All language subtitles for 1958 Sois Belle et Tais Toi.fre-fra

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Original subtitles

Musique épique

Coups de feu

Vrombissement du moteur

Une femme crie.

Vrombissement du moteur

Musique d'action

- Planque-toi un peu avant d'aller chez Raphaël.

- Je m'offre le cinéma.

On m'a recommandé un très bon film policier.

- Parfait. Moi, je vais chez Maxime.

Chez Maxime.

- Circulez, allons.

Circulez, messieurs. Allons! Circulez. Allons, allons.

C'est fini. Il n'y a plus rien. Circulez, voyons.

- Qui a fait le coup? - On l'ignore.

- Naturellement. - Bien sûr.

- L'inspecteur Morel a une idée. - Intéressant.

- Ce serait Charlemagne. - Vite, téléphone au journal!

- Qui c'est? - Si nous le savions,

nous l'appellerions pas Charlemagne.

- France Soir! Septième! Dernière!

Charlemagne recommence!

- Voici, merci.

- Demandez France Soir, septième, dernière.

Propos inaudibles

- Ne restez pas ici. C'est interdit.

- Police. - Quoi?

Musique de fanfare

C'est pour qui?

Applaudissements

Qu'est-ce qu'elle a fait? - Des bêtises.

- Quel genre? - Deux évasions.

- Elle sort de prison? - Non, du Bon Pasteur.

- Le Bon Pasteur?

- C'est une maison de redressement.

- Dommage. Une si bonne gosse.

- Elle est orpheline et mineure.

Elle veut pas rester à l'assistance publique.

Ca l'a menée en maison de redressement.

Et cette fois-ci,

probablement Doullens.

- Doullens? - Oui. La prison.

Roulement de tambour

Musique de fanfare Applaudissements

Virginie Dumayet?

- Oui? - Police.

Roulement de tambour

- J'aurais dû m'en douter à votre tête.

Je peux aller m'habiller?

- Oui, et je te ramène au Bon Pasteur.

Musique de fanfare

- Tu as de la chance, il reste un lit inoccupé.

Je t'aurais fait dormir au cachot.

- C'est pas beau de mentir, ma soeur.

- Allez.

Tais-toi.

Elle soupire.

Au lit.

Qu'est-ce que tu as?

- Oh, les draps sont glacés. Ouille, ouille, ouille.

- Tu es devenue bien douillette.

Essaie de dormir.

Tu passeras demain devant le conseil. Bon courage.

- Merci, ma soeur.

Ma soeur!

Vous ne m'embrassez pas?

- Tu ne le mérites pas.

Elle rit.

- C'est quoi, tout ce fourbi? Tu veux t'évader?

- Oui. - Oh, t'es folle!

C'est dangereux, les draps. Ca se déchire

et ça se dénoue.

Tiens. Voilà comment on se tue.

- Faut que je me tire d'ici.

- La clé du dortoir, c'est plus simple.

- Oh, comment t'as fait?

- Cherche pas. Faut dix ans d'apprentissage.

- Tu veux qu'on s'évade ensemble?

- Une seconde, je viens d'arriver.

Et je sais plus où aller.

- Moi, je sais.

On m'attend. J'ai des amis.

Alors, donnant-donnant.

Tu me fais sortir et je te planque.

- D'accord.

- Olga.

- Virginie.

- On se tire quand?

- A 11h, après la ronde.

Elle soupire.

Dis...

Qui c'est, tes copains?

- Des gars sérieux.

- Ils font quoi?

- Des voyages. Je vais passer à l'étranger.

- Tu crois qu'ils pourraient m'emmener?

Ici, plus un cirque voudra de moi.

- J'en parlerai à Loulou.

- Qui c'est?

- Le caïd.

C'est mon ami.

- T'as un ami?

- Pourquoi? Pas toi?

- Non, pas encore.

Des pas approchent.

- Ouvrez. C'est Gino.

- Alors?

Vous avez vu les journaux? - Déjà?

- Une édition spéciale. - Ca fait toujours plaisir.

- Hé. - Merde!

Charlemagne. Ils ont repéré que c'était le patron.

- Oh.

Personne ne sait qui est Charlemagne, à commencer par moi.

- Ah.

Il siffle.

C'est pas beau?

- C'est trop beau. - Ce qui veut dire?

- Difficile à vendre.

- Faut faire vite. Le patron est pressé.

- D'accord. Mais cette fois, je garderai 40 %.

- Attention, monsieur Raphaël. Le patron est dangereux.

- Moi aussi.

Alors, je m'occupe de vos pierres ou pas?

- Faites comme d'habitude.

Pour les conditions, je demanderai au patron.

- Bon, faisons l'inventaire.

Musique guillerette

- Viens. Viens, Olga. Tu descends?

Viens. Viens.

- Passe-moi une cibiche.

- Tu te crois en 1935? On dit: "Refile-moi une pipe."

- Je vais noter. - Faut se la faire.

- Loulou, c'est pour toi. - Oui. À la cabine.

- Oh, je veux jouer.

Mais j'ai pas d'agent. - Oh, 20 balles, maintenant!

- Attends. Attends.

Pierrot?

Olga. - Formidable. Comment elle a fait?

- Tais-toi. Oui, Ma punaise?

- Mais je me suis pas tirée seule.

On doit planquer ma copine. Elle a tout fait.

- Pas un mot sur le business. On vient vous chercher.

- En scooter? Mais pas question.

On va se faire retapisser par les flics. Trouve une tire.

- Une chignole? T'es dingue? J'en ai pas.

Elle veut circuler en baignoire.

- On pourrait étouffer la traction à Raphaël.

Raphaël nous doit bien ça, non? - Correct.

Je traverse le mur du son et j'arrive.

- Je reviens, hein. Olga est dehors.

- Oh, mince!

- On dit pas "mince", on dit "m.....'".

- ""Merde"?

Musique intrigante

Vrombissement du moteur

Coups de klaxon

- Ah, mon Loulou.

Voilà Virginie. - Pas le temps. Venez.

Vite. On monte tous les trois devant?

- Oui.

- Oh là. Oh bah, vous êtes gonflé, dites.

- Vous pouvez vous tutoyer, les enfants.

- Je vais vous offrir un verre, mon vieux. Vous l'avez mérité.

Il soupire.

- Non, c'est pas vrai. On l'a pas volée "?

- Quoi? La voiture?

- Oui. - Bah, où l'aviez-vous laissée?

- Làä, comme d'habitude.

- Avec les clés dessus? - Bah, dans une cour...

Oh, merde.

- C'est pas tout? - Non.

Les armes sont restées dedans.

- Les armes? De la place Vendôme? - Oui. C'est la catastrophe.

- Je vais m'en occuper.

Je vais aller porter plainte au commissariat.

Ma bonne foi sera prouvée.

Je vais dire qu'on a pris la voiture un peu avant 19h.

Je voudrais pas être

le voleur.

Musique dynamique Crissement des pneus

Sirène

- Je crois qu'on est faits.

- On va même pas pouvoir passer la nuit ensemble.

Crissement des pneus

Sirène

- C'est pas la peine de se faire tous prendre. Allez, arrête.

Descendez. Moi, je continue le rodéo.

- J'aimerais mieux pas fréquenter les bourgs.

- Merci. Je te revaudrai ça.

- Allez, vite. On change de place.

Crissement des pneus

- Si tu t'en tires, rejoins-nous. - Vite.

Sirène

Crissement des pneus

Sirène

- Vous êtes folle. - On avait rendez-vous là, non?

- C'est pas le moment de plaisanter. Vos papiers.

- J'en ai pas. - Où est la carte grise?

- Elle est gonflée. Une mitraillette.

- Oh, dis donc. - C'est du beau.

- C'est une vraie? - Evidemment.

- Venez par ici. Faut qu'on s'explique.

- C'est pas une raison pour...

- Tu te rends compte, une mitraillette.

Crissement des pneus

- Morel?

Où est Morel?

- J'en sais rien, patron. - Il est jamais là.

- C'est sa méthode, ça. Discrétion, attente.

Tout à coup, pif! La rapidité du jaguar.

- Jaguar ou pas, dégotez-le immédiatement.

Qu'il aille au commissariat du Kremlin-Bicêtre.

Traction volée

avec une mitraillette de 9 et un 7-65, les armes du hold-up.

Voilà le rapport. Foncez. - Patron!

Et le gars qui conduisait? - C'est une fille de 18 ans.

- 18... Diantre, 18 ans.

La fille qui a fait le coup de la place Vendôme avait 18 ans.

Il s'en fout complètement. 18 ans... Encore un petit prodige.

Il frappe.

Voilà.

Parfait.

Hé, dis.

C'est pas normal, ça.

- Très bien. Merci, ma soeur.

Alors, vous étiez deux à vous enfuir du Bon Pasteur.

- Exact. - Pourquoi ne pas le dire?

- Trouvez-le. Vous êtes payé pour.

- L'inspecteur Morel vient d'arriver.

- Je le reçois tout de suite.

Discussion inaudible

- Le commissaire va vous recevoir. - Merci.

- Allez vous asseoir, là.

(-Qu'est-ce que tu as fait?)

- Je suis innocent.

(-Pas à moi, je suis pas un mouton.)

(Casseur?)

(-Non.)

(-Ils ont l'intention de te garder?)

(-Oui).

(-Combien de temps?)

(-Sauf imprévu,)

(une trentaine d'années.)

(Oui.)

- Atout coeur.

(-Tirons-nous tout de suite.) (-Hein?)

(Ca me paraît assez risqué.) (-C'est enfantin.)

- Le commissaire vous attend. - Merci. Tu viens?

(-Tant pis. Ce sera pour une autre fois.)

- Alors, tu viens, oui? - Voilà!

On est pas aux pièces.

(-Allez, viens.)

- Allez, ouste. Viens ici, toi.

Allez.

- L'inspecteur Jean Morel.

- J'ai beaucoup entendu parler de vous.

- Commissaire.

- Qui ne vous connaît pas? - Vous êtes trop gentil.

- Je vais vous montrer le rapport. Dagosse?

C'est tout ce que j'ai pu en tirer.

Si vous en tirez davantage, vous aurez de la chance.

- Je dois passer la nuit ici? - Ah, c'est probable, oui.

Elle soupire.

- Ah. - Oui.

- Avec votre permission, j'aimerais tenter une expérience.

- Ah? T'as une idée? - J'ai une idée.

- Une bonne idée "?

- Oui , je crois que cette petite va nous mener loin. Ecoutez.

Pourrais-tu avoir l'air d'un flic méchant?

Oui.

- Qu'est-ce que tu fabriques?

- Bah quoi? Je m'installe pour la nuit.

- Allez, avance. Allez!

Avance, petit salaud! - Ca va!

- On se fait malmener ici.

C'est un triste individu. Petit salaud!

On va te dresser, nous.

On va te faire parler.

Monsieur veut nous rouler.

(C'est une ruse.)

Allez, avance, là! T'as pas fini de rigoler, petit salaud.

- Fais gaffe à ce que tu dis, hein! - Ah, oui.

- Donne-moi une cigarette.

- Parce que monsieur veut fumer? Les détenus ne fument pas, ici!

(-Fous le camp.)

- Bouge pas de là! Malheureux, si tu bouges...

Vous avez vu comment je l'ai traité? Mais par la force.

Vous avez vu?

- Approche.

Musique douce

Prends mes cigarettes, là.

Qu'est-ce que tu attends?

Dans ma poche.

- Continuez et il va devenir mauvais.

- T'occupe.

J'aime les nanas qui obéissent sans causer.

- Tu fumes? Je vais te faire regretter d'être venu au monde.

En route, petit dégueulasse!

- Qu'est-ce que tu as dit? - Je parlais de choses et d'autres.

- Tu as dit "dégueulasse".

- Moi, j'ai dit "dégueulasse"?

J'aurais pu dire chou-fleur ou tilleul menthe.

Alors, j'ai dit "dégueulasse""?

- Eh oui, pour ton malheur, tu as dit "dégueulasse".

Je n'oublie jamais ni les vaches ni les amis.

Je te retrouverai, toi.

- En route! J'en ai maté d'autres.

Sans blague! Petit bonhomme, allez.

Elle soupire.

- C'est bien ma chance.

Je perds 18 années avant de tomber amoureuse.

Boom, ça m'arrive.

Je dois attendre 30 ans pour savoir si je me suis pas trompée.

- En un mot comme en deux, vous n'aimez pas la police.

- Je la vomis. - Ah, bon.

Y a pourtant de bons policiers.

- Vous me faites rigoler.

- Ah, vous avez tort.

Vous avez tort parce que vous pouvez très bien tomber.

Je peux personnellement beaucoup pour vous?

Oui.

- Ce jour-là, il fera chaud, dites donc.

- Bon, ça n'a pas l'air de...

Je m'en vais vous donner votre chance.

Je vais fermer les yeux et vous vous évadez.

Ah! On peut pas être plus...

Eh bah, allez.

Vous voulez pas vous évader? - Non, vous fatiguez pas.

- C'est la première fois qu'on refuse de s'évader.

- Je vous ai venu venir, avec votre tête de sadique.

Vous voulez me passer à tabac.

- Je vous dis de vous évader. - Non!

- Mais vous allez... - Non et non!

- Vous allez vous évader! - Non!

- Vous allez voir. - Mais...

Elle crie.

- Elle s'est tirée?

- Ah...

Ca alors? Elle était là. C'est insensé.

- Faut courir après.

Allons-y. - Vite, vite!

Musique dynamique

Par là, suivez-moi. Vite.

Musique intrigante Ils rient.

- Dans quelques minutes,

la prochaine séance du palais des mirages.

Spectacle unique au monde.

Sans supplément de prix.

Au premier étage, le palais des mirages.

- Non, ne te pose pas de questions.

J'ai acheté un flic.

Tu sais, l'inspecteur en civil que tu as vu hier soir.

Il m'a fait un prix de gros pour ton évasion et la mienne.

- Ah, ces flics. Tous des vendus, alors.

- Oh, mais crois pas ça.

C'est tout à fait exceptionnel. Il a peur de moi.

- Et ça vaut combien, un flic?

J'aimerais être au courant des tarifs. Ca peut servir.

- Parlons pas de ça.

Non, je... C'est un cadeau.

- On laisse sa voiture ouverte et les clés à son tableau de bord?

- Dans ma cour, M. l'inspecteur.

Et il était jamais rien arrivé.

- On croit des choses, et puis pas du tout.

- Oui.

On va me rendre ma voiture, inspecteur?

C'est un instrument de travail. Je suis un modeste photographe.

- On vous la rendra.

A propos, vous avez oublié votre revolver dedans.

- Mon revolver?

- Et votre mitraillette. Au cas où vous les chercheriez.

- Mais j'ai jamais été en possession d'armes, inspecteur.

- Alors pourquoi vous avez laissé

votre revolver et mitraillette dedans?

- Je sais pas.

Monsieur, je suis un honnête artisan.

On me prend ma voiture!

Ma pauvre mère en mourra.

- Mais non. Allons, ne vous en faites pas comme ça.

Je sais que vous n'y êtes pour rien.

- Si,

vous Mme soupçonnez.

- Vous êtes un honnête homme. Quelque chose me le dit.

Musique douce

Des pas approchent.

Ils rient.

- La seule personne qui m'ait jamais vraiment

aidée et comprise, c'est toi.

Elle l'embrasse.

Tu n'aimes pas qu'on te dise merci?

Ils rient.

- Je crois que tu ne me dis pas toute la vérité.

Tu t'évades avec une fille et tu ignores son adresse.

- Je t'aime.

- Tu sauves un voyou et tu ignores qui il est.

Tu parlais de les rejoindre et maintenant, te ne sais plus où.

Tout ça n'est pas très clair.

Si tu veux me garder comme ami, Virginie, il faut jouer le jeu.

- Oui.

- II existe vraiment, ce Loulou? - Bien sûr.

- Je vais téléphoner pour le retrouver.

- Téléphoner ici?

- Oui, à cette heure-ci, y a plus personne.

Je reviens dans cinq minutes. Tu as le temps de réfléchir.

- Qu'est-ce que tu veux dire?

- Je suis plus un gamin, tu sais.

Alors n'essaie pas de me faire marcher. Je ne marcherai pas.

Pas de manières, ou je te laisse tomber.

A toi de décider.

Il ouvre la porte.

Ne bouge pas d'ici, quoi qu'il arrive.

Le téléphone sonne.

- AIlô? Je commençais à me faire un sang d'encre.

Quoi? Vas-y, dis-moi. Alors, Lou. Loulou?

Loulou, comme Poméranie, je note. Attention à ce que tu fais.

Loulou, 18 ans.

20... 18-20 ans. Non, je vois pas qui ça peut...

Pourtant, tu connais ma mémoire.

Phénoménale.

Ah, tu trouves pas?

C'est tout ce que t'as pu tirer d'elle?

Avec tout le mal que je me suis donné.

- Cette fille n'est pas dans le coup.

Ou alors elle est très forte.

Je vais brusquer les choses.

Si elle parle pas maintenant, on n'en sortira jamais rien.

Non, de toute façon, ça va pas être long. C'est ça.

- Qu'est-ce qu'il y a?

Je joue le jeu. C'est ce que tu voulais.

- Oui, mais... tu as peut-être dépassé un peu ma pensée.

- Pas de manières entre nous. C'est ce que tu avais dit.

- Oui, oui, bien sûr.

- Tu aimes être obéi, non?

- Naturellement, voyons.

- Un homme comme toi peut avoir toutes les femmes qu'il veut.

Il perd pas son temps avec une môme qui lui a proposé de s'évader.

A moins d'avoir une raison cachée.

- Quelle raison?

- Justement, je n'en vois aucune.

Alors, il ne reste qu'une seule solution.

Je te plais vraiment, non?

Musique douce

Jure-moi que tu ne m'aimes pas.

Tu ne peux pas me le jurer?

- Non.

Petit rire

- Tu vois? J'ai eu raison de te faire confiance.

Je me gardais pour l'homme que j'aimerai.

Je l'ai imaginé si souvent.

- J'avais qu'une peur:

rencontrer la femme qui me ferait perdre la tête.

- Tu l'as trouvée?

- Oui, j'en ai peur.

Elle a surgi là où je l'attendais le moins.

- On est mal partis.

- Oui, beaucoup plus que tu ne penses.

Il soupire.

Rhabille-toi.

Habille-toi, je te dis.

- Pourquoi? - On s'en va.

- Le musée est fermé? - Ca a pas d'importance.

Propos inaudibles

- Qu'est-ce qu'on va faire? T'as une idée "?

Alors, qu'est-ce qu'on fait?

- On va à la Petite Requête.

- Oh, j'aime pas ce genre de plaisanteries.

Vous devez avoir très honte.

- Beaucoup plus que tu ne penses.

Maintenant, tu peux me croire ou ne pas me croire,

je tl'emmène en prison, oui,

mais je ferai tout pour t'en faire sortir.

- Bon, on y va?

- Haut les mains!

Il rit.

- Y a erreur. Nous ne sommes pas des voleurs.

Inspecteur de police Jean Morel.

- C'est du propre. - Pardon?

- Un inspecteur avec une femme.

- Je vous dispense de vos commentaires.

- Mais ça se passera pas comme ça! - Mais oui.

- C'est le temple de l'histoire, ici.

Pas un hôtel.

Crissement de pneus

(-L'adresse d'Olga.) - Alors,

vous pouvez pas faire attention? - J'ai glissé.

- Pas de mal? - Non, non. Merci.

- Et dans une salle du musée Grévin!

- C'est faux!

Vous n'allez pas croire ce que cette gosse vous raconte?

- On la croit pas,

mais le gardien du musée a raconté la même histoire.

- C'est faux.

- Il veut porter plainte, écrire à son député!

Et pour comble de malheur, Il est décoré!

- Ca ne tient pas debout.

- Pour peu que la presse s'en empare, pas besoin.

- Comment "pour peu"?

Ce soir même, tous les journaux ne parleront que de ça.

- Parfait. Dans ces conditions, je démissionne.

- Moi aussi. - C'est pas votre démission

qui empêchera le scandale.

On nous traite déjà de brutes policières.

Alors si on fait évader les mineures pour abuser d'elles,

vous voyez la campagne de presse.

Le préfet, Moi. Tout le monde saute!

Elle nous en veut, la petite garce.

- Après ce que j'ai fait, je comprends.

- Vous avouez?

- Non, mais c'est une fille bien. J'ai été moche de la doubler.

- Il la défend, maintenant!

- Laissons-la travailler, au lieu de l'enfermer.

- C'est vous qu'on devrait enfermer!

Elle conduisait une voiture volée avec les armes du crime.

- Elle n'y est pour rien.

- Elle ira en prison!

Le préfet, vous et moi n'aurons plus

qu'à changer de métier.

Après tout ce que j'ai fait pour vous.

Je vous ai imposé ici malgré vos idées géniales.

Le moment serait venu d'en avoir une,

pour nous tirer de là.

- J'en ai une. - Dites-la!

J'ai quatre enfants à nourrir!

- Je l'épouse.

- Et alors?

- Mariée, émancipée, elle ne relève plus du tribunal des mineurs.

- Et le musée "?

- Des amoureux peuvent oublier l'heure,

au bois de Boulogne ou au musée Grévin.

- Ah, tiens.

- Vous croyez qu'il plaisante?

- Ah non. Quand il plaisante, il a l'oreille qui remue.

- Morel, un seul mot: merci. - Non.

- Pardon.

- Attendez, faut qu'elle soit d'accord.

- Je m'en charge. Où est-elle?

- Vous l'avez convoquée. Elle attend à la salle B.

- Allez m'attendre à côté.

Envoyez-moi Virginie Dumayet.

- Alors, ils vont me passer à tabac?

- Entrez.

Assieds-toi, mon petit.

Alors, tu n'aimes pas la prison, hein?

- Je voudrais vous y voir.

- Oui, c'est vrai. Ma question est idiote.

- Je vous le fais pas dire. - Ne le prends pas sur ce ton!

Je m'emporte. L'habitude. N'y fais pas attention.

Les policiers ne sont pas tous méchants

et quelquefois compréhensifs.

- Pas de publicité, SVP.

- Voilà, pour t'éviter la prison,

un de mes inspecteurs a proposé de t'épouser.

- Il est dingue? - Oui. Euh, non, pas du tout.

Je comprends ta surprise et ta joie, mon enfant.

Et t'as de la chance, il est très beau garçon.

Tu le connais, c'est l'inspecteur Jean Morel.

- L'épouser? Lui? Jamais!

- Tu ne veux pas l'épouser?

- Non, je veux l'envoyer en prison.

- Et lui ne pense qu'à t'en faire sortir!

- Je serai sûre de pas le voir.

- Tu vas me faire le plaisir de profiter de l'occasion!

- Jérôme, arrête de marcher. - Je peux plus.

Je peux plus attendre.

Je vais aux nouvelles.

- Pourquoi il veut m'épouser?

- Je t'ai dit, il veut t'éviter la prison.

Il a été moche avec toi. Il veut t'aider.

- C'est tout? - C'est tout.

- Alors je lui plais pas?

- Mais si, beaucoup, au contraire. Alors? C'est oui?

- Non, je peux pas être la femme d'un flic.

C'est incompatible avec ma dignité.

- Alors tant pis, tu l'auras voulu! Tu finiras ta vie en prison!

- Et...

si je me marie, je retourne en prison?

- Ah non.

Je te libère, et je m'en occupe moi-même.

- Ah bon? Ca change tout.

Dites à votre flic que j'ai réfléchi. J'accepte sa proposition.

- Bravo!

Jusque-là, il faut la confier à votre grand-mère, par exemple.

- Qu'est-ce que je vais lui raconter?

- Qu'elle sort du couvent.

- Voilà. Alors, je voudrais que vous sachiez...

Je ne t'épouse pas juste pour te rendre service.

- Je veux être le premier à féliciter les fiancés.

Je peux embrasser la fiancée? - Non.

- Tu n'as rien à donner au courrier?

- Non. - Parfait. Je vais.

- Fais attention où tu mets les pieds.

- J'ai buté.

Parce que je...

Ca partait bien. Je vous remercie beaucoup.

Vous dérangez pas.

Petit rire

Bon... Attention.

- Merci. - Pardon.

- Nous allons nous marier dans quinze jours.

Il y aura des petites formalités pour l'état civil et la police.

En attendant, tu pourrais habiter chez ma grand-mère.

- Celle qui vous prend pour quelqu'un de bien?

- Oui, mais elle me connaît.

- Ce qu'elle est adroite, cette petite.

On leur apprend tout, chez les soeurs.

- Grand-mère, elle était dans un couvent très évolué.

- Ah, tu as de la chance.

Je n'aurais pas cru qu'une jeune fille accomplie

accepte de devenir la femme d'un policier.

Moi, on m'aurait plutôt hachée menue.

Je trouve ce métier très vulgaire.

- Et toc!

- Dieu merci, il n'est pas allé chercher sa fiancée

sur les bancs des prisons.

Jean et sa grand-mère rient.

- Et toc!

- Oh, mais vous savez....

C'est qu'il est capable de tout.

- Madame, laissez-moi faire la vaisselle.

- Oh, je voudrais vous laisser seuls, tous les deux.

Ne me contrariez pas.

Je vous observe.

Voilà plus de huit jours que Virginie est ici

et tu l'as pas embrassée une fois.

- Oh mais si, il m'a embrassée. - Non.

Vous pensez que je vais aller vivre à Chantilly, chez ma soeur?

Alors moi, je vous verrai plus.

Je suis votre amie.

Une vieille amie que votre bonheur réchauffe un peu.

- Qu'est-ce que vous attendez? - Quoi?

- Vous n'avez donc pas de coeur.

Embrassez-moi.

Musique douce

Elle est encore là?

- Oui.

- Jean....

- Quoi, ma chérie?

- J'aime beaucoup votre grand-mère. Je voulais pas lui faire de peine.

N'allez pas vous imaginer autre chose.

- J'ai aucune imagination, alors...

- Ce mariage est un marché.

Vous m'évitez la prison, c'est beaucoup.

Et je me donne à vous, ce qui est pas mal.

Mais ne revenons pas là-dessus.

- Nous sommes entièrement d'accord.

Tu ne seras pas à moi tant que tu ne m'aimeras pas.

- Ca, vous pouvez attendre.

- Si un jour, il se passait quelque chose...

- Mais... - J'ai dit "si".

Tout simplement, viens.

Gratte à ma porte.

Ca voudra dire: "Je suis déshonorée, mais je t'aime."

Sonnerie du téléphone

Allô?

Allô, Jérôme?

Oui, je t'écoute, oui.

- Virginie, vous voulez aller ouvrir?

- Mais oui.

- Qu'est-ce que c'est que ça, mademoiselle?

- Un plumeau.

- Vous avez gagné les 1 000 francs

du grand concours d'Europe numéro 5.

Question subsidiaire:

(vous voulez revoir Olga?)

(-Han!)

(Vous êtes l'homme au scooter.) (-Voilà.)

(Rendez-vous dans 10 minutes rue Saint-Grégoire.)

Exact, c'est bien à Sainte-Hélène qu'est mort Napoléon.

Bravo, et avec les compliments de Plumathome,

le plumeau qui fait chanter la poussière.

- Merci.

Musique jazz

- Et cinq orange-crevettes! Pardon.

Oui, j'arrive.

- Qu'est-ce que c'est que ça? - Une recette à moi.

- Tiens.

Alors, t'as vampé un flic?

- Oui, mais il faut que je l'épouse. - JAMAIS!

- On va te tirer de là.

- II a un melon et des bacchantes?

- Ah non, il est plutôt beau garçon.

- J'aimerais mieux mourir.

- Faut pas exagérer non plus.

- Tu veux toujours passer à l'étranger?

- Oui.

Mais dans trois jours, la noce.

- Ca peut s'arranger. - Je vais t'affranchir.

- C'est toi ou c'est moi qui parle?

- Loulou, t'es mon caïd, mais moi, je parle mieux, hein.

Nous travaillons dans l'appareil photo.

Nous passons à l'étranger des appareils minables

et nous revenons avec des objets d'une demi-brique.

Et tata pour la douane.

On passe, on te laisse de l'autre côté. Correct?

- Correct. Mais tu crois qu'en trois jours...

- Demain, je te montre à Raphaël. Je lui ai parlé de toi.

- Alors attention, ne bougeons plus.

Un peu à gauche, madame.

Monsieur aussi, serrez.

Voilà, ne bougeons plus. Parapluies!

Attention...

Un, deux,

trois...

Merci.

Merci.

- Ah.

Il l'embrasse. Elle rit.

- Oh, ma couronne. Quand aura-t-on les épreuves?

- Ce soir, mademois... madame.

- Mais on sera à la campagne. - Donnez-moi l'adresse.

- On va être en retard à l'église. - Oui, j'arrive.

C'est chez Léopold, près de Chantilly.

- Oui, Léopold. Ca s'écrit comme ça se prononce.

Allez, venez. - Léopold, bien.

Musique à l'accordéon

- Alors, c'est fini?

- Oui, oui, elles sont sèches. Je peux partir.

- Tenez, voilà l'appareil.

Portez-le chez Schneider, à Lausanne.

Vous me rapporterez le tout neuf. Soyez prudents.

- Ca s'est toujours bien passé. - Justement.

Vous endormez pas sur vos lauriers.

C'est une affaire importante.

Quand partez-vous?

- Nous campons près de chez Léopold, à Chantilly.

Virginie nous rejoint. Moi, je pars avec elle.

Nous roulerons toute la nuit.

- Vous serez à la frontière le matin?

- Oui, midi au plus tard.

- Téléphonez-moi avant de passer.

Je vous dirai si notre douanier travaille.

- Je téléphone ici?

- Ah non!

Jusqu'à nouvel ordre, plus aucun contact ici.

J'attendrai votre appel au Zénith. - D'accord.

- HE OH! HE OH!

- Vous en avez mis, du temps.

- Le principal, on est là, c'est tout.

T'as repéré l'auberge? - Oui.

- Y a la noce au grand complet. La robe est terrible.

- On s'en fout. J'y vais, vous m'attendez ici.

Et montez les tentes. - Qu'on ait l'air de vrais campeurs.

- Pierrot t'attendra derrière la porte du potager.

Quand tu vois la route libre, casse-toi.

Attention, y a un chien.

Regarde, c'est celui-là qu'on passe.

- C'est vache pour mon mari, ce que je fais.

- Si tu changes d'avis, tu sais ce qui t'attend.

Une robe de chez Borgnole.

- Ah ah, mon gaillard! Je vous y prends.

- Mais... - Vous lui faites la cour?

Pour vous punir, je vous emmène au buffet.

- Mais vous êtes très émue.

- Ben y a de quoi.

- Regardez ce vieux machin, patron.

Ca remonte à Louis XIV, ce truc-là.

C'est lourd.

Tintement

Ecoutez le bruit que ça fait. Que se passe-t-il dedans?

Il rit.

- Vous êtes toute drôle. Venez boire quelque chose.

- Je bois pas de champagne. On me laisse tomber.

- Mais non!

- Tiens, regarde, c'est celle-là que je préfère.

Hein?

- Je peux pas la laisser sans la retrouver entourée d'hommes.

- Quand on épouse une jolie fille...

- Eh bien, on se la garde.

- Oh, c'est trop mignon.

Je vais improviser au piano. - Pas de piano!

- Je vais improviser au piano, si!

- Au revoir, madame.

Je me tire. Tous ces flics, ça me rend nerveux.

- Un moment, monsieur.

Quand livrez-vous les photos? - Les photos?

Dans 48 heures, monsieur. - Bien.

Apportez-les à la PJ. Ca sera plus simple.

- A la PJ? - À la PJ.

- Bien, monsieur l'inspecteur. - Bonsoir.

- Jean, viens voir. - Oui, grand-mère.

Musique douce au piano

Vrombissement du scooter

On frappe.

- Qu'est-ce qui se passe? - Vous désiriez voir le patron.

Le voici.

- Ravi de vous connaître.

- Je rentre de voyage,

et je suis très contrarié par ce que m'a appris Gino.

Je me passerai désormais de vos services.

- Un pourcentage, ça peut se discuter.

- Mais je ne discute jamais.

Où sont les pierres "?

- Elles sont parties pour Rotterdam.

- Comme c'est fâcheux. Faites-les revenir.

- C'est trop tard.

- Rendez-les-moi ou tant pis pour vous.

- Oui, je sais, mais ça serait bête.

Plus de Raphaël, plus d'émeraudes, permettez-moi de vous le dire.

- Je me fous de ce que vous dites.

- Ca m'apprendra à travailler avec des gens que je connais pas.

Bon ben... mes transporteurs vont me téléphoner

demain matin, avant de passer la frontière.

- Vous téléphoner ici? - Oui.

- Nous attendrons ce coup de téléphone ensemble,

si vous le permettez.

- C'est ça, oui.

Justement, je savais pas quoi faire de ma soirée.

Musique douce

- Tu as vu, ma chambre est à côté.

Comme ça, c'est simple. Si tu m'aimes.

Si tu m'aimes, à tout de suite.

Si tu m'aimes pas, dors bien.

- Regardez!

C'est elle!

- Elle va se tirer?

- Vite, fais des appels avec ton phare.

Vrombissement du moteur

- Allez, Pierrot, vas-y. Grouille-toi.

- Bon, j'y vais.

- Et nous? - Nous, on démonte les tentes.

Aboiements

- On a retiré la clé.

- Merde. - Tu m'as fait peur!

- T'as l'appareil? - Oui.

- Il va réveiller toute la baraque, ce chien.

Saute le mur, je te rattrape. - D'accord.

- Mais qu'est-ce qui se passe "?

- Sale bête, lâche-moi.

Pierrot, attention, je saute.

- T'es folle, pas ici, y a une mare.

- Pierrot!

On ouvre une porte.

Grognements du chien

Musique guillerette

Gémissements

Respiration forte

- Tu es parfaite.

Je t'avais dit "gratte à ma porte" et tu passes par la fenêtre.

Alors tu m'aimes?

Musique douce

Je crois qu'on s'est pas trompés, tous les deux.

Je suis sûr qu'on va être heureux.

Tu pleures? - Non.

- Mais si, tu pleures. Pourquoi?

Elle sanglote.

- Tu es si gentil, tu sais.

- C'est pas une raison.

- Oh si!

C'est salé, hein?

- Un peu, oui.

Je te jure de te rendre heureuse toute ma vie.

Qu'est-ce que tu as, chérie?

- Je t'aime, je t'aime, je t'aime.

Je t'aime.

Musique douce

Mmh.

Petit rire

Bonjour.

- Bonjour.

- Tu es réveillé depuis longtemps?

- Non. - Non?

- Ecoute.

- Je sais pas.

Petit rire

J'ai déjà oublié comment c'était avant.

- Alors?

- Toujours rien.

- On va sûrement attraper une pneumonie.

- Je peux téléphoner, mais il sera pas au Zénith.

- Appelle chez lui. - Il l'a défendu.

- Ÿ a urgence, file. - Bon...

Vrombissement du scooter

- Pauvre môme. Quelle nuit horrible elle a dû passer.

- Je suis sûre qu'elle s'y fait tout doucement.

- Allez, Pierrot. Je crois que tu peux redescendre.

- 10 000 de mieux.

Un petit full.

- Il est bon.

Le téléphone sonne.

Je regrette, y a pas d'écouteur.

- Décrochez. Dites-leur de venir ici.

- AIlÔ, oui?

- On est près de Chantilly. On n'a pas pu.

- Ca ne fait rien, il y a contrordre. Revenez vite, tous.

- D'accord. Au.

Euh, là où vous nous attendez?

- Exactement. Faites vite.

Bah, ils seront là ce soir. Ils étaient à la frontière.

Il fait chaud, ici.

Un peu d'air?

- Volontiers, oui.

- Y a pas eu de gros coups. - Ca peut venir.

On a jusqu'à ce soir. - Vous aimez les gros coups "

- Oui. - Tant mieux.

Fracas

- Non, ne tire pas. Je veux savoir où il va.

- Allez, vite, on décampe. - Où ça?

- Au Zénith. - T'es sûr?

- Il a dit à l'endroit convenu. - Il t'a engueulé?

- Non, mais on paie rien pour attendre.

- Oh, écrase, tu veux.

Vous nous rejoindrez plus tard.

Filez à l'auberge, récupérez l'appareil.

- Je fais toutes les missions dangereuses.

- Toujours les mêmes qui se font tuer.

- Tu rouspètes? T'aimes les racines de pissenlit?

- Ÿ a des fois, je me demande qui est le caïd.

- Loulou.

Et si j'ai pas l'appareil, prépare tes fesses.

Vrombissement de moteur

Musique jazz

- C'est quoi, cet appareil?

- Mais je le reconnais. C'est.

C'est celui du photographe d'hier.

- Il l'a oublié? Donne, mon chéri. Donne.

Tu vas quai des Orfèvres, prends-le.

C'est là qu'on doit nous livrer les photos. On le rendra.

On finit ça et on part tout de suite.

Il tousse.

- Vichy, deux patrons. Pardon, patron, deux Vichys.

- J'ai compris. Ca marche.

Discussion inaudible

- Patron? La note, s'il vous plaît.

- Tout de suite, M. Morel. Elle est prête.

Voilà, monsieur Morel. - Merci.

On a bu 33 bouteilles de champagne?

- Non. - Non.

- Ah, il est vrai que tu étais là, toi.

- J'en ai pris qu'une. - Quoi?

- Hein? Deux. - Jérôme.

- Combien on vous doit, patron? - 160 francs.

- Tant pis pour mes fesses. Y a trop de flics.

- Si on allait à la Foire du Trône, cet après-midi?

- Oh non, j'aime pas la foire. - T'aimes pas la foire?

- Non.

- T'iras quand même cet après-midi.

- Bravo! Voilà comment on dresse les filles.

Veux-tu venir à la Foire du Trône avec moi?

- Oui, mon chéri. - Bien. Sûr qu'on soit souple.

- Ÿ a quoi encore? - Y a qu'il y a plus d'essence.

- T'aurais pu faire le plein. - Pas le temps.

Je fais toujours tout.

- Ah, je te jure.

Pour être un caïd, t'as pas la matière première.

- Oublie-Moi. Si t'es pas contente...

- Oui? - Tu rentres à pied.

- Tu vas voir, je vais te montrer si je vais rentrer à pied.

Hé! Hé! Hé!

- La vache.

- Pardon. Vous pourriez m'emmener?

- Bien sûr, montez. - Ah, merci.

- Vers où allez-vous? - Vous allez vers Paris?

- Bien! J'y vais, d'abord.

II Marmonne.

- Je vous ai déjà vue quelque part.

Hein? - Oui.

- C'est ça, il me semblait. Où?

- Sur la route, il y a deux minutes. Vous vous souvenez?

- Ah oui, mais non. Non, je vous ai déjà vue quelque part.

- Et encore merci.

- Je renonce à savoir OÙ je vous ai vue.

- Vous êtes très mignon.

- On se quitte comme ça?

Elle l'embrasse.

- Eh bien moi, je ne vous oublierai jamais.

- Moi non plus. - Au revoir.

- Au revoir.

La police, ça a du bon.

Il chantonne.

- Tiens, monsieur Raphaël.

- Où est l'appareil?

- On l'a paumé.

- Vous êtes folle? - Ne vous énervez pas.

On va peut-être le retrouver. - Peut-être?

- Sinon, on vous en paiera un autre. - C'est celui-là que je veux!

- Bon, bah attendons Pierrot.

Du feu.

Musique jazz

Musique dynamique Brouhaha animé

- Alors?

- Virginie est arrivée avec son mari.

Elle m'a fait signe. Elle n'a pas l'appareil.

- Où est-elle? - Dans les auto-tamponneuses.

- Je veux savoir où il est. Demandez-lui.

- Mais je vais me faire repérer. - Faites ce que je vous dis.

Gémissement de surprise

Je vais vous expliquer.

J'ai mis les émeraudes dans un appareil photo.

- Ingénieux.

- Oui, mais l'appareil a disparu. - C'est ennuyeux.

- La femme de l'inspecteur s'occupe de le retrouver.

- Non, allons. Ce n'est pas sérieux, tout ça, mmh?

- Qu'est-ce que vous faites? - Je préfère les cadavres anonymes.

- Qu'est-ce que vous foutez là?

Brouhaha animé

Elle rit.

Brouhaha animé

- Où est-elle? - Avec son flic, dans la voiture.

- Je vais parler au flic. - Vous êtes fou?

- Je vais tout lui dire.

Sa femme est dans le coup. Ca s'arrangera.

En prison, au moins, je serai à l'abri.

- Je vous l'interdis.

Vous n'avez pas le droit de faire ça!

- Hé! Monsieur l'inspecteur!

- T'as une touche.

- Venez.

- Tu le connais? - Mais non.

Coup de feu puis cri

Brouhaha animé

- Arrêtez!

Arrêtez!

- Inspecteur Morel. Appelez police-secours, vite.

*-Ne bougez pas. Restez dans vos voitures. Ce n'est rien.

*Restez sur place. Dégagez la piste, s'il vous plaît.

*Y a-t-il un médecin sur le champ de foire?

*Ne bougez pas. Dégagez la piste.

*Ne bougez pas.

- Inspecteur, je voulais vous dire, je suis Raphaël.

C'est moi qui...

- Jean!

- Je l'ai fouillé, il n'avait pas de papiers sur lui.

Tu as eu peur? - Oh!

L'assassin est peut-être encore là. - Moi aussi, je suis là.

Tu le connaissais?

- Mmh? Mais non!

- Il te faisait des signes.

- Mais non, pas à moi. C'est à toi qu'il faisait signe.

- Ah, peut-être bien, oui.

Enfin, tu es sûre de ne l'avoir jamais rencontré?

- Non.

- C'est pas la peine que tu restes là.

Je te rejoindrai à l'heure du dîner à la maison.

Va.

- On se descend pas entre trafiquants.

- On devait pas descendre Virginie? - Jamais!

- C'est toi qui l'as dit. - Je causais.

Si on nous descend, ça va plus.

- Dans quoi on a mis les pieds? - Ouais.

- Tiens, la voilà.

- IIs sont au courant? - Ouais.

- Tu as vu? - Tu parles, j'ai tout vu.

- Tu as vu l'assassin? - Ouais.

- Tu le connais? - Non. Et Raphaël?

- Ils l'ont pas encore identifié.

J'ai dit que je savais pas qui c'était

pour pas vous attirer d'ennuis.

- Oui, je sais, t'es régulière.

- Nous voilà dans un drôle de pétrin.

- OUI.

- Faut pas rester.

On prend les scooters et on file dans la nature.

- Pas moi. - Quoi?

- Pas toi? - Je ne veux pas quitter Jean.

- Voilà autre chose.

Hier, tu voulais et maintenant, tu veux plus?

- Hier, je savais pas. Je l'aime.

- Amoureuse d'un flic? Toi?

- Et lui, il t'aime? - Oh oui.

- Eh bah, bravo.

Vaut mieux, parce que quand il saura

que tu travaillais pour Raphaël.

- Il le saura jamais.

- YŸ a nos adresses et des photos de nous, chez lui.

- Et mes négatifs du mariage.

- J'y vais. - T'es pas secouée "

- Je veux pas qu'il le sache. - Et après? Puisqu'il t'aime.

- Il me croira plus. Il n'aura plus confiance.

- Avec l'amour, tout s'arrange.

- Si ça s'arrange pas, je perds mon mari. Je veux pas.

- Chez Raphaël, y aura les poulets.

- Ils ignorent que c'est lui. II faut que j'arrive avant.

- Mais comment tu vas entrer? - Par les toits.

- Et si tu te tues? T'auras l'air malin.

- Je suis professionnelle.

- Toi, file-lui ton culbutant.

- Mon quoi? - Ton pantalon.

- Je vais me retrouver le joufflu à l'air.

- Je ne veux pas! Lâchez-moi!

- Raphaël a été assassiné en plein jour au milieu de la foule.

Ca ne vous rappelle rien, non? - Quoi?

- La manière de Charlemagne.

Jérôme, ce Raphaël, c'est pas le type

à qui on avait volé sa voiture?

- Exactement.

- Il doit être dans le coup de la place Vendôme.

- Probablement.

- Il avait été interrogé? - Oui.

- Et ça n'a rien donné? - Non.

- Qui l'avait interrogé? - C'est moi.

- Ca explique tout, alors.

Allez, viens. On fonce chez Raphaël.

- Allez-y.

Cri de peur

- Qu'est-ce que vous faites ici?

- Je faisais un peu de ménage.

- Mais bien sûr. Vous passiez sur la gouttière,

la fenêtre était ouverte, et vous vous êtes dit:

"Si j'entrais mettre un peu d'ordre?"

- C'est ça, oui. - Pourquoi brûlez-vous ces papiers?

- Pour pas qu'on sache que je connaissais Raphaël.

- Ah oui? Pourquoi?

- Je posais des photos pour lui, vous voyez ce que je veux dire.

- Ah oui, très bien.

Je peux voir?

Vous êtes la femme de l'inspecteur Morel?

- Oui.

- Vous savez que Raphaël vient d'être tué?

- Oui!

Mais vous, comment le savez-vous?

- La police m'a prévenu.

Je suis l'avocat de Raphaël.

Et son meilleur ami.

Pauvre vieux.

C'est toute une partie de mon enfance qui s'en va avec lui.

- Croyez, maître, que je compatis. - Merci.

Que faites-vous ici?

- J'ai confiance en vous, maître?

- Vous pouvez. - Voilà...

Je travaillais pour lui.

- Ah, vous travailliez pour Raphaël?

- Je passais des appareils photo. En fraude.

- Mais c'est très grave.

- Justement, j'en ai un. - Où?

- A la PJ. Croyez-vous que c'est bête?

- Oui, plutôt. Vous pourriez le récupérer?

- Bien sûr, oui.

- Rapportez-le-moi très vite.

Je parlerai pas de ça à la police. Votre mari en saura rien.

- Oh, merci!

Ce que vous êtes chic.

- Vous me gênez.

Téléphonez-moi à ce numéro.

- Entendu. - Mais... Pardon.

Quelle est cette jeune personne? - C'est Olga. Han!

Elle peut vous aider. Elle a vu l'assassin de Raphaël.

- Ne me dites pas ça. C'est très intéressant, dites-moi.

Où puis-je la joindre?

- Au Zénith, rue de la Gaîté.

- Merci.

- Je peux brûler ça? - Je vous en prie.

- Merci, maître.

On sonne. Elle crie.

- Ouvrez. Police!

Gémissements Il frappe.

- Il ne doit pas nous voir. - Je n'en ai pas l'intention.

Hé, n'oubliez pas l'appareil.

- Au feu! Au feu!

- Oh pardon. - Pardon.

- Je m'excuse. - Pardon.

- Vous permettez?

- II est charmant, ce monsieur.

- Il s'est enfui avec une telle agilité. J'ai pas pu le rattraper.

- C'est pas grave. C'est pas grave.

- Dis donc,

tu connais des gens qui se baladent sur les toits comme chez eux?

- Non, dans mes relations, j'ai pas ça.

- Non? - Non.

- Moi, je connais quelqu'un. - Où tu vas?

- A la maison. Je veux en avoir le coeur net.

Quand tu auras fini, rejoins-moi.

- Hé là! Hé là! Oh là! Oh là!

Mollo. Qu'est-ce que vous transportez, gaillardement?

- Bah, les cendres du poêle.

- Pour la police, les cendres, ça parle.

Musique guillerette

Elle soupire.

- Han!

Respiration forte

Gémissements d'effort

Respiration forte

Musique intrigante

Musique rythmée

- Virginie? - Oui! Viens voir.

Devine en quoi je suis déguisée?

- En Jeanne d'Arc?

- Flûte, t'as deviné tout de suite.

Et toi, tu es déguisé en ramoneur?

- Euh, oui, oui. J'ai poursuivi un acrobate sur les toits.

- Un acrobate?

- Oui, un acrobate.

- C'est curieux, non? - Oui.

- Et tu l'as rattrapé?

- Chérie, je suis pas acrobate, moi.

- Je te donnerai des leçons.

On sonne.

Je vais ouvrir. - En Jeanne d'Arc?

Je te le défends.

Je veux pas qu'on sache que j'ai épousé une folle.

- Ca finira par se savoir.

- Allez, va t'habiller convenablement.

- Regarde un peu ce que j'ai trouvé dans le poële.

(-Planque ça. Planque ça, je te dis.)

T'es pas maladroit, toi?

Tu passes à l'heure des repas pour qu'on t'invite.

Eh bah, des clous, mon vieux. Des clous.

Ah!

Raconte. Vite, fais voir.

- Je vais te montrer des photos d'Olga.

- Oui.

- Des factures mystérieuses. II achetait les scooters par six.

Tu vas voir.

Tiens, la voilà.

Compare avec la photo d'identité.

Je l'ai ramassée ce matin en auto-stop.

- Et où ça? - Près de l'auberge.

- Près...

- Je l'ai conduite dans un café, rue de la Gaîté, le Zénith.

- Le Zénith, rue de la Gaîté. Oui, je connais.

- Bien. Qu'est-ce qu'il y a de bon?

Mmn!

Regarde, dans la marmite.

- C'est un pantalon.

- Tu fais un régime? Il est trop cuit, là.

- Attends.

Virginie vole la voiture de Raphaël.

Raphaël est tué près de Virginie.

Olga pose chez Raphaël. Elle a connu Virginie.

Un jeune homme sur un toit.

Un pantalon dans le bouillon. Qu'est-ce que tu ferais?

- Je parlerais à Virginie. - Décidément, t'es pas doué.

Virginie!

- Oui, mon chéri?

Soupir de bien-être

- Tu te rends compte, Virginie,

l'acrobate que je poursuivais sur les toits,

eh bien, c'était une fille.

Et tu la connais très bien, d'ailleurs.

Olga.

Olga avec qui tu t'es évadée du Bon Pasteur.

Ah, pauvre môme.

Incendie volontaire, effraction, bris de clôture,

et surtout, surtout, complicité dans une affaire de meurtre.

Ca, elle va en avoir pour dix ans, hein.

C'est qu'elle a pas eu ta chance, elle.

Petits rires

Justement, on va la cueillir avec Jérôme dans un bar.

Au Zénith.

Il soupire.

Bon bah, je m'en vais.

M'attends pas, hein.

Tu m'en veux pas trop?

- Pourquoi?

- C'était notre premier dîner de jeunes mariés.

Petit rire

Tu viens, Jérôme?

- Au revoir.

- Au revoir.

- Rentre, reste un quart d'heure et va-t'en.

- Mais je lui raconte quoi? - Vite, avant qu'elle téléphone!

On sonne.

- Qu'est-ce que vous voulez?

- J'ai oublié un truc. - Quoi?

- Ce que vous voulez. Enfin, ce qu'il faut trouver.

Faut que je me rappelle de quoi.

- Votre chapeau? - Oui, non, j'ai jamais de chapeau.

- Votre gabardine? - Peut-être. Hein?

- Vous voyez bien qu'elle est pas là.

- Je vois bien.

- Vos lunettes? - Ah, c'est possible, ça.

Je me suis dit: "Tiens, j'y vois moins bien."

J'y ai pensé. J'ai dit: "Pourvu que j'y pense."

J'y ai pensé... à les prendre. Elles sont là.

Je trouve pas. J'ai une mémoire colossale, pourtant.

Je situe pas ce que je cherche. - Dites donc,

l'appareil photo, vous savez où il est?

- A la PJ, dans mon bureau. - Ah bah, parfait.

- Ca me donne pas le nom de ce que je cherche.

- Qu'est-ce que vous cherchez?

- Comme le temps passe vite. II faut que je me sauve.

Je vais essayer de m'en rappeler.

C'est pas grave. Ca n'a plus d'importance.

Je vous prie de m'excuser de vous avoir accaparée.

Je me suis trompé. - C'est ça. Au revoir.

- Au revoir.

Il ferme la porte.

Le téléphone sonne.

- Pierrot, le téléphone. Vite!

Dépêche-toi. Grouille-toi.

- Oui? C'est moi.

Virginie?

Ils rappliquent? Non?

Ah bon? On se tire.

Les flics. - Pas le temps de moisir ici.

- Et Loulou? - Il est au garage.

- Allez, dépêchez-vous, vite.

- Tiens, tiens. - Allez.

- Police.

Vous savez qui je suis? - Non.

- On se connaît sans se connaître.

Inspecteur Morel.

Venez vous asseoir là-bas.

Un whisky, je vous prie.

C'est pas la peine que tout le monde écoute.

Asseyez-vous.

*Musique jazz

Dis donc, toi,

tu as une jolie jupe, hein?

Elle pleure.

- Ferme ton capot, tu veux.

Petit rire

- Alors, c'est vous, les terreurs?

Combien je vous dois? - C'est offert par la maison.

- Vous fumez? - Non.

- Je suis venu vous parler de Virginie. Vous la connaissez?

- Non.

- C'est bien de respecter la loi du milieu.

Le nom de celle qui s'est enfuie avec vous?

- Je sais pas. Je l'ai jamais revue.

- C'est ma femme.

- Félicitations.

- Elle trafiquait quoi avec vous?

- Rien.

- Rien?

Bon, bah, j'ai assez ri, moi.

Et celle-là, tu la connais? - Un peu.

- Ma femme a brûlé ces photos. Pourquoi?

- Je sais pas. - Elle vient de téléphoner.

Pourquoi? - Personne n'a téléphoné.

- Je vais vous le dire.

C'est pour vous dire que le Zénith, c'est cuit.

Et vous êtes faits.

Je vous arrête si vous ne me dites pas

ce qu'il y avait entre vous.

- Je posais pour des photos. C'est tout.

- Ah oui?

Et vos scooters, ils posaient aussi pour des photos, eux?

N'est-ce pas, Pierrot Inquel?

La vérité, tout de suite.

- Puis-je poser une question, monsieur l'inspecteur?

- Vas-y.

- Vous allez aussi arrêter votre femme?

- Si elle le mérite, oui.

- C'est beau, la flicaille.

- T'as encore rien vu, ma fille.

- Non... Je vais tout dire.

- Si tu l'ouvres, ça te coûtera cher.

- Si tu continues, ça va être ta fête.

Parle.

- Pierrot, tu m'en voudras pas "

Bon alors, voilà.

- Tu as assez bu.

- Je vais botter les fesses au flic.

- Reste tranquille. - Fais pas le con.

- Tu vas voir la danse.

- On veut pas la voir. - Des rillettes, tu vas voir.

- Voilà. C'est tout.

On savait pas que c'était grave. On faisait ça pour voyager.

- Combien vous donnait-il pour passer des appareils photo?

- 50 000.

- Par tête? - Non, pour tous.

- C'est bien payé pour passer des appareils...

L'appareil que ma femme a gardé

devait passer la frontière aujourd'hui?

- Oui.

- Bande de petits cons.

Pour 50 billets, vous risquez le bagne.

Vous êtes dans un beau pétrin.

Je vais essayer de vous éviter le pire.

Mais ne bougez pas d'ici.

Ne bougez pas avant que je revienne.

Sinon, c'est le maximum.

A tout de suite.

- Dites donc, vous! - ASsis.

- Pierrot, va me mettre un disque.

Tiens! Tiens!

- Laisse-la tranquille! - À toi.

- Toi, y en a marre! - Téléphone, Olga. C'est Virginie.

- Comme ça tombe bien!

Je vais pouvoir lui dire que vous êtes des dégonflés.

*Musique jazz

Allô? Oui, c'est moi.

- C'est de la part de Virginie, mademoiselle Olga.

Venez au coin de la rue de la Gaîté et de la rue Sébastien.

Venez vite, c'est urgent.

Oui.

- Qu'est-ce que tu fais? T'es folle?

Mais l'inspecteur a dit...

- Pierrot? - Quoi?

- C'est pas marrant d'être gangster.

Musique intrigante

- Han!

Non!

Lâchez-moi!

Gémissements d'effort

Musique de tension

- Dis donc, tout à l'heure, pendant que vous étiez ensemble,

ma femme t'a parlé de l'appareil?

- Euh...

Non. - Veux-tu ne pas mentir?

- Elle m'en a parlé comme ça.

Elle savait pas ce qu'il y avait dedans.

- Tu crois? - Bah, voyons.

- Si tu le crois, pourquoi tu mens?

- Ah.

- Il y a plus une minute à perdre. Tu vas foncer au musée des Faux.

Ramène-moi des émeraudes en toc, mais des belles.

- À cette heure-ci, c'est fermé.

- Tu feras ouvrir, ils n'ont qu'à être là! Tu te démerderas!

Je te demande pardon, Jérôme.

- Dis, t'as. T'as de la peine "

- Oui.

Crissement des pneus

- Mais tu vas venir, oui?

- Où m'emmenez-vous?

Elle crie.

Quelles brutes! Saletés!

Lâchez-moi!

Lâchez-moi! - Marche!

- Qu'est-ce que vous allez me faire?

- Vous verrez!

Elle crie.

- Quand je pense que j'aurais pu vous donner aux flics.

Non, lâchez-moi!

Lâchez-moi!

II pourrait y avoir des dégâts!

- Voilà. C'est ce qu'on fait de mieux.

Fais gaffe, y en a pour 5 000 balles.

- Et là, pour 50 millions.

Tu vois, c'est comme les femmes.

C'est difficile de faire la différence

entre la bonne marchandise et le toc.

- Attention, les mélange pas. - Ah oui.

Allô?

Oui, Virginie?

Dis-moi, mon petit, je peux pas rentrer dîner, non.

Non, faut que je travaille toute la nuit ici.

Tu sais ce qui serait gentil, si ça t'ennuie pas trop?

Ce serait que tu m'emmènes un sandwich et un thermos de café.

Oui.

A moins que tu sois couchée, bien sûr.

C'est gentil, ça. À tout de suite.

- Où veux-tu en venir?

- Je vais lui tendre un piège.

- Tu préfères pas lui parler franchement?

- Oh si.

Seulement, je veux savoir où vont ces émeraudes.

- Alors, c'est oui ou c'est non?

- Non!

Le téléphone sonne. Elle crie.

Gémissements

- AIlô? Ah, c'est vous, Virginie?

- Virginie!

- Je devrais pouvoir récupérer l'appareil.

Dans 30 min au coin du pont Saint-Michel

et du quai des Orfèvres.

Et après, je serai tranquille, hein?

Ca sera fini?

- Mais bien entendu, ma chère petite.

Je vous envoie mon chauffeur.

- A tout à l'heure, maître. Au revoir.

- Elle sera obligée de passer par ton bureau. J'ai fermé.

Tu vois, Jérôme, c'est très simple.

Elle ne prendrait pas de risques pour un vieux Rolleiflex minable.

Si elle est dans le coup des émeraudes, elle l'emporte.

- C'est très risqué pour elle.

- Très, oui.

- Et en ce qui vous concerne?

- Si elle prend cet appareil, je ne la reverrai jamais.

- Dis pas ça. Dis pas ça. - Jamais, Jérôme.

On frappe.

C'est toi, Virginie? - Oui.

- Sois gentille, passe par la porte de Jérôme.

- D'accord. - Va te planquer en bas.

Ne la quitte pas d'une semelle. Je te rejoindrai.

- Compte sur moi.

- Ah! Alors, Jérôme,

vous avez retrouvé ce que vous aviez oublié?

- Oui!

Non. - Ah.

- Votre mari vous aime. - Je le sais.

- À tout à l'heure. - À tout à l'heure.

- Virginie? - Oui?

- Et vous, vous l'aimez? - Oui.

- Dites-le-lui et ne lui faites jamais de peine.

- Entendu. - Bien.

- Jean, ouvre-moi.

Regarde la femme idéale.

Y a des sandwichs au saucisson

et au fromage, du café et une grosse pomme.

Tu auras assez?

Hé oh, tu dors?

C'est moi, Virginie, ta femme.

Allez, à table.

- C'est idiot, mais j'ai plus faim.

Dis donc, viens un peu là, toi.

Tu m'aimes, hein? - Oh oui, je t'aime.

- Tu me mentirais pas? - Moi? Jamais.

- Si tu mentais, ta bouche s'ouvrirait de la même manière,

et tes yeux auraient la même expression.

- Quand je mens, ça se voit à trois kilomètres.

- Tu me ferais pas du mal?

- Moi? Je me jetterais au feu pour toi.

- C'est bon à savoir, ça.

- Tu ne me crois pas?

- Très difficile de ne pas te croire.

Bon, tu n'as plus rien à me dire?

- Si.

Je suis très heureuse. Et toi?

- Moi, j'arrive pas à croire à mon bonheur.

Allez, file.

- Tu as du travail? - Beaucoup.

- Ca avance, ton affaire?

- C'est pratiquement terminé.

- Formidable. Je te laisse.

A tout à l'heure? - À tout à l'heure.

- Oh! Tu me fais perdre la tête. J'oublie mon cabas.

Elle referme la porte.

Musique intrigante

Crissement des pneus

- Alors? - Elle est montée dans une Cadillac.

- Pourquoi ne l'as-tu pas suivie?

- Parce que la Cadillac est venue et j'ai.

- Monte et attends que je te téléphone.

- Je vais monter et j'attends que tu me téléphones.

Je crois que c'est ce qu'il y a de mieux.

- Où est ma femme? - Je sais pas.

- Où est Olga? - Elle est partie.

Votre femme l'a appelée.

Je vous jure qu'on lui a dit de pas y aller.

- Qui m'a foutu une bande de cons pareil?

(-Tais-toi, y a les flics.) - Hein?

Cris de bagarre

Gémissements

Respiration forte

- Je propose qu'on arrête le match.

Ma femme et la tienne sont en danger. Tu m'aides?

- Aider un flic? Ca me ferait mal.

- Tu sais où elles sont? - Oui, mais je vous le dirai pas.

- Chez Charlemagne. - Chez...

- Oui.

- 3 rue de la Glacière.

- Attends-moi là.

J'aurais voulu vous laisser en dehors,

mais je sais pas si je pourrai.

Si dans 30 min j'ai pas appelé, téléphonez à l'inspecteur Jérôme.

Envoyez-le 3 rue de la Glacière.

Je compte sur vous. - Oui.

- Tu te sens mieux, oui? - Oui.

Crissement des pneus

- C'est là? - Oui.

- Bon, j'y vais. - Je veux aller avec vous.

- C'est dangereux. - Oui, mais nos bébés

sont pas à la noce.

- T'as raison.

Tiens, prends ça.

Dans la police, on tire jamais les premiers.

- Bah, et vous? - J'ai ce qu'il faut, moi.

- Bien.

- Où sont les émeraudes?

Les vraies.

- Je n'en sais rien!

- Je vais me fâcher, Virginie.

- Je vous emmerde.

Elle crie.

- Tu peux crier.

On t'entendra pas.

Va en bas. Il y aura peut-être des visites.

Je n'y suis pour personne.

On lui a fait dire tout ce qu'elle savait.

A toi, maintenant.

Respiration forte

- Mais laissez-moi!

(-Je rentre et tu te planques dans le jardin.)

(-Oui.) (-Tu viens que si j'appelle.)

(-D'accord.)

Musique intrigante

Respirations fortes

Gémissements

- Où est ma femme? - Je sais pas.

- Tu vas parler? - Aïe! Mon épaule.

Gémissements de douleur

- Où?

Allez.

- On vous agrandit un peu la bouche

pour faciliter la conversation?

Respiration forte

- Je vous ai dit tout ce que je savais.

- Parfait.

Gino, tu peux commencer tout doucement.

Je passe à côté. La vue du sang me rend malade.

- Non!

- Avance, hein!

Avance.

Avance!

Bonsoir, Charlemagne.

- Bonsoir, monsieur l'inspecteur.

- Levez les bras en l'air.

- C'est tout?

Gino, si à trois, monsieur l'inspecteur

n'a pas déposé son arme, commence à découper.

- Je descends votre petit ami.

- Ne vous donnez pas cette peine.

Coups de feu Il crie.

J'ai horreur des incapables.

- Tire, Jean!

T'occupe pas de moi. - Posez votre arme.

Avancez.

Allons.

- Tu t'es bien foutu de moi, hein.

- Non, Jean. Non.

- Vous avez dû rigoler, tous, quand je t'ai épousée.

- Non, Jean.

- Tais-toi, tu me dégoûtes.

- Alors, monsieur l'inspecteur,

où sont les vraies émeraudes "?

- Dans un coffre, à la PJ.

J'ai le reçu sur moi.

Il frappe.

- S'il est ici, la maison Poulaga va rappliquer au grand complet.

- Oui, tu as raison.

Si vous avez un dernier message à faire à vos familles,

dépêchez-vous.

Nous, on va filer.

Surveille-le. Je reviens. Quelques dispositions à prendre.

- Vous me connaissez. Une vraie petite soeur des pauvres.

- Alors, t'es contente?

C'est beau, l'aventure.

C'est comme au cinéma.

Pleure pas, terreur.

Te dégonfle pas maintenant.

- Jean.

Je te demande pardon.

- Au point où on en est.

- Je savais pas ce qu'il y avait dedans.

- Je ne te crois pas.

- On va mourir. Pourquoi je te mentirais?

- Elle a raison, elle savait pas.

- Personne ne le savait.

- Tu ne veux pas me croire?

- Je sais pas. Je sais plus, maintenant.

Alors raconte-moi ce qui s'est passé.

Permettez? - Ca me dérange pas.

J'ai de la lecture.

*Musique jazz

- C'est l'heure de téléphoner à la PJ.

- Oui.

Evidemment, on sera indulgent avec nous.

Mais on risque la cabane jusqu'à notre majorité.

- On se retrouvera à la sortie. - C'est ça.

- Faut y aller.

*_—-_ Il soupire.

- Pierrot,

donne-moi un baiser magique.

Ca va peut-être s'arranger.

- Voilà.

J'espérais qu'une fois l'appareil rendu,

on me laisserait tranquille avec toi.

- C'est tout?

- Oui.

Je voudrais que tu me pardonnes.

Si j'ai volé l'appareil,

si j'ai menti,

c'est parce que je t'aime, tu sais.

- Moi aussi, je t'aime.

Je me fous du reste.

- Quel dommage qu'on soit obligés de mourir.

- Oui.

Je peux embrasser ma femme?

- D'accord, mais faites pas les andouilles.

(Regarde.)

(Occupe-le.)

Adieu, Jean.

- Adieu, mon amour.

Elle renifle.

Il soupire.

Jean rit.

Il aura fallu que je voie ça avant de mourir.

- Quoi?

- Van Mechelen sélectionné dans l'équipe de France.

Rien ne m'aura été épargné.

- Pourquoi il serait pas sélectionné?

- C'est pas un footballeur.

- C'est pas un footballeur?

Tu sais combien de fois il a marqué à Reims?

- Ca m'intéresse pas. - Cinq buts! Pas un footballeur?

- Cinq buts? Ah, et qui était avec lui?

- Djokovic, Marinelli...

- S'il était servi par Marinelli, ça m'étonne pas.

Il lui apporte les balles.

Plus qu'un petit coup de pied. - Un petit coup de pied?

C'est le plus grand tireur.

Gémissement

- Ouvre les volets et appelle Loulou.

Vite!

Respiration forte

- Loulou!

Loulou!

- J'arrive!

- Ne bougez pas.

Tous les trois, contre le mur.

Je vais m'ennuyer.

- Haut les mains!

Coup de feu

- Tire, Loulou! Tire!

Cueille-le à la sortie!

- J'y vais! - Bravo, Loulou!

- Haut les mains.

Bougez pas.

Descendez.

Gémissement

- C'est tout. L'habitude.

Ca va? Vous n'êtes pas blessé? - Non, non, non.

- Baissez les mains.

- Merci beaucoup.

- Remettez-vous. I n'est pas chargé.

- Ah bon?

Petit voyou.

Touchez pas à ça! Il est chargé, plaisantez pas.

Je vous ai déjà rencontré quelque part.

- Oui, chez Raphaël, cet après-midi.

- C'est cela même, chez Raphaël.

Vous vous appelez?

- Charlemagne.

Rire gêné

- C'est très bien.

Musique intrigante

Il renifle.

- Vous allez vous ennuyer sans moi.

- Il est blessé? - C'est-à-dire que je l'ai assommé.

- I[I nous a sauvé la vie.

- Je pouvais pas le savoir.

Musique douce

- Ca va mieux?

Tu étais bien, tu sais.

- Jean!

Jean, tu n'as rien? - Non.

- Oh, j'ai eu peur, Loulou.

Oh, mon Loulou.

Comment te sens-tu?

- Ca va mieux, maintenant. Mieux.

- Tu l'as échappé belle, tu sais.

C'est monsieur l'inspecteur qui t'a sauvé la vie.

- Merci, monsieur.

- Je n'ai fait que mon devoir.

Il se racle la gorge.

- Maintenant qu'on ne doit plus mourir,

tu me pardonnes quand même?

- Oui. - Je serai ton esclave.

Je ferai n'importe quoi pour toi.

Tu pourras tout me demander.

- Je te demande une chose.

- Quoi? - Sois belle...

et tais-toi.

Sous-titrage: HIVENTY

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