All language subtitles for Eingel.Auf.Erden.(1959).en

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Original subtitles

C'est elle.

Et c'est notre histoire.

Et si je vous la raconte à vous tous, c'est que je ne peux la raconter à

personne, parce que personne ne me croirait.

On rencontre un être un jour, et tout d'un coup on n'est plus sur la Terre.

On l'appelle mon ange.

Parce que, que vous soyez toutes des anges, nous en sommes persuadés.

Seulement voilà jusqu'à quel point l'êtes-vous.

Et elle, jusqu'à quel point l'était-elle.

Alors, il t'a dit quelque chose ? Il ne m'a même pas regardé. Enfin quoi, je ne

suis quand même pas le seul homme au monde.

Tiens, annonce l'arrivée.

Mesdames, messieurs, nous allons atterrir à Nice dans quelques instants.

Veuillez attacher vos ceintures et éteindre vos cigarettes.

Merci.

titulée La politesse des roues.

Mais ce n'est pas celle des princesses. Vous en demandez trop.

Jolie et polie, c'est beaucoup pour une seule femme.

La voiture est là, tu ne l'entends pas ? Tu pleures encore.

Mais tu crois que c'est raisonnable ?

Qu'est-ce qu'elle a ?

Elle en fait une tête.

Elle a encore mal aux dents ? Mal aux dents.

Tu as oublié ce que c'est que d'être amoureux.

Amoureux, amoureux. On n'est pas amoureux d'un homme qu'on a rencontré

trois fois dans les images et qui ne sait même pas que vous existez.

C'est ridicule.

Peut-être, mais l'amour, moins c'est raisonnable et plus ça fait mal.

Dis

-donc,

mon cher Corélie, vous ne craignez pas pour votre champion ? Ce mariage, deux

jours avant la course ? Quoi ? Moi, je me demande ce qu'il fera demain.

après une nuit de noces.

Chaillot a l'habitude de mener de front l'amour et les courses.

Madame.

Excusez-moi un instant.

Oh, du quel scandale ! Mais, comment ai-je pouvoir leur dire ? La conduite de

ma nièce dépasse l'entendement.

Mais enfin, où étiez-vous ? Elle nous a donné l'ordre de partir, madame. Et vous

n'avez rien trouvé de mieux que de la laisser seule ? Son Altesse, comment n'y

a-t-il qu'à obéir ? Vous savez parfaitement que c'est à moi qu'on

obéit, à moi seule. Repétez à ça.

Dites à la cuisinière de renvoyer le champagne et de remettre au frigidaire

ce qui a été livré pour le lunch. Quand je pense à tout l'argent dépensé pour

rien. Et apprêtez-vous tous à manger du saumon froid pendant un mois.

Excusez-moi, je vous en prie, tenez, lisez, lisez cette lettre.

Laissez-moi passer.

Mais laissez-moi, je vous dis.

C'est parti, évanoui, en volée, avec un chanteur de charme. Un chanteur de

charme ? Non, pas un, le chanteur de charme. Le chanteur de charme le plus

grand, le plus riche, le plus gros. À l'aéroport.

Vous adressez quelques mots à nos auditeurs. Monsieur Fiorella vous parle

depuis l'aéroport de Nice.

Eh bien, mes chers amis, j'ai dû s'agrandir de vous quitter, mais je me

console avec le plus grand amour de ma vie. Votre chanteur préféré va nous dire

maintenant s'il a l'intention de présenter son tour de chant au cours de

ce voyage.

Non, pas de tour de chant, c'est le tour de l'amour.

et nous nous sommes pressés. Au revoir.

Montez série.

Mais enfin, qu'est-ce que tu attends ? Mais qu'est-ce qu'il a fait ? Mais

pourquoi l'arrête-t-on ? On n'a pas le temps, allez viens !

la circulation routière et la navigation intérieure.

Violence à un membre du personnel de l'aérodrome.

Injures et rébellions, et vous trouvez que ce n'est pas suffisant ? Je regrette

infiniment ce qui s'est passé, monsieur le commissaire, et croyez bien que

Pierre Chaillot le regrette tout autant que moi, et va s'en excuser auprès de

vous. Vous êtes son père ? Son père ? Mais non, je ne suis pas son père, mais

je vous ai déjà dit qu'il était mon meilleur coureur. Si vous le gardez, je

perds la course, et dans ces conditions, je ne pourrai pas sortir la série de mon

dernier modèle, et il ne me restera plus qu'à aller me pendre au réverbère le

plus proche. C'est votre affaire, ça ne me regarde pas.

Mon affaire, je suis le détenu, je le tiens.

J'aime bien. Mais tout ce qu'il a fait, c'est par amour. Enfin, que feriez-vous

si votre femme s'enfuyait avec un autre homme ? Ma femme ? Avec un autre. Bon,

écoutez, finissons-en, monsieur le commissaire. Je pirerai tout. Je

dédommagerai les employés de l'aéroport, les gendarmes qui vous voudraient. Mais

dépêchez-nous, je suis pressé. Bon, je vois ce qu'on peut faire.

Il était marié depuis combien de temps ? Il n'était pas marié, il est parti cinq

minutes avant.

Cinq minutes avant.

Décidément, ce garçon n'est pas fait pour la prison.

Je le vois là, c'est lui.

Tu l'entends, c'est lui.

Bien sûr, je l'interrifère, c'est de bruit. Je me demande de quelle nouvelle

pépé il va encore nous sortir de sa boîte.

Pourquoi nous arrêtons-nous ici ? Regardez, cette auberge n'est pas

ravissante. Ravissante, en effet. Mais nous n'allons pas à Paris.

C'est trop loin pour mon appareil.

Et pour moi aussi.

Prépare le whisky dans la chambre 7. Oui.

Soyez les bienvenus.

Bonjour, Oscar.

Voilà Oscar, le plus discret de tous les Oscars du monde. Va, fiancé.

Princesse, mes hommages. Quel honneur de vous avoir dans ma maison. J'ai préparé

des chambres sept et neuf, comme d'habitude.

Ah, parce que vous prenez toujours deux chambres ? Toujours, oui.

Une pour chanter et l'autre pour dormir.

Ah, c'est fatigant, la vie d'artiste. Par ici, princesse, par ici.

Viens, viens.

Tu fais de la paix.

Tu es mon meilleur ami et tu sais que je t'aime.

C'est pas vrai.

Personne ne m'aime.

Tiens, elle aussi, elle me disait je t'aime.

Et puis elle est partie.

Eh bien, toi, tu feras comme elle. C'est pas vrai.

D'abord, moi, j'aime pas les chanteurs de charme. Et ensuite, ton Augusta, elle

a le feu au... Tais-toi.

Tais-toi ou je te casse la gueule. Je m'en fous.

Et pourquoi t'as choisi Augusta ? Des jolies filles, il y en a partout.

Il n'y a plus de jolies filles.

Regarde.

Mais regarde, je te dis.

Quoi ? Là.

Là-bas.

Personne. Ah, alors parce que tu ne veux pas voir.

Regarde comme elle est jolie.

Elle est charmante.

Parce que c'est du plat.

C'est gentil, parce que c'est du plâtre et que ça bouge pas.

Mais dès que ça bouge, c'est fini.

Ténorino.

Oh, Pierre.

Regarde. Quoi ? Elle avait une jupe, non ? Une jupe ? Pourquoi

avais-tu pour mettre une jupe à une statue ? Mais pour lui tenir chaud,

voyons.

Ah ! Sa veste.

Elle n'a plus de veste.

Une veste, pourtant.

Tu l'as vue, hein ? Une veste ? C'est bien.

Oh, Nessou, mon vieux.

Tu crois, vraiment ? Allez, va te coucher. Il faut que tu sois frais et

rose pour les essais demain. Je ne veux pas être rose. Et puis, je me fiche des

essais.

Je vais le coucher et puis je reviens. Allez, viens.

Allez, on va se coucher.

Hé, bonsoir, mon Dieu. Je ne te quitte pas, mon Dieu.

Le patron m'a dit ne le quittez pas, empêchez-le de faire une bêtise.

Quelle bêtise ? Je n'en sais rien, mais je ne te quitte pas.

Viens, on va boire un dernier coup.

Mais sans eau, parce que l'eau, ce n'est pas bon pour la santé.

Je te quitte pas, mon vieux. Je te quitte pas. Je vais coucher ici.

Parce que le patron a dit, ne le quittez pas. Je vais coucher ici et toi là.

Parce que le patron a dit, comme ça, ne le quittez pas.

Mon tendre amour.

Mon tendre amour.

Mon amour.

Tu liras cette lettre.

Tu seras débarrassé de moi.

Tu es moi.

Mon amour qui me tue.

Sois heureuse.

Je te pardonne.

A

votre

place, je ne ferai pas ça.

Qui êtes-vous ? Je suis votre ange gardien.

Vous dites ? Vous avez bien entendu.

Votre ange gardien.

Comment ? Je suis affectée à votre protection personnelle depuis le 2

juillet 1922.

Ça vous dit quelque chose, ce jour-là ? C'est la date de votre naissance.

Donnez-moi ce revolver.

Écoutez, mademoiselle.

Votre plaisanterie vous semble peut-être très drôle, mais moi j'ai pas le cœur à

rire. Alors allez vous coucher.

Vous ne me croyez pas ? Si, vous êtes un ange et moi je suis le père Noël. Non,

vous êtes un champion célèbre et un homme plein d'orgueil, qui aujourd'hui

est perdu comme un enfant, dans une histoire d'amour.

Je ne fais que mon devoir.

Ah ben vous manquez pas de kilos alors.

Mais il me semble vous avoir déjà vu quelque part.

Moi, certainement pas, mais peut-être quelqu'un qui me ressemble.

En tous les cas, votre place n'est pas dans la chambre d'un homme au milieu de

la nuit.

On frappe avant d'entrer.

Et puis, j'aurais pu être en chemise.

Ça vous aurait gêné ? Moi, pas.

Je vous connais.

Vous avez une cicatrice, là.

C'est une bonne qui vous a brûlée en voulant vous friser.

Vous aviez les cheveux longs, jusque-là.

Vous aviez trois ans.

Vous étiez mignon.

Très, très mignon et très méchant.

Et votre premier rendez-vous, vous vous en souvenez ? Derrière l'église de

Sainte-Menou.

Vous aviez 15 ans.

Elle n'est pas venue. Vous avez pleuré.

Alors une petite fille s'est approchée. Elle vous a souri.

Elle vous a donné une fleur.

Une magrite.

La petite fille a tourné au coin de l'église.

Vous avez voulu la rejoindre.

Elle n'était plus là.

La petite fille, c'était...

Michel, pour une seconde, dis-moi, qu'est-ce que tu vois là-bas, toi ? Là

-bas, dans l'autre pièce.

Dans l'autre pièce ?

Pendant que vous y êtes, téléphonez donc au portier pour lui dire de venir voir

votre ange gardien qui est dans votre chambre.

Il appellera l'asile d'aliénés pour demander une ambulance et personne ne

vous croira.

Ce n'est pas croyable.

Et vous voudriez que moi je vous croie ? Mais si vous êtes vraiment ce que vous

dites, qu'est-ce que vous avez fait toute la journée au lieu de veiller sur

moi ? Mais tout ce qui est arrivé, c'est moi qui l'ai provoqué et je l'ai fait

pour votre bien. Ah, ça c'est merveilleux.

C'est incroyable.

Un ange gardien qui me fait foutre en prison et qui sabote mon bonheur.

Votre bonheur ne m'intéresse pas.

Ah, vraiment ? Alors, qu'est-ce qui vous intéresse ? Votre âme.

J'ai pour seul devoir de veiller sur votre âme.

Même si je dois, pour le faire, vous briser le cœur ou le corps.

Vous êtes adorable.

Le corps n'est que de la cendre.

Et le cœur n'est qu'illusion et imagination, mon tout petit.

Je ne suis pas votre tout petit.

Là.

Je vous ai connu grand comme ça.

C'est ridicule.

Je ne vois rien là de ridicule.

Et c'est pour sauver mon âme que vous avez empêché mon mariage ? Mais oui.

Eh bien, j'espère que vous allez me donner de bonnes raisons, hein ? Vous

allez les connaître.

Mais vous avez une journée mouvementée.

Vous ne vous sentez pas un peu fatigué ? Fatigué ? Je ne suis pas fatigué, moi.

Pourquoi voulez-vous que je sois fatigué ? Mais si.

Vous êtes fatigué.

Pardon. Vous voyez bien que vous êtes très fatigué, il faut dormir.

Oui.

Allongez-vous là.

Ah, je suis rompu, moi.

Vous allez dormir, faire un bon dodo. Ça ira bien mieux quand vous aurez dormi.

Un ange dans ma chambre, vous croyez ? Mais on n'a jamais vu ça.

J'ai un peu outrepassé mes droits, mais je ne pouvais pas vous laisser perdre

votre âme avec ça.

Vous avez été un bébé si adorable.

Un petit garçon si charmant.

Alors qu'il y a tant d'autres filles qui vous conviendraient si bien.

Je ne pouvais pas vous laisser entre les mains de cette femme, de cette horrible

créature.

Elle m'aimait.

Je vous assure qu'elle m'aimait.

Allons, endormez-vous. Vous allez rêver.

Dormez.

Je veille sur vos rêves.

impossible. Il a deux bonnes raisons de chanter.

D'abord, c'est un chanteur de métier. Ensuite, il est follement heureux ce

matin. Il vient d'enlever sa bien-aimée, une princesse. Quoi ? Il a enlevé une

princesse ? Augustin ? Tout le jour, on nous en parle ce matin. C'est bien une

princesse. D'ailleurs, c'est simple. Tenez, la voilà.

Où ça, la voilà ? La fiancée de Pierre Chaillot.

Le grand coureur automobile.

C'est avec lui qu'elle devait être en voyage de noces.

Mais il avait compté sans les chanteurs de charme.

Je n'en crois pas mes yeux.

Mettez vos lunettes, je vous assure, ça vaut la peine.

Je pensais que vous m'aviez déjà

oublié. Excusez-moi, ce matin, je n'avais plus beaucoup des voix.

Oscar,

appelez-moi à Montécarle, l'hôtel de Paris à Montécarle. Vous demanderez

monsieur, non, vous ne demanderez rien, vous m'appellerez.

Vous m'excuserez un petit moment, je ne serai pas très long.

Les affaires sont les affaires.

Michel ! Tu as bien dormi ? Tu l'as vu ? Qui ? La petite.

Quelle petite ? La petite qui est... Tu ne peux pas comprendre.

Ou alors, j'étais déjà en train de rêver.

Comment faire pour savoir ? Faire quoi ? Le revolver.

Qu'est-ce que tu veux faire de ton revolver ? C'est toi qui l'as pris ? Moi

? Mais qu'est-ce que tu veux que j'en fasse ?

Alors c'est vrai, c'est elle.

C'est elle qui l'a pris. Et qu'est-ce qu'elle a pris ? Et qui est-elle ?

Ça,

qu'est-ce que c'est ? C'est une plume.

Mais quelle plume ? Une plume d'oiseau.

Si c'était une plume d'ange.

Ah, d'un ans.

Tu crois que je suis fou, hein ? Non, un petit peu sur mon nez, peut-être.

Quoi ? Quoi ?

Alors ?

Cocardie.

C'est une auberge sur la route Napoléon.

Ils y ont passé toutes les nuits ensemble.

Je suis cocu au cocardie ! Tu te rends compte ? J'imagine. Cette fois-ci, ça ne

va pas se passer comme ça.

Et avant une heure, le salaud sera en petits morceaux.

En tout petits morceaux ! Où vas-tu ? Viens ! Viens !

Viens ! Ne regarde pas

maman.

Encore vous ? Mais à qui la faute ? Dès qu'on vous laisse seule une minute, vous

ne faites que des bêtises. Ça vous regarde ? Eh oui, malheureusement. Je

suis responsable de vous.

Écoutez, ça se dit comme ça, votre plaisanterie.

Cette nuit, j'étais saoul, je veux bien.

Mais aujourd'hui, au grand soleil, votre petite histoire, ça ne prend plus du

tout. Ah, vous ne me croyez toujours pas.

Qu'est-ce que je pourrais faire pour arriver à vous convaincre ? Rien.

En tout cas, ce n'est pas le moment. Alors, laissez-moi partir.

Et vous me croiriez si je faisais un miracle ? Un miracle ? Et comment ?

Tenez, si vous voulez...

La première voiture qui va passer, je fais un signe et hop, elle va s'envoler

aussitôt, sous vos yeux. Elle s'envole ? Et pourquoi ? Comme ça, pour rien.

C'est idiot, ça.

Une voiture, c'est pas fait pour voler, c'est fait pour rouler. Et la mienne

aussi, d'ailleurs. Alors, laissez-moi partir.

Attendez, laissez-moi une dernière chance.

Tenez, en voilà une.

N'hésitez rien, vous allez voir.

Je compte jusqu'à trois.

Et elle va s'envoler sous vos yeux, vers le ciel.

Je ne peux pas prévoir que c'était vous.

Ce monsieur ne veut pas me croire. Il faut pourtant que j'arrive à le

persuader. C'est possible, mais maintenant ça suffit comme ça.

Depuis hier, tu accumules bêtise sur bêtise.

Mais qui êtes-vous ? Jeune homme.

Je ne suis pas venu ici pour vous expliquer notre hiérarchie. Du reste, il

ne nous regarde en aucune façon. Et si je vous l'expliquais, vous ne pourriez

pas comprendre.

Quel grade aviez-vous quand vous étiez dans l'armée ? Capitaine.

Alors vous deviez obéir au commandant. Et bien chez nous, c'est exactement

pareil. Mais chez vous ? Mais chez qui ? Et puis d'abord, d'où sortez-vous ? Très

loin.

Je me disais aussi qu'avec une allure pareille, vous deviez sûrement être

étranger. Jeune homme, je dois prendre l'allure de 495 nations et pratiquer

autant de langues. Et puis, ça ne vous regarde pas.

Allons, viens.

Mais savez-vous ce que cet homme voulait faire ? Naturellement, je le sais.

Tant pis pour lui.

Lorsqu'un homme est prisonnier de sa vanité à ce point-là, nous ne pouvons

plus rien pour le sauver.

C'est justement ce qu'on appelle le libre-arbitre.

Mais pour l'instant, il ne s'agit pas tellement de lui que de toi. Que

signifie cette mascarade ? Ça, c'est son uniforme.

L'uniforme de qui ? D'une jeune fille.

D'une charmante jeune fille qui est amoureuse de lui et qui le mérite.

C'est pourquoi j'ai pris son apparence pour qu'il puisse me voir, enfin la voir

elle, avec son charme et sa douceur telle qu'elle est dans la réalité.

Alors tu voulais recourir à des moyens terrestres pour le séduire. Quoi ?

Comment pouvez-vous m'accuser d'une chose pareille ? Il fallait bien qu'il

apprenne à me connaître, moi, pour qu'il connaisse bien l'autre.

Non, ce que je veux, c'est uniquement son bien, lui venir en aide.

Après tout, si tu y tiens, comme ça ne pourra pas aller plus mal, fais comme tu

veux.

Je peux retourner auprès de lui ? Vous voulez bien ? Ah, doucement, doucement.

Sais-tu tous les dangers que tu cours en t'enfermant dans un corps humain ? Les

dangers ? Oui, parfaitement. Les tourments, les maladies de toutes

sortes. Tu peux attraper un rhume de cerveau ou bien encore avoir la

migraine, mal à l'estomac. Mais tu n'as pas son jeu à tout ça, bien entendu.

Un peu de souffrance pour sauver une âme et réunir deux êtres qui sont faits l'un

pour l'autre, je la subirai avec choix.

Comme tu voudras, je t'autorise à retourner auprès de lui. Bien que ce

soit une grave entorse au règlement. Mais attention, c'est un cours de 24

heures. Tu entends ? Pas une minute de plus. Je ne peux pas passer mon temps à

te surveiller avec tout le travail que j'ai à faire.

Arrêtez-vous.

Je peux m'en aller ?

Ah non, non, non, finis les miracles à présent.

Un corps humain, ça se déplace avec ses jambes. Si tu veux le rattraper, tu n'as

qu'à courir après lui, tu m'entends ? Courir derrière une voiture ? Mais

jamais j'y arriverai.

Eh bien, sois.

Je vais t'aider, mais ce sera la dernière fois.

Que dirais-tu d'une petite panne ? C'est à mon avis ce qu'il y aurait de mieux

pour l'instant.

Une, deux...

Sa voiture est en panne dans le virage et il y restera tant que tu ne l'auras

pas rejoint.

Allez, va !

Il y a quelque chose qui ne va pas.

Est-ce que je peux vous être utile ? Ah bien, parce que vous êtes calée en

mécanique. À vrai dire, pas beaucoup, mais... À quoi sert le bouton qui est là

? Ça, c'est le démarreur.

Il met le moteur en marche ? Il devrait.

Merci.

Mais de rien.

Je ne fais que mon devoir.

Je vais vous accompagner.

M'accompagner ? Où ? Je n'en sais rien. Là où vous aviez l'intention d'aller.

J'ai obtenu la permission de rester 24 heures avec vous.

Quoi ? Ça vous chagrine ? Vous ne figurez pas que vous allez me coller au

semel jusqu'à demain ? Je ne fais que mon devoir.

Eh bien, faites votre devoir, mademoiselle. Montez, je vous en prie.

Nous allons voir si vous aurez longtemps envie de rester avec moi.

Montez.

C'est un ange, n'est-ce pas ? Donc un pur esprit.

Oui.

Et naturellement, vous n'avez pas peur.

Peur ? Qu'est-ce que c'est ? Vous allez voir.

Mademoiselle ! Mademoiselle ! Réveillez-vous ! De l'eau ! De l'eau,

vite ! La petite dame, comme elle est jolie.

Qu'est-ce qu'elle a, la pauvre ? Je ne sais pas, elle s'est évanouie.

Elle est peut-être enceinte.

Moi,

quand j'ai eu mon premier, je n'arrêtais pas de m'évanouir.

Tais-toi, tu vas les faire rougir. Regarde-les, ils viennent tout juste de

se marier. Ou alors, ils y vont.

C'est votre femme ou votre fiancé ? Non, c'est mon ange.

Son ange.

Oui. Comment c'est beau d'être amoureux.

Oh, arrêtez-toi. Tu vois bien qu'on les gêne.

Où suis-je ? Sur la terre.

Mais qu'est-ce... Qu'est-ce qui m'est arrivé ? Vous avez eu peur ?

Je ne sais pas.

Qu'est-ce qu'il y a ? Ça ne va pas ? Je me sens très faible et il me semble

que... J'ai quelque chose.

Quelque chose qui me gêne.

Le coeur ? Non.

Là.

Il dirait que ça me serre.

Comme une tenaille. Je te le disais, qu'elle était enceinte.

Les grosses comme les cheveux, c'est tout simplement qu'elle a faim.

Faim ? Il y a peut-être longtemps qu'elle n'a pas mangé.

C'est peut-être bien vrai que j'ai faim.

Je n'ai jamais rien mangé.

Pourrais-je prendre quelque chose ? Oui, bien.

Où est-ce qu'on peut déjeuner ici ? Là-bas, tout à côté. Il y a un bon petit

restaurant pour les amoureux. Oui, oui, ça suffit, merci.

Oh, tant mignon ! Tu as vu comme elle l'a regardé ? Volatilisé ! Littéralement

volatilisé ! Comment expliquez-vous une chose pareille, madame ? Oh, mon cher

Piorini, ce n'est pas si difficile à comprendre.

L'amour agit sur les hommes comme un poison et les rend fous quand ils sont

malheureux. Mais il les rend fous aussi quand ils sont heureux. Cette

explication est certainement des plus subtiles, mais je vous en prie, assez de

philosophie. L'heure est mal choisie. Bon, très bien, je ne vous retiens pas.

Personne ne me saurait. Ah non, ne vous fâchez pas. Vous seuls pouvez me sauver

de la ruine. Il ne tient qu'à vous d'ordonner et à votre nièce de repris

immédiatement d'épouser Pierre et de ne plus conduire comme... Ah, attention,

Coralie, vous commencez à exagérer. Pardon, je reconnais que je ne m'occupe

que de mon point de vue, mais rendez-vous compte que sans lui, Mathieu

me s'écroule et il ne me reste plus qu'à me suicider.

Oh, mais c'est peut-être la solution Pardon, madame, ai-je bien entendu ? Ne

me dérangez pas, il me vient une idée. Comment ? Quel genre d'idée ? Expliquez

-vous. Je veux vous dire seulement que c'est une idée géniale. Mais enfin, qu

'est-ce que vous... Allô ? L'hôtel de Paris ? Passez-moi le portier, je vous

prie. Mais pourquoi le portier ? C'est le portier ? Je voudrais vous passer un

message pour monsieur Pierre Chaillot.

Vous êtes prêt ? Très bien. Alors écrivez. Mon cher amour. Vous l'appelez,

mon cher amour ? C'est une formule, mais ça fait toujours rien.

J'ai été obligée de te quitter bien malgré moi, tu t'en doutes. Mais je t

'aime toujours autant, mon chéri. Je te reviendrai bientôt et je t'expliquerai

tout. Il faut que tu gagnes la course de ta vie car je veux être fière de toi,

mon amour. Je t'envoie mille tendres baisers à toi pour la vie, Augusta.

Augusta ? Pourquoi Augusta ? Oui, Augusta, c'est ça, merci.

Et vous croyez vraiment que Pierre va tomber dans le panneau ? Voyons qu

'Aurélien, un homme amoureux, est prêt à croire n'importe quoi.

Oui, mais si par la suite il venait à apprendre la vérité. À ce moment-là, il

aura gagné la course et vous, vous aurez votre contrat.

qu'il se passera ensuite.

Dieu seul le sait. En tout cas, il aura été heureux pendant quelques heures.

J'aimerais bien, une fois dans ma vie, pouvoir en dire autant.

Qu'est-ce que vous avez choisi ? Je ne sais pas.

Je n'ai jamais rien mangé.

Jamais, vraiment ? Jamais.

Alors, il faut commencer par le commencement, comme pour les bébés.

Madame a choisi ? Non, mademoiselle.

Donnez-lui du jus d'orange et une boîte de lait condensé. Oh, monsieur ridicule

! Je veux du... Je veux du caviar et une pêche melba. Et pour monsieur ? Rien, c

'est mademoiselle qui mange.

Et comme boisson ? De l'eau claire.

Pourquoi ? Vous ne mangez pas ? Dites-donc, vous.

Un ange qui aime le caviar et les pêches melba.

Vous ne trouvez pas ça curieux ? Ce n'est pas bon.

Si, mais comment le savez-vous ? Je ne sais pas, je le suppose.

J'ai eu comme protégé une vieille dame anglaise qui en mangeait tout le temps.

Mais vous, pourquoi vous ne mangez rien ? Parce que je n'ai pas faim.

Parce que vous êtes malheureux ? Oui, je suis malheureux. Pour une femme qui vous

a quitté.

Il y a en ce moment exactement sur la Terre 1,9 milliard 812 732 femmes, vous

entendez ? Et le temps que j'en énonce le nombre, il y en a peut-être encore

mille autres de plus.

Non, il n'y en a qu'une.

Je l'ai perdue.

Alors il n'y en a qu'une sur ces millions pour vous ? Oui.

Et c'est ça l'amour ? Oui.

Alors c'est une chose stupide. Vous n'avez qu'à en trouver une autre.

Regardez autour de vous.

Ouvrez les yeux.

Enfin, regardez-moi.

Vous ? Moi, non.

Mais une jeune fille comme moi, ce n'est pas gentil.

Pas mal.

Peut-être un peu mince.

Elle ne vous plaît pas.

Mais qui ? Cette jeune fille dont j'ai pris le corps pour me rendre visible.

Ah non, je vous en supplie, ne recommencez pas avec cette histoire d

'ange.

Mais alors, qu'est-ce que vous croyez que je suis et pourquoi je fais tout

cela ? Je me le demande.

Mais attendez, j'ai compris.

Vous avez parié avec vos copines de faire ma connaissance et de boire un pot

avec moi. Eh bien, vous avez gagné.

Mais je n'ai pas d'amis.

Hein ? Vous n'êtes pas amoureuse de moi ? Non.

C'est-à-dire ?

Je ne peux pas vous répondre et de toute façon, ce serait un mensonge.

Je ne comprends pas, moi.

Pour une fois, n'essayez donc pas de comprendre, mais de me croire.

Que vous êtes un... Oui, que tout ce que je fais, que tout ce que je dis, c'est

pour votre bien. C'est tellement difficile.

Mais c'est impossible.

Alors, c'est vrai, mes supérieurs avaient raison.

Je regrette. Mais, mais, mais, où allez-vous ? Comme vous ne voulez pas me

croire, j'aurais dû rester invisible.

Alors, je m'en vais.

Mais non, mais attendez, asseyez-vous.

Je ne demande pas mieux que de vous croire, moi, mais il faut m'aider, faire

un petit effort.

Évidemment, je vous ai demandé de faire disparaître une voiture, alors c'est

peut-être très difficile, mais... Tenez, ce cendrier-là. Il est trop tard, ça m

'est défendu.

Alors, disparaissez.

Disparaître, c'est facile.

Ah, enfin.

Oh, mais comprenez donc que le miracle n'est pas de disparaître, mais que je

sois là avec vous.

Ah oui, parce qu'au fond, vous ne pouvez rien faire pour me montrer que vous êtes

vraie. Je le voudrais, mais faire quoi, hein ?

Attendez. Peut-être... Un témoin.

Un témoin. Ça vous suffirait d'avoir un témoin ? Un témoin ? Oui.

J'ai beaucoup de petits amis ici qui me connaissent, vous savez. Ils savent bien

qui je suis.

Il doit y en avoir par là.

Tenez, comme celui-là.

C'est pas un témoin, c'est un oiseau.

Et celui-là ?

Les colombes vont toujours par deux, c'est bien connu.

Et celui-là ? Mais c'est peut-être par hasard.

Et celui-là, c'est aussi par hasard ?

C

'est toujours par

hasard ?

Hier.

Qu'est-ce que tu fous là ? Comment qu'est-ce que je fous là ? Tu le vois

bien mon vieux, je dresse des colombes. Et toi ? Pardon mademoiselle, tu peux

pas me présenter ? Ah oui, Michel Parot, mon ami, mon mécanicien. Je vous connais

bien. Moi ? Oui, vous êtes un gentil garçon.

Merci. Assez de politesse, voulez-vous.

Alors qu'est-ce qui t'amène toi ? Qu'est-ce qui m'amène ? T'as de la

chance que j'ai remarqué ta voiture sur le bord de la route.

N'arrête pas ce que je t'apporte, tiens.

C'est un message d'elle.

Bon, je vous laisse.

Je vais mettre la bagnole en marche et je t'attends d'heure. C'est ça, je te

rejoins, mon vieux.

Donnez l'Elysée.

Elle-même, figurez-vous.

Coupier. Oh, ça, c'est fantastique. Cette femme ne vous aime pas. Ne vous

fatiguez pas. Vous êtes peut-être un ange parfait, mais pour les problèmes

humains, vous n'y connaissez rien.

Au revoir.

Plutôt adieu.

Ah ! Oh ! Mais qu'est-ce qu'il y a encore ? Oh, j'ai mal, là.

Ouvrez la bouche. Ah, oui, c'est une dent. Une quoi ? Une dent. Qu'est-ce qu

'elle a ? Je n'en sais rien, moi, vous êtes trop mangé de gâteau.

Mais vous savez très bien que ce n'est pas vrai.

Oui, ben, vrai ou pas vrai, vous ne pouvez pas rester là, je vous emmène.

Où ça ? Chez le dentiste. Oh, et quand je pense, quand je pense, c'est vous qui

deviez sur moi, alors ça, après les volets. Allez ! Oh !

Je suis le dentiste, Ballot.

Ah, c'est le dentiste ? Pour quoi faire ? Mais pour la soigner, voyons !

Encore un peu.

Ça a l'air d'aller mieux que chez le dentiste.

Mais dites-moi, vous ne vous êtes jamais grisée ? Grisée ? Mais ça ne m'était

guère possible.

Ah oui, c'est vrai.

C'est qu'on est dur dans votre métier, pauvre petite hôtesse de l'air.

Pas d'aventure, pas d'alcool.

Il paraît que même le mariage vous est interdit.

Oui. Mais je commence à comprendre pourquoi vous parlez toujours des anges.

C'est parce que vous êtes un ange, et oui.

Un ange moderne, un ange motorisé.

Vous veillez sur notre sécurité, notre bien-être, jusqu'à ce que nous

remettions les pieds sur la terre. Et puis, une fois votre tâche faite, vous

disparaissez. Et avec les vrais anges, c'est la même chose.

Quand vous aurez trouvé la sécurité, votre ange s'en ira.

Mais qu'est-ce que c'est que cette sécurité qu'il faut que je trouve ? Une

femme qui vous aime vraiment.

Tiens, tiens.

C'est elle qui s'occupera de vous.

Chaque jour, à chaque heure, à chaque minute.

Si vous êtes malade, elle vous soignera.

Au moindre souci, elle vous prendra dans ses bras.

Et quand vous la quitterez le matin pour l'entraînement, elle ne cessera de

penser à tout ce qui pourrait vous arriver.

Et elle fera tout, toujours pour vous éviter la moindre peine.

Alors l'ange gardien devient inutile. Vous comprenez ? Tout à fait.

Oh, c'est bien simple.

Quand on est vraiment aimé, on n'a pas besoin d'ange gardien.

Que deviennent-ils, ces pauvres petits anges gardiens inutiles ? Eux ?

On les affecte à de nouveaux protégés.

Ce qu'ils s'imaginent naïvement qu'en venant au monde, tout être a droit à l

'amour.

Oh, les pauvres.

Qu'ils s'almétient, je ne les envie pas.

Ils ne sont pas non plus à envier.

Donnez-moi du champagne.

Vous avez assez bu, mon ange.

Repliez vos ailes.

Venez danser.

Maintenant, c'est moi qui vais veiller sur vous. Et vous qui veillerez sur moi,

si vous voulez bien.

Mais moi, je n'ai jamais fait autre chose.

Je ne sais pas si vous vous rendez bien compte de la responsabilité que je

prends, mais c'est difficile, vous savez, d'essayer de protéger quelqu'un

qui passe sa vie entre le ciel et la terre.

Et moi ? Vous croyez donc que c'est si facile que ça de protéger quelqu'un qui

ne peut pas rouler à une vitesse inférieure à 200 km heure ? C'est mon

métier, ça.

Pour être vainqueur, il faut aller vite.

Et je gagne ma vie à être vainqueur.

Alors changez donc de métier.

C'est une chose bien difficile que vous me demandez là, vous savez.

Et vous ne le feriez pas pour celle qui vous aime ? Vous... Vous croyez

qu'elle m'aimerait si je... Je crois que...

Je boirais bien encore un peu.

Madame désire-t-elle quelque chose ? Désirer ? Je ne sais pas ce que c'est

que le désir.

Je regrette, madame, mais cette table est réservée à nos clients.

C'est par devoir que je suis ici.

Vous surveillez peut-être un de vos malades ? C'est ça.

Une personne très gravement atteinte.

Bonsoir. Augustin ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? On m'a dit au château que

vous étiez ici.

Peux-tu m'expliquer la disparition d'hier ? Une petite partie de campagne.

De campagne ? On t'attendait à l'église et tu étais à la campagne. C'est

formidable ! Non, c'était plutôt ridicule.

Mais heureusement, j'ai rencontré un monsieur qui m'a ramenée à temps.

Vous connaissez John Harrison ? Vous devez savoir que John Harrison est un

grand tennisman qui vient de remporter le championnat du monde de Wimbledon.

Je vous en prie, asseyez-vous donc. N'avons-nous pas eu le plaisir de faire

quelques balles ensemble à Biarritz ? Vous m'aviez du reste battu à pleine

couture. Vous ne vous en souvenez pas ? Une cigarette ? Voiriez-vous quelque

chose ? Une coupe de champagne ? Il ne fume pas, il ne boit pas, il ne comprend

pas. Mais il est mondialement connu. Qu'as-tu fait de ton saltimbanque ? C

'était une erreur. Une erreur ?

Et Pierre, il a été très malheureux.

Malheureux ? Mais il a failli en mourir. C'est épouvantable ce que tu as fait à

ce pauvre garçon. Tu lui as percé le cœur de part en part comme on perce un

papillon qu'on pousse sur une planche. Les hommes sont beaucoup plus sensibles

que tu le penses. On devrait y faire plus attention.

À qui le dites-vous ? Comment ?

On croit qu'il va mourir.

Et il danse.

On danse?

maintenant le clou de la soirée, le mage Koh-i-Noor.

Le maître, qui il y a quelques semaines encore était dans un monastère secret de

l'Himalaya, va vous démontrer la puissance de son esprit en faisant

disparaître devant vous un corps humain par la seule puissance de sa volonté.

Mais qu'est-ce qu'il va faire ? Il va faire disparaître un spectateur.

Vous n'avez jamais vu ce truc-là ? Un truc ?

Oh, c'est classique, vous savez, c'est un petit miracle ordinaire.

Le maître ne parle pas notre langue, alors je vais lui servir d'interprète.

Il demande un volontaire ou une volontaire pour sa démonstration. Je

vous assure, il n'y a aucun danger.

Aucun, je vais le lui demander.

Alors, vous voyez, il répond qu'un danger, alors un spectateur ou une

spectatrice... Depuis quand croyez-vous au miracle?

Ça n'existe pas, les miracles.

Pour vous, non.

Parce que vous savez, le cendrier et la voiture qui devaient s'envoler, je les

attends encore, moi.

Eh bien, lui, il fait ça tous les jours. Vous pourriez prendre des leçons. Bien,

j'y vais.

Mais vous n'allez pas faire ça. C'est ridicule, voyons. Je veux savoir comment

il fait.

Et voici une charmante petite hôtesse de l'air.

Approchez-vous, mademoiselle.

Mademoiselle, venez dans cette petite maisonnette dorée qui vous attend.

Soyez sans crainte.

Asseyez-vous.

Vous n'avez pas peur ? Peur ? Mais pourquoi ? De quoi pourrais-je avoir

peur ? Vous pourriez avoir peur de disparaître.

Je suis seulement très curieuse de voir comment vous faites ce truc.

Vous verrez et tout le monde verra. Vous allez être tous témoins d'un

phénomène...

Je vous demande de vous concentrer.

Concentrez-vous.

Concentrez-vous.

Il vous attire à lui, il va vous désintégrer.

Vous devenez légère.

Légère. Je ne sens rien.

Tous mes compliments.

Vous ? Oui, c'est moi.

Alors on vous quitte quelques heures, à peine le temps de prendre l'air, et

quand on revient, vous êtes dans les bras d'une autre.

Je vous expliquerai plus tard, asseyez-vous.

Qu'est-ce qui vous prend ? Vous ne voyez pas qu'il est en train de la faire

disparaître, non ? Je sais bien que c'est un vieux truc, mais je suis hors

de ça, moi.

Mon pauvre ami.

Vous êtes vraiment en train de perdre la raison.

Peut-être, oui.

Non, mais asseyez-vous, je... Non, non. Laissez-moi, je ne peux plus. Non, mais

non, mais s'il vous plaît, asseyez-vous un moment.

Concentrez-vous.

Vous n'êtes plus qu'une apparence.

Vous n'êtes plus rien.

Plus rien.

Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

J'ai fait comme d'habitude. Je n'ai jamais vu

ça, quelqu'un disparaître. Vous voyez bien qu'elle n'est plus là.

Il n'est pas plus Malaya, il est bien Montferrand. Mais enfin, qu'est-ce que

vous en avez fait ? Où elle est passée ? Elle ne s'est pas envolée quand même,

non ? Il y a une trappe ici. Il n'y a pas de trappe. Elle a disparu. Je m'en

fous, je vous allais me faire revenir et tout de suite vous entendez.

Vous allez me la faire revenir et tout de suite, je vous casse la gueule !

Espèce de salaud ! Je m'en fous ! Vous m

'avez

fait

appeler ? Oui, ça t'étonne ? Mais je ne comprends pas.

Qu'avez-vous à me reprocher ? Je n'ai pourtant rien fait de mal.

Je t'ai vu boire du champagne. Je t'ai vu danser dans les bras de cet homme. Et

surtout, j'ai vu ton regard se croiser avec le sien. Tu ne vas pourtant pas

prétendre que tout cela, tu l'as fait pour son bien et uniquement pour remplir

ta mission.

Mais il faut bien qu'il tombe amoureux. Sais-tu seulement de quoi tu parles ?

Oui, bien sûr.

Et j'ai même l'impression que j'ai réussi.

Je lui plais.

Enfin, l'autre.

Alors, qu'est-ce que tu fais encore là ? Tu n'as qu'à faire revenir l'autre.

Mais c'est impossible. Elle est à Lisbonne en ce moment. Elle ne reviendra

que demain.

Eh bien, il attendra jusqu'à demain. Je ne peux pas l'abandonner.

Cette horrible femme est revenue et elle va encore tout démolir.

Je dois le protéger. Et toi, ma pauvre petite, qui te protégera du diable ? J

'ai bien peur que cette petite stewardess ne plaise déjà que trop à ce

garçon. Je pense que tu vois ce que je veux dire.

Je vous en prie, ayez confiance en moi.

Tu ne me rends pas la tâche facile.

Tant pis pour toi. Mais je n'ai pas l'habitude d'empêcher qui que ce soit de

faire son devoir.

Alors écoute-moi bien. Je t'autoriserai à rester ici jusqu'au retour de l'autre,

mais pas une minute de plus.

Allez.

Qu'est-ce que vous faites là ? Je suis sa fiancée, figurez-vous. Je le

sais. Ah, il vous a parlé de moi ? Oui. Il a dû vous dire beaucoup de mal.

Il avait toutes les raisons, le pauvre chou. Qu'est-ce qui vous a donné le

droit de revenir ? Qu'est-ce qui vous donne le droit de me le demander ? Vous

ne l'aimez pas.

Et vous ? Moi ? Je l'aime par devoir. Je suis son ange gardien.

Tiens.

C'est joli, ça, comme idée. Mais vous savez, ce n'est pas très original.

Nous sommes toutes leurs anges gardiens.

Qu'est-ce qu'ils deviendraient, les pauvres, si nous n'étions pas là pour

nous occuper de leurs petites affaires et de leurs grands soucis ? Moi, je m

'occupe simplement de son bonheur.

C'est gentil, ça.

Et qu'est-ce que vous lui offrez pour le rendre heureux ? Un cœur dévoué, une âme

pure.

C'est beau, très beau.

Mais un peu léger, vous ne trouvez pas ? Léger ? Oui.

Ça vous ressemble.

Ça manque de poids.

Vous savez, pour donner aux hommes l'illusion qu'ils sont heureux, l'âme,

le cœur, c'est qu'un petit détail.

En tout cas, ça ne vaut pas ça.

Ça ? Mais qu'est-ce que c'est ? Vous n'êtes qu'un être humain, c'est tout.

La chimie a dû vous apprendre que vous n'êtes que 60 litres d'eau et un peu de

poussière mélangée.

Vous n'êtes pas autre chose.

Je vous assure que lorsqu'il me prend dans ses bras, il n'a pas du tout l

'impression d'embrasser de l'eau et de la poussière.

Dans ses bras.

Vous croyez qu'il ne sait pas s'en servir ? Il ne vous a pas encore

embrassé ? Vous

êtes le diable.

Merci.

Je vous attendais, mon chéri, tout en bavardant un peu avec mademoiselle.

Oh, j'ai eu si peur.

Si peur de... Peur pour moi ? Oui.

Peur de vous avoir perdu.

Pierre, vous ne croyez pas qu'il serait temps de dire à cette petite fille d

'aller se coucher ? Bonsoir, Augustin.

Vraiment touchant.

Je vous souhaite une bonne nuit avec votre ange gardien.

Gardien ? Elle prétend que toutes les femmes sont des anges gardiens.

Et où étiez-vous partie ? À quoi bon vous le dire ? Puisque si je vous le

dis, vous ne me croirez pas.

Puisque vous êtes là, pourquoi poser des questions ? Vous savez parfois être

raisonnable.

Mais vous pouvez me croire ? Payer sur vous n'est pas tout repos.

Vous êtes un cas extrêmement difficile.

C'est... C'est vraiment aussi grave que ça, vous croyez ? Oui, mais...

Mais nous sommes obligés de prendre les hommes comme ils sont.

Et qu'est-ce qu'il y a, vous ? Vous n'êtes pas bien ? Ce n'est rien.

C'est le champagne.

Peut-être.

Le champagne fait ça.

Mais il faut vous reposer un petit moment.

Eh bien, venez, là.

Allongez-vous.

Voilà, comme ça. Et détendez-vous bien.

Vous verrez, tout ira bien.

Là.

Comme vous êtes gentil.

J'ai toujours su que vous étiez gentil.

Et maintenant ?

Pourquoi me regardez-vous comme ça ? Vous ne dormez pas ? Je ne peux pas

dormir.

Quand vous regardez ma bouche.

Comment le savez-vous ? Je le sens.

C'est ça, le bonheur.

Je vous aime.

Vous ne vous

imaginez

tout de même pas que je vais perdre un ange pour votre bon plaisir, jeune

homme.

Allez, sort.

Tu vas se lancer dans le couloir. Tu n'as pas vu ? Ah non, je n'ai vu

personne. Pourquoi tu cherches quelqu'un ? Oui, elle, elle a encore disparu.

Ah, tu parlais de la petite dé. Ben alors, elle a réparé ? Mais bien sûr,

imbécile. Enfin, je ne peux tout de même pas croire que... Mais croire quoi ?

Enfin, écoute, si une femme entrait dans ta chambre et te disait, je suis votre

rouge gardien, qu'est-ce que tu croirais ? Rien.

Exactement rien.

En fait, tu l'as bien vue toi-même. Elle disparaît, elle réapparaît.

Comment est-ce que tu sais ça, toi ? Mais je n'explique rien, mon vieux. Ah

non, ça n'existe pas.

Tu serais le premier à avoir vu ça.

Qu'est-ce qu'il serait venu faire ? Elle voulait m'empêcher d'épouser Augustin.

Ah, ben ça, c'est pas une mauvaise idée.

Ce n'est pas une mauvaise idée.

Attends, tu as raison.

Elle voulait m'empêcher d'épouser Augustin.

Eh ben, on va bien voir. Viens.

Qu'est-ce qu'il va faire maintenant ? Je m'en moque.

Mais toi, peux-tu me dire ce qui te serait arrivé si je n'étais pas

intervenu à temps ? Je te l'avais pourtant assez répété.

Tout le mal que tu t'es donné pour lui, tu te l'es donné pour rien.

Pour rien ? Oui. Il est revenu exactement à son point de départ.

La preuve. Écoute-le.

Je vous appelle pour vous dire que je vous aime et que nous nous marions tout

de suite après la course.

Mais quelle autre fille ? Mais il n'y a pas d'autre fille.

Il n'y a personne.

Voilà.

Vous m'embrassez.

Moi aussi, je vous embrasse.

Tu ne crois pas que c'est de la folie ? C'est la dernière chance que je lui

donne. À Augustin ? Je ne parle pas d'Augustin, je parle d'elle.

Allez, maintenant, lève-toi, j'ai besoin de ce fauteuil.

Qu'est-ce que t'attends de ce fauteuil ? C'est pas un fauteuil, c'est son

fauteuil. C'est là qu'elle s'est assise la première fois.

Et alors ? Et bien alors, si elle est ce qu'elle prétend, elle n'a qu'à

réapparaître. Est-ce que tu crois encore au miracle ? Moi, non, mais elle, oui.

Mais si elle réapparaît pas ? Eh bien, elle n'était qu'une petite intrigante

qui voulait détruire mon bonheur.

Maintenant, je compte.

Un.

Deux.

Tu vois quelque chose, toi ? Rien.

Je vois rien. Je vois exactement rien.

C'est vous qui l'aurez voulu.

Ultime, assez terrible, mignolable.

Ça va, tu peux y aller, mais fais gaffe au premier coup de frein. Je compte sur

toi. Cette voiture est formidable.

Pousse à fond tant qu'elle pourra donner.

Je vais même lui demander plus qu'elle ne peut. Vous allez voir une course

comme vous n'en avez jamais vu. Bravo, c'est comme ça que tu me plais. Je te

laisse, je vais voir les photographes.

Tu n'as quand même pas de casse à la gueule pour une histoire idiote.

Je vais pousser à fond.

Si elle est vraiment mon ange gardien, elle n'a qu'à faire son boulot.

En 15 minutes, c'est le départ de la course et il n'a pas d'ange gardien. Eh

bien, tant pis pour lui.

Je vous en supplie, laissez-moi retourner auprès de lui. Non.

Va chercher ta petite stewardess et amène-la lui. C'est la seule chance que

je lui laisse. Mais stewardess, mais c'est impossible.

Je ne peux pas, moi.

Si elle me voit apparaître devant elle, elle est bien capable de s'évanouir.

Mais au contraire. Lorsqu'elle verra son double, alors elle comprendra que ce n

'est pas une plaisanterie et qu'elle est en présence d'un événement surnaturel.

J'obéirai, mais je vous demande de veiller sur lui en mon absence.

Moi ? Un courant automobile, à mon âge. Tu es complètement folle. Je lui réflexe

ce qu'il faut.

À votre âge ? Si seulement j'étais comme vous à votre âge.

Ah, j'ai horreur de la flatterie, moi.

Enfin, je vais essayer de faire de mon mieux.

Ah, nous voici arrivés. Maintenant, battons.

Merci. Et je vous en prie, ne le perdez pas de vue un seul instant. Oui, oui, c

'est entendu.

Allons, dépêche-toi. Qu'est-ce que tu attends ?

Et maintenant,

nous allons à la course. Je suis trop pressée pour y aller en voiture, alors

vous me disposez. Quand je pense que j'ai pu accepter cette mission

extravagante ?

Mais tu ne te rends pas compte ? Mais tu sais que ton père est fort.

Ah,

te voilà.

C'est la dernière fois. Tu attends la dernière fois. J'en ai assez, j'en ai

assez. Tu vas donner ta démission, tout de suite.

Une peur comme ça, ça suffit dans une existence.

Peur, pourquoi ? On ne vous a donc rien dit ? Strictement rien, mademoiselle.

Il ne fallait pas vous inquiéter.

Ne pas s'inquiéter. Voilà tout ce qu'elle trouve à dire.

Maintenant, dépêche-toi.

Allez, viens faire un petit brin de palettes.

Et aussitôt après, on va se mettre à table.

Sinon, tu n'auras pas encore le temps de manger.

Allez, va ma chérie, va.

L'essentiel, c'est qu'elle soit là.

Attention, attention, plus de quelques secondes. Dans quelques secondes, les

médecins pouvant y ranger quant à quoi, on s'est assis à la conquête.

Ah, attention à ce que vous faites.

Entrez. Madame, les musiciens sont arrivés. Très bien.

Dites-moi, mon ami, est-ce que vos extras sont là ? Oui, ils sont en train

de préparer le lunch, madame.

Ah, autre chose. Veillez bien à ce que le champagne ne s'évapore pas trop vite.

J'ai constaté avant-hier qu'il en manquait déjà 15 bouteilles et le

mariage n'a pas encore eu lieu. Et il n'aura pas lieu non plus cette fois-ci.

Je ne me marierai pas dans cette robe. Ah non, cette fois tu te marieras en

blue jean, en bikini, ou s'il le faut, dans un sac à pommes de terre. C'est

compris, ma petite ? On est par-dessus la tête de tes caprices.

Je voudrais bien tout de même passer en paix le peu de temps qu'il me reste à

vivre. Toujours pas de nouvelles.

Mais ce n'est pas possible.

C'est parti.

Elle me rendra fou, moi, complètement fou. Tu le dis à chaque fois. Allez,

assieds-toi et mange tes radis. T'énerves pas.

Mange tes radis. Mange tes radis.

Mange tes radis.

Et tout ce qu'on a est plein d'orage. Il y a eu un accroché, un.

Sa radio s'était émise avec un fouillé et puis elle s'est arrêtée.

On pense que son antenne a craqué.

J'ai peur que ce ne soit plus grave qu'une panne de radio. L'avion pourrait

être déjà arrivé ici depuis longtemps.

Il s'est peut-être dérouté pour aller se poser en Afrique du Nord.

Bon, mais dans ce cas, quand arrivera-t-il à Nice ? Peut-être le

matin, peut-être dans l'après-midi.

Alors tout est perdu.

Oh, perdu, perdu, mais rien n'est perdu.

Pourquoi ? Vous avez quelqu'un à bord ? Non, justement, il est à terre.

Mais ça, ceux qui se baladent à terre, ils n'ont qu'à faire attention à leurs

pieds. C'est pas notre boulot, nous.

Attention à ce que je vais vous dire. Aussitôt que je vais vous faire signe, l

'orchestre attaque, n'est-ce pas, messieurs ? Et vous jouez, vous jouez,

vous jouez sans arrêt. Jusqu'à ce que je vous fasse signe de nouveau, d'accord ?

Et vous, vous n'ouvrirez pas la salle à manger avant que la cérémonie ne soit

terminée. Sinon, il ne restera plus un grain de caviar.

Mais j'en vois pas le maire.

Mais M.

le maire est à la course, madame. Comment à la course ? C'est le mariage.

Que son athèse se rassure, M. le maire a dit qu'il viendrait si tôt d'après, en

même temps que le fiancé.

Non seulement il semble mépriser le danger, mais on dirait même qu'il le

provoque. Vite ! Allô ? Oui, oui, ça y est, ils sont prêts, on les a.

Annoncez-le vite, il y a des gens inquiets. Où est l'avion en ce moment ?

Quand apparaîra-t-il ? L'avion en provoqueur de Istanbul à destination de

Paris, vol 112, va atterrir dans quelques minutes. Combien de temps d

'arrêt ? Mais comme d'habitude.

Oui, mais c'est-à-dire combien ? Oh, mais ma parole, je dirais que vous n

'êtes pas du métier. Vous devriez connaître les horaires de la compagnie,

non ? Oui, naturellement, mais j'ai oublié.

Excusez-moi.

C'est impossible, il faut que je sois l'arrivée de la viande de Lisbonne. Oh,

mais moi, je vous en supplie, c'est une question de vie ou de mort.

Un garçon, je parie. Oui, un garçon.

Vous l'aimez tant que ça ? Oui ! Allez, va, passez ce que c'est.

J'étais sûr que je vous ferais venir. Mais dépêchez-vous, on n'a pas une

minute à perdre. L'avion va repartir, il faut l'attraper. L'avion ? Mais quel

avion ? Le vôtre ? Mais alors vous êtes... Oui, je suis un ange, mais un

ange préféré. Allez, montez ! Merci. Et si je prenais avec vous cet avion, ça

vous ferait plaisir ? C'est exactement ce que je souhaite. Mais alors nous

souhaitons la même chose, c'est merveilleux. Allez en route, prenez-vous

bien.

Attention !

à l'aéroport.

Vite ! Je vous

en supplie, faites vite !

Pardon,

madame, qu'est-ce que... Puis-je savoir qui vous êtes ? Peu importe qui je suis,

il ne s'agit pas de moi, mais de l'homme que vous aimez.

Tout est arrangé maintenant.

Il sait que vous l'aimez et il vous aime lui aussi. Il va venir à vous et vous

apercevrez qu'il sait déjà beaucoup de choses à votre sujet.

Par exemple, qu'hier vous aviez mal aux dents.

Mal aux dents ? Oui.

Mais oui, c'est vrai.

Et s'il vous tient des propos extravagants, s'il affirme que vous êtes

un ange, ne le détrompez pas.

Les hommes sont ainsi.

Les femmes qu'ils aiment sont toujours des anges.

Alors... Alors vous croyez vraiment qu'ils m'aiment ?

Attention,

attention ! Les passagers à destination de Paris...

Un billet, s'il vous plaît. Pour où, monsieur ? Pour Paris.

Pour monsieur ? Pierre Jaillot.

Je dois vous quitter.

On attend et... Qu'est-ce qu'il y a ? Et puis, pourquoi ce pauvre petit visage

triste ? Puisque dans cinq minutes, nous nous envolerons tous les deux.

Et nous ne nous quitterons jamais, plus jamais.

Qu'est-ce qui ne va pas ? Monsieur, votre billet.

18 000.

Tout est arrangé.

Vous désirez quelque chose ? Non, merci.

Eh bien, allons, allons.

Les 24 heures sont écoulées, n'est-ce pas ? Est-ce que tu as oublié le

règlement, article 4 ? Sourire.

Un ange doit toujours sourire, quelles que soient les circonstances.

Oui, je sais.

À la bonne heure, la mission Chaillot est terminée.

En voici une autre, tâche de l'accomplir aussi consciencieusement.

Mais oui.

Eh bien, dépêche-toi, qu'est-ce que tu attends ?

J'y vais.

Dieu soit loué.

Cette fois, c'est une fille.

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