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...
Musique du g�n�rique
...
Bonjour. - Bonjour.
- Vous la ramenez d�finitivement ? - Oui.
...
- Merci.
...
Son de cloches au loin
- Allez, St�phanie, debout ! C'est l'heure !
Garde les fen�tres ferm�es,
sinon Princesse s'�chappe.
- Maman, tu chauffes trop.
- Non, il fait bon. Hein, ma Princesse ?
Allez, l�ve-toi.
Tu seras la premi�re pour les petites annonces.
- Il est quelle heure ? - Six heures.
- Faut aller acheter les journaux. - Quels journaux ?
- � 9 h, les bons postes sont pris. Faut appeler la premi�re.
- Moi, je fais �a sur Internet.
- L�ve-toi, tu seras la premi�re sur l'Internet.
Hein ? Oh, ma Princesse !
Qu'est-ce qu'elle raconte.
Tu n'as pas trop chaud.
- Le chat !
D�gage, va voir ma m�re.
Appareils m�nagers
Merci, maman.
- �a me fait plaisir que tu sois l�.
Papa n'aimait pas en parler,
mais il a aussi �t� au ch�mage.
L'ann�e o� j'attendais ton fr�re. �a n'a pas �t� facile.
�a a �t� un mois d'angoisse.
- Ah ouais, un mois !
- Tu veux quoi ?
Th�, Ricor�, le Nesquik de L�o...
- Non, du caf�.
- Ah... du caf�.
- T'en as pas du vrai ?
- C'est du vrai. Le Nescaf� de papa.
- Si c'�tait � papa, c'est p�rim�.
- "Exp le 11.07.2016".
Non, c'est encore bon.
Allez, �a lui aurait fait plaisir.
Vendredi, je nous fais
mon �le flottante.
- Pourquoi vendredi ?
- Pour le d�ner avec ton fr�re et ta s�ur.
- Putain, j'avais oubli� ! - T'as bien not� ?
- Si, mais je vois d�j� Nicolas me faire la le�on
et Carole jubiler
de me savoir dans la merde... - Commence pas.
Pour une fois
qu'on est ensemble. Et je dois vous parler
de La Gravelle. Et puis...
d'autres choses.
Tu fais quoi ?
- Une tartine. - Avec un couteau ?
- Quoi, une fourchette ?
- � quoi sert le tartineur ?
- C'est juste du beurre sur une tartine...
- Peut-�tre,
mais mange correctement.
- Je prends le tartineur pour tartiner
ma tartine,
et je tartine avec le tartineur.
- Tu te moques. - Mais non.
- Tu fais quoi,
aujourd'hui ?
- Classer mes papiers pour l'avocat,
passer au bureau de l'emploi et envoyer des CV.
- Donc,
cet apr�s-midi, tu es � la maison. - Oui. Pourquoi ?
- Comme �a, pour m'organiser.
Petite musique douce
...
- J'attends de savoir si j'ai droit � quelque chose,
mais l�, j'ai plus rien. Vous pensez que
j'ai droit � une indemnit� ?
Je suis un peu nouvelle dans le m�tier de ch�meuse.
- Vous �tiez g�rante ? - Oui.
- Alors, vous n'avez droit � rien.
- Faut que je trouve du boulot rapidement.
- Oubliez l'architecture. C'est pire que la sid�rurgie.
Ou changez de secteur.
- Oui, pourquoi pas ? Je dois travailler.
- Un truc est rentr� ce matin.
Un poste � pourvoir.
Alors...
Un charg� de communication mobile �v�nementielle.
- Super, �a !
- � la Joliette.
- G�nial !
- Donc, le poste...
de charg� en communication...
mobile...
Voil�. Hop, la Joliette.
Le voil� ! Alors...
C'est pour distribuer des tracts...
en rollers.
- Ah oui ?
- Pour une soci�t� de t�l�phonie, et c'est � la Joliette.
- En rollers ? - En rollers.
- Ben, non.
- Ce matin, un arch�ologue a eu la m�me r�action.
"En rollers ? Ben, non."
Soyons francs.
Sans pincettes. On va aller
droit au but.
Vous n'�tes plus toute jeune, surdipl�m�e, donc ch�re...
avec un gosse, pas mobile, pas flexible...
Faut pas croire ceux qui disent,
"T'inqui�te pas, badabim, badaboum,
�a va s'arranger. Ne t'inqui�te pas."
Parce que �a va pas s'arranger.
Sauf si on a 20 ans, la niaque
et une id�e de business.
Et c'est pas vraiment votre profil.
- Et avec les pincettes ?
- Allons-y.
Rien n'est perdu, gardez espoir !
Vous avez pens� au coaching ? Et voil�.
Tous les ch�meurs se lancent l�-dedans.
Ils ont tout rat�, mais veulent enseigner � r�ussir.
Sonia !
Sonia ! T'as eu mon message ?
Pour un petit verre � 18 h.
It's mojito time!
- Je peux pas, j'ai un truc ce soir.
Bonne soir�e, Michel.
- Un petit conseil, Michel ? Faut oublier.
Elle est jeune, vous avez du bide.
Et c'est la version "pincettes".
Si je parle des fringues, du physique, de la boucle...
C'est vilain, �a. Faut arr�ter.
Bonne journ�e.
Et gardez espoir !
Musique nostalgique
Sonnette de v�lo
...
Mon amour ! - Maman !
- �a va ? Oui ?
- Papa, je peux aller jouer au foot ?
- Oui, vas-y. Tiens, tu le prenais pas demain ?
- Si, mais je passais, je voulais le voir.
- Tu veux le prendre ce soir ?
- Je peux pas. Trop de choses � faire.
- Si jamais t'as besoin...
tu peux dormir chez moi. Muriel s'en fout.
- Je sais pas quoi dire,
c'est super gentil, mais �a va aller.
Je suis retourn�e chez ma m�re.
- Ah, c'est �a.
- Au revoir, mon amour.
Je t'aime. On se voit demain.
Salut, Philippe. - Ciao.
...
- C'est toi, St�phanie ? - � ton avis ?
- Et ton rendez-vous ? T'as trouv� du travail ?
- Si j'en trouve, tu seras la premi�re inform�e.
J'ai du courrier ?
- Non, rien, ma ch�rie. - Bon.
Je serai pas l� ce soir. - Ah ?
- Je vois Catherine, une architecte.
Elle pourrait m'aider. - C'est bien.
Ce soir, t'es pas l�.
- Ben, non.
Tu rentres quand ? - Je sais pas...
- Environ quelle heure, pr�cis�ment ?
- Vers minuit. Je suis grande, non ?
- C'est bon. N'oublie pas tes cl�s,
et la cha�ne. Je serai d�j� couch�e.
- Je suis au point mort, l�.
Je n'ai pas de pistes. - Fais jouer ton r�seau.
- Ben, mon r�seau, c'est toi.
- Non, merci. - Moi, je veux bien.
Dans mon cas, l'alcool, �a aide.
Un vrai ami, voire le meilleur.
- L'addition, s.v.p.
- Tout de suite.
- O� en �tais-je ?
Ah oui !
Si tu as des plans de boulot... ou de taf...
tu...
- Tenez.
- Tu me parles de plans, c'est marrant.
Tu te souviens, il y a 3 ans, � la No�l ?
J'avais �t� convoqu�e par la DRH,
quand je me suis fait virer.
J'�tais dans la merde.
J'ai fait jouer mon r�seau.
Et c'�tait toi,
mon r�seau.
Je t'ai appel�e, j'ai laiss� des messages.
- C'�tait � No�l, j'�tais peut-�tre en vacances.
- Elles ont dur� longtemps. Tu n'as jamais rappel�.
Enfin, si.
La semaine derni�re.
- D�sol�e, Catherine. Je sais pas quoi dire.
T'as raison, c'est nul.
- Laisse, c'est pour moi. - Merci.
- Envoie-moi ton CV. Je verrai ce que je peux faire.
Je te promets rien.
- Merci.
- C'�tait bon. - Oui, c'�tait bon.
- Mmm.
Elle soupire.
- Je r�fl�chissais. Tu pourrais le dire � St�phanie.
- Non, pas elle. - Tu la vois tous les jours.
- Pas de secrets entre mes enfants.
Je le leur dirai � tous en m�me temps.
Ma pilule ! - Quoi, ch�rie ?
- Je l'ai oubli�e.
- T'en as besoin ? - Pour mon cholest�rol.
Ha, ha, t'es b�te !
Cliquetis de serrure
...
St�phanie ?
St�phanie !
St�phanie !
Ah, quand m�me !
Pourquoi t'as mis la cha�ne ? - C'est toi qui me l'as dit.
- Il n'est m�me pas minuit.
- On a d�n� vite. - Tu m'ouvres ?
- T'�tais o� ?
- Je suis all�e me promener.
- � cette heure ?
- J'aime marcher le soir.
- Sans manteau ?
- J'ai �t� scoute, je te signale.
Je savais faire du feu.
- �a va, maman ? - Mais oui.
Quelle question ! Bonne nuit.
Jetons
Cuill�re Jetons
...
Papier
...
"Gal�rez" !
Nicole, t'es l� ? J'ai "gal�rez".
�a me fait
scrabble sur lettre compte triple
et le R pour ton "malaxer".
Trois, machin, par dix... �a fait 106.
Non, c'est pas de la chance. J'ai bien jou�.
On reprend demain ? J'ai mes courses � faire.
Je l'ai ratatin�e.
On joue en duplicate. On pioche
les m�mes lettres et on joue par t�l�phone.
Faut vivre avec son temps.
Petite Marie, de Francis Cabrel, avec la m�re qui chante par-dessus.
...
*T�l�
...
Je vais au Franprix, il ne te faut rien ?
- Si, un travail !
- Je leur demande ?
- Je plaisante, maman.
Tu es toute pomponn�e !
C'est pour qui ?
- Je suis pas pomponn�e.
- Ben si. Il est verni, le vendeur !
- T'es b�te !
- Mais retire la cha�ne. - C'est pour pas les perdre.
- Mais c'est moche. �a te vieillit un peu.
- Faudrait vider le garage. Je voudrais le louer,
la voiture de papa n'�tant plus l�.
Tu t'en occupes ?
- Avec plaisir.
Elle est o� ?
Effet wah-wah
...
- T'en as mis du temps.
- C'est un peu compliqu� chez moi.
- T'as fait quelque chose, toi.
- Non, rien. - Tu fais plus jeune.
- C'est juste...
Sonnerie de portable
Oui ? - All�, maman ?
*T'es o� ? - Je fais mes courses.
- Ben non, t'es mont�e ! - Ah bon ? Peut-�tre.
*- Le Franprix n'est pas l�.
- Arr�te... Je sais pas.
- Et t'as oubli� ton caddie.
- All� ? Je ne t'entends plus.
*All� ? All� ?
Tu t'es jamais
tromp�e d'�tage ?
Musique douce
...
Sonnerie de t�l�phone
...
- All� ?
*All� ?
- All�, c'est qui ?
- St�phanie. Salut, Carole.
- Salut, Steph. On se voit vendredi ?
- Salut, Alain. Je voulais t'appeler.
Tu pourrais m'imprimer des trucs envoy�s
*par mail ?
- Bien s�r. Des PDF en A4 ?
*- Oui. Ce serait g�nial.
- Tu fais quoi chez maman ?
- Avec mes gal�res de boulot, de fric,
*je suis retourn�e chez maman.
- Ma s�ur squatte chez ma m�re et on me dit rien.
- Je te remercie, mais t'inqui�te pas.
C'est une mauvaise p�riode.
Comme tu dis, la sant�, c'est ce qui compte.
- J'ai rien dit.
- Ben oui.
- Elle d�bloque.
Passe-moi maman.
- Elle est sortie. Essaie son portable.
- La bo�te vocale est pleine.
- Je lui laisse un message ?
- Gare-toi l�, toi.
- C'est interdit, l�.
- Ben, l� alors !
*Ce que t'es mou !
Voil�, elle est prise.
- C'est pour "handicap�s".
- Je lui laisse un message ?
- Non, merci. Je ne parlerai qu'� maman.
Et pas �...
Dis-lui de me rappeler. - Donc je laisse un message.
- Commence pas ! - Ni "merci" ni "s'il te pla�t",
*et c'est moi qui commence ?
� vendredi.
A�e !
- C'est moi ! C'est maman !
- J'imagine.
- On se fait un petit scrabble, ce soir ?
- Youpi !
- Oh, il fait froid ici.
Tu as baiss�.
- C'est pas possible ! T'as un thermostat dans la t�te.
- Tu remontes, s'il te pla�t ?
- Y avait pas une lettre pour moi ?
- Non.
T'attends quelque chose ?
- Ben oui.
Une d�cision pour mon affaire, mais c'est pas grave.
C'est pas grave.
Elle chante.
T'as achet� quoi ?
...
- Je viens du ciel Et les �toiles entre...
�a, �a s'appelle le "dessert",
et c'est pour le dessert.
- Ben, dis donc !
Tu t'int�resses aux gar�ons en shorts ?
- Je voulais prendre Marie-Claire. Je me suis tromp�e.
- C'est clair. - Je le rapporterai.
�a arrive.
Prends un verre.
Non ! La carte de la biblioth�que se fait sur l'Internet.
- T'as l'iPad qu'on t'a offert � No�l. Et la wifi.
Tu t'en sers pas, de l'iPad. - Non.
"Petite Marie" en italien
...
- Maman, c'est pour toi que je fais �a !
Ben, viens.
�teins la musique.
Il te faut juste une adresse mail.
Tu n'en as pas. On va cr�er une bo�te.
Jacqueli...
On fera �a apr�s.
Jacqueline Mazerin at gmail...
Jacqueline Mazerin at gmail point com.
Il te faut un mot de passe.
Ah, Chacha sonne.
- �a va, ma poule ?
- Tr�s bien, et toi ? - Comment �a se passe ?
�a va ? - Oui, oui.
- Putain, il fait chaud ici !
- Elle surchauffe l'appart, elle me r�veille � 6 h,
elle �coute du Cabrel non-stop.
- Cabrel ! - J'ai rien contre,
mais la Petite Marie, j'ai envie de la buter.
- Bonjour !
- Ma Charlotte ! - Bougez pas.
- Comment �a va ? - �a va.
C'est pour vous. - Fallait pas.
Oh, la bo�te est tr�s jolie !
Des macarons ! M�chante ! Et mon cholest�rol ?
- Les caramels au beurre sal� sont � tomber !
On est bien, ici. Il fait bon.
- Tu vois ?
- Et j'aime cette musique. - Francis Cabrel. Je le remets.
- Non ! �a suffit.
On finit vite un truc et on sort apr�s.
Je lui cr�e une adresse e-mail.
�a suffit aussi.
Donc, Jacqueline Mazerin...
at gmail point com.
"Cr�er un mot de passe". Un truc facile � retenir.
- 1664.
- Bien, comme la bi�re.
- C'est mon code bancaire. - Non, pas bon.
Autre chose avec des lettres.
- X 3 7...
B 5...
8 R 2.
- OK, parfait.
- B H 3.
- OK.
"Confirmer le mot de passe". - Oui.
- Vas-y, redis-le.
- Comment tu veux que je retienne �a ?
- Mettons un bon vieux 1 2 3 4.
Note-le, tu en auras besoin.
Alors, Jacqueline Maz...
- Attends, doucement.
- Jacqueline...
�a, tu connais. - Je suis pas d�bile.
- J'ai rien dit. - Mais elle est bizarre.
- Mazerin. En un mot, sans espaces.
Arobase. Un petit "a" dans un rond.
- Bonne chance.
- Je pige rien.
- C'est plus simple que ton bridge.
- Mais tu expliques mal.
- Je confirme.
- Arobase, le petit "a" l�. Tr�s bien.
Gmail... - T'as quoi ?
- Non, j'ai rien. G M A I L point com.
- Point ? Comme un point ? - Voil�.
- Avec un "t".
Point.
- Non, t'as �crit "point". Juste un point.
Voil�. Com.
- Comme ? - Com.
Tu le fais expr�s. - Mais non, comme quoi ?
- Comme rien. C O M.
- Je vais le faire.
- L'Internet, c'est fini !
- Allez, un peu d'air et un bon caf�.
- Alors, Carcassonne,
�a se passe bien ?
Avec ta maison d'h�tes. - Que des probl�mes !
- Tu dors o�, maintenant que t'as vendu ton appart ?
Il y a un lit-tiroir dans la chambre.
- C'est super gentil, mais
un vieux cousin de papa m'h�berge.
C'est un petit truc recul�,
mais entre-temps, �a me d�panne.
- On y va ? - Allez.
- C'est parti.
- Au revoir, ma grande. - � bient�t.
�a me so�le, ce d�ner. Je vais le zapper.
- Faut pas mentir � maman !
- Tu passes du temps avec elle, c'est cool.
- Cool ? Tu passes combien de temps avec la tienne ?
- M�me pas un week-end. Un d�j', c'est le max.
- Pareil pour moi.
Et cependant, elle est adorable.
Mais apr�s deux jours, basta.
- Elle a l'air en forme.
- C'est une bonne chose que je sois l�.
T'as le num�ro du neurologue qui a trait� ton p�re ?
- Elle n'a pas Alzheimer.
- Mais elle a des absences.
Mais c'est rien.
Mon r�ve ! Avoir un appart place d'Albertas.
�a va le rester, car l�, c'est pas gagn�.
C'est super mal parti.
Mmm !
�a fait du bien, ce soleil.
Et c'est gratuit !
C'est tout ce � quoi j'ai droit.
Marcher dans la rue, faire des roulades, compter les pigeons.
Elle rit.
- T'as pas du nouveau ?
- Non, stationnaire. Et tes soucis � Carcassonne ?
- C'est l'enfer, je me suis bien fait avoir.
Le terrain est pourri et la maison s'enfonce.
Rien qu'en micro-pieux, j'en ai pour 60 000.
- Ah bon ? - Et je suis � sec.
- Avec ce que je t'ai pay� pour tes parts ?
- J'ai plus rien, sinon je t'aurais avanc�.
- Je dis pas �a pour �a. - Moi non plus.
- Oui, je t'apporterai ton France Football.
Je peux pas d�ner avec toi, elle est l� tous les soirs.
Mais je t'ai fait du cake...
Je vous rappelle.
Une erreur.
- Et tu vas rappeler ?
- Quoi ? - Une erreur et tu vas rappeler ?
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- J'ai vu un vieux dans la rue. C'est pas M. Jean ?
- Qui ? - Jean Laborde. Toujours l� ?
- Je sais pas, peut-�tre.
- Sa fille Florence �tait sympa.
Elle fait quoi ? - Elle est kin� � Avignon.
Elle a eu son dipl�me d'ost�o, elle est vraiment...
C'est ce qu'on m'a dit, j'en sais rien.
- Maman, au fait...
le d�ner avec Nico et Carole ? - Oui.
J'ai oubli� de te dire, vendredi, j'ai d�j� un d�ner.
Avec un mec important qui pourrait me trouver un job.
Un agent immobilier, genre haut plac�, tu vois ?
Et du coup...
Du coup...
�a va �tre compliqu� de manger avec vous.
- Fais pour le mieux.
- Je pourrais aussi voir directement avec le mec.
C'est presque plus pratique.
T'as raison, je fais �a. Je l'appelle de ce pas.
Car il m'a mise dans une situation compliqu�e,
voire inextricable.
- Je vais � mon bridge
chez Fran�oise.
- D'accord.
- Tu savais qu'elle allait se remarier ?
- Son mari vient de mourir. - �a fait un an.
Si pas plus. - C'est un deuil express.
Elle perd pas de temps.
Allez, hop !
- Bon. Touche pas aux radiateurs
et n'ouvre pas les fen�tres pour Princesse.
Merci.
� ce soir.
*- Tu oublies mon num�ro, OK ?
*- Encore lui ?
*- Oui.
- Y a pas autre chose ? C'est nul.
- C'est parce que tu connais pas l'histoire.
Vincent, avec la gourmette, a rompu avec Rebecca.
Il la prenait pour une balance,
mais les Gitans de Chavaux avaient inform� Hernandez. Lequel,
� la suite du casse de la bijouterie Raspail,
s'�tait servi de Vincent... - D'accord.
- ... comme d'un indic pour assurer sa protection.
L�, Vincent est revenu du Br�sil
o� il tenait un bar � cocktails et il retrouve Rebecca.
Celle qui vapote.
Elle essaie d'arr�ter de fumer. Elle en a bav�.
*- Toujours aussi belle. *- Tu m'as manqu�.
- Ils y vont fort, l�.
- C'est normal.
Ils sont contents de se retrouver.
- Tu veux pas qu'on change ? - Ah non.
Je rate 5 minutes, je suis paum�e.
*- Oh... Oui, �a vient. Oh !
*Aime-moi. Oh !
- Je vais chercher un dessert.
Musique douce
...
Au revoir !
Donne-moi la main.
...
Mange pas �a ! Il y a plein d'huile de palme.
- C'est de Mamina.
- Elle fait ce qu'elle veut chez elle. L�, on est chez...
Bon. Une tartine, pas 10 000.
Salut, Chacha.
*�a va ?
- J'ai trouv� le num�ro du sp�cialiste pour ta m�re.
- Ah oui, attends.
Tu m'envoies un texto ? *- OK.
- Super.
*Merci, Chacha. - OK. Bisous.
- Non, maman, il ne mangera plus ce soir.
- Mais c'est pour moi.
Musique douce de guitare
...
- Je sais o� est la dame de c�ur.
Oh, non ! Huit de pique.
- Oh...
- � toi, mamie.
- Alors, la dame de carreau.
Et la dame de c�ur, elle se trouve... l�. Paire.
- Bravo, tu t'en es souvenue.
- Oui, ce n'est qu'une paire.
- C'est bien, je suis contente.
�a entra�ne, ce jeu. �a stimule.
On va le faire plus souvent. - Si tu veux.
- Bonne nuit.
- Pourquoi t'es triste ?
- Je suis pas triste. Dors bien.
- �teins pas,
j'ai une question.
Tu vas habiter toujours ici ? - Non.
J'�teins.
- Muriel va avoir un b�b�.
- Papa me l'a dit. Tu vas avoir
de la compagnie. - Je veux pas.
- T'as pas le choix,
Muriel �tant enceinte.
- Attends... - �a suffit.
Tu m'auras plus. On se l�ve t�t demain.
- Contente d'avoir une famille ? - Oui.
Et ils viennent d�ner demain. - T'as de la chance.
- Trop super. Allez, dodo.
Musique douce de synth�
...
Vite, L�o, on est en retard !
Attends...
...
- C'est quoi ?
C'est quoi ?
- C'est rien.
- J'arrive pas � la fermer. - Fais voir.
...
Quelle merde !
- T'as dit un gros mot.
- Excuse-moi, mon amour.
C'est coinc�, fait chier !
C'est la tirette qui marche pas.
C'est coinc�.
�a a sonn�. Pas grave.
Reste comme �a, d'accord ?
Papa viendra te chercher.
Bisous, mon amour.
- St�phanie, tu tombes bien. Tu m'aides ?
T'�tais � l'heure, � l'�cole ?
�a va ?
- Je l'ai eu qu'une journ�e au lieu de la semaine.
- Mon b�b�.
Mon b�b�.
Je dois cuisiner. Je leur ai dit 19 heures.
Tu penses au garage ?
Il faut le vider, les encombrants passent demain.
- Je vais le faire.
- Et remonte une chaise pour le d�ner.
- Pas besoin.
Il y en a cinq, on est cinq.
Nicolas, Carole, Alain, toi et moi.
Pas besoin, sauf si Carole a grossi.
- Ne commence pas.
Remontes-en une, on ne sait jamais.
- Comment �a ?
- Je suis pas g�teuse, on ne sait jamais.
Remonte une 6e chaise, c'est mieux.
Pour poser quelque chose ou quelqu'un.
- Si tu veux.
Musique douce
...
- T'es d�j� l� ?
- Ben, oui.
�a va ? - Mouais.
- T'es jamais en avance. - Je suis pas en avance.
- La forme ? - Bof.
- Je suis mal gar�, y a pas de place.
Il fait torride. - Maman surchauffe.
Je voulais te dire...
- Qui a retourn� ma photo avec papa ?
- Je sais pas.
- Maman est l� ? - Oui. Donc...
- Maman ? - Nico ?
- Bonjour, maman. - Mon ch�ri.
�a me fait plaisir.
- Normal. �a va ? - Oui. Va, j'arrive.
- Dis-moi, Steph.
Les trucs dans la chambre ? - C'est les miens.
Je me suis install�e. T'as pas eu mon mail ?
- J'en re�ois 500 par jour. - Je t'en ai envoy� un.
Le cabinet a coul�, je suis � la rue, je dors ici.
- Putain, c'est chiant.
- Tu peux le dire.
- C'�tait couru, avec un seul gros client.
Fallait vous diversifier.
Jamais �tre � la merci d'un seul budget.
- Merci. Il y a un lit-tiroir, on peut dormir � deux.
- �a ira, mes potes de la r�gate ont lou� un truc.
- T'as une r�gate ? - Les voiles de Bandol.
Au niveau thunes, �a va ?
- C'est la merde, j'ai rien.
- Attends.
- Je voulais pas dire �a.
- Arr�te, c'est normal.
Je te...
Merde, je dois bouger ma caisse.
- Merde, merde, merde.
- Ah ! Nicolas.
- �a va ? - Oui.
Tu pars ? - Non.
Tu t'es gar� o� ? - J'ai pris le bus.
- Tu l'as gar� o� ?
- T'es con !
Les CV que je t'ai imprim�s.
Sur v�lin 120 g, �a se tient mieux.
- Trop gentil.
- Pour les envois, je peux passer par la bo�te.
�a co�te rien.
Et j'ai une surprise. - T'es fou !
- Toi qui aimes la mode, tu vas adorer.
Tu connais les surligneurs Pilote, jaune fluo,
vert fluo, les classiques, quoi.
On lance de nouvelles couleurs, tadam...
pistache fluo, framboise �cras�e fluo,
et...
taupe fluo.
- C'est "taupe" !
- Ouais, c'est "taupe".
Je les pr�sente lundi, �a va �tre une boucherie.
Tu peux me voir sur YouTube. - Comment on fait ?
- Tu tapes Alain Bordier, surligneurs effa�ables,
pr�sentation pilote friction, 22-04 salle Marco Polo, h�tel Mercure,
et voil�.
Mais pas un mot, c'est un gros truc.
- Tu veux pas que
j'en parle un peu pour... - Non.
- OK, je serai une tombe.
- Je descends � quelle heure ?
- Quelle heure ? Attends...
Faisons un compte � rebours.
19 h 15 : ap�ritif. Tuc, pistaches, olives.
Vous buvez quoi ? Pastis, mauresque,
Frontignan, Suze ? Les enfants, �a va ? Tr�s bien.
*Passons � table et gardez vos verres.
19 h 30 : on est � table.
Entr�e : 15 minutes. �a nous am�ne � 19 h 45.
�a vous pla�t ? Bravo, maman. �a n'a jamais �t� aussi bon.
*Et l�, je leur parle de La Gravelle.
20 h 05 : on d�barrasse, c'est vite fait.
Il est 20 h 07.
20 h 07 : fromage. 20 h 20 : dessert.
*Mes �les flottantes, ils adorent.
Et l�, je commence � pr�parer le terrain.
Papa n'est plus l�, maman, c'est maman,
mais aussi une femme avec ce que cela inclut.
J'ai quelqu'un dans ma vie.
Vous le connaissez d�j� un peu.
Il est 20 h 30 et l�, tu sonnes !
- Comme tu veux.
- � tout � l'heure, ch�ri.
Elle chantonne.
- Ces derniers temps,
tu as coll� beaucoup de timbres.
- De... timbres ?
- C'est un truc psy.
On a tous un carnet de timbres
et quand on se prend une tuile, on ne dit rien.
On l'ouvre et on colle un timbre.
Et quand il est plein, bam, on explose. Burn-out.
- Ah ouais !
- Tu vois...
ce qui t'arrive est aussi une chance.
- Peut-�tre pas.
- Si.
L'occasion de rencontrer un �tre passionnant
que tu connais mal : toi.
J'irais m�me plus loin.
Tu n'es pas revenue ici par hasard.
Dans la vie, on passe tous par une phase de rattrapage affectif.
On recherche tous l'abri,
l'ut�rus, un peu comme l'enfant
dans le ventre maternel, baignant dans le liquide s�minal.
- Tu veux dire liquide amniotique.
- C'est pareil. - Non.
Le liquide s�minal, c'est autre chose.
J'ignorais que t'�tais branch� psy.
- Un peu. Carole trouve �a ridicule, moi, j'aime �a.
Je re�ois Psychologie Magazine. - Non ?
- Je me tiens au courant.
- Tu devrais te reconvertir : psychologue d'entreprise.
- J'y ai pens�, mais j'ai un super job.
Je me dis, "Attention au miroir aux alouettes".
Comme disent les Am�ricains, Beware of the...
- Ouais, ouh l� !
Je laisserais tomber. Tu sais pas dire "miroir",
faut pas demander "alouettes".
- Je connais "pigeon" ; "alouette", �a doit �tre...
- Non, je pense pas.
On sonne.
�a, c'est Caca !
Sonnerie portable
- Ne m'appelle plus, ch�ri. Ils sont l�.
*- Si j'apportais du champagne ? - Du champagne ?
Pourquoi pas ? C'est une id�e.
- Salut. - Salut.
- �a va ? - Oui.
- Bonsoir, ma ch�rie. Tu es pass�e te changer ?
- Oui, pourquoi ?
- On aurait pu venir ensemble en voiture.
J'ai mis une heure en bus. - Et ?
- Rien, une heure. - On doit en d�battre ?
- Ah, Nico, t'as pu te garer ?
- Salut, Nico.
- �a va, ma Caca ? - Commence pas.
Puisque tu vis ici,
comment va maman ?
- Je m'inqui�te un peu. J'ai failli vous appeler.
Elle est bizarre, sa m�moire...
- Arr�te. - Elle va tr�s bien.
- Demandez pas, alors.
- Je t'embrasse. � tout � l'heure.
- Salut, maman. - Bonjour, ch�rie.
- C'�tait qui, on attend quelqu'un ?
- C'�tait... Je ne sais plus.
- Tu sais plus ? T'as dit "� tout � l'heure".
- Oui, j'ai oubli�. Tu m'embrouilles.
- �a va ? - Bien s�r.
J'ai pas fini. Va discuter avec ton fr�re et ta s�ur.
Allez, � tout de suite.
- D'autres sympt�mes ? - Un festival.
Elle fait n'importe quoi.
Il y a 3 jours, elle va faire ses courses...
- Allez, commencez l'ap�ritif. Il va �tre 19 h 20.
Zut, j'ai oubli� la mayo pour mes timbales !
Je perds la t�te. - Tu vois ?
Je disais...
Elle part faire les courses, se goure,
monte au quatri�me, oublie son caddie,
oublie tout. Elle se balade la nuit
compl�tement � l'ouest.
Une chance, elle retrouve son chemin.
�a, c'est positif. - Oui.
- Faut aller voir Vernier.
- Qui ? - Le professeur Vernier.
Un �minent neurologue,
sp�cialiste d'Alzheimer.
- Il est au cinqui�me. - Je peux
prendre RDV.
- D�j� que "troisi�me �ge", �a lui fait peur,
"Alzheimer", elle peut tuer.
- Je suis pas conne. - Elle est vieille, c'est tout.
T'as jamais rien oubli� ? Alzheimer !
- T'en fais pas, tu t'en occuperas pas.
- Je te signale que...
- Eh bien, et l'ap�ro ? Il est 25 !
J'ai des Tuc, des pistaches, des olives...
de la Suze, du Frontignan, plus de Pastis.
Hop, Frontignan pour tout le monde !
Voil�.
- Merci, maman.
- Merci.
- Bon, ben...
- Sant� ! - �...
- Voil� !
Les petits, �a va ? - Oui !
Valentine, elle a pu...
- Tr�s bien ! Allez, on passe � table � 19 h 30.
- Mais on a le temps. - Oui, tout va bien.
- J'aimerais bien parfois
qu'on respecte les horaires. On va pas manger � 20 h !
- 20 h ou 20 h 30, c'est pas bien grave.
- Il y a un temps pour tout.
Pour l'ap�ro,
pour le d�ner, pour parler
de certaines choses, et pour parler d'autres choses.
Il est quelle heure ? J'ai 27.
Fais voir.
On est d'accord.
Finissez vos verres
et � table ! - Attends.
Bien s�r, on va respecter les horaires.
Tu te rappelles mon voisin, le professeur Vernier ?
On l'a crois� dans l'ascenseur.
- Comment pourrais-je ?
- Forc�ment.
C'est quelqu'un de tr�s gentil.
- Un type super, un grand professionnel.
Un ponte. - Il est tr�s connu,
il �crit des bouquins.
- Et ?
- Il s'occupe des soucis qu'on peut tous avoir.
Avec les ann�es, la t�te...
On pourrait passer le voir.
- C'est une bonne id�e.
- Il est adorable. - Un amour.
- Adorable... N'emp�che qu'au parking,
il prend toujours ma place.
Sp�cialiste d'Alzheimer,
bonjour ! On a tous deux la place 18,
moi au -2, lui au -3. � chaque fois,
il se gare au -2 et je peux descendre au -3.
Pour un sp�cialiste...
Mais il est gentil,
c'est vrai.
- Vous voulez m'envoyer chez un sp�cialiste d'Alzheimer ?
�a va pas ? Je n'ai aucun probl�me,
ni de m�moire ni autre. Tout va tr�s bien.
Nicolas ch�ri,
tu me trouves s�nile ?
- Pas du tout. T'es en super forme.
- Vu ? Allez, � table. Je vais faire la mayo.
J'arrive. Gardez vos verres !
- Super, ton histoire de parking. Quel con.
Je me demande ce que je fous avec toi.
- Tu prends la place de papa ?
- J'ai pas fait gaffe. Tu me passes le ch�quier ?
- Non, �a me g�ne.
- T'es dans la merde. � quoi sert une famille ?
Tu me rendras quand tu pourras.
2 000, c'est bon ?
- Tu parles ! Mais mets pas d'ordre.
- D'accord. Des pistes de boulot ?
- Non. Ah si.
Distribuer des prospectus en rollers.
- Super ! Et alors ?
- � ton avis ?
- C'est un boulot. Y a pas de sot m�tier.
- Je t'arr�te, c'est pas un boulot
et c'est un sot m�tier. Faut que �a cesse.
Bosser dans un p�age,
vider des poulets, y a plein de sots m�tiers.
- Te plains pas du ch�mage.
Il y a 15 jours, j'�tais � Toulon.
Ils n'arrivent pas � recruter. Tu sais pourquoi ?
Parce qu'ils veulent pas perdre le RSA.
- Ah ouais, t'�tais dans le coin.
- Il y avait un rassemblement de vieux gr�ements. Sublimes.
- T'as pris
les doubles rideaux ?
- Dans le bus ? C'est toi qui avais la voiture.
- Oui, �a t'arrange.
Regarde ce que tu me fais faire !
- Voil�.
- Tiens. - Merci.
Pas d'ordre, j'avais dit. Mon compte est bloqu�.
- Les combines...
Je t'en refais un.
- Quoi, les combines ? Laisse tomber.
Et quand tu parles des glandeurs,
dis St�phanie, ce sera plus clair.
C'est des r�flexions qui font du bien, �a.
- J'ai pas dit �a. - Moi, je veux travailler.
Je suis architecte-urbaniste. Dix ans d'�tudes.
Pour finir sur des rollers ?
- Tes vieux patins
sont au garage.
- J'ai tout mis � la benne.
- Tout quoi ?
- Les trucs de papa. Un bordel.
Maman veut louer le box.
- T'as d�cid� toute seule des trucs � balancer ?
- D�cid� quoi ?
� part 2, 3 dessins de nous
dans des vieux cartons,
avec des factures GDF et de loyer, en francs.
Et des vieux T�l�poche. Passionnant.
- C'est pas la question.
Les trucs de papa, c'est aussi � moi. � nous.
- C'est � nous de d�cider de garder ou pas.
- Vous auriez tout jet�, c'est pas des incunables.
Des vieux T�l�poche !
Pour savoir ce qui passera le 25 avril 1983 ?
- C'�tait � papa.
- On peut pas tout garder.
Papa est dans votre t�te, pas dans les T�l�poche.
- Arr�te avec �a.
�a n'a rien � voir.
Tu ne d�cides pas seule, tu me demandes.
- Tu t'int�resses � la famille ?
La prochaine fois que tu fais 500 bornes
pour tes trucs de bateaux,
tu en feras 10 de plus
pour voir maman. Et tu feras le rangement !
Ah non, t'habites Mulhouse !
Tu peux jamais aider, c'est pratique, �a.
- � ta place, j'arr�terais.
- Laisse tomber. - Y avait rien � r�cup�rer ?
- Vous faites chier ! Que des vieilles merdes !
- OK.
C'est quoi, le v�lo, l� ?
- Son v�lo d'appart, pour voir s'il marchait.
- Il �tait au garage. - Oui.
Et c'�tait tr�s lourd.
- T'as pas tout jet�.
- Je t'ai dit, je voulais voir si �a marchait.
- C'est un v�lo pas cher !
- �a veut dire quoi ?
- Juste que...
- Dommage...
- Je parle avec ma s�ur.
Pour toi, les h�ritages, c'est se servir quand on veut.
- Tu sais quoi ?
Prends-le, bon d�barras !
On pourra pas me traiter de voleuse.
- Je t'accuse de rien,
mais tu te d�fends beaucoup pour une innocente.
- Et n'h�site pas � en faire, �a te fera du bien !
- Je t'emmerde.
- Arr�tez
de vous chamailler ! Ne g�chez pas ma soir�e !
Les timbales, ce sera sans mayo !
Voil� ! Nicolas, tu ouvres ?
- Ouh l� !
- Le plus cher � Franprix.
- Tant qu'� boire, autant que ce soit bon.
J'ai ramen� un truc.
Je l'ai d�bouch�e pour l'a�rer.
Ch�teau Ang�lus. D'Hubert de Bouard,
un des �nologues les plus cot�s de Bordeaux.
Avec son cousin, il pr�side la holding familiale.
L'an dernier, ils ont fait plus de 15 millions.
- Mm, t'en parles bien, �a donne envie.
T'as pas leur num�ro de fax ?
- C'est en chute, les fax.
- On se d�p�che, on mange les timbales.
- Merci.
- Je vous pr�viens,
j'ai fait picard.
Commencez, je vais tourner la salade.
- 500 bornes pour un Picard,
je jubile !
- Elle s'est pas foul�e.
- �a a chang�, Picard.
Tant que c'est surgel�, �a reste sain.
- Apr�s un deuil, il faut savoir tourner la page.
La vie continue, de nouveaux horizons
s'ouvrent.
Il y a plusieurs chapitres
dans la vie.
Il y a de nouveaux d�parts � prendre.
- De quoi tu parles ? - Il est quelle heure ?
- Il va �tre 20 h.
- On en parlera apr�s.
Mangez, �a va refroidir.
- Mm, super bonne, votre tourte !
- C'est picard,
et c'est du boulot ! - C'est surtout eux qui le font.
- Qui, eux ? Je l'ai faite toute seule.
- Ah non, soit tu l'as faite, soit c'est Picard.
Tu l'as r�chauff�e au micro-onde.
- Ou au four.
- Qu'est-ce que vous racontez ? - C'est tr�s bon.
- C'est juste Picard.
- C'est picard, c'est tr�s bon et c'est de moi.
- Non, tu l'as achet�e, tu as pay�, tu l'as ouverte,
tu l'as r�chauff�e. Tu te souviens de �a ?
- Qu'est-ce qui vous prend ? Vous �tes malades ?
C'est du fait maison, pas du micro-onde !
Vous aimez pas les plats picards ?
- Si. J'adore leur moussaka.
- La moussaka, c'est grec. C'est pas picard.
- C'est grec, mais c'est eux qui la font.
- Comme le gaspacho, c'est pas andalou, mais Picard.
- Allez voir le Pr Machin ! Vous �tes zinzins.
C'est une flamiche,
une tourte picarde. J'ai pass�
la journ�e � la faire !
- Une tourte de Picardie ! - Oui !
- Pas des surgel�s
Picard.
- Pas un soir de f�te,
enfin !
- Pardon, on n'y �tait pas.
- C'est tr�s bon. - Tr�s bon.
- Une recette de ma cousine d'Amiens.
- "Damien" pour une femme ?
- Rose, d'Amiens, en Picardie.
- OK. - Vous l'avez connue.
Elle habitait rue Hue.
- Rue ? - Rue Hue.
- Mais encore ?
- Rue Hue.
- Tu ne finis plus tes phrases.
- J'hallucine ! Rue Hue, comme Robert Hue, le coco !
- OK, c'est rue Hue.
- Voil�. L�, je suis vid�e. Allez, la suite.
- T'as un truc de papa, toi.
- C'est vrai ? - Tu bouges jamais ton cul.
- Bravo.
- Il y a de �a.
- J'ai roul� 6 heures.
- Merci, Alain.
C'�tait bon, je me suis r�gal�e.
- En tout cas, tu peux pas critiquer maman.
- Pourquoi ?
Parce que j'habite ici ?
Soyons clairs, d�j� qu'il y a eu le v�lo.
Pour votre gouverne, j'ai tout perdu.
Quand je dis tout, c'est tout.
Baraque, bagnole, appart � la montagne.
- On conna�t, nous balance pas ton fric � la gueule.
- Quoi ? Quand je te recevais gratos
� l'Alpe d'Huez, c'est �a ?
- T'es la g�n�rosit� m�me, on le sait.
Pour le nombre de fois o� on y est all�s !
- Quinze fois. � No�l, pendant 15 ans.
- On ne compte pas quand on est g�n�reux.
Et il faisait pas beau.
- Pas l'ann�e derni�re.
On a mang� dehors.
- Coupe pas la parole.
Tu devrais �tre plus discr�te.
- Vous vous chamaillez encore ?
- On discute. En plus, tu loges gratis.
- Comment �a ?
- Maman a l'usufruit de l'appart, on est nus-propri�taires.
- T'as un tiers, Nicolas et moi, deux.
T'es un peu chez nous.
- C'est votre s�ur.
- J'ai l'habitude.
- Elle n'a plus rien.
Plus de mari,
plus de boulot et presque plus de gosse.
- C'est bon. - Et apr�s 40 ans,
une femme n'en retrouve plus. Elle n'a plus que nous.
- Merci, maman.
- Promettez-moi de faire un effort.
- Promis. On touchera pas � la chouchoute.
- Vous avez vu le chat qui sauve un gamin sur Facebook ?
- J'ai deux choses importantes � vous dire.
D'abord La Gravelle.
- Tu pourrais t'y installer.
- Dans la baraque la plus humide de France ?
Avec des sangliers et un m�tier � tisser ?
- Je termine, merci.
Il y a eu des fuites.
M. Mourrier m'envoie un devis pour la toiture.
Et comme personne n'y va,
j'avais pens� la mettre en vente.
- La vendre ?
- Oui, personne n'y va.
- Tu d�cides pour nous. - C'est la maison de famille.
- Pas depuis Saint-Louis.
Papa l'a achet�e en 1995 sous Chirac.
- Papa l'adorait.
- Moi aussi de son vivant. T'y as encore �t� ?
- On a plein de souvenirs.
- Oui, de draps humides et de rhinos.
Refaire les murs va co�ter le prix de la baraque.
- Pourquoi tu le ferais pas ?
- J'ai que �a � faire.
- Ben, ouais.
- Je suis archi, pas ma�on.
- �a suffit.
On sonne.
J'y vais. 20 h 30.
- L'archi, c'est un ma�on qui a r�ussi.
- Just on time! - C'est pas le moment.
Quoi, du beurre ?
J'en ai pas.
�coutez,
il est 20 h 30.
- T'avais dit 20 h 30. - C'est pas une heure !
Ce n'est vraiment pas le moment !
D�sol�e.
Je n'ai pas de beurre.
Bonne nuit.
- C'�tait qui ?
- Mme Cabanis, la chauve du dessous.
Pour du beurre ! - Ben, on en a.
- Et alors ? J'ai l'air d'une marchande ?
Il y a des limites.
Sur ce, on passe au dessert.
- � propos de La Gravelle,
je voulais pas en parler, mais vu qu'on se dit tout,
j'ai fil� 4 000 euros � papa pour changer la chaudi�re.
�a me d�pannerait, et maman n'a pas assez.
- Ouais.
T'as un papier ?
- De papa ? Tu rigoles ?
- Faut te croire sur parole.
- Tu me crois pas ?
Toi non plus ? - Mais si.
- On te croit, y a pas de probl�me.
- Si, il y en a un. Tu dis que tu me crois,
mais tu me traites de menteuse.
Je profiterais de la mort de papa pour vous piquer du fric ?
- J'ai pas dit �a.
Tu veux du fric, on va t'en donner.
- �a va, garde-le.
Disons que c'est un cadeau � papa.
- Tu dis que t'as tout jet�,
et on tombe sur un v�lo.
Tu parles d'un pr�t, et il y a pas de traces.
- Laisse-la.
- On t'a sonn�, toi ?
T'es fils unique, tu n'y connais rien.
Laisse ma famille et occupe-toi de tes stylos.
- Parle pas comme �a.
�a se fait pas. - O� tu vas ?
J'ai les cl�s de la bagnole.
- Il vient de coller son dernier timbre.
- Ce matin, je me r�jouissais de vous avoir � d�ner.
J'avais � vous parler.
J'ai cuisin� toute la journ�e.
Je me suis chang�e, j'ai �t� chez le coiffeur.
Et vous, vous m'accusez de faire du surgel�,
d'avoir l'Alzheimer,
vous vous dites des choses
qu'on ne se dit pas entre fr�re et s�urs.
Heureusement que papa
n'est plus l�.
Merci. C'est la pire soir�e de ma vie.
Je vais me coucher.
Ne touchez � rien, je rangerai demain.
Les �les flottantes sont au frigo.
Fermeture de porte
- Je vais y aller.
Je passe demain pour embrasser maman.
Je t'aide ? - Non, �a va.
- � demain.
Musique douce
...
- Salut, Chacha, c'est Steph.
�coute... tu dois �tre � Carcassonne.
Non, rien de sp�cial.
J'avais envie de parler.
�coute... Je t'embrasse. Ciao.
Maman ?
Que fais-tu ? Tu vas o� ?
- � Avignon, chez Anne-Marie.
�a me fera du bien. Merci pour le rangement.
- � cette heure-ci ?
- Je prends le train � 21 h 52. Elle m'attend � l'arriv�e.
Je dois changer d'air. - Je t'am�ne � la gare.
- Non, je prends le bus. Je veux y aller seule.
- Le bus toute seule ? Il est tard.
Musique rythm�e
On va pas le rater, tu sais.
...
- T'es pas oblig�e, je me d�brouille.
- Je te laisse pas seule.
- Voil�. - Merci. Remboursable ?
- Pardon ? - C'est remboursable ?
- Oui, tant qu'il n'est pas compost�.
- Tant qu'il n'est pas compost�.
- C'est bon ? - Oui.
Voil�.
Bon, parfait.
Au revoir. - Tu dois le composter.
- Je vais le faire. Au revoir.
- Tu veux que je t'aide ? - Non, �a ira.
Je vais le faire.
Hop, c'est bon. - Non, �a n'a pas fait de bruit.
Quand on composte, il y a un bruit.
Regarde. �coute.
Tu vois ? L�, c'est fait.
- Merci, ch�rie.
Allez, au revoir.
J'aime pas �tre accompagn�e jusqu'au wagon.
�a fait vieille dame accompagn�e jusqu'au wagon.
Ah ? Ha, ha, ha !
Elle soupire.
- Laissez, je vais vous aider.
- C'est pas vrai,
j'ai rien demand� !
- �a va ? T'es s�re, maman ?
Hein ? T'es s�re ?
- �a va. Va-t'en. Au revoir.
- �a va ? - T'es gentille.
Qu'est-ce qu'elle fiche ?
Je t'appelle. Au revoir.
Allez, va-t'en ! - Bon voyage.
*- Le train 14838 � destination d'Avignon va partir.
*Prenez garde � la fermeture automatique des portes.
*Attention au d�part.
Vous auriez pu m'aider.
Han !
Musique douce
Ouf !
...
Poubelle.
...
Rendez-moi... un euro.
Merci.
...
Je suis morte.
St�phanie a voulu m'accompagner � la gare.
J'ai saut� d'un train. J'ai d� me cacher.
- Que s'est-il pass� ? Tu ne m'as rien dit.
- Je te raconterai.
Ce d�ner fut un enfer.
Et puis, je sais plus.
On ne va rien leur dire pour nous deux.
- Quoi ?
- �a te va bien, le costume.
Je dois �tre d�coiff�e.
- J'aime �a.
- Je t'ai apport� de la tourte.
Rires
Musique enjou�e
...
...
On frappe.
- C'est qui ? - Carole.
- Que fais-tu l� ?
- Comment �a ?
J'ai aussi le droit de venir chez maman.
Je comprends pas.
Il est pas � la maison, il r�pond pas,
ni aux textos, o� peut-il �tre ?
- Tu parles d'Alain ? - Oui, je suis inqui�te.
- Pour lui ou pour toi ?
Sonnerie
- "J'ai march� toute la nuit, j'ai r�fl�chi,
"j'ai vu un renard, je te quitte."
�a veut dire quoi ?
- �a veut dire que...
il a march�, r�fl�chi, vu un renard et il te quitte.
- Sans pr�venir.
En une seconde, il fout 20 ans en l'air.
Je me retrouve seule � 46 ans.
Les hommes sont des putes.
Te g�ne pas.
- Les textos, c'est super instructif.
Avant-hier, message d'Alain.
"D�sol�, mon amour. Tram arr�t�,
"serai en retard, finis � pied. Baisers."
Ta r�ponse... - Comme d'hab, � sa guise.
- Non, �a le fait chier, il est coinc�.
- J'ai r�pondu :
"Tu r�chaufferas ton plat. � plus, mon amour."
- Ah non, t'as r�pondu :
"Tu r�chaufferas ton plat." Point. Pas "mon amour".
- Tu joues sur les mots. - Non, je lis.
"Passe prendre les doubles rideaux.
"T'as oubli� le contr�le technique.
"Fais les courses. T'as oubli� le pressing."
- Je suis un monstre, je sais.
- Depuis un an, ils commencent tous
par "Fais ci, fais �a, t'as oubli� de..."
Un texto, un reproche. C'est chiant.
Tu m'�tonnes qu'il se barre.
- L'agenda, c'est aussi une fonction int�ressante.
Regarde.
Tous les mercredis, � 15 h.
C'est �crit "papa".
Pendant 2 ans, je l'ai emmen� � sa r��duc
vu que Nicolas �tait peinard � Mulhouse
et que t'avais un travail si important
que t'�tais pas libre.
Tous les mercredis, pendant deux ans.
Je le regrette pas.
T'as �a sur ton agenda ?
Tu l'as emmen� une fois ?
Tu sais o� il est, le centre ? - Bien s�r.
- Je payais les s�ances.
- Tout va bien, alors.
T'as fait un virement, tu t'es occup� de papa.
Musique douce
...
- Je suis pas comme toi.
�a m'angoissait de le voir comme �a.
- Et moi pas, tu crois ?
Pas grave.
Je suis la conne.
La bonne poire dont personne ne se soucie.
Seule � 46 ans,
�a doit te faire marrer.
- �a va pas ? T'es ma s�ur.
Je l'aime, ton mec.
�a va s'arranger.
- C'est bien parti.
- �a arrive dans tous les couples.
- Je peux me doucher ?
- T'es chez toi, t'as un tiers de douche.
Un tiers du ballon, pas plus, pas moins.
...
- "Mon amour,
"je sais, je suis...
"parfois injuste.
"Je t'ai mal parl�, tu as raison
"de t'�tre barr�.
"Mais je t'aime.
"Redonne-moi une chance."
Voil�.
- Je voulais m'excuser pour le d�ner.
J'ai �t� un peu...
voil�. - Moi aussi, j'ai �t� un peu...
voil�. - Je suis un peu jalouse.
M�me tr�s jalouse.
Je le suis toujours.
- Arr�te avec �a.
- J'ai un probl�me. On n'a pas �t� aim�es pareil.
- Cite-moi un exemple.
- Regarde...
t'as toujours �t� bord�lique.
�a amusait papa.
Moi, je me faisais engueuler.
- Je suis pas bord�lique.
J'ai un concept du rangement plus cr�atif,
plus personnel, plus artistique.
- C'est depuis ma naissance, avec mon pr�nom.
On n'a pas �t� servies pareil.
Ils savaient que Carole, c'�tait moche.
Ils l'ont fait expr�s.
Nicolas, c'est sympa, et St�phanie...
c'est prestigieux. - St�phanie, prestigieux ?
Cite-m'en une,
� part St�phanie de Monaco.
- Il y en a plein. Il y a St�phanie euh...
comment d�j� ? J'ai un trou, l�.
Plein de St�phanie classes. Des Carole, z�ro.
- Il y a s�rement une majorette c�l�bre.
- Les diminutifs Steph, Nico, �a sonne bien.
Moi, c'est Caca.
- On va se coucher ?
- Je sais pas
si je pourrai dormir. - Je te file un t-shirt.
Musique douce
Tiens.
Regarde ce que j'ai retrouv� : nos dessins.
...
Regarde : Carole,
Carole,
Carole, Carole...
J'�tais la chouchoute, et il y a que tes dessins.
- C'est marrant.
- Ah si, Nico.
Mais c'est vilain. - Oui.
C'est maman et nous, �a ?
- Oui. C'est moi, avec les grosses lunettes ?
- Ouais.
Tu m'as pas rat�e. - T'avais des grosses lunettes.
...
- Tu dors l�, moi l�. - D'accord.
J'ai pas bien saisi tes histoires de boulot.
- C'est le bordel.
- �a m'�tonne.
- Je vais pas t'emb�ter. - Si, vas-y.
Explique-moi.
- Tu connais mon c�t� administratif...
Son de cloche
Bien dormi ?
- Le chat a gratt� toute la nuit.
- Oui, c'est chiant. Tu fais quoi ?
- Y a un truc bizarre dans ton affaire.
Tu me fais un caf� ?
- Je te pr�viens, il est tr�s, tr�s, tr�s mauvais.
Oui, je me souviens !
La GS verte, la nuit o� on a crev� avec maman.
- Du pain perdu ! �a fait un si�cle !
- La recette de maman.
- Y a un truc qui colle pas.
Quand as-tu su que ton client
avait fait faillite ?
- Au printemps.
- Le recommand�
du 12 avril qui dit que la SOFRADIP va d�poser le bilan.
- Oui, � P�ques.
- J'ai trouv� une photocopie, mais pas l'original.
Et �a, l'enveloppe
avec l'accus� de r�ception.
Qui est dat� de janvier.
Vous avez re�u la lettre en janvier.
Et la photocopie est dat�e d'avril.
Quelqu'un l'a chang�e.
De 01 janvier en 04 avril.
- Je sais pas...
Je comprends pas.
- T'as jamais regard� ?
- Tu sais, la paperasse et moi...
- Dommage.
Trois mois avant, quelqu'un savait
que votre cabinet allait se planter.
Quand Charlotte t'a-t-elle vendu ses parts ?
- En f�vrier.
- F�vrier, c'est apr�s janvier.
Charlotte savait
que vous alliez vous planter.
Tout en le sachant, elle t'a vendu ses parts.
- C'est pas possible.
C'est ma meilleure amie. Presque une s�ur.
Enfin, tu vois.
�a peut pas �tre Charlotte.
Musique rythm�e
...
- Au moins, tu r�cup�res quelque chose.
� ce propos, ton ch�que.
Sans ordre.
- Merci.
...
- Charlotte Murat. Elle a achet� des macarons, il y a 3 jours.
- Elle doit habiter par l�.
- C'est Alain.
Il accepte qu'on se voie.
Est-ce une bonne id�e ?
On verra.
...
- Jacqueline ?
- Pas facile � trouver.
C'est tr�s beau !
- Que faites-vous l� ?
- Quelle piscine !
Et la vue est magnifique !
- D�sol�e, Jacqueline, mais...
- Ces baies coulissantes,
c'est bien vu. On sent l'architecte.
- D�sol�e, j'allais sortir.
- Et la cuisine am�ricaine...
C'est bien !
Deux fours ! G�nial.
C'est quoi, �a ?
Je r�ve d'un tel frigo, mais ma cuisine est trop petite.
Et j'adore le champagne.
- Le pain perdu est exquis.
On dirait celui de maman. - Fait par moi.
- �a manque un peu de sucre.
- Gentil.
- Vous allez o� ? - En haut.
...
La baignoire dans la chambre ! Et une grande !
Pas tr�s �conomique. Ballon ou chauffe-eau ?
- �a suffit, je dois partir.
- Le cousin de ton p�re n'a pas � se plaindre.
Chouette bicoque. C'est quelqu'un de g�n�reux.
Et discret. Y a que ton nom sur la bo�te.
- Non, mais c'est...
- M�ticuleux aussi. Il laisse rien tra�ner.
Ah, si mon mari avait �t� comme �a !
Dis-moi,
ton projet,
Carcassonne, la maison d'h�tes...
Tu as pr�f�r� la mer.
St�phanie croit que tu as perdu ton argent � Carcassonne.
Elle s'inqui�te pour toi.
Je vais te poser une question trois fois.
Je veux la v�rit�.
Quand tu as vendu tes parts � St�phanie,
savais-tu que votre client allait faire faillite ?
- �a va pas ? N'importe quoi !
- Pour la deuxi�me fois,
quand tu as vendu tes parts � St�phanie,
savais-tu que votre client allait faire faillite ?
- Je suis pas devin !
Je ne savais rien.
C'est pas de bol, point.
- Pour la troisi�me et derni�re fois,
quand tu as vendu tes parts � St�phanie,
savais-tu que votre client allait faire faillite ?
- Vous me faites chier, l� !
C'est fait, c'est fait.
C'est fait.
- Tu venais go�ter � la maison.
Tu venais en vacances � La Gravelle.
Tu as toujours �t� sa meilleure amie.
Pourquoi ?
Pour de l'argent ?
- Jamais eu peur de devenir pauvre ?
Moi, je peux pas.
Je peux pas.
On allait tout perdre.
J'ai paniqu�.
Je sais pas quoi dire.
Je suis d�sol�e, Jacqueline.
Jacqueline !
Qu'allez-vous faire ?
- On va accepter ta proposition.
- Quelle proposition ?
- De faire ta valise et de partir � Carcassonne.
T'as une maison d'h�tes.
Tu vas laisser ta bicoque � St�phanie
le temps de vous arranger, entre copines.
C'est cher, un avocat.
�vitons de gaspiller des sous.
Je ne t'embrasse pas.
...
Que pouvait-elle dire ? Vous trouverez un arrangement.
- C'�tait � moi de lui parler.
- T'es pas en �tat.
Et dans la vie, si on attend...
- C'est quand on avait crev� en allant chez papi.
- Ah !
- Tu te souviens pas ? - Vaguement.
- Moi si. C'�tait en juillet. Papa n'�tait pas l�.
- Le pied, sans l'odeur de clopes dans la bagnole !
- Quelle gal�re
pour changer la roue !
C'est pas M. Jean
qui nous a aid�s ?
- Ah bon ?
- Oui.
- Qu'est-ce qu'il foutait l� ?
- Il nous a aid�s.
- On cr�ve
dans les champs � 2 h du mat,
et c'est le voisin du 4e qui vient nous aider ?
- On a eu du bol.
- Il part d'Aix-en-Provence pour aller bronzer en Bretagne ?
- Oui, on le croisait souvent.
- Et il habite toujours ici,
je l'ai crois�.
Hein, maman ?
- Tu prends le dernier ?
- J'en aime un autre.
Je voulais vous le dire hier, mais vu l'ambiance...
- C'est M. Jean ?
- Oui, c'est Jean.
- Oh, putain...
C'est lui que tu montais voir.
Et la chaise, c'�tait pour lui ?
Depuis quand ?
Et ne me dis pas
"J'ai oubli�, quand on aime, on ne compte pas."
T'as pas Alzheimer.
C'est la seule bonne nouvelle.
- Votre p�re, je l'ai aim� jusqu'� la fin.
- D'accord.
- Je l'aimais aussi.
- Bien s�r.
- Steph.
- Elle a tromp� papa, point.
- Je vous ai pas tromp�s. Il n'a jamais rien su.
On ne blesse pas les gens qu'on aime.
- Trop facile !
- Non, d�trompe-toi.
�a fait du bien
de le dire. - Pas de l'entendre.
Tu ne dis rien ?
- Ben...
- Toi ?
- Tu m'aimes, ma ch�rie ?
- C'est pas la question.
- Si, parce que je vous aime, moi.
Et je veux que vous soyez heureux pour cela.
Et avec Jean, je suis heureuse.
- Bien s�r qu'on t'aime !
Je suis contente que tu sois heureuse.
Papa est parti il y a un an, c'est trop t�t.
- Je n'aurais pas d� vous parler de Jean.
On n'en parlera plus jamais.
C'est un secret de famille qui le restera.
Voil�.
Vous faites quoi, ce soir ?
Vous me devez un repas. On pourrait d�ner � la mer.
- Bien s�r, maman.
- J'ai ma r�gate.
Je vais m'arranger.
- Et toi ?
- Je sais pas. Je dois prendre L�o.
Musique douce
...
- Maman, mollo avec le beurre.
...
Merci d'avoir zapp� ta r�gate.
- C'est pour maman.
- �a a �t� annul� ? - Oui.
Pas assez de vent.
St�phanie vient ? - Je sais pas.
...
- La voil�.
- Super, maman ! T'as pris mon maillot ?
- Tu l'as sur toi.
- Salut, L�o ! T'as grandi, toi !
- � l'heure, aujourd'hui !
- Salut, L�o.
- Bonsoir, Carole. - Bonjour, Mamina.
- Maman, je t'ai amen� un invit�.
...
- Merci, ma ch�rie.
Merci, mes enfants.
C'est Jean.
C'est Jean.
...
- Ils s'aiment, c'est s�r.
- On le boit, ce champagne ?
- Nico, ouvre-le. - On va ouvrir le champagne.
On va le boire. - Maman, du champagne ?
Musique du g�n�rique Hindi Zahra
...
Pas mal, hein ? - O� est ta chambre ?
- Je vais prendre celle-l�.
...
Musique originale
...
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