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Original subtitles

Sonnerie de t�l�phone.

Vers la fin du 20e si�cle, le t�l�phone sonne chez l'diot.

Il termine son travail

et se pr�pare � passer

l'une de ces soir�es tranquilles qu'on trouve encore en Europe,

� mi-distance des for�ts de l'Allemagne du Sud

et des lacs du nord de l'talie.

L� ! L� !

Le t�l�phone sonne, l�.

La voix est inconnue, polie, mais autoritaire.

En haut lieu, on veut bien pardonner � l'diot ses p�ch�s,

mais il doit faire vite.

Inventer une histoire, la filmer,

et livrer la copie dans la capitale.

Il faut que le film commence son exploitation le soir m�me.

Une automobile attendra l'ldiot dans le garage du bas de la vall�e,

et un billet d'avion, � l'a�roport.

� ce prix, mais � ce prix seulement,

l'diot sera pardonn�.

On vous attend, Prince.

On vous attend, Prince !

Allez !

Apr�s �a, vous allez � Wimbledon ?

Bon, alors ? Vous allez � Wimbledon, Prince ?

Ah ! Wimbledon, autrefois...

Il siffle.

Aujourd'hui aussi, c'est pas mal. Oh, aujourd'hui...

Il crache et pousse des cris.

Bon, allons-y. Allez !

Allez !

*Musique classique.

Non. Ne touchez � rien.

Ne touchez � rien !

Voil�.

Avancez, maintenant.

D�p�chez-vous, Idiot !

Il soupire.

Grognements d'effort.

Voil�. Redressez-vous.

Reculez !

Baissez-vous.

Voil�... Avancez.

Allez, avancez.

Oui, bon... Faites comme vous voulez.

Le moteur vrombit. Il donne des coups d'acc�l�rateur.

Abruti !

C'est comme �a.

- Salaud ! Salaud !

(Voix de Catherine Ringer) *C'est comme �a

La, la, la, la

�a suffit. J'y vais seul. Non !

S'il vous pla�t, non ! Allez, loin du bal.

Un avion passe dans le ciel.

Oh, ce que c'est joli, �a !

Oh, �a brille.

C'est magnifique. �a vaut cher ?

Je ne sais pas, madame.

Il y a quelque chose dedans ?

Oh...

Essais au clavier.

Il faut que je descende d'une octave.

C'est o� ? Attends.

Essais avec une bo�te a rythme et un clavier.

Le rythme s'acc�l�re.

Variations de rythme.

�a fait une �ternit� que l'Homme attend.

Et il se demande... Exactement. Il se demande

s'il y a une diff�rence...

La mort est le chemin vers la lumi�re.

On peut ricaner, mais on le sait quand on est revenu.

Enfin, revenu de quelque chose qui lui ressemble.

Peut-�tre de la musique.

Mais ce qui va surgir vient des temps anciens.

J'arrive pas � refaire la batterie.

Rythme de batterie rapide sur la bo�te � rythme.

T�l�phone. Merde !

Ressac des vagues.

Ressac des vagues.

Il est l�.

Qui?

L'individu.

�a fait maintenant une �ternit� que l'Homme attend.

Et il se demande... Exactement. Il se demande

s'il y a une diff�rence entre l'idiot, l'individu,

et lui, l'Homme.

Est-ce que vous �tes fran�ais ?

Au contraire.

Alors, vous avez invent� quelque chose ?

Mais la r�ponse est souvent confuse, et l'histoire, assez embrouill�e.

Il d�cide donc de ne pas faire trop d'histoires. Ni rire ni pleurer.

Mieux vaut laisser l'�ternit� rester fid�le � elle-m�me.

Les cris,

les chuchotements, �a ne compte pas.

Et alors, l'individu s'en va.

Il part et l'Homme part aussi.

Eh oui.

Il part du principe que la conversation entre inconnus

est impossible.

Non, pas la vie !

Respiration haletante.

Pas l'amour.

Un corps tombe.

Que des gens puissent �changer des propos, je l'admets.

Disons un mari

et une femme qui �changent des caresses ou un billet de train.

Mais pour moi, des conversations de ce genre,

c'est du th��tre, inutilement.

Le rideau n'est jamais vraiment lev�.

Alors, entre individus qui se voient pour la premi�re fois, c'est pire.

Non, pas la mort.

Pas la politique.

Non !

Non !

Non.

Non !

Notes de musique classique au piano.

*Les Rita Mitsouko :Andy.

Dis-moi oui, cette fois-ci

Enfin, quand m�me, un orchestre doit travailler s�rieusement.

Non, pas la libert�.

M�me pas le style.

Ah non, jamais �a !

Pas l'esclavage, pas le pouvoir.

*Les histoires d'amour finissent mal En g�n�ral

*Cris stridents

Non, pas la v�rit�.

Pas le th��tre.

Aidez-moi.

*La, la, la, la, la, la

Aidez-moi !

Le plus saisissant instant de fraternit� que je connaisse

et que j'aie invent�.

C'est un roman ?

Montrez-moi.

"Dans un h�tel de Pe'I'ra-Cava, je suis en train d'�crire la sc�ne

"o� les r�volutionnaires de Shangha� bless�s

"vont �tre jet�s dans le foyer de la locomotive.

"Katow a pu conserver son cyanure.

"Dans la nuit, sa main rencontre celle de Souen,

"jet�e � c�t� de lui, qui la serre.

"Je devine alors que Katow a d�pos� le cyanure

"dans la main qui vient d'�treindre la sienne."

Comment �a s'appelle ?

La Condition humaine.

Non.

Pas la m�moire.

Moteur d'avion qui d�colle.

*�change radiophonique.

*Vol 5220, descendez 3 000 pieds...

- l'�v�nement est trop grand.

Le temps n'est pas encore venu.

Il faut laisser aux actes le temps.

M�me s'ils doivent s'accomplir pour �tre vus et entendus.

Que cherchez-vous ? Votre billet est l� !

Allez ! Gentil, maintenant.

Je cherche Dieu.

Mademoiselle.

Monsieur.

H�las...

Qui peut savoir le destin qui m'am�ne ?

L'amour me fait ici chercher une inhumaine.

Mais qui sait ce qu'il doit ordonner de mon sort,

et si je viens chercher

ou la vie...

ou la mort ?

O� suis-je ? Qu'ai-je fait ?

Que dois-je faire encore ?

Quel transport me saisit?

Quel chagrin me d�vore ?

*Terminus Aviation a le regret d'informer les passagers

que le vol 12346

a destination de Fontainebleau, Dallas...

Voil�.

L'enregistrement est termin�.

* "est retard� de cinquante-deux heures.

Mais il y a �crit "OK" dessus, mademoiselle.

Je suis manager de vol. Il n'y a plus de "mademoiselle".

Ah bon ?

Manager ou m�nag�re ?

L'enregistrement est termin�.

Ce qui est �crit � la machine

a donc plus de valeur que ce qui est �crit � la main.

Je vais m'en acheter une. Pas de probl�me, Prince.

Merci. Enregistre-le.

L'employ� de Terminus Aviation s'excuse encore une fois.

Il dit � l'diot : "La fille ne sait pas que vous �tes le Prince.

"Elle est nouvelle." l'idiot r�pond : "Bonne nouvelle !"

Et puis, il r�fl�chit. Est-ce une nouvelle ou un roman ?

� ce moment-l�, le Fran�ais moyen s'approche de l'diot

et lui demande s'il sait ce que Goethe a dit avant de mourir.

�crire un roman, c'est long.

�a n'en vaut pas la peine. Si, �a en vaut la peine.

"H�las, non", dit l'diot. Le Fran�ais moyen crie :

"�a suffit comme �a. C'est �a que Goethe a dit avant de mourir."

Pourquoi un �crivain ne peut pas �crire vite ?

Vous avez vu mon mari?

Pourquoi est-il forc� de se faire du souci,

de tourner en rond et de boire du caf� ?

Alors le papa dit � la maman...

Pour fabriquer un roman,

il faut �tre un ange.

...que NOUS,

nous sommes les seuls � exister, en dehors de l'�me.

Mais en m�me temps,

nous sommes toujours � l'int�rieur de l'�me.

Aussi, parfois,

l'un de nous devient un ange.

C'est mieux, comme son. C'est ce qu'on avait hier.

*Partie instrumentale de C'est comme �a.

C'est mieux.

Fais voir aujourd'hui. On a vu celle d'hier.

C'�tait mieux hier.

C'�tait mieux, le son d'hier.

Hier, c'�tait mieux.

Elle chantonne.

J'aime bien la petite cloche. Ding, ding !

Tu veux �couter ou on refait?

Au d�but, j'ai merd�, parce que j'ai r�gl�, l�.

Oui. On peut refaire.

Tu vois bien que c'est pas bon.

�a va, quand je reprends le th�me ?

Euh... Il faudrait trouver autre chose ?

Oui, mais pas tout le temps. Je cherche...

Justement. Parfois, tu arr�tes,

tu �coutes, et puis, �a permet de...

de te mettre un peu en retrait. L�, t'es trop dedans.

C'est pareil � la basse. Le fait d'avoir arr�t�,

quand je reprends, �a me permet d'�tre frais de nouveau.

Reprends un peu avant.

File veux pas �abandonner, mon b�b�

Comment on a commenc�, hier ?

Je veux pas nous achever, tu sais

C'est pas que je veuille te nuire

Ni que je veuille m'enfuir

Il me faut prendre le frais C'est vrai

H�, h�, h�

Merde.

Oh, le bruit qu'on entend, l�... On est tous au micro.

Regarde, pour la balance...

A�e. A�e !

*Solo de guitare de C'est comme �a.

Elle chantonne.

Il joue la ligne de basse.

Pas mal.

Tu m'entends bien ?

�a d�pend si je chante fort.

Fort, tu m'entends mieux.

Elle chante fort.

Tu m'entends, quand je chante comme �a ?

Elle chante plus bas.

Je peux me rapprocher... �a change rien.

Tu t'entends pas ? Hein ?

Tu t'entends mal ? J'ai un son trop creux.

�a doit �tre la r�verbe. J'en enl�ve.

C'est mieux.

Elle fredonne.

Voil�, c'est plus clair.

Il joue.

Elle chante.

On recommence ?

�a va, la basse ?

Je rentre, maintenant.

Je rentre, hein.

Je reste. Je travaille encore un peu.

Elle fait des essais de voix.

Je fais comme une fl�te. C'est pas mal pour trouver la voix.

Elle chantonne.

La direction de Paris ? De l'autre c�t�.

Monsieur, la direction de Paris ?

La direction de Paris ?

Mais c'est la Fourmi !

Comment �a va, Fourmi?

Mais c'est la Fourmi.

Comment �a va, Fourmi?

C'est la Fourmi.

Fourmi !

Fourmi ! Vous ne me reconnaissez pas ?

Bonjour, Cigale.

Monsieur.

Alors, Fourmi, qu'est-ce que vous devenez ?

La fourmi fait du remue-m�nage.

Je travaille ! Je travaille !

Comme d'habitude.

Des oiseaux chantent.

Et vous, Cigale, �a va toujours ?

Formidable, Fourmi.

Formidable.

Formidable.

*Les Rita Mitsouko : Stupid Anyway.

I tried every man

J'arrive de Monte-Carlo.

And I'm stupid anyway

C'est le fils des avions TWA et des cognacs Hennessy.

On va se marier, mardi prochain, a New York.

Mais d'abord...

Il faut d'abord...

que je repasse � Paris.

On habite maintenant l'h�tel particulier des Visconti.

Je dois passer chez Dior m'acheter des robes. Je n'en ai presque plus.

Et puis, demain soir,

on d�ne avec l'ambassadeur du Br�sil.

Il nous invite � l'Op�ra.

Stupid Anyway!

C'est la premi�re de West Side Story.

Il y aura Coppola.

On va me pr�senter.

Peut-�tre que je devrai faire un saut � Londres, aussi.

Si on a le temps, on ira voir la finale de Wimbledon.

L'oncle de mon fianc� conna�t tr�s bien la reine d'Angleterre.

Alors, la direction de Paris ? Tout droit !

Fourmi, si vous avez besoin de quelque chose � Paris, dites-le.

Il d�marre le moteur.

Peut-�tre.

Quoi ?

T�l�phonez de ma part � monsieur de La Fontaine

et dites-lui que je l'emmerde !

*Catherine Ringer fait des essais de voix.

Les Rita Mitsouko : Un soir un chien.

Quand tu l'as d�cid�

Tu m'as laiss�e

Mais je suis rest�e attach�e Si tu viens me retrouver

N'oublie pas tes petits souliers

N'oublie pas

De les lacer serr� A t'aimer

Attach�e

Oui, je crois que c'est mieux.

�a part.

*Intro de Un soir un chien.

Si tu viens me retrouver

N'oublie pas tes petits souliers

N'oublie pas de les lasser serr�

Remets au d�but.

C'est un gros son...

Si tu viens

Me retrouver

N'oublie pas

Tes petits souliers

N'oublie pas

De les lacer

Serr�

Avec tes chevilles entrav�es

Qu'est-ce que tu me plais

*Les histoires d'A Les histoires d'A

Les histoires d'amour finissent mal

Les histoires d'amour finissent mal En...

Mais je...

*Les histoires d'amour finissent mal En g�n�ral

...Serai � tes pieds

� tes pieds, je m'allongerai

Le froid du carrelage

Contre mon corps

�cras�e

D'amour

Je t'adore

Je t'adore

Oh, je t'adore

Cela ne remonte pas jusqu'� ma bouche et mes l�vres.

Cela ressuscite.

La plus humble des cr�ations ne dialogue

qu'avec la m�tamorphose qui l'attire dans son propre myst�re.

Plus loin que la r�volte.

Plus loin que la r�conciliation.

Riv�e par la pesanteur

Je ne pourrai pas tomber plus bas

Je ne pourrai pas

Tomber plus bas

Le moteur se met en marche.

Il s'arr�te brusquement.

Un avion passe.

D�p�chons.

Vite.

Vite !

On n'a pas que �a � faire.

Coup de sifflet.

*C'est comme �a La la la la la

Coups de sifflet r�p�t�s.

Vous savez ce que Goethe a d�clar� avant de mourir ?

�a suffit comme �a !

"Dieu est mort.

"Dieu reste mort. C'est nous qui l'avons tu�."

Non ! Termin�. A la queue !

Pas vous, Prince. Pas vous.

J'ai trouv� un banquier. On vous ach�te votre film.

Merci. Il est avec les bagages.

Non, � l'arriv�e ! A l'arriv�e.

Je vous le donne � l'arriv�e. Apr�s vous.

Amiral !

Amiral, amiral...

Amiral, j'ai perdu mon mari.

On s'en fout, comtesse.

Elle siffle.

0/15.

Love, fifteen.

Top chrono !

Le pilote essaie de d�marrer le moteur.

On recommence ?

Gentils, l�-dedans !

Mademoiselle, que vous �tes belle !

Tout � l'heure.

Le moteur cale.

*1, 2, 3, 4...

*Intro � la batterie de Someone To Love, des Rita Mitsouko.

15/A.

Fifteen, fifteen.

*I found someone to love I found someone

I found someone to love I found someone

Mon c�ur, d�sesp�r� de tant d'ingratitude,

ne peut plus de son sort souffrir l'incertitude.

D�gage, voyou !

Melissa, te penche pas � la fen�tre.

C'est craindre, menacer et g�mir trop longtemps.

Je meurs si je vous perds, mais je meurs si j'attends.

Coup de sifflet.

*I found someone

Coup de sifflet.

Le croirai-je, Seigneur, qu'un reste de tendresse

vous fasse ici chercher une triste princesse ?

Ou ne dois-je imputer qu'� votre seul devoir

l'heureux empressement qui vous porte � me voir ?

- La porte est ferm�e. Le check avant est mis en route.

Vous avez l'air triste.

Il est toujours un peu triste

de quitter la terre.

- Parce que vous regrettez quelque chose. Ou quelqu'un.

Non, madame.

Le moteur se met en route.

Et pourtant, il a vraiment une expression de regret.

En m�me temps, il y a un sourire.

Oui, madame. C'est le regret souriant.

Il surgit parfois, le soir,

au moment o� le soir s'endort

et stabilise les t�n�bres,

et quand les heures respirent � peine.

Et aussi, quand la solitude � elle seule

est d�j� un remords.

Avec �a ! Il y a soit le regret, soit le sourire.

Le moteur s'arr�te. Non, madame.

Aucun des deux, sourire ou regret, n'est ensemble.

- H�las !

- Le temps, ici,

est vertical. H�las !

Le sentiment est ici r�versible ou, pour mieux dire,

la r�versibilit� de l'�tre est ici sentimentalis�e.

Le sourire regrette.

Et le regret... sourit.

Je peux ? Le regret console.

- "J'ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul,

"Les hommes au visage br�lant, d�compos�,

"montrer les plus terribles passions,

"et grimacer de telle mani�re

"que les loups auront peur. Souvent, je me suis demand�

"quelle chose �tait la plus facile � reconna�tre :

"la profondeur de l'oc�an

"ou la profondeur du c�ur humain ?

"Je te salue, vieil oc�an."

"JE TE SALUE, VIEIL OC�AN."

"Dis-moi donc si tu es la demeure du prince des t�n�bres.

"Dis-le-moi.

"Dis-le-moi. Il faut que tu me le dises.

"Parce que je me r�jouirai de savoir l'enfer

"si pr�s de l'Homme."

"Je te salue, vieil oc�an." Pas encore !

"Par cons�quent, une fois encore, je veux te saluer, vieil oc�an

"aux vagues de cristal. Tu es plus beau que la nuit.

"R�ponds-moi, oc�an. Veux-tu �tre mon fr�re ?

"D�roule tes vagues �pouvantables, oc�an hideux,

"et devant lequel je tombe.

"Je te salue, vieil oc�an."

Maintenant !

"JE TE SALUE, VIEIL OC�AN."

La porte claque.

*T�l�vision.

Il enclenche le magn�tophone.

*Plus bas.

Chaque ann�e, je parle plus bas.

Quand j'y pense...

Non, �a ne va pas.

Quand viennent ceux qui m'ont connu,

c'est comme si...

Alors, quoi...

Je sais pas.

Il fallait pas commencer.

Il arr�te le magn�tophone.

Entre.

La sensation.

Le vent souffle.

*Toujours...

eu la sensation qu'il y aura dans moi quelqu'un d'assassin�.

Voix d'enfants qui jouent sur la plage.

Non !

Avant la naissance.

Cris d'enfants.

*Les Rita Mitsouko : Un soir un chien.

Quand m�me

Par terre

Attach�e

� t'aimer

� t'aimer

an-

Bien s�r, qu'il faudra lui redonner la vie.

*C'est �a qui rend le travail tr�s difficile.

Mais �a fait partie de la d�tresse.

Cependant, je dois continuer.

Je...

Je dois gagner...

Assez de cette salope de premi�re personne !

*C'est ainsi qu'il parle.

Qu'il se parle.

Cet apr�s-midi l�.

Ici, sur terre.

Il n' Va Glu . e mon.

Et une voix qui ne fait pas de bruit,

parce qu'elle ne va vers personne.

La porte claque.

Il arr�te le magn�tophone.

Ainsi,

le soir...

Ainsi, le soir, quelqu'un chuchote dans ma chambre.

Mais est-ce le vent ou mes anc�tres ?

Les Occidentaux et d'autres croient qu'il existe une chambre, la vie,

et une autre, l'au-del�.

Et que la mort est la porte par laquelle on passe

de l'une dans l'autre.

Mais pourquoi dramatisent-ils la porte ?

L'homme est n� pour la mort.

Il est n� pour la donner, s'il le d�cide.

Mais entrez, bon Dieu !

Mais dans aucune civilisation, aucune,

les hommes n'ont d�cid� de choisir leur mort.

Ne pas choisir de na�tre suffit, pourtant.

Quelquefois...

on se demande si on est sur la bonne plan�te.

*Les Rita Mitsouko : Tonite.

Et � cet instant,

le Fran�ais moyen se met � hurler :

'Que faisions-nous, lorsque nous d�tachions cette Terre du Soleil ?"

Qui nous a donn� l'�ponge pour effacer l'horizon ?

Ne tombons-nous pas sans cesse ?

Ne voyez-vous pas venir la nuit?

Et toujours la nuit?

*Il y avait eu un acte.

Il avait �t� fait en sa faveur.

Il n'avait pas eu

� ouvrir les yeux.

La douceur les ouvrait pour lui.

Il n'avait pas � respirer.

Il �tait respir�.

Une image �tait apparue...

o� la nuit �tait restitu�e � elle-m�me.

Est-ce que vous �tes finlandaise ?

*Tonite You just wanna go to my house

You just wanna go to my bed

Il y a que les Finlandaises pour avoir des yeux de braise.

Tonite

You think I like your love

Fracas des vagues.

Est-ce que vous �tes hollandaise ?

Il y a que les Hollandaises pour avoir des yeux de braise.

*La la la la

*Vous pleuriez pour que vienne la nuit. Elle tombe.

Maintenant, pleurez dans l'obscurit�.

D'abord, les gens sont plus malheureux qu'on ne le croit.

Et puis, le fond de tout,

c'est qu'il n'y a pas de grandes personnes.

Musique blues.

Oh, retour au pays natal.

Oh, retour de celui qui n'a plus besoin d'�tre un invit�.

Oh, quand donc la fin allait-elle appara�tre ?

O� allait-elle appara�tre ?

Quand la mal�diction allait-elle se briser ?

C'est la premi�re prise. �a a l'air d'aller.

C'est mieux.

Tu refais Une fille � colorier ? Oui. l'intro est parfaite.

On reprend l�-dedans.

Je garde ce qu'on faisait pas avant. Ouais. Une fille � colorier.

*C'est comme �a

Je te dirai... Le premier ?

Solo de guitare blues.

Tu veux faire d'abord une ligne de bavardage, comme �a ?

Y avait-il un dernier degr� dans l'amplification du silence ?

Il semble � l'individu que oui.

Voil�.

Voil�.

Voil� !

Parfait.

Mais combien,

oh, combien de sanglots, pour un air de guitare ?

*Le morceau reprend.

Mais ce qui va surgir

vient des temps anciens.

*Cris d'oiseaux.

Ressac.

Tonite

You think I like your love

You... na na na to disturb

Oh...

Tonite

Mais d'abord, pourquoi toujours pourquoi?

Dans le vide,

la moindre cr�ation devient miracle.

Il se souvient qu'autrefois, dans le vide,

l'acte le plus humble d'h�ro�sme ou d'amour

n'�tait pas moins myst�rieux que le supplice.

Cris d'enfants qui jouent.

*Et ce soir-l�

*Et ce soir-l�

Nous sommes rentr�s

Je me souviens que la rue racontait

Des histoires de ce bar

Et quand on est entr�s Une fille dansait

Autour d'un juke-box

Voix d'enfants.

Qui reprenait

Ce th�me un peu ray�, us� et �cul�

Tonite

You just wanna go

To my house

You just wanna go

To my bed

Voix d'enfants.

*Ligne de basse de Tonite

Voix d'enfants.

You think I like your love

You just wanna go to my house

And I don't care

I don't care

Tonite

Mais ce qui va surgir vient des temps anciens.

To my house

You just wanna go to my bed

Oh, oh, tonne

Tonite

Cela ne remonte pas jusqu'� ma bouche et mes l�vres.

Cela ressuscite. Et cette lutte avec la mort

conserve sa voix profonde,

m�me en face de l'�ternit�.

I would like a bigger piece of pie, please.

I'd like a bigger piece of pie, please.

J'aimerais une tarte plus grande.

*US, go home!

- Active, Simone !

Oh, la bonne soupe ! J'aimerais une tarte plus grande !

*US, go home!

Mmh...

Mmh... Merci!

Je voudrais une tarte plus grande. 3o/a. Thirty, thirty.

- Active, Simone. J'ai d'autres choses � faire.

*US, go home!

- 40/30. - �galit�, �galit� 1

- Simone, merde !

*US, go home!

Une tarte encore plus grande ! Active, Simone. Merde !

Balle de match !

Voil�, monsieur.

Merci, Simone. Comme vous �tes bonne.

L'un des plus beaux paysages de la C�te d'Azur...

Non, je pense pas.

*Pas de changement, Prince, pour le film ? Votre oui est oui ?

*- H�las.

H�las.

H�las.

H�las.

H�las, il arrive souvent que les mots servent � d�guiser les faits.

Voil� ce qui se passe maintenant. L'idiot parle � la grand-m�re.

Il est un peu faussement solennel,

mais il dit : "Madame, il ne faut pas �tre triste pour rien.

"Tout d�pend du commentaire."

Et l'diot ajoute :

"Un �crivain argentin a m�me d�clar�

"que c'�tait une folie d'�crire des livres.

"Mieux vaut faire semblant que ces livres existent d�j�."

C'est un malentendu que de voir dans Mai 68

l'origine de l'individualisme.

Celui-ci r�sulte de l'�chec, je dis bien l'�chec, de Mai 68.

Et cet �chec �tait interne.

C'est pas des armes, tout �a.

Vous avez vu la tronche de Lendl ?

Ou celle de ce pauvre Leconte, quand il a gagn� ?

"O� est all� Dieu ?", s'�cria-t-il.

"Je vais vous le dire. Nous l'avons tu�, vous et moi.

"Nous tous sommes ses assassins."

Qu'est-ce que la guerre, cher ami,

sinon un �change de balles ?

"Comment avons-nous pu boire la mer tout enti�re ?

"Qui nous a donn� la force pour effacer tout l'horizon ?

"Que faisions-nous, lorsque nous d�tachions cette Terre

"de son Soleil?" Qu'est-ce qu'elle a de mieux que moi?

Un whisky avec de l'eau. Il y en a pas.

"Y a-t-il encore un 'en haut', un 'en bas' ?"

- Autre chose ?

Pourquoi Dosto'I'evski est-il obs�d� par, je lis :

"le supplice d'un enfant innocent par une brute" ?

Mais d'abord, pourquoi toujours pourquoi?

L'expression "un sourire idiot" vient-elle de l'Idiot,

ou a-t-elle �t� invent�e pour l'diot ou contre lui?

Si l'diot est capable de sourire,

c'est simplement qu'il garde espoir.

Il se souvient qu'autrefois, dans le vide,

l'acte le plus humble d'h�ro'I'sme ou d'amour n'�tait pas moins myst�rieux

que le supplice.

Dans le vide.

Dans le vide, la moindre cr�ation devient miracle.

Plus timide, mais non moins �trange et fascinante,

car elle joue avec la m�tamorphose et partage son secret.

Plus loin que la r�volte.

Plus loin que la r�conciliation.

*Instructions radio.

Cris de terreur.

*Dix mille excuses, mais je m'�tais endormi

et j'avais oubli� de mettre le pilotage automatique.

- J'aurais aim� que mon mari me regarde comme �a.

- Il ne l'a jamais fait ?

Cris.

- C'est avant, que j'aurais voulu,

quand j'avais vingt ans.

Pleurs.

Vous avez trouv� ?

Alors, vous l'avez trouv�e ?

Une femme rit aux �clats.

D�p�chez-vous un peu !

Pauvre type !

Je t'aime, tu sais. Je sais.

Non, laisse-moi.

Tiens, regarde.

La femme rit.

*Rythme de batterie.

Je vais te montrer comment on put.

Attends.

Mets-toi en face de moi, l�.

Tu te mets devant ta balle.

Ta balle sur le pied gauche.

Tu remontes doucement, et hop !

Ouvre un peu tes pieds. Voil�. Ici.

Et tu l'envoies.

Il faut pas regarder ? Non. Bouge pas la t�te.

Allez. Ah, pas terrible.

Oui. Le commentaire.

Voil� ce qui se passe et sous nos yeux. Tout est simple.

�a se passe de commentaire.

OK ?

Viens, on va rejouer celle-l�.

Je vais la faire. Recommence.

Bien dans l'axe.

Rien n'apparaissait encore,

car au-dessus du silence des voix lumineuses du r�ve,

un silence encore plus profond s'�tait miraculeusement d�ploy�.

Doucement.

- Comme �a ?

Monte pas autant que �a. Pas pour ces coups-l�.

Recule-toi un peu. Ouvre tes jambes.

Plie tes genoux.

Regarde ta balle avec ton �il gauche.

Doucement. Tu as 2 m�tres � faire.

Voil�. Recommence.

Et ce silence �tait l'attente pure,

silencieuse

et miraculeuse,

par sa seule existence.

Une attente qui se d�posait comme une deuxi�me forme,

comme une forme plus riche,

autour de la forme du destin dans sa nudit�,

dont l'immobile rayonnement continuait � luire.

Qui se d�posait comme une seconde irradiation de la lumi�re,

comme si l'attente �tait d�j� un accroissement de richesse,

une irradiation encore plus forte.

Peut-�tre une seconde immensit� encore plus intense,

qui lui permit de recevoir a nouveau une irradiation du divin,

abolissant la mal�diction

� jamais.

C'�tait une attente sans direction.

Sans direction comme le rayonnement, et pourtant,

elle �tait orient�e vers le porteur m�me de cette attente,

vers le r�veur.

C'�tait, pour ainsi dire,

une exhortation qui lui �tait adress�e de faire un ultime effort.

Un ultime effort

pour sortir du r�ve, sortir du destin,

sortir du hasard, sortir de la forme,

sortir de lui-m�me.

*Les Rita Mitsouko : Clovm de mes malheurs.

Rire de femme.

Aie, aie, aie...

L'individu frissonna.

Ouvre un peu tes jambes.

Plie tes genoux. Voil�.

(Voix de Catherine Ringer) *On imagine parfois

Le vent souffl� de grains de sable

Un panoramique insatiable Coulissant d'envers en endroit

Une asp�rit� longitudinale

Un Pont-l'�v�que miroitant Un arc-en-ciel ph�nom�nal

Pi�tinant le soleil couchant

Si tu rentrais dans ma vie Pour te mettre au lit

Tu passerais par la faille Le trou de souris

Si tu rentrais dans ma vie

Qu'est-ce qu'on ferait ? Je ne sais pas, je ne veux pas savoir

Si tu rentrais dans ma vie Par cet entonnoir

- Je comprenais qu'il n'y a pas de mouvement hors du temps.

- Moi aussi.

- Mais je ne comprenais pas qu'il ne peut pas y avoir d'immobilit�.

- Moi non plus.

Mais maintenant, oui. Je le comprends.

- Tu penses qu'ils vont me tuer ?

Mon r�le n'est pas de penser.

Tu sais bien que je ne vais pas plus loin que la fronti�re.

Je reprends le train � 18 h 47.

Toi, tu continues avec eux.

Pourquoi Bruxelles ? Bruxelles !

Berlin, Varsovie,

Moscou, Novossibirsk.

Ouais.

Tu ne te souviens pas,

quand on jouait aux m�taphores ?

Le cygne sanglant.

Le corbeau.

Le toit de la baleine.

La mer.

La nuit fra�che.

Heinrich Heine, la mort.

Le sommeil de la terre.

La mort. Alfred de Vigny.

Le vieux rocking-chair.

La mort.

Lionel Hampton.

Non. Dizzy Gillespie.

Salaud !

Salaud !

Hy�ne puante ! Imb�cile !

Camarade.

Fasciste.

Tu te souviens, quand on jouait aux injures ?

On ne jouait pas.

Tu m'avais envoy� chez Berlitz pour apprendre le fran�ais.

Je n'ai jamais r�ussi a te faire parler fran�ais.

Je me souviens

de ceux qui sont morts � cause de �a. L'apprenti Maillot,

le lieutenant Moulin,

le grand Bill,

Pierre Overney.

Et la petite Odile. Elle avait un nom de village suisse.

Versois.

Mais si !

J'ai pass� 3 semaines � Berlitz.

Ils n'avaient jamais vu un Belge qui parlait aussi bien le fran�ais.

J'�tais fou de joie.

Alors dans un caf�, j'ai command� un jambon-beurre-cornichons

et un quart de rouge.

On m'a dit : "Vous �tes belge ?"

Moi je dis : "Mais comment vous savez ?"

L'autre type m'a dit : "Monsieur, ici, c'est une banque."

Laisse-moi partir !

Tu diras que je suis tomb� par la fen�tre.

En faisant quoi ?

En faisant quoi ?

*C'est comme �a

En faisant quoi ?

La la la la

J'essayais de regarder le derri�re d'une dame sous sa robe.

Son mari achetaitUAuto-Journal. Souviens-toi.

Je n'ai pas d'imagination. Je ne peux pas.

Salaud !

Tu parlais d'immobilit� et de mouvement.

Tu as toujours �t� un danger pour le mouvement.

Dans tes lettres, tu disais toujours :

"On a essuy� une d�faite, une catastrophe. Faut repartir de z�ro."

Tout ce que je sais,

c'est que l'on doit dire la v�rit� aux gens,

puisqu'ils la connaissent d�j�. C'est vous, les criminels.

C'est vous, les idiots ! Ha ! Regarde-toi.

Qui est idiot ?

Ceux qui r�vent � la libert�, mais qui ne peuvent pas bouger ?

Ou ceux qui sont libres de leurs mouvements ?

Ceux qui ont une arme.

C'est vrai.

C'est vrai.

On frappe. La porte s'ouvre.

Ce qui est vrai aussi, c'est que cette conversation devient inutile.

L'histoire n'a jamais tort.

L'histoire n'a jamais tort.

Toi et moi, on peut se tromper, mais pas l'histoire.

C'est quelque chose de plus grand que toi et moi.

L'histoire ignore les scrupules et les h�sitations.

� chaque virage, elle secoue la boue qui s'est attach�e � elle.

Et elle d�pose les cadavres des noy�s.

L'histoire conna�t son chemin.

*Mais Patrick n'est jamais reparu

Yeah yeah

La v�rit� est faite d'erreurs. �a, tu l'oublies.

- Peut-�tre que mon esprit oublie, mais pas mon corps.

- Explique-toi.

Il y a la souffrance.

Explique-toi.

Qu'est-ce qu'ils veulent de moi ?

Une confession compl�te.

Je ne sais rien.

On approche de la fronti�re.

- "Je n'ai pas la force de poursuivre,

"car je sens le moment venu de revenir parmi les hommes

"� l'aspect brutal. Mais courage.

"Accomplissons avec le sentiment du devoir

"notre destin�e sur terre.

"Je te salue,

"vieil oc�an..." Amiral...

*R�p�tition de Les Histoires d'A.

Les histoires d'amour finissent mal

an-

- Il faut partir, Seigneur.

0-15.

Sortons de ce palais.

Ou bien r�solvons-nous de n'en sortir jamais.

Tout est pr�t. On m'attend.

Ne suivez point mes pas.

Pour la derni�re fois,

adieu, Seigneur.

Il joue un rythme � la basse.

- H�las.

Les bo�tes sont l�. Formidable ! Donnez-les-moi.

- "�a suffit comme �a." C'est ce que Goethe a dit.

La mort est le chemin vers la lumi�re.

On peut ricaner, mais on le sait quand on est revenu.

Enfin, revenu de quelque chose qui lui ressemble.

- Prince est mort! Non, il embrasse le sol natal.

Prince, voil� le banquier dont on a parl�.

Bonjour, madame.

Je suis nouvelle, dans la banque.

C'est une bonne nouvelle.

Vous vendez votre film ? Vous avez dit oui ?

Oui.

Combien ?

Combien ? 10 dollars.

- Non ! Un million.

- Regardez ! �a roule, �a roule. Bon, 20 dollars.

- 500 000.

Ah oui...

On peut emporter votre machine pour taper le contrat ?

Regarde comme c'est joli,

comme �a brille.

Ce sont pas des cassettes vid�o. C'est un vrai film.

_ �a roule !

- On peut emporter la marchandise, pour v�rifier ?

Le plus dur dans le cin�ma, c'est de porter les bo�tes.

Vous me laissez quelque chose, en attendant?

�a vous va ?

Merci, madame.

Peut-�tre de la musique.

Musique rythm�e.

Sons �lectroniques

an-

Intro de Elle demande quelqu'un.

C'�tait une attente sans direction.

Elle demande quelqu'un

Sans direction comme le rayonnement, et pourtant...

Pour passer ses fins de matin�e

Elle �tait orient�e vers le porteur m�me de cette attente.

Vers le r�veur.

Elle demande

1, 2, 3, 4...

Il chantonne.

C'�tait, pour ainsi dire, une exhortation

qui lui �tait adress�e de faire un ultime effort,

un ultime effort cr�ateur pour sortir du r�ve,

sortir du destin,

sortir du hasard, de la forme,

sortir de lui-m�me.

�a descendait d'un demi-ton, par rapport � l'autre.

C'�tait ici, hein ?

L'individu frissonna.

R�p�tition de Les Histoires d'A.

Qu'est-ce que tu jouais ?

Moi, j'�tais l�.

Il joue la ligne de basse de Les Histoires d'A.

Elle l'accompagne � la guitare.

Les histoires d'amour finissent mal En g�n�ral

Il r�p�te � la basse.

Oui, c'est �a.

Elle r�p�te � la guitare.

*Les histoires d'amour finissent mal

Oui.

Le commentaire. Voil� ce qui se passe et sous nos yeux.

C'est pas l� qu'on devait r�p�ter. C'est l�.

Il r�p�te la ligne de basse.

Mais �a sonne pareil. Mais non !

Je fais un fa di�se. Tu fais un si.

Eh ben ? D'accord, c'est pareil.

J'avais r�p�t� comme �a. Non, jamais.

Tu confonds. C'est la m�me position, mais le doigt comme �a.

Ah oui, d'accord.

C'est pas pareil.

Elle reprend.

Arr�te de faire cette gueule.

Mais regarde ! Je peux pas jouer, si t'es �nerv�.

Je te le montre ! C'est infernal.

Regarde !

Il reprend � la basse.

J'entends. Pourquoi veux-tu que je regarde ?

�a sonne avec la basse.

Quand donc la fin allait-elle appara�tre ?

Qu'est-ce que t'as ? O� allait-elle appara�tre ?

Quand la mal�diction allait-elle se briser ?

Y avait-il un dernier degr� dans l'amplification du silence ?

Il semble � l'individu que oui.

Et apr�s ?

Ils reprennent Les Histoires d'A.

OK, faisons-le avec la voix.

Je m'aper�ois que dans le train, l'homme de la police

a oubli� de parler des morts,

oubli� de dire cette simple phrase :

"Qu'est-ce qu'on ferait, sans les morts ?"

Cette phrase

aurait �t� dite, alors que la fronti�re approchait.

Ambiance de match de football.

Musique �lectronique.

Je m'agite. Je cours.

Languissante,

abattue,

la force m'abandonne

et le repos me tue.

Je mourrai,

mais au moins, ma mort me vengera.

Je ne mourrai pas seule

et quelqu'un me suivra.

Adieu.

Je vais, le c�ur trop plein de votre image,

attendre, en vous aimant, la mort, pour mon partage.

Ne craignez point qu'une aveugle douleur

remplisse l'univers du bruit de mon malheur, madame.

Le seul bruit d'une mort que j'implore

vous fera souvenir que je vivais encore.

Adieu.

Ambiance de match. La foule crie de plus belle.

Bo�te � rythme qui imite les battements de c�ur.

Vous avez fait de la po�sie, � l'�cole ?

Platini !

Non.

Je me souviens d'une po�sie. Platini !

"Celui qui croyait au Ciel..."

Platini !

"Celui qui n'y croyait pas."

Platini !

On m'a pas appris �a, moi.

O� habitez-vous ?

Platini !

En g�n�ral, je loge � la belle �toile.

Moi, pour l'instant,

je crois bien que c'est � l'h�tel Terminus.

- Platini !

Musique �lectronique.

Platini !

Platini !

Platini !

L'individu frissonna

et, dans un ultime fracassement de la barri�re

du r�ve,

dans un ultime fracassement de toute image,

dans un ultime fracassement du souvenir,

le r�ve grandit en m�me temps que lui.

Sa pens�e devint plus grande que toute forme de pens�e.

Elle devint une deuxi�me immensit�.

Elle devint la loi

qui pr�side au d�veloppement du cristal,

�nonc�e dans le cristal, �nonc�e dans la musique,

mais au-del�,

�non�ant la musique du cristal.

(Dialogue entre Catherine Ringer et Fred Chichin)

...cette histoire de reprendre la chanson de Piaf.

Sur le break, quand on chante tous les deux,

� ce moment-l�, il faudrait que t'arr�tes la guitare.

- Je suis quasiment s�r qu'il faut louer une bo�te.

Sinon, �a va faire bizarre

avec cette chanson.

- Pour More Money ? Oui.

Et puis faire un solo de percussion, au milieu,

un machin comme �a.

Sinon, �a risque de faire un peu nu.

- On loue directement � New York ? Oui, sur place.

Avec un d�lai... Au niveau du son, ce sera plus brillant

que de faire une 48. �a permet de faire des solos.

On a utilis� plus de 32 ?

Sinon, je pensais mixer en digital,

pour avoir un son diff�rent.

Les digitales, c'est 32. Je sais pas si on est au-dessus de 32 pistes.

Je crois qu'on est � 36 pistes.

Oui, c'est le seul titre o� on avait utilis� 48 pistes.

Quand tu fais 32, tu dois garder 4 pistes pour le mix.

Tu fais 2 mix st�r�o et ensuite... Tu t'�nerves !

Ouais.

Ce qui est bien avec Andy,

c'est que ce qu'on n'avait pas pu faire avec Visconti...

On avait essay� de faire des trous,

des instruments qui arrivent, qui partent.

Finalement, on avait laiss� le mix tout plat.

Mais si c'est un remixer de New York,

�a peut donner des instruments qui arrivent, la batterie, la basse...

- C'est pas dr�le d'�tre une star, M. Villeret.

- Qu'est-ce que vous en savez ?

Si, je sais.

*I found someone to love

I found someone to love Found someone

Un acteur, c'est quelqu'un qui veut quitter l'homme.

L'homme avance sur le th��tre pour ne plus s'y reconna�tre.

- �tre acteur, ce n'est pas aimer appara�tre.

Au contraire, c'est �norm�ment aimer dispara�tre.

*Quelqu'un pour dormir Quelqu'un pour s'ennuyer

Quelqu'un � embrasser, � �nerver Quelqu'un � l�cher

Un acteur intelligent s'assassine lui-m�me, avant d'entrer.

Quelqu'un � regarder

Il n'entre pas en sc�ne

sans avoir march� par-dessus son corps

en le laissant pour chien mort.

Merde !

Gentil, maintenant.

- C'est moi qui commande !

C'est vous, Villeret ?

Oui. C'est vous, les Mitsouko ?

Avec ma femme, on a rachet� le film dans lequel vous jouez.

C'est quoi, cette histoire ?

Il sort dans une demi-heure � l'Eldorado.

Vous venez avec nous. Allez.

Vous m'avez fait mal ! Venez !

Loin du bal !

Brouhaha.

Je vous en prie, ne vous moquez pas de moi.

Je suis un tr�s vieil homme, tr�s sot, tr�s fou,

d'au moins soixante-vingt ans.

Non. Pas une heure ni de plus ni de moins.

Pour parler franc, je redoute de ne pas �tre au mieux...

de ma raison.

Je vous connais, il me semble, mais...

Je reste incertain, carj'ignore compl�tement quel est ce lieu

et n'ai rien dans ma t�te...

Je ne sais m�me pas � quoi j'ai r�v� cette nuit.

Quelle importance ?

M�me s'ils ne sont pas l�, allons-y tous les deux.

Allons-y.

Allez, on d�marre.

Mais c'est toi qui conduis, petite sotte.

Elle essaie de faire d�marrer la voiture.

*Partie instrumentale de Tonite, des Rita Mitsouko.

Les bo�tes de bobines tombent.

C'est charg�, monsieur!

Envoyez la projection !

Coup de sifflet.

You just wanna go to my house

You just wanna go

To my bed

And I don't care

Le mal existait-il encore ?

*Oh, tonne

La voix de l'Homme, incorpor�e au tissu de l'univers,

ne donnait pas de r�ponse.

Il semblait presque qu'il ne d�t pas y avoir de r�ponse avant le jour.

Comme si tout, de nouveau, n'�tait qu'une attente.

*La la la la

Une attente

de l'astre du jour.

Comme si plus rien d'autre, � c�t� de cela, n'�tait l�gitime.

Quelqu'un sifflote.

Cette fois, la conscience de leurs fautes les laisse sans parole.

Leur absence de parole les rend cette fois conscients

de leurs fautes.

*Je me souviens que la rue racontait

Des histoires de ce bar

Et quand on est entr�s Une fille dansait

Voyant ce silence,

l'Homme voulut ouvrir la bouche,

pour un cri muet d'effroi.

Mais tout en voyant encore ce silence,

presque avant de l'avoir vu, il ne le voit plus.

C'est parce qu'une derni�re fois, la nuit rassemble ses forces

pour vaincre la lumi�re.

Mais c'est dans le dos que la lumi�re va frapper la nuit.

Il allume le projecteur.

Mais c'est dans le dos que la lumi�re va frapper la nuit.

*Bo�te � rythme qui imite les battements de c�ur.

Et d'abord, tr�s doux, comme si on ne voulait pas l'effrayer,

le chuchotement que l'Homme

a d�j� per�u il y a longtemps,

oh, si longtemps,

bien avant

que l'Homme existe,

le chuchotement recommence.

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