et nous l'avons suivi aux

Amériques.

Continuez. Mon père avait tout quitté.

Famille, patrie, illusion.

Oui, je vois.

Et ? Mon père mourut.

Quelques années plus tard, le marquis de Voiron.

Pour me remercier de mon dévouement, il m'avait laissé tout son bien.

En fait, je suis à la tête d'une assez grande fortune.

Alors je suis revenu en France dans l'espoir de faire profiter ma famille de

tout l'or que j'avais gagné.

Mais malheureusement, tous mes parents étaient morts.

Un frère aîné que je chérissais tendrement.

La faim, les événements, les mauvaises fréquentations... Il a mal tourné.

Je l'ai retrouvé au bagne.

J'en suis désolé.

Vous pouvez l'être, M.

Boudigne. Pourquoi ? Il ne m'a pas reconnu.

Une commission anglaise enquêtante au bagne a interrogé mon frère d'une telle

façon qu'il est devenu fou, M. Boudigne.

Vous ? Je ne comprends pas pourquoi vous m'en racontez ça.

Vous connaissez bien les mœurs de ce pays, monsieur.

Aussi, vous allez pouvoir me dire si vous considérez le poignard comme l'arme

idéale pour châtier un bourreau.

Arrêtez ! Vous vous trompez, je vous jure que vous vous trompez.

Vraiment, monsieur Boucher. Je vous le jure.

N'est-ce pas vous qui commandiez la commission, sa gracieuse majesté ? Oui.

Alors ? Monsieur Blanchet, votre frère était mon compagnon de chaîne.

Oui, monsieur, il était devenu mon ami.

Et j'ai pu réussir à le faire évaner. Vous mentez, monsieur Boudin. Mon frère

est toujours au bagne. Non. Si, je l'ai vu de mes yeux vus. Pas lui, c'est

quelqu'un d'autre. Un véritable sosie.

Vous savez, il y a des rencontres bizarres quelquefois. En 15, parmi les

émigrés français qui étaient venus habiter Londres, un jumeau de votre

frère. Il avait son âge, la même taille, la même tournure.

La substitution n'a pas été très difficile.

Monsieur de Thierval a pris la place de Blanchet pour le bagne. Et Blanchet est

devenu le colonel de Thierval.

Et voilà toute l'histoire.

Vous êtes satisfait, monsieur Vidocq?

Vous êtes... C'est trop bavard, Beding.

Désormais, M. Vidocq sait beaucoup trop de choses sur nos petites activités.

Il n'est donc pas question de laisser rentrer en France.

Connaissez-vous Londres, M. Vidocq ? Non.

C'est une ville étonnante.

J'aurais aimé avoir le plaisir de vous en faire les honneurs.

Nous sommes obligés de vous éliminer, malheureusement.

J'en suis vraiment désolé, M. Vidocq.

Vous allez me tirer comme un lapin.

Non.

Non, je pense pour vous à une fin tout de même plus raffinée.

Cette cave donne sur la tamise.

La marée va monter et dans trois heures, vous serez morts.

Noyez.

Vous aurez remarqué qu'aucun lien ne vous relie au siège.

Le reflux vous emportera.

Je regrette tout ceci, monsieur Vidocq, presque autant que vous.

Mais il ne fallait pas me jurer que vous ne vous occuperiez plus de Thierval.

Je vous avais bien dit qu'un autre bagnard occupait mes pensées.

Le destin du comte et celui du bagnard se sont croisés.

Dommage.

J'arrive tout de suite.

Adieu, monsieur Vidocq.

Monsieur Dermontel, une question, s'il vous plaît.

Rassurez-vous, ce sera la dernière.

Vous êtes jeune, noble, riche.

Mais qu'est-ce qui vous a poussé à devenir ce que vous êtes ? Mais on n'est

jamais assez riche, voyons.

Ceux qui ont en partage le goût du beau sexe sont souvent amenés à certaines...

J'ai ce goût, mon cher.

Je l'aime terriblement.

Aïe ! T'es pas raisonnable, François, tu prends trop de risques.

Vous étiez là, j'étais tranquille. Oui, mais il nous a fait passer la nuit, lui.

Et moi, je vais m'attraper froid. Ça s'entend pas ? Je rêvais.

Quoi ? Ah, des choses.

À moi, lié de corde.

Dans un sous-sol où la marée monte, ça me rappelle des souvenirs.

Ah, eh oui, oui, la baronne.

Cette chère Roxane.

Deux ans déjà, c'était le bon temps.

On en a mené des batailles tous les deux, pourtant.

Tu vas pas me dire que tu le regrettes ? Je ne sais pas.

Dites donc, vous rêverez de plus tard tous les deux, parce que dix minutes de

plus ici, on est comme toi, on est bon pour le cinatisme.

Allez !

Je ne vois pas pourquoi la marque est dispensée.

Il y a un favori ici.

Il est parti pour Londres régler son compte à des remontelles avec la police

anglaise, imbécile.

Ouais, on dit ça, on dit ça. Chut, travaille.

Messieurs, il va être rond, sœur. Il va falloir rendre vos copies.

Posez les plumes.

Bon, alors, messieurs, s'il vous plaît, et dans le silence.

Allez, en rang, s'il vous plaît. Allez.

Bon, défaussez, pour le voir.

Je...

C'est pas tout à fait fini. Oui, c'est pas mal, mais c'est trop compliqué.

Allez, au suivant.

Et toi ? Une copie blanche ? Je sais pas écrire.

Bon.

Qu'est-ce que... Je suis médecin, pas ingénieur. Ah, ben, ça se voit.

Alors, qu'est-ce que... Oh, ben, dis donc, tu tiens le bon bout, toi.

Mais où t'as été chercher tout ça ? C'est un horizontal, le truc qu'on

utilise à la verticale pour la femme coupée en morceaux.

Et oui, apparition, disparition, substitution.

Vas-y donc.

Voilà,

Flambard. Faites exécuter ces plans.

Convoquez tout de suite un charpentier.

Alors, les parties blanches, là, sont à exécuter en cuivre.

Et puis, tout le reste en acajou.

Attendu que l'appareil ne doit s'y avoir qu'une seule fois, on le construira en

mètre et en fer blanc.

Non, Flambard.

Il a dit en cuivre et en acajou. La p...

Croyez-moi, Flambard, c'est capital, la poudre aux yeux.

Qu'est-ce que ça signifie ? D'où arrivez-vous ? Ministère de la Guerre,

mon colonel. Soldat Ramallou.

Estafette personnel du général Condelier, chef d'état-major de l'armée

de Paris.

Et vous savez ce qu'il y a dans ce pli ? Je ne suis pas censé savoir, mon

colonel.

Pourquoi cette convocation immédiate et à Saint-Germain ?

Tous les chefs de corps dont le général est sûr de la fidélité reçoivent la même

au sommement, mon colonel.

Fidélité ? Eh oui ! Napoléon s'est enfui de Sainte-Hélène.

La nouvelle vient d'arriver à Paris.

Une voiture vous attend en bas, mon colonel.

Son Dieu ! Suivez-moi ! Allez, allez, allez !

Alors ça a marché ? Oh, ça n'a pas marché, c'est fin couru ! Je suis très

réticent, monsieur Flambard. Vous me réclamez Blanchet que la folie a rendu

calme et docile. Mais si on guérit, il redeviendra furieux comme il était

avant. Mais la connaissance est à ce prix, monsieur le directeur. Mais je me

moque de la connaissance ! Ce qui m'intéresse, moi, c'est la tranquillité.

L'avancement au choix, vous comprenez ? Parfaitement, monsieur le directeur.

Mais je suis là pour faire respecter les ordres.

Mais alors pas Blanchet. Prenez-en un autre. Impossible, monsieur le

directeur. C'est son cas, le dédoublement de la personnalité qui

intéresse le professeur Roux.

En bas, alors là.

Le professeur Roux sera très sensible à votre collaboration.

Il m'a d'ailleurs laissé entendre que...

Vous voulez dire une décoration

? Au titre de la science, oui.

Je ne suis pas savant. De nos jours, la science peut tout.

Regardez bien, M. Flambard, la cabine est vide.

Nous allons l'introduire maintenant, défaussée. Louis ! Attention à la tête.

Et maintenant, M. Flambard, vous allez répéter après moi la formule

abracadabra. Abracadabra ? Abracadabra.

Abracadabra.

Et maintenant, qui voyons-nous apparaître ? Le docteur.

Passez, Muscaldi, passez la monnaie ! Je peux essayer à mon tour ? Mais où allez

-vous ? Tenez, mon cher !

Impressionnant, attention !

Qu'est-ce que vous faites là, Flambard ? Je m'amuse, M. Vidal. Ah ben bravo !

Pendant les heures de service ? Vous êtes payé par l'administration ? Un

instant de faiblesse. Je dirais rien pour cette fois, Flambard. On n'aura pas

de temps à perdre.

Colonel. Avec la dose d'opium que je lui ai administrée, il dormira jusqu'à

demain.

C'est impressionnant, n'est-ce pas ?

C

'est prêt.

Amenez Blanchet.

On peut amener Blanchet ? Oui, oui, amenez Blanchet.

Amenez Blanchet.

Il est très simple.

C'est l'inhalation des substances balsamiques de l'hydrius à polaris qui

détermine un choc nerveux au niveau du bulbe rachidien par inhibition générale

du cortex.

L'effet est variable d'un individu à l'autre, mais il est toujours

spectaculaire.

Inhalation maximum.

Oui, tout.

Ouvrez la porte.

Et voilà, monsieur le directeur.

Je vous rends votre pensionnaire. J'espère que je n'ai pas été trop long.

Ah, ça fait plaisir de se retrouver chez soi, non ? Docteur ? Non, j'arrive.

Je vous raccompagne, on va tirer mal chez lui.

Il va être étonné. Un hôtel particulier, dis donc. Ça va le changer de sa

cellule, hein. Il va balayer son salon tous les matins.

Tu crois qu'il guérira ? Ah, ça, ça sera long, en tout cas.

Oh, Marquis ! Alors,

l'air Montel, c'est réglé ? Oui.

C'est suicidé.

Comment ça ? La police anglaise est particulièrement soucieuse de

respectabilité.

On a laissé le choix à l'air montel entre la corde et le pistolet. On a

choisi le pistolet.

Il était complètement ruiné.

Oh, je sais, il aimait trop les femmes.

Non, François.

Une.

Et qui ignorait toutes ses activités.

Elle vit à Londres. Je l'ai vue à l'enterrement en grand voile de deuil.

Elle est très belle.

Elle est française.

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