All language subtitles for 6_French

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Par ici ! Des insectes frits !

Des insectes frits pas chers !

Toutes les cultures du monde

ont leur propre cuisine.

En Thaïlande, on mange des insectes.

Les criquets et les asticots

ne plaisent pas à tout le monde.

Mais peut-être que d'ici peu,

on ne pourra plus faire la fine bouche.

Avec la croissance démographique mondiale

et la surpopulation de la planète,

pourrons-nous nourrir tout le monde ?

J'entame un tour du monde pour étudier

cette question de vie ou de mort.

Les terres et les ressources en eau disponibles

pour les agriculteurs diminuent.

Pourront-ils produire assez de nourriture

pour tous dans le futur ?

Ou la science développera-t-elle de nouvelles sources

de nourriture pour l'homme ?

Le temps presse.

La demande en nourriture augmente.

La production ne parvient pas à suivre.

L'accès à l'alimentation est inégal.

La quantité de nourriture disponible

révèle qui sont les gagnants

et les perdants de la planète.

Un homme sur trois manque de nourriture,

est affamé ou sous-alimenté.

La problématique est énorme.

Comment l'agriculture pourra-t-elle nous nourrir,

lorsqu'en 2050,

la population mondiale atteindra

les dix milliards ?

10 MILLIARDS QUE MANGERONS-NOUS DEMAIN ?

« Nous avons la solution », clame l'industrie alimentaire.

Mais est-ce bien vrai ?

Pour en savoir plus,

je vais visiter des établissements pilotes,

présentés comme la solution.

La production des semences

est aux mains de grosses entreprises.

Dix sociétés contrôlent

les 3/4 du marché mondial des semences.

Chez Bayer, l'une d'elles,

le directeur est responsable de ce marché.

Bayer CropScience

est convaincu qu'il faut innover

pour relever le défi à venir.

On lutte déjà aujourd'hui

pour nourrir toute la planète.

Si la population mondiale

passe à dix milliards,

le défi sera très complexe.

Il faut vraiment agir maintenant.

En Occident, tout particulièrement,

il n'y a pas de sentiment d'urgence.

La société occidentale

fait plutôt face à des problèmes

d'obésité que de famine.

Il faut donc une révolution

pour réveiller la population.

On doit agir maintenant,

parce que si on attend 2030 ou 2040,

de nombreuses personnes

ne mangeront pas à leur faim.

Et la prochaine guerre dans le monde

aura pour enjeu la nourriture,

car on manquera de ressources pour nourrir tout le monde.

BAYER CROPSCIENCE CENTRE DE RECHERCHE - GAND, BELGIQUE

Selon le PDG de CropScience,

la solution est le génie génétique.

Le génie génétique de Bayer, bien sûr.

Bayer possède plus de brevets

sur des plantes transgéniques

que toutes les autres entreprises,

même plus que Monsanto.

Nous pensons que le génie génétique

fait partie des technologies permettant

d'améliorer les performances

des espèces cultivées.

Un de nos objectifs actuels

est la tolérance au sel,

à cause des inondations dues à la mer

dans les zones rizicoles.

En réalité, on projette de lancer certaines de nos variétés

en 2016.

Si je ne me trompe, avec une meilleure tolérance au sel.

Et les dangers imprévisibles du génie génétique ?

Quand un milliard de gens ne mangent

pas à leur faim quotidiennement,

on ne peut pas rejeter

certaines technologies sous prétexte

qu'il y a des incertitudes sur leurs effets

à long terme sur l'environnement.

Je pense qu'il faut,

de manière collective, utiliser

tous les moyens qu'on a

et fournir de manière durable

de la nourriture à la société.

Les risques sur la santé sont imprévisibles.

Et le rendement des plantes transgéniques

étant à peine plus élevé,

elles n'aident pas à lutter contre la faim.

Pire encore,

la controverse autour du génie génétique

voile l'intérêt majeur

du marché des semences: les hybrides.

Ils ne sont pas génétiquement modifiés

mais cultivés en laboratoire,

à l'aide d'un procédé spécial,

breveté par les sociétés.

Nous avons les preuves que ces hybrides

ont un rendement 20 % supérieur à celui

des variétés de riz traditionnelles.

C'est du gagnant-gagnant.

L'entreprise investit beaucoup

pour développer des hybrides adaptés aux régions

où nous les vendons.

Pour l'agriculteur, un rendement 20 % supérieur

est un bel avantage,

surtout pour les petites fermes

d'Asie du Sud-Est, où nous vendons le plus.

Il y a un bénéfice majeur

pour les deux parties.

Si les semences hybrides

améliorent le rendement,

l'inconvénient est que l'agriculteur

ne peut pas reproduire les semences.

Il doit en racheter chaque année.

La culture des hybrides les rend dépendants

des grosses sociétés.

Malgré cela, les hybrides se développent dans le monde.

L'eau arrivait où ?

Pendant longtemps ?

L'inondation a duré cinq jours.

Après deux jours, il a plu à nouveau.

La rivière a inondé les champs.

De nouvelles inondations.

L'eau est restée cinq jours ?

Oui.

Quelle variété de riz cultivez-vous ?

Du swarna.

Le swarna, un riz hybride.

Les enveloppes sont vides ?

Regardez à l'intérieur.

Tout a été détruit, il ne reste pas un seul grain.

La différence est flagrante.

Les semences hybrides sont une déception,

tandis que les semences traditionnelles

ont survécu aux inondations.

Bayer n'est pas encore parvenu à produire

un riz résistant aux inondations.

Les variétés résistantes aux inondations

existent en Inde depuis des millénaires.

Le riz hybride pousse plus vite,

le riz desi prend plus longtemps.

Mais on est souvent inondés.

Ce n'est pas grave

si le riz pousse lentement.

Ce qui compte, c'est qu'il résiste à l'inondation.

Les hybrides sont détruits.

Je suis très attachée

à mes semences.

Je les aime comme

mes propres enfants.

Je veux préserver ces semences

le plus longtemps possible

avec soin et attention.

RÉSISTANT À LA SÉCHERESSE

RÉSISTANT AU SEL

On conserve les semences

pour nos agriculteurs.

Ils doivent les semer chaque année.

On doit leur donner des quantités réduites.

DIRECTRICE DE LA BANQUE DE SEMENCES

On leur en donne 250 grammes

ou 500 grammes maximum.

Après la récolte, ils nous donnent souvent

le double ou le triple en échange.

BANQUE RURAL DE SEMENCES BALASORE, INDE

Voici notre champ de préservation.

Nous préservons ici

727 variétés différentes de riz.

Certaines variétés résistent au sel,

aux inondations

et à la sécheresse.

Les semences doivent appartenir

aux agriculteurs, pas aux sociétés.

Les entreprises ne distribuent pas

les semences gratuitement.

Si elles gonflent les prix,

comment font les agriculteurs ?

Ils ne peuvent pas acheter de semences.

Le gouvernement déclare:

« Si vous plantez des hybrides,

vous aurez un meilleur rendement. »

Mais cela nécessite de l'engrais

et des pesticides plusieurs fois par an.

L'agriculteur doit pulvériser.

Cela pollue l'air et l'eau.

À cause de cela, beaucoup ont de graves soucis de santé.

Tant qu'ils n'ont pas d'ennuis,

les gens ne comprennent pas.

Il y a de plus en plus de cyclones,

de tsunamis et d'inondations.

Le changement climatique est une réalité.

C'est pour cela que les agriculteurs

retournent aux variétés traditionnelles.

Ils n'ont pas le choix.

C'est une leçon douloureuse.

De telles banques de semences

existent dans beaucoup de villages indiens.

Les agriculteurs sont très fiers de leur indépendance.

Mais cela déplaît aux entreprises.

Après tout,

en vendant moins d'hybrides,

elles vendent moins de pesticides

et surtout beaucoup moins d'engrais.

KALI + SALZ AG PRODUCTEUR D'ENGRAIS

PHILIPPSTHAL, ALLEMAGNE

L'engrais minéral a été inventé

il y a 150 ans en Allemagne.

Quand le chimiste Justus von Liebig

a découvert qu'on pouvait extraire

de l'engrais du sous-sol,

on a creusé des mines fournissant de l'engrais pour l'agriculture.

Les mines et l'invention

de l'engrais azoté synthétique

ont créé l'agriculture industrielle

qu'on connaît aujourd'hui.

Les engrais minéraux,

chez nous, le potassium,

le magnésium et le soufre,

apporteront une contribution cruciale

à l'augmentation du rendement mondial.

Prenons le rendement

des pays industrialisés.

S'il est le même ailleurs dans le monde,

même sans être aussi bon,

nous pourrons nourrir

10 milliards de gens dans le futur.

Il faut accroître le rendement.

Les terres arables sont limitées

et certaines terres doivent rester incultivées.

L'unique solution est d'accroître

le rendement par unité de surface.

Est-ce possible sans engrais ?

Non.

Sans les engrais minéraux,

le problème de la faim augmenterait,

parce que le rendement diminuerait.

On le voit dans l'agriculture bio,

où la production est plus faible.

Sans l'utilisation des engrais minéraux,

le problème de la faim serait bien pire.

Nous allons certainement pouvoir continuer

à produire de l'engrais.

Combien de temps, selon vous ?

Je ne suis pas un expert,

mais pendant encore

certainement 40 ou 50 ans.

- Et c'est tout ? - Oui.

Les déchets miniers

sont déposés ici depuis 150 ans.

Cette montagne artificielle

fait plus de 200 mètres.

Elle perdurera longtemps

après l'épuisement des ressources

dans 50 ans.

L'engrais phosphaté

disparaîtra lui aussi au cours du 21ème siècle.

Et l'engrais azoté

est produit uniquement dans des usines énergivores.

Tôt ou tard,

l'ère des engrais artificiels s'achèvera.

Quand cela se produira,

comment allons-nous nourrir le monde ?

Il nous faut un système

respectant le cycle des nutriments.

Les nutriments qu'on donne

aux plantes doivent retourner à la terre

et être disponibles de manière durable.

FERME D'HABITZHEIM OTZBERG, ALLEMAGNE

Les agriculteurs bio rejettent

les engrais chimiques et artificiels.

Ils utilisent leurs ressources,

surtout l'engrais vert, comme le trèfle

qu'on enfouit sous la terre.

L'herbe de trèfle contient de l'herbe

et du trèfle, une légumineuse.

Des bactéries vivent en symbiose sur ses racines

et enrichissent le sol en azote.

L'azote est un nutriment important

dont le blé aura besoin plus tard

pour fournir du rendement

et former assez de protéines

pour pouvoir en faire du pain.

La terre a été perforée

par les petites racines.

Elle est poreuse...

friable et souple.

C'est parfait.

Quand je me suis reconverti au bio,

j'avais deux conditions.

Premièrement, que l'activité soit rentable.

Deuxièmement,

conserver la teneur en humus.

Nous la surveillons.

Tous les trois ans, on vérifie la teneur en humus du sol.

Elle n'a pas diminué, mais augmenté.

Le problème de l'agriculture conventionnelle,

qui demande davantage d'apports externes,

surtout de l'azote de synthèse

et des pesticides chimiques synthétiques,

est qu'elle est très productive,

elle donne de hauts rendements,

mais elle est très inefficace.

Ici en Allemagne, comme partout ailleurs,

on fertilise avec environ 160 kg d'azote par hectare.

Mais entre 90 et 100 kg n'atteignent jamais les plantes.

C'est le surplus d'azote.

Il s'infiltre dans les nappes phréatiques et l'atmosphère

et devient un gaz à effet de serre.

Son impact le plus grave est sur les eaux de surface,

en asphyxiant les océans

et en détruisant leur productivité.

Par ici ! Par ici !

- Bonjour, Jo. - Salut, Felix.

L'agriculture bio et l'élevage vont de pair.

Même si dans notre cas,

l'un est éleveur et l'autre est cultivateur.

Cela donne du sens à l'activité à long terme

et l'herbe de trèfle est réutilisée.

Elle est transformée en mouton.

Mais pas seulement en mouton,

elle est transformée en azote dans le sol

et en matière organique qui forme le humus.

C'est ce qui la rend vitale.

Honnêtement, M. Löwenstein,

ces méthodes permettront-elles

de nourrir 10 milliards de gens ?

Ces méthodes sont les seules

qui puissent le faire.

Quand on dit 10 milliards, on parle

de la seconde moitié du siècle.

ll faudra pouvoir cultiver dans le futur.

On ne peut pas détruire

toutes les ressources avec une production massive

qui ne laisse rien derrière elle.

La situation est vraiment grave.

L'engrais inorganique s'épuise dans le monde entier.

Bien que l'agriculture bio s'en passe,

elle donne 25 % de rendement de moins

que l'agriculture conventionnelle.

La question cruciale est:

Peut-elle produire assez pour toute la planète ?

Cela dépend de ce que nous mangeons.

L'Inde est toujours le pays le plus végétarien.

En réalité, 40 % d'Indiens

ne mangent pas de viande.

Cette culture remonte à des millénaires.

Mais dernièrement,

les Indiens rompent avec la tradition

et de plus en plus deviennent carnivores.

SUGUNA CHICKEN COIMBATORE, INDE

Ces dix dernières années,

les élevages de poulets explosent en Inde.

Leurs fournisseurs principaux sont allemands.

Les ancêtres de ces poussins

ont été fournis par Wesjohann,

la 1ère société de volaille allemande.

En plus d'avoir copié le système allemand

de production de masse,

en terme de nombre de poulets produits,

les Indiens l'ont même dépassé.

C'est la phase finale d'incubation.

Après 18 jours, l'éclosion commence.

Voici les poussins durant

le processus de séchage.

Certains poussins sont en train de sortir.

Les coquilles sont trouées

et les poussins commencent à sortir.

Il faut 12 à 14 heures pour qu'ils sèchent.

Demain matin,

on triera et on vaccinera les poussins.

D'ici demain soir, ils seront

à la ferme de poulets à griller.

Après l'éclosion,

on trie les poussins selon leur utilité.

Pour la production d'œufs,

on retire les mâles.

Les autres sont vaccinés

et reçoivent des antibiotiques.

On produit 7 millions de poulets par semaine.

On occupe la 10ème position mondiale.

En Inde, nous sommes numéro un.

Depuis 8 à 10 ans,

on est le 1er producteur de poulet.

Notre croissance a commencé en 1997.

Beaucoup de fermiers sont arrivés.

Le programme de développement

du gouvernement s'est

concentré sur l'industrie de la volaille.

On s'est développés partout en Inde.

On travaille avec 18 000 agriculteurs.

On a une croissance annuelle de 20 %.

L'Inde consomme encore peu de poulet.

Les États-Unis en consomment beaucoup.

Environ 65 kilos par personne par an.

L'Indien consomme

de 4 à 4,5 kg de poulet par an.

On a encore du travail,

car chez nous, la viande n'est pas une priorité.

On mange plus de céréales que de viande.

Quand on a démarré il y a 25 ans,

il était difficile de vendre

ne fusse que 10 ou 20 poulets.

Aujourd'hui on en produit

un million par jour et on les vend tous.

La demande grandit.

J'espère que cette croissance continuera

encore 20 ou 25 ans.

La population indienne

compte déjà 1,2 milliards de gens.

Elle dépassera bientôt la Chine

en tant que pays le plus peuplé.

S'ils mangent tous de la viande industrielle,

l'impact environnemental sera désastreux.

Mais les Indiens sont les derniers

à qui on pourrait demander

de manger moins de viande.

Après tout, ce sont les pays industrialisés

qui pèsent le plus sur la planète,

surtout en matière de consommation de viande.

Si tous mangeaient autant de viande que nous,

nous aurions besoin de trois planètes.

Peut-on produire de la viande

de façon plus écologique ?

GLONN, ALLEMAGNE

Ça s'appelle la grande symbiose.

On a évolué petit à petit.

On a des poulaillers mobiles.

Ça permet de les déménager

là où la prairie est verte.

On a aussi des porcs,

qu'on a installés dehors,

parce que c'est mieux pour les animaux.

Ils peuvent trouver certains aliments.

En réalité, les porcs et les poulets

ne mangent pas toute l'herbe.

Les vaches peuvent paître

dans la même prairie.

C'est les vaches qui font

le meilleur usage de l'herbe.

J'exploite la terre de manière intensive.

Je ne suis pas pour l'extensification.

Il faut plutôt utiliser

nos terres arables limitées

de manière intelligente, donc, de façon intensive.

Cette combinaison fonctionne très bien.

Le concept de cette ferme

m'a toujours semblé évident:

Les poules pondent

tout en étant engraissées pour être mangées.

Curieusement, cette pratique est rare.

On engraisse les animaux pour les tuer.

On a croisé deux races anciennes.

La sulmtaler d'Autriche

et la bresse-gauloise de France.

Ces races ont presque disparu.

Elles sont éteintes depuis 50 ans,

à cause du succès des hybrides.

Leur particularité est de pondre, tout en s'engraissant.

Les hybrides ne font pas ça.

S'ils sont destinés à la ponte des œufs,

ils ont la peau sur les os

et pas de viande.

Les frères des poules pondeuses

sont tués après l'éclosion.

Combien de mâles sont tués ?

Environ 40 millions de mâles sont tués chaque année

en Allemagne.

Ces poulets ont environ quatre semaines.

Si c'était des hybrides,

on pourrait déjà les tuer,

car ils sont privés de la sensation de satiété.

Ils mangent sans cesse

et grandissent incroyablement vite.

Ils seraient déjà prêts pour l'abattoir.

Ils seraient deux ou trois fois plus gros.

Dans les films, les poulets

font quelques pas et s'assoient

car ils sont trop lourds

et doivent sûrement souffrir.

Si tous les poulets avaient ces deux fonctions,

des millions de mâles seraient épargnés.

De plus, les poulets auraient une meilleure vie.

Cependant, ces poulets coûtent

quatre ou cinq fois plus cher

que les poulets au rabais.

En ce qui me concerne, j'en mange moins,

mais de meilleure qualité.

Mais dans le monde, c'est la tendance contraire.

La consommation de viande augmente,

et donc le besoin de nourriture pour animaux.

REI DO AGRO PLANTATION DE SOJA

RUACE, MOZAMBIQUE

Edward, voyons où on en est avec les silos.

Ils font un cercle par jour.

Encore quelques jours pour celui-là. Super.

Dans quatre jours,

celui-là sera prêt.

- Excellent. - On pourra commencer.

Je suis venu cultiver au Mozambique

à la demande de l'industrie de la volaille.

Un grand producteur de volaille

du nord du Mozambique

m'a proposé de venir ici

pour produire de la nourriture pour l'industrie de la volaille.

La ferme continue à grandir,

le marché se développe

et on va s'étendre en dehors du Mozambique.

On va se développer au niveau régional,

que ça soit au Malawi

ou en Tanzanie,

ou au niveau mondial,

en Chine, par exemple.

Les champs de soja sont encore

relativement nouveaux en Afrique,

mais ils occupent de vastes régions

en Amérique du Nord et du Sud.

Le soja est transporté en Europe par bateaux.

Sans ces quantités énormes de nourriture venues d'outremer,

notre agriculture serait paralysée.

C'est magnifique.

- C'est magnifique. - Fantastique.

C'est incroyable de se dire

qu'il y a deux ans, ceci ressemblait à ça.

Maintenant, ça donne ça.

C'est excitant.

C'est le fruit du travail.

Le Mozambique est grand. Il y a de la place.

Ce n'est pas un pays surpeuplé.

Ce n'est pas le Malawi ou le Rwanda,

un pays qui ne peut plus

accueillir de gens.

Il y a de la place.

Mais la croissance est rapide,

elle grandit incroyablement vite.

Quand la population grandit,

il faut créer de l'emploi.

Quand on regarde ceci,

l'activité crée de l'emploi.

On dirait que ce n'est qu'un champ,

mais on crée de l'emploi.

Il détruit les fèves ?

Non, il désherbe.

Il ne désherbe pas.

Il est payé à ne rien faire.

Ce qu'il fait ne sert à rien.

Ça ne sert à rien du tout.

Dans ce champ,

cet outil est absolument inutile.

Il ne fait pas la différence

entre l'herbe et le soja.

Il arrache tout.

Il faut enlever ces herbes pour pulvériser.

Ça doit être bien fait.

Ce n'est pas bien fait.

Il faut des superviseurs

qui se salissent.

Cette culture doit changer.

Pour que l'agriculture fonctionne,

ils doivent comprendre que

peu importe que vous soyez PDG ou ouvrier,

il faut se salir, car on a un souci.

Si tu ne veux pas te salir,

sors de ce champ.

Au lieu de sarcler,

il faut arracher les herbes.

Cherche l'endroit

où il faut l'arracher.

Ça ne sert à rien.

On dirait une scène du passé.

Un propriétaire terrien servi

par une armée d'ouvrier.

Ce n'est pas le problème majeur.

Bien pire que cela,

la culture du fourrage

occupe des champs dont on a besoin

pour nourrir les hommes.

Ce conflit d'utilisation du sol a un impact mondial.

Actuellement, plus d'un tiers de la production de céréales

est destinée aux animaux.

Bienvenue au Mont Aslan.

D'ici, on peut vraiment

se rendre compte

de l'ampleur de l'activité.

Ce qu'elle devient, ce qu'elle a été.

La vue est époustouflante.

Regardez vers la vallée,

on voit nos champs,

on voit les champs

d'une autre exploitation commerciale.

L'activité doit être durable.

Et la durabilité,

le défi décisif de la durabilité est essentiel.

C'est pour cela que je crois

que ce sont les activités lucratives

qui apportent un réel espoir

de transformation pour l'Afrique.

Oui, on est là pour gagner de l'argent.

Sinon, on ne pourrait rien faire du tout.

Si on ne fait pas de profits,

la communauté n'en bénéficie pas.

Grâce à nos profits,

la communauté tire des bénéfices.

Personne ne gagne si on perd.

Mais si on gagne, tout le monde gagne.

Cependant, les bénéfices sont maigres.

Jes Tarp ne fournit que 20 petits agriculteurs

en semences et achète leur production.

Il offre des emplois à court terme

à 150 travailleurs journaliers.

Au moins, il ne fait de tort à personne d'autre.

Il n'a pas saisi les terres des agriculteurs.

Il a juste saisi cette terre à la jungle.

D'autres sont bien plus violents.

Ils construisent leur exploitation

dans les champs des petits fermiers.

HOYO HOYO, PLANTATION DE SOJA

RUACE, MOZAMBIQUE

On cultivait le maïs pour notre consommation,

mais on produisait surtout du soja.

En 2009,

l'entreprise portugaise Hoyo Hoyo est arrivée

en déclarant

qu'ils voulaient nous aider.

Ils nous ont promis des semences

et des crédits.

Ils ont promis de construire une école

et un hôpital,

ainsi que des canalisations d'eau

et une route passant par ici

en direction de Lioma.

On a accepté leur offre,

mais ils n'ont rien fait du tout.

Pas d'école,

ni d'hôpital, ni de canalisations.

Mais ils sont venus

et ils ont occupé nos terres.

En échange, ils nous ont donné

1500 meticals (40 euros) par hectare.

Mais ça ne suffit pas

pour tenir l'année.

Beaucoup ont refusé.

Ils voulaient garder leurs champs.

Toute la communauté souffre.

Moi aussi.

Ils nous ont escroqués.

Les gros exploitants ont rasé

les champs et les maisons des paysans,

les obligeant à abandonner leurs terres.

Ils n'ont pas pu réagir contre cette saisie,

car leurs terres

n'étaient pas enregistrées.

Cela n'existe pas ici.

Il s'agit d'un vol à l'échelle mondiale,

dû à notre agriculture industrielle.

Offrir du poulet dans les supermarchés

à 2,99 euros

serait impossible sans importer du soja.

La production de fourrage pour le marché mondial

profite généralement à peu de gens.

80 % de la population mozambicaine sont agriculteurs.

Beaucoup finiront dans les taudis urbains

si les grandes exploitations se développent.

L'importation de nourriture est-elle nécessaire ?

FERME LAITIÈRE HANFER HOF HENNEF, ALLEMAGNE

Je cultive mon fourrage

quasi exclusivement moi-même.

Cela évite les longs transports

et donc les dépenses énergétiques.

Et surtout, je suis certain de la qualité.

Il n'y a aucun risque d'acheter du fourrage moisi.

Vous n'imaginez pas ce qu'on a déjà

trouvé dans le fourrage.

Des gens le falsifient

et ajoutent des saletés.

Ce sont les fermiers qui en pâtissent,

quand à cause de cela ils ne peuvent pas

vendre leurs animaux.

Nous donnons de l'herbe

à nos vaches qui grâce à cela

ne consomment pas la nourriture des humains.

L'élevage de vaches conventionnelles à haut rendement

oblige l'agriculteur à cultiver du maïs.

C'est un fourrage très énergétique.

C'est la base

pour que les vaches fournissent beaucoup de lait

et pour pouvoir exercer

une activité conventionnelle.

Mais cela réduit les récoltes destinées à l'homme,

au lieu de cultiver des produits

qui permettent de nourrir l'humain.

Quand j'avais une ferme conventionnelle,

j'étais membre d'une association

qui m'avait conseillé de construire une grande étable.

On me demandait si je voulais une grande étable.

Mais j'en voulais une pour 50 vaches.

Pas pour 90 à 100 vaches.

Pour un si grand troupeau,

on a besoin d'espace pour nourrir les bêtes.

Cela monopolise l'énergie de la famille,

au détriment du reste.

On s'est dit qu'on avait

suffisamment de terres pour que les 50 vaches

puissent paître l'été.

C'est assez pour nous.

J'ai pris cette décision-là.

Ça n'a pas été difficile

de passer ensuite au bio.

J'étais déjà sur la bonne voie.

Mon exploitation n'était pas trop grande.

Beaucoup de mes collègues

sont trop grands pour pouvoir se convertir.

Schmitz tient à nourrir ses vaches

avec l'herbe de ses propres prairies.

Bien que la tendance évolue dans la direction opposée.

De grandes étables

et une alimentation concentrée

telle que le soja

pour produire plus de lait.

Elle produisent trop peu ?

Les filles, vous avez entendu ?

Non, elles produisent assez.

Elles produisent la quantité que le fourrage permet.

La question est:

est-ce suffisant au niveau mondial ?

Avant, le fermier produisait lui-même de quoi nourrir ses animaux.

Mais cela ne permet pas

la production de masse de viande

et de laitages bon marchés.

C'est de la folie.

L'agriculture industrielle produit en masse pour peu cher.

Mais elle finira par s'écrouler,

car elle utilise des ressources rares,

comme l'eau et l'engrais.

Elle détruit les terres arables

en dépit des conséquences.

Les agriculteurs biologiques préservent les ressources

et la fertilité du sol, mais produisent moins pour plus cher.

Que se passera-t-il quand on sera 10 milliards ?

Quand tout le monde voudra

manger autant de viande

et de laitages qu'en Europe ?

SIÈGE DE BAYER CROPSCIENCE

De nouvelles solutions techniques

nous rendront-elles indépendants de la nature ?

Surtout du sol et de la nature ?

USINE DE LÉGUMES SPREAD KYOTO, JAPON

Le travail à l'usine est automatisé

pour limiter le personnel.

Comme nous ne voulons pas

utiliser de pesticides,

on ne laisse rien entrer

qui puisse contaminer les légumes.

Les humains augmentent le risque.

C'est pour ça que l'usine est automatisée.

Nos produits sont uniques.

L'usine de légumes est cent fois

plus productives que la terre.

Dans les champs,

on ne peut récolter qu'une à deux fois par an.

À l'usine de légumes,

on récolte

neuf fois par an.

Neuf fois par an

sur jusqu'à 16 étages.

Ça signifie qu'on peut

produire cent fois plus

sur la même superficie.

On ne peut pas contrôler la terre,

c'est pour ça qu'on ne l'utilise pas.

Ne pas contrôler est le pire.

Ici, à l'usine, on doit tout contrôler.

La terre contient des bactéries.

C'est un problème pour nous.

C'est pour ça qu'on ne l'utilise pas.

Il y en a sur les toits des supermarchés.

Les usines à légumes vont continuer à se développer.

Dans les hôpitaux,

les centres communautaires,

les complexes immobiliers dans les centres-villes,

les usines à légumes se développent.

Il y a déjà 250 usines à légumes au Japon.

Malgré l'électricité que nécessite la lumière,

leur production reste économique,

car les terres arables sont rares sur l'île

et le prix de la nourriture élevé.

En Afrique et en Asie du Sud,

ces usines à légumes sont trop chères

et le resteront

dans un avenir proche.

Il n'est pas surprenant

que la recherche technologique se concentre sur des produits

pour les marchés des pays riches.

Le phénotype à croissance rapide

signifie que ce poisson

atteint le poids de marché

en deux fois moins de temps que les espèces non modifiées.

Au lieu de prendre

quatre ans pour atteindre la taille de marché,

il faut 18 ou 20 mois.

AQUA BOUNTY - ÉLEVAGE EXPÉRIMENTAL DE SAUMONS GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉS

ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD, CANADA

C'est notre atout, une croissance accélérée.

Mais comme vous le voyez,

les poissons sont similaires à nos saumons de 3,5 kg.

Les paramètres sont identiques.

En réalité, c'est très simple.

On a ajouté un gène

régulé légèrement différemment que le gène normal.

L'hormone de croissance du chinook est

insérée dans le génome du saumon atlantique.

Le saumon atlantique a environ

20 000 à 40 000 gènes

qui codent pour les protéines.

On en a rajouté un légèrement différent.

Comme vous le voyez, il s'agit d'une famille de poissons.

Ils sont frères et sœurs.

Ils proviennent du même croisement.

Sauf que ceux-ci sont transgéniques et les autres pas.

L'âge, l'alimentation et l'environnement sont les mêmes.

À ce stade, vous voyez la différence.

Une croissance 5 à 6 fois plus rapide.

Ces saumons sont les 1ers poissons génétiquement modifiés

destinés au marché.

Si leur vente est autorisée, d'autres races apparaîtront,

plus efficaces, d'une certaine façon.

Les laboratoires mènent des études

sur des moutons, des chèvres

et des porcs transgéniques.

Les risques pour l'environnement sont plus imprévisibles

que pour l'agriculture.

En tant que nation du monde,

on a peut-être peur de l'ADN,

des nouvelles technologies,

mais on doit adopter

et comprendre et développer ces technologies

si on veut réussir en tant que race humaine.

Notre travail est important.

On apporte de la valeur, quelque chose qui aura contribué,

d'un point de vue historique,

à la sécurité alimentaire mondiale.

Il ne s'agit pas d'un produit,

mais de nourrir le futur.

Un discours fort,

mais qui ne dit pas tout.

Les saumons sont carnivores,

tout comme les saumons transgéniques.

Ils ont besoin de protéines sous la forme de farine de poisson.

D'où viendra-t-elle ?

Les océans sont déjà appauvris.

Par conséquent, les saumons transgéniques

ne sont pas la solution pour nourrir le monde.

Y a-t-il d'autres solutions pour produire de la viande ?

Ce n'est pas encore parfait, car il n'y a pas de graisse,

mais ces fibres musculaires

sont exactement pareilles que celles des vaches.

Ce n'est pas encore de la viande.

J'appellerai cela de la viande

quand elle sera indissociable de la vraie viande,

présentée lors d'un test à l'aveugle.

PROJET DE BŒUF DE CULTURE UNIVERSITÉ DE MAASTRICHT, PAYS-BAS

Dans 20 ans, tout le monde aura senti la nécessité

d'un nouveau système de production.

Si on n'agit pas,

la viande deviendra un luxe et un produit rare très cher.

Actuellement, 70 % de nos céréales

servent à nourrir les animaux pour produire de la viande.

Si on réduit cela de moitié

pour produire de la viande,

on pourra facilement nourrir tout le monde sur terre.

Imaginez que dans 20 ans, vous êtes au supermarché

et vous voyez deux produits identiques,

ils ont le même goût, la même texture et le même aspect.

L'un vient d'un laboratoire et l'autre d'une vache.

Vous savez que ce n'est pas écologique,

qu'on a tué des animaux,

que c'est un produit inefficace.

Tandis qu'un produit de laboratoire ou d'usine

est efficace et plus écologique.

Qu'allez-vous choisir ?

La vache est un animal inefficace.

Pour 15 grammes de viande,

l'animal consomme 100 grammes de protéines végétales.

Dans un labo ou une usine,

on contrôle ce processus

et on le rend plus efficace.

Si on le rend plus efficace,

il y a moins de déchets et de CO2.

Il n'y a pas de méthane,

parce que la culture de laboratoire ne nécessite pas de ruminants.

C'est très simple. On effectue une biopsie sur une vache

contenant des cellules souches.

On extrait ces cellules souches,

qui ont la capacité de se multiplier.

Dans un jour, demain ou après-demain,

la bouteille sera remplie de cellules.

Avec une cellule souche,

on peut créer plusieurs milliards de cellules souches

que nous pourrons transformer

en environ 10 000 kilos de viande.

On a besoin d'environ 20 000

de ces petits cercles pour un hamburger.

Je l'ai un peu trop cuit en parlant.

Ce hamburger a coûté 250 000 euros.

Le prix va descendre

et sera en fait très raisonnable.

Même si on améliore

les méthodes de production actuelles,

dans 10 ou 15 ans,

ce sera moins cher que la viande normale.

Les films de science-fiction d'il y a 30 ans

parlaient déjà de ce genre d'idées.

Aujourd'hui, la technologie nous permet de le faire.

Cela résoudra les problèmes

de production de viande auxquels on est confrontés.

Il faut soit des alternatives, soit devenir végétariens,

ce qui est peu probable.

Oui, c'est bon.

Ce n'est pas encore parfait, mais on avance.

C'est un bon début

et de là, on peut l'améliorer,

pour en faire un produit indissociable de la vraie viande.

On a calculé qu'il fallait 90 % de moins de terres,

70 % de moins d'énergie, 90 % de moins d'eau

et 70 % de moins de nourriture.

Si on additionne ces chiffres

et s'ils s'avèrent réels,

nous aurons en fait résolu le problème de la faim dans le monde.

Waow...

Mais attendez.

L'invention ne protège l'environnement

que si on la compare à un burger de l'agriculture industrielle.

Comparée à l'élevage traditionnel,

l'équilibre écologique est bien plus mauvais.

Et je doute que la viande de labo résolve le problème de la nourriture,

car elle provient d'usines,

dont les coûts restent trop élevés pour les affamés.

Pour que chacun mange à sa faim,

la nourriture ne suffit pas,

elle doit aussi être abordable.

Chicago est le centre du marché alimentaire mondial.

Il abrite le plus grand marché agricole au monde.

Je veux savoir comment

le prix de notre nourriture augmente.

Et quel est l'impact sur l'alimentation.

BOURSE DE MARCHANDISES, CBOT CHICAGO, ÉTATS-UNIS

J'ai rendez-vous avec un homme

qui a particulièrement influencé le commerce alimentaire.

Le co-fondateur du Quantum Fund,

Jim Rogers, est le gourou de la spéculation agricole.

Et le Rogers International Commodity Index porte son nom.

J'ai mis mes bretelles spéciales.

Avec tous les prix.

Les prix de la bourse ?

Des marchandises, tout.

Les prix agricoles, ses devises.

Je les porte pour vous. Pour informer votre public.

On manque de nourriture.

Pourquoi ne pas produire plus ?

L'agriculture est une activité qui souffre partout depuis 30 ans

dans la plupart des régions du monde.

Les agriculteurs gagnent mal leur vie.

L'âge moyen en Amérique est de 58 ans.

En Corée, 65 ans. En Australie, 58 ans.

Le Canada détient le record de vieillesse.

En Inde, il y a eu des millions de suicides,

ces 15 dernières années.

En Grande-Bretagne, le secteur économique

avec le plus haut taux de suicide est l'agriculture.

Le marché souffre depuis 30 ans.

Le monde va faire face à une crise très grave

durant les années à venir.

À moins que les prix ne grimpent,

pour attirer des capitaux et des gens.

On va manquer de fermiers

et si on manque de fermiers,

il n'y aura pas de nourriture du tout.

La solution semble facile.

Les prix du marché des marchandises doivent augmenter.

L'aide humanitaire est d'un autre avis.

Selon eux, la spéculation boursière

est responsable des deux dernières crises alimentaires.

En 2008 et en 2011,

le prix des céréales

a triplé en quelques mois.

Des millions de gens ne pouvaient

même plus s'acheter de denrées de base.

Quelles est la cause de ces fluctuations ?

La demande en blé et en maïs sur le marché n'a pas triplé.

D'autres facteurs ont dû jouer.

Qui accusez-vous ?

Les méchants spéculateurs ?

Ils vont faire grimper les prix.

Cela rendra les fermiers,

les veuves et les orphelins heureux.

Le gourou de la bourse répète son mantra en boucle.

Les prix doivent grimper.

C'est la condition pour produire assez.

Hélas, ce n'est pas si simple.

Des prix du marché supérieurs

ne garantissent pas les revenus des petits agriculteurs.

L'argent va attirer plus de spéculateurs

qui voudront acheter leurs terres.

La raison principale de la fluctuation des prix

est la spéculation.

Les prix n'ont jamais grimpé si haut dans les années 80,

car il y avait encore beaucoup de fermiers et de production.

Les stocks n'ont jamais été aussi bas

et il n'y a plus de fermiers.

Le changement est énorme.

Vérifiez. Vous dites : « Méchants spéculateurs.

Le prix du blé a augmenté en 2008 sans raison. »

Sans raison ? Je les ai citées.

Vous n'écoutez pas ?

Comme les politiciens ?

Je vous ai dit pourquoi les prix grimpaient.

C'est un problème fondamental énorme.

Les agriculteurs ont besoin de revenus sûrs

mais ils sont mis à mal

par la spéculation boursière.

Les petits fermiers sont

les premiers à en souffrir.

Ils vendent leurs récoltes à des prix souvent bas

et achètent leur nourriture à des prix souvent hauts.

Mais il n'y a rien de pire que des prix qui fluctuent

pour la population urbaine.

Les pays en voie de développement utilisent des subsides

pour limiter la flambée des prix.

Ils craignent les émeutes et se souviennent de 2008,

quand la flambée des céréales

a fait doubler le prix du pain.

Elle a causé dans 40 pays de violentes agitations et des morts,

renversant même des gouvernements.

Comment la crise de la faim,

provoquée par la spéculation,

peut-elle être évitée ?

« Des produits bon marché pour nourrir les pauvres. »

D'où viendra la nourriture, si c'est le cas ?

Demandez aux veuves et aux orphelins

si des prix bas sont la solution.

Vous aimez être à Berlin et boire du champagne bon marché.

Mais il faut quelqu'un dans les champs.

À moins que journalistes et politiciens

aillent travailler dans les champs bénévolement,

on n'aura pas de nourriture.

Voilà ce qui va se passer. Les prix vont grimper

et devront rester hauts durant une longue période,

pour attirer les gens.

C'est très simple.

C'est comme ça depuis des siècles.

Des siècles.

Ainsi fonctionne le monde.

Il faudrait que les bénéfices du marché des commodités

reviennent aux agriculteurs.

En réalité,

seules quelques grandes exploitations en bénéficient,

car elles ont la capacité de stockage

pour rester en dehors des fluctuations.

L'argent du marché ne revient jamais

aux petits agriculteurs d'Afrique et d'Asie du Sud.

La part du lion

continue à circuler dans le monde virtuel de la finance.

Ces cinq dernières années,

on a investi 200 milliards de dollars dans les échanges agricoles.

Une somme supérieure à la valeur des biens échangés,

16 fois supérieure.

C'est ce qui explique

les fluctuations des prix.

Tant que ça ne changera pas,

on continuera à enchaîner les crises de famine.

L'agriculture doit être financée autrement,

sans avoir à accepter la famine.

Mais comment s'assurer que l'argent

revienne aux petits producteurs

et aide réellement à lutter contre la faim ?

COMMUNES DE TRANSITION TOWN TOTNES, ANGLETERRE

Au sud-ouest de l'Angleterre,

un visionnaire a créé

un modèle différent de la bourse et du marché.

Il a fondé le mouvement

« Transition Towns »,

qui veut plus d'indépendance, surtout dans la chaîne alimentaire.

Comment une petite ville peut-elle

échapper aux griffes du marché mondial ?

Bonjour.

Je voudrais des livres de Totnes.

Cinquante livres.

Merci beaucoup.

L'idée sous-jacente

était d'envisager l'économie de Totnes ou d'ailleurs

comme un seau percé.

Dans ce seau vont l'argent, les pensions, les salaires.

Mais l'argent s'échappe

via les supermarchés, les achats en ligne...

On veut que l'argent circule localement

le plus possible avant de repartir.

La livre de Totnes ne fuit pas par les trous du seau.

Elle ne circule que localement

et rend la ville prospère,

au lieu de disparaître dans la poche d'entreprises d'outremer.

L'économie est passée

d'un système où 98 % des échanges internationaux

concernaient des biens tangibles,

à un système où 97 % des biens échangés n'existent pas.

C'est des chiffres sur un écran, de la spéculation sur des biens.

Et les produits qu'on considère comme des marchandises

dans lesquelles investir

sont des droits humains de base.

L'accès à la nourriture et l'accès à l'eau

ne devraient pas

être soumis aux lois du marché.

À Totnes, nous avons récemment mené une étude.

Notre ville dépense

30 millions de livres chaque année en tant que communauté.

22 millions sont dépensés dans deux supermarchés.

Cela veut dire

que si on dépensait autrement 10 % de nos dépenses en nourriture,

deux millions de livres alimenteraient notre économie.

C'est la localisation alimentaire

pour le développement de l'économie.

C'est puissant et important.

Le système alimentaire actuel

n'existe que parce qu'on le soutient,

chaque fois qu'on fait des courses.

Si on supprime ce soutien pour l'apporter ailleurs,

les choses changeront très vite.

12,27, s'il vous plaît.

- Vous prenez les livres de Totnes ? - Oui.

- La dame m'a dit que non. - Ah bon ?

Merci.

Merci beaucoup, au revoir.

Aujourd'hui, on voit de plus en plus

de petits agriculteurs expulsés

et de grosses exploitations s'installer et produire

des marchandises pour le marché.

Ça ne mènera pas à la résilience dont on a besoin.

La résilience provient de l'agriculture à petite échelle.

Les petites fermes nourrissent la majorité de la planète.

Mais elles ne gèrent qu'un quart des terres agricoles.

C'est la base d'un système alimentaire durable.

Empêcher le marché de traiter la nourriture comme une marchandise.

L'Inde fonctionne toujours beaucoup

selon un système alimentaire résilient.

Des fermes indépendantes

préservent leurs semences

et leurs méthodes nourrissent les gens depuis des millénaires.

Ce système doit servir de base, il faut le protéger,

pas le rejeter.

Je ne sais plus qui a dit cela, Einstein, peut-être:

« Pour bricoler intelligemment,

on garde toutes les pièces. »

Dans notre course pour la croissance économique,

on jette les pièces.

Un jour, on en aura à nouveau besoin

et on ne les trouvera plus.

- Bonjour. - Salut.

Un oiseau effronté est passé sous le grillage.

Les fruits sortaient de l'arbre

et étaient exposés.

L'oiseau a foncé dessus.

« L'agriculture industrielle

nourrit les gens plus efficacement »,

disent certains.

Mais les études menées partout montrent

que ce genre de petites parcelles cultivées de façon intensive

selon des modèles qui soutiennent les agriculteurs

est la méthode la plus productive.

De loin la plus productive.

La solution, c'est

exploiter la terre et le savoir-faire,

pour faire exploser ce type de modèle

de culture intensive à petite échelle, soutenue par la communauté.

J'ai d'abord vu ça comme un terrain de jeu pour les écolos

des pays riches.

Parce que je pensais que les agriculteurs bio

produisaient moins que l'industrie agricole.

Mais je me rends compte

que ce n'est pas le cas dans les pays en développement.

En moyenne, ils récoltent plus que les gros exploitants.

Parce que les petits agriculteurs

cultivent de manière plus intensive, grâce au travail manuel,

et donc récoltent plus sur des terres limitées.

C'est crucial pour nourrir 10 milliards de gens.

Les grands champs cultivés avec des machines

réduisent les coûts

en limitant la main-d'œuvre.

Mais dans les pays en développement,

il y a assez de main-d'œuvre.

Par contre, la terre est rare

et se raréfie encore plus.

Comme au Malawi, au sud de l'Afrique,

un des pays les plus pauvres au monde.

DISTRICT DE MULANJE, MALAWI

La situation était désastreuse.

Ici au village,

beaucoup de familles mouraient de faim.

On ne cultivait pas nos légumes. On mangeait du maïs.

Les légumes du potager étaient exotiques, pour les blancs.

Cette nouvelle méthode et la culture du potager

a commencé il y a dix ans.

On nous a enseigné ces méthodes,

surtout à cause du changement climatique.

On alterne les récoltes chaque année.

Les potagers étant petits,

on combine différentes plantes.

On peut planter plus de variétés

et cela garantit une sécurité.

Si une récolte est mauvaise,

une autre sera bonne.

On a eu par exemple une bonne récolte de sorgo,

mais les pois perdrix ont mal poussé

et la récolte sera maigre.

Les bonnes récoltes compensent.

Le chou frit est très savoureux.

C'est vrai, il est meilleur frit.

Ces légumes sont très savoureux.

Quand on les mange, on se dit: Miam.

Mesdames. On a assez

- de légumes à vendre ? - Oui.

Allons les laver à la rivière.

Il faut bien les présenter.

Elle les empilait les unes sur les autres.

C'est plus facile comme ça pour les vendre.

On cultive des légumes pour notre consommation

mais aussi pour les vendre pour gagner notre vie.

Il faut manger des légumes

pour rester en bonne santé.

Avant, au village, il y avait toujours

10 ou 15 enfants souffrant de malnutrition.

Il n'y en a plus que deux ou trois,

et ils sont sous-alimentés parce qu'ils étaient déjà malades.

On a eu une mauvaise récolte cette année.

Il ne me reste que neuf sacs de maïs.

La pluie a fait partir l'engrais.

Normalement, je récolte 30 à 35 sacs de maïs,

mais cette année, je n'ai eu que 11 sacs.

On en a déjà mangé deux et il en reste neuf.

Il y a quelques années, ça aurait été la catastrophe.

Maintenant, j'ai des solutions.

J'ai un champ de manioc

et de patates douces

pour compléter le maïs.

On n'est plus limités au porridge de maïs,

on a d'autres aliments.

Ça nous permet d'avoir plus de nourriture.

Je varie mon alimentation tous les jours.

J'ai donc abandonné les anciennes méthodes.

Au Malawi, j'ai compris

que la stratégie industrielle de produire toujours plus

pour lutter contre la faim

n'était absolument pas adaptée.

On peut produire autant qu'on veut

à l'aide des dernières technologies.

Mais si c'est trop cher pour les pauvres,

ils n'achèteront pas.

C'est la répartition de la nourriture.

Ou pour être plus précis,

l'accès à la nourriture.

Fanny est très fière de son indépendance économique.

Elle m'a fait comprendre

que la solution n'était pas si compliquée.

Notre assiette doit rester indépendante.

Si le prix du maïs flambe à nouveau en bourse,

l'essentiel pour Fanny

est de pouvoir produire ses propres aliments de base.

Dans le futur,

se préparer aux crises alimentaires

deviendra très important.

Mais cela ne fonctionnera

que si les pays industrialisés changent

leur mode de consommer.

En refusant par exemple d'acheter de la viande industrielle,

pour ne pas financer

les gros exploitants de soja qui s'emparent des terres.

Ou en achetant des produits bios,

locaux et de saisons.

Et ainsi, lutter contre le réchauffement,

qui a ravagé de nombreuses terres dans les régions asséchées.

La conscience de vivre dans un grand village

où tout est lié

a encouragé les citoyens des pays industrialisés

à chercher des alternatives à l'industrialisation,

comme le jardinage urbain dans les quartiers pauvres.

Avant, les légumes frais étaient réservés aux personnes aux revenus élevés.

GROWING POWER, JARDINAGE URBAIN

MILWAUKEE, ÉTATS-UNIS

Ils œuvrent pour la justice sociale et alimentaire,

pour la justice écologique.

Tout le monde a le droit à une alimentation saine.

Il faut chercher à éliminer les causes

qui empêchent les gens de bien manger.

Cultiver la nourriture et la justice,

c'est le projet de Growing Power.

Will Allen est connu en Amérique

pour sa carrière de basketteur à la NBA.

À 65 ans, il est devenu

célèbre en tant que pionnier de l'agriculture urbaine.

Il reçoit des milliers de visiteurs.

Beaucoup ont copié son concept.

On sait que le monde traverse une crise alimentaire.

Pas seulement aux États-Unis,

où 3 jeunes sur 10 se coucheront ce soir l'estomac vide.

Mais il y a la crise mondiale

qui prive de l'accès

à une nourriture saine au quotidien.

J'ai dit « nourriture saine » et non « nourriture ».

Une nourriture saine.

Et pour cultiver une bonne nourriture,

il faut une bonne terre.

C'est la base.

Grâce aux vers, l'activité biologique du sol

est 14 fois plus élevée.

On a démarré il y a quelques années avec 13 kilos de vers.

Aujourd'hui, rien qu'ici, on est à 3000 kilos de vers.

Quand je dis qu'on a 140 employés, en fait,

on a 140 milliards d'employés.

J'apprécie ces employés,

car ils ne répondent jamais.

Ils ne tirent pas la tête

quand on leur fait une remarque comme les humains.

En vous baladant, vous pouvez toucher et sentir la terre.

C'est la serre numéro deux.

C'est un de nos premiers systèmes aquaponiques.

Il est alimenté par les plantes.

Les plantes éliminent les déchets.

Les poissons produisent des déchets,

qui fabriquent de l'ammoniaque.

Il faut se débarrasser du nitrate et du nitrite.

Une partie reste sur les parois,

une autre dans les graviers.

Mais les plantes éliminent l'azote et les poissons survivent.

L'industrie agricole a éliminé ces cycles.

Le système aquaponique les relance

en combinant pisciculture et culture de plantes.

C'est ingénieux.

Les déchets des poissons servent d'engrais

et les résidus de culture nourrissent les poissons.

Ça marche à petite échelle.

Vous pouvez installer ça dans un garage ou une cave

et produire assez pour nourrir une famille.

99 % de la nourriture consommée par les Milwaukéens

parcourt 2500 km pour arriver ici.

Il faut que cela change

dans toutes les villes, car c'est pareil partout.

Les produits voyagent jusqu'à 10 jours

avant d'arriver dans notre estomac

et perdent leurs éléments nutritifs.

Et transporter la nourriture n'est pas durable.

En réduisant les coûts grâce aux énergies renouvelables,

en cultivant non propre terre,

en produisant au niveau local,

sur des terres vacantes qui coûtent peu,

toute la communauté aura accès à une nourriture saine.

Je mange des tomates avec des frites.

Mais non.

Mais si.

Pour moi, c'est la solution,

produire localement partout,

pour éliminer la famine dans le monde.

Il faut apprendre aux gens comment

produire leur propre nourriture, dans leur village et dans leur ville.

C'est ce que nous faisons.

Le dégoût croissant pour les produits sous plastique des supermarchés,

dont on ignore comment et où ils ont été produits

donne naissance à de nouvelles formes d'agriculture.

Les consommateurs s'unissent

pour créer leurs propres fermes selon

l'agriculture soutenue par la communauté.

Des centaines d'initiatives de ce type existent dans le monde,

qui sont sans aucun lien avec les distributeurs traditionnels.

Le fermier cultive les produits.

Les membres assurent le financement

et travaillent parfois dans les champs.

AGRICULTURE SOUTENUE PAR LA COMMUNAUTÉ BONN, ALLEMAGNE

Attendez une minute. Regardez ici.

Il suffit de les secouer pour qu'ils tombent. Vous voyez ?

Il y a plein de petits, ils sont dangereux.

Ils grandissent et donc ils mangent plus.

Nous voulons une agriculture

qui soit locale.

Une agriculture biodiversifiée

et un système qui soit humain.

Nous créons notre propre petit système, notre propre cycle.

Nous formons une communauté,

qui finance une agriculture que nous voulons locale

et nous partageons les récoltes.

C'est l'idée derrière notre projet.

On agit directement à la racine et on fait changer les choses.

On distribue notre production, on n'achète rien d'autre.

On a voulu dès le début fonctionner comme ça.

On utilise nos ressources.

Et on essaie de s'améliorer.

Haricots, concombres ou courgettes,

c'est tout ce qu'on a.

On a des herbes, des salades,

- Des groseilles... - et une betterave ou deux.

Il n'y a pas de tomates ou de fraises en hiver,

mais des produits en bocaux.

Mais en saison, le goût est meilleur.

Il n'y a aucune raison qu'on échoue

à nourrir le monde ainsi.

Car la production de masse, qu'apporte-t-elle ?

On détruit nos ressources, pour faire du profit.

Ce n'est bien sûr qu'une goutte dans l'océan.

Si un jour, on me demande...

Je n'ai pas d'enfants,

mais si un jour mes enfants me demandent

pourquoi je n'ai rien fait,

je pourrai leur dire qu'on a essayé.

Notre génération

devra un jour faire face à cette responsabilité.

INCREDIBLE EDIBLE TODMORDEN, ANGLETERRE

Il faut un trou là.

Mets de la terre autour.

Tu n'as jamais jardiné.

Protège-la bien, car c'est ta plante.

NE VOUS DEMANDEZ PAS CE QUE VOTRE VILLE PEUT FAIRE POUR VOUS

MAIS : QUE PUIS-JE FAIRE POUR MA VILLE ?

Pour se lancer dans toute action, il faut utiliser ses mains,

son argent et son espace.

On a commencé dans notre jardin.

Puis on a continué dans ceux de la ville.

On utilise son espace, l'espace public à l'abandon

pour cultiver.

Ces jardiniers guérilleros

sont les plus radicaux.

Ils cultivent les trottoirs, les parkings et les quais

pour que tout le monde se serve.

On pense que les politiciens

ne règleront pas le problème mondial de la nourriture.

L'argent ne nourrira pas la planète.

La science non plus. Seule la gentillesse le peut.

Dans une petite ville, à petite échelle, on dit:

« On cultive, vous vous servez. »

Des arbres adultes avaient été plantés ici,

sortis d'un camion.

25 000 euros de plantes d'architecture,

épineuses, vertes,

toxiques, non comestibles.

J'ai demandé au médecin

s'il aimerait que les patients

cueillent des pommes en arrivant et de la rhubarbe en sortant.

« Oui, excellente idée, mais pas à nos frais. »

On a rassemblé des fonds

et on a eu l'autorisation de planter.

On a enlevé toutes les plantes

et tout ce que vous voyez est comestible.

Si tout le monde se décidait

à planter un arbre fruitier, une plante ou autre chose,

on peut imaginer, si on fait un effort,

qu'on pourrait nourrir toute la ville.

Honnêtement, j'étais sceptique.

Je craignais le vandalisme.

Mais ça n'a pas été le cas.

Ça marche et on participe en arrosant les plantes.

La police est plus proche des gens.

Ils nous voient et viennent nous parler.

Ça renforce l'esprit de communauté.

Le jour où ça va vraiment foirer, et ça arrivera,

il y aura une grosse tempête.

Une crise alimentaire mondiale.

Il y a cinq ans, en Islande, un volcan a déclenché un nuage de cendres.

Tous nos vols ont été annulés.

On était à quatre jours d'une crise alimentaire,

quand les vols ont pu reprendre.

Ça a failli arriver à cause d'un volcan en Islande.

Ça peut arriver facilement.

La Grande-Bretagne ne produit que 60 % de ses besoins en nourriture.

Les autres pays européens dépendent de plus en plus de l'importation.

Les gens écoutent et disent oui

à un paysage comestible.

Et de me dire que peut-être

que quand j'aurai 80 ans,

je marcherai dans la rue et je cueillerai des fruits

comme tout le monde... Je serais si heureuse.

Ce serait merveilleux.

Avant, j'étais habitué

à un choix énorme en faisant mes courses.

Sans m'inquiéter de l'origine de la nourriture.

J'ai changé, après mon voyage.

J'ai compris la complexité de la production alimentaire

et la vulnérabilité des marchés mondialisés

sur lesquels tout repose.

Quelques sociétés décident

de l'approvisionnement en nourriture.

C'est une grosse erreur.

Les petits agriculteurs sont chassés de leurs terres

par les grands exploitants partout dans le monde.

Mais leurs méthodes non durables

ne peuvent assurer l'accès à la nourriture de nos enfants

et des enfants de nos enfants.

La solution à ces problèmes

est la production à petite échelle.

Surtout en Afrique et en Asie,

où la population croît très rapidement,

les petits fermiers peuvent produire plus

sur des terres limitées.

Et surtout, ils assurent une distribution

de la nourriture et des revenus plus juste.

C'est le moyen le plus efficace pour combattre la faim.

L'Europe a besoin de petits agriculteurs.

Non pas par souci de romantisme,

mais pour protéger la fertilité du sol.

Il faut dire aux politiciens de stopper

l'évolution de l'agriculture industrielle,

au lieu de la subsidier.

Les consommateurs

peuvent soutenir les producteurs

en achetant des produits locaux,

pour donner à notre système alimentaire la stabilité dont il a besoin.

À tout prix.

Je me sens responsable de l'origine de ma nourriture

et comment on la produit.

Je sais maintenant

que dès que je fais un achat,

je peux aider à faire en sorte que tous,

et nous serons bientôt dix milliards,

mangeront à leur faim.

Kusum Misra continue à montrer la voie.

Ces 20 dernières années,

les fermiers du mouvement Navdanya

ont créé 150 banques de semences.

Bernd Schmitz fournit une communauté.

En Allemagne, plus de 70 fermes communautaires

ont été créées en trois ans.

Des fermes d'insectes comme en Thaïlande

ont été créées en Afrique.

Selon la FAO, d'ici 20 ans,

les insectes fourniront 10 % des apports en protéines.

Le concept « incredible edible » s'est développé

dans 80 villes de Grande-Bretagne et dans 500 villes dans le monde.

Fanny Nanjiwa fabrique des cuisinières et des cheminées en argile.

Cela économise le bois et apporte des revenus au village.

450 communes inspirées par rob Hopkins ont rejoint « transition town ».

Ils défendent une politique nutritionnelle indépendante

reposant sur les marchés locaux.

L'agriculture est un art.

Will Allen a ouvert sa 4e ferme. Dans le monde, l'agriculture urbaine

s'est développée dans les villes, sur un territoire grand comme l'UE.

Valentin Thurn a lancé la plateforme « Taste of Heimat »

qui aide les consommateurs à trouver des produits locaux.

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.