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Voie 7, le train en provenance de Bâle et Strasbourg entre en gare.

Éloignez-vous de la bordure du quai.

Réveillez-vous.

Encore des emmerdeurs.

C'est pas vrai, ça.

Mademoiselle, il faut se réveiller!

Les putes, c'est en face. Fais chier!

Là, vous êtes mal partie.

T'as pas compris, nez-de-boeuf?

J'attends un train, je tapine pas.

- T'as dit quoi, morue? - T'affole pas, petit.

Police.

Tes papiers.

Donne.

J'aurais dû m'en douter à vos tronches.

- Allez. - Doucement. Y a pas le feu.

Fais voir, ça aussi, là.

Fais voir.

Ah, d'accord...

- Tiens, regarde ça. - Ça sort de taule, ça.

- Et alors? C'est pas contagieux! - Écoute-moi bien, conasse.

Tu vas te tirer ou je t'agrafe pour insulte à flic.

Dans l'exercice de ses fonctions.

Et avec ta lettre de recommandation, t'es pas près de ressortir!

- Marseille, Marseille! - Arrête, enfin...

Bon. Allez, allez. Garçon!

Garçon!

Oh, ils sont sourds, ici! Ils sont sourds.

Il est censé faire quoi?

Il fait un baisemain, tu vois pas?

Mais c'est le Dandy d'Or, mon pote, c'est une oeuvre d'art.

À le voir, on dirait qu'il présente l'addition.

- On s'en jette un? - Mais alors, juste un petit Coca.

Avec du bourbon. C'est bon, un Coca avec du bourbon.

Du Four Roses, on va prendre ça. Vite fait, hein?

T'affole pas. Il est pas encore arrivé, son train, à la starlette.

Deux whiskies!

Starlette est une grosse vedette télé, attention, grosse vedette télé.

Avec Lamotte qui s'est cassé le genou, ils sont foutus, je te dis.

- C'est des rigolos. - Tiens, je te parie 2-0.

- Et encore, parce qu'il y a Aziz. - Le son, monter le son, possible?

- Monte, son? - Oh, arrête, eh, Aziz!

Une nouvelle plus souriante:

Jacques Belin, animateur vedette

du jeu L'affaire est dans le sac, a eu le Dandy d'Or de la courtoisie.

Ce prix récompense une personnalité remarquée pour sa courtoisie

et son élégance morale. Jacques Belin

succède ainsi à de nombreuses personnalités du spectacle.

Tout de suite, retrouvons du football,

moment que vous attendez certainement avec impatience.

C'est nul. Ils auraient pu passer le reportage.

C'est à cause de leur foot de merde!

Hé, oh, y en a qui regardent le "football de merde", derrière!

Et vous n'êtes pas transparents.

Ben, excusez-moi alors, monsieur.

Oh, j'ai une haleine, je pourrais décoller du papier peint avec.

Prends un pastis.

- Pur. - Bonne idée.

Ça tue l'odeur.

Garçon!

- Garçon, deux pastis purs! - Ça va. On n'est pas sourds.

Je sais pas si t'as vu la touche de la fille derrière.

On dirait un perroquet avec sa touffe sur la tête. Regarde.

C'est un truc qu'on boit plus, ça, un perroquet.

Du pastis avec de la menthe.

Tu sais que Marlène

déteste la menthe.

- T'aimes le genre coincé du cul. - Mais pourquoi tu dis ça?

Je dis ça? Je dis rien, moi.

C'est l'effet qu'elle me fait. Belle femme, mais... coincée du cul, non?

Mais t'es en train de parler de ma fiancée, là!

Je peux bien dire qu'elle est coincée du cul, non?

Non.

Remarque, effectivement...

Elle est assez longue à démarrer.

Ben, il faut le temps. Il faut marquer un but pour être servi, ici.

- Où est le téléphone? - Au fond de la salle.

Ça marche avec des pièces.

Vous me payez les whiskies. C'est une autre caisse.

- Ça fait 30 francs. - Voilà.

J'ai l'impression de vous connaître. Vous êtes du quartier, non?

Pas du tout, pas du tout, je n'ai même...

jamais mis les pieds ici, si vous voulez savoir.

C'est marrant, ces impressions. Je suis sûr de vous connaître.

Eh ouais!

Et vous aussi,

vous avez l'impression de m'avoir déjà vu?

- Pourquoi, on devrait se connaître? - Non, non, non.

Non, non.

Vous étiez pas à la Foire de Paris, l'an dernier?

Exactement. Bonne mémoire. J'y suis passé.

C'est ça. Vous étiez serveur à la buvette des produits d'Auvergne.

- Pas du tout. - Si. J'ai fait 2 jours avec vous.

Non, non. Je vous dis qu'on se connaît pas. On se connaît pas.

Vous en faites pas. Ça va me revenir.

Serveur à la Foire de Paris! Pauvre con.

- Tu te rappelles Sandrine? - Sandrine, c'est qui, Sandrine?

- L'attachée de presse? - J'ai rancard chez elle. Ciao.

Oh non! Mais eh, tu vas pas te taper un boudin pareil, arrête!

On dirait une grenouille, avec ses lunettes.

Je suis véto. J'adore les grenouilles.

Oh non. Mais laisse tomber, viens chez Ragain.

Chez Ragain, il y en a des belles. Il y en a toujours des belles.

Je préfère les grenouilles. Ça remue les cuisses.

- Non, arrête. Elle est moche. - Moche, mais elle est bonne.

Non, arrête, arrête. Viens chez Ragain.

Non, je t'appelle demain. Mes amitiés à la star.

Vraiment, elle est moche.

Il a un goût de chiottes ou alors...

Ou alors, il est plus vicelard que je pensais.

Parce qu'elle est moche. Nom de Dieu, qu'elle est moche!

Ah si, ah si!

Mais si, elle est moche.

Elle est très moche!

Elle est plus moche que vous. Ça vous donne une idée, quand même.

Je vais vous prendre un peu de feu, si ça vous ennuie pas.

Et je vais prendre une petite cigarette pour allumer le briquet.

Vous avez pas de brunes? Bon. Pas de brunes, pas de brunes.

Vous n'êtes pas bavarde. Ou alors, c'est...

"Sois belle et tais-toi".

Et alors, c'est surtout "Tais-toi", hein?

Mais ça va pas? Il me cherche, le maître d'hôtel?

Ah, c'est ça!

Ça s'appelle "un smoking", en général, ça.

Je croyais que c'était que pour les gens bien élevés.

Si j'ai été grossier, je vous prie de m'excuser.

Mais je suis un petit peu pris de boisson.

Je m'en voudrais de manquer de courtoisie

car je suis courtois envers les femmes.

Mais alors, attention, envers toutes les femmes. Pas seulement les belles.

Et surtout ce soir,

vous êtes gâtée.

Le Dandy d'Or

vous présente ses plus plates excuses. Mes plates excuses.

Eh ben, bravo! Pardon.

Heureusement qu'il est pas tombé sur la table.

Quel con!

T'as raison, heureusement que c'est pas tombé sur la table.

Je suis navré, c'est malin.

- Vous savez combien ça vaut? - Pas de problème.

Je tiens absolument à vous rembourser, c'est normal.

Y a intérêt. Ah non!

Quand on paie, on casse. C'est tout à fait normal.

Non, non, non, c'est tout à fait normal.

- Et voilà. - Vous vous foutez de ma gueule?

- Ça vaut 5 000 balles, au bas mot. - Pardon?

Sans compter la valeur sentimentale.

- Vous plaisantez, je suppose? - Jamais avec les souvenirs.

Je veux bien lâcher 500 balles, mais faut pas me prendre pour un pigeon.

J'ai une montre suisse de ce prix-là, ça vaut quand même pas ta camelote.

Oh putain! Marlène, bordel!

- Bordel! - Mais où il va, l'autre?

Ah, ça y est: "Clic-clac, l'affaire est dans le sac"!

Je vous l'avais dit, que ça me reviendrait.

Oh, c'est pas vrai, Jacques Belin!

Le train express 291 à destination de Bâle, la Suisse et l'Italie,

partira voie 8.

Le train qui est là, ça fait longtemps qu'il est arrivé?

- Mais je vous connais. - C'est moi.

- Ça fait combien de temps? - Jacques Belin!

- C'est moi. - Ça fait combien de temps?

Il y a bien 5 minutes qu'il est arrivé.

"Clic-clac, l'affaire est dans le sac!"

Merci, merci, merci!

Et merde!

Mais si!

Un grand con avec un sac sur le dos: "Clic-clac."

Oh, quand même. Tiens!

Vous avez de la monnaie pour le téléphone?

Ah oui, bien sûr.

Dites, elle est pas si con qu'elle en a l'air, votre émission.

Elle instruit les gens. Oui, merci.

Ah, oui, oui.

"Clic-clac!"

- Et mes 800 balles? - Ça va bien!

Oh putain, le mec!

Tu vas me les payer!

Allô, Marlène, euh...

Je suis à la gare, je suis venu te chercher, je t'ai ratée.

J'arrive tout de suite. Écoute, il est 43, je suis chez toi à 53.

À tout de suite et excuse-moi.

Oh, c'est pas vrai!

La fille qui était dans l'arrière-salle, elle est où?

Elle vient de partir.

Elle m'a volé mon manteau et mon portefeuille.

La salope! Il faut porter plainte.

Pas le temps. J'ai ma voiture. Ça ira. Merci.

Tu parles d'une soirée!

Oh, la voilà!

Je vais l'avoir, je vais la choper. Je vais te choper, toi!

- Ça va pas, non? - Mon portefeuille!

Quel portefeuille? On peut aller au commissariat!

Oh, lâche-moi, toi. Alors, vite, allez.

- Tiens, le voilà, ton portefeuille. - Voilà, merci beaucoup.

Et le manteau, il est où, le manteau?

Le manteau? Il est là-bas, ton manteau.

Va le récupérer toi-même!

Là, tu vas le ramasser, salope.

- Enculé, lâche-moi. - Oh, la saloperie!

Tu vas le ramasser, mon manteau? Tu vas le ramasser, salope?

Vous avez un problème, là?

C'est notre copine de tout à l'heure. Elle vous crée des ennuis?

Non, c'est arrangé. Ça va.

Mais c'est Jacques Belin!

Vous inquiétez pas. On est de la police, on l'embarque.

Ça lui manque déjà.

Non. Il y a un malentendu. On est ensemble.

On chahutait avec le manteau.

Ah bon, vous êtes sûr? Parce qu'il faut pas hésiter, hein!

C'est sûr, merci. Ça va. Tout va bien.

Vous savez ce que c'est...

"Clic-clac!"

Ben, montez.

Hé, M. Belin, vous pouvez pas nous signer un petit truc, vite fait, là?

- Vous avez le... - Oui, j'ai.

- "Amitiés amicales", ça vous va? - Oui, pour Berthier.

C'est marrant, je vous imaginais pas comme ça.

Vous vexez pas, j'aurais parié que vous faisiez partie de la confrérie.

C'est pas parce qu'il se maquille comme une tant' que c'est une pédale.

Hein, M. Belin?

Je pensais pas que vous étiez branché sur les putes.

Ah ben, moi non plus, hein!

Les goûts et les couleurs...

S'il aime les putes, il aime les putes.

"Clic-clac!"

- Vous pourriez me remercier. - De quoi?

Si j'avais laissé faire, vous seriez moins maligne.

L'argent, je l'ai même pas volé!

- Vous appelez ça comment? - Vous êtes de la mondaine?

- Pardon? - Vous êtes flic à la mondaine?

- Qu'est-ce qui vous fait dire ça? - Les flics vous connaissaient.

Mais tout le monde me connaît, sauf vous.

Je suis Jacques Belin, ça vous dit rien? C'est moi!

Belin, de la famille des biscuits?

C'est pas grave, allez.

Belin... Je sais pas, moi.

Je voulais juste me rembourser. Ma montre est toujours cassée.

Vous me gonflez avec votre montre. Et le manteau que vous m'avez ruiné?

À chaque fois, c'est pareil. Plus ça a du pognon, plus c'est rat.

Bon. Ça suffit, remboursez-vous.

- Allez, on en parle plus. - Avec plaisir.

Dis donc, c'est garni, là-dedans.

Eh ben!

Je vous prends que ça. Plus, vous auriez une attaque.

Et je suis à la place du mort.

Allez, allez.

Vous allez pas me laisser là, je tourne le dos à la gare.

- Vous refusez de descendre? - Oui.

Je suis attendu par ma fiancée. J'en ai rien à foutre.

Attendu par une personne qui meurt d'impatience de me voir.

Eh ben, elle est pas difficile.

- Foutez le camp. - Me touchez pas.

C'est une manie, chez vous, de taper les gonzesses. Sale brute!

Ta gueule, toi!

- Allez, on est arrivés, maintenant. - Quoi, on est arrivés?

Ben, c'est quoi, cette zone, c'est le désert!

Vous avez un hôtel juste en face.

C'est un hôtel de luxe.

J'ai pas les moyens, je suis pas nantie.

Bon. Voilà 500 balles.

Bonsoir, et surtout ne me remerciez pas. Ça vous écorcherait la gueule.

Merci, monsieur. Ça te va, Ducon?

- Oui? - C'est moi.

- Qui, vous? - Ben, Jacques.

Jacques qui?

- Belin. - Ah!

On s'est ratés de 2 min à la gare.

Je ne suis pas rentrée en train, mais en voiture.

Ben, t'aurais pu me prévenir, quand même!

- Bon. Ben, je monte. - Non.

- Comment ça, non? - Non, tu ne montes pas.

Je t'attends dans la voiture.

Je suis fatiguée, je reste chez moi.

Minou, tu sais que c'est important pour moi, cette soirée.

Il y aura M. Bulot. Je vais lui parler de mon projet.

Fais un petit effort pour moi. Tout le monde t'attend.

Je me fous de tes émissions, bonne nuit.

On va pas discuter à l'interphone. Laisse-moi monter.

- Il y a quelqu'un chez toi? - Mais non.

Je ne suis pas fou, il y a quelqu'un chez toi.

C'est Norbert Terreaux, tu veux un complément d'information?

J'aurais dû me douter que ce gros con allait revenir.

Un con sur un podium qui juge les artistes?

Espèce de ringarde, tu joues comme une savate.

Même de dos, t'es à chier.

Écoute, tu as intérêt à te calmer, sinon je descends et je te casse!

Oublie pas ta fourrure, le fond de l'air est frais!

Vous savez combien vaut une chambre? 500 balles, c'est pour le petit-déj.

Vous me cassez les couilles. C'est à votre niveau de compréhension, ça?

- Je vous dépose. - Je vous "casse les couilles."

Excusez-moi. J'en avais pas après vous. Montez.

Si vous insistez...

Vous vous appelez comment?

- Frède. - Fred comme Fred, Fred?

Frède, avec un "e". Frédérique, c'est trop long. Alors, on dit Frède.

Ça vous dirait, d'aller boire un verre?

Là, j'ai une heure à perdre. Ça pourrait être sympa.

- Ouais, pourquoi pas. - On trouve un hôtel et...

On monte boire un verre dans votre chambre, tranquillement.

Oh, il est gonflé, le mec! Vous doutez de rien, vous!

On s'est mal compris. Je vous proposais juste...

De tirer un petit coup vite fait pour vous calmer.

Toujours aussi vulgaire!

Et il me fait des leçons de politesse, ce trouduc.

Ça va. Je vous ai filé 900 balles, le prix d'une pute de luxe!

- Je ne suis pas une pute de luxe. - J'avais vu.

- Bon. Tu m'arrêtes. - Je suis pas votre genre?

Vous préférez les balèzes, le genre lanceur de poids soviétique?

Mon pote, t'as une belle gueule, mais je descends. Alors, arrête!

OK?

Attendez. Qu'est-ce qui vous déplaît en moi?

Allez-y franchement. Je suis blindé.

- C'est vos manières. - Comment ça, mes manières?

Bon. D'accord, j'ai été malpoli et grossier.

Je suis sortie avec des types plus grossiers que vous.

Enfin, je m'excuse... il y a un minimum!

On s'intéresse un peu.

Bon. Ben, au temps pour moi. Je fais amende honorable.

Ça vous dirait, d'aller boire du champagne?

Dans un endroit où vous n'êtes jamais allée?

- Hein? - Ouais.

Allez!

- Vous serez pas déçue. - Vous êtes curieux, comme mec.

Frède?

- Frède? - Je suis là!

- Ça fait pas un peu trop habillé? - Ah non, non, non, non.

Elle me va comme un gant, non? Comme une moufle, plutôt.

Arrêtez de me charrier. Il est chiant.

- Ça fait 3 ans que je l'ai pas mise. - Elle est pas rancunière!

- Bon. Alors, on va où? - Eh ben, on n'est pas bien, ici?

- On va rester là? - Ben, pourquoi pas?

- On est pas tranquilles? - Oh ben ça, pour être tranquilles!

Vous voulez pas qu'on me voie avec vous, c'est ça?

Je suis pas assez classe?

Qu'est-ce que vous allez chercher? Vous voyez le mal partout.

On boit une bouteille ici et après, on ira ailleurs.

Regardez ce que j'ai trouvé, regardez ça.

C'est magique.

C'est la panoplie du parfait petit fêtard!

Champagne?

Et voilà!

C'est du bonheur.

Ah, stop, stop, attention.

Hein, c'est quoi? C'est du Piper.

Eh, je me suis pas foutu de votre gueule!

À la vôtre!

- À la nôtre. - Santé.

Eh ben, vous avez une de ces descentes, vous!

J'aimerais pas la faire à vélo, hein!

Attention, attention.

Tu fais quoi, comme boulot?

Jusqu'à maintenant, j'étais prise en charge.

Et puis là, je vais chez ma soeur, à Metz.

Oh, j'ai fait un voeu.

- C'était quoi? - Si on le dit, ça se réalise pas.

Et si on le dit pas, ça se réalise? Une petite olive?

Non, c'était pour du boulot.

Ma soeur doit me trouver une place où elle travaille.

Dans une fabrique de chaussures.

Ça paye pas des masses mais enfin, on a 20 % sur les grolles.

- C'est intéressant, dis donc! - Ouais.

Ah si. Ah si, c'est intéressant.

Regarde-moi, toi.

Ça te dirait, de travailler à la télévision?

Quelle idée! J'y ai jamais pensé.

Non, parce que si ça te disait, je pourrais t'aider.

- Le joli pipeau! - Je plaisante pas!

Je plaisante pas.

J'anime un jeu tous les soirs à la télévision.

L'affaire est dans le sac, c'est moi. Tu connais pas?

On me l'avait jamais faite.

L'affaire est dans le sac, jamais entendu parler?

- Viens voir, viens voir. - Tu parles d'une connerie!

Tu vas voir si je me fous de ta gueule.

- Je vais voir? - Alors? Et ça, c'est quoi, ça?

C'est vous?

- Vous travaillez à la télé? - Tu vois, je dis pas n'importe quoi.

Faut pas m'en vouloir. Vous savez, je regarde pas la télé.

- Je me sens bête, je me battrais. - C'est pas grave.

Tu sais, quand on est une figure publique comme moi,

les gens ont une attitude différente.

Toi, tu es spontanée. Ça fait du bien.

- Je bois un coup avec une vedette! - En quelque sorte.

Alors...

si je te propose ce job, c'est pas en l'air.

Et ce serait pour faire quoi?

T'as ton B.E.P.C.?

- Mon quoi? - Ton B.E.P.C, BEPC.

- C'est un vaccin? - C'est pas grave.

Pour faire ce à quoi je pense, y a pas besoin de sortir de Centrale.

- Pourquoi vous dites ça? - Je dis quoi?

Que je sors de centrale. Qui vous l'a dit?

- Personne m'a rien dit! - Attention: je suis honnête.

- Les prisons, je connais pas. - Je parle de l'École Centrale.

- Tu connais pas l'École Centrale? - Si, c'est les gardiens qui y vont.

T'y es pas du tout, là.

Je voulais dire que pour danser avec un dossard numéroté sur les miches,

y a pas besoin d'être une lumière!

- C'est pour danser? - Mais oui.

J'avais pensé à autre chose. Ah, c'est pour danser!

Il y a trois belles filles qui annoncent le score en dansant.

145, 146!

Et 12, des fois, elles font 12! Je te verrais bien dans ce coup-là.

- C'est intéressant, ça. - Ah oui, c'est intéressant.

Mais pour faire ça, il faut être canon.

Et alors, t'as des complexes, toi? T'as pas de complexes!

- T'en as pas? - Non.

- Mais j'ai un cul qui se pose là. - Fais voir, fais voir.

Eh ben, non, alors, eh! Eh, j'ai le coeur sur la main, là!

Qu'il est bête!

C'est pas grave, c'est cadré à la taille, on voit pas le bas.

Parfois, les filles ont que le haut. Le bas, elles sont en civil.

- Je savais pas, ça. - Le public l'ignore.

C'est comme ça, la télévision.

Tu sais que j'ai fait majorette pendant deux ans, moi?

- Non! - Si.

Si t'as fait majorette, tu peux tout faire!

- C'est la meilleure école. - Ah bon?

À la télé, beaucoup de gens ont commencé majorette.

Oh, je savais pas. Surtout que j'étais très, très douée, moi.

Je lançais le bâton à 3-4 m de haut.

- J'aurais insisté... - Tu le lançais à 6 m.

Peut-être, j'y avais pas pensé, mais oui.

Hé, dis donc, tu me ferais pas une petite démonstration, toi, là?

- Là? - Pourquoi pas?

- On est pas tranquilles, là? - Ouais, mais...

Et je me ferais une idée tout de suite.

Ça fait un bail que j'ai pas fait ça.

C'est comme le vélo, ça s'oublie pas.

Il n'y a que nous deux, pas de honte.

Je dois être complètement rouillée.

Je te prépare quelque chose, ça va réchauffer le moteur.

À froid, comme ça?

Ça va pas être à froid, là, laisse-moi te le dire.

- Laisse-moi te le dire. - Eh, je fais ça pour toi.

Faut pas faire attention parce que...

Je suis de la partie, je sais juger. À la tienne, ma poule.

- À la tienne. - Cul sec?

À la tienne.

- La vache! Ça ramone, hein? - À toi de jouer.

Attends, je m'installe, je m'installe.

Allons-y!

Je m'échauffe, là.

Echauffement des poignets, c'est important.

Vas-y, ma poule!

Attends, arrête, arrête.

- C'est pas bon? - C'est bon, c'est bon.

C'est très bon!

Mais le tambour? Elle m'a pas fait le tambour!

Le tambour? Il faut faire le bruit du tambour.

Ça va te donner le rythme et moi, une meilleure idée.

- J'en ai jamais fait. - Il va falloir t'y faire.

- Ça compte pour l'oral? - Tout compte, à la télé.

Même la présentation, attention.

Je veux bien faire le tambour, mais j'ai jamais fait le tambour.

Arrête.

Arrête!

C'est grotesque. Arrête.

Je manque d'entraînement. Mais tu verras, dans 3-4 mois...

Je verrai rien du tout.

Rien du tout. Tu vois pas que je me fous de ta gueule?

On a besoin de personne, à la télé. Et surtout pas de toi.

Et pourquoi t'as fait ça?

Parce que je suis soûl, voilà.

Si t'as envie de dire que c'est dégueulasse, te gêne pas.

C'est dégueulasse.

J'en ai connu, des pourris, dans ma vie.

T'as de la chance, je te mets à la place d'honneur.

Chef des pourris.

Je le prends en souvenir. Ça te dérange pas?

C'est pas tous les jours qu'on rencontre des vedettes.

Je regrette pas de pas avoir la télé, tu vois.

Frède, Frède, attendez.

- Je suis désolé, sincèrement. - Foutez-moi la paix!

Arrêtez de pleurer, je sais pas ce que je dis quand je suis soûl.

Non, donnez-moi une gifle, mais arrêtez de pleurer.

De toute façon, c'est ma faute. J'avais qu'à pas vous croire.

Je me suis conduit comme un con.

Je t'ai gâché ta soirée, je suis désolé.

Je te demande pardon. Tu me pardonnes?

- Laissez-moi. - À genoux, je te demande pardon.

S'il vous plaît.

Tu vas pas rester comme ça.

Lève-toi.

T'es curieux comme mec, toi.

On va aller boire un petit café.

Ça va nous remettre les idées en place.

- À moi, surtout. - T'es curieux, toi, hein?

Là, il y a un bistrot.

- Je vous porte le coffret? - Non, ça va, il est pas lourd.

Ça fait du bien d'être dehors quand même, avec l'air frais.

Je suis barbouillé. Ça doit pas être beau, à l'intérieur.

Vous picolez et c'est moi qui trinque. Tu parles d'une soirée!

Je vous comprends.

Si j'avais rencontré un type comme moi, je l'aurais giflé, c'est dire.

- Vous perdez pas le nord, vous? - Pourquoi?

Vos lunettes noires, pour qu'on vous reconnaisse pas avec moi.

Non, c'est pas ça. Je vous jure que c'est pas ça.

Mais dans l'état où je suis, j'ai pas envie de faire Jacques Belin.

Allez, on va boire un coup.

Deux cafés, s'il vous plaît.

- C'est fermé! - Vite fait.

- La machine est éteinte. - Deux grands Vichy, alors.

- Avec deux pailles, peut-être? - Je peux téléphoner?

- C'est en dérangement. - C'est important.

- Pour Paris? - Oui.

- C'est derrière, là. - Merci.

Jean-François?

C'est Jacques.

Belin.

J'ai eu une espèce de petit contretemps.

Au fait, le président Bulot est là?

Bon. Parce que je dois lui parler. J'arrive.

À tout de suite. Salut, Jean-François.

Un bon Vichy, ça va nous faire du bien.

Je suis minable, je me suis conduit comme un nul avec vous. Je suis nul.

- C'est pas grave, ça. - C'est pas grave, c'est nul.

Ça arrive, quand on a un verre dans le nez, faut pas...

Ça arrive aux nuls.

- Vous savez ce qui me plairait? - Non. Allez-y, voir.

J'aimerais que tu m'embrasses.

Eh ben, mais alors...

Vous m'en voulez plus, alors?

Ben, ça me fait plaisir.

Ça me fait plaisir.

Voilà.

C'est quatre, chez vous? Voilà.

Il y a quelque chose qui va pas?

Ça va, ça va très bien.

- Mais je voyais pas ça comme ça. - Vous voyiez ça comment?

- Sur les joues, je m'en fous. - Ah mais dis donc...

C'est très délicat.

Je suis pas tout à fait ton style, en un mot comme en cent.

Frède... Vous êtes une fille super.

Mais je ne peux pas me permettre, je ne peux pas.

La fille avec qui tu t'engueulais, elle est belle?

Ah oui. Ah ça oui, ça oui.

Elle est belle.

Et une belle salope, comme on dit.

Une belle salope.

C'est une vedette de cinéma?

Elle aimerait bien.

Elle travaille à la télévision, surtout.

C'est la vedette du feuilleton qui passe en ce moment.

La saga des Brossard.

Ça a un rapport avec les petits gâteaux?

- C'est une obsession, chez vous! - Pourquoi, j'ai dit une connerie?

Vous êtes pas tombée loin, c'est alimentaire.

- Et t'es triste, de ta gonzesse? - Bof, sur les bords.

Sur les bords.

Il est sec.

On se voyait le week-end.

On était tous les deux crevés de la semaine.

On regardait la télé.

Alors, pour ce qu'il y a le week-end, hein...

Je sais pas, j'ai pas la télé.

- Merci. - De rien.

Vous voulez un coup de main? Foutez le camp!

- Pardon? - Tu crois que j'ai pas vu?

Tu veux faire du commerce ici?

Non, je crois qu'il y a un malentendu.

- C'est le Chinois qui t'envoie? - On va pas manger le fonds.

- Toi, tu te la fermes. - Quoi, qu'est-ce que t'as dit, là?

Tiens-moi ça, toi.

Je peux te répondre!

- Je paye tout! - Tu te casses.

Enlève tes lunettes.

C'est qui, ça?

C'est vrai, Jacques Belin.

Évidemment, Jacques Belin!

Ça fait 1 heure que je le répète.

L'affaire est dans le sac, chez moi!

Jacques Belin de la télévision.

- Je vais chercher ma mère. - On a pas le temps.

Non, non, non. Elle vous adore, ma mère. Vous plaisantez?

Allez, viens. On y va.

- Attends, il appelle sa mère. - Je suis trop en retard.

Arrête, 2 minutes. Il va être déçu. Ils sont gentils, ces gens-là.

Arrête de faire ta star, là.

Comment ça se fait que vous parliez arabe. Vous êtes d'origine?

Non, j'ai appris en cellule avec une copine algérienne.

Ça t'étonne, hein? Je sors de taule.

Oh ben ça, alors! J'aurais pas cru.

T'as l'air honnête comme tout, toi.

Je me débrouille en portugais, aussi.

Y a monsieur "Bilin", L'affaire est dans le sac.

Monsieur "Bilin", merci d'être venu.

- Monsieur "Bilin"! - Belin, Belin, Belin, voilà.

- Il est joli, ton sac. - C'est pas à moi, le sac.

Madame "Bilin"!

- Merci pour tout, on va s'en aller. - Non, non, une boukha, une boukha.

- Tournée générale! - Non, pas question, pas question!

Non, non. Je sais, ça tue, la boukha, mais il faut que j'y aille.

- Belin, Belin. - C'est léger, c'est vite fait.

Je sais que c'est léger.

- Je suis fatigué. Je suis attendu. - Juste pour goûter. Ben, goûtez!

J'ai pas besoin de goûter, je connais.

- Encore un petit coup. - C'est pas fort du tout, hein?

- Ça se boit même sans soif. - Je sais.

Mais arrêtez!

Je pensais pas que c'était si peu fort. Il faut que j'y aille.

- Encore un petit coup. - Allez, M. Belin.

Dites à votre mère de me lâcher la grappe!

- Elle est très gentille. - Je vois bien! Allez, allons-y.

Je me rappelle plus, c'est à base de quoi?

- C'est quoi? - Des figues.

- C'est à base de figues. - C'est très bon pour la santé.

Ça me gratte, ça me gratte!

Ça me gratte dans l'estomac! Ça me démange!

- Ça, c'est les poils de figues. - J'arrive pas à me gratter.

Donne-moi ta petite main, donne-moi ta main!

Je vous emmerde, vous savez pas à quel point, gros porc!

- Laisse tomber, Jugnot. - Salut, Belin!

- Bien du courage. - En plus, il m'a touché les fesses!

- C'est un vrai con! - C'est un artiste.

- C'est qui, le gros qui s'énerve? - Le président Bulot.

Le président de la chaîne.

Tu arrives en pleine engueulade. Marlène n'est pas là?

Marlène a eu un empêchement, des espèces de...

Ce sont des petits furoncles à l'intérieur du nez, mais...

- C'est bénin, aucun problème. - Bravo, pour le Dandy.

- Merci. - Merci beaucoup.

- Merci, trop! - Elle ne boit pas.

Elle va se les faire extirper demain. Pas de problème, c'est "beunin".

Je te présente Frède. Frède, Jean-François Ragain.

Frède qui est dompteuse d'ours. Frède, Jean-François Ragain.

- Le bonjour du joueur de baby-foot. - Formidable!

- Vous êtes dans quel cirque? - Le cirque...

Pinder!

Je vais aller voir Bulot pour le 20 h 30. Je vais lui parler.

Non, tu attends qu'il se calme au billard.

Il a frôlé l'apoplexie avec Jugnot et Auguste.

- Bon. Servez-vous: antillais... - Non, asiatique et antillais.

Dorothée, ma chérie!

- Merci. - Félicitations.

- Merci. - Merci. Antillais, allons-y.

Merci pour le Dandy. Merci pour le Dandy.

- Venez par ici. Bonsoir. - Jacques Belin.

Bonsoir, enchanté! Bravo pour le Dandy.

Je suis très content pour le Dandy. Allez, antillais, allons-y.

Merci, merci beaucoup.

Pourquoi t'as été dire que j'étais dompteuse?

Je suis pas dompteuse, moi. Arrête!

T'aurais pas aimé être dompteuse? Pourquoi t'aurais pas aimé?

- Peut-être, mais pas avec des ours. - Et pourquoi pas avec des ours?

Moi, une fois, j'ai eu une copine, en taule, qui avait réussi...

à apprivoiser...

une punaise. - Ça me gratte, quand on dit punaise.

- Oh merde! - Ça me gratte.

- Elle faisait quoi, la punaise? - Déjà, elle la piquait pas.

C'est beau, pour une punaise.

Et puis, elle la connaissait, hein!

Quand l'autre elle sifflait...

Elle se ramenait.

Ou des éléphants.

C'est bon, ça, les éléphants.

Dompteuse d'éléphants, c'est plus sympa que les ours.

Ça se discute parce que une fois, par exemple, j'ai fait,

au Gala de l'Union des artistes, un numéro avec des éléphants.

Des éléphants d'Afrique avec des grosses oreilles,

et les petites oreilles

des éléphants d'Asie.

Comme quoi, les plus gros n'ont pas...

Les nains, par exemple, il paraît qu'ils ont de très grosses couilles.

Alors que les géants, souvent, ont des petits zizis.

Quelque chose lui a déplu, à l'éléphant.

Le dompteur m'a dit que c'était mon eau de toilette...

qui avait déplu à l'Afrique.

Toujours est-il que ce con m'a collé un coup de trompe sur la nuque.

Il m'a fait le coup du lapin.

Oh zut! T'as vu, ça a sauté tout seul dans le piano.

Salut, Jacques.

- Bravo. - Pardon?

- Le Dandy d'Or. - Ah, le Dandy d'Or!

Le Dandy d'Or, mais que d'un oeil.

"Dandy dort que d'un oeil".

À mon avis, ce sont des boudins antillais.

Faites attention, c'est très relevé. Très relevé.

Merde, merde!

Mademoiselle, vous pouvez m'aider à soulever le truc?

Il y en a partout!

Regardez-moi ça!

La tronche d'asperge qui vient d'arriver, c'est Marc-André Ammou.

Les trucs qu'il a écrits sur moi, cette pine d'oiseau!

- Il trempe sa plume dans sa merde. - T'as qu'à lui casser la gueule!

Va t'asseoir sur le canapé, je sens que ça va saigner.

Alors, Marc-André "Amoumoumou"?

Curieux, je pensais que l'entrée était interdite aux enculés mondains.

À ce que je vois, le dandy est à la hauteur de sa réputation.

"L'affaire est toujours dans le sac?"

C'est pas trop lourd à porter, ce gros sac

plein de conneries?

Toi, un de ces quatre, je vais te couper les oreilles en pointe.

Très drôle!

Quand l'élégance et l'humour se marient, ça fait des ravages!

- T'as pas des ciseaux? - Je sais pas, pourquoi?

Pour rien.

Moi, j'ai été élevée avec des ours. Et c'est mauvais, les ours, hein!

Vous devez être très douce avec les grosses bêtes.

Ça comprend que les coups sur la tête, sinon ça te bouffe.

- Vous avez déjà eu des accidents? - Vous me croirez si vous voulez,

y en a un qui m'a mangé un morceau de ventre.

- Mais qu'est-ce qu'ils t'ont fait? - Ça boume, le piano?

T'as pas de ciseaux?

- Des ciseaux? - Pour quoi faire?

- Pour couper. - À ongles?

- Non. Je vais voir en cuisine. - Bravo. Allez, allez, mon ami.

Moi aussi, je suis un ours. Vous pourriez peut-être me dresser?

Je préfère les ours aux bonshommes: eux, ils hivernent.

3 mois de tranquillité!

En hiver, ils hibernent.

Et au printemps, ils "printonnent"?

C'est un malade mental, ce mec! Il m'a coupé les oreilles en pointe.

- Qu'y a-t-il? - Il m'a coupé le lobe.

- Mais qui ça? - Belin, Belin!

- Venez dans la salle de bains. - Laissez-moi, Ragain!

C'est épouvantable. Venez, venez.

Un petit rock?

- J'appelle mon avocat. - Tu veux que je t'égalise?

Toi, je vais te massacrer en 10 lignes.

T'es grillé, Belin!

Moi, je vais te griller autre chose.

C'est nul, il commençait à y avoir de l'ambiance.

Il est nul, le gros.

Président, je suis content de vous tenir

pour vous parler de mon projet...

d'émission de 20 h 30.

C'est très simple. Vous tremblez? C'est très simple: un couple,

un bon voyage et une histoire de cul à la clé.

- Vous aimez le cul? - Il joue un point très difficile.

- Tu lui parleras plus tard. - Je vous parle tout de suite.

C'est quoi, cette histoire avec Ammou?

- Il m'a agressé. - Que t'arrive-t-il?

- Vous n'auriez pas du Synthol? - Il faut aller à la salle de bains.

Non, maman, arrête, arrête. Je vais boire un coup.

Président, vous devriez réfléchir parce c'est une très bonne idée.

- Des questions simples, astucieuses. - Belin, vous me déconcentrez.

- Alors, allez-y. - Laisse-le! Vas-y, bonhomme.

Si je peux me permettre,

écartez bien les doigts, allez-y.

Vous avez un coup de queue magistral.

Je peux jouer, moi?

- Ce n'est pas nécessaire. - Mais je sais jouer au billard.

Nous jouons sérieusement. Et elle n'est pas en état de jouer.

Allez, un petit coup. T'es dur. Juste une fois. Je sais jouer.

Attendez qu'on ait fini si vous tenez à déchirer le tapis!

Puisque je te dis que je sais jouer! T'es bouché?

- Si elle dit qu'elle sait jouer! - Alors pousse-toi.

Maintenant que vous avez prouvé vos talents,

s'il vous plaît, de l'air!

- Qu'est-ce que t'as dit, là? - Il a dit "de l'air"!

Et c'est méchant, "de l'air".

Vous, vous ne tenez plus debout, vous empestez l'alcool.

- J'ai bu que de l'eau, attention. - Dis donc, t'es qui toi, ici?

T'es le patron, c'est toi qui as payé le billard?

D'où vous la sortez?

Je dirais pas que c'est une pute, mais il y a de grosses présomptions.

La partie est serrée?

Prenez-la par la peau du cul et foutez-la dehors.

Quel est le problème, président? Le problème?

Bulot s'est pris une paire de claques parce qu'il a dit "de l'air".

T'es complètement soûl!

Petit merdeux, je ne me donnerai pas la peine de vous claquer le museau!

Si c'est pas une pute, je me fais moine!

Dis donc, ça tombe bien, j'ai déjà les ciseaux!

Qu'est-ce que t'as dit?

- Il a dit "de l'air". Il l'a dit. - C'est méchant.

C'est méchant, "de l'air".

- Je t'attends, Belin! - Vous allez pas vous battre!

- Désolé. - C'est pas grave, président.

Un "B" qui veut dire "Belin"!

- "De l'air"! - Eh ben, relève-toi, mon pote.

Cette fois-ci, je t'ai vu, connard.

Vas-y, colle-lui un bourre-pif.

Allez, viens.

Jacques, mais qu'est-ce qui se passe?

Ne tirez pas les cheveux du président.

Président, président! Arrêtez!

On est bien.

- On est bien. - Ah non. On est très bien.

- Très, très bien. - Et on est peinards, la nuit.

On est peinards: y a personne pour t'emmerder.

Pour t'appeler: L'affaire est dans le sac!

Je ne supporte plus.

Je supporte plus.

- Elle est belle, hein? - Elle est jolie, ta montre.

C'est Ragain qui me l'avait rapportée du Japon.

- Elle est belle. - Elle te plaît?

Est-ce que ça te ferait plaisir que je te la donne?

Ah non, c'est un cadeau. Ça se donne pas.

Ça me ferait plaisir que ça te fasse plaisir.

Elle te va bien.

Qu'est-ce que t'as fait, pour aller en taule?

- Qu'est-ce que t'as fait? - J'ai rien fait.

Elle a rien fait? T'as fait quoi?

- J'ai rien fait, je te dis. - C'est ça. Ils disent tous ça.

T'es passée devant la prison, t'as vu de la lumière,

t'es rentrée, quoi!

Arrête de me charrier.

Tu peux bien me le dire, à moi. À moi. Dis-moi à moi. Allez.

À moi, tout bas.

Tout bas.

J'ai...

J'ai tué mon jules.

C'est arrivé bêtement, tu sais.

J'étais en train de me laver les pieds

et on a commencé à s'engueuler pour une histoire de...

savonnettes à la lavande qu'il préférait à l'eau de Cologne.

Alors, tu vois...

la gravité du motif!

Bon. Alors...

On s'est battus, échange de baffes.

Enfin bref, c'est pas intéressant.

Et puis, dans la bagarre, il m'a pris un...

Un petit poudrier.

Et il l'a jeté contre le mur. Mais méchamment, hein.

Oh, méchamment, méchamment!

Moi, ça m'a énervée, j'ai voulu faire pareil, tu vois?

Alors, j'ai pris un truc à lui. Je voulais faire pareil que lui.

J'ai pris une gondole en céramique...

Avec un gondolier en peau, tu sais?

Et je l'ai jetée contre le mur aussi.

J'ai pris trois ans, mon pote. J'ai pris trois ans.

Ah non. Trois ans pour un lancer de gondole, c'est lourd, trop lourd.

Je sais, mais moi, j'ai fait que la lancer, la gondole, je te jure.

J'ai fait que lancer la gondole.

Seulement, ce con,

il a fallu qu'il vienne se fourrer juste entre...

le mur et la gondole!

Il a pris le gondolier dans la...

Non, pleure pas. Non, non, pleure pas. Allez.

Arrête, ça peut arriver à n'importe qui, de tuer quelqu'un.

- Non, ça arrive qu'à moi. - À moi. À moi, par exemple. Regarde.

Le gros! Tu vois, le gros, j'aurais pu le tuer avec un coup de billard.

J'aurais pu le tuer, alors que c'est pas malin, un coup de billard.

T'es une fille superbe. Pleure pas.

Allô?

Ah, salut, Steve. Salut.

Ah ben oui, tu me réveilles, oui.

Quelle heure il est? "Une heure."

Oh, merde! J'ai paumé ma montre, dis donc.

Non, je la retire jamais. C'était un cadeau. Attends.

Attends, j'ai un marteau-piqueur dans la tronche, là.

Oh, putain! Attends.

Le temps d'un petit café et d'un Alka-Seltzer.

Oh, je peux plus.

De quoi?

Oh, tu rigoles? Soirée pourrie, oui.

Tu sais que j'ai rompu avec Marlène?

Ça te fait rire, toi?

Après, je me suis bourré la gueule dans un bistrot arabe.

À la boukha.

Tu sais que c'est fort, mine de rien.

Ben, après...

Je sais pas comment je suis rentré. J'ai paumé ma montre.

C'est le trou noir, quoi. Catastrophe!

Ça fait du bien,

de temps en temps.

Et toi? Attends...

Tu l'as sautée, la grenouille?

Salaud!

Et qu'est-ce qu'elle a dit quand tu l'as virée?

Salaud!

Attends, je prends du café.

Merde!

Allô? Non, rien. C'est le téléphone qui est tombé dans le café.

La femme de ménage me le fout toujours sous l'évier.

Tu t'en vas quand, alors?

Aujourd'hui? Quel jour on est?

Merde! J'ai une interview. Ils viennent dans une demi-heure.

Écoute, Steve, il faut que je fasse fissa, là.

OK, à la prochaine fois.

Allez, salut, Steve. Bonjour aux grenouilles.

Oh, merde, pas le temps.

Jacques, t'es réveillé?

Qu'est-ce que je vais raconter? Courtoisie, mode de vie, je verrai.

Allô?

Salut, Yves.

Attends, ne quitte pas, j'ai un problème de robinet.

Tu verrais ta tête!

Tu m'étonnes, avec tout ce que t'as avalé hier soir.

Je te rappelle. Il m'arrive une grosse tuile.

Qu'est-ce qui t'arrive, comme grosse tuile?

Hein?

Attends, ça serait pas ma montre, par hasard?

Évidemment! J'allais pas te la perdre.

C'est pas tous les jours qu'on me fait des cadeaux pareils.

J'ai l'impression de devenir fou.

Jacques, la gueule de bois que tu te payes.

Mais tu sors d'où, toi?

J'ai été faire les courses, j'ai pas voulu te réveiller.

Il faut que je me remette les idées en place. Ça va trop vite.

Ah non, non. Pas avec le café, non!

Et là non plus! On peut pas boire, sinon.

Mais qu'est-ce que c'est que ce café? Oh bordel!

C'est une chance, cette rencontre.

Oui, il y a des mecs qui sont vernis.

- Je resterais comme ça des heures. - Moi pas, les bras fatigueraient.

Ça y est!

- T'attendais un train, hier! - T'affole pas, c'est arrangé.

- Et pourquoi c'est arrangé? - J'ai appelé ma soeur.

C'est arrangé, alors.

Non, le café. On termine le café, d'abord.

Jocelyne était sciée, quand je lui ai dit.

- C'est qui ça, encore? - Jocelyne, ma soeur, la grande.

Elle m'a pas cru, quand je lui ai annoncé notre mariage.

- Tu t'es brûlé? - C'est rien, c'est fort.

- Arrête, Nicole! - Mais c'est pas Nicole!

- Pourquoi pas Nicole? - C'est Frède. T'as oublié?

Non, j'ai pas oublié mais assieds-toi, j'ai un truc à te dire.

Mais je te préviens, c'est pas marrant.

- Voilà... - Comme ça, on dirait Ben Hur.

On s'occupera de Ben Hur plus tard. Écoute plutôt ce que j'ai à te dire.

- Voilà. - C'est bête, il est un peu grand.

- De quoi? - J'ai pris le plus grand.

- C'est quoi, cette loque? - Je l'ai acheté au marché.

Au stand Maurice. Ils sont super sympas.

J'ai dit que c'était pour toi, ils m'ont fait 10%.

Je ferai un petit ourlet.

- Combien t'as payé ça? - Ça se dit pas!

Il n'y a pas de raison! Il est où, mon joli manteau?

- Il sèche. - Comment ça, il sèche?

Comme il était sale, je l'ai mis en machine.

- T'as mis le cachemire en machine? - Oui, mais j'ai mis sur laine.

Oh putain, c'est pas vrai!

J'ai dû me tromper de programme.

Mais c'est du cachemire! T'as de la purée dans la tête?

- Mais je t'ai racheté le même. - Ça, le même?

- Ça, le même? - Il te plaît pas?

On va se calmer. C'est jamais que 500 sacs de foutus!

Mais enfin, je te reconnais plus.

Moi non plus, je reconnais plus personne.

- Faut que je te parle sérieusement. - Qu'est-ce qu'il y a?

- Tu veux du café? - Oui.

- Pourquoi j'ai ramené ça chez moi? - C'est quoi, ces merdes sur le mur?

Une collection de n'importe quoi?

C'est toutes les affaires dans le sac de mon émission!

- Ce sont des souvenirs. Viens. - Attends, je raccroche ton souvenir.

- Voilà. - Tiens, assieds-toi.

Assieds-toi. Le café.

Alors, voilà...

Hier soir, j'étais ivre mort.

Tu t'en es certainement rendu compte.

T'es rigolo, quand t'es bourré.

Tu vas voir: à jeun, je suis beaucoup moins drôle.

Alors, ce qui se passe maintenant, c'est que j'ai peur

qu'il y ait une espèce de...

D'énorme malentendu.

- Merde, la télé! - T'as la télé qui vient? Extra!

Sois gentille, va dans la chambre et attends-moi.

J'en ai pas pour longtemps.

J'ai déjà attendu 3 ans, je peux bien attendre 1 heure de plus.

- Bonjour, Jacques. - Bonjour.

On est en retard, mais l'équipe arrive.

Pas du tout, allez-y. Aucun problème.

- Je ne vous ai pas réveillé? - Non, je suis à vous.

Installez-vous, je me change. Allez-y.

Installez-vous.

- Qu'est-ce que tu fais? - Je t'attends.

Non, il faut pas m'attendre au lit, il faut m'attendre en s'habillant.

D'ailleurs, moi-même, je m'habille.

Oh, la vache! C'est une fête foraine, chez toi.

Toutes ces fringues!

T'arrives à tout mettre ou t'appelles tes potes?

Jacques...

Quoi?

Je t'aime, tu sais.

Bon, écoute, Frède, il faut...

que je te demande quelque chose, mais c'est un petit peu délicat.

Attends, voilà. Voilà.

Hier soir, quand on est rentrés tous les deux, est-ce qu'on a...

- Tous les deux? - Si on a couché ensemble?

Non, t'étais tellement bourré, tu t'es écroulé comme une bûche.

- Ça te tracasse? - Un peu.

Je t'en veux pas, ça arrive à tous les mecs, ça. T'es bête.

- Non, non, non! - Dites-moi, Jacques...

- Excusez-moi. - Attendez, France.

Je ne voulais pas vous déranger.

C'est la femme de ménage qui a eu une crise de nerfs.

- La femme de ménage? - Oui.

- C'est pas trop grave? - Elle a pris une douche. C'est fini.

- Messieurs, on peut se dépêcher? - Doucement, on arrive.

France, on va se mettre sur le canapé. Allez.

Allons-y.

Jacques, vous n'allez pas tourner comme ça?

Oh, pardon. Je vais me changer.

Je vais réchauffer du café à la dame.

Ah non, non.

Non, non, Frède.

Je veux que tu saches une chose.

- Je suis pas un salaud, je te jure. - Ça se voit tout de suite.

Non, c'est pas évident.

Frède...

- Je me souviens plus de rien. - C'est pas grave.

Non, je veux dire, vraiment rien du tout.

Je sais pas ce que j'ai dit ou fait. C'est le trou noir.

Alors, tu devrais comprendre que maintenant, je suis très emmerdé.

Qu'est-ce que tu racontes?

Je me rappelle d'avoir bu avec toi, mais pas de t'avoir ramenée ici.

- Comment ça, tu te rappelles pas? - Tu m'étais sortie de la tête.

- Tu me fais marcher? - Je préférerais,

mais je te jure que non.

C'est la 1re fois que ça m'arrive.

À moi aussi, c'est la 1re fois que ça m'arrive.

Je savais pas qu'on pouvait oublier les gens en une nuit.

Je sais, ça fout un coup.

Moi aussi, quand je t'ai vue ce matin, ça m'a foutu un coup.

Non, c'est lamentable.

- Je vous prie de m'excuser. - Vous pouvez, ça mange pas de pain.

Il faut me comprendre.

Hier soir, j'étais soûl comme jamais.

Tout ce que j'ai pu dire était sous l'effet de l'alcool.

Si je vous ai demandée en mariage, j'étais pas dans mon état normal.

Je vous ai jamais vu, dans votre état normal. Je suis pas extralucide.

- Je t'ai toujours vu bourré. - Non, le prenez pas comme ça.

On a certainement passé une bonne soirée ensemble.

- Enfin, je présume. - Ça va, j'ai compris.

Quand il y a une planche pourrie quelque part, je marche dessus.

Je suis aussi emmerdé que vous, je vous assure.

- J'arrive. - Demandez à la femme de ménage

de donner un coup d'éponge sur la table.

Vous avez dit que j'étais la femme de ménage?

Il n'y a pas de honte à ça. Vous avez des préjugés?

Ça fait 2 heures que je cherche les prises.

Vous êtes miro? Il y en a partout. Là. Regardez en face.

Suivez les fils, c'est pas difficile.

Jacques, vous ne vous changez pas?

J'avais pensé que décontracté, ça pouvait être sympa aussi.

Sans aller jusqu'au smoking, c'est quand même le 20 h.

Si le dandy mettait un calbar, ça nous arrangerait.

On est "tous publics".

Allons-y.

Qui va me chercher mon vanity-case

dans la voiture?

Bon. Ben j'y vais.

Et merci.

J'arriverai à Metz dans la soirée. Tu viens m'attendre au train?

Non, seule. J'ai rompu.

Oui, un vrai con. Oh là là, un con! Menteur et compagnie, ce type.

Lui, s'il bosse à la télé, moi, je suis prix Nobel de chimie!

Non, je te raconterai tout ça en détail. Tu vas rigoler.

Allez, à ce soir, Jocelyne.

Je peux rentrer dans ma chambre? Vous êtes calmée?

- T'as peur de ta femme de ménage? - Ça va, maintenant!

- Elle se croit où? - Espèce de pédé.

Vous n'êtes pas seule, ici.

Qu'est-ce que je m'en fous, de ta télé à la con!

Mais ça va pas, non?

Vous commencez à me gonfler!

Vous avez pas tout perdu, vous avez une montre à 1 brique.

- Quoi, ta montre de m'as-tu-vu? - Oui.

- Tu la veux? - Oui.

- Je vais te la rendre avec plaisir. - Je ne dis pas non.

La salope!

Vous me faites chier, à la fin!

Vous me faites chier!

Il s'est rien passé entre nous, rien. Je vous ai pas touchée.

On a bu et on a dit des conneries.

De quel droit vous faites du scandale?

Je ne vais pas vous épouser pour vous faire plaisir!

J'en veux pas, de toi. Tu crois que je suis amoureuse de toi?

Tiens!

- Des mecs, j'en ai tant que je veux. - Tant mieux pour vous!

En sortant de prison, on prend le 1er venu.

Tu l'as oublié ça aussi, hein?

Je sors de prison, moi. J'ai fait 3 ans de taule.

T'as failli baiser une taularde, t'as raté une expérience.

Vous allez me faire pleurer. Y a une rubrique pour ça, dans Libé!

Pour les montres, j'en ai rien à foutre. J'en ai plein d'autres.

- Va te faire mettre! - On est presque prêts.

J'ai oublié de vous féliciter, pour le Dandy d'Or, bravo.

Merci beaucoup, France.

On peut déplacer le bassin à faire pisser? Il gêne, là.

- Pas de problème, je me décale. - Ça s'appelle un pistolet,

quand on est poli.

- Vous allez mieux? - Qu'est-ce que ça peut vous foutre?

Mademoiselle, voulez-vous passer un petit coup d'éponge sur la table?

- Laissez, je vais le faire. - Je le fais. Ça me fait plaisir.

Je vais vous demander si la courtoisie est un mode de vie.

C'est formidable.

Tire-toi, toi.

Et voilà...

Elle est gentille, mais elle casse beaucoup.

- Elle est gentille. - Si on l'interviewait?

Ça peut être drôle: "Que pense sa femme de ménage du Dandy d'Or?"

- Non, c'est hors de question. - Pourquoi?

- Mais elle est trop timide. - Ah mais moi, je veux bien.

Je vous connais peu, mais y a des tas de choses à dire.

- Elle n'est pas timide! - Je ne suis pas d'accord.

- Ça serait très vivant. - Très.

Eh bien, je ne fais pas l'interview. Voilà, vous avez gagné.

C'est un branque. Y a qu'à regarder ce qu'il met sur les murs.

On improvise et ça donne de l'à-peu-près.

Pas d'à-peu-près. Je sais bien quoi dire.

Allons mettre ça au point.

- Combien pour vous taire? - T'inquiète, je m'en vais.

- Vous faites quoi? - Je le vole. Femme de ménage...

Justement, le Dandy d'Or!

- Jacques, un problème? - Ça va pas? Rendez-moi ça!

Frède, arrêtez la plaisanterie. Rendez-moi le Dandy!

Pourquoi vous m'avez fait ça? Je vous ai rien demandé.

J'en ai besoin. Après l'émission, je vous le donne.

- C'est quoi, ce tohu-bohu? - Rien, M. Chabot.

Ah, M. Belin. Qu'est-ce qui se passe?

C'est pour la télé!

- Donnez-moi ça! Donnez-moi ça! - Lâchez-moi.

- Vous vous êtes fait mal? - Non, je m'amuse.

- Faites voir. - Ne me touchez pas.

- Je l'ai pas fait exprès. - Laissez-moi là.

- Je tomberai pas plus bas. - Vous pouvez marcher?

Oh, la vache, je vous remonte là-haut.

Vous me direz quand ça passe.

Bougez pas, je vous remonte là-haut, voilà, c'est rien. Allons-y.

- Mon sac. - Oui, voilà.

C'est facile de jouer l'amnésique après m'avoir embarquée là-dedans!

- Je suis désolé. - Évidemment, c'est pas votre faute.

Et ta soirée chez ton pote, tu t'en souviens?

Le gros que t'as assommé à coup de queue de billard, tu te souviens?

Bulot!

- Pardon. - Quoi?

Merci.

- Vous avez encore eu un problème? - Non, pourquoi?

Attention.

Bougez pas, je vais vous chercher des glaçons.

On va pas y passer le réveillon, vous avez vu l'heure?

- Je t'emmerde! - Quoi? Vous avez entendu?

- Moi, j'arrête de bosser! - Ne nous énervons pas.

Arrête-toi.

Et prenez votre quart d'heure syndical.

- Je veux, qu'on le prend! - Viens, viens.

- On reprend, mais tout de suite. - Faites le clap, j'arrive.

- Il le fait exprès ou quoi? - Évidemment!

Bonjour, la journée.

- Allez, ça va être vite torché, va. - C'est le mot, oui.

Tu me cherches? J'aime pas les sous-entendus.

- T'as beau être "Beulin"... - Belin, Jacques Belin!

Et Jacques Belin, il t'emmerde! Il t'emmerde, Jacques Belin!

- Alors! - On fait l'interview!

- Guignol! - Pardon?

Prêts, prêts?

Bon, cinq, quatre...

Jacques Belin, est-ce que pour vous, la courtoisie...

Mais qu'est-ce qui se passe, dans ma vie? C'est pas vrai!

- Quoi encore? - J'ouvre l'eau.

Ça va pas de taper comme un sourd? Vous avez cassé le Dandy!

Vous m'avez pété le pied. Ça fait 1 partout.

- Non, c'est trop, là. Trop! - Je l'ai à peine touché.

Il faut être malade, pour serrer comme ça.

De toute façon, c'est de la camelote.

Mon pied a doublé de volume.

Vous avez vu?

Vous avez même pas regardé.

Ça vous intéresse pas, hein? Pas la peine.

Regardez-moi ça!

- Mais répondez, bon Dieu! - Décroche, Maurice!

Y a pas marqué standard ici, non?

Surtout que ma paire de bottes, n'en parlons pas: foutue.

Regardez, je mens pas.

J'ai ouvert au rasoir, tellement ça faisait mal.

- Putain de robinet. - Vous y arrivez pas?

Ça y est, c'est coupé, là?

Surtout que c'était un souvenir d'une copine, celle que je préférais.

- Hé, ça coule encore ou pas? - Non, c'est coupé.

- Ben dites-le. - Pas la peine de hurler.

Encore un pépin. Ils ont téléphoné pour arrêter le tournage.

Il paraît que ça vient de M. Bulot. Vous pensez bien que j'ai discuté.

- Il y a M. Ragain au téléphone. - Merci, France.

C'est la 1re fois que je vois une chose pareille.

Eh ben, voilà.

On y est.

C'est la facture qui arrive.

Ça va peut-être s'arranger. Des bagarres, j'en ai vu.

Des types prêts à se massacrer et le lendemain, c'est oublié.

Vous êtes gentille mais là, ce sera pas oublié.

Allez.

Allô?

Oui.

Bon.

Inutile que je présente mes excuses?

Non, non, je comprends. Je comprends, oui.

La semaine prochaine, c'est bien.

Et qui ils vont mettre à la place?

Ah, Mercier. C'est une bonne idée, Mercier.

Il est gentil. Oui, oui.

Écoute, quitte à être viré, je crois que je vais pas terminer la semaine.

Je sais, oui, c'est une rupture de contrat.

Je sais ce que ça veut dire. Voilà.

Salut.

Je suis désolée, je ne comprends pas ce qui a pu se passer.

Non, non, c'est pas grave.

Tout va bien. Tout va très bien. Je vous raccompagne, France?

Au fait, la femme de ménage, c'est pas trop grave?

Non, ça s'est arrangé aussi.

Il y a dû y avoir un malentendu. J'aurai le fin mot de l'histoire.

Je vous en prie.

Vous permettez que je vous embrasse?

Eh ben... Ça y est, il a sa crise!

Ils vous ont rien fait, ces trucs.

Qu'est-ce que vous en savez?

- Eh ben! - Attention aux éclats.

Si j'avais tout cassé chaque fois qu'on m'a virée, j'y serais encore.

Vous allez manquer de munitions.

Qu'est-ce que vous faites?

Je change de chaussures.

Je sais pas si vous êtes au courant, mes bottes ont beaucoup souffert.

Vous partez?

À votre avis?

Vous allez me laisser seul, comme un con?

Vous devez avoir l'habitude.

Frède.

Vous voulez pas rester?

Vous êtes gonflé vous, hein.

Elle supporte pas d'être seule, la vedette?

Si y a une vedette ici, faut le dire. Moi, j'en vois pas.

Ou alors petite.

Petite, petite.

Non, je voudrais que vous restiez parce que...

- Vous me faites du bien. - Moi, j'ai rien senti.

Pas longtemps, euh...

5 minutes.

C'est pas vrai, les bonshommes...

J'avais oublié combien ça tenait pas le coup.

Vous êtes gentille.

Je suis poire, ouais.

Écoutez, c'est pas la mort.

Il faut pas se laisser aller comme ça, hein?

Non. Vous avez raison.

On va arroser ça?

Quel chantier vous avez fait! C'était moche, mais quand même...

Jacques! Mais qu'est-ce que vous avez fabriqué encore?

Restez pas comme ça, vous allez vous couper. Il y a du verre.

Écoutez, vraiment!

Vous, les conneries, vous les collectionnez.

- Je voulais... - Putain, il est lourd!

Et c'est tombé.

- Je suis minable, j'arrive pas à... - Ça va s'arranger, écoutez.

Avec votre situation, vos relations, vous retrouverez du boulot.

C'est pas les propositions qui manquent.

Hier, j'ai encore refusé I'inauguration d'un Mammouth.

Serrez-moi fort, Frède.

C'est bien. Ça doit rapporter gros, un Mammouth. Dans les combien?

- 15, 20 000 balles. - 20 000 balles!

15 pour moi.

Plus les avantages.

J'avais 1 an de produits d'entretien gratuits.

Pourquoi vous avez refusé?

Là, il fallait être déguisé en boîte de cassoulet.

Y a des limites, quand même.

Vous êtes une fille bien, Frède.

- Arrêtez de me regarder comme ça. - Comment?

Avec vos yeux. Je sais pas, posez-les ailleurs.

Je vais pas vous faire un dessin, vous pouvez pas comprendre?

Vous savez...

Cette nuit, c'était super.

Laissez-moi.

- Pourquoi? - Je suis pas un Kleenex.

Pour vous, c'était comment, hier soir?

Si ça avait été nul, je serais pas là.

- Qu'est-ce qui vous prend? - Vous avez du café, regardez.

- Vous vous êtes assise dans le... - Oh dis donc, je me suis pas ratée.

- Vous voulez une brosse? - Non, ça va aller.

Il en a vu d'autres, hein.

J'ai mon train à prendre. Au revoir.

Vous avez le temps, pour votre train encore.

Oui, mais je préfère être en avance, pour pas le rater.

Vous savez ce que c'est, avec les trains.

Je sais, il suffit d'être en retard pour que le train soit déjà parti.

- À Metz, vous allez, c'est ça? - Oui, à Metz. Enfin, "Messe".

- Metz. - Metz.

- Au revoir. - Au revoir.

- Vous m'en voulez pas trop? - De quoi?

Je sais pas, d'hier soir, d'aujourd'hui...

- Les raisons ne manquent pas. - Pourquoi je vous en voudrais?

Vous êtes le type le plus gentil que j'aie rencontré.

- Il faut le dire vite. - Je le dis en prenant mon temps.

Vous êtes pas un salaud.

J'en ai connu, des salauds, vous êtes pas un salaud.

- Vous m'avez fait voyager une nuit. - Je vous ai pas emmenée loin.

C'est pas une question de distance.

J'avais pas approché un homme depuis 3 ans et...

Vous embrassez bien.

- C'était pas grand-chose, ça. - Si.

Les gens qui meurent de faim,

on leur donne pas un repas entier de suite.

Il faut les réhabituer doucement.

- Au revoir. - Au revoir.

Je pourrais avoir encore un peu de hors-d'oeuvre?

- Pardon? - Pour me réhabituer doucement.

À cette heure-ci, je vous offre le dessert.

Je crois que je vais y aller, maintenant.

Parce que vous savez, moi, les desserts, quand je commence...

je peux plus m'arrêter.

Ce serait pas raisonnable, hein?

Allô?

Écoute, Marlène, j'ai pas le temps, là.

Quoi? Non, tu la connais pas, c'est une amie.

J'en ai rien à foutre de ce qu'a dit Ragain.

OK, je suis un con. Tu m'appelles pour me dire ça. C'est bien.

Comment ça, une pute?

Et alors? Je suis bien sorti pendant 2 ans avec une conasse.

Et le mot "pute", tu devrais l'employer avec précaution.

Marlène, tu mérites même pas qu'elle te marche dedans, cette fille-là.

Et pourtant, ça lui porterait bonheur.

Oh, merde, putain!

Gare de l'Est, s'il vous plaît.

Stop, stop!

Ils sont parfaits

L'un pour l'autre

Ils sont parfaits

Ils sont parfaits

Toute la nuit

Il faut qu'ils se vautrent

Ils sont parfaits

Porto flip et Tequila

Alcool d'ambroisie, prune et calva

Un rhum, une vodka

Un verre de saké Et surtout du champagne

Quelques goulées de boukha

Un martini, un whisky Avec un peu de Perrier

Ils sont parfaits

L'un pour l'autre

Ils sont pas frais

Ils sont pas frais

Ils sont pas frais Ils sont glauques

Sous-titrage: Eclair Media

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