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["Les Avions", de Nuit sauvage]
♪ La nuit est chaude ♪
- [il chantonne] - ♪ Elle est sauvage ♪
♪ La nuit est belle ♪
♪ Pour ses otages ♪
♪ La nuit est chaude ♪
♪ Elle est sauvage ♪
♪ La nuit est belle ♪
♪ Pour ses otages ♪
[il fredonne]
Allez.
[cris au loin]
[musique intrigante]
[Lansky] Salut, la compagnie.
Johnny Lansky.
Luc Le Timal.
Tu m'as pas fait venir à minuit pour un ping-pong ?
Non. C'est juste que je suis inquiet, tu sais.
- Les affaires vont pas bien ? - Si, très bien.
Je suis inquiet pour toi.
On était d'accord sur 10 %.
Et tous mes dealers me disent que tu prends 20 %.
J'essaie de suivre l'inflation.
Tout augmente. Les clopes, la bouffe, l'essence.
Tu sais combien elle suce, ma 604 ?
Fais comme tout bon Français. Serre la ceinture.
Je crois pas, non.
Ça va m'énerver.
Et quand je suis nerveux, j'ai besoin de coffrer des petits trafiquants.
[musique menaçante]
[petit rire]
Joël, amène Marie-France chez tonton Teddy, s'il te plaît.
On se voit tout à l'heure. Réchauffe les draps.
Tu sais ce qui me manque le plus des Antilles ?
Non, vas-y, dis-moi.
C'est les dimanches après-midis en famille.
Les bons barbecues de mon père.
Et l'odeur du poulet grillé.
Tu vois, d'un coup, je me sens très nostalgique.
[musique menaçante]
[réveil]
["Cargo", de Axel Bauer]
Oh là là...
- [miaulement] - Oui, oui.
[la porte claque]
[sirène]
Les enfants, on dit bonjour à l'inspecteur Kastendeuch.
- Bonjour, monsieur. - Julien, arrête !
Écoutez l'inspecteur. Il est venu parler
des dangers de la drogue.
Bon, alors...
La drogue.
La mère à Virginie en prend.
- Patrick. - [tous] Oh !
La drogue, c'est pas drôle.
C'est de la merde !
La dope,
c'est une substance qui vous fait basculer
dans l'imbécillité, la connerie.
La bêtise.
Les tox, comme on les appelle,
sont des gens qui hurlent, le regard dans le vide.
Ils ont les yeux qui pillulent.
Ils se tapent la tête contre les murs parce qu'ils ont pas leur dose.
Ça va ?
Alors si je vois un de vous qui se met à en consommer,
il valse en taule avec les putes et les clochards.
- Avec les mendiants et les prostituées. - Oui.
- Chef. - Oui ?
(On a retrouvé Lansky.)
(Il est mort.)
[il referme la porte]
On se calme, les enfants.
S'il vous plaît. Arrête.
Excusez-moi.
Oh, putain.
Putain, putain,
putain, putain, putain, putain...
Je le crois pas.
[fracas]
- Mon Johnny... - Maîtresse ?
Il est en manque ?
- Je le crois pas ! - On sort.
On se lève en silence.
En silence ! S'il vous plaît.
[musique palpitante]
Écartez-vous.
Inspecteur.
[musique douce mélancolique]
Oh, putain.
Putain, mon Lansky.
Oh, les animaux.
[soupir]
Comment je vais faire sans toi, mon Johnny ?
Oh, putain ! Vous pouvez arrêter ?
Vous avez pas bloqué le vide-ordures ?
Arrêtez de jeter vos ordures ! C'est une scène de crime.
Oh ? Qui est mort ?
- C'est vous, le couscous ? - Ma femme en fait toujours trop.
On finit jamais. Désolé.
M. le carabinier, le tiramisu, c'est moi.
Je m'en fous.
- Sécurisez-moi Lansky. - Oui, chef.
- Allez, circulez, s'il vous plaît. - Messieurs dames.
[Jean-Louis] Il y aura un avant...
et un après
Johnny Lansky.
Johnny était un policier exceptionnel.
Il aimait fumer,
faire l'amour,
boire
et conduire vite.
C'était un flic.
- Un vrai. - Justice pour Lansky !
Ça va aller.
Justice pour Lansky...
Pierrot.
- [applaudissements] - Pour Lansky !
[tous] Pour Lansky !
[musique mélancolique]
- Salut, Martine. - Salut, Yvon.
Qu'est-ce que c'est, ce bordel ?
Excusez-moi, c'est quoi, ce bordel ?
Guilaine Reblot Bernard, enchantée. Ravie de...
Attends, cocotte. Tu fous quoi au bureau de Lansky ?
Officier Marfoud Lalaoui,
je suis là pour...
pour installer mon Minitel.
- J'ai besoin d'une prise RJ11. - RJ quoi ?
Une prise pour le téléphone.
Pas besoin de prise RJ11. Ça a toujours fonctionné.
- Mais... - Ce bureau est sacré.
Je...
Le commissaire vous a pas prévenu ?
On m'a rien dit. On communique plus.
[Roberto] Je suis à la bourre. Inspecteur.
Mes condoléances. Désolé.
Si tu veux du pathos, ce soir, y a La Boum avec Sophie Marceau.
J'ai déconné ?
- [Yvon] Bourillon ! - Non, pas du tout.
Roberto Torricelli.
Guilaine Reblot Bernard.
Reblot Bernard, ah, mazette ! Major de promo.
À ce qu'il paraît.
- Modeste. - Marfoud Lalaoui. Enchanté.
Dit la péritel.
- Écoute et communication, exactement. - Génial.
Roberto Torricelli, le caméléon.
- Enchantée. - Salem.
Salam .
Si tu veux. C'est pas grave.
C'est quoi, les squatteurs dans mon bureau ?
T'as pas vu mon fax ?
Je préfère les infos en direct. Tu le sais.
J'irai pas par quatre chemins.
Avec un policier mort,
j'ai le préfet et le ministre sur le dos,
et ton secteur est la plaque tournante
du trafic d'héroïne. - Pas plus qu'ailleurs.
Si. Le ministre veut une brigade spéciale,
alors j'ai pris les meilleurs.
On a une unité uniquement dédiée
à la lutte contre la drogue.
La Police Flash 80.
J'ai trouvé le nom.
Une poule, un électricien, un hippie. Belle brochette. Chapeau.
T'es à la tête de cette brigade.
C'est une carte d'inspecteur. C'est pas un diplôme du BAFA.
Entendons-nous bien.
Ça te fait pas chier, ces gosses qui claquent
à cause de cette saloperie ?
Enfin, Yvon...
Merde, quelle merde, la drogue.
Les gosses le voient pas, mais ils s'accrochent à de la saloperie.
Tu prêches un convaincu.
Quel fléau.
- C'est terrible. - Le truc, c'est que c'est addictif.
Évidemment. C'est mauvais.
Ils s'en rendent pas compte.
Le vrai problème,
c'est...
les dealers qui se...
- Bien sûr. - Si t'as compris ça, t'as tout compris.
La drogue...
La drogue, la drogue...
Ce sera sans moi, commissaire.
Je passe mon tour. Merci.
Attends, je t'augmente de 50 francs par mois.
Plus un chéquier de 12 tickets resto.
C'est pas pour les 5 sacs. Je le fais pour Lansky.
Ça, c'est mon Kastendeuch.
Il y a un palpitant là-dedans.
Vous en étiez où, de l'enquête sur l'héroïne ?
On va se tutoyer, j'ai l'impression d'être un vieux con.
Parce que j'ai fait un point sur vos rapports et...
petites notes.
Vous avez pas des procès-verbaux ? Des saisies ? Des photos ?
Avec Lansky,
on avait tout dans la tête. - C'est possible
de pas fumer pour mon asthme ?
Avec toute l'héroïne qui circule, il y a eu aucune arrestation ?
Oh, on baisse le chauffage, Guiloute.
- Guilaine. - Y a un patron.
Un coq dans un poulailler, pas deux.
Ça va ? Ici, c'est Yvon.
- Mais bien sûr... - Je veux mettre les points sur les i.
Guilaine, on me donne pas d'ordre. Au pire, on me transmet un souhait.
Je veux savoir par où vous voulez qu'on commence.
Tuer un inspecteur, c'est pas à la portée de tous.
Écoutez bien.
Alors...
On va boire un petit noir au troquet d'en face. Je régale.
- Ou on va à l'institut médico-légal. - C'est top.
On lance la balistique pour tracer l'arme.
Moi, je peux fouiller dans les relevés dermatoglyphiques
et analyser les photos anthropométriques.
Je m'incruste chez Lansky et je parle aux zin-voi.
- Chanmax. - Chef ?
Ben... ça me paraît cohérent.
Comme je fais chaque fois, on va attaquer sur la balistique.
Toi, tout ce qui est stockage d'anthropolocubi...
Le truc que t'avais expliqué.
Et ton infiltration.
Et moi, je chapeaute tout par-derrière.
Ah ! Salut, Yvon.
Ça va, Dominique ? Alors, le topo ?
Pas de trace de bagarre, pas d'hématome,
juste une brûlure 3e degré à l'occiput et un trou de balle.
Dans le front.
Quelle bande de chiens.
- Ça doit être douloureux pour vous. - J'ai pas de douleur.
Je veux dégueuler
et leur vider mon flingue dans les couilles.
- Quoi ? - Si on peut contrôler nos émotions,
parce que là... - Elles sont contrôlées.
C'est possible de pas fumer ?
C'est pas le moment.
Pardon.
Ciao, le boss.
Big bisou.
Houla ! Attendez.
Mais enfin...
Non.
- Attends, Guilaine. - Non.
Guilaine.
- En diagonale. - Voilà.
Voilà. Bon...
- Vous avez extrait la balle ? - Oui.
- Elle est là. - Montre ça.
- [Guilaine] Attention ! - Les charognards.
[Guilaine] Si on peut respecter la procédure...
Empreintes, gants. Pardon.
Faisons les choses dans l'ordre.
Alors...
Intéressant.
- Vous remarquez rien ? - Oui.
La main du meilleur flic de France.
Regardez sa manucure.
Il jouait de la clarinette ?
- [un téléphone sonne] - C'est assez luxueux.
C'est inattendu pour quelqu'un sur le terrain.
Je te trouve très suspicieuse et ça ne me plaît pas du tout.
Il y a une Guilaine ?
Merci.
Allô ?
Étienne ?
Je suis au travail. Dis-moi.
Elle pleure parce qu'elle a faim.
J'ai tiré mon lait, le biberon est dans le frigo.
Le frigidaire est dans la cuisine, Étienne.
Le grand rectangle blanc. Tu l'ouvres.
Il y a un biberon à l'intérieur. D'accord ? Bisous.
Bon, on avance ?
Chez Lansky, j'ai pas trouvé grand-chose.
- Ça m'étonne pas. - À part un acte de propriété.
Il a un garage à l'autre bout de Paname.
[musique new wave]
- [sifflement] - Mamma mia!
Il a dévalisé un Darty.
La vache, c'est une Fender. Ça coûte bonbon.
Il est normal, ce box.
Y a que des Pascal, là-dedans.
Y en a pour 10 que-pla.
C'est pratique, le liquide.
[Guilaine] Vous avez des œillères.
Lansky était un pourri.
- Il avait les mains sales. - ♪ Étienne, Étienne ♪
[Lansky] C'est ma petite panthère, ça.
J'adore tes fesses.
Oh !
[gémissements langoureux]
Je vais me faire un Pac-Man.
Fais-moi voir tes doigts de pieds.
Vous connaissez cette prostituée ?
C'est pas une prostituée.
C'est Chantal, ma femme.
Mon ex-femme.
C'est qui ?
- (C'est son ex-femme.) - C'est qui ?
C'est son ex-femme à l'écran. Là.
- C'est bien filmé. - J'ai son agenda, là.
Chantal. Chantal.
Chantal.
- J'ai un Titi les mardis. - Ça vous dit quelque chose ?
C'est le Thierry du bar où on a nos habitudes.
Très bien. Que savez-vous sur lui ?
Ses œufs-mayo, c'est du petit lait. Mais son café est dégueulasse.
[Guilaine] Bon, on y va ?
- C'est parti, mon Titi. - Je la prends comme pièce à conviction.
Pour le laboratoire.
Bonjour.
- Bonjour, bienvenue. - Bonjour, police.
Oh, mon Yvon !
- Le meilleur d'entre nous. - Ça va ?
On fait aller.
Un petit rouquin ?
Non, pas d'alcool. Mets-moi une bière.
Mimi, mets une mousse à Yvon.
Dites, Lansky voyait quelqu'un ici le mardi soir.
Vous confirmez ?
Non, ça me dit rien.
D'accord. Je peux utiliser votre téléphone ?
- Bien sûr, madame. - Merci.
Justement, pour Lansky, je suis désolé.
- Ça nous a foutu un coup. - Il s'est fait crever, that's life .
- Next . - Bonjour.
La brigade des débits de boissons ?
C'est pour une fermeture administrative.
- Quoi ? - Je suis dans un bar
qui emploie du personnel non déclaré.
Fous-leur la paix. On ferme les yeux sur ça
et on bouffe à l'œil. - Je pense à un an de fermeture.
D'accord.
Le mardi, Lansky avait rendez-vous avec un petit dealer.
Je le crois pas.
C'était qui ?
J'en sais rien...
Nordine Benbilouche.
Roberto, tu notes ? Où on peut le trouver ?
- La cité des Châtaigniers. - Châtaigniers ?
J'ai fait ma 5e à Christophe Colomb, je connais.
- Benbilouche ? - Benbilouche, oui.
On suit la procédure. J'appelle le procureur
et on l'interpelle demain. - ♪ Étienne, Étienne ♪
Chef ?
On verra ça demain. J'ai eu mon compte.
Vous pouvez pas partir.
- On va manger un bout. - Tout va bien, Marlouf.
- Merci. - [la musique continue]
Il en a pris plein la casquette, aujourd'hui.
[homme] Titi, mets plus fort !
[propos en arabe]
Vous êtes déjà là ?
- Depuis trois heures. - Ça ouvre si tôt ?
Le commissariat ferme jamais.
Ça va, Guilaine. Merci pour les commentaires.
[propos en arabe]
Vous parlez à qui ?
À ma maman.
[propos en arabe]
T'as du dentifrice sur le bec.
Je vais le faire, merci.
J'ai pas la gale.
L'équipe, on a les résultats de la balistique.
Hop. Page numéro uno .
Beretta 9 mm.
Retour de la balistique. Beretta 9 mm.
Moi aussi, j'ai les résultats d'analyse du box
de ton ancien collègue.
J'ai trouvé des traces de sécrétion...
Non, Marfoud... On verra ça plus tard.
[Yvon] Je suis pas en coton.
Termine, Marfoud.
Merci. J'ai des traces de sécrétions et de lubrifiant partout.
Il y en avait sur le canapé,
la télé, les murs. Côté véhicule,
on est sur un Peugeot 205 GTI.
Pareil, des traces partout.
Et leur endroit préféré,
c'est le capot. On est sur la grotte de Lascaux.
Fais gaffe, mets pas les mains.
Bon, je vous mets à l'aise tout de suite.
On va mener à bien cette enquête sur Lansky.
Quand je parle de Lansky, je parle du flic.
Du flic assassiné.
Pas de l'homme.
L'homme, je veux plus jamais en entendre parler.
J'ai été clair ?
- Compris. - Bien sûr.
On doit différencier l'homme de l'artiste.
Ta gueule.
L'important, c'est l'enquête.
Bingo !
On a le mandat d'arrêt pour Nordine Benbilouche.
[musique entraînante]
Marfoud !
Je crois que c'était là. Au 12. Ça a changé.
- Peut-être... Non, c'est au 13. - Merde !
Roberto ?
- Roberto Torticelli. - Putain !
- Franky ! - Toto.
- Toto le puceau, les gars ! - Toto la pute !
C'est des copains de la téci.
Ouais.
- T'es devenu flic ? - Oui.
Je suis keuf.
Tes parents ont toujours le pavillon ?
Oui, dans la zone.
- La zone ? - Il avait peur de rentrer à 14 h.
Roberto, on y va.
- Ouais, j'arrive. Les gars... - On s'est marré.
Tu te rappelles le trou derrière ?
Chez Mme Fouanard. On t'avait chié dessus.
- Roberto ! - Allez.
"Arrêtez de me chier dessus."
Les gars, on va y aller...
Franchement, ça fait plaisir de te voir. On est fiers.
- Merci, les gars. - Ta gueule.
- [Guilaine toque] - Police.
On est pas des témoins de Jéhovah, putain.
- [il frappe fort] - À toi.
- Police. - [un bébé pleure]
Bonjour, on vient voir Nordine.
- Il est pas là. - Si.
- Qu'y a-t-il ? - Où est Nordine ?
- [propos en arabe] - Où on peut le trouver ?
- On sait pas. - Arrête de le défendre.
Il traîne avec ses copains, les racailles du bar le Pactole.
[fracas]
C'est quoi que j'entends ?
- Non, il y a rien. - Il faut nous le dire.
- C'est son labo ? - Faut pas entrer.
- Faut pas entrer. - Ouvre !
- Monsieur... - Nordine !
T'es qui ?
C'est l'Aïd, monsieur.
Lâche ton couteau, Laïd.
- C'est l'Aïd ! - Je vais pas répéter.
C'est pas...
- [cris] - Non, Yvon !
- Bon. Voilà. - [bêlement]
- Yvon... - C'est pas Nordine, c'est Laïd.
Choukrane.
Ouais, sorry pour la porte et pour...
- [bêlement] - Merci beaucoup.
[Guilaine] Heureusement, l'imam a pas porté plainte.
[Yvon] J'entends, Guilaine,
mais je connais pas les us et coutumes de tout le monde.
Excuse-moi.
Il y a pas d'endroit pour préparer l'Aïd.
Je comprends, mais il y a des fondamentaux.
Un homme armé d'un couteau, c'est barquette.
Il prend.
♪ Déchaîne-toi sur ce beat addictif ♪
- Qui chante ? - Va te faire enculer.
- C'est le nom du groupe ! - Parle-moi meilleur.
- Mais... - N'importe quoi.
C'est pathétique. Ça marchera jamais, ce rap.
Sardou, ça, c'est un chanteur.
Voilà, c'est une énergie vivante.
Il a des paroles sensées
qui donnent envie de le suivre, d'être avec lui.
Mais pas contre lui. Je me fais comprendre ?
Quand j'écoute ta merde de rap,
j'ai tous envie de les dézinguer. De la pisse de chat.
- Regarde le Top 50. - C'est pas notre gars ?
Benbilouche.
C'est Nordine. Je m'en occupe.
Comment ça ?
Uraken dans sa gueule et suspendu dans le vide.
- Et le code de déontologie ? - Je me torche avec.
Oh, là...
- J'y vais. - Il connaît votre tête.
Oui, ça...
C'est mieux que Roberto s'en occupe.
Éventuellement.
On y va, Roberto ?
Tu vas l'avoir, ton flagrant délit.
[claquement de portière]
Ah... putain !
Je suis un tox... Pardon.
- Je suis un toxico. - Qu'est-ce qu'il fout ?
Ma came... Oh, je suis toxico.
Il entre dans le personnage.
Je suis défoncé.
C'est sa méthode.
Touche-moi pas.
- Salut, man. - Allez, casse-toi.
[rire grotesque]
T'as pas une dose ?
T'as vu ton état ? Je te file rien. Dégage.
- Juste un képa vite fait. - Non, y a rien.
Non, j'ai les ouss , man.
- Oh, OK... - Dégage.
- Casse-toi ! - Je suis en manque.
Dégage, barre-toi.
Je me casse.
Alors ?
Nickel. Il est tombé dedans. Il a cru que j'étais un toxico,
il m'a repoussé.
- Il a cru à une overdose. - Le maquillage est top.
Il t'a donné quoi ?
20 balles pour prendre une douche.
J'en sais assez.
Non, Yvon !
Police !
[musique new wave]
Faites gaffe, les poulets !
Rattrapez-le, je garde le van.
- Vas-y, Yvon ! - Nordine, arrête !
Renfort, derrière.
- Arrête, Nordine ! - [il peine à respirer]
Arrête !
Chef, non ! Non !
Je l'ai.
Arrête-toi !
Stop !
Bouge pas !
[Roberto] Yvon, il revient vers toi !
C'est bon, je le chope.
Lâche-moi !
J'arrive !
[Yvon] J'aurai ta peau, Benbilouche !
Parole de flic !
[Benbilouche] Aïe ! Aïe ! Aïe !
Nordine Benbilouche, vous êtes en état d'arrestation.
Il est là !
C'est bon, je l'ai. Arrête de bouger.
- Ça va, ton épaule ? - Il m'a pas loupée.
J'aurais aimé être là, mais fallait garder le camion.
- T'avais pas le choix. - Alors ?
Rien sur lui. Il a dû s'en débarrasser.
On bouffe un truc et on s'occupe de lui ?
J'ai fait des pâtes.
Réchauffe-les au micro-ondes.
Encore un truc à la Star Trek .
Mais non, c'est le futur.
T'ouvres, tu mets ton plat. 30 secondes, c'est chaud.
C'est si pratique.
On va chercher Nordine. On va au bureau.
Vous me le rappliquez à côté. Je bascule.
Tu l'as depuis quand ?
Deux mois. Je peux plus m'en séparer.
- Le soir, ça me sauve la vie. - Mais tu le mets jamais au max.
[explosion]
[Yvon] J'en étais sûr ! Il est où ?
Fini de faire semblant. T'es qui, au juste ?
Liban, Palestine ?
Tu refais la guerre d'Algérie ?
- C'est ça ? - Fallait pas mettre de métal dedans !
- Faut le dire avant. - J'ai oublié.
- J'ai eu très peur. - Je comprends.
C'est normal.
[musique intrigante]
Bon, elle vient d'où, cette héroïne ?
De quoi vous parlez ?
T'es bien dans la merde, Nordine. Trafic.
Meurtre de flic.
En plus, coupe-moi si je me trompe, on sait pertinemment
que tu voyais mon collègue Lansky.
Chez Titi, tous les mardis.
C'est vrai.
Pour des cours de hip-hop.
Tu veux que je t'apprenne le tango ?
Non, non ! Yvon !
- Arrête ton petit jeu. - On peut pas frapper les suspects.
Si tu veux danser, on va danser.
Je danse très bien, pour info.
Y a deux cons dans cette pièce, y en a un de trop.
Et c'est pas moi.
[un téléphone sonne]
Et c'est pas Guilaine.
Guilaine, téléphone.
On est en plein interrogatoire.
Ça a l'air important.
- J'arrive. - Téléphone.
Fais pas ton malin.
Reblot Bernard, j'écoute.
Si, là, tu me déranges énormément. Vas-y très, très vite.
Il s'est battu ?
- Guilaine, hé ! - Débrouille-toi.
Si t'es avec le directeur, voyez ensemble.
Punition ou renvoi, tranche.
Non, je suis pas énervée. Ah non, merde !
Arrête avec ça ! J'ai juste un boulot
un peu prenant, un bébé de 2 mois, un ado et un mari qui me demande
si je perds mon utérus. - Quoi ?
Le truc...
Je sais que c'est latin, mais...
Tu vas passer une bonne journée. Moi aussi,
mon minou. Oui, voilà. C'est bien.
Y a des soucis.
- Ça va, Guilaine ? - J'ai mes règles... je règle
des problèmes très familiaux. Bon, il a parlé ?
Je dirai rien.
Aïe !
Tu me fais chier.
Tu connaissais pas Lansky ? Je suis Anne Sinclair ?
- Guilaine ! - Ou Guy Lux ? On est à Intervilles ?
- [cris] - Je ressemble physiquement à Guy Lux ?
- Je sais pas c'est qui. - On dit pas "c'est qui" !
Ça, c'est de l'interrogatoire.
- [cris] - C'est bon.
On est pas au spectacle.
- C'est ça ? - Toc, toc, je passe une tête.
- Mon Lucky Luke ! - Lui-même.
- Comment ça va, mon Yvon ? - Écoute...
- Plutôt pas mal. - Plutôt pas mal ?
- T'as bonne mine. - Vous êtes qui ?
Je dérange ?
- Tu ne nous déranges jamais. - Si.
- Ben si. - Guilaine...
[Luc] Il a fait des bêtises ?
- Il a fait des bêtises, non ? - Pardon,
vous êtes qui ?
Inspecteur Reblot Bernard, Luc Le Timal. Le patron de la MJC.
Ex-champion de ping-pong. Il fait beaucoup pour les jeunes.
Pour les sorties, le soutien scolaire.
Des mecs comme ça, il nous en manque.
Ce sont des cœurs en or qui sont dans le dévouement.
Dans le donner, voilà.
Je te remercie.
Le plus grave, c'est que t'as beau tout donner...
Cette jeunesse,
tu leur donnes des sorties à la patinoire,
des places au cinéma, des ateliers peinture,
ils sombrent dans la délinquance.
- Luc, c'est la jeunesse d'aujourd'hui. - T'as raison.
- C'est la jeunesse. - T'as raison.
On a pas eu cette chance.
Si je m'écoute, c'est "paf" dans sa gueule.
Mais personne fait ça. "Paf" dans sa gueule...
Elle a raison. Cette jeunesse mérite des coups de pied au derrière,
mais c'est un bon jeune.
Je sais qu'il va retrouver le droit chemin.
Hein, Nordine ? Tu vas retrouver le droit chemin ?
Oui.
On est dans un commissariat. En interrogatoire.
Oui.
Oui, c'est pas confo.
Je comprends. Je suis très boulot aussi.
- Mais avant de partir, je... - Je t'écoute.
- C'est pas vrai ! - C'est des tracts.
On fait une rentrée solidaire pour les gosses. Une kermesse.
Des animations, une bonne ambiance.
Vous êtes tous les bienvenus.
[Yvon] Le rendez-vous est fixé.
Voilà, plein de bisous. Nordine, à bientôt.
- Ciao, Lucky Luke. - Coucou, Martine.
J'adore ce mec.
Poh !
Si je pouvais, j'aimerais bien être lui.
Allez, Nordine.
Fous le camp.
Quoi ?
Oui, on a rien sur lui, alors on le libère.
- Bah... - Vas-y.
Faut m'expliquer.
(Fais-moi confiance.)
Attends, il me dit "sans capote"...
[musique intrigante]
Mon lapin ! Viens me voir.
Regarde, il monte chez Christelle.
Qu'est-ce qu'il va faire ?
Il a été tirer son coup. C'est une prostituée.
On fait pas du tricot.
21h45. Le suspect est entré chez...
une dénommée Christelle. Prostituée de son état.
Regarde-le, voilà. Il est de retour.
Il s'est bien fait plaisir.
Non, Yvon. Il a pas eu le temps de faire l'amour.
Bon, Roberto, tu vas aller filocher.
- Je vais auditionner Christelle. - Dacodac.
Mets-lui un micro.
Pourquoi ?
Le dossier est vide, il nous faut des preuves.
Allez, Yvon. Dépêche-toi ! On est pas prêts.
Vite, vite ! On va le perdre.
- On est pas chez les Amerloques. - Bien.
Vas-y, vas-y.
[coups à la porte]
Yvon chaton.
- Ça va, Christelle ? - Ça bosse.
Dis donc, c'est la première fois que je viens ici.
Alors ?
Je viens juste te parler.
Tu veux t'endormir sur mes seins comme d'habitude ?
Hop, hop, hop, rhabille-toi.
Je viens t'interroger. Te parler.
- Simplement ça. - Tu veux
me regarder faire pipi ?
Christelle ! Tu dis...
Tu prends des drogues ou...
Excuse-moi, mais je suis pas venu te faire grimper au 7e ciel
avec mon engin surdimensionné.
- Tu parles de qui, là ? - Ça suffit.
Y a un dealer qui vient de monter.
Qu'est-ce qu'il te voulait ?
- C'est bien. - J'ai rien fait, je te jure.
- Je suis qu'une pute. - Je suis qu'un flic.
- Ça fait pas avancer le schmilblick. - Je t'attache au lit ?
T'avais aimé.
- Ça suffit. - Il fait quoi ?
Et la cire sur le cul ?
S'il te plaît.
- T'aimais bien. - Qui cherche trouve.
Ah, bah voilà !
Et ça, c'est quoi ?
Du sel de Guérande ?
Yvon, c'est dur en ce moment.
C'est pour arrondir les fins de mois, c'est tout.
- Chaton, s'il te plaît. - [soupir]
Non, non !
- Quoi ? - J'ai perdu le signal.
OK, je suis nourrice, mais c'est tout. Je te jure.
- C'est qui, le grossiste ? - Je sais pas.
J'en sais rien. Je récupère les paquets au Fiesta Fiesta et je les stocke
pour des dealers. - La discothèque ?
Ouais. J'y vais la journée quand il y a personne.
Fais attention à toi, Christelle.
Ces mecs-là font pas de cadeau.
- Oui. - Je compte sur toi.
Tu vaux mieux que ça.
Je vais y aller.
- C'est bon. - Désolé d'avoir cru que tu trafiquais.
Visiblement, il n'en est rien.
Tu es et demeures innocente.
- Je m'en doutais. - Quoi ?
Au revoir.
À tout bientôt.
Pas vraiment d'infos intéressantes.
[ensemble] Si, quand même !
Au niveau de la filoche, on en est où ?
Alors...
J'ai quitté le van, je l'ai suivi
sur la rue. On a déboulé sur le boulevard... non, une avenue.
Je me relis mal. Il s'est assis seul.
Aucune interaction, il a fumé.
Va à l'essentiel.
On est arrivés dans une impasse.
Je l'ai vu entrer dans une discothèque...
- Le Fiesta Fiesta. - Le Fiesta Fiesta.
- Comment vous savez ? - Question de feeling.
J'espère que vous avez rien prévu ce soir.
Je dîne avec ma mère.
- Tu vas lui dire non, à ta maman. - Je peux pas.
Comment ça ? Je vais l'appeler, c'est tout.
Comment elle s'appelle ?
Khadija Fatima Ben Youssef Lalaoui.
Bah... tu vas l'appeler, toi, et lui dire que tu bosses ce soir.
C'est un ordre du patron. Pas négociable.
Tu veux que j'appelle avec toi ?
- Je veux bien. Je l'appelle pas seul. - Voilà.
Très bien, appelez-la ensemble.
- [Guilaine] T'as ton appareil, Marfoud ? - Affirmatif.
[Guilaine] Bon, Yvon.
Je suis prêt.
Non, mais c'est juste Yvon et moi.
- Ah bon ? - Oui.
Ah, c'est dommage.
Vous surveillez les entrées et les sorties.
Si vous voyez quelque chose de louche, vous mitraillez.
OK. Merde !
À toute.
Allez, on ouvre l'œil.
["Paris Latino", de Bandolero]
Quelle génération dégénérée !
Je sais pas ce qui me retient d'en taper un.
Deux côtes du Rhône.
On a pas ça ici.
Eh ben, deux scotchs.
- Deux scotchs. - Sans glace, si tu as.
Merci, chef.
Non, Yvon.
Yvon, regarde les deux types.
Les frères Caveglia. Les dealers marseillais.
Putain.
[musique intrigante]
Oh ! Ça alors !
Yvon Kastendeuch ?
M. Luc Le Timal. Qu'est-ce que tu fous ici ?
Je te repose la question.
On est en pleine enquête.
On boit un verre entre collègues. Ça fait du bien.
Oui.
Et vous ?
On... On fête l'anniversaire de Boris.
- Hein, Boris ? - Anniversaire ?
- Incroyable. - Ah !
Joyeux anniversaire.
- Anniversaire ? - Tais-toi. C'est sympa, ici.
Ça gagne bien, patron de MJC.
C'est du chinchilla ?
Non, ma grand-mère me l'a prêté.
- Mon chéri... - Non, non, madame.
S'il vous plaît.
Le consentement, ça vous dit quelque chose ?
Les gens qui tiennent pas l'alcool, c'est un fléau.
- Champagne, comme d'habitude ? - [fracas]
[musique dansante]
Je dois y aller. Je dois m'occuper des petites terreurs demain.
Une petite danse avant de partir ?
Ça ne se refuse pas.
Avec plaisir.
[DJ] Tout le monde sur la piste.
(Viens là.)
Je le fouille, lâche pas les Marseillais.
- T'inquiète. - OK ?
- On y va ? - Oui.
[Kolé séré, de Philippe Lavil & Jocelyne Béroard]
- Oh ! - [elle rit]
On apprend le zouk en école de police ?
Je me débrouille en corps-à-corps.
Mais je peux m'écarter.
Non, surtout pas. Ça me rendrait trop triste.
Ouh !
J'ai une collection de disques de zouk.
On pourrait rentrer se faire une écoute.
Oh.
Intéressant, mais avec mon mari, on est plus salsa.
Ah, je vois !
Mais c'est bon de franchir les limites.
Mais justement. Mon métier,
c'est d'arrêter ceux qui franchissent les limites.
Vous n'êtes pas de ce genre-là.
Non !
Oh, tactile.
Vous savez, Guilaine, je ne suis qu'un directeur de MJC.
Ils vont baiser.
Anniversaire.
Non, je dis... boum boum. Eux deux.
Minia zavout Chuck Boris.
Ouais.
Tout le monde.
Si on arrêtait de tourner autour du pot ?
Doucement, M. Le Timal.
- Oh ! - Mme Reblot Bernard.
Avec l'ISO 400, j'ai un très beau floutage.
Vous avez pas vu deux types, blousons en cuir noir ?
Non.
Vous faites quoi ?
Marfoud me montre son tos-ma.
Tos-ma ? Personne parle comme ça !
Je comprends rien à ce que tu dis.
Tu danses plus ?
Tu devais surveiller les Marseillais pendant la fouille.
C'était de la fouille ? Sorry , mais...
Mais enlève la merde que t'as dans les yeux.
Tu vois pas qu'il est pas clair ?
Comme par hasard, son jeune deale et il est dans une boîte
avec deux dealers marseillais. - Tu vas redescendre de deux tons.
- T'as compris ? - Pardon ?
Luc, c'est un super mec.
T'es en train de le pourrir parce que t'aimes pas les Blacks.
Les Blacks. T'aimes pas les Blacks ! Black and white !
Mais t'es le pire flic que j'aie jamais vu.
Tu peux répéter ?
- T'es le pire flic que j'aie jamais vu. - Hé, l'équipe.
On est pas obligés de s'énerver.
- Toi, ta gueule. - Guilaine, t'es plus maligne.
Il a raison. Ta gueule.
Y a plus de bonhomme ni de bonne femme.
Juste deux flics en total désaccord. On va régler ça.
Quand tu veux.
- Maintenant. - Très bien.
[un homme] J'en ai marre !
- J'ai pas de problème. - [Roberto] Je me casse !
Allez.
Vas-y, viens.
- Frappe. Cogne ! - Viens !
Qu'est-ce que tu fais ?
- Il est bourré comme un coing. - Qu'est-ce qu'il y a ?
T'es pathétique.
Je me réveille dans 3 h et je perds mon temps avec un guignol.
Putain !
Je prends le van, démerdez-vous. Pousse-toi.
Guilaine, le van ne bouge pas.
Tu vas voir s'il bouge pas !
T'as pas de couilles, Guilaine !
T'as pas de couilles !
Comment je fais ? Il y a plus de RER.
J'habite tout près. On va dormir à deux.
Non, te dérange pas. Je vais prendre un taxi.
T'inquiète !
Si ça me "dérangerait", je te le dirais.
Viens, viens.
- T'es sûr ? - Je te dis que ça me fait plaisir.
On est des collègues.
T'as un canapé ?
Non, mais j'ai un lit une place. On va se serrer.
- Ah oui ? Attention. - C'est la rampe.
Comment ils ont su pour la boîte ?
Je te jure que j'ai rien dit du tout.
T'as rien dit, Nordine ?
Tu me connais. Jamais je parle.
Joël, tu veux bien amener Pénélope chez tonton Teddy ?
On se voit tout à l'heure, doudou.
Réchauffe bien les draps.
Tu sais ce qui me manque le plus des Antilles ?
C'est les ambiances du dimanche après-midi.
Les barbecues de mon père.
Tu veux me griller comme un poulet ?
Pas du tout. Tu me laisses finir ma phrase ?
Les ambiances...
Et merde, je suis plus dedans. Pourquoi tu parles ?
- Pardon. - Tais-toi !
Et toi, sois dans le rythme ! Allume !
- Pardon. - Range ça.
Nordine Benbilouche
n'aime pas les barbecues. On va passer à autre chose.
On fait une partie en 11 points.
Si je gagne, je te tue.
Si je perds, je te tue pas.
[Boris] Allez, patron !
- Je vais chercher la balle aussi ? - Pardon.
Tu sers à quoi ?
- Oui ! Oui ! - 11 à 0.
Victoire... Nordine.
Bravo, Nordine.
T'as mérité de vivre.
Mais je veux plus te voir.
T'es tricard dans le quartier.
T'es de quel bled ?
Maroc.
Voilà, tu retournes au Maroc. C'est beau, le Maroc.
- Très joli. - Tu retournes...
- À Assilah. - Super.
C'est dans les montagnes du Rif.
Retourne dans tes montagnes. Marie-toi, ouvre un business.
- [Boris] Business . - Mais que je revoie plus ta gueule.
File.
Montagnes du Rif... Il va bien se faire chier, là-bas.
- Notre suspect, c'est Luc Le Timal. - Luc Le Timal.
Qu'est-ce que vous racontez ? Luc, c'est un héros !
On pense qu'il est lié au trafic et à Lansky.
Vous pensez, très bien. J'ai besoin de preuves. De certitudes.
- Pas de pensées. - On a des clichés.
C'est qui, ça ?
Regardez la dégaine, on est loin d'un directeur de MJC.
Chez ces gens-là,
c'est normal de porter des tenues extravagantes.
C'est dans leur culture.
Là, ce sont deux frères connus pour trafic de drogue !
- C'est flou. - La lumière est pas bonne.
- Commissaire ! - Oui, bah...
- J'ai des photos floues et... - [cris]
- Marfoud ! - Maman ?
T'es pas rentré hier soir. On t'a attendu avec Najet.
Najet, j'ai oublié !
- T'étais où ? - Il a dormi avec moi.
- Fallait pas dire ça... - Avec un homme ?
- [propos en arabe] - Non...
[cris horrifiés]
C'est mon patron !
- Ah, Yvon ? - Oui.
M. Yvon ?
- C'est ça. - Enchantée.
Tu lui as dit que tu te mariais ?
Tu te maries ?
- C'est pas sûr. - Comment ça ?
- Te marie pas. - Najet te plaît pas ?
- C'est pas ça... - Tu l'aimes pas ?
[propos en arabe]
Je suis mitigé... C'est pas l'endroit.
Madame, Najet, c'est bien, mais on enquête.
- [propos en arabe] - Elle fait quoi ?
- Mais ça va pas ? - Non !
[cris mêlés]
Emmenez votre maman ! Ça suffit.
[cris en arabe]
- Calme ta maman. - Je la calme.
Bon, écoutez-moi bien.
L'enquête sur Le Timal, c'est terminé.
Vous me coffrez du toxico, du délinquant, je veux du chiffre !
Toi, tu dis rien ?
Par rapport à ?
C'est la première fois que je désobéis au commissaire.
J'espère que ton intuition est bonne, Guiloute.
Je suis sûre de moi, Yvon.
- Fais-moi confiance. - C'est un modèle plus compact.
T'as le micro.
- On va te parler dans le casque. - OK. Allez !
Prends ce qui te paraît louche dans le bureau du Timal.
- Allez, ça va aller. - Ça va aller.
♪ Je viens pas d'un quartier mais d'un tier-quar ♪
♪ Alors s'il te plaît, mets-toi à l'écart Je débarque ♪
♪ Je suis un jeune de cité ♪
Peut-être, fais pas de personnage.
- Tu passes inaperçu. - 3615 confiance.
La rue, la zone, je la connais.
Oui, ça va, hé !
Monsieur la zone, la rue... On te faisait caca dessus.
- Yvon ! - Je me casse.
[Guilaine] Franchement, c'était pas nécessaire.
[Yvon] On peut plus rien dire.
Allez.
Allez, rentre.
- Oh là là, il est nul. - Même les portes, il y arrive pas.
- Atelier bande dessinée à 14 h. - Yo.
T'as pas l'air dans tes baskets.
T'es nouveau ?
- Ziva. - Roberto, ça va ?
- Qu'est-ce qui se passe ? - Je zone.
Je cherche des cours de break, de guitare.
- Du break, pour canaliser ta violence ? - Ouais.
T'as pas le temps, ça t'intéresse pas.
T'as pas le temps. J'ai pas le temps.
Dis "je".
- Ça m'intéresse pas. - Quoi ?
Je comprends pas. Oui ou non ?
Faut que t'y ailles.
- Faut que j'y aille. - Faut que t'embraies.
- Merci, Guilaine. - Bien, c'est parfait.
Tu t'en es bien sorti. Continue.
- Je suis dans un escalier. - Prends pas de risques inutiles.
Laisse le petit, fais-lui confiance.
Moi, je lui fais confiance. Oui, Roberto,
tout va bien, suis ton instinct. Et vas-y.
Piano. Chi va piano va sano.
- Je peux pas le dire autrement. - Merci, Yvon.
Piano, piano.
[musique mystérieuse]
- OK, je suis dans le bureau. - Super, c'est top.
Il s'emmerde pas, le mec.
Qu'est-ce que tu vois ?
- D'accord. - Quoi ?
Des relevés de compte.
Factures de livraison.
Oh ! Il a une SCI familiale avec 3 millions de francs.
- Oh putain ! - Parfait.
Tu nous envoies ça ?
Euh...
Je vous envoie ça. Il a le dernier fax de Panasonic.
Attends, le dernier ? Le G2 ?
- Le G3. - Putain.
C'est 5 feuilles par minute. Incroyable.
[ronronnement du fax]
Au niveau du poignet, j'ai perdu ma fluidité.
Tactiquement, j'avais pris le dessus.
[ronronnement du fax]
[bip]
[musique intrigante]
C'est bon, on a ce qu'il faut.
- J'ai presque fini. - Non, reviens.
Sors, Roberto.
[bips]
J'étais... C'est pas là, le cours de break ?
- Tu le connais ? - Moi, pas connaître.
- Je suis un jeune en galère. - On t'a jamais vu.
Je suis d'une autre téci.
Qu'est-ce que tu fous avec un walkman ?
- J'écoute de la musique. - Ouais ?
Pourquoi y a pas de musique ?
- Pourquoi ? - Parce que je...
j'ai mis pause. - Mets play , alors.
J'entends rien. S'il y a pas de musique dans 3 secondes,
tu le plombes.
Un.
Deux.
♪ Terre brûlée au vent ♪
♪ Des landes de pierre autour ♪
♪ Des lacs, c'est pour les vivants ♪
♪ Un peu ♪
♪ D'enfer, le Connemara ♪
T'écoutes Michel Sardou, toi ?
- ♪ Des nuages noirs ♪ - Oui.
[ensemble] ♪ Qui viennent du nord ♪
♪ Colorent la terre, les lacs, les rivières ♪
♪ C'est le décor du Connemara ♪
Avec Dalida ?
- ♪ On y vit encore au temps des Gaels ♪ - Oui.
- C'est Dalida ? - Ouais.
♪ Et du soleil au pas des chevaux ♪
♪ On y croit encore aux monstres des lacs ♪
♪ Qu'on voit nager certains soirs d'été et replonger ♪
♪ Pour l'éternité ♪
♪ On y voit encore des hommes d'ailleurs ♪
Il est bon.
♪ Le repos de l'âme et pour le cœur, un goût de meilleur ♪
♪ L'on y croit encore que le jour viendra, il est tout près, où les Irlandais ♪
♪ Feront la paix autour de la Croix ♪
♪ Là-bas ♪
♪ Au Connemara... ♪
♪ On sait le prix de la guerre ♪
♪ Là-bas au Connemara ♪
♪ On n'accepte pas ♪
♪ La paix des Gallois ♪
♪ Ni celle des rois ♪
♪ D'Angleterre ♪
Oh, putain.
Ça... Il est bon, le Michel.
Traîne plus dans mon bureau ou je te bute.
Il m'a pris, l'enculé.
Alors, là, Yvon...
Je pensais pas dire ça un jour, mais... Tu nous as sauvés.
- [il souffle] - Merci.
C'était moins une.
Oh, purée. Et j'ai un super scoop.
L'homme de main de Le Timal...
Il m'a pointé en pleine face avec son pétard
et je vous le donne en mille.
Un Beretta 9 mm.
Sacré flingue. C'est le Sardou des pétards.
C'est l'arme qui a tué Lansky.
[Guilaine] Ben oui.
Évidemment.
Police !
Bouge pas !
Laissez-le-moi.
Attends, attends ! Je l'ai !
Yvon, pousse-toi !
Yvon ! Poussez-vous.
Je l'ai !
Yvon, c'était pas ça, le plan.
- Il veut se le faire tout seul. - On sert à quoi ?
Protège avec le coude ! La nuque !
J'y vais !
- Aïe ! - Ça va ?
- Mon nez. - On mettra de la glace.
Tu crois quoi ? Viens.
[Guilaine] Allez, Yvon.
- Tu te le fais ou quoi ? - Problème de souplesse.
[craquement]
Sale tueur de flic !
C'est bon, Yvon. On arrête, on l'a.
L'enfoiré, il fait une clé de bras.
Oh !
Je suis dans son oignon.
- Hé, Boris ! - Guilaine...
Il fait moins son malin.
- J'ai envie de dégueuler. - C'est normal.
- Cet enfoiré a buté Lansky. - T'as pas compris.
J'avais mon pif à 2 cm de sa caisse à outils.
Tu sais pas ce que c'est, un pyjama ?
Regardez ce que j'ai trouvé.
Y en a pour 100 plaques.
Et j'ai trouvé son arme.
[Guilaine] T'as tué Lansky.
Tuer un flic, c'est perpète. Tu vas laisser Le Timal s'en sortir ?
- Moi fermer clapet. - Hé, grand.
J'espère que t'aimes la soupe, tu vas en bouffer.
Ma 504 break !
C'est mort pour le bled, là.
Là, il est mort de chez mort.
[il rit]
["À la queue leu leu", de La Bande à Basile]
- Pardon. Reblot Bernard ? - Non, merci.
Vous n'avez pas traîné pour boucler l'affaire. Bravo.
Comme d'habitude, commissaire.
On a rien bouclé du tout, on a perdu un témoin.
Mais on va pas se plaindre. Un tueur de flic en moins.
- On aurait pu remonter jusqu'au boss. - Vous l'avez tué, le boss.
Réjouissez-vous.
Ceci dit... Guilaine a raison. Ça vaut la peine de creuser.
Il faut enquêter sur Le Timal.
Ah non ! Vous le laissez tranquille.
Il va rendre heureux plein de gosses
avec sa kermesse.
Il sort les jeunes de la drogue. C'est bien.
Vous avez bien travaillé, reposez-vous.
Bravo. Allez, santé à tous. Bravo.
Putain.
Quoi ?
Viens avec moi.
- Putain de putain, évidemment. - Quoi ?
Évidemment ! Marfoud et Roberto, venez.
C'est là qu'il va écouler sa drogue.
- En plein carnaval ? - Oui.
- C'est porte nawak. - Plus c'est gros, plus ça passe.
Lansky disait ça.
- Faut prévenir le commissaire. - Attends.
On agit hors procédure. D'accord ? Ça va être ma sauce.
- Qui en est ? - Moi.
À donf.
Ouais, ouais, carrément. Je...
J'ai des trucs à régler,
mais si besoin... - Je vais être honnête.
J'ai pas compris ce que disait ta mère, mais il y a un point où je suis d'accord
et c'est que quand on prend une décision, c'est oui ou non.
Et ici, c'est oui ou non.
Cette décision aura une incidence sur toute ta vie de flic.
Sur toute ta vie de flic.
Toute ta vie de flic !
- Ta vie de flic, Marfoud. - T'as raison, Yvon.
Je suis avec toi. Je suis avec vous.
Je suis avec vous, l'équipe.
Et je vais pas me marier. Je connais pas Najet.
Je l'ai jamais vue de ma vie !
Je prends mon appartement seul.
Sans mes parents. Je ferai ce que je veux !
Le matin, je mange ce que je veux. Si je veux du Nutella,
j'en mange. - Exactement.
Je vais me mettre rapta matin, midi et soir.
Si j'ai envie de me branler, je me branlerai !
Marfoud, ce n'est pas nécessaire.
Tu t'emballes à outrance. Tu quittes le navire.
- Oui. - Excusez-moi.
- Ça fait du bien. - Mais j'aime ta motivation
et je te dis welcome dans l'opération Carnaval.
Alors Luc Le Timal,
ne bouge pas, on arrive.
[musique entraînante]
Butternut pour Framboise, t'as vu un truc ?
Framboise pour Butternut. Rien en vue. Ni dealer ni drogue.
Ici Ananas, pareil de mon côté.
Aubergine, t'es en position ?
Ça va, j'arrive. Vous me gonflez avec vos légumes.
- J'ai pas fait flic pour ça. - Écoutez,
on avait pas le choix. - [cris]
Putain !
Oh là... Butternut pour Aubergine, ça va ?
Putain ! Je me suis fait le coccyx.
Quelle belle journée !
Ils vont donner les cadeaux.
- [acclamations] - On se régale.
Merci à Mme Bratni pour ce couscous.
C'est un couscous exquis.
J'oublie pas Paulin, qui nous a ramené les boissons
grâce à ses remises
chez Franprix. Merci Paulin !
- Hé, Le Timal ! - Djibril !
- Nique ta mère ! - C'est pas vrai !
On les adore, mais des vraies canailles.
Prends ça ! C'est pas bon, les aubergines.
Bordel, je me fais avoiner par un gamin.
On reste calme, Aubergine.
Mais dégage !
Dégage ! Connard.
Papa !
Je vais appeler tous nos petits loulous sur scène
à venir chercher leur kit de fournitures scolaires.
[acclamations]
- Ça va ? - Non, je me suis niqué le dos.
Allez, notre Gaulois, Kader, va nous présenter tout ça.
Putain, les cartables.
Ils les préparaient à la MJC.
Magnifique.
Les frères Caveglia prennent les cadeaux.
Dans le public, il y a Loulou Molinari.
Le parrain du Nord.
Et Maurice le Lyonnais.
Ça sent pas bon.
Feu vert. On l'interpelle.
On devrait en vérifier un avant.
- J'ai dit "feu vert" ! - Yvon !
On aime ça.
Sale Gaulois !
[la foule] Oh !
[Luc] Elle fait quoi, la betterave ?
- Ça va pas ? - C'est à moi.
Lâche ça !
Non, non !
Samira !
Ah !
Police ! Luc Le Timal, je vous arrête
pour abus de biens sociaux et trafic de stupéfiants.
Vous faites quoi, Reblot Bernard ?
Regardez ce qu'il file aux gosses, Le Timal.
Voilà !
Voilà quoi ?
C'est des fournitures scolaires pour les enfants.
C'est pas possible.
Kastendeuch.
Vous êtes taré ? Reblot Bernard, laissez-le.
- Mais commissaire... - Dégagez !
Alors c'est ça ? C'est ça ?
Yannick Noah a gagné Roland-Garros,
Marius Trésor en équipe de France... Ça suffit pas.
Vous voyez le scandale ?
Un Noir sera toujours un dealer.
Je vais avoir le préfet au cul.
Il nous enfume !
Je vais vous dire.
Vous êtes tous suspendus. Ça vous apprendra à désobéir.
- Mais... - Donnez ça à vos gosses.
- Ça me fait plaisir. - Qu'est-ce que je dois faire
pour que ce pays, mon pays, nous aime ? Dites-moi !
Dites-moi ! Quelqu'un sait ?
[larsen]
Tu sais, Guilaine... Faut pas te laisser abattre.
T'as encore une longue carrière devant toi.
Ça arrive de foirer.
Pardon ?
Ça arrive à tout le monde de foirer.
- Mais tu te prends pour qui, Yvon ? - Quoi ?
C'est ton impulsivité à la con qui a tout fait merder.
Je savais que ça finirait comme ça. T'es pas professionnelle.
Quoi ? Moi, je suis pas professionnelle ?
- Non, t'es pas professionnelle. - Toi, tu l'es ?
- Oui. - T'es professionnel ?
Je suis ton supérieur.
- Parle autrement. - Réponds-moi !
Tu te calmes !
C'est moi, la professionnelle.
À quel moment tu l'as été ?
- Tous les jours ! - Visiblement,
ça ne se voit pas. Sinon, on n'en serait pas là.
Mais t'es qui, toi ?
Yvon Kastendeuch ! Professionnel.
- Tu mens. - Depuis le temps...
- Tu n'es pas professionnel. - Si !
- C'est moi, la professionnelle. - Je dois le dire comment ?
- Tu ne l'es pas. - Je suis professionnel.
["Pas toi", de Jean-Jacques Goldman]
Hé, Kastendeuch !
- Appuie sur le champignon, Gilou ! - Ça va !
- Ça va ? - Ça va.
Ça fait quoi de se prendre une bastos ?
- Ça chatouille. - [rires]
C'est un solide, Yvon.
Ça bouge pas.
Un chêne.
Un bouleau.
Comment c'est, le pin ?
Un sapin.
Un gros sapin.
Avec les belles épines.
- Faut pas exagérer. - Non.
- Le héros s'appelle Luc Le Timal. - Putain.
On ne parle que de galère et de délinquance,
alors que cette jeunesse, ça n'est pas que ça.
Regardez-le.
Bonjour, madame. Je vais vous aider.
- C'est gentil. - C'est normal.
C'est un médiateur précieux auprès des habitants.
On en a marre des dealers.
- On en a marre ! - Que fait la police ?
Dans 30 piges, ils seront peinards sur des chaises dans les halls,
à vendre leur drogue au vu de tous ? Ils mettront des surveillants
dans la cité au cas où la flicaille arrive ?
- Vous notez quoi, vous ? - Rien.
[journaliste] Modèle de citoyen selon les mots du président,
son action a déjà sauvé de nombreux jeunes de la rue.
Massimo, Jelali. Hein, les garnements ?
Toujours en retard ! Toujours les mêmes.
Pour tout ça, on vous dit "merci", M. Luc Le Timal.
S'il croit s'en tirer comme ça... On reprend l'enquête.
Faut te soigner d'abord.
Sur 30 ans, j'en ai vu d'autres. Un Ovomaltine et c'est reparti.
[fracas]
[sonnette]
- Bonsoir. - Bonsoir.
- Guigui ! Regarde qui j'ai trouvé. - Quoi ?
Les collègues.
Ça va, ma Guiloute ?
- Bonjour, Guilaine. - T'es déjà sorti ?
Ouais, ils sont passés me prendre.
Ah, d'accord.
Oui, installe-les.
- J'arrive. - Merci.
Je suis ému. Vous arrivez pile-poil.
Champs-Élysées vient de commencer. Carlos et Annie Cordy.
Il régale, le Drucker.
Qu'est-ce qu'on boit, les gars ?
Euh...
- Un verre d'alcool, c'est bien. - Guilaine ?
Tu nous fais des cocktails ?
Laisse le gigot, tu feras ça plus tard.
Guilaine, un verre d'eau, c'est formidable.
- Pas de chichi, on sait recevoir. - Non...
Il me restait des Pipasol.
- [rires] - Merci, fallait pas.
C'est normal.
Bon, comment tu te sens ?
Encore un peu convalescent, mais sur la bonne voie.
J'ai pris une bastos.
Une bastos ! Bastos.
Oui, Étienne.
Bastos, oui.
- Une balle. - Oui.
Bon, Étienne, on va pas faire la journée là-dessus.
Il serait possible de nous laisser, qu'on partage un petit moment ?
- Étienne... - Ah, d'accord ! Très bien.
Je te laisse ma place.
Voilà. Désolé, hein.
- Je reviens si... - Merci, cow-boy.
Avec plaisir.
Guilaine, je te le dis tout de go.
- On va reprendre l'enquête. - Quoi ?
On a besoin de toi.
Ah non, non, c'est fini.
Non, c'est terminé pour moi. J'ai des enfants, la maison...
J'ai Étienne, on arrive enfin à s'en sortir. Bref...
J'ai passé le concours pour être commissaire.
- Quoi ? - Je serai
avec ma famille, moins sur le terrain.
T'es la number one sur le terrain.
Non, non.
Guilaine, on a du solide.
Il surfacture des tonnes de matériel.
Table de ping-pong. Atelier de cirque. Randonnée.
Il reprend des bars et des assos.
Pour blanchir du pognon.
On a des preuves ?
- Bien sûr. - Vraiment ?
Oui !
Roh...
T'avais raison. Il est pas net.
Il manque que toi, Guilaine.
- Je changerai pas d'avis. - Oh là là.
Y a que les imbéciles qui...
Je te laisse imaginer la suite.
- Guigui ! - Étienne, ça va ?
Claude...
François ! - Pardon. Étienne ?
- La connexion du vert et du bleu. - Vous faites quoi ?
[rires]
- On dessine sur les murs. - Quoi ?
Tu sens la vibration ? Comment c'est...
Étienne, tu vas réveiller la petite.
T'es complètement drogué.
Donne-moi ça.
[rire hilare]
C'est pas de la craie.
Gontran ! Donne-moi ça. Ça va ?
Il a trouvé ça où, le mari ?
Dans le sac de la kermesse.
[ensemble] L'enfoiré !
Ce fils de chien a fait rentrer de la drogue dans ma famille.
On va se le faire.
Vous avez foutu le bordel à la fête.
T'es au courant du trafic de Le Timal ?
Quoi ?
Vous pouvez appeler, j'ai tout régularisé.
Où sont les craies ?
- Elles sont où ? - Y a rien chez moi.
Il est allergique aux cacahuètes.
Marfoud.
Arrêtez, pas les cacahuètes.
T'as un franc, Yvon ?
- Bien sûr, ma Guiloute. - S'il vous plaît.
Arrêtez ! Arrêtez ! C'est derrière le tableau.
Putain.
Ben voyons. Amateur d'art, mon cul.
C'est pour arrondir les fins de mois.
- Comment on trouve son stock ? - J'ai ma petite idée.
[Luc] Quand on voit Luc Le Timal, on pense réussite.
Je pense, M. le Maire, M. le Président, que je peux
apporter à votre club un public
de banlieue auquel vous n'avez pas accès.
Doudou, tu peux aller chercher le fax ?
Là, il faut se projeter.
C'est un maillot Timal, mais on peut penser Luc Le Timal.
Timal Luc.
Le prénom seul. Il y a plusieurs...
Euh... Doudou, tu peux finir la présentation ?
[musique intrigante]
- Vas-y ! - Allez. Let's go.
Vas-y, prends le créneau.
- Prends le créneau. - Je le sens bien.
[homme] Allez, on travaille ! C'est bien.
[un homme donne des ordres]
[Luc] Prosper !
Prosper !
- Cousin ! Qu'est-ce que tu fais là ? - Où est le stock ?
- Là. - T'as pas vu les flics ?
- Non. - T'as encore le nez plein de came.
J'ai pris un rhum Trois Rivières.
- Fais-moi confiance. - Écoute-moi bien...
Luc ! C'est quoi, ce coup de fil ?
Je sais pas, c'est quoi, ce fax ?
Il était pas censé être buté, ton poulet ?
C'est du flan.
Yvon nous emmerdera plus, il est aux asperges.
- Aux asperges ? - Oui.
C'est une photo de mon stock !
C'est signé "Yvon".
S'il était mort, il enverrait pas de fax.
Yvon dirige la brigade parce qu'il est nul.
Il bosse pas en collectif. En 20 ans, il a rien appris.
Alors détends-toi ! Putain !
[Yvon] Merci pour les compliments.
[musique intrigante]
Et merci, Luc,
de nous avoir amenés dans ton repaire. - Kastendeuch.
C'est pas malin d'être venu tout seul, Yvon.
Il est pas tout seul. Vous êtes en état d'arrestation !
Le premier qui bouge fait la une du Parisien !
- Et moi, je filme ! - Merde.
Johan, Pirlouit, Patrick, Jacky !
- Corbier ! - Tu vois,
Bourillon, je suis peut-être nul,
je suis peut-être pas dégourdi,
je suis peut-être pas fait pour le travail d'équipe,
mais y a un truc que j'ai appris dans mon métier.
On met pas de ferraille dans un micro-ondes.
Allez, ramène-toi.
Guilaine, je te laisse zouker !
- Je m'occupe du commissaire. - OK !
["Gym Tonic", de Véronique et Davina]
- T'es foutu, Le Timal ! - Tu peux toujours courir,
Reblot Bernard. Tu peux toujours courir !
Pourquoi, commissaire ?
Regarde l'état du pays !
On accueille n'importe qui.
On donne des cartes familles nombreuses à des nuls
qui touchent deux fois notre salaire en prestations sociales !
T'as un salaire confortable.
De quoi tu te plains ?
- T'es qui ? - Roberto.
- T'es arrivé quand ? - Maintenant.
Mes doigts !
Y en a d'autres !
On court après
des petits dealers africains trop vifs pour nous !
C'est notre travail
de courir après les suspects,
quelle que soit leur origine
sociale, raciale ou leur obédience.
On est des flics ! Des flics !
C'est le plus beau métier du monde.
[cri]
Cousin, viens !
Yvon, t'es où ?
[cri]
- L'enfoiré, il m'a mis la dose ! - Ça va ?
Fonce, Guilaine !
Guilaine, ça va ?
Adieu,
inspecteur.
Bonne retraite, commissaire.
[cri]
["Gym Tonic", de Véronique et Davina]
[respirations haletantes]
On se sépare. C'est chacun pour sa peau.
OK.
- Ça va aller, vieux frère ? - Ça devrait aller.
J'ai un compte offshore dans les îles Caïmans. Des actions.
Une maison en Suisse au nom de ma femme et un faux passeport.
Et toi, t'as prévu quoi ?
[détonation]
[il balbutie]
[Guilaine] Le Timal !
[détonation]
Oh, l'enfoiré !
Garce !
[sirènes de police]
Bouge pas, Timal !
Hé ! Laissez-la faire. Personne sépare.
Tête-à-tête entre Guilaine et Luc Le Timal.
Fais-lui voir, Guilaine.
OK.
Mme Reblot Bernard.
Allez !
- [elle siffle] - Roberto.
Allez !
C'est que de la gueule, Guilaine.
Guilaine ! Guilaine ! Guilaine !
[acclamations]
Oui !
Lâche-moi !
Précis, Guilaine.
Respire, Guilaine.
Monte ta garde, Guilaine !
- Attention. - Ça va.
Ça va, je saigne pas. Ça va, ça va.
[musique rythmée]
Attends, attends !
- Mon bras ! - Tape trois fois.
- Quoi ? - Tape trois fois !
[applaudissements]
Hé, Guilaine ! Champion.
[elle souffle]
Salut, Le Timal.
Pas près de ressortir, lui.
- Bien joué, inspecteur. - Elle l'a atomisé !
- Sans vous, j'aurais pas réussi. - Modeste.
Qu'est-ce que t'as ?
Je démissionne.
La police a changé. Moi, j'ai fait mon temps.
On est une équipe, nous lâche pas. Il veut nous lâcher.
- Quoi ? - Mais non.
Vous avez fait du bon boulot.
Je suis fier de vous.
- Pour moi, c'est fini. - Pas question.
La Police Flash 80, c'est avec toi.
- Avec personne d'autre. - Exactement.
[musique entraînante]
T'es une sacrée nana, ma Guiloute.
Et toi, un sacré numéro, mon Vonvon.
Ça m'a donné faim, cette affaire.
On va casser la croûte Porte de Bagnolet.
Chez Jeanine.
Elle fait un petit canard pas piqué des hannetons.
["Les Années 80, de Lionel D"]
Inspection !
Inspection !
Qu'est-ce que tu fous, Luc ?
J'apprends une sourate. Hamdoulilah.
C'est un mur porteur. En béton blindé.
Allez viens, t'as de la visite.
Ça fait un bail. Comment ça se passe ?
Ça se passe. Ici, c'est tuer ou être tué.
Oui. Bon... je vais pas y aller par quatre chemins.
À l'extérieur, c'est un gros bordel. Et on a besoin de toi.
[il rit]
Tu me demandes à moi de collaborer avec la flicaille ?
- Exactement. - Tu me connais vraiment pas,
Kastendeuch. - [bip de la porte]
[musique sensuelle]
Bonjour, Yvon.
Bonjour, Guilaine.
[elle soupire]
Bon, c'est quoi, votre affaire ?
Nordine Benbilouche. Ça te dit quelque chose ?
C'est le nouveau caïd du trafic et il brasse un max.
- Je l'avais envoyé au Maroc. - Il est de retour.
Et je peux te dire que le Benbilouche, au bled,
il n'a pas fait que s'enfiler des moutons.
Crois-moi.
Il te reste 10 ans à tirer. Si tu nous aides, demain, t'es libre.
Alors ?
Prêt à intégrer la Police Flash 90 ?
["Dieu m'a donné la foi", de Ophélie Winter]
[musique entraînante]
Sous-titrage TITRAFILM
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