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Pauvres petites.
Quand je pense � leur enfance,
� tous ces adorables petits asticots.
Notre histoire
parle d'un homme dont les ambitions sont des plus nobles.
Il aime tuer les humains nuisibles,
et il le fait devant un public.
Voil� qui est amusant.
Alors tenez-vous pr�ts, les gosses.
Vous allez �tre �lectris�s.
LE BOURREAU EN MAL D'EXECUTIONS
Voici Charlie Ledbetter,
dans sa cellule, au p�nitencier f�d�ral.
Il est presque minuit.
Dans quelques minutes, Charlie va mourir.
Il y a une chose � laquelle M. Ledbetter ne pense pas,
c'est Joe Saylor, son ancien patron.
Un jour, Charlie a pris une demi-pinte de vodka au d�jeuner.
Il pensait � la mani�re dont ils avaient rejet� sa demande d'augmentation.
Il le prenait tr�s mal, notre Charlie.
Ca faisait sept ans qu'il travaillait l�, et il n'�tait pas bien r�compens�.
Il est all� chercher son calibre 44
dans la bo�te � gants de sa Chevrolet
et s'est rendu au bureau de M. Saylor.
Deux balles ont atteint Saylor,
trois l'ont loup�,
la derni�re a travers� un pan de verre
et a touch� une secr�taire qui passait.
Juste derri�re l'oreille.
Tu�e de fa�on spectaculaire.
Un tir chanceux, en quelque sorte.
Pour ainsi dire le seul coup de chance de Charlie Ledbetter.
Je parie qu'� pr�sent, Charlie Ledbetter se met � penser s�rieusement
� la Vall�e de la Mort.
Il pense � la couche qu'ils lui ont fait mettre.
Se demandant s'il va se chier dessus quand je vais lui envoyer le jus.
C'est pas juste.
Il ne tiendra pas.
C'est pas juste.
La premi�re chose qu'il faut savoir,
c'est qu'� l'heure venue, ces gros durs deviennent des trouillards.
Ils crient, ils gueulent, ils hurlent,
ils braillent, "Le gouverneur va appeler", etc.
Je suis ici depuis 12 ans, et le gouverneur a pas encore appel�.
Les gens disent des choses d�lirantes sur les �lectrocutions.
Ils disent que les yeux sortent des orbites et qu'on vomit du sang noir.
Ils disent qu'on bave comme un chien enrag�.
Pure foutaise. Ya rien de vrai l�-dedans.
L '�lectricit� a un avantage .: C'est propre.
Bien s�r, j'ai vu quelques t�tes fumer une fois que c'est fini.
Une t�te fumante, c'est pas beau � voir.
Non.
Attendez une minute !
Il va appeler !
Le gouverneur va appeler !
Il va me donner un sursis !
Si, c'est vrai. Non !
Il doit le faire !
Ca suffit, Charlie. T'es pas une poule mouill�e.
Tu as tu� quelqu'un. Tu vas passer � la casserole.
C'est ce que t'as m�rit�, non ?
Pourquoi vous faites �a ?
Les gens me disent que les bourreaux ne fixent pas les prisonniers dans les yeux,
peut-�tre pour �viter de regarder la peur en face.
Pas moi.
Je le fais toujours.
Voil�, M. Ledbetter.
Tu es pr�t pour les deux chocs exig�s par l'Etat.
Je pense qu'il faut commencer. Le gouverneur n'a pas appel�.
Oui. Nous sommes pr�ts.
Prions.
"Alors que j'entre ici,
"avec ce sentiment indigne, � Seigneur J�sus-Christ,
"de ma propre laideur,
"puisse la b�n�diction de Dieu, dans une joie immacul�e..."
Non ! C'est pas juste !
"Dans mon indignit�, puissiez-Vous b�nir mon entr�e, Vous qui �tes saint,
"Vous qui �tes mis�ricordieux, Vous qui respectez..."
On dit que le courant �lectrique est si rapide
que le cerveau est an�anti d�s que l'interrupteur est allum�,
et le prisonnier ne sent jamais rien.
Je refuse de penser que c'est vrai.
Je suis un gars de la campagne, mais j'aime la ville.
C'est grand. C'est sale.
C'est bien r�el.
La nuit, il y a beaucoup de lumi�res.
C'est pas beau, �a ?
Je m'appelle Niles Talbot.
Je suis le bourreau de cet Etat depuis 12 ans.
Quand je suis arriv� de l'Oklahoma, je suis devenu �lectricien,
et peu apr�s j'ai obtenu un emploi � la prison,
pour m'occuper des g�n�rateurs.
J'aime l'�lectricit�.
C'est fiable.
Beaucoup d'Etats utilisent le gaz ou des injections mortelles.
Ca ne m'inspire pas.
C'est comme �a qu'on tue un chien ou un chat, pas un homme.
Pour moi, c'est la chaise �lectrique ou rien.
... agents sp�ciaux appel�s Coyote Busters.
Cette initiative implique souvent des agents
des services de lutte antidrogue, du F.B.I. et...
Oui ?
Un sandwich au fromage et un caf� noir.
Aujourd'hui, le corps l�gislatif s'appr�te � voter
sur l'abolition �ventuelle de la peine de mort dans cet Etat,
quelques heures apr�s l'ex�cution de Charles Ledbetter.
Certains affirment que la peine de mort a un effet dissuasif
sur les crimes violents,
que son abolition ne ferait qu'augmenter la criminalit�
et entra�nerait la surpopulation des prisons.
Beaucoup affirment �galement que l'ex�cution reste un crime devant Dieu.
Je suis sinc�rement navr�, Niles.
Ce n'est pas de votre faute. Vous n'y �tes pour rien.
Je dois admettre que je ne m'y attendais pas.
Je peux toujours te remettre une lettre de recommandation.
J'esp�rais r�cup�rer mon ancien job.
Il vous faut quelqu'un qui s'occupe des g�n�rateurs � la centrale.
Le poste est d�j� combl�, Niles.
Rappelle-toi, tu les as form�s.
Ca fait des ann�es que je travaille ici.
Deux ans � l'atelier d'�lectricit� et 12 � envoyer le jus pour l'Etat.
L'anciennet�, �a compte pas ?
Ce n'est pas la question.
C'est juste que...
on a pens� que tu ne devrais pas rester ici avec les prisonniers.
Ils savent tous ce que tu as fait.
Ils savent tous que tu es celui qui...
- Ca pourrait mal tourner. - Je peux y faire face.
Si quelqu'un me cherche, je sais me d�fendre.
Je ne peux pas prendre de risques, Niles.
Penses-y et tu comprendras.
Oui, je comprends.
C'est sans doute pas le genre de job o� on m�rite une montre en or.
La seule chose dont un homme a besoin est un ami,
quelqu'un � qui parler quand �a va mal.
Ca doit �tre pour �a que les bars existent.
Tu peux siroter un verre, r�fl�chir,
bavarder un peu.
Tout � coup, les choses ne semblent pas aller si mal.
Les conversations de bars portent surtout sur le base-ball, le foot, la boxe et le sexe.
Mais avec moi, c'est diff�rent.
On veut souvent parler de mon job.
Je devrais plut�t dire mon ex-job.
Celui-ci est pour moi, M. Talbot.
Bon Dieu, c'est criminel.
Je peux pas croire que ces l�ches de politiciens l'ont fait.
Apr�s toutes ces ann�es de service,
ils te jettent � l'eau comme un sale n�gre.
Quel g�chis.
C'est trop con.
Merci, Vic. T'es un vrai pote.
Il y a des tas d'�missions l�-dessus � la t�l�.
Les gens de la t�l� ne savent rien.
S'ils veulent bien faire, ce qu'ils devraient faire,
c'est installer des t�l�s dans les cellules
de toutes les prisons, en circuit ferm�,
comme �a, tous les d�tenus
pourraient voir leurs potes se faire �lectrocuter.
- Ce serait une vraie le�on. - Je regarderais �a.
Lors d'un commentaire t�l�vis�,
le pr�sentateur expliquait que...
si on t�l�visait les ex�cutions,
le pays entier abolirait la peine de mort.
Ils seraient �coeur�s et finalement s'y opposeraient.
Qu'est-ce qu'ils savent ces enfoir�s � la t�l� ?
Je vais te dire un truc.
Les ex�cutions t�l�vis�es,
�a battrait tous les records d'audience.
Ca ferait exploser l'audim�tre.
Les autres cha�nes se mettraient � tuer pour la concurrence.
Geraldo Rivera tarderait pas � appuyer sur l'interrupteur.
C'est une cha�ne alimentaire.
On mange de la merde, la merde nous mange.
Ils m'ont vir� parce que je leur fais peur.
La mort leur fait peur.
Ils ne voient pas qu'elle nous entoure.
C'est une maladie.
On la mange, on la boit, on la respire, on la baise.
On va tous accoucher de la mort.
Elle grandit en nous,
comme eux l�-bas.
Vous voyez ces deux toxicos ?
Des pauvres cr�tins, hein ?
Je vais vous dire un truc.
Dans un sens, j'ai du respect pour eux.
Ils sont honn�tes.
Ils d�pensent tout leur argent juste pour s'injecter du poison dans le bras.
Pour la sensation forte.
Pour avoir un avant-go�t de la mort.
Ils savent que la mort approche.
Ils jouent avec.
J'aime �a.
Mais en m�me temps, les toxicos, c'est de la merde.
Des petits criminels.
Apr�s examen du t�moignage sous serment,
il semblerait que l'Etat ait �labor� un dossier solide
relativement � la poursuite de James Flood pour meurtre.
Cependant, apr�s r�vision du dossier du procureur de l'Etat,
il s'av�re que le mandat d'arr�t a �t� �mis de fa�on abusive.
Je vais devoir d�cr�ter les motifs insuffisants
pour poursuivre James Flood.
M. Flood, vous �tes libre.
Ouais !
Votre Honneur, je proteste.
C'est une parodie de proc�s.
Vous le lib�rez en raison d'une simple erreur administrative.
Silence dans la salle. Il y a non-lieu.
Je demande imm�diatement une r�vision de la cour d'appel.
Silence dans la salle !
Esp�ce de salaud, tu as tu� mon fr�re !
Fous-moi la paix !
- Ton fr�re �tait un sale p�d� ! - Et toi un assassin !
T'es un assassin !
Assassin !
J'ai rien contre les motards.
J'ai m�me eu une Harley, un jour.
Les motards sont pour la libert�. Ils veulent d�pendre de personne,
ils se foutent compl�tement de ce que la soci�t� pense d'eux.
Ils croient �tre les survivants de la vraie identit� am�ricaine.
Ce qu'�tait le pays avant que �a devienne l'anarchie,
avec les avocats des grandes villes, les ordinateurs,
les grandes entreprises, les pointeuses, etc.
Il y a beaucoup d'avantages � �a.
C'est pas des mauvaises id�es.
Mais ce motard, Jimmy Flood,
il a d�pass� les bornes...
et il va le payer.
Les autorit�s pr�sument qu'un court-circuit
serait � l'origine de l'�trange accident
qui a co�t� la vie au meurtrier pr�sum� Jimmy Flood.
Flood, souvent repr�sent� dans les journaux comme un voyou,
du fait de son style de vie et...
Tu te rends compte ?
Et y'en a qui croient pas en Dieu.
Bien s�r que Dieu existe. Pas de doutes.
Il passe seulement trop de temps � cr�er des connards comme ce motard.
Je vois ce que tu veux dire, pour moi, c'est une raclure.
Tu sais o� ils d�nichent ces experts � la t�l� ?
Ces gens qui d�fendent les libert�s civiles. Ils disent toujours :
"Seules les minorit�s se tapent la chaise."
T'as jamais remarqu� �a ?
Ils sont tous plut�t fonc�s quand j'en ai fini avec eux, Vic.
Ouais.
Les pr�venus veulent-ils bien se lever ?
Le pr�sident du jury veut-il lire le verdict ?
Pour l'accusation de meurtre avec pr�m�ditation,
Cynthia Baldwin et Th�odore Carne sont jug�s non coupables.
Les pr�venus ont �t� blanchis de toute accusation
et sont en droit de reprendre une vie normale.
La s�ance est lev�e.
- Non. - Je suis tr�s content pour vous.
- C'est fini. - Merci, Seigneur.
Ce type, Carne,
d�cide de liquider sa femme pour cette poulette,
mais sa femme avait tout l'argent � son nom, alors il a trouv�
que le divorce n'�tait pas une bonne id�e.
Je sais ce qu'il a derri�re la t�te.
On est tous pareils.
Ca se passe au niveau de l'entrejambe.
Je dois dire un truc pour ce Carne.
Si tu dois le faire, assure-toi qu'elle en vaut la peine.
Et cette fille est extr�mement belle.
Bien s�r, tout le monde sait que la beaut� est superficielle.
Elle est �ph�m�re.
Tiens.
Mon Dieu.
- Qui �tes-vous ? - Ecoutez,
j'ai 200 $ dans mon portefeuille. Dans mon pantalon, dans l'autre pi�ce.
J'ai de l'argent dans mon sac.
Prenez-le, ne nous faites pas de mal.
Gardez-le. Je ne suis pas ici pour votre fric.
Je ne comprends pas. Que voulez-vous ?
Je vous juge coupables du meurtre de votre ex-femme, M. Carne.
Etiez-vous un ami ? Qui �tes-vous ?
Et je vous condamne � mort.
Cette sentence sera ex�cut�e imm�diatement.
- Attendez une minute. - Ouais.
L'id�e vient de Ted.
- Je pensais pas qu'il irait... - La ferme !
Vous devez me croire.
Non, attendez !
La danseuse nue est lib�r�e
J'ai jamais eu de probl�mes avec les femmes.
Si j'en voulais une, il suffisait d'aller la cueillir.
C'est aussi simple que �a.
Pas mal !
Donne-moi une bi�re, ch�rie.
Elles demandent juste � �tre aim�es.
C'est tout ce qu'elles veulent. Ca vient de leurs mamans.
De tous les magazines pourris qu'elles lisent.
C'est facile d'avoir du succ�s avec les gonzesses.
Faut juste pas tomber amoureux, et �a va.
Vous leur donnez ce qu'elles veulent, vous tombez amoureux,
et elles vous tuent.
Elles peuvent plus vous supporter,
elles rompent et passent � autre chose
ou si vous leur tournez autour, elles vous coupent les couilles.
C'est curieux, hein ?
Et pour les attirer dans votre lit,
c'est tout simple.
C'est bien connu,
traitez les putes comme des reines et les reines comme des putes,
et tout va bien.
En moins de deux, elles sont dans votre pieu.
Regardez ces beaut�s.
Regardez, la reine des putes en personne.
Oui. J'ai exactement ce qu'il te faut.
Tu as peut-�tre tromp� le jury, mais pas moi.
Je me demande comment tu vas danser avec 10000 volts dans le cul.
Oh, mec !
Dans quelques minutes, une de nos danseuses sera morte.
Ch�rie, ton heure est venue.
Bon Dieu, qu'est-ce qui se passe ?
M. Talbot, vous �tes en �tat d'arrestation.
Vous avez le droit de garder le silence.
Tout ce que vous direz pourra �tre retenu contre vous au tribunal.
J'ai de bonnes nouvelles pour vous, M. Talbot.
En ardent d�fenseur de la peine capitale,
vous serez content d'apprendre que l'Etat a r�tabli la peine de mort.
Et qui ne touchera pas � l'interrupteur, cette fois ?
Ouais !
Il a appel� ?
Est-ce que le gouverneur a appel� ?
Ecoutez, si vous attendiez encore quelques minutes...
C'est tout ce que je demande, juste quelques foutues minutes.
Allez, je suis pas comme les autres.
Vous me connaissez.
Vous me connaissez tous !
J'ai travaill� ici, pour l'amour de Dieu.
Je vous dis que le gouverneur va appeler.
Il sait ce que j'ai fait pour lui.
Il sait que je me suis charg� de tous ces minables.
Toute la merde dont ils veulent que je me d�barrasse !
Vous devez me laisser partir, fils de putes !
Ce t�l�phone va sonner !
Je vous jure, il va appeler.
Il va appeler. Il est au courant.
Si vous m'�lectrocutez avant ce foutu appel,
vous allez tous �tre vir�s ! Vous m'entendez ?
Sales cafards !
J'ai rien fait qui pouvait vous d�ranger !
J'ai rien fait de mal !
Tout ce que j'ai fait, vous �tiez trop l�ches pour le faire vous-m�mes !
Sales connards de poules mouill�es !
Enfoir�s de trouillards !
Vous avez pas le droit de me faire �a !
Sortez-moi de l� !
Niles, je suis sinc�rement navr� d'en �tre arriv� l�.
C'est mon travail.
J'ai fait �a parce que c'est mon travail.
Si un homme n'est pas bon dans son travail,
alors vous allez me dire � quoi il est bon ?
A quoi il peut �tre bon ?
Je voulais pas avoir les cheveux ras�s.
Ils disaient que j'avais tort, car ma t�te pouvait prendre feu
� cause de l'�lectricit� quand ils envoient le jus.
Je leur ai dit de pas s'inqui�ter, le gouverneur appellerait.
Mon Dieu !
Quelles nouvelles r�voltantes.
Et quel choc pour ce pauvre Talbot.
Ca vous montre ce qui se passe quand on se laisse
envahir par le travail.
Ne vous inqui�tez pas, cependant.
Il n'a sans doute jamais �t� au courant de ce qui l'a tu�.
Souvenez-vous, les enfants,
la s�curit� avant tout.
French
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