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C'est une rue qui n'est pas très loin de la place, mais il ne faut pas que ça
vous fasse faire un détour. Ça ne me dérange pas que vous déposez.
C'est gentil parce qu'un taxi à 7h06, j'aurais eu du mal.
Vous êtes une amie de Sébastien, non ? Non, justement, j'étais très gênée, je
ne le connais pas du tout.
Moi, j'accompagnais Christelle.
Christelle, c'est qui ça ? C'est une brune avec des cheveux très courts.
De toute façon, elle est partie au bout d'une demi-heure parce qu'elle ne se
sentait pas bien.
Non, je ne connaissais personne.
En tout cas, vous vous êtes fait des amis.
L'espèce de grand frisé.
Il me lâchait pas.
Il a cru me faire plaisir en me laissant son numéro de téléphone.
Et vous lui avez donné le vôtre, non ? Ben... Justement, j'ai fait quelque
chose de pas bien. Je lui ai laissé un faux numéro.
Ah bon, vous êtes comme ça, vous ? J'arrivais pas à lui refuser. En même
temps, j'avais aucune envie qu'il m'appelle.
J'ai mal fait.
Non, non, vous avez l'air très con.
Et vous, vous étiez invité par qui ? Par Sébastien.
On a partagé les mêmes bureaux il y a 4 ans. Depuis, à chaque fois qu'il fait
une fête, il m'invite avec ma femme.
Elle était là ? Non, elle avait des places pour un concert de musique
baroque.
Vous êtes marié depuis longtemps ? Oui.
Vous avez des enfants ? Un seul, un garçon.
Et vous ? Non, moi j'ai rien, j'ai 22 ans.
Et vous, vous avez quel âge ? Enfin, si ce n'est pas indiscret.
Je ne sais pas, vous me donnez combien ? Non, je ne sais pas donner des âges.
Vous avez bien une petite idée. Non, je ne sais pas, après je vais vous donner
un faux âge, ça va vous vexer.
Prends le risque, allez-y.
42, 43 ? Effectivement, je suis vexé.
Pourquoi vous avez quel âge ? 39.
Ah, je suis désolée.
Mais vous faites bien. Oui, je suis vexé quand même.
Pourquoi ? Vous n'avez pas envie de vieillir ? Comme tout le monde. J'ai
beaucoup de mal à avoir des photos de moi quand j'étais plus jeune. Il paraît
que c'est un signe.
Moi, c'est le contraire.
J'ai toujours été pressée de vieillir.
Après ce feu-là, c'est la prochaine à droite.
Vous pouvez me laisser à l'angle.
Non, mais c'est bon.
C'est par là ? Oui.
Et si je vous demande votre numéro de téléphone, j'aurai info, moi aussi ?
Non, vous aurez le vrai.
Qu'est-ce qui me le prouve ? Vous aurez qu'à essayer.
Bon, je vous le demande, alors.
Le premier,
c'est chez moi.
Le deuxième, c'est à mon travail.
Vous faites quoi ? Je travaille dans une agence de voyage.
Et vous ? Un peu d'immobilier.
Vous avez une belle voiture, en tous les cas.
Il y a un café d'ouvert, là, je vous offre un verre, non ? Non, non, il est
tard, il faut que je rentre. Merci beaucoup.
Au revoir.
Au revoir.
Allô, Muriel ? Qui est-ce ? Vous me reconnaissez pas ? Non.
François, le type à laver le voiture.
Ah oui, bonsoir.
Je suis content de constater que les numéros qu'on m'avait donnés étaient
bons. Pourquoi, vous aviez peur ? Juste un peu inquiet.
Je vous dérange, là ? J'allais rentrer dans mon bain.
Ah.
Non mais, enfin, j'appelais comme ça, je me disais qu'on pourrait peut-être se
revoir, non ? Pourquoi ? Je sais pas, comme ça, pour discuter.
Non ?
Vous voulez ? On peut se tutoyer aussi.
Ça fait beaucoup de choses.
Vous connaissez le Schaeffer ? Non, qu'est-ce que c'est ? Un petit bar à
vin, rue Cardinet.
On déjeune ensemble ? Quand ? Demain, par exemple.
Ah non, demain, c'est pas possible.
Mais jeudi, plutôt. Jeudi, j'aurai plus de temps.
Très bien, jeudi. 13h, ça vous va ? D'accord.
Je suis très content. Je vous embrasse.
Serveur, coursier, maçon, manutentionnaire, garde-malade, enfin, t
'as de petits boulots, quoi. Après, j'ai travaillé chez un marchand de biens.
Je me suis rendu compte qu'en prenant des risques mesurés, on pouvait se faire
pas mal d'argent. Alors je me suis dit, pourquoi pas moi ? Puis voilà, quoi.
Vous êtes fier de votre réussite ? Je trouve ça con.
Non, non, non, moi je trouve ça... Enfin, j'admire, mais en même temps, je
trouve que c'est un peu puril.
T'aimes pas l'argent ? Si ! Mais j'en fais pas une philosophie.
Et c'est quoi ta philosophie, alors ? Ça m'intéresse.
Ma philosophie, c'est banal. C'est d'être heureux, de faire des choses qu
'on aime.
C'est vague.
Non, non, c'est pas vague.
Le bonheur, c'est pas forcément de gagner beaucoup de fric. Ça peut être de
voyager, de découvrir des choses, d'être en harmonie.
Et ton travail te rend heureuse ? Ouf ! Ni heureuse, ni malheureuse.
De toute façon, je ne suis pas dévorée par l'ambition.
J'attache plus d'importance au bonheur.
Mais c'est quoi ta définition du bonheur ? Parce que là, tu m'as trié. Pour moi,
le bonheur, c'est quelque chose de tellement abstrait.
Je ne sais pas.
Vivre un grand amour ? Oui, peut-être.
Tu veux autre chose, là, non ? Non, non, il faut que j'y aille.
On peut se revoir, si vous voulez.
Je ne t'ai pas donné de numéro ?
Ah non, moi j'ai rien du tout.
Ça c'est le numéro de mon travail et puis il y a le numéro de mon portable
aussi.
Ça va ? Il ne manque pas ? Si mais je préfère pas.
Allo ?
Oui bonjour, je voudrais parler à François. C'est de la part ? De Muriel.
Muriel, comment ça va ? Bien.
J'étais pourtant sûr que tu ne te servirais pas des numéros que je t'ai
laissés. J'ai fait les deux. J'ai d'abord appuyé à votre bureau et on m'a
dit d'essayer sur votre portable.
Muriel, ça va pas du tout ça.
Je suis pas content.
Je vous dérange ? Non, mais tu t'entêtes à me vouvoyer. Si ça continue, ça va
finir par être désagréable.
Ah, je suis désolée.
Allez, dis-moi une phrase avec « tu », n'importe laquelle.
Je sais pas.
Cherche, t'as 10 secondes.
Où es-tu exactement ? Je quitte l'avenue de Vagra et je m'engage sur la place d
'Eterne.
Et toi ? Je suis à mon travail, porte de Champerey.
C'est pas très loin, ça.
Non, c'est même tout près.
Tu penses à la même chose que moi ? Quoi ? Déjeuner, c'est l'heure.
Là, j'ai pas très faim.
Je veux pas le savoir.
Si je t'invite, tu fais un effort.
Allez, à tout de suite.
Et elle est comment, ta femme ? Tu sais, au bout de 12 ans de mariage, on s
'entend très bien, on s'engueule très peu.
Ce qui nous lie surtout, c'est David.
Mais bon, c'est plus comme avant.
Ça t'embête que je te dise ça ? Non.
C'est moi qui t'ai posé la question.
T'as une photo d'elle ? Non.
Tu voulais la connaître ? Non, la voir, c'est tout.
Je sais pas, parce que je pourrais te dire... Elle a été très belle. Enfin,
elle est encore très bien.
Il paraît qu'elle fait plus jeune que son âge.
Tu l'aimes encore ? Oui.
Enfin, disons que la question se pose plus vraiment en ces termes.
On a une relation qui est devenue fonctionnelle.
Si un jour j'épousais un type, ça me ferait mal qu'il parle de moi comme tu
parles de ta femme. Tu dis ça parce que t'as 22 ans et que tu crois en l'amour
éternel. Toi, non.
Si, amour éternel.
Par exemple, je pourrais aimer toute ma vie, mais pas la même personne.
C'est horrible ce que tu dis.
Ah non, pourquoi ? Si je te disais là, par exemple, que
je suis un peu amoureux de toi, ça te ferait quoi ? C'est une supposition ?
Non, pas tout à fait.
Ça m'embêterait beaucoup.
Pourquoi je te plais pas ? Parce que je voudrais pas faire à d'autres ce que je
voudrais pas qu'on me fasse.
Ça c'est une réponse toute faite. C'est très sensé. C'est bien ce que je te
reproche, une personne sensée.
Quand t'es devant un problème, tu appliques une formule, là en l
'occurrence c'est une formule morale, pas lui parce qu'il est marié. Mais c
'est pas bien de penser ça. C'est pas que c'est pas bien, c'est pas le
problème. Mais moi je trouve que c'est un vrai problème.
Bon.
Je vais te poser la question autrement.
Est-ce que je te déplais physiquement ou intellectuellement ? Non.
Est-ce que tu pourrais envisager de faire l'amour avec un type comme moi ?
Si t'étais pas marié, peut-être.
Non mais attends, là on tourne en rond.
Si tu veux pas qu'on tourne en rond, arrête de poser cette question.
Tu te doutais bien qu'un jour ou l'autre, ça finirait par arriver sur le
tapis quand même.
Non ? Enfin, je veux bien que tu sois un peu jeune. Un peu conne, vas-y, tu peux
le dire.
Naïve.
Enfin bon, tu connais les hommes.
Enfin, jolie comme tu es, je suppose que c'est pas la première fois qu'on te fait
ce genre de proposition.
Venant d'un type qui a une femme, si. Mais arrête, avec ma femme, elle est pas
là. Mais si, elle est là.
Elle est là, pour moi, ça change tout.
J'ai envie de te toucher.
Je peux poser ma main sur la tienne ? Non.
Même pas ça ? Non.
Pourquoi ? Parce que ce sera un début.
Je veux pas qu'il y ait entre nous autre chose que de l'amitié.
Parce que tu penses que depuis qu'on se connaît, c'est de l'amitié ?
Tu me trouves trop conne pour être ton ami ? Non.
La connerie n'a rien à voir là-dedans.
Non, j'aime être avec toi, j'aime t'écouter, te parler, éventuellement
partager tes problèmes, mais mon amitié... Je la mérite pas.
L'amitié, c'est ce qu'un homme donne à un autre homme parce qu'il peut pas
faire l'amour avec lui.
Moi, ce que je te propose, c'est une relation totale.
Totale ? Oui.
Et ta femme ? Ma femme, elle est en dehors.
Si un jour tu dois la tromper, je veux pas que ça soit avec moi.
C'est dommage.
Vraiment dommage.
On pourrait passer des moments très doux, très beaux.
Je pourrais te faire l'amour pendant 10 heures. Je te trouve tellement belle.
On serait obligés de se cacher, toi tu serais obligé de mentir. Non, non, moi
je... Moi je veux pas rentrer là-dedans.
Alors qu'est-ce qu'on fait ? Rien !
Rien, on fait ce qu'on fait depuis qu'on se connaît, on reste amis.
À part dans le copain, si tu préfères.
Bon, alors si en tant que copain, je te demande de me laisser poser ma main sur
la tienne.
Mais décidément, c'est une obsession.
Bah, reconnais que ça va pas très loin, quand même.
Enfin, à moins que ta main soit une zone hautement érogène.
Enfin... Quelques secondes seulement.
D'accord, vas-y.
Est-ce que t'as l'impression de commettre un adultère ? Moi, non.
J'espère que toi non plus.
Il s'appelle Pascal.
On a juste été dîner ensemble et puis après il m'a ramené en bas de chez moi.
Comme il était très tard, j'ai pas osé lui demander de monter, il a pas osé me
le demander non plus, alors on est restés en bas, on a discuté, on a écouté
de la musique pendant une heure.
Il a rien tenté ? Il est timide.
Il fallait l'aider.
Tu sais, moi, je sais pas du tout prendre des initiatives dans ce genre de
situation.
L'inviter à prendre un verre chez toi, c'était pas une initiative très
méchante.
Je sais, mais c'est pas venu.
De toute façon, je crois que c'est quelqu'un qui est très lent, qui a
besoin de laisser les choses s'installer.
Il est beau ? Non.
Moi, je le trouve beau, mais on ne peut pas dire qu'il soit bon.
Et s'il était monté, t'aurais couché avec lui ? Je sais pas, ça dépend de la
façon dont il s'y serait pris.
T'aurais fait quoi si on l'avait fait ? Ça m'aurait fait plaisir.
Je te crois pas.
Si, je te jure.
C'est pas parce que je suis un peu amoureux que je dois m'acharner à faire
le vide autour de toi.
Puis comme tu m'as fait comprendre que de toute façon j'avais pas d'espoir,
autant que quelqu'un d'autre en profite.
Lève ta main s'il te plaît, retire-la.
Je me compte.
Faut que tu sois honnête.
Que tu le veuilles ou non, le fait d'être là avec moi, c'est contraire à la
morale telle que tu la pratiques.
Tu sais que je suis amoureux et que tant que tu accepteras de me voir, je ferai
tout pour arriver à mes fins. Tu feras tout mais tu rêveras pas.
Et que tu me laisses essayer, c'est déjà faire un pas vers moi. Non.
Pour moi, on est toujours des amis.
Je sais très bien que ça peut changer.
D'ailleurs que ça va changer.
Ne sois pas trop sûre de toi.
Ça arrivait avant-hier.
Il s'est enfin décidé ?
Je lui ai un peu forcé la main, sa voiture était en panne.
Il devait venir chez moi, alors comme il pouvait pas, c'est moi qui étais chez
lui. Vous deviez aller où ? Déjeuner à la campagne.
Et alors ? Il n'y a pas eu de campagne, on a passé l'après-midi chez lui.
Commentaire ? Bien.
Enfin, pas extraordinaire.
Son appartement est bizarre.
Et lui ? Lui ? Très tendre.
Qu'est-ce que ça veut dire, ça ? Ça veut dire qu'il embrasse beaucoup, qu'il
caresse beaucoup.
Et le reste ? T'es curieuse, ça lui fera peut-être pas plaisir que je te raconte
tout ça. On est des amis.
On est des amis quand ça t'arrange. Pas du tout.
Très honnêtement, je suis restée sur ma faim. Ah.
Non mais ça veut rien dire, l'important c'est pas que ça soit bien passé, l
'important c'est qu'on ait passé le cap, qu'on l'ait fait.
T'es amoureuse de lui alors ? Oui, je crois.
Et tu le revois quand ? Il a m'appelé ce soir.
Et qu'est-ce que je deviens dans tout ça ?
Ah, je savais bien que tu finirais par être jaloux. Bah non, je ne suis pas
jaloux, mais bon, j'ai peur que si tu tombes amoureuse de lui, il n'y ait plus
beaucoup de place pour moi.
Mais je ne suis pas amoureuse de toi.
Un petit peu.
Non.
Bon d'accord, je ne te demande pas d'être amoureuse, dis-moi seulement qu
'un jour on fera l'amour ensemble.
Mais on ne fera pas l'amour ensemble, jamais.
Comment tu peux en être sûre ? Parce que je ne veux pas, c'est aussi bête que ça.
Bon écoute, on ne va pas s'énerver, je te propose un marché, je ne te dirai
plus qu'un jour on fera l'amour ensemble, et puis quoi, tu ne me dis
plus qu'on ne le fera pas, d'accord ? Si tu veux.
Bon voilà, j'ai une petite requête à te soumettre.
Une requête de quel genre ? D'un genre un peu particulier.
J'ai peur de te voir venir.
Non, je pense pas que tu puisses deviner.
Tu connais les limites de notre relation ? C'est toi qui les as fixées ces
limites.
Vas-y, je t'écoute.
Bon ben voilà, j'ai envie de te voir nue.
Pardon ? J'ai envie de te voir toute nue, sans vêtements.
Pour quoi faire ? Pour te voir, c'est tout.
Tu veux me regarder ? Oui, seulement te regarder.
Et pourquoi est-ce que je devrais accepter ? Pour me faire plaisir.
En plus, je te promets, je te toucherai pas.
T'es fou.
Non, c'est une envie tout ce qu'il y a de plus légitime. Je te trouve belle.
Non. Quoi ? Non, je suis désolée, t'es fou, mais c'est non.
Pourquoi ? Mais parce que, enfin, c'est quelque chose qui sort des limites de
notre relation.
Tu t'es jamais montrée nue à un type sans qu'il y ait quelque chose entre
vous ? Non, quand je me déshabille devant quelqu'un, c'est parce que je lui
appartiens, parce que je suis avec lui.
Et à la plage, t'appartiens à tous les hommes de la plage ? Mais non, mais à la
plage, c'est pas pareil, c'est public.
On peut très bien faire ça dans un endroit public, s'il y a que ça qui...
Qu'il te dérange, tu t'inquiètes d'être habillée sur une plage, comme ça tu
seras pas dépaysée.
D'abord, à la plage, j'enlève que le haut. Je me contenterais du haut.
Non mais t'es complètement dingue.
Pourquoi ? Il y a des tas de types, des anonymes qui ont vu tes seins, imagine
que je fasse partie des anonymes. Mais t'es pas anonyme.
Je te connais, je sais ce que t'as dans la tête, je connais tes idées.
Parce que tu crois que les anonymes, ils en avaient pas des idées, eux.
Peut-être, mais j'étais pas censée le savoir.
Si ça se trouve, à l'heure où on parle, il y a un type, peut-être même un sale
type, qui est en train de se masturber en pensant à tes seins.
Ah, mais n'importe quoi.
De toute façon, tu serais déçu.
Non, je pense pas.
Si.
Je triche quand je m'habille.
Je suis trop maigre.
Tu te trouves pas belle ? Non, je suis pas belle. Alors, raison de plus.
Puisque tu veux pas coucher avec moi, t'as qu'à te montrer comme tu es, c'est
-à-dire affreuse.
Et comme ça, je perdrais peut-être mon envie. Mais non, mais écoute, ça me
gênerait. De quoi que je perde mon envie ? Non, non, que tu me regardes, que tu
me jauges, que tu m'observes, ça me mettrait mal à l'aise. Donc t'as envie
de me plaire ? Non ! Écoute, c'est contradictoire. Ou tu te fous de mon
jugement, auquel cas tu peux te montrer comme tu es.
Ou alors tu crains mon jugement, c'est parce que tu veux me plaire.
Attends, tu compliques tout, là.
Non, c'est simple.
Et qui me dit que si je le fais, tu vas pas vouloir en profiter.
Ah.
T'as pas confiance en moi ? Non.
C'est sympa.
Vraiment, tu me fais beaucoup de peine.
D'ailleurs, tu remarqueras que depuis qu'on se connaît, il y a eu des tas d
'occasions où j'aurais pu en profiter.
Je l'ai pas fait.
Je te respecte. C'est vrai ou c'est faux ? Vrai.
Si je te donne ma parole là, tu me crois ?
On t'accepte. Non, mais j'ai pas dit oui, t'es incroyable.
Admettons que ça se passe dans un endroit normal.
Un sonamix, par exemple.
J'aime pas du tout ce genre d'endroit.
Dommage, parce que là, c'était l'idéal.
T'aurais eu l'assurance que j'aurais rien pu tenter, vu que c'est un endroit
public, aucun risque de viol.
C'est pas le problème.
J'ai confiance en toi.
Chez toi ? Non.
Chez moi, c'est moche.
Un hôtel ?
C'est vulgaire. Bon, bel hôtel, une suite.
Avec mobilier d'époque, dorure, télévision, tout ça, non ? On passerait
la nuit ensemble ? Par exemple.
Et tu me toucherais pas ? Promis.
Ça te plairait pas un petit déjeuner dans un palace ? Si.
Alors dis oui et je m'occupe du reste.
Faudrait que je me déshabille complètement ? Bah si c'est dans un
palace, je me contenterais pas de la version plage.
Tu me promets de pas faire des commentaires désobligeants ? Juré.
C'est la première fois que j'accepte une proposition comme ça.
T'en as déjà eu beaucoup ? Non. Bah alors dis oui.
Oui ? Bon bah oui. D'accord.
Quand ?
Je sais pas.
Je te laisse fixer la date.
Bon ben pas avant la semaine prochaine, fin de semaine prochaine en tout cas.
Pourquoi si loin ? Parce que je peux pas t'expliquer, de toute façon c'est à
prendre ou à laisser. Non non mais n'explique pas, je prends là.
Bon ben on dit le... On dit le 12, c'est un vendredi.
Ben écoute c'est très bien ça, le vendredi 12, parfait.
Tu reviendras pas sur ta décision hein.
Non. T'as une parole.
Mais bien sûr que j'ai qu'une parole.
Du coup, je sais pas ce qui m'a pris la dernière fois. Tu m'as fait boire ou je
sais pas. Mais en tout cas, je me suis engagée à faire un truc. Et en y
réfléchissant, je trouve que j'étais très légère.
Tu veux plus ? Attends, déjà, vis-à-vis de ta femme, c'est très gênant.
Écoute, ça, c'est ma cuisine. T'as pas à te préoccuper de ça.
Bah oui, ça me préoccupe quand même.
Et puis comment ça se passe ? C'est vrai, c'est flou ta proposition.
Je me déshabille, je me mets sur le lit en prenant des positions érotiques.
Ça, je te préviens, je sais pas le faire.
Tant l'est dit, c'est pas du tout comme ça que j'imaginais.
Bon, alors explique, sois clair.
Non, j'ai pas envie d'expliquer.
Je suis déçu, mais c'est pas grave.
Ce qui est grave, c'est que tu m'avais quand même donné ta parole.
Écoute, le prends pas comme ça.
Comment veux-tu que je le prenne ?
Avec un sourire plein d'indulgence.
En plus, je t'ai promis qu'il n'y aurait rien de plus que ce que je t'ai dit.
J'ai retenu une des plus belles chambres dans un palace parisien. J'ai organisé
mon absence chez moi en prévision de la date que tu avais choisie. Et tu arrives
avec tes scrupules des dernières minutes et je dois être content.
Qu'est-ce que tu risques exactement ? De perdre ta respectabilité ? Je ne te
toucherai pas.
De faire du mal à ma femme ? Elle n'en saura rien.
Puis maintenant, je peux bien te le dire, qu'est-ce que tu crois ? J'ai déjà
eu des maîtresses, j'ai déjà trompé Irène.
Et crois-moi, les filles qui se sont compromises avec moi n'étaient ni des
salopes, ni des filles sans principe.
Je les ai aimées, elles m'ont aimées, c'était très bien.
Mais moi, je t'aime pas.
Non, ça, c'est pas vrai.
Là, tu mens et tu te mens à toi-même.
Si tu m'aimais pas, tu... On se verrait pas trois fois par semaine, tu me
regarderais pas comme tu me regardes, là, puis on... Tu serais pas aussi
disponible.
Seulement t'as l'impression de rester quelqu'un de bien parce que tu veux pas
faire l'amour avec moi.
Je te rappelle qu'on devait pas faire l'amour dans cet hôtel.
Bah alors, pourquoi ces hésitations ? Tu resteras aussi vierge ?
Tu
vois, je t'avais prévenue.
Mais t'es folle, t'es superbe.
Arrête, je suis trop maigre.
On voit mes os, regarde.
En plus, j'ai une gagneuse.
Je peux t'embrasser ? Tu m'as dit que tu me toucherais pas.
La main.
Je peux te prendre la main ?
Je
peux l'embrasser ? La main seulement.
La main seulement.
Fais-moi un sourire.
T'as gagné, t'es content, tu jubiles.
Je t'aime.
N'importe quoi.
Si, c'est vrai.
D'ailleurs, je te l'ai déjà dit.
Tu m'as dit que t'étais un petit peu amoureux de moi, c'est pas la même
chose.
Parce que je te connaissais pas bien.
Maintenant, je sais.
Tu as trompé beaucoup avant moi, ta femme.
Non.
Je suis sûre que si.
Alors pourquoi tu te mentes ? Pour voir ta tête de menteur.
A toi, je te mentirai jamais.
Tu parles.
Tu m'as déjà menti depuis la première fois.
Depuis le premier jour où on se connait, je suis sûre que tu t'es dit celle-là,
il faut que je me la fasse.
Reconnais ? Oui, c'est vrai, mais... Je t'ai parlé de mes intentions dès la
troisième entrevue, je n'ai pas gardé mon secret très longtemps.
Moi, j'ai pas tout prémédité comme toi.
Ça, c'est sûr.
Toi, tu t'es dit, il me plaît. Comme t'as l'esprit de contradiction, t'as
rajouté aussitôt, il faut surtout pas que je fasse l'amour avec lui parce que
justement, il me plaît.
Ça m'embêtait que tu sois mariée. J'y pensais naïvement que je pouvais devenir
ton amie au lieu d'être ta maîtresse.
Et maintenant, ça t'embête toujours ? Maintenant, c'est pire.
Tu vois, moi, contrairement à toi, je suis pas fière. Je te jure que je suis
mal, j'ai honte.
De quoi ? Et qu'on soit là, cachés, dans un hôtel, à savoir ce que tu vas
raconter à ta femme, que tu es en voyage d'affaires.
Et moi, à poil, dans tes bras, ta conflice.
T'es pas bien dans mes bras.
Si.
C'est ça qui est affreux, je suis bien.
Sers-moi, sers-moi fort.
Muriel, je suis catastrophé. J'avais complètement oublié l'anniversaire de
mon fils. J'ai mes beaux-parents qui viennent dîner ce soir.
On ne pourra pas se voir.
Oh non ! Tu m'en veux beaucoup ? Je saute pas au plafond.
L'anniversaire de ton fils, je suppose que c'est important.
Ça fait un mois qu'il y pense.
En plus, je lui avais promis une Megadrive. J'ai oublié de l'acheter. Il
va falloir que je cours les magasins avant 8h. Ça va être l'heureux.
Je t'appelle demain à ton travail.
D'accord.
Qu'est-ce que tu vas faire ce soir ? Je sais pas, je vais bouquiner, regarder la
télé.
Allô
?
C'était occupé, là, tu parlais à qui ? À Christelle.
Et toi, cet anniversaire ?
Ça se passe bien.
J'ai trouvé sa Megadrive. Enfin, il aurait préféré une Saturn, mais ça va,
il est très content.
Tu m'appelles d'où ? De chez moi, là. J'ai réussi à m'isoler cinq minutes.
Je te manque ? Oui.
Tu peux pas savoir comme je regrette.
J'arrête pas de penser à toi, à tes seins. Tu sais que j'adore tes seins,
là. Je te l'ai pas assez dit, la dernière fois.
Ils sont beaux, tu sais.
Qu'est-ce que tu portes en ce moment ? Là, j'ai un vieux tee-shirt et des
vieilles chaussettes. Je suis affreuse.
J'ai envie de t'embrasser.
Moi aussi.
Oui, mais tu sais pas où j'ai envie de t'embrasser.
J'ai une petite idée.
On essaie de se voir demain ?
Qu'est-ce que tu fais ? Je dors.
Enfin, j'essaie.
Quelle heure est-il ? Quatre heures moins dix.
Oh là là, j'éteins la lumière à minuit, j'ai dû m'endormir une demi-heure
maximum.
Allô ? Ouais ? Tu m'entends, là ? Oui, oui.
Tu sais ce que j'ai fait ? Non.
Je me suis puni de t'avoir laissé ce soir.
Comment ça, puni ? Comme quand j'étais petit à l'école.
J'ai écrit 700 fois à Muriel, je t'aime et je te demande pardon.
Mais t'es fou.
Bon, je te vois demain et je te donne ma punition pour que tu la signes, d'accord
? Tu l'as écrit 700 fois.
Enfin, un peu plus, 710 ou 712.
Va jusqu'à 1000.
Arrête, j'ai la main en kilosée, j'ai même du mal à attraper le téléphone.
Je m'en fous, je veux pas le savoir. Si tu veux que je la signe, tu vas jusqu'à
1000. Et sois lisible.
Tiens, voilà.
C'est tout ? Il y a le compte.
Je vérifierai ça à la maison.
Tu sais que tu es belle quand tu commandes.
C'est vrai, tu es superbe.
Pourtant, je n'ai pas beaucoup dormi.
J'ai été réveillée en sursaut ce matin.
Par qui ? Pascal.
Je tenais pas à lui parler, mais j'ai décroché en espérant que c'était toi.
On n'en est pas encore au stade où je reconnais ta façon de faire sonner le
téléphone.
Et qu'est-ce qu'il voulait ?
Il m'a proposé de partir en week-end avec lui au bord de la mer.
Et t'as accepté ? Non, j'ai pas dit oui, j'ai pas dit non.
Je voulais gagner du temps.
T'as envie d'y aller ? Non.
Mais je sens que je devrais.
À quoi ça rime, tu l'aimes pas ? Non, mais... Quand je réfléchis, je me dis qu
'il faut pas que je m'attache trop, alors tout ce qui peut me faire
déconnecter... Tu sais que tu vas t'ennuyer, en plus, il va faire un temps
affreux.
Qu'est-ce que tu me proposes pour ce week-end ?
Non, ce week-end, je peux pas. J'ai des engagements, mais... Je te promets d
'appeler. Tu seras vraiment répondeur ? Ça, c'est méchant, ce que tu dis.
J'ai pas envie de rester seule.
Puis l'air de la mer, ça me fera du bien.
Promets-moi de pas faire l'amour avec lui. Promets-moi de pas faire l'amour
avec ta femme.
C'est pas la même chose.
D'ailleurs, c'était pas dans mes projets.
Vous le faites souvent ?
Non.
Combien ? Une fois par mois, plus ?
Moins.
C'est-à-dire ? Ecoute, tu peux pas me donner le numéro, je peux te joindre.
Mais réponds ! J'en sais rien, écoute.
De toute façon, je connais même pas l'hôtel où il veut m'emmener.
Je te laisserai un message, toi, t'es un répondeur, t'es...
Tu peux l'interroger à distance ? Non.
Merci.
Merci.
Tu vas me manquer.
J'espère bien.
Vous partez en voiture ?
Connu bien j'espère, il est prudent.
Bah tu sais, il a pas une Porsche.
Ecoute, n'y va pas, je... Je m'arrangerai pour qu'on se voit
dimanche, d'accord ? Combien de temps ? Une heure.
Non, c'est trop court.
Deux heures.
Non, c'est pas assez.
Tant pis, après tout, je m'en fous, fais ce que tu veux.
Muriel, c'est moi.
T'es là ? T'es pas là ? Putain, c'est con parce que finalement,
je pouvais me libérer. On aurait pu se voir toute l'après-midi.
Tu sais, je suis désolé pour ce qu'on s'est dit la dernière fois.
Je t'aime, tu me manques.
Je voulais te dire aussi que depuis qu'on a couché ensemble, j'ai pas fait
une seule fois l'amour avec ma femme.
Je veux pas que tu sois jalouse.
Bon, moi, c'est normal que je sois un peu jaloux parce que si elle se trouve
en ce moment, t'es dans les bras de l'autre, là.
Puis j'ai peur que tu retournes amoureuse de lui, quoi, que tu me
quittes.
Je sais pas ce que je donnerais, là, pour te parler, t'entendre.
C'est affreux, là, comme tu peux me manquer.
Mais bon, là, j'ai dû te bouffer toute ta bande, je t'embrasse partout, je t
'appellerai lundi à ton travail.
C'était génial.
On a fait des grandes balades sur la plage, il faisait un temps magnifique.
Je crois même que j'ai un peu bronzé.
Ouvre pas.
On a mangé des fruits de mer, j'adore ça.
C'est là, Paris aussi, où on trouve des fruits de mer.
J'ai pas dit le contraire.
Vous étiez à quel hôtel ? Non, on était pas à l'hôtel.
Il avait les clés d'un petit deux-pièces qui appartient à sa mère.
Très mignon, très confortable.
Vous avez couché ensemble, non ? Il y avait un grand lit à deux places, il
avait envie de moi. Qu'est-ce que je pouvais faire ? Tu pouvais lui dire non.
J'ai dit oui.
Ça aurait été dégueulasse d'aller avec lui jusqu'à Deauville et de lui refuser.
Donc tu n'as pas parlé ? De quoi ? De nous. Tu n'as pas dit qu'on était
ensemble ? Non, il n'y avait aucune raison.
Alors il te croit libre ? Mais je suis libre.
Qu'on est avec quelqu'un comme toi, on est forcément libre.
Tu fais exprès, là.
Mais de quoi ? De quoi tu parles ? Tu fais exprès de me faire du mal, là.
Mais pas du tout. Tu me poses des questions, je te réponds, c'est tout.
Bon, écoute, François, on est à Deauville, on a fait l'amour, on a parlé
de plein de choses, mais pas de toi.
C'est pas le seul sujet de conversation au monde.
T'as vu mon message ? Ouais, je lis ce matin.
T'es pas rentrée hier soir ? Si, mais il était plus de minuit, j'étais crevée. Je
me suis couchée sans même me démaquiller.
Moi, j'ai jamais trouvé un week-end aussi long.
J'ai pas raté de penser à toi.
Moi aussi, j'ai pensé à toi.
J'ai même une preuve dans mon sac.
Je t'ai ramené un T-shirt.
Un t-shirt.
Tu sais, j'ai pas souvent l'occasion de porter des trucs comme ça. J'espère que
c'est la bonne taille.
Mais celui-là, t'as intérêt à le mettre parce que c'est moi qui te l'offre.
J'aime bien être chez moi, mais j'aime pas recevoir.
Pourquoi ? Je sais pas, je trouve ça petit, puis c'est pas pratique.
Je trouve que c'est pas mal.
Attends, j'ai fait une heure de ménage avant que tu viennes.
Je suis hyper bordélique.
Moi, ça me dérange pas, le désordre.
Attends, tu dis ça, mais t'aurais vu des culottes traîner par terre, de la
poussière sur le lit... T'aurais plus envie de moi, après, c'est bon. J'ai
toujours envie de toi.
Surtout en ce moment.
Justement, faut que je te parle d'un truc.
Ouais ? Tu me dis top ? Top.
Je prends pas la pilule.
C'est maintenant que tu me le dis. Non, mais la dernière fois où on a fait l
'amour, il y avait au caress quand je tombais enceinte.
Maintenant, si t'as peur du sida, je peux te retourner l'accusation.
T'as fait un test ? Bah non.
Si tu fais pas de test et tu me fais l'amour sans préservatif, t'es bien,
toi. Bah l'autre, là, Doville, il en avait, lui ? Bien sûr, parce qu'elle y
fait attention, il avait tout prévu.
C'est très bien, qu'est-ce que je te dis ? T'as raison, t'as raison, je focalise
pas là-dessus.
Moi, je focalise.
Je veux pas prendre de risques.
Donc je te propose un marché. Tu fais un test et je fais mon test. Et si les deux
sont négatifs, je vais chez ma gynéco et je lui demande qu'elle me prescrive la
pilule. C'est honnête ? Ouais, d'accord.
On fixe une date tout de suite ? Ça va, y'a pas le feu non plus et... Comme tu
veux, mais moi tant qu'on a pas fait ce test, je fais rien avec toi.
Bon et qu'est-ce que tu proposes en attendant ? Bah une capote.
Rien du tout.
Bon bah très bien, d'accord pour le test.
Quand ?
Demain, j'ai un labo que je connais, ils sont très bien.
T'as confiance ? Viens près de moi maintenant.
Je te préviens, je me déshabille pas.
François. J'ai envie de toi.
Si j'ai envie de toi, même si je tombe enceinte.
Tu t'en vas pas enceinte.
Comment tu peux dire ça ? Non,
arrête.
Enlève ta main.
Enlève ta main.
Arrête, écoute, si tu dis non, ça va me rendre furieux.
Allez.
Allez. Mais écoute, j'ai pas envie, j'ai pas envie, c'est tout, j'ai pas envie.
Je te demande pas d'avoir envie, je te demande de le faire.
Fais trop compte de ce que tu dis.
C'est pas peine de me regarder comme ça. Si je veux pas, je veux pas. C'est tout,
je veux pas.
Allô ? C'est moi.
Qu'est-ce que tu veux ? T'es où, là ? Sur le boulevard extérieur, à la hauteur
de Porte d'Orléans.
Déjà, mais ça fait même pas dix minutes que t'es parti.
Bah ouais, j'ai une voiture qui roule vite.
Si je te demande pardon, tu me pardonnes ?
C'est pas suffisant. Je te demande pardon et je veux que tu reviennes.
Pour quoi faire ? Pour me faire l'amour.
Sans préservatif ? Sans préservatif.
Comme ça, s'il y a de nous Alcida, on l'aura tous les deux, on mourra
ensemble.
Stupide. Viens ! Ecoute, je peux pas faire demi-tour, là, j'ai une ligne
continue. Passe par-dessus.
Tu portes toujours les mêmes vêtements que tout à l'heure ? Oui.
Retire ton pull.
Ça y est ? Attends.
Voilà, ça y est.
Je suppose que j'enlève le reste ? Oui.
Voilà, je suis toute nue.
Et tes cheveux, comment ils sont ? Attachés ? Oui.
Détache-les.
Voilà.
Et qu'est-ce que je fais maintenant ? Regarde, tu bouges plus et tu m'attends.
Et le résultat ? Dans deux jours.
Tu peux passer au labo pour le chercher ? Non, c'est à 18h, j'ai un rendez-vous.
Si tu veux, je peux envoyer quelqu'un si tu ne peux pas.
Qui ? Juliette, quelqu'un avec qui je travaille.
Ta secrétaire ? Oui, c'est un peu plus que ça.
Tu couches avec ? Oui, non.
On travaille ensemble, c'est tout, mais on fait une personne à qui je tiens
énormément.
Elle a quel âge ? 27.
Elle est mariée ?
Non, elle est seule.
C'est elle qui répond au téléphone quand j'appelle ? Ouais.
Et qu'est-ce qu'elle t'a dit sur moi ? Rien, qu'est-ce que tu veux qu'elle dise
? Fais pas de commentaire.
Elle est pas un peu amoureuse ? Non.
Enfin, je pense pas.
Et c'est elle que tu veux envoyer au laboratoire d'analyse pour savoir si l
'un de nous a le SID ? Je veux faire des courses.
Une course comme celle-là.
Ecoute, Muriel, ce test, je le fais pour toi, c'est pour te tranquilliser. Moi,
le résultat, je le connais, j'ai aucune inquiétude.
Moi, je ne suis pas aussi sûre que toi. Et puis, je n'ai pas envie que ta
Juliette sache avant nous ce qu'elle en retourne.
Bon, d'accord, je n'en verrai pas, je trouverai quelqu'un d'autre. Non,
laisse, j'irai moi, je m'en débrouillerai.
Si tu veux.
Ce que je veux surtout, c'est que tu ne leur racontes pas notre vie.
Si tu savais ce que je lui ai dit sur toi, elle serait émue.
Rassure-toi, je ne rentre pas dans les détails, non plus.
Elle te sert d'alibi vis-à-vis de ta femme ? Ouais.
Le soir de l'hôtel, elle savait ? Ouais.
Et elle t'a vu arriver le lendemain matin au bureau en sifflotant ? Je suis
pas arrivé au bureau en sifflotant. D'ailleurs, je suis pas siffloté.
T'es fâché ? Ouais, non.
Je commence à m'habituer.
Oh, mais écoute, je t'aime.
Je peux tout lui raconter à ta Julia du moment que tu me trompes pas avec elle.
Bon alors qu'est-ce qu'on fait pour ces résultats-là ? Je l'envoie ou tu y vas ?
Non, j'ai dit que ce sera moi et ce sera moi.
Qu'est
-ce
qui se passe là ? Pourquoi tu peux pas me parler au téléphone ? J'étais là-bas
pour les résultats.
Bon ben, ça va, j'ai le mien, c'est négatif.
Et le mien ? Le tien, il doit encore faire des recherches.
Des recherches ? Quelles recherches ? Tu comprends, il va l'être sûr avant de
communiquer un résultat, alors il vérifie.
Je suis positif ? La réponse définitive arrivera dans une semaine.
Qui c'est qui t'a dit ça ? La fille du labo.
Quoi, merde, t'as pas vu Meunier ? Non, c'est qui ? C'est le patron, c'est un
ami.
Moi, j'ai vu que la fille derrière son comptoir.
Je comprends pas, là. S'il y avait eu un problème, il m'aurait téléphoné. Non,
mais ils m'ont pas dit qu'il y avait un problème, ils m'ont dit qu'ils savent
pas encore.
Toi, c'est sûr, ça va. Oui, ça va.
HIV 1, HIV 2, les deux sont négatifs.
Enfin, toi, je suis un peu embêtée, une semaine, c'est long.
C'est interminable, ouais.
La fille que t'as connue avant moi, c'était qui ? Oh, c'était il y a deux
ans.
Non mais c'était quel genre de fille ? T'inquiète bien, c'était l'assistante de
mon dentiste, très bien.
Tu l'as aimée ? Non, c'était juste physique, mais bon... On faisait l'amour
sans préservatif, mais... Enfin, elle avait pas un passé très lourd, je devais
être son deuxième.
Elle se droguait ? Hein ? Elle se droguait ? Non, je pense pas.
Et avant elle ? Avant, il y a eu l'américaine, mais enfin bon, on a fait
l'amour qu'une fois.
En général, ça suffit.
Marc était un peu léger.
Il fumait de l'UH, de toute façon, il n'y avait pas que l'UH.
Et avant ton américaine ? On va remonter jusqu'à quand comme ça ? On le prend pas
mal, moi, ce que j'en dis, c'est pour toi.
Tu sais, j'ai pas autant de filles que tu crois.
T'as peur ? Pas ça, je suis pas tranquille, c'est tout.
Bon, je suis rassuré que t'es rien, c'est déjà ça, mais bon, je suis pas
tranquille.
Mais t'as jamais eu de symptômes, non ? Je sais pas, enfin, des fois, des
brûlures d'estomac, mais enfin bon, rien de sérieux.
Et si je te dis que... Quoi ? Mais j'ai pas un test, j'ai deux tests, j'ai le
tien. Ça va, t'es négatif.
Mais t'es...
T'es complètement folle, hein ? Ah mais je suis jalouse, voilà. Je voulais
savoir pour les autres, comme je suis sûre que tu m'aurais pas dit.
Attends, je t'ai épargnée, j'aurais pu dire que t'étais positif.
Bonjour, vous êtes bien chez Muriel ? Je ne suis pas là, mais vous pouvez laisser
un message et je vous rappellerai dès mon retour.
Attention, c'est à vous.
Muriel, c'est moi, là. Je suis désolé pour la gifle.
Je voulais pas te frapper, bon, mais c'est parti tout seul. Je sais pas ce
qui m'a pris.
J'avais jamais encore frappé quelqu'un.
Je m'en veux, tu peux pas savoir.
Mais avoue aussi que ce que t'as fait, t'es d'une cruauté diabolique.
Allez, rappelle-moi vite. On a tous les deux à se faire pardonner.
J'ai pas dormi ici, j'ai passé la nuit chez Pascal.
On doutait un peu.
Je vais te raconter.
Je dis que tu m'avais frappée.
D'ailleurs, j'ai une dent qui bouge. Je me demande si je devrais pas aller voir
un dentiste.
Il m'a dit que si t'étais violent avec moi, il fallait que je te quitte très
vite.
Il m'a même conseillé porter plainte pour couilles et blessures.
Il connaît un médecin qui peut me faire un certificat médical. Il connaît aussi
un avocat.
Il en connaît du monde, Nino. T'as été scandalisé, il est horreur de la
violence. Je suis pas violent.
Je me suis jamais battu physiquement.
Ça c'est sûr qu'entre moi, il y avait pas beaucoup de risques.
Il faut au moins 20 kilos de plus.
T'as couché avec lui ? Voilà, ça c'est tout ce qui t'intéresse. Savoir si j'ai
couché avec lui.
T'es pas obligée de me répondre.
J'ai couché avec lui. C'est même moi qui ai insisté.
Pourquoi il voulait pas ? Imbécile.
Tiens, je t'ai ramené ça pour me faire pardonner.
Qu'est-ce que c'est ? Bah, lourd.
C'est de l'or ? Tu peux le changer d'ailleurs si tu veux.
Et au prochain hématome, ça sera quoi ? Une rivière de diamants ? Arrête, j'ai
pas dormi de la nuit.
Il est très beau, tu me le mets ?
Je peux
t'embrasser ? Tu comptes
revoir Pascal ?
Bien sûr, il a été très gentil avec moi.
Je m'ai mis droit à des croissants ce matin.
Après, il m'a accompagnée à mon travail.
On m'a proposé de partir en week-end avec lui.
J'ai envie de toi.
Je suis crevée, j'ai fait la mort toute la nuit.
Tu me repasses un coup de fil quand ça ira mieux ? Peut-être.
Repose-toi bien.
Tu m'embrasses pas avant de partir ?
Qu
'est-ce que t'as pris déjà ? Filet de
sole, pomme vapeur et une soupe condensée.
C'est une entrée chaude, non ? Ouais, pourquoi, c'est pas bien ? Si.
Mais ce qui est terrible ici, c'est que le service est affreusement long.
On sera pas dehors avant une heure et demie.
T'es pressé ? Ah oui, j'ai envie.
Moi aussi.
Une heure et demie plus une heure pour arriver chez toi, ça fait deux heures et
demie. J'ai peur de ne pas pouvoir te lire tout ce temps.
Tu veux qu'on parte tout de suite ? Non, j'ai quand même faim.
Qu'est-ce que tu proposes ? Quelles sont les toilettes qui sont premières ? Je
dis ça comme ça.
Tu veux me faire l'amour dans les toilettes ? C'est pas très romantique,
je sais, mais je t'assure, j'en peux plus.
Mais si on y va en même temps, on va tirer les hommes sans... On peut pas le
faire ici non plus.
Ok, d'accord.
On va toi aller des hommes ou toi aller des femmes ? Des femmes, non ? Non,
écoute, voilà ce qu'on va faire.
Tu vas y aller la première.
Tu choisis la première porte en portant de la gauche.
J'attends une minute, je te demande de téléphoner, je te rejoins, d'accord ? D
'accord.
Tu portes quoi, là, sous ta robe ? Une petite culotte bleu ciel.
Tu la connais, non ? Je sais pas, mais là, je peux pas te la montrer.
Et t'as des collants ? Oui, excuse-moi, j'avais pas prévu.
Tu sais aussi ce qui me ferait plaisir ? C'est que t'enlèves ta robe, tes
collants, ta culotte, et que tu gardes que tes chaussures.
Tu me veux toute nue. Oui, mais avec tes chaussures. D'accord.
Vas-y, là, c'est bon.
Je compte jusqu'à 60 et je te suis.
Si les plaies arrivent en même temps ? T'inquiète pas, je te garderai pas
longtemps.
Quand est-ce qu'on pourra dormir ensemble ? On a déjà dormi ensemble ?
Une fois.
Ça te manque ? J'ai froid toute seule.
J'ai surtout froid aux pieds.
Tu sais masser les pieds ? Non.
Mais je peux essayer.
J'ai connu un garçon qui faisait ça très bien. Il restait des heures à me masser
les pieds, ça m'en dédingue.
C'était qui ?
Il s'appelait Frédéric.
Je t'en ai jamais parlé.
T'es restée longtemps avec lui ? Un an.
Et je l'ai quitté.
Apparemment elle a beaucoup de regrets, elle a l'air toute triste.
Je pouvais pas faire autrement, il me trompait.
Donc où je suis avec une autre, il me le disait pas.
Un jour j'ai trouvé dans ses affaires un petit paquet cadeau.
Avec un mot où c'était marqué dessus, je t'aime.
C'était deux jours avant la Saint-Valentin.
Je me suis dit, c'est génial, il y a pensé.
Le jour de la Saint-Valentin.
Il n'y a pas eu de cadeau ? Non seulement il n'y a pas eu de cadeau,
mais il m'a laissée toute seule. Il est rentré vers 10h du soir.
Il a commencé à me mentir, à me raconter que son père avait besoin de lui pour
déménager des trucs.
Moi j'ai demandé si elle était contente de son cadeau.
Ça l'a coupé net.
Il s'est fondu en larmes.
Qu'est-ce qu'il a dit pour se défendre ? Il s'est pas défendu, il a tout reconnu.
Il prétendait qu'il m'aimait quand même.
Tu le croyais pas ? Comment veux-tu ? Tu penses pas qu'on puisse aimer deux
femmes à la fois ? Non ? Les femmes s'imaginent toujours que quand on en
aime une, on peut pas en aimer une deuxième.
Que c'est l'une ou l'autre.
Il y a des hommes qui ont le cœur assez grand pour en aimer plusieurs.
Deux, trois, quatre... Tu parles de toi, là ? Non, je parle de ton type. Là, vous
étiez pas mariés.
Non, non, j'avais 19 ans, il en avait 23.
Si tu penses qu'il t'aimait pas, qu'est-ce qui le forçait à rester avec
toi ? J'en sais rien.
Moi, je pense qu'il t'aimait.
Mais il pouvait en aimer une autre en même temps.
Peut-être, mais moi, je partage pas.
Avec moi, t'es bien obligée.
Mais ça, ça pourra pas durer à du vitame éternellement.
C'est mon premier et mon dernier homme marié. Après, j'arrête. Ça fait trop
souffrir.
Si je dois disparaître de ta vie, ça sera moi qui partirai. Et j'espère que
ça te fera mal.
Et que tu souffriras le martyr.
Pourquoi t'es méchante avec moi, comme ça, là ? Parce que je t'en veux d'avoir
réussi à me faire tomber heureuse de toi.
Tu trouves pas qu'on a des moments extraordinaires ? Quand rien que pour
ça, ça vaut le coup, non ? Oui, bien sûr, des moments.
Quand j'ai toujours un oeil sur la montre, toujours le moment où tu vas me
dire qu'il est tard.
On a besoin de moi, il faut que je rentre. Tu dis jamais que c'est elle. Tu
peux pas savoir, ça m'horripile quand tu dis pas les choses clairement.
C'est par pudeur, c'est pour te ménager.
Attends, mais tu crois que j'oublie que t'es mariée ? Même quand on fait l
'amour, il y a une partie de moi qui pense à ta femme.
Parce que ce que je suis en train de lui voler, je sais qu'il va falloir que je
lui rende, et ça, ça me rend dingue.
Écoute, je suis désolé, si je te fais de la peine, vraiment, je suis désolé.
Désolée. Tu sais dire que ça.
Qu'est-ce que t'as là aujourd'hui ? Je veux que tu restes dormir avec moi.
Je peux pas.
Je t'en supplie, j'ai pas envie de rester seule.
Je veux m'endormir contre toi, je veux me serrer dans tes bras. Mais c'est quoi
ce caprice ? Mais c'est pas un caprice, je suis en train de te supplier.
Reste, j'ai froid.
Mais t'as qu'à monter le chauffage.
Merci, j'y avais pas pensé.
Ce week-end, je pars à Deville avec Pascal.
Quel rapport ? Ça n'a aucun rapport. Je dis simplement que ce week-end, je pars
à Deville avec Pascal.
Et j'ajoute que je ferai l'amour avec lui.
Autant de fois qu'il en aura envie.
Si ça te fait plaisir.
Je me laisse ? Je suis obligé.
J'espère que je t'ai bien vidé les couilles et que c'est tu que tu pourras
pas baiser avec ta femme !
C'est bien chez Muriel.
Je ne suis pas là, mais vous pouvez me laisser un message.
Et je vous rappellerai dès mon retour.
Attention, ça va être avant.
Muriel, c'est moi là. Il est 22h. Tu peux me rappeler jusqu'à 22h30 sur mon
portable. Enfin, sinon demain au bureau.
Allez, je t'embrasse partout.
Imaginez un tout petit petit soupline. Le nouveau soupline ultra.
Imaginez qu'un petit expert apprécie sa très très grande douceur.
N'imaginez plus, voici un nouveau souple inultra.
Il permet autant de lavage qu'un bidon de 3 litres et un petit bouchon
équivalent à un grand.
Bonjour, vous êtes bien chez Muriel ? Je ne suis pas là, mais vous pouvez laisser
un message et je vous rappellerai des manteaux.
Attention, c'est à vous.
Muriel, là, qu'est-ce qui se passe ? J'appelle à ton travail, là, on me dit
que tu t'es absenté. J'appelle chez toi, t'es encore sur Répondeur.
Bon, j'attends des explications, c'est quand tu veux.
Je ne suis pas là, mais vous pouvez me laisser un message.
Et je vous rappellerai dès mon tour.
Attention, ça va être à vous.
Écoute Muriel, là, c'est insupportable.
Qu'est-ce que je t'ai fait, là ? Je sais que t'es là, en plus. Tu veux pas
répondre, mais je sais que t'es là.
Écoute Muriel, je t'aime. J'ai besoin de te voir, de te voir très vite. Je parie
qu'il y a encore Pascal derrière tout ça. T'as été le conseiller dans ses
bras. Si ça se trouve, il est à côté de toi, il m'entend, mais j'en ai rien à
foutre.
Putain, qu'est-ce que tu veux que je fasse, là ? Mais parle-moi, bordel !
Écoute, ça fait quatre jours, là, je suis mal.
J'arrive même pas à manger, j'arrive pas à travailler. Tu veux qu'on se quitte ?
C'est ça, hein ? Bon, bah, OK, alors, mais dis-le, quoi, merde !
Enfin,
mais qu'est-ce qu'il y a, là ? Qu'est-ce qui se passe ? Tu réponds pas au
téléphone, alors je suis obligé de me déplacer. Mais attends, t'as vu l'heure
qu'il est ? Il est 4h du matin. Demain, je me réveille à 8h. J'ai besoin de
dormir. T'es pas toute seule, là ? Si.
Laisse-moi entrer, faut que je te parle.
Petit sommeil ! Si tu me laisses pas entrer, je te préviens, je fais un
scandale devant ta porte, j'envahis tous les voisins et dans l'état où je suis,
je suis capable de n'importe quoi.
Bon alors, sois raisonnable dans ton intérêt. Un quart d'heure maximum.
Bon, je t'écoute.
Je comprends que tu sois comme tu es.
Je comprends que tu aies besoin d'avoir un homme pour toi toute seule, enfin un
homme qui reste.
Mais bon, malheureusement, j'ai une vie, quoi.
J'ai une femme, un fils, et pour moi, c'est impossible de foutre tout ça en l
'air.
Alors... Ce que je te propose, c'est de partir sur de nouvelles bases, enfin
de... Quelque chose de... De nouveau, en tout cas, du concret.
Voilà, tu quittes ton studio et on prend un deux pièces plus grand, plus beau,
plus confortable.
Tu laisses tomber ta femme ? Non mais...
Je m'arrange pour dormir deux fois par semaine avec toi.
Tu vas lui dire ? Non mais bon, je vais faire la navette entre la France et l
'Italie.
J'ai un projet à Rome, ça se passera très bien.
Et deux pièces, qui c'est qui le paye ? T'inquiète pas pour ça.
J'étais sûre que t'allais m'acheter. Tu veux qu'on partage le loyer ? Tant t'es
marrant, j'ai pas les moyens, moi.
Alors laisse-moi faire.
Toi-même, tu reconnais qu'ici, c'est pas terrible.
Alors imagine, je sais pas, 50 mètres carrés dans le 15e arrondissement, vu
sur la scène.
Un dernier étage avec une terrasse, c'est agréable quand il fait beau. T'es
incroyable. Tu veux pas ? Si j'accepte, je serais complètement à ta merci. Tu
auras les clés, tu pourras débarquer chez toi quand t'en auras envie.
Les jours où j'en aurais marre, il faudrait que je me trouve un autre
appartement. Bientôt, tu vas me demander d'arrêter mon travail. Ça continue pour
que je sois encore plus dépendante de toi.
Je vais pas trop tirer ton travail, non.
L'Italie, c'est bien joli, mais c'est un prétexte qui peut tenir combien ? Un
mois, deux mois, maximum ? Plus.
Même si ça suffit pas.
Elle est pas bonne ton idée, tu t'es fatigué pour rien.
C'est ce que tu veux que je fasse alors ? Là maintenant, tout de suite là, que
tu t'en ailles.
J'ai décidé que ça suffisait.
Si moi j'ai pas décidé moi.
Alors qu'est-ce que tu vas faire ? Tu vas tout casser ?
Allo
? C'est moi.
Bah je crois que tu devais dormir parce que demain tu te lèves tôt.
T'es où ?
À deux minutes de chez moi, même pas.
C'est la proposition de location de studio, je maintiens, ce sera une
bêtise. Alors y'a rien de changé ? Si, ce qui a changé c'est qu'on se quitte
pas tout de suite.
Mon amour.
Tu veux que je fasse demi-tour ? Non, j'ai envie de rester seule.
Dis-moi que tu m'aimes.
Dors bien.
Muriel, je te dérange ? François, je ne peux pas te parler, j'ai un client.
Tu fais toujours la gueule ? Non, pourquoi ? Demain, tu prends ta journée,
je t'emmène à la campagne. Il paraît qu'il va faire un temps superbe.
Tu es gentil, mais je ne peux pas prendre ma journée comme ça.
Dis oui.
Ce n'est pas possible.
Allez, dis oui.
François, j'ai un client qui s'impatiente. Écoute, tu dis oui, je te
laisse tranquille.
Oui. Tu vois, c'est facile.
Je te laisse avec ton client, je te rappelle tout à l'heure pour les
modalités.
Tu viens le week-end avec ta femme ? De temps en temps, quand il fait beau.
Vous devez vous emmerder, non ? Tu sais, on vient surtout ici pour se reposer.
Des fois, on invite des amis, on fait des barbecues dans le jardin. Bon, ça
révolutionne pas les loisirs, mais c'est bien, c'est agréable.
Tu m'as amenée ici pour quoi ? Disons pour te voir dans un décor qui m'est
familier.
C'est pas un peu pervers, ça ? Non.
J'aime cette maison, j'avais envie de te la montrer, j'avais envie qu'elle te
plaise, enfin voilà, c'est aussi simple que ça.
Tu veux me faire l'amour dans le lit conjugal ? Je suis pas aussi tordu que
ça.
C'est dommage, que moi ça m'aurait bien plu.
Je dirais même que ça m'excite.
Ça m'étonne de toi, ça.
Elle est où, votre chambre ? Pourquoi ? Pour la voir.
Ah, c'est celle-là.
Toi tu te fous de ma gueule, ça c'est la chambre d'amis.
Ce serait pas plutôt celle-là ? Elle est plus grande.
La déco c'est ta femme ? Ouais.
Elle a du goût.
Tu viens ? Non, pas ici.
T'as pas envie de moi ? Si, mais pas dans cette chambre. Sois gentil, il
sort. Tu veux bien tromper ta femme et pas dans son propre lit.
Écoute, ça peut paraître paradoxal, mais je respecte Irène et il y a certaines
choses que je lui ferai jamais.
Mais qu'est-ce que ça peut faire ? Elle ne saurait pas aller bien.
Moi, je saurais, c'est déjà beaucoup. Allez, sors, là.
Écoute, François, sois cohérent. Tu m'amènes chez toi, dans une maison qui
respire l'odeur de ta femme, qui a imbibé sa présence.
C'est pas innocent, ça ? T'as envie de me sauter, mais tu le vois avec ta
conscience, tu t'arranges.
Pas dans la chambre nuptiale, mais dans la chambre d'amis.
Bah non.
Si t'as envie de faire l'amour, on le fera dans le même lit que le sien.
Puis je suis sûre qu'au fond ça te démange.
La clandestinité, les mensonges, la tricherie, t'aimes ça ? On va aller
jusqu'au bout.
On va bien salir les draps, on va bien les dégueulasser pour que ça t'excite.
Mais pas suffisamment pour qu'elles s'en rendent compte.
Et elle s'occupe comment toute la journée ? Elle a une boutique, elle
travaille à mi-temps.
Qu'est-ce qu'elles vont ? Des pullovers.
Tu m'avais caché ça, moi je pensais qu'avec tes revenus elle travaillait
pas.
Elle est où sa boutique ? Qu'est-ce que ça peut te faire ? Tu peux me le dire, c
'est une activité légale. Ouais bah je suis pas chargé de faire sa pub.
Dis-moi au moins le nom du magasin.
Non d'ailleurs j'aurais même pas dû te dire qu'elle travaillait.
Pourquoi c'est mystère ? Parce que... Tu cloisonnes. C'est ça, laquelle il y a ça
comme ça, je cloisonne.
Je suppose qu'à tes autres maîtresses non plus, tu leur donnais pas le nom du
magasin ? Aux autres, je leur disais qu'elles travaillaient pas comme ça et m
'emmerdaient pas. Moi, je me considère pas comme les autres. Je veux savoir le
nom de ce magasin et tant pis si ça t'emmerde.
Écoute, Muriel, tu veux pas qu'on parle d'autre chose ? Non, je veux que tu me
dises ce que j'ai envie de savoir.
Ou sinon ? Sinon, ce soir, tu me touches pas.
Écoute, Muriel, il y a des choses qui te concernent et des choses qui te
concernent pas. Et là, j'estime que c'est une chose qui te concerne pas.
T'es égoïste. Mais non, l'égoïsme n'a rien à voir là-dedans.
Je suis secret, discret, tout ce que tu veux, mais pas égoïste.
Mais ça t'avancera à quoi quand je t'aurai le nom du magasin ? C'est pour t
'acheter des pulls, moi je peux t'en offrir.
Et de meilleure qualité.
N'essaie pas de m'acheter.
Tu m'as déjà racheté la gifle avec un bracelet, tu m'auras pas deux fois,
surtout pas avec des pulls.
Magali. Quoi Magali ? Le magasin s'appelle Magali, enfin l'enseigne si tu
préfères.
Ça vient d'où ce nom ? C'est le prénom qu'on avait choisi si on avait eu une
fille.
C'est joli, moi ça me plaît bien.
Tu veux l'adresse aussi non ? Oh mais non, t'inquiète pas, j'irai pas.
Tu remarques rien ? Tes cheveux ? J'ai été chez le coiffeur.
Puis comme j'étais dans les frais, j'ai fait les magasins et je me suis offert
des pulls.
T'aimes celui-là ? Ouais, il est bien.
Tu reconnais, je suppose ? Non, mais je devine.
Tu vas prendre ça pour de la curiosité mal placée, mais je t'assure, j'avais
vraiment besoin de pulls. J'avais plus rien à me mettre. Comme il n'y a qu'une
seule boutique de pulls dans Paris.
T'es fâché ? Non.
Ça te ferait trop plaisir.
Alors, je suppose que tu vois, il a envie de faire des commentaires.
Elle est plutôt bien.
Je sais pas pourquoi, je la voyais grosse, brune, sûre d'elle.
J'avais tout faux.
Elle a beaucoup de charme.
Je lui ai demandé de me conseiller, elle a été adorable.
Celui-là, c'est elle qui l'a choisie ? Ouais, il est beau, non ? J'en ai acheté
deux, j'en ai pour plus de mille francs, elle était contente.
Elle a aussi, je suppose que ça t'a excité.
Mais toi, à ma place, rencontrer la femme avec qui tu partages le même
homme... Elle n'a pas senti que tu la regardais avec trop d'insistance ? Si,
peut-être.
Mais tout à coup, je la sentais plus comme une rivale.
Puis j'avais envie qu'elle me regarde aussi.
Alors j'ai payé par chèque.
J'ai donné ma carte d'identité, elle a vu ma photo.
Et tout à coup, j'ai pensé à la maison de campagne, à son lit, à tous tes
détails intimes que je connais par cœur, tes mains, ton odeur.
Je me suis arrangée pour qu'elle voit mes seins.
J'ai pensé à tout ce que tu m'avais dit sur mes seins.
On n'a vraiment pas les mêmes fantasmes.
Je suis satisfaite.
Attends, c'est toi qui m'as rendue comme ça. Il y a six mois, j'aurais jamais pu
éprouver du plaisir dans ce genre de situation.
Si j'en suis là, c'est ton oeuvre.
J'espère que t'as pas l'intention d'y retourner.
Je sais pas, si elle me voit deux ou trois fois, elle aura peut-être l
'impression que j'existe.
Qu'est-ce que ça veut dire, ça, que t'existes ? Que j'existe, que je suis
réelle.
Quand on est avec quelqu'un comme toi, tout est tellement caché, secret, qu'on
finit par se demander si ce qui nous arrive, ça arrive vraiment.
Moi, j'ai besoin d'être reconnue, que ce soit officiel, que ça existe.
Ça existe, je te sors, je te montre.
On est dans un endroit public, là, les gens peuvent nous regarder, tu veux que
je parle plus fort pour qu'on nous remarque, c'est ça ? Putain, tu te
donnes un spectacle ! Mais c'est pas ça que tu veux !
Tu
dis rien ? Je t'écoute.
Je raccroche alors ? Non, non s'il te plaît, pas tout de suite.
Qu'est-ce que tu veux ? Rien, je veux juste que tu raccroches pas.
Bon ben je raccroche pas.
C'est bien là ? On n'est pas obligés de parler.
Non, on n'est pas obligés.
Toi t'as peur du silence ? Non.
Non.
Je t'entends respirer.
C'est comment ? Rigolo.
Respire, toi, pour voir.
T'entends ? Non.
Pourtant, on se respire, là.
Ça passe pas au téléphone.
Et là ? Tu souffles.
Mais non, on se respire, je te jure.
Tu souffles.
Tu me trouves bête.
Oui.
C'est vrai, des fois je peux être très bête.
Je vois.
Il suffit que je me force un peu.
Pas tant que ça.
Viens me voir.
Écoute, t'as vu l'heure qu'il est ? On n'a pas sommeil tous les deux.
Oui, mais dans une demi-heure tu seras crevé.
Si tu me voyais là, tu me ferais l'amour, tu résisterais pas.
Moi c'est pour ça, je préfère rester.
Salope.
Salope.
C'est vrai, ça me va bien des fois.
Je t'aime. Quoi ? Quoi ? Redis-le.
Non, une fois par 24 heures.
Tu mens.
Il faut dormir maintenant.
Mais qu'est-ce qui t'arrive ? Voilà, ce que j'ai à te dire va pas être très
agréable.
On va pas se voir pendant quelque temps, pas longtemps, enfin bon... T'as
rencontré une autre fille ? Non.
Non mais Irène est tombée sur un relevé de carte bleue.
Elle a vu l'hôtel et bon, ce soir-là, je lui ai dit que j'étais à Nice pour 24
heures et... Donc elle a compris.
Ouais.
Enfin, j'ai minimisé.
Je lui ai dit que c'était qu'une fois, qu'elle avait aucune raison de s
'inquiéter, enfin bon... Enfin, maintenant elle...
Elle se méfie, quoi.
Et t'as fait une scène ? Non, c'est pas le genre.
Elle reste toujours posée, même si intérieurement, elle est très perturbée.
Puis là, elle l'était.
Elle a pleuré. Enfin, elle a essayé de se cacher, mais... T'as craqué.
Ça faisait longtemps que j'avais pas vu pleurer.
Puis faut bien reconnaître que... que depuis qu'on est ensemble, je la voyais
plus beaucoup, hein.
Quoi que ce soit, j'ai pas mal délaissé, puis... T'es en train de me dire que je
suis coupable. C'est de ma faute.
Non.
Non, c'est moi le coupable.
Mais en même temps, je veux pas lui faire du mal, tu comprends, je... Alors
bon, j'ai décidé de m'occuper d'elle pendant quelques temps, de partir en
voyage.
Où ? Au Mexique.
Elle a toujours rêvé du Mexique, elle connaît pas, d'ailleurs moi non plus.
Et ton fils aussi ? Non, lui il reste, il va en classe, on le casera chez ses
cousins.
C'est un voyage d'amour, alors ?
Ça fait très longtemps que je n'étais pas parti avec elle.
Ça nous fera du bien à tous les deux.
Qu'est-ce que tu crois que ça va faire ? Je ne sais pas.
Vous partez combien ? Deux semaines.
Ça ne remplace pas.
J'essaierai de te téléphoner.
Tu trouves ça cruel ? Pas cruel, nul. Je trouve ça nul.
Il faut que tu comprennes.
Avant de te connaître, j'ai eu une vie.
Quand je t'ai rencontré, j'ai oublié un peu tout ça. Je me suis pas rendu compte
à quel point ma femme avait besoin de moi.
C'est pas facile d'être entre vous deux. Tu m'as toujours dit qu'il n'y avait
plus rien entre vous.
Mais non, je t'ai pas dit ça, t'inventes.
Tu m'as dit que c'était fonctionnel, ça j'avante pas, ça c'est un mot à toi.
Oui.
Il a suffit qu'elle découvre quelque chose pour que tu t'aperçoives que t'es
encore amoureux.
Qu'est-ce que tu lui as dit sûrement ? Je vais pas parler de toi.
J'ai raconté que c'était une femme mariée qui m'avait fait des avances
pendant un cocktail et que... Mais pourquoi mariée ? Bah...
Déjà pour la vieillir et pour qu'elle croit que c'est plus difficile de la
revoir. J'ai même dit qu'elle aimait son mari et que c'était juste comme ça un
soir.
Elle t'a cru ? Oui, j'espère.
Tu serais pas en train de m'annoncer qu'il vaut mieux qu'on se quitte ? Non,
mais... Si c'est ce que tu veux...
Je ne proposerai pas. Tu n'as pas ton pareil pour renverser la vapeur.
Écoute, je ne veux pas te quitter.
Je t'aime, mais je te demande de comprendre aussi qu'en ce moment, j'ai
besoin de me retrouver seul avec Irène.
Tu n'as pas l'air de réaliser qu'elle a subi un choc. Je réalise, ne t'inquiète
pas.
Normalement, on prend l'avion la semaine prochaine.
On se verra à mon retour.
Et avant ton départ, on peut pas ? Non, on va quelques jours en Provence, j'ai
une maison à Aix et... Mais avant l'entrée, ça fait pas deux semaines, ça
fait trois semaines.
Écoute, je peux pas faire moins.
Allô ? Muriel, c'est moi.
T'es à Aix ? Oui.
Je t'appelle d'une cabine et j'ai pas beaucoup d'unité.
T'es seule ? Oui, pourquoi ? Tu pensais à qui ? Non, à personne.
Enfin, si, à Pascal.
Ça, c'est une bonne idée, je l'appellerai.
Et toi, ta femme, ça va ? Elle est contente ? Tu me manques.
C'est toi qui es partie, je te signale.
Bon, je serai à Paris vendredi en fin de matinée. On peut se voir dans la journée
? Non, je travaille.
Samedi, si tu veux.
Samedi, non, c'est pas possible.
On prend l'avion, on décolle à 9h. Alors, je sais pas, moi, vendredi soir.
Non, je peux que dans la journée, en fait.
Moi, je peux pas. Je suis pas à ta disposition.
C'est pas très gentil, ça.
Écoute, François, il y a un film génial à la télé. Là, c'est presque la fin. J
'ai peur de rien comprendre.
Bon, d'accord, je te laisse.
Je t'appellerai à ton travail vendredi ? Si tu veux.
Bon, t'embrasses partout.
Allô, oui ? Je peux me libérer ? J'ai mon après-midi.
Écoute, je suis désolé, mais moi, je peux pas.
Tu voulais pas qu'on se voit aujourd'hui ?
Oui, mais là, je ne peux plus.
Entre temps, j'ai pris deux rendez-vous et je ne peux plus les annuler.
Tu pars toujours demain ? Oui.
Et ce soir ? On ne peut pas se voir ce soir ? Ce soir, je te dis que ce n'était
pas possible.
Je te rappelle que c'est toi qui tenais à ce qu'on se voit avant ton départ. Tu
m'as clairement expliqué que tu ne peux pas prendre ta journée.
Moi, à partir de cette information, j'ai pris des engagements.
J'ai eu 11h15, j'ai un déjeuner à 13h, une réunion à 15h30 qui risque de se
prolonger. Je suis complet jusqu'à demain matin et demain matin, je prends
l'avion. D'accord.
Il ne me reste plus qu'à te souhaiter bon voyage alors.
Écoute, j'essaierai de te rappeler ce soir.
C'est pas la peine, ce soir je serai pas chez moi.
Muriel, c'est moi.
Je ne sais pas l'heure qu'il est exactement à Paris, mais d'après mes
calculs, tu devrais être chez toi.
Apparemment, tu n'es pas là.
Bon.
Je suis à Capulco, il est 3h de l'après-midi.
D'ailleurs, un jour, il faudra que je t'emmène, c'est sublime.
J'espère que je te manque.
Je te rappellerai.
Je t'embrasse partout.
Tu es noir, je ne t'ai jamais vu comme ça.
Encore, tu n'as pas vu mes épaules, j'ai mis un soleil.
Tu as grossi, non ?
Tu parles, on n'arrêtait pas de bouffer. C'était infernal.
Je vais vite m'en mettre au steak salade avant de devenir difforme.
Non, moi j'aime bien.
Dis-toi, ça s'est passé comment ? Ben moi, je suis restée, il a fait mauvais,
mais ça va.
J'étais pas trop manquée ? J'étais pas toute seule, j'ai eu de la compagnie.
Pascal ? Non.
J'ai rencontré quelqu'un d'autre.
Il s'appelle Romain.
Il est très beau.
Et tu l'as rencontré quand ? Lundi d'il y a deux semaines.
On était partis au cinéma avec Christelle, après on a été boire un pot
et à la table d'à côté, il y avait un groupe de trois mecs.
Jaunes, non ? 25-30 ans.
Et on avait un d'une beauté, un ange.
On a été en boîte, on a dansé ensemble et après on s'est revus pratiquement
tous les jours.
On t'a couché avec vous dès le premier soir ? Le deuxième.
Rapide, hein ? J'ai eu envie de lui tout de suite.
Il est musicien.
Il joue de la guitare, mais en professionnel. Il accompagne les plus
grands. Il a déjà bossé avec Véronique Samson.
Samedi, il m'a présenté à un chant fort.
Pourquoi il cherche des choristes ? Sois pas comme ça, je te raconte.
Tu me situes où, moi, dans tout ça ? Écoute, François, c'est pas facile,
mais... Avant ton départ, tu m'as dit que si je voulais te quitter, tu t'y
opposerais pas. Je crois que le moment est venu, quoi.
Pour toi, oui. Tu rencontres un type, tu tombes amoureuse de lui, tu décides que
c'est terminé. Je serais pas tombée amoureuse si je t'avais eu pour moi
toute seule.
Je crois qu'on a fait notre temps. De toute façon, on savait très bien que ça
pouvait pas durer.
Tu le savais encore mieux que moi.
Tiens, je t'ai ramené ça du Mexique.
Qu'est-ce que c'est ? Mais t'es fou, t'as payé ça
combien ? Tu voulais quand même pas que je laisse le prix dessus.
Non, non, c'est trop. Je peux pas accepter.
Mais je l'ai achetée pour toi.
Je sais pas, moi, pourquoi tu la donnes pas à Juliette ? Elle serait contente,
non ? Non, non, je lui ai déjà donné un truc. Je l'ai offert ce matin.
Bon, ben, je la garde, alors.
Ben oui.
Non, je la garde.
Je vais la mettre à ce doigt-là.
Elle est splendide.
Il faudrait que je fasse attention.
Tu fais exprès d'être belle, aujourd'hui.
Arrête, je me trouve affreuse. C'est faux, tu le sais très bien.
C'est parce qu'il te fait bien l'amour, c'est ça ? Arrête.
Qu'est-ce que je vais devenir, moi ? Écoute, François, tu parles pas
sérieusement. T'es marié, t'as un gosse, un travail, t'es pas à plaindre.
Tu vas devenir ce que t'étais avant moi, c'est tout.
Ce sera plus pareil, maintenant.
Ça, tu peux t'en prendre qu'à toi-même.
Donne-moi du temps, là.
Laisse-moi ma virtualité. Écoute, si on se quitte pas vite, on se quittera
jamais, alors.
Bon.
On se quitte tout de suite, alors.
Hein ? Je m'en vais, c'est ça que tu veux ? On se dit quoi ? On se dit au
revoir ? On se dit adieu ? On se dit rien, c'est mieux.
Bonjour, vous êtes bien chez Muriel ? Je ne suis pas là, mais vous pouvez laisser
un message et je vous rappellerai dès mon retour.
Attention, c'est à vous.
Je m'attendais à n'importe qui sauf à toi.
Il fait beau, j'ai envie de déjeuner à une terrasse.
Et comment ça se fait que je sois réapparu comme ça brusquement dans tes
pensées ? T'es pas réapparu brusquement, j'ai pensé à toi tous les jours.
Pas longtemps, mais au moins une fois par jour.
Et toi ? Pareil.
Pas longtemps, enfin une fois par jour.
T'as reperdu les kilos que t'avais pris au Mexique, non ? Oui, ils sont vite
repartis.
D'ailleurs, involontairement, tu m'as pas mal aidé.
Et ta femme, ça va ? Ça va.
Et toi, ton musicien ? Il est parti en tournée pour 15 jours.
Suisse, Allemagne, Belgique.
Mais sinon, ça va.
T'es toujours aussi belle.
Et la bague ? C'est tous les jours ou c'est uniquement parce qu'on se voyait ?
C'est presque tous les jours.
C'est le même problème avec une bague pareille, c'est que j'ai toujours peur
de la perdre, de me la faire voler. Je l'adore.
Je peux poser ma main sur la tienne ? La dernière fois que t'as fait ça, ça s'est
mal terminé.
J'ai envie de toi.
Arrête.
Il te fait bien l'amour ? Romain ? Oui, très bien.
Mieux que moi.
Tu me sers un peu de vin ?
J'ai pris mon après-midi, je vais à la piscine avec Christelle.
Je voudrais bien accompagner, mais malheureusement, j'ai pas de rendez
-vous.
Si tu veux, je te dépose.
Merci, t'es gentil.
Ça, je sais.
Trop, même, d'ailleurs.
On fera plus jamais l'amour ensemble, là.
Écoute, François, je t'ai pas appelée pour ça.
Je t'ai pas forcément aujourd'hui, mais bon... N'est-ce pas un peu espéré, quoi
?
Ce serait pas bien vis-à-vis de Romain.
Tu me diras que je suis pas obligée de lui dire, mais moi je suis pas comme
toi, je peux pas mentir.
Et puis j'aime Romain.
Attends, mais d'abord c'est qui Romain ? Ça va durer combien de temps ? Un mois ?
Deux mois ? Un jour il va se taper une danseuse en tournée, vous allez vous
engueuler, il va sortir de ta vie aussi vite qu'il n'est rentré.
Tu me parles de Romain comme si c'était le bon Dieu. Tu te trouves gentil en ce
moment ? Bah et toi ?
Tu débarques avec ton petit décolleté sous prétexte qu'il y a du soleil.
Tu me parles de ton musicien dont j'ai strictement rien à foutre.
T'es venue pour quoi d'ailleurs ? Pour me faire souffrir ? T'as raison, je
crois qu'il vaut mieux que je m'en aille.
Je te rappelle qu'on a commandé. Tu mangeras mon plat !
Je t'aime, tu sais.
Je t'aime encore plus qu'au début.
Ça nous avance beaucoup.
Il rentre quand ton musicien ? Dans une semaine.
Il faut vite te faire un enfant avant qu'il arrive.
C'est nouveau ça ? Un petit bâtard ? Tu diras que c'est le sien.
Il te rentre à son nom. On ne ressemblait pas du tout tous les deux.
Je sais, lui il est beau.
Toi aussi t'es beau.
Alors on fait un enfant là ?
Il aura tout le fric que tu veux. T'abuses, toi. Non, je suis sérieux.
Bon, lâche-moi, il faut que je fasse pipi. Non, je te laisse pas partir.
François, écoute, j'ai très envie, lâche-moi.
Non, je te tiens, je te garde. C'est pas vrai.
Arrête, je te fais pipi dessus.
Si tu veux, ça te fait plaisir. Je t'aurais prévenu. C'est toi que ça va
gêner, c'est tes draps. Je m'en fous, je devais les changer.
Tu me lâches ou je le fais ? Non.
Non, bah tant pis pour toi, je le fais.
Oh non, non.
C'est dégueulasse.
Arrête, y'a que quelques gouttes.
C'était vraiment folle.
Faudra assainir nos relations sexuelles, j'ai vraiment aucun goût pour la
scatologie. Lève-toi et viens prendre une douche.
Muriel, qu'est-ce que tu fabriques ? Ça fait plus de 40 minutes que je t
'attends.
Je viens pas.
Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Je peux pas.
Explique. Non, je peux pas.
T'es malade ? Tu te sens pas bien ? Non, non.
Il est revenu, c'est ça ? Oui.
Et il est là ? Oui.
Tu peux pas me parler ? Non.
Je t'appelle demain au bureau et je t'embrasse partout.
Il était juste à côté de moi, à 10 cm.
J'ai raccroché, il a laissé passer 30 secondes et il m'a demandé qui c'était.
Il a redétaché.
Et alors là, je suis restée en carafe. J'ai bafouillé.
Là où il a été très fort, c'est qu'il s'est montré très gentil.
Je sentais qu'il me pardonnait avant que j'avoue, alors je lui ai dit.
Quoi précisément ? Qu'on s'était vus pendant son absence.
Qu'on a fait l'amour, tout quoi.
Avec les jours précis, les dates.
Il a rien dit.
Il s'est fermé, ni vraiment fâché, ni triste.
Je sais pas trop ce qu'il pense.
Et tu regrettes ? Non, mais je peux pas être en état de mensonge permanent.
Aujourd'hui, je te vois, mais je lui dirai. Je veux être claire.
Et tu me vois pour quoi, là ? Pour te dire que c'est fini.
Mais vraiment fini.
Je t'appellerai plus et je te demande de plus me rappeler.
Tu m'aimes plus.
En tous les cas, j'arrête.
Tu m'as pas répondu, là. Tu m'aimes plus ? Non.
Je t'aime plus.
Je suis débordé, là. J'ai un peu d'une heure.
Moi aussi.
Bon, qu'est-ce qu'on fait ? On va manger ou on va à l'hôtel ? T'as envie de moi ?
Oui. Bon, alors on va à l'hôtel.
Ton mec est allé voir Irène.
Merde.
Enfin, entre parenthèses, bravo.
T'as été jusqu'à lui donner le nom du magasin, c'est carrément un rapport de
police que tu lui as fait.
Elle m'a dit qu'il avait été très agressif, qu'il avait d'abord pensé
venir me casser la gueule, et puis finalement, bon, il avait... Il avait
préféré aller la voir. Enfin, courageux, mais pas téméraire.
Il l'a tenue pendant plus d'une heure.
Il lui a raconté tout ce qu'il savait, apparemment, il en savait beaucoup.
Il a fait cadeau d'aucun détail.
Enfin, moi, je t'en veux pas. Tu m'as dit que tu savais pas mentir.
Tu sais pas mentir, mais tu sais raconter.
T'as dû avoir besoin de soulager ta conscience. Ça a dû te prendre toute la
nuit.
Moi, au confessionnal, on m'a toujours dit qu'il fallait faire court.
Enfin.
Bref.
Il a tout déballé.
Irène n'a pas réagi devant lui, puis... Et devant toi ?
Moi, j'ai le droit à toutes les délicatesses qu'un homme peut entendre
de la part de sa femme.
Menteur, tricheur, saty, obsédé sexuel. Enfin, tout ça sur un ton déçu et
monocorde.
Enfin, cette fois-ci, elle a pas pleuré.
Ce qui laisse présager une décision importante.
Elle veut te quitter ? Non, elle en a pas parlé, mais... Enfin, je pense qu
'elle doit y réfléchir en ce moment.
Et toi ? Ouais.
Je peux avoir mal divorcé.
C'est quelque chose que je n'arrive même pas à envisager.
Évidemment, si elle y tient, je n'aurais pas beaucoup le choix.
Je pense à David, puis à elle aussi.
Ça ferait beaucoup de déménagement, de réorganisation.
Je ne sais même pas si j'aurais cette énergie.
Je ne t'ai jamais vu aussi cassée.
Dans trois jours, j'aurai 40 ans.
Je t'invite à dîner pour mon anniversaire, non ? Tu peux pas.
Je pars avec Romain, il m'emmène avec lui en tournée.
C'est un peu normal, il a plus confiance.
Tu vois, on cherchait une bonne raison d'arrêter, mais je crois que cette fois
-ci, on l'a trouvée.
Ouais, t'as peut-être raison.
Cinq mois que nous ne nous sommes plus revus.
Cinq mois pendant lesquels j'espérais que tu me rappelles.
Je voulais croire que ta décision de rupture s'était faite sur un coup de
tête, mais tout semble à présent indiquer que, pour toi, notre histoire
est bien finie.
Pourtant, chaque fois que le téléphone sonne, j'ai le vague espoir que ce soit
toi.
Plusieurs fois même, j'ai composé ton numéro sans te laisser de message,
seulement pour entendre ta voix.
Mais la grâce d'être aimé de la femme qu'on aime ne dure pas.
On n'hiberne pas une passion.
On la dilue dans le quotidien ou on la tue.
Jusqu'avant de te connaître, je ne savais pas si j'aimais trop les femmes
ou si je les détestais.
Aujourd'hui, je le sais.
Il y a cette magie insaisissable qu'on croit capturée au moment où on les
possède.
Cette arrogance vénéneuse qui nous défie.
Le mystère de ces corps qu'on dévoile mais qui réapparaît aussitôt qu'elles se
sont rhabillées.
Au fond, j'aurais voulu avoir le temps de me fatiguer de toi, d'épuiser le
désir.
J'avais encore beaucoup à te donner.
J'ignore comment se passe ta vie en ce moment.
J'ose espérer qu'il t'arrive parfois de penser à moi.
Mais ce qui m'accable surtout, c'est d'imaginer que ce que nous avons vécu
ensemble ne se soit transformé en un souvenir de plus.
Qu'un jour tu raconteras l'épisode qui nous a réunis.
Qu'il n'y aura au mieux qu'une vague nostalgie.
C'est peu quand on sait la douleur et les débordements.
Mais personne n'y peut rien.
Ce sont les limites de la mémoire, son incapacité à restituer l'émotion.
Pour te donner mes nouvelles, avec Irène, tout s'est arrangé sans vraiment
se résoudre.
Nous essayons de vivre plus ou moins comme avant.
Ni elle ni moi ne souhaitions au fond réellement la séparation et la présence
de David à contribuer à cette décision.
Je ne finirai pas cette lettre en te disant réponds-moi ou téléphone-moi.
Ne fais rien.
Continue à me donner ce silence puisque c'est ton choix.
Je t'écrirai peut-être une autre lettre dans quelques semaines ou dans quelques
mois.
Je souhaite sincèrement que tu sois heureuse.
François.
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