All language subtitles for The.Meetings.of.Anna.1978.FRENCH.ENSUBBED.1080p.WEBRip.x265-VXT

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Original subtitles

Je pense qu'on a réservé une chambre pour moi, Anne, s'il le veut.

Ah oui, en effet.

Un même 320.

Ma mère m'a téléphoné.

Comment sait-elle que je suis ici ? Je suis désolé, je ne sais pas.

Ah bon ? C'est vous qui venez présenter le film ce soir au Roxy ? Oui.

C'est vous la réalisatrice ? On dit comme cela, n'est-ce pas ? Cela doit

être passionnant comme métier.

Est-ce qu'il y a le téléphone dans la chambre ? Oui, bien sûr.

Allô,

c'est Monsieur le réceptionniste.

Je voudrais le 27 15 76 à Prato, en Italie.

Bien, merci.

Deux ans d'attente.

Oui, j'attends.

Allô ? Oui, je sais que deux heures ne sont pas encore passées.

Mais j'ai trouvé une cravate, gris de perles en soie.

Je suis certaine que c'est de la soie. D'ailleurs, c'est marqué dessus.

Accrochée entre deux seins de la partie gauche de l'armoire.

Je l'ai laissée là.

J'ai l'impression que c'était à l'homme qui était là avant moi.

Peut-être celui qui attendait dans le hall devant une bière.

Il partait, il avait une petite valise.

Je n'ai pas remarqué s'il porte une cravate.

Ah non, ce n'est pas à lui.

Ah, j'aurais cru.

Je dois la laisser là.

Bon, on me rappellera avant deux heures.

Un peu moins maintenant.

Oui, tout va bien. Oui, je suis contente de ma chambre.

Est-ce que vous pourriez me passer le numéro 68 95 27 en Allemagne, à Cologne

? Ils n'habitent pas cette ville depuis longtemps, mais ils ont déjà le

téléphone.

Je crois de toute façon pas qu'ils sont là à cette heure-ci.

Bonjour ? Oui, c'est moi, Ida.

Oui, je suis ici, mais je n'ai absolument pas le temps de passer vous

voir. Je t'appelais juste pour dire bonjour.

Non, je t'assure, je ne peux pas venir.

Non, ne te dérange pas, Ida. Ce n'est pas la peine que toi tu te déplaces. Je

suis très occupée. Je n'ai même pas le temps de parler plus longtemps. Je tiens

à une communication importante.

Oui, je prends le train de demain de Cologne, l'express du soir.

Oui, au revoir.

Ah,

c'est le directeur du Roxy.

Il m'attend en bas avec un journaliste.

Bon, dites-leur que j'arrive.

Vous pouvez annuler ma communication avec l'Italie.

Il y a quelque chose qui ne va pas.

On ne t'aime pas.

Moi, j'ai l'impression de vous connaître depuis toujours.

Mais ce n'est pas vrai.

Habillez-vous.

Cela fait longtemps que je n'ai plus regardé la nuit.

On rencontre une femme.

On la raccompagne.

On a l'impression que va se passer quelque chose de beau.

On a de l'espoir tout d'un coup.

Elle dit, rhabillez-vous.

Et on se retrouve seul.

Est-ce que c'est toujours comme ça dans la vie ? Non, il ne faut pas dire ça.

Je me fais raccompagner souvent, mais je ne dis pas rhabillez-vous.

Et cela se passe.

Mais je ne me dis pas que ce sera beau.

Je crois que je ne me dis rien.

Et de toute façon, demain, il faut que je m'en aille.

Vous savez, pendant longtemps, j'ai cru que quand on me prenait la main, ça

voulait dire je t'aime.

Alors je me laissais prendre la main à le reste.

Est-ce que vous voulez mon adresse ? On ne fait jamais.

Oui.

Heinrich Schneider.

Schneider. Schneider.

Oui.

C'est le numéro de téléphone chez moi, et l'autre, ça, c'est le numéro de l

'école où j'enseigne.

Ah, vous êtes professeur.

Instructeur seulement.

Vous partez quand ? Demain à 4 heures.

Demain, c'est l'anniversaire de ma petite-fille.

Quel âge a-t-elle ? Cinq ans, demain.

Cinq ans ? J'aurais déjà dû avoir une petite fille de cinq ans.

Deux petites filles même.

L'autre aurait eu six ans déjà.

Je vous aurais appelé Judith et Rebecca, c'était beau nom.

Oui.

Non, ce n'était pas possible, ce n'était pas le moment.

C'est la faute à personne ? Non.

Comment est-elle, votre petite fille ? Est-ce qu'elle vous aime ? Oui, je

crois.

Elle est très aimante.

Un peu timide.

Vous devrez la connaître.

Oui.

Elle doit dormir en ce moment.

Oui, les enfants dorment la nuit.

Oui.

Vous devrez venir la voir demain.

Vous êtes encore là.

Demain après-midi.

Cela lui ferait tellement plaisir.

Oui.

Je viendrai vous chercher demain vers midi.

Si vous voulez.

Oui.

À demain.

Allô ? Quoi ? Vasse ? Il est midi.

Bon, j'arrive.

On vient juste de téléphoner.

Certainement pendant que j'étais dans la concert, c'est toujours comme ça.

Peut-être.

Votre mère était aussi monsieur qui appelait les paris.

Personne n'a laissé le message.

Ah bon ? Elle est en ordre ? Je peux laisser mon sac ici, je passerai le

reprendre plus tard ? Bien sûr.

C'est ici que j'habite.

En été, le jardin est plein de fleurs, surtout des tulipes.

Il y a toujours eu des tulipes ici.

C'est mon père qui les plantait.

Il était un grand amateur de tulipes.

Mais il est mort à Stalingrad.

Maintenant, c'est moi qui m'en occupe.

C'est ici que je suis né. J'aime cette maison.

Heureusement, elle a été épargnée pendant la guerre.

On a eu de la chance.

Est-ce que vous aimez les fleurs ? Non, pas beaucoup, mais ça n'a pas d

'importance. Non.

Est-ce que c'est la banlieue ici ? Non.

Oh, excusez-moi.

Il n'y a pas de quoi.

Heureusement qu'on n'est pas en banlieue.

Heureusement, oui.

Mais pourquoi ? Je n'aime pas beaucoup la banlieue.

Ah non, ce n'est pas la banlieue ici.

C'est une ville.

C'est Bottrop.

C'est dans cette ville que mon père et mon grand-père vivaient déjà.

Maintenant, moi, j'habite là avec ma mère et ma petite-fille.

Ma femme est partie.

Avec un Turc.

Un homme très brun.

Elle vit à Francfort.

Comme c'est elle qui est partie, j'ai pu garder l'enfant.

J'ai été triste un moment, et puis, c'est passé.

Je croyais qu'on s'entendait bien.

Cela s'est passé si brusquement.

Tout avait l'air si calme.

On croyait vraiment qu'on finirait notre vie ensemble.

Bien sûr, c'est vrai.

On pouvait rester des semaines couchés l'un à côté de l'autre, sans que l'on

ait envie l'un de l'autre.

Mais ce n'était pas grave.

Et souvent, d'ailleurs, que je lui tournais le dos pour m

'endormir, elle m'enrôlait de son corps.

Et c'était tellement apaisant d'être mêlé à elle, son parfum,

sa chair.

Et si c'était elle qui s'endormait la première,

Et si je retournais, c'était moi qui me relais autour d'elle et je sentais ses

fesses rondes dans le creux de mon ventre.

Il n'y avait jamais d'heure, jamais de cri.

Moi, je travaillais et élevais mes plantes.

Elle avait cessé de travailler pour sa copie de Julia, qui était encore si

petite.

Et puis, ils sont partis ensemble.

Je les ai vus juste une fois.

On sentait si bien qu'ils étaient attirés l'un par l'autre, comme le faire

par les mains, que je n'ai même pas essayé de lutter.

Elle ne vient jamais, même pas pour voir la petite.

C'est bizarre pour une femme, mais c'est mieux ainsi, je suppose.

Alors, je me sens parfois un peu seul.

Surtout que mon meilleur ami, Hans, lui est parti d'Allemagne. Il travaille à la

même école que moi.

Les enfants l'adoraient, d'ailleurs.

On se connaissait, je peux bien le dire, depuis toujours.

Et un jour, il a été renvoyé de l'école.

Quelqu'un l'a dénoncé, je crois.

On n'a jamais su qui.

Il avait, paraît-il, des activités inciviques.

C'était un ennemi de l'État, ils ont dit.

Enfin, ils n'avaient pas les mêmes idées que les autres.

Pour autant, on n'était pas très différents tous les deux.

On respirait la même mer, on aimait la même musique. On connaissait Don Juan

par cœur.

On le chantait en duo.

On faisait tout le rôle.

Ah, il avait une si belle voix.

Mais parfois, il devenait mélancolique.

Et même, je peux le dire, désespéré.

C'était peut-être cela qu'ils appellent un ennemi de l'État.

Enfin, je n'ai pas compris ce qui se passait.

Et enfin, vous avez un... Dans les années 1920 en Allemagne, il y avait des

communistes.

Et ils apportaient de l'espoir pour beaucoup. Vous avez bien tout le monde

égal, tout pour tout le monde.

Et puis, il y a eu 1933.

Et on a pris les communistes et bien d'autres aussi.

Ils les ont mis dans le camp où ils les ont tués.

Mais les autres, ils apportaient un espoir, un nouvel espoir, après les

années noires, du travail pour tous, une plus grande et plus belle Allemagne, ils

disaient. Et puis, il y a eu la guerre.

Et un jour, ça a été la fin de la guerre.

Et les Russes et les Américains et les Anglais, les Français et les Belges sont

arrivés. Ils ont coupé l'Allemagne en deux.

Ils ont pris les nazis qui restaient ou les ont tués ou impressionnés à leur

tour.

Il y a eu la paix.

Et ils ont reconstruit l'Allemagne en une.

Tout le monde s'y est mis.

Et un jour, mon ami a perdu son travail et moi, j'ai perdu mon ami, un homme si

bon.

Qu'est-ce qu'ils ont fait de mon pays ? Je me demande ce qu'on va devenir.

Entends maintenant.

Il nous attend.

Vous devez vraiment partir.

Oui.

Vous avez mangé si vite.

Oui, je n'avais pas faim, il y avait trop.

J'espère votre mère, c'est très bon.

Excusez-moi encore d'avoir renversé le café sur la nappe.

Ce n'était pas de ma faute.

Non, ce n'était pas votre faute.

Ma mère vous excusera.

Elle vous aime déjà. Ma petite fille aussi vous aime déjà.

Toute la famille vous aime déjà.

Oui, dites à votre petite fille que je l'aime beaucoup.

Embrassez-la pour moi.

Non.

Vous allez me laisser seul.

Vous n'auriez pas de venir.

Si.

Ma mère veut que je m'arrête à Bruxelles sur le chemin du retour. Elle m'attend à

la gare du Midi.

Oui.

Elle n'a rien ajouté d'autre. Elle n'a pas dit pourquoi.

Non.

Celui-là, c'est de Paris. C'est de Daniel.

Il y a beaucoup de trains pour Cologne ? Oui, tout le temps.

Il n'y a pas un direct et c'est en Bruxelles ? Non.

Donc je passe par Cologne.

Merci.

Sous-titrage Société Radio-Canada

Viens là !

Tu sais, il ne faut pas penser au passé.

On n'avait quand même plus de famille là-bas.

La plupart sont morts et les autres sont dispersés.

Le plus dur, c'est que tous nos amis sont restés là-bas.

Heureusement, j'ai rencontré un autre couple qui lui aussi a quitté la

Belgique. Alors on se voit de temps en temps.

Je ne savais pas que tu parlais si bien l'allemand. Je croyais que tu venais de

Pologne. Je ne parle pas si bien.

Je parle.

Est-ce que tu as des nouvelles de ta mère ? Tu lui écris quelquefois ? Oui,

mais elle me dit toujours la même chose et je lui réponds que tu vas bien.

J'ai appris par quelqu'un qui était la voir à Bruxelles qu'elle souffrait

beaucoup du dos et qu'elle était très fatiguée.

Et aussi qu'elle s'était mise à fumer sur ses vieux jours, mais que tout

allait bien.

J'ai reçu une lettre d'elle il y a un mois à peu près.

Tu sais que je la considère comme ma soeur.

Elle m'a dit qu'elle pensait beaucoup à toi.

Oui, moi aussi.

Est-ce que tu es venu pour me parler de ma mère ? Le train est demi-heure de

retard.

Non, j'avais compris.

Je ne savais pas que tu parlais l'allemand. Je ne parle pas allemand,

mais ça je comprends.

J'ai faim.

Alors viens.

Il faudrait que je téléphone.

Je crois que je n'ai plus tellement faim.

D'ailleurs, il vaut mieux remonter parce qu'on ne sait jamais.

C'est vraiment beau d'être une artiste.

Tu sais, moi aussi, j'aurais bien eu envie.

Je savais bien dessiner quand j'étais petite.

Au fond, tu as de la chance.

Tu vas à gauche, tu vas à droite, toujours en train de voyager.

Tu sais, je ne veux pas être indiscrète, mais si tu n'as personne, tu sais que

mon fils est là et qu'il t'attend.

Je te le demande encore une fois.

Pour la dernière fois, si tu veux épouser mon fils.

Et ne me dis pas que c'est de l'histoire ancienne.

D'ailleurs, vous vous écrivez.

Pourquoi est-ce que vous vous écrivez si vous ne vous aimez pas ? Laissez déjà

les écrivains écrire.

Et surtout, ne fais pas comme la dernière fois.

Tu dis oui, et puis après tu pars.

Et on ne peut plus te trouver, on ne sait plus où tu es pendant des mois.

Si tu ne veux pas, alors pourquoi tu dis oui ? Et pas une fois, deux fois ça s

'est passé.

Enfin, n'en parlons plus.

C'est déjà depuis longtemps oublié.

Mais rompre ses fiançailles, ça je ne l'ai encore jamais vu.

Et deux fois encore.

Ça ne se fait pas.

Sans dire rien ni pourquoi.

Dis-moi, tu ne veux pas l'enfant ? Si.

Tu vois bien, ton père serait si content.

Combien de fois je l'ai entendu dire, je ne suis même pas sûre de voir mes petits

-enfants avant de mourir.

Et puis tu sais, quand les parents sont morts et qu'on n'a pas d'enfants, qu'est

-ce qu'il reste ? Rien.

Sinon, il reste les enfants.

Tu sais ça ? Mais peut-être que tu n'aimes pas les enfants.

Avec toi, on ne sait jamais.

Et je les aime.

Alors ? Peut-être un jour, plus tard.

J'espère que tu ne te décideras pas quand il sera déjà trop tard.

Écoute, je te le promets.

Je vais réfléchir, je vais voir, je vais lui écrire.

Si tu avais quelqu'un d'autre, je comprendrais.

Mais rester seule, surtout pour une fille, ce n'est pas une vie.

Tu me dis que tu es contente. Je veux bien te croire.

Tu as l'air.

Je ne comprends plus rien parfois.

C'est le monde à l'envers.

Avant, on pleurait pour avoir un mari.

On avait peur qu'on ne serait pas assez bonne pour personne.

Et maintenant, ça va mal finir.

Mal finir.

Moi, je me souviens quand je suis tombée amoureuse de mon mari.

J'avais 13 ans.

Je suis tombée amoureuse de lui rien que de le regarder.

Il était beau.

Un beau garçon, tu sais.

Et comme j'étais fière de marcher avec lui dans la rue.

Il était si gentil.

Je crois que c'est la guerre qui l'a transformé.

Et tous ces malheurs qui sont arrivés.

Alors maintenant, il est devenu un peu nerveux.

Et on dirait qu'il m'en veut à moi de tout ce qui est arrivé.

À qui veux-tu qu'il en veuille, d'ailleurs ? Pourtant, on n'a pas à

se plaindre.

On a travaillé dur, tous les deux, et on est devenus riches.

Et le plus âgé de mes fils, il est bien marié.

Et il a trois beaux enfants, grâce à Dieu.

Deux auraient été assez.

Surtout, il vit en Amérique.

Il ne veut pas de l'Allemagne, lui. Pour rien au monde, il a dit.

Alors on a été les voir.

Lui, c'est un vrai savant.

Un professeur.

Pourtant, mon mari, il est devenu très nerveux et un peu difficile.

Maniaque.

Quand quelque chose n'est pas à sa place, il hurle, comme ça, pour rien.

Et comme il n'y a personne d'autre à la maison que moi, il n'y a plus de bonne

depuis que les enfants font partie.

Alors il hurle sur moi.

Mais je lui pardonne, je sais que ce n'est pas de sa faute.

Et puis j'aime encore mieux qu'il hurle plutôt qu'il ne dise rien pendant des

jours.

Je sais que ça lui fait du bien.

Mais quand ça va pas et que j'ai le cafard, je pense à mes débuts.

Comme il était tendre.

Et comme j'étais fière.

Et puis je pense à mes enfants.

Et mon fils, tu sais, fait un bon garçon.

Et intelligent.

Il te rendrait heureuse.

Et ça, tu le sais.

Vous connaissez depuis si longtemps.

Presque depuis que vous êtes nés.

Vous ne pouvez pas avoir de mauvaise surprise.

Je me souviens que ta mère et moi, on poussait volando ensemble à la mer.

Et c'est un garçon très sensible.

Et il te rendra heureuse.

Et il faut qu'une fille se marie.

Vous aurez de beaux enfants.

Et si tu n'as pas le temps,

Moi, je m'en occuperai.

Tu sais, je sais élever des enfants.

Ne t'en fais pas.

Ne t'en fais surtout pas, tout ira bien.

Les chocs.

Pour aucun identité.

Sous-titrage ST'

501

Oui.

Ne trincez pas.

Vous

allez

à Paris ? Je m'arrête d'abord à Bruxelles.

Je vais à Paris.

Ah bon ? Quelle heure est-il ?

22h30.

J'ai l'impression qu'on peut parfumer.

Dans les couloirs, on a l'espoir.

Le train va repartir.

Vous connaissez Bruxelles ? Oui, j'y suis née. J'y ai passé 20 ans de ma vie.

20 ans ? Oui.

J'y suis passé il y a deux ans.

J'y ai passé une semaine.

Je veux bien.

Vous y étiez encore ? Non, je suis partie.

Il y a huit ans de Bruxelles.

Ah, c'est pas mal.

Vous connaissez peut-être mes amis là ? Je les ai mis là-bas, les Vanderlinden.

Vanderlinden ?

Vanderlinden ?

Vanderlinden ?

Mais c'est un magasin de meubles.

Ah,

je ne les connais pas, alors.

On dit que la Belgique est un pays de cocagne.

On le dit.

Vous habitez où?

Paris.

Moi, je vais à Paris aussi.

Je vais y habiter parce qu'on dit que la France est le pays de la liberté.

On le dit.

Je serais peut-être heureux.

Peut-être.

De toute façon, il faut bien vivre quelque part.

Oui, c'est vrai.

Moi, je suis de Berlin, et puis j'ai habité en Bourg, parce que là, il y a un

port.

Vous parlez bien français.

Oui, j'ai toujours...

J'ai voulu aller en France parce qu'on dit que le français porte la liberté

dans le cœur.

Alors j'ai appris le langage et vous voyez, j'ai même travaillé mon affaire.

Quand j'étais en vacances, j'étais jeune en Espagne, je suis tombé amoureux

d'une française.

Elle m'a aidé à corriger mes fautes.

Quand elle ne l'a plus fait, j'ai compris qu'elle ne m'aimait plus.

Et le lendemain matin, je l'ai vu parler avec un Suédois, beaucoup plus fort que

moi.

Je vais aller habiter à l'hôtel des grands hommes. Vous connaissez ?

Pas encore aussi bien le français que vous.

Je ne parle pas si bien.

Quand j'ai quitté Hambourg, j'étais en Amérique du Sud.

Peut-être je rêvais alors de justice.

Grande et belle chose.

J'étais d'un pays à l'autre.

En Bolivie, au Brésil, un peu partout.

C'est un trop le climat.

Chaud et humide.

J'ai beaucoup marché.

Une immense horreur.

Des journées.

Je m'en souviens même plus.

Le feu, des craquements de pas, des bruits, des odeurs.

Un peu d'espagnol.

J'ai connu une femme là-bas.

Ça fera le sixième pays où je vais vivre, mais cette fois, ce sera le bon.

J'en suis sûr.

Et puis, j'étais en Grèce, dans une île.

Presque tout seul.

Ça va, mais qu'un temps.

Et puis je suis retourné en Allemagne.

Chez moi.

Et je ne l'ai pas supporté non plus.

Et je me suis souvenu de la France.

J'y rencontrerai peut-être une femme que j'aimerai et qui m'aimera.

Oui.

On va arriver à Bruxelles.

... ... ... ...

et pour se tenter à...

Tu es une vraie femme.

Oui, depuis longtemps.

Tu es blonde, pâle.

Tu es belle.

Tu as les yeux de ma mère.

Regarde-moi.

J'aurais aimé être comme toi.

Tu me manques, tu sais.

Je n'ai personne à te parler.

Mais tu ne me parlais jamais.

Mais tu ne me parlais jamais.

Tu veux ? Merci.

Comment va papa et mon frère ? Ton frère n'est toujours qu'un enfant.

Le papa n'est plus aussi solide qu'avant, mais ça va.

Non ? Non.

Mais je suis de ses côtés.

Bien sûr.

Et toi ? Moi, je suis un peu fatiguée avec tous ces voyages.

Mais il n'y a personne pour s'occuper de toi ? Dis

-moi, si tu es fatiguée, tu veux qu'on rentre demain à la maison ?

Oh non, restons encore un peu.

On ne peut quand même pas dormir là, sous cette banquette.

Allons à l'hôtel, tu veux ? Oui.

Tu ne peux pas me faire enquêter.

On va peut-être endormir.

On se réveillera sûrement.

Il a une longue journée aujourd'hui.

Comme les autres travailleurs.

Et les affaires, ça va ? Je ne veux pas te parler de tout

ça, mais après tout, tu peux comprendre maintenant.

Non.

Non, ça va pas.

C'est la crise, tu sais.

Pour nous, c'est très, très dur.

En fait, tout le monde est touché, mais on est en train de perdre le bénéfice

des 30 ans de travail.

Parfois, on se demande si tant d'efforts valent la peine.

Papa est très découragé.

Tantôt, il dit, bon, ce n'est que mon moment passé, il faut tenir le coup.

Et tantôt, il dit, quoi bon tout ça ? Il soupire, il se répète sur lui-même.

À un moment, j'essaie de lui donner confiance, mais je lui souris.

Parfois, cela marche.

Et parfois, il ne voit même pas que je lui souris.

Il regarde à l'intérieur de lui-même.

Qu'est-ce que c'est ? Comment c'est l'Allemagne, maintenant ?

L'Allemagne, il y a des rideaux partout.

Il y a des tulipes sur toutes les tables.

Et puis, comme dirait un ami, un ami à moi, c'est plein d'Allemands.

C'est vrai ? C'est plein d'Allemands ?

Je n'y vais plus depuis... 20

ans, ça doit être.

Je dois avoir les options, maintenant.

Peut-être, je n'en sais rien.

De toute façon, cela ira mieux, cela passera. Et puis, il faut être

courageux. Il faut continuer à espérer.

Et puis, pour toi, ça va très bien. Alors, tout le reste, ça n'a pas d

'importance.

Surtout, tu sais, avec beaucoup d'attention.

J'ai lu tous les journaux.

J'ai regardé tous les articles.

J'ai lu quelques-uns aussi de mon frère. Tu veux voir ?

C'est là mon confort.

Ah maman, cela fait si longtemps que tu es en Belgique et tu as toujours ton

même accent.

Tout le monde me dit que j'aime très bien l'accent français.

On y va ?

Qu'est-ce que vous avez à y prendre ? Une.

Oui.

Mais il s'en sort de bonne.

Oui ?

Tu

ne te déshabilles pas ? Laisse-moi te regarder un peu.

Oui.

Cela fait combien de temps qu'on ne s'est pas vus ?

Parce que trois ans.

C'est long.

Oui, mais tu étais là.

Je ne suis pas trop là.

Si.

Je dois téléphoner en Italie.

Il n'y a pas de téléphone ici.

À qui ? À une amie.

Dis-moi, comment va Pierre ? On ne se voit plus.

Et pourquoi ? Oh, je n'étais jamais là.

Il m'attendait tout le temps.

Un jour, il en a eu assez.

Tu veux que je t'aime ?

Par contre... Oh, tu sais, je vais tout le temps

d'une ville à l'autre pour présenter le film.

Et je rencontre plein de gens.

Et souvent, le soir, je me retrouve seule dans une chambre d'hôtel.

Alors parfois, j'ai des aventures.

Mais c'est toujours triste.

Et bref, un peu bête.

Mais elle est venue me voir à l'hôtel parce qu'elle avait aimé le film.

On est sortis prendre un verre.

Elle m'a parlé d'elle.

Je lui ai parlé de moi.

Le café fermé.

On est allés dans un autre alors.

On a continué à parler.

Et puis ce café-là a fermé aussi.

On en a cherché un autre.

Tout semblait fermé.

La ville déserte.

On ne voulait pas se quitter.

Alors elle m'a accompagnée dans ma chambre.

On était fatigué.

On s'est posé sur le lit.

On a continué à parler.

On s'est touchés par hasard.

Alors on s'est embrassés.

Je ne sais pas comment c'est arrivé.

J'ai eu une sorte d'écœurement.

Je me sentais mal.

C'était trop.

Je ne savais plus.

On a continué à s'embrasser.

Et puis tout est devenu très facile.

Je me suis laissée emporter.

C'était bon.

Je ne m'imaginais pas que c'était comme ça entre femmes.

Pas du tout.

On ne s'est pas séparées de la nuit.

Et tu sais, bizarrement, je pensais à toi.

Je lui ai dit d'ailleurs.

Qu'est-ce qu'elle te dit ? Elle a souri.

Puis ? Rien.

J'ai dû rentrer le lendemain.

Vous vous êtes ravie ?

ne le lui dis pas.

Tu n'as jamais aimé de femme ? Je

ne sais pas.

Je ne sais jamais réfléchir.

Toujours le même parfum.

Depuis longtemps.

Oui, depuis 10 jours.

Parfois, tu m'inversais quelques gouttes quand tu sortais le soir.

Tu mettais cette robe longue et tu relevais tes cheveux.

Tu me demandais de fermer les boutons dans le dos de ta robe.

Tu ne pouvais pas s'y arriver.

Tu es une enfant tellement raisonnable.

Tu disais lors qu'on se l'allait.

Vous avez bien.

amène-moi que tu m'aimes je t'aime

Daniel, tu t'es coupé les cheveux ? Oui.

Là, je suis encore plus moche qu'avant.

Non.

Pas trop fatigué ? Et toi ?

Oh, moi...

Qu'est-ce qu'il y a ? Rien de la routine.

J'ai beaucoup de travail.

Tu n'as pas faim ? Je ne sais pas.

Chez moi, il n'y a rien.

Chez moi, je ne supporte plus.

Je crois que je vais déménager.

Oui, c'est fini, le projet tourne.

Oui.

Je vais prendre quelque chose de plus grand.

Comme ça, si jamais j'ai des enfants...

Tu veux avoir des enfants ? Non, pas spécialement.

Je dis ça comme ça.

C'est comme si je ne disais rien.

Tu as peut-être besoin d'être seule.

en roule, en roule et on sait même pas où on va.

Et qu'aller à l'hôtel, on mangera là-bas, tu veux ?

Oui.

Tu as une nouvelle chemise ? Non, c'est une très belle que je ne mettais plus

jamais.

Elle te va bien ?

Qu'est-ce que tu vois dans la rue ? Des voitures.

Beaucoup ? Oui.

Je vais prendre un verre.

Le verre ?

Ah oui, qu'est-ce que je pourrais avoir pour dîner ? Bon.

Pour deux personnes, s'il vous plaît.

Anne

!

Il y a des carreaux sur le sol de la salle de bain ?

Comme ça, pour savoir.

J'ai failli donner ma démission trois fois cette semaine.

On se bat vraiment contre les moulins avant.

Et puis à quoi bon ? On est, on mange, on boit.

On baisse quand on peut, on meurt.

Contrôlé.

Merci.

J'ai vu un avion.

Il a conditionné ici.

Oui ? Ah, le petit déjeuner, à 7h30.

Non, à 8h, s'il vous plaît.

Pendant un moment, j'ai eu peur qu'il m'ait trouvé.

Mais c'est impossible de toute façon.

On ne sait jamais tant que tu seras un homme important.

Tu sais bien qu'on n'influence pas le cours des choses.

On est pris par le mouvement. Le mouvement vous entraîne.

Tu sais, Anne, parfois je me dis que

je devrais arrêter de payer mon loyer, mon téléphone, et

puis disparaître.

Je ne veux pas m'arrêter de travailler.

Quand je m'arrête un jour, le dimanche par exemple, au point de vertige.

C'est marche ou crève.

Si j'étais une femme, tu sais ce que je ferais.

Je me ferais un enfant et puis je ne penserais plus à rien.

J'irai, je sais pas moi, ailleurs.

Je vivrai au rythme des saisons, je donnerai le sein toutes les deux heures.

C'est toutes les trois heures au début ? Oui, toutes les trois heures.

Et puis en même temps je me dis qu'il faut faire quelque chose pour que ça

aille mieux, en faire une vie meilleure et tout ça.

Et quand je me demande ce que serait une vie meilleure pour moi par exemple...

Je n'arrive même pas à me le dire, à m'imaginer.

Il n'agit pas de pain pour tout le monde.

C'est bien que ce n'est pas vrai.

Ce serait déjà bien.

Et puis tu sais, j'ai l'impression que tout ira de plus en plus mal.

Que le prix du...

du miel et du lait, enfin le prix du bonheur sera si élevé qu'il va se passer

quelque chose.

Il ne faut pas continuer comme ça.

Ça me prend surtout quand je me rase.

Le petit bruit du rasoir, on arrive à ne plus penser qu'à ça.

Les idées peuvent s'envoler.

Tout va très vite.

Oui, il va se passer quelque chose. Ce sera bien.

Je suis à l'impression que je ne sais plus ce que je dis.

Oui, ce sera bien.

Et les gens pourront... pourront écouter de la musique, par exemple.

Qu'est-ce qu'il y a de plus beau que la musique ? Une voix de femme.

On ne sait pas d'où ça sort, une voix de femme.

Tu veux bien me chanter quelque chose ? Mais je chante faux.

Tu m'as toujours dit que tu aurais voulu être chanteuse.

Peux-tu que je chante ?

Moi

je suis les verres au fond du café

J'ai bien trop à faire pour pouvoir rêver, Et dans ce décor banal à

pleurer, Il me semble encore les voir arriver.

Ils sont arrivés, se tenant par la main, L'air émerveillé

de deux chérubins, Portant le soleil, ils ont demandé D

'une voix tranquille, un toit pour s'aimer au cœur de la ville.

Et je me rappelle qu'ils ont regardé d'un air attendri

la chambre d'hôtel au papier jauni.

Et quand j'ai fermé la porte sur eux, il y avait tant de

soleil au fond de leur dieu.

Que ça m'a fait mal, que ça m'a fait mal.

Moi j'essuie les verres au fond du café, là là là, j'ai bien trop à faire pour

pouvoir rêver, là là là.

Et dans ce décor banal à pleurer, là là là, c'est corps contre corps qu

'on les a trouvés, là là là.

On les a trouvés se tenant par la main, les yeux refermés vers d'autres

matins, remplis de soleil, on les a couchés,

unis et tranquilles, dans un lit creusé au cœur de

la ville, et je me rappelle avoir refermé dans le

petit jour.

La chambre d'hôtel des amants d'un jour, Mais ils m'ont

planté tout au fond du cœur, Un peu de leur soleil et tant

de couleurs, Que ça me fait mal, que ça me

fait mal.

Moi je suis les verres au fond du café,

J'ai bien trop à faire pour pouvoir rêver.

Et dans ce décor banal à pleurer, il y a toujours

dehors la chambre à louer.

Maintenant, on va faire l'amour.

Et puis demain, tu vas repartir.

Et tu m'auras encore plus donné le goût de toi.

Oui, mais de toute façon, demain à 8h30, tu seras au travail.

Oui.

Il me reste 6h30.

C'est beau.

Et si on bouge le peau ?

Tu trembles ? Je me suis dit que j'étais con.

que tu ressens, que tu imagines.

Dans ce résumé.

Vous n'auriez pas des médicaments ici ? Non, je regrette.

Merci.

Je suis partie pour trois jours. Je rentrerai mercredi soir.

Anne, c'est Michel.

On se voit comme prévu au tabac vendredi midi. N'oublie pas, à vendredi.

Allô, ici c'est Hélène.

Je viens d'arriver.

Appelle-moi dès que tu rentres au 578 11 62.

J'espère que tout va bien.

Je serai là jusqu'à vendredi, après je rentre.

J'espère que cette fois-ci on ne se croisera plus.

J'ai plein de choses à te dire depuis le temps.

Anne, bonjour, c'est Jean-Paul.

Il faudrait que vous soyez pour projection samedi à Lausanne, dimanche à

Genève, lundi à Zurich.

Vos hôtels sont réservés le 13 à l'hôtel Terminus, Lausanne, le 14 au Mondial,

Genève et le 15 à l'Excelsior, à Zurich. A bientôt.

C'est clair. Je t'appellerai quand tu rentreras.

Ou sinon, essaie de m'appeler après 6 heures au 272 15 76.

A bientôt.

Oh, c'est encore le répondeur.

Anna, où es-tu?

Anna, où es-tu?

C'est Alain.

Je t'ai appelé, c'était mon anniversaire.

Je voulais le passer avec toi.

Ce sera pour l'année prochaine.

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