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Original subtitles

Le jour de son 35e anniversaire, j'ai décidé que le moment était venu de

révéler à Julius Benedict la vérité sur ses origines.

Julius savait déjà qu'il était le fruit d'une expérience scientifique patronnée

par le gouvernement.

Une expérience ultra-secrète conçue pour produire un être humain doté de qualité

physique, mentale et spirituelle.

très supérieure à la moyenne.

Il savait que la différence des autres petits garçons, ce n'était pas un père

qui l'avait, mais six, tous hommes d'une grande distinction, choisis pour l

'excellence de leur patrimoine génétique.

Et il savait aussi, bien sûr, que Marianne Bénédicte, une très remarquable

jeune femme, avait été choisie pour être sa mère.

Hélas, il avait longtemps vécu dans l'idée tragique que sa pauvre mère était

morte en le mettant au monde.

Mais ce que Julius ignorait, ce que personne ne lui avait encore dit jusqu

'alors, c'est qu'une minute environ après sa naissance à lui, sa mère avait

mis au monde un autre petit garçon.

J'ai un frère ? Oui.

On l'a placé dans un orphelinat à Los Angeles au moment où je t'ai conduit

dans l'île.

Toute l'existence de Julius s'était déroulée ici, sur l'île.

Il m'aidait dans mes recherches.

Je l'avais toujours cru heureux. Je ne pensais pas qu'il pût souhaiter partir.

Comme je me trompais.

Je m'en vais le chercher.

Je ne rêvais pas à croire qu'il allait partir.

Il n'était pas préparé à affronter le monde extérieur.

Toutes ses connaissances étaient livresques.

Julius parlait douze langues.

Il excellait en histoire, en science, en mathématiques, en littérature.

Il était aussi pur de corps que d'esprit.

Pour la première fois, il refusa d'écouter mes objurgations.

Et je suis persuadé qu'il me ressemble.

L'aéroport le plus proche était situé sur une autre île à plus de 40

kilomètres.

Mais Julius s'en moquait.

Il s'était mis dans la tête que Vincent avait de graves ennuis et avait besoin

de lui.

Cette idée l'obsédait. Il fallait absolument qu'il vole à son secours.

Bonjour, bonjour, comme elle court bien les balutes, vous ?

Ah !

Bon ! On

va

être en retard.

Je veux voir mon horoscope.

Ah oui, ton horoscope.

Faites preuve d'un peu de jugeote.

Vous ferez une rencontre qui changera votre vie sentimentale.

T'as de la chance. Oui, espérons.

C'est... Mademoiselle ? Vincent ! On ne m'avait pas dit que vous aviez rompu. Et

si, je te l'ai dit.

Et si, on a rompu.

Ça ne te dérange pas que je dise un mot à ta petite sœur ? Non, non, non, ça ne

me dérange pas.

Surtout, ne lui prête pas d'argent.

Non, non, j'ai promis à Marnie de ne pas t'avancer le moindre sou.

Non, non, non, je ne veux pas ça.

Tu fais tout ça avec tes yeux et tu me rends dingue. Je ne devrais même pas m

'asseoir avec toi.

Mais tu y es.

En face de moi.

Bichot, ma biche, lorsque tu soulignes aux crayons noirs tes jolis yeux, alors

je n'ai Dieu que pour toi, Linda.

Je n'ai Dieu que pour toi.

C'est pourquoi ? T'as pas vu le petit fumier ? C'est lui que je cherche.

Je ne vois pas de qui vous voulez parler. Vous pouvez préciser ?

Bénédicte.

Oh, il n'oserait pas venir ici.

N'est-ce pas, Marnie ? Qui ? Vincent ? Le petit escroc, le

dégueulasse. Je ne servirais même pas s'il se freinait à quatre pattes devant

moi.

Je pensais bien que vous seriez un client étonnant.

C'est à cause de la musique.

Excusez-moi, je l'entends pour la première fois de ma vie.

Qu'est-ce qu'il se passe ? J'ai besoin de toi, il faut que tu m'aides.

C'est à cause du frère Klein, je l'envoie 20 000 dollars. T'es allé

emprunter à tes usuriers, mais tu dois être dingue. Je me suis mis dans la

merde, alors il faut que tu me dises ce que t'as. T'as quelque chose pour moi ?

Je sais pas, attends. Non, je t'en prie, regarde ce que t'as.

On fait ça trop souvent, Vincent. Je sais, je sais. Bon, voyons voir ce que j

'ai à te faire.

Voilà, ça devrait coller une jolie BMW au 4e niveau, place 20.

Vincent, celle-là, je te l'y prendrai tout autant que tu voudras. Entends-tu,

Tony ? Tiens, va t'en venir.

Je prends, je prends, merci.

Salut, Tony.

Hé, Tony.

Ah non, il y a 4000, dis-donc. D'habitude, pour une tire comme ça, c

'est 6000. C'est 6000, non, Tony ? C'est la récession, Vincent.

C'est dur, c'est dur pour tout le monde.

Si tu veux essayer ailleurs, libre-toi. Non, non, non, c'est que j'aurais eu

besoin de tout. Voilà, c'est tout.

Ça va la santé, Vincent ? Ouais, ça va. T'as l'air un peu soucieux. Qu'est-ce

que c'est ? Un problème de digestion ?

Quel pays incroyable.

Vous avez du feu, mec ? Excusez-moi.

Non, je ne fume pas.

Mec. Ah ouais ? C'est chouette, hein ? Un petit souvenir pour la

fiancée ? Je n'en ai pas. Dites, les femmes portent vraiment ces trucs-là ?

Ah, et comment ? Quand on a de la veine, ouais.

C'est pas incroyable. Alors, vous n'êtes pas d'ici, vous ?

C'est vrai, je... Je n

'ai

rien fait.

C'est le trottoir, le coupable.

Voyons voir un peu ça.

Le crâne n'a rien.

Je l'emmène à l'hôpital.

Non !

Si j'étais toi, j'essayerais de récupérer mon cheval et je m'en irais

voir ailleurs.

Je regrette beaucoup.

Je suis très embêté.

Moi aussi, encore merci.

Pas tant que moi.

Je crois que vous devriez acheter des casques. Il est porté.

Oui. Merci. Bonjour chez vous.

Je n'ai pas obligé d'acheter. Mais ne viens pas dire qu'elles sont moches. C

'est des chaussettes super luxe.

Quelle journée de merde.

Non, non, non.

Un emplacement réservé aux handicapés. Et alors ? Vous trouvez que j'ai l'air

normal ? Vous n'avez pas le macaron réglementaire sur le pare-brise. Oh, un

peu de chuchote. On a besoin d'un macaron maintenant.

Handicapé, mon cul.

Présentez votre permis de conduire, s'il vous plaît.

Ah non, oui, c'est vrai, pardon, je regrette. Non, j'aurais pas dû m

'énerver. Permis, s'il vous plaît. Non, mais j'ai passé une journée

épouvantable. Permis, s'il vous plaît.

Vous avez plus de 200 contraventions à payer, monsieur Bénédicte. C'était votre

anniversaire. Alors, il fallait faire renouveler votre permis. Bon

anniversaire et hâte.

Alors, c'est ainsi que mon frère a grandi.

Je suis tellement heureux qu'il ait eu tant de petits camarades de jeu.

Et ça, c'est la place où il dormait.

Oui, c'est vrai.

Comment le savez-vous?

Il aurait choisi la même.

C'est la plus proche de l'extincteur, voyez-vous. En cas d'incendie, j'aurais

pu donner l'alarme et sauver tous les autres enfants.

Nous avons eu un seul incendie à Sainte-Charlotte.

C'est Vincent Bénédicte qui l'avait allumé, disons par accident.

Parlez-moi un peu de Vincent.

Est-ce qu'il était bon athlète ? Est-ce qu'il s'intéressait aux jeux d'échecs et

à la poésie ?

Je suis persuadée que Dieu avait de bonnes raisons de créer Vincent

Bénédicte, mais elle n'avait rien à voir avec les échecs ou la poésie. Oh,

pardon.

Tiens, c'est bizarre, le contenu de son dossier est disparu.

C'est Vincent, là ? Il a l'air si heureux.

Je sais, oui.

C'est Sœur Maria, son professeure de biologie.

Moi, j'adore la biologie.

Il l'adore aussi.

Ses relations avec Sœur Maria...

La contraignée irait quitter le voile, puis il fracturera la caisse de la

bibliothèque qui prit la fuite avec l'argent.

Je veux absolument retrouver mon frère. Où pourrais-je le trouver ? Essayez la

prison, un garçon tel que lui doit être en prison.

Oh, vous êtes si bon, Julius.

Je prie le ciel pour que vous ne le retrouviez pas.

Bénédicte, parloir.

Je cherche Vincent Bénédicte.

Ah, il est là.

J'ai traversé la moitié du monde à la rame. Enfin non, je n'ai ramé qu'une

journée, mais... Et tu peux me croire, j'ai attendu cet instant toute ma

vie. Tu sais, j'étais sur cette île et... Non, non, non, je t'assure, tout

ça est absolument incroyable. J'en ai rêvé pendant...

Essaye

de causer dans le téléphone.

Peut-être.

Vincent. Oui, oui, oui.

Très cher Vincent, je sais que tu ne me connais pas, mais je te demande de me

croire. J'ai traversé la moitié... Il me reste six heures pour payer ma dette.

Alors va dire au frère Klein que persécuter un type qui est déjà en

taule, c'est indigne même de ce salaud comme eux. C'est compris ? Je ne connais

pas ces frères-là, mais je suis ton frère Julius.

Hein ? Répète.

Je m'appelle Julius, je suis ton frère jumeau.

Le baratin, c'est rien.

Le baratin, le pognon, c'est de l'argot, hein ?

Ouais, j'ai affaire à un rapide.

Regardez derrière vous. Vous voyez ce type ? Payez-lui ma dette.

Après, je serai libéré.

D'accord ? Je serai tout ce que tu voudras. Ta tante, ton oncle, ta soeur,

ta cousine, ton pauvre. Tout ce que tu voudras. Ça va ? D'accord.

Je paie tout de suite. Ouais, ouais. Va payer. D'accord, Vincent.

C'est ça. Il est content, le Vincent.

C'est bien.

C'est ça. Va le payer.

C'est pas vrai. C'est la caméra invisible.

Dis-moi, Frangin, j'espère que t'as pas claqué tout ton pognon pour mes

contredans, parce que va en falloir bien plus pour récupérer ma voiture.

J'ai tout ce qu'il faut.

Je veux t'aider autant que je peux.

Tu es mon frère, je t'aime.

Attends, dis, laisse tomber les déclarations d'amour, d'accord ? Sinon,

moi, je gerbe mon 4 heures d'une seconde à l'autre, t'as compris ? Tu gerbes ton

4 heures ? Encore un exemple d'argot ? Mais où est-ce qu'ils ont planqué, merde

? Vincent ?

C'est pas celle-là, ta voiture ? Ah ouais, c'est la mienne.

Tu fais une contredanse démente et puis tu la trouves pas. Et qu'est-ce qui t'a

dit que c'était ma tire ? On est jumeaux.

Ah, que je suis heureux.

On va pouvoir visiter les musées tous les deux, discuter philosophie tous les

deux, s'amuser à faire des parties de chien tous les deux, peigner la girafe

tous les deux.

Attends.

Quelle énergie.

Dis donc, le dernier modèle.

Quelle belle voiture ! Les messieurs partent pour Hawaï ? On va batifoler

dans la Grande Bleue ? Oui, c'est à peu près ça.

Vous avez toute la place qu'il vous faut, quatrième.

Vous avez six mois de retard.

Mais qu'est-ce qu'il y a de retard ? Six mois de retard.

C'est le problème.

Il n'y a plus de confiance aujourd'hui. Il n'y a plus de tendresse.

J'ai essayé de les empêcher, monsieur Bénédicte. Ça ne fait rien, ça ne fait

rien. Il était temps de refaire la décoration.

Vincent Bénédicte et compagnie.

Spectacle, meubles de jardin en peau. Monsieur Bénédicte.

Oui ? C'est Al.

C'est Al ?

Écoutez bien, Miss Busby.

Attends, je suis à toi dans une seconde.

La maison traverse une période de transition pour le moment.

Alors prenez des vacances. Quand nous serons réorganisés, je vous appelle sans

faute. Comme vous voulez, Monsieur Bénédicte. C'est très bien.

Merci. Très bien. Ça, je l'emporte. Oui, d'accord, allez-y. Oh, j'ai oublié le

plus important.

Joyeux anniversaire.

Oh, mais... C'est gentil.

C'est vraiment très gentil de votre...

Il fallait pas.

Stacy.

Je vous donne un petit coup de fil, d'accord ? Très bien, très très bien. Au

revoir.

Al, sauve-moi.

Magnifique Cadillac, toute neuve au quatrième. Cadillac !

d'amicale cette conduite.

J'ignore tout du problème, mais il me semble qu'il doit être possible de le

résoudre sans violence.

Oui.

OK ? OK.

Très bien.

Vous agissez trop vite. Ah oui ? Vous avez mal dans la

poitrine ? La première règle dans une telle situation, on négocie d'abord et

ensuite on attaque.

Négocier d'abord

Je n'ai pas de respect

pour

ceux qui ne respectent pas la logique.

Vous êtes stupide et très mal poli.

Va dire à ton songe que s'il me cherche des histoires, il va avoir affaire à

toute ma famille.

J'adore te voir cogner les jambes.

C'est génial.

Tu sais, je déteste la violence.

Qu'est-ce que tu t'en sors bien.

J'ai une idée. On devrait s'associer tous les deux.

Tu serais boxeur et je serais le manager.

Non, je crois pas que je ferais ça pour de l'argent.

Mais c'est pas un problème. Tu te cherches des combats, moi je vends le

pognon.

Je me fais du souci pour toi, Vincent.

Combien tu dois, au juste ? Non, inutile de me mentir.

On est jumeaux.

Je sais ce que tu éprouves. Tu vas arrêter un peu avec ça.

On n'est pas jumeaux, on n'est même pas frangins. On n'est rien du tout.

20 000 dollars.

À rendre ce matin.

Alors, tu viens.

Il ne faut pas t'en faire, Vincent.

Tant que je serai près de toi, personne ne te fera de mal. D'accord ?

Très bien.

T'es gentil, Julius.

Allez, accroche-toi ! Ah,

au

fait, dis-donc, ça m'était sorti de la tête. J'ai promis à un vieux copain,

Samy, d'aller prendre sa tire au parking de l'aéroport. Non, mais là, dans la

fronte, là.

Tu pourrais pas me rendre un petit service ? Tu pourrais prendre le volant

de celle-là pour me la ramener de l'aéroport ? Ah oui, j'aimerais bien.

Ouais ? Ah ben génial, tu me tires d'un mauvais pas, t'es gentil.

Fais voir le manuel, s'il te plaît.

Le manuel ? Oui.

Ben regarde dans la boîte à gants, là.

Ah oui.

Voilà.

Qu'est-ce que tu fais avec ton doigt ? J'apprends à conduire.

Non, elle n'est pas là.

Peut-être qu'il l'a mise derrière la roue arrière.

D'habitude, il planque sa clé derrière le pneu arrière.

Il y a un problème ? Ce couillon de Sam a oublié de laisser les clés.

Des tas d'enfants handicapés se sont déçus ce soir, rudement déçus.

Des enfants handicapés ? Ben oui, la voiture devait être mise aux enchères

dans une bande de charité ce soir, c'est dramatique. Or, ben, on l'est tombée,

ben, ça fait rien, allez.

On pourrait essayer de l'ouvrir nous-mêmes, tu crois pas ? Tu penses qu

'on pourrait y arriver ? C'est pour les enfants.

T'as raison, mon pote.

J'ai vu un gars faire ça un jour dans un club d'automobile.

J'en ai pour une minute.

Une minute, attends.

T'inquiète pas, Julio, ça va pas trop.

Il faut

soulever l'arrière d'un angle de plus de 45 degrés.

Le mercure de l'interrupteur active le système d'arrêt automatique et l

'ordinateur qui commande l'alarme croit que l'auto a été remorquée et il coupe

tout.

Tu me donnes tes clés ? Tu me donnes tes clés ? Euh, oui,

euh... Tiens, et pas de blague ! Charmante journée

! En route, Julius !

C'est merveilleux, ça marche bien.

Ne te serre pas les deux pieds à la fois.

Seulement l'accélérateur. Compris, Vincent. Une pédale à la fois.

Tu prends le téléphone, téléphone, ce truc à ta droite qui est en train de

faire du bruit.

Ici voiture de Vincent, je vous écoute s'il vous plaît. Julius ? Vincent, où es

-tu ? Dans le rétroviseur, tu vois un point très loin derrière toi ? C'est

moi.

Coucou ! Et qu'est-ce que tu fais là ? Alors écoute.

Quand tu apercevras des tas de lumière devant un supermarché... Supermarché ?

Tu vas retirer le pied de l'accélérateur et appuyer sur le frein. C'est la pédale

qui est juste à côté.

La pédale d'à côté. Tu appuieras doucement.

Entendu.

Au revoir, Vincent.

C'est ça.

D'accord.

Le supermarché.

J'appelle ça s'amuser.

Tu m'as vu sur deux roues ? Si tu veux, je t'apprendrai à le faire, Vincent.

Julius, n'oublie pas que nous sommes en Amérique. On n'aime pas les petits

malins, vu ? Alors, qu'est-ce que t'en dis ? Cheveux d'ange ou riz à la diable,

hein ? À la diable.

Tu veux savoir que j'aime, hein ? Oui, quoi ? C'est une force de la nature.

Alors là, tu dis vague.

Non, pas du tout. Les poésies qu'il prétend écrire ne sont que les refrains

de vieilles chansons.

Ça, je le sais.

Non, mais tu me prends pour une idiote ou quoi ? Non, je crois qu'il te rend

idiote. Il a du tout.

C'est son style, il est comme ça. Voilà, c'est son moyen d'expression. Et il

pense à ce qu'il dit. Et même s'il n'en sait rien, il le pense.

Vincent, c'est le dernier romantique, je le sais.

Attends, il faut que j'aille vomir.

Ouais, ben crois ce que tu veux. Mais si t'avais un bonhomme comme le mien, tu te

serais critiqué et tu aurais perdu tes mains, vieille.

Non, c'est moi.

Elle n'est pas mal.

J'ignorais que ces magazines contenaient des choses comme ça.

Ah oui ? Vous avez vécu sur une île déserte ? Ça fait amusant parce qu'en

fait, je viens d'une île tropicale dans le sud du Pacifique, située à environ

300 000 nautiques au sud-sud-ouest des îles Fidji.

Je suis arrivé hier soir et j'ai retrouvé mon frère.

Votre frère ?

C'est vrai.

Mon frère jumeau, Vincent.

Jumeau ? Vincent ! Oh, Linda, c'est toi ! Est

-ce que tu peux être belle dans cette lumière ? Ah oui ? Ah oui !

Tiens,

tiens. C'est le frère de Vincent.

J'ignorais que t'avais un frère.

Et moi aussi.

Vous avez déjà fait connaissance ? Ah, c'est vrai, Julius. Je te présente ces

délicieuses jeunes filles. Voici Linda.

Enchantée.

Enchantée. Et sa charmante sœur, Marnie.

Vous êtes sœurs ? Vous êtes jumeaux ? Je ne trouve pas qu'il est bizarre.

Mais non, il est gentil. Il me donne un coup de main.

Il n'est pas du coin, alors il me suit comme un petit chien.

Alors, c'était génial cette rencontre. À la revoyure !

C'était génial, cette rencontre. À la revoyure.

Je conduis seulement depuis une heure.

Linda, c'est ta petite amie. Je l'ai bien vue. Plus ou moins, oui.

Et Marnie aussi.

Marnie ? Marnie, elle me déteste.

Toi, par contre, on dirait que tu lui plais.

Moi ? Oui, oui, oui.

Mais on se connaît à peine.

Justement, c'est le meilleur.

Non, tu comprends, tu comprends. Les femmes adorent les mecs mystérieux. Les

coups tordus, ça les empêche de s'endormir. Ça les excite, elles aiment

ça, tu piges ? Non.

T'aimes les femmes au moins ? Oui, beaucoup.

Je les trouve étranges, très sensibles.

Elles sont compatissantes.

J'ai le plus grand respect pour les femmes.

Tu es vierge ? Ça, c'est personnel.

95 kilos, c'est fou.

Ah, mais ça fait rien, ça.

Excuse-moi, c'est ce genre de truc qui... Bref, bon.

Oh, Julius, mon petit chat. C'est un gentil chat.

Oui, regarde, j'ai pensé à toi.

Viens que je te caresse. Oh, le petit chaton. Mais oui, mais ça, c'est bon,

mon Julius.

Il va manger, mon Julius.

Tu as appelé ton chat, Julius ?

que les aubergines à la parmigiana, c'est de rajouter du fromage.

Voilà.

Il en fout tant que ça.

Et plus il y a de fromage, le meilleur.

Et voilà.

Toi, tu dois avoir l'habitude de faire pousser les légumes dans ton jardin et

pêcher dans les lagons.

Mais tu sais, nous autres, en Amérique, on vit à l'air atomique.

Voilà.

C'est prêt.

Vise un peu.

Le dîner est servi.

Miam, miam.

L'odeur est bonne, la vue est belle. Et tout droit dans l'estomac.

J'aime la cuisine atomique.

Voyons si j'ai tout compris.

Nous avons un père qui était un célèbre joueur de football, c'est ça, et un

autre était un grand physicien à taillettes.

Oui, il a même eu le prix Nobel.

Ça va de soi.

Tous les autres sont des types très bien.

Et maman, elle, c'était une super femme.

Mais hélas, elle est morte après l'accouchement.

J'ai grandi à l'orphelinat à Sainte-Charlotte pendant que tu partais

pour une île tropicale paradisiaque pour aider quelqu'un dans ses recherches

scientifiques, mais sans que tu sois payé parce que t'en avais pas besoin.

J'oublie rien du tout.

Il est important que nous recherchions nos pères.

Ah, et les bons génies qui ont accepté de verser leur sperme dans le mélange.

Vincent, j'aimerais que tu te montres un peu plus adulte. Bon, écoute Julius, tu

sais combien de fois on m'a raconté des histoires de genre.

Tous les orphelins ont des fantasmes. Mes vrais pères et mères étaient très

riches et beaux tous les deux.

Mais, hélas, à l'hôpital s'est produit une substitution et on m'a confondu avec

un autre bébé.

Mais un beau jour, on frappera toc-toc à la porte et ce sera les parents.

Ils m'ouvriront les bras en pleurant.

Mon chéri, mon tout petit.

Nous ignorions.

Comment pourrons-nous jamais nous faire pardonner ? Je vais te dire une bonne

chose, Julius.

C'est du flan ! J'ai pratiqué la récupération individuelle de mon dossier

à l'orphelinat.

Tiens, c'est en toutes lettres.

Lis ça et tu peux pleurer.

Cher Sir Anderson, je suis au regret de vous faire savoir que la jeune Bénédicte

Vincent ne peut être prise en charge. Ne peut être, oui.

Nos dossiers indiquent en effet que sa mère n'est pas décédée.

Des fuites de l'accouchement. Elle est en vie. Voici d'ailleurs son adresse

actuelle, 172 Canyon Glen Drive, Los Angeles.

Tout indique que le jeune Vincent a été tout simplement abandonné. C'est ce qui

nous contraint à refuser sa prise en charge. Tu vois Julius, j'ai été

abandonné par ma mère.

Cette lettre a été écrite il y a 30 ans.

Nous avions 5 ans.

Notre mère a survécu à l'accouchement.

Toi, tu savais où elle était depuis longtemps ? Et tu n'as pas cherché à la

contacter ? Bon, écoute Julius, tu peux penser que ta mère était Miss Perfection

1952, mais ma mère était une roulure. Et si elle vit encore, j'espère qu'elle

souffre le martyr.

Elle m'a laissé tomber une fois, ça me suffit. Ne compte pas sur moi pour lui

donner l'occasion de recommencer. Non, Vincent, ils nous ont menti au sujet de

maman pendant si longtemps, ils lui ont peut-être menti à elle aussi.

Il faut la retrouver.

Il faut qu'on vérifie cet adresse. Bon, écoute, tu fais comme tu le sens, moi je

règle mon problème de présorerie. Allô ? Salut Vincent.

Sinon quoi, espèce de pauvre con !

Voilà.

Avance ! Avance ! Oui, les tests pour la nouvelle valve thermique sont complets.

Mais il y a quelqu'un dans votre bureau. Non, pas maintenant.

Qui êtes-vous ?

Je suis Webster.

Mais ne vous inquiétez pas.

Mais bon Dieu, vous ne deviez jamais mettre les pieds ici. D'après l'accord,

on ne devait jamais se rencontrer. Donc, je conduirai la voiture jusqu'au Texas.

J'ai mes gants de conduite, j'ai mes lunettes de conduite, j'ai même ma

casquette de conduite.

Mais où est la voiture ? Elle y était ? Non.

La marchandise dans le coffre, vos instructions sur la cassette.

Il veut un supplément.

Voilà toute l'histoire, monsieur. Je veux nous faire cracher. Je vois qu'il

vous faut une explication.

Assis.

Je dois soutenir ma réputation.

Des tas de gens ont confiance en moi parce qu'on sait que je livre toujours

et que je reviens avec les fonds prévus.

Cette histoire ne peut que me nuire et ternir ma réputation.

C'est du baratin.

La voiture était là.

Oui, c'est vrai.

Au parking, le gardien pensait qu'on allait à Hawaï.

Au parking, un gardien ?

La voiture lui a plu. Nous portions cette saloperie de chemise à fleurs qui

nous donnait l'air de touristes.

Je viens de me rendre compte qu'en plus de 20 ans de service, aucun de mes

clients n'avait encore vu mon visage. Et alors, où est le problème ? Non, non !

Non, non, je vous en prie !

Pardon, mais pourrais-tu me dire qui habite ici ? Grand-père, il y a un

monsieur qui veut te parler.

Merci.

Bonjour.

Vous désirez ? Je vois que vous recevez du monde, je suis navré de vous

déronter. Je sais que ça a l'air bizarre, mais je cherche quelqu'un qui

aurait vécu ici autrefois.

Marianne Bénédicte.

C'est ma mère.

Vous prétendez être son fils ? Oh, on dirait que c'est toi la grand-père.

Ah tiens, si tu rentrais pour donner un coup de main à ta grand-mère, allez va.

C'est toi ? Non.

Enfin, peut-être d'un point de vue biologique, mais... C'est toi ? Papa !

Salope, c'est toi ! Écoute-moi, je suis un peu surpris, tu comprends ? C'est

incroyable, papa ! Attends, je crois qu'on a besoin d'un verre, tous les

deux. J'ai trouvé un de mes verres. Tu ne peux pas savoir ce que ça me...

Bonjour, monsieur Webster. J'espère que le véhicule vous convient. Bonne route.

En arrivant à Houston, appelez le 703-555-02. Et là, demandez... Demandez

monsieur McKinley. Il vous remettra une mallette en échange de la marchandise

contenue dans le coffre.

Merci.

Marianne Benedict.

Voilà un nom que je n'ai pas entendu depuis plus de 30 ans.

Ta mère était une...

Une femme épatante.

Je me demande parfois comment on ne s'est pas marié.

Et pourquoi pas ? Je lui ai demandé, mais elle a refusé.

Elle... Elle avait peur d'avoir d'autres enfants.

On lui avait dit que tu n'avais pas survécu.

Qui lui a dit ça ? Michel

Travin. Celui qui tient les papiers. Il supervisait l'expérience pour le

gouvernement.

Il enseigne encore la génétique et dirige le labo de Los Alamos au Nouveau

-Mexique.

Je vais lui rendre une petite visite.

Alors fais très attention.

Il est plutôt tête de l'art, si tu vois ce que je veux dire.

Tête de l'art ? Je crois que non.

Mais j'apprends vite.

La seule chose qui m'inquiète un peu, c'est le facteur temps. Non, laissez, c

'est ma ligne personnelle. Je m'en charge.

Si vous voulez bien m'excuser.

McKinley, j'écoute.

Webster, je vous appelle de Californie. Il se trouve que j'ai en ma possession

de la marchandise qui vous intéresse.

Apporte-moi ça, fiston. Je serai heureux de t'enrichir. Oui, mais justement,

monsieur McKinley, c'est de l'importance de l'enrichissement que j'aimerais vous

parler. Tu essaierais de renégocier avec moi, fils ? Écoutez, McKinley, si

vous ne voulez pas renégocier, je ne vois pas l'intérêt de cette

conversation. Alors voilà, McKinley, il n'est pas question que je puisse livrer

une quelconque marchandise sans être absolument certain que je reçois.

Disons 20 comme part du gâteau. 20 ? Espèce de sale petite crapule, vous êtes

salé ou quoi ? C'est pas de la cervelle que vous avez dans la tête, c'est de la

merde. Bon, bon, bon, j'ai placé la barre un peu haut. Je trouvais.

Alors plus raisonnablement, on pourrait faire 15.

J'avais dit 5.

5 ? Mais je peux trouver mieux moi ici.

Si vous trouvez mieux que 5 millions de dollars,

Tu caches ? Tu caches ? Écoute, jamais

tu ne pourras deviner ce qui m'est arrivé.

Tu as failli me faire crever de trousse.

J'ai rencontré un de nos pères. Il m'a dit qu'il y avait au Nouveau-Mexique un

homme qui connaît l'adresse de maman.

Génial ! Alors tu vois, elle ne t'a pas abandonné.

Non. Est-ce que tu comprends ce que je te dis ? Elle ne t'a pas abandonné. Elle

ignorait même ta naissance.

Et on lui avait raconté que j'étais mort.

Oh, mais c'est une blague.

Dis, je suis...

Je suis à la bourre.

Et tu sais, Samy qui m'a passé la voiture.

Tu te rappelles, Samy ? Maintenant, il veut que j'emmène la voiture à Houston.

Alors, je m'absente un jour ou deux.

Houston ? Oh, merde.

Le Nouveau-Mexique, c'est bien sur le chemin de Houston.

Mais il y a un tablette sur le chemin de Houston, Julius.

Tu es logé.

Prends donc le téléphone.

Invite le monde entier. Amuse-toi, c'est ma tournée. Non, non, il faut qu'on

aille voir ce monsieur Traven au Nouveau-Mexique. Non, on n'est pas

obligé d'aller au Nouveau-Mexique.

Si, il le faut. Et je viens avec toi. Un fois, c'est tout.

Bon, on va aller le voir.

Je prends une douche, le temps de boucler mes sacs et j'arrive. Prends tes

sacs. J'arrive tout de suite. Je suis content.

Je t'attends, frérot. À tout de suite.

C'est plus mon anniversaire, mais... Enfin, mieux vaut tard que jamais.

Regarde, Marnie les a fait cuire pour Julius.

T'as vu ça toute seule ? Oui. Est-ce qu'il est là ? Oui, oui, oui, il est

sous la douche.

Oh, je vais les lui porter.

Dis-donc, dis-donc, dis-donc, dis-donc. Où t'as eu cette voiture ? Elle est à

Samy. Tu connais Samy ? Où vas-tu ? Je rentre, je vais faire du café.

Toi, tu allais partir sans m'avoir dit au revoir.

Excusez-moi, mais j'étais en train de prendre ma douche. Je vous ai entendu

chanter.

Je vous ai fait des biscuits.

Des biscuits ? C'est peut-être une mauvaise idée. Non, non, non, du tout.

Je vais les gerber pour mon quatre heures, ça tombe bien.

Je ferais mieux de m'habiller. Oui, pardon, je vais vous tourner le dos.

Linda a voulu apporter un gâteau pour Vincent.

Pour son anniversaire. C'était mon anniversaire aussi.

Oh, c'est vrai.

Vous êtes humour.

Qu'est-ce que c'est ? Je

n'en sais rien. Rien du tout, mais ça vaut une fortune.

Une fortune ? Oui.

C'est génial.

Je m'excuse. Ne couchez jamais avec lui. Ne le croyez jamais et ne lui prêtez pas

d'argent, surtout.

C'est un conseil d'ami.

Merci, c'est gentil, Agnès.

Vincent. Je lui ai débossé son évier un jour.

Bon, on va le boire, ce café.

Vincent, tu m'emmènes avec toi ? Linda, non, c'est hors de question. Tu ne viens

pas avec moi.

Je sais, je viens avec toi, mais tu risques de le faire tuer. Je ne saurais

même pas ce qui t'est arrivé.

Et puis, on va s'amuser.

Si tu répètes non...

Je ne sais pas quoi. Ça va.

Marnie, est-ce que ça me va bien ? Magnifique.

Une chance que vous n'ayez pas eu besoin du pantalon.

Marnie ! Linda ? Devine.

Quoi ? Vincent nous invite au Nouveau-Mexique et au Texas avec lui.

C'est une excellente idée.

C'est vrai, Vincent ? On part tous ensemble ? Oui, j'ai pensé que ce serait

chouette. Qu'on saute tous dans la bagnole pour aller faire une petite

virée de quelques jours.

C'est ma chemise.

Oui, elle est belle. Oui, oui. Tout en coton. Oui, le coton, ça respire.

C'est bon, il n'y a pas de voiture, vas-y.

Voilà, très bien.

Après vous, Linda.

Oh, je peux me mettre devant ?

Voyons voir, je suis censé vous remettre un de ces tickets, tenez.

Excusez-moi, vous savez, je débute. Bonne journée.

Allez, où vais-je trouver votre fascinant ami, monsieur Vincent

Bénédicte ?

Oh, mais il y a quelqu'un ! Le mignon petit chaton.

Il est son papa.

Ah,

oui, oui, oui.

Merci beaucoup.

Qui êtes-vous ? Est-ce bien important ? Je suis venu nourrir le chat et ensuite

je m'en vais.

J'ai dit qui êtes-vous.

Et vous ? On est les frères Klein.

C'est Bert, lui Maurice et moi Bob.

Intéressant phénomène génétique. Je te dispense de tes commentaires sur la

famille. Je vous demande pardon.

Mais vous voulez Vincent Bénédicte, pas vrai ? C'est vrai.

Je ne suis pas Vincent Bénédicte.

Alors ça ne sert pas à grand chose de me demander qui je suis.

Comme j'ai, Bob.

Oui.

Je crains que vous prenez un peu mal aux pieds. C'est peut-être contagieux.

Au revoir.

Vous voulez un médecin ? Je

vais en chercher un.

Je regrette et la craquer.

Je ne sais pas ce qui s'est passé.

Ça ne fait rien.

Julius ! C'est une allergie, tu te sens bien.

Quoi ? Pourquoi tu as toutes ces bosses partout sur ta poitrine ? Mon vieux, tu

es enflé, tu m'as l'air sur le point d'exploser.

Tiens, couvre-toi, il y a des femmes et des enfants ici.

Deux tours, c'est pire.

Je préfère le devant.

On dirait les montagnes rocheuses.

Tu es tellement rigolo, bâtard.

Bon, tenez, je vous règle le tee-shirt et les sandwiches.

Merci.

Mais il pourrait être méchant.

Et comment.

Ouais, j'ai le terreur.

Linda ? Linda ? J'ai faim.

Alors, qu'est-ce que vous en dites ? J'ai envie de danser le rock'n'roll. Son

premier tee-shirt.

Essaye de nous avoir une chambre avec un très grand lit.

D'accord.

Bon, on va s'installer. On vous retrouve ici.

D'accord. À tout à l'heure.

Je n'ai pas besoin d'un très grand lit. Je dors toujours par terre.

Je me demande si c'est vraiment une bonne idée.

Julius. Mais quoi ? Pourquoi ? Julius.

En tout cas, il faut que tu me fasses une promesse.

Si ton professeur Traven n'a jamais entendu parler de toi, ni de maman, Ni

de nous deux, ni de nos six papas, ni de toute cette fichue expérience ne le

prend pas mal, Julius.

Tout ce que je demande, c'est qu'il nous dise la vérité.

J'ignore qui vous êtes et je n'ai aucune idée de ce dont vous parlez. Alors

dégagez avant que j'appelle les gardiens.

Bon, ça y est.

On va à Houston.

Mais il ment. Du calme, Julius. Il a entendu parler des gardiens. Pour la

première fois de ma vie, je me sens en pétard.

Non, Julius, fais pas ça. Il faut que je lise une voiture. Tout ce que tu vas

gagner, c'est de nous faire mettre en taule. Non, il va me dire la vérité.

Non, non ! Là, notre mère.

Là, c'est les cyber.

Là, Werner.

Et là, c'est vous.

Alors, j'écoute.

Il vous ennuie, docteur Traven ? Euh... Non.

Non, non, ça va.

Je m'en occupe.

Eh bien, Vincent, je constate que toutes mes craintes étaient fondées. Je vois

que tu t'es échappé de ta prison.

Vous connaissez mon vin ? Je l'ai choisi moi-même.

Nous avons mis les scellés le lendemain de votre naissance.

Entrez donc, c'est ce que vous vouliez voir.

Tu es né le premier, Julius.

Nous n'attendions pas ce spécimen-là.

C'est dans ce machin qu'a été fabriqué le milkshake.

Non, nous ne faisions pas de milkshake.

Nous voulions fabriquer l'être humain le plus évolué que le monde ait jamais vu.

Mais au lieu d'un seul enfant parfait, maman nous a fait tous les deux.

Bien joué, maman ! Faux !

L'embryon s'était bien scindé, mais la scission fut inégale.

Toute la pureté et la force se sont passées dans Julius.

Tous les rebuts qui restaient formèrent l'image que tu vois dans le miroir tous

les matins.

Est-ce que vous insinuez que c'est moi le rebut ? Non, non, ce n'est pas vrai.

Une petite minute, Julius.

Je veux entendre ce qu'il dit de moi. Que je suis fait de divers rebuts. Je ne

vois rien. C'est faux.

Regarde-le.

Une espèce de sous-produit ? Oh, n'essaie pas de comprendre. Tu n'es pas

assez intelligent et je n'ai pas le temps de t'expliquer. Alors restons-en

là.

Hé ! Faites de l'art.

Dis-nous où est notre mère.

À Whispering Pines.

C'est une résidence d'artistes à 200 kilomètres nord de Santa Fe.

Attention, tu mens.

Je vais revenir.

Ma vie vient d'être balancée dans les toilettes.

Non, Vincent, non.

Ta vie est sur le point de commencer pour de bon.

Génétiquement, je suis une poubelle.

Nous sommes humaux.

Fondamentalement, nous sommes pareils.

Écoute, Julius, je sais que le sujet tient à cœur. C'est délicat, mais on n'a

pas la même allure. On n'agit pas de la même façon, on ne parle pas de la même

façon, on ne s'habille pas de la même façon.

Alors si on est tellement ressemblants, qu'est-ce qui fait qu'on est tellement

différents ? On a eu six pères.

On a différentes parties provenant d'un tas de gens différents.

Oui.

Souviens-toi, j'ai grandi sur une belle île.

On m'a aimé, on m'a protégé, éduqué.

Toi, Vincent, tu n'as eu personne.

Personne ne t'a aimé, ne t'a fait confiance, ne t'a encouragé. La seule

chose que tu pouvais apprendre, c'est que l'unique personne sur laquelle tu

pouvais compter était toi-même.

Tu vois, Vincent, tu es tout ce qui manque dans ma vie.

Et je sais ce qui manque dans la tienne.

Il faut qu'on retrouve maman et on fera remplir ce qui manque à la tienne.

Jamais plus tu ne seras seul.

On formera une famille.

Tu veux dire avec un arbre de Noël et une dinde aux marrons.

Et un vrai foyer où tu seras toujours le bienvenu.

Toujours.

Même quand tu auras été vilain.

Est-ce bien nécessaire, Vincent ? Évidemment que c'est nécessaire.

Je ne présenterai jamais à ma mère un garçon qui ressemble à un berger

albanais. Il te faut des vêtements.

Mais je suis bien comme je suis, moi. Mais tu as une allure... Bonjour, Cathy,

je vais sur vous. Ah non, mais bon, ça va très très bien. Non, c'est lui le

problème. Le voilà, le problème. Il lui faut un enchant.

Alors,

j'ai l'air bien.

Ah, mais t'es déjà mieux, t'es déjà pas du mal.

Il reste plus qu'à voir ce qu'on va faire pour essayer d'améliorer la

démarche, si tu veux bien. Je te trouve un petit peu raide, tu vois.

T'as vu, Frankenstein ? J'ai lu le livre.

Ah, mais ça, ça te servira pas à grand-chose.

Quand tu marches, tu dois marcher comme s'il y avait de la musique.

Sans rien de militaire dans la démarche, tu vois. Dans le genre plutôt, arrête un

Franklin, O.T. Sweden, Wilson Pickett, et puis un ou deux blancs. Là, ça va ?

Ouais, bon, c'est ça.

Yeah, yeah.

Tout doux.

Tiens, j'ai quelque chose pour toi.

T'as des lunettes noires ? Oui, oui.

Allez, on y va.

Alors là, ça va.

Est-ce que j

'ai l'air décontracté ? Tu es magnifique.

Oui, répris en attendant.

et tu lui donneras des bécaux.

Ce soir, ce soir, ce soir, ce soir, ce soir, ce soir, à toi de jouer, mon

frérot. À toi de jouer, mon frérot.

À toi de jouer, mon frérot.

Oui, ce soir, frérot. Ah oui, frérot, tu vas le faire.

Tu vas le jeter par-dessus les moulins.

Arrête, tu me rends nerveux.

Il faut que tu m'aides.

Quoi ? C'est la première fois que je sors avec une fille. Je ne saurais pas

quoi faire.

Tu lui paies un verre ou deux.

Tu danses avec elle, mon frérot. Tu vas danser avec elle.

Tu danses ? Oh.

Alors ça non plus, tu ne l'as jamais fait. Non.

Bon, alors écoute.

On y va.

Avant tout, Julius, tu vas laisser tomber le disco.

D'accord ? Pas de disco ? Pas de disco.

Si tu veux vraiment donner dans le roman, tu l'as fait valser.

C'est comme Strauss.

Ouais, ouais, elle devient une pâte à modeler entre tes doigts. Ram, pam, pam,

ram, pam, pam, ram, pam, pam, ram, pam, pam, ram, pam, pam. Amène-toi, prenons

la bonne position.

Je te donne deux ou trois tuyaux.

C'est vraiment ça, reconnaître.

Espérons que personne ne se jette par la fenêtre. Allez, viens.

Comme ça, tu vois.

Mets tes pieds près des miens. Vas-y.

Près des miens, pas dessus.

Merci, Julius.

Merci, tu es gentil. Je suis navré. Non, mais les miens sont trop grands. Allez,

d'accord. Allez, maman, tu la prends.

Doucement, relâche un peu. Tu laisses passer le sang qui irrigue les doigts.

Ah, la main molle. Tu vois, ça marche. Je suis un peu nerveux. Oui, d'accord.

Un, deux, trois.

Un, deux, trois. Un, deux, trois. Un, deux, trois. Non, non, non. Tu as vu ce

que tu fais avec tes dents, Julius.

Non, tu grince des dents.

Cesse de grincer des dents. Ne grince pas des dents.

D'accord.

Maintenant, essaye de compter sans le servir des lèvres. D'accord. Très bien.

Un, deux, trois. Un, deux, trois, tu vois.

Parfait, c'est ça. Tu vois, c'est pas un combat contre un sanglier à 300

kilomètres au sud-sud-ouest des îles Fidji.

Vous savez que la bière existait déjà dans l'ancienne Égypte ? Ah, oui, oui.

Non. Si, ce furent en fait les Assyriens qui inventèrent la bière. Si, si. Mais

ce furent les Égyptiens qui furent les premiers à parfaire le système de

fermentation du mal. Ah, oui ? Il en connaît un bout sur la bière.

Il en connaît un bout sur tout.

J'ai appris dans les livres.

Jusqu'à ce soir, je n'en avais pas bu une.

C'est de la théorie. C'est en pratique.

C'est ça, l'histoire de ma vie.

Pour la pratique, on va changer ça.

Mais pas Marnie.

Marnie. Quoi ? Je ne suis pas encore bourré.

Excusez-moi, mais j'ai les dents du fond qui baignent.

Excusez-moi, mais je vérifie si les mails viennent aussi dans le fond.

On a pris tous les deux jours la chasse en même temps, avant le déluge.

Oui, c'est vrai.

Eh, Julius, Marnie est à la bonne, mon petit frère. Ce soir, c'est ton soir de

chance. Non, je crois que je ne lui plais pas réellement. Ah, mais tu te

fiches de moi. Mais elle t'adore.

Emballée, c'est pesé.

Mais dis-toi que si tu t'énerves, c'est parce que c'est ta première fois. C'est

parfaitement naturel.

Dis, tu étais nerveux, toi, la première fois ? J'avais 12 ans et c'était

une religieuse. Bonjour la pression.

Allez, top, là, vas-y. Quoi ? Les mains, les mains, les mains.

Les mains, les mains, les mains, les mains.

Julius ! Julius,

il faut avouer que... C'est que depuis qu'on se...

Ma vie, elle est mieux. Elle va mieux en mieux.

La mienne aussi.

Formidable, Vincent. J'ai envie à certains moments de...

Tu as dit à quelqu'un qu'on partait à s'en taper ? J'ai juste tapé le resto et

j'ai dit qu'on s'absentait pendant quelques jours.

J'ai pas pensé à te dire qu'on est virés.

Oh non ! Tu détestais cet endroit.

Votre patron a eu la gentillesse de nous renseigner.

Oh là là ! Salut les filles.

Vous permettez qu'on s'assoie à votre table pour écouter la musique ? Les

frères Klein.

Quelle surprise désagréable.

Vincent.

C'est aller bien plus loin qu'une simple histoire de dettes à payer.

On déteste faire tirer dessus.

De quoi ? Qui a tiré ? Qu'est-ce que vous voulez ? Emmener Vincent sur le

parking dehors et le tuer.

C'est une solution un peu radicale.

Ne le touchez pas.

Eh, le balèze !

Je ne voudrais pas que je fasse du mal à cette fille.

Vous vous précipitez.

Quoi ? La seconde règle des situations de cri.

Il va remettre ça, tu vois.

Lorsqu'on bluffe, il faut se préparer à aller jusqu'au bout.

Ce n'est pas du bluff.

Ce sont mes cousins.

Sam et Dave, jetez-moi ces cons dehors.

de l'endroit où nous sommes nés.

Ensuite, les beaux costumes.

Tu as le saut à glace et une très bonne bouteille de vin. Et puis, on a dansé la

valse.

Ah oui, alors dis-donc, il fait trop clair ici, hein ? Encore de la bagarre.

Et maintenant, cette belle chambre. Ah oui, elle est belle, elle est parfaite.

Ah, je dis que la vie ne pourrait pas être plus belle.

Mais si, elle pourrait.

Bonne nuit.

Où vas-tu ? Je vais la raconter une petite histoire à Linda parce que sinon,

elle ne veut pas dormir.

Ne m'attends pas.

Vincent, tu t'es enfermé dehors.

Marnie ? Oui.

Pourquoi ? Vincent et Linda ont demandé à rester seules, alors je vais être

obligée de dormir ici cette nuit.

Vous allez être obligée de dormir ici cette nuit ? Quel lit je peux prendre ?

N'importe quel lit fera l'affaire. Je dors toujours par terre, moi.

Bonne nuit.

Bonne nuit.

Julie ?

Bonne nuit.

Bonne nuit.

Qu'est-ce qui se passe ? Matelas est plein de bois.

Vous permettez qu'on partage la moquette ?

Vous... Vous m'aguchez, n'est-ce pas ? Un peu.

Qu'est-ce qu'on doit faire, maintenant ? On

laisse des bruits.

Bonsoir ! C'est bonsoir, frérot ! Mais pourquoi tu fais ça, chéri ? Et dis-toi

que maman aura attendu si longtemps pour me voir ! Je veux me montrer sur mon

meilleur jour ce soir. Si ta maman t'aime, quelle que soit ton allure, et d

'ailleurs ton allure est chouette.

Je sais, je sais, je sais, je sais.

C'est tellement... 1, 2, 3, 40.

T'es un petit peu nerveux.

27, 28, 29, 10.

Linda.

Quoi ? Et si elle était déçue en me voyant ? Si elle est déçue par toi, c

'est que ce ne sera pas ta mère.

Je vois pas ce qu'une mère pourrait vouloir de plus.

T'as raison.

T'as raison.

Mais t'as raison pourquoi je m'en fais. De quoi je m'inquiète.

Je sais pas.

Peut-être tout.

Qu'est-ce que je deviendrai en toi. Ouais.

Tu sais, j'ai réfléchi.

Et quand on sera rentrés, on devrait habiter tous les deux.

Non, non, non.

Oh, non, non, non. Non, non, inutile de dire non. Oh, non, non, non, non, non,

non, non, non. Je ne veux pas me marier. Je ne désire pas non plus surveiller tes

allées et venues. Non, je veux seulement... Je veux vivre avec toi, c

'est tout.

Ce serait chouette.

Linda, regarde-moi. Tu crois que j'ai le profil pour jouer à la dîner.

Mais mon chou, le matin, je grogne. L'après-midi, je râle et je pète. Je

suis boudeur la nuit. En somme, je suis aminable.

Je sais ce que tu es.

La nuit pour te conseiller, d'accord ? On dort et on verra. Oui, mais une seule

nuit. Oh, dis que ça va être chouette.

Demain, j'emmène ma fiancée voir ma mère. Ta fiancée ? Oui, toi, toi.

Linda, tu es la seule.

Il n'y en a plus d'autre.

Oui. Rien que toi.

Tu n'as pas intérêt à mentir.

Tu sais pourquoi ? Pourquoi ? Je n'ai vieux que pour tes yeux.

Pour tes yeux.

À toi.

Oui. J'ai entendu ça quelque part.

Et c'est magnifique.

Ça doit valoir un fric fou, ça. Une propriété pareille, ça vaut une fortune.

Tu devrais cesser de penser toujours à l'argent, maintenant. Là, tu te trompes.

Là, tu me jutes très mal.

Je disais seulement que c'est chouette. Maman est bourrée au sas. Les soucis lui

seront épargnés dans son grand paradis.

Bonjour. Qui demandez-vous ? Oui, oui, oui.

Excusez-moi, nous voudrions voir Marianne Bénédicte, s'il vous plaît.

Je regrette, mais c'est impossible.

Une minute. Nous venons de très, très loin.

Et je vous promets qu'elle sera vraiment très heureuse de nous voir. Il va

falloir que vous écriviez à la Fondation Bénédicte et que vous posez votre

affaire. Je regrette.

Au revoir.

Fondation.

Belle journée, n'est-ce pas ? Vincent,

tu crois que c'est maman, là ? Ah ben, c'est elle, pour elle, oui.

Oh oui, oui, oui, oui.

Eh ben, restez pas plantés, allez vous présenter.

Hé, qu'est-ce que vous faites ici ? Eh bien, nous ne pouvons pas cacher que

nous sommes entrés en douce.

Il est toujours aussi drôle, celui-là.

En vérité, nous cherchons mademoiselle Marianne Bénédicte, s'il vous plaît.

Oui, oui, elle est ici.

Oui, elle est ici.

Pour être entrée comme ça, je devrais vous livrer à la police.

Ah non, non, non, non, ne faites pas ça, surtout. Vous n'êtes pas en face d'une

situation ordinaire, c'est spécial.

C

'est

notre moment, voilà, on est ses fils.

Des jumeaux, disons.

Deux comiques ? Non, nous sommes une surprise.

Ah, il n'y a pas de doute.

Suivez-moi.

On ne s'était pas trompés.

Excusez-moi, nous pensions que cette dame était... Marianne Bénédicte.

Vous êtes dans une fondation artistique où il y a des tas de peintres.

Venez.

Je suis tellement impatient de la rencontrer.

On va être extraordinaires.

Écoutez, Marianne Bénédicte n'a jamais compris pourquoi le public s'est mis à

acheter ses toiles.

Mais sur une brève période, elle a acquis une valeur énorme. Elle s'en est

servie pour acheter cette propriété.

Pourrais-je vous demander pourquoi est-ce que vous parlez d'elle au passé ?

Parce que... elle est morte il n'y a pas très longtemps.

Mais... Mais vous vous disiez qu'elle était en... Oui, par l'esprit.

Son esprit.

On peut se tirer d'ici, bordel ! J

'ai maudit promoteur immobilier.

Ils n'auront le repos que le jour où ce domaine sera un terrain de golf.

C'était dans ça.

Ils s'en sont en vergogne, rien ne les arrête.

Savez-vous que ces hommes ont prétendu être mes deux fils jumeaux ? C'est à ne

pas croire.

Quoi ? C'est vraiment très désagréable.

Oh, Marianne, comme je vous plains.

Ce n'est rien, c'est sans importance.

On s'en remet à la fin.

J'ai eu un fils autrefois.

Mais il était mort-né.

Vous devriez être fiers d'elle, tous les deux.

Elle a fait don de sa maison, de ses terres, de tous ses droits, afin d'aider

les jeunes artistes.

Linda !

Est-ce que j'ai l'air d'un jeune homme ? Linda, mais simplement l'intention... Je

connais ses intentions.

Et je sais ce qu'elle fait ici. Il ne s'agit pas de trouver ma mère. Elle est

là pour le pognon, et voilà.

C'est tout à fait faux, et tu le sais. Oh, tu parles.

Détends-toi, Vincent.

Tu es injuste avec elle. Non, mais de quoi je me mêle ? La créature des mondes

engloutis. Il fallait que je sois dingue pour t'écouter. Je suis sur le coup du

siècle, et je vais perdre mon temps à chercher une morte.

Tout ce que je voulais, c'était faire de nous une famille.

famille, mon cul.

Il n'y a pas de famille ici. Il n'y a rien du tout ici. Il n'y a que moi et

trois paumés.

Je ne sais pas pourquoi j'écoute les gens. Je n'arrête pas d'écouter les

gens. Je ne sais pas pourquoi.

Je m'en vais.

Arrête ça. Mais qu'est-ce que tu fais ? Tu te conduis comme un écolier.

Mais on t'a tué comme ça.

Nous voilà largués au beau milieu du Nouveau-Mexique.

C'est incroyable.

Tu n'en savais rien ? J'ai promis à Vincent de ne rien dire, mais il y a un

machin dans le coffre qui vaut des millions.

Et j'ai peur qu'il se fasse tuer, ce petit fil idiot, en livrant ce truc.

Oui, oui, d'accord, monsieur McKinley. Oui, oui.

Oui, oui.

Oui, je trouverai.

Oui.

Oui, oui, oui, j'ai un plan.

Entendu. Je me suis retrouvé là.

Je m'en fais un plaisir à l'avance.

Dites quelque incident.

C'était notre ami.

Joquant de me résoudre à faire affaire avec lui.

Oui.

La vraie. À votre place, je ferais la même chose.

Vous voulez la marchandise et ce n'est pas votre affaire de savoir qui la

livre.

Précisément.

Et comment est-ce que tu vas faire pour le retrouver ? Je le ferai en moi.

Ne t'en fais pas, Linda. J'ai déjà trouvé une fois et je le retrouverai

encore. J'en suis sûr. J'espère.

Au revoir.

Sois prudent.

Merci.

Il n'y a pas ici.

Mais moi, je ne suis pas armé.

Il est clair.

Ce n'est pas joli, ça.

Ah oui, c'est vrai.

Vous êtes venu seul et sans arme.

Oui. Alors vous n'êtes qu'un couillon qui a volé une voiture.

Ah oui, c'est ça.

Vous ne savez même pas au juste que c'est que ce truc.

Non. Un moteur à injection révolutionnaire pour les jets.

Ça vaut une fortune pour la boîte qu'il commercialise en premier. Un autre l'a

mis au point, mais... Je le voulais, c'est tout.

Vous êtes débrouillard, vous. Oui.

Qu'est-ce que vous attendez, vous ? Doucement, une minute. Moi, j'avais un

deal avec vous.

Vous avez ?

Merci ! 5 millions de dollars ! 5 millions de dollars !

Eh, Bénédicte, je ne veux que le blé, c'est tout.

Et moi, ce qui m'appartient, c'est que tu fous la paix.

Laissez mon frère tranquille.

Tu es là.

T'es idiot.

Soyez pas nerveux.

Je déteste la violence.

Et puis je ne suis pas armé.

Qui êtes-vous ? Passe ton flingue. J'ai le pognon.

Voilà ton pognon.

Voilà ton sale pognon.

Voilà le pognon.

Vous voilà millionnaire.

Toi, je te pardonnerai jamais.

Ouvre la balise. L'ouvrir ? J'allais te faire tuer. J'ai tenté de le distraire

pour que tu puisses t'échapper.

Mais je m'étais déjà échappé. J'étais presque arrivé au Brésil quand je t'ai

senti. Le couvercle.

Referme-le. Le couvercle.

Ouvre, ferme, ouvre, ferme.

Alors, pourquoi tu es resté ? Je vais te dire pourquoi.

Je vais te dire pourquoi.

Parce que grâce à toi, je ne suis pas devenu seulement simple et je me suis...

Je crois que tu oublies la valise. Ah oui, pardon.

Je ne suis pas devenu seulement cinglé. Je souffre de cette infection, la

conscience. Nul ne dit qu'il est facile de bien agir. Nul ne dit qu'il est

facile de bien agir. Tous les deux, vous voulez bien la fermer ? Molo, mon pote,

maintenant que tu as ton pognon, emporte-le où tu voudras pour vivre dans

le luxe quelque part.

Essaye le brésil.

J'en regrette, mais ça ne peut pas se passer comme ça. Vous m'avez vu.

Alors, tu es le premier ? Tu vas nous égouiller malgré le pognon qu'on t'a

donné. Oui, c'est bien ça. Non, attendez une minute.

Vous oubliez la règle numéro 3 des situations de crise.

La règle numéro 3 ? La troisième ? Oui, la troisième.

La règle numéro 3 ? Mais c'est quoi cette règle ? C'est pas...

Où il y a de la chaîne, il n'y a pas de plaisir.

Alors ça, c'est un type qu'on a gros sur la patate.

Je te remercie d'être revenu, Nathan.

On est frères, pas vrai ? On est une famille.

C'est vrai.

Merci.

Une riche famille.

Une honnête famille.

On va aller rendre cet argent. Ah non, non, non, c'est pas la peine.

Tu sais très bien qu'il faut rendre cet argent et nous le savons tous les deux.

Marianne ? Oui ? Je crois que vous devriez jeter un coup d'œil au journal.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Oh, Marianne.

Quelle charmante surprise.

Tu as volé ma famille.

Elle perdure.

Linda,

pardon. J'ai fait une erreur terrible. Je te demande pardon.

Mais tout ce que je te demande, c'est une seconde chance.

Non, c'est vrai. Je sais, je ne le mérite pas. C'est vrai.

Tu ne le mérites pas.

Vincent?

Oui, Benedict Corporation.

Expert consultant.

Un réservoir d'idées.

Oui, un peu dans le genre de Rand Corporation.

En plus malin ! En plus malin.

Demain, 15h. Oui, oui, oui. C'est en temps déjà le nôtre.

Bon, au revoir, monsieur Benedict. Bonsoir. Bonsoir.

Ah bon, ça y est. Le dernier chèque est signé.

Combien nous reste-t-il des 50 000 dollars de la récompense ? Après avoir

payé toutes nos dettes, nous avons exactement 12 278 dollars. 12 278

dollars, c'est terrible.

Quoi ? C'est terrible.

Tu es encore malheureux que je sois obligé à rendre cette valise ? Ah, le

pognon.

Tu penses à mes 4 millions de dollars.

4 millions de dollars, c'est facile à dire.

Dis-le, tiens.

4 millions de dollars, ça fait beaucoup d'argent.

Je suis vraiment fier de toi.

Tant mieux.

Je suis moi-même assez fier de moi.

Ça ne te fait pas plaisir de faire partie des bons garçons pour une fois ?

Ça fait du bien d'être un bon garçon.

Julius, mais tu es un bon garçon, toi aussi. Tu es revenu me chercher.

Et remarque, il a fallu que tu voles une voiture.

Je l'ai emprunté. Et je l'ai rapporté le jour suivant en expliquant tout au

propriétaire. C'était un cow-boy.

Je vous demande pardon, je suis...

Oh mon Dieu, je ne sais même pas qui est qui.

Pardon, j'ignorais.

Vous comprenez, je n'ai pas cru votre histoire.

Franchement, qui aurait pu croire cette histoire insensée ? On m

'a menti tout au long de ces années.

Et à vous.

Vous vous êtes retrouvés.

Bien.

Billet. Merci.

Quelle gentille idée.

Je n'en reviens pas à quel point elle se ressent.

Ah, c'est une journée magnifique.

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