All language subtitles for 1978.Une histoire simple (fr)

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Original subtitles

Vous voulez que je ferme la fen�tre ?

Non, non.

Et cette d�cision, vous l'avez prise seule ?

Oui.

Mais il y a deux mois, quand vous l'avez fait, vous le vouliez ?

Oui.

Et pourquoi plus maintenant ?

Parce que...

Parce que je vis avec quelqu'un...

Enfin, il a 42 ans. Je ne peux pas l'expliquer en une phrase.

Je vais le quitter.

Et vous, vous avez quel �ge ?

39.

Vous avez d�j� eu des enfants ?

Oui, j'ai un fils de 16 ans.

Et du m�me partenaire ?

Non, j'ai �t� mari�e.

Et vous �tes divorc�e ?

Oui.

On pourra faire �a la semaine prochaine.

Maintenant, l'intervention dure � peine dix minutes.

Vous serez chez vous le jour-m�me.

Oui.

Oui, je sais.

Martin ?

T'es pas � ton travail ? T'es malade ?

Non maintenant �a va.

Quelle heure est-il ?

Je sais pas... 6 h.

Tu veux quelque chose ?

Tu veux que je te fasse du th� ?

Non...

Assieds-toi.

Tu me dis comment �a a march� ?

Pas mal. En math, �a va.

Je peux avoir 12 ou 13. En physique, je suis pas s�r.

Maurice n'a pas trouv�, pareil que moi.

T'es inquiet ?

Non... enfin...

Vous allez partir quand ?

En principe, toujours fin juin.

T'en as parl� � ton p�re ?

Oui, oui.

Maurice voudrait acheter une voiture d'occasion.

Mais qui va la conduire ?

Lui, il a son permis. Nicole aussi d'ailleurs.

O� tu en es avec Nicole ?

Je crois que j'ai mes chances.

Seulement, elle dit que...

qu'elle a du mal avec mon caract�re.

C'est Maurice.

Il y a Serge qui a t�l�phon� pour toi.

Finalement, ils sont � Charleroi,

et ils rentrent que demain soir.

Bien.

- Au revoir. - Au revoir.

Serge...

Avant que tu partes, j'attendais cet enfant.

Maintenant, je ne l'attends plus.

Si j'ai fait �a sans t'en parler, c'est parce que...

Parce que je ne savais pas comment te dire que je t'attendais aussi.

Et que je ne t'attends plus.

Demain quand tu reviendras,

je n'irai pas chez toi.

Et je te demande de ne pas venir chez moi.

Je te demande de ne pas m'appeler.

Ce ne sont pas tes voyages tout le temps et pour rien qui t'ont �loign� de moi.

Depuis longtemps, c'est justement quand nous sommes ensemble que tu me manques le plus.

Je n'�tais peut-�tre pas assez � toi,

avec mon travail, mon fils, ma vie.

Au d�but, tu disais tellement qu'on doit aimer les gens comme ils sont,

et non comme ils doivent �tre.

Je le croyais aussi,

mais tu n'y arrives pas,

et moi non plus, je n'y arrive pas.

Maintenant, cet enfant �tait devenu comme un silence entre nous, Serge.

Alors je me suis d�faite de lui comme je me d�fait de toi.

J'essaye de te l'�crire,

essaye de me comprendre.

Qu'est-ce que tu fais ? Tu viens pas ?

Si, si... attends-moi.

Tu l'as d�j� vu, Salinas ?

Non, qui est-ce ?

Un nouveau. Il est entr� lundi.

Ils r�duisent en bas, mais ils engagent des nouveaux directeurs.

Alors avec ma m�re, elle vit un grand drame parce qu'elle veut pas quitter ses habitudes.

Tout le monde s'en est m�l�, ma s�ur s'est mise � pleurer.

Ah l� l�, chapeau !

Je vais chercher un parapluie chez Mr. Froidemont.

George!

Eh !

Qu'est-ce que tu fais dans cette maison ?

Je sais pas si t'es au courant, mais avec ces probl�mes de fusions,

il y a des bouleversements dans les services, alors ils nous ont convoqu�s ici.

Martin t'a appel� ?

Pour la voiture d'occasion ? Oui. Il devient cher, dis donc !

Je te l'avais dit.

� part �a, tu...

Je... rien.

Il pleut.

Oui...

Bonjour Esther.

Ahh... bonjour !

Bon, faut que j'y aille.

Au revoir !

Bonjour J�r�me.

�a va ?

- Salut Esther. - Mesdames.

Voulez-vous me faire le plaisir de vous joindre � nous ?

C'est pour qui, �a ? Pour nous ?

Mr. Senaldi nous offre un verre parce qu'il a gagn� son proc�s.

Tr�s bien ! Quel proc�s ?

Non, vraiment pas.

Moi, je veux bien. Tant qu'il y a des bulles.

Maggie, je veux un caf�, s'il te pla�t. Je te prends les g�teaux.

Oui, un caf�.

J�r�me,

Elle est pas l�, ta femme ?

Si, elle est l�.

Gabrielle !

Il para�t que vous allez vendre la maison de Lafert� ?

Gabrielle t'a dit ?

C'est loin, tu sais. �a finit par �tre lourd.

Pardon.

Qu'est-ce que vous cherchez, Francine ?

Je cherche ma monnaie parce que je file. J'ai une r�union de comit�.

Oh d'ailleurs, il faudrait que tu m'aides. Je t'en parlerai.

Salut.

Tu as vu que Serge est l� ?

Il est l� ?

Au t�l�phone.

Je suis coup�.

Pourquoi je suis coup� ?

Non, on vous a pas coup�.

Vous pouvez le refaire, s'il vous pla�t ?

On est rentr�s ce matin, alors je suis venu...

Tu vas bien ?

Oui.

Finalement, je suis venu te chercher.

Denissio va me rendre fou. C'est lui qu'a les diapos...

On a rendez-vous avec deux types � 2h.

Je t'ai pas t�l�phon�. Tu m'en veux pas ?

Vous pouvez me remettre le m�me ?

Je t'emm�ne d�jeuner chez l'italien ?

Non, j'ai pas assez de temps.

Dis donc... le mari de Francine ne travaille pas dans une bo�te de contentieux ?

Je ne sais pas.

J'aurais besoin qu'il m'explique un truc.

T'as pens� � mon num�ro ?

Toujours occup�...

Gabrielle le sait peut-�tre.

Gabrielle !

T'as de la chance d'avoir faim.

Y en a pas un qui veut acheter une 504 ?

Une 76, extra, int�rieur bleu marine.

J'ai ce qu'il faut.

Tu sais en combien de temps on est revenu de Charleroi ?

Pourquoi tu parles si fort ?

Je sais pas.

Ce matin, on s'est lev�s t�t...

Avec Denissio, on a un peu insist� sur le...

Si tu es revenu ce matin, tu as eu le temps de passer chez Nielson ?

Oui. Justement, je voulais te poser la question.

Qu'est-ce que tu as dit exactement � Nielson ?

Je ne lui ai rien dit. Je lui ai demand� qu'il te voit, c'est tout.

Il m'a redit qu'il te recevrait � n'importe quelle heure.

C'est �a.

Alors ?

Alors tu sais, je suis pas le seul.

Je veux dire, il en voit d'autres.

Pour moisir dans un bureau, y a facilement dix mecs pour une chaise.

� quelle heure tu y es all� ?

Comment ?

�coute, je sais pas. J'ai pas point�.

Tu y es pas all�, Serge.

Du feu, J�r�me ?

Non.

Non, j'y suis pas all�.

�coute, c'est pas au moment o� j'ai des ouvertures un peu partout

que je vais retourner chez un type qui va me faire dessiner des robes dans un atelier.

Merde, j'ai fait �a pendant 15 ans. J'en suis plus l�.

�coute Marie. Tu sais bien, on va pas...

Votre num�ro. �a sonne.

Ah, merci.

Maggie, combien ?

Je m'en vais. Je vais raccompagner J�r�me.

�a va ?

C'est obligatoire que tu restes debout ?

Je vais aller m'asseoir.

Jacques, le caf�.

Dis donc, les types de tout � l'heure, je les ai invit�s � d�ner ce soir.

On fait �a chez moi. Tu t'en occupes ou tu t�l�phones quelque part.

Qu'est-ce que tu pr�f�res ?

Que tu d�nes avec tes types sans moi. Voil� ce que je pr�f�re.

Qu'est-ce qu'il y a ? T'es fatigu�e ?

Oui, je suis fatigu�e.

Je t'ai �crit une lettre, Serge.

� moi ?

Oui.

Ah bon. Je la recevrai quand ?

Je l'ai pas termin�e.

Qu'est-ce qu'il y avait dedans ?

Tout � l'heure, Marie.

Tout � l'heure.

Pourquoi tu m'en as pas parl� ?

Si je t'en avais parl�, tu aurais fait quoi ?

J'aurais fait... Je sais pas, j'aurais...

Tout ce qu'on peut dire apr�s, �a a toujours l'air...

T'es venue travailler aujourd'hui ?

Oui.

D�sirez-vous autre chose ?

Oui, la m�me chose. Et toi ?

Non merci.

Ils t'ont endormie ?

Oui.

Remarque...

Quoi ?

Rien, faut que je m'habitue...

On dit "il y a un enfant". Et puis tout d'un coup, rien.

C'est pas tout d'un coup.

Enfin...

C'est toi, la femme.

Oui.

Refais-moi voir la lettre.

Non Serge. C'est pas une question de mots.

Ce qu'il faut...

Oui je sais. Il faut que je comprenne.

Seulement je ne sais pas ce qu'il faut comprendre.

Ce qu'il faut que tu comprennes, c'est que je n'ai plus envie qu'on vive ensemble.

Oui, oui... d'accord.

Seulement on peut prendre le temps d'en parler !?

�a vaut la peine.

Non.

D'abord, on en a d�j� parl�.

Alors, tu vois bien !?

Alors... qu'est-ce qu'on fait ?

�coute, on est l� dans un caf�. Tu es fatigu�e, moi aussi. Tr�s.

C'est pas n'importe quoi. On n'est pas n'importe qui.

Si on commence � s'envoyer des lettres, maintenant...

Ah... il y a Denisold.

Bon, o� tu seras ce soir ?

Chez moi.

Alors qu'est-ce que tu fous ? Je te cherche partout ! Merde !

T'as oubli� que c'�tait 2h ?

J'ai rien oubli� du tout.

Tu me laisses des messages partout.

Bonjour Marie.

Bonjour Michel.

Excuse-moi, Marie...

Va.

J'ai cherch� dans ta bagnole une heure pour savoir o� t'avais mis les clefs.

Fais chier, merde ! Je t'avais dit qu'elles �taient sur le si�ge !

Mais qu'est-ce que t'as ?

Rien, une p�rip�tie.

Le probl�me n'�tant pas simplifi� par les dispersions des entreprises au sein du m�me groupe.

Ce qui implique qu'� salaire �gal, les conditions de travail ne sont pas les m�mes.

Et pas seulement dans le secteur du mat�riel radiologique.

La direction ne veut discuter qu'au niveau des qualifications.

On est bien d'accord l�-dessus :

la reprise du travail passe implicitement par la garantie de l'emploi...

On est d'accord. Pour un programme de requalification...

Pour ceux qui se trouvaient les plus menac�s quand on nous a parl� de fusion

ou m�me de rachat par des capitaux �trangers.

Pas officiellement, mais on est tous au courant.

Bien entendu, on n'a pas pu parler aujourd'hui de tous les points essentiels.

On n'a m�me pas pu aborder le probl�me des cadres.

Les indemnit�s en cas de licenciement.

Et le bar�me de prime pour ceux qui se trouveraient d�plac�s.

Voil�, je crois que c'est tout pour aujourd'hui.

Je vous rappelle que nous avons une nouvelle r�union demain apr�s les discussions de l'apr�s-midi.

J'y vais.

D�j� ?

Si tu veux pas que je te la paie, je te demanderai plus jamais rien. Ce sera r�gl�.

Tr�s bien, ce sera r�gl�.

Ou alors disons que c'est un cadeau... je sais pas...

Pour la f�te des m�res ?

Oui voil�.

Bien.

T'as grossi, hein.

Il te l'a pas dit, Andr� ?

C'est moi qui lui ai pas dit.

Je sais, deux kilos...

Avec Andr�, je mange, je bois...

Remarque, c'est une robe pour travailler.

C'est pas la question.

C'est bien, tu peux la retirer, si tu veux.

- Voil�. - Merci.

Finalement, ils ont accept� que tu travailles � mi-temps ?

Non.

Et tu vas rester ?

C'est pas au moment o� il pr�pare son exposition que je vais m'arr�ter.

Je suis mieux l� qu'� Montparnasse. J'aime mieux les gens.

Sauf quand on se d�carcasse pour leur trouver un logement.

Ils viennent. Ils remplissent des fiches.

Oh, �a doit �tre Serge.

J'ai oubli� de te le dire. Il voulait que tu le rappelles.

Oui ?

Oui Serge. Elle vient juste d'arriver.

Je vous la passe.

Je vous en prie.

Oui ? Oui.

�coute, je suis pas tout le temps chez moi.

Quoi ?

Oui, et toi ?

Non, maintenant je vais avec Anna dans la maison de Gabrielle.

Tu fais comme tu veux,

tu appelles Gabrielle...

Oui d'accord.

Bien, alors au revoir.

Tu vis toute seule depuis un mois, compl�tement ?

Oui.

Remarque, je te comprends. Quoique...

Enfin bref.

Je me demande...

Non, je t'en prie. Ne te demande pas.

Tu as quelqu'un d'autre ?

Non.

Quand il me t�l�phone, je sais plus quoi lui dire.

Y a des jours, il croit que... y a quelqu'un.

Le lendemain, il pense que c'est une crise.

Ah oui, une crise de femme. C'est �a.

Est-ce qu'il y a des raisons physiques ?

Moi la premi�re, � part ton p�re, je n'ai aim� qu'Andr�.

Mais j'ai pas connu qu'eux. J'ai mon �ge.

Et m�me � mon �ge, figure-toi qu'une femme est encore une femme.

Ne va pas t'imaginer...

Je ne vais surtout rien imaginer. �coute arr�te !

Je ne t'imagine pas. Ne m'imagine pas.

C'est tout ce que je demande. C'est possible ?

Tout est possible.

Mais tu m'emp�cheras pas d'�tre triste.

C'est Anna.

Oui d'accord. J'arrive tout de suite.

�coute, je te le dis franchement :

je peux pas aller revivre avec lui pour que tu ne sois pas triste.

Non.

Je vais bien.

Je vais tr�s bien.

Martin va quand m�me passer avant son d�part ?

�videmment.

Salut, �a va ? Je suis en retard.

Tu sens bon.

Je vais jamais pouvoir me garer ici.

Reste l�. Je vais te les chercher.

Christian est l�. Qu'est-ce qu'il veut ?

Je suis venu parce que je sais pas la vie que tu m�nes.

�a me regarde pas mais �a fait deux fois que je tombe sur une voix d'homme.

Alors je voulais te parler d'un ou deux trucs entre nous.

�a va ?

�a va.

Sign� et dat�.

Merci.

� part �a, t'as besoin de rien ?

Non, non.

Bien, bien.

Bon alors, pour les vacances, je les prends jusqu'au 5 ao�t,

et toi si tu veux, jusqu'� la rentr�e.

Oui, tu me l'as dit.

Non, mais je te confirme.

Vous allez o� ?

Chez Gabrielle.

Ok, ok.

Je crois que mon p�re va mourir...

Remarque, on s'y attendait.

Tu n'y vas pas ?

Si, je pars ce soir.

Quelle heure t'as ?

Je me sauve avant qu'ils arrivent, parce que s'ils me voient...

Au revoir. Je t'embrasse pas, j'ai un d�but de grippe.

Au revoir.

Appelle-moi quand m�me... quand c'est moi, j'ai toujours l'impression de te d�ranger.

D'accord.

Salut !

C'est o� leur maison ? C'est loin ?

� dix minutes, m�me pas.

Elle est fra�che, hein ?

Plut�t, mais j'aime �a.

J'y arriverai jamais...

Si, essaye encore un coup.

Tu sais pas respirer ?

L�chez-la...

Sans �a, elle apprendra jamais.

Charles...

Je te signale que c'est ta sixi�me depuis le d�jeuner.

Ou alors il faut pas dire qu'on s'arr�te de fumer.

Respire !

Je sens bien que j'ai mes jambes qui ressortent. Aux autres, �a le leur fait pas.

Rel�ve la t�te.

L�chez-la, Patrick...

Tu peux pas les l�cher un peu, toi aussi ?

Mais je te parle pas. Pourquoi tu m'agresses ?

Je ne t'agresse pas.

Que fait ton fr�re ?

Je sais pas.

Jean-Pierre, rhabille-toi.

De toute fa�on, il est 5h, on s'en va.

Marie, on part devant parce qu'il faut encore que je trouve une �picerie.

Vous pensez au pain ?

Ouais !

Voil�.

- Est-ce que tu sais par o� aller ? - Ouais, tout droit.

Tenez, M. Couturier.

Merci, merci.

Vous allez pas tirer � la carabine ?

Qui a apport� �a ?

C'est nous. On va le remporter.

J�r�me, tu as vu ce canon ? Les rayures.

Non, c'est pas le genre d'endroit o� je regarde.

J�r�me ?

Oui.

Tu as parl� � M. Couturier pour la cl�ture ?

Oui, je lui ai parl�.

Martin, bouge ton auto que les autres puissent se garer.

Oui, c'est vrai.

Et moi, j'y ai pas droit ?

Je t'ai oubli�e.

Merci.

Tu veux pas les faire dormir avec toi ici ?

Je vais n'importe o�. �a m'est �gal.

S'ils restent avec moi, ils vont faire la java.

Anna, je t'attends.

Laisse, je finis.

J'arrive !

Je le mets o� ?

Dans la chambre du fond.

Martin et son copain vont �tre � l'�troit au-dessus du garage.

Ils se d�brouilleront. Tu vas pas lui faire son lit !?

Non, je leur pr�pare leurs paquetages.

Quand est-ce qu'ils partent ?

Mardi ou mercredi, je ne sais plus.

�a change tout le temps.

Qu'est-ce que tu as, Gabrielle ?

Je t'ai pas dit.

J�r�me a re�u son pr�avis de licenciement.

Quoi ?

La lettre est arriv�e ce matin.

Pour lui, c'est presque un soulagement.

Il dit qu'il s'y attendait.

C'est pour �a, peut-�tre, qu'il voulait qu'on vende la maison.

Depuis un an, je voyais bien que son travail ne l'int�ressait plus.

On est pas bien, l� ?

Si j'avais pas peur des m�langes, je vous en aurais piqu� un peu.

- Une goutte ? - C'est pas mon heure.

Y a pas de mixeur ?

�a fait rien. On va les passer au tamis.

T'as mis du sel avant de battre les blancs ?

Oui.

Marie, tu me cherches de la levure et tu vas m'en mettre pendant que je touille.

Oui.

J'en ai trouv� � Langeais.

Fallait pas aller si loin. Merci, Patrick.

Commence pas !

Il est tr�s gentil, ce gar�on. Je l'aime bien.

Manquerait plus qu'il morde !

Vous allez pas vous marier ?

Oh, �a y est !

Tout de suite, l'assurance vie !

C'est une attitude qui me tape sur les nerfs.

�a a toujours l'air d'une question ind�cente. Je voudrais savoir pourquoi.

Non, c'est pas la question du tout, Francine.

On vit ensemble, mais chacun son nom, chacun ses sous.

On fait des trucs, on n'est pas oblig�s...

Et si les trucs sont des enfants ?

On en est pas encore l�.

�a change rien.

C'est toi qui dit �a ?

Ouais.

Tu t'es quand m�me mari�e comme les autres.

Oui, j'ai fait un beau mariage.

� 19 ans avec quelqu'un qui est parti avec quelqu'un d'autre. Pas mal, non ?

Maintenant qu'il en a assez, il veut revenir.

Maintenant, c'est moi le "quelqu'un d'autre".

Tu me feras pas croire que �a pose jamais de probl�mes.

Tu veux dire d'argent ?

Entre autres.

�videmment, �a en pose.

T'as qu'� travailler la nuit, feignante !

�a m'arrive.

On parle d'autres choses.

T'as peur que je te dise que je couche avec des types quand je manque d'argent ?

�a me g�ne pas d'en parler.

Moi, �a me g�ne.

Jean-Pierre !

Descends de l� et rentre !

J'attends rien du tout. Tu rentres tout de suite !

Charles !

Tant qu'� coucher avec des gens dont tu te fous, pourquoi pas Christian ?

Parce que les autres passent tandis que lui resterait.

Fallait pas avoir d'enfants !

Qu'est-ce que �a veut dire ? Tu donnes des le�ons de quoi ?

T'es l� tous les jours. Tu parles, on t'�coute.

Le comit� d'entreprise, la vie, l'injustice...

Et j'aurais pas le droit d'�tre libre ?

Tu dirais �a devant n'importe qui ?

Si on ram�ne des gens � la maison en faisant doucement

pour que les enfants n'entendent pas, j'appelle pas �a la libert�.

Quand tu couches avec Charles, tu fais pas doucement pour les enfants ?

Les enfants chez toi ou chez moi, c'est pareil.

Je pr�f�re coucher avec des types pour de l'argent qu'avec Charles pour rien.

Mais c'est pas pour rien !

Qu'est-ce que tu sais de la vie des autres ?

Tu crois que je suis la derni�re � voir Charles ?

Tu crois que je sais pas comment il me voit ?

Mais quand il y a le feu et que j'appelle, je suis contente qu'il r�ponde.

S'il me laisse avec les deux enfants, j'aurai pas la force. J'ai pas honte de le dire.

Il s'agit pas de honte ! On essaie de t'expliquer qu'une femme...

Quoi, une femme ? Moi aussi, je suis une femme !

Qu'est-ce que je suis de moins que vous ? Vous me prenez toutes pour une esp�ce...

D�sol�e !

Ma robe de mari�e !

Ma robe de mari�e !

Alors, les f�es du logi ?

�a a l'air bon !

Qu'est-ce que c'est, ma Francinette ?

Charles !

La psychoth�rapie n'est pas forc�ment une psychanalyse.

T'entends ce qu'il me dit ?

"L'influence de la mer, c'est la thalassoth�rapie".

Je te dis que tu ne bouges pas !

Mais si. Prends les bouteilles vides.

D'ailleurs, on va rentrer. Avec les moustiques, j'en peux plus.

T'as raison.

- � quoi on joue ? - Les Ambassadeurs.

Non, autre chose.

Le jeu des inversions, par exemple.

C'est quoi ?

Vous allez pas jouer aux cartes ?

Laisse-les, enfin !

C'est quoi, les Inversions ?

Par exemple, Esther est un homme et Patrick est une femme...

Elle est un gar�on qui rentre chez lui et qui doit annoncer � sa femme...

Gabrielle.

Elle est mont�e, Gabrielle ?

Elle �tait l� il y a deux minutes.

- Qu'est-ce que tu cherches ? - Des cartes.

Viens.

Deux jeux de 52.

J�r�me !

Qu'est-ce que tu as fait ?

Il a aval� des cachets.

Laissez-moi !

Faut le faire vomir.

Il y avait la moiti� du tube.

Du Neurovine, c'est ce que je prends le soir.

Faut quand m�me appeler un m�decin.

Oui, attends.

Faut lui donner du caf�.

J'ai une de ces soifs !

Le mari de Francine est insens�, non ?

Oui.

Vous discutez ?

Oui, oui.

Tu as t�l�phon� ?

Oui, il a demand� combien il avait pris. On a fait ce qu'il fallait.

En effet, il faut lui faire boire du caf�.

De toute fa�on, il va dormir.

Il faut le veiller.

Le plus surprenant, c'est le prix.

1 500 balles pour une 65 !

Tiens, je vous salue Marie, pleine de gr�ce. �a va ?

T'as l'air en pleine forme.

Tr�s. J'ai dormi trois heures. On a jou� aux cartes toute la nuit.

- Tu veux pas savoir avec qui ? - Non.

Tout � l'heure, j'ai rencontr� ces messieurs-dames au village.

Oh, regarde ! Y a une f�e derri�re toi.

- Mon chocolat. - Quel chocolat ?

Tout le monde dehors ! Vous terminez ?

Qu'est-ce que ce chien ?

C'est le chien de Denisold.

Non, ne lui donne rien. C'est un mendiant !

T'aurais pu me dire qu'ils voulaient acheter une voiture.

Il me semble que je suis plac�.

J'ai eu tort.

Tu m'as pas parl� de l'embrayage. T'as regard� les plateaux ?

La seule chose, c'est le phare gauche.

Qu'est-ce qu'il a ?

Bonjour.

Ah J�r�me. Mes respects.

T'es l�, toi ?

Oui. Qu'est-ce qu'il a, ton phare gauche ?

Les codes ne vont pas du tout. Et puis l'avertisseur s'enclenche pas.

Les codes, c'est un peu compliqu�. Mais l'avertisseur, on peut voir �a ensemble.

T'as les clefs ?

- Oui. - Viens, on y va.

Allez, Ulysse !

Sportif comme chien, pas comme Denisold.

Tu m'excuses pour hier soir.

J'avais trop bu.

Enfin, c'est pas si simple.

C'est une connerie, en tous cas.

Oui, en tous cas.

Quelle bagnole, bordel !

Tire dessus. Le petit fil rouge � c�t� de la batterie !

Ta gueule ! On entend que toi !

�a doit �tre l'humidit� !

Coupe le contact.

Merci.

�a a chang�, non ?

�a fait combien de temps qu'on n'est pas venus ?

Cinq ans.

La derni�re fois qu'on a d�n� ensemble.

Tu y viens souvent ?

Quelquefois.

Alors qu'est-ce qu'il y a ? Tu vas pas bien ?

Si, je vais tr�s bien.

Mais il y a quelqu'un qui ne va pas du tout.

Martin ?

Non, pas Martin.

J�r�me.

Oui, je sais.

Non, tu ne sais pas.

Si.

Il est sur une charrette pour septembre ou octobre, je suis au courant.

Qu'est-ce que tu veux ? Il fallait s'y attendre !

Georges.

Il a essay� de se tuer.

Se tuer ?

Dimanche, chez eux. J'�tais l�.

Il a aval� des cachets.

On l'en a sorti, mais...

Et Gabrielle ?

Gabrielle veut surtout qu'on n'en parle pas.

Georges, il faut absolument que tu fasses quelque chose.

- Tu me dis �a... - Oui, je te dis �a.

Qu'est-ce qu'il s'est pass� avec lui ?

Il s'est pass� que c'est lui, c'est les autres..

C'est le groupe o� il travaille, o� tu travailles, o� je travaille.

Ils ont d�cid� ce qu'ils appellent un "regroupement des unit�s".

�a signifie qu'on ferme � Arras, � Bordeaux et � Valence.

Alors naturellement, suppressions d'emplois partout.

Alors J�r�me...

Il y a dix ans, tout le monde ne jurait que par lui, et maintenant...

Comme dit l'excellent Salinas, il n'est plus performant.

Depuis 3 ans, les projets qu'il remet sont consid�r�s d�mod�s, trop couteux,

plus fiables.

Et puis il faut le dire, en partie d�marqu� de projets �trangers.

Voil� ce qu'il se passe.

�a veut dire que tu ne peux rien pour lui ?

C'est tr�s difficile. Je suis pas tout seul au bureau d'�tude.

Je ne suis pas en train de dire qu'il faut que tu imposes ses projets s'ils ne sont plus fiables.

Il ne s'agit pas de tricher.

Mais c'est pas possible qu'on ne trouve pas quelque chose !?

Une id�e ?

Que tu le fasses retravailler d'une mani�re ou d'une autre.

C'est J�r�me, quand m�me. Il a du talent, tu l'as assez dit.

Il n'a pas que du pass�.

- C'�tait pas bon ? - Si, si.

Tu as raison. Je vois pas tr�s bien comment mais...

il faut que je trouve.

Je trouverai.

- Encore un peu ? - Ah pardon.

Martin m'a dit que tu vivais encore avec Laurence ?

De quoi il se m�le, lui ? Oui, oui.

�a marche bien, alors ?

Tu sais, elle est jeune.

Dans la mesure o� j'en demande pas trop, elle non plus.

Ah oui remarque. Si personne demande rien !

�a m'�tonnerait qu'elle t'aime comme �a !?

Tu sais pour J�r�me. Ce que je crois...

C'est qu'il faudrait le rattacher au bureau d'�tude, justement.

En tant que... Il pourrait donner son avis sur certains projets.

On lui demanderait plus d'avoir de l'invention, mais de l'exp�rience.

�a, je dois pouvoir l'obtenir.

C'est s�rement possible.

Qu'est-ce que...

Tu manges des lentilles maintenant ? T'as toujours d�test� �a.

Ben oui mais...

Donne, moi j'adore.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Rien, je te regarde.

Tu me trouves bien ?

Pas mal.

Et Serge, o� il en est de ses projets ?

Y a plus de Serge.

Ah...

J'ai pas trop envie d'en parler. Tu m'en veux pas ?

Mais alors tu... tu vis...

Seule ! Je suis libre !

� la maison, quand elle appelle : "est-ce que Martin est l� ?"

Il me fait des signes o� je comprends rien. Il devient rouge comme une pivoine.

Je dis : "Attendez Nicole, je vais voir".

"Non, il vient de sortir avec Maurice." elle me r�pond "�a m'�tonnerait, je suis avec Maurice. "

C'est moi qui ai l'air d'une conne. Lui � l'�couteur.

Il prend pas �a trop gravement, quand m�me ?

Avec lui, tout est grave. On voit pas la diff�rence.

C'est �a qui serre le c�ur.

Je t'ai mis de la cendre.

Et ses le�ons de russe ? Il en a jamais pris, finalement ?

Non.

Mais je t'ai donn� de l'argent pour �a.

Eh oui. Je me suis achet� une robe.

Tiens, c'est celle-l�. Non, c'est une autre.

J'ai bu trop. Comment on dit ? J'ai trop bu.

Ouais, je te ram�ne.

- Tu m'ach�tes un paquet de cigarettes ? - Ouais.

O� est ta voiture ?

Par l�.

George ?

Je peux te demander encore quelque chose ?

Essaie toujours.

Je voudrais que tu me prennes dans tes bras,

et que tu me serres.

Fort.

Fort.

Tu dois rentrer ?

Oui.

Bon...

Eh bien au revoir, cher ami.

Si jamais vous avez envie de me revoir...

Je vous appelle.

C'est �a.

Attention, je t'ai mis du rouge.

D'o� tu viens ?

Qu'est-ce que tu veux ?

R�ponds.

Laisse-moi passer, Serge.

R�ponds ! Je te demande d'o� tu viens !

T'es compl�tement fou !

- Tu me prends pour un con ! - Serge!

Depuis combien de temps �a dure ? C'�tait �a, hein ?

- Tu veux pas me r�pondre ! - T'es compl�tement saoul !

- Je vais t'arracher la t�te, salope ! - Il est fou !

- Laisse-la ! - Arr�tez !

Foutez-moi le camp ! Qu'est-ce que vous m'emmerdez ?

Laissez-le.

Qu'est-ce que t'as besoin de t'en m�ler ?

Viens.

Doucement, Martin est l�.

Oui, je sais.

Tiens.

Non.

Je suis...

Tu comprends, je suis pass� vers 10h...

Martin m'a dit qu'il savait pas o� tu �tais.

De toute fa�on, il sait jamais rien quand je lui demande.

J'ai attendu au caf� d'abord. J'ai bu...

Quelle heure il est ?

3h30.

Pourquoi tu m'as pas dit simplement que c'�tait lui ?

Que c'�tait lui, quoi ?

Pourquoi tu veux tellement que ce soit � cause de quelqu'un, Serge ?

Mais c'est pas moi qui veut, �coute.

On quitte jamais personne pour personne.

Tu crois ?

Bah, de toute fa�on...

J'�tais un perdant, je l'ai toujours su.

Pourtant tu croyais en moi.

C'est moi qui croyais pas en moi.

Quand j'ai quitt� pour dessiner � mon compte,

tout ce qui allait arriver,

j'aurais pu te le dessiner.

Alors pourquoi t'as quitt� ?

C'est toi qui me demande �a ?

Marie, tu te rends pas compte comment il faut �tre avec toi ?

Non ?

Alors on se jette.

Je voulais devenir quelqu'un, quelque chose.

Un arbre.

Maintenant je m'en fous d'�tre n'importe qui.

C'est pas vrai, tu t'en fous pas.

Au fond, tu m'as jamais aim�. C'est normal.

Tu te trompes.

Je t'ai aim�.

C'est encore mieux.

- Attends. - Laisse-moi.

Excuse-moi.

Mais j'en ai marre...

En m�me temps, je sais que c'est fini. Et j'y arrive pas.

T'inqui�te pas.

Je sais que c'est fini.

Le jour se l�ve. Il faut tenter de vivre !

Maintenant, faut que je rentre et faut que je dorme.

Tu rigoles, mais je sais plus tr�s bien quoi faire de moi.

Je te dis �a, t'es d�j� tellement loin !

T'es beaucoup plus forte que moi.

Je suis pas quelqu'un de fort, Serge.

Je voudrais souvent avoir ta force de vie.

Oui, je dois dire que je suis un type assez formidable.

T'as pas une copine ?

Bon alors, o� je suis gar� encore ?

Tu vois un peu le climat dans la r�gion.

Ils parlent d'ouverture en faisant une politique de fermeture.

C'est simple, plus de projets nouveaux. On ne travaille que sur des mod�les d�j� sortis.

�videmment, sur les appareils de s�rie, �a pose moins de probl�me de modifier et d'am�liorer,

On sait d�j� ce qui marche ou pas.

Ouais.

S'il n'y a pas quelqu'un pour faire un travail de synth�se, on n'y arrivera plus.

Bonjour.

Ce qu'il me faudrait, c'est que tu me donnes ta r�ponse pas trop tard.

Je te verrai demain. Je suis tellement content de rendre service.

Que t'es con ! Allez viens.

Que ce soit toi ou un autre, c'est un poste qui peut pas rester vacant.

�a m'arrange que ce soit toi, parce qu'on a l'habitude l'un de l'autre.

T'es s�r qu'on l'a pas perdue ?

Non, je crois pas.

Georges,

r�ponds-moi, c'est Marie qui t'a parl� ?

Marie ? non. Tu sais, tout le monde en a pris un coup.

Si �a t'arrive � toi, �a peut nous arriver � tous.

Pas � toi, quand m�me.

� moi comme aux autres. � moins que je m'en aille avant.

Avant, je voulais tout casser. Mais j'attends que �a casse tout seul.

J'attends et en plus, j'oublie que j'attends.

T'as ta voiture ?

Oui, l�.

Bon, au revoir.

� demain.

T'es l� depuis longtemps ?

Non, 5 minutes.

�a va ?

Oui... qui est-ce ?

J�r�me.

Bonjour.

C'est pas vrai � la fin ! �a fait quatre pi�ces ! Francine !

�a fait quatre pi�ces que je mets. Y en a marre !

Vous allez pas me culpabiliser sans arr�t pour une histoire de caf�, de chasse d'eau !

L'autre me so�le avec l'a�rateur de la cantine.

Toi ou Madeleine. Hier c'�tait la pharmacie, aujourd'hui le caf� qui te pla�t pas.

C'est pas qu'il me pla�t pas, il coule pas.

Je vais pas passer ma vie � �tre harcel�e par des b�tises pareilles !

Je m'adresse � toi parce que j'ai vot� pour toi. Fallait pas te faire �lire !

Tu sais bien que le comit�, c'est pas moi.

Vous �tes toutes les m�mes, d�s que vous �lues...

Au comit�, on devrait pouvoir s'int�resser � des probl�mes plus importants.

- Qu'est-ce qui se passe ? - C'est la machine � caf�.

Des nouvelles de ton fils ?

J'ai re�u une lettre hier soir. Leur voiture est tomb�e en panne � la fronti�re.

Ils attendent. Ils campent dans un camion.

- Je suis � la bourre. - Salut !

�a t'ennuie pas si j'annule ce soir ? On pourrait sortir � la place.

Bien s�r.

Il faut que je laisse la maison � J�r�me. Il est rentr� avec une pile de dossiers.

Ah bon ? De toute fa�on, je te vois � la cantine.

Oui, et toi ?

Quoi ?

Demain ? Oui, absolument.

Chez toi ? Ah bon.

D'accord.

C'�tait pas si mal.

Pas si mal.

J'avais oubli�.

Pas moi.

Sauf au d�but. Je t'en ai tellement voulu.

Moi aussi.

J'ai fait le noir. Je t'ai oubli�e tant que j'ai pu.

Moi aussi.

Tu fais tout comme moi ?

Il faut dire que la derni�re ann�e n'a pas �t� marrante.

Je savais pas. J'ai pas vu.

Je le savais, parce que je devenais horrible.

Mais tu sais, Georges ?

Tu �tais parti bien avant que je parte, sans t'en rendre compte.

C'�tait aussi l'ann�e o� j'ai pris ce nouveau travail.

On me guettait.

Alors, j'ai grossi.

Je suis devenue jalouse de tout.

Je me r�p�tais sans arr�t :

"On partage plus rien, plus personne".

Les id�es, les envies, les amis, Martin.

Martin, on le partageait.

Un soir, tu n'�tais pas l�. C'�tait longtemps avant.

Il devait avoir 4 ans.

Tout d'un coup, il a eu une mont�e de fi�vre, 41�.

Il s'est mis �... il �touffait.

J'ai cru qu'il allait mourir dans mes bras.

Tu me l'as jamais racont�.

J'ai appel� Gabrielle.

Elle a dit de le plonger dans un bain. Elle est venue avec J�r�me � minuit.

Et puis tu es rentr�, si tard, si fatigu�.

Si �tranger,

alors je t'ai rien dit.

Dis donc, j'ai un peu faim.

- Encore ? - Oui, encore.

Qu'est-ce que tu fais ?

Je regarde.

Elle habite tout le temps ici, Laurence ?

Presque.

Depuis longtemps ?

Cinq ou six mois.

Les autres, t'as jamais v�cu avec ?

Non.

Tu vas lui dire qu'on s'est vu ?

Non.

Elle te pose jamais de questions ?

Si, mais tu sais bien. Quand je veux, j'entends mal.

�a, je le sais.

Les questions les plus difficiles, c'est celles que je me pose moi.

Tu viens ?

Ouais.

Ils ont pas trop chang�, tes fr�res.

C'est � Orl�ans, chez Michel ?

Oui.

Il fait toujours de la musique ?

Oui, avec ses filles maintenant.

Ah bon ? Je l'aimais bien, d'abord parce qu'il m'aimait.

Tout le monde t'aimait.

Non, pas tout le monde.

T'auras assez ?

Oui.

Parce que l�, j'ai plus rien.

T'en avais assez de vivre seul ?

Oui.

Je crois...

Et tu m'avais dit qu'elle pr�parait une agr�gation ?

Qu'est-ce qu'elle fait � Grenoble ?

Elle gagne sa vie chaque fois qu'elle peut.

L�, elle est interpr�te dans un congr�s de psycho...

Bon, maintenant. Tu arr�tes de me parler d'elle.

C'est moi qui en parlais ?

Ah bon !

Excuse-moi, je m'�tais pas rendu compte.

Voil�.

Vous vous voyez o� ?

Chez lui... ou chez moi quand elle est l�. Ou � l'h�tel.

Souvent ?

Maintenant oui.

Enfin, souvent...

J'aimerais que ce soit encore plus souvent.

T'as revu Serge ?

Oui, une fois, chez l'italien.

Un peu distant, mais tr�s d�tendu.

Il m'a dit qu'il buvait plus.

Non, plus du tout.

�a, c'est Anna.

Quoi, Anna ?

J'ai l'impression que �a lui d�plairait pas de lui plaire.

Enfin je crois. Il vient la chercher.

Il est all� lui conduire ses enfants � l'�cole.

Je sais pas, mais...

Rentre, tu vas �tre tremp�e !

Tu me dis �a maintenant ? Je suis tremp�e !

Attention, un camion !

Quel con !

Merde, d�p�che !

D�p�che ? Tu me fais marrer !

Marie... r�veille-toi.

Il est quelle heure ?

7h15.

Merci.

Elle arrive � quelle heure ?

Le train est � 7h30.

Merde !

Tes bracelets, je les mets avec ton sac.

Oui, merci.

- Attends, je vais t'aider. - Non, non...

- Tire un peu de ton c�t�. - Je tire !

Pourquoi tu refais ton lit ? Tu vas dire que tu as dormi o� ?

Ah oui.

Je sais bien que �a peut pas durer comme �a.

Il faut que je lui parle.

Comment �a marche avec J�r�me ?

Parce que m�me � Gabrielle, il ne raconte rien.

T'en es o� avec lui ?

Nulle part.

Attends, je comprends pas.

Qu'est-ce que �a veut dire "nulle part" ?

�a veut dire que je ne peux plus rien faire pour lui.

Il va �tre licenci�,

d�finitivement.

�coute, je lui ai donn� du travail. Un travail.

Il a commenc� par me rapporter toute la documentation au bout de 2 semaines en disant :

"�a valait m�me pas le coup de r�diger un rapport".

"�a valait rien".

Je t'en ai pas parl�.

Je lui ai donn� autre chose � faire. L�, on a attendu quinze jours.

Il devait venir � la r�union, il n'est pas venu.

Pour finir, il nous avait promi 20 feuillets. On en a eu 10 et en retard, incomplets, b�cl�s.

Qui les a lus ?

Moi, �a suffit.

C'est pas possible.

Si.

Je peux pas croire �a.

Ce que tu peux pas croire, c'est qu'il se voit m�me plus comme tu le vois.

Je sais pas de quoi il r�ve. En tous cas, c'est quelqu'un qui n'en veut plus.

Il est fini, Marie.

Il est fini ? Tu parles comme �a maintenant ?

- Marie, c'est ton ami. - Le tien aussi.

Oui, mais c'est pas le leur.

Je peux pas demander plus pour un type comme lui.

Un type comme lui, �a n'est plus rentable, c'est �a ?

"Chacun doit avoir sa chance", c'est bien �a que tu disais.

Peut-�tre.

Je m'en vais. N'aie pas peur.

Peur de quoi ?

Tu sais bien que ce que dit Georges, j'ai pas �t� souvent d'accord.

Mais l�, franchement...

En plus, J�r�me, tous sentiments mis � part, c'est pas un cas exemplaire.

- T'en voudras ? - Non.

Tu vas me dire au nom de quoi on mettrait les sentiments � part...

Mais quand je pense au 114 de la fabrication...

110 ou 114 qui ont �t�, les uns, envoy�s en province, s�par�s de leurs familles,

les autres purement et simplement foutus � la porte et sans sursis,

sans deuxi�me chance, sans Georges ni personne dans la manche,

j'arrive pas � �tre boulevers�e par J�r�me.

Oui ? Oui, Gabrielle...

Non, j'essaie d'�crire � Martin.

Comment ?

Attends, attends.

Oui, oui... quoi ?

Il te l'a dit quand ? En rentrant ?

Qu'est-ce que je suis contente !

Et toi aussi, hein...

Merde... Non, je fais tomber ma cigarette.

J'ai un peu bu, tu sais. Mais je suis tellement contente.

Tu lui dis, hein ? Je t'embrasse.

Et tu me l'embrasses.

Tu l'embrasses pour moi.

� demain

Non, �a va. � demain.

All�, excusez-moi. Je pourrais parler � Georges ?

C'est Marie.

Oui all�. Je te d�range ?

Je pensais qu'il fallait que tu saches tout de suite que J�r�me a �t� sauv� par un autre que toi.

Salinas, tu m'as parl� de lui un jour.

Il a obtenu qu'on garde J�r�me dans le service des archives.

Il gagnera moins, mais il peut continuer � vivre.

Tant mieux, si �a lui convient. C'est parfait.

Je pensais pas qu'il pourrait se plaire dans un placard.

S'il est content, tu es contente. La vie est belle.

C'est �a, c'est tout ? Tu me l'as dit.

C'est moi qui choisirai le film la prochaine fois.

Avec Esther, c'est pratique. Elle lit les sous-titres � haute voix.

Parce que Jacques ne les voit pas.

- Je vous ram�ne si vous voulez. - Je ne sais pas o� on va.

On n'a qu'� se retrouver chez l'italien.

Quelqu'un l'a vu se jeter. C'�tait au troisi�me.

Circulez, messieurs-dames. Ne restez pas l�.

Il y a encore de la place.

Il y a �a aussi...

- Je vais faire � manger. T'as pas faim ? - Si, j'ai faim.

Il faut que je parte. Je d�pose les cartons en bas ?

Non, ils vont monter les chercher.

Au revoir.

- Au revoir. - Merci.

� demain, alors.

� demain.

Gabrielle...

Pendant des ann�es, j'y ai pas pens�... C'est venu doucement, petit � petit.

Et quand tu t'en es aper�ue ?

J'ai �t� �tonn�e, mais pas beaucoup. J'avais l'impression que je savais d�j�.

Il en avait pas beaucoup, quand m�me ?

Je ne sais pas ce que tu appelles beaucoup.

Il y a celles que j'ai pas d� voir. Quelquefois, il ne m'en parlait pas.

Il disait jamais "les femmes", d'ailleurs.

Il disait "j'ai rencontr� quelqu'un", "tu as d� me voir avec quelqu'un".

Mais j'�tais pas complaisante.

Je sais.

Moi avec lui, �a n'a jamais �t�... enfin...

Quand m�me, c'�tait plus de l'amour que du plaisir.

Alors qu'il aille v�rifier ailleurs, je pouvais pas le...

Et ton histoire avec Paul, tu lui en avais parl� ?

Non, si je lui avais dit, on se serait quitt�s.

Tu te rappelles l'�t� d'apr�s ? Il �tait si dr�le.

Quand on est all� chercher Georges � la gare.

Quand il a pris la Peugeot des gendarmes.

L'histoire que �a a fait.

Ces derni�res semaines, quand j'entrais dans son bureau, il �tait l�.

Les volets ferm�s, m�me en pleine journ�e.

Il faut que je m'en aille d'ici.

Tu vas venir habiter avec moi.

Oui.

Il faudrait que je vende la maison. �a me ferait un peu d'argent pour recommencer.

Il faut que tu voies Georges, tu sais.

Il faut que tu lui dises, personne n'aurait pu l'emp�cher.

�a peut pas se pr�senter mieux.

Vous �tes superbe.

J'aime bien qu'on me dise �a.

Vous �tes s�re de vous, cette fois-ci ?

Oui, je suis s�re.

Je suis enceinte.

C'est pour quand ?

Pour avril.

C'est g�meaux, �a.

On vous demande au t�l�phone.

C'est mon acheteur pour la maison. Je me souvenais m�me plus de son nom.

- �a y est ? - Non, pas encore. Justement.

Mais Georges ne sait pas ?

Non.

Mais cette fois, de toute fa�on je le garde.

Je l'ai tellement voulu.

Georges, tu sais, je ne sais pas o� il en est.

Quoi ?

Rien. Tu me fais rire.

Moi aussi, je me fais rire quelquefois.

J'arrive pas � avoir un homme et un enfant en m�me temps.

Plus �a va, plus je me dis que c'est pas grave.

Je sais tr�s bien que c'est grave d'avoir un enfant, pour lui et pour moi.

Quand j'ai dit "je veux le garder", je me demande si c'est pas lui qui me garde.

Autrement...

Je sais pas ce que je fais avec ma vie.

Je me cogne, je suis maladroite.

La fatalit� n'existe pas, puisqu'il y a la libert�.

Je ne parle pas de la libert� de J�r�me. Lui n'�tait plus libre.

Je parle de la n�tre. On n'en a rien fait.

Moi, en tous cas.

Gabrielle habite avec toi ?

Oui, on a trouv� quelque chose rue Saint-Antoine o� on pourra �tre ensemble,

et Martin aussi, s'il veut. Il arrive le 19.

Je sais, il m'a �crit. Je serai pas l� quand il reviendra.

Je fais un stage � Marseille pendant deux mois.

Au moins.

Avec des types de mon �ge, et deux ou trois plus jeunes.

Si �a marche, on fera quelque chose ensemble.

En fait, je peux plus reprendre ici.

Je pourrai plus.

Laurence vient avec moi.

Elle laisse tout pour le moment.

Tu sais, Laurence...

C'est difficile de t'en parler, mais elle est...

Ma voiture est en face. Je peux te d�poser ?

Non, je vais marcher.

Tu pars quand ?

Apr�s-demain.

Au revoir.

Au revoir.

Elle ne lui a rien dit ?

Elle n'allait pas lui dire.

Elle a bien vu qu'elle n'�tait plus dans sa vie.

Mais un jour viendra o� il saura qu'elle a un enfant.

Il posera des questions.

Elle dit qu'il ne posera pas de questions.

Et puis m�me, �a pourrait plus rien changer.

Il va vivre comment, cet enfant ? Il n'aura plus qu'elle.

Elle et moi.

Et alors, vous restez jusqu'� quand, Gabrielle ?

Jusqu'� la fin des vacances.

Je dois donner les clefs de la maison le premier septembre.

C'est la derni�re fois qu'on vient ?

Oui, c'est la derni�re fois.

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