All language subtitles for Nana (1981) 1x01

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Original subtitles

Vous savez, très jeune.

Je me rappelle.

C'est Nana.

Nana, la plus belle fille que j'ai connue.

Des ruines, des scandales, des morts même.

Ah, Nana.

Nana, voyez-vous, c'était Nana.

Ce tableau, c'est le portrait imaginaire de Nana peint par Edouard Manet.

Imaginaire.

Moi, j'ai connu Nana.

Je m'appelle Fauchery.

Je suis journaliste.

C'est mon métier de regarder les événements, de regarder les gens.

J'ai regardé Nana en journaliste d'abord.

Mais peu à peu, oui, peu à peu, j'ai participé à sa vie.

La vie de Nana.

La vie de Nana, je peux la dire.

Mais peut-être ne pourrais-je dire que ce que je connais.

Nana, il y a toujours eu quelque chose d'insaisissable en elle.

Je me souviens que tout a commencé un soir de l'automne.

En 1867, Paris était un chantier qui préparait l'exposition universelle

et ce soir-là, au théâtre de la Renaissance, tout un public blasé, ce

public des premières, allait assister au début d'une inconnue dont le nom volait

de bouche en bouche, Nana.

Jamais en retard, vous, hein ? Même d'une vacherie. Nous allions chez vous.

Ah, mon cher, chez moi, c'est chez vous.

La presse est partout chez elle.

Qu'est-ce qu'il ne faut pas leur raconter pour avoir un bon papier ? Pour

m'avoir, c'est quand même un peu plus cher, vous savez.

Mon cher directeur, je vous présente M. Hector de la Falloire, un mien parent,

cousin quelque peu, je crois. Il vient de notre belle province.

Le voici maintenant à Paris. Oh, le pauvre Paris !

Et ce soir, c'est sa première première.

Eh ben, eh ben, la blonde Vénus, vous êtes gâtée pour votre décussage.

Votre théâtre... D'abord, dites mon bordel.

Et votre nana, a-t-elle une jolie voix ? Une femme comme ça, mon cher, n'a pas

besoin de savoir chanter.

Regardez, regardez le nez du père Bordenave.

Tu verras, tu verras, toute la salle tirera la langue.

Mignon, mais t'es fait chez vous ! Tiens, tiens, tiens.

Mignon et Steiner, toujours ensemble ces deux-là.

Steiner commence à en avoir par-dessus la tête de Rose.

Rose, c'est Madame Mignon. Aussi, le mari ne le lâche pas d'une semelle. Le

coffre-fort pourrait filer.

Bonsoir. Bonsoir.

Monsieur Hector de la Praloise, le baron Steiner, l'un de nos grands financiers.

Ah, une grosse !

financier. Et monsieur Mignon, époux de la vedette du spectacle.

Les vedettes ? Ça on verra. Comment on verra ? J'ai tout vu.

Permettez. Je connais les qualités professionnelles.

J'avoue, mon cher, ce soir, vous allez vous rincer l'œil.

Bien, bien.

Oui, là-bas.

Donc la voir, c'est malin.

Vous n'allez mieux pas ?

Ah c'est bien !

Sous-titrage Société Radio

-Canada

C'est rose mignon, la vedette lui fait la présence.

que c'est que cette cohorte triste.

Rien. Ils sont des mortels. Des mortels.

Trop long, c'est acteuré, coupé là-dedans.

Et Vénus, infaillible.

Tu ne peux pas attendre, on voudrait sauter sur la scène.

Il faut que j'attrape la comtesse

Mufa. Je te suis, tu me présenteras ? Bien sûr.

Allons, franchement, mais vous la connaissez la petite ?

Mais dites-moi.

Pas du tout, mon cher, je vous assure.

Venez, cher ami, venez. Vous allez voir le costume de ma femme au second acte. C

'est un cochon.

Alors,

mon cher Dagné, bien solitaire.

Que pensez-vous de la débutante ? Que vous connaissez très bien, je crois.

On semble assez sévère sur son jeu.

Des jaloux, mon cher.

Des hommes dont elle n'aura pas voulu.

Moi, je la trouve très bien.

Moi aussi.

Dagny, c'est l'amant de Nana.

Elle en est folle, paraît-il.

Oh, c'est une petite rouleuse de boulevard, là, rien du tout. Mais très

drôle.

Venez, je vais vous présenter.

Eh, satin ! Qu'est-ce que tu fais, là

? Je m'emmerde.

C'est comme ça.

Tiens, te prends un cigare ? Ouais.

Je ne te dis pas merci.

Et puis, je ne te dis pas non plus que je pense de toi.

Madame.

Monsieur Faufry, mon cousin, le comte Muffat de Ville, la comtesse.

Madame.

Je suis ravie de vous connaître, monsieur.

Je vous lis dans le Figaro.

Je vous lis et souvent, je souris.

Trop d'indulgence, madame.

M. Fauchery, le marquis de Chouard.

Bonne soirée, non ? J'ai appris, M. le Comte, votre nomination

auprès de l'impératrice, comme son ménant.

Je vous fais mon compliment.

Merci, monsieur.

On dit que l'impératrice intéresse beaucoup au préparatif de l'exposition

universelle. Ce sera très beau.

J'ai visité le chantier aujourd'hui, avec l'impératrice, justement.

J'ai été émerveillé.

On assure qu'on ne sera pas prêts. Le bon désordre français, n'est-ce pas ? On

sera prêts.

L'empereur le veut.

Il s'agit du prestige de la France.

Hector, je compte sur vous mardi prochain.

Amenez M. Pocherie.

Il faut que nous rejoignions nos places.

Madame.

Je ne peux pas accepter ! As-tu bien préparé le piège ? Oui, bien sûr ! Mais

quel piège !

Le ciel que vois-je, c'est ma femme, c'est vulgaire le...

Merci.

Sous-titrage

Société

Radio-Canada

Bonjour, madame.

Bonjour, Zoé.

Comme madame a bien dormi, il est midi passé.

Il est parti, monsieur Paul ? Il n'y a pas longtemps, il y a dix minutes.

Monsieur Dagné n'a pas voulu réveiller madame.

Après la belle soirée, il a bien pensé que madame dormirait tard.

Il reviendra demain.

Demain ? Demain, mais non ! Demain, ce n'est pas possible, il tomberait sur le

morico. Mais non, demain, c'est mercredi.

Eh bien, le morico vient le mercredi maintenant.

Tout est changé. Et puis le vieux Grigou l'a dit.

Ah bon ? Quand madame changera ses jours ? Elle me préviendra quand même.

Oh, tu me fatigues.

Arrête ta chanson.

À propos de chanson,

il paraît que madame a fait un vrai malheur hier soir.

Tout le monde le dit.

Peut-être bien que ça va faire changer les choses maintenant.

Vous allez voir, c'est le grand départ.

Oui. En attendant, qu'est-ce que je vais avoir comme embêtement aujourd'hui ? Ça,

ça commence.

Le concierge est déjà monté ce matin.

Celui-là, c'est pas trop grave.

On doit trois termes.

Et le propriétaire menace de saisie.

Quelle est notre retard ? La lingère, le loire de voiture, le charbonnier

surtout. Oh non, ça me fatigue.

Et moi ? Je suis là toute la journée. Moi, c'est moi qui les reçois.

Oh, ça va, hein ? Moi, je dois trouver 300 francs aujourd'hui pour la nourrice

de mon petit.

Je le veux, mon garçon.

Jusqu'ici, madame s'en est bien passée de son chéruba.

Oui, c'est vrai.

Et puis tout à coup, il ne sait pas, moi.

Il paraît que c'est l'instinct.

Il est si mignon quand il dit « Maman, ça me fait fondre ».

Encore un créancier, allez donc.

C'est bête quand même, 300 francs.

Enfin, une dame, une certaine madame... Tricou.

Ah, la Tricou ! C'est vrai, je n'y avais pas pensé.

Fais-t'entrer, vite.

Viens, madame.

Bonjour.

J'ai quelqu'un aujourd'hui, ça vous intéresse ? Ah oui, oui.

Combien ? Vingt louis.

Et à quelle heure ? Trois heures.

Affaire conclue ? Bon, d'accord.

Trois heures, vingt louis.

Oui, oui, c'est entendu.

Madame.

Madame.

Ma chérie.

Comme tu es fraîche. Oh, ma tante.

T'en as un boulet, tout de même.

C'est mon russe qui me l'a porté.

Il pouvait dormir dans son lit, ce homme-là.

Il me l'a laissé en cadeau de rupture.

Il aurait mieux fait de payer tes dettes.

Hélas.

Tu vas chercher le petit arambouillet, hein ? Je viens pour ça. J'ai un train à

2h20, je peux le prendre.

Ah non, c'est trop tôt.

J'aurai l'argent à 4h seulement.

Alors tu vas déjeuner avec moi et... Madame, c'est le coiffeur.

Entrez, Francis.

Bonjour, chère madame, chère grande actrice. On peut le dire, n'est-ce pas ?

Voulez-vous bien vous taire ?

Vous me coiffez ici, pas la peine de la coûter. Oui, c'est beaucoup plus simple.

Voilà.

Alors, ce matin, je vous les démêle et ce soir, je verrai bien vous les

boucler. D'accord, mais pas trop tard.

Cinq heures.

Parfait. Très bien.

Voilà.

Alors, chère mademoiselle, on ne me parle pas de son trillon.

Allons.

Mademoiselle est trop discrète.

Mademoiselle a vu les journaux, au moins.

Comment vous n'avez pas vu les journaux ? Mais lisez le Figaro, voyons. Il est

très beau, vraiment.

Oh, mon tri.

Tenez, tenez, lisez l'article, il est excellent.

Je vais vous dire une chose, je n'ai même pas eu le trac. Alors, qu'est-ce

que ça raconte ? Je ne sais pas, moi, ils disent... Enfin, c'est un certain

Fauchery qui signe l'article.

Il dit des choses très gentilles sur toi, en tant que femme, sur ta beauté.

Ton chien, il a écrit ça.

Mais il fait des plaisanteries sur ta voix.

Et sur ta façon de donner des coups de hanche sur la scène, il dit qu'il a aimé

ça. Oh, les hommes tous... Mais c'est excellent, tout ça.

D'ailleurs, mademoiselle, quand on vous voit comme ça... Vous savez, j'en montre

davantage sur scène.

Alors je viens vous voir.

Et avec des jumelles.

Quand vous voulez.

À tout à l'heure pour vous boucler.

Cinq heures.

Cinq heures, cinq heures et demie au plus tard.

Très bien. À tout à l'heure, mademoiselle.

À tout à l'heure, François.

Tout voilà dans le journal.

Tout de même quand on le pense.

Montre.

Eh oui.

Qui l'aurait dit, rue de la Goutte d'Or ? Ta pauvre mère.

Je te vois là-haut.

Eh ben, le moins quoi ma santé, comme d'habitude.

Madame est servie.

Madame Maloir est déjà à table. C'est vrai, j'ai invité.

Viens.

Je ne te demande pas de confidence, mais de qui est-il ce petit d'un monsieur ?

Je le soignerai comme le fils d'un prince.

Oh, Madame Maloir !

Il fallait entrer dans ma chambre.

J'ai entendu des voix, j'ai pensé que vous étiez en compagnie.

Asseyez-vous.

C'est ma tante.

Madame Maloir.

Vous faites comment c'est connu ? Comme ça, un jour vous m'avez invitée à

déjeuner.

Je meurs de faim.

Mauvais les radis, ça donne la pituit.

La quoi ? La pituit.

C'est très bon pour le teint.

Pas la pituit, les radis.

C'est vrai que ça rend la cuisse rose.

Côtelettes haricots verts.

Servez-vous, madame.

Je vous en prie, allez-y.

Je vais vous servir, madame.

C'est délicieux, les côtelettes. C'est pas avantageux, il y a de l'os.

C'est peut-être pas avantageux, mais à partir de demain, il y aura du bouilli.

Vous serez contente. Il n'y a pas d'os dedans.

Bon appétit.

Les haricots verts, madame la maire ? Mangez, ma tante, allez ! Très bon, vous

allez voir. Vous voulez des haricots verts ? Oui, les côtelettes, c'est pas

avantageux, il y a que de l'os.

Ne vous en prenez pas compte.

Moi qui paye une autre, c'est moi qui ai la soupe à la grimace.

Oh, zut ! Déjà deux heures, il faut que je sorte pour trois.

C'est le chapeau que je vous ai donné, ça ? Oui, j'ai un peu arrangé.

Vous avez des doigts de fée.

Bon, si madame a besoin de sortir, on pourrait peut-être... Ça va, j'y vais.

Ah non, ma tante, pas les couteaux croisés, ça porte malheur.

T'as qu'à jeter un peu de sel par-dessus l'épaule, ça conjure.

Puisque mademoiselle doit sortir, si nous faisions un petit baiser... C'est

une bonne idée.

Oui, c'est une bonne idée, mais dans la cuisine, si vous voulez bien, parce que

j'ai besoin de desservir. Ah bon ? Allez, courage, je devrais déjà y être.

Moi, quand j'ai une chose embêtante à faire, j'essaie de m'en débarrasser tout

de suite.

Si vous voulez, il y a ma place.

Fais vite, ma jolie.

Qu'est-ce que c'est encore ? Je veux la voir. Mais qu'est-ce que je vous dis qu

'elle n'est pas là ? C'est Charbonnier, madame.

Il est monté avec le concierge.

Ils ne veulent pas s'en aller.

Ils sont là, dans l'entrée, et bien qu'ils y restent.

Viens m'habiller, je sortirai par la cuisine.

Mesdames, pour le Bézig, dans la cuisine.

Merci.

9, 15, 20, nous disons 340.

C'est à vous de faire.

Et quelle heure peut-il être ? Eh, presque 4 heures.

C'était qui cette fois ? Personne.

Enfin, un petit jeune homme. Oh, si joli.

J'ai pas eu le cœur de le renvoyer.

Il est moins gros sans bouquet de fleurs.

C'est pas malheureux quand même, un gamin qui devrait être au collège.

Vous l'avez laissé dans l'entrée ? Non, je l'ai mis dans le cagibier aux

valises. Dans l'entrée, il y a déjà trois messieurs qui attendent.

Depuis des heures.

Ma proie, je prendrais bien quelque chose.

Un petit canard peut-être ? Attendez, je sais où ça se tient.

Très bien.

On va aller sur Solide, moi je vous le dis.

C'est du bon.

On va le prendre au fond des tasses.

Pas de manière.

C'est bien meilleur.

Un petit canard sur le sucre.

Mais au fait, c'est vrai, où est-il le sucre ? Je ne sais pas.

Là, sous la serviette.

Cette fois-ci, c'est une gerbe par porteur.

Il y en a plein le salon.

Je ne sais plus où les mettre.

Encore.

Tant de fleurs, tant d'argent, perdu en somme.

C'est vrai ça, on vous offre des fleurs alors qu'on aurait plutôt besoin d'un

rôti. Mes enfants, mes enfants, c'est le gros sténère, le banquier.

Alors ça c'est madame qui revient.

C'est pas malheureux, c'est tout lent.

C'est les escaliers.

Tu te rends compte de l'heure pour le train ? C'est vrai, c'est pas

raisonnable, madame a raison.

Je me suis amusée, peut-être.

Ça n'en finissait pas.

Les pas de 4 pour rentrer, les trottoirs sont mouillés et des reproches à

rentrer.

Madame, il y a du monde.

Qu'est-ce que vous voulez que ça fasse ? Tu as l'argent ? Doucement les passes.

Tiens.

300 francs pour la nourrice.

50 francs pour toi, le voyage et le reste.

Et moi, je garde 50 francs.

J'ai pas de monnaie. Et vous, madame Balois ?

Prends-moi ma chère de la monnaie de 100 pensées.

Attendez, je devrais avoir ça.

Alors, 50,

1, 2, 3, 50, 60.

Dis donc, ce n'est pas la marée basse.

Je n'ai pas les moyens de dépenser, moi.

Tu disais qu'il y avait du monde ? Oui, trois personnes.

Il y a le morico qui est là.

Il est allé dans la chambre.

Il y a aussi M. Stenner, le banquier.

Je l'ai mis dans le salon.

Zut, et flûte et zut.

Moi, les hommes, aujourd'hui, j'en ai jusque là.

Alors tu fiches tout ça à la porte, je ne reçois pas.

Même M. Stenner.

Madame va réfléchir. Un banquier.

Dehors.

Moi, je vais faire un petit bêtisque avec Mme Maloir.

C'est pas croyant. Moi, je me sauve. Oui, tu devrais déjà être à la gare.

Madame. Allez, dépêche-toi, tu vas être pour part.

Allez, madame Maloir, on s'installe et on joue de l'argent. On joue combien ?

Je ne sais pas, dessous la partie ? Alors, coupez.

Messieurs, vous, je sens que j'ai la bonne main.

J'ai répondu que madame allait les recevoir.

Ils sont dans le salon.

Marquis de Chouard et coupe Mufa de Veuville.

Ça, ma chère, c'est du P.

Vous savez qui c'est ?

Non, avec ces noms-là.

Viens m'arranger un peu.

Allez.

Tout.

Enfin, madame, il ne faut pas parler comme ça à une dame de votre classe.

Je n'en ai rien à fiche, tu entends ? Je viens d'où je viens.

Je suis comme je suis.

Et les hommes, c'est des vrais salauds.

Voilà.

Et je vais leur montrer, moi, qui est Nana.

Allez, va les chercher.

Et fais les entrer.

Ici.

Entrez. Messieurs, je suis désolée de vous avoir fait attendre.

Désolée.

Asseyez-vous, je vous en prie.

Merci. Vous êtes trop gracieuse.

Et qu'est-ce qui me vaut l'honneur ? Nous sommes confus, mademoiselle, de

vous importuner, de vous déranger.

Monsieur, mon beau-père et moi sommes membres du bureau de bienfaisance.

Et nous venons pour une quête.

Et comme nous avons su qu'une grande artiste habitait cette maison, nous nous

sommes promis de lui recommander nos pauvres.

Le talent ne va pas sans le cœur.

Vous avez eu raison de monter, monsieur.

Encore une visite.

Je suis très sollicitée. Excusez-moi.

Comme c'est triste, ces pauvres gens. N'est-ce pas ? Mais je serais trop

heureuse de pouvoir donner à votre œuvre.

Oh, mademoiselle.

Si vous saviez toute cette misère.

Des femmes malades.

Des enfants sans pain.

Et des vieillards.

Mais c'est affreux.

On voudrait être très riche pour pouvoir donner davantage.

Enfin, tenez.

Vous êtes trop bonne.

Eh bien, voilà.

Une autre fois, j'espère donner davantage.

Au revoir, messieurs.

Oh, ça, c'est la meilleure.

Ces paumées m'ont refait de mes 50 francs.

Tu trouves pas ça drôle, toi ? Des hommes qui m'emportent mon argent ? Des

hommes, madame. Des hommes, il y en a plein à la maison, maintenant.

Chacun avec leur bouquet de fleurs. Je sais pas où les fourrer, moi.

Eh ben, tu vas les renvoyer. Pas de détails.

T'inquiète pas.

Ils aiment ça qu'on les maltraite.

Et le morico en premier.

Celui-là, je veux pas le voir.

Le morico ? Mais il est parti.

Il venait juste dire à madame qu'il ne pourrait pas venir ce soir.

Oh, c'est pas vrai. Il vient pas ? Oh, quelle veine !

C'est tout ça avant l'escalier. M. Stenner aussi ? Ah, celui-là avant les

autres. Vous en êtes sûre ? Madame a bien réfléchi.

C'est M.

Stenner. Vite ! Et c'est lui qui m'embête.

Je sais ce que tu penses, ma belle.

Mais crois-moi, si je veux la voir, l'hameçon, c'est de le flanquer à la

porte.

Ah ! Zoé, il y en a un autre là-dedans ! Ne criez pas, mademoiselle. Ne criez

pas.

C'est pas vrai.

Un enfant.

Tu veux que je te mousse, bébé ? Tout ce que vous voudrez. Tout, mademoiselle.

Pour moi ? Merci.

Tiens, Zoé.

Trouve un grand vase pour ces grandes fleurs.

Je peux vous dire merci.

Mademoiselle, mademoiselle. Hé là, allons, vous vous requirez maintenant.

Vous allez être en retard et moi aussi au théâtre. On va me gronder.

Permettez-moi de revenir.

C'est pas bien convenable.

Permettez-moi.

On verra. Un espoir. Ah oui.

Oui, oui, entendu.

Un de ces jours. Un de ces jours, allez.

Ils sont fous.

Oui ? La femme de chambre m'a dit... Mais oui,

Franskis, venez. Je suis à l'heure, n'est-ce pas, mademoiselle ? Vous êtes

la coiffeur parfaite.

Il paraît que la location au théâtre est complète pour plus de 15 jours.

Oui, c'est vrai, oui.

Mademoiselle peut être contente.

Oui, oui.

Dites-moi, Franskis...

Vous qui connaissez tout le monde. Tout le monde, tout le monde, presque.

Qui est le comte Mufa de Beuville ? Oh, mademoiselle, il est chambelan de l

'impératrice. C'est un homme de tout premier plan.

À 4,5%, je suis certain qu'il sera couvert très rapidement.

Ça ne fait aucun doute.

Le pavillon a tous les aménagements d'un palais des mille et une nuits.

Oh, vraiment ? Mon mari, Manick, le chat, ne viendrait en personne pour l

'inauguration.

Vous êtes souffrante, ma chère.

Oh, pas du tout.

J'ai un peu froid.

Ce salon est si long à chauffer. Oh, je sais ce que c'est.

Il en va de même chez moi, cher ami.

Allons donc, monsieur le député. Vous savez bien, pour placer un emprunt d

'État, il faut une garantie.

Mais je n'avais encore jamais vu le banquier Steiner chez vous.

Les tuileries ont fait connaître à mon mari qu'il était bon de le ménager.

Jamais la situation de la France n'était plus florissante, n'est-ce pas?

Comment passez-vous, cher comte ? L'exposition universelle de Paris en est

le garant.

Universelle.

Moi, je vous dis, méfiez-vous de la bruce.

Méfiez-vous.

Oubliez pas, moi, je suis né de là-bas, à Frankfurt amène.

Monsieur de Bismarck est un ami personnel du duc de Mons. On est

toujours des amis, des amis, jusqu'à on n'est plus des amis.

Comme convenu, elle s'est allongée sur le lit.

Et il a consommé, tout le temps qu'elle brûlait un à un, les billets de banque à

la flamme de la bougie sur la table de dieu. Je ne crois pas qu'il soit

possible d'opérer dans ces conditions.

Ça doit vous couper vos moyens.

Oh, vous êtes trop sceptique, Ourcamon.

Sceptique ? Je vous conseille de traiter les autres de sceptiques.

Vous qui ne croyez à rien, monsieur de Vendeuve.

Mais je crois à ce que je vois.

Comme Saint Thomas. Voulez-vous bien vous taire ? Vous allez choquer M.

Venoux. Oh, M.

Venoux sait bien que je crois ce qu'il faut croire.

Je ne suis pas tellement sûr que M. Venoux va vous accorder les indulgences

plénières.

Madame la Comtesse, j'ai amené mon cousin Fauchery.

Madame,

je me suis souvenu de votre aimable invitation.

J'aurais été fâchée que vous ne veniez pas.

La commission des finances a établi un rapport circonstancié sur cette affaire.

Et

pour

demain, vous en êtes ? Bien sûr.

Je sais, j'y vais avec Blanche.

Vous ne devinerez jamais de quelle invitation elle m'a chargé.

Pas possible.

Ma parole ?

J'ai dû jurer de le lui amener.

Je viens un peu pour ça.

Tenez, mesdames, j'ai besoin de votre aide. Il faut que je baptise une de mes

juments. Nous sommes toutes à vous. J'adore.

Comment est-elle ? Je pense à l'engager dans le Grand Prix.

J'aimerais tellement vous voir à l'entraînement.

C'est très tôt le matin.

Mais toutes les femmes ne sont pas paresseuses.

Alors, elle est comment, cette merveille ? Très belle, oui.

Vraiment très belle.

Alors, il faut la baptiser ? Oui.

Quelle couleur ? Sa robe.

Elle est blonde.

Blonde comme l'or.

Ah non, pour une jument blonde comme l'or, on somme un nom de déesse.

De quoi parliez-vous, vendeur et toi, pour demain soir, si j'ai bien entendu ?

Dis donc, la comtesse ne couche avec personne ? Ça, mais sûrement pas.

Mais enfin, on croit-il donc être ? On a vu des choses plus raides que ça, à

Paris, tu sais.

Peut-être, mais les mufas... Monsieur Fauchery, nous parlons du comte Bismarck

et de sa passion pour les chevaux. Vous avez publié quelque chose là-dessus, il

me semble.

Je suis flatté que vous m'ayez lu, mais j'ai écrit cet article sans avoir jamais

rencontré l'homme, je l'avoue.

Comme d'ailleurs j'ai écrit la plupart de mes articles.

C'est la coquetterie de notre ami Fauchery.

Je crois, cher monsieur, que vous êtes un peu parent de notre hôtesse.

D'assez loin, oui.

Et monsieur Fauchery ?

Mon cousin.

C'est un homme très brillant.

Très brillant.

Mais dangereux.

Comment cela ? Par son talent, bien sûr.

Qui est-ce ? Le père Veneau.

C'est la vraie puissance, l'Église.

ancienne avouée, spécialisée dans les grandes affaires ecclésiastiques.

Reçue partout, voyant tout, sachant tout.

Et bien entendu, tout à fait humble.

Redoutable.

Allez, viens, partons. On peut demander au comte pour Nana, et on va s'amuser.

C'est votre rêve, et j'en suis vous.

Non, mais si.

Je suis un mal fou de faire invité.

Mignon, des malas, je sais pas.

Mais ils en sont, les mignons.

Oui, je sais bien. Mais enfin, elle m'a reçu.

Et ça n'a pas été facile, je vous s'assure.

Et elle m'a invité.

Demain à minuit.

Très bien. Et dites, à propos, vous ne savez pas qui va payer ? Mon Dieu, mon

Dieu, que je suis contente, cher M.

Benot.

Ma petite chérie.

Tout le monde connaît notre très chère amie, Mme Hugon, qui vient pourtant si

rarement à Paris.

Mais nous nous connaissons très bien.

Peut-être, pourtant je suis vraiment provinciale.

Ah, comme c'est beau ici.

Au revoir demain.

À minuit.

À demain.

Je t'ai amené Georges.

Madame.

Il est charmant.

C'est le jeune homme du théâtre.

Georges s'est fait inscrire à la faculté de droit en première année.

Tu les connais ? Les Hugon.

Madame Hugon et Veuve.

La gros notaire, je crois.

Amie du couvent de la mère de Sabine, elle la connaît depuis toujours.

Elle habite maintenant, pas d'Orléans, une propriété très jolie.

Les mufas y vont quelquefois.

Pourquoi cet intérêt ? Je suis curieux, mon cher.

Le métier, sans doute.

Je me sens tout de suite étrangère à Paris. Je n'y reste que le temps d

'installer Georges.

Je vous le confie, Sabine. Je crois qu'il ne se sent un peu perdu dans cette

grande ville.

Vous êtes ici chez vous.

Venez me voir souvent.

Vous me ferez plaisir.

Je te disais ce ténère tout à l'heure.

Il y a un souper chez une femme demain soir.

Chez qui ? La nourriture.

Même seule dans une grande ville, ça n'est jamais comme chez soi.

Enfin, j'espère qu'il s'adaptera.

Philippe n'est pas à Paris ? Non, il est toujours en gardison à Bourges.

Il vient d'être nommé lieutenant.

Et je vous l'avoue, j'en suis bien fière.

Surligurez-vous qu'hier soir, Georges m'a amenée au théâtre. À la Renaissance.

Qu'est-ce qu'on joue à la Renaissance ? Cette pièce un peu bizarre avec la

blonde.

Tiens, tiens.

Je ne sais pas ce que je trouve à cette pièce. Je n'y ai rien compris.

Et pourtant, je vous l'assure, je connais bien ma mythologie.

Eh bien, moi, j'y suis allée. J'ai très bien compris.

Et je me suis fort amusée.

Eh bien, ma chère, vous avez de la chance.

Je crois que le moment est venu de ma mission particulière.

Sérieusement ? Si je ne fais pas ma commission, vous la connaissez, elle m

'arrachera les yeux.

Alors, je vais vous aider, mon cher.

Ce n'est pas chic. Il y a une petite fête et moi, je n'en suis pas. Je vous

invite, mon cher. C'est chose faite. Mais chez qui ? Chez Nana, voyons.

Je vais vous parler un instant.

J'ai une petite commission à vous faire.

Voilà.

C'est une dame qui désirerait vous avoir à souper.

Moi ? On dit quelle idée. Et qui est cette dame ?

Tout Paris ne s'occupe que d'elle, mon cher.

C'est nana.

Mais je ne connais pas cette dame.

Voyons, vous la connaissez très bien.

Vous êtes allé chez elle, elle me l'a dit.

Comment chez elle ? Ah, oui, l'autre jour, pour le bureau de bienfaisance.

J'étais avec mon beau-père, je n'y songeais plus.

N'importe, je ne la connais pas, je ne puis accepter.

Un petit gâteau ?

Merci.

Un gâteau ? Non, non, merci.

Vraiment ? Il

s'agit d'une réunion d'amis, je vous assure qu'il ne s'agit pas d'autre

chose.

Monsieur Venoux, vous prendrez bien un petit gâteau ? Je vous remercie, vous

êtes trop bonne, cher ami.

Je crains que cette soirée ne vous paraisse bien futile. Du tout, du tout,

c'est très intéressant.

J'apprends beaucoup de choses.

Beaucoup de choses.

Un souper d'artistes, ça peut être amusant, non ? Oui, il y aura tous les

comédiens et toutes les comédiennes.

Écoutez, monsieur.

J'ai cru comprendre, monsieur.

Vous irez demain soir chez Nana, n'est-ce pas ?

La foi, oui, mais je ne connais pas la race.

Boulevard Haussmann, au coin de la rue de l'Arcade, au troisième étage.

J'en suis, elle m'a invitée ce matin.

Je n'espérais plus vous voir, père.

Merci, merci, merci.

Mes hommages.

Quelle joie de vous voir, cher Marquis. Le dernier fort, c'était chez la

princesse de Charmerie. Mon cher ami, vous en faites trop. Vous devriez vous

reposer. À nos âges, il faut laisser le travail aux jeunes gens. Le travail,

oui, le travail, toujours.

Beaucoup de travail.

Oui, mais travailler si tard, c'est mauvais pour votre santé.

Cela m'occupe, ma douce amie.

Cela m'occupe. Quel plaisir de vous revoir.

Merci à vous.

Merci ma chérie, ta soirée était merveilleuse.

Au revoir Marquis, ménagez-vous, ménagez-vous.

Petit Jean.

Au revoir madame, merci beaucoup.

Tout de même mon cher, cette femme, on coucherait bien avec ? Oui, peut

-être, oui.

Mais, en la regardant, je...

Je pense à une de mes pouliches qui manque de cuisse. Elle n'a pas assez de

cuisse.

Je vous avais accordé que M. de Bismarck était un homme d'esprit. Mais si vous

allez jusqu'au génie... Encore de Bismarck.

Cette fois, je me sauve pour tout de bon. Attendez, mon cher.

Il faut avoir un mot définitif du con.

Il se fait tard. Il est convenable de vous lister, ma chère.

Personne ne peut voir là quoi que ce soit de, comment dirais-je, déplacé.

Il s'agit d'un souper d'artiste et j'en suis moi-même.

Il n'y a plus de curiosité qu'autre chose.

Un homme comme vous peut aller n'importe où, je vous assure.

De quoi s'agit-il ? D'un souper, Marquis.

Vous vous êtes convié, vous aussi, naturellement.

Chez Nana.

C'est-à-dire que... C'est pas... Mon Dieu.

Non, messieurs, c'est impossible.

Il n'y a pas à insister.

En effet, impossible.

C'est une question de morale.

Vous le pensez bien.

Il faut bien que quelques personnes de notre monde gardent encore des

principes.

C'est ça.

Allons, messieurs, dépêchons, ils arrivent. Le lait pour le sorbet.

Suivez-moi la paix, j'en ai pas dans ma poche.

Qu'est-ce que je fais pour la mousseline ? Eh bien, remplacez la mousseline par

de la trousse blanche, c'est tout.

Bon, les serviettes, où sont les serviettes ? Les serviettes, il n'y en a

pas une douzaine, elles sont dépareillées.

Quelle maison ? Et la vôtre ? Regardez-moi l'argenterie.

Vous appelez ça de l'argent, vous ? Vous en avez pour l'argent que vous payez.

On va trouver les serviettes.

Ils vont être serrés.

Les voilà déjà, c'est pas possible. Alors, tout est prêt ? J'en sais rien.

Vous avez dit minuit. Ils arrivent.

En tout cas, ça sera comme ça. Moi, je m'occupe de rien.

On va faire un massacre dans la cuisine, dans tout l'appartement. Viens m

'arranger. Oui.

Ah, là, là, là.

Eh, vous, là-bas.

Venez, on est les premiers.

Venez me tenir compagnie. Oui, oui, nous arrivons.

Non, non, je vous en prie. Pardon.

La chambre de Nana est par ici.

Je ne change pas de robe. Mais non, mais non, madame est très belle comme ça.

Tiens, et trouve-moi une autre rose.

Oui, oui, elles sont là.

Mais je vais être en retard, moi.

Espérons que les invités le seront aussi.

Nana, nous sommes là, vous savez.

Mais entrez, entrez, ne soyez pas si godus l'un avec l'autre.

C'est que vous nous intimidez, ma chère.

Allez, pas d'histoire.

Vous vous êtes vues tous les soirs au théâtre.

Vous n'avez pas manqué une fois.

C'est pas vrai ? Vous avez là un admirateur bien fidèle.

Soyez amis, je le veux.

Ce soir, c'est la fête et je tiens à ce qu'on soit très contents.

Je suis déjà comblée, mademoiselle.

Qu'il est chou.

Tu trouves pas, Mimi ?

Oui, oui.

Oh, zut ! C'est bien ma veine ! Oh, c'est pas vrai ! Mais fais attention, tu

vas te déchirer ! C'est pas grave, c'est pas grave.

Mais qu'est-ce que je vais mettre, moi ? Je n'ai rien d'autre ! Allez, voilà deux

-un, dépêche-toi ! Attendez, attendez, on va ranger ça avec des épingles.

Ne vous enlevez pas, ça ne sert à rien.

Sûre ? Je n'étais sûre ! Oh, vraiment ! J'ai horreur d'arriver la

première ! Il faut bien quelqu'un arriver en premier.

En province, peut-être.

Alors, ça vient, oui.

Oui, mais faut pas qu'on voit les épingles.

Je suis sûre qu'ils sont déjà là.

Il faut dire que tu as expédié le troisième acte à une allure.

Bon, ça ira.

Voilà, ça ne se voit pas du tout.

Espérons que ça tiendra.

Ah, quelle femme.

N'est-ce pas ? Éblouissante.

Attendez, vous avez un petit peu de poudre là, sur l'épaule.

Comme c'est gentil d'être la première.

C'est lui.

Il avait tellement peur de ne pas arriver.

Je suis confus, mademoiselle. Oh non, il ne faut surtout pas.

Vous savez, mon cousin, M. Fauchery, m'a dit que je pouvais... Ah, Fauchery !

Oui, Fauchery, le journaliste, vous savez.

Je sais, je sais. Oh, mais voilà cette chère grande actrice.

Oh, chère madame, vous êtes gentille. Je tenais tant à vous avoir.

Non, non, c'est moi qui suis ravie.

Je vous assure.

Vous vous connaissez, je crois. Ah, mais certainement, madame.

Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir, Clarisse.

Oh, mon Dieu, j'ai oublié mon éventail. Cette mère, allez le chercher, s'il vous

plaît. Je vais.

Charmante soirée, n'est-ce pas ? Excellente.

Excusez-moi.

Je vous embrasse, ma belle.

Embrassez donc aussi ma femme.

Nous, genre de théâtre, nous sommes une grande famille, pas vrai ? Allez.

Ah, non, pas vous, Stenner, vous n'êtes pas de la famille.

Vous n'avez pas le droit d'embrasser Nana.

Attention. Mais, chère, celui des chacres en blé, si j'ai pu lui baiser

les doigts.

Nous connaissons le chemin, mon ami.

Ah, monsieur le comte de vendeur.

Oh, Blanche, vous êtes magnifique.

Et vous, éblouissant.

Ma chère, nous avons laissé faucherie aux prises avec votre concierge. Il

paraît que la voiture de Lucie Stewart n'a pas le droit d'entrer dans votre

cours. Lucie n'est pas heureuse de taper une petite discussion.

Ah, bonsoir.

On a les concierges qu'on mérite.

Oh, chère.

Chère grande amie.

Mais comme je suis heureuse.

Pas tant que moi de vous revoir.

Je dois encore vous dire combien je vous ai aimé dans la pièce.

Vous étiez là ? Oui, tout de suite.

Le talent.

Mais c'est ça, ma chère.

S'imposer.

C'est trop, vraiment, c'est trop.

Oh, Rose.

Que ne vous savez pas déjà ? Quoi ? C'est un repos.

Viendrait-il ? Non, il n'a pas voulu.

C'est-à-dire ? Il n'a pas pu.

Il mène ce soir la comtesse à un bal au ministère.

C'est bon.

Tu me perds à ça, mon petit.

Dis donc, je n'aime pas beaucoup ce genre de commission.

La prochaine fois, fais-les toi-même.

Vous savez, il est fou de vous.

Il a très peur de ma femme. Il faut le protéger, ce petit...

Mais qu'est-ce que vous complotez contre moi ? Monsieur Steiner, à table, vous

vous mettrez à côté de moi.

Oh,

voilà la bordette avec son pressionnant.

Et les nègres, on peut les voir ? Les nègres ? Mais quels nègres ? Tais-toi,

Tintin, tu n'es qu'une grosse dinde.

Mais c'est le même qui m'a dit dans la voiture.

Cette pauvre Tintin, nous lui avons fait croire que le dîner serait servi par six

nègres tout...

Tout le monde est là, ce que je vois.

Oh, quel dommage.

Vous êtes bêtes, c'est parce que vous croyez des hommes nus, je sais ce que c

'est. Mais des nègres, je n'en ai jamais vu de près.

C'est votre premier souper, je crois ? Oui.

Vous avez des dames pareilles à Orléans ? Oh, tout ce qui brille n'est pas d'or.

Tenez, t'attends.

Dites que t'attends, néné. Vous comprenez pourquoi ? Gardez ces vaches

dans son bébé natal.

Caroline et Kay.

Elle vient de Bordeaux.

Son père est mort de honte quand il l'a su, mais sa mère place les économies.

Gaga, vous la verrez dans les musées. La liberté, la vérité, la pensée, toutes

ces belles figures toujours dénudées dans les tableaux, c'est elle. Enfin, c

'est son corps.

Blanche de Sivry, née Germaine Patureau, d'un père cordonnier et d'une mère

incertaine.

Et ce monsieur qui semble être leur ami à toutes, qui est-ce ?

La bordette ? Je sais vraiment quoi dire.

La bordette, c'est la bordette, voilà.

Au fait, et Bordenave ? Ah oui, Bordenave. Je suis désolée, il ne pourra

pas être des nôtres. Mais oui, il s'est fait une entorse abominable. Non, mais

quand ? Ce soir, sur le plateau, il s'est pris le pied dans une costière.

Vous l'auriez entendu.

Oh, le pauvre Bordenave ! Qu'est-ce que j'entends ?

Il est quand même venu.

En terre déjà ? Faut-il

que je vous aime quand même.

Aïe ! Mon Dieu ! Simone ! Fais attention !

Alors, il l'a faite, sa sauce blanche ? Dites-moi. Oui ? Il faut qu'il y ait

deux couverts de plus.

Impossible. Il forcerait tout ça, du tout.

Vous savez, moi, ce que j'en dis.

Bien.

Allons-y.

Ce sera commode pour le service.

Un, deux, trois.

Hé, ma fille, tu sais qu'on la saute.

Ben oui, je ne sais pas ce qui se passe.

Mais où est Zoé ?

La chasse ouvre plus tôt. La mademoiselle est servie.

Entrez, entrez.

Et on se place où on veut.

Vous restez près de moi, hein ? Ah, c'est mon plaisir.

Eh ben, c'est bien, ça ! On oublie les estropiés, bravo ! Merci, professeur !

Oh, mon Dieu ! Oh, c'est vrai, on l'avait complètement oublié, le

malheureux ! Hein, gras ! Mais doucement, doucement !

Où allez-vous m'installer ? Mais en face de moi, mon cher directeur ! Qu'est-ce

qu'il en rêve !

Vous voulez faire la tour des voyages en Allemagne ?

J'ai le sentiment que les grandes manœuvres sont commencées.

Vous voulez partir avec moi ?

J'ai plus de champagne.

Il n'a pas l'air content,

mignon.

Qu'elle le prenne, celle-là.

Si elle veut un bon article.

Le café est servi à côté.

Alors ceux qui en veulent...

S'il vous plaît, s'il vous plaît, une claque pour un estropié !

Quelle soirée ! Auguste, on ne pourrait pas

inviter M. Fauché à dîner, cette fois ?

Certainement, mais dans le dîner de ma soeur. Ah oui, ma soeur.

Très volontiers.

Mon cher Fauchery, vous aurez désormais votre... Vous avez perdu, Fauchery.

C'est une rage qu'elles ont toutes.

Puis il y en a une qui m'a volé jusqu'à mon chien.

Enfin, voyons, mon cher, c'est toute ma peine. Ma faute, il vous l'a lâché.

Alors, mademoiselle, c'est d'accord.

Vous n'allez pas vous battre avec Rose, tout de même.

Je ne me salirai pas les mains.

Mais qu'elle ne me cherche pas ou je lui lâche son paquet.

Mon petit,

j'ai des pantoufles à la maison.

Je te ferai mettre ça demain chez ton concierge.

Enfin, Lucie, qu'est-ce qui te prend ? Tu fais honte ou quoi ? Il me prend. Que

tu me prends pour une gourde.

Amuse-toi bien.

Bonsoir.

Vous avez vu Nana ? C

'est

curieux, on ne l'a pas vue depuis le dîner.

Mais qu'elle n'a pas tellement d'importance.

On s'en passe très bien.

Non, non et non ! Vous

êtes là ? On vous cherche.

Qu'avez-vous donc ? Hein ? Qu'est-ce qu'il y a ? Je ne peux pas qu'on

se foute de moi. Avec qui ? Je ne suis pas tombée de la dernière pluie. On se

fout de moi.

Je vous ai bien vu pendant le dîner.

On n'a fait que dire des horreurs sur moi.

Si, si, j'ai bien deviné, allez.

Tout est gaffe.

Elles se croient, mais elles sont moches, idiotes, usées.

Plus souvent que je vais me faire du tatouage pour régaler des gens et me

faire bêcher dessus.

Du sale monde.

Pas vous, bien sûr.

Tiens, je ne sais pas ce qui me retient.

À la porte.

Voilà, je vais les plaquer dehors.

Ma fille, tu es grise, tu ne sais plus ce que tu dis. Je suis peut-être grise,

mais je veux qu'on me respecte.

Allons, nana, allons, allons, calme-toi, arrête de dire des bêtises.

Viens, il faut retourner là-bas, allez, viens. Non.

Mademoiselle. À la fin d'un an, qu'est-ce qu'on vous a fait ? J'aurais

dû me méfier.

C'est ce chameau de rose qui a monté le complot.

Quel complot rose ? C'est vous qui lui soulevez ces nerfs.

Tenez, il faut que je crie, en voilà bien un autre.

Vous ne me ferez jamais croire qu'il a essayé d'amener le comte Mufa ce soir.

Mais pas du tout.

Je suis une femme, vous savez.

Et moi, ce comte Mufa, j'ai bien vu qu'il avait le coup de cœur pour moi.

Et je pouvais l'avoir ce soir.

Si je voulais.

Jamais, ma chère, jamais.

Et pourquoi donc, s'il vous plaît ? Parce que c'est un homme, enfin, il

donne dans la religion, vous voyez.

Si vous touchez du bout des doigts, il irait s'en confesser le lendemain.

Un conseil, ne laissez pas échapper l'autre, le banquier.

Tiens, mon mimi, je suis trop malheureuse.

Je t'aime, va.

Heureusement que t'es là.

Viens m'embrasser aussi.

T'es si mignon.

Viens, Mimi.

Ce serait pas gentil si on restait comme ça, tous les trois ? Toujours d'accord ?

Et en s'aimant bien ?

Bien,

on s'en va ! Rose,

tu connais cette heure, pantoufles de verre !

Et bien voilà, messieurs.

Je crois que ce soir, j'avais la bonne main.

Faut dire que notre amie sénère nous a paru...

J'ai tout perdu ce soir.

Est-ce que je ne vais pas gagner maintenant?

Oh, qu'est-ce que c'est ? Oh, piquets.

Ah oui, les épingles. J'avais déchiré ma robe.

Donnez.

Maintenant, vous pouvez m'envoyer.

Auguste, je voulais te dire quelque chose.

C'est ce que tu veux, oui.

Oui, allons-y.

Bon, bien moi, je m'en vais.

On va tester ce qui va se passer maintenant.

Gaga.

Il

s

'émerve. Laissons-le, je crois qu'il n'a pas sommeil.

Tu veux que je te ramène ? Pas question, moi, je l'ai changé.

Mais va là-dedans, il y a une carte.

La petite gruche. Bon, je vous en prie, mesdames, un peu de calme.

Les gars, on se fait mort.

Je vous dis à demain pour dîner.

Allez,

viens, mon papa.

Hop !

Et moi ? Qu'est-ce qui me ramène ? Je suis là, ma poulette.

Viens.

Au revoir, Nana.

Au revoir, ma chérie.

Bordenave impossible, il ronfle jusqu'à demain soir.

Prends très bien.

Merci. Au revoir.

Au chouet, au piano ? C

'est que j'ai pas du tout envie de dormir, moi.

Je vais faire quelque chose.

J'ai trouvé.

On va aller boire du lait frais à la ferme d'Auteuil.

C'est pas une bonne idée ?

Oui.

Je n'aime pas les vaches, je n'aime que les chevaux.

Allez, je vais chercher mon manteau.

Elle y est de moi.

Tu fais ce que tu voulais.

T'es contente.

Après tout, c'est dans le banquier qu'à un autre.

T'as raison.

Bon, madame a perdu un mois.

Si madame m'écoutait mieux.

Et cela, peut-être que j'en fais.

Non, non.

Blanche, allez, venez, on va boire du lait tout frais.

Mais je n'ai pas envie de partir sans lui, moi.

Le grand thé aura beaucoup de bien, ma chère.

Allez, viens, tu me retrouveras à ton vendeur.

Mais je n'aime pas le lait, moi. Je n'aime pas le lait, c'est trop blanc

pour moi.

Venez. Mais j'espère qu'on va rester un peu seuls tous les deux.

Allez, allez, c'est très bon pour le teint, vous verrez.

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