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Oh, laisse-moi tranquille. Oh, l'histoire, je veux te parler, c'est
tout. Oh, laisse-moi immédiatement, vite.
Oh, si jamais M. Carné te voyait. M. Carné, coupe le poing.
Moi, je te dis que tu te vois là en train de m'empêcher de travailler.
Ça va être le poing.
C'est aussi joli que lui.
Faites des cochons, tu vous gardes mieux que lui.
Écoute, je vais bientôt partir pour Londres.
Tu veux venir avec moi ? Non ! Est
-ce que tu vas la laisser tranquille ? Tu serais mieux de t'occuper de ton
travail. On n'a pas besoin de toi ici. Elle était couchée là comme si elle
attendait que ça.
Tu n'as pas de mal.
Ça va, merci.
Je ne devrais pas dire ça de mon frère, mais c'est vraiment avouant.
Tu sais, il va bientôt repartir.
Il attend seulement que la police de Londres se fatigue de le rechercher.
Il est après moi que je vende la ferme et que je vienne à Londres.
Il dit que je gagnerai beaucoup plus comme serveuse dans une taverne. C'est
bien triste que tu n'aies pas trouvé un gars solide qui pourrait s'occuper de
toi et de ta ferme. Qu'est-ce que tu veux que j'apporte à un homme ? Si Mme
Carney me voit dans cet état, elle va croire que j'ai été me rouler dans le
foie avec son cochon de mari.
Je vais aller me laver un peu.
de me regarder pendant que je me lave?
Oh, sortez de l'eau, petite idiote.
Non, je sortirai quand vous serez partie.
Si vous ne sortez pas, je serai dans l'obligation de venir vous chercher.
Comme si vous alliez patauger avec vos bottes et votre pantalon. Ça m
'étonnerait. À qui êtes-vous donc, ma fille?
Je suis à personne.
Je garde les moutons de M. Carnet.
Ni mère, ni père?
Mon père, je ne sais même pas qui c'est.
D'après ma mère, ça devait être un monsieur, peut-être même une espèce de
seigneur. Non, plus vraisemblablement une espèce de forgeron. Tenez, mettez
cela sur vos épaules. Vous allez attraper froid. Et gardez-le pour
rentrer chez vous.
Vous êtes trop aimable.
Et qu'est-ce que vous allez me demander de faire en remerciement de votre grande
générosité ? Je m'appelle George Romney.
Ça alors, pour une nouvelle, c'est une nouvelle.
Voici mon adresse à Londres. Si vous avez l'occasion de venir me voir, je
serai prêt à vous payer cinq guinées la visite.
Joli métier que vous faites là. Dégoutant.
Vous ne savez pas lire, apparemment. Parce que pour Saint-Guinée, il faut
vous faire la lecture en plus.
Oh, assez, petite idiote, ne dites pas de bêtises. Je suis peintre, un très
très grand peintre, peut-être même le plus grand peintre du monde.
Vendu.
Très éloquemment exprimé.
Eh bien, je vous offre de venir poser pour moi.
Si toutefois vous avez assez d'esprit pour trouver la route de Londres.
Je remercie votre seigneurie de m'avoir accordé un entretien aussi aimable.
Parlez, Emma, c'est tout.
Parlez. Je veux te parler, Emma.
Je veux te parler, c'est ce qu'ils disent tous.
Qu'ils disent tous ? Tu crois peut-être que je te paie pour rouler dans le foin
avec tous les hommes que tu vois ? Le frère de Laurie, par exemple.
Si je suis là pour m'attraper, il faudra qu'il coure vite.
En tout cas, je ne sais pas ce que vous avez à me dire, monsieur Carnet, mais ça
ne peut pas attendre jusqu'à demain.
Je ne vais pas prendre l'intention d'attendre demain, c'est que tu es
belle. C'est que je ne suis pas aveugle et j'ai remarqué que tu deviens un joli
brin de fille, Emma.
Arrêtez ! Je vais crier et ça va réveiller votre femme.
C'est ça.
Il te tourne toi dehors sans le sou et sans rien sur le dos.
Écoutez, M.
Carnet, ici, dans votre propre maison, avec votre femme à côté, dans sa
chambre, c'est pas bien.
Et se coucher dans les champs pour attendre que le premier venu y saute
dessus, tu penses que c'est bien, peut-être ?
Ou à part que j'ai pas remarqué ton manège avec mon Alfred.
Tu es trop tous les hommes. Ça me fait une casse.
Dégapie. T'as placé dans la rue.
Avec les filles de ton épée.
Patan. Et si j'ai un bon conseil...
Je suis bien chez M.
Georges Romney. Vous êtes bien chez lui, mais qu'est-ce que vous lui voulez à M.
Romney? Il m'a donné cette carte.
Il m'a dit de venir.
Il m'a dit qu'il voulait me prendre en peinture. C'est pour ça que je suis là.
Il a dit qu'il me donnerait Saint-Guinée si je venais le voir.
Entrez. Entrez.
Allons, venez.
Je vais vous donner des vêtements secs.
Quelle misérable créature avez-vous d'en sortie du ruisseau, Mrs. Moodle? C'est
moi, Emma Lane, monsieur.
C'est à moi que vous avez parlé hier, à Essex.
Ah oui, la jolie petite bergère. Oui, monsieur.
Il semble que je n'aurai jamais le plaisir de vous voir autrement que
ruisselante. C'est vrai ce que vous avez dit. Ce n'était pas pour vous moquer de
moi que vous m'avez promis Saint-Guinée si je venais. Non, non, non, pas du
tout. Mais je ne vous attendais pas aussi vite.
Mrs. Mood, enlevez-lui ses guenilles, je vous prie. Oui, c'est ce que j'allais
faire, monsieur.
Et faites-lui prendre un bain chaud à la porte avec elle, une odeur de brebis
assez incommodante.
Monsieur. Y a-t-il encore ?
Est-ce que vous allez regarder ? Regarder quoi ? Mettez-vous dans la tête
qu'en tant que femme, vous ne m'intéressez pas.
Pour moi, vous n'êtes ni plus ni moins qu'une nature morte, un compotier de
fruits ou un quartier de bœuf.
Combien de séances de pause y aura-t-il ? Je n'en sais rien, disons six ou sept.
Et que ferons-nous de cette fille entre les séances ? Cela ne me concerne pas.
Elle pourra retourner d'où elle vient, de cette ferme à Essex. Je ne
retournerai pas à Essex, monsieur.
On m'a fichu d'or.
Eh bien, dans ce cas, nous vous installerons ici.
Je ne dormirai pas dans cette maison que si je vois qu'il y a une serrure solide
à la porte de ma chambre. Oh, taisez-vous.
Jetez-la dans la baignoire, Mrs. Maud.
Et donnez-lui le costume que je vous les employais pour mon portrait d'une
bacchante.
Vous voulez que je vous dise ? Je suis peut-être une bacchante pour vous, mais
moi, je me fais l'impression d'être une cochonne de bête à plaisir dans un harem
de cochon de sultan.
Votre aspect extérieur s'est considérablement amélioré.
Mais vous n'êtes toujours qu'une paysanne et vous en avez conservé l'âme.
Ah oui?
Alors pourquoi est-ce que vous m'avez demandé de venir ici?
Ce n'est pas votre âme que je veux peindre, mais seulement votre enveloppe
externe. Et je dois avouer qu'elle satisfait assez mon regard.
Eh bien, moi, il me semble que si mon âme ne se voit pas du tout dans ce
portrait, vous feriez aussi bien d'accrocher ce costume sur un compotier
de fruits ou sur votre quartier de bœuf.
Vous allez peut-être m'apprendre à peindre.
Eh bien, une fois, j'avais vu une image et... J'ai vu.
Allez vous asseoir sur ce banc maintenant.
Oui, et bien, une fois, j'ai vu une image. Une fois, vous avez vu une toile.
Bon, d'accord. Une fois, j'ai vu une toile. Et rien qu'en regardant les yeux
de l'homme, on devinait qu'il avait dans la tête de sales idées. Je n'aurais pas
trop de mon immense talent pour dissimuler votre âme sur cette toile.
Asseyez-vous.
Penchez-vous sur le côté.
Détendez-vous.
Ne soyez pas gauche.
Mais ça fait le vent derrière, ce truc-là. Faites ce que je vous dis. Si
vous ne voulez pas que je vous le réchauffe.
De toute façon, comme vous n'avez pas froid aux yeux, cela fera une moyenne.
Là, gardez la pose.
Combien de temps ? Environ une petite heure.
Ou deux.
Oh,
je vous prierai de bien vouloir cesser d'utiliser cette ridicule expression.
Vous allez détruire complètement le peu d'inspiration que vous éveillez en moi.
Vos belles phrases.
Ça n'empêche pas de savoir ce que vous valez. Vous êtes exactement comme les
autres hommes.
Vous croyez que je suis aveugle et que je n'ai pas vu comment vous m'avez
regardé hier ? Asseyez-vous immédiatement.
Je ne suis peut-être qu'une petite paysanne, mais je ne suis pas assez
idiote pour croire vos histoires.
Et d'ailleurs, ça ne m'amuse plus du tout de poser pour vous, même à 15
Guinée la séance, là.
15 ? J'avais dit 5.
Nous prenons toujours le thé à 3 heures.
Il faut bien insister sur le thé.
et traîner longtemps sur le mot heure.
Heure.
Oui, Malcolm, je vais essayer.
Nous prenons toujours le thé à trois heures.
Si Romney veut que j'apprenne tellement de choses en si peu de temps, la
grammaire, la musique et l'histoire de l'art, je ne savais pas à quel point j
'étais si stupide. Je vous assure que vous n'êtes pas stupide, Miss Lyon.
Et quelle surprise, Malcolm, quand je pense que je vous prenais pour un de ces
hommes qui pensent qu'au livre.
Je ne suis évidemment pas très séduisant.
Mais je vous trouve très gentil. Et très coûteux.
Veuillez cesser immédiatement cette répugnante exhibition. Je vous paie pour
inculquer un brin de culture et d'éducation dans l'esprit de cette jeune
personne, si c'est possible, et non pour lui compter fleurette. Monsieur, mes
intentions sont parfaitement honorables.
Nos bordels sont pleins de femmes qui ont été abusées par des vauriens dont
les honorables intentions valaient les vôtres. Un bon conseil, si vous ne
voulez pas que je vous dénonce à la police, dégarpissez.
Nous prenons toujours le thé à trois heures.
Là, vous en avez pour votre argent, monsieur Romney. Vous avez certes la
rapidité et le débit d'un perroquet.
Mais il vous reste à acquérir la diversité de son vocabulaire. Un jour,
je parlerai aussi bien que vous et je serai aussi prétentieuse que vous,
monsieur Georges Romney.
J'aurai plein d'argent et une jolie maison et tout le monde me respectera,
même vous.
Pour aller aussi loin que vous le souhaitez, il ne suffit pas, hélas, d
'avoir votre beauté.
Encore faudrait-il un peu plus de cervelle.
C'est pour la marine de Sa Majesté, là.
Allez, allez.
Je vous en prie.
N'emmenez pas mon frère.
Depuis je crois, je me dis qu'il n'a jamais mis les pieds sur le bateau. Je
vous en prie. N'en parlez pas, vous faquette femelle.
Je vous en prie. Laurie, t'as dit dans quelle surprise.
Qu'est-ce que tu fais là ? C'est Dick qui m'a amenée à Londres.
Il paraît que tu te débrouilles bien, toi, ici.
Moi, j'ai trouvé une place comme serveuse dans une taverne sur les quais.
Ce n'est pas pareil.
Mais qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que tu as ? Les officiers de la marine
royale sont passés par ici. Et c'est brut.
Frappé. Et ensuite, ils l'ont embarqué.
Il faut que tu m'aides, Emma. Toi, tu connais des gens. Tu as des relations,
des gens importants. Tu comprends ? Je suis sûre que tu pourrais le faire
revenir. Tu sais, je n'ai pas encore de relation.
Je connais monsieur Romney, mais ce soir, je ne sais pas où il est.
Tu pourrais aller voir le capitaine du bateau où on embarquait Dick.
Moi, je sais où le trouver.
Je ferai ce que je pourrais.
Vous êtes l'homme le plus brave que j'ai rencontré.
Vraiment, je ne sais pas comment vous remercier.
Je ne vous oublierai jamais.
Commandant ? Nelson, madame. Emma, vite, dépêche-toi.
Allez, cochez.
Je viens de remporter une grande victoire.
On m'a promu au grade de commandant.
Et j'ai été gratifié de la plus aimable récompense qu'on puisse rêver.
Miss Emmeline et Miss Laurie Strong, sir.
Merci, Floyd.
Eh bien, je n'attendais pas votre visite, mais c'est une surprise fort
agréable. J'espère que vous nous pardonnerez d'être venu à la province,
sir. Je suis prêt à vous pardonner tout ce que vous voudrez, ma chère.
Je suis sûre que vous pourrez très vite apporter une solution à notre petit
problème. Mais certainement.
Puis-je vous emmener souper pour en discuter plus à l'aise ? Oh, avec une si
jolie maison et vous souper dehors ? Non, je suis célibataire et j'aime dîner
dehors.
Eh bien, nous allons déposer votre amie chez elle et puis ensuite... Harry,
puis-je savoir qui sont ces dames et ce qu'elles font sous mon toit ? Votre toit
? Oui, madame, je suis Sir John Penn et je vous présente Sir Harry Fiddleston.
Alors, c'est vous l'amiral ? Pas encore, chère madame. Je commande le TZ, navire
de sa majesté.
Oh, monsieur, je suis impardonnable. Je sais là si peu de choses sur vous qui
luttez pour la gloire de notre pays.
C'est une erreur toute féminine et fort excusable, madame. Autant que l'erreur
toute masculine que vous venez de faire, monsieur.
Je suis encore mademoiselle et je vous présente Laurie Strong.
Des deux erreurs, la mienne est la plus grave, pardonnez-moi.
Eh bien, maintenant que la situation est clarifiée, rien ne s'oppose à ce que
nous allions tous dîner.
J'avais cru comprendre que vous étiez sur le point d'aller dîner à Ré, mais
sans moi.
Oh, quelle nature méfiante vous avez, John.
Il est vrai que pour un soldat, l'ennemi est partout.
En quoi puis-je vous être utile, Miss Lyon?
Il s'agit de mon frère. Oui, on l'a battu. Et on l'a embarqué sur votre
navire, votre seigneurie. Oui, il est exact que nous recrutons... On l'a pas
recruté? Non, on l'a assommé.
Et on l'a embarqué.
Il est possible qu'un de vos hommes ait bu quelques verres de trop.
Mais je ne crains plus pour Dick Strong.
Je sais qu'il va être rendu à sa sœur maintenant que vous savez tout.
Asseyez-vous, je vous prie.
Je vais faire le nécessaire pour qu'il soit libéré immédiatement.
Oh, merci, votre seigneurie. Je vous en prie. Je vous en prie.
Tenez.
Prenez cette lettre.
Il vous suffira de la présenter à l'officier de quart et il vous rendra
votre frère. Oh, merci, votre seigneurie. Je vous remercie.
Vous êtes un gentil homme et un noble cœur, Sir John.
Je suppose que votre ami désire rejoindre son frère.
Je me ferai une joie de la faire accompagner, Miss Lyon.
Soyez sans crainte, Miss Strong.
Sir Harry va être heureux de vous reconduire. N'est-ce pas, Harry?
Eh bien, enfin, John.
Rien ne s'oppose à ce que vous soupiez en chemin, Harry.
Miss, si un jour vous décidiez que vous avez bien fait de vous adresser d'abord
à moi, je m'appelle Harry Federstone.
Et mon adresse est... Bonsoir, Harry.
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Allez-vous, venez.
Ça m'ennuie de te laisser, Emma.
Je ne savais pas que tu serais obligée de... Venez, venez.
Miss Lyon, auriez-vous la bonne...
Accepteriez-vous de souper avec moi ? Avec plaisir, Sir John.
Mais... C'est votre chambre, Sir John.
Eh bien, oui, en effet.
J'avais pensé que peut-être... Enfin, je devrais surtout... Pas que vous croyez
que...
Oh,
quel ravissant portrait.
C'est le portrait de ma mère.
C'est vraiment un merveilleux portrait.
C'est l'œuvre de... De Georges Romney.
J'en étais certaine.
J'ai servi de modèle à M.
Romney. Il a fait de moi des étoiles absolument immenses. Fort belles, n'en
pas douter.
Il y en a une où j'ai une robe orientale.
Vous n'en découvrez pas grand-chose.
Mais qu'est-ce que vous faites ?
Merveilleusement, je vous remercie.
Je ne sais pas ce qui m'est arrivé. C'est très inconvenant de s'endormir
chez un homme.
Ça devait être tout ce chéri.
Vous vous souvenez, j'espère, de ce dont nous sommes convenus.
Nos relations n'ont rien de temporaire.
Vous le pensiez vraiment ? Je ne dis jamais rien que je ne pense sincèrement.
Je vous offre la sécurité dont vous avez besoin et mon toit.
Et votre lit.
Bien entendu.
Il faudra que je fasse prendre mes affaires chez George Romney. Et il
faudra que je lui écrive une lettre.
Vous avez compris qu'il ne saurait s'agir entre nous de quelque sorte de
liaison.
Vous aurez la charge de cette maison. Et je suis sûr que vous saurez être une
hôtesse incomparable.
Vrai ? Je serais pratiquement Lady Pen alors.
Bonsoir, Harry.
Mon cher John.
Il paraît que vous avez caché ici un joyau d'une valeur inestimable.
Oui, et vous la connaissez.
Vous êtes éblouissante ce soir, ma chère.
Excusez-moi.
Si vous permettez, je vous laisse avec elle.
Si, c'est vous.
Eh oui, c'est bien moi.
J'aurais pourtant parié mille livres que ce vieux puritain de John n'aurait pas
osé. Je veux dire que si j'avais su, je vous aurais fait la même proposition et
encore plus alléchante, je vous assure.
La réussite, Sir Harry, n'est souvent pas autre chose que l'art d'être au bon
endroit, au bon moment et de dire avec à propos les mots qui conviennent.
Bien des hommes semblent n'avoir pas ce talent.
Veuillez m'excuser, je vous prie, Sir Harry.
Oh, John, je crois qu'il a eu l'art de se trouver au mauvais endroit et au
mauvais moment.
Alors, Harry, qu'en pensez-vous?
Vous êtes un homme heureux.
Très heureux.
Puis-je vous offrir un verre de sherry ? Non, je vous remercie.
J'ai vu que Lord Godfrey, le lord de l'amirauté, est arrivé. Je n'ai pas
encore pu le saluer.
Veuillez m'excuser, je vous prie.
Oncle Godfrey, puis-je vous entretenir un instant ?
Je suis Lord Godfrey en public, Harry.
Pour vous comme pour les autres.
Pardonnez-moi, sœur.
Mais je pense que vous connaissez l'amitié qui me lie à notre haut, Sir
John. Non, l'ignorez. Nous nous sommes découverts un intérêt commun. Et je
viens d'apprendre qu'il était le plus malheureux des hommes.
Que doit-on faire pour lui rendre le bonheur ? Il brûle d'une occasion de se
distinguer en maire.
Mais il s'est déjà distingué en main de l'occasion.
Mais il languit à Londres. Et je sais qu'il ne pense qu'à aller combattre les
colonies rebelles.
John vient de rentrer de mission.
Je suis étonné de savoir que son inactivité lui pèse déjà. Pourtant, je
vous affirme que reprendre la mer est son désir le plus cher.
Et le plus tôt sera le mieux.
Emma, c'est épouvantable.
On vient à l'instant de m'apporter une communication de l'amirauté.
La flotte de l'Atlantique va se diriger vers les côtes américaines. Et je dois
appareiller avec le Taizé immédiatement.
Je suis au regret de vous voir partir.
Mais c'est un grand honneur, n'est-ce pas ? Un honneur ? Mon cul.
Eh bien, je me fous de cet honneur.
Oh, John.
Je vous demande pardon, Emma.
Pardonnez-moi.
Je voudrais quand même bien savoir pourquoi diable l'amiral a tellement
hâte de me faire reprendre du service.
Vous allez vous dépêcher de donner une leçon aux Yankees et vous reviendrez
très vite.
C'est une affaire qui peut durer un an, peut-être davantage.
Saurez-vous m'attendre si longtemps, mon Emma?
Je saurais attendre, Joan, même si cela devait durer cinq ans.
Emma, cela fait bientôt cinq heures.
Je ne peux plus attendre.
très mal de votre part.
Songez que Sir John vient à peine de quitter le port.
Bientôt cinq jours, Emma.
Cinq semaines, Emma.
Cinq mois, Emma.
C'est dans la poche.
Eh bien, je vous avais dit que j'y arriverais.
J'ai une magnifique maison, de jolies robes et des tas de bijoux, des
domestiques, tout ce que je veux.
Maintenant, je suis une lady.
Une lady est un membre de la noblesse.
Vous êtes une femme.
Et vous, George, un grossier personnage.
Mais pas du tout.
Je vous parais étrange parce que je suis le seul homme qui n'a jamais tenté de
grimper dans votre lit. Et cela dépasse bien entendu votre entendement.
Emma.
Emma.
Vous pardonnez-moi.
Il faut que vous me prêtiez vos bijoux, juste pour quelques jours.
Mais qu'est-ce qui se passe ? Nous avons la visite de la fouille de la banque
Camberwell.
Il amène avec lui un huissier.
Je suis désolé, mais j'ai reçu des ordres très stricts, Sir Harry. À moins
que vous ne soyez en mesure de rembourser le prêt qui vous a été
consenti, je me verrai dans l'obligation de saisir sur le champ tous vos biens.
Ce soir ? Quelle humiliation ! Est-ce que vous savez qu'un moitié de Londres
est ici ? Je regrette.
Mais ce sont les ordres que j'ai reçus.
Je suis
persuadé
que nous allons trouver une solution pratique.
Je connais la solution à laquelle pense Lord Camberwell.
C'est la solution qu'il m'a déjà proposée assez souvent et qu'il m'a
renouvelée ce soir même.
Que suggérez-vous, monsieur ? Je m'engage à payer personnellement votre
dette et à faire cesser les poursuites. Vous feriez cela ? Et en échange de ce
petit service, Miss Lyon s'installera immédiatement dans mes appartements. Ce
que vous faites est ignoble. C'est grâce aux mensonges et à la ruse que vous l
'avez eue.
Reconnaissez que j'ai au moins l'honnêteté de payer, moi, pour l'avoir.
Laurie ? Oh, Emma ! Si tu savais comme je suis heureuse de te retrouver.
Qu'est-ce qui se passe, Emma ? On m'a jetée hors de ma maison.
Alors je ne sais pas où aller coucher.
Tu peux toujours partager ma chambre. Je vais te faire une bonne tasse de thé et
tu vas me raconter tes malheurs.
Et ça, Harry est mort.
Sir John est toujours en mer et d'ailleurs, il ne me reprendrait pas.
Je suis allée chez George Romney, mais il est en Écosse. En dehors de toi, je n
'ai pas d'amis.
Eh bien, tu vas rester ici avec moi jusqu'à demain et après en avion.
Alors, il paraît que tu as une jolie visite.
Mais je ne rêve pas.
C'est bien notre chère petite Emma que je vois là.
Tu n'as pas le droit de pénétrer ici comme ça. Va-t'en.
Tu dois traverser le mauvais espace. Ça arrive à des gens très bien.
Écoute, je crois avoir quelque chose pour toi qui te conviendra parfaitement.
Pas question qu'elle travaille pour toi.
Tout ce qu'on te demande, c'est de nous prêter ta jolie petite gueule pour la
montrer dans les rues le soir.
Oui, une sorte d'enseigne pour attirer le client.
Ouais, pour le dévaliser, bande de voleurs.
Votre proposition est ignoble. Ignoble ou pas, tu vas te mettre au travail dès
ce soir.
Je m'échapperai.
T'inquiète pas, moi et mon ami, on sera là pour te surveiller.
Dépêche, Blinck, il y en a pour nous.
On a laissé le vieux partir.
Bonsoir, les gars.
Vous cherchez une bonne taverne ? Il y en a juste une derrière vous. Vous venez
juste de passer devant. Oh, les connards, les tavernes. Ce qu'on cherche
plutôt, ce serait une petite mignonne dans ton genre.
Je vous en prie.
Continuez à marcher. Éloignez-vous d'ici.
Aussi vite que vous pouvez.
Je vous expliquerai plus tard.
Oh, la garde.
Est-ce que je peux vous aider ? Il y a des hommes qui se battent.
J'ai peur.
Aidez-moi à leur échapper.
Venez monter dans ma voiture.
Je suis Mrs. Love, vous avez entendu parler de moi.
Non, madame, vous êtes vraiment très gentille.
Je m'appelle Emma Lyon.
Eh bien, Emma, disons que c'est un peu mon métier de sauver les jolies filles
en détresse.
Vous vous sentez mieux, mon petit ?
Oui, beaucoup mieux, Mrs. Love.
Merci. Bon, nous allons demander à Gladys de vous passer un peignoir.
Et puis après cela, je vous ai fait préparer un petit souper.
Mrs. Love, je m'excuse de vous dire ça, mais j'ai remarqué qu'il y avait dans le
salon plusieurs filles quand nous sommes entrées.
Ça m'a paru étrange.
Un peu comme... Oui, je le tiens à bordel, ma chère.
Le meilleur et le plus populaire du genre. On ne trouve pas mieux à Londres.
Ni ailleurs.
Mais surtout, ne vous inquiétez pas, je n'ai jamais obligé quelqu'un à
travailler. On ne travaille ici que si on en a le désir et le talent.
J'en ai aucun désir.
C'est ce que je pensais.
Dommage.
Avec vous, j'aurais pu faire fortune.
Bon, dépêchez-vous d'aller souper, on parlera après.
Je vous ai fait servir dans la pièce à côté.
Oh, quelle symétrie.
Je n'ai jamais vu de ligne plus harmonieuse.
Je savais que celle-ci vous intéresserait, docteur.
Excuse.
Exactement la créature de veuve que je cherche depuis des temps et des temps.
C'est Vénus et Aphrodite tout à la fois.
Ne craignez rien, mon enfant.
Le docteur Graham n'est pas un de mes clients.
Mais un très vieil et très cher ami.
Docteur, voici Miss Emma Lyon.
Enchanté.
Je suis ravie de faire votre connaissance.
Je me suis permis de demander à Mrs. Love de nous laisser dîner en tête à
tête.
J'aimerais vous entretenir de certaines questions d'ordre scientifique fort
intéressantes. D'ordre scientifique ? Le docteur Graham est une célébrité et un
vrai gentleman. Il n'y a rien à craindre.
Suivez-moi, il le dit.
Mon établissement de Halle Bellay est fort connu dans le monde.
Le temple de Vénus.
Ainsi l'ai-je appelé.
J'en ai entendu parler dans certains salons.
À voix basse. Oui, oui, oui, le monde chuchote en parlant de moi, mais me
baisse les mains pour me témoigner sa gratitude.
Pour mes traitements.
Quel genre de traitements, docteur Graham?
Eh bien, je suis un adepte de Cagliostro et un héritier spirituel du grand
Mesmer. Oui, je pratique l'hypnotisme et la télépathie, la magie, l'alchimie, la
préscience et le spiritualisme, le mysticisme.
et les cœurs psychiques.
Je vous recommande 15 minutes de méditation, monsieur. Puis je viendrai
vous chercher pour le second stade du traitement.
Au suivant.
Ah, bonsoir, monsieur.
Notre ravissante Vénus est sur son lit profondément endormie. Et vous allez
avoir le privilège de la contempler et de vous abreuver de son énergie
reconstituante. Je suis George Romney, le peintre, et je ne souscris pas à vos
étranges théories, monsieur.
Oh, mais vous y souscrirez.
On vient chez moi de la meilleure société londonienne, assoiffée d'amour
et de beauté. Je soigne de pauvres malheureux qui espèrent renouveler des
joies du corps depuis longtemps épuisés.
Je commence par leur donner quelques cours, et ensuite ils assistent à des
démonstrations. S'en est.
Je vous assure que le tout l'ombre se précipite dans ce temple tous les soirs
pour me prier de lui venir en aide. Le tout l'ombre se précipite dans ce temple
pour regarder une fille nue.
Exact. Cela fait en effet partie de mon traitement psychique et de la cure. Et c
'est la seule chose qui m'intéresse. Je vois.
Vous désirez passer la nuit dans le lit de rêve de Vénus avec votre partenaire.
Certes non.
Je n'ai nul besoin de vos ridicules aphrodisiacs. Je ne m'intéresse qu'à
votre Vénus.
Je veux la voir, et si elle est aussi merveilleusement belle qu'on me l'a dit,
je la peindrai. Mais certainement, monsieur Robden.
Je vous en prie, venez voir Vénus.
Non, vous ne me levez rien.
Entre professionnels, c'est normal.
Ah, voilà un quartier de bœuf que je connais bien.
Ah, je m'en doutais.
George, vous ici.
Je n'ai pu résister, la tentation était trop forte.
Alors, ma chère Vénus, ce n'est certes pas le cadre luxueux que vous offrait
Sir John ou Sir Harry, mais quand on pense à la petite bergère que vous
étiez, je trouve que c'est une amélioration considérable.
Tout un monde depuis ce temps-là, George.
Jamais je ne passerai plus de main en main. On ne m'achètera plus. Je veux
avoir le respect de la société.
Pauvre bergère au cœur encore remplie d'illusions. Est-il possible que vous
osiez sincèrement espérer un mari dans cette société ? J'y arriverai, George.
Je suis ici pour cela.
Je veux beaucoup d'argent, énormément.
Et alors j'aurai une maison, une grande maison et une femme de chambre. Laurie,
j'engagerai Laurie.
Et puis après...
Vous accrocherez une enseigne à votre porte.
Gentleman demandé, de préférence noble et riche, faire offre. Je me
débrouillerai. Vous pouvez poser pour moi, Emma. J'aimerais assez vous peindre
en Vénus.
Sur cette couche absurde. Cela me ferait très plaisir, George.
Mais pas au même tarif qu'avant.
Pas au même tarif ? Mais vous pourrez continuer à travailler.
Ici, dans la soirée.
Et vous aurez carte blanche pour tendre vos filets aux nobles messieurs et aux
riches mondains qui fréquentent mon atelier.
Oh, George.
Je vous demande pardon, je vous croyais.
Mais c'est l'amiral Nelson.
Non, pas encore, madame.
Je vous reconnais, vous êtes la dame du fiacre, n'est-ce pas ? Vous connaissez
Miss Lyon ? Oui, monsieur Nelson a risqué sa vie pour moi.
Et je suis prêt à courir à nouveau ce risque, madame.
Si la récompense est toujours aussi généreuse.
Le capitaine Nelson était venu pour me demander de faire son portrait.
Excusez-le, il est pressé. Oh, quel dommage. Êtes-vous souvent à Londres,
capitaine ? Non, et je le regrette.
L'amirauté ne veut pas admettre mon point de vue sur les permissions.
Je vous en prie, revenez bientôt. Monsieur Romney sera enchanté de faire
votre portrait.
Ce fut un grand plaisir de vous revoir, Miss Ryan.
Vous perdez votre temps, ma chère Emma, avec cet homme.
Ni situation, ni bien, et vraisemblablement aucun avenir. Il faut
un peu plus de discrimination dans votre choix. Par contre, Lord Creville, pour
lequel j'ai fait votre portrait, vous devriez y penser.
Dans combien de temps pourrais-je accrocher ce tableau dans mon salon ? Je
connais, cher Lord Greville, bien des hommes qui auraient préféré le modèle au
tableau. Je ne demanderai pas mieux, mais la dame résiste à toutes mes
avances. Je peux peut-être trouver les mots qui sauront la convaincre.
J'irai jusqu'à lui proposer le mariage.
C'est terminé pour aujourd'hui, Miss Lyon.
J'ai l'impression que Lord Greville désire vous parler.
Je n'ai plus besoin de vous cet après-midi.
Sa seigneurie a mordu à l'hameçon.
Il songe même à vous épouser. Mais je vous en prie, n'oubliez pas d'entrer
dans sa chambre qu'après la cérémonie de mariage.
Maravissante Vénus.
Il y a une chose que je ne vous ai pas dite dans notre conversation d'hier
soir. Je ne vous ai pas parlé de Lord Hamilton.
C'est mon oncle et mon tuteur. Ah oui ? Il est riche, vieux et je dépends de
lui.
Et il n'a pas eu une affection débordante pour moi.
Eh bien, quand nous serons mariés, il faudra absolument l'inviter à dîner. En
vérité, Emma, je n'ai que 25 ans et je ne peux malheureusement pas me marier
sans son autorisation si je ne veux pas être déshérité.
Je vois.
Eh bien, dans ce cas, il faudra l'inviter à souper avec nous plusieurs
fois avant de nous marier. Ce sera difficile d'obtenir son consentement.
Il va quitter Londres. Il vient d'être nommé ambassadeur de sa majesté à
Naples. Je suppose que si vous n'avez pas le courage d'affronter votre oncle,
cela signifie que nous devons renoncer à notre mariage. Non, jamais.
Je ne saurais vivre sans vous, Emma.
Nous nous marierons. Je vous le promets.
C'est ce qu'il faut dire à votre oncle. Je le lui dirai. Je vais aller le voir
aujourd'hui même. J'y vais tout de suite.
Il serait peut-être plus sage de vous rhabiller d'abord.
Je vais demander à Laurie de préparer du thé.
S'agit-il d'une femme ou d'une dame ? D'une dame.
La plus merveilleuse, la plus douce, elle est noble et vertueuse. Lancez !
Oui, monsieur, je suis amoureux d'elle.
Je veux faire d'Emma ma femme.
J'ai entendu parler d'Emma Lyon, une personne de naissance incertaine, qui a
déjà eu l'occasion de faire le bonheur de bien des messieurs.
Monsieur, je vous en prie, Emma est la femme que j'aime.
Je ne doute pas qu'elle soit séduisante.
Il le faut pour avoir une telle cote sur un marché déjà extrêmement bien fourni.
Ce sont des mensonges.
Je la connais.
Si seulement vous la voyez... Je n'ai pas l'intention de connaître cette dame.
Lancez !
Miss
Lyon ? Je vous sais gré d'avoir accepté de me recevoir, Lord Hamilton.
Mais, Emma Lyon?
Oui, Emma Lyon.
Qu'est-ce qui ne va pas, monsieur?
Que le mensonge j'ai entendu sur votre compte.
Vous n'êtes pas précisément telle que j'avais été porté à le croire.
Il est assez fréquent de découvrir que les choses ne sont pas telles qu'on les
imagine.
Ainsi, tenez, j'avais toujours cru que la fameuse statuette d'Osiris découverte
par Athanasius Kircher était beaucoup plus grande.
Vous vous intéressez à l'art antique?
Je m'y intéresse, mais sans la moindre érudition.
Pourtant, vous avez reconnu cette pièce.
Sir Charles m'en avait parlé.
Votre sincérité vous honore, Miss Lyon.
Tout le mérite en revient à Sir Charles.
Il m'avait aussi prévenu que vous appréciez la sincérité. Je ne me doutais
pas que mon neveu me portât autant d'intérêt, ni qu'il eût assez de
perspicacité pour me connaître.
En fait, je préfère avouer à votre seigneurie.
que c'est moi qui l'ai obligé à me dire tout ce qu'il savait de vous.
Vraiment ? Si vous aviez fait preuve de la même curiosité à mon égard, cette
visite n'aurait peut-être pas été nécessaire.
Miss Lyme, j'allais prendre le thé.
J'espère que vous me ferez l'honneur de le partager.
Avec plaisir, je vous remercie.
Ma chère enfant, je m'étais laissé dire que la vie que vous avez menée jusqu'à
présent était au moins aussi agitée et dangereuse que celle de bien des hommes.
J'avoue que vous n'en restez pas moins une charmante et fort gracieuse
personne. Vous me flattez, monsieur.
Le rapport de mon neveu a dû vous signaler que je n'ai pas l'habitude de
me laisser aller à la flatterie.
Miss Lyon, je ne reçois plus aussi souvent que Naguère, mais il m'arrive
encore de donner des soirées qui ne manquent pas à la para.
Tout particulièrement à mon ambassade de Naples.
Je suis certain que vous feriez une hôtesse idéale.
Et de plus, je vous assure que vous trouveriez la vie en Italie extrêmement
plaisante et heureuse.
Monsieur, je tiens à vous dire que je trouve cette suggestion quelque peu
troublante. J'aimerais essayer de trouver une solution équitable pour
tous.
Ainsi, je me propose donc d'offrir à mon neveu...
non seulement une considérable somme d'argent liquide, mais encore la moitié
de son héritage, s'il accepte d'oublier ses projets de mariage avec vous.
Ainsi, votre seigneurie suggère de... Vous voulez... Rien que de parfaitement
légal, ma chère.
Je me propose de vous adopter.
M'adopter ? Monsieur, je n'ai jamais été aussi gravement insultée.
Tu ne vas pas me dire vraiment que tu as l'intention de retourner en Essex ? Mais
non. Que voudrais-tu que j'aille faire en Essex, ma pauvre Laurie ? J'y
comprends rien, moi.
Mon Charles est venu trois fois ici hier. Et j'ai dû lui dire chaque fois
que nous partions immédiatement pour l'Essex.
Parce que je veux qu'il le répète à Lord Hamilton.
Je crois que j'ai mis le grappin sur un gros gibier.
Plus gros qu'un or ? Non, mais un plus gros l'or.
Ah, c'est encore Charles.
Qu'est-ce que je lui dis, moi, maintenant ? La même chose, Laurie.
Veuillez annoncer Lord Hamilton.
Lord Hamilton, madame.
Cher Miss Langdon, je suis venu vous supplier de me pardonner.
Je n'avais nulle intention de vous insulter hier soir.
M'adopter comme quelque misérable bâtard. Je ne pensais pas que cela vous
désobligerait. Je désirais vous offrir mon nom.
Ce qu'une femme demande, c'est qu'on l'épouse, non qu'on l'adopte.
Vous étiez venue me demander la permission d'épouser mon neveu.
J'ai passé une nuit atroce à mettre de l'ordre dans mes pensées.
Et je suis arrivé à la conclusion.
Dites-moi, cela vous paraît acceptable.
Vous épousez ma femme.
Vous voulez dire que... Oui, je suis beaucoup plus âgé que vous.
Mais je pense que cette union...
ne peut que nous être profitable à tous les deux.
Je vous apporte la considération et la fortune, et vous apporterez votre grâce
à ma maison.
Quelle est votre réponse ? Je n'arrive pas à croire à tant d'honneur.
Personne ne m'a jamais fait un si grand compliment.
Que puis-je répondre, si ce n'est oui ?
Je vais être enfin présentée au roi et à la reine de Naples.
Suis-je présentable, William ? N'ai-je pas trop de rouge ? Pas trop de bijoux ?
Soyez sans crainte, vous êtes l'élégance même.
Et la beauté personnifiée, ma chère.
Je voudrais tant faire bonne impression sur leur majesté. En ce qui concerne le
roi, ce sera très facile. Je pense que vous allez le trouver quelque peu
original. Je meurs d'envie de le voir.
Et sa majesté Marie-Caroline ?
Marie-Caroline a un goût assez prononcé pour les ravissantes jeunes personnes de
la cour.
Que voulez-vous dire ? La reine détient le véritable pouvoir.
Elle a une puissance toute masculine et évidemment des goûts.
Bonaparte disait d'elle qu'elle était le seul vrai mâle de Naples.
Terriblement ! Je vous prie de cesser de vous occuper de ce jouet ridicule.
Qu'est-il de ridicule, ma chère ? Il est à l'image.
Son Excellence, l'ambassadeur de Grande Bretagne, Lord Hamilton et Lady
Hamilton.
J'ai l'honneur de vous présenter Lady Hamilton.
Aimez-vous le poisson ? Je vous demande pardon, Majesté, si j'aime le poisson.
Oui, oui, oui, j'aime le poisson.
Bien. Il faudra que vous veniez me voir au marché au poisson, Jérémie. J'ai mon
éventail personnel.
C'est là que je fais cuire et que je vends moi-même le poisson que je pèse au
large de Deauville.
Majesté, j'ai l'honneur de vous présenter Lady Hamilton.
Charmant. Tout à fait charmante, Lady Hamilton.
Je vais gronder votre époux pour vous avoir dissimulée à nous si longtemps.
Votre majesté est trop aimable.
Je ne suis pas aimable.
J'ai l'habitude de toujours dire ce que je pense.
Venez vous asseoir à côté de moi, ma chère.
Mesdames d'honneur avaient tout à fait raison.
Vous êtes ravissante.
Majesté, j'ai peur qu'un tel compliment de votre part me fasse perdre la tête.
Je suis convaincue qu'il vous en faudrait bien davantage pour perdre
votre jolie tête.
N'oubliez pas, madame, que je suis femme avant d'être reine.
Et que je connais bien les femmes.
Beaucoup de choses nous rapprochent.
Nous avons toutes deux de vieux mari, nous sommes très seules.
Et nous avons besoin d'amis.
Laissez-moi passer.
Je demande pardon à votre majesté, mais... Je pense que l'importance de
votre message justifiera l'inqualifiable audace de votre intrusion au palais
Prince Caracciolo.
Un messager vient d'apporter de bien sombres nouvelles, majesté.
Si effrayantes que je n'ose vous les annoncer.
Votre robuste constitution supporte-t-elle mieux l'émotion,
Cardinal Ruffo ? Votre sœur Marie-Antoinette, Reine de France, Cela,
je le sais.
A été guillotiné, il y a deux jours, par les révolutionnaires.
Mes condoléances.
Je vais consulter immédiatement mes ministres.
Vous avez toute ma sympathie, Majesté.
Je vous en prie, restez ici.
J'ai besoin de compagnie dans un moment pareil.
Et le roi ne m'est d'aucune aide.
Je comprends.
Je vais prévenir Lord Hamilton.
La reine m'a demandé de rester avec elle, William.
Je comprends.
Je suis persuadé que vous saurez consoler sa majesté.
Ce soir et bien l'autre soir.
Je ne comprends pas, William.
Je suis l'ambassadeur de sa majesté britannique.
La diplomatie me contraint au silence.
Et à l'approbation.
Nous n'y pouvons rien, ma chère.
Je partage l'honneur qui vous est fait.
Noblesse oblige.
La chaleur de votre présence m'est d'un bien grand réconfort.
Je voudrais que nous devenions des amis.
De très bonnes amies.
N'est-ce pas ? Je passe ma vie entourée de gens qui passent la leur à jurer qu
'ils sont prêts à mourir pour moi.
Mais ce ne sont que des mots.
Je dois vous avouer que je n'ai pas une véritable amie.
Je me sens très seule.
Le roi ne m'est d'aucun secours, d'aucun réconfort.
Vous l'avez déjà jugé pour ce qu'il est.
Aidez-moi, s'il vous plaît.
Sa Majesté m'a pourtant beaucoup impressionnée.
C'est là son idée du gouvernement.
Et il ne s'intéresse qu'à son poisson.
Je suis vraiment très seule.
Notre affection a cessé de grandir d'année en année.
J'espère que Lord Hamilton ne se plaint pas trop des nombreuses heures que nous
passons ensemble.
Il comprend que vous avez besoin de moi, Maria.
C'est exact.
Nous traversons des temps difficiles.
Il n'y a que moi dans ce palais qui m'en préoccupe.
Hélas, je sais que les troupes françaises ont assis Jérôme et je sais
que des groupes révolutionnaires se forment d'ici même.
Oui, ici, à Naples.
J'en ai parlé à Lord Hamilton, selon votre désir.
Il m'a promis de demander l'alliance de l'Angleterre et le soutien de la flotte
britannique.
Tu es un vrai trésor, Emma.
J'ai de bonnes nouvelles à vous annoncer. La flotte britannique se met
en route vers l'Afrique pour attaquer les Français sous le commandement du
vice-amiral Nelson.
Nelson ? Un homme extraordinairement brave et très beau.
Tu en parles comme une femme amoureuse. Je n'ai vu le vice-amiral que deux fois
dans ma vie.
Deux fois qui ont dû compter, il me semble.
Très bien.
Je m'arrangerai pour que Ferdinand prenne la tête de 60 000 hommes qui
marcheront sur Rome.
Et nous attendrons.
J'attendrai des nouvelles de la victoire à Rome.
Tu attendras les nouvelles de la flotte britannique en Afrique.
Et en attendant...
Amiral Nelson, c'est avec joie que je vous accueille au nom du roi Ferdinand,
retenu au loin par son combat contre les révolutionnaires français.
Mais je peux vous assurer en son nom que Naples tout entière vous remercie de la
glorieuse victoire que vous avez remportée sur Bonaparte en Afrique.
Excellence, je vous présente l'amiral Nelson.
Je vous félicite, amiral.
Lady Hamilton.
Oui, madame.
Voici la rançon de la gloire de Nelson.
L'épouvantail qui se présente devant vous et le capitaine que vous avez
connu. Je ne savais pas que vous aviez déjà rencontré l'amiral Nelson.
Il y a longtemps, William.
Il y a bien longtemps.
C'était dans un autre monde.
Je suggère que nous nous retirions dans la salle d'audience afin d'y entendre le
récit détaillé de votre victoire.
Je sais que l'audace y est mal à une lady.
Mais au diable, les bonnes manières.
Moi aussi, j'aimerais entendre le récit de vos aventures.
Mais en tête à tête.
Quand vous reverrai-je ? Je vous ferai prendre ce soir à l'embarcadère à 5
heures.
Combien de temps allez-vous rester ? Je ne sais pas exactement.
Je suis un marin, madame, aujourd'hui ici, demain ailleurs.
Je comprends.
La chance ne semble pas favoriser nos rencontres.
Chaque fois que nous passons un bref instant ensemble, nous devons, hélas,
immédiatement, toujours nous séparer.
Vous vous souvenez du jour où votre attelage s'est emballé ? Vous m'avez
sauvé la vie ce jour-là.
Et votre courage n'a jamais failli depuis.
Je sais que de votre... De ce côté, vous n'avez pas cessé de valer de succès en
succès.
Mes succès ne sauraient certes pas se comparer aux vôtres.
Mais reconnaissez avec moi que le prix de mes efforts ne se
compare pas aux vôtres.
Emma, j'ai souvent pensé à vous durant ces longues années.
Moi aussi, je pensais à vous.
Mais vous avez une femme.
Elle compte autant pour moi que votre époux pour vous.
Lord Hamilton est davantage un père qu'un mari.
Mon mariage n'est pas une réussite.
Ma femme a été une bonne épouse.
Peut-être la venue d'un enfant aurait pu tout changer.
Je savais qu'en partant, je perdais la seule chose qui est comptée dans ma vie.
Je vous remercie.
faire le deviner sur Terre.
Tu n'as pas envie de dormir ? Non, je préfère te regarder.
Je veux savourer chaque seconde avec toi.
Tant tu comptes des difficultés qui nous attendent.
Nous ne sommes pas libres.
Rien ne sera facile.
Je le sais, je le sais.
Mais je refuse de vivre au futur.
Laisse-moi goûter le présent.
Il est si merveilleux.
Vous semblez plonger dans de bien plaisantes pensées, ma chère.
Oui, William, c'est vrai.
J'ai remarqué que votre mélancolie s'est singulièrement dissipée depuis l'arrivée
de la flotte britannique à Naples.
Je ne vois rien là qui puisse vous offenser.
Sa Majesté se plaint amèrement de ne plus vous voir à la cour depuis quelques
semaines. William, je ne vous demande pas ce que pense la Reine, mais ce que
vous, vous pensez. Je n'ai aucun sujet de me plaindre.
Vous m'avez fidèlement servi comme hôtesse et comme la maîtresse de maison
accomplie que vous êtes.
Je connais et apprécie vos talents et vos nombreuses et grandes qualités.
Mais je ne suis pas aveugle et je connais aussi vos défauts.
Et je sais que je n'en suis pas dépourvu moi-même.
Nous avons jusqu'à présent vécu en harmonie.
Essayons de continuer.
Êtes-vous remise de vos migraines ? Oui, majesté. Je suis bien heureuse de l
'entendre.
Je regrette que Laura Hamilton ne soit pas avec nous en cette circonstance.
En ce grand jour où nous fêtons le valeureux héros d'Aboukir.
Un toast à notre vaillant héros et fidèle allié, l'amiral Nelson.
C'est hommage que votre majesté a la bonté de rendre à l'amiral Nelson ne
sera complet que si le prince Caracciolo s'y associe.
Je regrette, madame. Je n'ai pas soif.
Nous nous rappellerons cette insulte, Prince Caracciolo.
À l'amiral Nelson.
Je demande pardon, Votre Majesté.
Amiral, les hommes de votre équipage vous font un cadeau d'anniversaire.
Un cercueil taillé dans le grand mât du navire français que vous avez capturé.
Afin que vous puissiez reposer dans vos trophées lorsque vous quitterez ce
monde.
Mais le sincère espoir que ce jour soit le plus éloigné possible et le souhait
de votre veillissant et très affectueux serviteur.
Allez-y, les gars.
Ne soyez pas si soucieuse.
Les marins ont quelquefois un curieux sens de l'humour.
C'est ainsi qu'ils me témoignent leur amitié et leur estime.
Nous avons perdu la guerre.
Notre armée est en déroute.
Je ne suis parvenu à m'échapper que sous son déguisement. Je vous annonce que
dans quelques heures, l'armée française marchera sur le royaume des deux
Siciles. Heureusement que j'ai mes fidèles l'interrompu pour me sauver.
Imbécile, pauvre imbécile.
Si votre majesté veut bien me permettre de lui offrir mes conseils... Je lui
dirais de se retirer avec la cour en Sicile, où elle serait hors d'atteinte
des révolutionnaires.
Et cela me donnerait assez de temps pour assembler une nouvelle armée et écraser
la révolution.
Votre Majesté, je demande l'honneur d'emmener Votre Majesté et sa suite à
bord du meilleur navire de la flotte napolitaise. Ce départ a été suggéré par
Lord Nelson. C'est donc à lui que revient l'honneur de vous conduire à
Palerme. Si c'est là le souhait de Votre Majesté.
J'aimerais certes me mettre sous la protection de l'amiral Nelson.
Autant que vous, ma chère.
Cependant, il semble que vous exagériez tous le danger que nous courons.
Majesté, l'émeute ne cesse de s'amplifier. Le palais peut être investi
d'un moment à l'autre.
Dites alors, Nelson, que je suis prête à m'embarquer. Pourquoi pleurez-vous,
Majesté ? Mon royaume est en train de s'effondrer et vous me demandez pourquoi
je pleure.
Je ne voulais pas. Je parlais de... De vous et de moi.
Je sais exactement ce que vous voulez dire, Lady Hamilton.
Je connais votre liaison avec Nelson.
Tout le monde à la cour est au courant.
Vous ne vous êtes jamais montré très discret. Mais je crains que l'instant ne
soit mal choisi pour discuter de ces problèmes.
Maria, je n'avais pas l'intention de vous blesser.
Emma, dis-moi que je me trompe.
Dis-moi que je ne t'ai pas perdue. Comment m'auriez-vous perdue ? Je n'ai
jamais appartenu à personne jusqu'à ce jour.
Tout le monde m'a abandonnée.
Même toi.
Toi qui représentais ce que j'avais de plus cher au monde.
Arrêtez !
par le cardinal Ruffo contre les troupes rebelles.
Je suis certaine que le prochain courrier nous annoncera que Naples a été
enfin reprise.
Votre Majesté, laissez-moi rejoindre le cardinal Ruffo par la mer.
La présence de la flotte napolitaine est indispensable pour assurer notre
protection. J'avais cru comprendre que Votre Majesté avait confié sa protection
à la flotte britannique.
À moins, bien sûr, que le séjour prolongé de Lord Nelson à Palerme n'ait
de raison plus spécifiquement personnelle.
Vous insultez Lady Hamilton et par là même l'homme qui a sauvé notre vie.
La présence de l'amiral parmi nous est une chose dont nous devons nous réjouir.
Il semble que votre majesté n'ait pas toujours été de cet avis.
Prince Caracciol, vous êtes relevé de votre commandement de la flotte
napolitaine.
Veuillez quitter cette pièce immédiatement.
Je suis aux ordres de votre majesté.
en personne, tout tout à l'heure, échapper du bordel qu'elle aurait jamais
dû quitter. Vous allez foutre l'air, misérable.
Alors, madame, travaille pour son compte, je vois.
Tu vas me taire. C'est l'amiral.
Moi, amiral, j'aurais pu avoir pour rien ce qui va vous coûter très cher.
Excusez-le, monsieur.
Nous allons l'emmener. Vous êtes de l'équipage de la gamme M. Non, n'est-ce
pas ? Oui, monsieur. Regagnez le bord immédiatement.
Vous les connaissez surtout, ne les manquez pas.
Vous savez pourquoi je vous perds.
Je te demande pardon,
Emma. De quoi ? Pardon de t'avoir exposé à cette humiliation.
Cette femme perd son insolence de sa vie.
Mais ce marin n'indique la vérité.
Comment ? Oui, il est exact qu'il me connaît.
C'est le frère de Laurie, ma femme de chambre.
Il sait, lui, que je ne suis qu'une petite paysanne, une paysanne très
ambitieuse.
Il sait aussi que je me suis élevée dans la société en passant d'un lit à l
'autre.
Je voulais devenir une lady, comprends-tu ? Je ne voulais plus que
tout au monde.
Et j'ai tout fait pour cela, absolument tout.
J'ai souvent voulu t'en parler, mais je n'ai jamais eu le courage.
Maintenant que tu sais... Une seule question.
As-tu aimé un de ses amants ? Non, aucun.
Je te le jure.
Il n'y a eu personne avant toi. Et il n'y aura plus jamais personne.
Oh, mon amour.
J'aurais tant voulu que tout soit différent.
Nous ne nous serions peut-être pas rencontrés.
Je t'aime.
Je t'aime.
rappelé ici à cause des nouvelles alarmantes de Londres.
Il va peut-être me reprocher d'avoir aidé le roi.
Un marin ne doit jamais se mêler de politique.
Tu as agi sans instruction ? Je pensais qu'à ta sécurité.
Ainsi, pour moi, tu risques d'encourir un blâme.
On ne fera pas cela.
J'ai agi comme je pensais que le gouvernement le souhaiterait.
Mais, malheureusement, j'ignore tout des affaires de l'État.
Ce n'est pas vrai.
Tu n'ignores rien.
Sauf... Peut-être une chose.
Laquelle ? J'ai vu le médecin ce matin.
Et il m'a dit que je ne vais pas tarder à faire de toi un père.
Tu fais de moi l'homme le plus heureux du monde.
J'ai la triste tâche de devoir informer Lady Hamilton que je viens d'être relevé
de mon poste d'ambassadeur.
J'en suis désolé, monsieur.
J'ai reçu mes ordres par le même courrier.
Mon successeur est déjà en route pour Naples.
Nous partons pour Londres immédiatement.
Bonne chance.
Et que Dieu vous bénisse, Nelson.
Que Dieu vous accompagne, monsieur.
Vous vous sentez mal ? Non, c'est rien.
Une disposition.
Je me sens assez fatigué depuis ces dernières semaines. Vous devriez peut
-être...
reprendre la mer.
Oh, mon chéri.
Combien de temps allons-nous être encore séparés ? Je te jure de remporter cette
bataille et de revenir très vite.
Le voyage a été trop dur et trop long pour lui.
Il a besoin des soins les plus attentifs. J'y veillerai.
Qu'est-ce qu'il y a, Emma ? Le bébé.
Je crois qu'il a décidé de venir au monde.
Jusqu'à quand je devrais être près de William ? Je vais tout de suite t
'emmener dans ta chambre.
Dorénavant, je m'occuperai de tout.
Emma ! Emma !
Qu'est-ce qu'il y a, William ? Vous avez besoin de moi ? Je...
Je voulais vous parler.
Et je... Je suis conscient, la fin approche.
Je... Je vous ai aimé.
Même... Même si les apparences... Je sais, William.
J'ai fait mon testament.
Je pense être montré juste envers tous.
Mais il y a pourtant une chose que j'ai remise.
Je voudrais que vous la notiez.
Oui ? Le petit portrait que Beaune a fait de vous.
Je veux que vous le remettiez à mon cher ami Lord Nelson.
C'est l'homme.
Lord Hamilton vous lègue l'autre moitié, Sir Charles. Je tiens à vous informer
que je suis prêt à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour vous empêcher de
toucher quoi que ce soit de l'héritage de mon oncle.
Et moi, je prouverai que vous avez tort.
La volonté de Lord Hamilton de subvenir à mes besoins est inattaquable. Et je me
ferai un plaisir de vous empêcher d'en profiter.
Vous avez toujours tremblé devant votre oncle de son vivant.
Mais le courage ne vous manque pas pour piétiner... Taisez-vous.
Ni vos insultes, ni vos jolies phrases ne me feront changer d'avis.
Et je ne vous conseille pas d'aller jusqu'au procès.
Le scandale n'a jamais profité à quiconque.
Et particulièrement lorsqu'il s'agit d'un amiral. Mais Charles, j'ai un
enfant.
Un enfant de Lord Nelson.
J'avoue qu'il me serait extrêmement pénible d'être obligé de révéler en
public les détails de votre vie privée.
Ne serait-ce que par respect pour sa femme, Lady Nelson.
Je me félicite de voir que vous le prenez si bien.
Peut-être perdrez-vous le sourire au moment où vous quitterez cette maison.
Il ne vous restera que votre titre et vous constaterez ce que vous aurez
perdu. Et j'aimerais de plus.
Vous êtes l'homme le plus vil que j'ai jamais rencontré, Charles Greville.
Mais il m'importe peu d'être dépouillée par vous de ce qui m'appartient.
Aussi longtemps que je conserve le plus précieux de tous les biens.
Et vous ne pouvez rien contre cela.
Quel est ce bien si précieux ? L'amour.
Ça va ? Oui, merci.
Horatia, tu peux être... Ton père vient de remporter une grande victoire pour
toi.
Et maintenant, il va bientôt revenir.
Ah, Laurie.
Tous nos ennuis vont être terminés. La vie va être belle et joyeuse maintenant.
J'ai longtemps espéré cet instant, mon amour.
Tu vas vraiment rester ? Oui.
J'ai écrit à l'amirauté.
On m'a accordé la permission de demeurer à Londres. Nous entrons enfin dans une
ère de paix.
Et nous allons vivre ici ensemble.
Mais oui.
Et aux yeux de tous.
Et tu ne m'as pas dit ce que tu pensais du domaine que j'ai acheté pour nous.
Je n'avais jamais rien rêvé de pareil.
Entre, ma chérie.
Tu connais Lord Godfrey, bien sûr.
Le premier lord de l'amirauté, c'est dérangeant pour nous rendre visite. Cela
ne présage rien de bon, je le crains.
Et tu as raison.
La flotte française vient de forcer le blocus et nous savons qu'elle se prépare
à livrer bataille.
Et peut-être même à envahir l'Angleterre.
Et c'est à Lord Nelson que l'amirauté vient s'adresser, madame.
Je suis venu lui offrir le commandement du Victory et le grade d'amiral
commandant la flotte britannique.
Et je suppose qu'il va accepter.
Il est parfaitement libre de refuser.
J'accepte et j'en suis fier.
Si l'Angleterre est à nouveau en guerre, tu ne supporteras pas de vivre ici. Vaut
mieux que tu partes.
une brave et obéissante petite fille. Oui, papa.
Tu vas remporter une grande victoire.
Tu reviendras bientôt pour ne plus repartir.
Transmet ce message aux hommes.
L'Angleterre attend de chacun de ses marins qu'il passe son devoir jusqu'au
bout.
Le téméraire à tribord se rapproche. Il est à moins d'une encablure, monsieur.
Il en risque à la bordade. Eh bien, nous allons nous préparer à l'air sauvage.
La commande du gouverneur ne répond plus. Il faut le transporter
immédiatement.
Monsieur,
nous
avons remporté une grande victoire.
Le travail de Trafalgar est gagné.
dire au revoir à papa ? Non, Rassia.
Nous lui avons dit au revoir à la maison.
Comme il le souhaitait.
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