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Le commandant Gallio est retenu sur le poste d'arabier ? J'attends le verdict
au cours de demain. Le capitaine Scandella l'a remplacé, nous voilà à l
'aéronautique.
Putain, sept heures et demie ! J'ai encore vu qu'il n'y a pas d'heure.
Je me demande les trente-cinq heures.
J'espère que tu n'as pas lésiné sur le goûter. Tu vois qui se voit là-bas ? Oh,
mâton ! Bon alors les mecs, vous étiez déjà à l'apéro ou quoi ? Ouais, c'est
ça, ouais. Et comme mon copain est en pleine hypoglycémie, on aimerait bien
savoir tout de suite ce qu'il y a au menu.
Paul Michelet, coureur cycliste.
On l'a retrouvé avec deux balles dans la poitrine. Il appartenait à l'équipe
Bofik. Ça vous dit quelque chose, ça, non ?
Et qui prépare les six jours de Paris. C'est une épreuve qui aura lieu dans
trois mois. Bon, écoutez, je ne veux pas vous faire un dessin.
Discrétion et rapidité. Et surtout, surtout pas de presse.
Et Maton ? Oui ? Michelet ? Oui, il a été retrouvé sous la piste par les
autres coureurs et le coach. Et voilà, vers la fin de la séance d'entraînement,
vers 18h.
Avec deux balles dans le buffet.
En berger, voisinage.
Polo et Cisco, vous voyez les coureurs.
Déjà rigidité cadavérique, la mort remonte à moins de deux heures.
Deux jolis plaies bien nettes correspondant aux orifices d'entrée de
projectiles tirés par une arme à feu.
Centrés dans la région du cœur, probablement du 9 mm par A au vu des
étuis retrouvés sur place.
Donc, un pistolet automatique.
Le craquement du bois sous les boyaux, la première fois, ça surprend.
Personne n'a rien entendu.
Avec le boucan qu'ils font les mecs en roulant.
Horifice d'entrée.
Les faces intérieures de la horte ascendante évoquant un tir à hauteur d
'homme.
Cadeau des collègues de Maton.
Ils ont trouvé ça dans la poubelle.
On a le flingue et les douilles, c'est déjà pas mal.
T'as peut-être pas embêté à l'heure. Quoi d'autre ? Bah, côté témoin, pas
grand-chose. Normalement, un concierge est à l'entrée, mais enfin là, pas trop,
il était malade. Ah oui !
Sinon il y a plusieurs pistes courtes, on peut sortir du stade soit par la
piste, soit par les vestiaires.
Je vais partir 17h40. D'ici, de la piste ? Vous savez pourquoi ? Aucune idée.
Le mieux, c'est encore de demander à l'entraîneur du but.
Il est au courant, lui.
C'était quoi, le rendez-vous ? Il n'a pas voulu me le dire.
Alors, puis d'aller dans le vestiaire après l'entraînement.
Vous connaissez la suite.
Paul était un coureur au physique exceptionnel.
Mais au niveau du mental, ça déconnait un peu.
C'est vrai, il a gagné les 6 jours en 94 et 96.
Mais bon, à 29 ans, vu ses capacités, il aurait dû avoir un palmarès autrement
plus relevé.
Son mental, il les connaît comment ? Bon, vous finirez de toute façon par l
'apprendre.
Il y a 4 ans, Paul a été suspendu par la Fédération pour une histoire de dopage.
Il a trouvé ça dégueulasse.
Et il a eu le tort d'ouvrir un peu trop sa gueule.
Alors ils l'ont pas loupé.
Puis c'est quand même grâce à des gars comme lui qu'on a pu faire le ménage.
Paul, au lieu de le planter comme on l'a fait, on aurait dû lui élever une
statue.
Depuis combien de temps il était dans votre équipe ? Trois ans.
Moi, quand j'ai monté cette équipe il y a cinq ans, c'était avec la conviction
qu'en restant clean, on finirait par cartonner.
Il devait y avoir un paquet de gens qui devaient lui en vouloir dans le milieu,
non ? Oui, mais pas au point de...
Puis vous savez, depuis cette histoire, Paul ne fréquentait plus grand monde
dans le vélo, à part les gens de l'équipe.
À part l'autre cinglé qui... Quel cinglé ? René, quelque chose.
C'est un tel cinglé, j'en panne, hein, vous voyez.
Paul était trop vieux. Merde ! Putain, il m'a cherché dans les pouces ! Cours !
Casse-toi ! Allez, t'arrête ! Putain !
Mme Michelet, M. Dupuis me parlait d'un certain René.
Un fan qui harcelait votre mari.
Mme Michelet, un fanatique qui harcelait votre mari.
Vous voyez de qui il s'agit ? René, oui.
Il suivait toutes les courses de Paul et...
Il lui écrivait des lettres tout le temps.
Il venait à la maison pour le voir.
Un jour, il est même entré pendant qu'on était en week-end.
Il a volé des photos.
Vous avez porté plainte ? Toi, elle n'a pas voulu.
Moi, j'avais peur surtout pour Nico.
Toi, elle a dit qu'il lui parlerait.
Qu'il lui dirait qu'il ne voulait plus le voir.
Sinon, on ira à la police avec mes lettres.
Maman ? Il est où, papa ? Il est où, mon cœur ?
Il est où, mon cœur ? Tu veux bien retourner dans ta chambre ? Il faut que
je parle à ces gens-là.
Vous les avez toujours, tes lettres ?
Merci, madame.
Nico est fou de son père.
Il veut devenir un champion en e-sport.
Que Paul soit fier de lui.
Mais dites-moi ce que je dois faire.
alors que Nathalie était figiste dans un journal portu. Ils se sont mariés en 98.
Et ils ont brûlé leur fils, Nicolas.
Il a 9 ans et demi, il est paraplégique.
On a l'autre cinglé, là, le fan.
Alors, René Langelier, frère retraité des postes de 55 ans, veuve sans enfant,
il n'est pas fiché par nos services.
Par contre, il a fait une grosse déprime. Il a fait un passage de 3 mois
dans une clé ici.
Après la mort de sa femme, un cuit au ras des pâquerettes. Il y a un petit
vélo dans la tête, c'est celui de Michelet.
Je vous lis sa prose.
Tu ne tiens pas compte, évidemment, de mes observations.
Alors, Paul, je suis obligé de te le dire, il faut te rendre à l'évidence,
tes résultats ne sont pas à la hauteur.
Il est temps, oui, je pense qu'il est grand temps que tu te ressaisisses.
Songe à ceci, que pourras-tu répondre le jour où, lorsqu'il sera trop tard, on te
posera la seule question qui vaille la peine d'être posée.
Qu'as-tu fait de ton talent ? C'est lui qui a écrit ça ? Oui.
La prose épistolaire de notre admirateur Franvi et de ce même Akabi.
Toutefois, à la fin, il semblerait qu'il ne soit pas tout à fait satisfait par
les performances de son idole.
Bon, ben, on va éplucher tout ça et on va lui rendre une petite visite.
Ouais.
L'expertise balistique, ça donne quoi ?
C'est bien le branding qu'on a retrouvé dans la poubelle qui a servi à abattre
Michelet. Pour qu'il n'en pointe sur l'arme, ni sur la carcasse, ni sur la
crosse, ni sur le chargeur.
Je crois pas que ça va être possible.
Si Michelet avait repris la dope, Michelet se rend compte qu'il n'est plus
au niveau. Alors il recommence à se charger sans rien dire à personne.
Seulement quelqu'un de l'équipe finit par le savoir.
C'est un entraîneur depuis ? Ouais, ou un de ses coéquipiers.
Si Michelet fait gauler lors d'un contrôle...
C'est un mauvais plan pour tout le monde, surtout pour une équipe qui clame
haut et fort qu'elle est cline à 200%. Ouais.
Sauf que dans le public, tous les témoignages concordent.
Ni l'entraîneur ni les cyclistes n'ont quitté la piste avant 18h.
Alors à moins que tout le monde soit dans le coup.
Ou alors, c'est l'angelier qui découvre le poteau rose.
Comme Michelet se met un peu dans les veines, il va tranquillement à la
maison. Le jour où l'angelier fait son intrusion chez lui, il découvre quelques
produits. Il est un petit peu déçu par la déchéance de son idole.
Il essaie de lui parler, de se faire entendre.
Ça passe pas, donc il va au stade et... De toute façon, si Michel a appris des
trucs, on devrait le savoir à l'hôpital. C'est quand les résultats ? Hein ? Hein
? Bon, ça va tout de suite, hein
? D'accord.
T'embrasses, Mireille.
Oui, bien sûr. On doute, oui.
Pour lui dire d'arrêter la coke, il faut qu'elle dorme un petit peu quand même.
On en raconte les résultats de l'autopsie ? Ok, d'accord. Non, non,
non. D'accord, merci, Polo.
Disco, tu t'occupes de l'entourage, parents, famille, amis, tout ça.
Vérifie aussi la libide Veslinger, le capitaine de l'équipe, son soi-disant
rendez-vous chez le médecin.
Berger, situation bancaire.
Polo, emploi du temps de Mütley, tu fais les remontées d'appels sur son portable
et sur son fixe. D'accord ? Avant de se faire buter, Mütley a dit à Dupuy qu'il
avait un rendez-vous. Je veux savoir avec qui.
Tu vas où, Polo ? Polo ? Non, ça va quand même. Tu vas où ? Tu vas où
? Je ne sais pas.
Tu sais, Polo, il ne faut surtout pas se maintenir obligé.
Liliane, je t'ai un plein briefing.
Ça ne m'interroge pas du tout de jouer le rôle de la maîtresse.
Seulement, si je dois te rendre à foine à chaque coup de fil, je sens que ça va
tout compliquer.
Liliane, je ne pouvais pas.
C'est bête ?
J'avais justement trouvé un hôtel sympa qui pratique des tarifs tout à fait
raisonnables pour le quartier. Je me suis dit que... Enfin bon, on en a mal
compris.
Franchement, trois balles pour une pistonne pareille, vous ne trouvez pas
que c'est de l'arnaque, mademoiselle ? Vous avez autre chose à proposer ? Ben
ouais, vous ne connaissez pas Lorenzo ?
Mon mari m'organise un gang-bang avec un groupe de rappeurs.
Non, je vous aurais bien conviés à la fête, mais au-delà de la douzaine, je t
'ai un peu... Je suis désolée.
Je vais encore jouer comme une folle.
Commandant Gallio.
Enchantée de vous rencontrer, lieutenant Berger.
Bonjour.
Si je vous l'offrais ce café, histoire de faire connaissance.
Je suis désolée. Non, vraiment, ne m'en dites pas plus.
Vous allez me laisser voir.
Reprenons, capitaine Esparger.
J'ai pris ma voiture, je suis parti à la clinique où je suis arrivé aux alentours
de 18h30.
18h30 ? Vous avez mis une heure, vous, pour faire le parcours Tad, bouleur d
'hydro. Oui, à faire la circulation de l'enfer.
Paul Michelet a dit que... Il avait parlé à votre entraîneur pour lui dire
qu'il avait rendez-vous avec quelqu'un d'important. Vous savez avec qui ? Non.
Pardon ? Non.
J'ai entendu parler de René Langellier.
Ah oui.
Il poursuivait Paul, c'est invivable.
Monsieur Michelet, vous a-t-il parlé de menaces que Langellier aurait préférées
à Sonica ? Mais jamais, d'accord, ce type est complètement cinglé, mais Paul
était son dieu.
Jamais il aurait osé lui faire le moindre reproche.
Pourtant... Mais pourtant...
Paul faisait n'importe quoi ces derniers temps. Il se laissait aller, il prenait
des entraînements à la légère.
Du coup, ça se fait percuter sur ses performances.
D'après vous, c'est dû à quoi ? Paul avait des capacités physiques hors du
commun. Le problème, c'est qu'un champion, ce n'est pas seulement un
physique, c'est aussi et surtout un mental.
Il ne vous dérange pas ? Pour vous, il était dépressif, donc ? La vérité, il a
accumulé des erreurs par faiblesse.
C'était un bon coureur et jamais il n'aurait pu devenir un grand champion.
Tu n'as pas fait tendre avec le père de votre fille.
C'est pourtant lui qui vous a choisi pour être le parrain de Nicolas, non ? C
'est l'amitié que je lui portais n'avait rien à voir avec ce que je pensais de
lui en tant que sportif.
C'est à Nicolas et Nathalie, je crois qu'ils savent qu'ils peuvent compter sur
moi, voilà.
C'est bien la fille, là ? Tant bien, vas-y.
C'est parti.
Deux ans d'enquête pour coincer un assassin d'enfants et cette saloperie d
'avocat qui le fait sortir.
Il a réussi à établir la subordination de témoin.
Baradier est libre.
Et qui était son bavard ? Un ténor, évidemment.
Maître Christian Chautant.
Qu'est-ce que tu vas dire à Mireille pour hier soir ?
Je sais pas, je m'en fous.
Pourquoi que je vais tout lui balancer un de ses quatre, hein ? Tu veux qu'elle
se casse ? C'est ça que tu cherches ? Non, c'est plutôt moi qui viens de
passer les choses, je deviens sérieux avec les diables.
Pauvre Paulo, je crois que t'es en train de tout mélanger.
Mais quoi ? Un jour et demi, s'il vous plaît.
Éruption de testostérone et 30 ans de mariage, voilà ce que tu mélanges.
Que Mireille soit pas la reine des galipettes, je veux bien.
Celle qui irait à l'extérieur, ok.
Faut pas chier le bébé avec le lubin, si tu vois ce que je veux dire.
Tu n'as rien à faire chier avec ta moeur, s'il te plaît.
Tu sais, quand tu aurais eu les trois gosses, j'ai vécu 30 ans avec la même
personne, on ne reparlera pas. Au moment où... Tu sais, ce n'est pas parce que j
'ai l'air con et un gros pied que je n'ai pas le droit d'aimer une autre
femme.
J'étais un peu, c'est tout.
C'est l'enjolier ? C'est moi.
Brigade criminelle.
Mort ? C'est impossible.
Si, si, c'est tout à fait possible.
Surtout avec deux pruneaux de 9 mm dans le buffet, c'est le tarif.
Faut que nous parlions.
Paul, nous ne pouvons plus attendre. Tu cours à ta perte, mais tu m'écouteras.
De gré ou de force, tu m'écouteras.
Cela vous dit-il quelque chose, M. Langelier ? Évidemment, c'est moi qui l
'écris. Et de quoi vouliez-vous donc parler avec M. Michelet ? De sa
carrière. Il n'était plus que temps que quelqu'un s'occupe vraiment de lui.
Son entourage était en train de le détruire.
Il le savait, mais il avait peur des réactions autour de lui.
Et selon vous, qui devait s'occuper de lui ? Moi.
Bien sûr.
Oui.
En tout cas, hier, quelqu'un s'est bien occupé de lui.
Oui, à la France.
Vous comprenez, le cyclisme, c'est ma passion depuis toujours.
Et je connais ce sport mille fois mieux que tous ces charognards qui tournaient
autour de lui.
Ça, Paul le savait. Il me l'a dit plusieurs fois.
Seulement, il m'avait écouté.
Allons, M.
Langelier. Paul Michelet ne voulait pas vous écouter.
D'ailleurs, il ne voulait même plus vous voir. Du tout, vous le harceliez.
Vous introduisiez chez lui. Pendant son absence, vous terrorisiez sa femme et
son petit garçon.
J'étais le seul à pouvoir le comprendre.
Les autres faisaient tout pour empêcher qu'il s'en sorte.
Dites-moi, monsieur, vous faisiez quoi hier entre 17 et 19h?
J'ai fait du travail et puis je suis rentré chez moi.
Heureusement, vous avez organisé une belle java avec des potes et plein de
nanas.
Et tout le monde confirmera, bien sûr, votre alibi, n'est-ce pas?
Non, j'ai regardé la cassette de la rétrospective des six jours de Paris.
1896. C'est la meilleure.
C'est la dernière que Paul a gagnée.
Oui, je me souviens.
Chotan est une ordure.
Il savait que Baradier était coupable et il fait tout pour le blanchir.
L'intelligence dans la morale, voilà bien le genre d'avocat le plus
redoutable. Évidemment, c'est dégueulasse qu'on ait relâché ce type.
Bon, on n'est pas forcément un salaud parce qu'on défend un salaud. Chotan ou
pas Chotan, il fallait bien quelqu'un pour défendre Baradier.
Ah ouais ? Et il y avait qui pour défendre la gamine ?
Quand Baradier la violait dans le terrain vague.
Il y avait qui pour la défendre quand il l'a éventré avant de la balancer à la
flotte ? Hein ? Il était où Chotan à ce moment-là ? Avec sa robe bien repassée,
son code pénal de merde quand elle hurlait.
Et il sera où quand Baradier va recommencer ? Parce qu'il va
recommencer.
Tu peux me le dire Berger, il sera où ?
J'ai une bonne nouvelle.
Je sais avec qui Michelet avait rencard le soir du meurtre. Et alors ?
Jean-Claude Baru, journaliste sportif. Il avait rendez-vous dans un bar de l
'aéroport d'Orly Sud.
Pourquoi Orly ? Ça, c'est la mauvaise nouvelle.
Baru partait pour la Colombie. D'ailleurs, il y est toujours.
Et on ne peut pas le joindre. Sa rédaction, c'est ni quand il rentre, ni
l'objet du rendez-vous avec Michelet.
On a les résultats d'IMN ? Oui, le rapport d'autopsie situe bien la mort
aux alentours de 18 heures. Aucune trace de produit d'opinion.
Michelet était donc en parfaite condition physique.
Eh bien, ce n'est pas brillant.
À part l'eau de cinglé, on ne peut pas dire que ça se bouscule au portillon.
Michel, vous en pensez quoi, vous, de l'enjolier ? Oh ! Il a poussé son
fantasme d'intimité à un tel paroxysme qu'il a dû développer une paranoïa aiguë
envers l'entourage de Michel, entourage qu'il rend responsable de tout, y
compris de la mort de Michel.
Il n'est pas impossible qu'il soit le meurtrier, mais il n'avouera jamais, d
'ailleurs. S'il l'est vraiment, il a déjà dû se persuader qu'il n'y était
pour rien.
Pourtant, le seul qui est immobile n'est pas Dalibi.
Eh bien, pas tout à fait.
D'après les relevés bancaires, la situation financière du couple n'était
pas au top.
Et Michelet aurait contracté une assurance vie au profit de sa femme.
Vous ne pensez quand même pas que Nathalie Michelet aurait... Elle n'est
pas avec le gosse.
Je suis d'accord avec Berger, ce n'est pas elle.
Elle n'a pas d'alibi non plus. Simplement, elle dit être allée faire
des cours dans un hypermarché au moment du crime. Enfin bon, il y a une telle
fréquentation, c'est invérifiable.
Allez.
Bon, ça fait 100 balles par tête.
Est-ce qu'on est là ? Tu me vides ? Tu peux plier pour moi ? Oh non, putain, à
chaque fois c'est la même chose.
Déjà la semaine dernière, tu me dois 200 maintenant.
Oh non ! Bon, dis-le-nous, il nous reste quoi alors ? Hein ? Il nous reste quoi
alors ? Ben, rien.
Le gardien du parking de la clinique et le personnel soignant, en effet, ont vu
Fessinger arriver vers 18h30, comme il l'avait déclaré.
Bon, Berger, Picot, vous retournez au stade voir du plus, vous demandez ce qu
'il fait sur les contacts entre Michelet et le journaliste.
Jean-Louis, Polo, chrono, emploi du temps de Michel et de sa femme, minute
par minute. Quelque chose vous a peut-être échappé.
Et Michel, pistolet automatique, ton passé, ton parcours.
Disco, disco ! Oui ? Tu peux m'attendre une minute ? Hein ? Quoi ? Tu m'attends
une minute, j'arrive.
Merci. À quand je rêve ? Je vous remercie. Vous avez parlé cinq
minutes, pardon.
T'as tout sûr ? Elle est là, toi.
Pourquoi tu ne m'as pas dit que le commandant Gallio était cité à comparer
dans le procès Baradier ? Pourquoi je te l'aurais dit ? Non, mais c'est mon chef
de groupe. Tu n'es pas au courant ? C'est bien sûr, mais je ne vois pas ce
que ça change.
Tu te fous de moi, Christian.
Le commandant Gallio a été cité dans une affaire policièrement résolue.
Affaire sur laquelle, que je sache, tu n'étais pas, non ? Alors, je voudrais
bien que tu m'expliques où est le problème.
Tu veux lâcher un monde que la police a un mal de chien à coincer, et toi, tu me
demandes où est le putain de problème ? Il y a eu subordination de témoins. Ça,
je l'ai sorti, mais je ne l'ai pas inventé, non ? Ah, c'est une notion de
règle un peu moins flottante.
Peut-être
Maintenant, si la crime estime que le bien consiste à juger les prévenus, qu
'est-ce que tu veux que je te dise ? En tout cas, ce n'est aucunement mon putain
de problème à moi.
On se voit toujours, ça.
Je ne sais pas.
Écoute-moi, Fabienne.
D'ici une heure, j'attends la délibération de ma dernière affaire.
Si je perds le procès, tu m'as l'état d'e-mail. Si je gagne, c'est moi.
C'est la nette comme marché, non ? Non.
Faut que j'y aille.
Non, ce nom ne me dit rien.
Il faudrait demander à Nathalie.
C'est pas impossible que ça soit une idée à elle.
Comment ça ? Nathalie a toujours été obsédée par la reconversion de Paul.
L'obsession, c'est qu'il se retrouve sur la paille une fois que Paul aurait
terminé sa carrière.
Allez les gars, on va le couper ! On va le couper ! Hé Brick, tu descends !
Comme il avait été vaguement journaliste avant de passer pro, cette histoire de
rendez-vous avec le journaliste, c'est peut-être ça.
Mais Michelet, il en pensait quoi, cette reconversion ? Bon, pas grand-chose.
Ça mettait Nathalie dans des râches folles.
Elle lui reprochait de se foutre de tout.
Mais bon.
Elle est peut-être un peu loin.
C'est-à-dire ? On est des crises en public.
Venez, il y a une dizaine de jours, elle a débarqué ici en plein entraînement.
Elle lui a fait un de ses scandales.
Vous imaginez l'ambiance de l'équipe après ça.
Allez les gars, allez ! On y va, c'est bien, c'est bien ! Dis-moi, t'as quel
âge, Arnold ? 25.
Tu sais que j'ai un fils qui est presque 25 ans ?
Allez, donne, tu vas merder, là. Donne, donne, donne.
Dis-moi, j'étais où avant d'être ici ? Dans un squat.
Mais les autres m'ont viré à cause des chiffres.
Des chiffres ? Quels chiffres ? Qui sont partout, tout autour.
Je les repère et ils entrent dans ma tête, sur les calculs, dans tous les
sens. Je peux pas faire autrement et surtout, je les oublie jamais.
Mais j'essaie de pas en parler parce que tout le monde pense que je suis fou et
que je finis par me faire virer de partout comme pour le squat.
Ici, au moins, je suis tout seul.
Dis-moi, ce truc-là, tu l'aurais pas vu, par exemple, hier soir ? Sûr.
Je l'ai vu avant-hier, à 17h24.
Il était venu voir Michelet s'entraîner, mais hier, non.
Et hier, t'as vu quoi, alors ? Rêve spéciale.
Les poubelles sont passées à 17h. Je vais chez l'épicier à 17h15. Je lui
achète mon litron 5,60.
Je suis de retour à 17h25.
Après, il y a le brun avec les yeux bleus qui me donne 20 et il sort.
Le brun ? Quel brun ? Le flingé, celui qui tourne en une 13.
Il me donne 20 et il sort.
20 quoi ? 20 francs ? Oui, à 17, 30.
Après, il y a la blonde.
Quelle blonde ? La femme du mort.
Là, j'ai regardé l'heure.
J'étais dans les vapes.
Et après ? Après, je m'endors.
J'ai mal à la tête.
Donc, Nathalie Michelet s'est rendue au stade.
Dans quel but ? Pourquoi elle nous a rien dit ?
Et si la surrendu était le mobile ?
On sait que ça n'allait pas très fort entre eux, alors. Pourquoi pas ? On a
retrouvé le propriétaire de l'arme, une autorisation de détention, Browning
GP35, matriculé 5714, a été délivré à M. Jean-Paul Lambrecht.
Le père de Nathalie Michelet.
Je sais que le monde est pourri, mais tu crois vraiment qu'une mère pourrait
prendre un tel risque alors qu'elle aime son gosse ? S'il la prend, elle perd
tout.
Si j'avais des enfants, peut-être que je pourrais te répondre, mais là, à mon
âge, sans homme, j'en prends pas le chemin.
Jean-Louis, donne-moi vite une idée pour changer quelque chose.
Avant que je devienne définitivement un carrière.
D'abord, tu oublies ton éducation bourgeoise.
Et puis, tu couches avec le premier mec venu, pas trop mal, qui te tombe sous la
main. Et tu dérègues à la première occasion.
C'est moderne.
Ça fait le faire un bébé toute seule.
Oui. Et tu connais pas le dernier scoop de mon gynéco ? Je peux plus avoir d
'enfant.
Terrible, quoi.
Ah non.
Je sais pas ce que t'en penses, mais moi, à part l'adoption, j'ai pas trop ce
qu'il me reste.
Nath, Dieu le sait, je suis patient.
Les bulletins, tout ça... Là, c'est plus possible.
Faut que tu m'expliques.
Faut savoir ce qui se passe dans ta tête.
Pourquoi tu fous plus rien ? Nathalie, tu peux me répondre, s'il te plaît ?
Papa, tu vas pas recommencer avec ça ? C'est justement.
Ça peut plus continuer comme ça. Avec ta mère, on s'inquiète. Je demande ce qu'on
va faire de toi.
Surtout, vous faites rien.
Remarque, ça va pas beaucoup vous changer.
Ça veut dire quoi, ça ? T'as quelque chose à nous reprocher ? Pourtant, on se
casse le cul pour te faciliter les choses.
Ouais, génial.
Entre le papa flic qui couche avec son gun et la mère sainte qui tape au bras
brody, franchement, c'est le pied.
Quoi, cette histoire ? T'as des problèmes avec le mec de ta mère ? T
'arrangerais bien.
T'aurais une bonne raison pour lui casser la gueule.
Arrête de parler comme ça, s'il te plaît.
Bon, écoute, moi, je suis fatiguée.
J'ai cours demain, je vais me coucher.
Non, Nathalie, tu restes ici, il faut qu'on discute.
Papa, toi, c'est pas discuter que tu veux, c'est m'interroger. Alors t'as qu
'à me coller en garde à vue, peut-être que j'aurai quelque chose à t'avouer.
Non, pas encore.
Ça va venir.
Madame Michelet, il faudra nous suivre.
On a encore quelques détails à éclaircir.
Je ne peux pas le faire ici, ça va prendre longtemps.
Non, malheureusement, vous êtes sur place.
Il faudra peut-être avoir quelqu'un pour Nicolas.
C'était enfin la grand-mère ? Tu peux l'appeler moi-même, je voudrais lui
expliquer.
Bonne été, votre temps.
Je suis arrivée au stade, les autres s'entraînaient.
Je n'ai pas vu Paul.
Je l'ai cherché partout et en passant par derrière, je l'ai trouvé, il était
tendu sur le sol.
Il était déjà mort.
Et vous êtes repartie comme ça, sans rien dire à personne ?
J'ai pensé qu'on m'accuserait.
Pour quelle raison ? Tout le monde savait que ça n'allait pas très bien
entre nous.
Je me mettais de plus en plus souvent en colère.
Je faisais des scènes.
J'en pouvais plus.
Cette arme servit à abattre votre mari.
La reconnais.
Ce browning appartient bien à votre père, n'est-ce pas ? Mais c'est
impossible, quelqu'un a dû nous voler.
Qui savait que vous possédiez cette arme ? Je ne sais pas. Tout le monde.
Paul en parlait souvent. Il disait qu'avec ça, on était en sécurité.
L'angelier connaissait-il l'existence de cette arme ? Oui.
Mais la dernière fois qu'il est venu, Paul en avait assez.
Il s'est énervé contre lui et il l'a menacé avec ce pistolet.
Il voulait qu'il sorte de la maison.
Une dernière chose, saviez-vous que votre mari se fait une assurance ? Une
somme pour le moins conséquente de quoi vous permettre de subvenir largement à
vos besoins et à ceux de votre petit garçon.
Peut-être que moi je l'aimais plus, mais il était tout pour Nico.
Le plus c'était de tuer Nico, comment j'aurais pu tuer Nico ?
J'avoue que l'enjolier s'est introduit chez les Michelet pour y dérober les
photos.
Connaissant l'existence des larmes, il a très bien pu la dérober à cette
occasion. D'accord avec vous, le marchand.
Avantage aux dingues.
Nathalie Michelet est coupable, moi je ne le sens pas.
Elle ne s'entend pas avec ton mari.
Elle va toucher l'assurance-vie, elle est sur le lieu du crime et c'est son
arme. Tu crois peut-être que ça ne justifie pas une garde à vue, ben moi
si. Mais si elle a menti, patron, c'est à cause de son fils.
Je n'infuse le stress qu'en préventive.
Qu'est-ce qui devient, le petit Nico ?
Il perd d'un coup son père et sa mère.
C'est vrai que si ce n'est pas elle, imagine les dégâts avec le monde.
Ça pensait au monde ? Bien sûr que j'y ai pensé. Je ne pense qu'à ça, figure
-toi. Je suis dans un état d'esprit propice.
Bon, en attendant, on recommande que l'on jolie.
Il y a peut-être quelque chose à nous dire au sujet du Browning.
On aimerait savoir ce que vous avez fait, ce qui s'est passé, la dernière
fois que vous avez vu Paul Michelet.
Je voulais lui parler des mauvaises influences qu'il subissait et puis...
de ce qui le poussait à faire de mauvais choix.
Par exemple ? Mon trainer, certains de ses coéquipiers, sa femme Nathalie,
elle complotait pour qu'il abandonne le vélo.
Il y a le mettre en garde contre le monde entier, en somme.
Non, pas contre Nico.
À part moi, je pense que c'était le seul à comprendre que Paul était un immense
champion.
Ce jour-là, Paul a tout de même menacé d'aller prendre une arme pour vous
obliger de sortir.
Vous vous souvenez ?
Certainement. Mais c'est pas lui qui a eu l'idée.
C'est Nathalie qui lui a suggéré.
Cette femme le manipule depuis des années.
Et il l'a quand même fait.
Il a refusé de vous écouter et vous a même demandé de ne plus jamais le
revoir.
Ça a dû vous faire beaucoup de mal, ça.
Oui. Je dois avouer que de le voir succomber une nouvelle fois à l
'influence néfaste de cette femme m'a un peu cassé le moral.
Alors vous vous êtes dit que cette fois-ci tout était perdu.
que Paul était définitivement acquis à ses propres ennemis.
Oui.
Ça a été horrible.
J'ai dû prendre une semaine d'arrêt maladie.
Je supportais même plus mes collègues de travail.
Je supportais plus personne, d'ailleurs.
Ce qui est bien incomprensible.
Voir Paul se passer lui-même la corde au cou. Il y a de quoi en vouloir à la
terre entière, peut-être même à Paul.
Un tel aveuglement, une telle ingratitude.
N'avez-vous pas éprouvé du ressentiment à son égard ? C'est exact.
Je pensais qu'il n'avait pas le droit d'être aussi faible.
Pas avec un tel talent.
Alors, pour l'équipement, vous êtes revenu chez lui, en son absence.
Oui.
Vous avez pris des clichés, des photos.
Et puis, cette histoire de pistole vous est revenue en mémoire.
Alors, t'as cherché et t'as trouvé.
Hein ? T'as pris cette arme.
T'es allé au stade, t'as cherché Paul.
Tu l'as pas trouvé à l'entraînement, alors tu es passé par les vestiaires. Et
là, tu l'as trouvé, tu as sorti l'arme et t'as tiré.
T'as tiré et tu l'as tué.
Nous sommes là par fait innocent.
Par fait innocent ?
Pardon.
Eh ben...
Bon ben voilà, c'est... C'est... T'es de compagne ? Non. Si, oui.
Enfin... Donc, c'est Mario Dille. Voilà.
Mario. Mario.
Ciao. Bien.
Mario.
Bel homme.
Oh, ça va.
Oui, d'accord. Merci beaucoup. Merci encore. Merci.
Ben, il y a du neuf ? Écoutez, je vais commencer par le hors-d'oeuvre.
On a bouclé les remontées d'appels du fixe des Michelet et figurez-vous que
Veslinger a appelé Madame Michelet le jour du meurtre à 17h30.
Ouais.
Veslinger fait quasiment partie de la famille, alors un coup de fil de sa
part, ça ne veut pas dire grand-chose.
C'est vrai que ce n'est pas terrible.
On voit le plat de résistance. Je viens d'avoir barru le journaliste avec qui
Michelet avait rendez-vous. Eh bien, il vient tout juste de rentrer de Colombie.
Voilà du consistant. Alors ?
Alors, Michelet avait des trucs intéressants à dire à propos du dopage
de toute l'équipe Bofix.
D'après Baru, Michelet voulait faire des déclarations preuves à l'appui.
Il paraît que toute l'équipe se chargeait à mort en vue des six jours.
De quoi coulait définitivement l'équipe. Oui, mais ce qui veut dire aussi que mon
hors-d'oeuvre n'était pas si léger que ça.
Un règlement de compte au sein de l'équipe, ça veut quand même dire un
mobile possible pour tout le monde, y compris le cher parrain Veslinger.
Oui, sauf que monsieur a un gros alibi.
Eh bien, on va convoquer tout ce petit monde.
Qu'est-ce que vous en dites ?
Moi,
Françoise, j'aime super réfléchir à ton problème de gosse.
Très franchement, je suis pas sûr que c'est une bonne idée.
Ah bon ?
Avec un môme, t'en prends pour perpète quand même.
Je sais pas, c'est les désagréments du bazar.
La rougeole, les oreillons, les puricultrices qui te font chier dès que
t'arrives en retard à la crèche.
Ok, pas... C'est pour te retrouver avec un monstre d'égoïsme qui t'envoie chier,
sans prendre en compte tous les sacrifices que t'as fait pour lui.
Vraiment ? Bah oui.
Et encore, je te parle d'un môme, directement issu de ton patrimoine
génétique perso.
Je te laisse imaginer l'horreur avec un individu basé sur de l'ADN d
'apportation. Je crée rendez-vous avec la DAS.
Ils vont me fournir un dossier de demande d'adoption.
Ok, je comprends bien, j'ai usé ma salive pour rien quoi.
Ouais, on est peur.
Tu voudras.
De la boîte, comme ça.
Tu me donnes la clé ? Ça va pas, non ? Quoi, il y a un problème ? Hors de
question.
Alors, Mario,
t'es cherché partout dans la boîte ? Quoi, tu t'ennuyais ? Ben, un peu, Uti
ne parle que danois.
Moi, chérie, j'ai des tas de choses à te raconter sur le deal avec BCB.
Alors, on couche les enfants et on se retrouve au Queen dans une heure ? Tu
vois, Alex, dans la pub, c'est à peu près comme dans ton boulot, le niveau d
'humour. Il fait quoi, Alex ? Alex, il est lieutenant.
Ah, lieutenant.
C'est un sire ? Non, police.
Ah, ne vous inquiétez pas, c'est de la criminelle et pas de la brigade des
mineurs. Bon, je t'appelle au bureau, des fois qu'on aurait mis ton appart sur
écoute.
Pourquoi ne pas nous avoir dit que vous aviez téléphoné à Nathalie Michelade cet
entrain de ce jour-là ? Je ne sais pas, parce que vous ne m'avez pas demandé.
Et hop, on vous le demande.
En entraînement, Paul m'a confié qu'il devait voir un journaliste pour de soi
-disant révélations sur le dopage dans l'équipe.
J'ai appelé Nathalie pour qu'elle vienne nous dissuader de faire cette énième
connerie, voilà.
Ah oui ? Une connerie pour qui ? Pour lui ou pour l'équipe ? Oui, Paul
délirait complètement, il y avait d'autres partout.
Ce qu'il aurait récolté, c'est de se griller définitivement dans le métier.
Puis, Nathalie n'aurait jamais supporté ça.
Alors, elle avait tellement bavé la dernière fois.
Croyez-moi.
Bon.
Vous l'appelez, ça se passe comment ? Très mal.
Elle était folle de rage, je lui ai relé au téléphone.
J'ai essayé de la calmer. C'était pas possible.
Et voilà, elle m'a dit qu'elle ne la laisserait jamais faire une chose comme
ça. Voilà, c'est tout.
Attendez.
Elle n'aurait jamais pu faire une chose pareille.
Croyez-moi.
Madame Michelet, quand Vestager vous a téléphoné, comment avez-vous réagi ?
J'étais furieuse.
Paul était sur le point de tout détruire.
Il allait démolir Nico, il n'avait pas le droit de faire ça.
Que vous faites après ce coup de téléphone ? Je vous l'ai déjà dit.
Non ! Non, madame Michelet.
La vérité, c'est que vous êtes allée au stade. La vérité, c'est que lorsque vous
êtes arrivée là-bas, votre mari était encore en vie.
Vous avez voulu le dissuader de parler à ce journaliste, mais il n'a rien voulu
entendre. Alors, vous avez pris ce pistolet, le pistolet de votre père, et
vous avez tiré. Non ! Elle
n'a toujours rien dit.
Vous commencez à douter de sa culpabilité.
Oui, surtout que Baruch, le journaliste, il m'a parlé d'un truc.
L'hémoglobine réticulée, c'est un nouveau produit qui ressemble à l'EPO,
sauf qu'il n'est pas décelable.
Et il n'est pas décelable parce que ça n'influe pas sur le taux d'hématocrite,
qui lui indique à coup sûr la prise d'EPO.
Si ce n'est pas décelable, je ne vois pas à quoi ça nous avance.
Ce n'est pas décelable avec des tests anti-dopaste standard, mais si on refait
ça avec une autre batterie de tests plus poussée, c'est tout à fait décelable.
Ce qui expliquerait pourquoi Vestelage n'est pas de rien.
C'est bien de regarder un peu de plus près ce qui coule dans ses veines, non ?
Bon, je rappelle Vonesky pour qu'il obtienne le feu vert du procureur pour
les tests.
D'autant que j'ai libéré l'angelier.
Un témoin l'a vu rentrer chez lui à 17h30 le jour du meurtre.
Ouais, c'est pour le moment, Veslinger a tout bon.
Le SDF l'a identifié formellement et une bonne dizaine de personnes assurent l
'avoir vu à 18h30 à la clinique.
À moins qu'il ait réussi à faire le trajet stade clinique en moins d'une
demi-heure. Mais non, en bagnole, faut pas rêver.
Bon, il est 18h, là, ça coûte rien d'essayer.
Allez, Jean-Louis, tu m'accompagnes.
Merci, disco, hein.
Quand t'as une autre idée à la con comme ça, tu me fais t'ignes, preneur. Mais ta
teinture... Ouais, Christian.
Non, je veux pas de toi.
Ouais.
Non, je t'en veux pas.
Ok. Ouais, je te rappelle.
Putain de bordel de merde.
Merde, mais chier.
C'est pas vrai.
Comment ça, en vélo ? Ben ouais, ça crevait les yeux, on n'y avait pas
pensé.
Attends, et nous, hier, on n'a mis plus d'une plombe.
Eh ben moi, j'ai mis 35 minutes.
Alors, ok, c'était à fond, mais enfin, un pro comme Veslinger, il met 10
minutes facile.
Alors, 35 moins 10, égale 25.
Oui, enfin, sauf que le gardien du parking a vu Veslinger arriver en
voiture.
Alors, à moins qu'il ait réussi à mettre la voiture sur le porte-bagages du vélo,
il ne faut pas comprendre.
On n'a qu'à tout vérifier sur ta voiture.
D'autant que maintenant, avec les résultats du labo, on est sûr d'une
chose.
Tous les coureurs se dopent, y compris Veslinger.
Je vais être franc avec vous, capitaine, vous m'avez énormément déçu.
Je vais être franc avec vous, moi aussi je m'en fous.
Voyez-vous, capitaine, plus que les performances, ce que j'admire chez les
sportifs, c'est cette faculté exceptionnelle de dépassement de soi.
Mais là, j'avoue que...
Je dois avouer que ce triste épilogue médicamenteux me laisse comme un goût
amer.
Ce qui me désole, capitaine, c'est de voir qu'un sportif de votre niveau, de
votre trempe, ait recours à la pharmacopée pour parcourir le trajet
Boulogne-Boulevard d'Hydro à vélo en moins de 30 minutes.
Avouez que tout ceci manque un peu de panache.
Je ne sais pas ce que vous cherchez à me faire dire.
Croyez-moi, je n'ai besoin de rien pour traverser Paris en moins de temps que
ça.
Le problème, c'est que le trajet dont vous parlez, je l'effectue en voiture.
En plein embouteillage.
Et que ça m'a pris trois quarts d'heure.
Reprenons. Voulez-vous ? 17h30, vous téléphonez à Nathalie Michelet pour la
tirer au stade. Quelques secondes plus tard, vous quittez ce même stade en
prenant bien soin de vous faire remarquer. 20 francs.
20 francs.
Ce pauvre Arnaud.
Vous revenez par l'entrée secondaire et là, vous abattez froidement Paul
Michelet vers 17h50.
Avec le browning que vous n'avez eu aucun mal à s'utiliser chez lui, vous l
'abattez juste avant que n'arrive Nathalie.
17h55, vous ressortez par l'entrée secondaire. Vous jetez l'arme dans une
poubelle dont vous savez fort pertinemment que le contenu sera
fouillé. Vous enforchez votre vélo et vous rejoignez le boulevard d'Hydro.
Vous égarez votre voiture près de la clinique.
Vous arrivez.
En voiture, sur le parking de la clinique, et vous allez tranquillement
passer vos tests.
Voilà.
Que pensez-vous de ce scénario, Capitaine Veslinger ? Je pense que...
Vous devriez écrire des colombo.
Cadeau des perdants.
Très intéressant, Dieu Francis.
Si nous jetions un petit coup d'œil à votre test cardiaque, vous voulez bien ?
18h45, début du test.
72.
Notre peau habituelle au repos, 48.
Et alors ? Et alors ? Alors ça prouve tout simplement qu'en démarrant le test,
vous étiez fatigué.
Car vous veniez de traverser Paris à vélo, capitaine Veslinger. Arrêtez de me
faire le capitaine.
Comme il vous plaira.
Regardons de plus près ce procès verbal dressé à 17h05 à la hauteur du 137
boulevard d'Hydro, tout près de la clinique.
Reconnaissez-vous le numéro de votre plaque minéralogique ? Impossible.
C'est pas possible, les potes pérés.
Un enfant facétieux vous l'aura ôté du pare-brise avant votre arrivée.
Mais ne craignez rien, capitaine.
Je crois pouvoir vous assurer, sans trop vouloir m'avancer, que l'État vous fera
grâce de ce règlement de 75 francs.
En revanche, en ce qui concerne nos 20 ans de prison, je crains fort qu'il ne
se montre moins scrupuleux.
Je vais vous faire accompagner.
Vous avez l'assassin maintenant, vous êtes contente ? Évidemment, pour vous
tout est réglé.
Mais qui a pensé à Nico ? Qui a pensé à lui ?
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