Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Dans le système pénal américain,
le ministère public est représenté
par deux groupes distincts mais d'égale importance :
la police, qui enquête sur les crimes,
et le procureur, qui poursuit les criminels.
Voici leurs histoires.
- Tu n'as pas de détente. - Ah ouais ? Regarde.
- Ah ! - Je m'échauffe à peine.
Madame, regardez.
Tu me cherches ? Smash !
Tu veux m'impressionner ? À ton prochain entretien d'embauche,
présente-toi avec cinq minutes d'avance et non de retard.
Leur horloge était en avance.
Et le temps file, Robert. Il faut courir pour le rattraper.
Bref. Regarde.
- Mate ça. - Jordan avance. Il tente un trois points.
- Il tire. - Et il loupe.
Arrête. Je l'ai rentré.
Appelez une ambulance.
Quelqu'un dans le quartier cherchait des ennuis à Mlle Gaylin ?
Personne ne lui en voulait.
En cas de souci, elle prenait toujours le temps de vous recevoir.
Comme le petit Lee. Sa mère avait les chevilles enflées.
Elle l'avait aidé avec l'ordonnance.
- D'accord. - On a dû tirer d'une voiture.
D'une voiture ? Tu as entendu un moteur ?
- Bon. Merci. - Tu n'as pas entendu ?
- Elle était vue comme une sainte. - Et personne n'a rien vu.
Jouir d'une telle cote a pu attiser la jalousie de ses collègues.
Un jeune pense avoir entendu une voiture.
Prévenons l'université qu'on va interroger le quartier.
Vous gérez l'enquête ?
Inspecteur Briscoe et l'inspecteur Curtis.
Doug Gaylin. Je suis le père de Jennifer. On m'a appelé.
Que sait-on, pour l'heure ?
Pour l'heure, pas grand-chose, malheureusement.
NEW YORK, POLICE JUDICIAIRE
Jennifer a travaillé dans ce centre pendant trois ans.
À l'obtention de son diplôme, on lui avait proposé d'enseigner
à Columbia et à Hunter.
Elle a choisi Harlem.
Vous a-t-elle parlé d'une personne qui lui en voulait ?
Vous cherchez un mobile ?
Une femme blanche tuée dans un quartier afro-américain.
Ce n'était pas forcément raciste.
Enfin, inspecteur. On ne l'a pas volée. On l'a seulement flinguée.
J'avais tenté de la protéger.
Je l'avais même installée dans l'un de mes immeubles.
Quand l'avez-vous vue ?
Dimanche dernier. Pour dîner. Chez elle.
Rien que vous deux ?
Elle a reçu un appel et y a répondu dans l'autre pièce.
Il n'a pas duré longtemps.
À son retour, elle était livide.
Elle vous en a parlé ?
CENTRE COMMUNAUTAIRE SOJOURNER JEUDI 20 SEPTEMBRE
Elle organisait tout ça ?
"Marche contre le SIDA", "Remise de manteaux aux SDF".
Des tas de nobles causes. Elle en affichait toutes les semaines.
- Vous auriez tous ses rendez-vous ? - Les officiels. Ça n'aiderait en rien.
Elle recevait sans cesse des gens à l'improviste.
Les problèmes ont commencé il y a trois ou quatre jours.
L'un de ses chouchous s'est pointé.
Elle ne voulait pas le recevoir.
Randy Johnson.
"L'un de ses chouchous" ?
Jennifer était toujours suivie par cinq ou six élèves, dans les couloirs.
Une vraie cheffe de file.
Et lui ? C'était le gosse à la traîne ?
Jennifer avait aidé Randy à se faire embaucher.
Il avait le béguin pour elle.
- Un gros béguin ? - Bien trop gros.
Ça devait devenir oppressant, pour qu'elle l'évite à ce point.
Elle vous poussait à faire mieux. Vous vouliez lui faire plaisir.
Quitte à en faire trop ?
Elle ne voulait plus te parler, au centre.
Tu essayais de l'appeler.
Qui a dit ça ?
Des gens qui disent qu'elle cherchait à t'éviter.
L'après-midi où on l'a tuée, dis-nous où tu te trouvais.
Écoutez. Je cherchais seulement à l'aider.
L'aider pour quelles raisons ?
Il y a deux semaines, le samedi soir,
je traînais sur Dyckman Avenue.
Là, cette voiture débarque. Une Audi blanche.
Je n'ai pas vu le conducteur
mais la portière côté passager s'ouvre et c'est elle qui en sort.
Que faisait-elle là-bas ?
Ce que font tous les blancs là-bas. Elle achetait de la drogue.
- Tu en es sûr ? - De la codéine.
Des tas de jeunes en prennent pour faire la fête, s'éclater au lit.
Vous savez, les gens ont plusieurs facettes.
Son rapport toxicologique le confirme.
Si je passais la journée dans ce centre, j'aurais sûrement besoin d'un remontant.
De la codéine ?
Mélangé à du paracétamol sur ordonnance.
Au moins, tu n'as pas mal au crâne, au réveil.
Ça te flingue le foie. Surtout quand tu bois.
Oui, vu l'état de son foie,
elle devait avaler ça comme des noix de cajou.
Une drogue aphrodisiaque ?
Le deuxième tir était à l'entrejambe.
Et son partenaire ? Le conducteur de l'Audi ?
On a fouillé son appartement.
Et on a passé son répertoire au crible. Rien pour l'heure.
A-t-on d'autres preuves qu'elle aimait s'éclater ?
Eh bien, si on se fie à ce qu'on a retrouvé chez elle,
lire Vogue était son activité la plus osée.
Peut-être qu'on a tenu à vous le faire croire.
L'immeuble appartient à son père.
Il a sûrement la clé, pas vrai ?
À quelle heure M. Gaylin a-t-il été prévenu ?
- Juste après 12h30. - Où était-il ?
À son bureau, sur la 56e.
Combien de temps ça prend, pour aller de là-bas
jusqu'au centre, à cette heure-là ? Une demi-heure ?
Dans ces eaux-là.
Vous êtes arrivés au centre à 14h30. Pourquoi avoir mis tout ce temps ?
J'informerai M. Gaylin de votre présence.
- Monsieur Gaylin vous paie assez ? - Assez pour...
Assez pour aller en prison pour entrave à la justice ?
- On a d'abord fait un détour. - Chez sa fille ?
- Il en est ressorti avec quelque chose ? - Un sac de sport.
J'ai récupéré quelques trucs.
La tasse de son baptême, ses propres poèmes.
- On pourrait jeter un œil ? - Aucun intérêt.
Alors ça ne devrait pas poser de problème si on examine l'ensemble.
Les gens se font des idées.
Comme celle que l'on se fait de votre réticence ?
Ils oublieront ses bonnes actions et se souviendront d'un scandale.
Mais si son meurtre était lié à la drogue...
Quand j'ai appris qu'on avait tué Jennie,
j'étais prêt à tout pour retrouver le coupable.
Depuis que j'ai fait le tri chez elle,
je ne suis vraiment plus sûr de vouloir connaître son identité.
Ou son mobile.
De la codéine, de l'oxycodone, de l'hydromorphone.
Elle aurait dû faire chimiste, plutôt qu'assistante sociale.
Ou flic.
Un vrai sex-shop ambulant.
Tout ce qui est possible et imaginable.
Ils portent tous des masques.
Tu découvres qu'on a tué ta fille,
tu te rends chez elle...
Tu sais donc quelque chose.
Ou suspectes quelque chose.
Et alors que tu fouilles, tu tombes là-dessus.
Quand tu penses à ta fille, tu la revois en train de faire de la balançoire.
"La Quête du plaisir.
"Jeux de rôle libertins." À l'angle de Lafayette et...
Great Jones Street.
Je n'y suis jamais allé. Promis, juré.
Toutes nos activités sont légales.
C'est plus proche du théâtre que de la prostitution.
Je doute que les gens viennent ici quand Cats joue à guichets fermés.
Avant de condamner ce qu'on fait, vous devriez essayer.
Ce boulot est assez humiliant comme ça.
O.K. Parlez-nous de Jennifer Gaylin.
J'ai appris son vrai nom en la voyant dans le journal.
Elle venait souvent ?
Pas si souvent que ça mais sans être une touriste pour autant.
On la voyait le week-end.
Elle venait seule ?
Je ne suis pas assistante sociale ou prêtre, inspecteur.
Mais je protège la vie privée des gens qui viennent ici.
Sinon...
Sinon, ça risque de devenir gênant.
On pourrait revenir en soirée
et interroger vos clients au sujet de la mort de Jennifer.
Et en quoi ce qui lui est arrivé
serait lié à passer du bon temps ?
En quoi ce ne serait pas lié ?
Elle venait accompagnée d'un homme. Ce présentateur du journal.
Comment il s'appelle ? Euh, Stu Steiner.
Il voulait s'essayer au trio. Elle n'était pas partante.
Le type est devenu ingérable. On a dû le mettre dehors.
On ne tolère pas la violence.
DOMICILE DE STU STEINER MERCREDI 26 SEPTEMBRE
Si Steiner ne passe pas à la télé,
j'en déduis qu'il est malade ou s'est absenté.
Vous le voyez rarement ?
Parfois vers 6 h du matin, je le vois rentrer en voiture.
- Une Audi blanche ? - Oui.
Lui va se coucher quand je passe le trottoir au jet.
- Et quand l'avez-vous vu ? - Ici ? Il y a une semaine ou deux.
Et aux infos, il y a trois jours.
- Vous l'auriez vu avec elle ? - Parfois.
Vous pouvez ouvrir ?
- Vous fumez le cigare ? - Oui.
Des cigarillos.
Toujours porter des slips propres.
On ne sait jamais quand l'accident survient.
Le voilà. Sa dernière visite remonte à trois jours.
Vous avez écrit quoi ? Jane Wilson ? Wilton ?
Vous pourriez la décrire ?
Elle était grande, brune, vêtue d'une robe bleue.
Enfin, je crois qu'elle était bleue. Je n'ai pas fait attention.
"Arrivée à 4h15, repartie à 4h45."
De toute évidence, ils n'étaient pas branchés préliminaires.
Devine ce qu'on a retrouvé dans le placard de Stu ?
Je doute que ce soit Jurassic Park.
Jennifer Gaylin porte les talons.
Une assistante sociale des plus sociables.
L'autre femme pourrait être cette brune que le portier a vue.
J'imagine que Steiner est au centre.
Ce serait bien de la retrouver.
Ce n'est ni chez Gaylin, ni chez Steiner.
Ce panneau qu'on voit par la fenêtre...
Chelsea Piers.
Trouvez donc quelqu'un de calé en trigonométrie.
SERVICE CRIMINOLOGIE MARDI 1ER OCTOBRE
Il nous fallait deux points de référence visibles.
On s'est servis de ce coin en haut à droite du panneau
et du haut des filets de ce club de tir au golf.
On a établi le périmètre dans ce sens et on l'a appliqué au plan du quartier.
Ce qui limite nos recherches à combien d'immeubles ?
Vingt.
Vous avez fait une vue de coupe.
Le panneau fait 20 m de haut. Les filets s'élèvent à 30 m.
On les voit de la fenêtre,
d'un peu plus bas.
Il s'agit donc de ce bâtiment.
L'appartement serait donc à 10 ou 15 m de hauteur depuis la rue.
On peut se tromper d'un étage ou deux mais sinon, oui.
Il devrait s'agir du quatrième ou du cinquième étage.
Où tu as appris tout ça ?
Oh. Pardon. On doit faire erreur.
Vous devez chercher ma fille, Debbie.
Elle m'a organisé une fête d'anniversaire.
Je peux vous aider ?
Oui.
On aurait quelques questions
au sujet de Jennifer Gaylin et de Stu Steiner.
Qui ?
On a la cassette de votre petite sauterie.
Peut-être que les amies de votre mère seraient intéressées.
N'en parlons pas ici.
On se croisait en club. Je les connaissais peu.
Alors je n'ose imaginer ce que vous faites avec vos amis.
À chacun ses passe-temps.
Comment les avez-vous rencontrés ?
Par des amis communs. On s'est vus à deux reprises.
Et la vidéo ?
C'était la première fois. On n'a pas filmé l'autre.
Un sursaut de pudeur ?
Le rendu aurait été le même.
On vous a vue être drôlement malmenée par deux personnes qui sont mortes.
Je n'ai rien à voir avec ça.
Un témoin a vu une grande brune se rendre chez Steiner, le jour du meurtre.
Je n'étais pas à New York, la semaine dernière.
Et je ne les ai jamais revus, après cette deuxième fois.
- Je ne leur convenais pas. - J'aurais dit le contraire.
Stu faisait ça machinalement.
Ce qui l'excitait vraiment, c'était les hommes.
Van Buren a contacté le FBI pour qu'ils consultent leur registre.
Ils ont retrouvé trois affaires assez semblables.
Le même calibre, des tortures au couteau précédant le meurtre
et une mutilation de l'appareil génital.
Toutes les victimes fréquentaient le milieu libertin.
À San Francisco, Aspen et Chicago.
Toujours plus à l'est.
Oui, peut-être qu'il rentrait au bercail.
Il tue des hommes et des femmes et préfère le faire au couteau,
même si les abattre peut dépanner.
Pas d'entrée par effraction.
Dans certains de ces lieux, à Chicago ou San Francisco,
il a vraiment pris ses aises.
Il a mangé un sandwich et bu un soda sans sucre avant de s'en aller.
Il a pris le liquide qui traînait et laissé les cartes bancaires.
Pacific Heights, Beekman Place, East Belleview. De beaux quartiers.
Oui. Celui de Jennifer n'était pas mal non plus.
Toutes nos victimes sont blanches, aisées et célibataires.
Oui, et elles avaient fait des études. Kinderly avait décroché son Master en 88.
Dorsett, à l'université de Pennsylvanie, en 86.
- Jennifer Gaylin, à Smith, la même année. - Des universités cotées.
Oui, histoire d'appeler à l'aide avec le bon accent.
Disons que notre tueur fréquente le même milieu.
- Où est le répertoire de Jennifer ? - Ici.
Et voici celui de Steiner.
Tu as quoi ?
- Abrams ? - Non.
Celui-là commence par "artiste". "Spencer Lee".
Appelle San Francisco, Aspen, Chicago.
Demande-leur de nous faxer tous les contacts des victimes.
Si on trouve une correspondance, on tiendra peut-être le tueur.
J'ai reçu l'appel de l'inspecteur chargé de l'affaire de Chicago.
Il veut savoir ce qu'on a et si on lui cache des choses.
Eh bien, on a retrouvé le même numéro dans trois de ces répertoires.
"Chuck T." pour Kinderly de San Francisco, "Eddie" pour Densch d'Aspen
et "Charles" pour Steiner.
Oui, et il s'agit du numéro de Charles Thatcher, au 353 West Broadway.
Ne tire pas. Ne me tue pas. Pitié.
Personne ne va vous tuer. Allez. Sortez de là.
- Debout. - Ce club de golf est déclaré ?
- Je vous ai pris pour quelqu'un d'autre. - Asseyez-vous.
Quelqu'un qui connaissait Stu Steiner et Jennifer Gaylin ?
Je pensais être le suivant.
Comment ça, "le suivant" ?
Dès que j'ai lu le journal, j'ai su que c'était Eddie Chandler.
Qui ça pouvait être d'autre ? Je connaissais Kinderly et Densch.
- Eddie les connaissait. - Pourquoi penser être le suivant ?
Il m'a appelé. Pour me demander de l'argent.
Il devait me rappeler aujourd'hui. J'étais pétrifié.
Pourquoi ne pas appeler la police ?
Vous plaisantez ?
Pour que mes collègues me voient mêlé à ces meurtres de dépravés ? Non.
Mieux vaut ça qu'une photo de votre dépouille.
Bon. Si Eddie vous rend visite, appelez-nous.
Ne partez pas, s'il vous plaît.
Que voulez-vous savoir ?
J'ai rencontré Eddie lors de sa première visite à New York.
Avant qu'il ne fréquente le milieu SM. Je l'hébergeais.
Si votre vie était menacée, pourquoi ne pas avoir quitté la ville ?
Pour sortir et le voir sur le trottoir d'en face à me fixer ?
Être suivi ?
À Aspen, il m'aurait tué à Aspen. Si je l'avais semé, il m'aurait retrouvé.
Vous pouviez partir à Omaha.
Vous êtes dingue ? Qui choisit de vivre à Omaha ?
Allô ? Oui. Eddie, j'attendais de tes nouvelles.
Euh. Oui. Je l'ai ici.
Ça marche. Monte.
Il est au coin de la rue.
Il arrive de la cabine téléphonique au coin de la rue.
Je vois un homme blanc passer l'entrée.
- Il a une clé ? - Euh, non. Je ne sais plus.
Oui ?
Oui, oui. Laissez-le monter.
Il n'est pas monté. Bouclez l'entrée. Je me charge de derrière.
Bien reçu.
- Police. Plus un geste. - Edward Chandler ?
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? - Les mains sur cette barre.
Écartez les jambes.
Qu'est-ce qui se passe ? Je ne faisais rien de mal.
Ah oui ? C'est quoi, ça ? Un calibre 38.
- Le suspect... - Quoi ?
Je vous arrête pour les meurtres de Jennifer Gaylin et Stu Steiner.
Vous pouvez garder le silence.
Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous.
Je ne sais pas pourquoi Charlie se sentait menacé.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? - Qu'il avait peur.
Ah.
Vous savez, Charlie a toujours eu l'imagination sordide.
Êtes-vous sûr de vouloir développer ?
Une fois, on sortait du ciné et quelqu'un avait dû se faire planter.
Il m'avait forcé à traverser pour aller voir ce que ça donnait.
Mais vous vous chargez surtout de meurtres. Pas vrai, inspecteur ?
De deux en particulier, en ce moment même.
Ah oui. Ceux de Jennifer et de Stu.
Vous n'avez pas à leur parler.
Je sais.
Inspecteur Curtis, c'est ça ? Vous m'avez lu mes droits.
Vous avez une superbe voix, inspecteur. Mais vous le savez déjà, pas vrai ?
Ravi qu'elle vous plaise.
Avez-vous déjà tué un homme ou une femme ?
- Monsieur Chandler. - Eddie. Comme Eddie Munster.
Vous n'avez pas l'air de prendre ça très au sérieux.
Non, je... je tiens à clarifier les choses.
Croyez-moi, je sais combien il est grave de porter une arme sans permis, ici.
Ce qui explique ma panique quand l'inspecteur s'est jeté sur moi.
Vous pensez qu'on vous arrête pour ça ? Un port d'arme illégal ?
Je me serais fait arrêter bien plus tôt,
si j'avais su qu'il existait des procureures aussi jolies, Mlle Ross.
Des balles Remington de calibre 38 pour Jennifer.
Des balles Western calibre 38 pour Stu.
Toutes les douilles sont striées de la même manière.
La même arme. Et il a dû s'en servir pour frapper Steiner à la tête.
On a retrouvé de son sang et de ses cheveux sur le canon.
Inspecteur Briscoe, votre coéquipier se montre très cruel.
La dernière fois où l'on m'a menotté, on s'était montré bien plus gentil.
Où vous êtes-vous procuré cette arme, M. Chandler ?
Elle est d'un sérieux.
Un ami me l'a donnée.
Pour que je puisse me défendre, lorsque j'accueillais des inconnus.
- Quand j'avais un chez moi. - Et c'était quand ?
C'était avant que je quitte New York la dernière fois, c'est sûr.
Et vous l'avez gardée depuis ?
Les balles qui ont tué Jennifer Gaylin et Stu Steiner
ont été tirées par votre arme.
Je demande son audience préliminaire.
C'était plutôt dingue de voir Chandler draguer tout le monde dans la salle.
Ce besoin pathologique de séduire.
Il aurait de quoi être innocenté par le jury ?
Je ne pense pas.
J'aimerais qu'on puisse prouver sa présence sur les lieux.
Il n'y avait pas une brune, dans l'appartement de Steiner ?
Si, et un témoin a vu une brune s'éloigner en voiture
du centre communautaire de Gaylin.
Monsieur McCoy ?
Chandler aurait donc une complice ?
Ou il aime se travestir.
Greenwald demande le rejet de l'arme à feu.
BUREAU DU JUGE CARL SAMUEL LUNDI 14 OCTOBRE
Mon client a été poursuivi par la police et s'est fait arrêter
parce qu'il courait dans la rue.
Courir ne peut justifier qu'on arrête un suspect présumé.
L'État contre Sierra.
Sierra ?
Vous ne voulez pas plutôt dire L'État contre Martinez, M. Greenwald ?
Sierra, Martinez. Au bout de 40 ans, tous ces noms se ressemblent.
Ces agents n'ont pas seulement agi parce qu'il courait.
Ils ont arrêté Monsieur Chandler car il correspondait à la description
d'un criminel recherché, comme pour L'État contre Reid.
Sur quoi se basaient-ils, M. McCoy ?
Il se rendait au domicile d'une ancienne connaissance, M. Thatcher,
afin de lui extorquer de l'argent.
Pour emprunter de l'argent à un ami de longue date.
Un "ami" qui a jugé nécessaire de s'armer d'un club de golf.
Ce type est donc paranoïaque.
Vous parlez d'un scoop, dans cette ville de névrosés.
Monsieur McCoy, si la police devait arrêter
quiconque court d'un air suspect dans cette ville,
nous serions dans une sacrée panade.
Requête acceptée. L'arme est rejetée en tant que preuve.
Sans arme, pas de crime.
Il doit bien y avoir un autre moyen de le relier à ces meurtres.
Où Chandler réside-t-il, depuis son retour à New York ?
Il dort peut-être chez un ami.
Encore faut-il qu'il lui en reste. En vie.
Où est-ce qu'Eddie vit ?
Eh bien,
fut un temps où je vous aurais répondu du tac au tac.
Au lit, chez quiconque répond à ses critères de la semaine.
Il y a des années, lorsqu'il a débarqué à New York,
c'était un vrai Adonis sorti de sa campagne. À tomber.
Il était pourvu d'une innocence irrésistible.
Il pensait que les gens étaient gentils avec lui parce qu'ils l'aimaient.
Des gens comme vous ?
Oui. Des vêtements de marque, super restos, séjours hors de prix.
Eddie n'a jamais compris que tout avait un prix. Même lui.
Surtout lui.
Pourquoi avez-vous rompu ?
Je n'étais pas assez riche. Loin de là.
Mais il passait toujours ?
Jusqu'à il y a deux ans de ça.
S'il se sentait seul, il venait me voir.
On se faisait du pop-corn et on regardait la télé durant des heures.
Puis il partait.
Pas de bisou, pas d'au revoir. Il prenait sa veste et s'en allait.
Il allait où ?
Dans une maison à East Hampton. Je l'ai déposé une fois, là-bas.
Vous auriez un nom ?
Une grande maison derrière une palissade sur Lily Pond Lane, je crois.
Elle était d'un bleu horrible.
Purée, Eddie s'est laissé aller.
Lorsque vous étiez ensemble, étiez-vous au courant de son passé ?
Ses petits copains ?
Comme Eddie, je ne suis pas pointilleuse.
Eddie était de toute beauté mais loin d'être naïf.
À notre rencontre, il était
comme un serveur dans un restaurant étoilé
qui vous aide à choisir sur le menu.
Mais il vous informait toujours du prix à l'avance.
Et vous en aviez les moyens ?
Vous savez, c'est moi qui ai présenté Steiner à Eddie.
Dans ma maison de campagne. Une maison bleue sur Lily Pond Lane.
- Je peux vous laisser l'adresse. - Je préfère la montagne.
Essayez la mer, pour changer. Ça mouille plus.
Comment ça s'est fini, avec Eddie ?
Il commençait à perdre de sa superbe.
Pourquoi se taper un neuf quand on peut s'offrir un dix ?
Et il a littéralement disparu.
Sans la moindre nouvelle ?
J'ai reçu quelques messages de lui, récemment.
Écrits sur du papier qui venait du département d'histoire
de l'université d'Hudson.
Je doute qu'il se soit inscrit là-bas, et vous ?
DOMICILE DE WARREN STEVENSON JEUDI 17 OCTOBRE
Je ne peux pas vous aider.
Ce sera confidentiel.
J'ai deux enfants et une ex-femme.
Elle n'en saura rien.
De vous à moi ?
J'ai rencontré Eddie il y a de ça...
Voyons voir...
Ça doit bien faire trois mois.
Il était intelligent, charmant...
et esseulé.
- Et vous aimiez sa compagnie. - Sauf quand il buvait.
Son charme s'évanouissait, alors.
Eddie pestait contre ces gens qui l'avaient "jeté", comme il disait.
Combien de temps restait-il ?
Trois jours. Puis il disparaissait quatre ou cinq jours.
Il revenait passer la nuit et disparaissait à nouveau.
J'avais des boutons de manchette sertis de diamants hérités de mon père.
Je pense qu'Eddie les a volés.
Je voyais bien qu'il était voleur. Mais un tueur ? Non.
J'étais peut-être le prochain sur sa liste.
Sauriez-vous où il a pu aller ?
Il m'a dit qu'il serait chez des amis, à Westchester.
Je lui prête ma voiture.
Autrement, elle passe son temps au parking.
Elle s'y trouve, en ce moment ?
Ça fait des semaines que je n'y suis pas allé.
Quel foutoir.
Il devait vivre dedans. Y manger, y dormir.
Waouh.
Une chose est sûre. Il ne se lavait pas.
Pourquoi Eddie dormirait ici ?
Il serait bien plus à l'aise là-haut, avec moi.
Tiens donc.
Je vous présente notre mystérieuse femme brune.
On a les empreintes de Chandler dans cette voiture.
Il dira que Stevenson l'a déposé.
Il faut que Stevenson dise qu'il la prêtait à Chandler.
Ça reliera Chandler au déguisement.
Et prouvera sa présence sur les lieux.
Et tant que vous y êtes, demandez qu'on valide cette arme.
Monsieur McCoy ?
Une notification de remplacement.
Greenwald est remplacé par Neil Pressman.
Cet opportuniste de Harvard. Comment Chandler a fait ?
La question n'est pas de savoir comment mais pourquoi.
BUREAU DU PROCUREUR MCCOY MARDI 22 OCTOBRE
Monsieur Stevenson a relié votre client à la Honda,
ce qui le relie au déguisement.
Et le temps de dire "Antonin Scalia", vous le soumettez en tant que preuve.
Tout comme l'arme, pour le meurtre prémédité.
Si on retient la théorie des tortures.
Bien, M. Pressman.
Devinez ce que l'on s'apprête à vous proposer.
Voyons. D'après ce que m'ont dit mes stagiaires à votre sujet,
vous allez proposer de ne pas le faire condamner à mort
et offrir à mon client l'opportunité de croupir en prison
pour le restant de ses jours sans remise de peine, c'est ça ?
Vous m'ôtez les mots de la bouche.
Inutile de compatir pour ces morts, M. McCoy.
- Ces gens que vous avez tués ? - Ces gens tués par quelqu'un.
Gamin, je ne cessais de regarder Un Jour à New York en boucle.
Et La vie à belles dents. Vous l'avez vu, M. McCoy ?
Clark Gable y joue un producteur de Broadway.
Et Le Miracle sur la 34e rue.
Je pensais que New York grouillait de gens fantasques,
de gens romantiques,
de gens qui vivaient de magnifiques vies passionnantes et pleines de sens.
Vous savez ce que j'y ai trouvé ?
Des monstres.
À l'affût de proies innocentes...
pour les corrompre...
les anéantir.
J'avais 17 ans.
Vous pensez qu'ils me ménageaient ?
Qu'ils se souciaient du fait que je puisse avoir 17, 16 ou 14 ans ?
Je ne les ai pas tués, M. McCoy.
Mais ils ont tué le garçon que j'étais.
Et si on ne les avait pas arrêtés, ils auraient tué d'autres garçons,
d'autres filles,
le plus de proies possible.
Ces jeux sadomasos auxquels ils se prêtaient
consistaient à répéter ce qu'ils allaient leur infliger.
C'est un sacré phénomène, pas vrai ?
Comme Ted Bundy l'était.
Si vous voulez échapper au même destin, M. Chandler, réfléchissez à notre offre.
C'est hors de question. Il y aura donc un procès.
Un vrai procès, M. Pressman. Pas une simulation.
Ne vous en faites pas, M. McCoy. Je devrais tenir mon rôle. Allons-y.
Vous disiez que ce serait confidentiel.
La donne a changé.
Me demander de témoigner au tribunal
pour que mes enfants sachent que je couchais avec un tueur ?
Sans votre aide, il risque d'être remis en liberté.
C'est votre problème.
Sans lui, l'arme ne sera pas retenue.
Le bon juge pourrait accepter que je rapporte ses dires.
S'il est lobotomisé. Ce ne seraient que des on-dit.
À moins de le poursuivre, lui, en tant que complice.
Monsieur Stevenson s'est incriminé
en me disant qu'il prêtait sa voiture à M. Chandler.
Le citer à comparaître ne serait pas légal.
Mais le poursuivre permettrait d'éviter des on-dit.
C'est une ruse.
Ils ont seulement inculpé monsieur Stevenson
pour obtenir sa déposition.
Dès l'audience préliminaire passée, ils abandonneront ces poursuites.
Est-ce exact, M. McCoy ?
Que je compte renoncer à ces informations ? Non.
Très bien. J'accepte la requête.
Dans ce cas, nous aimerions revenir sur le rejet de cette arme.
Je vous l'avais dit. Il finaude.
Et je le trouve drôlement doué.
Nous pouvons désormais relier son client au déguisement
qui prouve sa présence sur les lieux.
Ce qui nous donnait le droit de fouiller son client.
Nous aurions donc trouvé l'arme du crime.
"Aurions" ? Qui sait ? L'heure n'est pas aux suppositions.
Merci de vous en tenir aux faits. L'État contre Fitzpatrick.
Vous ne recevez pas de revues juridiques, à Harvard ? L'État contre Ruffin.
L'admission de preuves qui auraient été trouvées
au cours d'une enquête normale.
Comme dans le cas présent.
Très bien, M. McCoy. L'arme fera partie des preuves.
COUR SUPRÊME LUNDI 2 DÉCEMBRE
Il a infligé 30 coupures à M. Steiner. Certaines étaient profondes,
d'autres superficielles. Avant de le tuer.
Et quelle conclusion en avez-vous tiré ?
Leur but était d'infliger le plus de douleur possible
tout en gardant la victime en vie et consciente.
Dr Rodgers, est-il juste d'affirmer que le tueur a délibérément
infligé les pires souffrances ?
Oui.
Ce qui s'apparenterait à l'œuvre d'un sociopathe ?
La psychopathologie n'est pas mon domaine d'expertise.
Mais on ne voit pas ça tous les jours.
Merci.
Eddie m'a appelé et m'a dit qu'il voulait de l'agent : 20 000 $.
Il a dit qu'il passerait chez moi deux jours plus tard.
Et que j'avais intérêt à avoir l'argent.
L'avez-vous pris comme une menace ?
Absolument.
Merci.
Monsieur Thatcher, pourquoi penser qu'Eddie Chandler vous menaçait ?
Parce que je le connais très bien.
Lorsque vous viviez ensemble, il était obsédé par la violence ?
Oui, il louait des films particulièrement gores.
Que regardait-il d'autre ?
Des émissions, Bip Bip et Vil Coyote.
Il pouvait regarder ça des heures.
Merci.
Il ne peut pas plaider la folie. C'est trop tard.
Un détail nous échappe.
Ou nous est caché
jusqu'à ce que ça nous saute à la figure.
Ça vient de Pressman. Un ajout de témoin à leur liste.
Le député Fred Maxwell.
Maxwell ?
Voilà qui est fait.
Ce témoin n'a aucune raison de prendre part à ce procès.
C'est pour prouver l'existence de circonstances atténuantes.
Regarder trop de contenu violent à la télévision
a rendu mon client psychotique.
Autant dire que les sodas ou les gâteaux l'ont poussé à le faire.
Un tel témoignage serait injustifiable.
Si je peux faire prouver leur impact, pourquoi pas ?
Oui, pourquoi pas, M. McCoy ?
Je n'empêcherai pas M. Chandler d'assurer sa défense.
Monsieur Pressman se sert d'un ressort politique
pour désorienter le jury.
À vous de les réorienter. Je laisserai comparaître ce témoin.
J'ai combattu la violence toute ma vie.
Je suis au fait de votre carrière, monsieur le député.
Dans les paroles de chanson, les films, les programmes télévisés.
Vous en avez beaucoup parlé.
Et voilà que ce clown de Pressman veut que je défende un tueur en série.
Un foutu tueur en série homo aux mœurs déviantes.
Pressman n'a rien d'un clown. Il tire les ficelles.
Et vous êtes sa marionnette.
- Sortez-moi de là. - Je ne peux rien y faire.
Voyez le bon côté des choses. Si Chandler est acquitté,
votre mouvement héritera de son propre Willie Horton.
Je préside le comité de censure de la violence
au Conseil supérieur de l'audiovisuel.
Et vous avez soutenu des lois visant à censurer les contenus en prime time.
Oui.
Est-il exact que ce conseil voit
une corrélation directe entre le visionnage de contenu violent
et les comportements agressifs et antisociaux ?
Oui.
Avez-vous bien découvert que parmi les jeunes
condamnés pour des actes violents,
un pourcentage excessivement élevé,
de l'ordre de 80 %,
passait l'essentiel de son temps libre à visionner du contenu violent ?
Oui.
D'accord. Bon. Voici la pièce à conviction numéro 43.
Un rapport publié par le Conseil de la protection des mineurs.
Pourriez-vous lire le passage surligné ?
"Les images dynamiques sont vectrices d'un effet psychologique unique
"qui n'est pas suscité à l'écrit, à l'oral
"ou par le biais d'images figées."
Êtes-vous d'accord ?
Oui, je le suis.
Pièce à conviction numéro 44.
Voici le manuscrit d'un discours tenu par M. Maxwell à Denver l'an dernier.
Pourriez-vous lire le passage surligné ?
"J'accuse les programmes violents
d'être responsables de l'épidémie de violence qui frappe nos jeunes."
Si je comprends bien,
cherchiez-vous ici à comparer cette violence à une maladie ?
À l'origine de cette épidémie ?
On peut dire ça.
Si ces programmes télévisés équivalent à une maladie,
les gens qu'elle infecte ne sont-elles pas les victimes ?
J'imagine. Dans un sens, si.
Vous n'aimez pas mon client, n'est-ce pas ?
Non.
Et j'estime qu'il s'agirait d'une énorme erreur judiciaire
de ne pas le voir jugé coupable de meurtre prémédité.
Mais vu l'ampleur du problème soulevé, je préférais voir M. Chandler acquitté...
Objection.
Monsieur le député est expert dans ce domaine.
Son témoignage est tout à fait pertinent.
Je le laisse aller au bout de sa phrase mais je n'irai pas au-delà.
Merci, monsieur le juge.
Je préférerais voir M. Chandler acquitté,
si cela aide à résorber cette violence dont notre société est saturée.
Merci, monsieur le député.
Monsieur le député...
y a-t-il une différence entre une corrélation et une cause ?
Comment ça ?
Si 80 % des criminels mâchaient un chewing-gum,
leur crime serait-il dû au chewing-gum ?
Non.
N'est-il donc pas probable que ces jeunes regardaient du contenu violent
du fait que ce contenu les attirait, compte tenu de leur personnalité ?
J'en doute.
Regardiez-vous la télévision, plus jeune ?
Bien sûr.
Regardiez-vous des westerns ?
Le Tueur du Montana, Have Gun - Will Travel, Bonanza.
J'ai abordé ce point à maintes reprises. La violence dans ces programmes-là
était pourvue d'un contexte moral,
tout comme certaines pièces de Sophocle ou de Shakespeare.
Je ne dis pas que nous ne devrions jamais témoigner d'une réalité
qui existe bel et bien à la télévision ou dans les films.
Mais je dis que les images de sexe et de violence gratuites
avilissent notre société.
Et vous décideriez donc de ce qui est gratuit ?
Une société civilisée irait dans mon sens.
Estimez-vous que nous constituons une société civilisée ?
J'estime que c'était le cas, avant.
Et vous pensez que faire acquitter Eddie Chandler
pour appuyer une position politique nous rendrait plus civilisés ?
Objection.
Je retire. Pas d'autres questions.
Enfant, quand je rentrais de l'école,
j'allumais la télé et, en gros, je la regardais
sans interruption jusqu'à l'heure d'aller au lit.
Que regardiez-vous ?
Des séries policières. Des séries d'action.
La Nouvelle Équipe, L'Agence tous risques et Starsky et Hutch.
Je me prenais toujours pour l'un de ces personnages.
- Et que ressentiez-vous ? - Je me sentais vivant.
Plus...
Plus passionné, plus moi-même.
Vous êtes-vous déjà battu, enfant ?
Une fois, par accident.
J'ai frappé un copain au visage et je lui ai cassé le nez.
Il y avait du sang. Beaucoup de sang.
Et qu'avez-vous ressenti ?
De l'excitation.
C'était...
comme être David Carradine qui battait les méchants dans Kung Fu.
Avez-vous déjà vu des actes sadomasochistes
non censurés sur les chaînes hertziennes ?
Non.
Avez-vous déjà vu quelqu'un être torturé au couteau
et se faire tirer dans l'entrejambe en début de soirée ?
Non.
Alors comment vous est venue l'idée de torturer Stuart Steiner ?
Vous l'aviez vu à la télé ?
Je ne sais pas. Oui. Peut-être, oui. Il me semble bien.
Dans quel programme ?
Vous ne l'avez jamais vu à la télévision, n'est-ce pas ?
Ça vous est venu tout seul ?
Je ne sais pas.
Et vous saviez que vous enfreigniez la loi, exact ?
Non.
Et pourtant, vous avez assassiné monsieur Steiner et mademoiselle Gaylin
car vous estimiez qu'ils méritaient de mourir.
Car vous pensiez qu'ils étaient des monstres ?
Oui.
Pas d'autres questions.
Si la télévision n'influençait pas nos actes,
pourquoi les annonceurs dépenseraient-ils des millions chaque année dans des pubs ?
Évidemment que la télévision nous influence.
Vous visionnez, comme je l'ai fait il y a 30 ans, la guerre du Vietnam
et vous voilà transformés.
Monsieur McCoy vous dira sûrement qu'il y va de la liberté d'expression,
du premier amendement de notre Constitution.
Sauf que non. Et vous le savez déjà en tant que parents.
Vos enfants sont comme hypnotisés devant l'écran.
Ils reproduisent ce qu'ils voient.
Ils jouent les karatékas, après avoir regardé Power Rangers.
Et voilà Eddie Chandler qui a été violé, exploité
et rejeté par des gens qu'il croyait être ses amis.
Eddie Chandler qui, durant 30 ans, a été bombardé de fantasmes télévisuels
de massacres, de vengeance et de cruauté qui l'ont rendu accro à la violence.
La télévision lui disait : "Tuer n'est pas grave." La télévision.
Le juge vous confirmera qu'en cas de circonstances atténuantes,
par exemple, si vous estimez que mon client répondait
à la pulsion irrépréhensible de commettre un acte violent,
vous pourrez le faire acquitter de l'assassinat prémédité
tout en le jugeant coupable d'homicide involontaire.
Je ne vous demande pas de l'absoudre de toute responsabilité
mais de la part de responsabilité
qui revient uniquement à ceux qui lui ont vérolé l'esprit.
Monsieur Pressman dit vrai.
Il n'est pas question ici du premier amendement.
Nous nous accordons tous à dire que ce que nous voyons nous affecte.
Mais cela ne dédouane pas pour autant de se comporter dignement
ou de faire preuve de morale.
Ce que nous décidons de regarder
et notre façon d'y réagir dépendent de nous.
La génération du baby-boom
à laquelle le député Maxwell et moi appartenons
a visionné des centaines d'heures de contenu violent dès l'enfance.
On se déguisait en Davy Crockett armé de son bon vieux fusil, l'Old Betsy.
En Hopalong Cassidy armé de son revolver orné de perles.
Et quel effet ont eu ces fictions empreintes de violence ?
Nous sommes devenus la génération qui manifestait contre la guerre
et prônait la paix,
l'amour et le "flower power". Et, oui,
M. Pressman a témoigné de la guerre du Vietnam à la télévision.
Et quel effet ça a eu ?
J'ai consulté son parcours. Il est devenu objecteur de conscience
et professeur de droit à Harvard.
Un homme dangereux, vous trouvez ?
Nous sommes des créatures capables de libre arbitre et de choix moraux.
En dépit de ce qu'on peut voir, lire ou entendre,
nos choix nous appartiennent toujours.
Eddie Chandler,
un homme qui a tué
et torturé deux victimes innocentes...
a choisi le mal.
Bonsoir.
Vous venez négocier ?
Prendre un sandwich au poulet, pour tout dire.
Ce ne sont pas trois jours de délibération qui me couperont l'appétit.
Je tenais à vous dire que j'admire votre passion.
J'aimerais pouvoir vous dire que j'admire votre cohérence.
"Les Pères fondateurs ont instauré la liberté de parole
"car ils étaient conscients que la démocratie commence
"par la plus élémentaire des libertés :
"celle de penser ce que l'on veut et de dire ce que l'on pense."
Vous étiez un fervent défenseur du premier amendement
- et voilà que vous défendez la censure. - Oui, je l'ai écrit.
Et je le pense toujours.
Alors pourquoi cet argument ?
Pour voir si les gens y croient aussi.
COUR SUPRÊME JEUDI 5 DÉCEMBRE
Concernant le chef d'accusation pour le meurtre de Jennifer Gaylin,
l'homicide volontaire non prémédité, quel est votre verdict ?
Nous jugeons l'accusé Edward Chandler coupable.
Concernant le deuxième chef d'accusation pour le meurtre de Stuart Steiner,
un assassinat prémédité, quel est votre verdict ?
Nous jugeons l'accusé Edward Chandler coupable.
Tu as lu la revue judiciaire ?
Pressman a rédigé un article
sur la viabilité de la violence à la télévision comme ligne de défense.
Leur délai de publication est de trois mois.
Pressman l'avait écrit et soumis un mois avant de défendre Chandler.
J'imagine qu'il voulait tenter l'expérience auprès d'un vrai jury.
Ce n'était qu'une expérience de laboratoire.
Eh bien, il a le résultat :
un vote en faveur de la responsabilité individuelle.
Je crains qu'un autre avocat s'en serve un jour et obtienne un autre verdict.
- De la lecture pour ce soir. - Aux toilettes.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.