All language subtitles for Nana (1981) 1x02

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Original subtitles

J'étais là.

J'ai vu cela.

Et bien sûr, je n'ai pas tout écrit dans mon journal.

Mais je n'oublierai pas.

Une inconnue, du jour au lendemain, devient une célébrité. Mieux, une

coqueluche. Voilà comment est fait Paris.

Une première de théâtre, on y chante la blonde Vénus. Et la blonde Vénus, c'est

Nana.

Quelques heures auparavant, personne ne la connaissait.

Elle apparaît sur une scène, elle chante.

Et elle chante faux, horriblement faux, mais elle est nue et

toute sa chair rayonne d'un pouvoir fascinant.

Un souffle est passé sur la femme.

Cette créature, c'était la femme, la femme dangereuse, la

femelle avec quelque chose en plus de la beauté.

Nana est faite pour corrompre.

Et aussitôt, la meute des hommes s'est précipitée. C'est le grand banquier

Steiner, le plus riche, qui l'a emporté. Il est devenu son protecteur.

Mais, silencieux, un homme a été touché au cœur.

C'est le comte Mufa.

La dignité, l'intégrité, la vertu même.

Il est atteint au plus secret et se refuse cette révélation.

Mais Nana a bien senti son pouvoir.

A la 34e représentation, elle sait que Mufa accompagne au théâtre le prince d

'Ecosse. Le prince d'Ecosse s'intéresse à Nana de très près.

Et vous, là-bas, vous vous pliez ? Attention, je vais vous faire

écraser.

Alors... Ben, voilà.

Heureusement que j'étais là.

C'est que j'ai besoin de vous, moi, vous savez.

Ce serait trop bête.

Merci, merci, ça va très bien. Merci.

Si votre Altesse veut bien venir par ici, attention, votre Altesse.

Et oui, ce n'est pas bien grand, une scène de théâtre. Si votre Altesse

daigne me suivre, faites bien attention, surtout. Prenez garde, votre Altesse.

Appuyez la ferme du fond.

D'accord, voilà.

Et le rocher, au jardin.

Mais personne n'avait mon casque, je l'avais posé là.

C'est incroyable, quoi.

Appuyez, appuyez encore.

Ça vous tue, ce chat ? Je vais vous accouler.

Vous fumez toutes les deux.

Tenez, mon enfant.

Il y a, comment dites-vous, un courant d'air.

Merci, monsieur le prêtre.

Pardon, votre Altesse, il faut nous excuser. Nous sommes obligés de faire un

peu vite parce que ceci, voyez-vous, est le décor du deuxième acte et nous devons

installer celui du troisième acte. On se trouvait au suivi du quatrième acte.

Mais je ne l'ai pas. Oh, attention.

Oh, on m'a fait revoir. Excusez-moi.

Laissez-moi.

Et pourtant, que se passe-t-il ce matin ? Comme

c'est intéressant.

Si ton Altesse veut bien entrer.

Allons, allons, ma chère, voyons, ça ne fait rien.

C'est son Altesse.

Revenez. C'est pas possible, voyons.

Ces messieurs savent bien comment est faite une femme.

Montrez-vous, voyons. Ces messieurs ne vont pas vous manger.

Ce n'est pas du tout sûr.

Un instant, alors, j'arrive.

Presse-toi, mon Dieu.

Ça va, minute.

Je vous demande pardon.

Mais la surprise ! La surprise ! Nous sommes importants.

Mais je n'ai pu résister au désir de vous faire mon compliment. Vous êtes

trop gentil.

Monsieur le comte Muffin, avez-vous fait du bien avec tout l'argent que je vous

ai donné ? Vous êtes bien généreuse, mademoiselle.

Mais je suis fâché avec vous.

Il paraît que vous n'avez pas voulu venir à mon souper. C'est pas gentil,

pas gentil du tout. Non, c'est que...

L'autre soir, justement... Taratata ! Vous me devez un souper, voilà tout.

Promis ? Oh, mais je vais être en retard, moi.

Je connais bien le patron, il ne donnera pas d'amour.

Peut-être fois.

C'est ma fête, moi, papillon, pour y en a payé champagne.

Bonne fête.

Votre Altesse, il y a là le roi des dieux.

Jupiter en personne qui désire trinquer avec son Alceste royal.

Viens, toi, reste pas dans ton coin.

Viens. Mais tu me répètes à la fin.

Attention.

Hop, et voilà.

Oh là là, oh là là.

Voilà.

Doucement, doucement.

Voilà.

Bien, bien.

Mon cher Pulier. Oui, voilà.

Merci beaucoup.

Je bois à votre Altesse. À votre Altesse.

À Fontan. Au théâtre. Au théâtre.

Mademoiselle, gentlemen, your majesty.

À votre chère santé.

C'est rigolo.

Dites donc.

Je faisais détendre les petites figurants. Oh, mais non, par exemple.

Maintenant, je n'ai pas un... Oh, pardon.

Nous sommes comblés.

Mais verse donc, toi. Il fait chaud ici. Je ne suis pas yanimède. Mais si de cet

amphore, vous acceptez le doux néctar, vous ressentirez tôt ou tard dans vos

veines et la force et la fleur.

Je bois à votre Altesse. À votre Altesse.

À Vénus.

Non, non, non. À Fontan. C'est la fête à Fontan.

C'était bête quand même.

C'était mignonne quand même.

Ils sont charmants. Monsieur Fontan. Oui?

Je bois à vos sexes.

Oh, monsieur.

Allons, vous allez manquer le rideau.

Mais on y va, on y va.

Votre Altesse.

Allez, dépêchez-vous.

Je vous demande pardon, mais il faut que je me repasse la tête.

Nous ne vous dérangeons pas ? Non, non, pas du tout. Vous êtes adorable.

Vous avez merveilleusement chanté votre ronde.

Votre Altesse est trop indulgente.

Ou alors, elle a l'oreille dure.

Moi, je trouve l'orchestre un peu fort.

On n'entend pas assez votre voix.

Mais ça, c'est pas un mal.

Pardon ? Excusez-moi, je ne comprends pas très bien ce que vous venez de dire.

Venez donc chanter en Angleterre.

Vous verrez comme nous savons applaudir à London.

Les Anglais qui connaissent aussi les fausses notes.

Oh, ils apprécient les vrais talents.

Alors là, je n'ai aucune chance.

Adèle, viens.

C'est rien, c'est rien.

Et fais attention, ne pique pas la cuisse avec... Aïe ! Mon cher

Marquis.

Vous ne trouvez pas que mademoiselle est beaucoup trop modeste ? Alors, c'est

convenu. Vous venez l'année prochaine chanter à London et nous vous recevrons

si bien que vous ne reviendrez plus jamais à Paris.

Mon cher comte, vous ne faites pas un assez grand cas de vos jolies femmes.

Nous vous les soufflerons toutes.

Ça ne le gênera guère. Le comte est la vertu même.

Merci.

On peut frapper ? Zut et flûte ! Oh, mais ça patiente dans

la salle.

On ne peut même plus causer une minute.

Ça va, je viens.

Adèle.

Beaucoup de personnalité.

Oh, beaucoup.

Voilà.

Attention, tu fais des plis.

Parce que t'es maladroite.

Mais arrange-toi pour que je marche pas sur ma traîne.

Hé, on a levé.

Oui, j'y vais.

Quelle histoire.

C'est toujours moi qui attends les autres.

C'est pas juste.

Oh, celle-ci.

Puis-je rester dans les coulisses pour suivre l'action ? Mais certainement,

Altesse. Nous ne vous quittons pas.

A tout à l'heure, votre Altesse.

Et toi, Phil ? Que pêche ! Satan

? Où est-elle passée ? Qu'est-ce que tu faisais là ?

Avec tous ces hommes, je vais pas te gêner. T'es bête. Tu me gênes jamais.

J'en ai marre, je me tire.

Ah non, pas d'histoire.

Tu restes là.

Je m'occupe de toi, tu le sais bien.

Tu restes là, dis.

Je reviens tout à l'heure.

T'es pas marrant, tu sais, toi, à faire l'idiote avec ces sales bonshommes.

Mais il faut bien vivre.

Adèle.

Je suis porte d'armes, monsieur. Quoi, quoi, quoi ? Venez vite, vite, tout de

suite. Voulez-vous m'excuser, messieurs ? Nous sommes très bien.

C'est amusant.

Moi, il faut que je finisse le bouclier de Brénus.

Il en est très, très pressé de son bouclier, monsieur Brénus. Et moi, j'ai

promis que j'y donnerais.

Fous-moi ton corps !

Alors que tu n'entends pas, tu l'arrêtes, tu rates, tu mens.

Vas-y, nom de Dieu, tu n'as rien à faire ici.

Mais je me tais, je l'entends,

je m'enflamme.

Ce n'est que moi, Vulcain.

Détayons donc la flamme !

Une

part de gifle. C'était plutôt gentil. Il avait une mousse sur le nez.

J'en ai assez de vos gentillesses. Et moi, je commence à en avoir assez de

vous deux ! Vous ne pouvez pas régler ça chez vous, à domicile, non ? Mignon, tu

vas me faire le plaisir de rester ici, côté cour, et vous faucherez là-bas.

Côté jardin, sinon je vous fous à la porte du théâtre tous les deux, mon

Seigneur.

Et je défends à Rose, vous m'entendez, je lui défends de vous laisser pénétrer

sur le plateau.

Côté cour, côté jardin.

Non, s'il vous

plaît.

Non, rien du tout.

Excuse-moi.

Mais tout est fermé. Dans nos châteaux anglais, il y a toujours du vent.

Ce rendez-vous, si doux, si doux, j'en préparais déjà

les exercices. Vous avez une drôle de façon pour parler aux filles.

une vengeance.

Oh non, vraiment.

Il aurait été bon ce soir. Il a conçu France.

Qu'est-ce qu'il s'est amusé.

Il paraît qu'il va monter dans les loges. Tout ça c'est encore pour Nana.

Moi, il fait peur.

Excusez-moi, je... Je ne sais pas pourquoi... C'était très gentil.

Ah, mais on va te voir, je crois.

Oui, je suis propriétaire, vous savez.

J'ai acheté une maison à la campagne près d'Orléans.

Il paraît que vous y allez quelquefois.

C'est Bébé, enfin le petit Georges Hugon qui m'a dit ça.

Vous connaissez, pas vrai ? Ah oui, sa famille, très bien.

Mais donc, mieux voir.

Vous voulez ? À bientôt.

Vous allez me laisser, oui ? Vous,

vieux cochon ! Que j'écoute tant ! Mais pas les pattes ! Vous allez voir, mon

mari va rire !

Alors, au Dieu, ne m'en faites pas. Oui, mon cher Pellier, avant de critiquer les

autres, apprendons à articuler.

À demain.

On y va ? Éteignez la rampe.

Si votre Altesse veut bien passer par ici, Altesse, la

sortie est plus discrète.

Au revoir, mon cher.

À demain.

Encore des bonnes lieux !

Regarde, de l'herbe !

C'est peut-être du blé, ça.

Tu connais, toi ? On voit bien que ma mère n'est pas de la campagne.

Moi, je l'ai trop connue, allez. C'est bien vrai que la terre est basse.

Avec ça, tu fais croître, toi.

En plus, tant que là où on va, ça va être humide.

C'est une maison.

Tu te rends compte ? C'est une maison !

Tenez les papiers.

Je vous ai acheté la maison.

Ce n'est pas vrai. Je crois que c'est tout.

Qu'est-ce que tu es impatient.

Je n'ose pas y croire.

Je croyais que je n'arriverais jamais à partir.

Moi, je m'en fiche de votre recette. Je vais aller à la campagne.

Vous m'avez dit de nous donner...

Je ne sais pas, moi. On verra. En octobre.

Ah, c'est comme ça.

Eh bien, vous allez voir.

J'y serai en mignotte, chez moi, le 15 septembre. Vous m'entendez ? 15

septembre.

Et Kim viendra m'y voir.

Ah non, ah non, soyez sage.

Non, non, ce n'est plus possible. Je n'en peux plus. Vous ne pouvez pas. Avec

vous, ça abîmerait notre sapin.

Et où, Nana, où ? Tenez, venez donc me voir à la

campagne. J'y serai bientôt.

Où est-ce ? Près d'Orléans, les Mignottes.

Il paraît que c'est à côté de la maison du petit Georges.

Vous savez, Georges Hugon ? C'est vrai ? Oui, oui, à côté.

Je viendrai, Nana, je viendrai.

Mais vous promettez, là-bas, vous serez gentille.

Ma chérie, quel plaisir de te revoir ici.

As-tu bien dormi dans ton ancienne chambre ? Oui, si, j'aurais toujours 15

ans. Mais j'hommage, comme on est bien chez vous.

Vraiment ? Je vous attendais en juin, et tout à coup, au milieu de septembre,

vous voilà.

Mais le service de Sa Majesté m'a retenu. Oh, taratata.

Enfin, vous êtes là, c'est l'essentiel.

Bonjour, mon chéri.

Je suis contente de te voir, toi aussi.

Vous savez, je suis très heureuse de profiter un peu de vous, mais rassurez

-vous, ça ne durera pas longtemps.

J'ai invité beaucoup de monde, ce sera plus gai.

Personne n'est plus jeune ni plus gai que vous. Je ne me suis jamais ennuyée

dans cette maison.

C'est si beau, si calme, si reposant.

Reposant ? Taisez-vous ! D'où le payé ton émoi ? Un vrai scandale, mes

enfants. Avez-vous qu'est devenue ma voisine ? Une cocotte ! Une cocotte ?

Oui, une actrice.

Vous vous souvenez, cet hiver, Georges m'avait amené au théâtre une mythologie

à laquelle je ne comprenais rien.

La blonde Vénus.

C'est la fameuse Nana, le vieilletion, mon cher.

Oui, en effet.

C'est ça, Nana.

Alors, son ami, son protecteur, un banquier. Mais vous le connaissez, mon

cher con, je vous l'ai rencontré chez vous.

Ténère. C'est ça, ténère.

Alors, il a acheté à Nana une propriété tout près d'ici.

Une vraie révolution dans le pays.

Ça s'appelle les mignottes. Servez-vous.

C'est ravissant, d'ailleurs.

Je préfère l'égyptienne, madame. Ah non, non, non, je vais toujours la même.

Regarde, j'en ai plein d'hommes ici.

Mais ceux-là, ils ont pas le seum de mes vaches.

Oui, je disais l'entrée, c'est tout humide. Oh, tu m'embêtes !

C'est pas oublié, monsieur Stenner. Oh, t'es jamais contente ! Regarde comme c

'est grand. Ben justement, qui c'est qui va nettoyer ?

C'est beau ! Madame, c'est l'orage ! Vous allez être trempés ! Vous

voyez pas que vous êtes mouillés ? Si la mort est allée, allez, on rentre ! Oh,

Zoé ! Je crois que... C'est pas... C'est trop beau, c'est trop grand ! Ça lave de

tout !

Il ne séchera jamais.

Il va s'enrhumer.

Aussi, quelle idée d'être venue ce soir.

Je devais arriver que dans deux jours.

Tout se fait dans le pays.

Le jardinier a appris du tien.

Qu'on attendait ce soir.

Alors j'ai fait le mur.

Galopin.

Mais tu ne peux pas rester dans tes habits trempés.

Zoé, qu'est-ce qu'on peut faire ? Je demanderais bien un pantalon au

jardinier, mais il va nager devant.

Ah, non.

J'ai une idée.

Oui, c'est parfait.

Tu peux mettre ça pendant que tes vêtements sèchent.

Mais regardez un peu.

Oh, il est mignon.

Mais qu'est-ce qu'il est gentil en tout cas.

C'est qu'il est aussi mince que moi.

Zoé, qu'est-ce que t'en dis ? C'est fait pour lui.

À part le corsage, un peu large, il n'en a pas autant que moi.

Bien sûr, ça manque un peu.

Vilain ! Attention !

Je vais descendre les

vêtements de monsieur devant le grand feu de la cuisine.

Je prends plus vite.

J'aime le feu.

Qu'est-ce que c'est agréable d'être habillée comme ça.

C'est doux.

C'est doux.

C'est chaud.

J'aimerais bien rester ainsi tout le temps.

On est bien.

Oui, on est bien.

Ouais, enfin presque bien. Je meurs de faim, moi j'ai pas dîné. Et toi ? Mais

moi aussi j'ai un grand creux.

Oh, c'est bête. Je me disais aussi.

Je me sentais toute chose.

Attends.

Zoé ! Seulement, mon gars, il n'y a rien de prévu.

Alors, on mangera ce qu'on trouvera.

Il reste du panier.

Ah, Zoé ! Miam, miam, miam, miam ! Mangez, mangez, mangez. Vous savez bien

qu'il n'y a rien.

Je vais demander au jardinier. Je crois qu'il a fait de la soupe. Ah oui, oui,

très bien.

Et des fraises.

Ah oui, des fraises.

En jardin. Deux fraises.

En septembre.

À moi.

T'as à quoi ? Et

encore à moi.

Non, tutus, c'est à mon tour.

À moi la cuillère.

Ma chère, il y a dix ans que je n'ai aussi bien dîné.

Mon petit cœur, il se fait tard.

Il faut que tu rentres dans ton lit. Ou sinon, les vêtements ne sont pas secs.

Mon dieu que c'est beau.

Pépé, il faut partir.

Tout à l'heure.

Arsignol, tu crois ?

Oh, il s'est tué.

Attends, la lumière lui fait peur.

Nous la rallumerons dans un instant.

C'est comme dans une chanson.

Autrefois, je me souviens, une romance.

Il y avait aussi la lune toute dorée, puis un oiseau.

Non, laisse-moi, je ne veux pas ça. Ce serait très vilain.

Écoute comme il chante.

À ton âge.

Il ne fait peut-être pas froid, mais je sens l'humidité, pas vous ? C'est si

joli, une flamme.

Mais je vais vous empester avec mon cigare dans votre salon. Oh, pas du

tout, pas du tout. D'ailleurs, je ne déteste pas l'odeur du cigare. Ah, moi,

je saurais bien quelque chose où je ne perdrais pas d'argent, bien sûr.

On dit que l'autre soir, au cercle intérieur... Ah, hélas, la dame de Pic

était con comme moi.

Georges, vous restez avec nous ce soir ? Mon chéri...

Tu sembles t'ennuyer à la maison. Peut-être que vous êtes plus joueur que

moi.

Mais c'est un jeu très dangereux.

Je ne crois pas au hasard, mais j'aime bien tenter le diable.

Décidément, je vais faire quelques pas dehors.

Je trouve que la nuit est si belle.

Vous êtes bien courageux, il ne fait pas chaud. Mais il n'y a pas de fantôme.

Sabine, ma chérie, je nous donne quelque chose.

Vous savez bien que je ne joue plus du tout.

Une de ces bonnes vieilles mélodies d'autrefois.

Pour vous faire plaisir, mais je ne vous promets rien. C'est très gentil d

'essayer, merci.

Qu'est-ce qu'il y a là ? Ah,

celle-ci peut-être.

Je vais vous aider à tourner les pages.

Sale fille, tu ne croyais pas que je saurais.

Tu lui as donné rendez-vous au garçon. C'est lui que tu attends.

J'ai bien compris, va.

Enfin, voilà une scène.

Mais qu'est-ce que tu racontes ? Je n'attends personne.

Une fois arrive, je l'ai vu partir.

Qu'il vienne, je n'y suis pour rien.

Je t'assure, mon Biquet, il n'y a que toi qui compte maintenant.

Je ne sais pas comment ça se fait, mais c'est vrai.

Bien vrai ? Sur la tête de mon petit garçon.

Tu vas voir que tout est pour toi.

Steiner est arrivé.

Il est là-haut.

Tu sais bien que je ne peux pas le mettre à la porte. Oui, je sais.

Je suis là.

Je l'ai collé dans la chambre du fond.

J'ai raconté que j'étais malade.

Personne ne t'a vu ? Non, je ne crois pas.

Alors monte te cacher dans ma chambre. Et attends-moi.

Alors c'est vrai ? Comme hier, je reste jusqu'au jour ? Oui, mon petit cœur.

Parlez-le à une servite, vite ! Bien vite.

Monsieur le Comte Mufa.

Oh, mon Dieu, mon frère Comte, quelle surprise ! Pardonnez-moi, mais j

'ai appris que vous étiez déjà arrivée.

Oui, oui, j'ai avancé mon voyage de deux jours.

Ah, oui, c'est ça.

Je n'ai pas pu résister.

Il est bien tard.

Oui, je sais.

Peut-être voulez-vous nous asseoir quelques instants ? Oh, merci.

Oui, très.

Vraiment, merci.

Oui, j'étais justement en train de... Ah, mais peut-être voulez-vous boire un

petit verre ? Non.

Non, merci.

Vraiment, je n'en peux plus.

Je suis à bout.

Qu'est-ce que vous dites, mon cher comte ?

Elle n'est pas là.

Elle n'est jamais là.

Mais quel crétin j'ai fait.

Je n'ai pas eu tout et je ne la vois jamais.

Ce n'est pas possible. Ça ne peut pas continuer.

Je vais l'appeler, monsieur.

Oui, bien sûr. Je voudrais bien vous m'arranger les affaires. Oui,

on y va.

Il n'y a pas de problème.

C'est un drôle d'accueil pour un homme qui vient et il ne connaît même pas la

maison. La maison est grande, monsieur.

Et moi, je suis toute seule ici. Ah, moi aussi, je vais rester seul ce soir. Et

pareil, madame est souffrant.

Oui.

Elle ne va pas très bien.

Elle est mal en point.

Et en plus, elle a de la visite.

Vierge, qui est là ? Le comte Muffat. Ah, le comte Muffat.

Si vous saviez ce que j'éprouve.

Je n'avais jamais connu.

La nuit, les nuits.

Si vous saviez, Nana, les nuits que je passe.

Ce que je vois.

Les images, Nana.

Vous.

Et tout à l'heure, vous savoir là, à côté, toute proche.

Et cette nuit, sur la route, madame, je vous voyais, vous étiez là,

dans mes mains.

Non, non, prenez garde.

Mais nous ne sommes pas seuls. Garce, tu m'as promis, tu m'as dit ici, je veux

maintenant. Je suis venu coucher, tu entends ? Coucher, tu me l'as promis. Je

suis venu coucher, tu entends ? Coucher, tu me l'as promis.

Mais c'est ce que tu fais à la fin.

Chérie, c'est M. le comte Mufa qui a vu la lumière en se promenant et qui est en

train de souhaiter la bienvenue. Oui, pas tel.

Je suis arrivé tout à l'heure, mais asseyez-vous, s'il vous plaît.

Mais vous ne m'avez rien dit de Paris.

Moi, déjà, je suis campagnarde.

Mais il faisait un temps au sable.

Oui.

Il a plu ici toute la nuit dernière.

Vous ne

pourriez pas être un peu moins ennuyeux que nous?

Oh, c'est pas vrai ! Vous, en plus ! Oh, mais qu'est-ce qu'elle a ? Mais qu'est

-ce qu'elle a ? Oh, Zoé.

Si je comprends bien, j'aurais pas besoin de chauffer ton lit.

Nous allons.

Madame. Je vous accompagne.

Encore bonsoir, mon cher comte.

Bonsoir.

Voilà.

Faites bien attention, la nuit est très noire.

Merci, madame.

Pas cette nuit, mais la prochaine.

Bon retour, cher ami.

C

'est

un homme du monde.

Mais bien ennuyeux.

Et ce soir, justement, moi qui suis si mal en point, si fatiguée.

Ah oui, mon pauvre enfant.

Eh bien, il faut aller se coucher.

Je m'arrête ici.

Bonsoir, cher ami.

Vous êtes si gentil.

Si plein d'attention.

Vous voyez, un frais père !

Heureusement que tu es venu, toi.

Moi, je suis content que vous soyez là.

On prend le café ici, hein.

Je suis trop fatiguée.

Tu me pardonnes, hein, la bordette. Je ne me gêne pas avec toi.

Je ne me suis même pas alliée.

Le dimanche, c'est fait par la grâce matinée.

Pas à la campagne. À la campagne, il faut profiter de l'air pur.

Il faut marcher, respirer, l'exercice.

Mais Nana est trop paresseuse.

Ou elle s'ennuie avec moi.

Mais non, mais... À Paris, on ne s'ennuie pas, vous savez. Cette semaine,

il y a eu un souper chez un chèque.

Un Égyptien, oui.

Une de ses noces.

La petite joupette a marché sur les mains tout le long de la table.

Qu'est-ce que ça m'est égal.

On est si bien ici.

Loin de toutes vos cochons de thé.

Oh, mes nanas vont devenir une fréquente bagnarde.

Elles vont élever des boules, des grosses boules.

Elles ne vont plus revenir à Paris.

Ah oui?

Tu sais que ta doublure fait un vrai succès.

Ah oui ? Oui, elle est bien ronglée, la petite violenne. Et Bordenave se frotte

les mains. La recette monte.

Bon, finalement, on prendra le café sur la terrasse.

Comme ce soleil est délicieux.

Dès ce matin, j'ai su qu'il ferait beau. La cloche de la première messe disait

que le ciel était bleu. Un beau dimanche.

C'est vous qui l'avez amené, merci.

Voulez-vous m'excuser, maman ? Comme vous le savez, je dois me rendre à

Orléans. Va, mon petit, va, mais sois bien à l'heure pour le dîner.

Que pensez-vous d'une promenade ? Il y a un très joli endroit, pas très loin d

'ici. Quelle bonne idée. C'est pas très délicieux. Eh bien, rendez-vous dans une

demi-heure.

Tout de suite, monsieur Venaud.

C'est hommage, vous fumez, nana.

Vous, une femme.

L'air est si pur ! Vous devez vous rappeler qu'il y a

Madame Gare, la poitette.

Vous pensez, elle est inoubliable.

Savez-vous, elle habite tout près ici, au château de Chaumont.

Qui est-ce ? Irma.

Ça, ma belle, Irma, elle a été la reine de Paris.

Déjà sous l'autre empereur, mais toute une légende, Irma.

Elle est très riche, savez-vous.

Et je crois, elle a des placements à faire.

J'ai rendez-vous avec elle.

Au travail, même à la campagne.

Je ne l'ai jamais vue.

Il paraît qu'elle a été si belle.

Si on y allait, il fait si beau.

C'est loin ? Non, à trois lieues.

Allez, on y va.

Je veux la voir, moi, cette ancienne.

Tiens, le voilà, toi.

Bonjour. Bonjour.

Eh bien, tu ne m'embrasses plus aujourd'hui ?

Tu m'aimes plus, mon petit bébé.

Il est mignon, hein ? C'est mon bébé.

Tu as pu t'échapper.

Tu ne peux plus te passer de ta nana, hein ? Je ne pensais pas l'éranger.

Tu déranges rien, ni personne.

On va en promenade.

Viens, je t'emmène.

Je vais me changer.

Va demander qu'on appelle.

Mais c'est pas possible.

Tu sais bien si on me voit.

Quoi si on me voit ? T'as honte de moi peut-être ? Eh bien va-t'en, va-t'en

tout de suite.

Retourne chez ta mère dans ses jupons.

Mais alors vous me disiez que Myrma habite un château magnifique.

Mais c'est pas seulement magnifique, c'est colossal, très grande, avec les

tourelles.

Le père Venaud a repris son Mufa.

Il va lui parler de l'enfer.

Mufa brûle déjà.

Nana, c'est l'enfer.

Vous le savez bien, vous, qui en êtes sorti.

Mufa, lui, n'en sortira pas.

Oh, je ne sais plus.

Je suis inquiète.

Mon petit Georges qui n'est plus jamais là et ses excuses qui n'en sont pas.

J'ai l'impression qu'il me cache quelque chose.

Ça ne fait rien, il fait beau, mon petit mien.

Il lui cachait quelque chose, en effet, et elle allait l'apprendre.

Là, sur la route qui menait au château d'Irma d'Anglard, elle allait croiser

qui ? Ça, pour du château, c'est du château, regardez ! Nana, et près de

cette... créature, son fils Georges.

Son fils.

T'en fais pas, mon bébé.

C'est pas tiens si on apporte ta maman sur la route.

T'es pas ché. T'as peur qu'elle te gronde, hein ? Tu veux que j'y écrive un

mot ? Non, surtout pas.

Ils sont pas mieux que nous, ces gens-là.

Vous avez vu Fauchery ? Et Dagné ! Non mais des fois ! Même pas un signe de

tête ! Mais pour qui ? Prends celui-là ! J'étais un peu surpris, mon frère.

Et moi alors ? Ça m'a pas empêché de leur faire mon salut.

Qui c'était cette grande dame avec ses cheveux ? La comtesse Mufa.

J'en étais sûre.

Elle était de la classe, cette femme.

Elle contenut pas.

Il l'emmenait pas large, hein ? Et maman ? Elle m'a reconnue ? Je ne comprends

pas.

Je ne comprends plus.

Cette femme-là, dans sa voiture, devant nous.

Mon fils à côté d'elle.

Ne soyez pas trop accablés.

Je la connais, cette bonne fille.

C'est une bonne fille, non ? Vraiment ? Malheur à celui par qui le scandale

arrive. Mais il n'y a pas de scandale. Il ne faut pas qu'il y ait de scandale.

N'est-ce pas, Fauché ? Quel scandale, hein ? Quel scandale ? Nous avons croisé

sur la route une dame dans sa calèche, voilà tout.

Nous connaissons quelque peu.

Promions. Tout de même.

Dévoyer un jeune homme.

C'est intolérable.

Allons, allons, allons.

Une dame accompagnée de trois messieurs.

Un banquier comme Stenner, un ami comme Labordette, un jeune homme comme votre

fils, sur une route de campagne, un dimanche après-midi, où est le mal ? Je

suis désespérée.

Mais Nana, elle, dans l'ordre et la beauté de ce cadre harmonieux,

découvrait quelque chose de tout nouveau.

Elle était éblouie.

Et vraiment, c'était une grande noceuse ? Oui.

Oui, mais elle a fait de la tête.

C'est elle ?

quand on sait bien mener sa barque avec de l'ordre.

Elle est magnifique, magnifique. Une femme d'affaires. J'ai fait des

placements avec elle. Elle a des choses à faire.

C'était une merveilleuse promenade.

Attendez-moi dans le salon, j'arrive.

D'accord.

Je te suis.

Non, mon petit Georges, tu restes.

Je vais aller demander pardon à ta maman.

C'est fini, nous deux.

Qu'est-ce qu'il fera ? Il faut faire ce qu'il faut faire.

Allez, va.

C'est fini.

Comment as-tu pu faire cette peine à maman ? Mais t'es besoin pas trop dur

avec ton frère ? Je ne veux pas qu'elle soit dure, maman.

Mais véritablement, je ne comprends pas comment un garçon comme lui a pu se

conduire de cette manière.

Moi, j'ai pardonné.

Georges.

Georges.

Si tu reviens chez cette femme, j'irai t'y chercher.

Et je te ramène par les oreilles.

Tu entends ? Ah,

voilà le chef-d'oeuvre de Paulette. Une brioche et des oeufs à la neige.

Vous vous appelez par des îles flottantes à Paris, non ? Servez-vous

bien, ma Claire.

J'espère que vous allez prendre un peu de dessert, mon cher Comte. Vous n'avez

rien mangé ce soir.

Mais si.

Non, absolument rien.

Je pense qu'il faut regagner Paris dès demain.

Vous aussi, vendeur ? L'avenir est parti tout à l'heure.

Décidément, vous m'avez abandonné.

Vous aussi, Sabine, vous partez ? Je ne sais pas encore.

Je vous demande pardon.

Je voulais vous maîtriser.

Tu pourrais pas jouer quelque chose de plus distingué, non ? C'est vrai, quoi.

On dirait que c'est un batringue, ici.

Vous me prenez tous pour ce que je ne suis pas, là.

Et vous, Zoé, vous pouvez pas mettre un bonnet, non, pour servir ? Vous vous

laissez un peu aller, ma fille.

Mais où est-ce qu'on se croit, ma parole ? Puisque c'est comme ça, je me retire

dans ma chambre.

Et je veux y être seule.

Vous avez compris ?

Qu'est-ce que là ?

Un peu de café, monsieur. Non, non, merci.

Mon cher, je vais vous dire ce qui se passe.

Elle a vu Irma d'Anglard.

La grandeur lui monta la tête.

Moi, je ne peux pas lui donner des rentes pareilles.

C'est assez !

Bon,

je vais prendre l'air.

Ça calme.

Venez. Je compte.

Il vaut mieux que le patient par escalier de service.

Ah oui.

Bien sûr.

Oui.

Voilà.

De toute façon, pour vous,

pour moi, c'est sans doute la chose la plus sage.

Zoé, ma fille, fais les mal de menthe le vent. On rentre à Paris.

Ah, enfin ! Fini le batifolage, on passe aux choses sérieuses.

C'est une bonne nouvelle.

Je sais.

Sois contente, je deviens raisonnable.

Je vais coucher avec le comte. Mais c'est sans plaisir.

Trois mois plus tard, Nana mentait déjà au comte Mufa.

Je vous le répète, le petit allait mieux.

C'était inutile que je reste pour la nuit.

Ma tante n'a pas de chambre.

Alors je suis passée au théâtre. Mais pourquoi au théâtre ? Vous n'avez plus

rien à y faire.

Pordenat voulait mon avis.

Il monte une nouvelle pièce.

Ah vraiment ? Alors vous voulez venir ?

On m'attend au petit chambre.

Oui, il y a un bon peu.

J'arrive.

Zoé, allons voir les menus de demain.

Oui, tout de suite, madame.

Qu'est-ce qu'il me colle ! Il y a l'autre qui va venir.

Guette-le pour qu'il ne fasse pas de bruit.

Je le mets où ? Je ne sais pas, moi.

Ici, à la cuisine.

Qu'il m'attende.

J'aurais bien me débarrasser de celui-là.

Quel métier.

Moi, j'ai pas sommeil.

Je me couche pas.

Comme tu veux.

C'est bon, le feu, hein ?

Tu as lu l'article de Figaro ? Cette faucherie.

Dagnac, j'ai vu tout à l'heure.

Où ça ? Au café anglais.

Tu m'as dit que tu étais allée de chez ta tante au théâtre.

Oui, oui, bien sûr.

Mais je n'avais pas mangé. Alors à l'entraque, je suis allée manger

quelques huîtres au café anglais.

Voilà.

Toute seule ? Mais non, avec Dagnac, je te dis.

Des amis à lui.

Il m'a dit plein de choses, Agnès, tu sais.

Je ne l'avais pas vue depuis la campagne, là-bas.

Tiens, l'article de faucherie, il paraît que c'est de moi que ça parle.

Je l'avais lu, mais je n'avais pas compris ça.

Le titre, c'est la mouche d'or.

Tu trouves que c'est moi, ça ? Regardez-la,

comme elle est belle, saine, grande.

de chair superbe et blonde et éclatante comme l'or.

Quatre générations, cinq peut-être de créatures misérables, tarées par la

boisson, l'ivrognerie, la détresse.

Voilà ce qui produit cette fleur lumineuse.

Quelle étrange et menaçante leçon ! Elle a poussé sur le pavé des faubourgs et

peut-être est-elle née, plante vénéneuse, pour la vengeance des gueux

et des abandonnés dont elle est le produit.

Prenez garde.

Voici la métagère de la destruction, une force naturelle et sauvage, fermant de

décomposition, sans le savoir, sans le vouloir elle-même, envoyée pour

corrompre et défaire Paris entre ses cuisses de neige.

Il était une fois une mouche couleur de soleil, une mouche d'or envolée de l

'ordure, une mouche qui prenait la mort sur la charogne, et qui, bourdonnante,

dansante, étincelante de mille éclats, empoisonna les hommes de ce temps en se

posant sur eux dans les salons et les alcoves des palais, où elle entrait par

la fenêtre.

Eh bien ?

Prenez

garde. Voici la messagère de la destruction d'une force naturelle et

sauvage.

Malbert. Saine.

Grande. Le cher sultan.

Elle a poussé sur le pavé des femmes pauvres et peut-être est-elle née pour

la vengeance.

Elle était une fois une mouche, une mouche d'or

pour empoisonner, tuer l'homme sur lequel elle se pose.

Ça m'a fait mal.

Non, excuse-moi, je ne voulais pas.

Oui, pardonne-moi, je vais partir.

Je ne suis pas fâchée.

Alors, qu'est-ce que t'en penses ? C'est bon pour moi, hein ? Peut-être, mais il

faut se méfier de faucheries.

Ça, mon vieux.

Il se fait tard, tu sais.

Il y a longtemps que tu es marié ? 19 ans.

Eh bien, dis donc.

C'est comment avec ta femme ? Je t'ai demandé de ne jamais parler de... de ma

femme. Mais pourquoi ? Je ne vais pas l'abîmer, tu sais.

Et puis toutes les femmes se valent, mon cher.

Si j'en parle ce soir, c'est parce que tu m'as dit qu'elle arrivait demain

matin, très tôt, par le train. Alors, comme il est très tard...

Elle était en voyage, c'est ça ?

Oui, une cousine malade, en province.

Tu sais l'histoire que Pochery fait courir sur ton compte ? Il dit que tu es

arrivé au soir ténos.

Enfin que tu l'avais encore, quoi.

C'est vrai ? Dis.

Dis-moi, c'est vrai ? Sans doute.

Oh ben dis donc, qu'est-ce que tu as dû être godiche, hein ? Ça ne m'étonne pas,

alors.

Quoi ? Qu'est-ce qui ne t'étonne pas ? Mon cher, je connais les femmes, moi.

Il fait trop chaud par là.

Il faut que je me tourne.

Les femmes, elles n'aiment pas qu'un homme soit... Enfin, novice, quoi.

Tu peux être sûre que si elles ne disent rien, elles n'en pensent pas moins.

Et tôt ou tard, quand on n'a pas su, elles vont chercher ailleurs.

Mais qu'est-ce que tu racontes ? C

'est bon pour les douleurs, ça.

C'est chaud.

Je les retire comme une noix.

Tu me trouves trop grasse ? J'ai cuit dans mon jus.

Que disais-tu ? Je me disais... Tu veux le

savoir ? Pourquoi est-ce que vous venez tous retrouver des femmes comme nous ?

C'est parce qu'avec vos femmes, c'est triste, c'est froid.

Pas vrai ? Mais vos femmes, pour elles aussi, c'est triste, c'est froid.

Et c'est votre faute. Voilà, tu comprends ? Et elles aussi, elles vont

chercher ailleurs.

Ne parlez donc pas des honnêtes femmes.

Vous ne les connaissez pas.

Oh, écoute, ne m'oblige pas à dire. Je regretterai ensuite.

Et qu'est-ce que tu ferais si ta femme te trompait ? Et si moi, je te trompais

? Alors, ce serait égal.

Eh bien, mon petit, va donc voir un peu rue tête-bouche et faucherie.

Tu y trouveras ta femme qui fait ça avec lui.

Non, non, je t'en prie.

Écoute, chérie, je croyais que tu le savais, moi.

C'est Dagné qui me l'a dit tout à l'heure.

C'est peut-être pas vrai, hein. Tu sais, les gens causent.

Et alors, le conjoint ?

Il

n'y a plus rien.

Monsieur, c'est pas possible. Madame ne peut pas vous recevoir maintenant.

Elle est malade.

Après la scène affreuse que vous avez eue, elle est souffrante. Monsieur, vous

attendez un instant. Non, j'arrive tout de suite.

Attendez un instant dans le salon, monsieur.

Il est là.

C'est pas possible.

Madame va... Elle arrive.

Et encore toi.

Allons, il faut que tu rentres maintenant.

Tu as besoin de ton lit.

Tu n'en peux plus.

Couchons-nous.

Allons, rentre chez toi.

Non. Non ! Mais j'en ai plein le dos, moi ! J'en peux plus ! J'en veux plus de

toi, là !

Retourne chez ta femme qui te fait cocu.

Oui, cocu, tu comprends ? Alors, tu vas m'essaier maintenant ? Couchons-nous.

Non, zut, zut et zut.

Fiche le camp.

J'en ai soupé de toi.

Et puis, t'es triste.

Tu sens le curé.

Et puis, t'es peindre, tu donnes pas.

Mais qu'est-ce que tu dis ? Toute ma fortune est à toi. Tu n'avais qu'à

demander. Je veux pas demander.

Je veux qu'on me donne.

Sans qu'ils demandent.

Et puis, c'est trop tard maintenant.

J'en veux plus.

Même avec des millions, je veux plus. Je veux plus, je veux plus, je veux plus !

Ah non, une fois l'autre maintenant.

Qu'est-ce que tu veux, toi ? Mais je sais, qu'est-ce que vous m'avez demandé

? Je t'ai demandé, qu'est-ce que je t'ai demandé ? Mets les mille francs.

Mille francs.

Mille francs.

Eh oui, je couche avec Steiner pour mille francs que tu ne me donnais pas.

Tiens, je n'en veux plus de tes mille francs.

Et je ne veux plus de toi non plus.

Allez, t'as bien fait de venir, hein.

Le balayage va être complet.

Quoi putain ? Et ta femme ?

Attendez.

Attendez messieurs. Faut pas croire tout ce que dit madame. Elle est en pleine

crise. Elle sait pas très bien ce qu'elle dit mais ça va lui passer.

Elle est si jeune.

Ah messieurs.

Vous reviendrez.

C'est pas vrai ? Vous reviendrez.

Bonjour. J'arrive.

Cette nuit passée dans le train... Un vrai cauchemar.

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