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Romain ? Tu n'es pas encore parti pour l'école ? Bon, tu m'appelles quand tu
arrives, hein ? C'est pas moi. T'as pensé au croissant ? Oui, mais je rêve.
T'es un portable, Romain.
Quoi ? C'est pratique.
Pour lui ou pour toi ? C'est par là.
Une puits désinguée, une noix à la DPJ, on sait faire. Mais si madame le
substitue pense qu'à la crime, vous êtes plus apte que moi, alors... Ah, j'espère
que vous avez petit déjeuner léger, c'est triste à voir. J'aimerais pas
crever comme ça.
T'inquiète pas, maintenant, avec ce que tu prends, tout ce que tu risques, c'est
de crever dans ton lit.
Merci.
Un bois de boulogne, à côté, c'est Chine.
C'est une gamine ? Ouais.
Issue de 19 ans, pas plus.
C'est Pierre-Gilles.
Une femme, la standardiste de l'hôtel là-bas, qui l'a trouvée ce matin à 6h.
J'ai secouru Pierre-Gilles à l'interroge.
On les a trouvés à environ 2 mètres du corps.
Pas de traces exploitables sur le sol.
Et pour le reste, entre les capotes usagées et les déchets douteux, je pense
qu'on va pas penser aux mêmes.
Vous l'aviez déjà vu ici auparavant ? Je peux pas vous dire, moi. Elles sont
toutes... Elles sont si jeunes, elles ou les autres. Et puis tous les mecs qui
sont là à faire la queue par tous les temps.
De l'abattage, voilà ce que c'est. De l'abattage !
Vous n'avez rien marqué de particulier ces derniers jours ou ce matin ? Pas une
voiture suspecte, par exemple ? Non, mais tout ce que je remarque, c'est que
c'est l'horreur ici. Tous les jours, tout le monde s'en fout, même les
filles.
On va s'en occuper, madame. Oui, mais on n'a pas intéressé personne.
Alors ne me faites pas croire que maintenant qu'elle est morte, ça va
changer quelque chose.
Bien. Vous aurez fait l'entraide projectile tirée par une arme à feu. Un,
au niveau du foie.
Deux, dans la région ombilicale.
Basse.
Calibre à déterminer après autopsie et récupération des ogifres. Pas de traces
de lutte ou de violence visible.
Elle n'a pas eu le temps de s'en servir.
C'est quoi l'effet peut-être de son agresseur ? On embarque, il a encore son
pognon. Un environ 600 balles.
Pas le jackpot, mais un junkie moins honnard lui aurait piqué.
Pas de papier d'identité, c'est sûr.
Par contre, il y a ça.
Un ticket d'accord de nuit.
Ça me permettra peut-être de mettre un nom sur ce visage.
C'est par là.
Des pommes comme ça, moi, je ne les aurais pas laissées trois semaines chez
le corps de nuit.
Irina, Marius.
Marius ! Ah, Marius, le roumain.
Il a prostitué ? C'est pas possible, elle m'a dit qu'elle était infirmière.
J'ai oublié où.
Elle m'a même fait des piqûres quand j'ai eu mon zona.
Quand l'avez-vous vue pour la dernière fois ? Hier soir, vers 21h.
Elle est venue prendre ses clés. Je lui ai gardé un double.
15 jours que je ne l'avais pas vue.
15 jours ? Elle avait disparu.
Pour venir.
J'ai trouvé sa bizarre.
Elle ne s'était jamais affrontée comme ça avant.
Et elle vous a dit où elle était allée ? Non, elle avait l'air très énerveuse. C
'est pas étendu.
Mais après, il y a un homme qui est arrivé chez elle. Il lui criait dessus,
mais pas en français.
Vous pourriez me le décrire ? Je ne l'ai pas vu.
Enfin, pas ce coup-ci.
Mais j'ai reconnu ta voix.
Il était venu il y a bien trois semaines de ça.
Cette fois-là, je l'avais croisé sur le palier.
Donc, vous l'avez vu. Il était comment ? 30 ans, grand, juste court.
Le genre qui, même quand il sourit, vous fait peur. Vous voyez ?
Il y a quelque chose qui ne colle pas.
D'abord le terrain vague, le matelas défoncé.
Et là, la part banale d'une fille ordinaire.
C'est un peu comme toi, ne mélangez pas boulot et dodo.
Niveau papier, fric, il n'y a rien du tout.
Juste un billet de train, regarde.
Un alessin pour Bucarest, valable à compter d'hier.
Paris, Vienne, Vienne, Budapest, Budapest, Bucarest. Un 17h, une
expédition, il faut avoir une bonne raison de vouloir partir.
Irina Mariu, nationalité roumaine.
D'après la file de la BRP, elle aurait eu 19 ans le mois prochain.
Je croyais qu'on fichait plus les prostituées.
Officiellement, non. Mais elle a été contrôlée en septembre dernier.
Depuis, une association l'a prise en charge. Le refuge.
D'après eux, en Roumanie, elle travaillait dans un hôpital, mais il
faut croire qu'elle manquait d'argent parce qu'elle avait répondu à une
annonce pour être sérieuse à Paris.
Oui, tout ça s'est terminé sans trottoir.
Elle a dû suivre la filière classique.
Dressage exprès en Italie ou en Allemagne. Stage de perfectionnement à
Nice. Premier boulot à Paris.
Et terminus à Amsterdam, en promo dans une vitrine. Les cartes rouges, les
coffee shops, le pétard. Ça va, c'est le commerce.
L'association la perd de vue en novembre et on la retrouve en avril dans l
'appartement des Batignolles.
Alors, l'appartement appartient à une certaine Catherine Mercier.
Elle le prêtait à Irina.
Proprio et proxo.
Pas sûr.
Madame Mercier est tout ce qu'il a de plus bourgeois.
D'après son syndic, en tout cas.
Son mari est médecin.
Elle désertait l'appartement depuis 15 jours et on la retrouve assassinée dans
un des hauts lieux d'abattage parisiens.
Michel, à vous.
Bien. La mort remonte aux alentours de 23h30. Selon toute vraisemblance, l
'agresseur d'Irina Mariou l'a entraînée un peu à l'écart de son lieu de travail,
si vous me permettez l'expression. Là, elle a reçu trois projectiles de 7,62 mm
dans l'abdomen. L'arme reste introuvable.
En statistique, nous avons qu'il s'agit d'un tocaré.
Un Tokarev, une arme d'origine, et je serais tenté d'ajouter, d'esthétique
soviétique, très répandue dans l'ancien bloc communiste. Une arme pesant près de
1 kg.
Une arme de gonzette, comme vous le dites.
L'examen des douilles retrouvée sur place nous a fourni une empreinte qui ne
correspond à aucun nom répertorié dans nos services.
Autre chose ? Oui, malheureusement, oui.
L'autopsie nous a révélé des traces de strangulation.
que la victime a tenté de dissimuler sous une couche de fond de teint. Elle
nous a révélé aussi des traces de brûlure de cigarette sur les avant-bras.
C'est-à-dire qu'on les appelle des filles de joie. On a une idée de qui
était son Mac ? En recoupant les fichiers de la BRP et les témoignages de
la gardienne, on a un client.
Certain Victor Marcus, à Roumain, à la fois pasteur et professeur.
La BRP le surveille, mais ils n'ont pas assez de preuves pour l'arrêter.
Vraie anguille.
Elena décide de rentrer en Roumanie. Son Mac la prend, la corrige.
Elle rêvait, il la tue.
Je croyais plutôt que la méthode était plutôt couler les filles dans le béton,
non ? En attendant, c'est notre seule piste.
Jean-Louis, Paul, vous vous chargez de Marcus avec Berger.
Cisco, on s'occupe des propriétaires du studio.
Je vous accompagne, j'ai une course à faire.
Dis-moi, vu le taf, j'imagine que demain, tu l'annules, non, à la caméra ?
Bien sûr que non.
Romain serait trop déçu.
Énorme.
Pauvre Irina.
Elle qui croyait avoir échappé à cette vie. Madame Mercier, comment avez-vous
connu Irina ? Qu'est-ce qui se passe ? C'est Irina.
Mais quoi Irina ? Irina est morte.
Elle a été retrouvée ce matin dans un terrain vague.
Comment avez-vous connu Irina ? Au dispensaire municipal en octobre
dernier. J'ai des consultations tous les jeudis.
Irina avait été battue.
J'ai fait des missions humanitaires dans les Balkans. J'ai gargouillé un petit
peu le Roumain.
Son histoire m'a bouleversé.
Et à ce moment-là, Catherine avait une grossesse difficile.
C'était son premier enfant.
Je trouvais qu'elle reste aider ma femme.
Elle avait une formation d'infirmière.
Oui, elle a vécu ici jusqu'à la naissance de notre fils, il y a quatre
mois. Je suppose qu'elle était employée au noir.
Vu sa situation, nous ne pouvions pas faire autrement.
Mais nous la payons très correctement.
7 000 francs par mois.
Vous savez, je vois tellement passer de jeunes femmes désespérées qu'on voulait
faire quelque chose.
Quelque chose de plus.
Excusez-moi.
Ma femme était... Très attachée à Irina.
Nous voulions la garder pour qu'elle s'occupe de Benoît, mais elle a préféré
partir.
Elle voulait s'en sortir par elle-même.
Tout ce qu'elle a accepté, c'est qu'on lui prête un studio.
Vous êtes resté en contact avec elle ? Je n'avais plus de nouvelles depuis un
mois environ.
Maintenant, je comprends pourquoi.
Excusez-moi.
Galion, oui.
Monsieur Mercier, nous pensons qu'elle était retombée entre les mains de son
proxénète. Est-ce qu'elle vous en avait parlé ?
Elle ne m'avait pas abordé le sujet.
Tout ce que je ressentais, c'est qu'elle avait très peur.
Très, très peur.
Mais je n'en sais pas plus.
OK, je vous envoie le Cisco.
Candela et Polo ont logé Marcu. On y va.
Monsieur, si vous vous rappelez de quoi que ce soit, appelez-moi surtout.
Au revoir. Au revoir, monsieur Mercier.
Bon, il faut que je compte Cisco.
Bon, le tuyau était bon, hein ? Marcus habite dans l'hôtel, là-bas. L'hôtel
Feria, dans la ruelle.
Le proprio m'a dit qu'il était sur le départ.
Le seul problème, c'est que la chambre de l'hôtel donne sur la cour d'une
école. Alors, pour éviter de buter un gosse, Polo s'est posté au bout de la
rue, et nous deux, on le prend sous russière.
On attend que il sorte et on le sort en douceur. Ok, Cisco ? Ok.
Ouais, Polo, c'est moi. Ouais. On dit, moi, je vais couper mon toki, parce qu
'il y a un connard de 6 bis sur la fréquence.
D'accord ? T'es prêt ? Ouais, c'est bon. Ok.
Moi, je fais quoi ? Euh... Toi, tu restes ici et tu gardes la bagnole. Des
fois, quand nous la sommes.
Allez.
Quand t'es là, pour la bagnole.
C'est lui que tu cherches ? Oui, ça va.
Contre la bagnole.
Putain, t'es arrêté pour faire le plein ou quoi ? T'es coincé dans la rue.
Allez. Putain, il m'a explosé la gueule, ce con ! Ça va, ça va, t'inquiète pas,
on va le soigner, tu veux voir ? On va peut-être commencer par toi, hein. Ça
va, allez.
Allez.
Ah, Berger.
Allez, allez.
Allez.
Marcus,
nous avons gagné du temps.
Vous connaissiez Irina Mario, il n'y a pas le moindre doute là-dessus. Vous
empruntez le dégât, elles sont très éloquentes.
Irina, oui, je suis allé une fois chez elle. Une fois seulement ? Peut-être
plus.
Compatriote, jolie fille.
Jolie fille, me prends pas pour un con. C'était son Mac.
Il y a 15 jours, t'as remis la main sur elle. Qu'est-ce que t'as fait ? Tu l'as
installée dans un petit hôtel bien sordide pour pouvoir la surveiller, c
'est ça ? Hier, elle s'est tirée.
Alors tu l'as frappée.
T'as essayé de l'étrangler.
Tu l'as cognée.
Tu veux que je te montre ce que ça fait ? Hier ?
Hier, j'étais sur les Champs-Élysées, la plus belle avenue. Oui, vous étiez seul,
perdu, anonyme, au milieu de la foule.
Je suis touriste, moi, mon visant à règles.
À mon avis, tu fais du tourisme, oui.
Mais sur un boulevard un tout petit peu moins chic.
Et tu relevais les compteurs. Compteurs ? C'est quoi, ça, compteur ? C'est quoi,
ça, compteur ? Viens avec moi.
Et ça ? Hein ? C'est quoi, ça ? Ça, c'est quoi ? Hein ? Mes économies.
Tes économies ? C'est pas ça, les chèques, ou quoi ? C'est pas plutôt les
revenus de vos protégés.
Bien sûr, elle dépose des cigarettes bien volées dans un bar. Et toi, tu
récupères le pognon.
Ni vu ni connu.
Vous êtes en quelque sorte le conseiller financier de ces jeunes filles, pourtant
vous avez oublié de les informer des possibilités de placement qui existaient
dans notre beau pays. Une émission involontaire de votre part, je suppose.
Une émission de quoi ? Quand elles rapportent pas assez, tu les dérouilles.
Quand elles disent non, tu les butes.
C'est ce qui s'est passé avec Irina, pas vrai ? Trois balles dans le bide, c'est
le tarif.
Vous parlez trop vite, je comprends pas.
Ah bon ? Je vais articuler pour toi, viens voir.
Regarde-toi dans le miroir.
Regarde-toi.
Qu'est-ce que tu vois, là ? Tu vois un menteur. Un menteur ! Qui ? Patron, vous
me devez 45 francs. J'ai trouvé vos piles.
Ah, merci, c'est très gentil.
Bon, ce soir, je me fais les maréchaux, moi.
C'est bien quelqu'un qui a vu Marcus ou Rina.
On va finir par trouver, merde.
T'as raison, faut tout essayer. Boulot, t'as un truc de prévu, ce soir ? Ben,
euh... Oui,
mais non...
Je vous retrouve au laboratoire. Non, ça va pas être possible. D'accord, j'ai
compris. Vas-y.
Et toi, Cisco ? Oh non, t'oublies tout de suite.
Mario me présente son filtre.
Oh là, allez, bon courage.
Une femme, ça peut mettre les filles en confiance. Moi, je suis partante.
Enfin, à moins que t'attends mère, qu'on aille au pur tous les deux.
Pas du tout, rien qu'à l'idée, je suis ravi.
Allez. On se retrouve en bas ? Non, je peux pas ce soir. Tu sais, l'enquête, tu
sais ce que c'est.
Mais je peux t'attendre.
Tu vas être très sceptique.
Mathieu.
Alex, je te présente Mathieu, mon fils.
Mathieu, Alex.
Enchantée.
Ton flic.
Mathieu vient juste d'arriver de Boston.
On va fêter ça ? C'est les risques du métier ? J'ai glissé dans un
escalier. Quand même, ça doit pas être marrant, flic.
Je sais pas, les banlieues, la petite délinquance, les bagarres de rue.
Je fais partie des bagarres de criminels.
Dis donc, par les cadavres au camp du feu ?
Ça doit te changer de papa et de la finance.
Mais on a aussi des discussions plus vivantes.
N'est-ce pas, Mario ? Tant mieux.
Je serais ravie d'en profiter.
Mathieu vient de terminer son MBA à Bretton.
Il va rester un peu avec nous.
Le temps de trouver un appart.
Bon, alors, on le boit, le champagne ?
Désolé. Les risques du métier.
La une d'aujourd'hui.
Marche silencieuse à la mémoire d'Irina, victime des réseaux de prostitution
issus des pays de l'Est.
Eh ben, au pays des droits de l'homme, ça fait vilain, hein ? À nous de prouver
que les pouvoirs publics restent pas les bras croisés.
Votre virée nocturne t'a donné quoi ? Rien.
Marcus et Irina sont inconnus sur les boulevards.
Et apparemment, il n'y a plus une Romaine sur le trottoir.
Berger a même fait croire qu'elle tapinait, mais les clients ne se font
pas bousculer.
Quoi ? Ça se fait tant que ça que je suis flic ? Côté Egypte, les empreintes
sur les douilles ne correspondent pas à celles de Marcus.
Mais bon, on ne lâche pas.
Et remonter d'appel chez Irina, ça donne quoi, Polo ? De temps en temps, je
téléphonais à sa mère, alors j'attends l'interprète pour la rappeler.
Bon, on se fait ce qu'il y a dans les postes ?
Le concours c'est bientôt.
Moi j'ai pas envie de me faire tauler par les képis comme l'année dernière.
Ah ouais, Véronique la semaine dernière. Ah,
c'est ça patron.
Il y a un numéro qui revient assez souvent.
C'est un resto, le Trans-Europe Express.
Gastronomie roumaine.
Vous vous en chargez avec Jean-Louis ? Pourquoi moi ? Tire au sifflet,
concentration sur objectif !
J'ai lu, c'est affreux, mais je ne sais rien.
Elle travaillait ici ? Pas longtemps.
Elle était serveuse ? Oui.
Je crois qu'on ne s'est pas bien compris tous les deux.
Les réponses, ce n'est pas facultatif, d'accord ? Elle venait quelques jours
par semaine, et puis les week-ends, voilà, c'est tout.
Elle est partie le mois dernier, du jour au lendemain.
J'ai plus eu de nouvelles, je pensais qu'elle était rentrée en Roumanie.
Donc elle s'était fait expulser.
Vous connaissez Irina Mariu ? Non.
Oui. Oui ou non ? Je croche quelle case, moi ? Un petit peu, en travaillant
ensemble.
C'était le genre à tirer des regards ? Je ne sais pas, vous avez remarqué
quelque chose de particulier ? Un client trop collant ? Non, non, client jamais
collant.
Dis-moi, mon grand, c'était quoi le rapport entre Irina et la patronne ?
Jamais. Pas promis.
Et avec le patron ? Parce que j'imagine qu'il y avait un patron.
Oui, oui, c'est mari de patronne.
Patron, c'est le mari de la patronne.
Non, il n'est jamais venu ici.
Ça n'a pas l'air de vous toucher beaucoup, la mort d'Irina.
Quand on choisit l'enfer, on meurt dans les flammes.
Est-ce que vous croyez qu'elle avait choisi de faire le trottoir ? Écoutez,
moi aussi, la vie ne m'a pas fait de cadeaux.
On ne m'a rien donné.
Il faut se battre.
Irina, elle voulait l'argent trop vite.
Où est-ce qu'on peut trouver votre mari ? Il avait des choses à régler avec l
'administration. Il n'est pas prêt.
Il en a pour un moment.
Bon, vous lui dites de se dépêcher, d'accord ? Et qu'il passe nous voir.
Voilà.
Merci.
De rien.
On aurait pu bouffer Roumain.
Partir, battre là-bas.
Ça doit bien tenir au corps, ça, non ? Oui, en temps, ça fait un petit retour à
l'IA.
Avec Liliane ? Mais non, avec Mireille.
Mireille ? Ben oui, Mireille.
C'est quand même toujours ma femme que je sache.
Et si je veux bouffer avec elle, je vais quand même pas te demander la
permission, non ? Tiens, le voilà.
Alors,
alors, alors. C'est pas nous qui te faisons peur, quand même.
Qu'est-ce que vous voulez ? T'avais l'air tendu ce matin. On était inquiets
pour toi.
J'avais même l'impression que t'arrivais pas à parler.
Ta patronne, c'est ça ?
C'est plutôt intimidant, ça. Moi, je ne veux pas ennuyer.
Pourquoi tu aurais des ennuis ? Parce que tu as un visa touristique et que tu
bosses ? Bon, on va peut-être fermer les yeux, non ? On peut ranger ça.
Peut-être, oui. Ça dépend de toi.
Alors, qu'est-ce que tu ne nous as pas dit ? Je ne sais pas.
Monsieur Antonescu.
Oui ? Plus bien aimer Irina.
Oui ? Et ça peut plaire à Madame Antonescu.
Elle mette Irina à la porte.
Moi, croire, il le voyait encore, Irina.
Autre soir, dans la cuisine.
Vous me fuitez avec patronne à cause d'elle.
Oui, c'était con l'autre soir.
Avant-hier.
Leur dessert.
Oui, François, c'est Jean-Louis.
C'est vrai, je l'aimais bien, la petite.
Elle me rappelait ma jeunesse.
Quand on était ensemble, on parlait du pays. Mais il ne s'est rien passé entre
Irina et moi. Rien, jamais, je le jure.
Monsieur Antoniescu, est-ce que vous avez revu Irina depuis son renvoi ?
Quand ma femme se met une idée dans la tête, impossible de la lui enlever.
Monsieur Antoniescu, nous savons que vous avez eu une dispute avec votre
femme avant-hier soir à propos d'Irina.
Vous l'avez vue et votre femme l'a su, c'est ça ? Oui,
Irina est venue me voir au restaurant pour dire bonjour, savoir comment ça
allait, c'est tout.
Et puis Nadia, tout de suite.
C
'est
très intelligent, très brillant le petit Mathieu, mais il est très encombrant
aussi. Je vais retrouver Mario, j'aurais bien qu'il nous laisse un peu d'air.
Présente-le-moi, je peux peut-être t'en débarrasser.
Ah bon, pourquoi te s'intéresse-t-on maintenant à un petit con qui se
débrouche ? Oh ben, après un gros con d'avocat... Tiens, regarde ce que j'ai
trouvé, Berger.
Merci. Tiens. Et puis toute seule dans le studio de Galio, c'est pas vraiment
polluant.
Et ben voilà.
Ah, c'est bien que tu l'appelles une caisse noire.
Hé ! Tiens, regarde.
C'est pas trois photos d'identité qu'il faut pour un passeport ? Yaina a dit à
mon mari qu'elle rentrait en Roumanie.
Il avait besoin de papier tout de suite.
On lui avait pris les siens.
Alors, bien sûr, Alexandre, il réfléchit pas, il dit oui.
En plus, il lui garde son argent.
Elle demande, il dit toujours oui.
Laissez-vous l'origine de cet argent, madame Antonescu.
Elle avait volé, c'est sûr, à ces voyous qui la mettaient sur le trottoir.
Pourquoi vous n'avez rien dit ce matin ? Ils savent que c'est nous qui l'avons.
Qu'est-ce qu'ils nous font ? C'était trop dangereux.
Après la dispute avec notre mari, vous avez voulu rendre cet argent à Irina,
vous-même ? Non.
C'est Alexandre qui est allé chez elle.
C'était à lui de tout régler.
Moi, je ne voulais plus rien avoir à faire avec elle.
Pourtant, d'après un témoin, vous avez quitté en hâte votre établissement avant
la fermeture.
J'étais énervée.
Avec Alexandre...
Nous avons dû quitter notre pays.
Nous avons tout abandonné.
Nous avons reconstruit notre vie ici.
J'ai tout donné pour lui.
Pour le restaurant.
Où êtes-vous allée, Mme Antonechko ? J'ai pris la voiture et je suis allée
chez ma cousine à Pantin.
Par le plus grand des hasards, auriez-vous emprunté les boulevards des
Maréchaux au cours de votre trajet ? Non, pas du tout.
Vous trouvez Irina.
Vous attendez qu'elle soit seule.
Vous lui demandez de ne plus tourner autour de votre mari, mais elle ne vous
écoute pas.
La jalousie et la colère vous font perdre la tête.
Mais non ! Ce n'est pas moi qui l'ai tuée, c'est...
Alexandre peut vous dire.
Il a vu l'homme qui a tué Irina.
Ne vous inquiétez pas, aucun de ces hommes ne peut vous voir.
Le numéro 4.
Le numéro 4 ? Vous êtes sûr ?
Monsieur Atonescu ?
C'est l'homme qui a amené Irina dans sa voiture le soir où elle est morte.
Le numéro 4 est... Je suis arrivé chez elle. Elle
sortait son immeuble avec lui.
Elle avait l'air affolée.
Et moi, j'ai eu peur.
Je n'ai rien fait pour l'empêcher.
Rien du tout et... Elle est morte.
Autrefois, j'aurais écrasé ce salaud. Aujourd'hui, j'y lâche.
La seule chose que je puis faire, c'est le regarder, cacher derrière cette vitre
et le montrer du doigt.
Irina a volé Marcus.
Il y avait combien dans l'enveloppe ? 48 000. C'est lui qui a vraiment volé cet
argent. On a un mobile qui tient la roue.
Antonescu a pu voir Marcus un autre jour. Il a tout inventé pour disculper
sa femme.
Michel, on a un témoin qui a formellement identifié Marcus.
Bien. Depuis de la forte personnalité de Mme Antonescu et de son antipathie
affichée pour Irina, Mario, il me semble.
C'est probable qu'elle soit la meurtrière.
En fait, elle m'a fait étrangement penser aux fous de bâtons.
Les fous de bâtons. Vous voyez, ces grands oiseaux de mer.
Qui n'attaquent que lorsque l'on quittine leur nid.
Le comportement de Mme Antonescu est proche du leur.
Elle chasse Irina de son nid, de son restaurant, lorsqu'elle s'en amène là.
Mais de là à s'aventurer sur le terrain vague pour la tuer, non.
Bon, j'ai vérifié.
La libide de Nadia Antonescu, elle était bien chez sa cousine à l'heure du crime.
Alors la cote de Marcus remonte, il n'y a plus qu'à cuisiner le macro.
A vous de jouer Berger, tu ne peux pas t'en empêcher.
Tu vois une femme, tu vois un morceau de viande, alors tu la soupesses, tu l
'évalues, et après tu la cognes.
Tu as besoin de ça pour te sentir un homme ? Tu n'as pas de couilles.
Vous voulez vérifier ?
Tu la regardais comme ça, Irina, quand tu l'as tuée ? Marcus, on a une bonne et
une mauvaise nouvelle pour toi.
Alors, on commence par la mauvaise, sinon on sera débarrassés.
Clément a affirmé t'avoir vu, devant chez Irina.
T'as dû confondre.
T'étais pas sur les Champs-Elysées.
Devant chez Irina.
Tu la prenais en voiture et t'avais l'air, paraît-il, franchement furat.
Je vous dis, j'étais sur les Champs-Elysées. Oui, les Champs-Elysées,
on sait, la plus belle avenue du monde.
On a aussi une bonne nouvelle.
On a retrouvé des économies.
Pas que 50 000 balles, net d'impôts. Tu nous excuseras, on n'a pas eu le temps
de te les rouler.
Et tu l'as tué parce qu'elle t'avait piqué ton pognon ? Une semaine de
recette envolée comme ça, tu ne pouvais pas laisser passer ça ? Je te comprends
très bien.
Je ne sais pas ce que c'est.
Pas à moi.
Tu l'as emmené jusqu'à l'enterrain vague, et là tu l'as buté.
C'est comme que tu l'as tué devant les autres filles, histoire de faire un
exemple.
J'ai tué personne, j'ai tué personne ! C'est pas plongé, Marcus.
Proxénétisme, meurtre avec préméditation, drogue peut-être.
Je compte plus les années.
Je n'ai rien fait, moi.
Je n'ai rien fait.
Si Lucas ne sait pas ce qu'il m'empêche, le Louis Mugger, c'est la sale gueule de
Mac.
C'est quoi un Mac ? Un Mac ? Un Macro ? Tu sais
les gros poissons qui nagent dans notre rouble ? Voilà, allez.
Romain, tu peux aller ouvrir ? Qu'est-ce qu'il a fait le Mac ? Enfin, le gros
poisson. Romain, tu vas ouvrir. Voilà, ça va. Merci.
J'aimerais bien qu'on ne parle pas de l'enquête devant lui.
Moi, j'aimerais bien un peu plus.
Et les serviettes en papier, c'est une option ? Tu vas le chercher.
Je m'en occupe.
On croit rêver, elle se la joue jeune fille de la maison maintenant.
Il est chiant en ce moment, il m'énerve.
Moi, je me le coltine tous les jours, alors ça me fait plutôt mal. Elle
choisit psycho à la fac. Je vais lui dire, j'en branle pas une.
Je ne suis pas d'accord, je lui fais savoir. Elle n'est pas d'accord, elle me
dit pas bon.
Comment allez-vous ? Ah, Polo ! Un petit verre ? Ah, madame.
J'ai enfin réussi à joindre la mère à Roumanie. Quand on lui a annoncé la mort
d'Irina, elle s'est effondrée.
Elle ne savait même pas que la fille voulait rentrer au pays.
Elle nous a dit qu'Irina lui avait envoyé...
Cinq mandats de 15 000 francs chaque heure. Ce qui est bizarre, c'est que les
dates de ces mandats correspondent exactement à la période où il était à
plein temps chez la mère.
Ce qui est bizarre, c'est que Merci nous a dit qu'il lui filait 7 000 balles par
mois, mais on n'a jamais entendu parler de 15 000 balles. Ah oui, parce qu'être
soignante à ce tarif, moi je change de boulot tout de suite.
Si j'ai bien compris, elle avait l'intention d'ouvrir une boutique avec
sa mère.
C'est pour ça qu'elle est restée en France, pour gagner plus de thunes.
D'où le petit boulot de serveuse.
Plus d'argent piqué au Mac pour accélérer le mouvement.
On n'est pas là pour un débriefing.
On arrête de parler boulot. C'est clair ? Yes, sir.
Auriez-vous un fusil ? La lame de ce couteau me semble en effet quelque peu
émoussée.
Lequel, Théo ? Tu sais très bien, je déteste que tu me préviennes à la
dernière minute.
Sa mère est au courant, au moins ? Bon.
D'accord, mais tu ne reviens pas après 18 heures.
Romain, tu m'appelles.
Françoise, pourquoi tu ne le greffes pas une balise d'argot ? C'est plus
pratique.
Du nouveau.
On a vérifié les comptes de Nicolas Mercier. C'est bien 15 000 francs par
mois qu'il retire. Et à chaque fois, 5 retraits et un liquide. Et là où ça
devient intéressant, c'est qu'il a fait un retrait le matin du meurtre.
50 000 francs.
Toujours liquide.
50 000 francs ? Si on déduit le billet de train d'urinard, ça correspond grosso
modo à la somme qu'elle a laissée en plan escroc.
Monsieur Mercier, vous avez déclaré que le montant du salaire versé Irina Mariu
était de 7 000 francs par mois.
Or, en vérifiant vos différents retraits bancaires, nous avons constaté que... 15
000, je me suis trompé, je lui donnais 15 000 francs.
Vite, c'est pas tout à fait la même chose.
En l'occurrence, on passe du simple au double.
C'était un travail attreignant.
Elle était en permanence avec ma femme, elle la soulageait dans les tâches
quotidiennes.
Non, elle méritait vraiment son salaire.
Est-ce parce qu'elle avait accompli parfaitement son office que vous l'avez
gratifiée ? D'une prime exceptionnelle de 50 000 francs sommes que vous avez
retiré le matin même au guichet de votre banque, à 11h30, le matin même de sa
mort.
Je peux tout vous expliquer.
Nous n'en doutons pas un seul instant, monsieur Mercier.
Une dame m'avait demandé de l'argent.
Elle voulait rentrer en Roumanie.
Mais il fallait d'abord qu'elle rachète sa liberté à son proxénète.
Depuis qu'il avait remis la main sur elle, il la battait, il la séquestrait.
Elle pensait que c'était le seul moyen de lui échapper.
Cette attitude, c'est une entropie que vous honore, monsieur Mercier. En
revanche, votre discrétion est surprenante.
En effet, pourquoi avoir remis d'en parler au lieutenant Siskowski et Berger
? C'est que... C'est que ma femme n'était pas au courant.
Vous comprenez, depuis la naissance de Benoît, elle est fragile.
Elle était très attachée à Irina.
Savoir qu'elle allait venir plonger l'aurait perturbé.
Vous êtes sûr que ce n'est pas autre chose qui aurait pu la perturber ? Je ne
vois pas ce que vous voulez dire.
J'aimerais savoir, votre liaison avec Irina, elle a commencé avant ou après
son séjour chez vous ? Je vous interdis d'insinuer une chose pareille.
Alors reconnaissez tout de même que la situation s'y prêtait.
Une épouse fatiguée par une grossesse difficile et puis là, sous votre toit,
une ravissante jeune fille.
Je n'ai jamais touché Irina. Attendez, jamais.
Jamais ! Elle vous faisait chanter, c'est ça ? Si Irina révélait votre écart
de conduite, vous risquiez de tout perdre.
Votre enfant et puis cette femme.
Qu'elle vous semblait si soucieuse de me protéger.
Absurde.
Complètement absurde.
M. Mercier, où étiez-vous mercredi soir ? Mercredi soir ? Mercredi soir, j'étais
chez moi. Enfin,
j'ai été appelé au chevet d'un de mes patients.
Vers 22h30, je crois.
Il vous le dira.
À quelle heure vous êtes rentré chez vous ? À quelle heure vous êtes rentré
chez vous, M.
Mercier ?
Sisco, vous allez chez Mme Mercier.
Il est temps de lui poser quelques questions.
Elle sera peut-être plus locale que son mari.
Excusez-moi de vous avoir fait attendre, mais Benoît est habitué à des horaires
très réguliers.
Mme Mercier, vous vous souvenez où...
À quelle heure votre mari est rentré de ses visites, le soir du meurtre ? Je ne
sais plus.
Pourquoi cette question ? Nous cherchons à établir un emploi du temps très précis
ce soir-là.
Ne me dites pas que vous soupçonnez, Nicolas, d'avoir quelque chose à voir
avec la mort d'Irina ? Nous envisageons toutes les hypothèses, madame Mercier.
Eh bien, quand mon mari est rentré, il devait être aux alentours de minuit.
Je venais de recoucher Benoît.
Mme Mercier, depuis combien de temps êtes-vous mariée avec M. Mercier ?
Quinze ans le mois prochain.
Quinze ans.
Et... Pendant toutes ces longues années, vous êtes bien sûre que... Écoutez,
lieutenant.
Nicolas est un homme fidèle.
Après tout ce que nous avons traversé.
Toutes ces années où nous avons voulu un enfant, nous étions même prêts à l
'adopter.
Et puis, Benoît est arrivé.
C'est un tel bonheur pour tous les deux.
Donc croyez-moi vraiment, vous faites fausse route.
Votre client, plutôt votre patient, nous a bien... Je vous en prie, asseyez-vous.
Merci. Nous a bien confirmé votre arrivée vers 23h, pour une douleur
rénale, c'est ça ?
C'est ça.
Il nous a parlé de vous avec une belle conviction, je cite de mémoire
disponible, dévoué compétent. C'est bien ça, vous ne pouvez pas l'arrêter.
Ça, on peut dire qu'il vous aime bien.
D'ailleurs, tout le monde vous aime bien.
Il n'empêche qu'entre le moment de votre départ et celui de votre arrivée chez
vous, vous disposiez du temps nécessaire pour vous rendre sur un certain terrain
vague. D'accord, c'est pour entendre des choses comme ça. Je vous en prie,
asseyez-vous, on n'a pas encore terminé. Merci.
Le soir où Irina est venue récupérer ton argent, le soir de sa mort,
Votre femme était là ? Non, elle est rentrée très tard.
Elle n'avait pas de téléjournal avec ses parents.
Si on vous conseille à viser sans aucun doute, vous désiriez lui épargner le
spectacle navrant de la maîtresse qui fait chanter son riche amant.
Mais c'est faux, c'est complètement fou. Un de vos voisins a compté au dernier
acte quand vous avez raccompagné Irina.
Je devrais plutôt dire quand vous l'avez jetée dehors.
Alors, sa dernière réplique, c'était, je cite, « Je reviendrai, je reviendrai.
» Ça, ça ne vous rappelle rien, ça ? Non.
Mais vous en avez décidé autrement, n'est-ce pas ? Irina était gourmande. 50
000 francs, ça ne lui suffisait pas.
Il en fallait un petit peu plus.
C'est normal, elle avait trouvé le bon filon, moi.
Oui, là, Marchand.
Ce sont les chiens.
Bien.
M. Mercier, l'arme qui a servi à tuer Irina Mario est un Tokarev, une arme que
l'on peut se procurer aisément dans les pays de l'Est, lors d'une mission
humanitaire, par exemple.
L'examen des douilles retrouvées près du corps a révélé des empreintes.
Ce sont les vôtres.
M. Mercier, qu'avez-vous fait de l'arme ? M.
Mercier ? Oui.
Oui, quoi, l'arme ?
L'arme ? Mais je m'en suis débarrassé. Ça vous va dans une baie près du
boulevard. Mais je ne me rappelle plus. Je ne sais plus où elle est. Je ne sais
plus.
Quand
j'ai vu
Rina pour la première fois, j'ai tout de suite craqué. Je suis tombé amoureux d
'elle.
Je n'ai pas pu résister.
Vous comprenez ça ? Pourtant, j'ai lutté.
J'ai vraiment lutté parce que j'aime ma femme.
Mais quand je vois Irina, je ne pouvais pas résister.
Puis j'en ai eu marre.
Parce qu'elle jouait avec moi, elle en profitait.
Il fallait que ça s'arrête.
Du chantage, putain ! Je voulais que ça s'arrête !
C'est toi qui viens chercher les résultats ? Ben oui, pourquoi ? Depuis
deux jours, tu m'évites.
Non, non, tu racontes.
Pas très convaincant, hein ? Qu'est-ce qu'il y a ? Je commence à prendre trop
de place, c'est ça ? Non.
Si je te demandais, là, tout de suite, de choisir entre ta femme et moi, tu
dirais quoi ?
A signé entre nous ? C'est ça que t'arrives pas à me dire ?
Message reçu.
Non, attends.
Si je t'ai laissé croire qu'il y avait quelque chose de possible, je suis
désolé, quoi, mais... Tu vois, en tout cas, moi, je voulais pas te faire de
mal. Je t'en prie, épargne-moi le couplet.
Je suis un salaud, t'es une fille formidable, reste en amie. Non, arrête,
je le connais trop, ça.
C'était comme les autres, finalement.
30 ans de mariage, un coup de canif dans le contrat pour voir si on n'a rien
loupé, et puis... Retour à la case maison.
Avec plateau repas et devoir conjugal, c'est ça ? Bon courage, mon vieux.
Dernier résultat.
Que tu ne sois pas venu pour rien ?
Je dois avouer que quelque chose me trouve. Comme vous le savez, je ne fais
rien contre des aveux rapides et circonstanciels, mais ceux de Mercier ne
me satisfont pas pleinement.
En effet, pourquoi alors qu'il niait avec une vraie sincérité, s'est-il
soudain effondré ? Avec ses empreintes pour les douilles, difficile de faire le
malin.
Voilà.
On a trouvé des résidus de lait maternel dans le soutien-gorge d'Irina.
Voilà qui est pour le moins étrange.
Les résidus de la maternelle ? Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut
dire qu'elle aurait un enfant.
Catherine Mercier lui a filé un soutif. Elle était pas à sa presse ? Au moins
que la femme du docteur se fournisse dans un sex-shop. Mais ça m'étonnerait.
Mais si Irina a un enfant, elle est où ? Si l'on prend en considération les
sommes en jeu dans cette affaire, je pense que Nicolas et Catherine Mercier
ont bel et bien acheté l'enfant d'Irina.
Un fumier la met son frottoir, des bourges lui achètent son gosse.
Elle s'est vraiment fait avoir par tout le monde, Irina.
Ça pourrait coller.
Mercier rencontre Irina au dispensaire.
Elle est enceinte.
Il lui propose un marché.
Il l'héberge chez elle en toute discrétion. Pendant les derniers mois de
sa grossesse, Mercier est médecin. Il l'accouche, il fait une fausse
déclaration. Le tour est joué.
Et en six mois, personne ne s'est rendu compte de rien.
Ni la famille, ni les voisins.
Ils ont dit que Catherine Mercier avait passé les derniers mois de sa grossesse
au lit. Alors, Alice, soi-disant souffrante, c'est la limite des
contacts, non ?
Après la naissance, Irina menace de les dénoncer, les fait chanter, et Mercier
la tue. Vous délirez complètement, là.
Et si Mercier avait tué Irina parce qu'elle voulait récupérer son gosse ?
Ben oui, pourquoi la tuer, sinon ? Elle partait, et je la vois mal continuer son
chantage depuis la Roumanie.
Je comprends mieux maintenant pourquoi Mercier a coupé court à toutes nos
questions tout à l'heure. Il était impératif pour lui que l'enquête s
'arrête là.
Et que le dossier soit clos afin de dissimuler le vrai mobile par la même.
Le vrai coupable.
Je ne comprends pas.
Pourquoi vous vous achardez ainsi sur nous ? Mon mari est innocent.
C'est aussi ma conviction.
Aux yeux de tout le monde, vous formez avec votre fils et votre mari l'image de
la famille idéale.
Et on peut le comprendre.
Tous ces efforts pour avoir un enfant.
Et enfin, le miracle de la naissance.
Parce que dans votre cas, on peut parler d'un miracle.
Non ? Madame
Mercier.
Je me confie rarement, mais je voulais que vous sachiez.
Je suis stérile.
Quand j'ai découvert, je n'étais pas comme vous.
Je n'étais pas sûre de vouloir un enfant.
Je m'étais même préparée à vivre sans.
Et pourtant... Pourtant, quand j'ai appris ça,
j'ai senti comme un vide immense.
Comme si tout s'écroulait autour de moi.
Alors je peux très bien imaginer ce que vous avez ressenti quand le miracle s
'est enfin produit.
Oui, j'étais tellement heureuse.
Un miracle qui s'appelle Irina.
Une jeune fille paumée qui vous donne son fils.
Qui vous l'abandonne.
Vous savez, en avouant, votre mari vous laisse un message.
Je m'accuse et tu gardes l'enfant.
Mais vous, vous êtes prête à aller jusqu'où pour le garder ? Combien de
vies vous allez sacrifier pour lui ? D'abord Irina.
Sa vraie mère.
Et ensuite, votre mari.
C'est moi, sa mère.
C'est moi qui l'ai voulu.
C'est moi qui l'ai désiré. Sans moi, il ne serait pas là aujourd'hui.
Irina voulait avorter, elle l'avait dit à Nicolas.
Je n'avais rien à lui offrir, ce n'est la misère, le trottoir.
Irina a voulu récupérer son fils, c'est ça ?
Oui, l'argent ne suffisait plus.
Elle a voulu s'enfuir avec Benoît et l'emmener avec elle. Je ne pouvais pas
lui laisser prendre mon enfant.
La merci.
Qu'est-ce qui s'est passé ? Quand Nicolas est parti,
j'ai été chercher son arme à la cave.
Et je suis allée là-bas.
Elle était derrière ce hangar.
J'ai attendu qu'elle soit...
Seul.
Et vous avez tiré.
Oui.
Ensuite, j'ai jeté l'arme dans le canal et je suis rentrée.
Mon fils dormait si paisiblement.
Vous n'avez rien dit à votre mari ? Rien.
Il n'aurait pas compris.
Il n'aime pas lui.
Aucun homme ne peut comprendre.
En l'absence de preuve suffisante, nous retrouvons l'obligation de libérer
Victor Marcus.
Comment malade que cette ordure sentir.
C'est vrai,
c'est très fréquent, des Mac qui mettent les filles enceintes juste pour leur
donner des formes, parce que ça plaît au client.
Et après ? IVG.
Arrête, je veux prendre ton sommeil.
Oui, Romain.
Le gamin, lui, est fini à la date.
Merci papa, merci maman.
Qu'est-ce que tu disais ? Je serai là dans une demi-heure.
Merci.
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