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Musique sombre
Reniflement
T'en veux, Bobo ?
Ils arrivent !
- Allez, au boulot. Démarrage du moteur
Musique de tension
Rafales
Sors de là !
Voilà !
Sors ! Descends, je te dis !
Musique de tension
Allez, les gars, les chaînes !
Sortez les chaînes !
Musique de tension
Go, go !
Oh !
Bouge pas !
Musique intrigante
Musique mystérieuse
Propos lointains en allemand
Aboiements lointains
Claquements de poignée
Musique mystérieuse
Tintement
Chocs métalliques
En polonais
Grondement de moteur
C'est bon,
il est pressé.
- Qu'est-ce qu'il me veut, lui ? - Je sais pas.
Comment tu t'appelles ?
Bojarski.
Ceslaw Jan Bojarski.
Disons "Jan". M'en veux pas.
- Je ne travaille pas ici, monsieur.
Il paraît que t'as du talent, Jan.
C'est bien.
Je vois pas de quoi vous parlez.
Ah, bon ?
Mais tu sais qui je suis ?
Bien sûr.
Tout le monde vous connaît, M. Scola.
- Alors tu sais que je te parle pas de mécanique.
Moi aussi, je fais dans les faux.
- Je... - Pas la peine de mentir.
Ton copain m'a vanté tes mérites.
Alors, comme j'aime pas la concurrence,
tu vas bosser pour moi.
Au fait, t'es pas juif ?
Ah ! Il a que des qualités, ce garçon !
Grondement de moteur
Claquement de portière
Moteur s'éloignant
- Regardez ces visas, M. Taylorman.
Mieux, vous ne trouverez pas.
- Avec, vous êtes déjà en Suisse. - Merci.
- Ça fait 7 000 avec les visas.
- On avait dit 5 000. - J'ai dû revoir
mes prix à la hausse.
C'est tout ce que j'ai.
Et ça, ça vaut bien quelque chose.
Piano enjoué
Porte et tintement
Propos en allemand
Je comprends pas l'allemand !
J'ai appris l'espagnol.
"Volver a casa", ça te parle ?
Non ?
Je vous le laisse.
Elle soupire.
Tout va bien ?
Viens, on va danser.
Alors, t'as réfléchi ?
On se marie bientôt ?
Je vais pas être libre.
Piano enjoué
On aura 3 enfants.
Deux garçons et une fille qui te ressemblera.
On aura un chien aussi, pour la chasse.
Claro que si!
Musique mélancolique
Rires
Grésillement
Oh, non !
C'est quoi ?
Un système sur lequel je travaille.
Une cafetière qui se déclenche toute seule
à l'heure du réveil.
Sifflement
Une invention à moi.
Tintement
- Il est 19h, hein ? - Oui.
Il me reste quelques réglages à faire.
Comment t'es arrivé
en France ?
- J'étais officier pendant la guerre et...
j'ai été fait prisonnier.
Je me suis évadé d'un camp en Hongrie
et je suis venu ici.
Tu me fais marcher.
Non, pas du tout.
Elle rit.
Il grogne.
Et sinon, hormis les cafetières,
à quoi tu rêves, M. Bojarski ?
Grondement de moteur
- Avec cette merveille, fini les taches.
L'encre coule grâce...
à une bille très fine
qui roule quand on appuie le stylo. C'est révolutionnaire.
- Vous connaissez l'entreprise Barjon,
M. Bojari ?
Nous vendons de l'encre, pas seulement des stylos.
Plus les stylos fuient, plus nous vendons de l'encre.
Pourquoi je voudrais d'un stylo qui ne fuit pas ?
- Parce qu'un stylo jetable se jette et se rachète.
Les écoliers changent chaque mois.
Les sténodactylos, chaque semaine.
Imaginez les bénéfices.
- Vos dessins sont intéressants. - Merci.
- Mais vous frappez à la mauvaise porte.
J'ai apporté un prototype.
Essayez-le.
Vous avez déposé un brevet ?
Je suis en train.
- Ça ne suffit pas, en droit des affaires.
Vous me croyez voleur ?
- Essayez et je vous traîne devant les tribunaux.
Et le juge croira qui ?
Un immigré polonais ou un ancien résistant ?
- Ces photos sont bien, il fallait pas les donner.
Tu les supportais plus.
Eh bien, je regrette.
Papa !
Hé !
- Ça va, ma chérie ? - Oui.
- Où est maman ? - À la cuisine.
On va la voir ?
Allez, reste là, toi.
Installe-toi bien.
- Je te préviens, ce soir, ma mère est odieuse.
- Ah, bon ? - Hm.
- C'est pas son genre, pourtant. Elle rit.
- Ton rendez-vous s'est bien passé ?
Tant pis pour eux.
J'ai épousé un inventeur, pas un vendeur de cravates.
Ouh là !
Ça pivote !
Oh oui, dites donc !
Vous pouvez régler la hauteur,
grâce à cette colonne hydraulique.
- Vous voyez la poignée ? - Là ?
Oh ! C'est un peu bas.
- Vous pouvez la remonter. La poignée est ici.
Vous la réglez à votre convenance.
C'est formidable.
Tu as trouvé un fabricant intéressé ?
Pas encore, mais j'ai des contacts.
- Jan, je peux te trouver du travail dans mon entreprise.
- Aux livraisons, ça te dirait ? - Papa, Jan est ingénieur.
- Oui, mais on vous aidera pas toujours.
- La France reconnaît pas son diplôme.
- La France vous accueille et nous, on vous loge.
Vous avez plein d'appartements.
- Ça fait quand même un loyer en moins.
Je peux vous faire un chèque.
- Vous tracassez pas. Vous êtes les bienvenus.
Papa, viens me faire un bisou !
J'arrive, ma puce !
Cloches
Il chante en polonais.
Moteur lointain
Musique mélancolique
- J'adore quand tu me fais les poches.
- Bientôt, on sera plus dépendants d'eux.
Je te le promets.
Je veux pas que tu t'inquiètes.
Je suis pas inquiète.
- Je vous l'ai déjà dit, je suis né à Gdansk.
Mes papiers ont été perdus pendant la guerre.
- Alors, vous n'existez pas. - C'est absurde.
Vous voyez que j'existe.
Je n'y peux rien.
Et c'est plein de fautes.
Apprenez déjà à écrire le français.
Meuglements et bêlements
Les gars !
Lalanne ?
Voilà.
- Gastaud ? - Ouais.
- Colson ? - Oui.
- Et Faivre. - Là.
Et Bojarski.
Et Dog... Dow...
Dow, c'est Dow.
Revenez pas lundi.
- On a été embauchés pour 2 semaines.
- J'ai des Français qui sont prioritaires.
Putain, tu racontes quoi ?
Tu crois qu'ils portent la viande mieux que nous ?
- Ils font moins d'histoires. - Laisse, Dow.
On met pas de la cervelle là où il y en a pas.
"Liberté, égalité, fraternité".
Je vais me barrer de ce pays de merde.
Jan.
Je me suis pas évadé, j'ai été gracié.
Et toi, comment ça va ?
Apparemment, c'est pas la joie.
Ça va, je me débrouille.
- T'es père de famille, maintenant, non ?
Vous me voulez quoi ?
Il est trop vert.
Et je parle pas de la qualité d'impression.
Les couleurs bavent sur les côtés.
Il est vraiment laid.
- Tu vois que j'ai besoin de toi. Mes gars sont des brèles.
Il me faut quelqu'un de mieux.
J'ai jamais copié de billets.
Faut un début à tout.
Je te rassure, ceux-là sont vrais.
- À la vôtre, monsieur l'ingénieur en matière plastique.
- Ingénieur-conseil. - C'est pareil.
Vous êtes mon héros, Bojarski.
"Tiens, Tiens, Tiens" Ray Ventura
Les vieux gandins
ont toutes les audaces
Mais il faut bien
Que vieillesse se passe
Tiens ! Tiens ! Tiens ! La gaieté me transporte
Tiens ! Tiens ! Tiens ! Je me sens aérien
Mais v'là soudain que l'on frappe à ma porte
Et je reconnais la voix que j'aime bien
Tiens ! Tiens ! Tiens ! C'est le printemps qui revient
Salut, les gars.
Musique légère et palpitante
Non,
le patron m'a demandé de rester parce qu'on a pris du retard.
- Tiens ! Cri de douleur
Oui, je dois te laisser, là.
Embrasse la puce.
- Tu sais ce qu'on fait avec les balances ?
Cri de douleur
- Allez, foutez-le dehors.
- Qu'est-ce que tu fais ?
J'admire ton travail.
Ici, les mecs comme toi qui peinent, ça finit mal pour eux.
Musique légère et palpitante
- 5 ans de prison pour des faux papiers,
30 pour des faux billets.
Bienvenue dans la cour des grands.
Suzanne ?
Ça va ?
Je t'ai attendu toute la nuit.
- Le patron m'a donné ma journée, il a validé mes prototypes.
Je suis à vous deux.
À moi toute seule.
J'ai déposé Aline chez ma mère.
Donc...
Les voisins pourraient nous voir.
Mais on n'a rien à cacher.
Si ?
Qu'est-ce que c'est ?
- Une avance pour le brevet de mon stylo.
Bah, tu vois ?
Je savais qu'un jour, ton talent serait reconnu.
Regarde.
Moi aussi, j'ai une surprise pour toi.
C'est vrai ?
"Wayra" Yma Sumac
- Et voici pour vous. - Merci.
Madame.
Téléphone
- Monsieur le directeur, je peux vous voir ?
Musique de tension
Oh !
Bouge pas.
OK, on charge ! Allez !
Grouillez-vous !
Faites attention,
c'est délicat.
Bouge pas !
Arrête de bouger
ou je tire !
Musique grave
- En voiture ! Dépêche-toi !
Allez !
Bouge pas !
On part d'ici ! Allez !
Allez, on se casse, putain !
Allez, allez ! On y va !
Il crie.
Allez ! Wouhou !
Bonjour, M. Bojarski.
Bonjour, monsieur.
Papa !
Papa, tu me serres trop ! Tu m'étouffes.
Pardon.
- Je n'en ai jamais vu d'aussi réussi.
- C'est le problème. Nos agents peinent à les distinguer.
Ils n'étaient pas infalsifiables ?
- Je vais faire remonter l'information.
Pour alerter l'Élysée ? Non.
Évaluons d'abord la production qui circule.
- Je ne risquerai pas la sécurité de nos billets.
- Je vous demande juste de me faire confiance.
Je vais retrouver les faussaires et les arrêter, comme toujours.
Détendez-vous, mon vieux. Vous avez l'air à cran.
- Alors qu'il était à Washington pour des conférences,
le commissaire principal Mattei a été rappelé
pour diriger l'enquête sur le braquage de Rambouillet,
qui a fait 5 morts, dont 2 gendarmes.
Nous avons pu l'interviewer sur le faux monnayage.
Commissaire !
Commissaire, un mot sur le braquage
du fourgon de la Banque de France ?
Je peux seulement vous dire
que je vengerai les victimes innocentes.
- J'enverrai les coupables en prison. - Merci.
- France - Angleterre de rugby à 15.
Les Français débordent les Britanniques.
Le maréchal Montgomery...
Tu crois que ça ira ?
Tu fais quoi avec mes billets ?
Si on te demande,
tu dis que tu sais pas.
Oh, il y a des règles.
Tu peux pas les dépenser comme ça.
Musique intrigante
- T'as raison. Regarde ailleurs, je préfère ça.
Travaille bien !
Il est là ?
Commissaire.
Un bijoutier a été payé par un client
- avec une liasse de faux billets. - Et ?
Les billets qu'on cherche.
Il a un nom, votre client ?
Ne bougez pas.
Musique rock 'n' roll
Police, ouvrez !
Sortez de ce véhicule ! Et le jeune homme aussi !
- Ouais, j'arrive... Sirène
Tu veux pas nous parler, Serge ?
L'attaque du fourgon de la Banque de France,
ça te parle ?
5 morts, dont 2 gendarmes.
Perrier...
Tu vois ? Ça, c'est l'arme qu'on a trouvée sur toi.
Et une arme,
ça a de la mémoire.
- Je sais pas de quoi vous parlez. - Une étude balistique
nous dirait si l'arme a servi pour le braquage,
mais si t'as rien à craindre,
tant mieux pour toi.
Allez vous faire foutre.
- Si tu nous aides, on oubliera cette arme.
Mais fais le malin et tu finiras sur le billot.
À toi de voir.
Les flics débarquent.
Prends la marchandise. Vous, brûlez le reste !
OK, patron.
On se casse !
- Embarque tes plaques et ta quincaillerie.
On se retrouve dans ma voiture.
- Grouillez-vous, vite !
Les caisses !
Les deux bidons !
- Dépêche-toi ! Allez, bouge ! Claquement
Les flics !
Les gars, ils sont là !
Bouge pas !
Coups de feu
Claquements de portières
Vacarme
Vous deux, restez là !
Rafales de tirs
Coups de feu
Coups de feu et hurlement
Allez, vite !
Vacarme
- Chope-le !
Bouge pas !
Sirènes de police
- Allez, vas-y. Monte.
Une minute.
Claquement de portière
Grondement de moteur
Musique mystérieuse
Jan ?
- J'ai une grande nouvelle à vous annoncer.
Je vais travailler ici, à mon compte.
Tu as décidé de ça quand ?
Bah, hier.
Un gars s'est encore blessé au labo. On travaille sans protection.
Je préfère bosser pour moi. Si t'es d'accord, bien sûr.
Hm.
De toute façon, je te fais confiance.
- C'est vrai ? - Hm.
- Par contre, il faudra faire attention.
Je vais travailler sur du plastique.
Il y aura des cuves à haute température.
Donc, interdiction d'entrer ici.
- On peut mourir ? - Hm.
Toi aussi, tu seras prudent ?
Bien sûr.
Tu viens ?
L'analyse des empreintes
n'a rien donné.
Elles n'appartiennent à aucun criminel connu.
C'est celles de l'imprimeur.
- Jamais incarcéré ni mis en garde à vue.
Soit il est prudent, soit il est nouveau.
Les deux cas reviennent au même.
Rien ne peut nous aider.
Alors, on classe l'affaire ?
Non. On attend.
Un faussaire, ça ne change pas de métier.
Il va reprendre du service, et quand il le fera,
on sera là pour le coincer.
Clocher
Musique palpitante
Vacarme
Musique enjouée
Hululement
- Qu'est-ce qui te prend ?
- J'ai trouvé l'invention qui va changer
- notre vie. - Ah, bon ?
- Tu me la montres ? - Dès qu'elle sera au point.
Je vais avoir besoin de toi pour taper mes brevets.
Toi, tu seras fière de t'appeler Bojarski.
- À quoi ça va servir, cette invention ?
À t'emmener danser !
Tous les jours !
Musique palpitante
- Clochette - No 131.
Guichet 2.
Elle gémit.
Madame, vous avez besoin d'aide ?
Téléphone
Ah !
Bravo, Jan.
Félicitations, papa.
- Il est magnifique. - Merci.
J'aurais voulu que tu sois là.
Moi aussi.
Pardon.
Babillages
- La place des hommes n'est pas en salle de travail.
Bah, parle pour ton mari.
J'ai fait quoi ?
Rien !
Une photo pour l'album.
Déclic Merci.
Babillages
Musique douce infantile
Musique intrigante
- 1,6 kg. Je coupe la tête ?
Oui.
Ça fera 300 francs.
Frottement de la lame
- Je me permets. Lui, la volaille. Moi, l'oseille.
Musique intrigante
Il est neuf, ce billet.
Ah, bon ?
Hm.
Froissement et clochette
- Bonjour, Mme Thouvenot. - Bonjour.
Votre commande est prête.
Alors, 500, 600...
et 700.
Merci.
En vous souhaitant de bonnes fêtes de fin d'année.
Joyeux Noël.
Monsieur !
Musique inquiétante
Votre poulet !
Elle rit.
- Je suis étourdi. - Oui !
Allez, au revoir. Merci !
Musique enjouée Clochettes
Clochettes
Clochette
Musique enjouée
400, 500... et 500 qui font 1 000.
Merci, papa !
Merci.
400... 500...
T'es fou, Bojarski !
- Il est pas là. Il est à Paris pour ses brevets.
- Est-ce qu'il a une maîtresse ?
- Oh non, maman. Arrête. - Quoi ?
- On connaît jamais vraiment son mari. - Moi, si.
- Tu sais pas ce qu'il fait exactement comme métier.
C'est un inventeur !
Qu'est-ce que tu comprends pas là-dedans ?
- Comme tu veux. Au revoir, ma chérie.
Au revoir.
Grondement de moteur
Claquement de portière
Grésillement
- Maman ! Maman ! Pierre, il s'est cogné !
- Je le place où, le directeur de la PJ ?
Loin de moi.
Je veux pas qu'il sache que je piétine.
À quoi servent ces dîners, alors ?
Sonnette Allez ouvrir.
Bon, je le mets en face de Solange.
Solange ?
- Ma collègue du service presse de chez Chanel.
Fais un effort, André.
M. Perrier.
- Désolé, je vous l'enlève une minute.
- Dépêche-toi. T'es pas prêt.
- Imprimé avec les mêmes plaques que celles de Scola.
- On en est bien sûrs ? - Certains.
Mais ils font leur papier eux-mêmes.
La Banque de France est sur le cul.
Ouais, c'est pas trop tôt.
On relance les opérations de surveillance.
Papetiers, indics, imprimeurs, tout le toutim.
- Aline, fais attention ! Pierre pleure.
Regarde ça !
T'es jamais là quand j'ai besoin de toi.
- C'est pour vous que je travaille tout le temps !
J'aimerais que tu travailles moins
et que tu t'occupes de tes enfants.
Qu'on se remette à sortir ensemble !
C'est pas juste de dire ça.
- Me laisser tout faire seule, c'est juste ?
Tiens, prends ton fils.
- Finis d'essuyer ! Pierre pleure.
J'ai besoin de prendre l'air.
Tu vas où ?
Me changer les idées.
On frappe.
Attends, n'ouvre pas !
Pierre gémit.
- On frappe. - C'est la police !
T'es con !
- Je vous présente Jackie, on va se marier !
Enchantée !
"Il m'a vue nue" Mistinguett
Propos en polonais
Toute nue
- Sans cache-truc ni soutien-machin
J'adore !
J'en ai rougi jusqu'aux vaccins
Il m'a vue nue
Tout est dans les hanches !
- Aïe, aïe, aïe. Regardez ce déhanché.
Allez, Suzanne !
Montre-nous ce que tu sais faire.
- Ah, non ! - Allez, Suzanne !
- Allez ! - Allez.
... irréfléchi
J'ai négligé de voiler
quelques petits chichis
Il m'a vue nue
- C'est bon, bichette, je t'engage !
Faut que je demande
à mon mari ce qu'il en pense.
- Pas lui. Il a été élevé chez les jésuites.
Tu pourrais être surpris, Dow.
- Le boulot, ça va ? - Ça va.
J'ai monté mon entreprise de transport à Montreuil.
Ça marche plutôt bien.
Les femmes rient.
J'ai engagé des repris de justice pour conduire les camions.
Des taulards ?
C'est pas des emmerdes ?
- Non. Ils ont une seconde chance.
Toi-même, t'es devenu un citoyen modèle.
Exact.
J'ai obtenu mes papiers.
J'ai même ma carte d'artisan.
- Tu l'as pas attendue pour gagner ta vie.
Tu m'as pris pour un Polonais ?
Aboiements lointains
- Et voilà. - Merci.
Tenez.
- Jusqu'à ce matin, je les prenais plus, ceux-là.
- Ah bon, pourquoi ? - Trop de faux en circulation.
- Qu'est-ce qui a changé depuis ce matin ?
- La Banque de France a annoncé qu'elle rembourserait les faux.
Vous savez le pognon que ça va leur coûter ?
Ça a l'air de vous amuser.
Musique intrigante
Il y a une erreur.
Il en manque.
- C'est quoi, ces conneries ?
Soyez plus spécifique.
La fin du Minerve et Hercule.
- On ne pouvait plus laisser proliférer tous ces faux.
On en a détecté plus de 200 en un mois.
Sans compter ceux qu'on a ratés.
Ça nous coûte une fortune.
Entre nous, le Richelieu, c'est rien.
La vraie nouveauté...
la voilà.
Regardez-moi cette beauté.
Le Terre et Mer.
Infalsifiable.
- C'est supposé me remonter le moral ?
Comment j'arrête mes faussaires ?
L'intérêt général prime.
- Ça vous excite de me faire la guerre ?
Ça vous donne de l'importance ?
- Vous n'êtes pas le centre du monde.
"Le vrai mambo" Ginette Baudin
Wouhou !
Applaudissements
Putain !
Je me fais vieux !
Musique rock 'n' roll
À la tienne, Jackie.
- On va pas tarder. J'ai du boulot demain.
Demain,
c'est dimanche !
- C'est quoi, le dimanche ? Je sais plus.
- Tiens, Jackie. - Non, merci.
- Suzanne. - Non, c'est plus l'heure.
T'aimes pas
- la naphtaline ? - Chut.
Je peux régler ?
- Non, Bojarski. Les affaires marchent.
J'ai mis où, l'argent de merde.
Putain. Ça, c'est pour vous.
Ça, c'est pour vos beaux yeux et ça...
Je paie la table.
Musique rock 'n' roll
Dow chante en polonais
Dow, Dow, Dow, Dow !
Il y a des gens qui dorment.
Ça va, la soirée est bonne ?
- Allez, on y va. - Avance.
Allez, messieurs !
Les mains sur le mur, on se dépêche
et on présente ses papiers.
- Ils sont où ? - Dans la poche ?
- Ils ont fait quoi ? - Son nom ?
- Bojarski. C'est pas de chez nous, ça.
Les métèques avec des Françaises, je trouve ça louche.
- Qu'est-ce qui est louche ?
Laisse tomber.
- Écoutez votre mari, madame.
- C'est à qui, cette oseille ? - C'est mon argent.
Je te rends le portefeuille.
- Perds pas tes papiers. - Merci.
Mesdames, bonne soirée.
Tu déconnes, Dow.
Demain, j'irai porter plainte.
Non, non.
Tu vas rien faire.
- T'as peur de la police, maintenant ?
- Tu peux pas comprendre. - Depuis quand ?
Écoute, Suzanne !
Ça m'a pris 10 ans pour obtenir des papiers !
Je ne veux pas de problèmes !
Musique de tension
- Bojarski, on travaille chez les flics ?
Tu fais du trafic d'armes ?
- Je fais ce qui paie. Essaie.
- Tu sais combien ça te coûtera si les flics te prennent ?
Arrête avec tes grands airs.
T'as pas toujours été tout blanc.
- Pour nous, il y a qu'une chose à faire,
il faut passer inaperçu.
- Et se faire exploiter jusqu'à l'os ?
C'est ça, la vie ? Arrête de me regarder comme ça !
Je te dois rien !
- Tu me dois rien et je te dois rien.
Je veux plus te voir.
Il y a rien à comprendre.
Tu mets ma famille en danger, donc, tu sors de ma vie !
C'est clair ?
M. le ministre.
Musique mondaine
- Je reviens. - T'es sûr ?
M. le ministre.
Commissaire.
Je vous laisse.
- Le général m'a parlé de vous, et pas en termes élogieux.
J'ai besoin de plus de moyens.
- Vous avez déjà 12 officiers. Vous savez combien ça nous coûte ?
- Pas autant que de changer de monnaie.
Les spécialistes de la PJ pensent
que les contrefaçons viennent d'un gang d'experts.
Je peux être honnête ?
Le gang, on s'en moque.
C'est le graveur qui compte.
Si je le coince, je mets terme au trafic.
- S'il suffit de le coincer, qu'attendez-vous ?
Un conseil, Mattei.
Passez moins de temps aux mondanités et plus derrière votre bureau.
Musique intrigante
- Celle-là, on la met où ?
On dirait une pomme.
Ouais, une pomme glacée.
Non, une pomme croquée.
On le met, le père Noël ?
Musique intrigante
- Là-haut ? Il y aura déjà une boule.
Je peux t'aider ?
Je voulais savoir.
Quoi ?
Tu le connais, ce cabanon.
Non. Tu me caches quelque chose.
- Il fallait que tu viennes ici en pleine nuit ?
- Viens. Je te ferai visiter demain. - Non.
Ce soir.
Tu joues à quoi, Suzanne ?
Je veux savoir avec qui je vis.
Ça, c'est un déodorant à bille.
C'est comme pour le stylo, mais en plus gros.
- Je vais le faire breveter. - Arrête.
Dis-moi ce que tu fais vraiment ici.
Après toi.
Tu les as volés ?
- Non, pas du tout. Ils sont à moi.
Tu voulais savoir ce que je fabriquais ici.
Maintenant, tu sais.
Je les écoule billet après billet.
Jour après jour.
Chaque fois dans un lieu différent à Paris.
Tes brevets, c'est du vent ?
- Tout le monde s'en fiche des inventions d'un polak.
Depuis quand tu joues à ça ?
Je joue pas.
J'en avais marre d'être traité comme un moins que rien.
J'en pouvais plus, de la honte.
Et quand tu croupiras en prison ?
- Ça n'arrivera pas. - Ah, bon ?
- Pourquoi ? - Je prends mes précautions.
T'es plus malin que tout le monde ?
Oui.
Non, mais tu t'entends ?
Tu te prends pour qui ?
Regarde.
Le mien sera encore plus beau que l'original.
Tu vas continuer ?
- Si je travaille d'arrache-pied,
dans un an, j'en aurai produit des centaines.
Et nous, on devient quoi ?
Mais quoi ?
Tu préférais quand on vivait aux crochets de tes parents ?
Ou que j'enchaînais les petits boulots minables ?
Je t'ai jamais trouvé minable.
Suzanne.
Me lâche pas.
Musique mélancolique
Tiens.
C'est beau !
4 ans. Quel grand garçon.
Musique mélancolique
Ça te plaît ?
Oui.
Il tousse.
Souffle, chéri.
Musique mélancolique
Il est où, papa ?
Il travaille.
Comment tu le trouves ?
Musique enjouée à la radio
"Seront punis de travaux forcés
"ceux qui auront contrefait des billets de banque."
Bravo, ça se lit très bien.
Klaxon
Les enfants, le petit-déjeuner est prêt !
Je vais passer le permis.
Je te laisse t'occuper des enfants.
Porte
Claquement de verrou
- On rend visite à ses anciennes amours ?
Ça me manquait de te courir après.
- C'est important de faire de l'exercice.
Il te reste combien de temps ?
Tu dirais quoi si je plaçais un mot pour toi ?
Tu gagnerais quelques mois.
En échange de quoi ?
- Qu'est-ce que tu peux me dire là-dessus ?
- C'est de la belle ouvrage. - Mais encore ?
Léger rire Quoi ?
Vous voyez ce pétale ?
Je sais.
C'est une des rares erreurs du graveur.
Le vrai Terre et Mer a un pétale fané.
- C'est pas une erreur, c'est une signature.
Vous avez une tige ?
- Pourquoi il signerait ses propres billets ?
Pour distinguer les vrais des faux.
Au risque de se faire remarquer ?
Justement.
Il veut qu'on reconnaisse son talent.
Le copiste veut faire mieux que l'original.
C'est pas pour épater les commerçants.
- C'est-à-dire ?
- Vous ne le connaissez pas, mais lui vous connaît.
Il veut vous toucher. Vous émouvoir.
Votre client, c'est pas un malfrat.
C'est quoi, alors ?
- Un artiste qui gagne plus avec ses billets
que vous en enquêtant
sur lui.
Ses complices le laissent faire ?
- Qui vous dit qu'il en a ? - Non, impossible.
C'est le boulot de 6 personnes au moins.
- "Le général Massu est entré dans Alger..."
Une merveille,
cette caméra.
"Il affrontera aussi le FLN
"qui lutte pour l'indépendance de l'Algérie."
- L'Algérie... On peut pas trouver
un autre sujet ?
Tu dois te régaler avec.
- Il s'en sert jamais. - Ça doit coûter cher.
Vous les vendez cher,
- vos brevets ? - Certains, oui.
- "Panique à la Banque de France qui se demande
"si les faux billets
"ne seraient pas l'œuvre des Soviétiques
"pour déstabiliser notre économie,
"révèle une source qui préfère rester anonyme."
Papy, ça veut dire quoi "anonyme" ?
Qu'il veut rester caché.
- Ou bien ça veut dire que personne le connaît.
Si ça se trouve, c'est vrai.
Que t'es un espion russe
qui veut déstabiliser notre économie.
Léger rire
Allez, dis-moi tout.
T'es un Rouge ?
Je te sers de couverture ?
J'avoue.
Par contre, je suis un fugitif.
Pourquoi ?
J'ai refusé par amour.
C'est dommage.
Ah, bon ?
- Au moins, c'est romantique, un espion.
C'est fidèle à quelque chose. Ça a des convictions.
Les analyses sont formelles.
Pour obtenir ce résultat, ils ont mélangé
du papier calque et des feuilles à rouler.
50-50, à raison de 10 feuilles à rouler par billet.
Ça fait 1 paquet de 100 pour 10 billets.
- C'est un coup à dévaliser tous les tabacs de France.
- On a analysé chaque marque de papier.
- JOB, Zig-Zag, Riz Lacroix... - Et alors ?
Il n'utilise que du papier OCB.
Sirène lointaine
- Allez, messieurs, servez-vous !
- Nous devons découvrir là où il s'approvisionne.
- Un gars par tabac ? Il va falloir recruter !
Maréchal, vous êtes motivé !
Vous mènerez l'enquête.
Demandez à OCB s'ils ont eu
des ruptures de stock récemment.
Vous irez ensuite interroger les buralistes concernés
un par un.
Compris ?
Musique de tension
Merci, monsieur. Bonne journée.
- Voici les tabacs ou un inconnu a acheté
des boîtes de 100 feuilles dans les 6 derniers mois.
Il y en a partout.
Si notre type s'approvisionne
sur tout le territoire, on n'est pas plus avancés.
Musique de tension
Mesdames et messieurs,
le train de 13h27 à destination de Marseille
entrera en gare voie C.
Coup de sifflet lointain
Téléphone
Allô ?
Je ne pensais pas
que vous alliez décrocher.
Vous appelez souvent les gens...
en espérant qu'ils ne décrochent pas ?
Non.
Seulement quand je me sens d'humeur bavarde.
J'ai votre travail sous les yeux.
Ah, oui ?
- Vos billets sont plus vrais que nature.
Chapeau.
Ça n'a pas été facile.
J'ai dû concevoir de nouvelles machines.
- Justement, pourquoi avoir choisi de copier le Terre et Mer
plutôt que le Richelieu ?
C'est plus rentable.
Plus difficile, aussi.
- Ça me fait plaisir que vous l'ayez remarqué.
Sur celui-ci, les filigranes sont plus complexes.
Les visages recto et verso doivent se superposer.
Et puis, il y a la taille-douce,
avec cette impression en léger relief.
- Et le visage de ces deux femmes, aussi.
Leur regard est moins frontal que celui du Richelieu.
Elles ne dévisagent personne.
- Je peux vous poser une question ? - Allez-y.
- Pour qui faites-vous tout ça ?
Pour qui d'autre que vous ?
Je ne suis pas votre seul public.
Qu'en pensent vos complices ?
Vous travaillez seul, n'est-ce pas ?
Ça doit être épuisant, tous ces déplacements.
Je vais devoir vous laisser.
Je vous préviens.
Je vous arrêterai en temps voulu.
- J'arrêterai de moi-même.
Non.
Vous n'arrêterez jamais...
parce que vous ne faites pas ça pour l'argent, pas vrai ?
Désolé, monsieur. On ferme.
Oui, j'y vais tout de suite.
Grincement de train
- Contrôle d'identité. Veuillez sortir vos papiers.
Messieurs-dames, sortez vos papiers !
- Allez, avancez. - Vos papiers, s'il vous plaît.
- Contrôle d'identité ! - Vos papiers.
- Allez-y.
- S'il vous plaît, vos papiers. Merci.
Bien.
Vos papiers, s'il vous plaît.
Sortez vos papiers !
Ouvrez votre valise.
Grincement de train
- Messieurs-dames, sortez vos papiers !
- Vous ! Coup de sifflet
Arrêtez-le !
Circulez.
Grincement de train
Papa.
Hm ?
- Est-ce que Sophie peut venir dormir samedi ?
Sophie qui ?
- Sophie, ma meilleure amie depuis la primaire !
Je t'ai parlé d'elle 100 fois !
- Je ne veux pas que tu invites des gens à la maison.
- Je réussis à l'école. Pourquoi tu me punis ?
Baisse d'un ton, s'il te plaît.
- Personne ne vient et t'es jamais là !
- Je travaille pour que tu aies une meilleure vie que moi à ton âge.
Et quelle vie t'avais ?
Tes parents, ils faisaient quoi ?
Il y a rien à savoir !
- C'est comme ton travail ! C'est quoi, le dernier truc
- que t'as inventé ? - Le dernier truc
m'a permis de t'acheter cette télévision !
- Je m'en fiche ! Moi, je veux voir
des vraies gens !
Musique mélancolique
T'as déjà perdu tes amis.
Tu veux aussi perdre tes enfants ?
Pourquoi tu continues ?
- Depuis 2 mois, il ne se fournit que dans le sud de la France.
C'est parti de Nice, puis Cannes, Toulon, Marseille.
Ensuite, il est remonté
jusqu'à Lyon.
- Il est méthodique. - Trop.
Regardez, après Lyon,
il a bifurqué vers Grenoble.
- Grâce au réseau ferré. - Il est moins prudent.
S'il continue comme ça,
il sera bientôt à...
Musique sombre
Il va venir.
Il a appelé le patron hier pour vérifier son stock.
- Et s'il va dans un autre tabac ? - Impossible.
Il est méthodique.
Ça va, Legal ?
- Non. Tu peux me remplacer, s'il te plaît ?
- Je veux bien. - Merci.
Musique intrigante
Elle est maintenant à la corde,
tandis qu'en dernière position, il y a Nimble Boy.
OK, c'est un bon départ !
- Allez ! - Allez !
Gérard, une Bastos, s'il te plaît.
Commentaires à la télévision
Une Bastos...
- Ça fait 10. - Gérard,
tu nous remets ça ?
- Avec plaisir. - C'est gentil, merci.
Brouhaha
Musique inquiétante
- C'est bien ! C'est bien ! - Oui !
Allez, cours ! Cours !
Allez !
Brouhaha
Allez !
Allez, ma jolie !
Allez, cours !
- Qu'est-ce qu'il fout,
Maréchal ?
Vomissements
Oh, oh !
- Vous gênez pas ! - Désolé, je suis malade.
Monsieur ?
- J'ai téléphoné pour vous commander du papier OCB.
- Ah, c'est vous ? Je vais chercher votre commande.
Musique inquiétante Brouhaha
Musique de tension Brouhaha
Non, Roc Épine !
Oh !
- Perrier, allons-y.
Musique de tension
Police !
Dans les toilettes.
Musique de tension
C'est pas vrai !
Faites relever les empreintes.
Et appelez le type des portraits-robots.
- Il sera pas là avant demain.
- Et alors ? Vous avez mieux à proposer ?
- Excusez-moi, le train de 22h12 pour Paris,
c'est sur ce quai ?
- Non, il est annulé. Demain, à 7h15.
Merci.
- Bonjour. - Avec le salon du bricolage,
nous sommes complets, habituellement.
Merci, monsieur.
- Ah. M. Mattei. Votre taxi est réservé pour demain.
Merci.
- Donnez-nous 10 mn. On s'occupe de votre bagage.
Vous pourrez me prévenir quand la chambre 23 sera prête ?
Musique jazz douce
- Bonsoir. Une vodka. - Bien, monsieur.
Bonsoir, monsieur.
Vous auriez du feu ?
C'est vous qu'on voit aux actualités ?
Le commissaire des faux billets ?
- Ça fait longtemps qu'on ne m'avait pas reconnu.
Mes jours de gloire sont derrière moi.
Aux jours de gloire, alors.
Musique jazz douce
- Que faites-vous dans la vie, monsieur...
Brabin. Maurice Brabin.
Je suis représentant d'outils de bricolage.
Je suis ici pour le salon de demain.
- Je suis incapable de planter un clou.
Vous êtes bricoleur ?
Un petit peu.
- Et comment devient-on représentant en outillage ?
- Mon rêve était de devenir ingénieur.
Je le serais aujourd'hui, si j'étais resté en Pologne.
Mais "Brabin"...
Brabinski.
J'ai dû franciser mon nom pour trouver du travail.
S'il vous plaît.
Oui, monsieur.
Musique jazz douce
- Vous êtes à Vichy pour le travail ou pour une cure ?
J'ai l'air de faire une cure ?
Donc, le travail, alors.
Vous êtes sur la piste d'un faux monnayeur ?
Pardonnez-moi. J'adore les faits divers.
Je suis abonné au magazine Détective.
Il faut passer le temps, en tournée.
J'avais une piste, oui.
Et ?
J'étais à ça de l'arrêter.
Musique jazz douce
8 ans que je traque le même type.
8 ans que je patauge et que je ruine ma carrière.
Même ma femme ne me supporte plus.
- Vous parlez de votre travail à votre femme ?
Pas vous ?
- Moi, les perceuses, les visseuses, ça n'intéresse pas grand monde.
Alors que vous...
Moi, je ne suis pas un exemple.
Deux divorces...
trois mariages...
À votre prochaine arrestation.
- Ce n'est pas moi, le plus à plaindre.
Ah, oui ?
Vous imaginez ?
Fabriquer des chefs-d'œuvre sans pouvoir en parler à personne.
C'est comme être le nègre d'un prix Goncourt.
À sa place, ça me rongerait de l'intérieur.
- Peut-être pas lui.
Oh, si.
- Comment le savez-vous ?
Je commence à cerner le bonhomme.
Cliquetis de briquet
Bon...
Je vous ai assez embêté.
C'est pour moi.
Vous êtes sûr ?
Musique jazz douce
Ça me gêne.
Vous allez me vexer.
Merci pour la conversation.
J'étais d'humeur bavarde, ce soir.
Une seconde.
Suzanne rit.
Claquement de porte
- Barre-toi !
Arrête !
- Je veux plus te voir ! Tu m'entends ?
- Plus jamais ! - Arrête !
Aboiements
- Tiens, la Dauphine. C'était pour fêter ton permis.
Ça fait longtemps ?
Tu l'aimes ?
Réponds-moi.
- Tu l'aimes ? - Lâche-moi.
Ça fait 2 ans que tu m'as promis d'arrêter.
Les 2 ans sont passés et rien n'a changé.
J'en peux plus de craindre que la police débarque.
J'y suis presque, Suzanne.
Laisse-moi un peu de temps.
- Arrête de me prendre pour une conne !
Tu continueras toujours, alors fous-moi la paix !
Arrête ! Arrête !
Arrête ça.
Arrête. Arrête.
Arrête.
Arrête.
Arrête.
Arrête !
Pas s'éloignant
- Les empreintes correspondent à celles retrouvées il y a 10 ans
chez le gang des Tractions.
On fait quoi ? On le diffuse ?
- Pour prendre le risque qu'il disparaisse ?
Non. On garde ça pour nous.
Dans quelques mois,
nous opérerons une transition progressive
vers le nouveau franc.
Nos experts ont créé une nouvelle génération
de billets proprement infalsifiables.
Bien. Merci. Jacques, je vous laisse la parole.
Merci, monsieur le directeur.
Nos ingénieurs ont repensé le papier
en intégrant de nouvelles trames
et des motifs en filigrane inédits.
Ce nouveau billet imprimé en taille-douce
est moins haut que le Richelieu. La Banque de France...
Monsieur. Monsieur !
Je vous demande pardon.
Musique mélancolique
"Pardonne" Vanessa Contenay-Quinones
T'en fais pas. C'est passé.
La douleur va et vient.
J'ai l'habitude.
- Ouais. Et ça fait combien de temps qu'elle est partie ?
Ma douleur ?
Non, Suzanne.
Un an, bientôt.
Et tu penses qu'elle va revenir ?
Si ça peut te consoler,
moi, j'ai tout perdu.
Que ce soit Jackie, mon boulot, ma boîte...
Je dois de l'argent à tout Paris.
Je sais même pas vers qui me retourner.
Musique intrigante
Bojarski, qu'est-ce que t'as fait ?
C'est pour ça que Suzanne est partie ?
- Suzanne en pouvait plus de cette double vie.
- Et toi, tu la supportais, cette double vie ?
- Il te faut combien pour sortir la tête de l'eau ?
Oh... autour de...
10 000.
Tiens.
- Pas besoin de me rembourser. - Je peux pas prendre ça comme ça.
- J'ai pas dit "sans contrepartie". - Oui.
- J'ai besoin de toi. T'as compris ce que je faisais ici ?
Bah, la France voulait pas de nous,
alors tu t'en es pris à son pognon.
Règle No 1 :
pas plus d'un billet par boutique.
Un commerce, un billet, une rue.
Règle No 2 : rien d'ostentatoire.
Les bagnoles, les sapes, t'oublies.
Règle No 3 : la discrétion.
Change pas tes habitudes.
- Ça tombe bien, j'ai pas d'habitudes.
Sonnette
Salut, papa.
Tu pourrais m'embrasser.
Je suis en retard.
Ah, Jan.
Le portrait craché de sa mère à son âge.
Je te souhaite courage.
- Qu'est-ce que tu racontes, encore ?
Je vous laisse.
- Pierre, prépare-toi, ton père est là.
C'est bon !
Comment tu vas ?
Ma mère va me rendre folle,
mais je visite un appartement demain.
Toi, t'as vu le médecin ?
Il parle de stress, de surmenage.
Je voulais te dire...
Je vais arrêter.
J'ai dû recommencer à zéro pour le Bonaparte,
mais dans un an, c'est terminé.
Je te le promets.
- J'ai rêvé que tu te faisais arrêter.
J'étais presque soulagée.
Et toi, derrière les barreaux, t'étais fier.
J'irai jamais en prison.
Même si la police me trouve,
aucun graveur de la Banque de France ne m'égale.
- Pierre, dépêche-toi !
- Bah, qu'est-ce qui t'est arrivé ?
- Un grand m'a traité de polak à l'école.
Tu me le ramènes ce soir ?
Oui, oui.
- Tu vas me raconter. - Hm.
Jan.
J'attends toujours que tu signes les papiers du divorce.
- C'est le devoir de maths, j'y arrive pas.
- J'étais pas si mauvais en maths, à ton âge.
- Les fractions, j'y comprends rien.
- Oui, mais ça dépend comment on t'explique, aussi.
Ça, c'est M. Zulawski.
Quand il parle, on dirait du latin.
Ah, les Polonais...
Bon...
Alors...
Tu peux me lire l'intitulé ?
"Un jardinier plante des géraniums
"sur le pourtour circulaire..."
Musique mélancolique
Klaxon
Alors, on bouge ?
Musique mélancolique
Klaxon
Musique mélancolique
Musique enjouée lointaine
Tu rembourses tout dans 3 jours !
- T'as compris ? - Oui, c'est bon !
Propos en polonais
Putain de merde.
- Qu'est-ce qui t'est arrivé ? - Ça ? C'est un mari jaloux.
J'ai bien bossé.
Avec un faux Bonaparte au tiercé, j'en ai eu trois vrais.
Pas mal, hein ?
Ah, oui ?
T'as 5 billets à écouler par jour, tu gagnes 25 francs par billet.
Tu connais beaucoup de boulots qui paient aussi bien ?
Non.
- Ça te suffit pas ? - Si. Il y a un problème ?
- Tu devais me rendre 8 000 nouveaux francs.
- Il y a 7 500 en petites coupures
et 300 avec les Bonaparte. Ça fait 8 000.
Il manque 300. Viens.
- Lis les numéros des billets. - Non.
Lis !
39320 V60... ouais.
Lis les numéros.
39320 V60... c'est les mêmes.
- Évidemment, vu que c'est moi qui les ai faits !
Non, c'est le buraliste...
Ça suffit, maintenant !
Arrête de me prendre pour un con !
Tu crois que je reconnais pas mes faux ?
- Attends, s'il te plaît. J'ai déconné, je recommencerai pas.
J'ai besoin de cet argent. Téléphone
- On va faire une pause. Je te rappellerai.
Oui, allô ? Oui, lui-même.
J'attendais votre appel.
Tout à fait.
Entendu. Merci.
Musique intrigante
Au suivant !
Je voudrais...
Je voudrais 10 bons du Trésor.
Bien sûr.
- Bonjour, mademoiselle. Je suis malpoli.
Musique intrigante
Il y a un problème ?
J'en ai plus assez.
Attendez une minute.
Musique de tension
J'arrive.
- C'est bon ? - C'est bon.
J'en ai quatre. Le directeur m'a confirmé,
j'en aurai d'autres demain matin.
Je repasserai.
Musique de tension
Voilà, merci...
- Attendez, monsieur, votre argent. - Oh, putain...
Voilà.
- Merci. - Au revoir, monsieur.
Musique de tension
- C'est comme ça que le faussaire écoule ses billets ?
- Possible. - Ce serait malin.
Imprudent, surtout. Et nouveau.
S'il avait fait ça depuis le début,
on l'aurait coffré il y a longtemps.
Vous savez ce que ça veut dire, Perrier ?
Qu'il ne bosse plus tout seul.
Il a engagé quelqu'un
et ce quelqu'un ne respecte pas les règles.
Ça fait 15 ans qu'on l'attend, ce faux pas.
Allez, bonne journée.
Musique inquiétante
- Qu'est-ce que vous faites ?
On a presque fini.
- On te fait une démonstration ? - Oui, bien sûr.
Vous travaillez sur quoi ?
- La nouvelle invention de papa. - C'est la tienne.
Une machine à café à dose unique.
Dans un emballage, on met
- une dose de café moulu... - On glisse dans la machine,
l'eau chauffe...
- Elle passe à travers l'emballage qui fait filtre.
Et après, on la jette.
Une dose, un café.
Tu t'es remis à tes inventions ?
Musique de tension
Klaxons
- Les bons comptes font les bons amis.
Mais en l'air !
Rafales de tirs
Rafales de tirs
Téléphone
- Allô ? - Ils m'ont repéré ! Bouge !
Bouge plus !
Avec qui tu es au téléphone ?
Raccroche pas !
C'était qui ?
Personne.
Une erreur.
On continue ?
- Si tu veux qu'on t'emmène à l'hôpital,
tu nous dis pour qui tu bosses.
Moi, je travaille seul.
- Un génie comme toi, ça m'étonnerait.
Je m'en fous si vous me croyez...
Il hurle. Putain !
Si tu parles,
tu tombes sous l'article 138 du Code pénal.
Ça dit que celui qui dénonce un contrefacteur
peut obtenir une excuse absolutoire.
Ça te parle ?
- Non. - En clair, si tu parles,
t'évites les travaux forcés et la prison.
Alors...
c'est vrai, ça ?
- Je me trimballe pas avec le Code pénal.
Il faut me croire sur parole.
- Alors, détachez-moi et après... on parle.
Musique mélancolique
Bon, Pierre. On y va ?
Oh non, maman. Encore 5 mn.
Musique angoissante
Ça marche, on a réussi !
On a réussi.
Musique mélancolique
Bouillonnement d'eau
On frappe.
Porte
Jan Ceslaw Bojarski ?
Oui.
Vous êtes en état d'arrestation.
- Qu'est-ce qui me dit qu'elle est vraie ?
Cliquetis de menottes
Musique mélancolique
- Vous allez où ? - Je vais chez moi.
Vous êtes mariés depuis quand ?
Ça fait 20 ans,
mais on vit plus ensemble depuis 1 an.
- Vous prétendez qu'en 20 ans moins 1 an,
vous n'avez jamais rien vu ?
- Qui vous êtes pour savoir ce qu'il fallait voir ?
Vacarme de la fouille
Alors ?
- Rien pour l'instant. - Remontez, fouillez partout.
Désossez la maison s'il le faut.
Oui, chef.
- Détachez-le.
Je vais trouver.
Vous le savez que je vais trouver !
Non, je ne sais rien du tout.
C'est sans doute encore une de vos fausses pistes.
C'est quoi, ça ?
- Une machine à café de toute dernière génération.
Vous voulez goûter ?
Je n'osais pas vous le demander.
Une dose, un café.
Le dosage parfait.
- Vous avez déjà le slogan publicitaire.
Je suis inventeur.
Ça m'a pas l'air très économique.
- Peut-être, mais c'est pratique et très bon.
Tenez.
Je fais venir un marteau piqueur
ou on règle ça entre gens civilisés ?
Musique douce mélancolique
- Qui vous a aidé à bricoler tout ça ?
Personne.
Mon épouse n'y est pour rien.
Jurez-moi qu'elle n'aura rien et je vous dis tout.
Musique mélancolique
- Commissaire, s'il vous plaît ! - S'il vous plaît, pour Paris Match !
Commissaire !
Madame, s'il vous plaît !
Reculez, s'il vous plaît.
- Reculez, reculez ! - Encore une.
Non, pas la famille.
Musique mélancolique
Portière et grondement de moteur
C'est là.
Allez.
Grésillement de porte
Propos mêlés lointains
J'ai une mauvaise nouvelle.
- La Banque de France a refusé de m'engager ?
- Les USA et l'URSS voulaient vos services,
mais le général a mis son veto.
- Il a pas aimé qu'un Polonais fasse mieux que ses Français.
Si on m'avait dit qu'un jour, de Gaulle me connaîtrait...
J'en ai bavé sur celui-là.
Je trouvais le regard sans vie.
- Sur le vôtre, il a plus d'éclat, c'est vrai.
- J'ai essayé d'améliorer un peu l'original.
Page 10, on parle de toi.
Claquement de porte et de verrou
Musique mélancolique
- La Cour et le jury décident à la majorité absolue
de condamner Bojarski Jan Ceslaw
à la peine de 20 ans de réclusion criminelle
et ordonnent la confiscation et la destruction
de tous les billets qu'il a contrefaits.
Propos mêlés des journalistes Musique mélancolique
Comment tu te sens ?
Bah...
Je suis presque une célébrité, ici.
Dehors aussi, tu sais ?
Les voisins s'en sont pas remis.
- Ta mère non plus, j'imagine. Elle rit.
C'est toi qui avais raison.
J'aurais dû arrêter plus tôt.
Tiens.
Je les ai signés.
Je te demande pardon d'avoir mis tout ce temps.
Tu vois, Bojarski...
Ceux-là, je préfèrerais que ce soit des faux.
- Je vais rester ici pendant très longtemps.
Écoute.
Va sur la terrasse...
Il continue à chuchoter.
Musique mystérieuse
Grésillement
Cliquetis de pièces
Musique dramatique
Et maintenant,
le clou de la vente...
un véritable faux billet, un Bojarski,
surnommé "le Cézanne de la fausse monnaie".
Pour ce Bojarski de période Bonaparte,
considéré comme son chef-d'œuvre, 1 000 euros.
J'ai preneur des 1 000 euros. 1 100...
1 200, 1 300, 1 400, 1 500...
2 000, 2 100, 2 200, 2 300...
2 400, 2 500...
3 000...
3 500... 4 000...
4 500...
Musique dramatique
Claquements de machine
Adaptation : Hugo Martinet
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