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Original subtitles

...

...

- Mais je suis où ?

Elle frappe à la porte. Y a quelqu'un ?

Ouvrez cette porte !

...

Ouvrez cette putain de porte !

...

...

Bonjour, Jean-Paul.

Ca va ? - Ca va.

- Capitaine...

- Bien dormi, Mme la commissaire ? - Comme un bébé.

Nicky, première sur les lieux. Vous vous êtes levée à l'aube.

Félicitations. - A 5 heures du mat',

mon fils voulait aller à l'école. - Tant qu'il veut pas y dormir...

Qu'est-ce qu'on a ? - Une femme, et c'est moche.

- C'est eux qui l'ont trouvée ?

- Des marionnettistes itinérants. Ils sont là depuis 10 jours.

- D'accord. Et ? - Rien sur eux au fichier.

Ils ont vu personne à part le corps.

- Parfait. On y va ?

Elle a reçu plusieurs coups de couteau.

Elle a des marques de strangulation.

Rigidité cadavérique totale, morte depuis au moins 6 heures.

- Au plus tard vers 2 heures du matin.

- Ni sac ni papiers.

- Elle a dû courir et tomber. Il manque un talon.

- Pour échapper à son agresseur, j'imagine. Etranglée et poignardée,

il lui a laissé aucune chance. - Elle a dû se voir mourir.

Téléphone. C'est Kerouac.

Oui, Kerouac ?

*- J'ai un truc pour vous, commissaire.

*Un facteur a signalé un possible cambriolage chez une psychologue.

*Il est saccagé. Le bureau, pas le facteur.

*Rire. *La psy est injoignable.

- Merci. On s'en occupe.

Nicky, vous pouvez libérer les deux marionnettistes.

Capitaine, vous drivez la PTS ?

- Bien sûr.

- Super. Jean-Paul, on va chez la psy ?

- Oui, avec plaisir. - Allez.

- C'est bon, vous pouvez faire les photos.

- Ca a l'air plus détendu,

entre vous et Roche, non ?

- On a passé une partie de la nuit ensemble.

- Ah ?

- Au téléphone. Et avec mon fils et sa fille.

Jules rentre d'Asie la semaine prochaine.

Il a signé pour un nouveau job ici. Elle, elle reste pour un chantier

archéologique qu'elle ne veut pas rater.

- Sa fille qui reste là-bas, Roche a pas dû bien le prendre.

- Au point que j'ai un peu de mal à me réjouir du retour de mon fils.

Mais la culpabilité féminine, vous connaissez pas, hein ?

- Oh si, je connais.

- C'est là ? - Oui.

- Allez, au boulot.

...

- Pas de trace d'effraction.

- Marchand ?

- Oui.

- Regardez ça.

Il y a un sac à main.

- Et là, un téléphone.

Verrouillé. Ca fera du boulot pour Maleva.

- Bah, elle adore ça.

"Gaillard Maude, née le 9 février 71 à Chamonix."

54 ans.

Je crois que c'est notre victime.

Vous me mettez ça dans un scellé, j'appelle Roche.

Oui, on est sur les lieux, avec Jean-Paul,

et on est bien au cabinet de la victime.

Vous pouvez m'envoyer une partie de la PTS ?

Elle a eu du pif, la major.

Vu le bordel, il y a eu des violences avant l'agression.

- Je confirme, c'est notre victime.

- A côté, c'est sa soeur, Delphine Gaillard.

Pacsée, deux grands enfants,

elle dirige l'hôtel des Trésoms à Annecy.

C'est une affaire de famille depuis 1910.

- Sur la victime, vous avez quoi ? *- Divorcée depuis 5 ans.

*L'ex-mari vit à Londres. Pas d'enfants.

Elle a publié des articles sur les psys qui s'occupent

de condamnés soumis à obligation de soins.

- Elle pourrait avoir des repris de justice comme patients.

*- Probablement.

Des patients potentiellement violents.

Je préviens Delphine Gaillard

*du décès de sa soeur ? - Non, je m'en charge.

Envoyez-moi juste son adresse. Merci, major.

Elle est quand même très forte, cette Kerouac.

- C'est cette dame qui vous a fait demander.

- Bonjour. - Bonjour.

- Mme Gaillard ? - Oui.

- Commissaire Cassandre, brigade criminelle d'Annecy.

- Que puis-je faire pour vous ?

- Merci d'accepter de répondre à mes questions tout de suite.

Votre soeur n'a jamais évoqué un problème avec un patient ?

Elle n'a pas été menacée ? Vous ne vous souvenez de rien ?

- Non. Sinon, elle m'en aurait parlé.

- Et du côté de sa vie privée ?

Sa vie amoureuse ?

- Elle a souffert de son divorce.

Son travail, c'était toute sa vie.

J'avais peur pour elle, mais jamais j'aurais cru que...

- Vous aviez peur, c'est-à-dire ?

- J'avais peur de la voir vieillir seule, sans amour, sans enfants.

Notre père dirigeait cet hôtel

avant moi.

A sa mort, j'ai proposé à Maude de travailler ici avec moi.

Elle voulait pas lâcher ses patients.

Elle disait que son métier la faisait se sentir utile.

Notification.

Excusez-moi. - Je vous en prie.

- Ma mère est à l'hôpital, ils trouvent pas ce qu'elle a.

- Je ne vais pas vous retenir.

Dites-moi juste ce que vous faisiez hier en fin d'après-midi.

- J'étais ici, du matin jusqu'après minuit.

Une partie de l'hôtel était louée

pour un séminaire. - Bon. Très bien.

Je vous laisse tranquille, on va se revoir.

- Bonjour. J'ai rendez-vous avec le Cne Roche.

- C'est qui, ce petit monsieur tout gris ?

- Antoine Malpartis, le dernier patient de la victime.

- "Malpartis" ? Il a tiré le gros lot, lui.

- Merci, Jimmy.

M. Malpartis, bonjour. Je suis le Cne Roche.

- Bonjour. - Je vais prendre votre déposition

et enregistrer notre conversation, si vous êtes d'accord.

Je vous écoute.

- Excusez-moi, j'ai pas l'habitude. - Pas de souci.

- La mort de Mme Gaillard, ça m'a...

- Oui. Vous aviez rendez-vous hier à 19h avec elle ?

- Oui. - Il s'est passé quelque chose ?

- Non. Enfin, si.

Enfin, c'est juste que...

Si je témoigne, je peux avoir une protection ?

Cette fille,

elle faisait vraiment peur...

- Attendez. On va tout reprendre depuis le début, dans le bon ordre.

- OK. Excusez-moi. - Je vous en prie.

- Je parlais avec Mme Gaillard... - Oui.

- J'ai... J'ai raté ma vie. Ca, on peut pas dire le contraire.

Si je mourais demain, qui serait au cimetière pour m'accompagner ?

Voilà ce qui m'empêche de dormir.

- Pourquoi vous m'avez rien dit ?

Je vous fais confiance, moi.

Et vous, ça vous amusait de vous foutre de ma gueule, hein ?

- Ida, calmez-vous s'il vous plaît.

Désolée. Je vous rappellerai.

Je suis désolée. Je vous rappelle.

On va se parler. Respirez. - Se parler ?

- En partant, j'ai entendu un sacré boucan.

- Et vous vous êtes pas dit qu'elle avait besoin d'aide ?

- Je savais pas comment réagir.

Moi, la violence, ça me paralyse.

Je ne connaissais pas Mme Gaillard, c'était ma première séance.

Elle semblait

maîtriser la situation, j'ai pensé qu'elle avait l'habitude.

Maintenant, je m'en veux de l'avoir abandonnée avec cette dingo.

- Le prénom de cette dingo, c'est Ida ?

- Oui. - Ida Malapeyre, 30 ans.

Elle consulte depuis 2023 sur injonction thérapeutique.

Peine de 4 ans dont 3 de probatoire et 1 an de sursis simple.

- OK. Pour quoi ? - Blessures involontaires.

Elle a fauché un scooter.

Alcoolémie et délit de fuite.

- La totale.

On l'a logée ?

- Elle loue un studio à Annecy. J'ai demandé

le bornage de son téléphone.

Le téléphone dans le cabinet, c'est celui de la psy.

- C'est parfait. Merci et bravo, Nicky.

- De rien.

- Ah oui, d'accord.

Téléphone.

Oui, cher maître ? *- Florence, j'ai eu votre message.

Comme je suis, semble-t-il, à votre service,

j'ai récupéré le dossier d'Ida Malapeyre.

*- Oui. Et ? - "Merci M. le procureur", jamais ?

- Merci, M. le procureur. Jamais.

- Que voulez-vous savoir ?

*- Pourquoi elle n'a écopé que de 4 ans ?

Avec l'alcool et le délit de fuite, elle aurait dû prendre 7 ans.

*- Son avocat a plaidé un alcoolisme dû à sa condition psychologique.

Elle souffre de troubles de la personnalité borderline

jamais soignés. Ca viendrait de son enfance. Père inconnu,

*et elle aurait assisté au suicide de sa mère à 7 ans.

Qu'elle ait agressé et tué sa psy, c'est plus que probable, non ?

- Oui, mais je viens de lire

leurs échanges de SMS

et Maude Gaillard s'occupe beaucoup d'elle.

Elle l'écoute 24h/24,

répond à ses angoisses, la soutient, la protège,

*tout ça depuis 2 ans.

- Alors, pourquoi s'en prendre soudain à elle ?

Il s'est passé quelque chose. *- Oui. Il nous manque une info.

Je cherche et je vous rappelle. - Oui, faites ça.

On avance.

- Nicky, je lis sur le procès-verbal

qu'Ida Malapeyre reprochait à sa psy "de ne pas lui avoir dit".

Dit quoi ? Et après, elle lui demande

si ça l'amusait de se foutre de sa gueule.

Vous en savez plus ? - Pas du tout.

- Le témoin, là, Malbarré...

- Malpartis, commissaire.

- Oui, bon. Le témoin, il a rien entendu d'autre ?

- Bah non.

Téléphone. - C'est Marchand.

On vous écoute, lieutenant.

- Mauvaise nouvelle, Ida Malapeyre a mis les voiles.

*Son téléphone a borné pour la dernière fois

à la gare d'Annecy à 20h47.

*Apparemment, elle a pris un billet

pour ce matin, tôt, pour Lyon, le train de 5h50.

- On lance un avis de recherche international.

Roche a organisé la perquisition de son appart ?

*- Oui, commissaire.

On va la retrouver.

- Merci, Jean-Paul. Vous avez des nouvelles de la PTS ?

- Les empreintes d'Ida Malapeyre sont partout dans le bureau,

et sur le coupe-papier.

Le légiste situe la mort entre 17h et 22h.

- OK. Donc, Ida Malapeyre fait sa crise au cabinet

aux alentours de 19h.

Ensuite, on imagine qu'elle tue Maude Gaillard,

et on la retrouve à la gare vers 21h.

Ce serait quoi, son mobile ?

- Peut-être que la soeur en sait plus ?

- Je vois pas le rapport entre Malapeyre et la soeur de la psy.

- D'après sa déclaration d'impôts,

Malapeyre travaillait, dès fin 2018,

à l'hôtel sous les ordres

de Delphine Gaillard.

- Elle a été embauchée fin 2018,

juste après sa condamnation ? - Oui.

- Ca mérite des éclaircissements.

- Vous devriez rentrer, madame. Reposez-vous, prenez soin de vous.

- Si j'arrête de travailler, je m'écroule.

J'arrive pas à dire à maman que Maude est morte.

Alors, m'occuper des funérailles et des papiers, ben, ouf !

Non, je sais pas pourquoi

Ida est allée faire une scène au cabinet de Maude.

Jamais Ida ne l'aurait agressée.

- Malheureusement, tout désigne Mlle Malapeyre

dans le décès de votre soeur.

Pourquoi vous l'avez embauchée ?

Après sa condamnation en 2018,

peu d'employeurs s'y seraient risqués.

- Elle a aucun contact avec les clients.

Elle travaille exclusivement à la buanderie.

Mon père dirigeait l'hôtel

à l'époque. C'est lui qui l'a engagée.

- Mais vous ne pouviez pas ignorer son problème d'alcool.

- Non, mais ici, je ne l'ai jamais vue ivre.

- Madame, vous savez bien que l'alcoolisme

est une maladie dure à combattre.

Entre 2018 et 2023, Ida Malapeyre n'était pas soignée.

Ivre, elle a percuté un scooter.

- A l'époque,

elle ne travaillait pas. L'hôtel était fermé,

j'avais lancé une rénovation.

- Pourquoi j'ai l'impression que vous la protégez ?

C'est vous qui lui avez conseillé de consulter votre soeur ?

- Ida n'a pas pu faire ça.

Il s'est passé quelque chose.

Il y a une semaine, la voiture de Maude a été vandalisée.

On a écrit dessus :

"Ida égale danger, psy égale complice."

- C'est une information importante. Elle a porté plainte ou pas ?

- Non, elle n'a pas porté plainte. Elle avait l'habitude de recevoir

des lettres, des appels, de gens qui ne comprennent pas

qu'elle soigne des repris de justice.

Ca n'allait jamais très loin, et elle comprenait leurs réactions.

- Bon. Merci pour cette information.

- Quelqu'un s'en serait pris à elle

parce qu'elle soignait Ida Malapeyre ? C'est gros, non ?

- C'est peut-être un stratagème pour détourner les soupçons.

Je me demande si la mort de la psy ne profiterait pas à sa soeur.

En vous renseignant sur la succession du père,

vous auriez ma reconnaissance éternelle.

- "Eternelle" ? Je vais faire le nécessaire.

Mais rassurez-moi. Malapeyre reste bien votre suspect numéro 1 ?

J'ai pas secoué Interpol pour rien ?

- Non, évidemment, mais je sens que Delphine Gaillard

cache des informations sur Ida Malapeyre.

C'est mon avis, faites-en ce que vous voulez.

- Quel genre de rétention d'informations ?

- Je sais pas, mais quelque chose ne va pas.

- Il faut interroger le personnel de l'hôtel

sur Ida Malapeyre et Delphine Gaillard.

- Oui, mais sans mettre la puce à l'oreille de Delphine Gaillard.

- Je vais voir ce que je peux faire. - Merci, Pascal.

- Je vous en prie, Florence. - C'est un Pascal amical, gentil.

On va pas recommencer les : "Oui, capitaine Pascal Roche."

"Je vous en prie, commissaire Florence Cassandre."

- Non. On ne touche plus à rien, on est très bien maintenant.

Mais il faudrait qu'on se parle. - Mais non, justement.

Dès qu'on parle de nos sentiments, on devient complètement demeurés.

- Oui, c'est vrai.

- Alors, Lili, vous avez digéré ?

- Oui, ça commence. Et merci de m'avoir écouté cette nuit.

- Je vous en prie. Je dois quand même vous avouer

que je me suis un peu endormie sur la fin de la conversation.

- Ca, j'ai remarqué.

- Comment ça ?

- Vous ronflez.

- Pardon ? Je crois pas, non.

Vous vous trompez, je ne ronfle pas.

Je n'ai jamais ronflé et ça n'arrivera pas.

Je peux faire de petits bruits que le téléphone amplifie,

mais c'est tout. - Quelle mauvaise foi.

Je vous explique.

A ce stade-là, ces bruits sont une ronflette.

Voilà.

- Vous vous moquez. - Bien sûr

que je me moque. - Ah.

- C'est pire.

Bon, il faut que j'y aille. A plus tard. Bye.

- Qu'est-ce qui se passe ? Téléphone.

Oui, Jean-Paul ?

Merci de vous dévouer. Je suis désolée

*de vous priver d'une nuit avec votre chérie.

*Et remerciez Kerouac aussi. - Elle est aux anges, commissaire.

Elle a même déclaré qu'elle allait un peu jouer

avec le room service. *- Ah non,

dites-lui que ma carte bancaire n'est pas extensible.

- Oui, oui, comptez sur moi, Mme la commissaire. Bonne soirée.

...

- Qu'est-ce qu'il a,

ce tiroir ? C'est pas possible.

Il y a un truc...

...

"Ma douce Isabelle, il me faut t'écrire ces mots...

Appel Internet.

*- Son travail est important

*pour elle, le mien, pour moi,

*et on s'est dit que personne ne devait se sacrifier.

*C'est que pour quelques mois, et c'est ça, l'amour.

- Tu m'épates. J'aimerais bien être aussi sûre de moi.

*- Ah. C'est encore Roche ?

- Non, il n'y a aucun problème. Regarde ça.

*- Des amoureux

*qui nagent dans le bonheur ? C'est ça qui te perturbe ?

*C'est qui ? - Je sais pas.

C'était dans une enveloppe coincée

dans le meuble laissé par l'ancienne locataire.

Il y a aussi une lettre d'amour d'une tristesse infinie.

*- Tu files un mauvais coton, toi.

*Bon. On se rappelle dans deux jours ?

- Ouais. Arrive vite. Je t'aime.

*- Gros bisou.

*- Mme Cassandre, bonjour. - Bonjour, Mlle Sinclair. Ca va ?

*- Il y a un souci avec la maison ? - Non, elle va très bien.

Juste, j'ai trouvé un courrier qui appartient sûrement

à votre ancienne locataire. C'était dans son meuble.

Vous auriez ses coordonnées ?

*- Non, désolée. Mais j'ai celles de son neveu.

*C'est lui qui s'est occupé de vider la maison

*quand Mme Meyer est partie chez lui. Vous le notez ?

- Heu... Attendez deux secondes. Oui, allez-y.

*- On peut le joindre au 06 45 78 32 19.

- Super. Merci beaucoup. *- Je vous en prie.

- Au revoir. *- Au revoir.

...

"Cadeau du proc' pour vous."

- Alors, le garagiste de la psy ? - Sa soeur a dit vrai,

on a vandalisé sa bagnole. Regarde.

- Ah oui. Effectivement. - Et Ida Malapeyre, on sait

où elle a pu se planquer ?

- Non. Et d'après ses voisins, elle reçoit jamais personne.

Quant à ses fadettes, c'est l'angoisse absolue.

Sa psy, son boulot, les administrations.

Pas d'amis, pas de famille, que dalle.

En attendant de la choper, il faut trouver le tagueur.

- C'est fait.

Son nom est dans le dossier du procès d'Ida Malapeyre

pour blessures involontaires en 2023.

- La marionnettiste qui a trouvé le corps ?

- Lucie Fantoccini. C'est elle que Malapeyre a percutée.

Deux jours de coma, multiples fractures,

et surtout une fracture du bassin qui a entraîné une ablation

de la vessie. - Je vais la chercher ?

- Non, Nicky va y aller.

Ramenez le grand-oncle aussi. - OK.

- Je suis désolée, la paperasse vous soûle,

mais j'ai besoin de vous

pour interroger les Fantoccini. Vous ne connaissez pas ce dossier,

il faut donc vous y coller.

- Pendant que Kerouac et Marchand enquêtent à l'hôtel, tranquilles.

- Oh, ça va. Vous êtes pas bien avec moi ?

...

- Je récapitule.

Jusqu'en mai 2023, vous possédiez un théâtre de Guignol à Lyon

hérité de vos parents.

Ca marchait bien, mais après l'accident de votre nièce,

vous l'avez vendu pour vous consacrer à sa convalescence.

C'est un beau sacrifice.

J'imagine qu'être itinérant ne doit pas rapporter gros.

- Non. Et alors ? - Les accidents ne détruisent pas

que la vie des victimes.

Ils bouleversent aussi celle de leurs proches.

C'est l'argument que vous avez fait valoir au procès.

- Vous attendiez certainement une sentence plus sévère, non ?

Vous devez beaucoup

en vouloir à Ida Malapeyre. - Evidemment.

La vie de Lucie ne sera plus jamais la même.

- Que pensez-vous

de la thérapeute de Mlle Malapeyre ?

- Vous savez, Maude Gaillard,

sa psychologue,

la femme que vous avez retrouvée morte hier matin dans le parc.

- Vous voulez

en venir où ?

Vous insinuez que j'aurais... - J'ai fait une connerie.

- Quoi ?

Quelle connerie ?

Ca va, pas trop fatiguée ? - Non, ça me fait du bien de bouger.

Qu'est-ce que vous foutez ici ?

- Je passe ici chaque matin avant d'aller au boulot.

J'étais complètement à côté de la plaque lors du procès,

je vous ai dit n'importe quoi.

Je vous demande pardon.

Vous avez l'air d'aller mieux.

- Mieux ? Oh bah oui ! Maintenant, j'ai l'air normal, donc c'est cool.

Il me manque des pièces d'origine à l'intérieur, mais ça se voit pas.

Pisser dans une poche, c'est pas si mal. Tu veux la voir ?

- Je bois plus. Je vous jure, je boirai plus jamais.

- Je m'en fous

de ta vie, pauvre folle !

- J'aimerais faire quelque chose pour vous.

Elle, elle m'a sauvée. Peut-être qu'elle peut vous aider.

- Au lieu de la punir, on l'aide !

Elle devrait être en taule. Bah non, elle bosse,

elle va chez la psy, se balade,

mène sa vie tranquille comme si rien ne s'était passé.

- Vandaliser la voiture de sa psychologue,

je doute que ça vous aide, vous.

- Je risque quoi ?

- Ca dépend. Ca dépend de où vous vous trouviez

le soir de la mort de la psychologue.

- On a fermé le castelet à 18h, on est rentrés à la maison

où Lucie est restée jusqu'au lendemain.

- Bon. Vous pouvez y aller.

Mais vous restez à notre disposition.

On va vous raccompagner.

Tu t'en occupes ? - Oui.

- Merci.

- Que le grand-oncle mente pour protéger sa nièce, peut-être,

mais vous la voyez en meurtrière ?

- Non. On reste sur Ida Malapeyre. Avec la possibilité

que Delphine Gaillard soit mêlée à la mort de sa soeur.

- Tous ceux à qui j'ai parlé

travaillent ici depuis la rénovation de 2023.

Pour eux, Delphine Gaillard est une sainte.

- Moi, pareil. Et personne m'a parlé de Malapeyre.

On plie les gaules ?

Bonjour, madame.

- Je vous ai à l'oeil depuis un bon moment.

- Ah bon ?

Heu...

- Dans ma jeunesse, j'étais indic à la Mondaine de Lyon.

On se connaît, non ?

Vous étiez un jeune poulet.

Mais déjà bien mignon. Si je peux vous aider, ce sera à l'oeil.

- AH...

- Vous connaissez bien cet hôtel ? - Oui. Je suis cliente depuis 2010.

Le père Gaillard le dirigeait, à l'époque.

Un minable coureur de jupons. Moins classe que sa fille.

- Est-ce que...

Est-ce que vous connaissez cette dame ?

Elle travaille à la buanderie de l'hôtel depuis 2018.

Non ? - Ah mais si !

Elle a provoqué un sacré rodéo.

Rien à voir avec la buanderie.

C'était au buffet des petits déjeuners.

Elle s'est battue avec une autre employée.

Elle a une sacrée droite.

- C'est-à-dire ? - L'autre a pris un gros bourre-pif.

Pardon, je dois vous abandonner. J'ai poker.

- Ah ?

- Quelques vieux coqs à plumer.

- Eh oui ! - Merci, madame.

- Pour vous, mon mignon, c'est Rose. On se voit plus tard ?

- Merci, Rose.

- Au revoir, Rose.

Dites donc, une sacrée touche, lieutenant "mon mignon".

- Bon, on va peut-être pas s'étaler, major, hein ?

En tout cas, Delphine Gaillard nous a bien menti

en disant qu'Ida Malapeyre n'avait jamais posé aucun problème.

Cette histoire de buanderie, il faut la vérifier.

- Ce serait bien de savoir à quelle employée

Ida a collé le bourre-pif.

- Ca vous dit, une petite opération commando ?

- Oh oui... J'en rêve.

Oh, lieutenant "mon mignon".

Alarme.

...

- L'ordi, l'ordi.

- L'ordi, l'ordi, l'ordi.

...

Merde, il y a un mot de passe.

- De bons vieux papiers, ça, madame. Tenez, major.

Cherchez le contrat d'Ida Malapeyre là-dedans.

...

Ah.

Une employée du service du petit déjeuner qui est partie

avant la fin de sa période d'essai. C'était le 19 juin 2019.

- La fille qui a pris la beigne ? - Il y a des chances.

Je vais aller lui faire un brin de causette.

Elle habite à La Yaute.

Allez, hop !

- En 2018, Ida Malapeyre a été embauchée

au service des petits déjeuners. C'est écrit sur son contrat.

- Donc, elle voit les clients

en ayant picolé. - Elle vous a prise pour une truffe.

- Je suis la seule à pouvoir dire ça. On ne rigole pas.

En tout cas, Delphine Gaillard

protège Ida Malapeyre. - Pourquoi protéger

l'employée qui a tué sa soeur ?

- Parce qu'elle a peut-être un intérêt

dans la mort de sa soeur.

Au décès du père Gaillard,

les deux soeurs ont hérité de ses parts.

Maude n'ayant pas d'enfant, Delphine récupère 70 %

de l'hôtel. - Sauf qu'elle a un alibi.

Les employés confirment sa présence à l'hôtel jusqu'à minuit.

- Elle a pu manipuler Ida Malapeyre, qui est une fille fragile,

la remonter contre sa soeur,

provoquer sa colère. C'est possible.

Jean-Paul !

Quelle élégance. J'adore !

Alors, elle dit quoi, l'employée agressée par Malapeyre ?

- Qu'elle s'était juste permis

de faire une petite remarque sur l'étalage

du buffet du petit déj'.

Ida Malapeyre l'a très mal pris et elle lui a envoyé

un bon bourre-pif direct.

- Elle a porté plainte ?

- Non. L'hôtel lui a formellement interdit,

contre un paquet de fric.

On l'a congédiée après sa période d'essai.

"Bye bye, on veut plus vous voir." - Malapeyre frappe une employée

et c'est cette fille qui dégage ?

- Ouais.

- C'est ce que j'ai dit à mon père. Il a rien voulu entendre.

Il m'a rappelé qu'il était le patron.

J'ai juste obtenu le transfert d'Ida à la buanderie.

- Elle avait bu ce jour-là ?

- Oui, mais... - Que s'est-il passé entre elle

et votre père ? Il la connaissait avant de l'embaucher ?

- Je sais pas.

- Vous me baladez, Mme Gaillard ?

- Non. - Si, et j'aime pas ça.

Si vous me cachez encore un truc, dites-le ou ça va m'énerver.

Vous protégez Ida Malapeyre.

Si. Ou vous vous protégez, ou votre hôtel, je sais pas.

On a ses empreintes sur l'arme du crime, on a un témoin

qui l'a entendue crier, reprocher à votre soeur

"de ne pas lui avoir dit". De ne pas lui avoir dit quoi ?

Pourquoi elle s'est mise dans cette rage, dans cette colère,

au point de la tuer ?

- Je sais pas.

Notification.

- Une urgence. Vous avez de la chance.

Bonjour.

Ils sont où, les garçons ?

- Ils interrogent les touristes qui ont trouvé le corps.

- La PTS est là depuis longtemps ? - 30 minutes, à peu près.

- Vous avez terminé les constatations ?

- Oui. Pas de veste, pas de chaussures,

et une mauvaise nouvelle.

- C'est-à-dire ?

C'est Ida Malapeyre ?

Merde.

Elle présente tous les signes d'une noyade.

La PTS dit qu'elle est morte depuis plus d'une journée ?

- Oui. Elle a pas pu partir à Lyon.

Je sais pas pourquoi, ça me touche plus que d'habitude.

- Nicky, vous allez rentrer chez vous

retrouver votre homme et votre fils.

Je vais gérer avec les garçons. - Vous êtes sûre ?

- Oui. Allez, filez.

- OK.

- Nicolas ! - Oui ?

- Dites-moi...

...

Ouvrez cette putain de porte !

Ecoutez-moi bien, tête de gland !

Vous savez pas à qui vous avez affaire !

Je suis la commi...

(Non, pauvre conne, leur dis pas que t'es flic.

(Bon.

(On panique pas, on réfléchit.

(Comment je vais sortir de ce merdier ?

(J'ai soif.)

Qu'est-ce qu'il y a là-dedans ?

S'ils avaient voulu me tuer, ce serait fait.

Au pire, je dors.

8h30.

- Qu'est-ce qu'elle fout, Cassandre ?

On devait tous être sur le pont à 8h.

Si j'avais su, moi aussi,

j'aurais fait la grasse mat'.

Alors, Jean-Paul,

les fadettes du psy ?

- Grosse patientèle, la dame.

J'ai commencé hier, j'en vois pas le bout.

- L'autopsie de Malapeyre,

ça vous intéresse, capitaine, ou vous restez sous la couette ?

- Ca m'intéresse. Je vous écoute.

- Elle est bien morte noyée,

la même nuit que Gaillard mais plus tard.

- Elle a donc eu le temps de tuer sa psy avant de mourir elle-même.

- Meurtre ou suicide. Qu'est-ce que t'en penses, Pascal ?

- Eh bien, le légiste arrive pas à trancher.

Elle n'a pas été violentée, les abrasions sont post mortem

et dues au milieu naturel.

- Elle avait bu ?

- Oui,

et pas qu'un peu. Elle frôlait les 4 grammes.

Téléphone.

Jules.

Salut, Jules. Ca va ? *- Non.

- Il y a un souci avec Lili ?

*- Non, Lili va bien. Ma mère est avec vous ?

- Non, elle est pas encore arrivée.

Pourquoi ?

*- On devait se parler

*en visio ce matin.

*Elle répond ni sur l'ordi ni au téléphone.

- On a eu une grosse journée,

peut-être qu'elle se repose.

*- Non. Quoi qu'il arrive, elle manque jamais

*nos rendez-vous.

*Pascal, il se passe un truc, j'en suis certain. Je le sens.

- Bon, t'inquiète pas. On va aller y faire un tour.

*- Merci, Pascal. - Je t'en prie.

C'est vrai que c'est pas normal.

Allez, on y va.

- Sa voiture est là.

- Commissaire ?

Commissaire ?

- Commissaire ?

- Florence, vous êtes là ?

- Pascal, appelle la PTS !

- Qu'est-ce qu'il y a ? - De l'éther. Elle a été enlevée.

- Putain...

Merde, merde, merde !

Une porte claque.

Ah, Florence !

- Pascal.

- Vous êtes là. J'ai eu tellement peur.

- Je vous adore

sans vos tatouages. - Merci. Mais, Florence ?

- Oui ?

- Je sais pas, je me sens un peu boudiné.

- On s'en fout. Je fais ce que je veux, c'est mon rêve.

- Oui, c'est vrai.

Mais Florence, vous devriez surtout chercher un moyen de sortir d'ici.

- Non...

Embrassez-moi. - Mais...

- Embrassez-moi, sauvez-moi. - Oui. Mon cheval nous attend.

Allez, je vous emmène. - Oui ! Portez-moi !

- Oui.

Elle rit.

- Quel rêve à la con.

10h30. J'ai dormi 2 heures.

Si j'avais tout bu, je me serais réveillée en 2048.

Bon, allez.

Il y a un truc, là.

...

- Ils arrivent quand, la PTS ?

- Normalement, d'ici une heure. Vous avez trouvé quelque chose ?

- La fenêtre a été forcée. Sinon, rien.

Mais un truc me titille.

Il me semble avoir déjà vu ce numéro.

- On vérifiera.

- (Dis donc, faudrait pas qu'il pète un câble, le pépère.)

- (C'est le calme avant la tempête.

(S'il explose...)

Pascal ?

- Oui ? - Nous aussi, on est inquiets,

mais là, c'est toi le plus gradé.

Donc, il faut se ressaisir.

- C'est exactement ce que je me disais.

Quand Florence est là, je peux me laisser

un peu déborder, mais sans elle,

il faut pas que mon affect prenne le dessus.

- Nous, pareil. - Et vous faites comme moi, hein ?

OK. C'est bon, on a terminé ? - On y va.

- Allez.

- Le sport pour l'année, c'est fait.

...

Aïe !

C'est pas vrai ?

Pitié, pitié, pitié.

Saint-Frusquin, faites que ça marche, cette connerie.

Merde !

- Et la PTS ? - Ils sont loin d'avoir fini.

Entre le terrain et la maison, ça risque de prendre du temps.

- Oh putain... Le numéro de portable

collé sur le frigo a communiqué avec le portable de la psy,

Maude Gaillard.

Un appel, il y a trois mois, de quinze minutes,

passé par Maude Gaillard, et deux autres,

ultra courts, comme si on tombait sur un répondeur, le mois dernier.

*- Yagi Mobile vous informe que ce numéro n'est plus attribué.

- Yagi Mobile. Ils font des cartes prépayées.

Je vais voir si je peux trouver à qui appartenait la ligne.

- Pourquoi Cassandre a-t-elle noté ce numéro sur son frigo ?

Elle a examiné

les fadettes de la victime ? - Pas que je sache, non.

- On a deux femmes mortes, Maude Gaillard, Ida Malapeyre,

une disparue, Florence Cassandre,

et un numéro de téléphone qui relie une des mortes à la disparue.

- Gaillard et la commissaire ont pu avoir affaire à la même personne.

- Mais je les connais, ces deux-là.

On dirait la photo qui était dans ma commode.

Qu'est-ce que ça fout là ?

- C'est pas vrai ! On n'aura pas le nom du propriétaire de la ligne

avant deux semaines. - Fait chier.

- Une femme est venue déposer ça.

Elle les a trouvées avant-hier au parc de La Yaute.

- On fait pas les objets trouvés. Pourquoi elle est venue ici ?

- C'était dans une des chaussures.

- "Chère Maude, chère Delphine,

"j'aurais aimé vous connaître plus tôt. Vous avez fait votre maximum

"pour moi, merci, mais je changerai pas.

"Je vais rejoindre ma mère.

"P.S. Pardon, Maude, d'avoir explosé ton bureau. Ida."

- Voilà.

Donc, c'est un suicide. - L'allusion à la mère est claire.

- Et vu le post-scriptum,

elle a pas tué sa psy avant de se suicider.

Retour à la case départ concernant le meurtre

de Maude Gaillard. Il faut trouver le lien entre ces trois femmes.

Téléphone.

Oui ?

*- Capitaine, une empreinte sur la sonnette a matché.

- On a un casier ?

*- Non, ça matche avec une empreinte prise lors de votre enquête.

*Celle de Daniel Fantoccini.

- OK. Super.

Je te tiens, mon salaud.

Je te tiens.

- "12, chemin du Mazot, Annecy."

C'est chez moi.

Qu'est-ce que c'est que ces papiers ? "Meyer Isabelle.

"Meyer Isabelle."

C'est l'ancienne locataire de ma maison. Je comprends pas.

...

- Je les avais offertes à Ida.

- Elle a laissé une lettre pour vous.

- Je pourrais parler à la commissaire Cassandre ?

- Elle a dû s'absenter. Elle m'a chargée personnellement

de vous prévenir.

- Vous pourrez lui présenter mes excuses. J'ai menti.

Le jour du meurtre

de Maude, en fin d'après-midi, j'ai surpris Ida en train de boire.

Ida ?

Ida ? Qu'est-ce qui se passe ?

- Je suis désolée, je fais n'importe quoi.

Vous allez me virer ? - Je sais pas.

Rentrez chez vous et ne revenez pas demain.

Je vais voir avec Maude ce qu'il faut faire.

Je comprends pas.

Ca fait presque deux ans que vous tenez sans alcool.

Pourquoi vous avez craqué ? Il s'est passé quelque chose ?

- J'ai croisé Lucie Fantoccini la semaine dernière.

Et... Je savais que je l'avais blessée,

mais je l'ai complètement détruite.

Depuis, je fais qu'y penser.

Je m'en remettrai jamais.

Pourquoi vous êtes si gentille ? Pourquoi vous me supportez ?

Pourquoi les cadeaux ?

- Je vous aime beaucoup, Ida.

- Il y a une raison.

Il doit y avoir une raison.

Il y a quelque chose. Dites-moi.

C'est quoi ?

C'est quoi ?

- Votre mère a eu une liaison avec notre père il y a trente ans.

- On est demi-soeurs ?

Ca veut dire que tout ce temps,

j'avais un père ?

Pourquoi il a pas...

Il aurait pu.

- Il aurait pu, il aurait dû.

Il ne l'a pas fait, et j'en suis vraiment désolée.

J'avais peur pour Maude, peur qu'Ida s'en prenne à elle.

Ida ? Alors je l'ai appelée

pour la prévenir et lui dire tout ce que je lui avais caché.

*Papa m'a avoué ça en mourant.

Il m'a fait promettre de rien dire

*à maman. - Quel salaud.

Et tout ce qu'il a fait pour elle, c'est de l'embaucher à l'hôtel ?

*- Ouais.

Il savait que sa mère s'était tuée.

Il a rien fait, il avait trop peur de la réaction de maman.

- Elle a de quoi être en colère.

Mais je vais gérer, t'inquiète.

- Merci. *- T'es plus toute seule maintenant.

*D'accord ? Je t'embrasse. - Moi aussi.

Au revoir.

J'ai rien dit à la commissaire

parce que, révéler toute la vérité à Ida dans son état,

c'était pas très malin.

Je pensais qu'Ida avait tué Maude à cause de moi.

Mais si Ida a rien fait, qui a tué ma soeur ?

...

- Elle l'a soignée.

- Je vous conseille de pas me prendre pour un con,

M. Fantoccini.

Si vous n'êtes pas mêlé à la disparition

de la commissaire Cassandre, comment expliquez-vous

vos empreintes sur la sonnette

de sa maison ?

- J'y suis pas allé. Je connais pas la commissaire.

- Bien sûr. Bon, on va reprendre depuis le début.

12, chemin du Mazot. Vous la connaissez, cette adresse ?

- Oui, mais... C'est là qu'habite votre commissaire ?

- Voilà. Donc, vous confirmez être allé là-bas.

- Je pensais que c'était l'adresse d'Isabelle Meyer.

C'est elle que je voulais voir. - C'est qui,

Isabelle Meyer ?

C'est qui ?!

- La seule femme que j'aie aimée.

L'amour de ma vie.

Perdue de vue

depuis 40 ans. - "Je t'aime plus que jamais.

"Daniel."

J'aurais bien aimé recevoir des lettres d'amour comme ça.

C'est quoi ?

"Juillet 78."

Donc, de juillet 78 à août 82.

- Non, je voulais pas reprendre contact.

C'est grâce à Lucie. Elle a retrouvé sa trace.

Et elle m'a tanné pour que j'aille la voir.

Finalement, j'y suis allé.

- "Extrait d'acte d'enfant

"né sans vie. Bébé mort-né, 6 janvier 83.

"Nicolas, fils d'Isabelle Meyer et de Daniel Fantoccini."

- Avec l'âge, le temps,

les regrets, ça vous ronge.

- Donc vous, vous êtes Isabelle Meyer,

et vous, notre marionnettiste avec 40 ans de moins.

- Je vous dis que je ne connais pas la commissaire Cassandre.

- C'est dingue.

- Pourquoi je lui aurais fait du mal ?

La première fois que je l'ai vue, c'est quand on a trouvé le corps.

Et sa maison, j'y suis allé bien avant.

Au début de la semaine dernière. J'ai sonné, mais y avait personne.

- Si vous teniez tant que ça à revoir "l'amour de votre vie",

vous y seriez retourné, non ?

- J'y suis retourné ce matin très tôt.

- Eh bien voilà ! - Non, c'est pas ça.

Je voulais simplement voir Isabelle.

C'est tout.

Quand je suis arrivé, il y avait un Kangoo gris

devant la maison, avec un type qui sortait des outils,

une pelle...

Je l'ai appelé. Dès qu'il m'a vu, il a rembarqué tout son bazar

et il est parti vite fait.

Voilà.

- Voilà. Vous êtes sûr

qu'il était pas roux, le Kangoo ? - Vous me croyez pas, hein ?

- Il ressemblait à quoi, ce type ?

- J'ai pas bien vu son visage. Une casquette, un jean...

Un mec lambda.

- On sait pourquoi il s'en serait pris à elle ?

- Non. Le seul lien qu'on a, c'est qu'elle habite la maison

où vivait Isabelle Meyer, soi-disant l'ex de Fantoccini.

- Ouais... Et on a quoi sur cette madame Meyer ?

- Née en 1958, à Lyon. Célibataire,

pas de famille.

Elle a tenu un restaurant à Orsières, en Suisse,

de 1990 à 2017. Après, elle revient en France,

loue sa maison, et on perd sa trace fin 2023.

- A part ça,

elle paie ses impôts, elle touche sa retraite.

Le hic, c'est que son adresse officielle

reste celle de Cassandre.

- Oui, c'est louche, ça. Qu'est-ce que cette femme

aurait à voir avec la disparition de Cassandre ?

...

- Merde, merde, merde, merde !

Un véhicule approche.

...

- La bouteille d'eau.

...

- Une flic. T'as pas l'air d'une flic.

Espèce de salope.

Elle respire bruyamment.

...

...

- Aaah !

Cri.

...

*Tonalité d'attente.

*- Maman ?

*Ca va ?

- Ca va, chéri, ça va.

J'ai été un peu enlevée, mais ça va.

*- T'es sûre ?

*T'es où ? - Oui, ça va. Je suis à la maison.

On m'a remise là où on m'avait trouvée.

Tout va bien, t'inquiète pas.

Je voulais te rassurer, mais là, je dois appeler les autres.

Je te rappelle, chéri. *- OK.

- Je t'aime.

*- Moi aussi.

- Oui, Pascal. C'est moi.

J'ai juste entendu sa voix

et je sais pas où j'étais, mais c'était immense, désaffecté

et squatté, vu les tags sur les murs des couloirs.

Nicky, faites une recherche sur les lieux désaffectés du coin.

- Vous avez une idée de ce qu'il voulait ?

- Non, mais ça a un rapport avec l'ancienne locataire d'ici.

Une fille qui s'appelle...

- Isabelle Meyer.

- Oui. Vous avez un truc sur elle ?

- Fantoccini a été son soi-disant amant.

- Non, pas "soi-disant",

j'en ai vu les preuves.

Je suis pas restée les bras croisés dans ma cellule.

J'ai découvert plein de documents sur cette femme.

- S'il y avait des affaires à Meyer, votre ravisseur est tout trouvé.

- Ah bon ? Pourquoi ?

*- Avec l'âge, le temps,

*les regrets, ça vous ronge.

- C'est le marionnettiste ? - Oui.

- Non, c'est pas sa voix.

En revanche, Isabelle Meyer a été la patiente de Maude Gaillard

en 2020. Ca, c'est intéressant, hein ?

Hein, c'est intéressant ? - Oui.

- Bon. - On va se calmer un peu.

- Je suis calme. - Oui.

Il est même pas 7h,

j'aimerais faire un petit break avant de démarrer la journée.

- Ah bon ? - Sans vouloir vous vexer,

si on avait de quoi petit-déjeuner dignement,

nous serions volontiers restés.

- J'ai loupé les courses, désolée.

Rire nerveux. - Oh, souci avec le petit,

je dois repasser chez moi.

- Donc, aucun des trois ne peut rester.

OK. Je vais faire un topo de ce que je sais,

vous aussi, on s'envoie ça par mail et on se retrouve à 10h.

10h, ça vous va ? Hein ?

Bah quoi, qu'est-ce que j'ai dit ?

- Rien. Mais vous pétez la forme, pour une captive.

- Bah, j'ai un peu dormi, quand même !

Je vais me laver, je crois que je pue.

- On est contents que vous soyez là. - Merci, Nicky.

Il faut que je sois présentable !

N'est-ce pas, capitaine ? - Oui. A tout à l'heure.

- Oui, à tout à l'heure.

- Elle est à fond dans le déni. - C'est sa manière de se protéger.

Elle est comme ça, on la changera pas.

- Faudra la surveiller pour anticiper le moment

où elle craquera. - Oui, c'est sûr.

A tout à l'heure ? - Oui.

- Ah ! Faites le tour, c'est ouvert !

Ca, c'est sympa.

- Rebonjour, commissaire.

- C'est sympa de revenir.

- Je vous ai apporté des petites gourmandises.

- Ca, c'est une tentative de maternage.

- Non, juste des pains au chocolat.

Vous voyez, ces petites choses qu'on appelle des viennoiseries.

- J'en rêvais. Merci. - Tant mieux.

- Hmm !

- Ne vous rendez pas malade non plus.

- Non, non. Y a tellement de trucs

qui tournent là-haut. - OK.

- Ca parle de Meyer dans l'ordi de Gaillard ?

- Oui. Elle a été sa patiente en 2020.

- Bingo !

Il y a des comptes rendus... Voix étouffée.

- Je comprends pas.

- Des comptes rendus de ces consultations.

- Ah ! Oui.

Maude Gaillard enregistrait ses séances de thérapie.

On a retrouvé des fichiers audio avec le nom de Meyer dessus.

Mais, bizarrement,

ils ont été effacés en janvier dernier.

J'ai demandé à Nicky

d'essayer de les récupérer.

- On est partis, mon capitaine !

- D'accord. Ca tombe bien, j'avais pas envie de café.

- Je vous ai pas proposé de café ! - C'est pas grave.

- On y va ? - Oui.

- C'est le numéro du neveu de Meyer. Ma propriétaire me l'a filé.

Meyer s'est installée chez lui.

C'est pourquoi vous ne l'avez pas retrouvée.

- Je crois pas à cette histoire de neveu.

On lui a cherché de la famille partout, mais que dalle.

- Maude Gaillard a appelé ce type.

Si c'est pas le neveu, comment la psy a eu ce numéro ?

- C'est une bonne question.

Je l'appelle.

*Tonalité d'attente.

Bonjour, Mme Sinclair. C'est Florence Cassandre.

*- Bonjour, Florence.

- Pardon de vous déranger, mais c'est important.

Le neveu de Mme Meyer était là pour l'état des lieux, j'imagine ?

Il ressemble à quoi ?

*- Rien de spécial. La cinquantaine, châtain, je crois.

*Il m'a pas laissé un souvenir impérissable.

- Très bien. Et son numéro,

à part à moi, vous l'avez donné à qui ?

*- Heu... Il me semble, il y a quelques mois,

*à la psychologue de Mme Meyer. Elle cherchait à la joindre.

*C'est pour votre travail ?

- Oui, c'est pour le travail. Je vous laisse, je dois partir.

Au revoir. *- Au revoir.

- L'appel que la psy a passé

à notre M. X, c'est parce qu'elle cherchait

à joindre Isabelle Meyer. - Oui.

Elle est la clé de notre affaire.

Elle a été la patiente de notre victime, Maude Gaillard,

et elle habitait ma maison.

Il faut trouver le lien qu'elle avait... ou qu'elle a,

avec M.X.

Le meurtre de Maude Gaillard est lié à mon enlèvement, je pense.

Qu'est-ce qui se passe, M. le procureur ?

Ca vous fait pas aboyer ? - Oh, j'ai de l'entraînement.

En votre absence, nous nous sommes livrés

à des séances effrénées de "cassandrage".

Votre truc peut tenir, vu que vous et la psy êtes liées

par la mystérieuse Mme Meyer, mais est-ce elle

qui serait derrière tout ça ? - Bah oui,

avec un complice. M. X, par exemple.

Mais lui est pas traçable et elle, elle est invisible depuis 2 ans.

- Elle a tenu un restaurant en Suisse.

Je vais contacter les autorités helvètes.

Vous, vous pourriez asticoter Geppetto,

le marionnettiste, Daniel Fantoccini.

- Lui aussi est lié à Isabelle Meyer. C'est son ex.

La captivité n'a pas grillé tous mes neurones.

Nous causerions déjà ensemble

si Votre Majesté ne m'avait pas convoquée en son palais.

- Cassandre.

C'est un plaisir de vous retrouver.

- Oh...

Il rit.

- Nicky a récupéré les fichiers audio

des séances d'Isabelle Meyer.

- Super. Quelque chose explique qu'elle ait voulu la tuer ?

- Non. Il y a rien de particulier.

Mais on va peut-être la localiser.

Jean-Paul est parti vérifier ça au Crédit municipal de Lyon.

- Ah bon ? Pourquoi ?

- Elle a parlé à sa psy d'un tableau mis en gage.

Si elle paie les frais de garde, ils doivent pouvoir la joindre.

- Je peux écouter les audios ?

- Dès qu'on sera au com', oui.

*- Avant, penser à Daniel, savoir que je l'avais aimé,

*ça me rendait joyeuse.

*Maintenant, voir ce tableau, ce couple passionné,

*ça m'insupporte.

*Je devrais m'en débarrasser, le vendre, mais je peux pas.

*Ce serait comme trahir Daniel, trahir notre histoire.

*Quand je le planque dans un placard,

*je finis toujours par aller le chercher, même s'il me déprime.

*- Vous avez l'air bien mieux aujourd'hui,

*Mme Meyer.

*- Oui. J'ai trouvé la solution.

*J'ai mis mon tableau au mont-de-piété de Lyon.

*- Vous vous en séparez sans vraiment vous en séparer.

*- C'est une solution un peu biaisée,

*mais depuis que ce satané couple est hors de ma vue,

*je me sens bien plus légère. - C'est triste, cette histoire.

Mme Meyer, j'ai peur que vous soyez morte.

- On a perdu un bébé.

Mort-né.

Après ça, j'avais l'impression qu'on tournait en rond.

Quelque chose avait foutu le camp.

Notre amour, c'était pas la réalité.

La réalité, c'est que ce bébé n'existerait jamais.

- Vous l'avez vue quand pour la dernière fois ?

- Le 22 octobre 83.

Je lui avais écrit une lettre

pour lui annoncer que je voulais rompre.

Je m'attendais à ce que ce soit la crise.

Je pensais qu'elle allait me traiter de salaud.

Elle m'a regardé et elle m'a juste dit :

"Je préfère être malheureuse sans toi qu'avec toi."

Et après, on s'est juré de s'oublier.

J'y suis jamais arrivé.

Aujourd'hui encore, je relis ses lettres.

- Au cours de l'enquête,

je suis tombée sur la photo d'un tableau.

Un tableau qui représentait un couple qui s'embrasse

à travers une grille.

Avec cette photo, il y avait un paquet de lettres.

Les lettres que vous lui avez envoyées.

- Elle a gardé mes lettres ?

- Comme vous, vous avez gardé les siennes.

Elle non plus, elle vous a pas oublié.

Ce tableau, vous savez d'où il vient ?

Et s'il a de la valeur ? - J'en ai aucune idée.

C'est d'un petit maître italien.

Ambrogio... Alciati.

Ca date de 1918.

Je l'ai offert à Isabelle quand on s'est quittés.

Une manière de dire que je l'aimerai toujours.

- Alors, ce Crédit municipal ? - Chou blanc.

La seule adresse qu'ils ont,

c'est celle de la commissaire.

Meyer venait tous les six mois pour payer les frais de garde,

mais depuis plus d'un an, rien.

Son tableau sera bientôt mis en vente.

- Et aux enchères,

il peut atteindre 50 000E. La cote d'Alciati est beaucoup montée.

- Vous le sortez d'où, le nom de ce peintre ?

- On s'en fout de ça.

Ce tableau a assez de valeur pour être le mobile d'un crime.

Elève Marchand,

pour récupérer un objet au Crédit municipal,

quels papiers faut-il ?

- Eh bien, une pièce d'identité

et le bon de dépôt de l'objet. - Voilà !

- Voilà quoi ?

- Eh bien voilà, il faut renvoyer la PTS chez moi.

Il faut des pioches, des pelles,

démolir, creuser, ouvrir les murs !

- Tout va bien, Mme la commissaire ?

- Tout va très bien. Pourquoi ?

- Hum. Et on est censés chercher quoi chez vous ?

- Le possible, peut-être, probable, cadavre d'Isabelle Meyer.

Ca va ?

- Commissaire. Capitaine.

- Florence, ce que vous avez vécu est traumatisant,

je ne remets pas ça en question... - Attendez.

Pascal, j'ai toute ma tête. Quand vous avez interrogé

le marionnettiste, il vous a dit qu'il avait vu un type en Kangoo

qui déballait des outils,

qui semblait chercher quelque chose.

A votre avis, il venait faire quoi ?

- Récupérer le corps d'Isabelle Meyer.

Pour vous, il l'aurait enterré ici, dans votre jardin ?

- Oui. C'est une hypothèse qui expliquerait mon enlèvement.

Il m'a dégagée de chez moi pour venir récupérer le cadavre.

Quand il a su que j'étais flic, il a hurlé.

Je pense qu'il n'a pas eu le temps de faire ce qu'il avait à faire.

- Commissaire ! On a quelque chose.

...

- Merci.

"Crédit municipal. Huile sur toile d'Ambrogio Alciati

"déposée le 22 octobre 2020 par Mme Meyer Isabelle."

- Voilà ce que cherchait votre ravisseur :

le bon de dépôt pour récupérer le tableau.

- CQFD.

Il me reste à aller annoncer une mauvaise nouvelle.

- C'est pas possible.

C'est pas possible !

Quand je suis allée la voir, elle était morte depuis des mois.

Si j'avais pas attendu si longtemps,

ce serait jamais arrivé.

Ce putain de tableau, si je lui avais pas donné...

- Et si tu l'avais pas quittée, et si votre bébé avait vécu,

et si t'avais pas aimé Isabelle comme tu l'as aimée...

Et si tu l'avais jamais rencontrée,

pense à tout ce que t'aurais raté de beau.

- C'est drôle.

C'est quelque chose qu'elle aurait pu me dire.

- C'est probablement le tueur.

- Mais on n'a même pas le début d'une piste pour l'identifier.

- C'est alors que le brillant

procureur Chappaz secourut ses amis policiers

en pleine déconfiture. - Oh... Mais encore ?

- Aidé de ses camarades helvètes, votre serviteur n'a pas chômé.

Votre gars est originaire d'ici.

Il a été le gérant du restaurant de Mme Meyer en Suisse,

qui l'a licencié en 2015 pour détournement de fonds.

Il est revenu ici en 2016,

et depuis, eh bien...

Il s'ennuie seul sur votre premier tableau d'enquête.

- Moi, la violence, ça me paralyse.

Je ne connaissais pas Mme Gaillard, je la voyais pour la première fois.

- Vous dites que c'est Malpartis ?

- Malpartis ne vit plus à cette adresse

depuis deux ans. Il a bien travaillé

à l'administratif dans un centre médical,

mais celui-ci a fermé.

- Avant, c'était un très grand sanatorium du plateau d'Assy.

Il est désaffecté.

Ca attire les mecs qui font de l'exploration urbaine.

Vous reconnaissez ?

- Oui, je crois que c'est là.

Oui ! Je reconnais le tag. Vous, je vous adore. Et vous aussi.

- Je comprends.

- On le tient !

...

- Police !

Bouge pas. - Qu'est-ce qui se passe ?

Qu'est-ce qui se passe ? Je comprends pas.

- Lâche ce que t'as dans les mains. - Vous êtes en état d'arrestation.

- Je comprends pas, là. - Ah bon ? Vous allez comprendre.

Capitaine, j'aimerais jouer un peu

avec notre camarade. - Attendez, les gars.

On va le garder un peu avec nous.

Par là.

- Inconfortable, ce lit, hein ? Oui, je sais.

Mais si vous n'aviez pas détourné l'argent

du restaurant de Mme Meyer, on n'en serait pas là.

- C'était pas un détournement.

Je comptais rembourser Isabelle. - Bien sûr.

- Je lui avais dit, mais elle m'a pas cru.

Je croyais qu'elle comprendrait.

On se parlait, on rigolait.

Parfois, elle me disait que j'étais comme son fils.

Pour moi, c'était un peu une maman.

La mienne a jamais été une mère. - On va bientôt pleurer.

- Si c'était comme une maman, pourquoi vous l'avez tuée ?

- C'était un accident, je vous jure. - Ah ?

- Quand Isabelle m'a viré, j'ai tout perdu.

A mon retour de Suisse,

j'ai bossé ici, au centre médical, mais il a fermé.

Chômage, fin de droits...

Je vis entre ici et mon Kangoo, c'est dur.

- Oh, ça va,

on a compris.

- Excusez mon collègue, il est un peu procédurier.

- Quand Isabelle est revenue,

j'ai pensé qu'elle m'aiderait, mais elle m'a même pas écouté !

Elle m'a dit que c'était ma faute si son restaurant avait périclité,

si elle avait plus rien. Mais c'est pas vrai.

Je sais que c'est pas vrai !

Alors je lui ai dit...

J'aurais pas dû, mais...

- Vous lui avez dit quoi ?

Vous lui avez parlé de son tableau ?

- Je lui ai dit qu'il avait pris de la valeur,

qu'elle pouvait le vendre.

Et là, c'est parti en vrille.

Elle m'a insulté, elle m'a giflé, elle m'a traité de merde.

J'ai cru entendre ma mère.

On s'est battus, elle est tombée et elle est morte sur le coup.

Je savais plus quoi faire, moi. J'ai paniqué.

- Quand vous avez vu que le tableau n'était pas dans la maison,

vous avez fouillé partout pour savoir

ce que Mme Meyer en avait fait ?

Vous ne répondez plus à la salope ? - Mais j'ai rien trouvé !

Et puis sa psychologue m'a appelé sur mon prépayé pour savoir

si Mme Meyer voulait l'enregistrement de ses séances.

- "Elle lui a peut-être parlé du tableau ?"

- Je suis passé la voir.

Ma tante ne peut pas se déplacer, je lui donnerai la clé USB.

- C'est confidentiel, je dois remettre

les enregistrements en main propre.

C'est étrange que Mme Meyer n'ait jamais dit avoir de la famille.

- Pourquoi vous m'avez rien dit ?

Ca vous amusait de vous foutre de moi ?

- Calmez-vous, Ida, s'il vous plaît. Vous, allez-vous-en.

On va se parler.

- Non ! Non ! - Respirez comme je vous ai appris.

- Cette dingue au cabinet, c'était un coup de chance.

Laissez-moi vous aider. - Je vous avais demandé de partir.

Qu'est-ce que vous faites ?

- Je suis pas un assassin.

C'est juste que rien ne s'est passé comme ça aurait dû !

Je voulais pas, je vous le jure.

Pour orienter l'enquête vers elle,

le meilleur moyen,

c'était de témoigner.

J'ai cru qu'elle était morte,

mais elle a filé.

J'étais obligé de l'achever, sinon elle m'aurait dénoncé.

- La suite, je la connais.

Vous deviez récupérer le bon de dépôt

avant la vente du tableau.

Et si ce bout de papier n'était pas chez Mme Meyer,

c'est qu'il était sur elle.

- Il fallait éloigner la locataire pour accéder au cadavre.

- Ca devait marcher, mais il y a eu le débile avec sa camionnette,

et après, vous.

Et vos copains, et la police scientifique. Un vrai défilé.

Impossible de faire quoi que ce soit.

- Ouais,

c'est pas de chance, vous avez enlevé une commissaire de police.

Ca, c'était pas au programme.

Ca va aller.

Ca va aller.

J'ai encore beaucoup de choses à boucler.

...

Bonjour. - Bonjour.

...

- Ca va ?

- Ca roule.

A votre avis, je fais quoi avec cette maison ?

Je suis pas sûre d'avoir envie d'y rester.

J'ai pas peur des fantômes et de toutes ces conneries, mais...

Je sais pas...

Je me dis que cette femme qui était là, pendant des mois...

- Florence,

vous avez le droit de craquer.

Ici, il y a personne pour vous juger.

Et certainement pas moi.

Ca va aller.

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