All language subtitles for La Passerelle

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Original subtitles

Oui, allô, Ahmed ? Oui, bonjour, c'est M. Le Vert.

Dites, pour demain, j'ai oublié, pouvez-vous me rajouter des oranges ?

Oh, ben, un kilo, oui.

Du café moulu aussi.

Oui, oui, de l'arabica, vous savez bien.

Et là, vous mettez tout ça sur le compte.

Voilà, bon, vous venez bien demain à 9h, parce que vraiment, là, j'ai plus rien.

Entendu.

Merci, au revoir.

J'ai la trouille.

Je suis terriblement inquiet.

Je crois que les Moloch vont encore attaquer aujourd'hui.

J'ai reçu de très mauvaises nouvelles.

Je sais que la planète 127 est tombée sans même pouvoir se défendre. Et ce qui

est plus inquiétant, c'est qu'on est toujours sans nouvelles de Galactor.

C'est vraiment qu'un trouillard. C'est même pas capable de se défendre tout

seul. C'est toi, Galactor ? Mais où tu es ? Je te vois pas.

Mais dis-moi, Galactor, t'as pris des armes pour nous défendre ? J'ai mon

laser.

Oh, dis-donc, t'es vraiment un chef, alors.

Antoine ! Antoine ! Ah, mon vieux Galactor, je crois qu'on te rappelle à

ta base. Et à mon avis, t'as intérêt à y aller.

Je suis dans...

C'est à cause des monocles. Galacto a beaucoup de difficultés avec les

monocles. Je sais, j'ai eu le droit de vous aventurer.

Salut, Galacto !

Mais alors, on ne dort pas ? Je

veux dormir avec toi.

Allez, viens.

Tu as bien travaillé ? Oui, il faut dormir maintenant.

C'est dimanche, tout le monde n'est pas à l'école.

Je pourrais dormir longtemps.

Si tu ne me réveilles pas, oui.

Bon, alors on dort.

On dort ? Allez, on dort.

Il arrive ! Ah oui,

bonjour Ahmed.

Voilà, dites excusez-moi, je ne peux pas vous ouvrir.

Ça ne fait rien, je vous dépose ça là.

Oui, très bien.

Vous n'avez pas oublié le café ? Non, non, il y a tout, il y a le café, il y a

tout. Au revoir.

Bon, au revoir, merci Ahmed, merci.

Non, non, non !

Monsieur

Poussin !

Au revoir.

Au revoir.

Au revoir.

C'est le petit Antoine, il est tombé chez vous, là, de la passerelle. Il a

dit... Monsieur le

maire, qu'est-ce qui s'est passé ? Comment voulez-vous que je le sache ? Il

paraît qu'il est tombé de la passerelle. Il était aussi là-dessus.

Un petit bonhomme comme ça, pensez-vous.

Sous-titrage Société Radio-Canada

Pardon, vous êtes une amie de madame Elbaz ? Vous avez des nouvelles d

'Antoine ? Je suis son voisin. Je sais, je sais.

Quoi ? Je l'ai dit.

Comment il va ? On est en train de lui faire des radios.

Il est en coma.

Qu'est-ce que vous faites ? Je venais prendre des nouvelles d'Antoine. Je peux

vous aider ? Non, dame.

C'est qu'Antoine est tombé et il est mort. Mais qu'est-ce que tu racontes,

toi ? Allez, t'as pas honte, attends.

Mais non, c'est vrai ce que je dis, c'est que le bon Dieu, il a fini.

Et puis, je vois avec moi, il voulait pas... Ça suffit, Lucas.

Bon,

monsieur Novert.

Quelle histoire épouvantable. Moi, moi aussi, alors.

Excusez-moi.

J'étais à l'hôpital, le petit dans le coma.

Est-ce qu'il se pensait pour moi ? Oui, moi, j'ai vu passer la mère.

Elle est rentrée en début d'après-midi, elle était avec sa copine.

Et la police, qu'est-ce qu'ils t'ont dit ?

Ben, pas grand-chose.

Moi, j'ai témoigné, c'est tout. J'ai dit ce que je savais.

J'ai vu le petit, quand je suis allé chercher les poubelles, j'ai levé la

tête parce que j'entendais le bruit de son machin, son vélo.

Dix minutes après, j'ai pu ranger les outils. Il était là, par terre, au

milieu des trois.

Et personne n'a rien vu ? Ben, si, justement. Il y a M.

Chauveau, les petits qui sont allés. Et alors ? Ben, il n'en sait pas plus que

moi. Il a vu le petit à peu près à la même heure. Il était en train de jouer

là-haut.

Moi, là-dedans, je porte à la main.

C'est tellement affreux, ce qui lui arrive.

Oh, écoute, c'est vrai que c'est affreux.

Il y a peut-être quelques fautes de son côté aussi.

Santé de la serre, pas aujourd'hui.

Des fautes, pourquoi ? Avec vous, on peut en parler, vous êtes quand même son

propriétaire. Il faut voir les choses en face, elle avait qu'à s'en occuper un

tout petit peu mieux de son gosse.

Écoute, je veux pas qu'on lui a raconté après qu'on surveille pas l'immeuble.

Bon, écoutez, c'est pas le problème.

Le petit dans le coma, c'est ça qui compte, non ? Bon, il y a quelqu'un avec

elle ? Non, elle est toute seule.

D'ailleurs, faut qu'on passe la voir.

Ils lui ont filé des trucs pour dormir.

Sa copine nous a demandé d'aller jeter un oeil.

C'est bien la moindre des choses.

Bon, je vais y passer.

C'est gentil, ce n'est pas de refus, mais ça ne vous dérange pas.

Alors ? Comme elle est d'eau, il vaut mieux pas sonner.

D'accord.

Madame Elbad ?

Madame Elbaz ?

Tu sais

bien

que je n'ai pas parti de bridge aujourd'hui.

Oui, je ne peux pas t'accompagner.

Pourquoi donc ? J'attends qu'elle se réveille.

Oui,

elle.

T'en fais une tête changeante.

Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui se passe ?

C'est à cause de moi qu'Antoine est tombé.

Quoi ? Ce matin, Ahmed est venu d'y aller course.

J'étais nu.

Alors j'ai... J'ai attendu qu'il parte pour sortir. La porte s'est claquée

derrière moi.

J'ai voulu rentrer par la fenêtre de la salle de bain. Le petit était là.

Il a dit fourchon sur la rambarde et il a eu peur et il est tombé.

Oh mon Dieu.

Tu es dans le commun.

J'y pensais tout l'après-midi.

Maintenant, j'attends qu'elle se réveille. Il faut que je lui dise, tu

comprends ? Quelqu'un t'a vu ?

Tu es sûr ? Ce matin, tu as menti à la police.

Oui.

Alors, c'est trop tard.

Ne bouge pas, il faut que tu te taises.

Maintenant, personne ne croira plus à ton histoire.

Mais c'est ça.

C'est ça. Je ne l'ai pas touché, il a eu peur, il est tombé.

Enfin, peur de toi.

J'étais nu, devant lui, il ne me reconnaissait pas, il voyait quelqu'un d

'autre, je ne sais pas.

C'est toi qui étais sur la passerelle. Je te dis qu'il ne m'a pas reconnu, tu

comprends ? Jean.

Jean, moi je te crois, parce que je te connais bien.

Mais je suis la seule à pouvoir te croire.

Alors attends que l'enfant se réveille, s'il se réveille.

Lui seul peut t'aider.

Excuse-moi.

Jean.

Jean, écoute-moi.

Non. Jean.

Jean.

Jean, écoute-moi. Laisse-moi le faire. Tu dis rien, tu jures ? Tu dis rien, c

'est grave.

Je vais vous chercher un verre d'eau.

Tenez, buvez ça.

Buvez ça.

Vous avez des nouvelles ? Non, putain.

Pardon ? Non.

Putain, elle m'a appelée. Je vais dormir là-bas.

Si vous voulez, je...

Je vous accompagne.

Non, non, reste-toi, quelqu'un.

Il faut que je bouge.

Non, restez assise. Il faut que je bouge.

Merci.

Ah, M. Nevers. M. Nevers, M. Nevers, n'est-ce pas ? Oui.

Moi, alors, j'étais... J'ai vu la petite Elbaz qui rentrait.

Moi, j'ai demandé des nouvelles de son fils.

Je ne sais pas ce qu'elle m'a répondu. Non, quoi ? Elle m'a dit, ça ne vous

regarde pas.

Ah oui, elle m'a pris à partie. Tout juste, elle ne m'a pas sauté dessus.

Non, mais moi, je crois... Je crois pas qu'elle ait des chances, ce pauvre

fille, bien sûr. Enfin, de la penser qu'on est des hypocrites et qu'on se

fout de ce qui est arrivé. Je crois qu'il y a des limites.

Enfin, voilà, c'est tout ce qu'elle m'a dit. Et hop, elle a filé.

Non, mais, ce n'est plus pas beau, ça.

Bon, tenez, je vous en prie

Bonjour, je voulais prendre des nouvelles.

Entrez.

Je ne voulais pas qu'il aille là-dessus.

Je ne voulais pas.

Je lui interdisais, mais il n'y avait rien à faire.

Et puis, vous racontiez vos histoires tous les deux.

Il attendait.

Ça aurait dû l'empêcher de faire verrouiller cette porte.

C'est ma faute. Non.

Personne ne pouvait prévoir ça, personne.

Non, personne.

C'est un accident bête.

Hier matin, je dormais à moitié.

J'ai cru qu'Antoine m'appelait.

Je me suis levée et j'ai jeté un oeil par la fenêtre de la cuisine.

J'ai pas très bien vu la passerelle. J'avais le soleil dans les yeux.

C'était... C'était presque la même heure que maintenant, pas plus tôt.

J'ai cru voir un truc bizarre, une ombre.

Antoine ? Non.

Quand je me suis réveillée, je suis sûre que c'était à la seconde où Antoine est

tombé.

Vous ne croyez peut-être pas à ce truc-là, mais j'y crois.

Quand vous dites une ombre, ça veut dire quoi ? Ce n'était pas vraiment une

ombre.

Quelque chose qui a disparu.

C'est passé tellement vite.

Puis à travers le voilage, avec le soleil, je ne suis pas sûre du tout.

Quand même, j'ai ouvert la fenêtre, j'ai appelé Antoine.

Il n'y a plus rien.

C'était calme.

À quoi elle ressemblait, cette ombre ? Je sais pas.

C'est encore flou dans ma tête.

Mais il s'est passé un truc bizarre.

En fait, je suis pas sûre que ce soit un accident.

Imaginez qu'Antoine n'ait pas été seul sur la passerelle.

Qu'il y ait eu quelqu'un ou quelque chose qui lui ait fait peur. Non, ce n

'est pas possible.

Pourquoi ? Parce que... J'étais dans

mon bain.

Antoine jouait de l'autre côté du mur.

Ma fenêtre était ouverte et je n'ai rien entendu dans mon bain.

Sonneton n'était pas loin.

Si vous avez... un doute, il faut en parler à la police.

C'est drôle.

Vous avez la même réaction que Virginie.

J'y suis allée.

Et alors ? Alors, j'ai vu un commissaire, merci, très gentiment.

Il dit, quand on a un enfant, il faut s'en occuper.

Alors je dis merci, au revoir et je suis partie.

Antoine va s'en sortir.

Il va se réveiller et s'il y a eu quelque chose, on saura.

Je suis chez moi. Vous pouvez m'appeler quand vous voulez.

Oui, allô ? Oui, ma minouche.

Oui, j'étais chez elle.

Elle a vu quelque chose.

Non, pas par téléphone, je descends.

Il n'a toujours pas bougé.

Encore.

Faut attendre.

Là.

C'est ça.

Donc, tu lui as parlé ? Oui.

Quelle tête il a fait ? Il était comme toi. Il m'a conseillé d'aller voir les

flics.

C'est un vicieux, ce mec-là. Faut le coincer.

Écoute, Virginie, j'ai vu une ombre, c'est tout.

Non, c'est tout.

Arrête pas, mon... Si je t'assure... Écoute, si ce mec-là, il a un rapport

quelconque avec l'accident d'Antoine, ça, je le saurai, je te le garantis.

Tu le sais, mais tu veux pas me le dire.

Ok, il a pas peur qu'Antoine se réveille et se mette à parler.

On dirait même qu'il le souhaite.

Je me bois complètement. Ce mec-là, il est très fort.

Mais rends-toi dedans, mon dieu. On dirait que tu prends des gants avec lui.

C'est incroyable, ça. Écoute, tu m'emmerdes.

Ne verser mon problème.

Tu me laisses me démerder toute seule.

Antoine !

C'est génial !

Je vous dérange, vous n'allez pas plus ? Oui, mais ce n'est pas grave.

Vous êtes en voiture ? Oui.

Vous ne pouvez pas nous déposer à l'hôpital ? Je suis embêtée, je n'arrive

pas à trouver le taxi.

Oui, bien sûr.

Jean ? Je voulais vous dire, il a bougé.

Marie ?

Tu vas bientôt sortir ? C'est encore trop tôt pour le dire, mais j'ai

normalement le test.

Bonjour, Amilouche.

Bonjour, madame. Vous venez à la réunion, j'espère ? Oui, bien sûr. A

tout à l'heure.

D'abord, j'ai envie.

Mais ça jase déjà.

C'est normal, ça fait deux jours qu'on habite ici, on ne sait jamais quoi

manger. Sauf à travers les fenêtres.

Exactement.

Vous vous souvenez l'hiver dernier quand vous avez emmené Antoine à la fête ?

Oui, oui, oui, très bien, oui.

Eh bien, ce jour-là, j'avais envie de venir avec vous.

Dites-moi, cette dame-là que vous appelez Mamie Nousse, c'est qui par

rapport à vous ? C'est elle qui m'a levé.

Vous avez cru que mon père, quand ma mère est morte ?

D'ailleurs, c'était sa maîtresse depuis longtemps déjà et... Puis mon père est

mort et maintenant... C'est moi qui m'occupe d'elle.

J'ai l'impression qu'elle ne m'aime pas beaucoup.

Vous voulez venir voir Antoine ?

Bonjour. Vous allez passer la nuit avec lui ? Non, maintenant il me demande de

partir à 8 heures.

Ce soir je suis chez moi, vous serez là ? Je vais

vous laisser.

Je n'ai pas envie d'être seule.

Bon, voilà, je ne suis pas trop en retard, ça va ? Pas du tout.

J'ai oublié d'être en train de parler avec l'assureur.

Ah bon ? Bonjour.

C'est une verve. Oui ? Une discussion de cet accident qui bouleverse tout le

monde. Oui, oui, c'est bien.

Vous nous posez la question à savoir pourquoi ce petit bonhomme a éprouvé le

besoin de se pencher dans le vide comme ça.

C'est vrai.

Il fallait surtout qu'il l'escalade, cet embarque.

Je suis bouleversée. J'ai moi-même perdu un petit neveu qui s'est noyé à

Biarritz, sous le regard de ses parents, à dix mètres du rivage.

Alors, vous savez ce que c'est.

Mais là, tout de même, il ne faut pas oublier le nombre de fois que nous avons

mis en garde le gérant.

Et vous-même, M. Nevers, contre les âges qui se prendent cette fille.

Ça, c'est vrai. Et vous n'avez jamais voulu nous entendre. Et d'ailleurs, Mme

Brémont est tout à fait de notre avis.

Nous, en tout cas, nous n'avons pas à nous en plaindre, n'est-ce pas, Gisèle ?

Bien sûr, M. Vidal.

Mais vous n'êtes pas à l'étage.

Et vous ne savez pas ce que c'est d'être agressé en permanence par une musique de

Zwingli. Moi, je peux vous en parler.

On n'éduque pas un enfant de cette manière.

Vous ne me direz pas le contraire. Absolument.

Vous avez tout à fait raison.

C'est pas votre petit-neveu qui s'est noyé à Biarritz.

C'est aussi à cause de sa mauvaise éducation.

Excusez-moi.

Mais tu es complètement fou ! Qu'est-ce qu'il te prend ? Arrête ! Ça va bien, je

l'ai assez entendu.

Qu'est-ce qu'il y a ? Ça les emmerde ! Qu'elle soit jeune et qu'elle soit

belle, qu'elle soit chouette et qu'elle soit tout pire. Qu'est-ce que tu leur en

prends ? Ça rend méchant, la vieillette.

Et toi ? T'es pas plus vieux !

Déjà. Bonsoir.

J'en ai un.

Parfait.

La princesse se prépare.

Elle arrive.

Si je suis en avance, je reviens plus tard.

Il n'y a aucun malaise. Asseyez-vous, on va boire quelque chose.

Qu'est-ce que je vous sers ? Un petit whisky, s'il vous plaît.

Un petit whisky.

La voix de Finn.

Pardon ?

La batte, là. Et vous, à qui ? Vous connaissez ? Non.

Très bon.

Très, très bon.

Vous savez, la basse que je préfère, moi, c'est Fagapine.

Je ne connais pas.

Il joue avec qui ?

Non, ça fait assez longtemps qu'on ne l'a pas entendu.

Ah bon ? Il a fait quoi ? Boris Godounov.

On ne connaît pas.

Décidément.

Non, Shaggy Apini, c'est une base d'opéra. Il est mort il y a 50 ans.

Alors là, il m'a lu.

Là, il marque un point.

Non, j'avais peur d'avoir un trou dans ma culture.

Vous voulez peut-être que je l'arrête ? Non, non, non, j'aime bien ça aussi.

Vous restez dîner ? Je passais juste pour me... Les affaires du petit, pour

les emmener à la maison.

Cora va aller habiter chez vous ? Ouais, enfin... Quand ta petite puce sortira de

l'hôpital, Cora va aller à la cuisson de terre.

Oui, oui, effectivement, elle va la faire.

Et je peux vous dire que ce jour-là, on fera une sacrée fête.

Parce que... C'est une angoisse.

Oui.

Oui, une angoisse.

Voilà, c

'est prêt.

C'est plein unique, ça vous va ? Très bien.

Ça a l'air délicieux, qu'est-ce que c'est ? Je ne sais pas comment ils

appellent ça, poulet à l'indienne, je crois.

C'est un peu épicé, ça ne vous dérange pas, M. Lord ? Non, non, j'aime bien ça

aussi.

Tout ça ? Non, merci.

Vous ne prenez pas de vin ? Non, je ne suis pas fanate.

Oh là là !

Vous buvez du Coca-Cola en mangeant ? Ben oui, pourquoi ? Non, non, pour rien.

Alors, votre ami, là... Vous allez... Vous l'avez eu chez

lui ? Oui, c'est important pour Antoine.

Je veux qu'il s'enterre.

Puis moi, j'essaierai d'oublier mes voisins.

C'est gentil pour moi.

Non, pas vous, non.

Vous, je ne pourrai jamais vous oublier.

C'est gentil pour moi.

Prenez-le comme vous voulez.

Je me demande quelle image je pouvais avoir d'un type comme moi.

Parce qu'on ne peut pas dire qu'on soit du même style avec votre petit ami

Richard. Mon petit ami ? Ah non, pas du tout, non, non. C'est le fiancé de

Virginie. Vous savez, ma copine, là.

Et ils m'entendent depuis 4 ans.

Ah bon, ah bon ? Ah oui, non, non, j'avais pas compris.

Non, enfin, je voulais dire, Richard, Virginie, vous êtes assez loin d'un type

comme moi, quoi.

Alors, ça vous gêne ? Non, non.

Au fond, on aurait dû se rencontrer beaucoup plus tôt.

Peut-être que vous en avez empêché, je suis pas une martienne.

Je ne l'ai pas fait à cause d'Antoine.

Je crois qu'il n'avait pas envie qu'on fasse connaissance, vous et moi. Comment

ça, il vous l'a dit ? Oui, un jour, il m'a dit ça comme ça, de lui-même.

Et il vous a expliqué pourquoi ? C'est une jalousie d'enfant, je suppose.

Il avait peur que je craque en vous voyant, ça.

Oui, salut.

Maman, t'es gentille.

Mais non, je te fais pas la gueule. Écoute, Paul, arrête, ça suffit.

Non, en ce moment, je suis crevée, j'appelle personne.

On se verra plus tard.

OK.

Promis.

Je t'embrasse.

Salut.

J'ai pas envie de voir les gens en ce moment.

Sauf vous.

Et puis, Richard et Virginie, bien sûr.

Vous savez, Virginie, c'est la soeur d'Antoine. Enfin, sa demi-soeur.

Comment ça ? Le père de Virginie, c'était le libraire du patelin dont on

vient.

Il m'a draguée.

On est restés cinq mois ensemble. J'étais très amoureuse.

Sur ma tête de gamine, je m'étais dit que s'il me faisait un gosse, il allait

plaquer sa femme et m'emmener.

Puis je me suis retrouvée enceinte.

Il m'a dit salope et il m'a jeté.

Christine, c'est la seule qui m'aidait.

Moi, je savais plus quoi faire, alors j'ai tout balancé à mes vieux.

Je vous raconte pas.

Quand mon père a cherché le numéro de son copain Toubib, là, je me suis tirée.

Antoine était en danger.

J'ai toujours essayé d'être là, de protéger.

Ce qui lui a pris de mentir sur cette remparte.

Quand vous parliez à travers la fenêtre, c'était la fenêtre de votre salle de

bain ? Oui.

Là où vous étiez au moment de l'accident ?

Oui.

Et... Vous n'avez vraiment rien entendu de particulier ? Non, je vous l'ai déjà

dit.

C'est dingue, ça.

Dans cet immeuble où tout le monde espionne tout le monde, là, comme par

hasard, personne n'a rien vu, rien entendu, sauf moi. Écoutez, Cora, vous

dites que vous avez vu une ombre en même temps. C'était pas vraiment une ombre.

C'était quelque chose qui rentrait dans le mur. Enfin, dans le mur... Par la

fenêtre. C'est ça.

C'est quelque chose qui disparaissait par la fenêtre.

Cette fenêtre, c'était la mienne.

Oui.

Ça veut dire que quelqu'un est venu sur la passerelle, qu'il y a eu quelque

chose avec Antoine qui a provoqué sa chute, que ce quelqu'un, au lieu de...

de fuir par le couloir, a choisi ma salle de bain, c'est ça ? Ça ne tient

pas debout.

Je sais ce que j'ai vu.

Je peux même vous dire que ça ressemblait à un pied ou à une jambe. C

'était vraiment quelqu'un qui rentrait dans votre salle de bain.

Alors j'aurais menti.

Oui.

Vous auriez dit aux flics que vous dormiez ou que vous étiez dans votre

chambre à la limite.

Je vous aurais cru.

Quelqu'un aurait pu rentrer chez vous sans que vous le voyiez.

Dans votre salle de bain, là, je ne peux pas vous croire.

Où est-ce qu'elle peut trouver, d'après vous ? Sur la passerelle.

Oui, c'est logique.

C'est même la seule raison pour laquelle j'aurais menti.

Est-ce que vous croyez que je suis capable de faire du mal à Antoine ou de

lui faire peur ? Non.

Alors est-ce que vous pensez qu'en jouant avec lui, j'aurais pu commettre

une maladresse qui aurait provoqué l'accident ? Non.

Mais vous pensez que j'étais sur la passerelle ? Tout en sachant que je suis

la dernière personne qui a pu le faire tomber.

C'est vrai, je n'arrive pas à comprendre.

En même temps... Antoine va se réveiller.

Et il va vous dire que je n'étais pas sur la passerelle.

Et lui, vous le croirez.

Vous aimez la nuit, hein ? Oui.

Je l'ai souvent vue partir le soir.

J'allais travailler.

C'est ce que vous faites ? Ça vous intrigue, hein ? Vous n'êtes pas le seul

dans cet immeuble à vous poser cette question.

Il y en a même qui parlent sans savoir.

Je n'écoute pas ce que disent les autres.

À votre avis, qu'est-ce que je fais ?

S'il vous plaît.

C'est ça qui me permet de vous payer le loyer.

Je fais pas que ça, quand même. J'ai des contrats plus intéressants, sur des

scènes, c'est vrai.

De toute façon, je m'en fous, j'ai jamais été très pudique.

Vous en êtes sans doute rendu compte.

Et devant Antoine, ça vous gênait pas ? Non.

J'ai toujours considéré la nullité comme une chose naturelle, pas vous ? Si, si,

mais enfin, je suis... Je suis assez très pudique. J'ai reçu une éducation à

l'ancienne.

J'ai jamais vu mon père nu, par exemple.

Et le plaisir physique, c'est un sujet tabou à la maison.

Ça ne l'est pas resté, j'espère ? Non, non. Rassurez-vous, j'ai évolué en

grandissant.

Et vous ? Quoi, moi ? Je ne sais pas, vous habitez dans la même pièce qu

'Antoine, ou pratiquement, il n'y a qu'un Arabon qui vous sépare.

Elle ne vous a jamais posé de problème ? Quel genre ? Un promiscuté, par exemple.

Non. Quand j'ai envie de baiser, je vais baiser ailleurs.

Ça ne vous est jamais arrivé ? Ça va bien maintenant.

Et vous ? Vous baissez quand ? Comment ? Et avec qui ? C'est vous qui étiez sur

la passerelle, j'en suis sûre !

Si vous avez touché Antoine, je suis capable de vous tuer. Je ne l'ai pas

touché. Il a eu peur de moi. Il ne m'a pas reconnu, mais je ne l'ai pas touché.

Qu'est-ce que vous lui avez fait ? Je n'ai rien fait. J'allais prendre mon

bain. On m'a livré des courses. J'ai ouvert la porte. La porte a claqué.

La porte a claqué. J'étais nu.

Qu'est-ce que vous lui avez fait ? J'ai essayé de rentrer par la fenêtre de la

salle de bain. Je ne suis pas arrivé.

Qu'est-ce que vous lui avez fait ? Je n'ai rien fait.

Je n'ai rien fait. Je ne l'ai pas touché.

Il ne m'a pas reconnu, Cora.

Cora, il ne m'a pas reconnu.

C'est pas moi qui l'a dit. Vous êtes con ! Vous êtes con ! Vous êtes con ! Il m

'a pas reconnu, quoi.

Pourquoi vous avez attendu ce soir pour me le dire ? Pourquoi vous avez attendu

ce soir pour m'accuser ?

Je

n'arrivais pas à comprendre.

Je sais qu'Antoine vous aime.

Elle vous dit d'enfant, c'est vrai.

Il ne fallait pas que ça ramène un homme à la maison.

Ça m'est arrivé une ou deux fois.

Après, toutes les nuits, il se réveillait en larmes, effrayé.

Je mettais des heures à le calmer, c'était horrible.

Antoine va se réveiller.

S'il me dit que c'est vous, je vous jure que je vous haïrai.

Bonjour.

Justement, je voulais vous voir.

Cora m'a chargé de vous dire qu'Antoine s'est réveillé ce matin.

Comment est-il ? Très bien.

Dis-moi, je prends tous les jouets, parce qu'il faudrait vraiment une

marche. Attends, j'arrive.

Elle lui appellera.

Quand ça, aujourd'hui ? Oui, peut-être, je ne sais pas.

Au revoir.

Au revoir.

Au revoir.

Oui, allô ? Oui, bonjour, ma minouche.

Non, non, je ne bouge pas pour l'instant.

Mais non, je ne suis pas malade, je travaille. Voilà, je travaille.

Je ne te

dérange

pas, tu as fini de travailler.

Alors, ça va mieux ? Tu es calmé ? Oui.

Tu m'as fait beaucoup de peine à la réunion.

Tu n'étais pas visé, excuse-moi.

Non, n'en parlons plus.

Écoute, hier, j'ai essayé de te joindre.

Tu n'étais pas là.

Non, j'étais chez Cora.

Tu l'appelles Cora, maintenant ? Oui, pourquoi ? C'est interdit ? Comment tu

voudrais que je l'appelle ? Traînée, pute, salope ? On ne t'énerve pas comme

ça.

On ne peut même plus prononcer le nom de cette demoiselle sans que tu te pètes en

colère.

Est-ce parce qu'elle déménage que tu es dans cet état ? Le petit est sorti du

coma. Ah ben, tant mieux.

Comme ça, elle saura tout.

Elle sait tout.

Comment ça, elle sait tout ? Oui, elle sait tout.

Hier soir, j'ai dîné chez elle, je lui ai tout raconté, elle sait tout.

Elle a fini par t'avoir, elle est forte.

S'il est mentu, comprend rien.

C'est jamais arrivé de penser que je pourrais partir moi aussi.

Tu plaisantes.

On étouffe ici.

Si tu en as assez de moi, de Steve-up, de ta vie, je comprends très bien.

Je partirai.

J'irai dans un hospice.

C'est comme ça que ça finit les vieilles.

Hé, mon bateau, la situation est nette.

Tu pourras aller la rejoindre.

Cora ! Jean.

Qu'est-ce que vous faites là ? Virginie vous a pas dit d'être venu au coup de

fille ? Si, mais j'ai pas pu.

On va. Venez.

Vous voulez un café ? Oui.

Deux cafés, s'il vous plaît.

Il sort quand ? Dans quinze jours, trois semaines.

Mais il va bien. Il va bien.

Quand j'ai vu son regard et qu'il m'a appelée, j'ai craqué.

Il se mettait pourtant au jury de ne pas craquer devant lui, mais il ne s'est pas

pu. Enfin, il va bien.

Il te vient quelquefois ? Non.

Il m'a demandé pourquoi il était là, pourquoi il avait mal.

Je lui ai dit qu'il était tombé en juin.

De toute façon, il faut lui laisser le temps.

Tout bêtement.

S'il se souvenait, j'aimais.

Vous lui avez parlé de moi ? Non.

Je dis que tout le monde dans l'immeuble avait demandé de ses nouvelles.

J'ai passé tes vêtements.

Après, on a demandé de lui tester les doigts, il a réclamé son pantalon.

Au revoir.

Et puis je vais dans le jardin, tu veux qu'on vienne chez Virginie ? Non, pas la

maison Virginie, la maison à nous.

Pourquoi, on n'est pas bien chez Virginie ? Si, mais ce n'est pas la

maison à nous, c'est la maison à Virginie.

Dis-moi, il va y avoir trop chaud ton printemps si tu l'habilles comme ça.

Mais non, je ne veux plus qu'il soit tout nu.

Dis-moi, pourquoi tu ne veux pas qu'il soit tout nu ? Parce que c'est les

vilains qui sont tout nus.

Hein, c'est vrai, hein ? Oui, t'as vu, il m'a répondu oui.

Dis-moi, Jerry, pourquoi c'est les vilains qui sont tout nus ?

Au revoir.

Tu vas voir que cette plaisanterie, ça va nous couper deux bâtons.

Dis, tu me racontes l'histoire de Pomme de Pain.

Non, pas maintenant, il est trop tard.

Demain. Allez.

Tu crois pas que c'est vraiment des enfoirés ? Ils auraient pu me prévenir.

T'es incapable de retrouver tes papiers.

Maman, dis, maman, il est où, Jean ? Qu'est-ce que tu dis, là ?

Mais il est chez lui, pourquoi tu me demandes ça ? Parce que j'ai quelque

chose à lui dire.

Et qu'est-ce que t'as à lui dire ? C'est un vilain.

Mais pourquoi c'est un vilain ? Parce que... Ah non, dis-moi pourquoi.

Parce que c'est de sa faute et je me suis tombée.

Non, Antoine ! Antoine, viens là, viens là.

Viens t'asseoir.

Qu'est-ce que tu disais, là ? Tu te souviens, quand je me suis tombée, c

'était un grand monsieur qui était là, et j'ai eu très peur.

Mais tu es sûre, tu te souviens de ça ? Oui.

Mais le monsieur, il t'a fait du mal ? Non, il ne m'a rien fait. Mais j'ai eu

peur, on m'empêche, parce qu'il était tout nu.

C'était un vilain.

Mais tout à l'heure, tu disais que Jean, c'était un vilain et le monsieur tout

nu, c'était lui.

Mais non, t'es bête, bien sûr que non, c'était pas lui.

Je sais pas qui c'est, mais c'est de sa faute quand même. Parce que moi, je l'ai

toujours défendu contre les mollots.

Oui, il aurait pu venir te défendre aussi.

C'est un vilain, tu lui diras.

Bonjour. Entrez, c'est ouvert.

Salut, toi.

Oh, dis donc, t'es superbe.

Hein, c'est quoi, ça ? Minère, parce que ça m'énerve.

On te la retire quand ? Bientôt, comme ça, je pourrai regarder de tous les

côtés.

Alors, tu sais qu'on va au restaurant avec Virginie, maman, Richard ?

Un restaurant spécial surprise pour toi ? C'est une surprise pour moi. Pour toi,

oui.

C'est ça ta surprise ?

Ça ne te plaît pas ?

Allez,

viens avec moi.

On va avoir une autre surprise.

... ... ...

On a assez du manœuvre ? Oui.

T'es fatiguée, hein ? On va rentrer avec mes trottines.

Et toi, tu vas aller où ? Je sais pas, je crois que je vais rester un petit peu

avec Jean.

Je vais aller avec vous.

Tu vas aller avec nous ? Bon, Thomas, tu vas aller avec nous.

On est dans la maison.

T'as sommeil ? T'as fait dodo dans mon lit, tu vas être très bien, tu vas voir.

Et

maman,

tu vas aller où ? T'inquiète pas, je suis à côté.

Il dort déjà.

Ça fait drôle de voir mon appartement de chez vous.

Vous l'avez pas encore loué ? Non.

Et là, ça donne où ? Voilà.

C'est la maison de mon enfance.

Rien n'a bougé.

C'est beau.

Elle est jolie, qui est-ce ? C'est ma mère.

Elle est morte quand j'avais cinq ans.

J'ai grandi sous ce tableau, puis ensuite, quand je le regardais, chaque

fois, je me disais, c'est ma mère.

Pourquoi vous ne le louez pas ? C'est mes

souvenirs.

Mes souvenirs, je les loupe pas.

Eh bien, aussi, vous allez garder un souvenir.

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501

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