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Je savais que vous alliez sonner, M. Nyman.
Je vous ai apporté un antidouleur.
Pas trop froid ? Je ferme la fenêtre ?
Non. L'air de la nuit, c'est bon.
Il faut que j'aille aux toilettes.
À la bonne heure !
Le docteur veut vous voir debout souvent.
Cette pommade, ça fait du bien ?
Espérons.
Ta musique, c'est pour casser Ies pieds de ton père ?
Non. Elle est extra.
Gamine, tu étais fière d'avoir un papa dans la police.
Tu t'en vantais, même.
On grandit.
La police a changé.
Tu bosses, demain ?
Oui.
- Avec Kollberg ? - Hélas non.
Avec Rönn. Il y a plus marrant !
Assieds-toi là.
Tu voulais tuer Johansson ?
Je voulais lui donner une leçon.
Mes potes sont morts d'une overdose, tu piges ?
Dix-sept qui sont morts comme ça. Tu piges ?
T'es flic, tu peux pas piger ça.
Arrête tes conneries.
Dix-sept, je te dis. Dix-sept.
J'en ai rien à foutre ! Depuis ce matin 8 h, je te cavale après.
Maintenant que tu es là...
tu vas te mettre à table.
Que veux-tu que je te dise ?
Pour moi, tu vois, vous étiez deux.
Merde, qui t'a dit ça ? Alors là, je vois pas.
Va te faire foutre !
Merci de t'en charger.
Bon, on y va.
Criminelle. Ici, Johansson.
Rönn, une minute.
Quoi ?
J'ai un truc pour toi.
On s'en occupera.
Un crime à l'hôpital Sabbatsberg. Tu y vas ?
Oui.
Les gars t'attendront sur place.
- Ton nom ? - Andersson.
Vous êtes arrivés quand ?
À 2h26.
Il y a pas 9 minutes, on était de service place Oden.
Lui, c'est un stagiaire. C'est sa première ronde.
Vous savez qui a été tué ?
Le commissaire Nyman.
Il est méconnaissable.
Allo ? Non, pas maintenant. J'ai du boulot, ici.
Comme tu dis. Salut !
Beck.
Salut, Martin. Rönn.
Je suis à Sabbatsberg.
Rapplique. On t'attend devant l'entrée. Vite !
Excusez-moi.
Ce sont des choses qui arrivent.
C'est toujours comme ça ?
J'ai 20 ans de métier, mais j'ai jamais vu ça.
Le type a opéré vite.
Tu comprends, si je t'ai appelé...
c'est pas parce que...
Pas parce que ?
Pas parce que Nyman était commissaire,
mais à cause de cette boucherie.
Le type qui a fait ça... c'est un cinglé.
Ça m'en a tout l'air.
Rönni
Ça, par terre, ça vient d'un Mauser.
On peut relever les empreintes, là-dessus ?
La fixation est striée.
Faut que j'aille voir la famille.
On peut débarquer chez sa femme, à 3 h du matin ?
Force majeure.
Tu viens avec moi ?
Hein ?
En stationnement interdit, sur le trottoir !
Il a du pot qu'on ne soit pas contractuels !
- Dis... - Quoi ?
C'est son gosse, là-bas.
Oui. Le fils de Nyman.
Je vais chercher maman.
- Beck. C'est moi qui ai appelé. - Bonjour.
Einar Rönn.
Bonjour.
Asseyez-vous.
Qu'est-ce que...
Si vous avez des tranquillisants, des cachets,
vous devriez en prendre un.
Papa a...
un flacon de Restenil. Je vais te le chercher ?
Oui, merci.
Je vous en prie, dites-moi pourquoi vous êtes venus.
Stig est mort.
Personne n'y peut rien.
Mais pourquoi on ne m'a pas laissée le voir ?
Et puis... vous étiez si bizarre au téléphone.
Mme Nyman, votre mari n'est pas mort de maladie.
Quelqu'un l'a assassiné.
Je ne comprends pas.
Qui ?
Nous l'ignorons. On l'a trouvé par terre, dans sa chambre.
Quelqu'un est entré par la fenêtre, et l'a tué.
Avec une baïonnette. Il n'a pas eu le temps de réaliser.
Il a été attaqué par surprise.
Pourquoi ?
Nous l'ignorons.
Nous espérions que vous pourriez nous aider.
Voyez-vous quelqu'un qui aurait pu faire ça ?
Non.
Votre mari avait-il été l'objet de menaces ?
Non.
Était-il détesté ?
Détesté ! Qui l'aurait détesté ?
Réfléchissez, un policier n'a pas que des amis.
Je ne comprends pas.
- Je peux vous accompagner ? - Non.
Dites-moi au moins quelque chose.
Plus tard.
Pas de photos !
Salut.
Ça avance ?
On a interrogé les malades.
Personne n'a rien vu ni rien entendu.
Les murs sont épais, dans ces vieux trucs.
Vous connaissiez Nyman ?
Oui, mais pas personnellement.
lnterrogez les gars de Klara.
C'est là qu'il bossait avant sa maladie.
Sahlin est là ?
C'est moche pour Nyman, quand même.
Plutôt !
- J'ai appris par la radio. - Rien dans les journaux ?
Non. Pas encore.
- Salut. - Salut. Tu en reviens ?
Oui.
Quelle sale histoire !
- Inge ! - Oui.
Tu connaissais Nyman, non ?
La paix, bon Dieu !
Ben...
c'est difficile.
Tu lui parlais, quelquefois ?
C'est pas facile de parler de lui.
Essaie !
Les jeunes en avaient peur.
Pelle !
Pas moyen de dormir dans cette taule !
Avance.
Sale flic ! Aïe ! J'ai rien fait !
Il est quelle heure ?
Quoi ?
Il est quelle heure ?
5 h moins 5.
10 h que je suis là, et je peux pas sortir !
- Pourquoi ? - Brimade. J'ai rien fait.
J'ai manifesté.
On ne doit pas me garder plus de 6 h.
Je t'ai fait une décharge.
Tu vas la signer, pour tes affaires.
Je ne signerai rien.
Il le faut. On a gardé tes affaires.
J'ai rien signé quand on me les a prises.
Alors, maintenant, tintin !
C'est une formalité. Signe.
Formalité, mon cul !
Alors, je signe à ta place.
J'ai rien fait !
J'ai été coffré pendant plus de 6 h pour rien !
Personne ne m'accuse, d'ailleurs !
A- t-il été l'objet de menaces ?
Nyman ne racontait pas sa vie.
On a le droit de dire ce qu'on pense !
C'était pas un causant !
Ça dérange, ce que je dis. C'est tout.
La police, on sait ce que c'est ! Mais quand même !
Tu as pris le journal ? Où tu l'as mis ?
Je l'ai pris. Il est sur la table.
Oui, je suis pas content, on me répond n'importe quoi !
Mort à Stockholm le 27 mars 1976.
Maman !
Qu'est-ce que tu... as fait ?
Chut... ne réveille pas maman.
Allons, chut !
Ballon !
Johan ?
Bonjour.
Où il est ?
Sa couche s'est défaite. Il a sali la couverture.
Je suis en retard ?
Non, tu as le temps de venir près de moi !
Viens te recoucher.
Tu as l'air crevé.
Je le suis.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Salut. Que s'est-il passé ?
Voilà le rapport de Rönn.
"Samedi 27 mars."
Qu'est-ce que tu en dis ?
Que la prose de Rönn, c'est pas la joie !
C'est moche, dis donc.
Pas beau à voir, non ?
Pire que ce que tu crois.
Il va falloir cueillir ce salaud vite fait.
Comme tu dis.
On a une piste ?
Empreintes digitales et empreintes de pieds.
Personne n'a rien vu.
Ça risque d'être long.
Aucun résultat, pour les empreintes.
Laisse-les tomber.
J'ai fait faire un moulage.
Genre chaussures de ski.
Ça servira plus tard. Ce qu'il faut, c'est trouver le coupable.
Et le mobile.
Vengeance, je ne vois que ça.
Dans ce cas, d'autres risquent d'y passer.
Comment vous voyez les choses ?
Vous êtes-vous demandé, par exemple... qui était Nyman ?
Qui c'était ?
Oui.
Qui c'était, Nyman ?
Ou plutôt, qui était-il ?
Un policier.
Ce n'est pas une réponse exhaustive. Qui était-il ?
Martin, je t'écoute.
Un commissaire.
J'ai un coup de fil à passer.
Nyman, c'était quoi ?
Je le connaissais à peine.
Finasse pas. C'était quoi ?
- Un mauvais policier. - Erreur !
Nyman était une ordure de poulet !
J'ai du nouveau dans l'affaire Ljungren.
C'était la honte de la police.
J'ai honte d'avoir bossé dans la même ville.
D'avoir été de service avec lui.
Et pourtant, sa réputation est sans tache.
Tu sais pourquoi ?
Parce que personne n'a jamais raison contre un flic.
C'est pas vrai, ça ?
Alors, contre un commissaire, c'est même pas la peine d'y penser !
Tu exagères.
Pas tant que ça.
La solidarité, dans ce métier, c'est une seconde nature.
L'esprit de corps nous colle a la peau.
La solidarité, c'est important.
Aucun rapport avec Nyman, non ?
Si !
Qui s'est débarrassé de lui, à ton avis ?
Qui a tué Nyman ?
Quelqu'un qu'il avait fait souffrir, qu'il avait persécuté.
Quelqu'un qui s'est vengé.
D'après toi, il faut fouiller dans son passé ?
C'est quelqu'un dont la plainte est allée au panier.
Par esprit de corps !
Tu veux un jus ?
Je prendrai un thé. J'ai mal au ventre.
Tu connaissais Nyman ?
Oui.
Tu as été sous ses ordres ?
Quand ça ?
"Le salopard de Saffle".
Quoi ?
"Le salopard de Saffle".
C'était son surnom.
- Où ? - À l’armée.
Il m'a appris plein de trucs, Nyman.
Par exemple ?
Comment castrer un porc sans le faire gueuler.
Comment lui crever les yeux, lui couper les pattes
ou l'éventrer, toujours sans le faire beugler.
Tu sais comment on fait ?
On lui coupe la langue, d'abord.
J'en ai appris des choses avec Nyman !
Ce qu'il faut faire quand on est bouclé avec un chat sauvage.
Sans tuer le chat. Ça peut servir. Tu le sais, toi ?
Non.
Faut le clouer au mur
par la peau du dos, avec un poignard.
- Tu étais para ? - Oui.
Nyman était mon instructeur.
Même si cette absurde histoire de chat
était nécessaire à notre entraînement,
il n'était pas nécessaire d'y prendre un tel plaisir !
- Il y prenait plaisir ? - Ah ça, oui !
Et il a continue à "pratiquer" dans la police ?
"Pratiquer", peut-être pas, mais...
En tout cas, il a tabassé des subordonnés et des prévenus.
On en raconte de belles sur son compte.
Des plaintes ont dû être déposées.
Oui. Mais les plaintes, tu sais où elles vont.
À la corbeille ! Toujours le fameux esprit de corps !
Ce n'est pas monté jusqu'à l'inspection de police ?
L'inspection ! Mais un type comme Nyman était couvert
par le mutisme de ses subordonnés
qui juraient de son innocence.
Non, si on n'appartient pas à la police,
on ne peut pas toucher à un commissaire.
Foutaise ! À l’inspection, on ne jette pas les plaintes,
même si on n'y donne pas suite.
Elles sont aux archives.
Tu commences à avoir de l'idée !
Martin... j'y repense, il y a Hult.
C'était son fidèle second.
Il doit être passé brigadier- chef.
S'il est encore en service, je vais aller le voir.
Je vous cherchais !
Qu'est-ce qu'on fait ?
On a du boulot. File aux archives de l'inspection.
On est samedi, alors...
Débrouille-toi.
Il me faut des tuyaux sur Nyman. Pas trop fatigué ?
Ça ira.
Étonnant que ce fumier fasse régner la terreur.
Pourquoi ce surnom ?
- Quoi ? - "Salopard de Saffle".
Il était de Saffle, et c'était un salopard.
Un des plus beaux que j'aie connu.
Salut. C'est la relève.
Tant mieux.
Vous deux, restez en bas. Nous, on monte.
Salut.
Entre.
Je n'ai pas de cendrier.
Je ne fume pas.
C'est pas ton jour de repos ?
Je suis toujours en uniforme.
Il s'agit de quoi ?
Stig Nyman est mort.
Ah bon.
Tu le savais ?
Non, mais ce n'est pas étonnant.
Il était au bout du rouleau.
Tu le connaissais ?
Pas très bien. Comme je te connais, toi.
À peine, quoi.
On s'est vus une ou deux fois, vous et...
enfin, toi et moi.
- Tu le connaissais bien ? - Oui.
On travaillait ensemble.
Que peux-tu en dire ?
C'était un type bien.
Tu sais que des plaintes ont été déposées contre lui ?
Non. Première nouvelle.
Écoute... je sais que tu es au courant.
Non, c'est faux.
On dit que t'es pas un policier propre, non plus.
Possible.
Mais j'ai pas eu de blâme.
En tout cas,
celui qui bavera sur Nyman devant moi, je lui...
Quoi ?
Je lui ferme sa gueule.
- Comment ? - T'occupe.
J'ai appris le boulot. De A à Z.
- Avec Nyman ? - Si on veut.
Il m'a tout appris.
Comment on se parjure ?
Comment on fait un faux rapport en toute légalité ?
Comment on tabasse un prévenu ?
Où il faut se garer quand on veut
cogner sur un type qu'on embarque au violon ?
C'est ça 7
Je ne vois pas de quoi tu parles.
Tu n'as pas tué de grévistes au sabre, dans le temps ?
Non.
- Sur ordre de Nyman ? - Non.
Ton cheval n'a jamais piétiné des étudiants,
sur ordre de Nyman ?
Non. J'y étais pas.
Nyman passait pour être
le champion de l'ordre.
Passait !
Il l'était !
Oui.
Il a même proposé que lors des manifestations, grèves, etc,
les motards foncent dans le tas.
Je ne savais pas.
Non, bien sûr.
Ça a été interdit. Les motards auraient pu se faire du mal.
Encore une chose.
Moi aussi, j'ai une chose à dire.
Je me sens très seul depuis la mort de Marja.
Je me distrais en regardant dehors.
Il n'y a pas grand- chose à voir.
Alors, je reste là, à réfléchir.
Tu sais à quoi ?
À ma vie de policier
dans cette ville, depuis 30 ans.
Je pense
à toutes les fois où on m'a bavé dessus.
Où on a craché de dégoût sur mon passage.
Où on m'a traité de salaud, de fumier, d'assassin.
Je pense aux pendus que j'ai décrochés.
Aux cadavres pourris dans lesquels j'ai farfouillé
et aux vers blancs qui tombaient de mes manches, à table.
Aux gosses que j'ai changés, près de leur mère ivre morte.
J'ai travaillé comme une bête pour maintenir l'ordre.
Pour que les gens comme il faut vivent en paix.
Mais ça va de plus en plus mal.
Toujours plus de violence ! De sang !
Et on nous déteste !
Mais on a résisté...
Grâce à notre esprit de camaraderie.
S'il y avait eu plus d'hommes comme Nyman, ça irait mieux.
Alors, si tu veux débiner les copains,
trouves-en un autre !
Maintenant, écoute-moi.
Nyman n'est pas mort de maladie.
Il a été assassiné.
Nous pensons que le coupable a agi par vengeance,
qu'il y aura d'autres victimes.
Je suis venu te poser une question précise :
qui haïssait Nyman au point de le tuer ?
Personne.
Je m'en vais.
- Ou ? - Bosser.
L'officier de police Johansson retire sa plainte contre Nyman.
Affaire classée. Signé : inspection de police.
Voilà tout ce qu'on a
sur le commissaire Nyman. Ça ira ?
Ou je remonte plus loin ?
- Non, ça ira. - Merci.
Beck. Rönn est rentré des archives ?
Pas encore.
Alors, je rentre chez moi roupiller une heure.
J'ai appris par la radio, pour votre collègue.
C'est affreux.
Si vous voulez bien, parlons d'autre chose.
T'as l'air très en forme.
Grâce au Bain Central. Alors, aux archives ?
20 plaintes rien que pour les dernières années.
Je ne suis pas allé au-delà.
Le Bain Central !
C'est un sauna...
avec massage, peut-être ?
On ne peut rien te cacher.
Massage.
Massage !
Je te croyais parti.
Tu as meilleure mine.
À cette heure-ci, on a fait notre journée,
mais en continuant un peu, on risque de lever un lièvre.
On tente le coup ?
Oui.
On prend chacun 10 plaintes.
Et on se sépare.
Ah oui ? Quand est-il mort ?
En 72 ?
Je vous remercie.
Si j'ai bien compris, il n'y avait que vous,
votre fils et vos deux beaux-frères
qui saviez où il était ?
Nous étions les seuls.
Personne d'autre ?
Mon mari cachait sa maladie aux gens.
Mais un de ses subordonnés était au courant.
Son nom est sur le bloc près du téléphone. Palmon Harold Hult.
Comment ça se fait ?
M. Hult a appelé hier, il voulait parler à mon mari.
Il ignorait son hospitalisation.
Vous lui avez donné l'adresse de l'hôpital ?
Je crois qu'il voulait lui envoyer des fleurs.
Je vous remercie. Au revoir.
J'ai tout passé au crible. J'ai deux morts
et cet animal d'Eriksson est introuvable.
Bon.
Beck. Pouvez-vous me passer Hult ?
Il n'est pas là.
Vous l'avez vu, aujourd'hui ?
Non.
- C'est sûr ? - Oui.
Vous pouvez demander autour de vous ?
À qui ?
Vous n'êtes quand même pas tout seul
dans cette brigade !
Bien sûr. Une seconde.
Tu as vu Hult ?
C'est ce gueulard de Beck, de la Criminelle !
Je l'ai vu il y a une heure.
Il était là il y a une heure. Mais il est parti.
Où ça ?
On n'en sait rien.
La femme de Nyman a donné
l'adresse de l’hôpital à Hult, hier.
Ah bon.
Je me demande pourquoi.
Il voulait
peut-être lui envoyer des fleurs.
Peu de gens savaient où Nyman était hospitalisé.
C'est pour le savoir
que Hult a téléphoné.
Bizarre tout de même.
Quand je suis allé voir Hult,
pourquoi n'a-t-il pas mentionné cet appel ?
Et si c'était un coup de fil de politesse, pourquoi le soir ?
Le soir, c'est vite dit.
En cette saison, à partir de 5 h 30, c'est le soir.
Je disais que...
Eriksson est introuvable.
- Quel Eriksson ? - Ake Eriksson.
Et alors ?
Tu sais, c'est cet agent qui se plaint toujours.
C'est encore le commissaire Beck. Je m'excuse de vous déranger.
Je vous en prie.
Le brigadier Hult vous a appelée, hier.
À quelle heure ?
Assez tard. Mais quand exactement...
À peu près ?
Attendez... Stefan, on a regardé quoi a la télé, hier ?
Stefan dit que c'était au début de "Baretta".
- "Baretta" ? - Oui. À la télé.
Vous avez donné à Hult le numéro de la chambre ?
Oui. J'ai pensé
que je pouvais lui faire confiance. Pourquoi ?
Simple question de routine. Merci.
T'as regardé la télé, hier ?
Merde ! Tu bossais.
Trouve-moi l'heure de passage de "Baretta".
21 h 25.
Hult a appelé à 9 h 30.
Ce n'est pas tard, quand on n'a rien de spécial à dire ?
C'était le cas ?
Il n'a rien dit de spécial.
Mais il a pris les coordonnées de Nyman.
Pour lui envoyer des fleurs.
Tu crois que Hult a tué Nyman ?
Je voudrais bien lui parler de ce coup de fil.
Contacte-le par radio.
Entrez en contact avec Hult.
Qu'il appelle la Criminelle.
Quand même, c'est bizarre.
Quoi ?
Si je téléphonais à ta femme...
je ne dirais pas "Einar Valentino Rönn à l'appareil."
Einar Valentino... Qui c'est, ce con ?
C'est moi !
D'après la star de cinéma.
C'est bien de ma mère !
Pourquoi tu disais ça ?
C'est marrant que Hult ait dit à la femme de Nyman :
Palmon Harold Hult.
D'où tu sors ce nom ?
Il est écrit en majuscules sur ton bloc !
Et en plus...
En plus quoi ?
Je l'ai dans mes papiers.
Sur la plainte d'Eriksson à l'inspection.
Bravo, Einar.
On devrait essayer d'en savoir plus sur Eriksson.
Je ne me souviens pas de ce type.
Melander s'en souviendra.
Il se souvient de tout. Je l'appelle.
C'est marrant.
Tu cherches un policier, moi, un autre,
c'est peut-être le même.
Les autorités estiment à 500 le nombre des victimes.
La police de Stockholm n'a pas retrouvé la trace
de l'odieux criminel
qui a tué le commissaire Nyman à l'hôpital.
Une conférence de presse est prévue pour aujourd'hui.
À l'occasion...
Excusez-moi. C'est encore moi.
Il y a un quart d'heure que vous avez appelé.
Je suis désolé. Vous devez en avoir assez de me voir !
Je commence à m'y faire. Que voulez-vous, commissaire ?
C'est pour le coup de fil.
Celui du brigadier Hult ?
C'est ça. Vous avez reconnu sa voix ?
Non, je ne le connaissais pas. C'est pour ça que j'ai demandé son nom.
C'est peut-être quelqu'un d'autre qui appelait ?
Vous feriez mieux de le demander au brigadier Hult, non ?
Dans la police, on a souvent des ennemis.
Oui, je sais. Vous me l'avez déjà dit.
M. le commissaire, vous rendez-vous compte
que c'est notre 5e entretien en moins de 12 heures ?
Excusez-moi. Je vais tâcher d'être plus clair.
On m'a dit que votre mari n'était pas un bon policier.
Qu'il faisait mal son travail.
Vous n'êtes pas sérieux ?
Je suis très sérieux.
Des plaintes ont été déposées contre lui.
Pour quel motif ?
Brutalités.
Autre chose à me dire ?
J'ai beaucoup à faire.
Merci. C'est tout.
Au revoir.
Nom de Dieu !
C'est le plus grand con qu'il y ait eu dans la police.
Pour une fois, on est d'accord.
lntéressant, cette baïonnette.
Le meurtrier savait y faire.
Les armes, ça le connaissait.
Et qui s'y connaît en armes ?
Les militaires.
Les bouchers, peut-être.
Ou les policiers.
là, tu exagères !
Tu es sur l'affaire ?
Et toi ?
On dirait.
On pourra peut-être éviter de se voir.
Espérons-le.
Envoyez-le-moi, je vous prie.
Hult était dans quelle arme, avant ?
La cavalerie.
Et Eriksson ?
L'artillerie.
- Tu penses à la baïonnette ? - Oui.
J'y ai pensé aussi.
C'est-à-dire ?
Un truc comme ça, ça s'achète pour trois fois rien
au surplus de l'armée.
Mâchoire brisée
pour réduire la victime au silence.
On lui a tailladé l'abdomen et la gorge.
Le meurtrier a-t-il agi de sang- froid
ou sous l'empire de la colère ?
Il y a des deux.
C'est une colère froide et calculée.
C'est d'ailleurs ce que nous trouvons dangereux.
Tu peux monter par là ?
Redescends.
C'est à partir de là qu'interviennent Nyman et Hult.
C'est à leur commissariat que Marja Eriksson est morte,
au violon, pendant la nuit du 26 au 27 juin 1965.
Il y a eu une enquête administrative.
Le 26 juin,
Marja Eriksson emmène sa fille chez une amie à Vaxholm.
Elle doit poser pour une pub
et son amie a promis de garder la gamine.
En fin d'après-midi, Marja rentre à Stockholm.
C'est une diabétique qui a besoin de piqûres d'insuline.
Elle se les fait à heures fixes.
D'ailleurs, elle ne peut pas se permettre de les oublier.
Mais ce jour- là, elle est partie sans sa seringue.
Vers 7 h du soir, Marja Eriksson...
est découverte par 2 agents de la brigade de Nyman
sur un banc, et complètement dans les vapes.
Elle ale plus grand mal à parler.
Ils la prennent pour une droguée, ou une ivrogne,
et ils l'embarquent au commissariat.
D'après ces deux hommes,
Nyman leur aurait dit de la coller au violon.
Mais lui a toujours nié avoir vu cette femme.
Plus tard, les agents ont dit que Nyman était absent.
Selon le planton,
la mise en cellule aurait été décidée par les agents.
Tout le monde ouvrait le parapluie.
Personne n'a pensé à la transférer
au commissariat central.
Et à la relève, le planton l'a trouvée morte.
Quand on est diabétique, je sais pas, moi...
on a une carte, ou un truc quelconque sur soi.
Marja Eriksson en avait une.
Dans son sac à main.
Mais elle n'a pas été fouillée.
Faute de personnel féminin au commissariat de quartier.
Ici, au commissariat central, on l'aurait fouillée.
Si on l'y avait transportée.
Beck.
Continue !
Plus tard, Nyman a dit n'avoir vu ni la femme ni le sac.
Ce sont les 2 agents et le planton qui ont écopé.
Ils ont eu chacun un avertissement.
Qu'est devenu Eriksson après la mort de sa femme ?
Sans être psychiatre,
on peut dire que sa personnalité a changé.
Il s'est révélé grincheux, terriblement méticuleux.
Les copains ont commence à l'éviter.
Il s'est mis à envoyer des plaintes, des observations.
Il a dénoncé Nyman a l'inspection de la police.
Après un an de veuvage, il a été muté.
Mais tout a recommencé.
Les copains l'ont évité, et il a ramassé un blâme.
Pour quel motif ? Il était violent ?
Non. Mais il était d'une méticulosité absurde.
Tout lui prenait un temps fou.
Einar, t'aurais pas besoin d'un bon jus ?
Il y a cette maison là-bas...
- Il y fait froid. - Oui.
Et l'hiver, c'est inaccessible.
Merci.
Putain ! Infect, ce café.
Je suis pas psychiatre, mais tout de même.
Il accuse tous les policiers de la mort de sa femme, Nyman en tète.
Vous croyez vraiment qu'Eriksson a tué Nyman ?
S'il l'avait voulu, il l'aurait fait avant.
Après la mort de sa femme.
La vengeance, en 10 ans, ça se tasse.
Fausse route. Mais bonne chance ! Salut.
Les parents de Ake Eriksson sont vivants, tu crois ?
Ils habitent Segeltorp.
36, route de Sodertalje.
Encore mal au cœur ?
Oui. Je vais finir par faire mes rondes en vélo.
Quand Ake vous a quittés hier soir...
il était comme d'habitude ?
Pourquoi ?
Routine.
Je crois qu'il était...
comme d'habitude.
Il ne parle pas beaucoup, ces derniers temps.
Il a des soucis, son loyer, et puis, il y a aussi Malin.
Malin ?
Oui.
On lui a pris sa fille.
Et il va perdre son logement.
Il a dit qu'il attendait son congé.
Je n'y comprends rien. Qui lui a pris sa fille ?
Vous parlez bien d'elle ?
Oui. De Malin.
Vous saviez pas que l'Assistance l'avait emmenée ?
Pourquoi ?
Pourquoi la police
a tué sa femme ?
Répondez à ma question.
L'Assistance devait avoir ses raisons.
Elle a dû faire une enquête minutieuse.
C'est vous qui le dites !
Il a été signalé.
Par les voisins.
Pourquoi ?
Ake laissait souvent Malin seule, la nuit,
et il lui donnait pas assez à manger.
ils sont venus ici, aussi.
Ils ont dit que Ake...
était dépressif...
qu'il était renfermé,
et que ça finirait par avoir une mauvaise influence sur la petite.
Voilà ce qu'ils ont dit.
Ils ont été voir ses employeurs.
Tous les patrons qu'il a eus.
Dans la police, aussi ?
Bien sûr. Pour eux, c'était le plus important.
Qui était son chef ?
Le commissaire Nyman.
Celui qui a laissé mourir sa femme sans lever le petit doigt.
Je peux regarder ça ?
Bon. Merci.
Larsson !
T'es vraiment obligé de faire ça ?
Votre fils était un de nos meilleurs tireurs, à l'époque.
Ake a gagné un tas de coupes.
Elles sont plus ici. Il les a emportées chez lui.
Tu arrives à te mettre dans la peau de ce type ?
De ce type ?
Parce que c'est un type ?
Peu de femmes manient ce genre d'arme.
Et chaussent du 45 fillette !
Tu le piges, ce mec ?
Non, je ne le pige pas.
Comment veux-tu que j'y arrive ?
D'abord, il a eu un Mauser.
Et puis, un pistolet.
Quel genre ?
Il a été médaillé d'or, au pistolet.
Quel pistolet ?
Un Hammerli International.
Et puis... il...
Il avait d'autres armes ?
Je sais pas. Mais pour le Mauser et le Hammerli,
il avait un port d'armes, vous savez.
On ne va pas le coffrer pour défaut de port d'armes.
Qu'est-ce qu'il avait encore ?
Il devait être en règle pour ça aussi,
il faisait des concours avec !
Avec quoi ?
Un automatique américain.
Un Johnson.
Qu'est-ce que c'est que ce ramdam ?
Allez, dégagez ! Dégagez !
Qu'est-ce que tu fous, Hult ?
On a posé un cordon !
Pas besoin de cordon, bon Dieu !
Mets un homme en faction.
Et que les autres rentrent.
Tu peux me déposer au magasin de spiritueux ?
Le brigadier Harold Hult
est prié d'entrer en liaison avec le commissaire Beck.
Alors...
tu entres en liaison ?
Ça attendra.
Je suis ici en tant que volontaire.
- Tu ne l'as pas vu ? - Non.
T'as rien perdu.
C'était affreux.
Merde, regarde ça ! T'as vu la bagnole ?
La bagnole ? Non.
Faut que je voie ça.
Fais vite !
Alors, vous me déposez pas ?
Juste un coup d'œil.
Et puis, j'en ai marre ! Pour moi, c'est l'heure.
Merde ! T'as vu Andersson ?
Vous êtes fou !
Vous allez vous faire tuer !
Au secours !
Le type en manteau...
Attention !
Au secours !
Filons !
Regarde !
Attention !
Pourquoi t'es couché là ?
Va-t'en ! C'est dangereux, ici ! Va-t'en !
Qu'est-ce que tu fais là ?
Fiche le camp !
File ou tu auras la fessée !
Attention !
Le secteur est dangereux !
À couvert !
Sous les porches !
Larsson à l'appareil.
34, rue Dala, il y a un tireur fou, dans les étages ou sur le toit.
Il a une mitrailleuse.
Deux agents sont morts
devant l'lnstitut Eastman.
Appelez des renforts.
Barrez la rue Dala et la rue Vastmanna, jusqu'à la rue Karlberg.
Même chose rue Oden, jusqu'à la place St-Erik.
Ainsi que toutes les rues transversales.
N'envoyez ni véhicules de police ni personnel en uniforme.
Regroupement...
place Oden.
Parfait. Comment ?
Nous sommes dans l'lnstitut Eastman.
Oui. On va essayer de l'avoir. Merci.
Tu joues au maharajah ?
Tu as une arme ?
Ou tu es un non- violent à la con ?
Pour moi, tu as toujours été un pauvre type.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Traverser, ce serait du suicide.
Et par l'arrière, ce serait trop long.
- Tu les connais, ceux-là ? - Non.
- Qu'est-ce qu'ils foutent ici ? - Ils sont mal garés.
À ton avis, pourquoi le fou tirerait sur eux ?
À mon avis, c'est sur nous qu'il tire !
Il a épargné les gosses, les civils.
Nous, il nous a reconnus. Il veut nous buter.
Il n'a pas reconnu les deux de la fontaine.
Tu parles ! Ils étaient en uniforme.
Il en a après les flics, on dirait.
Oui. Il est dans les étages ou sur le toit ?
- Tu le sais ? - Non.
Regarde !
- C'est notre chance. - Mon cul !
Je ne la laisserai pas passer.
- Prenez encore un gâteau. - Non, merci.
Vraiment, je n'ai plus faim. Merci.
On peut aller voir sa chambre ?
Mais bien sûr.
Vous excuserez le désordre. Je n'ai pas fait le ménage.
Ils ressortent en blouses blanches.
Il est sur le toit. C'est sûr.
Pas depuis longtemps.
Que veux-tu dire ?
Pour moi, il n'y était pas avant.
Allons voir.
Par là.
Voilà la chambre de Ake.
C'était plus coquet quand il vivait à la maison.
Les meubles... il les a emportés.
C'est quoi, ces taches, Einar ?
Martin...
Regarde !
Votre fils habite où, rue Dala ?
Au 34, mais...
Descendez, on vous rejoint.
Appelle Stromgren, au bureau, et donne-lui notre numéro ici.
Qu'il contacte Kollberg et lui dise de m'appeler.
Tu as ce qu'il faut pour poser les scellés ?
Appelle d'abord.
Où tu vas comme ça ?
- Faire le ménage là-haut. - C'est pas le moment !
- Faut que je monte. - Attends...
Je dois balayer.
Restez en bas !
- Je veux faire le lit. - Descendez !
En voilà un ton !
- Faites ce que je vous dis ! - Il crie, en plus !
J'ai pas pu la retenir.
Allons, t'énerve pas.
T'énerve pas.
Martin, c'est...
Je ne vois que des tuyaux.
Voyons au-dessus.
Merde !
Ce n'est rien.
Il n'y a aucun danger.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Allons place Oden. On est les seuls à savoir où est le fou.
Je voudrais faire descendre ce salopard.
Mais on ne peut pas monter.
T'as raison !
Qu'est-ce qu'on attend ?
Il s'exerce sur la voiture de patrouille.
T'as le nom des locataires ?
Bien sûr.
Faut le coincer par l'extérieur.
Oui.
Place Oden !
Attention... Top, premier !
M. le divisionnaire, sait-on qui est "l'homme sur le toit" ?
Non, nous savons seulement qu'il s'agit d'un fou
qui tire surtout sur la police.
- Il a tué 2 de nos hommes. - Pourquoi la police ?
Nous l'ignorons.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Le métro !
Vous avez un plan ?
Pas encore. Nous mettons sur...
Voilà deux de vos hommes.
Que vous est-il arrivé, Larsson ?
Où est Beck ?
Pas vu. Il faut faire appel à des spécialistes.
- Des spécialistes ? De quoi ? - De l'ordre.
Vous étiez sur les lieux, comment ça se présente ?
Un dingue canarde la police avec une mitrailleuse.
Il s'est barricadé.
Les toits des autres immeubles sont plus bas. Ce sera dur.
Nous avons les moyens de le capturer.
- J'ai une proposition. - Laquelle ?
Pénétrons dans le quadrilatère barré
et prenons position rue Tor.
- Sur le terrain de la Cie du gaz ? - C'est ça.
- Un hélicoptère s'y posera ? - Oui.
C'est un angle mort ?
Oui. À moins qu'il ait un lance-grenades.
Messieurs, je suggère que nous prenions position à la Cie du gaz.
Regroupement dans 10 minutes.
Ce qui signifie que vous lancez l'assaut ?
Nous tenterons d'user de persuasion. Je lui parlerai moi-même.
S'il ne se rend pas, on passera à l'attaque.
Mesdames et messieurs, c'est la police qui vous parle.
Dégagez la voie pour permettre aux ambulances
et aux voitures de police de circuler.
Evacuez la place Oden.
Ayez l'obligeance de quitter les lieux
par la rue Karlberg.
Hult !
J'ai essayé de te joindre.
Ah ? Pourquoi ?
Je voulais te dire
que Eriksson a appelé Mme Nyman en se faisant passer pour toi.
Eriksson ?
Ake Reinhold Eriksson ?
Oui.
C'est lui qui a tué Nyman ?
Il y a des chances.
C'est lui qui est sur le toit ?
Sans doute.
Il ne tire que sur des agents en tenue.
D'après le dernier rapport.
On n'a pas encore riposté.
Mais le filet se resserre. Nous investissons le quartier.
Nos hommes sont en contact avec nous par talkie-walkie.
Nous avons posté des tireurs d'élite.
Il n'y a que deux garde-fous.
Un, sur le toit des Éditions Bonnier. Aïe, mes pieds !
L'autre, sur le clocher de l'église.
Croyez-vous que le pasteur acceptera un tireur d'élite ?
Laissons à notre homme le temps de se rendre.
Sinon, nous l'appréhenderons ou nous l'abattrons.
On ne peut risquer d'autres vies.
Nous avons des échelles de pompiers
dans la rue Oden, et...
Nous sommes prêts.
Merci. Attendez-moi dehors.
Nous avons donc ces voitures de pompiers
à notre disposition, si cela s'avère nécessaire.
Les pompiers les manipuleront,
pour des raisons techniques,
mais des policiers les accompagneront.
Autre chose...
Si c'est Eriksson qui est là-haut,
il est armé d'un F.M. américain, modèle Johnson,
ou d'un fusil à répétition de l'armée suédoise.
- Les deux armes ont une visée. - C'est certain.
Un Johnson !
Ça ne pèse pas plus de 7 kg, c'est maniable,
et ça vous balance 450 prunes à la minute.
Et si c'est un Mauser, il vous bute
un pou sur une carte de visite à 600 m !
Avec du bol et une bonne mire,
il abat un homme à 1000 m.
Il peut en faire, des choses !
Avant de resserrer l'étau,
donnons-lui une chance de se rendre.
Messieurs, à vos postes.
Mon cul ! Il faut le coincer par l'intérieur.
Faites ce que je vous dis. L'heure n'est plus à jouer les héros.
Vous êtes tous des hommes d'expérience.
Cessez vos enfantillages, compris ?
Compris. Heil Hitler !
Je ne l'oublierai pas. Croyez-moi.
C'est pas malin, Gunvald.
Larsson, arrêtez vos conneries !
File tout droit jusqu'à Klor. Là, tu seras en sécurité.
À un moment, tu vas couper sa ligne de tir.
Je te dirai où, et tu mettras la gomme !
La sirène nous camouflera.
Vas-y. Fonce !
Jamais il n'a tiré sur une ambulance.
- Sa fille est avec lui ? - Comme otage ?
Elle est à l'Assistance. Pas de danger.
Pas de danger ! Elle n'en a jamais couru avec lui.
Ici, le divisionnaire Malm.
Eriksson, nous ne nous connaissons pas,
mais croyez-moi, vous n'avez aucune chance.
C'est fini pour vous.
Vous avez dix minutes pour vous rendre
en homme d'honneur.
S'il veut vraiment se rendre, comment le savoir sans ça ?
Ici, le divisionnaire Malm, j'appelle le 74... le 747.
747, j'écoute.
Nous déclenchons l'opération "Verrière". Terminé.
Un gâteau ?
Oui. Merci.
Du sucre ?
Je me sers.
642... j'appelle le 642.
Le compte à rebours va commencer.
Dix,
neuf,
huit,
sept,
six,
cinq,
quatre,
trois, deux,
un,
zéro !
Nous passons en phase 3.
Phase 3. Bien reçu.
Le café est trop fort ?
Je ne l'ai pas bu, parce que dehors, ça...
Moi, je l'ai bu. Il est bon.
Il semble que la police tente un nouvel assaut
par voie aérienne, cette fois.
Des hélicoptères vont attaquer l'homme sur le toit.
La police, n'ayant pu l'appréhender par surprise,
essaie de le capturer par hélicoptère. C'est une manœuvre très risquée
car le fou tire sur les policiers.
Il y a le feu !
Le réservoir va exploser !
Il a abattu l'hélicoptère.
Vous êtes arrivé à cette conclusion !
Où est Martin ?
Je sais ce qu'il faut faire.
- Il faut appeler l'armée. - Pourquoi ?
Demandons l'aide de l'armée.
Que fera-t-elle, l'armée ?
Elle bombardera la maison.
L'artillerie nettoiera le quartier.
Quoi encore ?
Elle enverra les paras.
Pourquoi envoyer des hommes ? Parachutons des chiens policiers !
Ta gueule !
Les pompiers...
Les pompiers...
On ne s'en est pas servis.
C'est une idée.
Ce ne sont pas eux qui ont tué la femme d'Eriksson.
Et s'il s'apercevait que les pompiers
sont en réalité des flics ?
Ça n'a rien à voir !
Oh que si ! Beaucoup.
3 morts, 7 blessés,
plus... des civils partout !
Et si, faute d'agents, il tirait dans le tas ?
Il faut opérer seul.
- Qui ? - Moi.
Je ne le permettrai pas.
C'est à moi seul d'en décider.
Pourquoi cette décision ?
Question de technique, ou d'éthique ?
- Tout est O.K. ? - O.K. Feu vert.
Ici, Rönn.
Tu vois quelque chose ?
R. A. S.
Que s'est-il passé ?
Rönn !
La voiture de pompiers, court-circuit.
Je sais. Mais qu'est-ce qui est arrivé à Martin ?
Rönn, à toi.
Que s'est-il passé ?
Je ne sais pas, moi !
- Beck a dû y passer. - Pas si vite !
Un de mes hommes est dans le clocher. Il a vu Beck.
Où ?
Sur une terrasse. Il est blessé, mais peut-être vivant.
Il faut aller le chercher.
Il faut en finir avec ce fumier, oui !
Monte chercher ton copain. Moi, je m'occupe de ce salaud.
J'ai peu de chances d'en sortir vivant, avec ta méthode.
Oui, en effet.
Il me faut une corde. Toi, viens m'aider.
Je vais faire sauter les portes et prendre le toit d'assaut.
J'ai besoin de 2 volontaires.
Attention...
Je ne veux pas de petits héros
mais je ne vous cache pas qu'on risque gros.
Tu me prends ?
Toi, oui.
T'as de bonnes raisons.
Je suis partant.
Qui es-tu ?
Je m'appelle Bohlin.
Tu es de la police ?
Non. Je suis dans le bâtiment.
- Qu'est-ce que tu fous là ? - J'habite au 32.
Donnez-lui un revolver.
Je peux prendre le mien ?
J'en ai pour une minute.
D'accord.
Fais gaffe, au coin de la rue.
C'est illégal !
Faute professionnelle !
Faute de mes deux !
Prenez l'autre escalier. Moi, celui-ci.
À chaque mèche allumée, descendez d'un étage. Ça va ?
Si l'un de nous tue ce dingue, il devra répondre de son acte.
- Même en légitime défense ? - Même en légitime défense.
Synchronisons nos montres.
Pourquoi vous n'avez pas tiré ?
Je ne comprends pas.
Je n'avais pas à le faire.
Tu as un port d'armes ?
Tu vas avoir des ennuis.
Embarquons-le.
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