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Dans le système pénal américain,
le ministère public est représenté
par deux groupes distincts mais d'égale importance :
la police, qui enquête sur les crimes,
et le procureur, qui poursuit les criminels.
Voici leurs histoires.
Allez, Gillian. Tu as déjà une demi-heure de retard.
Je m'en fiche. Je déteste le foot.
- Gillian. - Papa, il est plein de sang.
- C'est un habitué ? - Il n'en a pas la tenue.
Les gens du parc ne l'ont pas identifié, vu l'état de son visage.
Il est amoché à quel point ?
- Comme après 15 rounds contre un gorille. - Merci.
Donc, vous êtes passés à 8 h.
- Vous l'aviez vu, plus tôt ? - Non.
Allons. Le tunnel est le seul accès à cet endroit.
Je suis passée un peu avant 8 h.
Et vous n'avez pas remarqué un type qui marinait dans son sang ?
Arrêtez. Il y a toujours quelqu'un qui marine dans quelque chose, ici.
Lennie ? Il est à l'hôpital, dans un état critique.
On ignore s'il va s'en tirer.
Ces bons citoyens seront anéantis.
NEW YORK, POLICE JUDICIAIRE
La victime s'appelle George Harding.
Son portefeuille est là-dedans, avec le reste.
La police scientifique devra récupérer ses vêtements.
- On connaît la routine. - Quels sont les dégâts ?
Il a perdu beaucoup de sang.
Le nez cassé, trois côtes fracturées et une commotion cérébrale.
- Cette fois, ils ont essayé de le tuer. - Cette fois ?
Il avait subi des contusions et des lacérations, cette semaine.
Il y a deux ou trois jours, je dirais.
Ne restez pas trop longtemps. Il vient de reprendre connaissance.
- Regarde ça, un document de police. - Un reçu pour des effets personnels ?
Il a été arrêté, il y a trois jours.
Dites-nous qui vous a frappé, M. Harding.
Personne. Je suis tombé de mon vélo.
Ça a un rapport avec votre arrestation, il y a quelques jours ?
- Laissez-moi tranquille. - Si vous ne coopérez pas,
on supposera que vous avez quelque chose à cacher
et on enquêtera sur vous.
Harding ne donne aucune explication ?
- Il dit être tombé de son vélo. - Un vélo d'au moins dix étages.
S'il refuse de parler, on a d'autres affaires à traiter.
Que sait-on, à son sujet ?
Permis de conduire new-yorkais
et carte d'employé de l'hôpital psychiatrique York.
Harding a été arrêté jeudi, dans le 23e district,
pour l'agression d'un policier.
- Quelqu'un de chez nous s'est vengé ? - Ça expliquerait son silence.
- Il l'a peut-être mérité. - Peut-être pas.
Si c'était vraiment un flic, la police des polices s'en chargera.
En attendant, menez votre enquête.
Jeudi soir, Harding est arrivé du coin de la rue en courant.
Il m'a vu, il m'a foncé dessus et il m'a frappé au visage.
- Sans raison. - Vous avez fait quoi ?
- Je l'ai arrêté et menotté. - Doucement ou pas ?
Où voulez-vous en venir, les gars ?
Hier soir, quelqu'un l'a tabassé
et l'a laissé pour mort à Riverside Park.
Eh bien, ce n'était pas moi.
Le médecin dit qu'il a des blessures datant de plusieurs jours.
Ça vous dit quelque chose ?
Il s'est peut-être cogné la tête en montant dans votre voiture ?
Vous vous plantez complètement.
Harding courait pour échapper à deux types.
Donc soit je l'arrêtais, soit je le laissais se faire cogner.
- Vous étiez où, hier soir ? - Chez moi.
Seul.
Les deux types qui le poursuivaient, vous pourriez les identifier ?
Il faisait sombre.
Ils ont fui, dès qu'ils ont vu mon uniforme.
Et votre équipier ? Il les a vus ?
Elle.
- Elle est à l'intérieur. - Merci.
Je ne les ai pas vus. J'achetais un café.
Combien de cafés vous buvez ?
- Qu'avez-vous vu ? - Loomis qui arrêtait un type.
- Il l'a secoué ? - C'est quoi, pour vous, "secouer" ?
C'est de quoi vous envoyer devant la police des polices.
C'est quoi, votre problème ? Vous voulez savoir qui l'a frappé ?
Retrouvez les types qui le poursuivaient.
Les types que personne n'a vus, à part Loomis.
- Vous le traitez de menteur ? - Du calme.
Vous consommez trop de caféine.
Quelqu'un sait d'où venait Harding,
avant de tomber sur votre équipier ?
Je sais juste ce qu'il m'a dit.
- Je ne sais rien du tout. - Vous avez l'air d'en être fier.
Cultiver son ignorance, ce n'est pas facile.
Vous cultiviez votre ignorance, entre 21 h et 21h30, jeudi soir ?
Assidûment.
Il y a quelqu'un de moins assidu que vous, ici ?
Oui, deux types l'embêtaient et je suis sûre que c'était jeudi soir.
- Ils l'embêtaient à quel sujet ? - Je ne sais pas. Je lisais.
Vous êtes sûre que c'était George Harding ?
Oui, je vois George trois ou quatre fois par semaine.
Et les deux types ?
Je ne les avais jamais vus. Mais ils se ressemblaient beaucoup.
Teint mat, très agités, italiens, peut-être juifs.
Vous sauriez les reconnaître ?
Tout est là-dedans, sauf ce qui n'y est pas.
Joseph H. Russo.
D'après la cliente du bar,
c'est un des types qui malmenaient la victime.
Est-ce qu'elle sait pourquoi ?
Elle lisait. Elle ne fait que ça.
Condamné en mars 1996 pour agression. Il a été libéré ?
- Il y a deux semaines. - Eh bien, arrêtons-le.
Quoi ?
Le labo a trouvé trois sangs différents, sur les habits de la victime,
dont un du même type que celui de l'agent Loomis.
Rey veut appeler la police des polices.
Intéressons-nous d'abord à Joseph H. Russo.
NE PAS DÉRANGER PAS DE BRUIT
On se sent tout de suite bien accueillis.
- Ne la réveillez pas, s'il vous plaît. - Qui ?
Elle peut être de très mauvaise humeur.
On cherche Joseph Russo.
Il est en prison. C'est la nouvelle locataire.
Russo a été libéré. Vous savez où il est ?
Non.
Quand vous le verrez, donnez-lui son courrier.
Elle a tout jeté par terre, devant les boîtes aux lettres.
- Pas de problème. Merci. - Merci.
- Factures, sites de rencontres... - Regarde.
"Pour Joseph Russo, de l'hôpital psychiatrique York."
C'est là que George Harding travaille.
Je crois qu'on n'aura pas besoin de la police des polices.
HÔPITAL PSYCHIATRIQUE YORK LUNDI 18 NOVEMBRE
Sa sœur est ici, Leslie Russo.
Joe Russo était en contact avec George Harding ?
George ? L'hôpital nous a appelés. C'est de ça qu'il s'agit ?
- On vérifie. Ils se connaissent ? - Je ne sais pas.
Voilà Leslie, en robe à motif écossais.
Qu'est-ce qu'elle a ?
Pour ça, vous devrez parler à sa famille.
D'accord. Vous avez l'adresse actuelle de Joe ?
J'ai celle de Frank, son autre frère.
Joe et Frank se ressemblent beaucoup ?
- Il y a un air de famille. - Ils sont protecteurs, avec leur sœur ?
Frank, oui. C'est celui que je connais le mieux.
Un type sympa. Il vient la voir tous les dimanches.
Il s'occupe bien d'elle.
J'aimerais que tous nos patients aient une famille aussi aimante.
Oui, ça fait toute la différence.
- Qui est là ? - Frank Russo ? C'est la police.
- Oui ? - On peut entrer pour discuter ?
- À quel sujet ? - Quelque chose à cacher ?
Des slips sales. Vous avez trois secondes pour me dire ce que vous voulez.
- Un... - Où est votre frère ?
Deux, trois.
Où est votre frère ?
- Aucune idée. - Qu'est-il arrivé à votre œil ?
- Lennie, tu sens quelque chose ? - Vous fumez ?
Qui est là ?
Vous avez un chien qui fait de l'emphysème ?
Joe, sors de là et ne fais rien de stupide.
On n'a rien fait et on veut un avocat.
Et apparemment, il ne peut pas passer 30 secondes
sans fumer une clope, alors les voilà.
On ne répondra à aucune question, avant l'arrivée de M. Jamison.
Personne ne vous pose de questions.
Et on n'a frappé personne.
À eux deux, ils ont 14 phalanges éraflées, un poignet enflé et six hématomes.
Le médecin nous dira qu'ils se sont battus
et le labo nous dira que c'est leur sang, sur les habits de Harding.
La femme du bar dira qu'ils étaient présents avec Harding
et le flic dira qu'ils le pourchassaient,
deux soirs avant de lui tomber dessus
et de le tabasser.
- Donc, c'est une tentative de meurtre. - Plus une agression aggravée.
Et une agression avec l'intention de tuer.
Entre 25 ans et la perpétuité, sans circonstances atténuantes.
Ils n'en ont pas donné. Ils l'ont juste tabassé sans raison.
- J'appelle le procureur. - Vous voulez une raison ?
Cet enfoiré d'Harding a violé notre sœur.
Oui, et l'hôpital n'a pas réagi.
On ne dira rien de plus, sans notre avocat, d'accord ?
Ses frères nous ont dit qu'elle leur a dit avoir été violée.
- Par George Harding ? - Ils n'ont pas dit par qui.
Vous les avez crus ?
Leslie Russo souffre de schizophrénie de type désorganisé.
Ses perceptions sont turbulentes et fragmentaires.
Autrement dit, elle est délirante.
La victime parfaite, vu que personne ne la croit.
Je ne dis pas qu'on ne l'a pas crue. On a enquêté.
Leslie a refusé de réitérer ses accusations.
Notre gynécologue l'a examinée, sans résultats.
On a vérifié qui était de service, cette nuit-là.
Frank Russo était certain de la date.
Harding, Jimmy Baxter et Gianni Lupo. On pourra vous donner leurs adresses.
On leur a parlé mais encore une fois, ça n'a rien donné.
- Pourquoi ne pas appeler la police ? - On n'avait rien.
Pas la moindre preuve qu'il s'était passé quelque chose.
On peut parler à Leslie ?
Ne soyez pas surpris par ses incohérences et ses réactions inappropriées.
Ne vous en faites pas, ça ira.
Vous avez parlé de George Harding à vos frères ?
Je leur parle tout le temps. Je leur ai parlé, ce matin.
Ah bon ?
Oui, une fois par heure, au quart.
Vous leur avez dit que George Harding vous a fait du mal ?
- Ce n'est pas le cas ? - On ne sait pas. C'est le cas ?
Mon frère Frank le sait. Il a la clé de la chambre bleue.
La chambre bleue ?
La physiothérapie. Jane Fonda fait de l'exercice avec nous.
- Ce n'est pas l'heure de manger ? - Encore une fois, Leslie.
Vous avez dit à vos frères que George Harding vous a violée ?
Vous voulez déjeuner avec moi ?
J'aime le poulet à la sauce tomate et un légume.
- Leslie... - Juste un.
Maman dit que c'est comme ça qu'on mange.
Les flics n'avaient pas le droit de harceler Leslie.
On devrait porter plainte contre cet hôpital pourri.
Ils lui ont juste parlé. Ils ont vérifié vos affirmations,
comme l'a fait l'hôpital. Il n'y a aucune preuve de viol.
Je ne vois aucune raison d'atténuer les charges.
Qu'est-ce qui cloche, chez vous ?
Vous pensez que c'est normal, de violer des fous ?
Cet enfoiré a violé ma sœur et ça n'intéresse personne, à part nous.
Donnez-moi quelque chose de crédible et ça m'intéressera.
Mes clients sont inquiets pour leur sœur.
Ils ne veulent pas risquer d'exacerber son traumatisme.
C'est un risque qu'ils vont devoir prendre.
On lui a rendu visite et j'ai vu des marques sur son cou.
Je lui ai posé la question et elle est devenue hystérique.
Elle répétait encore et encore :
"Je n'ai pas couché, je n'ai pas couché."
- Frankie a dû la calmer. - Elle a dit que c'était Harding.
Ça peut vouloir dire n'importe quoi.
Je lui ai demandé ce qu'il a fait et elle a répondu qu'il l'a forcée.
Pour vous, ce n'est peut-être pas un viol mais pour moi, si.
Bon. Combien de temps d'enquête je suis censée gaspiller
pour tenter de prouver la défense des Russo ?
Qu'ils la prouvent eux-mêmes.
J'ai besoin de mes hommes pour d'autres enquêtes.
On a une allégation de viol. C'est à ça que sert la police.
Une allégation impossible à prouver.
D'accord, on interrogera les types qui travaillaient avec Harding.
Si ça ne donne rien de probant, on laisse tomber.
- Pressée ? - Je dois faire une déposition.
- Votre plainte contre la hiérarchie ? - Les nouvelles vont vite.
Vous allez assurer.
J'étais bien de service, ce soir-là, mais pas à l'étage.
J'étais en bas, avec mon superviseur.
- Vous connaissez bien George Harding ? - Pas vraiment.
George passe presque tout son temps avec les patients.
- Ils ont l'air de l'apprécier. - Ah bon ? Pourquoi ?
Il fait des trucs pour eux. S'il sait que vous aimez les biscuits,
- il vous en glissera un de plus. - Il leur glisse parfois autre chose ?
- Pas que je sache. - Jimmy Baxter est là, aujourd'hui ?
Il est dans les parages.
Vous êtes le deuxième employé qui s'est fait frapper.
Et alors ?
On n'aime pas les coïncidences. Qui vous a fait ça ?
- Deux types. - Deux types qui s'appellent Russo ?
Si vous le savez déjà, pourquoi vous posez la question ?
Ils ont envoyé George Harding aux soins intensifs.
Pourquoi pas vous ?
Je leur ai dit que ce n'était pas moi.
- Je n'ai pas violé leur cinglée de sœur. - Pourquoi ils vous ont soupçonné ?
Et comment ils sont passés de vous à George Harding ?
- C'est vous qui leur avez dit ? - Et alors ?
Ils ont failli le tuer sur vos dires.
Je n'ai pas donné son nom par hasard.
Si quelqu'un l'a violée, c'est lui.
Là où il bossait avant, il y avait aussi eu un viol.
- Où ça ? - À Park West.
C'est un centre de soins de longue durée. Il y a eu une grosse enquête pour viol.
- Harding a été accusé ? - Je sais juste qu'il bossait là-bas.
Vous disiez que vous n'aimiez pas les coïncidences.
Les Russo ont dit que leur sœur a accusé Harding.
- Ils ont menti à ce sujet. - Mais pas forcément au sujet du viol.
CENTRE DE RÉHABILITATION PARK WEST JEUDI 28 NOVEMBRE
Wendy Singer. Elle est là depuis environ deux ans.
- Collision frontale sur la Taconic. - Une route dangereuse.
Son mari est mort sur le coup,
tout comme le fœtus de cinq mois que Wendy portait.
On va essayer de la ménager mais on a quelques questions à lui poser.
Je crois que je n'ai pas été assez claire.
Wendy Singer est dans un coma irréversible,
depuis l'accident.
- Qui a porté plainte pour viol, alors ? - On n'a pas eu besoin de plainte.
Monsieur et madame Singer, voici les inspecteurs Briscoe et Curtis.
- La police a déjà enquêté, non ? - Ils poursuivent l'enquête.
Docteur, on peut aller parler dans votre bureau ?
Mme Singer nous a dit que Wendy n'a pas eu ses règles,
la dernière semaine de juin.
- Pourquoi il n'y a pas eu d'avortement ? - Les Singer ont refusé.
Par conviction religieuse ?
Wendy est fille unique. Après le choc initial,
ils ont réalisé qu'ils allaient avoir un petit-enfant.
Ils ont déjà choisi son prénom.
Il nous faut le nom des inspecteurs qui ont enquêté.
On a suivi la procédure. Tout le personnel a été interrogé.
La police a prélevé un échantillon de sang de tous les employés.
Y compris George Harding ?
Harding n'était plus là.
Il travaillait ailleurs, depuis six semaines.
- Des suspects ? - La police s'est focalisée
sur les deux employés qui ont refusé le prélèvement.
Le premier était Dean Goldberg
mais ce n'est pas votre homme. Il est mort du sida, il y a deux mois.
Je comprends son refus de donner son sang. Qui était l'autre ?
J'ai refusé, parce que je suis un toxico.
J'essaie d'acheter une dose
mais ça va être dur, avec deux flics dans le coin.
Parlez-nous de George Harding et on s'en ira.
Harding n'était plus là.
Mais si vous voulez que ce soit lui, le père, ça me va.
Attendez, on n'a pas fini.
Les médecins adoraient Harding, parce qu'il faisait de la lèche.
Les patients l'adoraient,
parce qu'il leur donnait des petits plus contre de l'argent.
Vous vous en allez, maintenant ?
Si on voulait, on pourrait vous emmener avec nous.
Vous avez revu Harding, après sa démission ?
Une ou deux fois, très tard.
Il avait un truc avec une des infirmières.
Il l'emmenait en salle de physio.
Juste pour être clair : il couchait avec une infirmière
dans la salle de physiothérapie de Park West ?
C'est pour ça qu'il bossait de nuit.
Il aimait faire ça sur les tapis d'exercice.
Je parie qu'il faisait pareil dans la chambre bleue de York.
Leslie, vous vous souvenez de notre dernière visite ?
J'ai pris mes médicaments. Vous ne pouvez pas m'arrêter pour ça.
C'est vrai.
On veut parler de ce qui s'est passé dans la chambre bleue.
La salle de physiothérapie.
Je vous l'ai déjà dit. Je vous l'ai dit sept fois.
Vous êtes un genre de pervers ou quoi ?
Quelqu'un vous y a emmenée pour coucher avec vous ?
Il y a des services téléphoniques, pour ça,
- mais les numéros sont bloqués, ici. - Leslie.
Je ne dirai pas qui s'en est pris à moi, si c'est ce que vous voulez.
- Ce n'est pas mon genre. - Mais vous savez qui c'était.
J'en ai parlé à mon conseiller spirituel. C'est la seule chose nécessaire.
Je n'ai pas à vous le dire.
On sait que c'est quelqu'un de l'hôpital,
un des aides-soignants.
Je vais avoir de gros ennuis.
Non, pas du tout. Répondez juste à leurs questions.
George Harding est un type sympa, hein ?
- Il est gentil. - Et beau gosse.
J'aime ses yeux.
Est-ce qu'il a un peu profité de vous ?
Il n'a pas profité de moi, dans la chambre bleue.
C'était totalement mutuel et sensuel.
Je ne l'ai pas dit à mon conseiller spirituel.
Mais c'était bien George, dans la chambre bleue ?
Leslie ?
Oui, d'accord ?
Je comprends mieux pourquoi les patients ne mangent pas leur gelée.
Si je revois cette horreur gélatineuse, je vais vomir.
Là où vous allez, vous en mangerez beaucoup.
Debout. Je vous arrête pour le viol de Leslie Russo.
Vous avez le droit de garder le silence.
Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous au tribunal.
La déposition de Leslie Russo ? C'est notre seule preuve d'un viol ?
Ça et son accusation initiale.
Faite à ses voyous de frères, une semaine après l'incident supposé ?
On ne croit plus les victimes, maintenant ?
C'est normal de faire preuve d'un peu de scepticisme,
quand la victime est une schizophrène internée.
Justement, elle ne pouvait pas être consentante. C'est un viol.
Je me demande juste
si ce viol n'est pas le fruit de son imagination.
Qui est le conseiller spirituel à qui elle s'est confiée ?
D'après son thérapeute, il fait partie de ses pensées délirantes.
Désolé, Jamie. Ça ne passera jamais devant un grand jury.
Le collègue d'Harding à Park West l'implique fortement.
Le sexe en salle de physio, c'est la signature d'Harding.
Tu utilises un viol
dont tu ne peux pas prouver qu'Harding l'a commis
pour soutenir un viol
dont tu n'es pas sûre qu'il se soit produit.
Deux boulots, deux victimes sans défense. Ce n'est pas une coïncidence.
Harding ne bossait même pas à Park West, quand Singer a été violée.
Il a pu revenir sur les lieux en douce.
Ou c'est peut-être une erreur de chronologie.
Eh bien, trouve la réponse,
avant qu'on ne puisse plus faire machine arrière.
Bonne journée.
La mutuelle qui m'emploie m'a envoyée à Park West.
Ma seule patiente là-bas, c'est Wendy Singer.
Quand l'avez-vous examinée pour la dernière fois ?
La semaine passée.
C'est une grossesse à haut risque. J'essaie de la voir tous les dix jours.
Ça se passe plutôt bien, vu la situation.
Vous pouvez dater la conception ?
C'est toujours difficile, même chez une femme en bonne santé.
Sa mère dit qu'elle a raté son premier cycle en juin.
Six mois ?
C'est cohérent avec mon examen physique.
Il y a un moyen d'en être sûr ?
J'ai effectué une échographie, lors de ma dernière visite.
- Je peux la voir ? - Sans l'autorisation de ses parents ?
Je peux retourner en ville et obtenir un mandat.
Si vous voulez juste voir l'image, le fœtus ne s'y opposera pas.
Voilà une vue de la tête. Voyons voir.
Le diamètre bipariétal est d'environ sept centimètres.
- Trente semaines. - Sept mois ?
DOMICILE DE M. ET MME SINGER VENDREDI 6 DÉCEMBRE
Vous avez vu l'échographie ?
Votre petit-enfant naîtra dans deux mois.
Vous avez dit aux médecins que votre fille a raté ses règles en juin.
La police a basé son enquête là-dessus.
Avez-vous pu vous tromper ?
Quand elle a n'a pas eu ses règles en mai, je n'ai rien dit.
Je pensais que c'était à cause de son état.
Vous avez donc caché sa grossesse.
Il faut que vous compreniez que c'est très dur, pour moi.
Ma fille voulait un bébé, plus que tout au monde.
Je pensais que si je parlais, ils la feraient avorter.
- Vous savez qui lui a fait ça ? - Je pensais que c'était Chris Ryan,
celui qui a démissionné pour ne pas donner son sang.
Et George Harding ?
Vous l'avez vu s'intéresser de près à votre fille ?
Il prenait soin de Wendy mais pas de cette façon-là.
Réfléchissez bien.
La police l'a innocenté sur la base de ce que vous avez dit.
Ça ne peut pas être George.
Après l'accident, je me souviens lui avoir dit
que la fausse couche était un mal pour un bien.
Les médecins disaient que porter un enfant risquait de la tuer.
J'espère juste qu'ils se trompent.
Une femme folle, une autre dans le coma.
Deux victimes sans défense mais aucun dossier probant.
On a des preuves indirectes contre George Harding.
La mère de Singer a donné la mauvaise date du viol.
Pourquoi elle a fait ça ?
Elle a caché la grossesse pour éviter un avortement.
Je vois. La presse va en faire ses choux gras.
"Une victime de viol va accoucher dans le coma."
Les parents ont eu un choix difficile. Wendy Singer ne sortira jamais du coma.
Ce bébé est leur seul lien avec leur fille.
Si le bébé compte autant pour eux, ils hésiteront peut-être à coopérer.
Pas besoin d'eux. L'échographie permet de dater le début de la grossesse.
C'est une preuve évidente du viol.
On ne peut pas en dire autant pour Russo. Traitez les deux cas ensemble.
Faites une offre à Harding, s'il plaide coupable des deux affaires.
Vous pouvez l'inculper mais il ne sera jamais condamné.
M. Harding s'en prend à des victimes sans défense.
Ça fera très mauvaise impression sur le jury.
Ça a un côté choquant mais rien de plus.
Ça pourrait tout de même lui coûter 25 ans.
Vingt-cinq ans ?
Dès qu'on prélèvera un échantillon d'ADN sur Wendy Singer.
Si votre client veut passer un accord, c'est le moment.
Deux pour le prix d'une ?
S'il plaide coupable des deux.
Abus sexuels, un an de prison.
Viol, entre dix et 20 ans, peines confondues.
Arrêtez la surenchère. Quelle est la vraie offre ?
Je ne marchande pas avec les violeurs.
Bonne journée, M. McCoy.
On commence par qui, devant le grand jury ? Singer ou Russo ?
Russo. Au moins, c'est une victime qui peut témoigner.
Question d'interprétation.
Skoda a examiné Russo.
Il pense qu'elle y arrivera, devant le grand jury.
J'ai lu son rapport. Il est loin d'en être certain.
On en revient à Wendy Singer et à la preuve de la paternité ?
Tu veux attendre d'obtenir l'ADN du bébé ?
Harding aura été libéré.
Si Wendy Singer a subi une amniocentèse,
il y a peut-être déjà un échantillon d'ADN dans son dossier.
Appelle son médecin.
Je prépare l'audience de Russo devant le grand jury.
SALLE DU GRAND JURY MARDI 17 DÉCEMBRE
Mademoiselle Russo,
pouvez-vous nous dire ce qui vous est arrivé,
dans la salle de physiothérapie de l'hôpital psychiatrique York ?
Vous voulez que je vous parle du sexe ?
Oui.
Quelqu'un va écrire tout ça ?
La sténographe écrit ce qu'on dit, en effet.
Alors, je ne peux pas mentir.
Si je mens, tous ces gens seront fâchés contre moi.
Vous avez prêté serment de dire la vérité.
Vous avez dit avoir compris ce que ça signifie.
Toute la vérité, rien que la vérité, sinon ce sera inscrit dans mon dossier.
Avez-vous eu une relation sexuelle, dans la chambre bleue,
avec George Harding ?
Roger a dit qu'il n'y avait rien de mal à le faire.
Qui est Roger ?
Mon partenaire sexuel. Il est dans l'aile D.
Il dit qu'il peut me sentir, depuis là-bas.
Mademoiselle Russo,
avez-vous dit à la police
que vous avez couché avec George Harding,
un aide-soignant de l'hôpital ?
Je ne crois pas avoir dit ça
mais si j'ai dit ça, je ne voulais pas dire ça.
Mais est-ce que c'est vrai ?
Leslie ?
C'était vrai
mais ça ne l'est plus.
Vous avez menti à la police ?
Il n'y avait pas de Bible ou de signes religieux.
Mon conseiller spirituel dit que si on dit ce qu'on pense,
ça purifie le cerveau,
alors vous ne pouvez pas l'ajouter à mon dossier.
Il me faut un bon avocat.
Vous n'aurez pas d'ennuis, Roger.
Il veut juste la vérité au sujet de vous et de Leslie.
Je suis ici depuis trois ans. C'est normal que je sois excité, non ?
Vous avez couché avec Leslie ?
Oui, quelques fois.
Où faisiez-vous ça ?
En salle de physio, généralement. La nuit, quand il n'y a personne.
La chambre bleue ?
Oui.
C'est comme ça qu'on l'appelle.
Comment vous êtes entrés ?
George Harding m'a donné la clé.
Il m'a fait payer dix dollars, pour l'avoir.
Recommande à l'assistant du procureur chargé de l'affaire
d'inculper les frères Russo pour coups et blessures.
Si Harding n'a pas violé Leslie Russo,
pourquoi plaider coupable de ce viol ?
Pour couvrir celui qu'il a effectivement commis.
Wendy Singer.
Qu'a dit son obstétricienne ?
Elle a confirmé l'amniocentèse de Wendy mais elle ne fournira pas son dossier
- sans l'autorisation des Singer. - Obtiens-la.
La seule façon de prouver la culpabilité de George Harding,
c'est avec une comparaison d'ADN.
Il nous faut votre permission pour obtenir le résultat de l'amniocentèse de Wendy.
Mais je suis sûre que ce n'est pas George.
Dans ce cas, l'ADN l'innocentera.
On préfère ne pas savoir qui est le père.
Vous ne voulez pas savoir qui a violé votre fille ?
On essaie d'oublier tout ça.
Si ça se trouve,
il pourrait réclamer la garde du bébé.
Si on n'identifie pas cet homme,
il risque de faire d'autres victimes innocentes.
Il nous faut juste le dossier médical, pour avoir une preuve.
Vous avez déjà vu l'échographie sans notre autorisation.
J'ai parlé à un avocat. Il dit que vous violez notre vie privée.
On n'est pas obligés de donner notre accord.
COUR SUPRÊME, AUDIENCE PRÉLIMINAIRE LUNDI 13 JANVIER
Le dossier que nous demandons est crucial.
On a déjà obtenu un échantillon d'ADN de George Harding.
Les données de Wendy Singer permettront de déterminer s'il est le père du bébé.
Les Singer ne veulent pas savoir qui est le père.
C'est quelque chose que je ne comprends pas.
Ils ne veulent pas s'attarder sur la façon dont leur fille est tombée enceinte.
En ce qui les concerne, c'est une intervention divine.
Ils peuvent croire ce qu'ils veulent mais on a un violeur à juger.
Cet ADN est une preuve indispensable.
Mes clients ne sont pas concernés.
C'est une question de vie privée.
Ils n'ont pas à divulguer le dossier médical de leur fille à l'État.
L'intérêt public l'emporte sur le droit à la vie privée des Singer.
Un dangereux violeur est en liberté.
- Harding est en détention. - Pas pour longtemps.
Si on n'obtient pas ce dossier tout de suite, on ne pourra pas l'inculper
et il devra être libéré.
En effet.
Je dois soupeser tous ces faits.
Je comprends le souhait des Singer
de protéger leur vie privée de l'intrusion du gouvernement.
Mais dans cette affaire,
l'intérêt de l'État à obtenir ce dossier est irréfutable.
J'ordonne qu'on fournisse les résultats de l'amniocentèse de Wendy Singer.
On a reçu les résultats de l'ADN.
D'après l'analyse génétique, Harding est bien le père.
Quelle est la suite ?
Je présenterai ça demain matin au grand jury.
Wendy Singer a dû subir une césarienne d'urgence.
Elle est morte sur la table d'opération.
Et le bébé ?
Une fille, prématurée de cinq semaines.
Elle est en soins intensifs pédiatriques.
Envoyez une lettre de condoléances à la famille Singer
et modifiez la plainte contre Harding
pour inclure le chef d'accusation de meurtre.
Le meurtre concomitant, ça ne passera pas.
La mort n'est pas intervenue durant un crime ou immédiatement après.
Le viol d'Harding a causé la grossesse et la grossesse a causé la mort.
Mais comment affirmer que c'était l'intention d'Harding ?
Il ne nous reste que la mise en danger de la vie d'autrui.
On peut démontrer qu'Harding savait qu'il risquait de la mettre enceinte
mais ça ne va pas plus loin.
Sauf s'il connaissait les risques posés par une grossesse.
Le médecin de Wendy a dit à Mme Singer
que la fausse couche, après l'accident, était un mal pour un bien.
Elle a dit en avoir parlé à Harding.
Dis à l'avocate d'Harding qu'on change le chef d'accusation.
Meurtre non prémédité ?
Je vous savais coriaces, pas rancuniers.
C'est parce que l'affaire Russo a capoté ?
Non. Quand M. Harding a violé Wendy Singer, il l'a tuée.
La peine est proportionnelle aux conséquences.
Il y a une différence entre votre sens de la justice et la loi.
La loi dit que s'il a agi au mépris des risques,
il peut être accusé des conséquences.
Le risque nécessite de la prévisibilité.
Comment pouvait-il prévoir qu'elle tomberait enceinte
et qu'elle mourrait durant un accouchement prématuré ?
C'est un aide-soignant professionnel
qui a violé une femme dans le coma.
- Votre client a accepté le risque. - Mon client change des draps.
Le jury n'y croira pas.
Si, quand il entendra Mme Singer.
Elle a dit à Harding que c'était très dangereux pour Wendy
de mener une grossesse à terme.
Elle témoignera de leur conversation.
Si c'est votre meilleure preuve, on prend le risque.
Vous devez témoigner de ce que vous avez dit durant l'enquête,
que vous aviez dit à Harding à quel point une grossesse était risquée.
J'ai dit ça ? Je ne m'en souviens pas.
C'était lors de ma première visite.
Les médecins vous avaient dit que la fausse couche était une chance.
Je me souviens de ça.
Que c'était un mal pour un bien.
Oui, mais je ne me souviens pas de l'avoir dit à M. Harding.
Comment pourrais-je témoigner ?
C'est très important, pour notre affaire.
On vous a déjà dit qu'on est fatigués de toute cette histoire.
Wendy est morte.
Laissez-nous en dehors de ça.
Je connais ce regard.
C'est l'affaire Harding.
Il faut que vous fouilliez dans ses finances :
comptes bancaires, cartes de crédit...
On a son sang et l'ADN du bébé.
- Je pensais que c'était gagné. - Il me faut ces infos.
Les finances d'Harding.
Tu vas combattre son droit à un avocat commis d'office ?
Mme Singer a changé d'avis, au sujet de sa conversation avec Harding.
Elle ne se rappelle plus lui avoir parlé des risques de la grossesse de Wendy.
Les finances d'Harding sont censées lui rafraîchir la mémoire ?
Une semaine après le viol de Wendy Singer,
Harding a payé un acompte pour une Harley-Davidson Softail.
Jolie moto.
Quelques jours après qu'elle a signalé la grossesse de sa fille,
Harding a acheté un téléviseur 46 pouces.
Ils l'ont payé
pour mettre leur fille enceinte.
Ça explique pourquoi elle refuse de parler.
Et pourquoi ils refusaient de fournir l'amniocentèse.
Elle couvre Harding.
C'est un type très coopératif.
Il coopérera peut-être avec nous.
Les Singer ont perdu deux choses, dans cet accident :
leur fille Wendy
et le bébé qu'elle portait.
C'est une triste histoire. Quel rapport avec mon client ?
C'est une histoire que M. Harding a déjà entendue.
J'ignore de quoi vous parlez.
Alors, je vous raconte la fin.
Dans leur chagrin et leur désespoir,
les Singer ont conclu un pacte avec le diable.
Ils ont payé M. Harding pour être le père de leur petit-enfant.
Vous avez violé Wendy Singer et acheté une moto.
Quand elle est tombée enceinte, vous avez acheté un téléviseur.
Sacré scénario.
On s'en va.
Très bien.
On vous jugera en tant que pervers qui viole des femmes inconscientes.
- Ce sera dans tous les journaux. - Je ne suis pas comme ça.
Je suis prêt à envisager cette possibilité.
Venez, George.
Attendez.
C'était l'idée de la mère.
Elle m'a payé.
Une avance de 3 000 $
et 2 000 $ de plus, une fois le boulot terminé.
Si vous voulez qu'il témoigne de ça, abandonnez l'accusation de meurtre.
Je vais y réfléchir.
Elle l'a payé pour coucher avec sa fille dans le coma ?
Pour la mettre enceinte.
Le 20e siècle va trop vite pour moi.
Deux parties qui sont de mèche pour faire un bébé
et une victime qui n'en est pas consciente.
Est-ce qu'il faut vraiment aller jusqu'au procès ?
Harding a violé une femme dans le coma, pour de l'argent.
- Je ne veux pas lui proposer d'accord. - Et la mère ?
Elle a vendu sa propre fille à un inconnu.
Elle a agi par désespoir. Harding a agi par cupidité.
Il ne faisait qu'exaucer les vœux de la mère.
Au lieu de protéger sa fille, elle en a fait une machine à bébé.
On peut continuer comme ça longtemps.
Comment on résout le problème ?
L'accusation de viol est parfaitement établie.
Le meurtre est plus compliqué.
Si on inculpe Harding de meurtre, il faut que Mme Singer témoigne
du fait qu'elle lui a parlé des risques d'une grossesse.
Si on inculpe Mme Singer de meurtre ou même de complicité de viol,
il faut qu'Harding témoigne du fait qu'elle l'a payé.
Deux serpents qui se mordent la queue.
Faites-en lâcher un.
Aucune irrégularité sur les comptes bancaires des Singer,
ni sur leur compte d'épargne retraite.
Tu penses qu'Harding a menti ?
J'espère.
Il faudra négocier avec un des deux pour impliquer l'autre.
Madame Singer ne m'inspire pas beaucoup de pitié.
C'est la trahison suprême.
Wendy était sans défense. Sa mère était censée la protéger.
Et Harding ?
Il a pris l'argent,
il a écarté la perfusion de Wendy,
il a retiré son cathéter
et il lui a grimpé dessus.
C'est monstrueux.
Regarde ça.
Une estimation pour Harry Singer, de la part de Monnaies et Timbres Fulton.
Planche commémorative des États-Unis, 6 200 $.
Ça date d'avril.
Le mois où Wendy est tombée enceinte.
Mme Singer a financé le viol de sa fille
avec la collection de timbres de son mari.
Je me demande s'il est au courant.
Pourquoi vous vous intéressez à mes timbres ?
Vous n'avez pas déposé les bénéfices sur un compte.
Greta les a utilisés pour payer le neurologue qui a examiné Wendy.
Vous vous souvenez de son nom ?
Le docteur Ashburn.
Je ne voulais pas l'engager.
Il a fallu payer son vol depuis Chicago.
Greta a dit qu'il faisait des merveilles avec les patients comateux de son hôpital.
Autant jeter l'argent par la fenêtre.
Votre fille n'a jamais été examinée par un médecin du nom d'Ashburn.
Je suis certain de son nom.
Greta disait que le Dr Ashburn était la dernière chance de Wendy.
Pourquoi vous me posez ces questions ?
Je ne sais pas comment vous le dire
mais votre femme a utilisé cet argent pour autre chose.
Elle a payé George Harding pour être le père de l'enfant de Wendy.
C'est impossible.
Vous croyez vraiment qu'on paie un médecin en liquide ?
- Est-ce que ma femme a des ennuis ? - Oui.
On pourrait la poursuivre aux côtés de M. Harding.
Dis-leur, Greta.
L'argent était pour le neurologue.
Vous avez un reçu ?
Non.
Vous avez le numéro de ce médecin ?
On peut l'appeler et régler ça tout de suite.
Ce qu'ils disent est vrai.
Tu as donné l'argent à Harding.
Harry, arrête.
Dis-leur, Greta.
On a notre petite-fille, à présent.
Mettons fin aux mensonges.
Je veux la vérité, madame Singer.
Vous l'avez payé pour violer votre fille.
Ce n'était pas un viol.
Vous n'aviez pas le droit.
- Si je vous le dis, j'irai en prison ? - Je ne peux rien promettre.
Alors, elle ne dira rien.
Dans ce cas, on passera un accord avec Harding.
Ce sera donc à titre officieux.
Pour ses aveux sous serment, faites une offre sans peine de prison.
Allez-y, Madame Singer.
Vous devez comprendre, monsieur McCoy.
Wendy nous a appelés,
le jour où elle a appris qu'elle était enceinte.
Je ne pensais plus qu'à ce bébé.
Un soir, on a reçu un appel.
John était mort
et Wendy avait perdu le bébé.
Harry a arrêté d'aller la voir à l'hôpital.
Je ne pouvais pas la voir dans cet état.
Je pleurais en permanence.
Je rêvais que Wendy allait bien,
qu'on se baladait au parc avec une poussette
et que tout le monde disait : "Quel adorable bébé."
Et Harding ?
Je le regardais donner le bain à Wendy.
Finalement, j'ai trouvé le courage
de le lui demander.
Lui demander quoi ?
De...
faire un bébé avec Wendy.
Et il a accepté ?
Contre de l'argent.
Je ne voulais pas, au départ.
Mais il a dit que la vie de Wendy était gâchée.
Il avait raison.
Alors, oui, je lui ai donné l'argent.
Je sais que vous ne me croyez pas mais j'aimais ma fille.
Vous auriez dû mieux prendre soin d'elle.
Je l'ai fait.
C'est Dieu qui n'a pas pris soin d'elle.
Dieu a pris Wendy et John. Dieu a pris notre bébé.
Dieu me devait un petit-enfant.
Dieu me le devait.
Greta Singer nous a tout raconté.
On va passer un accord avec elle pour témoigner contre vous.
Comment vous pouvez faire ça ? Tout ça, c'était son idée.
Vous auriez pu dire non.
C'est hallucinant.
Vous appliquez des critères plus stricts pour mon client que pour la mère de Wendy.
Votre client a violé une femme dans le coma
pour une moto et un téléviseur.
Mme Singer était poussée par son chagrin et son désespoir.
Ça en fait une sainte ? Je lui ai rendu un service.
Elle est venue me voir en pleurant.
Je lui ai dit de laisser tomber, au moins dix fois.
Elle m'a eu à l'usure.
Vous avez été capable de pénétrer sa fille.
Ça ne devait pas être si répugnant que ça, pour vous.
Elle me faisait de la peine.
Qu'est-ce que j'étais censé faire ?
Harding est un prédateur.
Je ne crois pas une seconde à son numéro de bon samaritain.
Madame Singer nous a menti à la moindre occasion.
Ses actes sont répréhensibles.
En tant que procureur, je ne peux pas l'excuser.
En tant qu'être humain, elle me fait pitié.
On a déjà eu cette discussion.
Il n'y a aucune solution, Adam.
Je ne peux pas en inculper un de meurtre
sans passer un accord avec l'autre.
Greta Singer refuse de témoigner contre Harding,
si elle doit faire de la prison.
Je peux me consoler avec la vague notion
que la conduite de Mme Singer est punie par son chagrin ?
Son chagrin ? C'est un monstre narcissique.
Harding prendra entre 25 ans et la perpétuité ?
Quinze.
Et si tu perds ?
Je ne perdrai pas, pour le viol.
Quoi qu'il arrive, Mme Singer sera libre.
Elle vivra heureuse avec sa petite-fille.
Peut-être pas heureuse.
Le prix à payer est trop élevé.
L'alternative ne me plaît pas.
Salomon a dit de couper l'enfant en deux.
BUREAU DU PROCUREUR JACK MCCOY MARDI 28 JANVIER
Vous plaidez coupable de viol.
Entre quatre et huit ans.
Comment aurais-je pu violer ma propre fille ?
Vous avez payé monsieur Harding
et vous lui avez donné accès à votre fille.
Vous êtes complice,
comme si vous l'aviez tenue pendant le viol.
Et Harding ?
Il ira aussi en prison pour viol.
Et le meurtre ?
On abandonne l'accusation de meurtre contre votre cliente et monsieur Harding.
C'est l'accord du siècle.
Après tout ce qui s'est passé...
à quoi bon ?
Monsieur Singer.
Votre femme et M. Harding ont plongé dans un dilemme moral
auquel la loi ne peut donner qu'un début de réponse.
Peut-être qu'ils se noieront tous les deux.
Ça vient de l'avocat de Greta Singer. Elle accepte l'offre.
Qu'y a-t-il, Jack ?
La petite-fille des Singer.
Les parents d'Harding demandent la garde.
Les parents de l'homme qui l'a violée ?
Je plains le juge qui devra trancher.
Je plains surtout le bébé,
peu importe où il ira.
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