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Zulu
...
- Gauche ! Gauche !
Oui ! Gauche !
Devant ! Allez !
Il aboie.
...
...
...
- Tenez-moi au courant.
- OK. - Merci.
Drôle de tenue
pour la montagne.
Elle aurait été poussée ?
- Elle ne semble pas avoir essayé d'amortir sa chute.
On l'a poussée en arrière, sa tête a heurté le rocher.
Le sang est encore frais.
C'est arrivé peu avant
le passage du jogger.
- Pas de sang
sur le couteau trouvé à côté.
On analyse les empreintes.
- Bon...
Ici, c'est interdit au public.
Le jogger vient courir
quand même tous les jours.
Il a vu personne. - OK.
On peut l'identifier ?
- On a un portable à l'écran cassé.
- Commissaire, on a quelque chose.
Tenez. - Merci.
J'écoute. *- J'envoie une photo.
- C'est une blague ?
Trois morts sur le même site !
Qu'est-ce qu'elle foutait là ?
Elle avait un rendez-vous ?
- Secret et dangereux, vu le couteau qu'on a trouvé.
- Quel rapport avec les squelettes ?
- C'est un endroit isolé, idéal pour tuer des gens.
- Trois morts, c'est pas banal.
- Trouvez un entomologiste pour les deux squelettes.
Et prévenez le légiste. - Je gère.
- Elle est pas venue à pied, mais en taxi ou en VTC.
Ou avec son agresseur.
- Le jogger a rien vu.
Mais le tueur a pu se garer ailleurs exprès.
- Oui. Demandez à Kerouac de voir si un taxi ou un VTC
a déposé une femme vers 8h. A tout à l'heure.
- A toute.
- On peut mettre de la musique ?
- OK.
*Deep Sounds : "Keep my heart".
*- You treat me
*like a clown.
*But oh, what can I do ?
*I'm so hung up on you.
*You leave me feeling tired.
*My telephone is wired.
- Oui, ce matin, vers le col du Sapenay.
Personne ?
OK, merci beaucoup.
Non...
Si vous restez à m'admirer,
ça va m'énerver.
- Non, il s'agit du mariage de votre amie.
- Ah. - Vous savez.
- Vanessa. Le traiteur pour le vin.
- Oui. - Vous avez bonne mémoire.
- J'ai un contact, très sérieux, qui lui ferait un bon prix.
- D'accord. - Petit ou gros mariage ?
- 400 personnes.
- Quand même.
Ca en fait des bouteilles.
- En plus, c'est sur 2 jours.
- Ah ben, c'est formidable.
Enfin, pour Vanessa. - Eh oui.
- Entre le blanc et le rouge, environ mille bouteilles.
- Un prix intéressant ?
- Vous me connaissez.
- Justement.
- Bon, je vous laisse travailler, je vois mon contact et on se tient
au courant.
- OK. - Un bisou.
- Un bisou, non, mais pour le reste, d'accord.
- OK. - OK ?
- Oui.
- On a son nom ?
"Fanny Bruyère".
Des infos ? - Elle était
importatrice de vin
et venait pour affaires.
- On a trouvé
un virement datant de la veille de sa mort et fait par un certain
Constant Venault.
Un vigneron local qui a gagné la médaille d'or
au Concours général vinicole.
Marié à Karen Venault.
- Fanny Bruyère venait
acheter du vin. Ensuite ?
- Elle s'est enregistrée ce matin
sur un vol Genève-Tokyo.
- Dans une heure.
Un crime tardif.
- Hasard ou coïncidence...
On a deux autres morts
sur le même lieu.
- On n'a rien sur eux.
- Et côté appels et SMS ?
- J'y viens.
Alors...
Tac tac... Des échanges avec le vigneron
sur la qualité du vin.
Des rendez-vous là-bas.
Ah ! Un texto plutôt limite de sa femme Karen Venault.
- C'est plus que limite.
Ils habitent où ?
- C'est noté : "St-Félix.
"51 route de la Colline."
- OK. On y va ?
Sonnerie de portable.
Oui, Kerouac.
*- J'ai retrouvé le taxi qui a pris la victime à l'hôtel du Rivage.
- Très bien.
A quelle heure ?
*- A 7h30 pour aller
*au col du Sapenay. Il devait la récupérer 30mn après.
*Il a fini par partir.
- OK, merci,
Kerouac.
- Elle avait bien rendez-vous. - Voilà.
Et elle connaissait l'agresseur.
...
Sonnerie.
...
...
Bonjour.
M. et Mme Venault ? - Oui.
- Brigade criminelle.
- Mais pourquoi ? - On a retrouvé le corps
de Fanny Bruyère. Ca vous parle ?
- Fanny Bruyère, oui.
Bien sûr.
- On peut entrer ?
- Oui, venez.
- Merci.
- Allez-y.
- Elle est morte comment ? - Une chute apparemment.
L'autopsie nous le dira.
- C'est terrible, elle était là encore hier.
- Au domaine ?
- Oui.
Elle repartait
aujourd'hui à Tokyo.
Asseyez-vous.
- Merci.
Elle venait souvent ?
- Non, c'était la 1re fois.
Elle m'avait appelé
récemment de Tokyo.
Elle cherchait un vin pour un restaurateur français de là-bas.
Elle est venue,
elle a goûté notre dernière cuvée.
On a fait affaire en 15 jours.
- Le col du Sapenay,
vous connaissez ?
- Oui, on y a fait de la rando.
- On l'a trouvée là.
- On n'y va plus depuis longtemps.
On n'a plus le temps.
Karen fait la com,
moi tout le reste. - Vous êtes ici depuis quand ?
- On a acheté le domaine il y a 15 ans.
On était restaurateurs.
On est venus d'Annecy pour une dégustation.
Et on a adoré.
Surtout Karen.
- On a tout quitté pour venir vivre ici, avec Lola,
notre fille.
- Lola aussi est tombée amoureuse de la vigne.
Elle en a fait son métier : "flying wine maker".
Comme on dit dans notre jargon.
Une experte en oenologie.
Elle est douée.
Un café ? - Volontiers.
- Je vous suis.
- Madame...
On a découvert un SMS que vous avez envoyé à Fanny.
Que s'est-il passé
avec votre mari ?
- Il s'est rien passé.
- Vous l'avez menacée.
- Les mots ont dépassé ma pensée.
J'étais en colère, jalouse.
C'était comme si elle voulait rester seule avec lui.
J'avais envie de la tuer.
C'est vrai.
- Votre mari le sait ?
- Oui.
Il m'a dit que je me trompais.
Qu'elle voulait être avec lui
pour augmenter sa commission.
- Et vous l'avez cru ?
- Je suis avec mon mari depuis 30 ans.
Et on s'aime toujours.
Quand j'ai peur, je le regarde et j'ai plus peur.
- Vous étiez où ce matin entre 7h et 9h ?
- Ici, au domaine.
Levé vers 6h, comme souvent.
Je voulais vérifier un cep qui m'avait paru malade hier.
- Quelqu'un vous a vu ?
- Aussi tôt, il n'y a personne.
J'étais seul.
Jusqu'à 10h.
- Et votre femme ?
- Elle dormait. Elle a dormi tard.
- Vous étiez où entre 7 et 9h ?
- J'ai émergé à 10h.
- C'est une chance.
- Non.
J'ai un traitement.
Car je suis bipolaire.
Et tout va bien.
- J'ai vu des caméras de surveillance.
On peut voir les vidéos ?
Simple formalité.
- Ca aurait été avec plaisir, mais ça n'enregistre
que quand le système est en route.
Quand on s'absente.
- J'ai insisté pour visionner les vidéos.
Mais j'ai rien trouvé. - Ah.
- Et le couple est soudé, on n'en tirera pas grand-chose.
- Je suis pas aussi catégorique.
Quand on a peur d'être trompée, c'est que le couple est fragile.
- Oui.
- Espérons que les employés soient plus bavards.
- On se disperse. - Hmm.
- A plus tard. Soyez prudente.
- Bonjour, monsieur.
Brigade criminelle. Je peux vous parler ?
- Vous êtes ici depuis quand ?
- Employé depuis quand ?
- Vigneron depuis quand ?
- Depuis toujours.
- C'est-à-dire, 5 ans, 10 ans ?
- J'ai toujours été là.
M. Venault m'a gardé.
- Et... Fanny Bruyère ?
Vous l'avez vue ?
- Deux, trois fois.
- Vous avez parlé de quoi ?
- Ben, du boulot.
La qualité du cépage, etc.
- D'accord.
Vous l'avez trouvée
comment ?
A l'aise, sympathique ?
- Oui. - Oui ?
Avec votre patron,
ça se passait bien ?
- Oui.
- Vous étiez où de 7h à 9h ?
- Ben, chez moi.
- Avec quelqu'un ?
- Je vis seul.
- Vous commencez
à quelle heure ?
- A 6h30.
- Ah, c'est tôt.
Ce matin, grasse mat.
- C'est pas mon genre.
Je réparais mon tracteur, mon patron le savait.
J'ai du travail.
- Je vous en prie.
Merci.
- Bonjour.
Brigade criminelle.
Commissaire Cassandre. Je viens pour...
- Oui, on est au courant.
C'est terrible.
Je suis Lola Venault.
- Augustin Aubral,
maître de chai.
- Votre père m'a parlé de vous. Vous êtes oenologue du domaine ?
- Non, je travaille dans le monde entier.
Je suis rentrée d'Australie il y a un mois.
- Pourquoi, si vous ne vous occupez pas du domaine ?
Vous êtes en vacances ? - Non, ma mère
a fêté ses 60 ans. - Ah.
- On aimerait qu'elle reste. - On verra.
- Vous aviez de bons rapports
avec Fanny ?
- Ah oui, très bons. Elle était venue voir le chai.
Je lui ai expliqué les différentes cuvées,
la vinification, l'assemblage.
- Grâce à ses investissements,
mon père a gagné la médaille d'or pour le Clos Venault.
Et grâce à toi.
- Vous étiez où ce matin entre 7h et 9h ?
- On était chez le pépiniériste pour acheter des plants.
- Pour la plantation. - Bien.
Merci. Vous restez dans le coin.
- Hmm. - Hmm.
Pourquoi t'as dit ça ? - Ca la regarde pas.
Ni personne.
- Ah ! Alors ?
- Ils sont pas causants.
- Ils sont pas très clairs.
Qu'y a-t-il ? - Rien.
- Si, je vous connais par coeur.
- Depuis votre enlèvement, vous allez presque trop bien.
- C'est vrai.
Mais vous n'êtes pas mon père.
- Ben ça...
J'ai pas l'âge.
- Alors, vous pourriez être mon frère.
- Oui.
Oui.
Mais non.
Je peux pas, non.
Elle rit.
...
Voilà le topo.
Tous les alibis
des saisonniers ont été confirmés.
Tous les autres sont flottants.
Constant Venault a dit être seul dans ses vignes, sa femme dormait.
Denis Colmars a affirmé
réparer son tracteur chez lui.
Et enfin, Lola Venault
et Augustin Aubral ont dit
qu'ils étaient chez le pépiniériste, injoignable.
Voilà.
- Et pour les mobiles, on a peu de choses sur eux.
Karen Venault est bipolaire et soignée,
mais a menacé de mort Fanny Bruyère.
On la garde au chaud.
Du neuf sur Fanny ?
- Elle vivait au-dessus de ses moyens.
Crédits à la conso, achat d'un 4x4, location d'un loft en plein Tokyo.
Ca frôlait
l'interdit bancaire. - Selon Karen Venault,
elle était vénale.
On a du nouveau sur son rendez-vous secret ?
- Non, mais on sait que
Fanny Bruyère avait peur.
Le couteau portait que ses empreintes.
C'est un coutelier d'Annecy qui lui a vendu hier.
- Hmm ! Elle voulait peut-être tuer l'agresseur.
- Ou se défendre.
Ca confirme qu'elle le connaissait.
- Elle était à l'hôtel
depuis 15 jours, seule, et devait partir aujourd'hui à Tokyo,
où elle vivait depuis 3 ans.
Elle avait plus de famille.
- D'accord. Les deux inconnus...
Que dit le légiste ?
- Ce sont deux hommes,
tous deux morts par balle,
dans le ventre
ou dans la gorge.
- Il reste plus qu'à les identifier.
- D'après le légiste, l'un des deux squelettes
avait un tassement cervico-lombaire spécifique des métiers de la route.
- Donc, on cherche un chauffeur routier,
un livreur ou un taxi.
On connaît la date du décès ?
- Grâce aux migrations d'insectes, on sait que ça remonte à 3 ans.
- Demain, on vérifie
les disparitions depuis 3 ans.
- Parfait.
Prenez des équipes.
...
- Ca va ? - Oh !
- C'est moi.
Ton fils. - Oui.
- Tu me reconnais ? - Je savais pas que t'étais là.
- Si tu veux plus vivre ici, moi, je peux t'aider.
- T'inquiète pas pour moi. Mais toi, tu travailles trop.
Quand on est chez sa maman,
on s'arrête.
- Comme toi qui rentres à 2h ?
- Je suis célibataire.
- Tu bosses pour combler ta solitude.
- On est mieux seule que mal accompagnée.
- J'aime bien Roche. - Stop, par pitié !
Recommence pas.
On ne vit pas avec un collègue, et t'as déjà épousé
sa fille.
Et en plus, c'est un peu devenu comme un frère, Pascal.
- Ah oui, un frère, vraiment ?
- Je cuisine. - C'est prêt.
- C'est génial.
Quoi ?
...
- Voici de la tisane.
Ca va nous détendre.
Tiens, tes médicaments.
- Merci, mon amour.
Je les ai déjà pris.
- On n'a rien à voir avec ça.
Ca doit être un accident.
C'est ce qu'ils vont conclure.
- T'as raison.
Heureuse que Lola soit revenue.
Même si c'est surtout pour toi.
J'ai jamais su faire avec elle.
J'ai pas été une très bonne mère.
- Mais si.
T'étais juste une mère...
un peu fragile.
- Bipolaire.
Tu peux le dire.
- C'est pas toujours facile.
Mais maintenant, tu te soignes.
Et Lola est grande.
Elle a compris.
- J'ai son nom sous les yeux.
Il est porté disparu.
- Bonjour.
- Ah bon ? Vous êtes sûre ?
Oui, effectivement, c'est mieux s'il est pas mort.
Oui, voi...
Voilà.
Merci, madame.
Alors, celui-ci
s'était barré.
Sa femme l'a croisé il y a deux jours avec une voisine.
- Au bout de trois ans ?
- C'est ça. - Il y en a
qui ont peur de rien !
J'en ai un pas mal.
Messonnier Fabrice, déclaré disparu par sa femme.
Il travaillait
dans une société
de VTC, Taxi Driver Annecy,
et il avait des problèmes de dos.
Comme un des cadavres.
- C'est une bonne piste, mais on n'a pas son ADN.
- Justement.
Ce monsieur a fait de la prison
pour escroquerie, faux et usage de faux.
Il est donc inscrit au fichier des empreintes génétiques.
- Ca va nous aider. - Demandez à Marchand,
qui se tape depuis ce matin les sociétés de transport,
de passer à la société
Machin-Truc pour aller voir qui était vraiment ce type.
- Ca marche, dès que j'ai retrouvé mon portable.
- Bien sûr, je connaissais Fabrice, il a travaillé ici près de 10 ans.
- Et il a disparu.
- Oui, sans rien me dire.
C'était un joueur, il avait des dettes.
Les recherches ont rien donné.
- Il bossait bien ?
- Patron. - Salut.
- Bonjour.
- Il avait pas des clients mécontents ?
- Non, ça allait.
Il avait un van attitré qu'il bichonnait.
Ca plaisait.
On le rappelait souvent.
- On a le nom des clients ?
- Bien sûr, je vous montre.
- Merci.
Messonnier gérait les visites du domaine, la dégustation de vin,
les transports depuis et vers la ville pour Venault.
Ils se connaissaient.
- Mais non ! - Venault
connaissait deux victimes.
- Exactement. - Ca commence
à faire beaucoup.
- Moi, j'ai peut-être
la 3e victime.
Gérard Dunan, un employé de la CETER.
Kerouac creuse.
CETER : Compagnie d'exploitation des territoires ruraux.
Pour acheter une ferme, vous devez passer par eux.
- Vous avez le nez creux avec Dunan.
Son frère qui a déclaré sa disparition
appelle régulièrement pour qu'on continue les recherches.
Il croit à un meurtre. - Pourquoi ?
- On a son adresse.
Un club hippique.
- J'y vais.
- Oui, j'ai harcelé la police.
Il a été tué.
On vivait ensemble,
je le connaissais.
- Certaines personnes décident parfois de disparaître comme ça.
Pourquoi croyez-vous qu'on l'a tué ?
- Son boulot à la CETER. Il avait ses arrangements.
- C'est-à-dire ?
- Ben, pour les ventes de terrain, il pouvait favoriser un acheteur.
- Moyennant des dessous de table ?
- Oui.
Il jouait aux courses et avait des dettes.
Et dans la région, on commençait à dire
qu'il arrangeait des ventes de terrain pour des vignerons.
- Des noms ?
- Non.
Il y en avait plein.
Ce que je sais,
c'est que quelqu'un l'a su et l'a buté.
- Il était en affaires
avec Constant Venault ?
- Je sais pas.
Mais je les ai vus ici une fois.
- Une fois de trop.
- Vraiment ? Et alors ?
- L'ADN du premier squelette est à Messonnier.
On a trouvé de l'ADN sur une veste de Dunan.
Si c'est celui du second squelette, on aura nos trois victimes.
- Je vous le répète : et alors ?
Ca veut pas dire que Venault les a tuées.
- La famille
cache des informations, M. le procureur.
Et avouez que c'est une drôle de coïncidence.
- Une coïncidence n'est pas une preuve.
Les meurtres sont étalés sur trois ans.
Et côté mobile, on n'a rien, nada.
- Il manque des éléments, c'est tout.
- Et vous voulez faire une perquisition ?
- Juste une petite
réquisition pour vérifier
ses comptes et son ordi.
Je le sais impliqué.
Sonnerie. Deux secondes.
Oui, Pascal.
Oui.
Parfait.
Merci.
Bon, l'ADN de Dunan matche avec le second squelette.
On a les trois.
- Bon, une simple réquisition judiciaire.
Vous examinez tout ça. D'accord ?
- Je vous aime trop.
Je pourrais vous épouser.
Pourtant, je préfère les grands.
- Je vous adore aussi.
Même si je préfère
les femmes moins...
- J'y vais. - Oui, je m'enfonce.
- Au revoir. - Commissaire.
- Qu'est-ce que je dis ?
Oui, oh, ça va, hein !
- Vous cherchez quoi exactement ?
- Messonnier, vous connaissez ?
- Messonnier ?
C'est possible. Pourquoi ?
- Il a été tué par balle.
- Attendez...
Si, il me semble que j'ai eu un chauffeur de VTC de ce nom.
- Et Gérard Dunan ?
- Dunan ? Je vois pas.
Mais quel est le rapport avec...
avec l'accident de Fanny ?
- "Meurtre", pas "accident".
- Ils ont tous été tués.
C'est terminé ?
- C'est bon, on a tout.
...
- Ca va être long ?
- On va s'occuper de vous.
- Major... - Tenez, major.
- Major... - Je suis occupée, là.
- J'en ai pour une minute.
- Allez vous asseoir, on vous appelle dans les 10mn.
Alors ?
- Mon contact veut une avance.
- Ah... Suivez-moi.
Une avance de combien ?
- Euh... 2 000 euros.
- J'ai pas cette somme.
- Moi non plus. Mille bouteilles, c'est beaucoup.
- Bon...
Alors, je veux voir
le bon de commande.
- Quel bon de commande ?
On négocie à l'amiable.
- C'est ça ou rien.
Et je veux
goûter le vin, je me méfie.
Je vous connais.
- Oh, ben merde alors !
Un domaine Venault !
- Venault ? - Oui, madame.
Je vous bichonne.
Bon, je vais voir pour le bon de commande, mais...
Me lâchez pas. - Hein ?
- Vous me lâchez pas. - Non, promis.
- Un bisou ?
- Toujours pas. - D'accord.
- Il y a trois ans, les comptes du domaine étaient en berne.
Mais il a remonté la pente.
- Et comment ?
- Il a acheté des vignes pour pas cher et depuis, ça roule.
- Et donc ?
- Et donc, c'est à cette période
que Dunan et Messonnier ont disparu.
Par rapport à d'autres parcelles
de valeur équivalente,
il a acheté ça pour rien.
Et c'est sur cette parcelle
qu'il a élaboré le Clos Venault, son meilleur vin.
- Donc, Constant Venault
a acheté un terrain
soi-disant pourri pour rien,
grâce à Messonnier,
un ancien escroc, et Dunan.
Il a trafiqué des ventes, non ?
Ca peut coller.
Trois ans après, Venault gagne la médaille d'or
au Concours général vinicole.
Ca pue l'arnaque.
- Et Venault élimine ses complices, qui voulaient plus de fric.
- Oui.
- Mais Fanny
n'apparaît dans aucun mail.
Si elle était de mèche, pourquoi la tuer bien après ?
- On n'en sait rien.
Mais c'est une piste.
- J'ai une idée.
- Oui ?
- Donc, tu me fais
le 2e vin au prix du 3e.
- Oui... oui.
- Tu gagneras moins, mais on part
*sur mille bouteilles.
Ma cliente est OK pour l'avance.
*Mais il lui faudrait un bon de commande.
*- Oui, mais...
*- On avait dit sans, mais là...
C'est mille bouteilles.
Signe pour ton patron.
Je suis sûr
que tu l'as déjà fait.
Mets pas d'étiquettes, personne saura d'où ça vient.
Hmm ? - C'est chaud au domaine.
- T'as toujours fait ça, et ton patron voit rien.
T'as sûrement du stock chez toi, et des bons de commande signés.
Allez.
Tope là.
- On y va dans 10 secondes. - Ca marche.
*- OK, je te fais ça.
A plus. - A plus.
- M. Colmars.
On trafique en douce ?
Votre patron va aimer.
- Ah oui ? Et vous lui direz quoi ?
Je lui ai rien dit.
- D'habitude, je suis pas une balance.
Mais elle a de beaux yeux.
- Ecoutez... - Allez.
- Arrêtez-le !
Police !
Police !
- Ben, vous allez où ?
Hein ?
- Faites chier !
- Mains derrière le dos.
Allez.
- J'étais content d'aider,
mais en donnant mon contact, au final, je me fais avoir.
- Mais vous méritez une médaille.
- Ben, votre médaille, je m'en fous un peu.
Parce que la vie,
c'est dur. - Vous voulez quoi ?
- Je me disais :
avec un autre contact, on fait toujours affaire ?
- Ah non, désolée, il faut oublier ce coup-là.
- Oh !
Ben, vous êtes...
malhonnête.
- Malhonnête ? - Oui.
Malhonnête.
- Si j'ai bien compris,
vous êtes au domaine depuis longtemps.
Bien avant les Venault.
Vous leur avez tout appris, vous êtes l'âme du domaine.
Pour un salaire
de misère. - Oui.
- Sans vous, votre patron ne serait pas devenu riche,
vendant dans le monde entier.
J'entends votre sentiment d'être mal considéré.
Mais l'escroquer,
je trouve ça pathétique.
- J'ai fait tout ça pour pas un rond.
Je devais m'en sortir.
Détourner quelques bouteilles allait pas ruiner M. Venault.
- "Quelques",
comme vous dites, ce sont mille bouteilles.
Et quand M. Venault va le savoir,
il va vous virer
et en parler.
Pour trouver du boulot,
ça va être compliqué, à votre âge.
- Vous voulez savoir quoi ?
- On veut des infos sur le domaine.
- Et on fermera les yeux sur ce trafic de bouteilles.
- Mais sinon...
Ca va être plus compliqué.
- OK, OK, d'accord.
- Alors, on commence.
Fabrice Messonnier, chauffeur.
Venault est un client.
Il le voyait souvent ?
- Oui. - Parfait.
Gérard Dunan, un employé de la CETER.
Venault affirme
l'avoir jamais vu. Et vous ?
Vous l'avez déjà vu ?
- Je l'ai déjà croisé au domaine.
- Très bien.
- Et Fanny Bruyère ?
- Oui, je l'ai croisée.
- Il y a trois ans ?
- Oui.
Ca m'a paru louche que mon patron rachète le domaine d'à côté.
Un citadin en avait hérité.
Il voulait quitter la région.
M. Venault l'a racheté pas cher.
- Ca signifie quoi ?
Qu'il l'a arnaqué ?
- C'était une vigne à l'abandon.
Devenue la meilleure.
M. Venault a vu son potentiel
avant de l'acheter.
Il a dû écouter sa fille.
Même partie, Lola continue d'aider son père.
Il répète toujours : "Il faut faire comme Lola a dit."
- Vous les avez donc vus
tous les trois il y a trois ans.
- Oui, tous les trois ensemble.
Ils ont débarqué, Messonnier,
Dunan et Bruyère.
- Alors ? - Alors...
Il y a trois ans, Bruyère a reçu 30 000 euros
d'une société bidon
appartenant à Venault.
- Comme Messonnier
et Dunan.
- Au même moment, Venault achète une vigne mal exploitée
pour 100 000 euros.
- Ca vaut ça ? - Non.
- 500 000 l'hectare.
- 500 000 fois dix, ça fait 5 millions.
100 000, c'est rien.
- Il s'agit de chantage.
Dunan et Messonnier veulent le faire chanter.
Il les bute. - Fanny Bruyère
part au Japon, tombe amoureuse d'un caviste,
mais l'histoire dure pas.
Et elle commence à tout claquer.
- Aujourd'hui, elle revient chez Venault et le retrouve blindé.
- Elle le fait
chanter aussi ?
- Oui.
- Et il la tue au Sapenay.
- On a trouvé trois virements de 30 000 euros
depuis votre compte.
On a aussi trouvé l'acte d'achat du terrain.
Vous pensiez
que ça passerait inaperçu ?
C'était votre plan :
monter une arnaque pour acheter le terrain pour rien.
- Si vous voulez. C'était ça, l'idée.
- Mais vous n'aviez pas prévu que Dunan et Messonnier
réclameraient plus, et vous les avez tués.
- Quoi ? Pas du tout.
- Trois ans plus tard, Fanny Bruyère...
veut vous faire chanter et vous la tuez.
- J'ai tué personne, arrêtez ces conneries.
Ca devient absurde.
- Pourquoi, monsieur ?
Elle ne vous a pas fait chanter ?
Il soupire.
- Ca, c'est vrai.
D'accord.
Quand elle a compris
ce que me rapportait ce terrain,
elle a voulu revenir sur notre ancienne transaction.
Elle voulait
un million. - Vous avez refusé.
- Oui, j'ai refusé.
Le terrain n'était pas cher car la vigne était mal exploitée.
Ni l'héritier ni un autre ne l'aurait valorisée.
C'est moi qui lui ai donné sa valeur.
- Quel a été le rôle de chacun dans cette histoire ?
- C'est Messonnier
qui a eu l'idée.
Il savait que la vigne avait du potentiel
par une cliente oenologue.
Qui était...
Fanny Bruyère.
- Et Gérard Dunan, il est arrivé comment ?
- Par Messonnier.
J'ai su que...
Dunan avait des dettes.
Il fréquentait un cercle de jeux où il a sympathisé avec Messonnier.
Et voilà.
- Et il a intégré l'affaire.
- Oui, on avait besoin de la CETER pour conclure la vente.
Ca a commencé comme ça : Dunan et Bruyère
prenaient une chambre
dans deux hôtels.
Messonnier les amenait au domaine.
J'étais seul à savoir.
On était très discrets. - Oui.
- Chacun a joué son rôle.
Jusqu'à l'achat du terrain.
- Il faut que je le voie en premier.
Pour le persuader que son raisin vaut rien.
- Puis j'interviens.
Il va vendre, c'est sûr.
- Sans dépasser 100 000 euros.
- Pas plus.
T'en fais pas, j'en fais mon affaire.
- Le rôle de Fanny Bruyère était de persuader l'héritier...
que son vin vaudrait jamais rien.
Et que le prix proposé par Dunan était un bon prix.
- Bon pour vous.
- Hmm... Oui, Dunan lui avait parlé de moi.
J'avais des problèmes d'argent.
J'ai hypothéqué pour emprunter.
- Ca a duré longtemps,
ces réunions secrètes ?
- Je dirais trois semaines, temps d'hospitalisation de Karen.
- Pour sa bipolarité ?
- Hmm.
On discutait, on fixait nos rendez-vous avec le vendeur.
Et on se séparait jusqu'à la fois suivante.
- Merci.
- Merci. - Vous me laissez pas partir ?
- Ben, attendez...
Vous plaisantez ? Tout vous accuse.
Escroquerie, mort de vos complices, chantage de Fanny Bruyère.
Ca fait beaucoup.
- Je demande un mandat de dépôt.
- La prison ?
Ne faites pas ça, Karen supporterait pas.
- Oui, mais...
- Je sais pas qui les a tués, mais ça n'est pas moi, je le jure.
- Qui va vous croire ?
Personne.
- C'est la vérité.
Oui, j'ai déconné avec eux pour avoir ce terrain, c'est tout.
Cherchez encore qui les a tués.
- Leur disparition
vous a pas paru étrange ?
- Ben si.
Mais bon...
C'était des escrocs endettés.
Je les croyais
partis, pas morts.
- Qui avait intérêt
à ce que cette arnaque ne soit pas découverte ?
- J'en sais rien.
- Votre femme ? - Karen ?
Je lui ai rien dit.
J'ai fait ça pour elle.
Pour qu'on reste au domaine. Elle n'a rien fait.
- Alors, votre fille ?
- Pourquoi relâcher Venault ?
Il peut filer.
- Il filera pas. Il a tué personne, il dit vrai.
- Et il a menti sur quoi ?
- Je pense qu'il protège sa fille.
- Elle les a pas tués. - Pourquoi pas ?
Si l'arnaque avait été découverte, ça aurait nui au père et au vin.
Et vous oubliez une chose.
Elle est l'héritière. - Soit, mais...
Son alibi tient ?
- Je demande à Marchand. - Voilà.
Ah ! - Ah !
Je pars plus tôt.
- Oui, allez-y. - Au revoir.
- Je suis avec M. le procureur. Vous avez du nouveau ?
*- Lola Venault est bien venue chez le pépiniériste.
*Mais l'après-midi. Elle a pas d'alibi le matin.
- Merci.
- Arrêtez avec ce sourire triomphant.
Mettez la pression à la fille, en douceur.
Car on n'a aucune preuve.
- Joli, votre domaine.
- C'est pas à moi.
Les gars !
Merci !
C'est à mon père, à mes parents.
- Mais vous l'aimez.
Puisque vous êtes oenologue,
et que vous aidez votre père à le développer.
Ici, on dit que vous êtes le cerveau du domaine.
Prête à tout pour le garder.
- C'est-à-dire ?
- Vous avez pu organiser l'arnaque avec votre père.
Ou l'aider à tuer ses complices.
Votre silence est-il un aveu ?
Elle soupire.
- C'est n'importe quoi.
J'ai su après pour l'arnaque.
- Vous avez su quand ?
- En rentrant d'Angleterre.
Je rentrais pour fêter
l'anniversaire de mon père, ma mère était à l'hôpital.
J'ai trouvé Dunan,
Messonnier, Bruyère.
J'ai vu l'acte de vente.
- J'ai acheté ça.
- A ce prix-là ?
Je connaissais le terrain
et son potentiel.
C'est une arnaque.
- Arrête, une arnaque...
Jamais je ferais ça. Je te raconterai.
- Il a essayé de me convaincre.
Je pouvais pas y croire.
Il a dit avoir signé
à l'amiable.
Je l'ai d'abord cru.
Mais Dunan avait picolé, je l'ai fait parler.
Il a tout balancé.
Déçue, je suis partie en Australie.
Mais c'était pas lui.
- Pourquoi il a fait ça si c'était pas lui ?
- Pour ma mère.
Il fait ce qu'elle veut.
Ma mère adore le domaine.
A la suite d'ennuis financiers, il a monté cette arnaque.
Elle en a rien su. - Et pourquoi,
si vous étiez déçue, vous avez continué à le conseiller
en secret, même de loin ?
Vous auriez tout fait pour lui ?
Vous étiez où le matin du meurtre de Fanny ?
Pas chez le pépiniériste.
- Avec Augustin Aubral. - Aubral,
qui dit comme vous.
Vous êtes ensemble.
- C'est un bien grand mot.
On a une aventure.
J'étais chez lui.
- Vos parents savent ?
- Non, c'est personnel.
Je sais pas
si je vais rester ici.
- Vous aimeriez ?
Enfin, si vous trouvez votre place entre eux.
Restez à ma disposition.
On n'en a pas terminé.
Je remonte.
- Vous nous avez menti.
- J'étais pris de court, j'ai dit comme Lola.
- Vous êtes ensemble ?
- Oui, mais Lola veut pas le dire.
- Vous étiez où hier entre 7h et 9h ?
- On a rien fait.
Enfin...
On a passé la nuit ensemble, on s'est levés vers 9h.
- Vous auriez pu aller à 7h au col du Sapenay.
- Pourquoi moi, j'aurais tué Fanny alors que je l'avais jamais vue
avant de venir ici ?
- Je sais pas.
Pour aider Lola. Hmm ?
On peut faire
des conneries par amour.
- Attendez...
Ca commence juste.
On a passé la nuit ensemble et on veut pas le dire.
Vous faites mauvaise route.
- A moi d'en décider. Hmm ?
- J'aurais dû
te dire pour mon père.
Mais j'avais honte.
...
- Tu te soignes plus ?
- Non.
Ces trucs-là m'assomment.
- Mais... mon ange...
Tu sais que tu peux pas faire ça.
T'as arrêté
depuis quand ?
Hmm ?
- Merci. - Allez-y.
- Sympa de m'inviter. - Oui.
- Le dîner m'inquiète.
- C'est mon fils qui cuisine.
- Ah, on est sauvés, alors.
- Il veut vous rassurer : avec Lili, ça va.
- Ah...
Là, vous me rassurez pas. - Pourquoi ?
- Vous êtes sûre que c'est fermé ?
- Ha ha ha ! - Sérieusement,
c'est un TOC, ça.
Si vous avez peur de vivre ici, il faut trouver une autre maison.
- Vous êtes soûlant.
Ce côté sauveur.
- Je suis pas votre frère ? - Soyez déjà un père.
Dites-moi si nos enfants vont rester ensemble.
- J'en sais rien.
Ils se veulent un couple moderne.
Entre Thaïlande et ici.
Je vois pas le côté moderne.
- Vous préférez à l'ancienne.
La femme fait le ménage, la cuisine les massages, mais elle travaille
12h par jour. - J'adore, vraiment.
Je l'ai pas trouvée,
celle-là. - Ca m'étonne,
avec vos gros muscles, votre moto et vos tatouages.
- Vous êtes insupportable.
Pourquoi je vous parle ?
- On arrête les hostilités.
- Oui, dînons.
- Il vaut mieux.
- C'est bon, maman.
- Pas un mot.
Il siffle.
Aucun alibi ne tient, et Venault avait beaucoup à perdre.
Il reste le suspect numéro un.
- Et il le reste bien.
- Pourquoi ?
- Il a un permis de chasse, et a acheté un fusil il y a 3 ans.
- Dunan et Messonnier ont été tués
avec un fusil de chasse.
- Là, c'est perquisition.
On frappe. - Oui !
... Oui !
Quoi encore ?
Vous cherchez quoi ?
- Un fusil.
- Un fusil ?
- Vous en avez un.
- Bon, les gars...
Ariane, va à gauche, et Fabrice,
monte voir.
- Et où est ce fusil ?
- Il est là.
- Putain ! - Karen ?
- Qu'y a-t-il ?
- Je sais pas, ta mère...
- Quoi ?
- Mme Venault !
Arrêtez-vous !
- Karen !
- Arrêtez ! - Foutez le camp
ou je tire !
- Posez ce fusil.
Vous voulez quoi ?
Qu'on s'entre-tue ?
On va se calmer.
Regardez, je range mon arme.
Allez.
Allez, s'il vous plaît.
- Laissez-moi.
Laissez-moi ! - Allez.
Ca sert à rien.
Hein ?
S'il vous plaît.
- Non, je t'en supplie, mon amour !
Baisse ce fusil.
- C'est de ma faute.
De ma faute. - Non.
Regarde-moi, je t'en supplie.
Je t'aime. - Oh...
- On a besoin de toi.
- Maman, s'il te plaît.
Je t'en supplie !
- Bravo.
Elle sanglote.
...
Dépose ça au labo. - OK.
- Allez-y.
- Madame, vous répondez ?
Vous avez tué M. Dunan et M. Messonnier ?
- Oui.
- Ma chérie...
Tu sais bien que c'est pas possible.
Tu connaissais même pas Dunan.
- T'étais pas au courant.
On t'a rien dit.
- T'étais à l'hôpital, tu pouvais pas savoir.
Hmm ? - Vous êtes allée
comment au Sapenay ?
En voiture ?
- Hmm. - Karen, enfin...
Elle a pas son permis.
- J'ai pris un taxi.
- Un taxi ?
Il était quelle heure ?
C'était quelle compagnie ?
On va trouver.
- Pas la peine.
Pourquoi t'as fait ça ?
Acheter ce terrain ? Arnaquer ce voisin ?
On n'en avait pas besoin.
- Comment...
Comment tu sais ?
Je l'ai fait pour toi.
Pour qu'on reste ici.
- Comment vous avez su ?
Vous vous accusez pour protéger votre mari ?
- Je vous ai entendus.
- Tu mens ! Dunan et Messonnier,
tu les as tués ?
Et Fanny Bruyère aussi ?
- T'étais sûre que c'était lui.
- Je veux savoir ! - Pas du tout, enfin.
- Forcément ! - J'aurais pas fait ça.
- Me touche pas !
- J'ai eu peur, t'étais dans un tel état.
Je t'ai crue.
C'était possible.
Même si je pouvais pas le croire.
Quand vous avez parlé
du fusil, j'ai compris qu'il les avait tués pour moi.
Pour que...
On doit pas l'arrêter. - Elle délire.
- Je veux pas. - C'est confus.
- Non. - Si.
- C'est de ma faute.
Il va aller en prison parce que...
- Ecoute-moi. - Je veux pas !
Je veux pas !
Moi, j'irai. - Chérie.
- Non ! - Je ne sais pas
qui les a tués,
mais ça n'est pas moi, juré.
J'ai rien fait.
Et toi non plus.
Hmm ?
- D'accord. D'accord.
- Papa les raccompagne.
C'est fini, j'espère.
- Lola... je sais...
la mère que j'ai été.
Mais je t'aime.
Je t'ai toujours aimée.
Malgré ma folie, mes humeurs.
Pardon.
- Vous chassez pour avoir ce fusil ?
- Occasionnellement.
Pour les lapins, les grives dans les vignes.
Et à l'époque, il y avait pas mal de cambriolages.
Un gang qui dépouillait les gens. Un couple a été tué à 2km d'ici.
D'où les caméras.
J'enregistrais tout.
Mais j'ai été cambriolé.
- On vous a volé quoi ?
- Pas grand-chose.
Les enregistrements
de la période où venaient Dunan,
Fanny et Messonnier.
- Troublant, non ?
- Je me suis dit que c'était peut-être
quelqu'un du milieu, un vigneron du coin.
- Un vigneron qui aurait voulu
vous faire tomber ?
- Disons ça comme ça.
Et comme ça n'a pas eu de suite...
J'ai reçu aucune menace.
J'ai vite oublié.
- Vous restez chez vous.
- Hmm.
- Merci.
- Merci.
Il soupire.
- Le fusil de Venault n'est pas l'arme du crime.
Pour Dunan et Messonnier.
- Merde. - Il y avait bien un gang
de cambrioleurs, mais tous ont été arrêtés avant le vol des vidéos.
- OK, retour à la case départ.
On a un tueur dans la nature.
- Le vol chez Venault,
un truc roule pas.
Pourquoi des cambrioleurs piqueraient des vidéos
chez un particulier ?
- Ou ils cherchaient ça. - Quoi ?
- Voir qui était dessus pour les tuer.
- Ils étaient trimballés
par Messonnier.
- Les vidéos doivent les montrer
entrer et sortir du van.
- Que s'est-il passé dans ce van ?
- On reprend.
Leurs réunions
étaient secrètes.
Auraient-ils été témoins de quelque chose ?
D'un viol,
d'un meurtre, d'un rapt,
d'un accident ? Ou alors...
Ils ont tous participé à quelque chose
de grave.
- Les VTC enregistrent
leurs parcours ?
- Oui, mais est-ce archivé
longtemps ?
- Allez quand même revoir le patron
de la boîte de VTC.
- OK. - Merci.
- Vous voulez un café ?
- Non merci.
- Messonnier vous a jamais dit
qu'il avait eu un accrochage avec son van ?
Non ?
- Une fois, un truc, mais pas très grave.
- Tout est important.
Racontez-nous.
- C'était juste avant sa disparition.
Un vrai poisson d'avril.
- C'était un 1er avril ?
- Le 2, ça m'a marqué.
Il avait percuté
un sanglier. - Vous l'avez cru ?
- Pourquoi je l'aurais pas cru ?
L'avant du van avait pris un coup.
Vite réparé.
- Le trajet est enregistré ? - Pendant 5 ans.
C'est la loi.
J'ai tout.
Je vous montre ?
Voilà.
- Alors, Messonnier part du domaine Venault à 16h12,
et les dépose
à deux hôtels.
Le 2 avril 2022.
- Hôtel Central, hôtel du Parc.
Ce qu'on regarde,
quelqu'un d'autre aurait pu le voir en douce ?
Illégalement ?
- Il y a eu un incident.
Un type est entré de nuit et a visionné le serveur.
- On sait qui ? - On n'a jamais su.
Le veilleur a rien vu.
- Messonnier a pas dû percuter un sanglier, mais plutôt quelqu'un.
*Le tueur le sait aussi.
- Donc, si cette personne est morte,
un proche aurait voulu
*se venger. Bonne idée.
- Merci. *- Merci, Jean-Paul.
Je vérifie les délits de fuite.
Demandez à Venault
s'il a rien noté.
- Ca marche.
- Hein ? Merci.
Ah, merci.
On frappe.
- J'ai eu Venault. - Oui.
- Le 2 avril, c'était leur dernière réunion.
Le 3, c'était son anniversaire,
et sa fille était rentrée pour ça.
Les hôtels sont les bons.
- D'accord. Super.
- Vous écoutez ?
- Oui, je vous écoute.
Mais j'ai trouvé un délit de fuite datant du 2 avril 2022.
Une kiné renversée sur la route des Vignes.
La route dont a parlé Marchand, celle où le van est passé.
- OK. - Un riverain
l'a trouvée trop tard, elle est morte à l'hôpital.
Son mari a porté plainte.
Elle s'appelle
Catherine Loysel.
- Son mari n'a pas pu se venger, il est parti en Italie
après sa mort.
Il s'est remarié là-bas.
- Ah. - Merde !
Catherine Loysel avait comme patient Augustin Aubral.
- Quoi ? - Du domaine ?
- Oui.
Et elle le voyait souvent.
Il a été opéré d'une hernie discale.
- Celui qui a retrouvé Loysel a laissé son nom aux pompiers.
- AUGUSTIN AUBRAL.
- C'est là
où il habite ? - Oui.
- Il a dû la trouver route des Vignes,
en face de chez lui.
Elle allait le rejoindre quand elle a été percutée.
- Il a rien vu s'il y a eu fuite.
Comment il a compris ?
- Elle a pu lui parler avant de mourir.
- C'est lui.
Lui qui est allé à la société de VTC vérifier les trajets.
Et il s'est vengé.
Il est où ?
- Aubral ?
- Il est pas là. - Je sais pas.
- Il est pas là.
- C'est Augustin ?
Il les a tués ? - On en est certains.
- Oh !
- Pourquoi l'engager ?
- Mon maître de chai partait à la retraite.
Augustin postulait depuis deux ans.
- Il veut se venger depuis 3 ans.
Il vous savait en lien avec Fanny, et a attendu qu'elle revienne ici.
- Où peut-il être ?
- Lola devait aller chez le pépiniériste.
Je l'appelle.
- Non, surtout pas.
On attend qu'il revienne et qu'elle soit en sécurité.
- Il l'aime. Il va pas lui faire du mal ?
- Mon Dieu... Lola...
- Quoi ?
- C'est pas moi qui lui ai dit pour l'achat du terrain.
C'est Dunan.
- Oui, on le sait.
Et alors ? - Elle l'a fait parler.
C'était pas au domaine, mais après.
Ils sont partis ensemble.
Elle a proposé à Dunan de boire un verre.
Tu fais quoi ? - Lâche-moi !
- Elle était
dans le van ? - Oui.
- Elle a assisté à l'accident.
- Vous croyez que...
qu'il veut la tuer ?
- Ben... - Elle est en danger.
- Ah...
- Bon, ça devrait suffire pour le flanc ouest.
Tu penses ? - Oui.
On plantera demain, il fait beau.
- Ton père.
- Il doit vouloir un truc.
"Augustin sait que
"tu es montée dans le van. Il les a tous tués."
- Je voulais pas m'en servir.
Surtout contre toi.
- De quoi tu parles ?
J'ai rien à voir avec ça.
J'ai rien fait. - Non.
T'as rien fait.
Pour sauver Catherine.
- De quoi tu parles ? - Envoie à ton père
une réponse simple.
Vite ! - Je dis quoi ?
- Qu'on rentre.
Tu le rassures. Allez.
- C'est Lola.
Elle dit jamais
"Daddy".
- C'est un code, il doit la menacer.
- On va borner son portable.
- Montrez-moi. Merci.
- Prends le volant.
Le volant !
Démarre.
Démarre !
*- Ils arrivent au carrefour
*de la D8 et de la D21.
*- Vous êtes loin ?
- A 8km.
Sirène.
...
- A droite.
Ton portable...
- Pourquoi tu l'éteins ?
- Allez. - Pourquoi tu l'éteins ?
*- Son portable s'est éteint. *- On n'a plus le contact.
- On fait quoi ?
- J'ai une idée.
Je me fais tatouer comme vous
si ça marche.
Il rit.
- Hâte de voir ça.
Sirène.
- C'est beau. Hein ?
- Oui.
T'habites à côté.
- Oui.
Regarde.
C'est là.
Que vous avez percuté
Catherine.
Vous l'avez laissée agoniser.
Appeler les urgences...
l'aurait sauvée.
T'as rien fait.
Je te connais.
T'as préféré sauver ton père.
Cacher l'escroquerie.
La laisser mourir
pour un terrain !
- Je sais pas de quoi tu parles. J'ai laissé mourir personne.
- Ton père l'a bien dit.
T'es montée dans le van.
T'étais dedans.
- Je suis montée dans le van, mais on n'a pas eu d'accident.
Il s'est rien passé.
Dunan m'avait tout dit, Messonnier m'a déposée,
et ils sont repartis.
Je sais rien de cette femme.
- T'as oublié son nom.
T'es une ordure.
T'es pire qu'eux.
Eux avaient besoin de fric, mais toi, t'avais tout !
Tout !
T'as laissé mourir
ma bien-aimée comme un chien.
Dire que...
j'aurais pu t'aimer.
Je voulais t'épargner.
Tu me dégoûtes. Tu me dégoûtes !
- Je t'en supplie, Augustin.
Je t'aime. - Ferme-la.
- Je t'aime. - Ferme ta gueule !
C'était Catherine.
Son nom.
Déclic. Tu l'oublieras plus !
- Baisse ton arme.
Baisse ton arme !
Pose-la devant toi.
Mets les mains
derrière la tête.
Descends.
Tourne-toi.
Mains dans le dos.
...
Vous l'aviez enterré.
- La balistique est formelle.
C'est ce fusil qui a servi à tuer MM. Dunan et Messonnier.
Vous confirmez ?
- Vous avez vengé Catherine.
C'est ça ?
- Oui.
- Racontez-nous.
- On habitait à côté.
On devait passer la nuit ensemble.
Elle est venue me rejoindre à pied.
Il faisait doux.
- Vous étiez ensemble
depuis quand ?
- Deux ans.
Un coup de foudre.
C'était si fort.
On peut pas l'expliquer.
On avait raté nos mariages.
On avait pas d'enfant.
Et on en voulait.
- Et il y a eu
l'accident.
- Pas l'accident.
Le meurtre.
Choc.
- On fait quoi ? - Rien.
- Quoi ? - Allez.
On doit pas nous voir ensemble.
- S'il vous plaît !
- Je l'ai appelée en vain.
Alors, je suis allé à sa rencontre.
C'est là
que je l'ai vue.
Catherine !
Catherine !
Qu'est-ce...
Qu'est-ce...
Mais ça va aller, je suis là.
Elle m'a raconté.
- C'est... un chauffeur de taxi.
- Non, attends.
Vingt minutes ont suffi à la condamner.
Reste avec moi !
Reste avec moi.
A l'aide !
Aidez-moi !
Il hurle.
- Remets-le. - OK.
- Merci.
OK...
Elle avait vu le logo du van, et vous êtes remonté à Messonnier.
- Le van avait été réparé.
On voyait rien.
J'ai récupéré les données GPS sur leur serveur.
- Vous aviez le parcours et vous êtes allé chez Venault.
- Oui.
Sans but précis.
J'avais vu une caméra, alors...
Je suis entré et j'ai trouvé les enregistrements du jour...
où Catherine...
a été tuée.
- Vous les avez vus monter dans le van, avec Lola Venault.
- J'avais Messonnier.
J'ai trouvé
Dunan et Bruyère par leurs hôtels.
- Pourquoi
les tuer au col du Sapenay ?
- C'est un endroit calme.
Je leur ai donné rendez-vous pour leur faire peur.
Voir s'ils regrettaient.
Apparemment, non.
Vous l'avez percutée et vous l'avez laissée crever !
- C'était un accident, on a paniqué.
- Messonnier était armé.
- Baisse ton fusil.
Allez !
Tir.
- Non ! ...
- Dunan s'est jeté sur moi.
J'ai caché les corps
dans une cavité.
- Vous avez postulé
chez les Venault,
et vous avez patiemment attendu le retour de Bruyère.
- Oui.
Et j'ai hésité.
Du temps était passé.
J'ai agi le jour de son départ.
Lola dormait chez moi.
Je lui ai donné un somnifère, elle m'a pas vu partir ni revenir.
- Je suis désolée.
On a cru qu'elle survivrait, mais s'il vous plaît...
- J'avais mon arme.
- Me dénoncez pas.
- Pour lui faire peur.
- Augustin, écoutez-moi.
- J'avais presque pitié.
Elle m'a attaqué, je me suis défendu.
Je l'ai repoussée.
Elle est tombée sur un rocher.
Elle était inerte.
Aboiements.
J'ai entendu un chien aboyer, j'ai paniqué, je l'ai laissée là.
- Et Lola ?
- Je voulais pas.
Elle tombait amoureuse et moi...
J'étais...
un peu perdu.
Mais...
Avec le SMS de son père...
J'ai pensé à Catherine.
Comment Lola...
Comment elle avait pu...
la laisser mourir ?
Ca m'a rendu fou.
- Elle était plus dans le van.
Elle était dans un bar. Des témoins l'ont confirmé.
Un bar qui est avant
le lieu de l'accident.
Elle vous a dit la vérité, elle ne savait rien.
- Je t'aime.
Je t'aime.
...
- Jules, t'es où ?
- J'arrive, maman.
- J'ai vu un tatoueur
pour me faire un petit oiseau.
Peut-être une mouette. - Quoi ?
- Vous êtes là ?
- Tu répondais pas, il voulait te voir.
- Vous l'avez fait ?
Pas une mouette !
Faites-moi voir.
- Je vous fais rien voir, vous êtes dingue.
Je critique vos tatouages ?
- Je vous laisse.
- Ah !
Quand on va savoir...
- Personne va rien savoir.
Et il y a rien à voir, parce que...
J'ai hésité longtemps, et je savais pas où la mettre,
et j'aime pas les oiseaux.
On oublie ça.
- C'est dommage.
Mais sous vos airs bourgeois, vous pouvez être un peu
rock and roll. - Mes airs bourgeois ?
D'accord.
Et vos airs de "je dirai pas quoi".
Hein ?
- Mais Florence !
Je plaisantais. - Vous voulez quoi ?
- En fait, je...
J'ai trouvé un psy spécialisé dans les TOC.
Vu ce que vous avez vécu, vous pourriez partir
en cacahuète.
Si vous vouliez essayer, ça me ferait plaisir.
S'il vous plaît.
- Promis.
- Ah, merci. - Ca va comme ça ?
Bon...
- Bon, je décolle ? - Voilà.
Il imite une mouette. - Je fais très bien la mouette.
Elle rit. - Très bien.
...
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