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Original subtitles

Pour mon père, ma mère n'a jamais existé.

C'est par son tatouage que je l'ai reconnue.

Même pas par son visage.

Normalement, l'œil d'Isis, c'est la victoire du bien sur le mal. Mais là non.

J'aurais préféré me coudre les yeux plutôt que de voir ça.

Mais il le fallait. Allah connaît tout, de toute façon.

Mon père aussi est religieux, mais il le sait pas.

Aussi strict qu'un religieux. Moral, aussi.

Mais un jour, c'était en juin, je me suis levée de table et je lui ai dit :

je vais faire ma prière.

Et là il m'a regardée depuis l'évier et il m'a fait : va-t-en, je veux plus te voir !

Il pense que c'est pour faire chier, mais en fait pas du tout.

L'islam, c'est aussi pour lui.

Parce que tout ce qu'il m'a appris, je l'ai retrouvé tel quel la première fois que j'ai entendu un imam.

La même chose.

Alors, pour ma mère, j'ai besoin de savoir.

Même si je pourrai jamais en parler à personne.

Ni à mon père, ni à mes copines et ni à l'imam.

Encore moins à l'imam.

C'est pas de bol alors. C'est tombé sur moi.

Vous êtes pas choquable. Ça se voit tout de suite : vous êtes pas récupérable.

Ça doit être ça.

- On va où ? - On va chez Hertz.

C'est hors de question. Je monte pas sur un deux-roues.

D'accord, c'est noté. Une chambre double pour jeudi. Merci, au revoir.

Bonjour.

Je suis content que ce soit vous. Bonjour, ouais.

Parce que vous m'avez fait confiance hier soir. C'est cool.

- Ça va, c'est rien. - Franchement. Ah si.

Alors tiens : ça c'est pour cette nuit.

Tiens, je te paye une nuit d'avance. On remercie Karl Marx au passage.

Pourquoi Karl Marx ?

Parce que ça se vend carrément hyper bien en Pléiade.

C'est ce qu'ils m'ont dit.

Et puis comme tu dois être sûrement prise à déjeuner...

je vais faire simple : un paquet de chips. T'as de la bière ?

- Ouais. - Vas-y.

- 5 €. - 5 € ?

- Tiens. - Merci.

Ben à tout à l'heure.

- La moins chère. - OK. Ça sera celle-ci.

La voilà. La voici.

Elle marche ? C'est bon, je peux essayer ?

Ah non, excusez-moi. Il faut payer d'abord.

C'est 39 €. C'est marqué juste ici.

Ouais, OK, je vais la prendre. Le truc, c'est que là...

sur moi j'ai que 30 €, mais...

-...on va s'arranger - Non, M., on ne fait pas de prix.

Non, c'est pas une question de faire un prix. Attendez, les hôtels sont pas donnés.

Donc c'est tout ce que j'ai sur moi.

Comme vous êtes très professionnel et que c'est pour une urgence professionnelle.

- Vous me la rendez, M. - Je comprends. Y a pas de souci.

Aucun problème. Mais regardez...

La caméra, j'en ai pour deux heures.

Max... trois heures maximum. Je me mets juste là dans le café.

Entre vous et moi. Ça reste entre nous.

- C'est même pas de l'allocs. Je vous donne les 30 €. - On ne fait pas de prêt.

Vous me la rendez, svp. M. lâchez la caméra.

Vous êtes un légaliste. Ça arrive à des gens très bien.

- Je peux fermer la vitre, M. ? - 2 sec. Juste avant.

- C'est pas possible, ça ! - Je vous propose quelque chose. Regardez.

- Regardez. C'est pas du toc. - M. je ne m'occupe pas de ça. C'est fermé.

Le guichet est fermé. il ferme à midi. Voilà, revenez demain.

- J'aimerais fermer ma vitrine. - OK, le monde va bien.

J'ai vendu Karl Marx pour un paquet de chips

et on est là comme deux pauvres pauvres à se battre pour une caméra pourrie, OK.

C'est génial Putain, les gars, wake up !

Merde !

Ben va voir, si tu veux. C'est éducatif.

C'est quoi le plan ? Pourquoi on est là ?

Parce que Pamela Kant a tagué ce bar, donc on ouvre l'œil.

On parle aux filles, on déniche le bon tuyau.

Si Pamela Kant passe sa vie sur Instagram, pourquoi on la contacte pas directement ?

Parce que je l'ai fait et qu'elle répond pas.

Peut-être que votre tête lui revient pas. Je vais essayer, moi.

C'est ça, ouais. Sortir du porno, c'est difficile. Beaucoup plus difficile que d'y entrer.

Les meufs font gaffe. Elles changent de nom, elles planquent leur adresse.

Elles se méfient du premier stalkeur de base. Encore plus, à mon avis, d'une stalkeuse à foulard.

Tu vois ?

Tiens, regarde.

Ouais, Pamela Kant. Elle, là, c'est qui ?

Une autre copine de ta mère.

Elle s'est installée ici en même temps que Pamela. Depuis, c'est comme si elle avait disparu.

Zéro photo. Tagué nulle part.

Donc le plan, c'est on va dans les bars à gouine,

on attend que Pamela Kant ou cette fille disparue se pointe pour un mojito ?

Waouh, super l'enquête. Vous devez être payée cher, non ?

Assez oui.

Allez viens.

M... merci.

Merci beaucoup.

D'où vous savez vous battre comme ça ?

Ça aide pour faire parler les gens.

Rien de tel que la violence pour bien communiquer.

Comment t'es arrivée jusqu'à moi, alors ?

J'ai lu toutes les interviews d'Alex, partout où je pouvais.

Et il parle tout le temps de ton magasin, le Revolver.

Feu mon magasin, tu veux dire.

Décidément, c'est le deuil de tout en ce moment.

- Ouais. - Santé. Allez.

Il disait que c'était là qu'il avait découvert le rock.

Que tu lui avais dépucelé les oreilles.

Ah bon ?

Et toi, tu t'es dépucelée où ?

Un peu partout.

J'ai eu une grosse période métal, et puis j'ai rencontré Alex.

En fait, je sais pas, c'est dingue. Avant d'écouter ses disques,

Je savais même pas que j'étais capable de ressentir ça, de ressentir des émotions aussi profondes.

C'est pour ça que pour moi c'est vital d'écrire ce livre. C'est une évidence.

OK.

Je t'ai googlée vite fait.

T'as écrit des tonnes de trucs sur lui. Mais alors depuis 2 ans, rien.

T'as plus rien signé. Pas une interview, pas une pige.

Qu'est-ce qui se passe ? Y a une couille ?

Excuse-moi d'être insistant, mais avec ce qu'Alex a subi...

Non, non, non, mais tu sais, il était en cure, déjà.

Et puis j'ai été un peu trop loin dans l'honnêteté, quoi.

Il m'avait confiée que son dernier album était de la merde, du coup je l'ai écrit.

Il m'en a voulu. Il m'a blacklisté. Mais voilà, ça allait passer, je sais.

Sa manageuse m'avait appelée. On devait se voir et puis...

Tu connais la suite, quoi.

Je peux te dire un truc que tu garderas pour toi ?

Ouais, vas-y.

J'ai des cassettes DV d'Alex.

Un témoignage inédit.

Jamais entendu par personne.

- Même toi, t'as pas écouté ? - Non.

Mais t'es un malade ! T'as un trésor, là !

- T'as une caméra DV chez toi ? - Ouais.

Enfin elle est à mon mec. Mais demain il part en festival.

On sera plus tranquille sans lui, non ?

J'sais pas. Demain à 17 h, t'es libre ?

Euh... 17 h... ouais.

Maudite soit la chatte pourrie de ta mère qui t'a eu, en gros.

Pute de bourgeois.

- Va crever, bâtard de violeur. - Oui, là, j'avais compris.

Tu parles super bien espagnol, toi.

Ben, j'ai fait Erasmus à Bilbao.

Après, y a pas que des insultes, y a aussi des fresques très graphiques, visuelles, inventives.

J'ai pigé, t'inquiète pas. C'est des boliviennes qui se mettent à plusieurs

et qui prennent leur pied à pourrir la baraque d'un pauvre mec.

Elle est où, la fiction, là-dedans ?

Je pensais plus à une série-documentaire.

- Vous savez, un petit peu à la... - OK, OK, le genre, c'est quoi ?

Gore, gonzo, lesbo, gaucho, série Z ?

Anaïs, je t'ai pas engagée comme traductrice mais comme productrice.

Une productrice est censée comprendre le public.

Je te demande de quoi a envie le public ?

Ben, de bons films,

qui parlent du monde d'aujourd'hui.

Non, t'es largué. Le public a envie d'une seule chose, de rêver.

- Si on veut. Je suis pas tellement d'accord. - Tu crois les gens vont se taper 9 épisodes de ça ?

Tu crois que ça fait rêver, ça ?

Tu crois que je fais ce métier pour me faire insulter dans mon bureau par une camionneuse ?

Tu crois que j'ai envie de me retrouver sur un plateau de tournage entouré de graffitis dégueulasses ?

Des goudous hystéros, qui font débander dans la seconde ?

Non mais oh ! On va où, la ?

Toi, tu prends tes merdes et tu dégages. Traduis.

Salut. C'est Anaïs. Je te dérange pas ?

Salut, Mme je-suis-pas-bipolaire.

C'est Dopalet qui t'envoie aux nouvelles ? Technique de l'appât ?

Pas du tout, au contraire. Je me suis fritté avec lui.

Tu sais, le truc des Boliviennes ?

J'ai essayé de lui parler mais il est complètement borné.

Sympa d'avoir de tes nouvelles, mais j'ai une règle.

À part pour le boulot, on m'appelle pas, sinon.

Ah OK. Ben je savais pas.

- Tu me files ta ligne perso ? - J'ai pas de ligne perso. Courage.

Si t'es au bureau, profites-en pour dire à ton boss qu'il arrête de me soûler avec ses textos.

C'est insupportable. Allez salut.

- Salut, ça va ? - Et toi ? - Ouais.

- Viens. - Cool.

Alors ton mec est pas là ?

Non, il est à Dijon. Il sonorise dans un festival.

Ça dure tout le week-end.

La DV est sur l'étagère, t'as vu ?

Dans les bras de Bobby Smith, le nounours.

Tes œufs, tu les aimes bien cuit ?

Ouais, comme tu veux.

C'est juste que j'avais faim et je peux pas me concentrer l'estomac vide.

Là avec les cassettes, faut que je sois hyper focus.

Ouais, euh... Lydia, écoute, euh...

Je vais être honnête avec toi, parce que tu m'as l'air d'être une fille bien.

Je vais pas te la faire à l'envers. Pour pas que tu sois déçue.

Donc je te propose des règles.

Première règle : une cassette, je la regarde d'abord moi tout seul.

Après on discute d'Alex. Et je décide des moments que je te montrerai.

- Ça te va. - Ouais, OK.

Et les autres règles, c'est quoi ?

Ceinture.

Ben oui, il se passera rien entre nous.

J'ai passé l'âge de me retrouver en calbute dans la rue parce que l'ingé son est rentré plus tôt que prévu.

Comme tu veux, ouais.

- Bon ap, alors. - Magnifique.

Ben ouais, c'est ma spécialité. Love ciboulette, tu connais ?

Dis donc, t'as un copain, t'as vu ?

- Ah c'est Tobby. - C'est Tobby ? - Ben ouais.

Allez, fais tes affaires.

- Mais euh... - C'est ton jour de chance. Tu pars à Barcelone.

Mais quoi ? Comment ça ? Là aujourd'hui ?

La Hyène m'a appelé. Apparemment elle a besoin de toi. Elle veut que tu prennes le premier train.

Faut que t'arrêtes d'agresser les gens en parlant. Faut que t'arrêtes de faire la gueule, surtout.

De toute façon, elle est par là, parce que c'est pas là qu'elle est passée.

Sinon, on peut aussi aller voir à la Sampla.

C'est ton genre ? Un petit costaud, un peu macho ?

Le tatouage sur son cou, c'est l'œil d'Isis.

Non, c'est pas un macho.

Ça te va bien, la moustache. C'est réussi.

- Ça te va trop bien. - On se connaît ?

- De Paris ? - Non, pas directement.

Je suis avec une jeune fille là-bas qui aimerait beaucoup discuté avec toi.

C'est à propos de sa mère, Vodka Satana. Ça te parle ?

Je te jure qu'avec un petit peu d'imagination, tu vas voir la ressemblance.

Tu viens ?

Aïcha.

- Je te présente... j'imagine que c'est plus Debby ? - Daniel.

Écoute ça.

Écoute ça, putain.

C'est mes sons alpha.

Je te jure, tu comprendras.

Tu vois je me suis dit, j'ai bien des tatouages, j'ai bien fait du X, j'ai fumé du crack.

Alors pourquoi je deviendrais pas un mec ? Je m'étais déjà fait augmenter la poitrine.

Alors pourquoi pas tout enlever, hein ?

En tous cas, Daniela a un succès de dingue avec les meufs.

C'est super pour lui. Et même pour le reste.

Les mecs s'aident tellement entre eux. Ils se trouvent du boulot en un quart-d'heure.

C'est dément comme tout est plus facile pour eux.

Moi, ça fait des années que je me défonce pour un projet et rien. Que des galères.

Pourtant, c'est une super bonne idée.

Elle veut écrire un manuel d'éducation pornographique pour les enfants.

Non, c'est vrai quoi.

On peut pas télécharger une série sans voir des meufs sucer des bites.

Il va bien falloir leur en parler. J'ai pas raison ?

Ou alors on supprime internet.

C'est vrai. Dans certains pays, ils le font.

- Et puis ça arrangerait pas mal de choses. - Ouhlà !

Moi par exemple, je savais rien sur ma mère. Absolument rien.

À part qu'elle s'était barrée quand j'avais cinq ans.

Et puis d'un coup, les mecs de l'immeuble où j'habitait ont commencé à m'appeler Aïcha Satana.

Alors j'ai voulu savoir. J'ai voulu comprendre. J'ai tapé Satana sur Google. Voilà.

Internet, c'est ça. C'est que du cul.

Et le pire, c'est que j'ai rien trouvé d'autre sur elle.

- Alors quand La Hyène est passée... - La Hyène, c'est qui, c'est toi ?

Ouais c'est ça.

- Pourquoi t'es là, en fait ? - Je suis productrice.

Je travaille pour les Films d'Opale. On est en train de faire un film hommage à Alex Bleach.

C'est comme ça que j'ai rencontré Aïcha. Je cherchais un scénariste,

qui était proche d'Alex et de toute la bande à l'époque. Il a aussi travaillé dans le porno.

C'est pas Xavier machin ? Le mec qui a fait Ma seule étoile.

Mais putain !

On est là pour parler à la petite de sa mère, c'est tout.

Pas pour nourrir des charognards.

Ta mère était une meuf géniale.

Faut que tu le saches, d'accord ?

Elle parlait de toi.

Elle disait que le X lui avait tout donné, mais que ça lui avait pris sa fille.

Je la tuerais si elle était encore vivante.

Tu parles !

Tu lui ferais des câlins et tu l'adorerais.

Tout le monde adorait ta mère.

Elle est ouf, mec.

Même dans ses pires états, son corps reste connecté.

Rien qu'à la regarder bouger, je sais si le morceau est bon.

Tu tapes trop, là. Putain. Faut gérer, bébé.

Le seul qui gère ici, c'est Mister Revolver.

Il nous survivra tous.

J'imagine trop la scène.

Toi, à cinq ans, en petite jupe sur les genoux de ton papa.

Et il te dit : Déborah, ma petite fille, retiens bien une chose.

Si un jour une lesbienne qui s'appelle La Hyène vient te renifler le cul, tu sais quoi faire.

Tu lui balances direct le nom et le n° de téléphone de tes amis.

Ça va. Xavier, ça peut l'intéresser. On sait pas.

Donc toi tu mouilles tellement de te faire brancher dans les bars que tu te poses plus jamais de questions ?

C'est ça ? - Arrête.

T'as changé de nom. T'as changé de genre,

de n° de téléphone 750 fois, et ils te retrouvent comme ça ?

En attendant, j'ai retrouvé la fille de Satana. Ça te fait rien, toi ?

Si. Pour la protéger mieux que sa mère. C'est à nous de le faire, pas à La Hyène.

Oh non, tu te réveilles déjà.

- Faut bien se rhabiller. - Non, non, faut pas.

Oh putain, il est énorme, celui-là.

Ah mais c'est Flea ! Ah non c'est Lemmy.

OK.

Tu donnes des noms de bassistes à tous tes cafards ?

Ben ouais. C'est des mecs de l'ombre.

Mais souvent, c'est eux qui survivent le plus longtemps du groupe.

J'aime bien, chez toi.

- Mais tu vas pas pouvoir rester. - Ouais, je sais.

L'ingé-son, Dijon, festival... t'inquiète.

Je checke juste les deux autres K7 et je me tire, OK ?

OK.

Je me suis fait expulser, moi.

Viré de chez moi, et tout le bordel avec les huissiers.

Tu le crois, ça ?

- Putain, mais c'est la merde. - Ha, c'est la merde, ouais.

Tant qu'il y a une fille sympa quelque part, ça va.

Le plus dur, c'est bizarre. Mais c'est les objets, quoi.

Ils ont dû les foutre dans des caisses, ou chépaquoi.

Ils attendent que je paye, mais...

avec quoi ?

Tu vois, c'est comme si...

comme s'il y avait un cordon invisible qui me reliait à ces choses.

Et quand elles seront dispersées,

je pourrai me dissoudre dans l'espace.

Waouh ! C'est ton mec ?

Ben j'sais pas mais il a les clefs.

Putain, il est où, ce bâtard ?

- Ne me touchez pas ! - Elle se croit où ? C'est chez moi !

J'en étais sûr ! Qui t'es, toi ?

- Tu te crois où ? - Eh mais c'est qui ?

Chez les singes ? Chez les putains de bonobos, c'est ça ?

Tu lui as bien mis ta bite de pervers dans tous les trous ?

Oh, je suis polie. Je vous vouvoie, d'accord ?

En attendant, si j'étais vous, je ferais bien attention, parce qu'il va vous tirer

toutes vos affaires.

Vos sales petites peluches poilues de merde. Tiens, barre-toi, enculé !

- Rends-moi tout ce que tu m'a pris, putain. - Ah, mon blouson !

Qu'est-ce que je t'ai fais ?

Je vais appeler les flics.

Me touche pas. Appelez-les, appelez-les.

Comme ça ils choperont cette raclure de merde. Donne-moi ça !

Tu la voulais ? Eh ben tiens, ta caméra de merde !

Putain, Sylvie, merde !

- Rends-moi tout. - Du calme.

Regarde, je voulais pas la vendre alors calme-toi, d'accord ?

Je voulais revenir t'expliquer, OK ? Tu me laisses le temps ?

Y a des trucs que tu sais pas, OK ?

Mais elle a rien à voir là-dedans. C'est entre toi et moi. Donc on va descendre

et je vais te raconter tout ça. D'accord, ça marche.

Qu'est-ce que je sais pas.

Je vais te l'expliquer. OK, c'est cool.

C'est cool.

On se casse.

On se casse d'ici. Je veux la buter, elle.

- Non, elle a rien à voir... - Ça remonte, ça remonte.

- Tu prends un café ? - Rien à foutre de ton café.

Tu sais que j'ai été chez les flics. Que j'ai porté plainte, t'es au courant ?

- Vol, abus de pouvoir, recel. - Eh, c'est bon. Calme-toi.

Ils m'ont dit d'y aller à fond. Les gars de ton espèce...

OK, j'aurais pas dû le faire ce que j'ai fais. On est d'accord.

Voilà, je sais pas ce qui m'a pris. Je... J'ai eu peur.

- T'as eu peur de moi ? - Ouais, voilà.

Mais comment tu peux avoir peur de moi ?

Je t'ouvre ma maison, mon cœur mon lit. Je t'ouvre tout.

Et toi t'as peur de moi ? - Ben ouais.

Ah non mais...

faut te faire aider !

Ouais, ouais. Bien sûr. T'as raison. C'est clair.

Tu as besoin de te faire aider. Je vais m'occuper de ça.

Je vais te soigner, moi.

On va aller à la maison, tu vas m'expliquer tout ça.

Juste avant, je vais remonter 2 min et m'excuser un peu pour le...

- Putain, c'est vrai, j'ai honte. - T'inquiète. Juste du matériel. Pas de souci.

Je remonte avec toi. Je vais la dédommager.

Non, tu sais quoi, ça sert à rien. Franchement, écoute-moi.

Laisse-moi. Je vais arranger ça. Attends-moi ici 2 min, OK ?

NON ! Non, je te crois pas, tu vas encore me la faire à l'envers !

Tu vas encore te barrer comme un voleur de merde !

- T'es dingue. - Quoi, moi je suis dingue ?

C'est ça ! Tu te fous de ma gueule ou quoi ?

- Lâche-moi. Lâche-moi. - Non, je te lâche pas, t'entends ?

Au secours, aidez-moi.

Il m'a tout volé. Tout volé.

- Lâchez-la ! - Faites quelque chose !

Oh putain.

Ola ! Bienvenido !

T'as l'air contente de me voir.

T'as l'air contente de m'attendre.

T'as faim ? T'as mangé un truc dans le train ?

Tout va bien maintenant.

Commence pas ça. Tu vas le regretter toute ta vie. Ne dis plus jamais ça !

Je suis pas toute seule. Faut que je te présente quelqu'un.

Ah ouais ?

Aïcha, je te présente Anaïs.

- Enchantée. - Enchantée.

Si tu veux rentrer, je comprends.

Y a un train dans une heure. On peut aller chercher tes affaires. T'en as vu assez depuis deux jours, non ?

T'inquiète. Je sais encaisser.

Et puis j'ai envie de voir la ville.

OK.

Pourquoi t'es là ?

T'avais besoin de moi, non ? C'est Dopalet qui m'a dit ça.

En fait non. J'ai le nom du scénariste.

- On va devoir repartir. - Mais comment il s'appelle ?

Xavier Fardin. C'est un mec de seconde zone.

Pourquoi c'est si urgent qu'on rentre ? Moi je viens d'arriver.

Dopalet supporterait mal que quelqu'un d'autre chope le plan pendant qu'on bouffe des churros.

Donc profite bien parce qu'on va repartir ce soir.

T'es déçue ?

Oh non, tu sais, moi,

12 heures de train aller-retour pour un tour de manège, j'adore.

T'aimes pas les sensations fortes ?

Si, au contraire.

Mais là, je trouve ça un peu pépère.

Attends d'arriver en haut. Tu vas voir.

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