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Tout dépend du bon vouloir du calife de Shiraz. Que voulez-vous dire ? Nous
avons de l'huile d'olive à ne savoir qu'en faire.
De l'huile d'olive ? Oui.
Il ne s'agit pas d'huile d'olive. Il s'agit uniquement d'huile de rose.
Elle se vend comme des petits pains.
Le roi de France lui-même en a commandé deux tonnes.
Nous remplirons nos poches en obtenant le monopole de cette rose de Shiraz.
Vous croyez ? Oui.
Ne soyez pas si naïfs, Don Dolo. Le contrat sera établi et signé par notre
très cher et très estimé...
Sénateur Delacroix. Ah, comme conseiller financier, il nous fera passer le profit
sous le nez. Mais pour ses propres poches, ça, je lui fais confiance.
J'ai toujours pensé qu'il n'était qu'un... Voleur ! Voleur !
espérant que le calife de Shiraz ne va pas glisser sur une marche et se rompre
les os. Cela le mettrait d'une humeur détestable avant la signature du
contrat. N'oubliez pas notre promesse d'envoyer 300 barils au pape avant Noël.
Le calife signera sans problème.
Ces gens du tiers-monde sont très dociles.
Vous êtes un peu trop optimiste, mon cher.
Chaque fou a son ange gardien, et dans le cas du calife de Shiraz, il a sa
femme. Et l'on raconte que sa femme est très dure et le tient bien en main.
J'aimerais avoir un tel ange gardien.
Votre Altesse, en tant que Doge de la Grande République de Venise, je suis
bien heureux de vous accueillir.
La Grande Élite vole.
Je voulais pas voler, je voulais seulement manger.
La République va te nourrir au pain sec et à l'eau. De nos jours, pour se
nourrir, il faut être voleur.
En 1745, Casanova, au cours d'un voyage qu'il fit dans la région de Sienne, a
passé la nuit dans un couvent.
On dit qu'après son séjour dans la maison de ces pauvres saintes femmes,
leur couvent fut transformé en foyer pour filles mères.
Quel homme !
En 1752, il rencontra la Duchesse Francesca de Coronaro, à laquelle,
depuis sept ans, il est resté attaché. Il suffit simplement de le détacher.
Fait à Venise, le 9 du mois de septembre
1754.
Bien.
Votre Altesse?
Tous les points les plus délicats de notre contrat sont maintenant clairs et
précis.
Votre Altesse a-t-elle d'autres questions à nous poser ? Ah oui, je suis
un bras.
Vous savez, vous jouez au bagamon.
Pardon ? Ne me dites pas que vous y aurez tout du bagamon.
L'Europe n'aurait-elle aucune culture ? Pas pu contrôler.
Pourtant, c'est un jeu très simple, vous savez.
Chaque adversaire déplace à son tour ses pions.
Votre Altesse, je serais ravi de jouer à vos jeux orientaux. Je sais bien qu'ils
sont passionnants. Je voudrais surtout ne pas abuser de votre temps précieux,
surtout si cela n'est pas nécessaire.
Aussi, il ne vous reste plus qu'à signer au-dessous de la dernière ligne. Ne
signez pas.
Je ne veux plus.
Lumière de mes yeux, musique de mes nuits, douceur... Oh, t'en fais trop,
Ahmed. Je proteste au nom de la République de Venise.
Jamais une femme ne s'est mêlée des affaires de notre État.
Je regrette, mais ton éducation est à refaire, mon joli.
Bien que mon mari soit le grand calife de Shiraz, dans notre pays, c'est moi
qui prends toutes les décisions politiques, administratives, policières,
tout est sous ma responsabilité.
Oh, chérie, tu es merveilleuse. Toi, le gigot.
Le mouton de chope de mes rêves, tu es le fils de mon Kéba. Vous ne prenez
aucune décision sur votre femme.
Sinon, elle ne l'aurait plus avec moi au Bangamon.
Oui,
je vois.
Votre Altesse, notre République est prête à des sacrifices pour avoir la
signature.
Que puis-je faire pour vous satisfaire ? En aurions le Vénitien une réputation
érotique.
Vous ne voulez pas dire que...
Oui, peut-être pourrais-je.
Je me ferais un plaisir, vraiment, de... Ne prends surtout pas tes désirs pour
des réalités. Tu te fais des illusions.
Ce serait comme une goutte de Beaujolais dans le désert.
Il ne me faut pas un pantin, mais un homme, un vrai.
Giacomo Casanova.
Pas d'huile sans Casanova.
Francesca. Quelle adresse, Fulgenzo ? Toujours la même.
Mon Casanova adoré, mon amour, je t'attends ce soir, Piazza Netuno, je t
'aime, da Francesca, 6 juin, une lime.
Retenez mes pieds.
Ce soir, je prends les Blancs. Ah, c'est pas juste. Tu les as déjà eus hier.
Ah, Ahmed.
Ah, bon, d'accord.
Mais les Blancs gagnent toujours.
Pourquoi tu ne me laisses pas signer le contrat? Tu sais bien que notre pays a
un très grand besoin d'argent.
Prends patience, mon chéri.
Nous le signerons dès qu'ils auront satisfait mes exigences.
Maintenant, fais rouler.
Deux sexes. Non, non, deux, six.
C'est excitant.
Garde ! Garde, débarrassez-moi de ces horreurs, ou je me plaindrai à sa
sainteté le pape ! Qu'est-ce que vous avez à crier ? Qu'est-ce qui se passe ?
Ça va vous coûter cher.
J'ai demandé une Bible et vous m'apportez un livre porno ! Un livre
porno, puisque je vous le dis. Venez voir.
Monsieur Dezanova, croyez bien que... Si vous nous avez demandé une Bible, nous
vous avons donné... Oh, merde.
Vous auriez dû jouer votre as de cœur.
Ne vous inquiétez pas, je garde l'avantage avec l'as de trèfle. Tu as
encore l'as de trèfle ? J'ai joué du trèfle le coup d'un mot, tu as mis du
cœur. Le coup d'avant, t'as pas joué du trèfle. Ah, si j'ai joué du trèfle, t'es
un trichet. Regarde le pli.
J'ai bien mis le 10 de trèfle et toi t'as mis le 3 de cœur. Non, je t'ai mis
le 6 de trèfle sur le 10.
Oh, t'en fous, je t'en... Enfin, vous l'avez bien vu jouer du cœur.
Pardonnez-moi, je n'étais pas encore sorti de cellule. Tu oses me traiter de
tricheur, non ? Hé,
aux armes ! Aux armes !
Oui, c'est l'as de cœur que vous auriez dû jouer.
Tu vois ce qui arrive quand on triche. Ah oui ?
Quelle
cuisse.
Alors, monsieur... Giacomino.
Giacomino. Eh oui.
Que faisiez-vous avec ceci ? Eh bien, voyez-vous, votre honneur, j'ai un peu
enrhumé.
Je ne parlais pas de votre mouchoir, mais de vos dés.
Les gardes m'ont déclaré que vos dés étaient truqués. Est-ce vrai ? C'est un
non-sens. Lorsqu'on possède une paire de dés comme celle-ci, on n'a pas besoin de
voler. La dernière fois que j'ai joué aux dés, mes adversaires possédaient une
paire encore plus truquée que la mienne.
et je leur ai laissé jusqu'à mon dernier récu. Je n'ai pas mangé depuis trois
jours, mais je crève de faim. Silence ! Vous n'avez aucune excuse.
Accusé, voici la sentence.
Vous êtes condamné à six mois ferme pour vol qualifié, douze mois pour tricherie,
deux ans de galère pour tapage sur le grand cadavre. Vous permettez que je
prenne quelques notes parce que... Et six ans pour oser couper la parole à la
justice, huit ans trois quarts pour résistance lors de son arrestation.
J'ai gardé le meilleur pour la fin.
Trente ans pour oser troubler la paix ! Ma paix ! Aux armes ! Aux armes !
Casanova ! Casanova s'est échappé ! Comment osez-vous entrer en hurlant ? On
ne vous a pas appris à vous faire annoncer avant d'entrer chez le préfet
de Venise.
Dites-moi calmement de quoi il s'agit. Il s'est échappé, monsieur le préfet.
Qui a osé s'échapper ? Casanova ! Casanova ? Casanova ! Casanova s
'est échappé ! Alette ! Aux armes ! Aux armes ! Aux armes ! Sergent ! Sergent
! Dépêche-toi.
Casanova s'est échappé.
Ramenez-le sur le champ.
Oui, monsieur le général.
Je ne sais même pas à quoi il ressemble. Idiot. Tout le monde connaît Casanova.
Vous le connaissez ? Oui. De toute façon, je suis le chef. Je n'ai pas à
connaître Casanova.
Allez, viens.
c'est ici que nous avons rendez-vous passons à la deuxième phase de l
'opération
Made in Japan ?
Et nous, on va où, nous ? Nous, on va... Nous, on
va se cacher sous le porche.
Ah bon ?
Excusez-nous.
Excusez-nous, Excellence.
Nous recherchons un prisonnier criminel qui s'est échappé. Est-il aussi grand
que je le suis ? Oui.
A-t-il des yeux bleus comme les miens ? Oui.
A-t-il mon beau profil ? Oui.
Porte-t-il une cape noire ? Je vais le chercher.
Ça, c'est gentil.
Nous voilà, je reconnaîtrai sa cape entre mille... Vite, nous t'attendions
depuis longtemps.
Nous partons.
Nous ne devons pas être secondaires.
Excusez-moi, sergent, mais si Casanova ne passait pas par ici ? Oui.
Si il ne passe pas par ici, nous sommes ici sans aucune raison.
Et si nous sommes ici sans aucune raison, ça veut dire que je suis idiot.
Vrai ? Vrai.
Que nous sommes idiots.
Vrai ? Vrai. Allez.
Oui.
Vous n'êtes pas Casanova ? Mais vous non plus.
Vite, nous retournons à la piazza Nettuno.
Excusez-moi de déranger votre jolie poète. Oh, pardon.
Excusez-moi de vous déranger au milieu de la nuit, mais Casanova s'est échappé.
Et vous êtes certain qu'il s'est évadé, Sergio ? Ah, j'en suis sûr.
Et pourquoi louchez-vous comme ça sur mon corsage ? Vous vous imaginez qu'il
est à l'intérieur ? On ne peut jamais savoir.
Je peux regarder.
Est-ce que vous avez une autorisation de perquisitionner ? Ah non.
Alors il faut m'excuser, sergent.
Mais la baguette n'attend pas.
C'est dommage, parce que si vous aviez su où il était, j'avais à partager avec
vous mille écus d'or.
Oh, mille écus d'or, dis donc ! C
'est ridicule, oser offrir une si petite somme pour un homme de cette valeur.
Bon, eh bien, je vous laisse.
Allez, dehors, dehors !
Il est trop tard, il est déjà passé.
Il sait où me trouver. Vite, Fulgenso, rentrons.
Chut, ne criez pas, je ne vous fais pas mal.
Qu'est-ce qui leur prend ? Je vous en prie, écoutez-moi.
Je suis dans un drôle de pétrin, si j'ose dire. Voilà, je remontais la rue
et soudain... Vous me connaissez ? Oui, le sergent m'a tout dit sur vous. Oh, le
sergent. Il m'a dit qu'on offrait un millier d'écus d'or pour cette petite
tête si jolie. Un millier d'écus d'or.
Si jeune.
Vous savez, vous n'allez pas m'ivrer pour de l'argent, parce que l'argent ne
fait pas le bonheur. Et puis, je ne suis pas un si mauvais bougre. C'est la faim,
moi, qui m'a poussé là où j'en suis.
Alors, moi, j'ai ressenti un tel besoin.
Oh, la tentation la plus forte. Oui, c'est ça.
Vous aviez si faim. Eh bien, j'avais faim. Et puis, alors, j'ai de plus en
plus faim. Et mon appétit augmente en vous regardant.
Oh, ciel ! Voici mon mari. Allez-vous cacher dans la réserve.
C'est la dernière fournée. Les croissants pour le préfet. Maintenant,
je vais me coucher. Oh non, mon chéri. Il faut que tu ailles chez ta mère tout
de suite.
Elle est malade.
Elle a envoyé un message.
Elle est dans un état désespéré. Elle a absolument besoin de toi. Si elle a
besoin de moi, j'y vais. Prends tout ton temps.
Mais trouvez-vous appétissant.
Ah oui, oh là là, quelle merveille. Ça, de toute ma vie, je n'en ai jamais vu d
'aussi magnifique, d'aussi bien fait.
Oh, ne mentez pas.
Vous allez en voir de tellement mieux.
Oh, jamais, ça je vous l'assure. Ils sont si ronds, si fermes, si
appétissants. Un vrai régal des yeux.
Alors prenez-les, je vous en prie. Ils sont à vous.
Mais dépêche-toi ! Il va nous faire... Écoutez, sergent, regardez votre sang
-croix ! Vous allez... Arrêtez-toi !
Pour vous réchauffer, vous pouvez raccommoder ces quelques vieux
vêtements.
Oui, Vénérable Mère Supérieure.
Oh, il fait un peu sombre ici.
Bon, je vous laisse utiliser ma lanterne.
Et ne songez qu'à la prière, il est temps pour vous de faire pénitence.
N'oubliez pas que vous prononcez vos voeux dans huit jours.
Qu'elle s'imagine que nous allons rester ici à prier jusqu'au matin et on puisse
raccommoder ? Si j'avais voulu repriser des chaussettes, j'aurais pas choisi de
devenir nonne.
Oh, laisse tomber.
Il vaut mieux raccommoder quelques rocs que de ne rien faire.
Ça nous passera le temps.
Je sais comment passer le temps.
Ovid, Ars Amatoria.
Mais c'est du latin !
On ne va pas se mettre à faire des déclinaisons, quand même.
Mais non, idiote.
Ce livre est une véritable encyclopédie de l'art d'aimer.
Mais qui c'est, Ovid ? C'est l'un des plus grands poètes de Rome.
Il vivait il y a plus de mille ans.
Quoi ? Il s'y aimait déjà, à ce temps-là ? Est-ce que tu peux être stupide ?
Comment pourrait-il y avoir autant de Romains à notre époque ? Écoutez, je
vais vous le traduire.
Voix la couche familière vient d'accueillir les deux amants.
Arrête, ô muse, t'es pas devant cette porte close de leur chambre. Quoi ? Tu
plaisantes ?
Ça va devenir intéressant et même un peu osé.
Sans qu'on le leur ait ordonné spontanément, ils commencent à chuchoter
avec tendresse.
Et de la main gauche, elle ne reste pas inactive sur le lit.
Continue.
Les doigts, eux aussi, trouvent à s'occuper dans tous les domaines.
Partout où l'amour en secret mouille ses flèches.
Ainsi faisait jadis avec Andromaque l'héroïque Hector, lequel en conséquence
pouvait servir, comme on le voit, à autre chose qu'à la guerre.
Ainsi faisait le grand Achille, quand fatigué des hostilités, il étendait son
corps sur une molle couche.
Est-ce que tu laissais, Briséis, cette main te toucher, parce qu'elle avait
connu de telles victoires dans le combat contre Troie ?
Oh non, c'est un péché.
Tu ne peux pas faire ça.
Non, ma chérie. Si tu veux le faire avec un homme, c'est un péché. Le péché est
surtout de ne pas le faire.
Mais c'est un homme. Un homme.
Chut.
S'il m'attrape, je serai pendu. Je suis un criminel.
Vous voulez dire que vous êtes un assassin ? Quel genre de crime avez-vous
commis ? Si l'amour est un crime, je suis coupable.
Le pire criminel qu'on puisse trouver.
Giacomo Geronimo Casanova.
Oh, Saint Antoine, nom de Dieu.
Non, Giacomo Geronimo Casanova.
Angela, pourquoi jures-tu ? Oh oui, les nonnes ne doivent pas parler comme ça.
Des nonnes ? Oh, Saint Antoine, votre servante vous remercie de votre bonté.
Et si vous exaucez ma prochaine prière, je vous promets... Mais que puis-je
encore lui promettre ? Je vais déjà devenir nonne.
Confiez-moi votre prière, peut-être pourrais-je vous aider.
Je lui ai demandé de m'accorder 30 secondes pour te déshabiller.
Ta prière a été entendue, mon enfant.
T'as pas encore peur ? Moi aussi.
Il a dû grimper là-haut.
Mais sergent, c'est un couvent.
Il n'y a pas raison de plus pour se dépêcher.
Les hommes, vous profanez le cloître, partez ! Excusez-nous, ma mère, mais...
Je n'arrive pas à comprendre ma faiblesse.
C'est très simple, ton comportement prouve que tu n'es pas Casanova. Je suis
Casanova. Anonyme, c'est quelqu'un à qui il manque quelque chose. Des bêtises.
Attends, tu ne dois pas humilier le pauvre garçon, voyons. Elle a raison.
Sa timidité explique son trouble et sa gêne envers nous.
Il faut l'excuser, enfin regarde tout le mal qu'il se donne pour s'extérioriser.
Ce dont il a besoin, c'est un peu de chaleur humaine, d'un peu de notre
tendresse.
Je suis prête à me sacrifier pour lui et à lui donner la fleur de ma jeunesse
afin qu'il puisse s'épanouir.
Tu ne crois pas que son pantalon le gêne ? Casanova ? Dans le couvent, ici ? Ces
murs n'ont jamais été souillés. Aucun homme n'a pénétré dans cette maison
depuis des siècles. Seul notre confesseur, le père Anselme, y est
autorisé. Il n'a rien d'un Casanova.
Il ne doit pas s'ennuyer non plus.
Ma mère, nous nous excusons, mais nous devons visiter votre établissement.
Je vous en prie.
Je suis étonné, mais je ne peux me décider d'accueillir cette fleur de
jeunesse. Non, je n'ai pas le droit. Ce n'est pas l'heure du serment.
Tu te fous royalement de sa virginité. Tu la refuses parce que tu es
impuissant.
Il faut avoir la foi. Si tu penses que cette résurrection aura lieu, elle aura
effectivement lieu. Alors, tiens-toi, Pat.
Mais c'est un homme.
Évidemment, c'est un homme, c'est le père Anselme. Il prépare les novices
avant qu'elles prononcent leur vœu. Il n'y a rien d'anormal à cela.
Voyez vous-même.
Désolé de vous détruire, mais je suis très recherché.
Il n'y a pas que les femmes qui me courent après.
Je suis certaine que vous ne trouverez rien d'anormal ici, sergent.
Juste trois filles nues.
Et à moins habillées.
Oui, elles sont nues.
Le père Anselme faisait son serment. Il leur a imposé une pénitence.
Il n'y a rien d'étonnant à ça.
N'est-ce pas vrai, mon père ? Puisque vous le dites, ma mère.
Mais frère, ça n'est pas une raison pour vous croire au spectacle.
Puis-je vous prier de vous retourner ?
Qui a dit cela ? C'est vous ? Moi ? Oui.
C'est étrange.
On parle parfois sans réfléchir.
Ainsi que vous pouvez le constater, Casanova n'est pas dans ce lieu saint.
Excusez-nous de vous avoir dérangé dans vos fournis, dans vos méditations.
Maintenant, dites-moi ce que signifie ceci. C'est ma faute, honorable maire
supérieur. Je vous chasse du couvent.
Et à nous deux, mon père.
Bien.
Ainsi, j'ai devant moi les meilleurs détectives de Venise et les meilleurs
lignés de la police des polices.
Le succès de vos derniers exploits est parvenu jusqu'à mes oreilles. Je suis
fier de vous.
Aussi, je vous ai fait venir pour vous dire que j'en ai assez de perdre ma
réputation par la faute d'une paire d'imbéciles.
Je vous accorde une dernière chance de mettre la main sur Casanova. Et si vous
échouez ? Oui.
Oui, mon général.
Comptez sur nous.
Tu
désires,
chéri ?
Où est mon petit déjeuner ? Je regrette, je n'ai plus de le préparer, je n'avais
plus de pain.
Le boulanger est en retard, chérie.
Sergeant, arrêtez-moi sur le champ ce boulanger et amenez-moi mes croissants
-là ! Oui, mon général.
Exécution ! Oui, mon général.
Votre mari est là.
Non. Non, pas là. Là.
Votre mari est en état d'arrestation. Il n'est pas là, je suis désolée.
Je veux regarder moi-même.
Sergent, il n'est pas là.
Il est là-dedans ? Il n'y a personne.
On va loin.
Et ça ? C'est personne, ça ? Le
sénateur est là, quoi.
Je suis venu dès que j'ai reçu votre message.
Votre Altesse aurait-elle changé d'avis au sujet de la signature du contrat ? Le
contrat ? Je veux simplement savoir ce qui retarde mon rendez-vous avec
Casanova. Je vois.
J'ai bien peur de ne pouvoir vous satisfaire.
Cette attente m'exaspère. Vous m'aviez dit qu'il était dans vos prisons.
Ne me dites pas que la République de Venise ne prend pas soin de ses
prisonniers. S'est-il échappé ? Échappé ? Bien sûr que non.
Vous avez de ces idées.
Non, il est juste au... André !
Le sénateur Delacroix demande une entrevue, mon général.
Delacroix ? Au saut du lit, qu'est-ce qu'il me veut ? Il semble furieux, mon
général, et sans arrêt, il répète le nom d'un certain Casanova.
Casanova ! Il suffit que ce nom soit prononcé pour qu'aussitôt tout mon corps
entre en transe. Le mien aussi.
Je vous amène le boulanger comme vous me l'avez demandé, mon général.
Il a voulu s'échapper, mais avec ma grande intelligence de sergent...
Boulanger ! Boulanger ! Que voulez-vous que je fasse d'un boulanger ? Pourquoi
vous ne m'amenez pas, le timidron ? Tant que vous y êtes ! Allez, viens.
Béatrice ? Qu'as-tu fait de ton mari ? Qui est-ce, lui ?
Je ne sais pas si je dois vous le dire, madame.
Cet homme doit cacher son identité.
Et je dois me méfier des mauvaises langues, vous savez. Oh, ça je sais,
oui. Mais entre femmes, le secret sera bien gardé.
Parle, sinon je trouverai le moyen de te faire dire son nom.
Bon, eh bien dans ce cas, c'est Giacomo Casanova.
Oh, Béatrice, j'ai été ravie de te revoir et j'espère que tu reviendras
bientôt. Vous l'abandonnez ? Je le garde, il est à moi.
Ah oui ? Mais attends.
Ah voilà, recel, complicité
et recel de malfaiteur, puni d'une peine de prison allant jusqu'à 20 ans sans
sursis.
Tu changes d'avis ou il te faut 20 ans de réflexion ? Devant la loi, je m
'incline. Bon appétit.
Ici, vous êtes en sécurité ? Vous croyez ? En cas de danger, vous vous cacherez
dans mon lit, mon gentil chevalier.
Chevalier ? Le cheval, l'équitation et moi, nous sommes fâchés, j'ai fait mon
service dans les majorettes.
Incognito ! Vous pouvez bien avouer votre secret.
C'est Giacomo.
Non, ce n'est pas Giacomo, c'est Giacomino.
Giacomino. C'est mignon. C'est mignon.
Giacomino.
Giacomino Casanova.
Non, je crains que vous fassiez... Non, n'ayez pas peur. Petite erreur.
Je saurais garder votre secret. Vraiment?
Soyez sans crainte.
Mon mari ignorera tout. Votre mari?
Marie, calme-toi.
Il y a encore des filles.
Voulez-vous que je vous prépare quelque chose d'un peu plus nourrissant ? Vous n
'auriez pas un bon coup de rouge avec un morceau de sautisson à l'ail ?
J'en ai assez de payer pour vous et d'être ridiculisé par votre
incompétence. Si vous ne retrouvez pas la piste de Casanova, je vous fais
sauter au prochain ministère. Vous n'avez pas le droit d'insulter le chef
de la police.
Mettez la main sur Casanova. Si vous êtes si malade, vous n'avez qu'à le
retrouver. C'est vous le chef de la police.
Retrouvez-le vous-même.
Est-ce que vous avez pensé au château de Coronado?
C'est ravissant, mon chou.
Mais ce ton crème ne s'y est pas à votre temps.
Mais le service se crée.
On pensait que la Duchesse de Coronaro a pu, en tant que dernière maîtresse de
Casanova, prendre contact avec lui et tout faire pour qu'il puisse s'échapper.
Je vous suggère donc de mettre son palais sous surveillance.
Quelle merveilleuse idée, Votre Excellence.
Nous prendrons Casanova mort ou vif, oui.
Non ! Vous êtes ce dieu il nous le faut, vivant, et surtout ne touchez pas à la
moindre parcelle de son corps.
Et particulièrement au-dessous de la ceinture.
Et dans le cas où il tenterait de rejoindre la duchesse dans son château
de Vicenza, je vous conseille de garder toutes les sorties de Venise. Le blocus
est décrété.
Je ne me souviens pas avoir éprouvé autant de plaisir depuis que mon
vibromat serait d'Antoine.
J'attendais cependant quelque chose qui soit différent.
Différent ? D'un peu plus raffiné.
Raffiné ?
La vie en prison doit être très dure.
Elle transforme l'homme en animal.
Tu es une bête, Casanova, chérie.
Une bête ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que je ne suis pas Casanova.
Je lui parie d'être indécente.
Oh, mais qu'est-ce qui vous arrive, mon chéri ? Ah non, non, pas vous. Ne me
parlez pas de cette tâche. Vous savez très bien que j'ai horreur du café
crème. Je dois me changer.
Mais que faites-vous à une heure pareille dans votre lit ? Dans mon lit ?
Je vous attendais dans le cas où vous auriez eu envie de faire l'amour avec
moi. Vous m'attendiez ? Oui.
Pour forniquer, mais enfin nos rapports ont cessé depuis sept ans.
Voilà pourquoi je ne voudrais surtout pas rater l'occasion.
Oh non, non, non, restez là.
Mais pourquoi est-ce qu'il faut bien que je me change ? Je veux dire que vous n
'avez pas besoin de vous en aller pour vous déshabiller.
Je voudrais vous admirer.
Ça fait si longtemps que je n'ai vu votre nudité.
Et vous avez des jambes tellement viriles.
Jasmine, est-ce que vous allez bien ? Je n'ai jamais
été aussi bien depuis sept ans. Allez, laissez-moi choisir votre ami.
Oui, mais choisissez-le bien. J'ai rendez-vous avec le sénateur.
Je crois que tu dois...
Jasmine ?
Vous trouvez vraiment que j'ai de belles jambes ? Superbes, chéri.
Elles sont irrésistibles.
Je n'aime pas le bleu.
Je préfère le noir.
Qu'est-ce que vous avez aujourd'hui ? Aujourd'hui, ce que j'ai... J'ai envie
de toi, je veux.
Je n'en peux plus, je te veux.
Si vous continuez, madame, je vous fais servir du bremure à tous les repas.
Oh ! Oh ! Eh bien, c'est notre nouvelle
chambrière au départ.
Je l'ai engagée pour notre maison de campagne.
Mais pourquoi reste-t-elle ici ? Pourquoi ? Eh bien, elle...
Eh bien, j'attendais que monsieur se déshabille pour emmener ses affaires
sales.
Moi, je devais la laisser.
Eh bien, vous la ferez plus tard. Vous n'avez pas le temps maintenant, Rosetta.
Vous partez immédiatement pour notre maison de campagne de Vicenza. Bien,
madame. Vous remettrez cette lettre à notre gouvernante. Elle vous donnera ses
instructions afin que vous prépariez tout pour notre arrivée. Rosetta.
Oui, monsieur.
Bonne nuit.
Merci, monsieur.
Oh, mais vous vous rasez, Rosetta.
Personne n'est parfait.
C'est un bien sicilien. Oui.
Descendance arabe, alors.
Oui, voilà.
On va ranger ça avec un petit régime.
Mangez quelques figues. Vous en trouverez trois corbeilles dans la
cuisine. Des figues.
Tout le
monde à Venise sait que vous prenez ces mesures parce que vous êtes à la
recherche de Casanova.
Et nous devons contrôler tout le monde. Il s'est sûrement déguisé.
Non, non, il faut aller s'y passer.
Ne vous inquiétez pas.
Grâce au sceau de l'archevêque, on pourra passer.
Qu'est-ce que vous avez ? Mon père, je vais absolument me confesser. Mais vos
péchés, je les connais. J'étais là, je me rappelle.
Vous en avez commis d'autres.
Oh, vite, mon père. Allons vite à l'église.
Je dois aussi vous fouiller.
Ne touchez pas à cette femme ! Ce sont les ordres, mon général.
Oh, mon général ! Ne touchez pas à mon personnel, c'est la chambrière de ma
femme. Laissez passer, exécutif.
Dernier appel.
Le Vaporetto 74, la compagnie de Lacroix, à destination d'un flèche de
trait, embarquement immédiat, 10 minutes.
Attendez ! Attendez-nous ! Voici les documents que vous avez oubliés dans l
'église, mon père.
est enfermé dans le confessionnal.
Laissez passer, s'il vous plaît.
Très bien.
Maintenant, vous êtes sauvés, Sassanova.
Les oreilles ennemies nous écoutent penser aux espions.
Regardez cette chambrière à l'avant du bateau.
J'ai des doutes. Elle est un espion.
CIA ou KGB ? 007.
Excusez-moi, Excellence, la Duchesse de Coronaro demande audience.
Mais faites-la entrer ! C'est un immense plaisir de vous recevoir, Madame la
Duchesse.
Je ne peux pas en dire autant, Monsieur.
Je suis venue parce que le Doge a insisté sur notre entrevue.
J'espère que vous vous rendez compte que vous êtes la risée de toute l'Europe.
Espérez mettre la main, vous, sur un homme aussi intelligent et malin que
Casanova. Vous avez raison.
Vous dites ? Mais si vous êtes de mon avis, pourquoi Venise grouille-t-elle de
policiers ? Eh bien voilà, nous voulons le capturer pour ensuite le libérer
et... Au revoir, sénateur.
Nous reprendrons notre conversation un autre jour, quand vous serez âge.
Madame la Duchesse, ne partez pas.
Essayez de comprendre.
Casanova peut rendre un grand service à la patrie.
Un service assez exceptionnel. Un service de nuit. Un service d'homme.
Je ne suis pas certaine de vous suivre.
Une très grande dame, très influente, veut un rendez-vous. Juste pour une
nuit.
La patrie a absolument besoin de votre aide.
Sénateur, je ne tiens pas une maison de rendez-vous.
Que le préfet apprenne que ma coquine de femme a couché avec Casanova. Oh, mais
il sera ravi d'apprendre que sa coquine de femme a fait comme moi.
Mais qu'est-ce que ça signifie ? Fulgenzo, dépêchons-nous. Nous devons
arriver avant Casanova à Vicenza.
Aubergiste, dans combien de temps puis-je voir la chambre ? Dans quelques
minutes, Patrick. Le temps de mettre votre cheval au garage.
Vous acceptez la carte bleue ? Non, je suis vraiment désolé.
Mais je n'accepte que l'américaine exprès. Ah, bon. Alors, je réglerai à
travers. C'est bon.
Est
-ce
qu'il y a quelqu'un ? Permettez-moi de me présenter, madame. Je suis le comte
de Tirette.
Enchantée. Je suis la comtesse de Trivulnes.
Eh bien, maintenant, je vais pouvoir aller préparer la chambre de monsieur.
Bonsoir, madame. Que puis-je pour prêter sur vous ? Madame la comtesse s'est
arrêtée chez vous afin de trouver une chambre pour la nuit.
Je suis certain, mon brave, que vous allez la satisfaire.
Mais très certainement. Madame, il ne reste plus qu'une seule chambre. Elle
est à vous. Merci.
Excusez-moi, pourriez-vous nous loger tous les deux ? C'est pour la nuit.
Je suis désolé, mon père. Je n'avais que deux chambres. Elles sont déjà louées.
Oh, comme c'est désolant. Nous avons fait toute la route sous l'orage depuis
Venise. Je partagerai très volontiers ma chambre avec vous, mon père.
Pour la jeune fille, peut-être que Madame la Comtesse acceptera aussi de
partager la sienne.
Mais très volontiers.
Vous dites, mon père, que vous venez de venir ? Quelles sont les nouvelles ? La
police appelle retrouver Casanova. Où est-il encore libre ? Casacoin ?
Pourquoi êtes-vous intéressé par cet homme, comtesse ? Oh, voyons, cher
comte. Mais pour la même raison que toutes les autres femmes, il est
Casanova.
Vous n'êtes qu'un abruti, un crétin. Vous n'avez pas vu que c'était le père
Anselme ? Et ce pauvre enfant qui est avec Casanova, maintenant ? Qu'avez-vous
à dire pour votre défense, sergent ? Tous les moines sont pareils.
Ça suffit !
Taisez-vous avant que je ne vous fasse arracher la langue par le bourron.
Trouvez-moi Casanova. Mais là, je ne... Mais je n'ai pas assez d'hommes pour
arrêter Casanova. Je voulais dire... Eh bien, prenez des renforts. Il faut
plusieurs mandats d'arrestation.
Débrouillez-vous, trouvez-les.
C'est la cousine de la Duchesse de Coronaro.
Quoi ? C'est la cousine de la Duchesse de Coronaro.
La cousine de la Duchesse de Coronaro. C'est une vraie lady.
Très fichue !
Je n'ai pas été habitué à ce genre de confort dans Paris.
Paris.
C'est la ville de l'érotisme, un vrai paradis.
Là, un homme comme Casanova serait ridicule.
Casanova ? Mais qui est-ce ? Le séducteur, l'amoureux de ces dames.
Vous désirez ? Auriez-vous une chambre avec bain ? Non. Eh bien, suivez-moi, je
vais essayer de vous arranger ça. Merci.
Faites-moi confiance, mon père. Je connais sur le bout du doigt le domaine
sexuel. D'ailleurs, à Paris, on m'a surnommé six fois.
Six fois ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Que je peux au moins six fois. Et vous
pouvez six fois quoi ? Eh bien... Parents
! Six fois dans la nuit.
Pourquoi ? Vous n'y arrivez pas la première fois.
Mesdames, merci, Duchesse, de bien vouloir partager votre chambre avec moi.
Je vous en prie, ce n'est rien. Si, si, si.
J'ai hâte d'être dans mon lit.
Oui.
Je n'ai pas l'habitude de me déshabiller seule.
Voudriez-vous m'aider à me... Rosetta.
Rosetta, venez. Oui.
Veuillez me déshabiller.
N'aviez-vous jamais déshabillé une femme ? Aussi, très souvent. J'ai commencé
avec mes cousines, elles y sont toutes passées.
Et où habite votre famille ? Disneyland.
Ah,
vous n'êtes pas très à droite. Non.
Je crois qu'avec elle, il ne faut surtout pas se fier aux apparences.
Et je vous parie...
que si je monte chez ces dames, que si j'entre en disant que je suis Casanova,
je les tombe toutes les deux en un rien de temps.
Oh, mais ça, j'ai du mal à le croire. Et pour le croire, il faudrait que je le
voie. Je parie cinq cents écus contre votre vieille soutane.
Et si je relevais votre défi ? Hein ? Pari tenu, monsieur Sifoie.
Pari tenu.
Roseste ?
Allez chercher ma chemise de nuit dans mes bagages. Votre chemise de nuit ?
Tout de suite avec mes nuits ?
Mesdames, je vous en prie, venez au cours d'un homme traqué.
Je dois vous le confesser, je ne puis garder ce secret plus longtemps.
Je dois me présenter Giacomo Casanova.
Vous mentez ? Alors, je vais vous le prouver.
Non ! Lâchez-moi, au secours ! Lâchez-moi, au secours
! Aïe ! Mais ne soyez pas si pressés, je m'occuperai de vous tout à l'heure.
Ne soyez pas si pressés, chacune son tour.
Finalement, je vous ai trouvé, monsieur Casanova.
Casanova ? Je ne suis pas Casanova.
Je suis le comte de Tiretta.
J'arrive directement de Paris.
Je suis terriblement désolé.
En vérité, nous cherchons un moine.
Un moine, oui. Eh bien, voilà ses vêtements.
Et il est monté là-haut chez les dames.
Un moine ? Avec des dames ? Oh mon Dieu, c'est sûrement lui.
La porte, s'il vous plaît.
Il m'a dit après que quelqu'un me débarrasse de cette furie.
Ouvrez cette porte au nom de la République de Venise.
Venez derrière moi.
Je veux savoir ce que vous faites dans ma chambre.
Je suis la comtesse Triboulsy.
Nous cherchons un prisonnier qui s'est évadé.
Son nom ? Casanova.
Voici votre homme.
Non, je vous assure, vous faites erreur. Je fais erreur ? Vous nous avez même
prouvé que vous étiez Casanova. Est-ce vrai ? Rosetta ? Oui, il a essayé.
Mais je suis le comte de Tiresa. J'étais en mission à Paris. C'est ça.
Et moi, je suis le pape qui va à Moscou.
Remarquez-le. Mais non, mais vous faites zéro.
Ne
craignez
rien, chevalier.
Pourquoi vous ne venez pas près de moi ?
Ne vous occupez pas d'elle. Elle dort profondément.
Je vous connais depuis longtemps.
Ah, vous me connaissez.
Toute ma vie, j'ai attendu cet instant.
Oh, c'est vrai.
Aimer et avoir comme amant Giacomo Casanova.
Ah bon, il va venir aussi ? Oh, vous plaisantez toujours, mon amour.
Votre Excellence...
Giacomo Casanova.
Idiot, ce n'est pas lui.
Idiot, ce n'est pas lui.
Ce n'est pas lui.
Idiot.
Idiot, vous n'êtes pas lui.
Mais je sais quand même qui je suis, non ? Mais je ne suis pas supposé le
connaître. Je ne l'ai jamais vu.
Mais la dame a déclaré que c'était Casanova.
La dame ? Qui est-elle ? La comtesse Trivulzi.
J'ai découvert cet individu dans sa chambre, dans cette tenue. L'individu en
question est le comte de Tiretta.
Quelle jolie robinetterie.
J'imagine que vous attendiez depuis
longtemps un bon bain comme celui-ci.
Oh oui.
Foul.
On y cuirait un oeuf.
Vous avez un merveilleux sens de l'humour. La température de l'eau est
parfaite. Non, non, non, je vous assure, c'est beaucoup trop chaud pour moi.
Bon, voyons, c'est tiède. Je sais bien que certains l'aiment chaud, mais... J
'entrerai pas là-dedans.
Brûlez sa robe. Vous permettez.
Je les porte toujours sur moi.
Ça, c'est mes petits portes-bonheurs.
Mes petits dés.
Oh, que c'est chaud.
Sacré joueur.
Le monde entier sait que Casanova est aussi chanceux au jeu qu'en amour.
Ah, lui aussi. Je veux dire, lui aussi. Je voulais dire que je le suis aussi.
Chanceux en amour, chanceux aux cartes. Enfin, la chance personnifiée. Le
marquis de Copafrata et ses amis attendent Madame la Comtesse.
Oh, je suis navrée. Je dois vous quitter, Giacomo.
Miranda et Sophia prendront soin de vous.
Miranda. Ah non, Miranda et Sophia.
Oh, mais qu'est-ce que vous faites avec ça?
Ah non, non, jamais de savon.
Je passais plus près de chez vous que je ne serais jamais pardonné de ne pas vous
rendre visite. Croyez bien que je serais navré si je vous dérangeais.
Me déranger, pensez-vous.
Oh, mes chéries.
Quel bonheur de vous recevoir chez moi.
Moi, je m'habituerai assez vite à cette vie d'aristocrate.
Francesca! C'est une surprise!
Que je suis heureuse!
Merci, Tante Priscilla.
Tout va bien?
Je veux dire, n'avez-vous reçu aucune visite? Eh bien, si, justement. Laissez
-moi vous raconter.
Vous ne devinerez jamais qui vient d'arriver. Qui ? Cécilia.
Ah, Cécilia.
Je croyais Cécilia au couvent.
Que s'est-il passé ? On lui a refusé de prononcer ses voeux. Elle est
bouleversée. Elle ne veut rien me dire. Mais je suis sûre qu'elle se confiera à
vous, à sa cousine, ou fait des confidences. Oui, je lui parlerai, ma
tante. Le comte Tiretta désire être reçu.
Le comte Tiretta ?
Ne me faisons pas attendre.
Comment avez-vous fait que c'était moi ? Je n'ai qu'un formateur.
Il y a combien de temps ? Deux ans, dix mois, dix jours, vingt-trois heures,
sept mois.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Francesca, tu es toujours si magnifique, toujours si excitant, plus affreux.
Oh non, Giacomo, non.
Pourquoi tu t'arrêtes, mon amour ? Mais c'est toi qui m'as dit d'arrêter,
Francesca. Oh, amour, si tu te soumettais toujours aux volontés des
femmes, tu ne serais plus Giacomo Casanova.
Oui, ça c'est vrai.
Le lit est là. Quel lit ? Francesca est arrivée.
Attends un peu, elle reçoit un visiteur, le comte de Tiretta.
Le comte de Tiretta ? Oh mon Dieu, il faut la prévenir, quelle horreur, cet
homme est un maniaque.
Durant le voyage, ce Tiretta essayait de me violer.
Il prétendait être Giacomo Casanova. Il a réussi à te violer ? Non, le vrai
Casanova est arrivé heureusement.
Qu'est-ce que lui, il t'a violé ? Non, non, il était trop occupé avec la
comtesse de Trigunzi.
C'est toujours les mêmes qui en profitent que les poids.
D'accord.
Oui, je te comprends.
Non, pardonne-moi, Francesca, c'est probablement toutes ces nuits que j'ai
passées dans cette cellule glaciale.
Au trou de bon lit bien chaud.
Mais qu'est-ce que tu veux dire, bien chaud ? La femme du boulanger, la femme
du préfet et toutes les femmes avec qui tu as passé la nuit dernière. Oh non,
non, ça ce n'est pas vrai du tout, tu te fais des idées. C'est toi qui devrais
avoir des idées.
Quand même, tu aurais pu conserver un peu de tes forces pour moi. Oh,
Francesca.
Francesca. Oui ? Je dois vous parler, c'est urgent.
Je viens. Attends, Francesca.
Oh, Francesca, je suis désolée d'interrompre votre conversation.
Ne craignez rien.
Notre entretien n'avait pas commencé.
Je suis venue vous avertir que le comte de Tiretta n'est pas celui que vous
croyez. Ce qui veut dire ? Il a prétendu hier être Giacomo Casanova. On raconte
qu'il a fait irruption dans la chambre de la comtesse Tribuzi et que... Et il a
fait l'amour avec ? Non, pas lui.
C'est le vrai Casanova qui l'a fait.
Le vrai Casanova ? En est-elle sûre ?
Certaines choses ne peuvent nous tromper dans ces cas-là. Mettez-moi maintenant,
j'en ai assez entendu.
Tu as peut-être des explications à me fournir sur ce qu'elle vient de dire ? J
'ai l'impression qu'un individu se paye du bon temps qu'il se fait passer pour
moi et utilise mon nom.
Ah, et qui pourrait être remplacé ? La chambrière.
Elle, c'est lui. Qu'est-ce que tu veux dire ? Oh, mon pauvre Giacomo, la
fatigue te fait perdre la tête.
Francesca, tu vas comprendre tout de suite, c'est clair.
Très clair. L'homme, c'est bien la chambrière.
Il s'est bien déguisé en elle. Et elle est la seule qui ait pu faire ça. Il
faut que j'arrive à mettre la main sur cette femme.
Euh, homme.
Un cheval.
Sur un cheval ? Oui.
Mon royaume pour un cheval.
Je suis impatiente de rencontrer pour la première fois votre cousin, le comte de
Canossa. J'ignorais que votre famille était apparentée au Canossa. Très chère,
je voudrais vous parler de notre très vieille amie, la Duchesse de Mariela.
Oh, comment va-t-elle ? Une dernière petite retouche et nous y sommes.
Oh, c'est un secret et j'ai promis de ne rien dire.
Mais si vous me promettez de garder ce secret...
Comtesse.
Comtesse Mariella.
Venez, mon cher, venez vous asseoir.
Oh, ma boisson préférée.
Oh, quel geste délicieux.
Comme je voudrais être à leur place.
Très bien, continuons notre part.
Excusez-moi.
Ça fait que deux jouets, à moi.
Oh, chère madame.
Deux, cinq, mais vous êtes en vaine aujourd'hui.
Oui, oui, je me sens adaptable.
Oh, pardon.
Excusez-moi.
Puis-je me présenter contre Canossa ? Et serait-ce par
hasard un jeu de hasard ? C'est tout simplement un jeu de dés. Ah, de dés.
Voulez-vous vous joindre à nous ? Je regrette, mais je ne connais pas grand
-chose à tous vos jeux de hasard. J'ai été élevé chez les soeurs.
J'ai été élevé chez les frères.
C'est pas mal, dit ton fils.
Oh, dis, ça va.
Tout le monde a misé ? Oui.
Oh,
mais... Oh, fantastique.
Oh, excusez-moi.
C'est à vous.
Un seul homme au monde peut avoir autant de chance au jeu et être heureux en
amour. Oh, chérie. Qu'est-ce que dites-vous ? C'est incroyable.
Venez nous rejoindre, mesdames.
Peut-être ferez-vous tourner la chambre. Oui, venez avant qu'il ne nous enlève
tout. Ah oui, quelle bonne idée.
Jouons nos vêtements.
Ah, vous jouez au strip-dé. Je serais prête à jouer la roque qui recouvre mon
pauvre corps contre ce tas de pièces d'or.
Moi aussi.
Êtes-vous d'accord?
Je comprends bien votre strip-dé. Vous seriez prête à jouer ce que vous portez
contre mon or. C'est bien ça, chevalier.
Combien est-ce que vous avez payé, ça ? Un prix importe peu. Vous croyez, vous ?
Si vous gagnez, vous découvrirez les dessins. Ah, si j'accepte, c'est la
surprise. J'adore.
Je joue ma robe aussi.
Je joue ma boîte à briser.
Et moi, mon épée en plus.
Et voici ma montre de plongée.
Et je joue ma... broche. Ah, une broche. Alors, récapitulons. Une épée, une
montre de plongée, encore une boîte à briser, une broche et en plus, trois
robes contre mon or.
Les jeux sont faits. Alors, qui commence ? C'est moi. Ah, vous l'honneur.
Hé, sergent ! Si nous trouvons Casanova, vous, qu'est-ce que vous en faites ? C
'est simple. Je prends mes menottes dans ma poche.
J'en accroche une à son bras.
Je mets l'autre à mon bras.
C'est aussi simple que ça.
Sergent, vous êtes un génie.
Mais après... Après ?
Eh bien, on l'emmène au poste.
Abruti.
Mais que faites-vous des monotes, sergent ? Eh bien, arrivé au poste, je
mets ma main dans ma poche et je prends la clé.
Quoi, le spectacle est beau.
Voilà une telle.
Mesdames et messieurs, j'espère que nous ne vous dérangeons pas. Je veux dire, si
on vous dérange, je vous le dis. Enfin, vous voyez ce que je veux dire. Pas du
tout. Mais dites-moi, que signifie cette présence ? Chut.
Vous souvenez-vous d'un certain moine ? Je me souviens de plus d'un moine. Et
alors ? Nous avons de bonnes raisons de croire que ce fameux moine...
Serait Casanova. Et que maintenant, il se prétend être le comte, hein ?
Tiretta. Un moine, sergent ? Mais je n'en ai vu aucun depuis hier soir.
Et nous ignorons où se trouve le comte de Tiretta.
Le seul étranger de cette maison, c'est le comte de Canossa.
Emmenez-le si vous le voulez.
Non, merci.
Est-ce tout ce que vous voulez ? Évidemment.
Et maintenant, vous pouvez retourner à vos occupations.
Bonsoir, mesdames.
Bonsoir, mesdemoiselles.
Bonsoir.
Ces dames semblent pressées de payer leur dette.
Petit.
J'aurais voulu avoir cette chance tout à l'heure.
Comment se fait-il que nous ayons deux paires de dés ?
Eh bien, messieurs, nous avons été roulés.
Casanova ! Où êtes-vous ? Casanova !
Casanova ! Où êtes-vous ? Viens comment ? Où es-tu ?
Tu as gagné ! Viens comment ? Prends-moi ! Prends-moi, pipouille ! Viens ici, là
! Viens te battre si tu es un homme ! Non, Casanova, je vous en prie, ne me
trahissez pas. Ce n'est pas de ma faute. J'ai rien dit. Moi, c'est toutes ces
dames qui m'ont appelé Casanova.
Casanova, tu es un lâche. Ça, c'en est trop. Ne n'y allez pas.
Restez avec moi.
Si vous arrive un malheur, qu'est-ce que je vais devenir ? L'honneur de mon nom
passe avant tout, monsieur.
Regarde.
Qui êtes-vous ? Vous n'êtes pas le Trichard que je cherche.
Giacomo Casanova.
Casanova ? Oui.
Qui était l'autre, alors ? Il m'a doublé.
Allez,
Casanova. Montre-lui qui est Casanova.
Ce fut un grand plaisir de croiser le fer avec le grand Casanova. Tout le
plaisir fut pour moi. Faux ! Faux ! Faux ! Tout est faux ! Faux, votre Altesse ?
Qui dans ce rapport a été prouvé point par point ? Ma tête a coupé. Vous voulez
me faire croire que Casanova ait resté une nuit avec trois nonnés et un moine
sans que rien ne leur arrive ? Je vous jure. Mais même le moine a été respecté
alors. Savez-vous que dans mon pays, tout ce qui est superflu et qui n'a plus
d'utilité est abattu ou coupé ?
Oh, quel grand service pour le planning familial Casanova-Eunuch. La République
de Venise vous serait reconnaissante.
Mais dites-moi, comment faites-vous ça dans votre pays ? Dans mon harem, nous
avons des experts pour ce genre d'art.
Malheureusement pour vous, sénateur, mes informateurs m'ont apporté des
renseignements très différents sur votre monsieur Casanova. Et en plus, ils ont
des preuves de son efficacité, telles que...
La femme du boulanger, Béatrice, la femme du préfet, la comtesse Triboulsi,
la comtesse Sardegna, Cecilia Sorella, l'actrice Yorabella.
Voyez-moi, comtesse, c'est moi le responsable de tout ça.
Vous devez être un homme, comtesse.
Euh, je ne peux pas me calmer.
Et même la comtesse Triboulsi ? Eh oui.
Vous savez, c'est le hasard.
Que fais-tu ici ?
Oh, moi, rien du tout.
Oh, allons, dis-moi tout.
Tu voudrais savoir qui sont ces mystérieux chevaliers, c'est ça, n'est
-ce pas ? Mais je les connais déjà.
Leux deux, n'est-il pas Casanova ? C'est exact.
Lequel ? Celui de gauche.
Et celui de droite.
Oh, c'est juste un vagabond qui essaye de se faire passer pour Casanova.
C'est par pitié que je lui ai aidé.
Ainsi, tu vois, ma chère Francesca.
C'est bien ce Giacomino qui a couché avec la comtesse, et moi je suis aussi
innocent que l'agneau qui vient de... Ça se plaisante, Giacomo.
On a essayé de me faire avaler tellement de couleuvres dans ma vie que je n'y
crois plus.
Et je ne peux pas croire une histoire d'une telle énormité.
Avec tout le respect que je vous dois, ma chère Francesca, soyez intelligente,
c'est le seul responsable. Vraiment ? Vraiment. Vous m'avez trompée.
J'espère que vous êtes de bons amis, car vous risquez de partager la même cellule
pendant très longtemps.
Francesca !
Vous croyez qu'elle pense ce qu'elle dit ? Francesca a le tort de ne pas parler
pour ne rien dire. Mais il faut l'empêcher d'agir. Mais comment ? Vous
êtes Casanova, non ? Si vous n'arrivez pas à maîtriser une femme, alors qui le
pourrait ? Je dois avouer que j'ai un petit ennui. Mes lèvres, mes yeux, mon
esprit, tout fonctionne parfaitement.
C'est le reste qui n'est plus tout à fait... qui ne veut plus coopérer.
Ce qui veut dire que... Oui, je n'y arrive plus du tout.
Pas même un tout petit peu ?
Une vraie limace.
Ah ben, nous voilà dans le beau drap.
Oh, mais j'y pense.
Et si je prenais votre place ? Toi, ma place, ne t'es pas regardé, ça ne
marcherait pas. D'ailleurs, nous ne nous ressemblons pas assez. Et nous n
'utilisons même pas la même pâte d'antifrice.
Oh ben, la nuit, tous les chats sont gris. Elles pourraient nous prendre l'un
pour l'autre. Tu le crois vraiment ? Je suis sûr.
Dans le noir, tu pourrais te glisser dans son lit et imiter ma voix et lui
dire... Tu es la plus ravissante femme du monde. Tes cheveux sont magnifiques,
si soyeux. Ta poitrine est si belle, si parfaite. Ah, mes doux yeux, je ne peux
plus attendre. Je t'aime, je t'aime, je t'aime.
Un peu plus, moi. Arrêtez.
Merci, mon cher. Allons-y. Vous me prêterez votre dentifrice ? Oui, oui,
oui. Il faut tout me dire, Cécilia. Le bonheur de ma vie en dépend.
Je sais qu'il y avait une jeune femme dans la chambre à l'auberge.
C'était vous ? Oui.
Il y avait aussi un homme, habillé en femme de chambre.
Était-ce ce vagabond qui se fait passer pour Casanova ? Oh non, lui, il était
habillé en moine.
Casanova était donc dans votre chambre.
Quelle sale menteur. Je vais lui apprendre à se moquer de moi.
Oh, mais c'est tant mieux.
Demandez donc au domestique de me préparer un bain, je vous prie. Je vous
rejoindrai tout à l'heure.
Je voudrais que vous couchiez dans ma chambre cette nuit. Et vous, allez-vous
dormir ? Dans votre lit. Mais pourquoi ? Parce que ce menteur s'est un peu trop
moqué de moi.
Et cette nuit, il voudra se faire pardonner, j'en suis certaine.
Je crains de ne pas pouvoir le résister.
Alors, c'est vous qu'il trouvera dans mon lit, à ma place.
Si je comprends bien, vous lui réservez une surprise quand il me découvrira. C
'est exact.
Et ainsi, je prendrai ma revanche.
Quelle douce revanche.
Nous vous attendons là-bas et que tout le monde reste sur ses gardes.
Entrez, Cécilia. Non, non, non. Restez, restez un peu. Je vous en prie. Je m'en
perds vite. Je croyais trouver Casanova ici. Mais il est là.
Je voulais prévenir que Francesca a décidé à l'acceptante. C'est trop fort.
Francesca, je... Ça ne te suffit pas de séduire toutes les femmes mariées de
Venise.
Tu veux en plus corrompre une innocente jeune vierge et dans ma propre maison.
Francesca, je t'en prie. Je vais t'expliquer. C'est un malentendu. Tu n
'as rien à expliquer.
Francesca, ouvre cette porte ou bien je l'enfonce.
Casanova. Oh,
Casanova.
Oh,
Casanova.
Est-ce qu'elle est là?
Priscilla, vous pouvez regagner votre chambre.
Casanova ne viendra pas ce soir.
Que voulez-vous dire? Il est là, dans le lit. Non, vous venez de faire un rêve
érotique. Je l'ai enfermée dans sa chambre. Et lui qui est-ce alors ? Je n
'ai pas pu le confondre avec Quasimodo.
Mais vous, qu'est-ce que vous faites là ?
Maman,
je cherche un cordonnier.
Francesca ! Laisse-moi t'expliquer.
Tu as dû te tromper de fenêtre.
Cecilia est dans la chambre en dessous. Mon amour, c'est toi que je désire.
Alors pourquoi as-tu envoyé ton bel ami dans mon lit ? Ce n'est pas le moment de
nous troubler, n'est-ce pas, Giacomino ? Giacomino ? Francesca, laisse-moi
entrer, je t'en prie. J'ai un besoin urgent à satisfaire, je t'en prie.
Il n'en est pas question, chevalier.
Sergent ? Quoi ? Regarde un peu là-haut.
Qu'est-ce que c'est ? Il y a un homme qui est accroché à la corniche.
Et alors ? Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Applaudir ? D
'accord,
non ? Ce n'est pas Giacomo.
C'est Giacomino.
Et je ne suis pas à Casanova.
Ça n'a pas d'importance.
Tout ce que je fais, c'est que je vous aime.
Mieux heureux.
Je suis sûr que c'est lui.
La moindre erreur pourrait nous être fatale.
Laisse-moi passer devant.
Excusez-moi.
Au nom de la République de Venise, je vous ordonne d'arrêter de forniquer.
Monsieur Giacomo Casanova, vous êtes en état d'arrestation.
Qu'est-ce que vous faites là ? Vous l'avez dit vous-même, je fornique.
Rhabillez-vous immédiatement.
Valentin, retourne-toi.
Retourne-toi !
Il
n'y a qu'un homme capable de se battre comme ça dans la contrée, c'est lui.
Une minute.
Mais il est innocent.
Si vous bougez, je vous éclate le nez. Au nom de la
République de Venise, vous êtes en état d'arrestation.
Doucement.
pas Casanova. Je vous prie de me croire. Je sais.
Pourquoi vous ne leur avez rien dit, alors ? Parce que j'aime le vrai
Casanova. Et je me suis montrée injuste envers lui.
Oh, vous devriez avoir honte de votre conduite, Francesca.
Francesca. Ah ! Pourras-tu jamais me pardonner
? J'ai seulement voulu te prouver, mon amour.
Viens avec moi.
J'ai retrouvé toute ma confiance en toi.
C'est fait, nous le tenons. Qui ? Votre bel amant.
Mais mon ami, je ne comprends pas votre fureur. Tous les hommes seraient fiers
que leur épouse ait été digne de recevoir les hommages d'un tel
séducteur. Je devrais peut-être aussi le congratuler, non ? Oui, remerciez-le d
'avoir fait ce que vous avez oublié de faire depuis si longtemps.
Et que veut dire au juste faire ? Vous voyez, vous ne comprenez même plus de
quoi je veux parler.
Oh, si je vous comprends.
Laissez-moi vous garantir, et sa parole de préfet, que je vais lui régler son
compte. Il ne sera plus en mesure de présenter ses hommages à qui que ce
soit.
Oh non, vous ne pouvez pas, c'est contre toutes les lois. On verra.
Contre nos lois.
Je ne voudrais pas trahir un secret d'état, mais...
Mais il est très recherché par une puissance orientale qui se fera un
plaisir de rendre la justice pour nous. Oh, ce serait trop affreux. Elles sont
magnifiques.
Ne vous inquiétez pas pour si peu, ma chère.
Je les ferai d'oreilles et je vous les offrirai pour nos noces d'or. Cela vous
fera de magnifiques boucles d'oreilles.
Tu es le meilleur, je l'ai toujours dit.
Avec un peu de douceur, on arrive à tout.
Oui, et ta force est dans la douceur.
Comme je suis heureuse de les avoir empêchés de t'emmener.
M'emmener ? Dans les prisons de Venise ? Ah non, dans la couche de la califat de
Shiraz. La califat ? Qu'espérait-elle de moi ? Ce que toutes les femmes espèrent
de toi.
C'est même devenu une importante affaire d'état.
Vraiment ?
Pas de Casanova, pas d'huile de rose.
Je ne savais pas que ma cote était aussi élevée sur le marché international.
Delacroix a même promis ta liberté en échange de tes prouesses une fois ce
service rendu. Ma liberté ? Peut-être que je devrais profiter de l'occasion.
Ce n'est plus la peine.
Giacomino a pris ta place.
Giacomino ? Quelle drôle d'idée.
Tenez, le voilà.
C'est lui le vrai Casanova.
Arrêtez-le, et mon pauvre Giacomino ne se fera pas violer à la place de ce
suborneur. Arrêtez-le ! Bonjour, Oshiki.
Vous vous êtes encore trompé d'homme.
Que voulez-vous que je fasse de cet imbécile qui va se faire prendre à
gueule ? Vous ne vous dérangez pas, je connais le chemin. Oui, emmenez-le au
cachot. Oui, vous avez couché avec ma femme. Avec qui ? Pour cela, vous aurez
15 ans de cachot. On ne pourra pas... Bon, eh bien, je vous donne 10 ans. Et
comme je vous avais déjà emprisonné pour 42 ans, cela fait au total 52 ans. Et en
plus...
Mais pourquoi dites-vous que cet homme est Casanova ? Personne n'aurait pu me
combler comme il l'a fait.
Libérez Casanova ! Libérez Casanova ! Je vous promets de libérer cet homme dès
demain. S'il accepte de mettre pour cette nuit au service de la République,
c'est donc exceptionnel.
des Casanovas et en Al-Qaït, ou les défauts.
Profitons de cette confusion.
Je propose de livrer cet homme à Al-Qaïf.
Vous rendez-vous quand, de l'abus de confiance, une véritable trahison ?
Votre Excellence, il est notre dernière chance.
Nos finances s'effondreront si nous n'arrivons pas à signer ce contrat.
Oh, dans ce cas, il n'est question que d'un geste de diplomatie et non pas d
'une trahison.
Quelle merveilleuse sagesse, votre Excellence.
Ce soir, quand le premier rayon de lune apparaîtra.
Laissez-en le rayon de lune où il est pour l'instant.
Et avant toute chose, je vous demande de faire grâce à Casanova.
Non, non, non.
Jamais. Je propose dans ce cas que le Doge se sacrifie pour la patrie.
Avec une femme ? Quelle horreur.
Le vrai Casanova sera pardonné immédiatement. Et 2000 écus d'or pour
moi ? Ils vous seront accordés.
D'accord. 2000 écus d'or, ce n'est pas payé très cher pour une telle vérité.
Qu'est-ce que vous voulez dire par là ? Je voulais dire par là que si vous
échouez... C
'est malin.
Comment voulez-vous qu'il monte son courage maintenant que vous lui avez
fait peur ?
Peut-être ai-je une idée, Vincenzo.
Qu'est-ce qui vous déplaît en moi?
Nous cherchons un stimulant, pas un sédatif.
Comment va le Morane?
La nuit va tomber bientôt.
Oh, je sais, la nuit va tomber.
Rappelez-vous, s'il ne s'éveille pas un peu, il risque de perdre ses amis.
Je sors de là. Si vous osez défiler dans cette tenue, vous pourrez oublier de
rentrer à la maison ce soir. Ne vous mettez pas dans cet état.
Comprenez que grâce à moi, l'inflation sera stoppée, le pouvoir d'achat relevé.
On élèvera un monument à ma gloire, à Gelsomine.
Héroïque vénitienne, elle a sauvé sa patrie en faisant grand de son corps.
La lune est levée.
Oui, c'est bien la seule chose qui soit levée.
Mettez-moi en prison, mais ne me livrez pas à cette cannibale.
Arrêtez ! Il est innocent.
Ce n'est pas Casanova.
Taisez-vous ! Moi, je peux vous assurer qu'il est bien Casanova.
Ces pauvres enfants, ils n'ont encore de quoi elles parlent. Oh, mon chéri.
Ils t'ont fait subir d'horribles tortures, mon pauvre chéri. Tu as dû
souffrir parmi ces femmes nues.
Dis-leur que tu n'es pas Casanova.
Oh, l'enfer ! Ne la touchez pas, vous avez gagné. Et vous aurez la signature
sur le contrat.
Votre Excellence, le vrai, le seul, l'unique Giacomo Casanova. Taisez-vous,
bandidion ! Le moment est venu où un homme d'honneur doit faire face à son
destin. J'ai trop longtemps privé les Vénitiennes des joies de l'amour.
La califat veut Casanova.
Casanova est prêt au sacrifice.
Quelle nature généreuse.
C'est pas étonnant que ce soit une vedette.
Pourquoi elle ne veut plus de moi ? Je n'en sais rien.
Vous ne savez pas ? Alors, par là, qui va jouer avec moi au backgammon
ce soir ? Au backgammon ? Oui.
Moi, je veux bien jouer avec vous.
Venez.
Qu'est-ce qui se passe, mon chéri ? Je n'aime pas être à gauche. Je préfère
beaucoup être à droite.
Et tu crois vraiment que c'est différent ? Puisque tu me poses la question, oui.
Je n'ai pas l'habitude d'être à gauche non plus.
N'oubliez pas, ma chère, que je suis votre invité.
C'est mieux maintenant ? Oui.
J'ai tout perdu et plus rien à jouer. Merci, monsieur. Tenez.
Oh, c'est magnifique, ça.
Vous avez une chance de... Vous croyez ? Quoi encore ?
Quel parfum utilisez-vous ? Huile de rose royale. Je n'ai rien contre,
personnellement, mais à Venise, nous ne sommes pas très habitués à ces senteurs
si capiteuses, si pénétrantes. Alors, nous diluons, nous mélangeons plusieurs
parfums... Oh, la merde !
Inoubliable. Ma merveilleuse Francesca.
Francesca?
Francesca?
Et voilà!
Arrête, Archmède, je t'interdis de signer ce contrat.
Il est trop tard, votre Altesse. Le contrat est signé et tout m'appartient.
Vous faites erreur. Il appartient à la République de Venise.
Si vous tenez à votre liberté.
Les jeux sont faits.
Et qu'allez-vous faire de mon ami Casanova ? Vous voulez
garder ce contrat, alors rendez-lui la liberté.
D'accord.
Je lui rends sa liberté.
Très bien.
Oubliez cet épisode lorsque vous rédigerez vos mémoires. Ne craignez
rien, sénateur, personne ne l'apprendra.
Sauf nos amis spectateurs.
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