Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Dans le système pénal américain,
le ministère public est représenté
par deux groupes distincts mais d'égale importance :
la police, qui enquête sur les crimes,
et le procureur, qui poursuit les criminels.
Voici leurs histoires.
Mec, je suis en train de rater 30 minutes de hip-hop sans pub,
offertes par Groove Master Milo sur Hot Mix 98.
Et moi, je n'ai pas assez dormi. Où est la voiture ?
- Quelque part par là. - Ouais.
Dommage que ce soit celle de Mlle Poletti. Elle me fait tourner la tête.
Yo ! Arrêtez-vous, elle est là.
Pourquoi vous l'embarquez ?
J'ai une tête à prendre les décisions, ici ?
Le papier dit de l'embarquer, je l'embarque.
J'espère que cette bagnole n'a pas d'alarme.
Il est bien trop tôt...
Hé, gamin !
Yo !
La vache.
Il a été tué sur place. Traumatisme crânien par objet contondant.
Il y a du sang sur le mur.
Quelqu'un a joué au handball avec sa tête.
Le match s'est déroulé entre 22 h et minuit.
- Sa voiture est dans le coin ? - Non.
On a fait chou blanc avec le gardien. Payson vérifie toutes les plaques.
Pas de portefeuille, pas de clés. Juste ça, dans la poche du pantalon.
On dirait de l'arabe.
La date est celle d'hier, 15h45.
"JFK", ça, j'ai compris.
Le 903, ça pourrait être le numéro d'un vol.
- Un de ses proches a peut-être débarqué. - Juste à temps pour les funérailles.
NEW YORK, POLICE JUDICIAIRE
En dehors des informations de vol, on a les initiales de quelqu'un, I.N.
Un passager avec ces initiales est monté à bord du 903, hier ?
Vol 903. Le Caire, New York, Los Angeles. Voyons.
Quatre passagers. Deux réservations pour Kennedy.
Des réservations ? On peut voir qui est descendu de l'avion ?
- Le système ne peut pas me le dire. - Qui le peut ?
Le service des douanes.
Chaque ressortissant étranger remplit une déclaration de douane.
"Durée de la visite. Adresse locale. Motif : professionnel ou privé."
C'est tout ce qu'il faut ?
S'il arrivait du Caire, il lui fallait un visa.
Avec l'Égypte, pas de dérogation.
- Où est-ce qu'on peut voir ces visas ? - Ils sont tamponnés sur le passeport.
Le ministère des Affaires étrangères vous donnera ces informations.
Ivar Nabib.
Trois ans.
Ismael Nasser.
Cinquante-quatre ans. Il séjourne à l'hôtel Wellman, sur la 57e.
"Durée du séjour : deux jours. Motif : raisons personnelles."
- Un chauve, avec un accent ? - À vous de nous le dire.
M. Nasser est parti ce matin.
- Il n'avait pas réservé pour deux nuits ? - Comment a-t-il payé ?
- Par carte. - On a besoin du numéro.
Profaci va s'en occuper.
- Hé, vous voulez bien arrêter cet engin ? - On doit faire la chambre.
Un groupe du Texas va débarquer. Le voyage organisé à Broadway typique.
Tant que la scientifique n'aura pas fini,
vos Texans feront du tourisme dans le hall.
Laissez votre appareil ici.
- C'est sa note ? - Oui.
Nasser a passé trois appels en ville, hier soir.
Tous au même endroit.
APPARTEMENT DE JOSEF MOUSSAD JEUDI 18 SEPTEMBRE
M. Moussad ?
On dirait que M. Moussad ne recevait pas souvent.
Ah, les immigrants. Chaque centime gagné part chez eux.
Et ses centimes, il les envoyait où ?
Joe m'a dit qu'il était égyptien.
"Joe", hein ? Il habite seul ici ?
Que je sache, oui.
Il vit ici depuis six ans. Il a toujours payé son loyer.
C'est notre victime.
Vous connaissez ces personnes ?
Lui, c'est Joe. La femme, inconnue au bataillon.
Tout est écrit en arabe.
On dirait des factures.
On a un en-tête. "Importations Moussad".
Oui, il avait une affaire, ici.
Deux messages sur le répondeur.
- Vous parlez l'arabe ? - J'ai déjà du mal avec l'anglais.
Écoutez, on va poster un agent devant la porte.
Si quelqu'un demande Joe, appelez-nous, d'accord ?
Lennie, regarde-moi ça. Montant placé sur le compte.
Six cent mille dollars.
Ça en fait, des centimes. Sa famille restée au pays peut se brosser.
Qui est-ce ? Le nouvel agent de liaison des affaires communautaires ?
Non. Qu'est-ce que vous avez ?
Allez. Mets-nous au parfum.
Autant que je vous le dise moi-même. C'est mon avocate.
J'avais postulé pour être capitaine et j'ai été court-circuitée.
- Tu poursuis le département ? - Pour discrimination.
Une femme blanche a été promue avec le même nombre de points
et moins d'ancienneté.
- Désolés d'avoir demandé. - Bon. À votre tour.
Notre victime s'appelle Josef Moussad.
Il conduisait une Cadillac de 96. On a l'immatriculation.
Elle n'est pas au parking. On a émis un avis.
- Il s'est fait tuer pour sa voiture ? - Peut-être pas.
Ses relevés bancaires.
Il y a 600 000 dollars.
Et beaucoup de va-et-vient avec le Moyen-Orient.
Il a envoyé de l'argent à notre homme mystère, Nasser.
Plus des voyages au Caire, Beirut et Rome, rien que cette année.
Je suis le seul à penser à ce mot qui commence par un "T" ?
Pas de conclusions hâtives.
Contactez la brigade antiterrorisme et les fédéraux.
Voyez si Moussad ou Nasser y sont fichés.
Quelque chose en rapport avec la politique, chez lui ?
Tout était écrit en arabe. Pareil pour les messages sur le répondeur.
Le poste du quartier nord a un officier bilingue.
Je vais le faire venir.
Van Buren. Oui, ils arrivent.
Le labo.
On se croirait à un contrôle de géométrie.
Le prélèvement provient de la salle de bain de l'hôtel de Nasser.
Qu'est-ce que c'est ?
Un résidu de bicarbonate de sodium en suspension dans une solution aqueuse.
Après trois repas dans l'avion, moi aussi, j'en prendrais.
À ta place, je rirais moins.
Le bicarbonate de sodium peut aussi servir d'agent stabilisant.
- Un explosif fait maison ? - Bingo.
Merci.
Je préviens l'ATF. Je veux tout le monde sur le coup.
J'ai du nouveau sur la carte de Nasser. Il s'en est servi il y a une heure.
- Cet Égyptien, c'est un terroriste ? - Non, un surfer professionnel.
Rien.
Rodriguez, vas-y.
R.A.S.
- Des vêtements. - Il n'avait que ce bagage ?
- Il en avait deux. - Où est l'autre ?
- Aucune idée. Il ne l'a pas lâché. - Il était comment ?
C'était une sacoche noire.
- Vous l'avez vu partir ? - Non, j'étais occupé.
Il m'a posé des questions sur la statue de la Liberté.
Il voulait les horaires des ferries. Je l'ai envoyé à l'accueil.
Rodriguez, envoie une patrouille à Battery Park.
- Déploiement rapide. - Et envoie du renfort.
J'ai encore 14 navettes, cet après-midi.
Dites au guichet de ne plus vendre de billets.
Dites que le bateau a une fuite.
Je n'ai pas le droit d'arrêter le trafic.
- Faites-le. - C'est bon, je m'en occupe.
- Occupez-vous de cette file. - Oui.
Pas de grabuge.
Pardon, c'est la queue pour ceux qui ont leur billet ?
- Par ici, s'il vous plaît. - Lâchez-moi.
Police. Ouvrez votre sac.
- Non ! Je suis citoyen égyptien ! - Qu'y a-t-il, dans ce sac ?
- Vous allez vous faire mal. - Non ! Il n'y a rien là-dedans !
Regardez, c'est...
Du matériel médical.
- Où allez-vous avec ça, M. Nasser ? - Docteur Nasser !
Je connais vos lois, vous savez.
Vous devez m'expliquer pourquoi vous m'avez arrêté.
Un de vos compatriotes est à la morgue.
Il avait votre nom et le numéro de votre vol dans sa poche.
Est-ce que le représentant de mon consulat est arrivé ?
Le trafic est terrible, à cette heure-ci.
Je commence à perdre patience, inspectrice.
Il est en route depuis la centrale.
Vous m'avez déjà dit ça il y a 20 minutes.
C'est l'heure de pointe.
Je m'apprête à rendre votre vie très désagréable.
Josef Moussad était mon ami. Je suis venu à New York lui rendre visite.
Une simple visite ? Avec une sacoche médicale ?
Il voulait que je l'ausculte. Il n'aimait pas les médecins américains.
- Il avait un problème ? - Au cœur. Il avait le cœur très fragile.
Pourquoi vous a-t-il envoyé 5 000 $, la semaine dernière ?
Josef m'a payé le voyage. C'était un homme très généreux.
Comment votre généreux ami avait-il autant d'argent ?
C'était un homme d'affaires. Il importait du coton d'Égypte.
- Bon, il faut que j'utilise le téléphone. - Pas tout de suite.
On a retrouvé des traces de bicarbonate, dans votre hôtel.
Ça peut être utilisé pour faire des bombes.
Et pour les maux d'estomac.
La nourriture était très mauvaise, dans l'avion.
Laissez-les seuls une minute.
D'après vos explications, il n'y a même pas de délit mineur.
- Et trouble à l'ordre public ? - Provoqué par votre duo de choc.
Le Dr Nasser a parcouru 8 000 km pour une consultation à domicile.
Il passe une demi-journée ici et son patient est retrouvé mort.
Il a même changé d'hôtel.
Chef d'accusation : dormir ailleurs. Soyons sérieux.
On a le consulat égyptien sur le dos.
Si on laisse Nasser retourner au Caire, on ne le reverra jamais.
Il est venu ausculter M. Moussad.
- Quel genre de visa a-t-il ? - Touristique.
L'immigration peut le retenir pour violation de visa.
C'est léger mais ça le coincera un moment.
C'est un scandale.
Le Dr Nasser n'est pas un paysan lambda fuyant Cuba
avec une médaille de Saint-Christophe et deux chèvres.
Je suis sûre qu'il est un membre respecté de la communauté médicale en Égypte
mais il devra rester ici tant que son visa n'est pas en règle.
Seriez-vous devenue un agent fédéral, inspectrice ?
Le service de l'immigration est en route.
Vous pourrez parler avec eux de la libération du Dr Nasser.
Un café, docteur ?
Le premier message semble être de sa petite amie.
"Salut, chéri. On va faire du shopping, demain ?
"Rappelle-moi."
Le deuxième message vient d'une femme du nom de Hamida.
"Bonjour, Josef. C'est Hamida. Le Dr Nasser est-il bien arrivé ?
"Appelle-moi pour qu'on s'organise."
Pas de numéro ?
J'ai trouvé une Hamida Wazir, dans son carnet d'adresses.
"Hamida Wazir. 555-0150. Appartement 3B, 68, 89e rue Ouest."
À un pâté de maison du parking où Moussad a été tué.
C'est mon frère.
Quand l'avez-vous vu pour la dernière fois ?
Mardi soir. Josef a dîné ici avec nous.
"Nous", c'est-à-dire ?
Ma fille, son mari et ma petite-fille.
- À quelle heure est-il parti ? - Je ne sais pas.
Je ne me sentais pas très bien, je me suis couchée tôt.
Peu après 22 h. Pourquoi posez-vous toutes ces questions ?
M. Moussad a été tué, mardi soir.
Tout près de votre appartement.
Que s'est-il passé ?
Nous pensons qu'il regagnait sa voiture.
Il devait sortir de votre immeuble.
Un ami lui avait rendu visite du Caire, un certain Dr Nasser.
Vous avez laissé un message à votre frère à son sujet.
Le Dr Nasser était invité à dîner.
J'ai appelé Josef pour savoir si le docteur se joindrait à nous.
Il était déjà pris.
Il affirme être venu pour examiner votre frère.
Pour son souci au cœur ?
Oui, c'est exact. Son cœur.
Avait-il des soucis au travail ? Des problèmes personnels ?
Nari.
- Je ne sais pas. - Une petite amie ?
Il fréquentait une femme du nom de Farrah.
Elle vit dans son quartier.
APPARTEMENT DE FARRAH PATEL MERCREDI 24 SEPTEMBRE
Elle l'a tué, j'en suis persuadée.
Sa nièce ?
Ou son mari. L'Américain.
Pourquoi en êtes-vous si sûre, Mme Patel ?
Josef était très riche.
Le mari lui demandait sans cesse de l'argent.
Josef lui en donnait toujours plus mais ce n'était jamais assez.
- Et la sœur de Josef ? - Il lui donnait aussi de l'argent.
Et à vous, il vous en donnait ?
Je n'ai que faire de l'argent.
Où étiez-vous mardi soir, Mme Patel ?
Chez une amie.
Vous nous l'écrivez ?
- Quoi donc ? - Le nom et l'adresse de votre amie.
- J'ai déjà résolu l'affaire pour vous. - La voiture de Moussad a été retrouvée.
Un agent l'a repérée ce matin.
Le pare-brise était truffé de PV.
- De quand date le premier ? - Mercredi matin.
Le lendemain du meurtre.
Les clés sont sous le siège conducteur. Je les envoie au labo.
- Vous avez ouvert le coffre ? - Oui, rien.
Mais j'ai trouvé ça derrière le pare-soleil.
Parking de Columbus Avenue. Heure d'arrivée : 20h24.
La nuit du meurtre.
Si le ticket est toujours là, comment a-t-il pu sortir sans payer ?
C'est un de nos tickets. Il faut le donner, pour payer.
- Comment est-il sorti ? - Je n'en sais rien.
Ce n'est pas passé par moi.
Eh bien, soit vous faisiez une sieste pendant le boulot,
soit des ailes ont poussé sur la bagnole.
Sûrement pas.
Mon patron veut l'autre moitié du talon. Sinon, c'est la porte.
Votre type a peut-être utilisé une carte.
Les abonnés au mois ont des cartes et leur propre sortie à l'étage.
- Vous avez la liste des abonnés ? - Ouais.
Eric Martin, le mari de la nièce. Il se gare là-bas depuis deux ans.
La petite amie de Moussad affirme qu'il lui demandait du fric.
On sait quelles cartes ont été utilisées, ce soir-là ?
Non, leur système n'est pas assez sophistiqué.
Il s'agit d'une simple serrure magnétique.
Ça, peut-être que Martin l'ignore.
Faites-le venir pour discuter.
Pourquoi est-ce que je m'intéresserais à l'argent de Josef ?
- Il en avait. Vous, non. - Alors, je l'aurais tué ?
On sait que vous avez été viré de votre poste dans l'édition,
il y a deux ans.
- Vous vivez chez votre belle-mère. - Je travaille à mon compte.
Vous avez invité Moussad, ce soir-là,
pour lui demander de vous aider financièrement.
Nous l'avons invité à dîner.
Et après le dîner, vous l'avez suivi jusqu'au parking.
Pourquoi, Eric ? Vous aviez honte de lui demander devant votre belle-mère ?
Tout ça est grotesque. Je n'ai jamais quitté mon appartement.
Quelqu'un a sorti sa voiture de votre parking
sans payer en liquide.
On a extrait les données du parking.
Votre carte a été utilisée,
après que Josef s'est fait défoncer le crâne.
Leur système vous a donné tout ça ?
Impossible, il est bien trop archaïque.
Combien de temps allez-vous garder mon mari ?
Il risque d'en avoir pour un moment.
Où est ma fille ?
Elle boit un soda, à côté.
Depuis quand êtes-vous mariés ?
Depuis 13 ans. Nous nous sommes rencontrés en Égypte.
- Mon mari écrivait un livre de voyage. - Il a été publié ?
Non, il n'a pas trouvé d'agent.
La petite amie de votre oncle dit qu'Eric lui demandait souvent de l'argent.
C'est faux.
Mais il n'aurait pas refusé un peu d'aide ?
C'est pourquoi j'ai pris un travail. Je suis secrétaire.
Votre oncle avait-il de la famille, à part vous ?
Il n'avait que ma mère et moi.
Mon père est mort il y a six ans.
Attendez une minute.
C'est vous la responsable, ici ?
Je suis responsable du département, oui.
Vous pouvez me montrer où je peux avoir un autre soda ?
Oui, c'est par ici.
Tu voulais me dire quelque chose, Alison ?
Est-ce que mon père va aller en prison ?
Eh bien, nous devons découvrir la vérité sur ce qui s'est passé.
- Je peux lui parler ? - Pas maintenant, ma puce.
Ils ont eu une grosse dispute.
Qui ça ?
Ma mère et l'oncle Josef.
Quel genre de dispute ?
Une grosse.
L'oncle Josef lui criait dessus.
Pourquoi ton oncle criait-il sur ta maman ?
Ils parlaient arabe. Je ne comprends pas très bien.
Où était ton papa ?
Il regardait.
Et ta grand-mère ?
Mamie est allée se coucher après le dîner.
Que s'est-il passé, après cette dispute ?
L'oncle Josef est parti.
Il était très en colère.
Son visage était tout rouge.
Bon, c'est très important, Alison.
Ton papa est-il sorti de l'appartement, juste après ton oncle Josef ?
Alison ?
C'est ma mère qui est sortie.
Alison sait que je n'ai pas quitté l'appartement.
Ce n'est pas ce qu'elle dit.
Je ne vous crois pas. Ma fille ne ment pas.
Que lui avez-vous fait ?
Je n'invente rien, Mme Martin.
Je ne suis pas sortie de l'appartement.
Eric non plus.
- J'aimerais parler à ma fille. - Que se passe-t-il ?
Votre femme et vous ne l'avez pas bien préparée ?
Aucun de nous n'a quitté l'appartement.
Donc votre fille ment ?
- Suis-je en état d'arrestation ? - Non.
Mais ça pourrait changer.
Et ma femme, vous l'arrêtez ?
Pas pour le moment.
Alors, je ramène ma famille à la maison.
Tout ce qu'ils ont, c'est la petite qui dit que sa mère a suivi la victime.
Elle lui a fracassé le crâne pour de l'argent ?
La victime avait un sacré capital. Les Martin en auraient eu bien besoin.
Selon le rapport, il faisait 22 kg de plus qu'elle.
Son ami, le Dr Nasser, a dit qu'il avait des problèmes cardiaques.
Je ne vois rien dans le rapport d'autopsie qui y fait mention.
- Qui a évoqué ce souci au cœur ? - Son ami.
Son cœur aurait pu battre encore une bonne trentaine d'années,
si on ne lui avait pas fracassé la tête.
Son ami est cardiologue.
Le Dr Nasser ?
- Vous êtes sûre qu'il est médecin ? - Il avait une sacoche médicale.
Il y avait quoi, dedans ?
Des poupées vaudoues et des entrailles de mouton ?
Voilà le détail.
Il s'agit d'instruments chirurgicaux.
Il était peut-être chirurgien cardiologue.
Pour des souris peut-être mais pas des humains.
Encore une chose.
Aucun cardiologue ne se déplace sans pilules de nitroglycérine
dans son sac.
CONSULAT D'ÉGYPTE LUNDI 6 OCTOBRE
Si vous voulez connaître la spécialité du Dr Nasser, demandez-lui.
Votre service d'immigration le détient au 26, Federal Plaza.
Il refuse de me parler.
Il a dit à la police qu'il était cardiologue.
Oui, Mlle Ross, nous avons des cardiologues, au Caire.
Il a menti quant à l'état de santé de M. Moussad
et ses instruments ne correspondent pas à sa discipline.
Qu'attendez-vous de moi ?
Votre coopération. Je veux connaître sa vraie spécialité.
On tourne en rond. La réponse vous a déjà été donnée.
Si vous voulez bien m'excuser, j'ai une réunion avec le consul général.
- Qu'est-ce qui se passe ici ? - M. Tobak.
Savez-vous que vous devez 36 000 $ d'amendes impayées ?
Vous n'avez aucune autorité pour m'obliger à payer.
L'immunité diplomatique, ça vous parle ?
C'est vous qui en bénéficiez, pas votre voiture.
On peut la faire enlever. Et encore. Et encore.
M. Tobak m'a promis qu'on allait entendre parler de lui.
Tu es une excellente contractuelle.
La victime était en parfaite santé.
Ça signifie quoi, pour Mme Martin ?
J'ai du mal à croire qu'elle ait eu la force de le tuer.
Alors, pourquoi sa propre fille l'accuserait ?
Très bonne question.
Allez parler aux voisins.
APPARTEMENT DE MME NEWMAN MERCREDI 8 OCTOBRE
C'est vrai que les Martin ont tué cet homme ?
On m'a dit qu'Alison vous aidait avec vos courses.
Oui, je lui fais confiance.
Comment s'entend-elle, avec sa mère ?
Mme Martin l'a à l'œil, je peux vous le dire.
- C'est normal. - Elle ne lui laisse aucun répit.
Alison avait acheté un petit coffret de maquillage
et avait demandé à Kim Buckner, qui habite à l'autre bout du couloir,
de lui montrer comment s'en servir.
Sa mère l'a appris.
- Ça ne lui a pas plu ? - Ça, non.
Elle est sortie et s'est mise à crier sur Mlle Buckner.
Elle l'a traitée de traînée.
Ce qu'elle est mais ce n'est pas la question.
Avez-vous déjà vu Mme Martin avec son oncle ?
Celui qui a été tué ?
Non. Et je ne l'ai pas vu, ce soir-là.
Avez-vous vu l'un des Martin ?
J'ai vu M. Martin. Il était tard, environ 23 h.
Il était dans les escaliers, il entrait dans l'immeuble.
Je veux que mon père soit avec moi.
Ce n'est pas possible.
C'est pour ça que M. Wheeler est là. Il est avocat, il va veiller sur toi.
Tu peux répondre à ma question, Alison ?
Que s'est-il passé, après le départ de ton oncle ?
Ma mère est sortie.
Combien de temps est-elle partie ?
Je ne sais pas, je suis allée dans ma chambre.
Tu t'entends bien avec ta maman ?
Oui.
Même quand elle refuse que tu te maquilles ?
Elle dit que je suis trop jeune.
Ça t'énerve, quand elle te dit ça ?
Parfois.
C'est pour ça que tu as dit à la police qu'elle était sortie ?
- Parce que tu lui en voulais ? - Non.
Ton père dit que ta mère n'est pas sortie.
Et Mme Newman, ta voisine, dit avoir vu ton père dehors.
- C'est faux. - Comment en es-tu aussi sûre ?
Parce que je regardais la télé avec lui.
- Où ça ? - Dans le salon.
Tu as dit à M. McCoy que tu étais allée dans ta chambre.
Alison, il est temps de nous dire la vérité.
Mme Newman a raison, n'est-ce pas ?
C'est ton père qui a suivi ton oncle Josef.
Alison ?
Oui.
CENTRE PÉNITENTIAIRE DE RIKERS ISLAND VENDREDI 24 OCTOBRE
Mon client ne pourra jamais payer une caution d'un demi-million.
Si vous demandez une réduction, je la contrecarrerai.
- Je dois être auprès de ma famille. - C'est impossible.
On peut toujours passer un accord...
- Si ça inclut de la prison, oubliez. - Vous plaisantez ?
On a un témoin, les déclarations de sa fille
et ses empreintes dans le parking.
On n'assigne pas à domicile pour un meurtre crapuleux.
- Rien à voir avec l'argent. Ce salaud... - Eric.
Il y a des circonstances atténuantes ?
On les gardera pour le jury.
Quoi qu'ait fait mon client, son acte était légitime.
Vous allez plaider la légitime défense ?
Venez au tribunal et vous le saurez.
La légitime défense ? La victime importait du coton.
Il l'a attaqué avec quoi, des balles de coton ?
On n'a pas trouvé d'arme sur les lieux.
J'ai eu le comptable de Moussad.
Dans son testament, il lègue presque tout à la fille des Martin.
- Il dit que les Martin le savaient. - Le mobile part en fumée.
Et M. Tobak a fini par parler.
Le CV du Dr Nasser. Il est gynécologue obstétricien.
Il suffit de descendre quelques organes en dessous du cœur.
Impressionnant.
Université du Caire, Académie royale de médecine.
Un séminaire de six semaines à Lenox Hill, en 1995.
"Nouvelles techniques laser utilisées pour l'ablation des fibromes utérins."
Je vois mal notre victime avoir des fibromes.
J'aimerais savoir pourquoi le Dr Nasser nous a menti.
Peut-être pour la même raison qui a tué son ami.
Il a été parrainé pour ce séminaire par un certain Dr Austin, de Lenox Hill.
Il avait lu un article que j'avais écrit pour The Lancet.
Il m'a appelé et m'a demandé de le parrainer pour ce séminaire.
Donc c'est un médecin respectable ?
Ma femme et moi sommes allés en Égypte, en 1996.
J'ai appelé le Dr Nasser qui nous a invités dans sa clinique.
La salle d'attente était remplie de très jeunes filles,
bien trop jeunes pour avoir besoin d'un obstétricien.
Connaissez-vous la clitoridectomie, Mlle Ross ?
Il s'agit de l'ablation chirurgicale des organes génitaux externes féminins.
- Je sais ce que c'est. - Je le croyais aussi.
Jusqu'à ce que j'aille au Soudan, en 94,
pour aider une organisation humanitaire dans un camp de réfugiés.
J'entendais des hurlements horribles. Je suis allé voir ce qui se passait.
C'était une fillette de huit ans, nue, couverte de sang jusqu'à la poitrine.
Trois femmes la maintenaient de force.
Un homme la tailladait avec un morceau de verre cassé.
Qu'avez-vous fait ?
Je l'ai anesthésiée, suturée et lui ai donné des antibiotiques.
Ses cris résonnent encore dans ma tête.
- Vous dites que le Dr Nasser... - Il semblerait
que l'excision représente un pourcentage important de ses pratiques.
Je suis sûr qu'il utilise un scalpel plutôt qu'un bout de verre cassé
mais de là à affirmer qu'il est un médecin "respectable"...
C'est courant en Afrique du Nord, au Moyen-Orient
et dans certaines parties de l'Asie.
L'idée première,
c'est que si une femme n'éprouve pas de plaisir sexuel,
elle restera vierge jusqu'au mariage et ne trompera pas son mari.
C'est quoi, une pratique religieuse ?
La religion le condamne. C'est culturel.
Et M. Moussad voulait que Nasser fasse ça à la petite Martin ?
Moussad lui a envoyé 5 000 dollars pour qu'il vienne ici.
- Quel gentil tonton. - Ça explique pourquoi Nasser a menti.
La procédure viole les lois fédérales et celles de l'État.
L'oncle allait kidnapper la petite
et l'emmener à l'hôtel du docteur pour...
Martin a dû avoir peur que ça arrive.
Ce qui aurait pu arriver ne justifie pas le meurtre.
L'oncle avait pour projet de charcuter sa fille.
Moussad se tenait-il au-dessus d'elle, un scalpel à la main ?
Il avait d'autres alternatives.
D'après ce qu'on sait, il y a eu préméditation.
Un jury ne le verra pas ainsi.
Si ça va aussi loin, il devra les convaincre
qu'un danger imminent menaçait sa fille.
Il n'aurait pas de mal à me convaincre.
Nous ne sommes pas insensibles à votre situation, M. Martin,
mais il nous faut les détails de ce qui s'est passé cette nuit-là.
Où voulez-vous en venir ?
S'il me convainc qu'il a agi sous le coup d'un trouble émotionnel profond,
je peux proposer l'homicide involontaire.
De 12 à 25 ans ?
- De sept ans et demi à 15 ans. - Je ne peux pas aller en prison.
- Vous avez tué quelqu'un. - Qu'arrivera-t-il à Alison ?
Elle est hors de danger.
Moussad est mort et le Dr Nasser est en détention.
Vous ne comprenez donc pas ? Ma belle-mère est derrière tout ça.
Ma femme lui obéit. Alison n'est pas en sécurité.
- Demandez une ordonnance de protection. - On en a une mais c'est temporaire.
C'est un bout de papier. Elles se moquent de la loi.
Demandez le divorce et la garde immédiate de la petite.
Quel juge accorderait la garde à un homme qui risque la prison ?
Je vous ai offert plusieurs choix.
Si le grand jury vous inculpe, tout tombera à l'eau.
Vos choix ne nous plaisent pas.
M. Martin veut témoigner devant le grand jury.
Martin veut échapper à la prison.
Il espère que le grand jury lui donnera une tape sur les doigts.
"J'ai mal agi pour une bonne raison." Ça a déjà marché.
Ça pourrait marcher à nouveau, si tu y vas mollo.
Tu suggères quoi, Jamie ? Une mise à l'épreuve pour un meurtre ?
Je ne sais pas.
Et si le grand jury demande des directives pour homicide volontaire ?
Eh bien, je les leur donnerai.
Il a intérêt à avoir une sacrée histoire.
Il me faut les copies des déclarations des Martin à la police,
pour le contre-interrogatoire.
Tu les auras demain matin sur ton bureau.
Pendant que tu te débats avec Martin, je vais essayer d'aider sa fille.
SALLE DU GRAND JURY MARDI 4 NOVEMBRE
La nuit où c'est arrivé, je devais aller à un match de hockey.
Quand je suis rentré, l'oncle Josef était là.
J'ai découvert qu'avec la grand-mère d'Alison,
ils avaient payé un médecin égyptien pour venir faire cette...
opération.
Ils allaient procéder à l'ablation du clitoris d'Alison,
le lendemain.
J'étais sidéré.
On a... commencé à se crier dessus.
Ils m'ont dit que ça ne me regardait pas,
que dans leur culture, on procédait ainsi.
Le pire, c'est que ma femme ne disait rien.
Elle allait les laisser faire.
L'oncle Josef est parti, sans que rien n'ait été résolu.
Je l'ai suivi.
Je savais où il était garé.
Il ne m'écoutait pas.
Il a dit qu'il était de son devoir
de veiller à ce qu'Alison devienne une femme respectable.
Quand j'ai entendu ça, mon sang n'a fait qu'un tour.
Je l'ai attrapé et je l'ai projeté contre le mur, fort.
Je devais l'arrêter.
C'était soit ça, soit le laisser détruire une partie importante de la vie d'Alison.
Ma femme est elle-même passée par là, quand elle était enfant,
j'en connais très bien les effets.
Elle a toujours été trop gênée pour en parler, même à moi.
Mais je sais...
qu'elle s'inquiète que je ne sois pas...
satisfait par notre vie sexuelle.
Il y a une tristesse en elle...
qui ne la quitte jamais.
M. Martin,
quand vous avez fait face à M. Moussad,
avait-il pris votre fille avec lui ?
Non.
Elle était chez vous, n'est-ce pas ?
Aucun danger immédiat ne la menaçait.
En effet.
Quand vous avez entendu ce que M. Moussad
et la mère de votre femme avaient prévu de faire à Alison,
pourquoi ne pas appeler la police ?
J'ignorais que c'était contre la loi, j'ignorais quels étaient mes droits.
Vous auriez pu la mettre quelque part à l'abri.
Où ?
Vous ne savez pas à quel point ils sont déterminés.
Donc...
quand vous avez suivi M. Moussad, vous vouliez l'empêcher
de faire du mal à Alison,
- pour toujours ? - Je ne sais pas à quoi je pensais.
Je devais lui faire comprendre...
qu'ils n'allaient pas mutiler ma fille.
Acte d'inculpation : homicide involontaire.
On peut peut-être discuter d'une offre ?
Je ne peux pas, Jack. Mon client mise le tout pour le tout.
Martin ne fléchit pas, nous allons au procès.
On ne peut pas toujours être le héros.
Mlle Ross a fait une demande auprès des affaires familiales,
afin qu'Alison Martin soit retirée de la garde de sa mère.
- Pour être placée en foyer ? - Chez les parents de M. Martin.
Ils ont la soixantaine et vivent dans une ferme en Pennsylvanie.
Elle les représente bénévolement.
- Qui est le juge ? - O'Hara.
Celui qui a rendu deux enfants à leur mère toxicomane ?
Qui, ensuite, en a battu un à mort. Oui, ce bon O'Hara.
Elle a du pain sur la planche.
Toi aussi.
TRIBUNAL DES AFFAIRES FAMILIALES VENDREDI 7 NOVEMBRE
Je suis professeure d'études africaines à l'université de Columbia.
Je suis spécialisée dans les rites culturels
de l'Afrique du Nord
dont, notamment, l'excision.
- Pouvez-vous nous décrire la procédure ? - Elle diffère selon les pays.
Dans le meilleur des cas,
un chirurgien agréé, travaillant dans un hôpital,
coupe le capuchon du clitoris.
Dans d'autres cas, en Sierra Leone, par exemple,
la mutilation est pratiquée dans des circonstances épouvantables.
Pouvez-vous préciser ?
M. le juge, nous ne sommes pas en Sierra Leone.
Eh bien, ça m'intéresse. Continuez, je vous prie.
L'enfant est maintenue de force.
Il n'y a pas d'anesthésie...
pas d'instruments stériles...
et pas de soins postopératoires.
La totalité du clitoris,
ainsi que les tissus environnants, sont retirés.
Puis les parties génitales sont cousues ensemble,
laissant une petite ouverture pour la miction et les menstruations.
Professeure, savez-vous personnellement
ce que cette mère avait l'intention de faire à sa fille ?
Non, M. le juge.
Toute cette histoire me semble ridicule.
Nous sommes aux États-Unis,
la fillette n'avait qu'à contacter la police.
Vous ne pouvez pas vous attendre à ce qu'une enfant de 11 ans défie
- sa mère et sa grand-mère. - Je vois cela tous les jours.
Des enfants emplis de désobéissance et pire encore.
Certains n'ont même pas encore 11 ans.
"Dans de petites sociétés fermées, l'ordre et l'harmonie sont plus importants
"que les désirs ou l'épanouissement de chacun.
"La promiscuité et l'infidélité sont considérées
"comme des forces destructrices.
"L'excision est perçue comme un facteur stabilisant.
"Quand elle est pratiquée humainement,
"il n'y a ni douleur ni complications."
Tu penses quoi de ce contre-argument ?
C'est vraiment une sale affaire.
Alors, abandonne les charges.
Après tout, tu es le procureur, tu as les pleins pouvoirs.
Tu sais bien que je ne peux pas. Il a tué un homme.
Et quelqu'un doit rappeler au public que c'est mal.
Je sais.
J'ai juste du mal à être le messager, dans ce cas.
Vois le positif.
Tu vas au tribunal, tu perds, Eric Martin rentre chez lui
et tu auras tout de même été entendu.
Nous avons une très bonne école publique, en ville.
Nous nous sommes bien informés. Alison peut l'intégrer à tout moment.
Quelles autres activités pourrait-elle pratiquer ?
Elle peut faire de la randonnée. Nous avons quelques chevaux.
Il y a une piscine, en ville.
Pourquoi pensez-vous qu'Alison serait mieux
avec vous et votre mari ?
Parce que nous ne la mutilerons pas.
Quel âge avez-vous, votre mari et vous ?
J'ai 67 ans et Harry, 71.
- Vous êtes tous les deux en bonne santé ? - Plutôt, oui.
Harry fait le ménage tous les matins
et je fais des exercices d'aérobic et de yoga.
Votre mari n'a-t-il pas subi une angioplastie,
il y a huit mois,
afin de traiter une grave obstruction artérielle ?
Oui. L'obstruction n'est pas réapparue.
N'est-il pas exact que dans votre famille,
il y a des antécédents médicaux de la maladie de Parkinson ?
Oui. Je n'en suis pas atteinte.
- Mais vous pourriez l'être ? - M. le juge.
Elle pourrait être renversée par un bus. C'est hors-sujet.
L'âge et l'état de santé du couple sont des éléments pertinents.
L'idée est de déterminer
qui pourra s'occuper le mieux d'une fillette dynamique.
Je veille sur Alison. Je m'assure qu'il ne lui arrive rien.
Quand vous avez su qu'elle avait un copain et qu'elle se maquillait,
- vous étiez inquiète, n'est-ce pas ? - Oui, bien sûr.
Elle est trop jeune.
Comme toute bonne mère, vous aviez peur qu'elle puisse aller plus loin ?
Oui.
Vous pensez qu'elle devrait rester vierge jusqu'au mariage ?
- Oui. - Connaît-elle vos préoccupations ?
Je lui en ai parlé.
Donc vous lui faites confiance, vous savez qu'elle vous écoutera.
Oui.
Votre mère se fie-t-elle au jugement de votre fille ?
Ma mère est d'une culture différente.
Et elle voulait qu'Alison subisse cette opération ?
Oui.
Vous y êtes-vous opposée ?
Ma mère dit...
que c'est le seul moyen de la protéger...
ainsi que l'honneur de la famille.
Vous a-t-elle protégée, quand vous étiez petite ?
Oui.
Quand j'avais huit ans.
Dans un hôpital ?
Non.
Avez-vous été anesthésiée ?
Non.
- Vouliez-vous qu'on vous fasse ça ? - L'enfant n'a pas son mot à dire.
Donc quelqu'un vous a maintenue de force.
Qui était-ce ?
Ma mère...
et ma tante.
Qui a fait cette opération ?
Un homme du village.
Vous a-t-on expliqué qu'on vous faisait ça
par manque de confiance en vous ?
Elles ont dit qu'ainsi, j'allais devenir une femme.
Et c'est ce que vous étiez prête à faire à votre fille ?
Tout ici...
Les magazines, la télévision...
Tout ne parle que de sexe.
Les petites filles s'habillent comme des prostituées.
Les collégiennes ont des bébés.
Où sont leurs parents ?
J'avais peur pour elle.
Qu'est-ce qui vous donne le droit de nous dire comment vivre ?
Qu'est-ce qui vous donne le droit d'ignorer la loi ?
Et vous prétendez que c'est un pays libre ?
Parlons en privé.
Dans ce pays, vos enfants sont tout bonnement des animaux.
Dans ce pays, si vous maltraitez un enfant,
vous risquez la prison.
Ce n'est pas de la maltraitance. C'est une affaire de famille.
- Nous sauvons notre Alison. - En la mutilant ?
Ce que nous lui faisons ne vous regarde pas.
Vous, les Américains, vous vous croyez plus malins et meilleurs que nous.
Maman, elle essaie simplement d'aider Alison.
Elle n'aide pas.
Elle apporte le déshonneur sur notre famille.
Cette femme ne comprendra jamais ce que c'est.
Mais toi, tu sais que c'est vrai.
Tout ce que je sais, c'est ce que je vis depuis mes huit ans.
Comment pouvais-tu m'aimer...
et me faire subir ça ?
Je ne parierais pas sur l'état émotionnel de Nari Martin.
Et le juge O'Hara est vraiment un cas.
Il accorderait la garde à Médée.
- Quand doit-il rendre sa décision ? - Demain.
Je dois fixer une date de procès demain.
Voyons si on peut faire sortir un lapin du chapeau.
BUREAU DU PROCUREUR JACK MCCOY VENDREDI 7 NOVEMBRE
Vous cédez la garde aux parents d'Eric, de façon temporaire.
Vous plaidez l'homicide involontaire.
De six à 12 ans. C'est une offre généreuse.
Et pendant que je serai en prison, Alison vivra avec ma famille.
Je suis sa mère.
Vous irez la voir, vous aurez votre mot à dire sur son éducation.
Je préférerais qu'elle n'ait pas son mot à dire.
Je te le promets...
je ne laisserai personne faire ça à Alison.
Je ne veux pas que ta mère s'approche d'elle.
Tu devras déménager.
Dans un endroit loin de son venin.
Renoncez-vous à sa garde ?
Le sujet sera abordé tous les six mois.
- Et je pourrai m'exprimer aussi ? - Oui.
Alors, c'est bon pour moi.
Mme Martin ?
Je pourrai lui rendre visite ?
Des visites surveillées, oui.
On me surveillera quand je suis avec ma propre fille ?
Jusqu'à ce que nous soyons sûrs qu'elle est en sécurité avec vous.
Si mon mari n'était pas en prison, nous aurions pu la garder ?
Navré, Mme Martin, c'est notre meilleure offre.
Vous la laisserez partir ?
Et notre accord ?
J'accepte mes responsabilités.
Ça ne veut pas dire que je regrette ce que j'ai fait.
Dure journée ?
Gardez la tête haute.
Vous avez regardé une abomination vieille de 3 000 ans dans les yeux
et vous l'avez vaincue.
Seulement parce qu'on en a entendu parler.
Combien y en a-t-il que nous ignorons ?
Choisis un nombre.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.