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Original subtitles

Moi je voudrais faire du vrai cinéma.

Sortir complètement du X.

Je sais que je captes bien la lumière. Que j'intéresse des gens.

En fait, tout ce qu'il me faut, c'est une bonne proposition.

Une seule, mais la bonne.

Sinon je risque d'être coincée ici.

Et je veux pas rester coincée ici.

Ce serait trop dur.

Je sors à peine de mon coma et je tombe sur ta sale gueule ! Ça va ?

Faut vraiment être con pour se battre encore à ton âge !

On m'a pas laissé le temps de me poser la question. J'avais pas ouvert la bouche que j'étais déjà KO.

Ah oui, j'ai perdu un peu en vivacité.

Émilie, mais qu'est-ce que t'as fait de ta crête ?

- Et tes cheveux sont où ? - Ça fait plaisir de te voir.

Toi aussi.

Dis donc, t'en as contacté beaucoup des vieux fantômes comme ça ?

J'ai balancé l'info que tu t'étais fait tabassé.

Et ils se sont sentis un peu concernés... inquiets même.

Vite fait, quand même.

Hier, on s'est retrouvé pour chercher Vernon dans le parc.

Y a un de ses fans qui l'avait repéré, alors forcément.

On a parlé à plein de SDF mais aucun n'a vu Vernon, donc on s'inquiète.

- C'est pour moi. - Attends, on boirait pas un petit coup, quand même ?

Quand je me suis réveillé de mon coma, j'ai tapé un délire, j'ai vraiment flippé.

Vous savez ce que m'a dit ce connard de médecin ?

Delirium tremens dû à un sevrage d'alcool.

Tu fais 10 ans d'études, ou 15, ou 125 j'en sais rien, pour dire une connerie pareille !

Un mec inconscient qui boit de l'alcool.

Est-ce que dans la perfusion, ils m'ont mis de l'alcool ? Non, évidemment je suis en manque !

Du coup Monsieur, je vais vous prendre svp un double whiskey sec.

- Non, ce serait bien qu'on y aille. - Viens, on s'en jette un. On va trinquer, eh !

On va trinquer à notre mauvaise conscience. C'est un peu ce qui nous réunit ou pas ?

On l'a tous un peu foutu dehors, Vernon. Je dis ça, je dis rien.

C'est Sylvie. Elle arrive.

Sylvie ? Attends, t'as râtissé hyper large !

Elle a envie de se rattraper.

Faut croire que Vernon fait ressortir le bon côté des gens.

- Vas-y, on y va. - J'arrive.

Dis donc, c'est bien ce manteau, c'est quoi ? C'est un truc pour faire du cirque ?

- T'y connais rien. Allez viens. - C'est japonais ?

- Allô. C'est qui ? - Aïcha, c'est le diable. Je te dérange pas.

Non, mais t'as de la chance. Je peux te parler. Mon père vient de sortir.

Il arrête pas de me fliquer depuis Barcelone. T'imagines que ça n'a pas été simple !

Tu vas lui laisser un petit mot et tu vas rappliquer chez moi, d'accord ?

Mais pourquoi ? Même pas en rêve ! C'est quoi ton délire ?

C'est important. C'est à propos de ta mère.

Je t'envoie l'adresse.

Aïcha ? Ça va ?

Y a ta meuf qui vient de m'appeler. T'es au courant ?

Non, mais c'est plus ma meuf, en fait.

Ah, OK.

Désolée, alors.

Et elle t'a dit quoi ? C'est la merde ?

Rien. Juste que c'est sur ma mère et qu'elle veut que j'aille la voir.

Du coup, je t'appelle, tu vois.

Non. Je suis désolée mais je peux pas.

- C'est compliqué. Je veux plus la voir. - T'es sérieuse ?

Tu vas me laisser chez cette vieille sorcière toute seule ?

Écoute, appelle Pamela. Elle est à Paris, je crois.

C'est pas toi qui m'a dit qu'on choisit pas avec qui on vit les chocs ?

Ben moi, c'est avec toi.

- Bon on cherche un gars avec les cheveux longs... - Coucou !

Je vous embrasse pas, mais le cœur y est.

Gaëlle, Émilie, bonjour.

Putain, ça fait une vie !

- Et c'est la Hyène, ça ? - Ouais.

C'est la nouvelle amie de Xavier.

D'ailleurs je te remercie de me l'avoir présentée, vraiment.

Enfin Sylvie, elle m'a dit qu'elle était productrice. Je pouvais pas savoir qui elle...

Bon, je propose qu'on fasse des groupes. Genre deux par deux.

Chacun part d'un côté. Vous deux vers le haut, vous deux vers le lac.

Moi je pars avec Daniel. Il est pas loin, je le sens.

- Allez, on y va. On s'appelle. - À tout à l'heure.

Mais toi, ça va.

- Mais je suis défigurée, Xavier. - Mais non, enfin.

Bon elle a dit le lac.

Il est mince. Il a les cheveux bruns et de très beaux yeux, un peu abîmés.

- Il a des boots, aussi. - Ah ouais ?

Tenez, hop ! Ce sera plus simple comme ça.

Oh là là ! Putain, il est beau ! C'est ton mec ?

C'est ton keum ? T'as dû bien le faire chier, le gars !

Il s'appelle Vernon.

Il paraît que y a pas longtemps on l'a vu avec une dame comme vous.

- Une grande rousse. - Ah ouais ? La Olga ?

Vous savez où on peut la trouver, cette Olga ?

Olga ? À cette heure-là ? Là-bas sous les voûtes.

- À côté des voies ferrées. - Merci beaucoup.

- Je vais juste récupérer... - Ah oui, pardon.

Donnez-moi votre 06. On sait jamais, au cas où je le rencontre, votre gus.

- Eh ! « Chef de projet ». - Oh là là, Madame !

- Tisane ? - Ouais.

Assieds-toi, tu seras mieux.

- Merci. - Je vais te faire écouter quelqu'un.

Mais faut que tu sois prête à entendre des choses pas faciles.

Après, si tu veux, on parlera. D'accord ?

Toi, si tu veux, on parlera pas.

Mais c'est quand même bien que tu sois là.

Satana est morte.

Et j'ai rien dit.

Sur le coup, j'ai trouvé ça normal.

Triste mais... logique, quoi.

Ça va ?

T'es résurrecté ?

Je suis sûr que c'est grâce à mes oranges.

Tiens !

Voilà la suite du petit-dej.

Moi c'est Charles.

C'est pas un room service cinq étoiles, ça ?

Oh, vas-y doucement.

Faut pas te rendre malade, non plus.

Tiens, tapisse avec ça.

Tu sais que tu m'as fait peur, toi ?

T'étais vraiment pas bien, mon con. Donne.

J'ai dû te donner la becquée pour avaler tes cachets.

Ça va mieux, là, hein ?

La morsure... dégueulasse... de l'angoisse.

Je la sens plus.

Eh ben c'est bien. C'est un bon début.

Tu veux des nouvelles du monde ?

T'es au courant qu'il y a une tribu de maboules qui te cherchent là en bas ?

Tu vois de qui il s'agit ?

J'sais plus.

J'ai emprunté... deux ou trois trucs

-...pour une personne. - Ouais.

En même temps, ils ont pas l'air de te vouloir du mal, hein.

Juste, ils se font un peu de souci.

Mais moi je respecte. T'as largué les amarres. T'as pas envie de les voir.

Comme tu veux.

Mais bon, moi je serais toi,

je descendrais les voir. Tu verras bien.

Vas-y, tu le retrouveras, ton banc. Je te le garde. Je te le promets.

J'sais pas.

C'est l'autre monde.

« C'est l'autre monde. »

- Subutex ? - Vernon ?

- T'es là ? - N'habite plus à cette adresse !

- Oh malheur ! - C'est bon, je la connais. Salut !

Ça va ? Ah excuse-moi, j'avais pas vu. Putain, ça a pas l'air d'aller.

Côte cassée. Enfin, je crois.

À ce qui paraît, on peut rien faire. Faut que ça se ressoude tout seul.

- Du coup, j'attends. - Eh ouais.

- C'est quoi ça ? - Ben c'est les copines.

Les copines, Olga. Olga, les copines.

- Bonjour. - T'es pas mort, au fait ?

J'ai fait un petit coma. Un truc à vivre dans une vie.

Ça remet en perspective.

- Et ta chienne, ça va ? - Ouais, ça va. Elle tient le choc.

Oh, écoutez, je suis désolée. Est-ce que vous avez revu Vernon ?

- Il est où ? - T'es qui, toi ?

T'es la brésilienne dont il m'a parlé, c'est ça ?

Non ! T'es pas le genre à avoir une queue, toi hein ?

Ben il est pas là, votre Monsieur Beaux-Yeux.

- Mais il va revenir, je le sais. - Ah bon, comment tu le sais ?

Allez, viens voir !

Il est arrivé comme ça, tout seul, droit vers moi.

- C'est un signe, non ? - Ben, c'est un petit chien, quoi.

On va boire au retour du fils prodigue.

Non, parce que tout le monde dit « fils prodige », mais c'est le « fils prodigue » dans la Bible,

celui qui a tout claqué. Tu vois la différence ? Allez !

Oh ben voilà. Attends, pas trop non plus.

- Allô ? Allô ? Oui ? - Santé à vous !

Oui, on est toujours là.

OK. C'est le mec de tout à l'heure. Vernon veut nous voir. Allô ?

On y va.

- On arrive. Venez, venez. - Désolée.

Elle était tombée dans un engrenage de...

partouses qui payent bien.

Des trucs crades.

Aux mains d'un mec que ça excitait de la foutre en l'air, de la payer en came.

Elle se faisait prendre par les puissants.

Elle se faisait pisser dessus.

Et les mecs avaient commencé à l'attacher dans une cave.

Des trucs sado-maso...

Il en avait jamais assez.

Elle m'avait répété cent fois.

Il a dit qu'il allait me tuer.

Je sais pas où aller me cacher. Il a dit qu'il allait me tuer.

Putain d'enfoiré en chemise blanche.

Laurent Dopalet.

On peut pas l'abattre. Trop puissant.

On peut pas le descendre.

Si ça avait été un smicard qui lui avait fait vivre cet enfer...

Faut que j'y aille.

J'suis désolée.

J'en ai pas pour longtemps, mais vous bougez pas, d'accord ? Je reviens.

Hop hop hop ! Eh mec ?

Ça va ou quoi ? Salut, c'est moi.

C'est moi. C'est Xavier. Tu me remets ou pas ? On est là, d'accord ?

Tu m'entends ou pas ?

Attends, tranquille.

Sinon je demande une petite aspirine.

Tu peux dormir à la maison ce soir.

- Il veut pas dormir chez nous. - Eh ben, comme ça il sera indépendant.

Il va pas vouloir venir chez moi.

Il peut venir aussi chez moi.

Si je mange, il mange.

Je t'expliquerai...

Putain, qu'est-ce qu'elle fout là, celle-là ?

C'est elle qui m'a défigurée.

C'est toi, Vernon Subutex ?

C'est moi qu'aie tes K7.

Je vais vous les montrer.

- Comment ça, à qui « vous » ? - Vous tous. Toute la bande.

Non, elle nous embrouille, là. Elle nous manipule.

Vous êtes tous concernés par cette histoire.

ChangesOne.

ChangesOneBowie.

1976.

La pochette.

Si ça avait été un smicard qui lui avait fait vivre cet enfer,

peut-être que je me serais bougé un peu plus.

- Mais Dopalet, c'est de la grosse pointure. - ¡ Hijo de puta !

Elle est morte peu de temps après.

Mélange médocs / alcool / cocaïne.

Et son cœur n'a pas tenu.

Bonjour ici Anaïs. Là je peux pas vous répondre, mais laissez-moi un message et je vous rappelle. À tout à l'heure.

D'habitude, j'aime bien quand tu dis « à tout à l'heure » mais là, je vois pas pourquoi, je le sens pas.

Où est-ce que vous êtes ? En train de faire une connerie ?

Tout le monde a tout de suite pensé au suicide.

Parce qu'elle avait fait du porno.

Et qu'on croit que toutes ces filles-là ont toutes envie de mourir.

Qu'est-ce que tu crois que j'ai fait ?

Tu crois que j'ai appelé un journaliste de ma connaissance pour lui dire

« Faudrait peut-être regarder ça d'un peu plus près. »

Non, putain. J'ai rien fait.

J'ai mis mon plus beau costard.

J'suis allé à son enterrement.

Et j'ai chialé derrière mes Ray-Ban comme un lâche.

Comme un vendu.

Comme un putain d'esclave que les bourgeois tiennent par les couilles.

Quand elle est morte, c'est...

C'est là que j'ai su ce que c'était.

De vivre et...

et de faire tout comme les vivants.

Mais sans vraiment être là.

J'avais disparu, Vernon.

Corps et âme engloutis.

Putain mec, comment tu peux dormir ?

Je suis là, j'ai besoin de parler, j'ai des choses à dire depuis longtemps.

Et toi, tu pionces !

Des fois, quand je suis bien défoncé, je l'appelle.

Je lui dis que je sais tout, que je vais tout balancer.

Il aime pas ça.

Il me répond que je devrais faire attention à moi.

Bien attention à moi.

Et tu vois, là il me tient.

Le plagiat, quoi !

Ce coup-là, je l'ai pas vu venir.

Putain de traquenard.

Je me suis sorti de tout, tu sais ?

Mais de ça, je sais qu'on en revient pas.

C'est aussi pour ça que je m'en vais.

Tu comprends, Vernon ?

Arrêtez !

- Ta gueule ! Gros porc ! - Mais je l'ai pas tuée.

Gros porc dégueulasse ! Regarde dans ton appareil.

On va faire une photo qu'on va envoyer à tous tes contacts.

Comme ça ils sauront. Regarde la caméra.

Allez, on se casse, vite. Gros porc !

Qu'est-ce que vous faites ? Vous allez où là ?

Ça va ?

Attends, laisse-toi faire.

Oh putain !

Attends.

Oh putain !

C'est pas vrai !

Tu fais un petit rush d'énergie, là.

Le prends pas mal, mais je vais te rafraîchir.

Pardon.

Il faut que tu m'aides.

Dis-leur...

que je veux rester dehors.

C'est mieux.

J'ai besoin.

C'est trop de... voix... de plafond.

Et Alex,

je veux lui rendre hommage.

Dehors.

Faut que ce soit dehors.

Avec tout le monde.

Et je vais disperser ses sons.

Qu'ils s'envolent.

Et qu'on danse.

Tout le monde.

OK.

Nous ne serons pas solides.

Nous nous défilerons.

Nous ne serons pas purs.

Nous nous faufilerons.

Nous ne serons ni braves, ni droits.

Nous ne serons pas des héros.

Nous ne serons pas conquérants.

Du bois tordu qui fait l'humanité,

nous ne chercherons pas à faire de l'acier.

Nous oublierons, nous pardonnerons,

Nous serons les faibles et les doux.

Nous n'aurons ni drapeau ni territoire.

Nous sommes les vaincus et nous sommes des milliers.

Nous cherchons un passage.

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